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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous haute surveillance.
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Nouvelle Calédonie : les dessous d’un scrutin historique

La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous haute surveillance.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 12h19
    |

            Patrick Roger








                        


Tout a été minutieusement scruté pour éviter toute contestation. La consultation du 4 novembre pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sera placée sous le contrôle d’une quinzaine d’observateurs de l’Organisation des nations unies (ONU) et de 250 délégués venus de métropole qui vont se déployer dans l’ensemble des 235 bureaux de vote installés sur le territoire. L’objectif du gouvernement, du Haut-Commissariat de la Nouvelle-Calédonie et des membres du comité des signataires de l’accord de Nouméa est de faire en sorte que toutes les conditions de transparence et, par voie de conséquence, de légitimité du scrutin, soient réunies.

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La composition du corps électoral autorisé à prendre part au vote d’autodétermination a donné lieu à d’innombrables séances de discussion depuis des années, parfois envenimées, jusqu’à l’accord intervenu au comité des signataires qui s’est tenu à Matignon le 2 novembre 2017. L’accord de Nouméa délimitait strictement les contours des « populations intéressées » à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et, donc, autorisées à prendre part au scrutin.
Pour figurer sur la liste électorale spéciale, il faut remplir au moins une des conditions suivantes : avoir été admis à participer à la consultation du 8 novembre 1998 ; remplir la condition de dix ans de domicile au moment de la consultation de 1998 ; avoir eu le statut civil coutumier ou, né en Nouvelle-Calédonie, y avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux ; avoir l’un de ses parents né en Nouvelle-Calédonie et y avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux ; pouvoir justifier de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie ; être né avant le 1er janvier 1989 et avoir eu son domicile en Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1998 ; être né à partir du 1er janvier 1989 et avoir eu un de ses parents satisfaisant aux conditions pour participer à la consultation de 1998.

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Bureaux délocalisés
A la suite du comité des signataires de novembre 2017, les Kanak ayant un statut civil coutumier mais qui n’étaient pas inscrits sur la liste électorale générale l’ont été d’office, afin de pouvoir prendre part au référendum. Ont également été inscrits les électeurs nés en Nouvelle-Calédonie et présumés y détenir le centre de leurs intérêts matériels et moraux dès lors qu’ils y ont été domiciliés de manière continue durant trois ans.
Des bureaux de vote délocalisés ont été installés à Nouméa pour les électeurs des communes des îles résidant sur la Grande Terre : 3 256 d’entre eux ont opté pour le vote dans un de ces bureaux. La commission de contrôle a aussi recensé 564 personnes théoriquement inscrites mais qui n’ont pu être localisées à une adresse. Des dispositions ont également été prises pour que 180 électeurs incarcérés au camp Est puissent voter par procuration.
Finalement, ce sont 174 154 électeurs, dont 80 120 de statut civil coutumier, qui vont pouvoir prendre part à la consultation. Ce nombre, toutefois, pourra évoluer à la marge jusqu’au dernier moment, si des personnes non inscrites pouvant justifier qu’elles remplissent au moins une des conditions requises se présentent le jour du scrutin dans un bureau de vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ En visite officielle, le premier ministre a rendu hommage aux soldats morts dans les deux camps lors de la bataille de Dien Bien Phu, en 1954.
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Au Vietnam, Edouard Philippe veut regarder le passé « de façon apaisée »

En visite officielle, le premier ministre a rendu hommage aux soldats morts dans les deux camps lors de la bataille de Dien Bien Phu, en 1954.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 16h00
   





                        



   


Vingt-cinq ans après le président François Mitterrand, le premier ministre français, Edouard Philippe, s’est rendu, samedi 3 novembre, sur le site de la bataille de Dien Bien Phu, au Vietnam. « Il me semblait qu’il était utile de regarder notre passé commun de façon apaisée », a-t-il dit, après s’être rendu sur les petites collines aux noms féminins (Gabrielle, Eliane, Béatrice…) tenues en 1954 par l’armée française dans la cuvette du nord-ouest du Vietnam.
Il a fleuri les deux mémoriaux, français comme vietnamien, bâtis en souvenir des quelque 13 000 morts et disparus de la bataille et visité le bunker du général Christian de Castries, qui dirigea les troupes françaises jusqu’à sa capture et la défaite, afin de rendre « hommage aux soldats français qui sont morts, qui se sont battus, qui ont parfois été faits prisonniers à la fin des combats ».
Deuxième visite d’un haut responsable français
Le premier ministre français, qui avait salué la veille la mémoire du père de l’indépendance Ho Chi Minh dans le livre d’or signé à Hanoï, a aussi salué celle des « soldats vietnamiens qui se sont battus pour l’indépendance » d’un pays qui était alors une colonie française. Aucun responsable vietnamien n’avait cependant fait le déplacement au mémorial français, ne rejoignant Edouard Philippe que pour la visite du mémorial vietnamien.
La veille à Hanoï, Edouard Philippe avait présidé à la signature de nouveaux contrats commerciaux. Le montant total des accords signés, dont certains ne sont pas définitifs, avoisine les 10 milliards d’euros, dont 5,7 milliards pour l’avionneur européen Airbus.
Après François Mitterrand en 1993, c’est la deuxième fois seulement depuis la terrible bataille de 1954 qu’un haut responsable français se rend sur le site de Dien Bien Phu. « Je ne suis pas sûr d’avoir très envie de répondre à ceux qui ne comprennent pas pourquoi un premier ministre français vient » à Dien Bien Phu, « ce qui peut me paraître surprenant c’est que finalement assez peu de gens l’aient fait avant moi », a déclaré Edouard Philippe, interrogé sur les critiques suscitées par sa venue sur le site d’une défaite française.

Pour Edouard Philippe, la hausse des taxes sur le carburant est nécessaire pour « changer les comportements »
Lors de son déplacement au Vietnam, le premier ministre, Edouard Philippe, est revenu sur la hausse des taxes sur le carburant :
« J’entends parfaitement la grogne, le mécontentement parfois, la colère aussi qui peut s’exprimer, mais je dis aujourd’hui comme je l’ai toujours dit qu’il n’y a pas de solution magique au problème du dérèglement climatique. »
Lors d’une rencontre avec des jeunes au nouveau lycée français de Hanoï, le premier ministre a été interrogé sur le réchauffement climatique, et est de lui-même revenu sur la polémique en France liée à la forte remontée des prix des carburants, sous l’effet conjugué des hausses des prix du pétrole et de l’augmentation chaque année de la « taxe carbone ».
« Il faut que les gouvernements essaient de dire à la fois “attention il faut changer les comportements”, mais en même temps qu’ils accompagnent leurs concitoyens pour que ces changements soient possibles », a-t-il plaidé, citant les primes à la conversion du gouvernement dans l’automobile ou pour changer les chaudières au fioul.
« C’est compliqué, mais il n’y a pas le choix, il n’y a vraiment pas le choix et d’une certaine façon il y a urgence », a insisté le premier ministre.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Les électeurs du territoire doivent se prononcer dimanche pour ou contre l’indépendance. Une revendication en perte de vitesse depuis trente ans.
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Référendum en Nouvelle-Calédonie, ou l’espoir d’un destin commun

Les électeurs du territoire doivent se prononcer dimanche pour ou contre l’indépendance. Une revendication en perte de vitesse depuis trente ans.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 12h08
    |

            Patrick Roger (Nouméa (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial)








                        



   


Pour De Gaulle, qui raffolait des formules à l’emporte-pièce, la Nouvelle-Calédonie était « une bande de terre peuplée par une bande de cons ». Après des années d’affrontements meurtriers, la poignée de main historique entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou scellant les accords de Matignon du 26 juin 1988, prolongés par l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, avait fait naître l’espoir d’une nation en construction, intégrant toutes les communautés.
Trente ans après, à la veille de la consultation du 4 novembre par laquelle les électeurs vont devoir répondre à la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », force est de reconnaître que cet espoir a été déçu. Le « vivre ensemble » ressassé à satiété dans les discours politiques apparaît à bien des égards comme une inaccessible chimère tant restent fortes les inégalités sociales et sociologiques. Sans que les responsables à la tête du « pays » ne fassent preuve non plus d’une réelle volonté de les combattre.
Nouméa, la « capitale », est l’éclatant symbole de ces mondes parallèles, qui se côtoient sans véritablement se mêler. Les quartiers huppés du sud de la ville comptent moins de 5 % de Kanak quand, dans les quartiers sociaux de Kaméré, Ducos ou Montravel, sept à huit habitants sur dix sont kanak. Il reste un long chemin à parcourir pour donner un sens à la mixité sociale.
Les inégalités persistent
Pour autant, il serait vain de nier les progrès accomplis sur la voie de la réconciliation, l’émergence de valeurs partagées et l’acceptation d’un destin commun, après les déchirures des années 1980. Cette prise de conscience se traduit par un phénomène notable : lors du dernier recensement de 2014, en sus des quelque 23 000 métis déclarés, plus de 20 000 personnes se sont définies comme « Calédonien ». Une progression de 60 % en cinq ans. Ainsi, 15 % de la population du territoire ne se classent dans aucune communauté, kanak, européenne ou autres.
L’essor de ce sentiment d’appartenance calédonienne est particulièrement sensible chez les jeunes, qui ont fréquenté les mêmes établissements scolaires, pratiqué les mêmes activités, suivi les mêmes formations, même si, là aussi, persistent d’évidentes inégalités. Cet enracinement de la citoyenneté calédonienne, au-delà de l’appartenance communautaire qui n’a pas disparu pour autant, oblige les dirigeants politiques à élaborer, au lendemain du référendum, un projet qui rassemble et non qui divise.
Les dirigeants non-indépendantistes, dont l’appel à voter non à l’accession à la pleine souveraineté a toutes les chances d’être majoritairement suivi, y sont-ils résolus ? Cela paraît loin d’être acquis.
« Une nouvelle forme de colonisation »
Le fait identitaire n’en demeure pas moins un puissant ciment de la communauté kanak, qui représente 39 % de la population calédonienne (275 000 habitants). La « pleine reconnaissance de l’identité kanak » était un des piliers de l’accord de Nouméa de 1998. Si d’incontestables progrès ont été accomplis en vingt ans – établissement d’un Sénat coutumier, Académie des langues kanak, Agence de développement de la culture kanak (ADCK), Centre culturel Tjibaou, prise en compte de la langue et de la culture kanak dans l’enseignement –, nombre de Kanak jugent que la domination économique et culturelle exercée par le modèle européen n’intègre pas les dimensions de la pluriculturalité.
« Depuis vingt ans, ce qui a changé, c’est pour partie le regard sur la civilisation kanak, expliquait au Monde Emmanuel Tjibaou, le directeur de l’ADCK. Mais, si la Nouvelle-Calédonie a avancé sur la voie de l’affirmation d’un “destin commun”, cela ne s’est pas fait de manière consciente et concertée. En réalité, la prise en compte de l’identité kanak, du métissage, de la vie commune, surtout en ville, des transformations qui doivent accompagner le rapport avec la culture autochtone a peu évolué. Les Kanak, les Mélanésiens de manière générale, sont contraints et forcés d’adopter le mode de vie occidental. C’est une forme d’aliénation déguisée. Sur ce plan-là, la reconnaissance se heurte à la réalité des faits. Le brassage, bien sûr, a eu lieu. Il n’y a qu’à voir le nombre de mariages entre les communautés. Mais le politique n’avance pas au rythme de la société. Il est en retard. »

        Lire le reportage :
         

          Nouvelle-Calédonie, fin d’une campagne référendaire étonnamment calme



Le rattrapage et le rééquilibrage économiques engagés à partir des accords de Matignon se sont accompagnés d’un déplacement des populations et le métissage des communautés d’une confrontation des cultures parfois vécue comme un déchirement et une perte de repères. Si la population de la Nouvelle-Calédonie a crû de plus de 80 000 habitants en vingt ans, cette progression est très différenciée.
La province Sud, qui regroupe à elle seule près de 200 000 habitants, a enregistré une croissance démographique de 65 000 habitants, dont 23 000 à Nouméa, qui frôle à présent 100 000 habitants. La province Nord a gagné 9 000 habitants et dépasse à présent 50 000. En revanche, la population des îles Loyauté a reculé de 2 600 habitants et est passée sous la barre des 20 000.
Autrement dit, une large partie de la population mélanésienne est aujourd’hui urbanisée et a adopté, peu ou prou, le mode de vie et de consommation occidental. Ce que les indépendantistes considèrent comme « une nouvelle forme de colonisation ». 
« En trente ans, on est passé de la culture kanak niée à la culture kanak asservie, estime Emmanuel Tjibaou. Dans nos comportements, notre alimentation, notre mode de vie, nous sommes toujours colonisés. Et, du coup, nous nous retrouvons en contradiction avec nos propres références. Ce n’est pas comme cela qu’on construit un avenir commun. »

   


La volonté de reconnaissance identitaire reste donc une profonde aspiration dans la population kanak mais elle ne se conjugue plus nécessairement avec la revendication de l’indépendance. Le rêve indépendantiste n’est pas mort, mais il s’est considérablement affaibli. Qu’est-ce qui a changé en trente ans ? Les indépendantistes, qui participent au gouvernement collégial (5 membres sur 11), comptent 25 membres sur 54 au Congrès, dirigent les provinces Nord et des îles Loyauté et 25 communes sur 33, n’ont pas su insuffler un espoir nouveau, donner une crédibilité au projet d’une nation indépendante.
Ils avaient tout misé sur la stratégie du nickel, avec l’implantation d’une usine dans la province Nord. L’usine a bien vu le jour et a tardé à produire des résultats et l’effondrement du cours du nickel n’a pas permis d’atteindre les objectifs attendus. La Nouvelle-Calédonie n’a pas réussi à développer un modèle favorisant une souveraineté alimentaire et énergétique, même si quelques expérimentations commencent à voir le jour.
Interrogations lancinantes
Les dirigeants indépendantistes ne sont pas exempts de reproches. Depuis vingt ans, ils ont consacré une bonne partie de leur énergie à négocier pied à pied les conséquences institutionnelles de l’accord de Nouméa. Aujourd’hui, au sein même de leur communauté, et surtout chez les jeunes, ils apparaissent comme ayant été incapables de passer le relais aux jeunes générations. Ce sont toujours les mêmes ou presque qui sont aux commandes du mouvement indépendantiste.
Enfin, il ne faut pas négliger les inquiétudes d’une partie de la population mélanésienne sur les conséquences d’une sécession avec la France, en termes de protection sociale, d’accès aux études ou d’émancipation et de droit des femmes dans le nouvel Etat. Des interrogations qui reviennent de manière lancinante dans les réunions publiques.

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                Nouvelle-Calédonie, la grande marche vers l’indépendance



C’est le paradoxe des accords de Matignon et de Nouméa, négociés pour ouvrir le processus de décolonisation. En engageant le rattrapage et le rééquilibrage du territoire, en lui permettant d’accéder à un nouvel essor économique, en lui octroyant des compétences étendues exercées tant par le gouvernement et le Congrès du « pays » que par les provinces, ils ont fait reculer la perspective de l’indépendance, estompé la force de la revendication indépendantiste. Le résultat du référendum de dimanche en sera très probablement la traduction. Il faudra alors inventer un après qui donne un réel contenu à ce fameux « vivre ensemble ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans « Le Figaro » de samedi, cinq hommes, dont Laurent Wauquiez, s’inquiètent du risque « à nier délibérément le rôle et la représentation du père ».
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Cinq personnalités des Républicains signent une tribune contre la PMA pour toutes

Dans « Le Figaro » de samedi, cinq hommes, dont Laurent Wauquiez, s’inquiètent du risque « à nier délibérément le rôle et la représentation du père ».



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 17h06
   





                        


Cinq personnalités des Républicains ont publié, samedi 3 novembre, une tribune dans Le Figaro intitulée « Pourquoi les Républicains s’opposeront à la PMA sans père ».
Dans ce texte, Laurent Wauquiez, président de LR, Christian Jacob, Bruno Retailleau et Franck Proust, présidents des groupes parlementaires de LR, et Jean Leonetti, président du conseil national de LR, estiment que ce sujet, qui « ouvre la voie à des dérives qu’il faut mesurer avec lucidité », exige « non pas les seuls bons sentiments, mais un “cœur intelligent” ».
« N’y a-t-il pas de risque à nier ainsi délibérément le rôle et la représentation du père dans l’éducation de l’enfant ? », s’interrogent les signataires, qui rappellent qu’« il y a cinq ans, l’actuel premier ministre s’engageait à “s’opposer résolument” à la PMA sans père ».
« Marchandisation croissante des gamètes »
« Face à la pénurie de dons de sperme, l’extension de la PMA nous expose, comme le souligne le Comité consultatif national d’éthique, à une marchandisation croissante des gamètes humains débouchant sur un véritable “business de la création” », argumentent les cinq hommes.
« Nous avons collectivement pour tâche de redécouvrir le sens des limites en forgeant une écologie de l’enracinement, soucieuse de l’être humain », estime cette tribune, avant de conclure : « La courbe des sondages ne nous dictera pas l’idée que nous avons de la société et de l’être humain. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le processus pour trouver un successeur à Pascal Pavageau à la tête du syndicat se poursuit.
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Listing à Force ouvrière : la direction de la centrale porte plainte pour « constitution de fichiers »

Le processus pour trouver un successeur à Pascal Pavageau à la tête du syndicat se poursuit.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h38
    |

            Bertrand Bissuel








                        


Force ouvrière (FO) n’en finit pas de solder l’héritage légué par Pascal Pavageau, son ancien et éphémère secrétaire général. Dans une note adressée, mardi 30 octobre, à son comité confédéral national (CCN) – le « Parlement » de FO –, la direction de la centrale a fait part de sa décision de déposer une plainte « pour constitution de fichiers ». Une démarche liée au listing sauvage recensant quelque 127 responsables de l’organisation. La révélation par Le Canard enchaîné, le 10 octobre, de cet « annuaire » clandestin avait provoqué une violente crise au sommet du syndicat et contraint M. Pavageau à la démission, une semaine après.

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Le fait de saisir la justice « a vocation à protéger la confédération », décrypte une source en interne. « Nous ne voulons pas que notre organisation puisse être considérée comme ayant été à l’initiative de la création de ce fichier », poursuit-elle. Sous-entendu : il s’agit de dérives individuelles, que FO réprouve. « Nous nous devions également d’interpeller les tribunaux pour les militants dont le nom apparaît dans ce document », ajoute cette même source.
Au Canard enchaîné, M. Pavageau avait dit que le fichier constituait « une belle connerie », commise par deux de ses collaboratrices. Ce trombinoscope, confectionné à la fin 2016, présente en quelques lignes les dirigeants de fédérations professionnelles et d’unions départementales de FO, avec des commentaires parfois injurieux et des indications sur leur allégeance politique, leur état de santé ou leur orientation sexuelle.
Exercice compliqué
La plainte annoncée le 30 octobre s’ajoute à celle déposée par la confédération, peu après l’article du Canard enchaîné, quand M. Pavageau était encore aux commandes. Cette précédente action en justice obéissait à une autre préoccupation : « la diffusion de (…) documents (…) confidentiels » – et non pas le fait d’avoir consigné des données personnelles dans des conditions sujettes à caution. Auparavant, deux autres plaintes, pour vol cette fois-ci, avaient été déposées par FO et par la responsable des ressources humaines du syndicat. Selon les informations du Monde, des effets personnels, dont une clé USB, avaient été dérobés dans le bureau de cette cadre, le 1er octobre. Il est très possible que cet incident soit à l’origine de la divulgation du fichier controversé.

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Parallèlement, le processus pour trouver un successeur à M. Pavageau se poursuit. Un exercice très compliqué, compte tenu de la diversité des sensibilités qui coexistent dans la confédération, entre les réformistes, les trotskistes du Parti ouvrier indépendant (POI et POID), ainsi que les anarchistes.
A ce stade, un homme est officiellement en lice : il s’agit de Patrice Clos, le « patron » de la fédération des transports. Au sein de la centrale, plusieurs le décrivent comme étant l’un de ceux ayant défendu M. Pavageau « jusqu’à la dernière minute », tout en fustigeant le fichier. M. Clos serait soutenu par le camp des anarchistes – ce qui permettrait à ces derniers de « pouvoir réaffirmer leur poids et leur existence dans l’organisation », affirme le dirigeant d’une fédération. « Je ne suis pas anarchiste, rétorque M. Clos. Je n’ai qu’une seule carte, celle de FO, depuis l’âge de 22 ans. » Il s’inscrit dans la continuité du congrès confédéral d’avril, au cours duquel M. Pavageau avait accédé au poste de secrétaire général. Sa volonté est de faire respecter les résolutions adoptées par « 96 % » des congressistes.

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Mais la candidature de M. Clos a peu de chances de prospérer, d’après d’autres hauts gradés de FO. « Il est parti en se plaçant en dehors des consultations conduites en interne pour parvenir à un consensus », estime l’un d’eux. Les chefs de file des réformistes et des trotskistes, Frédéric Homez et Hubert Raguin, ont récemment noué un pacte – provisoire – et réfléchissent de concert pour identifier « l’oiseau rare » susceptible de convenir à toutes les chapelles.
Plusieurs noms circulent : celui de Christian Grolier, le responsable de FO-fonction publique, qui bénéficierait de l’appui de trotskistes ; ou encore celui d’Yves Veyrier, un ancien qui connaît très bien « la boutique ». « Nous préférerions qu’il y ait un seul candidat », souffle le leader d’une fédération. Réponse mardi 6 novembre, lorsque les instances du syndicat dévoileront le visage du ou des prétendants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les députés de Paris Pierre Person et Stanislas Guerini, deux soutiens de la première heure du candidat Macron, sont les favoris pour succéder à Christophe Castaner à la tête du parti.
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Vers un duel de personnalités pour la présidence de La République en marche

Les députés de Paris Pierre Person et Stanislas Guerini, deux soutiens de la première heure du candidat Macron, sont les favoris pour succéder à Christophe Castaner à la tête du parti.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 08h30
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

C’est une campagne qui se joue en coulisse, dans les couloirs de l’Assemblée et sur la messagerie cryptée Telegram. Une campagne volontairement reléguée au second plan en Macronie, où l’on ne souhaite pas renvoyer l’image d’une course aux postes permanente, après les deux scrutins internes (présidence de l’Assemblée et du groupe majoritaire au Palais-Bourbon), organisés depuis début septembre
Mais la bataille pour la succession de Christophe Castaner, promu au ministère de l’intérieur, à la tête du mouvement La République en marche (LRM) est bel et bien lancée entre les deux favoris, tous deux députés de Paris, Stanislas Guerini et Pierre Person, dans l’optique de l’élection du nouveau délégué général, fixée au 1er décembre. Un duel entre deux personnalités, faute de véritable clivage idéologique.
Les deux jeunes élus sont des soutiens de la première heure du candidat Macron, et leur loyauté envers le chef de l’Etat est totale. L’un et l’autre sont réputés comme de bons organisateurs, à l’aise dans les relations humaines. Anciens « DSK boys », pro-entreprise, ils ont longtemps été classés à la droite de la gauche. Mais ils pâtissent du même point faible : un manque de notoriété auprès du grand public. Au sein du parti présidentiel, certains s’interrogent d’ailleurs sur leur capacité à tenir tête aux autres patrons de partis, tels Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.
« Les mains dans le cambouis »
Agé de 36 ans, M. Guerini a rejoint M. Macron dès 2015, avant de faire partie de la petite équipe qui a fondé En marche ! l’année suivante. Son vaste réseau en Macronie est un héritage de ses années passées dans l’ombre de Dominique Strauss-Kahn. Diplômé de HEC, ce chef d’entreprise avait préparé la candidature de l’ancien ministre de l’économie pour la primaire socialiste de 2006, en compagnie de plusieurs figures désormais au cœur du pouvoir macronien, notamment les conseillers de l’Elysée Ismaël Emelien et Cédric O, ou le porte-parole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Alors que les premiers représentent la population la plus importante de l’île, leur accès à l’emploi, au logement ou aux diplômes reste minoritaire.
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En Nouvelle-Calédonie, des inégalités entre Kanak et non-Kanak toujours criantes

Alors que les premiers représentent la population la plus importante de l’île, leur accès à l’emploi, au logement ou aux diplômes reste minoritaire.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
    |

            Patrick Roger








                        


Depuis les accords de Matignon du 26 juin 1988 et de Nouméa du 5 mai 1998, d’importants progrès économiques et sociaux ont été accomplis en Nouvelle-Calédonie. Malgré tout, il demeure de fortes disparités et, s’il y a eu de réels rattrapages, certaines inégalités se sont creusées, comme le constatent Samuel Gorohouna et Catherine Ris, chercheurs au laboratoire de recherche juridique et économique à l’université de Nouvelle-Calédonie. Ainsi, si le niveau de vie moyen a augmenté, le taux de pauvreté, lui, n’a pas reculé, atteignant 17 % de la population. Les 10 % de la population les plus aisés ont un niveau de vie 7,9 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes.

   


Ces disparités sont également marquées géographiquement. Le revenu médian en province Sud est deux fois supérieur à celui de la province Nord et 2,5 fois supérieur à celui des îles Loyauté. Même constat pour le taux de pauvreté, qui s’établit à 52 % dans les îles Loyauté contre 9 % dans la province Sud. Néanmoins, il a tendance à croître ces dernières années en zone urbaine, dans le Grand Nouméa.

   


En 2014, le taux d’emploi s’établissait à 65 % dans la province Sud, mais à 52 % dans le Nord et 40 % dans les îles Loyauté. Sur l’ensemble du territoire, il est de 70 % pour les non-Kanak et de 40 % pour les Kanak (qui constituent 39 % de la population du territoire). L’accès à l’enseignement s’est fortement développé au cours des dernières décennies. Le taux de population sans diplôme est ainsi passé de 71 % en 1989 à 27 % en 2014. Mais les non-diplômés représentent 39 % au Nord et 41 % dans les îles Loyauté contre 22 % en province Sud. En 2014, 32,5 % des Kanak étaient sans diplôme contre 17 % pour les non-Kanak. Et seulement 4,1 % sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur contre 28 % pour les non-Kanak.

   


Il y a encore un long chemin à parcourir pour rattraper des décennies de ségrégation et d’humiliations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Deux familles calédoniennes aux origines ethniques et sociales différentes expliquent leurs choix pour le référendum du 4 novembre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/11/2018
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En Nouvelle-Calédonie, une famille votera pour l’indépendance, l’autre contre

Deux familles calédoniennes aux origines ethniques et sociales différentes expliquent leurs choix pour le référendum du 4 novembre.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 14h43
    |

                            Claudine Wéry (Nouméa, correspondante)








                        



                                


                            

Reportage. « Faut pas trop me parler de généalogie, j’y connais pas grand-chose. L’histoire est devant, pas derrière », lance de sa voix rocailleuse Karlheinz Creugnet. Le « broussard » – surnom donné à ceux qui habitent la « brousse », la campagne – appartient pourtant à une des plus anciennes familles caldoches – descendants des colons blancs –, dont le fief est Boulouparis, un village des plaines occidentales de la Grande Terre.
L’aïeul Creugnet, un Charentais, encadrait les bagnards à bord des bateaux qui les transportaient depuis la métropole vers la colonie pénitentiaire, à la fin du XIXe siècle. « Il a été malade en arrivant et a fait souche en Nouvelle-Calédonie », croit savoir Karlheinz, relevant qu’aujourd’hui les « cousinades » Creugnet peuvent réunir jusqu’à 400 personnes.
Propriétaire de plusieurs centaines d’hectares, l’éleveur de bovins, levé et couché avec le soleil, faisait partie des équipes d’autodéfense caldoches qui s’étaient organisées en 1984 et 1985 pour protéger les propriétés des attaques indépendantistes. A l’époque, la restitution des terres aux clans spoliés durant la colonisation était au cœur des revendications kanak. « On était sur le qui-vive nuit et jour, on n’avait pas le choix. Mais ce n’était pas la solution de se tirer dessus. On a 165 ans d’histoire commune [la France a pris possession de la Nouvelle-Calédonie en 1853], on est tous croisés », confie celui dont l’arrière grand-mère « est de sang kanak ».
« Je n’aurais pas dit ça avant, mais peut-être que dans vingt ans on sera prêt pour l’indépendance, pourquoi pas ? Là, c’est pas le moment »
Sans le moindre doute, ce loyaliste « qui a toujours été à droite », votera contre l’indépendance le 4 novembre. Parce que la « France est une protection, surtout face aux assauts de la Chine » dans le Pacifique insulaire. Pourtant, trente ans après les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ « Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.
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Progrès social : « Trouver la formule respectant équité, liberté et durabilité environnementale »

« Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Extraits. « L’idée occidentale selon laquelle les institutions de nos sociétés libérales, démocratiques et capitalistes ont atteint leurs formes finales, et représentent le but de toute nation (la “fin de l’histoire”), doit être fermement rejetée. Les acquis sociaux et démocratiques peuvent être balayés en une élection et remplacés par des politiques autoritaires et destructrices sur les plans social et environnemental. L’histoire est toujours en marche, et nous devons repenser nos institutions si nous voulons rendre notre modèle durable. Des idées intéressantes et des innovations venant de chaque continent peuvent mener à de nouvelles formes de participation populaire, une plus grande harmonie avec la nature ou une meilleure manière de gérer les conflits. Partout dans le monde, une grande diversité d’avancées économiques, politiques ou sociales montre le pouvoir de l’imagination et le nombre impressionnant d’idées promettant de mener vers une société meilleure.
Le défi de notre époque est de trouver une ou plusieurs formules respectant à la fois l’équité (que personne, à l’échelle nationale comme internationale, ne soit laissé pour compte et que soit réalisée une société inclusive), la liberté (économique et politique, ce qui implique le respect de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des droits démocratiques au sens large) et la durabilité environnementale (préserver les écosystèmes non seulement pour les générations à venir, mais aussi pour eux-mêmes, pour respecter toutes les formes de vie).
(…)
La mondialisation et les innovations technologiques sont les deux causes principales des transformations socio-économiques actuelles. Si les vertus et les dangers de la mondialisation sont bien connus des experts (bien que pas toujours des décideurs, malheureusement), il existe bien plus d’incertitudes sur les effets qu’auront les innovations technologiques sur notre qualité de vie et sur les inégalités sociales. Il est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.
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Progrès social : « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement »

La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Le Panel international sur le progrès social (IPSP) a été lancé en juillet 2014 à Paris, pour apporter la contribution des chercheurs au débat public sur l’évolution des institutions et de la structure de nos sociétés. Il rassemble plus de 300 chercheurs en sciences sociales (économie, sociologie, science politique, histoire, philosophie, anthropologie, droit, communication, etc.) à travers le monde. Le Panel publie un rapport sur le mauvais état de la planète et propose des solutions pour y remédier. 
Tribune. Une anxiété croissante gagne le monde. Les préjugés, la peur et la haine hantent de nouveau nos sociétés. Vers quel futur allons-nous ? Comment pouvons-nous éviter de répéter les erreurs qui ont engendré les tragédies du XXe siècle ?
Le Panel international sur le progrès social vient de publier un rapport qui propose une évaluation des tendances à long terme de nos sociétés. Le moment historique dans lequel nous nous trouvons exige une telle synthèse. L’effondrement des idéologies totalitaires a ouvert l’esprit de nos concitoyens à la recherche d’alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement. Nous devons saisir cette opportunité, de manière urgente, avant qu’il ne soit trop tard.
La recherche en sciences sociales est en mesure d’aider, offrant, dans une approche pluridisciplinaire, une meilleure compréhension du potentiel et des limites d’institutions-clés comme le marché, l’Etat, l’entreprise, la démocratie ou la religion. Elle permet aussi de se saisir plus efficacement des grands défis sociétaux dans leur complexité.

La globalisation, la cyberconnectivité, la diversité et le multiculturalisme, les migrations, la biodiversité et le climat, les inégalités et la pauvreté, le défi technologique et éthique de l’intelligence artificielle… les nouveaux conflits clivent aujourd’hui les populations au moins autant que les anciens liés à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.
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Progrès social : « Nos vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle »

Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
    |

Henry S. Richardson (philosophe à la Georgetown University (Etats-Unis))







                        



                                


                            
Tribune. Comment évaluer le progrès social dans une société donnée ? Beaucoup d’économistes auront l’habitude d’en admettre seulement deux : le bien-être et la justice distributive. Comme on le sait, se concentrer uniquement sur la maximisation du bien-être total (ou moyen) est compatible avec la promotion de niveaux inacceptables d’inégalité économique. On pourrait penser qu’une fois que la justice a été ajoutée au bien-être, ces deux dimensions suffisent, tant la notion de bien-être est vaste.
Mais l’approche subjectiviste de l’idée de bien-être qui a dominé l’économie au milieu du siècle dernier cède la place à une compréhension plus concrète. Cette évolution est en grande partie imputable au développement pionnier par Amartya Sen de l’approche par les « capabilités », qui distingue plusieurs dimensions du bien-être. Le rapport de 2009 de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a ainsi suggéré que la dimension du bien-être puisse être divisée en huit sous-dimensions : niveau de vie matériel, santé, éducation, activités personnelles, expression politique et gouvernance, connexions et relations, environnement, et sécurité.
Egale dignité de chaque être humain
Dans le chapitre du rapport du Panel international sur le progrès social consacré à cette question, notre groupe d’auteurs s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes de notre approche. Nous serions guidés par un engagement fondamental en faveur de l’égale dignité de chaque être humain et du respect du pluralisme profond, dans le monde entier, des points de vue sur les valeurs, la moralité et la religion. Nous nous sommes mis d’accord pour abjurer toute trace de la foi des Lumières selon laquelle la société humaine est destinée à progresser inexorablement. Nous avons également rejeté l’idée selon laquelle il existe une voie unique et privilégiée vers le progrès social. Au lieu de cela, nous avons voulu que notre catalogue de dimensions du progrès social puisse servir à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ A Nouméa, la pénurie de logements et les prix de l’immobilier poussent de nombreux habitants, en majorité kanak, à s’installer dans des bidonvilles comme celui de Nouville.
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Nouvelle-Calédonie : « Il fallait faire un choix entre la voiture ou le toit »

A Nouméa, la pénurie de logements et les prix de l’immobilier poussent de nombreux habitants, en majorité kanak, à s’installer dans des bidonvilles comme celui de Nouville.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 16h00
    |

                            Claudine Wéry (Nouméa, correspondante)








                        



   


Reportage. Il a déjà monté un mètre de parpaings et, avant l’été austral, sa cabane disposera d’un coin douche, au sol carrelé. Avec sa compagne, Coralie, et leur petite fille de 3 ans, Gabriel Napoé, jovial Kanak à barbichette, habite dans le « squat de Nouville », sur la presqu’île de Nouméa où débarquaient jadis les bagnards. Pour lui rendre visite, il faut emprunter un chemin de terre rocailleux, noyé dans la végétation et troué de nids-de-poule. « Les gens parlent parfois des bidonvilles de Nouméa, mais ça ne correspond pas à la réalité des squats. Ici, c’est tranquille, on vit un peu comme en tribu, tous ensemble avec des Tahitiens et des Wallisiens », rectifie le jeune homme, désignant du doigt la cabane de ses parents en contrebas, celle de sa sœur plus haut, celle de son oncle et celle de son beau-frère un peu plus loin.
« On vit en famille, il y a l’odeur du feu et jamais personne n’est venu nous embêter »
Son logis se résume à une minuscule chambre aux matelas posés à même le sol et à un espace de vie couvert mais sans fenêtre, qui donne sur un jardin fleuri et une rangée de taros. « On paie l’eau courante qui a été installée, on a un groupe électrogène et j’ai même Canalsat pour que la petite regarde Disney Channel », raconte Gabriel, déplorant en revanche le gros problème de la gestion des déchets – plastiques et ferrailles – qui polluent ce cadre bucolique. « On vit en famille, il y a l’odeur du feu et jamais personne n’est venu nous embêter », renchérit Coralie, consciente que les terrains de Nouville, où vivent quelque 1400 squatteurs à 80 % Kanak, appartiennent au domaine public.

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Mécanicien dans un garage de la zone industrielle de Ducos et femme de ménage à temps partiel, le couple n’a pas les moyens de se loger à Nouméa, où les prix de l’immobilier ont flambé ces dernières années, flirtant avec ceux de la Côte d’Azur. « On a acheté un pick-up à crédit mais il fallait faire un choix entre la voiture ou le toit », explique le père de famille, qui de toute façon ne voudrait « pour rien au monde, vivre en appartement dans une cité ».
« Mère nourricière »
« C’est le retour aux “instincts”, je vais pêcher dans le lagon en bas, on fait des cultures, il y a des papayes », explique Gabriel. Il s’insurge des prix « exorbitants dans les magasins » de Nouméa où le coût du panier de la ménagère est plus de deux fois supérieur à celui de la métropole. « A cause de la vie chère, nous, les Kanak, on commence à être individualiste, avoue-t-il. Je veux bien partager mais je suis obligé de mettre des limites. » Il regrette qu’avec la modernisation, « les Kanak rentrent trop dans le capitalisme. Je préférerais partir d’ici et aller vivre en brousse mais c’est dur d’y avoir du travail », confie Gabriel. A Nouville, il a réussi à allier la nécessité d’avoir un salaire et celle de ne pas rompre avec des codes de vie, en symbiose avec la nature.
Dépité par les profondes inégalités entre « ceux qui sont dans des cabanes et ceux qui sont tranquilles dans des villas de luxe », Gabriel n’est pas pour autant persuadé que l’indépendance réglera tous les problèmes. « J’ai envie que ce soit l’indépendance mais je n’ai pas confiance dans les politiques. Il y a trop de magouilles, de promesses jamais tenues », constate cet électeur qui « votera peut-être blanc » le 4 novembre.

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En face de chez lui, Babette et Baptiste, un couple de sexagénaires originaire de l’île de Maré et installé dans une cabane en planches et en tôles à Nouville depuis 25 ans, ont eux fait leur choix sans hésiter : « On est contre l’indépendance tous les deux, la France c’est la mère nourricière », répondent-ils en chœur, du seuil de leur bicoque. Intérimaire, Baptiste, chapeau sur la tête et bébé dans les bras, vante son quotidien, « réveillé le matin par le chant des oiseaux et la vue sur la mer ». « On est bien comme ça », confie-t-il, avant de tempérer ses propos par une tirade contre la vie chère et « les cigarettes qui se vendent maintenant à l’unité 150 francs CFP (1,25 euro) ».
Macrocéphalie économique de Nouméa
Comme Gabriel, sa femme Coralie et leurs voisins Babette et Baptiste, quelque 8 à 10 000 personnes vivent en habitat précaire, aux alentours de Nouméa, dans des conditions souvent plus rudes qu’à Nouville, considéré comme « un squat de luxe ». A la Maison de l’habitat de la Province sud, plus de 7000 demandes de logement sont en souffrance. « On livre un peu moins de 800 logements sociaux par an, il en faudrait 1000. La principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés est l’opposition des communes. On doit se battre pour obtenir les permis de construire », déplore Philippe Michel, président de la Province Sud où se trouve la capitale.
Cette crise reflète la persistance de la macrocéphalie économique et démographique de Nouméa, malgré trente ans de politique de rééquilibrage. « En chiffres absolus, il n’y a pas eu de résorption des déséquilibres dans la répartition de la population. Nouméa et sa périphérie concentrent deux tiers de la population, ce qui est considérable », observe Pierre-Christophe Pantz, auteur de la thèse « Géopolitique des territoires kanak ». Ainsi en 1996, deux ans avant l’accord de Nouméa, la Province Sud comptait 134 546 habitants. Elle a bondi à 207 300, selon les données de l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie au 1er janvier 2017. En revanche, sur la même période, la province des îles Loyauté, dont la vocation économique reste à inventer, a baissé de 20 877 à 18 700 personnes.
A la Maison de l’habitat de la Province sud, plus de 7000 demandes de logement sont en souffrance
Seul projet véritablement structurant construit hors de la Province Sud durant l’accord de Nouméa, l’usine métallurgique de nickel Koniambo, qui a en revanche permis à la Province Nord de gagner en population. Grâce à ce complexe industriel, fruit d’une lutte obstinée des indépendantistes kanak en 1998, la collectivité a accueilli plus de 11 000 nouveaux résidents entre 1996 et 2017 (52 500 habitants).

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« L’émergence du pôle Voh-Koné-Pouembout [où se situe l’usine sur la côte ouest] est extrêmement importante. Il a notamment rapproché les habitants de la côte est, peu développée, d’un centre urbain et d’emplois », observe M. Pantz. Il insiste en outre sur la mobilité des populations urbaines, mais originaires de l’intérieur, qui retournent régulièrement chez elles, atténuant ainsi les effets de leur émigration.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ L’opposition de droite et de gauche dénonce une vidéo orientée, promouvant les idées de La République en marche.
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Européennes : le clip du gouvernement pour appeler au vote fait polémique

L’opposition de droite et de gauche dénonce une vidéo orientée, promouvant les idées de La République en marche.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 16h10
   





                        



   


L’objectif affiché est d’encourager les citoyens à aller voter le 26 mai lors des élections européennes, un scrutin qui affiche d’énormes taux d’abstention (56,5 % en 2014, 59,4 % en 2009). Mais le clip diffusé par le gouvernement passe mal auprès de l’opposition, qui critique son manque de neutralité.
« Emmanuel Macron fait sa propagande sur les frais de l’Etat, c’est un clip de propagande, mais il le fait passer pour un clip qui amènerait les citoyens à aller voter et je ne trouve pas ça très honnête », a notamment critiqué la porte-parole du parti Les Républicains, Laurence Sailliet, vendredi 2 novembre sur C News.

En mai 2019, l’Europe changera. En votant, vous décidez comment ! #ÉlectionsEuropéennes #OuiJeVote 🇪🇺 https://t.co/ZXHofMQ0Q7— gouvernementFR (@Gouvernement)


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Sur une musique à la tonalité angoissante, ce clip affiche notamment l’Italien Matteo Salvini et le Hongrois Viktor Orban comme repoussoirs, avec la question : « Europe : union ou division ? » En conclusion, la vidéo affiche : « En mai 2019, l’Europe changera. En votant, vous décidez comment ! »
« Emmanuel Macron n’a qu’une stratégie aujourd’hui, c’est d’opposer les progressistes aux populistes, comme il le dit, parce que lui-même n’a aucune stratégie concrète au niveau européen », a accusé la porte-parole des Républicains.
« Présentation nauséabonde de l’immigration »
La droite n’est pas la seule à s’insurger contre cette vidéo. « Les clips du gouvernement sont des clips de campagne LRM maquillés, sur fonds publics », a estimé de son côté Génération.s, le parti de l’ex-PS Benoît Hamon, qui précise, dans un communiqué, que le CSA et la Commission des comptes de campagne seront saisis. Mehdi Ouraoui, de Génération.s, fustige le « contenu totalement orienté, notamment la présentation nauséabonde qui est faite de l’immigration “à maîtriser ou à subir” [qui] n’a aucun rapport avec une incitation à la citoyenneté ».
Pour le socialiste Rachid Temal, « ce clip-là, c’est la reprise texto des propos de M. Macron et il essaie de nous faire croire qu’il n’y aurait qu’une option, la sienne ». 
Mme Sailliet a également critiqué l’entretien d’Emmanuel Macron publié mercredi par Ouest France, dans lequel le président de la République dresse un parallèle entre la situation actuelle en Europe et les années 1930. « Emmanuel Macron attise les peurs, c’est tout ce qu’il sait faire. Vous savez à qui il me fait penser ? A Marine Le Pen, c’est la même stratégie, c’est-à-dire qu’on attise les peurs parce qu’on n’a pas de solution », a-t-elle dénoncé.
Deux jours après la parution du clip, Matteo Salvini l’avait commenté sur Twitter : « Le gouvernement français publie, avec l’argent des contribuables, un clip officiel pour les Européennes en m’utilisant comme un épouvantail. Macron et ses amis doivent avoir très peur. En 2019, un printemps des peuples qui va les balayer les attend. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’économie de la Nouvelle-Calédonie est marquée par sa dépendance aux transferts de l’Etat français ainsi qu’au marché du nickel, dont elle possède un quart des réserves mondiales. Les grands conflomérats familiaux captent l’essentiel de la valeur réalisée sur le territoire tandis que les Calédoniens souffrent de la cherté de la vie.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                   
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Nouvelle-Calédonie : une économie entre les mains de conglomérats familiaux

L’économie de la Nouvelle-Calédonie est marquée par sa dépendance aux transferts de l’Etat français ainsi qu’au marché du nickel, dont elle possède un quart des réserves mondiales. Les grands conflomérats familiaux captent l’essentiel de la valeur réalisée sur le territoire tandis que les Calédoniens souffrent de la cherté de la vie.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h00
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

La question majeure qui se pose pour la Nouvelle-Calédonie, qu’elle opte pour l’indépendance ou non, est de sortir d’une économie assistée, caractérisée par ce que l’économiste Jean Freyss, dans un ouvrage de référence publié en 1995 et qui n’a guère perdu de son acuité, Economie assistée et changement social en Nouvelle-Calédonie (PUF), qualifiait d’« oligopole de collusion ». A savoir un marché capté par quelques conglomérats familiaux qui se partagent l’essentiel de la valeur réalisée sur le territoire.
Un coût de la vie 34% plus élevé
Conséquence première de cette concurrence faussée, la cherté de la vie. Selon l’Institut de la statis­tique et des études économiques de la Nouvelle-Calédonie, le panier de biens et services qui sert de référence pour évaluer le coût de la vie est 34 % plus cher qu’en métropole. Cet écart s’élève à 65 % pour les seuls biens alimentaires.
Le niveau de vie des Calédoniens est certes le plus élevé de la France d’outre-mer, et largement supérieur à celui de ses voisins du Pacifique, puisque le produit intérieur brut par ­habitant y est de 29 271 euros, contre 19 249 euros dans l’ensemble des départements d’outre-mer (et 32 736 euros en métropole) ; c’est néanmoins au prix d’une inaccessibilité aux produits courants pour la population la plus démunie.
Ce qui guette l’archipel, plus que des mouvements de revendication de l’indépendance, ce sont des émeutes contre la vie chère.
De l’avis de nombreux observateurs, ce qui guette l’archipel, plus que des mouvements de revendication de l’indépendance, ce sont des émeutes contre la vie chère, si rien n’est fait pour y remédier. Mais cela supposerait de dénouer les relations incestueuses nouées entre une bonne partie de la représentation politique et les quelques grandes familles historiques ou groupes plus récents qui détiennent les leviers de l’économie calédonienne. L’impuissance du personnel ­politique local se caractérise par son incapacité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Notre correspondante en Nouvelle-Calédonie, Claudine Wéry, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr » sur le référendum sur l’indépendance qui aura lieu dimanche.
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« Il ne faut pas considérer l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie comme une rupture avec la France »

Notre correspondante en Nouvelle-Calédonie, Claudine Wéry, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr » sur le référendum sur l’indépendance qui aura lieu dimanche.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 17h30
   





                        



   


La Nouvelle-Calédonie va se prononcer, dimanche 4 novembre, sur son indépendance. Une procédure de vote décidée il y a plus de vingt ans, lors de la signature de l’accord de Nouméa, le 5 mai 1998.
Si le non à l’indépendance gagne – ce que les sondages prévoient à trois jours du vote –, la question de l’indépendance ne sera pas close pour autant : un deuxième référendum pourra être organisé dans les deux ans à la demande d’un tiers des membres du Congrès.
Comment les habitants de l’archipel se préparent-ils au vote ? Quelles conséquences aura-t-il sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ? Eléments de réponses avec Claudine Wéry, la correspondante du Monde sur place.

        L’éditorial du « Monde » :
         

          Nouvelle-Calédonie : une souveraineté en gestation



Est-ce que l’ambiance est tendue sur place ?
Claudine Wéry : Non, l’ambiance n’est pas tendue alors que nombre d’observateurs redoutaient que ce scrutin clivant cristallise les tensions. La campagne n’a été marquée que d’incidents mineurs, et le comité des « sages », mis en place à l’initiative d’Edouard Philippe pour prévenir tout dérapage, est très peu intervenu.
Il semble que c’est le soir du vote qui nourrit les inquiétudes, si des loyalistes défilent le long des baies de Nouméa en arborant des drapeaux bleu-blanc-rouge, exprimant leur victoire très probable de façon trop démonstrative et provocante.
Les partis politiques de tous bords ont appelé leurs militants à la sobriété.
Ne risque-t-on pas une polarisation encore accentuée des différentes provinces de la Nouvelle-Calédonie, entre une province Sud très « française » et des provinces Nord plus « kanak » ?
Effectivement, il est très possible que dimanche soir la province Sud ait voté massivement contre l’indépendance et que les deux autres provinces aient choisi l’indépendance. L’accord de Nouméa (1998) exclut cependant toute partition de l’archipel.
L’un des arguments des indépendantistes est que la Nouvelle-Calédonie est autonome financièrement. Est-ce exact ?
Non, la Nouvelle-Calédonie n’est pas indépendante financièrement.
La France y injecte chaque année 1,3 milliard d’euros pour 275 000 habitants. Cela dit, les recettes fiscales locales sont supérieures à ce montant. Le Caillou dispose d’un tissu industriel développé et, bien sûr, d’un quart des ressources mondiales de nickel. La chute des cours et l’entrée sur le marché de pays producteurs à bas coût depuis quelques années a cependant mis à mal l’industrie minière et métallurgique locale, qui se bat pour sa survie. L’opérateur historique du nickel calédonien, la société Le Nickel, filiale du groupe français Eramet, est en déficit depuis six exercices consécutifs.
La Nouvelle-Calédonie dispose d’énormes potentiels de développement économique (tourisme, pêche…) mais le nickel demeure une mono-industrie, qui a entravé la diversification économique.
Est-ce que les jeunes – pas nés lors de l’accord de Nouméa – se sentent eux aussi concernés par ce vote ?
L’abstention des jeunes est en effet une source d’inquiétude, notamment du côté indépendantiste. Il y a en Nouvelle-Calédonie un fort discrédit de la classe politique et les jeunes, ceux que l’on appelle « la génération Matignon » et qui n’ont pas vécu les événements, ne se reconnaissent pas dans les discours des dirigeants indépendantistes. Il n’y a pas de renouvellement de la classe politique en général et en particulier du côté du FLNKS, dont les ténors sont quasiment les mêmes depuis 30 à 40 ans.
Il y a les jeunes formés, qui aspirent au renouvellement des hommes et des idées, mais auxquels on laisse insuffisamment la parole et l’opportunité de prendre des responsabilités dans les états-majors politiques.
Il existe également une fraction de la jeunesse kanak qui est marginalisée et déchirée entre modernité et vie traditionnelle. En échec scolaire, délaissés par leurs parents et la société, ils sont à l’origine d’une hausse constante de la délinquance. Les mineurs commettent 25 % des délits en Nouvelle-Calédonie, un niveau supérieur à la Métropole. A la prison du Camp Est, à Nouméa, plus de 90 % des détenus sont des jeunes kanak.
Vous parlez à juste titre des jeunes qui se sont fait « confisquer la parole », mais ne pensez-vous pas que les femmes sont également les grandes oubliées ?
Il est vrai que les femmes kanak sont insuffisamment présentes dans le débat politique. Au sein de la société traditionnelle, les fonctions sociales sont réservées aux hommes. Au Sénat coutumier, où siègent les représentants des chefferies des huit aires coutumières kanak, il n’y a aucune femme.
Une femme kanak ne peut pas être propriétaire foncière, elle n’hérite pas de son mari et en cas de séparation d’un couple, les enfants appartiennent au clan du mari. Dans le statut civil coutumier, pour « divorcer » une femme doit d’abord obtenir l’accord des clans, dont la hiérarchie est masculine.
Pourtant, les femmes kanak sont un des moteurs de la décolonisation : elles réussissent mieux à l’école que les garçons, sont très présentes dans les associations et investies dans le développement local.
Les violences conjugales demeurent néanmoins un fléau en Nouvelle-Calédonie (une femme sur quatre), même s’il serait caricatural de dire que le phénomène ne concerne que les populations kanak.
Est-ce que ce vote n’est pas antidémocratique dans le sens ou des habitants calédoniens ne peuvent pas participer alors qu’ils peuvent résider sur l’île depuis plus de dix ans ?
Le corps électoral est le nœud gordien du dossier calédonien. La Nouvelle-Calédonie a été avec l’Algérie la seule colonie de peuplement de l’empire colonial français et dans les années 1970, l’ambition de la France a été de noyer la revendication d’indépendance en rendant les Kanak minoritaires dans leur pays, par le biais d’une importante immigration de métropole, mais aussi de Wallis et Futuna ou de Tahiti.
La base de l’accord de Nouméa a été de définir une « population concernée », c’est-à-dire des personnes ayant suffisamment d’intérêts matériels et moraux en Nouvelle-Calédonie pour pouvoir légitimement se prononcer sur son avenir. Pour être autorisé à participer au référendum de dimanche, il faut notamment pouvoir justifier d’une résidence continue dans l’archipel depuis au moins le 31 décembre 1994.
Pensez-vous que les métropolitains comprennent réellement les différents enjeux lors de ce référendum ? 
Non, je ne le crois pas. Ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie est un processus inédit de décolonisation. La France a décidé lors de l’accord de Nouméa d’accompagner la Nouvelle-Calédonie sur la voie de la pleine souveraineté. Cela s’est traduit par un transfert progressif de nombreuses compétences (enseignement secondaire, commerce extérieur, sécurité civile, droit civil…) assorti d’une compensation financière. Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie est compétente dans tous les domaines, à l’exception du régalien (défense, justice, ordre public, monnaie, affaires extérieures).
L’audiovisuel, le contrôle de légalité et l’enseignement supérieur sont des compétences qui auraient pu être transférées de l’Etat au gouvernement local avant 2018, mais faute de consensus politique entre la droite non indépendantiste et les indépendantistes kanak, elles sont toujours en débat. Il ne faut pas considérer l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie comme une rupture avec la France, à l’instar de ce qui a pu se passer en Algérie ou au Vanuatu. Le projet du FLNKS est une indépendance en partenariat avec la France, qui pourrait prendre la forme d’un Etat associé.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.
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Nouvelle-Calédonie : une souveraineté en gestation

Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 17h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le référendum du 4 novembre sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie s’inscrit dans un processus inédit, enclenché il y a trente ans et prolongé. Les relations entre la France et ses anciens territoires d’outre-mer, d’Afrique, d’Asie et des antipodes, ont été trop souvent marquées par des ruptures dramatiques ou des divorces soupçonneux pour ne pas saluer la démarche qui a conduit à cette consultation.

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L’honneur en revient à quatre hommes. Jean-Marie Tjibaou, le leader historique de l’émancipation kanak, qui sut tendre la main au moment où, après le drame de la grotte d’Ouvéa, en mai 1988, l’archipel menaçait de plonger dans la guerre civile. Jacques Lafleur, le leader de la communauté « européenne » de Nouvelle-Calédonie, qui sut saisir cette main tendue. Le premier ministre, Michel Rocard, qui sut construire cette réconciliation en associant tous les Calédoniens aux accords de Matignon en 1988 et en scellant le dispositif par un référendum national. Enfin, un autre premier ministre socialiste, Lionel Jospin, qui sut, par les accords de Nouméa de 1998, consolider cet apaisement, reconnaître la singularité calédonienne et fixer le cap de l’actuel référendum.

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Emmanuel Macron et Edouard Philippe tiennent, aujourd’hui, les engagements de leurs prédécesseurs. L’un et l’autre ont œuvré et se sont rendus dans l’archipel, ces derniers mois, pour garantir le dialogue et conforter la confiance entre indépendantistes et partisans du maintien dans le giron français.
Tout indique que ces derniers seront majoritaires au soir du 4 novembre. Pour autant, ce vote ne marquera pas la fin de l’histoire. Point d’aboutissement du dialogue démocratique engagé en 1988, ce scrutin doit être le point de départ d’une nouvelle étape. Déjà, en trois décennies, la collectivité calédonienne s’est vu doter d’un statut sans équivalent dans la République : institutions propres, larges compétences transférées de manière irréversible, « lois de pays » ayant valeur législative, enfin reconnaissance d’une citoyenneté calédonienne. Sans compter l’amorce d’un rééquilibrage du pouvoir économique (en particulier la maîtrise de la production de nickel, principale richesse locale) entre les communautés kanak et non kanak.
Mais, quel que soit le résultat du scrutin du 4 novembre, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel et il faudra aller plus loin.

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Soit que, conformément aux accords de Nouméa, de nouveaux référendums d’autodétermination soient organisés dans deux ans et, en cas d’échec, dans quatre ans. Pour autant, même si ces consultations étaient maintenues et débouchaient sur le choix de l’indépendance, chacun admet que cette émancipation ne pourrait se dispenser de maintenir, d’une manière ou d’une autre, une forme d’association étroite avec la France.
Soit que, d’un commun accord, les Calédoniens y renoncent pour se consacrer à l’approfondissement de la « souveraineté partagée » qu’ils ont commencé à inventer. Dans cette hypothèse, il sera vital que les Calédoniens non kanak ne cèdent pas à la tentation d’abuser de leur probable victoire.
La poursuite d’un dialogue confiant entre communautés autant qu’une répartition plus équitable des richesses (encore trop concentrées entre les mains de quelques conglomérats familiaux, au détriment des kanak) sont les deux conditions indispensables au « vivre-ensemble » calédonien. et, quelle qu’en soit la forme institutionnelle, à la construction d’une nation.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Notre correspondante à Nouméa, Claudine Wéry, a répondu aux questions sur le référendum de dimanche sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’ex-chef de l’Etat était l’invité du Festival international du film Politikos. Il a débattu jeudi avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré.
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A Rennes, François Hollande met en garde contre le désenchantement démocratique

L’ex-chef de l’Etat était l’invité du Festival international du film Politikos. Il a débattu jeudi avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h09
    |

            Enora Ollivier (Rennes, envoyée spéciale)








                        


Ils ont tous les deux été au cœur du pouvoir. C’est de la « métamorphose » de celui-ci, sous la Ve République, que l’ancien chef de l’Etat François Hollande et l’ancien président de l’Assemblée nationale entre 2002 et 2007, Jean-Louis Debré, ont débattu jeudi 1er novembre, dans le cadre du Festival international du film politique Politikos, qui tient sa première édition à Rennes du 1er au 4 novembre. L’occasion pour les deux « ex » d’analyser le panorama politique actuel, soixante ans après la naissance de la Ve République.

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De son côté, François Hollande s’est dit inquiet pour les démocraties qui sont dans un « moment très grave » à travers le monde. Après avoir cité l’élection de Jair Bolsonaro, au Brésil, ou de Donald Trump, aux Etats-Unis, l’ancien président socialiste a estimé que « la France n’est pas à l’abri de ce phénomène où des personnages qui veulent être dans le dégagisme, dans un rapport direct au peuple, peuvent arriver aux responsabilités suprêmes ». « Il faut avoir conscience que nos institutions ne nous immunisent pas contre ce type de personnages », a-t-il ajouté sans citer aucun nom.
Plus tard, en concluant sur la question de l’incarnation du pouvoir, il a plus directement visé Jean-Luc Mélenchon. « Personne ne doit dire qu’il est le peuple lui tout seul, qu’il est la République lui tout seul. Il y a des gens qui ont un peu perdu (leurs) esprits sur ce que représente la notion d’élu du peuple », a-t-il souligné, dans une référence claire aux propos tenus par le chef de file de La France insoumise lors de la perquisition de ses locaux mi-octobre – « la République, c’est moi ».
Inventaire du quinquennat 2012-2017
Dans ce paysage, Jean-Louis Debré a regretté que « ni la gauche ni la droite républicaine n’incarnent aujourd’hui une espérance », alors que « pour empêcher l’arrivée d’un homme providentiel, il faut que les partis politiques aient quelque chose à dire ». Tandis qu’Emmanuel Macron dévisse sérieusement dans les sondages, « l’impopularité crée de l’inquiétude », a acquiescé François Hollande, car aucun parti républicain n’est aujourd’hui en mesure de capter l’électorat.
« L’heure tourne (…), il y a des nouveaux défis » : le climat et l’immigration, mais aussi le « besoin » des citoyens d’une « humanisation » des rapports avec les politiques. « Toutes ces questions, ce sont les partis qui doivent les traiter et les présenter de manière à être tourné vers l’avenir et pas simplement savoir si le bilan du prédécesseur a été bon ou mauvais », a-t-il souligné.
Une remarque faite alors que le Parti socialiste s’apprête à ouvrir l’épineux dossier de l’inventaire du quinquennat 2012-2017. Pour l’ancien chef de l’Etat, l’affaire est entendue : ce sont les « frondeurs » qui l’ont mené à la chute. « Une fois que le débat a eu lieu, dans un groupe politique, le vote doit être unanime. Comment convaincre son électorat si au sein de votre propre parti des voix s’élèvent pour dire qu’elles ne sont pas d’accord sur le sens même de la politique [menée] ? » 
« Ce qui m’a profondément bouleversé, c’est que la conséquence, c’est l’échec : un petit groupe peut faire perdre l’ensemble ; et à ce moment-là, on veut des majorités totalement disciplinées, caporalisées, godillot », a continué François Hollande, n’oubliant pas de commenter l’exercice du pouvoir de son successeur.
Quand devient-on un ancien président l’a interrogé Jean-Louis Debré. Dans un sourire, François Hollande a raconté que pendant plusieurs jours après son départ de l’Elysée, lorsqu’il entendait la radio annoncer une disposition présidentielle, il se disait « mais on ne m’a pas soumis cette décision ! » Une période révolue. « Je veux rassurer mon successeur, j’ai bien compris et je suis tout à fait lucide », a-t-il assuré.

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          François Hollande, les derniers jours de son mandat de président






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.
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René Dosière : « Le rôle de l’Etat devra être essentiel après le référendum en Nouvelle-Calédonie »

L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h17
    |

René Dosière (ancien député)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis trente ans, la France s’est engagée, en Nouvelle-Calédonie, dans une politique de décolonisation apaisée et innovante, à l’opposé de ses anciennes pratiques coloniales. Elle a souhaité, et obtenu, que tous les Calédoniens, quelle que soit leur communauté d’origine, deviennent coresponsables de leur avenir renommé « destin commun ». A cette fin, ont été transférées à la Nouvelle-Calédonie toutes les compétences concernant les politiques économique, financière, sociale, culturelle, éducative, etc. Dans tous ces domaines, le Congrès du territoire dispose du pouvoir législatif, une innovation sans précédent dans notre histoire républicaine.
De son côté, le gouvernement du pays associe indépendantistes et « loyalistes » (comme se nomment, localement, les anti-indépendantistes) dans le cadre d’une culture océanienne privilégiant collégialité et consensus (la seule référence connue, mais temporaire, fut celle du gouvernement de transition en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid). Devenue « souveraine », la Calédonie veut-elle accéder à la « pleine souveraineté », en exerçant les compétences régaliennes (sécurité, armée, justice, relations extérieures) dont la maîtrise est restée à la France ? Tel est l’enjeu de la consultation référendaire du dimanche 4 novembre.

Une cathédrale de fer
Le bilan de ces trente ans est éloquent. Hier ignorée, voire méprisée, la culture identitaire des Kanak, peuple premier représentant 40 % de la population, à côté d’un tiers d’Européens, est désormais reconnue. Leur plus belle réussite se situe dans l’industrie du nickel, ce minerai dont la Calédonie dispose d’un tiers des ressources mondiales. Avec la Société minière du Sud pacifique(SMSP) qu’ils contrôlent, les Kanak ont édifié, en partenariat avec une multinationale canadienne, une nouvelle usine métallurgique (une magnifique cathédrale de fer !) en province Nord – province dirigée par Paul Néaoutyine, ancien collaborateur...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 01/11/2018
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Martin Fourcade : « Nos fédérations font déjà les fonds de tiroir pour fonctionner »

Le biathlète dénonce l’incohérence entre la candidature à l’organisation des JO et la volonté de réduction des moyens alloués aux fédérations.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h44
    |

            Clément Guillou








                        



   


Alors que le sport français traverse une période de turbulences, Martin Fourcade, le Français le plus titré de l’histoire aux Jeux olympiques (JO), met en garde contre la tentation gouvernementale de réduire les moyens alloués aux fédérations, notamment en se débarrassant de la prise en charge des conseillers techniques sportifs (CTS) – selon le projet de loi de finances pour 2019, le ministère des sports fonctionnera avec un budget en baisse de 30 millions d’euros et devra supprimer, d’ici à 2022, l’équivalent de 1 600 emplois temps plein. Président de la commission des athlètes des JO 2024, le biathlète stigmatise le manque de cohérence entre la candidature à l’organisation des Jeux et la dynamique actuelle.
Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?
Je me suis longtemps posé la question de donner mon avis de manière argumentée et, une fois que Kevin Mayer ou Teddy Riner s’étaient exprimés sur le sujet, je n’ai pas eu envie d’en rajouter. Je ne voulais pas jeter de l’huile sur le feu, par respect pour les gens qui se démènent pour trouver des solutions, d’autant plus que nous venions d’avoir un changement de ministre. Mais les signaux ne vont pas dans la bonne direction.
C’est-à-dire ?
On s’est battus comme des chiens pour avoir l’organisation des Jeux olympiques 2024 après de nombreux échecs. Le comité de candidature a mis énormément d’énergie et tout le monde s’est soudé autour de ce dossier, qu’il s’agisse de l’Etat, des collectivités territoriales ou du mouvement sportif, tout le monde a parlé d’une seule voix. Or, aujourd’hui, les signaux qui nous sont envoyés montrent l’absence de continuité.

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Pourquoi avoir dépensé autant d’énergie pour faire cela aujourd’hui ? En tant que sportif, quand j’ai gagné une médaille, je pense à celle d’après, je ne m’arrête pas de travailler. Ce n’est qu’une étape de les avoir obtenus. Il y a peut-être eu une décompression. Il faut retrouver l’unité qui avait prévalu durant la campagne.
En quoi la situation actuelle vous inquiète-t-elle ?
Je n’ai pas peur pour moi mais pour l’athlète que j’étais il y a dix ans et qui avait besoin des moyens de sa fédération et des conseillers techniques sportifs (CTS). Les CTS, je sais ce que ça représente. Stéphane Bouthiaux [son entraîneur historique, qui a cessé de travailler avec lui à la fin de la saison dernière] en est un. Il y a huit cadres techniques affectés au biathlon, six ont été mes entraîneurs.
Ne pourraient-ils pas être payés par la fédération et non plus par l’Etat ?
Nos fédérations font déjà les fonds de tiroir pour fonctionner. Les athlètes de la Fédération française de ski (FFS) payent une partie du budget de fonctionnement de la fédération. Réduire les moyens de la fédération, cela signifie augmenter la part payée par ses athlètes. Or, pour certains, ce n’est plus possible. La ministre dit : « On a les moyens pour faire. »
En réalité, on ne peut pas faire avec moins, en tout cas dans ma fédération. On fait déjà avec pas grand-chose. C’est la débrouille permanente. En groupe France [le plus haut niveau dans les fédérations], on a parfois des budgets de 40 euros par jour et par athlète pour faire fonctionner un stage : à ce prix-là, il faut parfois se faire à manger soi-même, dormir en chalet pour faire des économies. Pas grand monde à l’étranger ne fonctionne dans ces conditions-là.
Avez-vous le sentiment que les opinions des sportifs sont suffisamment défendues par le Comité national olympique (CNOSF) ?
Je pense que le CNOSF est à l’écoute de nos messages. Mais que ce soit les pouvoirs publics, les amoureux de sport, pas grand monde n’imagine les moyens avec lesquels on travaille aujourd’hui. Il y a un décalage entre l’image que renvoie le sport de haut niveau et la réalité de nombreuses fédérations. C’est un message qu’on doit faire passer : on est loin de vivre dans l’opulence.
Est-il difficile de se faire entendre des instances politiques lorsque l’on est athlète ?
A la commission des athlètes de Paris 2024, je ne le ressens pas. Nous travaillons avec des personnes issues du mouvement sportif, Tony Estanguet, Jean-Philippe Gatien. Sur des candidatures plus politiques, les athlètes peuvent servir de caution. Par exemple, je n’aurais pas forcément accepté ce rôle pour Paris 2012. Mais la présence de Tony, le fait que ce soit lui qui prenne les décisions, rend les choses tellement plus fluides et logiques. Ses décisions sont motivées par son passé d’athlète.

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Quand la voix des athlètes est consultative, c’en est une parmi d’autres et elle n’est pas privilégiée. Là, quand je fais remonter une information, je sais qu’elle est prise en compte par quelqu’un qui comprend nos problématiques. Je n’ai pas en face de moi quelqu’un qui écoute d’une oreille et prend mon avis comme une donnée parmi d’autres, comme c’est le cas à la Fédération internationale de biathlon (IBU), où je suis l’un des quatre représentants des athlètes, ou comme cela semble être le cas à l’Agence mondiale antidopage (AMA).



                            


                        

                        

