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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Il aura fallu une forte mobilisation médiatique pour que les pouvoirs publics prennent la mesure du phénomène sans mettre toutefois un terme à la cacophonie et aux cafouillages.
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L’affaire des bébés sans bras : assez de confusion !

Editorial. Il aura fallu une forte mobilisation médiatique pour que les pouvoirs publics prennent la mesure du phénomène sans mettre toutefois un terme à la cacophonie et aux cafouillages.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 11h00
   





                        


Editorial du « Monde ». Des bébés qui naissent sans bras, ou sans main, en l’espace de quelques années, dans la même zone, parfois dans le même village. Et sans que nul ne comprenne pourquoi. Depuis fin septembre, l’actualité est scandée par les histoires dramatiques de familles qui cherchent des explications à la malformation de leur enfant. Dans l’Ain, dans un rayon de 17 km autour du village de Druillat, huit cas recensés entre 2009 et 2014 ; dans le Morbihan, quatre cas à Guidel entre 2011 et 2013 ; en Loire-Atlantique, trois cas à Mouzeil en 2007 et 2008.
L’affaire est en réalité ancienne. Mais il aura fallu la forte mobilisation médiatique de ces derniers jours et l’émotion qu’elle a suscitée dans l’opinion pour que les autorités sanitaires la prennent au sérieux. De fait, toute l’histoire avait été révélée par Le Monde dès septembre 2016, sans soulever à l’époque d’indignation particulière : le registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes (Remera) signalait à l’agence Santé publique France (SPF) une situation selon lui anormale dans l’Ain et pointait l’existence d’autres agrégats suspects de cas d’agénésies transverses des membres supérieurs (ATMS). Le Remera estimait nécessaire la conduite d’enquêtes poussées, afin de chercher la ou les causes de ces malformations – contamination industrielle ou alimentaire, produits phytosanitaires, infections… les hypothèses ne manquent pas.

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                « Bébés sans bras » : 18 cas recensés au total dans l’Ain



Tel n’était pas l’avis de SPF : après trois rapides enquêtes infructueuses, l’agence mettait un terme à ses investigations. En 2016, après des débats acrimonieux avec Emmanuelle Amar, la directrice du Remera, SPF considérait l’affaire comme classée. Mais fin septembre 2018, Le Monde signale que le Remera – le registre à l’origine de l’alerte – n’est plus financé par les pouvoirs publics et que son activité de surveillance est promise à une extinction rapide.
Gestion erratique
L’histoire s’emballe alors brusquement, et c’est peu de dire que la gestion de cette crise par les autorités sanitaires aura été erratique. Sous la pression médiatique, SPF se résout à publier, le 4 octobre, ses trois rapports enterrés depuis 2016. Mais l’agence n’en démord pas et annonce qu’elle ne conduira pas d’enquête plus poussée, celle-ci n’ayant que peu de chances d’aboutir. Virage à 180 degrés quelques jours plus tard : l’agence est désavouée par le gouvernement, qui, devant l’émotion publique, lui demande de nouvelles investigations.

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                Enfants sans bras : le gouvernement ouvre une nouvelle enquête



Le directeur général de l’agence estime, désormais, qu’« il faut absolument qu’on essaie de comprendre pourquoi certains enfants naissent sans main ou sans bras ». Ainsi, après deux ans de silence et d’inaction, SPF annonce le 30 octobre la découverte, par simple consultation du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), de dix cas « suspects » supplémentaires dans l’Ain ! Mais ces cas supplémentaires en sont-ils vraiment ? L’agence confesse n’avoir pour l’heure aucune information sur la nature précise des malformations, ni même sur leur localisation exacte, laissant involontairement infuser l’idée que l’affaire est en réalité bien plus grave qu’il n’y paraissait.
Cette cacophonie a presque fait oublier que les salariés du Remera ont reçu leur lettre de licenciement courant octobre, avant que ces procédures soient suspendues le 30 octobre. Il serait temps de mettre un terme à ces cafouillages et de chercher sérieusement à établir la vérité. Les pouvoirs publics doivent cette transparence aux familles concernées.

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                Comprendre l’affaire des « bébés nés sans bras » dans l’Ain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Tout laisse à penser que plus aucun TER n’empruntera le tronçon entre Angoulême et Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne). « Un cas d’école », souligne, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde ».
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« La lente et inexorable agonie d’une ligne ferroviaire de Charente »

Tout laisse à penser que plus aucun TER n’empruntera le tronçon entre Angoulême et Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne). « Un cas d’école », souligne, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 10h56
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Ubu travaille à la SNCF, il est chef de gare à Ruelle-sur-Touvre (Charente), près d’Angoulême. Cette petite ville de 7 500 habitants a connu une heure de gloire inattendue dans les médias, il y a dix jours, après la publication d’un article de La Charente libre, largement repris, faisant état de travaux de rénovation sur la façade de sa gare. Sa gare oui où, paradoxe absolu, plus aucun train ne circule depuis mars et la fermeture de la ligne Angoulême-Limoges.
Symptomatique des décalages décisionnels dont peut être capable la SNCF, cette histoire de « gare fantôme réhabilitée » a beaucoup fait rire sur les réseaux sociaux. Et accablé un peu plus les Charentais pour qui la fermeture en question – annoncée initialement comme « temporaire » par l’entreprise ferroviaire avant que celle-ci ne la prolonge sine die – est d’ores et déjà entérinée.
Tout laisse à penser en effet que plus aucun TER n’empruntera le tronçon entre Angoulême et Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne), une ville située à mi-distance, où le service a été suspendu pour être remplacé par des cars. Une lente mais inexorable agonie s’est dessinée au fil des années sur cette ligne aux airs de cas d’école. En cause : la dégradation des voies.
Détérioration du service
Pour des « raisons de sécurité », les trains ont d’abord diminué leur vitesse de pointe de 120 km/h à 100 km/h, avant de rouler à 80 km/h un peu plus tard, puis à 60 km/h et même à 40 km/h – la vitesse d’un scooter. Des « problèmes de géométrie » ont finalement conduit à un arrêt du service. C’était le 14 mars. Une réouverture avait été envisagée pour la fin avril. Vœu pieux. Le chiendent n’en finit pas de proliférer, depuis, au milieu du ballast.
La faute à qui ? A l’Etat d’abord, qui a confirmé, en 2017, son désengagement financier dans la rénovation de la moitié des petites lignes comme celle-ci, dites « UIC 7-9 ». Mais à la SNCF également,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le romancier et journaliste Marc Weitzmann livre une enquête sociologique, politique et intellectuelle sur la France d’après les vagues d’attentats en prenant le parti du doute, d’une lucidité impuissante.
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« Un temps pour haïr » : Sociologie de la terreur et de la haine en France

Le romancier et journaliste Marc Weitzmann livre une enquête sociologique, politique et intellectuelle sur la France d’après les vagues d’attentats en prenant le parti du doute, d’une lucidité impuissante.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 14h17
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Le livre. Nous ne savons pas ce qui s’est passé. De la vague d’attentats qui a frappé la France, on peut mesurer l’ampleur, la barbarie, l’impact psychologique, social et politique. Mais qui prétendra pouvoir mettre précisément au jour sa nature et ses causes ?
Face à cette ignorance, ou à cette incertitude, face, surtout, à l’angoisse qu’elle provoque, il est certes tentant de chercher à lui donner un sens, de ramener le chaos à l’ordre consolant de la vérité abstraite. Si l’on veut résumer en un mot la démarche de Marc Weitzmann dans Un temps pour haïr, vaste et passionnante enquête sociologique, politique, intellectuelle, intime, il suffit de dire que le romancier et journaliste y prend le parti résolument inverse. Le parti du questionnement, du doute, d’une lucidité en quelque sorte impuissante. Il s’agit de montrer ce qui est, sans se mentir sur sa capacité de le comprendre.
Mais il y a tant de choses à raconter, qui ont été si peu ou si mal dites ; il y a tant à voir, dans tant de recoins mal éclairés, que ce tâtonnement même s’impose comme la seule tâche qui ne soit pas mensongère, et la plus urgente. « Le temps des réponses et de l’arrogance intellectuelle est passé », note Weitzmann au début de ce qu’il nomme un « récit subjectif ». Il ajoute : « L’auteur (…) n’est qu’un des personnages d’un mouvement qui nous emporte tous. »
Saisir l’ensemble des phénomènes
Aussi ce livre porte-t-il – dans sa structure parfois hésitante ou dans certains relâchements de son style rapide, nerveux, comme débordé par sa propre énergie – la trace perturbatrice des événements, qui l’ont fait dévier. Marc Weitzmann, en mai 2014, propose au magazine américain en ligne Tablet une série de reportages. Deux ans après l’assassinat d’enfants juifs à l’école Ozar Hatorah de Toulouse par Mohamed Merah, les actes antisémites se sont multipliés. L’écrivain veut saisir l’ensemble de ces phénomènes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Contre la toute-puissance de l’autofiction et des « romans en costumes », un collectif de jeunes auteurs réaffirme dans une tribune au « Monde » le roman comme art contemporain, à la veille d’une semaine où seront décernés plusieurs prix littéraires.
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« Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux »

Contre la toute-puissance de l’autofiction et des « romans en costumes », un collectif de jeunes auteurs réaffirme dans une tribune au « Monde » le roman comme art contemporain, à la veille d’une semaine où seront décernés plusieurs prix littéraires.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h00
    |

Aurélien Delsaux (écrivain), Sophie Divry (écrivain) et Denis Michelis (écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis plusieurs années, et de manière croissante, deux phénomènes inquiétants s’abattent sur les romanciers français : d’un côté les romans reality-show, forme dégradée d’une autofiction réduite à des témoignages narcissiques qui comblent le voyeurisme des lecteurs et le portefeuille des éditeurs. De l’autre, des romans en costumes qui répondent de manière simpliste et passéiste à notre besoin de fiction en se bornant à une Histoire déjà comprise, sans regarder celle qui est, celle qui vient – assurément effrayante, insaisissable mais non indicible. Ces deux formes de romans archi-rebattues empêchent les nouveaux écrivains à la fois de se lancer dans l’invention de nouvelles formes d’écriture et d’exprimer la sensibilité contemporaine.

Chaque automne, c’est la même histoire : acclamés par la critique, vendus comme « romans », à la fois par abus de langage et pour éviter tout ennui judiciaire, se répandent chez les libraires de petits récits qui en réalité ne sont que d’égotiques reality-shows. L’autofiction est née il y a quarante ans. Elle a eu des plumes extraordinaires comme celle d’Annie Ernaux. Mais n’est pas Annie Ernaux qui veut. Aujourd’hui, l’écriture de soi se résume à une sorte de maniérisme qui ne produit le plus souvent que des témoignages pathétiques, emballés dans un style digeste, ne trouvant de justification que dans l’étalage de ses petits malheurs. Triomphe alors ce que Sarraute appelait le « petit fait vrai », c’est-à-dire une littérature où le vécu s’impose de manière dictatoriale au lecteur avec son lot de voyeurisme larmoyant.
Ne nous y trompons pas : il s’agit bien d’une mode, voire de commandes d’éditeurs, pour des livres où la figure de l’auteur prend plus d’importance que le texte, et où un plan média rondement mené vaut adoubement littéraire. Nous n’avons plus envie de voir ces romans reality-show, quand bien même ils sont « bien écrits », prendre tant de place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’artistes et la Fondation France Libertés appellent la communauté internationale à venir en aide aux Krenak, un peuple amazonien victime depuis trois ans d’une pollution massive à cause de « choix irresponsables de la multinationale Samarco ».
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Brésil : « Défendre le peuple Krenak, c’est nous défendre nous-mêmes »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’artistes et la Fondation France Libertés appellent la communauté internationale à venir en aide aux Krenak, un peuple amazonien victime depuis trois ans d’une pollution massive à cause de « choix irresponsables de la multinationale Samarco ».



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 07h00
    |

Anne Suarez (actrice), Olivier Rabourdin (acteur) et Gilbert Mitterrand (président de la fondation France Libertés)







                        



                                


                            
Tribune. France Libertés et le peuple autochtone Krenak du Brésil lancent une campagne internationale, « Justice for Krenak », pour dénoncer la violation des droits de ce peuple et la destruction de son mode de vie par la multinationale Samarco, en 2015. Si nous avons accepté de parrainer cette campagne, c’est que nos deux séjours en Amazonie pour le tournage de la série Guyane nous ont appris beaucoup sur les conséquences des activités minières, légales ou illégales.

Contrairement à ce qu’affirment certaines entreprises, il n’existe pas de procédé d’extraction qui préserve l’écosystème et maintienne des conditions d’existence acceptables pour les populations voisines. Tous les habitants des régions dont le sous-sol est exploité voient leur mode de vie impacté. Le lien particulièrement étroit que les peuples autochtones entretiennent avec leur territoire en fait des populations particulièrement vulnérables.
Il en va ainsi des Krenak. Leur vie était organisée autour du Rio Doce depuis des siècles. Ils pêchaient dans le fleuve, en buvaient l’eau, l’utilisaient pour l’agriculture, et y accomplissaient les rites qui fondent leur identité. Tout cela est à mettre au passé : le 5 novembre 2015, le barrage de déchets miniers de Mariana, propriété de l’entreprise Samarco, s’est rompu, et des quantités gigantesques de produits toxiques ont dévasté la vallée du fleuve. La pollution massive de leurs terres a anéanti la vie quotidienne des Krenak en les privant de leurs moyens de subsistance traditionnels. Du jour au lendemain, leur habitat est devenu un cimetière. Ils sont aujourd’hui dépendants d’aides extérieures, notamment pour l’approvisionnement en eau. La destruction de leur fleuve sacré est aussi une blessure spirituelle profonde pour ce peuple, dont la culture est intimement liée aux eaux du Rio Doce.
Aucun responsable condamné pour l’heure
Cette pollution majeure, la plus grave qu’ait connue le Brésil, n’est pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Une étude estime l’impact sur l’acceptation des brevets des relations entre les examinateurs et les firmes qui sont susceptibles de les embaucher ensuite, détaille Paul Seabright dans sa chronique au « Monde ».
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Paul Seabright : Comment les cabinets d’avocats « capturent » l’octroi de brevets

Une étude estime l’impact sur l’acceptation des brevets des relations entre les examinateurs et les firmes qui sont susceptibles de les embaucher ensuite, détaille Paul Seabright dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 07h00
    |

                            Paul Seabright (économiste, professeur à l’Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les agences de régulation exercent un pouvoir économique important : leurs décisions créent des bénéfices et des coûts pour un grand nombre d’entreprises et de consommateurs. Depuis longtemps, les chercheurs s’interrogent sur les risques d’un détournement de la régulation (« regulatory capture » en anglais) lorsque des firmes embauchent des employés des agences qui avaient pris des décisions les concernant. Ces employés auraient-ils tendance à favoriser les firmes susceptibles de les embaucher plus tard ?
Il a toujours été difficile de savoir si ces risques étaient réels. Un document de recherche du National Bureau of Economic Research américain permet de les estimer (« From Revolving Doors to Regulatory Capture ? Evidence from Patent Examiners », Haris Tabakovic et Thomas G. Wollmann, NBER Working Paper n° 24638, mai 2018).
Les auteurs ont examiné plus d’un million de décisions prises entre 2001 et 2015 par plus de 8 000 examinateurs de brevets à l’Office américain des brevets et des marques (US Patent and Trademark Office - USPTO). En moyenne, 63 % des demandes de brevets sont acceptées. Ils ont aussi observé les embauches de ces examinateurs par les demandeurs de brevets (principalement des cabinets d’avocats) après une période de travail à l’USPTO.
Les auteurs commencent par constater que les demandes de brevets sont plus souvent acceptées (avec un écart de 9 à 12 points) par des examinateurs qui ont été plus tard embauchés par les firmes demandeuses.
Mais l’allocation des demandes aux employés de l’USPTO étant aléatoire, il ne peut a priori s’agir de l’effet d’un choix de l’examinateur par le demandeur. En revanche, ce différentiel pourrait être le résultat d’un choix des demandeurs d’embaucher des examinateurs qui leur avaient rendu auparavant, en tout bien tout honneur, le service de prendre des décisions positives à leur égard.
Les citations, un indice de qualité
Pour...




                        

                        


<article-nb="2018/11/03/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les municipales du 14 octobre avaient valeur de test. Résultat : la partie francophone du pays glisse nettement à gauche tandis que la Flandre s’ancre un peu plus encore à droite. Si les électeurs belges reproduisaient ce résultat lors du scrutin législatif de mai 2019, c’est un remake de l’émission culte de la RTBF sur la séparation du pays qui pourrait s’imposer.
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« Bye Bye, Belgium » : quand la réalité rejoint la fiction

Les municipales du 14 octobre avaient valeur de test. Résultat : la partie francophone du pays glisse nettement à gauche tandis que la Flandre s’ancre un peu plus encore à droite. Si les électeurs belges reproduisaient ce résultat lors du scrutin législatif de mai 2019, c’est un remake de l’émission culte de la RTBF sur la séparation du pays qui pourrait s’imposer.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h30
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Même ses adversaires les plus résolus sont contraints de l’admettre : Bart De Wever, campé en austère et intransigeant gardien des valeurs de la droite conservatrice flamande, a parfois raison. Le maire d’Anvers et dirigeant de l’Alliance néoflamande (NVA) base toujours une partie de son programme sur l’idée que la Belgique sera, à terme, définitivement ingouvernable parce que « deux démocraties », une flamande et une francophone, aux profils par trop divergents, ne peuvent durablement cohabiter sous le même toit. Celui d’un Etat qui n’a de fédéral que le nom, parce qu’il ne fédère rien et ne peut que limiter l’action de forces centrifuges. Lesquelles pourraient provoquer, un jour, la rupture entre néerlandophones et francophones.
Deux démocraties ? S’ils voulaient donner raison au chef du principal parti de Flandre – et de Belgique –, les électeurs ne s’y seraient pas pris autrement, le 14 octobre, lors des élections communales (municipales). Ce scrutin, le premier depuis quatre ans, avait, du coup, valeur du test. Pour la coalition fédérale, alliance inédite d’un seul parti francophone, le Mouvement réformateur de Charles Michel, et de trois formations flamandes, dont la NVA, qui en est à sa première participation. Test, aussi, pour le gouvernement régional wallon, où libéraux et centristes humanistes ont renvoyé dans l’opposition le puissant PS. Test, enfin, pour la Flandre, où il s’agissait de voir si la NVA allait souffrir, ou non, du passage de son statut de force protestataire à celui de parti de pouvoir.
On scrutait aussi la performance de l’extrême droite xénophobe du Vlaams Belang, littéralement aspirée par les nationalistes lors des scrutins précédents : allait-elle retrouver quelques couleurs à la faveur des débats sur la migration et de la poussée populiste ailleurs en Europe ?
Performance inédite des Verts
Les réponses à ces diverses questions se résument à un constat : la partie francophone du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Une étude publiée fin octobre par l’organisation Grandes Ecoles au féminin (GEF) montre que l’absence de mixité dans les postes de pouvoir uniformise la manière de l’exercer, analyse Annie Kahn, dans sa chronique au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/11/2018
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Il est temps que les dirigeants changent de genre

Une étude publiée fin octobre par l’organisation Grandes Ecoles au féminin (GEF) montre que l’absence de mixité dans les postes de pouvoir uniformise la manière de l’exercer, analyse Annie Kahn, dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 07h05
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Chronique. Dans moins de deux semaines, du 14 au 16 novembre, des « femmes de pouvoir » du monde entier se retrouveront à Paris à l’occasion du Women’s Forum. Femmes de pouvoir parce que femmes, et dotées de pouvoir – ou espérant en être dotées un jour – dans les entreprises, en politique, dans le monde des arts et de la culture, entre autres. La définition de cette population ne prête en général pas à controverse. En revanche, rien de mieux pour animer une conversation qui s’étiolerait lors d’un dîner en ville que d’aborder la question de savoir si le pouvoir est genré. Si les femmes dirigent différemment des hommes. Nul ne doute que les convives rivaliseront d’anecdotes relatives à leur propre expérience, de récits de patronnes machistes, qui accréditeront l’idée que oui, décidément, les femmes exercent le pouvoir exactement comme leurs collègues masculins, quand elles n’en rajoutent pas.
D’autres, au contraire, feront état d’expériences répétées de chefs au féminin particulièrement ouvertes, à l’écoute, qui incitent donc à penser qu’il existe bien un mode féminin d’exercice du pouvoir. Les tenants de cette deuxième hypothèse ne manqueront pas alors de s’écharper sur les causes de ces différences : seraient-elles de nature génétique, ou acquises en raison de modes d’éducation divergents, de valeurs transmises plus ou moins consciemment et qui conduisent à modifier les comportements selon le genre ?
Une étude publiée fin octobre par Grandes Ecoles au féminin (GEF) – un mouvement regroupant les associations d’anciennes et anciens élèves de dix grandes écoles françaises – éclaire le débat. Elle est basée sur deux enquêtes, l’une quantitative, réalisée par l’institut BVA auprès de 3 062 membres de ces associations, et l’autre qualitative, conduite par l’agence de philosophie Thaé.
Il apparaît que les femmes et les hommes ont la même conception de ce que devrait être le pouvoir. Ceux-ci décrivent pareillement la façon dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ « Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.
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Progrès social : « Trouver la formule respectant équité, liberté et durabilité environnementale »

« Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Extraits. « L’idée occidentale selon laquelle les institutions de nos sociétés libérales, démocratiques et capitalistes ont atteint leurs formes finales, et représentent le but de toute nation (la “fin de l’histoire”), doit être fermement rejetée. Les acquis sociaux et démocratiques peuvent être balayés en une élection et remplacés par des politiques autoritaires et destructrices sur les plans social et environnemental. L’histoire est toujours en marche, et nous devons repenser nos institutions si nous voulons rendre notre modèle durable. Des idées intéressantes et des innovations venant de chaque continent peuvent mener à de nouvelles formes de participation populaire, une plus grande harmonie avec la nature ou une meilleure manière de gérer les conflits. Partout dans le monde, une grande diversité d’avancées économiques, politiques ou sociales montre le pouvoir de l’imagination et le nombre impressionnant d’idées promettant de mener vers une société meilleure.
Le défi de notre époque est de trouver une ou plusieurs formules respectant à la fois l’équité (que personne, à l’échelle nationale comme internationale, ne soit laissé pour compte et que soit réalisée une société inclusive), la liberté (économique et politique, ce qui implique le respect de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des droits démocratiques au sens large) et la durabilité environnementale (préserver les écosystèmes non seulement pour les générations à venir, mais aussi pour eux-mêmes, pour respecter toutes les formes de vie).
(…)
La mondialisation et les innovations technologiques sont les deux causes principales des transformations socio-économiques actuelles. Si les vertus et les dangers de la mondialisation sont bien connus des experts (bien que pas toujours des décideurs, malheureusement), il existe bien plus d’incertitudes sur les effets qu’auront les innovations technologiques sur notre qualité de vie et sur les inégalités sociales. Il est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.
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Progrès social : « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement »

La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Le Panel international sur le progrès social (IPSP) a été lancé en juillet 2014 à Paris, pour apporter la contribution des chercheurs au débat public sur l’évolution des institutions et de la structure de nos sociétés. Il rassemble plus de 300 chercheurs en sciences sociales (économie, sociologie, science politique, histoire, philosophie, anthropologie, droit, communication, etc.) à travers le monde. Le Panel publie un rapport sur le mauvais état de la planète et propose des solutions pour y remédier. 
Tribune. Une anxiété croissante gagne le monde. Les préjugés, la peur et la haine hantent de nouveau nos sociétés. Vers quel futur allons-nous ? Comment pouvons-nous éviter de répéter les erreurs qui ont engendré les tragédies du XXe siècle ?
Le Panel international sur le progrès social vient de publier un rapport qui propose une évaluation des tendances à long terme de nos sociétés. Le moment historique dans lequel nous nous trouvons exige une telle synthèse. L’effondrement des idéologies totalitaires a ouvert l’esprit de nos concitoyens à la recherche d’alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement. Nous devons saisir cette opportunité, de manière urgente, avant qu’il ne soit trop tard.
La recherche en sciences sociales est en mesure d’aider, offrant, dans une approche pluridisciplinaire, une meilleure compréhension du potentiel et des limites d’institutions-clés comme le marché, l’Etat, l’entreprise, la démocratie ou la religion. Elle permet aussi de se saisir plus efficacement des grands défis sociétaux dans leur complexité.

La globalisation, la cyberconnectivité, la diversité et le multiculturalisme, les migrations, la biodiversité et le climat, les inégalités et la pauvreté, le défi technologique et éthique de l’intelligence artificielle… les nouveaux conflits clivent aujourd’hui les populations au moins autant que les anciens liés à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.
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Progrès social : « Nos vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle »

Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
    |

Henry S. Richardson (philosophe à la Georgetown University (Etats-Unis))







                        



                                


                            
Tribune. Comment évaluer le progrès social dans une société donnée ? Beaucoup d’économistes auront l’habitude d’en admettre seulement deux : le bien-être et la justice distributive. Comme on le sait, se concentrer uniquement sur la maximisation du bien-être total (ou moyen) est compatible avec la promotion de niveaux inacceptables d’inégalité économique. On pourrait penser qu’une fois que la justice a été ajoutée au bien-être, ces deux dimensions suffisent, tant la notion de bien-être est vaste.
Mais l’approche subjectiviste de l’idée de bien-être qui a dominé l’économie au milieu du siècle dernier cède la place à une compréhension plus concrète. Cette évolution est en grande partie imputable au développement pionnier par Amartya Sen de l’approche par les « capabilités », qui distingue plusieurs dimensions du bien-être. Le rapport de 2009 de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a ainsi suggéré que la dimension du bien-être puisse être divisée en huit sous-dimensions : niveau de vie matériel, santé, éducation, activités personnelles, expression politique et gouvernance, connexions et relations, environnement, et sécurité.
Egale dignité de chaque être humain
Dans le chapitre du rapport du Panel international sur le progrès social consacré à cette question, notre groupe d’auteurs s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes de notre approche. Nous serions guidés par un engagement fondamental en faveur de l’égale dignité de chaque être humain et du respect du pluralisme profond, dans le monde entier, des points de vue sur les valeurs, la moralité et la religion. Nous nous sommes mis d’accord pour abjurer toute trace de la foi des Lumières selon laquelle la société humaine est destinée à progresser inexorablement. Nous avons également rejeté l’idée selon laquelle il existe une voie unique et privilégiée vers le progrès social. Au lieu de cela, nous avons voulu que notre catalogue de dimensions du progrès social puisse servir à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.
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« Les femmes ont gagné en visibilité »

Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h21
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            
Françoise Thébaud est historienne, professeure émérite de l’université d’Avignon. Spécialiste des femmes et du genre, ­cofondatrice de la revue Clio, elle a coordonné le tome V d’Histoire des femmes en Occident. Le XXe siècle (Plon, 1992). Elle est l’auteure, notamment, des Femmes au temps de la guerre de 14 (Payot, 2013).
La première guerre mondiale a-t-elle ouvert la voie à l’égalité des droits hommes-femmes ?
C’est l’objet d’un débat. Il est vrai que de nombreux pays ont accordé le droit de vote aux femmes au lendemain de la guerre. C’est le cas notamment du Royaume-Uni dès le 6 février 1918, à une nuance près : les femmes britanniques ne peuvent voter qu’à partir de 30 ans, par crainte d’un déséquilibre du corps électoral, étant donné que des centaines de milliers d’hommes sont morts sur le front. Cette mesure entend récompenser l’engagement au service de leur patrie de celles qui furent un des piliers de l’effort de guerre et qui remplacèrent leurs congénères masculins dans les champs et les usines.

L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, les Etats-Unis ou le Canada suivent le même chemin. Cependant, il faut relativiser l’influence de la guerre. D’abord parce que les Pays-Bas, pays pourtant non belligérant, ont eux aussi accordé le droit de vote aux femmes en 1919. Ensuite, parce que cette revendication était déjà portée avant guerre par un mouvement suffragiste puissant, organisé à l’échelle nationale et internationale. Elle est d’ailleurs satisfaite en Nouvelle-Zélande, à la fin du XIXe siècle, puis en Australie, en Finlande et en Norvège.
Même en France, pays qui n’octroie le droit de vote aux femmes qu’en 1944, de nombreux députés appartiennent à un groupe parlementaire en faveur des droits des femmes avant 1914. Les féministes qui s’étaient battues pour sa création pensaient que les Françaises voteraient aux municipales de 1916… qui ne se sont pas tenues !





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Avec ses mots, le président américain tisonne la braise des passions les plus dangereuses de son pays, estime dans sa chronique Alain Franchon, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Trump a ressorti sa partition de 2016 : diviser les Américains »

Avec ses mots, le président américain tisonne la braise des passions les plus dangereuses de son pays, estime dans sa chronique Alain Franchon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 11h52
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. Au commencement était le Verbe, et Donald Trump connaît sa Bible : les mots comptent. Les siens pèsent d’un poids particulier parce que l’institution présidentielle aux Etats-Unis est d’abord cela : un pupitre, une chaire nationale, le bully pulpit, disait Theodore Roosevelt (1858-1919). Les mots de Donald Trump tout à la fois reflètent et façonnent l’état d’esprit du pays.
Ils ont donné le ton, la musique de ces derniers jours de campagne avant les scrutins législatifs de mi-mandat, le 6 novembre. Comme ces élections sont aussi un référendum sur sa personne, Trump a ressorti la partition qui lui a permis de l’emporter en 2016 : diviser les Américains, provoquer les uns pour réjouir les autres, ceux qui forment le noyau dur de ses électeurs. Seulement, les mots du président résonnent d’un écho particulier quand les Etats-Unis traversent une des vagues de violence dont ils sont coutumiers. Ce sont des mots à risques.

L’attentat de la synagogue de Pittsburgh, le 27 octobre – 11 morts – a eu lieu sur fond de regain de manifestations antisémites dans le pays (plus 57 % en 2017). Le suspect, un familier des sites suprémacistes blancs, avait tout de même été jugé suffisamment équilibré pour acheter, en toute légalité, pas moins de six armes à feu dont le fusil d’assaut automatique, de type AR-15, qu’il a utilisé dans la synagogue. La première réaction de Trump a été d’être fidèle à l’éternel mantra de la National Rifle Association, le lobby des armes à feu : nier que ce type de massacre ait quelque chose à voir avec le libre commerce des fusils d’assaut. Pour le reste, il a incriminé « la fatalité ».
Diabolisation systématique
Fatalité aussi, sans doute, que le double meurtre d’Afro-Américains tués le 24 octobre dans une épicerie du Kentucky par un Blanc, solidement armé en dépit d’un passé psychiatrique malheureux. La semaine avait commencé avec la campagne de lettres piégées adressées, du 22 au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Nouvelle-Calédonie : une souveraineté en gestation

Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 17h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le référendum du 4 novembre sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie s’inscrit dans un processus inédit, enclenché il y a trente ans et prolongé. Les relations entre la France et ses anciens territoires d’outre-mer, d’Afrique, d’Asie et des antipodes, ont été trop souvent marquées par des ruptures dramatiques ou des divorces soupçonneux pour ne pas saluer la démarche qui a conduit à cette consultation.

        Lire aussi :
         

                En Nouvelle-Calédonie, fin d’une campagne référendaire étonnamment calme



L’honneur en revient à quatre hommes. Jean-Marie Tjibaou, le leader historique de l’émancipation kanak, qui sut tendre la main au moment où, après le drame de la grotte d’Ouvéa, en mai 1988, l’archipel menaçait de plonger dans la guerre civile. Jacques Lafleur, le leader de la communauté « européenne » de Nouvelle-Calédonie, qui sut saisir cette main tendue. Le premier ministre, Michel Rocard, qui sut construire cette réconciliation en associant tous les Calédoniens aux accords de Matignon en 1988 et en scellant le dispositif par un référendum national. Enfin, un autre premier ministre socialiste, Lionel Jospin, qui sut, par les accords de Nouméa de 1998, consolider cet apaisement, reconnaître la singularité calédonienne et fixer le cap de l’actuel référendum.

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                L’histoire secrète des accords de Matignon



Emmanuel Macron et Edouard Philippe tiennent, aujourd’hui, les engagements de leurs prédécesseurs. L’un et l’autre ont œuvré et se sont rendus dans l’archipel, ces derniers mois, pour garantir le dialogue et conforter la confiance entre indépendantistes et partisans du maintien dans le giron français.
Tout indique que ces derniers seront majoritaires au soir du 4 novembre. Pour autant, ce vote ne marquera pas la fin de l’histoire. Point d’aboutissement du dialogue démocratique engagé en 1988, ce scrutin doit être le point de départ d’une nouvelle étape. Déjà, en trois décennies, la collectivité calédonienne s’est vu doter d’un statut sans équivalent dans la République : institutions propres, larges compétences transférées de manière irréversible, « lois de pays » ayant valeur législative, enfin reconnaissance d’une citoyenneté calédonienne. Sans compter l’amorce d’un rééquilibrage du pouvoir économique (en particulier la maîtrise de la production de nickel, principale richesse locale) entre les communautés kanak et non kanak.
Mais, quel que soit le résultat du scrutin du 4 novembre, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel et il faudra aller plus loin.

        Lire aussi :
         

                Nouvelle-Calédonie, la grande marche vers l’indépendance



Soit que, conformément aux accords de Nouméa, de nouveaux référendums d’autodétermination soient organisés dans deux ans et, en cas d’échec, dans quatre ans. Pour autant, même si ces consultations étaient maintenues et débouchaient sur le choix de l’indépendance, chacun admet que cette émancipation ne pourrait se dispenser de maintenir, d’une manière ou d’une autre, une forme d’association étroite avec la France.
Soit que, d’un commun accord, les Calédoniens y renoncent pour se consacrer à l’approfondissement de la « souveraineté partagée » qu’ils ont commencé à inventer. Dans cette hypothèse, il sera vital que les Calédoniens non kanak ne cèdent pas à la tentation d’abuser de leur probable victoire.
La poursuite d’un dialogue confiant entre communautés autant qu’une répartition plus équitable des richesses (encore trop concentrées entre les mains de quelques conglomérats familiaux, au détriment des kanak) sont les deux conditions indispensables au « vivre-ensemble » calédonien. et, quelle qu’en soit la forme institutionnelle, à la construction d’une nation.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Du démantèlement des empires aux Etats-nations

Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h26
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

La fin de la première guerre mondiale et les traités imposés aux vaincus dans le sillage de celui de Versailles, entre 1919 et 1920, marquent le triomphe en Europe du modèle d’Etat à la française. Avant 1914, le Vieux Continent était encore très largement dominé par de grands empires multinationaux, multi­ethniques et multireligieux dont l’unité – moins fragile qu’on l’a longtemps cru – se fondait sur la fidélité à des dynasties enracinées dans l’histoire, comme celle des Habsbourg pour l’Autriche-Hongrie, des ­Ottomans pour l’empire homonyme ou des Romanov pour la Russie.
A cet égard, l’Empire allemand, proclamé en 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, après l’écrasement par la Prusse de la France de Napoléon III, faisait exception par son caractère récent et sa relative homogénéité nationale. En juin 1919, ces ensembles, dénoncés comme « prisons des peuples » par les vainqueurs, seront ­implacablement démantelés à la table des négociations pour être remplacés par des Etats-nations censés garantir les droits des principales nationalités. Du moins de celles qui avaient choisi le bon camp.
Occasion ratée
La paix de Versailles avec ses clauses humiliantes, perçue comme un « diktat » par les vaincus, fut une occasion ratée. Le chantier était certes immense, à l’aune des ambitions des grands vainqueurs du ­conflit (France, Etats-Unis, Royaume-Uni), véritables maîtres d’œuvre de ce traité et des traités régionaux qui suivront, Saint-Germain-en-Laye avec l’Autriche, Trianon avec la Hongrie, Neuilly avec la Bulgarie et Sèvres avec l’Empire ottoman.

« La réorganisation de l’Europe en 1919-1923 a obéi au principe des nationalités tel qu’il s’était exprimé lors du printemps des peuples de 1848 et aux droits des minorités tels qu’ils avaient été affirmés par le président américain Woodrow Wilson peu avant la fin du conflit, mais le tout fut mis au service des vainqueurs », relève le géographe Michel Foucher,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.
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Les déplacements des populations gréco-turques, un modèle de transfert

Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h24
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Les transferts de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1922 et 1924 ont servi de référence à d’autres déplacements légaux, notamment entre l’Inde et le Pakistan lors du partage de 1947 sur les ruines de l’Empire britannique des Indes. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre la Grèce et la Turquie, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée. Côté turc, ils sont environ 500 000 musulmans à quitter leur Grèce natale pour gagner une Turquie inconnue.
Côté grec, environ 1,5 million de personnes quittent l’Anatolie pour s’installer dans des territoires grecs vidés de toute popu­lation. « L’idée du transfert est ancienne, rappelle ­l’historien Hervé Georgelin, chercheur au département d’études ­turques à l’université nationale d’Athènes. Il faut remonter aux négociations post-deuxième guerre balkanique, en 1913, entre le premier ministre grec de l’époque, Elefthérios ­Venizélos, et les dirigeants du Comité union et progrès (CUP) au pouvoir à Constantinople, pour comprendre les politiques d’homogénéisation de la Grèce et de la Turquie. »
Traité de Lausanne
Mais si avant 1914, Grecs et Ottomans retiennent le critère du volontariat pour régler la question migratoire, au len­demain de la Grande Guerre et à la fin de la guerre ­gréco-turque (1919-1922), les négociations bilatérales se finalisent sur la base du critère obligatoire. Le traité de Lausanne a ainsi légitimé ces déplacements de populations ; et parce que ces derniers ont eu lieu sans effusion de sang – contrairement aux violences qui les ont précédés lors de la guerre de libération de la Turquie –, les Alliés y ont vu une façon de résoudre l’épineuse question des nationalités en fonction de l’appartenance religieuse.
A l’aide de la SDN, des commissions mixtes se mettent en place – « des baraquements de réfugiés vont exister en Grèce ­jusqu’aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.
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En Europe, 140 000 travailleurs chinois ont participé à l’effort de guerre

Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Soucieux de restituer au conflit son ampleur mondiale, les historiens insistent, ces dernières années, sur le brassage, parfois ­saisissant, auquel il a donné lieu sur le continent européen. Ils ­racontent aussi les conséquences de ces déplacements qui furent parfois autant affectifs, intellectuels ou politiques que géogra­phiques. L’historien Thomas Grillot a par exemple montré dans Après la Grande Guerre. Comment les Amérindiens des Etats-Unis sont devenus patriotes (EHESS éditions, 2014) comment l’expérience européenne des 12 000 Amérindiens de l’armée américaine a fait naître de nouvelles revendications face à l’Etat fédéral.

Le sort des 140 000 Chinois arrivés en France au cours de l’année 1917 pour aider les forces alliées est maintenant mieux connu, notamment grâce à l’ouvrage collectif Les Travailleurs chinois en France dans la première guerre mondiale (CNRS éditions, 2012). S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922. La Chine avait décidé que sa participation à ­l’effort de guerre prendrait la forme de l’envoi de travailleurs, quelques mois avant de rompre sa neutralité et de se déclarer formellement en guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, en août 1917. Dans leur grande majorité, ces travailleurs étaient sous autorité britannique et eurent pour mission des travaux de terrassement dans la zone du front. On estime à un peu moins de 40 000 ceux sous autorité française, la plupart placés en usine.
Idées reçues
L’administration française, dans ses documents sur la gestion de la main-d’œuvre étrangère, a vanté les qualités de ces nouveaux venus dans des termes où transparaissent les idées reçues de l’époque : le travailleur chinois possède nécessairement souplesse, intelligence, patience, minutie… Pourtant, sur le terrain, les rapports avec les populations locales montrent la persistance d’autres clichés. Sur le territoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
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A Paris, en 1919, les militants anticolonialistes s’invitent à la conférence de paix

Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Au moment de la conférence de paix de Paris, en 1919, les leaders politiques de toute la planète sont présents dans la capitale française. « Le monde observait Paris et Paris observait le monde », note joliment l’historien Michael Goebel dans Paris, capitale du tiers-monde (La Découverte, 2017). Conçu pour remettre en ordre une Europe morcelée après l’éclatement des empires, le droit à l’autodétermination des peuples, contenu dans le programme de paix proposé par Woodrow Wilson en janvier 1918, soulève d’immenses espoirs en Asie et en Afrique. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
« Moment ­wilsonien »
On rêve alors d’un ordre mondial post-impérial, avant que la restriction du principe wilsonien à la seule Europe n’y mette fin. Et même après cette première déconvenue, on continue de croire que les Etats-Unis vont aider à l’avènement d’une nouvelle ère de relations internationales qui sera marquée par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Une prolifération de pétitions et de requêtes empruntant la rhétorique du président Wilson atteste de cet espoir. Au point que, selon l’historien ­américain Erez Manela, on peut alors parler d’un « moment ­wilsonien » – thèse développée dans son ouvrage The Wilsonian Moment (Oxford University Press, 2007, non traduit). Les nombreux délégués qui se rencontrent à Paris partagent en effet cette même sensibilité à la dignité et à l’autonomie. Leurs arguments portent d’autant plus que l’Europe s’est décrédibilisée : après leurs dix millions de morts et un déchaînement de brutalité, les pays occidentaux peinent à convaincre encore de leur supériorité en termes de « civilisation ».
Signe de l’importance qu’ils accordent aux débats parisiens, les mouvements, les cercles, les réseaux anticolonialistes cherchent partout et à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.
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René Dosière : « Le rôle de l’Etat devra être essentiel après le référendum en Nouvelle-Calédonie »

L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h17
    |

René Dosière (ancien député)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis trente ans, la France s’est engagée, en Nouvelle-Calédonie, dans une politique de décolonisation apaisée et innovante, à l’opposé de ses anciennes pratiques coloniales. Elle a souhaité, et obtenu, que tous les Calédoniens, quelle que soit leur communauté d’origine, deviennent coresponsables de leur avenir renommé « destin commun ». A cette fin, ont été transférées à la Nouvelle-Calédonie toutes les compétences concernant les politiques économique, financière, sociale, culturelle, éducative, etc. Dans tous ces domaines, le Congrès du territoire dispose du pouvoir législatif, une innovation sans précédent dans notre histoire républicaine.
De son côté, le gouvernement du pays associe indépendantistes et « loyalistes » (comme se nomment, localement, les anti-indépendantistes) dans le cadre d’une culture océanienne privilégiant collégialité et consensus (la seule référence connue, mais temporaire, fut celle du gouvernement de transition en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid). Devenue « souveraine », la Calédonie veut-elle accéder à la « pleine souveraineté », en exerçant les compétences régaliennes (sécurité, armée, justice, relations extérieures) dont la maîtrise est restée à la France ? Tel est l’enjeu de la consultation référendaire du dimanche 4 novembre.

Une cathédrale de fer
Le bilan de ces trente ans est éloquent. Hier ignorée, voire méprisée, la culture identitaire des Kanak, peuple premier représentant 40 % de la population, à côté d’un tiers d’Européens, est désormais reconnue. Leur plus belle réussite se situe dans l’industrie du nickel, ce minerai dont la Calédonie dispose d’un tiers des ressources mondiales. Avec la Société minière du Sud pacifique(SMSP) qu’ils contrôlent, les Kanak ont édifié, en partenariat avec une multinationale canadienne, une nouvelle usine métallurgique (une magnifique cathédrale de fer !) en province Nord – province dirigée par Paul Néaoutyine, ancien collaborateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Tracer la composition des marchandises, de la fabrication  au recyclage, est possible et indispensable, affirme Christian Zolesi, consultant en environnement, dans une tribune au « Monde ».
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« Il faut instaurer une carte d’identité pour les produits »

Tracer la composition des marchandises, de la fabrication  au recyclage, est possible et indispensable, affirme Christian Zolesi, consultant en environnement, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h35
    |

Christian Zolesi







                        



                                


                            
Tribune. Les valorisations boursières record des géants du e-commerce ne prennent guère en compte les impacts négatifs générés par la masse des produits de consommation qu’ils distribuent. Ne pourrait-on envisager que leurs investissements colossaux dans les technologies numériques servent aussi à développer un nouveau système d’informations sur la composition des matériaux tout au long du cycle de vie de ces produits ? Une piste envisageable serait d’instaurer une « carte d’identité » des substances présentes dans les produits de consommation, afin de favoriser le développement d’une économie circulaire plus saine.
Ce jumeau numérique, qui fait tant défaut, faciliterait l’utilisation des matières résiduelles du produit pour en faire une source importante et fiable de (nouvelles) matières premières dans l’économie circulaire.
Il n’est plus concevable qu’à l’ère du big data, les distributeurs ne puissent pas récupérer une liste de quelques substances dans un matériau
En effet, les coûts sanitaires, environnementaux ou sociaux causés par la fabrication, la commercialisation et la consommation de produits dépassent de loin les 1 000 milliards de dollars par an, que ce soit du fait du réchauffement climatique, de la pollution de l’air ou de l’érosion de la biodiversité. A ces coûts s’ajoutent les quantités phénoménales de plastique utilisées lors du processus de fabrication. Selon le Parlement européen, plus de 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, un chiffre amené à doubler dans vingt ans. Les océans pourraient alors contenir plus de plastique que de poissons. Et un continent de plastique grand comme trois fois la France évolue actuellement dans le Pacifique.
Mais si l’économie circulaire devient incontournable pour ménager les ressources et limiter les déchets polluants, elle présente une vulnérabilité de taille : la perte de données sur la composition en substances chimiques des produits et de leurs matériaux...




                        

                        

