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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ S’il donne un ancrage légitimé par les urnes à la France, ce vote ouvre aussi une nouvelle phase de dialogue avec des indépendantistes confortés par les résultats.
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Référendum en Nouvelle-Calédonie : la victoire en demi-teinte du non à l’indépendance

S’il donne un ancrage légitimé par les urnes à la France, ce vote ouvre aussi une nouvelle phase de dialogue avec des indépendantistes confortés par les résultats.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 16h33
    |

            Patrick Roger (Nouméa, envoyé spécial)








                        



   


La victoire est nette, mais certainement pas aussi large que ne l’avaient espéré les partisans du non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Dimanche 4 novembre, ils ont obtenu 56,4 % des suffrages exprimés (78 361 voix) contre 43,6 % (60 573 voix) en faveur de l’accession à la pleine souveraineté. L’autre enseignement majeur de ce scrutin est la participation historique pour un scrutin de cette nature : 80,6 % des électeurs inscrits ont pris part au vote. Celle-ci avait été de 74,2 % lors de la consultation sur l’approbation de l’accord de Nouméa de 1998.
Lors d’une intervention télévisée enregistrée, Emmanuel Macron a salué ce résultat comme « une marque de confiance en la République » et a exprimé sa « fierté que la majorité des Calédoniens aient choisi la France ». « Le seul vainqueur, c’est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis trente ans, c’est l’esprit de dialogue », a affirmé le président de la République, qui a invité « chacun à se tourner vers l’avenir ». « Il n’y a pas d’autre chemin que celui du dialogue », a plaidé M. Macron.
Le premier ministre, Edouard Philippe, devait arriver lundi matin sur le territoire pour rencontrer les responsables des principales forces politiques et engager un processus de discussion sur l’après-référendum.

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                Référendum en Nouvelle-Calédonie : revivez la journée de vote et l’annonce des résultats



Des clivages politiques flagrants
Le résultat de ce scrutin n’en met pas moins en évidence les profonds clivages politiques et sociologiques qui fracturent la société calédonienne. Dans la province sud, où se concentrent l’essentiel de la population et des richesses, avec des inégalités très marquées, le non recueille 73,7 %. A Nouméa même, la « capitale », il atteint 80,5 %.
En revanche, le oui est largement majoritaire dans la province nord (75,8 %) et dans les îles Loyauté (82,2 %). Néanmoins, dans ces îles, la participation plus faible (58,9 %) montre qu’une partie de la population mélanésienne, bien que se revendiquant indépendantiste, n’a pas nécessairement voté pour l’indépendance.
Ces clivages toujours aussi marqués entre les provinces, selon les quartiers dans le Grand Nouméa, dressent une sorte de plafond de verre du vote indépendantiste. Grâce, entre autres, à la campagne unitaire menée par les deux composantes indépendantistes représentées au Congrès (FLNKS-Union calédonienne et Union nationale pour l’indépendance), elles ont réussi à mobiliser une partie de leur électorat qui, jusque-là, désertait plutôt le chemin des urnes.
Notamment chez les jeunes, qui ont voulu à l’occasion de ce scrutin exprimer un sentiment identitaire fort et une fierté de leur appartenance communautaire. En revanche, le score obtenu, même s’il constitue pour eux une bonne surprise, n’est pas lié à une progression, à une percée de leurs idées dans l’électorat non indépendantiste. Toujours du côté indépendantiste, il faut noter l’échec de l’appel à ne prendre part au vote lancé par le Parti travailliste de Louis Kotra Uregeï et soutenu par l’Union syndicale des travailleurs kanak et exploités (USTKE).

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Même perdants, des indépendantistes plutôt confortés

   


Côté loyalistes, le bilan, malgré la victoire du non était plus mitigé. Deux des trois formations représentées au Congrès – le Rassemblement-Les Républicains et les Républicains calédoniens – avaient fait campagne sur le thème d’un non massif à l’indépendance, espérant que celui-ci pourrait obtenir aux alentours de 70 % des suffrages. Avec une telle majorité, elles espéraient pouvoir contraindre les indépendantistes à renoncer à la tenue des deuxième et troisième référendums prévus par l’accord de Nouméa et convaincre l’Etat de les accompagner dans cette démarche.
La soirée électorale sur les plateaux de télévision et dans les sièges de campagne, qui n’avaient pas fait le plein des supporteurs, montre que ces tenants d’une ligne « sans concession », Pierre Frogier pour le Rassemblement-LR et Sonia Backès pour les Républicains calédoniens, vont devoir revoir à la baisse leurs prétentions, car les indépendantistes, même perdants, sortent plutôt confortés, en définitive, de cette consultation.
Le scrutin du 4 novembre, s’il marque une victoire de la mobilisation démocratique et donne un ancrage légitimé par les urnes de la Nouvelle-Calédonie à la France, ouvre une nouvelle phase de dialogue pour répondre, aussi, aux aspirations qui se sont fortement exprimées en faveur de l’identité kanak. Sauf à attiser les rancœurs et à prendre le risque d’un dangereux retour en arrière.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le chef de l’Etat puise dans l’imaginaire collectif pour tenter de redonner une grandeur à la fonction présidentielle.
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Centenaire du 11-Novembre : Macron réhabilite l’usage des symboles en politique

Le chef de l’Etat puise dans l’imaginaire collectif pour tenter de redonner une grandeur à la fonction présidentielle.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 12h00
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron s’attache, par petites touches, à construire un « univers de symboles ». L’« itinérance mémorielle » à laquelle doit se livrer le chef de l’Etat, pour commémorer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, a également été pensée dans cette optique. « Le premier symbole de cette itinérance, c’est le poilu », avance-t-on à l’Elysée.
Pendant sa campagne, le candidat à la présidence avait déjà théorisé cette figure du « héros du quotidien » qu’il conviendrait, juge-t-il, de réhabiliter. « La République, expliquait-il à Challenges le 16 octobre 2016, s’est aussi structurée grâce à des figures comme celles de l’instituteur, du soignant, du chercheur, dont la valeur et la force symbolique ne sont hélas plus guère célébrées. » La figure du soldat de la première guerre mondiale s’inscrit dans cette volonté du chef de l’Etat de voir les Français se réapproprier leur histoire et de retrouver une mémoire commune.

« Emmanuel Macron s’intéresse beaucoup aux symboles. Il a beaucoup réfléchi à la part d’apparence qu’implique le pouvoir. Ce sera à cet égard très intéressant de regarder cette itinérance mémorielle », juge ainsi l’historien Jean-Noël Jeanneney, qui analyse au regard de l’histoire la rupture qu’a constituée l’élection du jeune président en 2017 (Le Moment Macron, Seuil). « La symbolique répond à un besoin d’incarnation, poursuit-il. Elle permet aussi à ce président qui se veut maître des horloges de s’inscrire dans l’histoire et donc dans la durée. Par ailleurs, elle a quelque chose à voir avec la grandeur du pays. »
Symbolique « lié aux lieux »
A cet égard, la cérémonie du Louvre, le 7 mai 2017, est emblématique. Seul, d’un pas lent, « comme pour saluer la longue durée de la nation », commente Jean-Noël Jeanneney, Emmanuel Macron, qui vient d’être élu président de la République, avance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le Vietnam, qui ne compte aucun média indépendant, s’est doté d’une nouvelle loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d’expression.
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Droits de l’homme au Vietnam : la France « ne met rien sous le tapis », d’après Edouard Philippe

Le Vietnam, qui ne compte aucun média indépendant, s’est doté d’une nouvelle loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d’expression.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 10h01
   





                        



   


La France « ne met rien sous le tapis » sur le sujet des droits de l’homme au Vietnam communiste.
En visite dans le pays, le premier ministre français, Edouard Philippe, a affirmé ce dimanche 4 novembre que le sujet était abordé « dans les forums qui vont bien, de la façon dont nous avons toujours procédé ».
Selon une source proche des discussions, la question des droits de l’homme a été abordée « dans le cadre des entretiens » entre Edouard Philippe et les dirigeants vietnamiens vendredi, au premier jour de sa visite. « L’attention des autorités vietnamiennes a été appelée sur une liste de cas individuels », a précisé cette source à l’AFP.
Une centaine de prisonniers politiques
Le Vietnam, qui ne compte aucun média indépendant et est dominé par les communistes conservateurs depuis 2016, s’est doté d’une nouvelle loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d’expression.
Le texte, qui entrera en vigueur en janvier 2019, oblige les plates-formes du Web à retirer tout commentaire considéré comme une « menace à la sécurité nationale » et à stocker les informations personnelles et les données des utilisateurs.
Une centaine de personnes ont été emprisonnées en 2017 pour des raisons politiques, d’après Amnesty International, et une cinquantaine de militants et blogueurs ont déjà été condamnés cette année, selon un décompte de l’AFP.
Les groupes de défense des droits de l’homme craignent que la répression s’accélère avec l’arrivée à la présidence du pays du secrétaire du Parti communiste, Nguyen Phu Trong.
Visite à Dien Bien Phu
Edouard Philippe devait quitter le Vietnam dimanche soir au terme d’une visite qui l’a vu décrocher pour dix milliards d’euros de contrats et accords commerciaux, dont 5,7 milliards pour l’avionneur européen Airbus.
Samedi, il s’était rendu sur le site de Dien Bien Phu pour honorer la mémoire des soldats français et vietnamiens de la guerre d’Indochine. « Il me semblait qu’il était utile de regarder notre passé commun de façon apaisée », a-t-il alors dit.
C’est la deuxième fois seulement depuis la terrible bataille de 1954 qu’un haut responsable français se rend sur le site de Dien Bien Phu.

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                Au Vietnam, Edouard Philippe veut regarder le passé « de façon apaisée »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La participation - plus de 80 % - a été massive, avec le non à l’indépendance (56,4 %) l’emportant sur le oui (43,6 %). Le score des indépendantistes est plus fort que prévu.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Pour le centenaire de l’armistice de 1918, le président entame dimanche une « itinérance mémorielle » très politique.
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Centenaire du 11-Novembre : Emmanuel Macron sur les traces de la Grande Guerre

Pour le centenaire de l’armistice de 1918, le président entame dimanche une « itinérance mémorielle » très politique.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 09h43
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Deux régions, onze départements, dix-sept villes. Emmanuel Macron entame, dimanche 4 novembre à Strasbourg (Bas-Rhin), le plus long déplacement hexagonal depuis son élection à la présidence de la République. Durant une semaine, jusqu’au samedi 10 novembre, le chef de l’Etat va sillonner l’est et le nord de la France, loin de Paris, où il ne rentrera pas même dormir.
Une « itinérance mémorielle » au « format inédit », selon les termes de l’Elysée, destinée à commémorer le centenaire de la première guerre mondiale. Mais aussi, espèrent les stratèges de l’exécutif, à renouer les mille fils perdus avec les Français, qui n’en finissent plus de se détourner du jeune président dans les sondages.
En gestation depuis près d’un an, ce périple emmènera sans surprise le chef de l’Etat sur quelques-uns des lieux emblématiques de la grande guerre. Emmanuel Macron se rendra mardi à Verdun (Meuse), où il se recueillera à l’ossuaire de Douaumont et visitera avec des lycéens le village de Fleury-devant-Douaumont, totalement détruit en 1916 et jamais reconstruit depuis. Jeudi, il visitera également l’Anneau de la mémoire de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), inauguré en 2014 par François Hollande et où sont inscrits les noms de près de 600 000 soldats morts au cours du conflit, sans distinction de nationalité. Une visite de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme) est aussi prévue vendredi.
Hommage aux sans-grade
Mais le président, qui n’aime rien faire comme tout le monde, a également prévu des détours par des sentiers moins empruntés. Lundi, il s’arrêtera à Morhange (Moselle), lieu en 1914 de l’une des pires défaites françaises de la Grande Guerre, avec jusqu’à 20 000 tués par jour au cours de ce qu’on a appelé la « bataille des Frontières ». « Aucune autorité de l’Etat ne s’y est rendue depuis un sous-préfet en 1964 », vante-t-on à l’Elysée. Mardi, c’est sur la colline des Eparges (Meuse), autre lieu de furieux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans ce centre historique de l’industrie minière, la communauté kanak s’est mobilisée massivement pour le scrutin qui doit décider de l’avenir du territoire.
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Référendum en Nouvelle-Calédonie : jour de vote à Thio, fief kanak

Dans ce centre historique de l’industrie minière, la communauté kanak s’est mobilisée massivement pour le scrutin qui doit décider de l’avenir du territoire.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 06h17
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 09h36
    |

            Patrick Roger (Thio, Nouvelle-Calédonie, envoyé spécial)








                        



   


Tout au long des 45 kilomètres de la route provinciale 4 (RP4), qui traverse le sud de la Nouvelle-Calédonie d’Ouest en Est, de Boulouparis à Thio, pas un panneau de signalisation, pas un pont enjambant un creek (cours d’eau) qui ne soit pavoisé aux couleurs de Kanaky.
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a fait campagne pour l’indépendance en demandant à ses partisans d’afficher leurs couleurs. En ce jour de scrutin, dimanche 4 novembre, chacun les arbore fièrement : drapeaux bleu, vert, rouge, jaune aux fenêtres, sur les véhicules, les robes et les tee-shirts, et même les nattes dans les cheveux.
Dès l’ouverture, à 8 heures, des quatre bureaux de vote de la commune de Thio (2 104 inscrits), des queues sont formées. L’affluence est forte : à 11 heures, la participation a déjà atteint les 50 %.

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Pour Marie-Françoise et Andy, qui sont venus de Nouméa, distante de 120 kilomètres, pour voter, « c’est un jour historique ». Andy travaillait à la mine de nickel ; Thio est aussi un site minier de la Société Le Nickel (SLN), qui possède encore une exploitation sur le « plateau », la montagne qui surplombe la vallée de Thio, et une autre au camp des Sapins. Les montagnes alentour portent les cicatrices de l’exploitation du minerai : de larges zébrures qui descendent à flanc de colline. Depuis les événements des années 1980, la SLN a concédé aux Kanak une exploitation, la Somikat, communément appelée la « mine des coutumiers ».
Des événements encore gravés dans les mémoires
La mine, à Thio, a employé jusqu’à près de deux mille personnes ; avec l’effondrement du cours du nickel, dans la dernière décennie, elle n’en emploie plus que huit cents. De nombreux Mélanésiens, comme Andy et sa compagne, ont dû quitter la commune pour essayer de trouver du travail à Nouméa. Et le village s’est vidé : il ne compte plus que trois mille habitants après en avoir compté plus de cinq mille. « J’espère que notre génération va pouvoir avancer vers l’avenir, que ça va pouvoir changer pour nous, pouvoir retrouver de l’emploi », souhaite Marie-Christine.
Peu de doute, ici, quant au bulletin que l’immense majorité des électeurs, à plus de 90 % mélanésiens, auront déposé dans l’urne. Sur les panneaux d’affichage, à l’entrée de la mairie, les affiches du « non » n’ont pas résisté. Le « oui » à l’indépendance l’emportera massivement dans ce fief indépendantiste, théâtre dans les années 1980, des violents affrontements, parfois meurtriers, entre communautés kanak – peuple autochtone du territoire – et caldoche – d’origine européenne –, et avec les forces de l’ordre.
Symbole de cette révolte armée, l’urne brisée à la hache, le 18 novembre 1984, par Eloi Machoro, qui sera tué deux mois plus tard par les tireurs d’élite du GIGN – l’unité d’intervention de la gendarmerie nationale –, ainsi que Marcel Nonnaro, un autre militant indépendantiste.
Ces événements sont encore gravés dans les mémoires, y compris celles des jeunes. Daïna, jeune pompier volontaire de 26 ans, revêtue d’une robe missionnaire aux couleurs de Kanaky, ne fait pas mystère de son vote. « C’est important pour nos vieux, qui se sont battus pour l’indépendance et la liberté. On leur doit ça. Mais que le oui l’emporte ou pas, on ne veut surtout pas revivre les années 1980 », s’empresse-t-elle de préciser.

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L’espoir qu’une nouvelle page se tourne
Malgré la large victoire du oui attendue ici, les partisans de l’indépendance sont bien conscients que ce n’est pas le bout du chemin. « Mais c’est déjà énorme, soutient Rosemay, Kanak de 46 ans sans emploi. Nos parents, nos grands-parents ont lutté pour arriver à l’indépendance, ont fait des sacrifices. Aujourd’hui, ce n’est peut-être pas l’aboutissement mais c’est un début, un pas important. C’est déjà une grande fierté d’avoir pu exprimer notre volonté. Et de le faire dans le calme. Parce que nous, ici, on n’est plus extrémistes comme avant, on a su aller vers les autres. »
Les anciens, ceux qui ont pris part aux événements des années 1980, veulent aussi espérer qu’une nouvelle page se tourne. « Nous, les Kanak, on a toujours tendu la main. C’est ancré dans notre culture et notre éducation, assure Ralph, le cheveu et la barbe blanchis par les années. Ce scrutin, c’est l’aboutissement d’un long chemin, trop long. Trente ans, c’est trop long. C’est un jour important, quelle que soit l’issue. Mais il faut que les Européens admettent que nous sommes chez nous, que tôt ou tard il y aura l’indépendance. »

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« Ici, on n’est pas en France, on est en Calédonie »
Jean-Louis, 70 ans, un ancien rouleur (qui transportait le minerai en camion), est né en Nouvelle-Calédonie mais fait partie de ces vieilles familles caldoches arrivées sur le territoire depuis des générations. Il se vit comme un « métis » et a déposé un bulletin pour le oui.
« Ce qu’il y a eu en 1984, c’est à cause des abus, assure-t-il dans un accent à couper au couteau. Mais si ça continue comme ça, il y aura la même chose. Les gens d’ici réclament leurs droits. Ici, on n’est pas en France, on est en Calédonie. Alors, oui, j’ai voté pour l’indépendance, parce que c’est leur droit. »
Il est midi passé. Le flot des électeurs s’est tassé. Assesseurs, employés de mairie, délégué de la commission de contrôle se retrouvent autour d’une table bien garnie. Aucun incident, pour l’heure n’a été à signaler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Cette distinction « de reconnaissance » va être remise dimanche à des personnes impliquées dans des événements terroristes depuis 2011.
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Une « médaille de reconnaissance » pour 124 victimes du terrorisme

Cette distinction « de reconnaissance » va être remise dimanche à des personnes impliquées dans des événements terroristes depuis 2011.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 05h44
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 10h13
   





                        



   


Pour la première fois, un décret collectif a décerné, dimanche 4 novembre, à 124 personnes victimes du terrorisme la « médaille de reconnaissance », dont vingt-deux personnes qui la reçoivent à titre posthume, a annoncé la Chancellerie de la Légion d’honneur.
Cette médaille spécifique a été créée le 12 juillet 2016, dans l’émotion qui a suivi les attentats survenus à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, lors desquels 130 personnes ont trouvé la mort, et de celui de Charlie Hebdo en janvier de la même année.
La promotion distinguée dimanche comprend 124 personnes impliquées dans vingt et un événements terroristes survenus en France ou à l’étranger depuis 2011. Parmi elles, les victimes des attentats de novembre 2015 à Paris (Bataclan notamment) et Saint-Denis et celles de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, sont les plus nombreuses.

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Distinction rétroactive
Vingt-deux personnes sont décédées dans ces attentats et reçoivent la médaille à titre posthume, 102 ont été blessées physiquement ou psychologiquement, quatorze sont étrangères, sept sont mineures, et six appartiennent aux forces publiques ou privées de sécurité ou de défense.
La médaille nationale de reconnaissance est obligatoirement demandée par la victime, ou, si elle est décédée, par sa famille. Elle peut être décernée lors d’une promotion collective ou par un décret individuel, comme ce fut le cas pour sa première attribution, le 1er juin 2018, à une victime de l’attentat du Caire de 2009. Elle est rétroactive au 1er janvier 2006.

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Pour recevoir cette distinction, il faut être reconnu comme victime du terrorisme soit par le parquet de Paris, soit par le fonds de garantie aux victimes, et figurer sur la liste partagée des victimes du terrorisme tenue par le ministère de la justice. La médaille peut être décernée à un mineur, et à un étranger comme à un Français.
Certaines victimes, comme celles du mois de janvier 2015, ont déjà été faites chevaliers de la Légion d’honneur avant même la création de cette médaille, et ne figurent donc pas dans cette promotion.
La médaille de reconnaissance (une fleur à cinq pétales marqués de raies blanches intercalées de feuilles d’olivier, suspendue à un ruban blanc) a vocation à rendre hommage aux victimes, tandis que la Légion d’honneur récompense les services rendus à la nation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La participation - plus de 80 % - a été massive, avec le non à l’indépendance (56,4 %) l’emportant sur le oui (43,6 %). Le score des indépendantistes est plus fort que prévu.
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La Nouvelle-Calédonie vote à 56 % pour rester française

La participation - plus de 80 % - a été massive, avec le non à l’indépendance (56,4 %) l’emportant sur le oui (43,6 %). Le score des indépendantistes est plus fort que prévu.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 02h34
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 16h32
   





                        



   


La Nouvelle-Calédonie a voté, dimanche 4 novembre, contre son indépendance. A la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante » ?, 56,4 % des électeurs ont répondu non et 43,6 % oui. Le scrutin a suscité un fort taux de participation, à 80,63 %.
Si le choix n’est pas une surprise, les sondages précédant le scrutin prédisaient, cependant, une plus large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75 %. Le score des indépendantistes est donc plus fort que prévu.
174 154 électeurs étaient appelés à voter dans 235 bureaux de vote, sous la surveillance d’une quinzaine d’observateurs de l’Organisation des nations unies (ONU) et de 250 délégués venus de métropole. Pouvaient s’exprimer les citoyens admis à participer à la consultation du 8 novembre 1998, ainsi que ceux pouvant justifier de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie à date du 31 décembre 2014.

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          revivez la journée de vote et l’annonce des résultats



Des disparités locales
Les résultats ont montré une grande disparité avec des scores de petites villes très massifs dans un sens ou dans l’autre.
La côte sud, majoritairement « caldoche » (c’est-à-dire peuplée de descendants d’Européens), s’est ainsi généralement exprimée contre l’indépendance. Nouméa s’est ainsi opposée à 80,51 % contre l’indépendance, et Poya (partie sud) à 97,95 %.Les communes du Nord et des îles Loyauté, majoritairement kanak, se sont unanimement exprimées à majorité pour.
Peu de temps avant l’annonce des résultats définitifs, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé que « les électeurs [s’étaient] exprimés majoritairement aujourd’hui pour que la Nouvelle-Calédonie reste française ».
Il s’est félicité du climat serein dans lequel s’est déroulé le référendum, en présence de 250 délégués dépêchés par l’Etat et des experts de l’ONU :
« En ce jour, le seul vaincu est la tentation du mépris, de la division, de la violence, de la peur, le seul vainqueur, c’est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis trente ans, l’esprit de dialogue que plus rien n’entamera, l’esprit de responsabilité qui a conduit à une participation exceptionnelle des Calédoniennes et des Calédoniens. »
Le Haut-Commissariat avait toutefois affirmé, dimanche, que plusieurs voitures ont été brûlées et deux « faits de caillassage » signalés en marge du dépouillement. M. Macron a annoncé que le premier ministre, Edouard Philippe, se rendra lundi 5 novembre avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin, sur place. Il va proposer aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie « de se réunir dans les prochaines semaines ».

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« Il nous reste deux consultations à venir »
Au sein des partis locaux, loyalistes et indépendantistes, on a également salué la large participation et le déroulé du scrutin. Alosio Sako, président du rassemblement démocratique océanien (FLNKS) :
« Les Kanak ont pris conscience que c’était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres. On est à deux doigts de la victoire, et il nous reste deux consultations à venir. »
Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie ensemble, principal parti non indépendantiste, « continue de penser que c’est mieux si on peut se passer d’un deuxième et d’un troisième référendum », mais qu’il ne s’opposerait pas à l’accord de Nouméa, qui est « constitutionnalisé ».
L’accord de Nouméa prévoit que, en cas de victoire du non à l’indépendance à la consultation du 4 novembre, un deuxième référendum puisse être organisé dans les deux ans à la demande d’un tiers des membres du Congrès – les indépendantistes disposent actuellement de 25 sièges sur 54 – et, en cas de résultat identique, un troisième dans les deux années suivantes.
Des responsables politiques nationaux ont aussi réagi aux résultats. Laurent Wauquiez, président des Républicains, s’est félicité que les électeurs aient « affirmé aujourd’hui avec clarté leur appartenance à la République française ». Dans un communiqué, le groupe La France insoumise a, en revanche, exprimé « une profonde déception pour tous ceux qui croient à la nécessité d’une pleine souveraineté des populations de l’archipel ».
Yannick Jadot, tête de liste écologiste (EELV) pour les européennes, a choisi, lui, de saluer « le travail de Michel Rocard, [qu’il] faut le mener à son terme », tandis que François Bayrou, président du MoDem souligne que « pour une fois, la réconciliation l’emporte ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous haute surveillance.
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Nouvelle-Calédonie : les dessous d’un scrutin historique

La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous haute surveillance.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 01h04
    |

            Patrick Roger








                        


Tout a été minutieusement scruté pour éviter toute contestation. La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous le contrôle d’une quinzaine d’observateurs de l’Organisation des nations unies (ONU) et de 250 délégués venus de métropole qui vont se déployer dans l’ensemble des 235 bureaux de vote installés sur le territoire. L’objectif du gouvernement, du Haut-Commissariat de la Nouvelle-Calédonie et des membres du comité des signataires de l’accord de Nouméa est de faire en sorte que toutes les conditions de transparence et, par voie de conséquence, de légitimité du scrutin, soient réunies.

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La composition du corps électoral autorisé à prendre part au vote d’autodétermination a donné lieu à d’innombrables séances de discussion depuis des années, parfois envenimées, jusqu’à l’accord intervenu au comité des signataires qui s’est tenu à Matignon le 2 novembre 2017. L’accord de Nouméa délimitait strictement les contours des « populations intéressées » à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et, donc, autorisées à prendre part au scrutin.
Pour figurer sur la liste électorale spéciale, il faut remplir au moins une des conditions suivantes : avoir été admis à participer à la consultation du 8 novembre 1998 ; remplir la condition de dix ans de domicile au moment de la consultation de 1998 ; avoir eu le statut civil coutumier ou, né en Nouvelle-Calédonie, y avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux ; avoir l’un de ses parents né en Nouvelle-Calédonie et y avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux ; pouvoir justifier de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie ; être né avant le 1er janvier 1989 et avoir eu son domicile en Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1998 ; être né à partir du 1er janvier 1989 et avoir eu un de ses parents satisfaisant aux conditions pour participer à la consultation de 1998.

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Bureaux délocalisés
A la suite du comité des signataires de novembre 2017, les Kanak ayant un statut civil coutumier mais qui n’étaient pas inscrits sur la liste électorale générale l’ont été d’office, afin de pouvoir prendre part au référendum. Ont également été inscrits les électeurs nés en Nouvelle-Calédonie et présumés y détenir le centre de leurs intérêts matériels et moraux dès lors qu’ils y ont été domiciliés de manière continue durant trois ans.
Des bureaux de vote délocalisés ont été installés à Nouméa pour les électeurs des communes des îles résidant sur la Grande Terre : 3 256 d’entre eux ont opté pour le vote dans un de ces bureaux. La commission de contrôle a aussi recensé 564 personnes théoriquement inscrites mais qui n’ont pu être localisées à une adresse. Des dispositions ont également été prises pour que 180 électeurs incarcérés au camp Est puissent voter par procuration.
Finalement, ce sont 174 154 électeurs, dont 80 120 de statut civil coutumier, qui vont pouvoir prendre part à la consultation. Ce nombre, toutefois, pourra évoluer à la marge jusqu’au dernier moment, si des personnes non inscrites pouvant justifier qu’elles remplissent au moins une des conditions requises se présentent le jour du scrutin dans un bureau de vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ En visite officielle, le premier ministre a rendu hommage aux soldats morts dans les deux camps lors de la bataille de Dien Bien Phu, en 1954.
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Au Vietnam, Edouard Philippe veut regarder le passé « de façon apaisée »

En visite officielle, le premier ministre a rendu hommage aux soldats morts dans les deux camps lors de la bataille de Dien Bien Phu, en 1954.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 16h00
   





                        



   


Vingt-cinq ans après le président François Mitterrand, le premier ministre français, Edouard Philippe, s’est rendu, samedi 3 novembre, sur le site de la bataille de Dien Bien Phu, au Vietnam. « Il me semblait qu’il était utile de regarder notre passé commun de façon apaisée », a-t-il dit, après s’être rendu sur les petites collines aux noms féminins (Gabrielle, Eliane, Béatrice…) tenues en 1954 par l’armée française dans la cuvette du nord-ouest du Vietnam.
Il a fleuri les deux mémoriaux, français comme vietnamien, bâtis en souvenir des quelque 13 000 morts et disparus de la bataille et visité le bunker du général Christian de Castries, qui dirigea les troupes françaises jusqu’à sa capture et la défaite, afin de rendre « hommage aux soldats français qui sont morts, qui se sont battus, qui ont parfois été faits prisonniers à la fin des combats ».
Deuxième visite d’un haut responsable français
Le premier ministre français, qui avait salué la veille la mémoire du père de l’indépendance Ho Chi Minh dans le livre d’or signé à Hanoï, a aussi salué celle des « soldats vietnamiens qui se sont battus pour l’indépendance » d’un pays qui était alors une colonie française. Aucun responsable vietnamien n’avait cependant fait le déplacement au mémorial français, ne rejoignant Edouard Philippe que pour la visite du mémorial vietnamien.
La veille à Hanoï, Edouard Philippe avait présidé à la signature de nouveaux contrats commerciaux. Le montant total des accords signés, dont certains ne sont pas définitifs, avoisine les 10 milliards d’euros, dont 5,7 milliards pour l’avionneur européen Airbus.
Après François Mitterrand en 1993, c’est la deuxième fois seulement depuis la terrible bataille de 1954 qu’un haut responsable français se rend sur le site de Dien Bien Phu. « Je ne suis pas sûr d’avoir très envie de répondre à ceux qui ne comprennent pas pourquoi un premier ministre français vient » à Dien Bien Phu, « ce qui peut me paraître surprenant c’est que finalement assez peu de gens l’aient fait avant moi », a déclaré Edouard Philippe, interrogé sur les critiques suscitées par sa venue sur le site d’une défaite française.

Pour Edouard Philippe, la hausse des taxes sur le carburant est nécessaire pour « changer les comportements »
Lors de son déplacement au Vietnam, le premier ministre, Edouard Philippe, est revenu sur la hausse des taxes sur le carburant :
« J’entends parfaitement la grogne, le mécontentement parfois, la colère aussi qui peut s’exprimer, mais je dis aujourd’hui comme je l’ai toujours dit qu’il n’y a pas de solution magique au problème du dérèglement climatique. »
Lors d’une rencontre avec des jeunes au nouveau lycée français de Hanoï, le premier ministre a été interrogé sur le réchauffement climatique, et est de lui-même revenu sur la polémique en France liée à la forte remontée des prix des carburants, sous l’effet conjugué des hausses des prix du pétrole et de l’augmentation chaque année de la « taxe carbone ».
« Il faut que les gouvernements essaient de dire à la fois “attention il faut changer les comportements”, mais en même temps qu’ils accompagnent leurs concitoyens pour que ces changements soient possibles », a-t-il plaidé, citant les primes à la conversion du gouvernement dans l’automobile ou pour changer les chaudières au fioul.
« C’est compliqué, mais il n’y a pas le choix, il n’y a vraiment pas le choix et d’une certaine façon il y a urgence », a insisté le premier ministre.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les électeurs du territoire doivent se prononcer dimanche pour ou contre l’indépendance. Une revendication en perte de vitesse depuis trente ans.
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Référendum en Nouvelle-Calédonie, ou l’espoir d’un destin commun

Les électeurs du territoire doivent se prononcer dimanche pour ou contre l’indépendance. Une revendication en perte de vitesse depuis trente ans.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 12h08
    |

            Patrick Roger (Nouméa (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial)








                        



   


Pour De Gaulle, qui raffolait des formules à l’emporte-pièce, la Nouvelle-Calédonie était « une bande de terre peuplée par une bande de cons ». Après des années d’affrontements meurtriers, la poignée de main historique entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou scellant les accords de Matignon du 26 juin 1988, prolongés par l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, avait fait naître l’espoir d’une nation en construction, intégrant toutes les communautés.
Trente ans après, à la veille de la consultation du 4 novembre par laquelle les électeurs vont devoir répondre à la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », force est de reconnaître que cet espoir a été déçu. Le « vivre ensemble » ressassé à satiété dans les discours politiques apparaît à bien des égards comme une inaccessible chimère tant restent fortes les inégalités sociales et sociologiques. Sans que les responsables à la tête du « pays » ne fassent preuve non plus d’une réelle volonté de les combattre.
Nouméa, la « capitale », est l’éclatant symbole de ces mondes parallèles, qui se côtoient sans véritablement se mêler. Les quartiers huppés du sud de la ville comptent moins de 5 % de Kanak quand, dans les quartiers sociaux de Kaméré, Ducos ou Montravel, sept à huit habitants sur dix sont kanak. Il reste un long chemin à parcourir pour donner un sens à la mixité sociale.
Les inégalités persistent
Pour autant, il serait vain de nier les progrès accomplis sur la voie de la réconciliation, l’émergence de valeurs partagées et l’acceptation d’un destin commun, après les déchirures des années 1980. Cette prise de conscience se traduit par un phénomène notable : lors du dernier recensement de 2014, en sus des quelque 23 000 métis déclarés, plus de 20 000 personnes se sont définies comme « Calédonien ». Une progression de 60 % en cinq ans. Ainsi, 15 % de la population du territoire ne se classent dans aucune communauté, kanak, européenne ou autres.
L’essor de ce sentiment d’appartenance calédonienne est particulièrement sensible chez les jeunes, qui ont fréquenté les mêmes établissements scolaires, pratiqué les mêmes activités, suivi les mêmes formations, même si, là aussi, persistent d’évidentes inégalités. Cet enracinement de la citoyenneté calédonienne, au-delà de l’appartenance communautaire qui n’a pas disparu pour autant, oblige les dirigeants politiques à élaborer, au lendemain du référendum, un projet qui rassemble et non qui divise.
Les dirigeants non-indépendantistes, dont l’appel à voter non à l’accession à la pleine souveraineté a toutes les chances d’être majoritairement suivi, y sont-ils résolus ? Cela paraît loin d’être acquis.
« Une nouvelle forme de colonisation »
Le fait identitaire n’en demeure pas moins un puissant ciment de la communauté kanak, qui représente 39 % de la population calédonienne (275 000 habitants). La « pleine reconnaissance de l’identité kanak » était un des piliers de l’accord de Nouméa de 1998. Si d’incontestables progrès ont été accomplis en vingt ans – établissement d’un Sénat coutumier, Académie des langues kanak, Agence de développement de la culture kanak (ADCK), Centre culturel Tjibaou, prise en compte de la langue et de la culture kanak dans l’enseignement –, nombre de Kanak jugent que la domination économique et culturelle exercée par le modèle européen n’intègre pas les dimensions de la pluriculturalité.
« Depuis vingt ans, ce qui a changé, c’est pour partie le regard sur la civilisation kanak, expliquait au Monde Emmanuel Tjibaou, le directeur de l’ADCK. Mais, si la Nouvelle-Calédonie a avancé sur la voie de l’affirmation d’un “destin commun”, cela ne s’est pas fait de manière consciente et concertée. En réalité, la prise en compte de l’identité kanak, du métissage, de la vie commune, surtout en ville, des transformations qui doivent accompagner le rapport avec la culture autochtone a peu évolué. Les Kanak, les Mélanésiens de manière générale, sont contraints et forcés d’adopter le mode de vie occidental. C’est une forme d’aliénation déguisée. Sur ce plan-là, la reconnaissance se heurte à la réalité des faits. Le brassage, bien sûr, a eu lieu. Il n’y a qu’à voir le nombre de mariages entre les communautés. Mais le politique n’avance pas au rythme de la société. Il est en retard. »

        Lire le reportage :
         

          Nouvelle-Calédonie, fin d’une campagne référendaire étonnamment calme



Le rattrapage et le rééquilibrage économiques engagés à partir des accords de Matignon se sont accompagnés d’un déplacement des populations et le métissage des communautés d’une confrontation des cultures parfois vécue comme un déchirement et une perte de repères. Si la population de la Nouvelle-Calédonie a crû de plus de 80 000 habitants en vingt ans, cette progression est très différenciée.
La province Sud, qui regroupe à elle seule près de 200 000 habitants, a enregistré une croissance démographique de 65 000 habitants, dont 23 000 à Nouméa, qui frôle à présent 100 000 habitants. La province Nord a gagné 9 000 habitants et dépasse à présent 50 000. En revanche, la population des îles Loyauté a reculé de 2 600 habitants et est passée sous la barre des 20 000.
Autrement dit, une large partie de la population mélanésienne est aujourd’hui urbanisée et a adopté, peu ou prou, le mode de vie et de consommation occidental. Ce que les indépendantistes considèrent comme « une nouvelle forme de colonisation ». 
« En trente ans, on est passé de la culture kanak niée à la culture kanak asservie, estime Emmanuel Tjibaou. Dans nos comportements, notre alimentation, notre mode de vie, nous sommes toujours colonisés. Et, du coup, nous nous retrouvons en contradiction avec nos propres références. Ce n’est pas comme cela qu’on construit un avenir commun. »

   


La volonté de reconnaissance identitaire reste donc une profonde aspiration dans la population kanak mais elle ne se conjugue plus nécessairement avec la revendication de l’indépendance. Le rêve indépendantiste n’est pas mort, mais il s’est considérablement affaibli. Qu’est-ce qui a changé en trente ans ? Les indépendantistes, qui participent au gouvernement collégial (5 membres sur 11), comptent 25 membres sur 54 au Congrès, dirigent les provinces Nord et des îles Loyauté et 25 communes sur 33, n’ont pas su insuffler un espoir nouveau, donner une crédibilité au projet d’une nation indépendante.
Ils avaient tout misé sur la stratégie du nickel, avec l’implantation d’une usine dans la province Nord. L’usine a bien vu le jour et a tardé à produire des résultats et l’effondrement du cours du nickel n’a pas permis d’atteindre les objectifs attendus. La Nouvelle-Calédonie n’a pas réussi à développer un modèle favorisant une souveraineté alimentaire et énergétique, même si quelques expérimentations commencent à voir le jour.
Interrogations lancinantes
Les dirigeants indépendantistes ne sont pas exempts de reproches. Depuis vingt ans, ils ont consacré une bonne partie de leur énergie à négocier pied à pied les conséquences institutionnelles de l’accord de Nouméa. Aujourd’hui, au sein même de leur communauté, et surtout chez les jeunes, ils apparaissent comme ayant été incapables de passer le relais aux jeunes générations. Ce sont toujours les mêmes ou presque qui sont aux commandes du mouvement indépendantiste.
Enfin, il ne faut pas négliger les inquiétudes d’une partie de la population mélanésienne sur les conséquences d’une sécession avec la France, en termes de protection sociale, d’accès aux études ou d’émancipation et de droit des femmes dans le nouvel Etat. Des interrogations qui reviennent de manière lancinante dans les réunions publiques.

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                Nouvelle-Calédonie, la grande marche vers l’indépendance



C’est le paradoxe des accords de Matignon et de Nouméa, négociés pour ouvrir le processus de décolonisation. En engageant le rattrapage et le rééquilibrage du territoire, en lui permettant d’accéder à un nouvel essor économique, en lui octroyant des compétences étendues exercées tant par le gouvernement et le Congrès du « pays » que par les provinces, ils ont fait reculer la perspective de l’indépendance, estompé la force de la revendication indépendantiste. Le résultat du référendum de dimanche en sera très probablement la traduction. Il faudra alors inventer un après qui donne un réel contenu à ce fameux « vivre ensemble ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans « Le Figaro » de samedi, cinq hommes, dont Laurent Wauquiez, s’inquiètent du risque « à nier délibérément le rôle et la représentation du père ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

Cinq personnalités des Républicains signent une tribune contre la PMA pour toutes

Dans « Le Figaro » de samedi, cinq hommes, dont Laurent Wauquiez, s’inquiètent du risque « à nier délibérément le rôle et la représentation du père ».



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 17h06
   





                        


Cinq personnalités des Républicains ont publié, samedi 3 novembre, une tribune dans Le Figaro intitulée « Pourquoi les Républicains s’opposeront à la PMA sans père ».
Dans ce texte, Laurent Wauquiez, président de LR, Christian Jacob, Bruno Retailleau et Franck Proust, présidents des groupes parlementaires de LR, et Jean Leonetti, président du conseil national de LR, estiment que ce sujet, qui « ouvre la voie à des dérives qu’il faut mesurer avec lucidité », exige « non pas les seuls bons sentiments, mais un “cœur intelligent” ».
« N’y a-t-il pas de risque à nier ainsi délibérément le rôle et la représentation du père dans l’éducation de l’enfant ? », s’interrogent les signataires, qui rappellent qu’« il y a cinq ans, l’actuel premier ministre s’engageait à “s’opposer résolument” à la PMA sans père ».
« Marchandisation croissante des gamètes »
« Face à la pénurie de dons de sperme, l’extension de la PMA nous expose, comme le souligne le Comité consultatif national d’éthique, à une marchandisation croissante des gamètes humains débouchant sur un véritable “business de la création” », argumentent les cinq hommes.
« Nous avons collectivement pour tâche de redécouvrir le sens des limites en forgeant une écologie de l’enracinement, soucieuse de l’être humain », estime cette tribune, avant de conclure : « La courbe des sondages ne nous dictera pas l’idée que nous avons de la société et de l’être humain. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le processus pour trouver un successeur à Pascal Pavageau à la tête du syndicat se poursuit.
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Listing à Force ouvrière : la direction de la centrale porte plainte pour « constitution de fichiers »

Le processus pour trouver un successeur à Pascal Pavageau à la tête du syndicat se poursuit.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h38
    |

            Bertrand Bissuel








                        


Force ouvrière (FO) n’en finit pas de solder l’héritage légué par Pascal Pavageau, son ancien et éphémère secrétaire général. Dans une note adressée, mardi 30 octobre, à son comité confédéral national (CCN) – le « Parlement » de FO –, la direction de la centrale a fait part de sa décision de déposer une plainte « pour constitution de fichiers ». Une démarche liée au listing sauvage recensant quelque 127 responsables de l’organisation. La révélation par Le Canard enchaîné, le 10 octobre, de cet « annuaire » clandestin avait provoqué une violente crise au sommet du syndicat et contraint M. Pavageau à la démission, une semaine après.

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Le fait de saisir la justice « a vocation à protéger la confédération », décrypte une source en interne. « Nous ne voulons pas que notre organisation puisse être considérée comme ayant été à l’initiative de la création de ce fichier », poursuit-elle. Sous-entendu : il s’agit de dérives individuelles, que FO réprouve. « Nous nous devions également d’interpeller les tribunaux pour les militants dont le nom apparaît dans ce document », ajoute cette même source.
Au Canard enchaîné, M. Pavageau avait dit que le fichier constituait « une belle connerie », commise par deux de ses collaboratrices. Ce trombinoscope, confectionné à la fin 2016, présente en quelques lignes les dirigeants de fédérations professionnelles et d’unions départementales de FO, avec des commentaires parfois injurieux et des indications sur leur allégeance politique, leur état de santé ou leur orientation sexuelle.
Exercice compliqué
La plainte annoncée le 30 octobre s’ajoute à celle déposée par la confédération, peu après l’article du Canard enchaîné, quand M. Pavageau était encore aux commandes. Cette précédente action en justice obéissait à une autre préoccupation : « la diffusion de (…) documents (…) confidentiels » – et non pas le fait d’avoir consigné des données personnelles dans des conditions sujettes à caution. Auparavant, deux autres plaintes, pour vol cette fois-ci, avaient été déposées par FO et par la responsable des ressources humaines du syndicat. Selon les informations du Monde, des effets personnels, dont une clé USB, avaient été dérobés dans le bureau de cette cadre, le 1er octobre. Il est très possible que cet incident soit à l’origine de la divulgation du fichier controversé.

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Parallèlement, le processus pour trouver un successeur à M. Pavageau se poursuit. Un exercice très compliqué, compte tenu de la diversité des sensibilités qui coexistent dans la confédération, entre les réformistes, les trotskistes du Parti ouvrier indépendant (POI et POID), ainsi que les anarchistes.
A ce stade, un homme est officiellement en lice : il s’agit de Patrice Clos, le « patron » de la fédération des transports. Au sein de la centrale, plusieurs le décrivent comme étant l’un de ceux ayant défendu M. Pavageau « jusqu’à la dernière minute », tout en fustigeant le fichier. M. Clos serait soutenu par le camp des anarchistes – ce qui permettrait à ces derniers de « pouvoir réaffirmer leur poids et leur existence dans l’organisation », affirme le dirigeant d’une fédération. « Je ne suis pas anarchiste, rétorque M. Clos. Je n’ai qu’une seule carte, celle de FO, depuis l’âge de 22 ans. » Il s’inscrit dans la continuité du congrès confédéral d’avril, au cours duquel M. Pavageau avait accédé au poste de secrétaire général. Sa volonté est de faire respecter les résolutions adoptées par « 96 % » des congressistes.

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                Quel devenir pour Force ouvrière après la démission de Pascal Pavageau ?



Mais la candidature de M. Clos a peu de chances de prospérer, d’après d’autres hauts gradés de FO. « Il est parti en se plaçant en dehors des consultations conduites en interne pour parvenir à un consensus », estime l’un d’eux. Les chefs de file des réformistes et des trotskistes, Frédéric Homez et Hubert Raguin, ont récemment noué un pacte – provisoire – et réfléchissent de concert pour identifier « l’oiseau rare » susceptible de convenir à toutes les chapelles.
Plusieurs noms circulent : celui de Christian Grolier, le responsable de FO-fonction publique, qui bénéficierait de l’appui de trotskistes ; ou encore celui d’Yves Veyrier, un ancien qui connaît très bien « la boutique ». « Nous préférerions qu’il y ait un seul candidat », souffle le leader d’une fédération. Réponse mardi 6 novembre, lorsque les instances du syndicat dévoileront le visage du ou des prétendants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Les députés de Paris Pierre Person et Stanislas Guerini, deux soutiens de la première heure du candidat Macron, sont les favoris pour succéder à Christophe Castaner à la tête du parti.
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Vers un duel de personnalités pour la présidence de La République en marche

Les députés de Paris Pierre Person et Stanislas Guerini, deux soutiens de la première heure du candidat Macron, sont les favoris pour succéder à Christophe Castaner à la tête du parti.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 08h30
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

C’est une campagne qui se joue en coulisse, dans les couloirs de l’Assemblée et sur la messagerie cryptée Telegram. Une campagne volontairement reléguée au second plan en Macronie, où l’on ne souhaite pas renvoyer l’image d’une course aux postes permanente, après les deux scrutins internes (présidence de l’Assemblée et du groupe majoritaire au Palais-Bourbon), organisés depuis début septembre
Mais la bataille pour la succession de Christophe Castaner, promu au ministère de l’intérieur, à la tête du mouvement La République en marche (LRM) est bel et bien lancée entre les deux favoris, tous deux députés de Paris, Stanislas Guerini et Pierre Person, dans l’optique de l’élection du nouveau délégué général, fixée au 1er décembre. Un duel entre deux personnalités, faute de véritable clivage idéologique.
Les deux jeunes élus sont des soutiens de la première heure du candidat Macron, et leur loyauté envers le chef de l’Etat est totale. L’un et l’autre sont réputés comme de bons organisateurs, à l’aise dans les relations humaines. Anciens « DSK boys », pro-entreprise, ils ont longtemps été classés à la droite de la gauche. Mais ils pâtissent du même point faible : un manque de notoriété auprès du grand public. Au sein du parti présidentiel, certains s’interrogent d’ailleurs sur leur capacité à tenir tête aux autres patrons de partis, tels Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.
« Les mains dans le cambouis »
Agé de 36 ans, M. Guerini a rejoint M. Macron dès 2015, avant de faire partie de la petite équipe qui a fondé En marche ! l’année suivante. Son vaste réseau en Macronie est un héritage de ses années passées dans l’ombre de Dominique Strauss-Kahn. Diplômé de HEC, ce chef d’entreprise avait préparé la candidature de l’ancien ministre de l’économie pour la primaire socialiste de 2006, en compagnie de plusieurs figures désormais au cœur du pouvoir macronien, notamment les conseillers de l’Elysée Ismaël Emelien et Cédric O, ou le porte-parole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Alors que les premiers représentent la population la plus importante de l’île, leur accès à l’emploi, au logement ou aux diplômes reste minoritaire.
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En Nouvelle-Calédonie, des inégalités entre Kanak et non-Kanak toujours criantes

Alors que les premiers représentent la population la plus importante de l’île, leur accès à l’emploi, au logement ou aux diplômes reste minoritaire.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 15h35
    |

            Patrick Roger








                        


Depuis les accords de Matignon du 26 juin 1988 et de Nouméa du 5 mai 1998, d’importants progrès économiques et sociaux ont été accomplis en Nouvelle-Calédonie. Malgré tout, il demeure de fortes disparités et, s’il y a eu de réels rattrapages, certaines inégalités se sont creusées, comme le constatent Samuel Gorohouna et Catherine Ris, chercheurs au laboratoire de recherche juridique et économique à l’université de Nouvelle-Calédonie. Ainsi, si le niveau de vie moyen a augmenté, le taux de pauvreté, lui, n’a pas reculé, atteignant 17 % de la population. Les 10 % de la population les plus aisés ont un niveau de vie 7,9 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes.

   


Ces disparités sont également marquées géographiquement. Le revenu médian en province Sud est deux fois supérieur à celui de la province Nord et 2,5 fois supérieur à celui des îles Loyauté. Même constat pour le taux de pauvreté, qui s’établit à 52 % dans les îles Loyauté contre 9 % dans la province Sud. Néanmoins, il a tendance à croître ces dernières années en zone urbaine, dans le Grand Nouméa.

   


En 2014, le taux d’emploi s’établissait à 65 % dans la province Sud, mais à 52 % dans le Nord et 40 % dans les îles Loyauté. Sur l’ensemble du territoire, il est de 70 % pour les non-Kanak et de 40 % pour les Kanak (qui constituent 39 % de la population du territoire). L’accès à l’enseignement s’est fortement développé au cours des dernières décennies. Le taux de population sans diplôme est ainsi passé de 71 % en 1989 à 27 % en 2014. Mais les non-diplômés représentent 39 % au Nord et 41 % dans les îles Loyauté contre 22 % en province Sud. En 2014, 32,5 % des Kanak étaient sans diplôme contre 17 % pour les non-Kanak. Et seulement 4,1 % sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur contre 28 % pour les non-Kanak.

   


Il y a encore un long chemin à parcourir pour rattraper des décennies de ségrégation et d’humiliations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Deux familles calédoniennes aux origines ethniques et sociales différentes expliquent leurs choix pour le référendum du 4 novembre.
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En Nouvelle-Calédonie, une famille votera pour l’indépendance, l’autre contre

Deux familles calédoniennes aux origines ethniques et sociales différentes expliquent leurs choix pour le référendum du 4 novembre.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 14h43
    |

                            Claudine Wéry (Nouméa, correspondante)








                        



                                


                            

Reportage. « Faut pas trop me parler de généalogie, j’y connais pas grand-chose. L’histoire est devant, pas derrière », lance de sa voix rocailleuse Karlheinz Creugnet. Le « broussard » – surnom donné à ceux qui habitent la « brousse », la campagne – appartient pourtant à une des plus anciennes familles caldoches – descendants des colons blancs –, dont le fief est Boulouparis, un village des plaines occidentales de la Grande Terre.
L’aïeul Creugnet, un Charentais, encadrait les bagnards à bord des bateaux qui les transportaient depuis la métropole vers la colonie pénitentiaire, à la fin du XIXe siècle. « Il a été malade en arrivant et a fait souche en Nouvelle-Calédonie », croit savoir Karlheinz, relevant qu’aujourd’hui les « cousinades » Creugnet peuvent réunir jusqu’à 400 personnes.
Propriétaire de plusieurs centaines d’hectares, l’éleveur de bovins, levé et couché avec le soleil, faisait partie des équipes d’autodéfense caldoches qui s’étaient organisées en 1984 et 1985 pour protéger les propriétés des attaques indépendantistes. A l’époque, la restitution des terres aux clans spoliés durant la colonisation était au cœur des revendications kanak. « On était sur le qui-vive nuit et jour, on n’avait pas le choix. Mais ce n’était pas la solution de se tirer dessus. On a 165 ans d’histoire commune [la France a pris possession de la Nouvelle-Calédonie en 1853], on est tous croisés », confie celui dont l’arrière grand-mère « est de sang kanak ».
« Je n’aurais pas dit ça avant, mais peut-être que dans vingt ans on sera prêt pour l’indépendance, pourquoi pas ? Là, c’est pas le moment »
Sans le moindre doute, ce loyaliste « qui a toujours été à droite », votera contre l’indépendance le 4 novembre. Parce que la « France est une protection, surtout face aux assauts de la Chine » dans le Pacifique insulaire. Pourtant, trente ans après les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ « Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.
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Progrès social : « Trouver la formule respectant équité, liberté et durabilité environnementale »

« Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Extraits. « L’idée occidentale selon laquelle les institutions de nos sociétés libérales, démocratiques et capitalistes ont atteint leurs formes finales, et représentent le but de toute nation (la “fin de l’histoire”), doit être fermement rejetée. Les acquis sociaux et démocratiques peuvent être balayés en une élection et remplacés par des politiques autoritaires et destructrices sur les plans social et environnemental. L’histoire est toujours en marche, et nous devons repenser nos institutions si nous voulons rendre notre modèle durable. Des idées intéressantes et des innovations venant de chaque continent peuvent mener à de nouvelles formes de participation populaire, une plus grande harmonie avec la nature ou une meilleure manière de gérer les conflits. Partout dans le monde, une grande diversité d’avancées économiques, politiques ou sociales montre le pouvoir de l’imagination et le nombre impressionnant d’idées promettant de mener vers une société meilleure.
Le défi de notre époque est de trouver une ou plusieurs formules respectant à la fois l’équité (que personne, à l’échelle nationale comme internationale, ne soit laissé pour compte et que soit réalisée une société inclusive), la liberté (économique et politique, ce qui implique le respect de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des droits démocratiques au sens large) et la durabilité environnementale (préserver les écosystèmes non seulement pour les générations à venir, mais aussi pour eux-mêmes, pour respecter toutes les formes de vie).
(…)
La mondialisation et les innovations technologiques sont les deux causes principales des transformations socio-économiques actuelles. Si les vertus et les dangers de la mondialisation sont bien connus des experts (bien que pas toujours des décideurs, malheureusement), il existe bien plus d’incertitudes sur les effets qu’auront les innovations technologiques sur notre qualité de vie et sur les inégalités sociales. Il est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.
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Progrès social : « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement »

La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 13h40
   





                        



   


Le Panel international sur le progrès social (IPSP) a été lancé en juillet 2014 à Paris, pour apporter la contribution des chercheurs au débat public sur l’évolution des institutions et de la structure de nos sociétés. Il rassemble plus de 300 chercheurs en sciences sociales (économie, sociologie, science politique, histoire, philosophie, anthropologie, droit, communication, etc.) à travers le monde. Le Panel publie un rapport sur le mauvais état de la planète et propose des solutions pour y remédier. 
Tribune. Une anxiété croissante gagne le monde. Les préjugés, la peur et la haine hantent de nouveau nos sociétés. Vers quel futur allons-nous ? Comment pouvons-nous éviter de répéter les erreurs qui ont engendré les tragédies du XXe siècle ?
Le Panel international sur le progrès social vient de publier un rapport qui propose une évaluation des tendances à long terme de nos sociétés. Le moment historique dans lequel nous nous trouvons exige une telle synthèse. L’effondrement des idéologies totalitaires a ouvert l’esprit de nos concitoyens à la recherche d’alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement. Nous devons saisir cette opportunité, de manière urgente, avant qu’il ne soit trop tard.
La recherche en sciences sociales est en mesure d’aider, offrant, dans une approche pluridisciplinaire, une meilleure compréhension du potentiel et des limites d’institutions-clés comme le marché, l’Etat, l’entreprise, la démocratie ou la religion. Elle permet aussi de se saisir plus efficacement des grands défis sociétaux dans leur complexité.

Trois cents chercheurs contre les maux du siècle
1. « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement » 2. Vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle 3. Trois extraits du « Manifeste pour le progrès social »
Pour aller plus loin
La tribune de 2016 publiée dans « Le Monde » lors du lancement des travaux du Panel international sur le progrès social
Le rapport Rethinking Society for the 21st Century. Report of the International Panel on Social Progress, 3 volumes, Cambridge University Press, 2018, non traduit
Un livre court et accessible : Manifeste pour le progrès social, La Découverte, parution le 10 janvier 2019. L’original, en anglais : A Manifesto for Social Progress. Ideas for a Better Society, Cambridge University Press, 2018
Le site Ipsp.org.
Un film A New Society, documentaire sur le Panel PIPS réalisé par Sofie Wolthers, visible sur wilmaswishes.com
Conférence-débat autour du livre A Manifesto for Social Progress : Sciences Po, 5 novembre 2018, 17 heures-19 heures, Paris VIIe. Inscription : sciencespo.fr/evenements/?event=capitalisme-inclusif-et-progres-social


La globalisation, la cyberconnectivité, la diversité et le multiculturalisme, les migrations, la biodiversité et le climat, les inégalités et la pauvreté, le défi technologique et éthique de l’intelligence artificielle… les nouveaux conflits clivent aujourd’hui les populations au moins autant que les anciens liés à la richesse ou aux inégalités de revenus. Les recherches menées sur ces grands enjeux sociétaux sont de nature à offrir des idées pour promouvoir la tolérance et des formes d’identité plus inclusives.
L’humanité à l’aube de possibilités nouvelles
La ligne générale du rapport est de constater que des progrès considérables ont été réalisés lors des dernières décennies, plaçant l’humanité à l’aube de possibilités nouvelles, mais qu’une accumulation de menaces peut néanmoins faire craindre le pire.
D’un côté, les niveaux de vie (incluant la santé et la longévité) ont connu une amélioration nette dans la plupart des pays. Les institutions démocratiques ont fortement progressé dans le monde. A cela s’ajoute une tendance profonde vers l’égalité des genres et une plus grande tolérance et acceptation de la diversité ethnique, culturelle, religieuse, des orientations sexuelles ou des formes familiales. Aucune de ces évolutions n’est linéaire ou automatique, des tensions et des retours en arrière existent, mais sur le long terme la tendance a été vers plus de prospérité et plus d’inclusion.
De l’autre, certaines régions du monde restent à l’écart de ces tendances. Minées par la pauvreté et l’instabilité, elles n’enregistrent aucune forme de rattrapage et sont souvent le théâtre de violences croissantes. Les inégalités au sein des pays ont connu des évolutions contrastées, mais dans nombre d’entre eux la concentration de la richesse et du pouvoir atteint des niveaux insoutenables. La mondialisation affaiblit les politiques nationales et les gouvernements semblent impuissants.
Instabilité politique
Tout cela réduit la confiance dans les institutions, renforce les mouvements populistes, nationalistes et extrémistes, exacerbe les tensions interreligieuses ou interethniques. Cette instabilité politique peut se traduire par des reculs en matière de coopération internationale et des risques accrus de conflits économiques ou géopolitiques.
L’environnement, quant à lui, est en grande tension. L’expansion de l’habitat humain, la prédation des ressources, la pollution et les émissions de gaz à effet de serre conduisent à des crises majeures dont les signes avant-coureurs sont déjà tangibles.
Sans une transition d’urgence vers un modèle de développement à la fois plus inclusif et durable, les risques de confrontations, d’effondrement et de chaos sont réels.
Pour faire face à ces menaces, le message des auteurs du rapport est que, loin d’être impuissantes, des politiques avisées et de bonnes institutions peuvent œuvrer à la cohésion sociale et à la réduction des inégalités. La préservation de l’environnement est possible avec des incitations et des investissements judicieux dans un cadre de coopération permettant de gérer les biens communs mondiaux.
Émergence d’acteurs et de mouvements sociaux
La capacité de l’humanité à saisir ces opportunités et à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques. Le rapport n’identifie pas de façon précise ces futurs acteurs du progrès social. Plutôt qu’un mouvement monolithique, des coalitions (mouvements politiques, dirigeants d’entreprise innovants, philanthropes, associations et ONG, collectifs de travailleurs, minorités agissantes, militants et lanceurs d’alerte) sont susceptibles de se former pour défendre des causes particulières de manière décentralisée et souplement coordonnée.
S’appuyant sur une conception large du progrès social, le rapport examine les perspectives d’amélioration dans les domaines socio-économique, politique et culturel.

   


Sur le plan socio-économique, la réduction des inégalités peut s’obtenir par la redistribution mais aussi par des mécanismes de « prédistribution » inscrits au cœur de l’activité économique, comme le développement des capacités des individus (compétences, santé), ou une régulation différente de la concurrence et des contrats… La révolution robotique et numérique ne fera pas disparaître le travail, mais la recomposition des emplois nécessitera des politiques de flexisécurité ambitieuses pour aider aux transitions de carrière.
Le rapport souligne la cohérence du modèle scandinave, qui conjugue ouverture économique et innovation avec une négociation centralisée et une protection sociale universelle et plaide pour des stratégies de développement fondées sur la promotion de l’égalité. La modération des écarts de salaire entre emplois et entre secteurs, un système de protection universel et une redistribution de la richesse sont de nature à accélérer l’innovation, à donner de l’autonomie aux travailleurs et à encourager la croissance et la mobilité sociale. Le rapport discute aussi des formes coopératives de production et de partage des profits et appelle de ses vœux une réforme des missions et de la gouvernance des entreprises afin de mieux prendre en considération les intérêts des parties prenantes ainsi que les enjeux de bien commun qui conditionnent la durabilité de l’activité économique.
Mise en garde contre le pouvoir politique direct et indirect des intérêts économiques
Sur le plan politique, le rapport insiste sur l’interdépendance entre cohésion sociale et démocratie et met en garde contre le pouvoir politique direct et indirect des intérêts économiques. Il souligne la grande richesse d’innovations démocratiques, particulièrement les formes participatives, qui se développent à travers le monde. Toutefois, la participation doit être mise en œuvre avec attention pour éviter sa captation par les élites et assurer l’inclusion des minorités. Les médias et les réseaux sociaux jouent un rôle crucial pour la démocratie ; ils devraient être traités comme des biens communs et faire l’objet d’un suivi démocratique rigoureux afin de préserver leur indépendance vis-à-vis de l’Etat et des intérêts privés et d’assurer la qualité de leurs contenus. L’architecture complexe des mécanismes de gouvernance mondiale, elle, reste encore dominée par les pays les plus riches, et les organisations internationales devraient être plus réceptives aux besoins de l’ensemble des populations.
Sur le plan culturel, le rapport rejette la perspective « modernisatrice » qui projette une croissance inéluctable de l’individualisation et de la rationalité. Une lecture plus complexe des vertus et des problèmes liés à la coexistence de l’individualisation et des modes de vie traditionnels émerge. La construction des identités, aujourd’hui au cœur de l’instabilité politique de nombreuses régions du monde, doit être analysée à la lumière des tendances, progressistes ou régressives, qui sous-tendent les mouvements identitaires. Le rapport analyse le rôle contrasté des communautés religieuses en matière de progrès social et plaide pour que les institutions politiques et sociales recherchent des partenariats constructifs avec les groupes religieux, plutôt que de laisser se développer des situations confuses de compromission ou, plus dangereuses encore, de confrontation.
Des évolutions très importantes
Le rapport apporte une attention particulière à l’évolution des structures familiales et à leur interaction avec les institutions et politiques publiques. Les programmes de protection sociale jouent un rôle capital dans la promotion du respect et de l’équité au sein des familles. L’évolution des politiques de santé, d’enseignement et d’urbanisme est très importante parce qu’elles affectent la vie humaine tant aux niveaux économique et social que moral et civique. Elles peuvent contribuer à émanciper les citoyens en leur conférant une plus grande maîtrise de leur situation et en renforçant leur pouvoir grâce à une participation active dans les mouvements politiques, sociaux et culturels.
Il faut envisager des futurs multiples de nos sociétés avec des moyens différenciés afin de les atteindre dans différentes parties du monde de façon adaptée aux différentes cultures et visions du monde, aux différentes approches de la cohésion sociale et aux différentes formes organisationnelles. Plusieurs formes de démocratie participative sont de nature à revitaliser les politiques locales et nationales (les villes en particulier constitueront des espaces d’innovation et d’expérimentation), et différents types de coopération régionale et internationale (sans oublier les actions transnationales et non gouvernementales) peuvent se développer.
Une des conclusions fortes du rapport est qu’il est possible et nécessaire d’envisager, de manière réaliste, des sociétés offrant des procédures de décision plus démocratiques et de moins fortes inégalités de statut, de pouvoir et de capacités. Des réglementations adaptées des marchés et des entreprises pour limiter le lobbying et combattre l’évasion fiscale et le dumping social, des incitations avisées pour rediriger les forces de la mondialisation et de l’innovation technologique au bénéfice des populations, des mécanismes de participation démocratisant les institutions économiques, sociales et politiques renforceraient le progrès social. Il semble moins évident que les réformes institutionnelles puissent renforcer de la même manière les sentiments de respect et de solidarité entre des individus ayant des orientations sexuelles différentes ou appartenant à des communautés ethniques ou religieuses opposées. Toutefois, les politiques publiques peuvent promouvoir l’égalité des sexes, et la réglementation influencer les attitudes vis-à-vis de la race et des orientations sexuelles.
Le rapport se conclut par des réflexions sur le rôle des experts et des chercheurs dans la promotion du progrès social. Experts et chercheurs doivent considérer leur contribution comme une composante d’un débat démocratique vivant et informé et éviter les compromissions avec les intérêts dominants.
Nous souhaitons voir nos analyses reçues par les citoyens et les décideurs comme un appel urgent en faveur du progrès social et d’un débat démocratique planétaire sur les moyens d’améliorer le fonctionnement de nos sociétés au XXIe siècle.
Auteurs 
Olivier Bouin (Réseau français des instituts d’études avancées)
Marie-Laure Djelic-Salles (Sciences Po Paris)
Marc Fleurbaey (université de Princeton)
Liste complète des signataires
Gustaf Arrhenius (Institut d’études des futurs, Stockholm) Ernest Aryeetey (Alliance des universités africaines pour la recherche, Accra) Akeel Bilgrami (université Columbia, New York) Raouf Boucekkine (Aix-Marseille université) John Bowen (université Washington, Saint-Louis) Paula Casal (université Pompeu Fabra, Barcelone) Hilary Charlesworth (université de Melbourne) Colin Crouch (université de Warwick) Purnamita Dasgupta (université de Delhi Enclave) Grace Davie (université d’Exeter) Ama de-Graft Aikins (université du Ghana, Accra) Mamadou Diouf (université Columbia) Ottmar Edenhofer (Institut de recherche de Potsdam sur l’impact du climat) Ana Falu (université de Cordoba, Argentine) Maurizio Ferraris (université de Turin) Fernando Filgueira (Ciesu, Montevideo) Rebeca Grynspan (Secretariat Général Ibéro-Américain, Madrid)
Kumari Jayawardena (Association des sciences sociales du Sri Lanka) Ravi Kanbur (université Cornell, Ithaca) Cécile Laborde (université d’Oxford) Michèle Lamont (université Harvard) Claudio Lopez-Guerra (CIDE, Mexico) Vivian Lin (université La Trobe, Melbourne) Nora Lustig (université Tulane, La Nouvelle-Orléans) Takyiwaa Manuh (Commission des Nations unies pour l’Afrique, Addis-Abeba) Alberto Martinelli (université de Milan) Dominique Méda (université Paris-Dauphine)
Mustapha K. Nabli (North Africa Bureau of Economic Studies International, Tunis) Helga Nowotny (ETH, Zurich) Philip Pettit (université de Princeton) Elisa Reis (Université fédérale de Rio de Janeiro) Henry S. Richardson (université Georgetown, Washington) Clemencia Rodriguez (université Temple, Philadelphie) John Roemer (université Yale, New Haven) Hartmut Rosa (université Friedrich-Schiller, Iéna) Jeffrey Sachs (université Columbia, New York) Saskia Sassen (université Columbia, New York) Youba Sokona (vice-président du GIEC) Pelin Tan (université de Chypre) Philippe Van Parijs (université de Louvain-la-Neuve) Salvatore Veca (université de Pavie) Suman Verma (université du Pendjab, Chandigarh) Ingrid Volkmer (université de Melbourne) Michel Wieviorka (Fondation maison des sciences de l’homme) Xiaobo Zhang (université de Pékin)



                            


                        

                        


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Progrès social : « Nos vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle »

Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
    |

Henry S. Richardson (philosophe à la Georgetown University (Etats-Unis))







                        



                                


                            
Tribune. Comment évaluer le progrès social dans une société donnée ? Beaucoup d’économistes auront l’habitude d’en admettre seulement deux : le bien-être et la justice distributive. Comme on le sait, se concentrer uniquement sur la maximisation du bien-être total (ou moyen) est compatible avec la promotion de niveaux inacceptables d’inégalité économique. On pourrait penser qu’une fois que la justice a été ajoutée au bien-être, ces deux dimensions suffisent, tant la notion de bien-être est vaste.
Mais l’approche subjectiviste de l’idée de bien-être qui a dominé l’économie au milieu du siècle dernier cède la place à une compréhension plus concrète. Cette évolution est en grande partie imputable au développement pionnier par Amartya Sen de l’approche par les « capabilités », qui distingue plusieurs dimensions du bien-être. Le rapport de 2009 de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a ainsi suggéré que la dimension du bien-être puisse être divisée en huit sous-dimensions : niveau de vie matériel, santé, éducation, activités personnelles, expression politique et gouvernance, connexions et relations, environnement, et sécurité.
Egale dignité de chaque être humain
Dans le chapitre du rapport du Panel international sur le progrès social consacré à cette question, notre groupe d’auteurs s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes de notre approche. Nous serions guidés par un engagement fondamental en faveur de l’égale dignité de chaque être humain et du respect du pluralisme profond, dans le monde entier, des points de vue sur les valeurs, la moralité et la religion. Nous nous sommes mis d’accord pour abjurer toute trace de la foi des Lumières selon laquelle la société humaine est destinée à progresser inexorablement. Nous avons également rejeté l’idée selon laquelle il existe une voie unique et privilégiée vers le progrès social. Au lieu de cela, nous avons voulu que notre catalogue de dimensions du progrès social puisse servir à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ A Nouméa, la pénurie de logements et les prix de l’immobilier poussent de nombreux habitants, en majorité kanak, à s’installer dans des bidonvilles comme celui de Nouville.
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Nouvelle-Calédonie : « Il fallait faire un choix entre la voiture ou le toit »

A Nouméa, la pénurie de logements et les prix de l’immobilier poussent de nombreux habitants, en majorité kanak, à s’installer dans des bidonvilles comme celui de Nouville.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 16h00
    |

                            Claudine Wéry (Nouméa, correspondante)








                        



   


Reportage. Il a déjà monté un mètre de parpaings et, avant l’été austral, sa cabane disposera d’un coin douche, au sol carrelé. Avec sa compagne, Coralie, et leur petite fille de 3 ans, Gabriel Napoé, jovial Kanak à barbichette, habite dans le « squat de Nouville », sur la presqu’île de Nouméa où débarquaient jadis les bagnards. Pour lui rendre visite, il faut emprunter un chemin de terre rocailleux, noyé dans la végétation et troué de nids-de-poule. « Les gens parlent parfois des bidonvilles de Nouméa, mais ça ne correspond pas à la réalité des squats. Ici, c’est tranquille, on vit un peu comme en tribu, tous ensemble avec des Tahitiens et des Wallisiens », rectifie le jeune homme, désignant du doigt la cabane de ses parents en contrebas, celle de sa sœur plus haut, celle de son oncle et celle de son beau-frère un peu plus loin.
« On vit en famille, il y a l’odeur du feu et jamais personne n’est venu nous embêter »
Son logis se résume à une minuscule chambre aux matelas posés à même le sol et à un espace de vie couvert mais sans fenêtre, qui donne sur un jardin fleuri et une rangée de taros. « On paie l’eau courante qui a été installée, on a un groupe électrogène et j’ai même Canalsat pour que la petite regarde Disney Channel », raconte Gabriel, déplorant en revanche le gros problème de la gestion des déchets – plastiques et ferrailles – qui polluent ce cadre bucolique. « On vit en famille, il y a l’odeur du feu et jamais personne n’est venu nous embêter », renchérit Coralie, consciente que les terrains de Nouville, où vivent quelque 1400 squatteurs à 80 % Kanak, appartiennent au domaine public.

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Mécanicien dans un garage de la zone industrielle de Ducos et femme de ménage à temps partiel, le couple n’a pas les moyens de se loger à Nouméa, où les prix de l’immobilier ont flambé ces dernières années, flirtant avec ceux de la Côte d’Azur. « On a acheté un pick-up à crédit mais il fallait faire un choix entre la voiture ou le toit », explique le père de famille, qui de toute façon ne voudrait « pour rien au monde, vivre en appartement dans une cité ».
« Mère nourricière »
« C’est le retour aux “instincts”, je vais pêcher dans le lagon en bas, on fait des cultures, il y a des papayes », explique Gabriel. Il s’insurge des prix « exorbitants dans les magasins » de Nouméa où le coût du panier de la ménagère est plus de deux fois supérieur à celui de la métropole. « A cause de la vie chère, nous, les Kanak, on commence à être individualiste, avoue-t-il. Je veux bien partager mais je suis obligé de mettre des limites. » Il regrette qu’avec la modernisation, « les Kanak rentrent trop dans le capitalisme. Je préférerais partir d’ici et aller vivre en brousse mais c’est dur d’y avoir du travail », confie Gabriel. A Nouville, il a réussi à allier la nécessité d’avoir un salaire et celle de ne pas rompre avec des codes de vie, en symbiose avec la nature.
Dépité par les profondes inégalités entre « ceux qui sont dans des cabanes et ceux qui sont tranquilles dans des villas de luxe », Gabriel n’est pas pour autant persuadé que l’indépendance réglera tous les problèmes. « J’ai envie que ce soit l’indépendance mais je n’ai pas confiance dans les politiques. Il y a trop de magouilles, de promesses jamais tenues », constate cet électeur qui « votera peut-être blanc » le 4 novembre.

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En face de chez lui, Babette et Baptiste, un couple de sexagénaires originaire de l’île de Maré et installé dans une cabane en planches et en tôles à Nouville depuis 25 ans, ont eux fait leur choix sans hésiter : « On est contre l’indépendance tous les deux, la France c’est la mère nourricière », répondent-ils en chœur, du seuil de leur bicoque. Intérimaire, Baptiste, chapeau sur la tête et bébé dans les bras, vante son quotidien, « réveillé le matin par le chant des oiseaux et la vue sur la mer ». « On est bien comme ça », confie-t-il, avant de tempérer ses propos par une tirade contre la vie chère et « les cigarettes qui se vendent maintenant à l’unité 150 francs CFP (1,25 euro) ».
Macrocéphalie économique de Nouméa
Comme Gabriel, sa femme Coralie et leurs voisins Babette et Baptiste, quelque 8 à 10 000 personnes vivent en habitat précaire, aux alentours de Nouméa, dans des conditions souvent plus rudes qu’à Nouville, considéré comme « un squat de luxe ». A la Maison de l’habitat de la Province sud, plus de 7000 demandes de logement sont en souffrance. « On livre un peu moins de 800 logements sociaux par an, il en faudrait 1000. La principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés est l’opposition des communes. On doit se battre pour obtenir les permis de construire », déplore Philippe Michel, président de la Province Sud où se trouve la capitale.
Cette crise reflète la persistance de la macrocéphalie économique et démographique de Nouméa, malgré trente ans de politique de rééquilibrage. « En chiffres absolus, il n’y a pas eu de résorption des déséquilibres dans la répartition de la population. Nouméa et sa périphérie concentrent deux tiers de la population, ce qui est considérable », observe Pierre-Christophe Pantz, auteur de la thèse « Géopolitique des territoires kanak ». Ainsi en 1996, deux ans avant l’accord de Nouméa, la Province Sud comptait 134 546 habitants. Elle a bondi à 207 300, selon les données de l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie au 1er janvier 2017. En revanche, sur la même période, la province des îles Loyauté, dont la vocation économique reste à inventer, a baissé de 20 877 à 18 700 personnes.
A la Maison de l’habitat de la Province sud, plus de 7000 demandes de logement sont en souffrance
Seul projet véritablement structurant construit hors de la Province Sud durant l’accord de Nouméa, l’usine métallurgique de nickel Koniambo, qui a en revanche permis à la Province Nord de gagner en population. Grâce à ce complexe industriel, fruit d’une lutte obstinée des indépendantistes kanak en 1998, la collectivité a accueilli plus de 11 000 nouveaux résidents entre 1996 et 2017 (52 500 habitants).

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« L’émergence du pôle Voh-Koné-Pouembout [où se situe l’usine sur la côte ouest] est extrêmement importante. Il a notamment rapproché les habitants de la côte est, peu développée, d’un centre urbain et d’emplois », observe M. Pantz. Il insiste en outre sur la mobilité des populations urbaines, mais originaires de l’intérieur, qui retournent régulièrement chez elles, atténuant ainsi les effets de leur émigration.



                            


                        

                        

