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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le cabinet de Theresa May a qualifié de « spéculation » l’article du « Sunday Times » rapportant l’existence d’une clause douanière dans l’accord avec l’Union européenne.
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Brexit : la presse anglaise parle d’un accord imminent sur la frontière irlandaise

Le cabinet de Theresa May a qualifié de « spéculation » l’article du « Sunday Times » rapportant l’existence d’une clause douanière dans l’accord avec l’Union européenne.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    04.11.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 17h30
   





                        



   


La Grande-Bretagne resterait dans une union douanière temporaire avec l’Union européenne après le Brexit pour éviter une frontière coupant l’île d’Irlande entre le Nord, membre du Royaume-Uni, et le Sud, selon un nouvel accord intervenu entre Londres et Bruxelles, affirme, dimanche, le Sunday Times.
La première ministre britannique Theresa May aurait obtenu des concessions de Bruxelles, l’UE ayant accepté d’inscrire une union douanière pour « l’ensemble du Royaume-Uni » dans l’accord de divorce, selon des sources proches du dossier citées par l’hebdomadaire. Le cabinet de Theresa May a commenté l’article du Sunday Times, dimanche, en qualifiant de « spéculation » ces informations, tout en précisant que les « négociations se poursuivaient ».
La frontière irlandaise constitue l’un des principaux obstacles à un accord sur le Brexit, aucune des parties ne souhaitant rétablir une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord par peur de compromettre l’accord de paix ayant mis fin à des décennies de violences communautaires.

        Nos explications :
         

          pourquoi la frontière entre les deux Irlandes est un casse-tête pour Londres



Maintenir une frontière ouverte
Selon cet accord, l’Union européenne accepterait que les vérifications des marchandises soient faites dans les usines et magasins plutôt qu’à la frontière, écrit le Sunday Times.
Le 2 novembre, le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, et David Lidington, le secrétaire d’Etat auprès du cabinet de Mme May, avaient assuré que Dublin et Londres étaient « très près » de s’accorder sur la manière de maintenir une frontière ouverte sur l’île d’Irlande après le Brexit, principal obstacle à la conclusion d’un accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Pour le chercheur Jean-Pierre Filiu, les campagnes contre George Soros, accusé d’incarner la finance mondialisée et d’encourager les flux d’immigration, alimentent de plus en plus de passages à l’acte antisémite.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Deux autres personnes sont portées disparues dans la région de Palerme, où des rivières sont sorties de leur lit.
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Inondations en Sicile : douze morts, dont neuf personnes d’une même famille

Deux autres personnes sont portées disparues dans la région de Palerme, où des rivières sont sorties de leur lit.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 12h12
   





                        


Douze personnes, dont neuf membres d’une même famille, ont trouvé la mort dans la région de Palerme en Sicile, en raison d’inondations provoquées par des rivières sorties de leur lit, ont annoncé les pompiers, dimanche 4 novembre.
Les corps de neuf membres d’une même famille, dont des enfants âgés de 1 an, 3 ans et 15 ans, ont été récupérés dans leur maison de Casteldaccia. Trois autres personnes de la famille, dont l’une s’est réfugiée dans un arbre pour se mettre à l’abri, ont réussi à échapper à la montée des eaux, selon l’agence italienne Agi.
Un gérant de station-service de 44 ans a également trouvé la mort samedi soir dans la commune de Vicari en essayant de rejoindre son lieu de travail où un employé était bloqué, précise Agi. Un passager de 20 ans, non encore retrouvé, se trouvait à bord de la voiture emportée.
Les corps de deux personnes d’origine sicilienne vivant en Allemagne – un homme et une femme – ont également été retrouvés, bloqués à l’intérieur de leur véhicule dans un torrent de la région d’Agrigente, un peu plus au sud.
Les autorités sont sans nouvelles d’un médecin qui circulait dans les environs de la ville de Corleone et semble avoir dû abandonner sa voiture sur une route en raison des intempéries.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Face aux atteintes à la démocratie du premier ministre hongrois, le puissant Parti populaire européen oscille entre sanction et temporisation. Une tiédeur qui illustre la crise d’une droite européenne pétrifiée par les populismes.
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Le PPE et Viktor Orban, l’oncle raciste de Hongrie


                      Face aux atteintes à la démocratie du premier ministre hongrois, le puissant Parti populaire européen oscille entre sanction et temporisation. Une tiédeur qui illustre la crise d’une droite européenne pétrifiée par les populismes.



M le magazine du Monde
 |    04.11.2018 à 06h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                              

                        

Jusqu’au dessert, tout allait bien. C’est au moment où les mignardises sont arrivées que le sujet Viktor Orban s’est invité à table. Dès que le nom du premier ministre ultraconservateur hongrois est lâché, les trois eurodéputés de la droite française, qui déjeunaient jusqu’ici paisiblement dans un des salons du Parlement européen de Strasbourg, n’ont pu s’empêcher d’échanger des remarques acerbes.
Après une longue justification alambiquée sur les mérites de la politique migratoire du Magyar, le Nîmois Franck Proust, assène que de toute façon « sur les marchés à Perpignan et à Montpellier, on ne parle pas beaucoup d’Orban. – Arrête avec ton Viktor Orban. À Lyon, on en parle », explose à sa droite, Françoise Grossetête, élue aussi bourgeoise, modérée et pro-européenne que sa ville d’origine.
Divisions quant au sort d’Orban
« À Marseille, on n’en parle pas », coupe, débonnaire et rigolard, Renaud Muselier. Pour ce médecin, « dans la mesure où la maladie est incurable, il vaut mieux garder le malade chez soi pour le soigner plutôt que le laisser dans la nature pour disséminer son mal. – Mon opinion n’a pas changé et elle diffère de certains discours qu’on vient d’entendre », rétorque sèchement la Lyonnaise, devant des journalistes amusés de ces divisions étalées au grand jour.
Ce 3 octobre, voilà déjà près de trois semaines que les trois parlementaires, à l’image de leurs homologues du Parti populaire européen (PPE), cette formation paneuropéenne rassemblant les conservateurs du Vieux Continent, se sont déchirés sur le sort à réserver à leurs collègues de Fidesz, le parti de M. Orban.
C’était le 12 septembre, lors d’un vote historique du Parlement européen au cours duquel plus des deux tiers des élus ont voté pour appeler l’UE à ouvrir une procédure de sanction contre la Hongrie et ses atteintes récurrentes à l’Etat de droit.


Franck Proust a voté contre,...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les établissements à dimension internationale craignent les difficultés à recruter des enseignants étrangers et les refus de visas pour leurs élèves.
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Le Brexit inquiète les écoles de commerce françaises

Les établissements à dimension internationale craignent les difficultés à recruter des enseignants étrangers et les refus de visas pour leurs élèves.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 16h00
    |

                            Adeline Farge








                        



   


Bordée par la Tamise, Oxford, écrin de la plus prestigieuse université britannique, émerveille depuis des siècles les meilleurs élèves. Même un dimanche, le tumulte des bars et les groupes d’étudiants s’apostrophant dans toutes les langues à travers les ruelles pavées confirment que la ville aux clochers rêveurs est la cité universitaire internationale par excellence. Ses collèges à l’architecture néogothique accueillent près de 32 000 étudiants du monde entier.
« Bouillonnement culturel »
C’est dans cette ambiance cosmopolite, à 90 kilomètres de Londres, que Margot a choisi de booster son CV à l’EM Normandie, seule école française à disposer d’un campus sur place. « J’ai été attirée par le bouillonnement culturel de cette ville à taille humaine. En dehors des cours, nous pouvons assister aux conférences organisées par les collèges réputés d’Oxford et nous impliquer dans des projets académiques ou associatifs. Ces évènements sont l’occasion de se créer un réseau professionnel à l’étranger », explique l’étudiante, qui souhaite créer sa startup après son M2 en banque, finance et FinTech.
« Faute de recevoir son visa dans les délais, une candidate a renoncé à son projet d’étudier au Royaume-Uni. » Jean-Guy Bernard, directeur général de l’EM Normandie
Pourtant, depuis le référendum du 23 juin 2016, une épée de Damoclès plane au-dessus de la communauté universitaire, qui a rejeté d’un bloc le Brexit. Si les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne restent floues, les restrictions migratoires risquent de freiner la venue des étudiants et de leurs enseignants. Jusqu’ici, avec la libre circulation, une carte d’identité suffit aux Européens pour étudier et travailler Outre-Manche. Mais il n’est pas exclu que des permis de séjour et des visas soient exigés à l’avenir.
« Pour l’instant, ce qui nous inquiète, ce sont les difficultés subies par les étudiants internationaux, raconte Jean-Guy Bernard, directeur général de l’EM Normandie. Les procédures d’octroi des visas sont devenues plus compliquées. Faute de recevoir ce document dans les délais, une candidate a renoncé à son projet d’étudier au Royaume-Uni. »

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                Brexit : 2 300 universitaires européens ont quitté le Royaume-Uni en 2017



Implantée près du quartier historique d’Oxford sur un campus moderne de 600 m2, l’école a aussi rencontré des déboires pour recruter à la rentrée un professeur indien spécialisé en logistique. « Etant considérés comme une association française, nous ne pouvons embaucher que des Français et des Anglais. Finalement, nous n’avons pas reçu les autorisations nécessaires », détaille Hendrik Lohse, directeur des campus d’Oxford et de Dublin de l’EM Normandie.
« Plutôt que de voir nos locaux londoniens se vider, nous avons préféré ouvrir un campus à Berlin. » Jean-François Fiorina, directeur adjoint
Pour continuer d’accueillir ses 200 étudiants du programme grande école et diversifier ses recrutements, la business school française a décidé de créer une société à statut juridique anglais. Cette démarche lui permettra d’ici à deux ans de décrocher auprès du ministère de l’intérieur les licences Tier II et IV, accréditations facilitant l’obtention des visas et les embauches des enseignants étrangers.
En se transformant en filiale britannique, l’EMN Oxford aura les mêmes droits qu’une université locale. « Jusqu’à présent, nous pouvions opérer nos activités d’enseignement depuis la France. Mais il devient nécessaire, avec la sortie du marché commun, de faire reconnaître notre existence en Grande-Bretagne. Notre responsabilité est de prendre des précautions juridiques pour sécuriser nos activités », justifie Hendrik Lohse.
Fermetures de campus
Si l’EM Normandie envisage de s’installer durablement dans le paysage universitaire britannique, d’autres ont préféré, face aux incertitudes, plier bagage. Ainsi de Grenoble Ecole de management, qui a fermé en 2017 son établissement de Londres : « Le Brexit a détourné de cette destination les étudiants, indique Jean-François Fiorina, directeur adjoint. Plutôt que de voir nos locaux londoniens se vider, nous avons préféré limiter notre présence en Angleterre et ouvrir un campus à Berlin. Avec sa dimension internationale et son esprit startup, cette ville “matchait” avec nos critères. »

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L’ESCP Europe, qui accueille un millier d’étudiants sur son campus londonien, n’envisage pas pour sa part de cesser ses programmes d’enseignement Outre-Manche. « Même en cas de Brexit dur, le Royaume-Uni continuera à entretenir des relations avec le reste de l’Europe. Il sera donc toujours nécessaire de comprendre le fonctionnement de ses entreprises et de son marché financier. En étant sur place, nous allons devenir un pont entre le Royaume-Uni et l’Union européenne », analyse Frank Bournois, directeur général de l’école parisienne.
Les barrières administratives ne sont pas la seule cause du désamour possible. Certains craignent aussi qu’après 2020 les institutions universitaires alignent leurs frais de scolarité sur ceux acquittés par les étudiants étrangers, ce qui reviendrait à doubler leurs droits. « La Grande-Bretagne a perdu de son attractivité. Nos élèves redoutent que, sur place, les débuts de carrière soient moins évidents et les opportunités moins intéressantes. Ils préfèrent désormais vivre une expérience internationale dans d’autres destinations anglophones », remarque Anne-Catherine Guitard, directrice des opérations et des relations internationales de Kedge Business School.
Partenariats innovants
Pour proposer des séjours d’échanges académiques et des doubles diplômes ailleurs sur le Vieux Continent, des partenariats ont été noués avec des écoles de commerce en Suède et aux Pays-Bas. Toujours pour éviter à ses ouailles de traverser la Manche, Kedge prévoit de co-construire et de dispenser sur son campus parisien des formations avec la Britannique Aston Business School, de Birmingham, en parallèle des activités de recherche communes menées en France.
Le Brexit est ainsi l’occasion d’inventer de nouvelles coopérations avec des institutions académiques soucieuses de sortir de leur isolement et d’accéder aux financements européens. En 2017, la communauté d’universités et d’établissements Paris-Seine, incluant l’Essec, a invité ses homologues britanniques à s’installer sur le futur campus international de Cergy-Pontoise. « Avoir ces partenaires reconnus sur notre territoire nous permettra de collaborer en échappant aux contraintes du Brexit, espère Vincenzo Vinzi, directeur général de l’Essec. Nous souhaitons nous enrichir de leurs compétences académiques, scientifiques et technologiques. »

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                L’Imperial College de Londres veut passer entre les mailles du Brexit



Les écoles de commerce françaises ont tout intérêt à faire valoir leurs atouts si elles veulent profiter des retombées du Brexit. C’est notamment l’opportunité de puiser dans le vivier d’étudiants internationaux et d’enseignants-chercheurs qui fuient le Royaume-Uni. « Chaque semaine, nous recevons deux ou trois candidatures de Grande-Bretagne. Ce sont des profils intégrés dans le milieu universitaire qui n’auraient pas postulé chez nous auparavant, souligne Jean-François Fiorina. Mais désormais, ils s’inquiètent pour leur avenir professionnel et ils cherchent à assurer leurs arrières. Attirer ces talents améliorera la qualité et la notoriété de nos formations. »

« Le Monde » organise son Salon des grandes écoles les 10 et 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce, d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées et prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac + 2, + 3 ou + 4). Lycéens, étudiants et parents pourront également assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » pourra également conseiller lycéens, étudiants et parents pour définir leur projet d’orientation, préparer les concours ou rédiger leur CV.
L’entrée en sera gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le nombre de tailleurs de diamants s’est effondré dans la ville belge, où a été inventé le brillant à 57 facettes. La cité portuaire tente de résister face à la concurrence étrangère et à celle d’Internet.
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édition abonné


Le diamant d’Anvers contre tous

Le nombre de tailleurs de diamants s’est effondré dans la ville belge, où a été inventé le brillant à 57 facettes. La cité portuaire tente de résister face à la concurrence étrangère et à celle d’Internet.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 06h41
    |

                            Juliette Garnier (Anvers, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Manuella Merckx fronce les sourcils. La directrice opérationnelle du Diamond Office, le bureau de contrôle des importations et des exportations de diamants, sis à Anvers, aurait dû être avertie de notre arrivée par les vigiles, à l’entrée de l’immeuble du 22 Hoveniersstraat. « Ce n’est pas la procédure », s’agace cette Belge à la poignée de main ferme.
Cet office de contrôle est installé dans les étages de l’Antwerp World Diamond Center (AWDC), l’équivalent de la chambre de commerce et d’industrie des diamantaires d’Anvers, en plein cœur du Diamond Square Mile, quartier sécurisé de la ville portuaire où patrouillent militaires et policiers, 24 heures sur 24.
A lui seul, le Diamond Office est censé symboliser la droiture et la transparence que revendiquent les marchands de diamants de la place. Tous les jours, des milliers de pierres brutes et taillées entrent et sortent de cet immeuble moderne. Sous le regard de fonctionnaires et du bureau des douanes, dix-sept experts assermentés par l’Etat belge contrôlent le contenu des paquets sous scellés en provenance ou à destination de l’étranger, en dehors de l’Union européenne (UE).

Le geste est adroit, rapide, presque mécanique. D’un coup de cutter, l’expert tranche les sacs plastiques zippés qui contiennent les sachets de diamants. Puis il verse le contenu de chacun dans le plateau métallique d’une balance électronique pour en vérifier le poids, exprimé en carats (un carat équivaut à 0,2 gramme).
D’un œil, il compare le poids annoncé sur la facture à celui qui apparaît sur l’écran de pesée. De l’autre, à l’aide de sa loupe, il contrôle la classification du diamant établie par le bureau de contrôle de l’AWDC. Objectif : vérifier la valeur du lot, qui détermine le montant de la TVA et son prix en dollars. La monnaie américaine demeure la devise officielle du secteur.
En cette matinée d’octobre, quelques secondes auront suffi à cet expert assermenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Fondée en 2008 à Anvers, la PME s’est fixé pour objectif de séduire les millennials, ces consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au e-commerce.
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Baunat ou le pari de la vente en ligne de bijoux en diamants

Fondée en 2008 à Anvers, la PME s’est fixé pour objectif de séduire les millennials, ces consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au e-commerce.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 11h00
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Les fondateurs de Baunat patientent. La revente de leur start-up à un grand groupe viendra en son temps. Fondée il y a dix ans à Anvers, en plein cœur du Diamond Square Mile, cette PME employant vingt-cinq personnes, notamment dans la ville belge et à Paris, vend en ligne des solitaires, des bagues et autres bracelets en diamant.
Stefaan Mouradian et Steven Boelens en ont eu l’idée alors qu’ils travaillaient chez Blue Star, gros fournisseur indien de pierres précieuses brutes et taillées. Ensemble, ils créent Baunat en s’inspirant un peu de l’américain Blue Nile, pionnier de la vente en ligne de bijoux racheté en 2017 par un consortium de fonds, dont Bain Capital, pour 500 millions de dollars (440 millions d’euros).
Gamme courte et petits prix
L’objectif des entrepreneurs belges ? Vendre sans intermédiaire des bijoux aux millennials, cette génération de consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au commerce en ligne, en se fournissant à Surate, dans l’ouest de l’Inde. Car, comme on vend un bidon de peinture en fonction de son RAL (couleur), de sa finition et de son poids, « il est possible de vendre un diamant sur Internet », explique M. Mouradian. La standardisation de cette pierre en fonction de son poids exprimé en carats (1 carat = 0,2 gramme), de sa teinte d’un blanc extrême au jaune teinté, de sa pureté et de sa forme (brillant, marquise, poire, etc.) facilite la vente sur écran.
Baunat propose à ses clients une gamme courte et des petits prix, notamment pour les modèles à présenter lors d’une demande en mariage. La start-up les obtient en signant l’achat de la pierre auprès des diamantaires après sa vente au particulier. Contrairement aux bijoutiers, la société n’a pas à supporter les coûts liés à un éventuel stock de diamants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les résultats publiés par l’Autorité bancaire européenne montrent que les établissements bancaires sont globalement plus préparés que lors du test de 2016.
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Les banques allemandes et britanniques moins résistantes aux « stress tests »

Les résultats publiés par l’Autorité bancaire européenne montrent que les établissements bancaires sont globalement plus préparés que lors du test de 2016.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 10h19
    |

                            Véronique Chocron








                        


Vendredi 2 novembre, après la fermeture des marchés financiers, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a publié les résultats des tests de résistance auxquels 48 banques du continent (couvrant 70 % des actifs du système bancaire européen) ont été soumises ces derniers mois.
Pour réaliser sa quatrième vague de tests, l’Autorité bancaire a confronté les institutions européennes, sur la base de leurs bilans à fin 2017, à des scénarios de stress économique sévère : celui notamment d’une chute de 2,7 % du PIB européen entre 2018 et 2020, accompagnée d’une montée du taux de chômage de 3,3 points, de risques économiques liés au Brexit ou encore d’une chute des prix de l’immobilier.
Il s’agissait d’évaluer si les banques détenaient des réserves en capital suffisantes pour absorber les chocs. Dix ans après la crise financière, le bilan se révèle à première vue rassurant. « Le résultat des tests de résistance montre que les efforts des banques pour solidifier leur base capitalistique ces dernières années ont renforcé leur capacité à résister à des chocs importants », a déclaré Mario Quagliariello, le directeur des analyses et statistiques économiques à l’EBA. Ce résultat, meilleur que lors du test de résistance de 2016, était attendu puisque, sous la pression des superviseurs et des marchés financiers, les banques ont globalement continué d’augmenter leurs ratios de solvabilité (qui mesurent capitaux propres en face des crédits distribués) au cours des deux dernières années.
Quelques surprises
« Ces tests ne constituent pas l’alpha et l’oméga de l’appréciation des risques, ils n’explorent pas tous les scénarios. Par ailleurs la liste est partielle, certains établissements qui soulèvent de nombreuses questions, comme l’italienne Monte dei Paschi, n’y figurent pas, note Nicolas Véron, économiste du centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute. Mais c’est un exercice de transparence utile et un complément d’information pour les marchés. »
Le classement des banques les plus fragilisées face à des scénarios extrêmes recèle toutefois des surprises. L’EBA a en effet rangé les établissements en fonction des pertes qu’ils subiraient sur leurs fonds propres « durs » (c’est-à-dire les apports des actionnaires et les bénéfices mis en réserve). Or, parmi les moins bien classés, figurent notamment trois grandes banques britanniques, Lloyds Banking Group, Barclays et Royal Bank of Scotland (RBS).
Ces deux dernières avaient déjà eu des difficultés à franchir en 2017 avec succès les tests de résistance menés par la Banque d’Angleterre, qui avait toutefois conclu que les grandes institutions britanniques pourraient faire face à un Brexit « désordonné » sans avoir besoin de réduire leurs activités de crédit ou d’être recapitalisées avec de l’argent public.
Françaises et italiennes ne sont pas trop affectées
Le premier groupe bancaire allemand, Deutsche Bank, voit également ses capacités de résistance durement éprouvées, se classant à la quarantième place du classement sur 48. Après trois années de pertes d’affilée, l’établissement ne parvient toujours pas à sortir de la tourmente. Mais son directeur financier, James von Moltke, a prévenu qu’il n’était pas question de changer « notre gestion de la banque après les tests de résistance », en ajoutant que les méthodologies internes de Deutsche Bank différaient de celles utilisées par l’EBA.

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D’autres banques allemandes, publiques et régionales, apparaissent également en bas du classement, et en particulier la fragile Nord/LB, qui, selon la presse Outre-Rhin, pourrait fusionner à deux autres Landesbanken pour créer un nouvel acteur de poids en Allemagne.
Les françaises n’ont en revanche pas été parmi les plus affectées, pas plus que les grandes banques italiennes, Intesa Sanpaolo et UniCredit.
Les résultats de ces tests, les plus stricts conduits par l’EBA depuis la mise en place de cet exercice en 2009, permettront aux contrôleurs bancaires d’imposer aux établissements certaines améliorations. La BCE, superviseur bancaire en zone euro, a déclaré qu’elle s’en servirait pour fixer pour chaque établissement les besoins en capitaux dans le cadre de sa revue annuelle, dans le courant du mois de janvier.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ A l’instar du Grand Paris Express, le projet Crossrail, qui doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres, subit dérapages budgétaires et retards.
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A Londres aussi, le chantier du super-métro déraille

A l’instar du Grand Paris Express, le projet Crossrail, qui doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres, subit dérapages budgétaires et retards.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 10h00
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

De part et d’autre du tunnel sous la Manche, il n’est pas si simple de creuser, sans dérapage de coûts et de délais, des kilomètres de nouveau métro. Alors que le Grand Paris Express se remet difficilement d’une année de polémiques sur l’explosion de son budget et le retard de plusieurs lignes, son équivalent londonien, le projet Crossrail, subit les mêmes affres.
Cette nouvelle ligne de métro doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres de Shenfield, à l’est, jusqu’à Reading, à l’ouest. Soit 118 kilomètres de rails, dont 21 kilomètres de nouveaux tunnels sous le centre-ville, avec un embranchement vers l’aéroport d’Heathrow. Elle doit contribuer à décongestionner la capitale britannique, en desservant notamment le quartier des affaires de Canary Wharf.

Baptisée « Elizabeth Line » en l’honneur de la reine, cette liaison est qualifiée de « plus grand projet d’infrastructure en Europe » par la BBC. Jugement un brin hardi : le Grand Paris Express, avec ses 200 kilomètres de lignes et ses 68 gares, revendique également ce titre, non sans arguments. Quoi qu’il en soit, les deux projets ont en commun difficultés financières et remous politiques.
Le gouvernement de Theresa May a suscité la colère de l’opposition en annonçant, le 26 octobre, qu’il allait consentir un prêt d’urgence de 350 millions de livres (397 millions d’euros) à Crossrail Limited, la société chargée de conduire ce chantier de 15 milliards de livres, afin de le sortir de l’ornière. Un prêt présenté par le ministre des transports, le conservateur Jo Johnson, comme une « mesure temporaire » pour « assurer qu’une pleine dynamique soit maintenue derrière Crossrail ». Et assorti d’un double audit de la gouvernance et des finances de Crossrail Limited. 
« Grave échec »
« C’est juste un pansement sur une jambe de bois pour que le projet continue à avancer », a fustigé la présidente du comité des transports...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Face à une situation inhabituelle dans cette ville du Pays basque, plusieurs initiatives ont émergé et environ 70 personnes sont actuellement hébergées.
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A Bayonne, la société civile organise l’aide aux migrants

Face à une situation inhabituelle dans cette ville du Pays basque, plusieurs initiatives ont émergé et environ 70 personnes sont actuellement hébergées.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h55
    |

                            Michel Garicoïx (Bayonne, correspondant)








                        


« La situation était totalement nouvelle pour nous et on n’avait rien pour y faire face », se remémore Laurence Hardouin, avocate et militante. Ala fin du printemps, Bayonne est devenue un lieu d’étape sur la route migratoire reliant l’Afrique à l’Europe. A partir du mois de juin, place des Basques, en plein centre-ville, une dizaine puis, petit à petit, plusieurs dizaines de personnes débarquent chaque jour des cars en provenance d’Espagne. « A l’époque, l’urgence, c’était pour eux de charger leur téléphone, d’avoir une connexion à Internet, de l’eau, reprend-elle. Rapidement, la discussion s’est portée sur le froid. »
« On en parlait et nous sommes allés voir », se souvient Maite, étudiante en master de droit. Nous leur avons apporté des vêtements chauds ou avons commencé à offrir à une femme isolée notre canapé. De fil en aiguille, en quelques semaines, une chaîne s’est constituée. »
Aujourd’hui, l’initiative s’est transformée en association, Diakité, qui agrège une vingtaine de personnes. « Diakité » ne sort pas d’un dictionnaire basque, « c’est le prénom de l’un des premiers migrants mineurs, précise Vic, salarié de la restauration. C’est notre façon de résister, d’être une société de l’accueil par l’action ». On retrouve parmi les membres de l’association des militants pour le droit au logement, des écologistes, des nationalistes ou, encore, des étudiants en droit.

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« Cela a donné un sens à ma vie »
Depuis le 29 octobre, Diakité intervient dans les locaux ouverts par la mairie pour mettre à l’abri les migrants, le temps de leur escale bayonnaise. Ses membres distribuent des repas et accompagnent les personnes jusqu’aux cars qui les conduiront vers les villes du Nord.
A côté de ce soutien citoyen de circonstance, l’association Solidarité migrants-Etorkinekin (« Avec ceux qui arrivent », en basque), créée en 2015, vient aussi en aide aux migrants, notamment en accompagnant les mineurs, qui doivent prouver leur minorité devant le juge et être scolarisés. Amaia Fontang, figure militante locale et animatrice de cette association issue de la Cimade, rappelle que « le Pays basque a toujours été une terre d’accueil ».
Environ soixante-dix personnes seraient actuellement hébergées dans des familles au Pays basque, au travers de ces différentes initiatives. Comme chez Colette Capdevielle, ancienne députée et conseillère municipale socialiste, qui accueille ces jours-ci un Guinéen. Ou chez Mixel Bernadet, un militant indépendantiste de 66 ans, qui a déjà hébergé plus d’une vingtaine de personnes dans son appartement depuis l’été. « J’avais une chambre disponible et après j’ai récupéré des matelas », détaille cet homme, retraité de la restauration.
Mixel n’avait jamais milité sur les questions migratoires. « Cela a donné un sens à ma vie », dit-il. Certains migrants restent un jour chez lui, d’autres plusieurs mois. Matchie, un jeune homme de 17 ans, parti de Côte d’Ivoire il y a deux ans « pour avoir une vie meilleure », est lui resté quatre jours chez Mixel. Il y retourne régulièrement. Il ne connaissait personne en France il y a encore deux mois. Aujourd’hui, il partage son temps entre trois familles d’accueil, voudrait s’installer à Bayonne et reprendre une scolarité.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique, en s’arrachant à 1 152 dollars l’once à la Bourse de New York. Une brusque poussée liée, entre autres, aux tensions entre les Etats-Unis et la Russie, premier producteur mondial, souligne Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique.
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Matières premières : « Le palladium au summum »

Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique, en s’arrachant à 1 152 dollars l’once à la Bourse de New York. Une brusque poussée liée, entre autres, aux tensions entre les Etats-Unis et la Russie, premier producteur mondial, souligne Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 08h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

L’or rit jaune. Va-t-il être détrôné ? Dans le petit monde feutré des métaux précieux, l’irrésistible ascension du palladium fait des jaloux. Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique. En séance, à la Bourse de New York, il s’est arraché à 1 152 dollars (1 012 euros) l’once, se haussant du col au point de dépasser le pic atteint en 2001. Le palladium au summum ! L’or garde une petite longueur d’avance, mais, frappé de langueur, il la voit fondre comme un métal dans un creuset.
Déjà en 2017, le palladium figurait sur le podium (+ 50 % en un an), même si le cobalt, dont le cours s’était électrisé de 70 %, décrochait la palme. Pourtant, bien qu’étant de plus en plus précieux, le palladium ne fait guère rêver les amateurs de bijoux. A tort, car il se trouve au cœur de l’alliage forgé pour les alliances en or blanc. Mais cet usage hautement symbolique pèse peu dans le trébuchet des spéculateurs. Tous ont en ligne de mire la trajectoire automobile.
En effet, le premier débouché du palladium n’est autre que… le pot catalytique. Il absorbe à lui seul près des deux tiers de la production mondiale. Une pincée de ce métal filtre les émissions polluantes des voitures à essence. Le « dieselgate » a donné un premier coup d’accélérateur à la spéculation. Depuis le scandale des tests truqués, en effet, les Européens boudent le diesel au profit de l’essence.

De quoi entraîner platine et palladium sur deux trajectoires inverses, le platine étant, lui, plébiscité pour filtrer les rejets polluants des voitures diesel. Son cours s’est donc totalement dégonflé avec la sortie de route des constructeurs automobiles. Il a encore perdu près de 10 % depuis le début de l’année et se négocie autour des 825 dollars l’once. Le platine patine et, après s’être fait doubler il y a un an, continue de céder du terrain.
La production ne satisfait pas la demande
Un autre moteur alimente la spéculation. La tension entre les Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe pour des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest qui tentent de gagner la France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/11/2018
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Entre l’Espagne et la France, la nouvelle route migratoire prend de l’ampleur

L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe pour des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest qui tentent de gagner la France.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 10h50
    |

            Julia Pascual (Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (Espagne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Emmitouflé dans un manteau, la tête abritée sous un bonnet, Boris disparaît dans la nuit, sous la pluie. Ce Camerounais de 33 ans, qui parle un français parfait, « traîne » à Irun depuis un mois. Dans cette petite commune du Pays basque espagnol, il attend de pouvoir traverser la frontière et de rejoindre la France, à quelques mètres de là. L’aventure a trop peu de chances de réussir s’il la tente à pied, et il n’a pas l’argent pour se payer un passage en voiture. Il aimerait rejoindre Paris. Mais il doute : « On me dit que c’est saturé. C’est vrai ? Est-ce qu’il y a des ONG ? Vous connaissez Reims ? »
Parti depuis un an de son pays, Boris a traversé le Nigeria, le Niger, l’Algérie et le Maroc avant de gagner l’Europe par la mer. Comme de plus en plus de personnes, il a emprunté la route dite de la Méditerranée occidentale, qui passe par le détroit de Gibraltar. Le passage par la Libye, privilégié ces dernières années, est devenu « trop dangereux » et incertain, dit-il.
En 2018, l’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe. Quelque 50 000 personnes migrantes sont arrivées sur les côtes andalouses depuis le début de l’année, en provenance du Maroc, ce qui représente près de la moitié des entrées sur le continent.
Sous l’effet de la baisse des départs depuis la Libye et des arrivées en Italie, les routes migratoires se redessinent. Et bien que les flux soient sans commune mesure avec le pic de 2015, lorsque 1,8 million d’arrivées en Europe ont été enregistrées, ils prennent de court les autorités et en particulier en France, qui apparaît comme la destination privilégiée par ces nouveaux arrivants originaires majoritairement d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.

80 à 100 arrivées quotidiennes
A Irun, Txema Pérez observe le passage en nombre de ces migrants et le compare à l’exil des réfugiés espagnols lors de la guerre civile en 1939 : « On n’a pas vu ça depuis la Retirada »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’opposition de droite et de gauche dénonce une vidéo orientée, promouvant les idées de La République en marche.
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Européennes : le clip du gouvernement pour appeler au vote fait polémique

L’opposition de droite et de gauche dénonce une vidéo orientée, promouvant les idées de La République en marche.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 16h10
   





                        



   


L’objectif affiché est d’encourager les citoyens à aller voter le 26 mai lors des élections européennes, un scrutin qui affiche d’énormes taux d’abstention (56,5 % en 2014, 59,4 % en 2009). Mais le clip diffusé par le gouvernement passe mal auprès de l’opposition, qui critique son manque de neutralité.
« Emmanuel Macron fait sa propagande sur les frais de l’Etat, c’est un clip de propagande, mais il le fait passer pour un clip qui amènerait les citoyens à aller voter et je ne trouve pas ça très honnête », a notamment critiqué la porte-parole du parti Les Républicains, Laurence Sailliet, vendredi 2 novembre sur C News.

En mai 2019, l’Europe changera. En votant, vous décidez comment ! #ÉlectionsEuropéennes #OuiJeVote 🇪🇺 https://t.co/ZXHofMQ0Q7— gouvernementFR (@Gouvernement)


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Sur une musique à la tonalité angoissante, ce clip affiche notamment l’Italien Matteo Salvini et le Hongrois Viktor Orban comme repoussoirs, avec la question : « Europe : union ou division ? » En conclusion, la vidéo affiche : « En mai 2019, l’Europe changera. En votant, vous décidez comment ! »
« Emmanuel Macron n’a qu’une stratégie aujourd’hui, c’est d’opposer les progressistes aux populistes, comme il le dit, parce que lui-même n’a aucune stratégie concrète au niveau européen », a accusé la porte-parole des Républicains.
« Présentation nauséabonde de l’immigration »
La droite n’est pas la seule à s’insurger contre cette vidéo. « Les clips du gouvernement sont des clips de campagne LRM maquillés, sur fonds publics », a estimé de son côté Génération.s, le parti de l’ex-PS Benoît Hamon, qui précise, dans un communiqué, que le CSA et la Commission des comptes de campagne seront saisis. Mehdi Ouraoui, de Génération.s, fustige le « contenu totalement orienté, notamment la présentation nauséabonde qui est faite de l’immigration “à maîtriser ou à subir” [qui] n’a aucun rapport avec une incitation à la citoyenneté ».
Pour le socialiste Rachid Temal, « ce clip-là, c’est la reprise texto des propos de M. Macron et il essaie de nous faire croire qu’il n’y aurait qu’une option, la sienne ». 
Mme Sailliet a également critiqué l’entretien d’Emmanuel Macron publié mercredi par Ouest France, dans lequel le président de la République dresse un parallèle entre la situation actuelle en Europe et les années 1930. « Emmanuel Macron attise les peurs, c’est tout ce qu’il sait faire. Vous savez à qui il me fait penser ? A Marine Le Pen, c’est la même stratégie, c’est-à-dire qu’on attise les peurs parce qu’on n’a pas de solution », a-t-elle dénoncé.
Deux jours après la parution du clip, Matteo Salvini l’avait commenté sur Twitter : « Le gouvernement français publie, avec l’argent des contribuables, un clip officiel pour les Européennes en m’utilisant comme un épouvantail. Macron et ses amis doivent avoir très peur. En 2019, un printemps des peuples qui va les balayer les attend. »

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                « Avant les européennes, l’exécutif entend pratiquer activement la politique de “la preuve” »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le documentaire suédois « L’Homme qui jouait avec le feu » raconte le combat acharné contre l’extrême droite de l’auteur de « Millénium », dès les années 1980, alors qu’il était journaliste et militant.
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Stieg Larsson, l’antifasciste


                      Le documentaire suédois « L’Homme qui jouait avec le feu » raconte le combat acharné contre l’extrême droite de l’auteur de « Millénium », dès les années 1980, alors qu’il était journaliste et militant.



M le magazine du Monde
 |    02.11.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 14h44
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Le documentaire L’Homme qui jouait avec le feu de Henrik Georgsson s’ouvre sur une interview de Stieg Larsson, remontant à 2004. Le Suédois a alors 50 ans, porte ses éternelles lunettes rondes, un blazer gris et une mine soucieuse. L’homme n’est pas encore l’écrivain aux 90 millions de polars écoulés dans le monde. Il ne le sera d’ailleurs jamais. Stieg Larsson est mort quelques semaines après cet entretien, le 9 novembre 2004, d’une crise cardiaque et avant même que le premier tome de Millénium ne soit publié. Assis dans un fauteuil orange dans son bureau en sous-pente du magazine antiraciste Expo, créé en 1995 à Stockholm, il évoque la démocratie « toujours menacée » car, dit-il, « elle n’est pas un don divin tombé du ciel », mais quelque chose « pour laquelle chaque génération doit se battre ».
La traque des néo-nazis
D’ailleurs, si en 2004 la démocratie existe en Europe, « on ne sait pas ce qu’il en sera dans vingt ans », constate Stieg Larsson, à la fin du documentaire de Henrik Georgsson (Bron, Wallander, etc.). Si la critique a encensé le film après sa sortie fin septembre, c’est que dans ce portrait de l’écrivain se dessine en creux l’histoire du néo-nazisme en Suède après la seconde guerre mondiale. Dans les années 1980, Larsson annonçait les succès actuels des Démocrates de Suède (SD), alors ultraminoritaires, et devenus faiseurs de roi au Parlement suédois, avec 17,6 % des voix remportées lors du scrutin du 9 septembre.
Lire aussi : A la recherche du vrai Stieg Larsson, journaliste et justicier
En suédois, le documentaire s’intitule Mannen som lekte med elden, l’homme qui jouait avec le feu – référence au second tome de Millénium, dont le titre français est La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Une cinquantaine de témoins racontent. Parmi eux, Eva Gabrielsson, la compagne du journaliste et écrivain. Mais aussi ses anciens collègues de l’agence de presse TT, où il a travaillé pendant plus de vingt ans comme graphiste, consacrant ses nuits à ce qui deviendra une obsession : traquer les militants d’extrême droite en Suède, jusque dans les sous-sols où ils tiennent leurs réunions. Il les photographie, fait des recoupements, constitue des dossiers.

Stieg Larsson écrit également dans le magazine Searchlight, fondé en 1975 par le militant antifasciste britannique Gerry Gable, qui témoigne le visage dissimulé. Même chose pour un couple d’anciens collaborateurs d’Expo : en 1999, une bombe placée sous leur voiture a explosé, blessant grièvement l’homme. Leur fils de 8 ans s’en est sorti miraculeusement avec quelques égratignures.
« Il avait une boussole morale très claire et la suivait. » Henrik Georgsson, réalisateur
Le documentaire raconte les menaces de l’extrême droite, les coups de fil anonymes, les munitions envoyées par la poste… Stieg Larsson devient un expert en sécurité. Il achète un manuel qui explique comment ouvrir un colis piégé, sans qu’il explose, et demande à ses collègues de cacher une batte de base-ball dans le hall d’entrée de leur appartement… Divisés et sans moyens financiers, les groupuscules d’extrême droite sont considérés en Suède, dans les années 1980, comme une aberration appelée à disparaître. Le réalisateur Henrik Georgsson confie sa fascination pour la « persistance » de Stieg Larsson qui, contre vents et marées, s’obstine : « Il avait une boussole morale très claire et la suivait. »
Lire aussi : Un prix Stieg-Larsson pour se rappeler l’activiste plus que l’écrivain 
En 1995, année de la création d’Expo, qui reste aujourd’hui le principal observatoire de l’extrême droite en Suède, les néo-nazis commettent sept meurtres dans le pays. La même année, Jimmie Åkesson, alors âgé de 16 ans et aujourd’hui patron de l’extrême droite suédoise, rejoint SD. Créé sept ans plus tôt, le parti tente depuis de rompre avec ses racines dans la mouvance néo-nazie. Expo continue de démontrer régulièrement les liens troubles entre les deux. Plus que Millénium, c’est là l’héritage de Stieg Larsson. L’homme qui aimait jouer avec le feu sera diffusé en début d’année prochaine à la télévision suédoise, en plusieurs épisodes.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Selon la qualification des faits, l’un des douze dirigeants impliqués dans la tentative de sécession risque jusqu’à vingt-cinq ans de prison.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/11/2018
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« Rébellion » ou « sédition » : réquisitions compliquées contre les indépendantistes catalans

Selon la qualification des faits, l’un des douze dirigeants impliqués dans la tentative de sécession risque jusqu’à vingt-cinq ans de prison.



Le Monde.fr avec AFP
 |    02.11.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 11h18
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le compte à rebours a commencé avant le procès contre les dix-huit dirigeants indépendantistes catalans accusés d’avoir organisé une tentative de sécession en octobre 2017, attendu début 2019 en Espagne. Vendredi 2 novembre, le parquet de la Cour suprême, organe judiciaire indépendant, et l’avocat général de l’Etat, dépendant du gouvernement et représentant les intérêts du fisc, ont dévoilé leurs conclusions et réquisitions provisoires. Or, à quelques mois d’un procès qui s’annonce très médiatique, l’accusation apparaît pour la première fois divisée : les qualifications juridiques des faits ne concordent pas chez les deux représentants de l’Etat.
Dans son acte d’accusation provisoire, le procureur général qualifie l’organisation du référendum du 1er octobre 2017 et la déclaration d’indépendance postérieure, de « rébellion », laquelle est définie dans le code pénal espagnol comme un soulèvement effectué « de manière violente et publique ». Cela justifie des réquisitions particulièrement lourdes à l’encontre des indépendantistes. Il s’agit d’une qualification qui divise les juristes, témoins et politologues depuis des mois, certains considérant qu’il y a eu un soulèvement impliquant des risques de violences, là où d’autres n’ont vu que des troubles à l’ordre public.
Selon le ministère public, « le plan sécessionniste [des dirigeants catalans] envisageait l’utilisation de tous les moyens nécessaires pour atteindre leur objectif, y compris – puisqu’ils avaient la certitude que l’Etat n’allait pas accepter la situation – la violence nécessaire pour s’assurer du résultat criminel visé ».

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                Catalogne : un an plus tard, où en est le mouvement indépendantiste ?



25 ans de prison requis contre Oriol Junqueras
Le parquet a requis vingt-cinq ans de prison contre l’ancien vice-président de Catalogne, Oriol Junqueras, en prison préventive depuis un an. Il accuse le président des indépendantistes de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) de « rébellion aggravée avec détournement de fonds publics ».
Mais l’avocat général de l’Etat, pour sa part, qualifie les faits de « sédition », un délit qui n’implique pas de violence mais des tumultes. Il requiert seulement douze ans de prison contre M. Junqueras pour sédition et malversation.
Il en va de même pour le reste des accusés. Ainsi, la plupart des anciens ministres régionaux risquent seize ans de prison, l’ex-présidente du parlement régional, Carme Forcadell, dix-sept ans, et les dirigeants d’association indépendantiste Jordi Sanchez et Jordi Cuixart dix-sept ans, selon le procureur, contre respectivement onze, dix et neuf ans, selon l’avocat général du gouvernement. Six autres accusés seront jugés pour « désobéissance grave », passible d’une peine d’amende.
Les audiences attendues début 2019
Le parquet comme l’avocat général de l’Etat – et « l’accusation populaire » menée par le parti d’extrême droite Vox, qui s’est associée à la plainte et demande jusqu’à 74 ans de prison contre M. Junqueras –, « pourront revenir sur ces qualifications provisoires durant le procès, retirer une accusation ou adoucir ou aggraver les peines demandées », explique le porte-parole de l’association Juges pour la démocratie Ignacio Gonzalez Vega. Lesquelles seront prononcées par le tribunal à l’issue des audiences, qui sont attendues début 2019.
A Madrid, le Parti populaire (droite) et Ciudadanos (libéral) ont dénoncé la décision de l’avocat général de l’Etat d’écarter le délit de rébellion et y ont vu un « geste » du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez destiné à obtenir le soutien des partis indépendantistes pour approuver la loi de finances. La ministre espagnole de la justice, Dolores Delgado, l’a démenti dans la journée, à l’issue du conseil des ministres.
A Barcelone, le président du parlement catalan, Roger Torrent (ERC), a considéré « inacceptables » les chefs d’accusation et les peines requises. « Convoquer un référendum n’est pas un délit, a-t-il assuré. Nous ne renoncerons jamais à décider notre futur et nous ne céderons pas face à la répression ».
« Il y a un mois j’ai demandé à Sanchez qu’il nous fasse une offre de référendum accordé et contraignant. Aujourd’hui, nous avons la réponse de l’Etat : plus de 200 ans de prison », a déclaré pour sa part le président du gouvernement catalan Quim Torra, devant la prison de Lledoners, où sont incarcérés les principaux accusés, et entouré de plusieurs centaines de personnes. Qualifiant le prochain procès de « farce », il a tranché : « Nous ne voterons jamais le budget ». Une décision qui pourrait déboucher sur des élections législatives anticipées en Espagne.
Les indépendantistes ont assuré qu’ils n’attendent qu’un seul verdict : l’absolution.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Nasser Bourita, chef de la diplomatie du royaume, revient sur la Libye, le Sahara occidental et les migrations.
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Entretien

Maroc : « Le seul moment où l’Europe est cohérente, c’est pour mettre la pression sur les pays de transit »

Dans un entretien au « Monde », Nasser Bourita, chef de la diplomatie du royaume, revient sur la Libye, le Sahara occidental et les migrations.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 02.11.2018 à 11h49

     •
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        Mis à jour le 02.11.2018 à 19h28






    
Nasser Bourita, ministre marocain des affaires étrangères, en visite à Washington le 17 septembre 2018.
Crédits : JIM WATSON / AFP


De passage à Paris, mercredi 31 octobre, où il a rencontré son homologue Jean-Yves Le Drian, le ministre marocain des affaires étrangères, Nasser Bourita, revient sur plusieurs échéances à venir de l’agenda international : le sommet sur la Libye à Palerme les 12 et 13 novembre, les discussions avec l’Union européenne (UE) sur le contrôle des migrations et la relance des négociations sur le Sahara occidental, prévue début décembre à Genève.
Vous vous êtes entretenu avec Jean-Yves Le Drian à la Celle-Saint-Cloud. Quel était l’objectif de cette rencontre ?
Nasser Bourita Nous devions préparer plusieurs échéances bilatérales, notamment une visite prochaine du président de la République, Emmanuel Macron, au Maroc, qui aura lieu dans le courant du mois. Mais aussi une importante réunion sur la Libye prévue dans une dizaine de jours en Italie. Une réunion qui s’inscrit dans le prolongement de l’accord de Paris [en mai, les quatre principaux acteurs de la crise libyenne s’étaient notamment engagés sur la tenue d’élections en décembre] mais qui doit prévoir des ajustements tenant compte des évolutions intervenues depuis.
Nous pensons que la dimension sécuritaire du problème devrait recevoir la même attention que le processus politique. On peut fixer toutes les échéances électorales que l’on veut, si on ne prépare pas le terrain, notamment en termes sécuritaires, cela s’avérera contre-productif. Comme en août à Tripoli, où la perspective d’une élection a excité les différentes milices, chacune voulant renforcer ses positions. Le principal objectif est alors devenu l’obtention d’un cessez-le-feu plutôt qu’un travail sur le processus politique.

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                En Libye, les espoirs de paix minés par les rentiers du chaos et les guéguerres diplomatiques



Cet épisode montre bien qu’un élément clé des accords de Skhirat [accords de paix interlibyens signés au Maroc en décembre 2015], à savoir l’article 34 sur les arrangements sécuritaires, n’a jamais reçu l’attention nécessaire de la part de la communauté internationale. Ces accords ne portaient pas seulement sur une transition politique. Il s’agissait aussi de passer d’un pays contrôlé par les milices à la constitution d’une police nationale libyenne professionnelle. C’est fondamental. J’ai vu Ghassan Salamé, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, il y a quelques jours à Rabat, et nous avons longuement échangé là-dessus, à savoir : comment faire de la réunion de Palerme une étape concrète pour la préparation d’un contexte favorable à la tenue d’élections en Libye. Cela veut dire, par exemple, renforcer les structures chargées de superviser le cessez-le-feu, veiller à ce que les infrastructures importantes de l’Etat, comme l’aéroport, sortent des mains des milices pour être confiées à une police nationale, mais aussi assurer la formation d’une telle police dont l’allégeance irait à la Libye tout entière. Sans cela, le processus politique restera vain.
Enfin, nous avons évoqué le sommet sur la Méditerranée qui se tiendra en juin 2019 à Marseille, et que le Maroc considère comme un moment important. Les sujets sur cette zone sont en effet très nombreux, mais il existe peu d’espaces pour en discuter.
L’un de ces sujets est celui des migrations. Depuis cet été, des milliers de ressortissants subsahariens ont été arrêtés au Maroc et déplacés de force dans le sud du pays. Pourquoi un tel durcissement de votre politique migratoire ?
Dès le départ, la politique migratoire du Maroc a reposé sur trois piliers : la solidarité, la responsabilité et la coopération internationale. Nous avons lancé en 2013 un large processus de régularisations. Alors qu’en Europe les gouvernements se renvoient la balle en se disant « J’en ai pris 100, tu dois en prendre 300 », nous, un pays en développement, avons traité 50 000 demandes de régularisation en trois ans, dont 90 % ont été satisfaites.

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                Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc fait la chasse aux migrants



S’agissant de ceux qui ne veulent pas rester, nous avons prévenu dès le début : nous n’accepterons pas que le Maroc devienne une plate-forme pour des actions illégales. Cet été, la situation dans le nord était devenue inacceptable. A Cassiago [la forêt proche de l’enclave espagnole de Ceuta] et à Nador [ville marocaine voisine de l’enclave de Melilla], la mainmise de réseaux de trafiquants a débouché sur des attaques contre les forces de l’ordre et des violences sur les migrants eux-mêmes. La décision du gouvernement italien de fermer le pays aux arrivées depuis la Libye a poussé les réseaux de passeurs à se redéployer vers la route Maroc-Espagne. Nous nous devions de prendre nos responsabilités vis-à-vis de nos citoyens et des migrants. Nous l’avons fait en associant les ambassades des pays d’origine de ces derniers, qui ont elles-mêmes mené des opérations d’identification de leurs ressortissants.

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Le troisième pilier de notre politique est la coopération internationale : ce que fait le Maroc au sein de l’Union africaine, ou l’accueil à Marrakech de la Conférence internationale sur la migration sous l’égide de l’ONU, les 10 et 11 décembre.
Ce n’est pas la première fois que des opérations de déplacement de migrants sont menées, mais elles ne l’avaient jamais été de façon aussi massive et brutale, comme l’attestent ceux qui travaillent sur le sujet, médias ou ONG. Des migrants ont été arrêtés jusque dans leur domicile.
On généralise sur la base de témoignages individuels. Nous avons éloigné ces gens du nord du pays pour des raisons évidentes : leur objectif était de partir, de prendre la mer, au risque de perdre la vie comme beaucoup d’autres avant eux. En outre, certains pays et médias font en sorte de se focaliser sur les pays de transit en les accusant de mal gérer, de ne pas faire leur travail. Le Maroc a agi en partenaire responsable de l’Europe et n’a pas de leçons à recevoir.
A combien s’élève l’aide financière de l’UE au Maroc pour le contrôle des frontières ?
Une offre a été avancée par l’Europe – autour de 140 millions d’euros –, mais ce sont les premières discussions. On est toutefois bien loin de ce qui a été exigé par certains pays. Le Maroc n’est pas dans une politique de chantage, du type « Je suis votre gendarme, combien vous me payez ? ». Il a sa propre politique migratoire et entend y être fidèle. Nous pensons que les pays de transit ne doivent pas être au cœur de la politique. Il faut que tous les pays d’origine, de transit, de destination assument leurs responsabilités. Le fait de donner de l’argent relève de la même logique que l’idée d’installer des centres. Ce sont de fausses bonnes idées qui créeront plus de problèmes qu’elles n’en régleront.
Qu’attendez-vous de l’UE ?
Une approche migratoire cohérente. Aujourd’hui, il y a presque autant de politiques migratoires que de pays. Il n’y a qu’à voir les débats au sein du Conseil européen. Le seul moment où l’UE est cohérente, c’est pour mettre la pression sur les pays de transit. Ce n’est pas comme ça que l’on trouvera des solutions. La migration doit être prise pour ce qu’elle est, à savoir un phénomène naturel. Il y a 256 millions de migrants dans le monde (3 % de la population mondiale), dont 36 millions d’Africains. A 80 %, ces migrants africains restent sur le continent. Il reste donc 7 millions de personnes qui quittent l’Afrique pour le reste du monde, dont 1,5 million de façon irrégulière. A l’arrivée, 0,5 % de la migration mondiale est africaine et illégale. Voilà de quoi nous parlons. Or, quand on écoute les discours politiques en Europe, quand on regarde certains reportages, on présente cela comme une invasion de l’Europe par l’Afrique. Si on ramenait le problème à sa dimension réelle, le débat serait plus serein et efficace.

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                Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes



Autre sujet d’actualité pour la diplomatie marocaine : le Sahara occidental. Le mandat de la Minurso vient d’être renouvelé pour six mois, et non pour un an, par le Conseil de sécurité de l’ONU. Et des discussions directes, les premières depuis 2012, doivent se tenir en décembre à Genève. Qu’en attendez-vous ?
Le débat sur la durée du renouvellement est un faux débat. Ce n’est pas la durée qui est importante, mais le processus politique qui est indépendant de l’opération de maintien de la paix. Nous attendons des discussions de décembre qu’elles soient différentes des précédentes sur le format : qu’il n’y ait pas de distinction entre les participants, que chacun des acteurs – Maroc, Front Polisario, Algérie, Mauritanie – soit mis sur le même plan que les autres.

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                Sahara occidental : les intérêts économiques du Maroc dans le viseur du Polisario



Différentes, aussi, sur l’ordre du jour : qu’il y ait plus de réalisme et de compromis, moins de rhétorique. Certaines choses ne sont pas négociables pour le Maroc, à savoir toute solution qui remettrait en cause l’intégrité territoriale du royaume ou qui prévoirait une option référendaire.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.
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Les déplacements des populations gréco-turques, un modèle de transfert

Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h24
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Les transferts de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1922 et 1924 ont servi de référence à d’autres déplacements légaux, notamment entre l’Inde et le Pakistan lors du partage de 1947 sur les ruines de l’Empire britannique des Indes. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre la Grèce et la Turquie, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée. Côté turc, ils sont environ 500 000 musulmans à quitter leur Grèce natale pour gagner une Turquie inconnue.
Côté grec, environ 1,5 million de personnes quittent l’Anatolie pour s’installer dans des territoires grecs vidés de toute popu­lation. « L’idée du transfert est ancienne, rappelle ­l’historien Hervé Georgelin, chercheur au département d’études ­turques à l’université nationale d’Athènes. Il faut remonter aux négociations post-deuxième guerre balkanique, en 1913, entre le premier ministre grec de l’époque, Elefthérios ­Venizélos, et les dirigeants du Comité union et progrès (CUP) au pouvoir à Constantinople, pour comprendre les politiques d’homogénéisation de la Grèce et de la Turquie. »
Traité de Lausanne
Mais si avant 1914, Grecs et Ottomans retiennent le critère du volontariat pour régler la question migratoire, au len­demain de la Grande Guerre et à la fin de la guerre ­gréco-turque (1919-1922), les négociations bilatérales se finalisent sur la base du critère obligatoire. Le traité de Lausanne a ainsi légitimé ces déplacements de populations ; et parce que ces derniers ont eu lieu sans effusion de sang – contrairement aux violences qui les ont précédés lors de la guerre de libération de la Turquie –, les Alliés y ont vu une façon de résoudre l’épineuse question des nationalités en fonction de l’appartenance religieuse.
A l’aide de la SDN, des commissions mixtes se mettent en place – « des baraquements de réfugiés vont exister en Grèce ­jusqu’aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les sanctions les plus dures de l’arsenal américain contre Téhéran entreront en vigueur le 5 novembre. Ce qui traduit la relative impuissance et l’embarras des Vingt-Huit face aux décisions de Washington.
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Sanctions américaines contre l’Iran : les difficultés d’une riposte européenne

Les sanctions les plus dures de l’arsenal américain contre Téhéran entreront en vigueur le 5 novembre. Ce qui traduit la relative impuissance et l’embarras des Vingt-Huit face aux décisions de Washington.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 10h51
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



   


L’annonce par Donald Trump du nouveau train de sanctions contre Téhéran devrait être suivie d’une « déclaration politique » des Européens : c’est la seule indication que l’on pouvait recueillir à Bruxelles à la veille de cette décision. Maigre ? Sans doute. Traduisant la relative impuissance des Vingt-Huit face aux décisions de Washington.
Le premier volet de sanctions américaines, que ni Emmanuel Macron, ni Angela Merkel, ni aucun autre responsable n’étaient parvenus à éviter, avait été suivi d’une riposte. Un « véhicule spécial », un outil censé préserver les investissements et le commerce de l’Europe avec l’Iran avait été présenté. Ce SPV – selon l’acronyme anglais – était annoncé par la haute représentante européenne pour la diplomatie, Federica Mogherini, le 24 septembre. Elle signait alors avec Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères, une déclaration évoquant la nécessaire « créativité » face à Washington pour sauver l’accord sur le nucléaire (JCPOA).
L’ancienne ministre italienne ne tient pas à voir sabotée l’une des rares réussites concrètes de son service d’action extérieure et martèle que sauver le JCPOA permettrait tout à la fois d’éviter l’implosion de l’économie iranienne, d’aider le camp des présumés réformateurs à Téhéran et d’éviter un conflit régional de grande ampleur.
Le SPV, censé faciliter les « transactions financières légitimes », ne semble toutefois pas encore au point. Son lancement suppose des initiatives nationales qui tardent et le doute sur son efficacité, déjà évoqué en septembre par certains diplomates « surpris » par l’annonce de Mme Mogherini, semble confirmé. Le contenu du « véhicule » demeure incertain, comme sa localisation et la date de son lancement effectif. On ignore aussi si des pays non européens, la Chine en tête, pourraient se joindre à cette initiative, comme cela semblait préconisé par Bruxelles.
Système de troc
La réaction des Etats-Unis, elle, ne s’était pas fait attendre : « Nous n’avons pas l’intention de permettre à l’Europe ou quiconque d’éviter nos sanctions », déclarait illico John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale. Des responsables iraniens indiquaient, eux, que l’initiative était positive mais son rendement incertain, les Européens n’en étant pas à leur premier recul face aux pressions américaines.
Il s’agirait d’une sorte de système de troc, sans transaction en dollars, lié aux banques centrales européennes ou fondé sur le modèle d’une chambre de compensation. Puisque le dollar ne serait pas utilisé, les entreprises de l’UE seraient préservées des sanctions américaines. Les achats de pétrole iranien, notamment, seraient concernés mais ils relèvent, en réalité, de compagnies internationales très exposées, elles, aux dites sanctions…
Le mécanisme pourrait plutôt assurer le maintien d’un commerce pour les entreprises petites ou moyennes, et protéger, par exemple, les exportations de céréales ou de médicaments. On ignore, en réalité, s’il permettra de sauver ce qui compte principalement aux yeux de Téhéran : les échanges de biens et services à haute valeur ajoutée avec l’Union.
Si elle ne devait pas parvenir à sauver l’essentiel de l’accord de 159 pages conclu, aux forceps, à l’issue de douze années de négociations ardues, l’UE subirait une lourde défaite diplomatique. Avant le premier volet des sanctions américaines, quatre diplomates de haut rang, dont l’Allemande Helga Schmid, bras droit de Mme Mogherini, avait négocié durant quatre mois avec l’administration Trump. Un document principal et deux annexes avaient été rédigés. En vain : M. Trump a balayé l’ensemble du projet en imposant ses sanctions.

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                En Iran, l’économie accuse le coup des sanctions américaines



« Il ne nous restait donc qu’à développer une riposte qui, même incertaine et essentiellement symbolique, tente au moins de démontrer que nous voulons continuer à avoir des relations économiques avec l’Iran et lui indiquer que les Etats-Unis ne peuvent pas, à eux seuls, trucider le JCPOA », indiquait, le 31 octobre, une source bruxelloise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le budget adopté le 31 octobre prévoit un déficit public de 0,2 % en 2019.
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Le Portugal, meilleur élève des pays du sud de l’Europe

Le budget adopté le 31 octobre prévoit un déficit public de 0,2 % en 2019.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 11h05
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            Marie Charrel








                        



                                


                            

La comparaison est un peu facile, mais elle est tentante. Tandis que, d’un côté, l’Italie poursuit le bras de fer avec Bruxelles autour de son budget, de l’autre, le Portugal a adopté le sien sans faire de bruit, en première lecture, mercredi 31 octobre. Le contraste entre les deux pays est grand : si Rome table sur un déficit public à 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019, contre 1,8 % cette année, Lisbonne prévoit de réduire le sien à 0,2 % du PIB – un niveau historiquement bas –, contre 0,7 % en 2018. Et ce, sans pour autant renoncer à une politique sociale généreuse. « C’est un budget qui renforcera la confiance ; la stabilité politique maintenue ces trois dernières années l’a rendue possible », a déclaré le premier ministre socialiste, Antonio Costa.

Le texte doit encore être passé au crible des commissions parlementaires, avant une adoption définitive le 29 novembre. Dans le détail, le gouvernement table sur une croissance de 2,2 % en 2019, après 2,3 % cette année et le record de 2,8 % en 2017. La dette publique, qui a culminé à 129,9 % du PIB en 2016, devrait tomber à 118,5 % en 2019. Côté dépenses, l’exécutif prévoit d’augmenter l’investissement dans les infrastructures, de renforcer les subventions pour les transports en faveur des familles vivant dans les agglomérations de Porto et Lisbonne, ou encore de relancer les progressions de carrière pour les fonctionnaires, gelées depuis 2009 : les salaires publics devraient ainsi gonfler de près de 3 % en moyenne. Les pensions publiques devraient également augmenter plus vite que l’inflation en 2019.
L’opposition de droite n’a pas manqué de dénoncer ces dépenses, les qualifiant « d’électoralistes ». A l’autre bout du spectre, la gauche radicale, qui soutient le gouvernement, estime qu’elles manquent d’ambition. Dans les deux cas, les formations politiques sont déjà en ordre de bataille pour les élections législatives de l’automne 2019. Ce budget est, en somme,...




                        

                        


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Antisémitisme au Labour : une enquête ouverte par la police de Londres

La police métropolitaine a annoncé avoir ouvert une enquête après la fuite d’un dossier interne au parti d’opposition recensant plusieurs dizaines de publications antisémites imputées à certains de ses membres.



Le Monde.fr avec AFP et AP
 |    02.11.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h48
   





                        


Depuis trois ans et l’accession de Jeremy Corbyn à la tête du grand parti de la gauche britannique, le Labour est confronté à des accusations d’antisémitisme mettant en cause le glissement du discours de certains de ses membres, opposants virulents à la politique de l’Etat d’Israël. La question n’est donc pas nouvelle mais elle prend désormais le chemin d’une affaire judiciaire.
Vendredi 2 novembre, la police métropolitaine de Londres a en effet annoncé qu’une enquête avait été lancée après que les policiers ont reçu de la radio LBC un dossier compromettant pour le parti d’opposition, réalisé en interne, fuité et reçu en septembre par ce média. Le document en question détaille 45 cas impliquant des messages publiés sur les réseaux sociaux par des membres du Labour. Le message « Nous nous débarrasserons des juifs qui sont un cancer pour nous tous » est cité par l’agence Associated Press comme extrait d’une de ces publications.

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« Le contenu a été examiné par des agents spécialisés » et « une enquête criminelle a été ouverte sur certaines des allégations contenues dans ces documents », a expliqué la police métropolitaine. Le parti travailliste s’est dit prêt à collaborer avec les enquêteurs en indiquant dans un communiqué : « Le Labour a un système solide pour enquêter sur les plaintes d’infractions présumées aux règles du parti travaillistes commises par des membres. »

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