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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Georgia Scalliet et Franck Vercruyssen bouleversent dans la pièce inspirée d’Ingmar Bergman.
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« Après la répétition » : la vie, le théâtre et l’espace entre les deux

Georgia Scalliet et Franck Vercruyssen bouleversent dans la pièce inspirée d’Ingmar Bergman.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 16h46
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

C’est un petit miracle de théâtre qui advient dans la salle de poche du Théâtre de la Bastille, à Paris. Georgia Scalliet, de la Comédie-Française, et Frank Vercruyssen, du tg STAN, jouent Après la répétition, d’après Ingmar Bergman. Après Infidèles et Atelier, c’est le troisième volet d’un ensemble composé par le collectif belge autour de la figure du cinéaste, metteur en scène et auteur suédois (1918-2007), dont on célèbre en cet automne le centenaire de la naissance.

Pourtant, comme tout véritable miracle sans doute, il n’a rien de spectaculaire. La cage de scène est à nu, le décor quasiment inexistant, qui consiste en une table, deux chaises ordinaires et un vieux canapé marron. Quand vous arrivez, l’actrice et l’acteur sont déjà là. Ce sont donc les spectateurs qui apparaissent, sur le petit plateau qu’ils sont obligés de traverser pour rejoindre leur place, et les comédiens qui attendent. Et ce retournement, en soi, en dit déjà beaucoup sur cette merveilleuse variation sur le théâtre et la vie qui va se jouer devant vous.
Complexité des passions humaines
Elle prend pour point de départ le scénario d’Après la répétition, un film de télévision réalisé par Bergman en 1984. Comme il le confiera sans détours dans Laterna magica, sa formidable autobiographie, l’artiste suédois s’y met en scène sans fard, sous l’identité d’Henrik Vogler, un célèbre metteur en scène de théâtre. Pour la cinquième fois de sa carrière, Vogler met en scène Le Songe, d’August Strindberg – la pièce que Bergman lui-même a le plus montée, y revenant une dizaine de fois.
Il a choisi, pour jouer le rôle de la fille d’Indra, fondamental dans la pièce, une jeune comédienne, Anna, qui n’est autre que la fille d’une grande actrice, Raquel, géniale et fracassée, que Vogler a aimée et repoussée vingt ans auparavant. Un soir, après la répétition, Anna et Vogler restent dans le théâtre, et parlent. Ils tomberont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A écouter cette semaine : un hommage au directeur musical de l’Orchestre de Paris, Ella Fitzgerald contée et chantée, l’intégralité du concert au Joe Robbie Stadium de Miami…
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Sélection albums : Charles Munch, The Amazing Keystone Big Band, les Rolling Stones…

A écouter cette semaine : un hommage au directeur musical de l’Orchestre de Paris, Ella Fitzgerald contée et chantée, l’intégralité du concert au Joe Robbie Stadium de Miami…



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 16h20
   





                        


Charles Munch The Complete Recordings on Warner Classics

   


Le 6 novembre 1968, Charles Munch était terrassé par une crise cardiaque aux Etats-Unis, où il se trouvait en tournée avec l’Orchestre de Paris, formation dont il était le directeur musical depuis sa création un an plus tôt. Le coffret de rééditions qui célèbre le cinquantième anniversaire de la mort du « Grand Charles », comme on se plaisait à appeler le musicien né à Strasbourg en 1891 en faisant un clin d’œil au président de la République (Charles de Gaulle, son aîné d’un an), témoigne de l’art si particulier de ce chef, minutieux derrière une façade instinctive. Etendus du milieu des années 1930 à la fin des années 1960, ces enregistrements avec cinq orchestres différents concernent nombre de chefs-d’œuvre du répertoire classique. Toutefois, de Berlioz à Dutilleux, en passant par Ravel et Jolivet, la musique française s’y taille la part du lion, fauve auquel Munch fut souvent comparé pour ses prestations souveraines. Pierre Gervasoni
1 coffret de 13 CD Warner Classics.
The Amazing Keystone Big Band We Love Ella/La Voix d’Ella

   



   


Fondé en 2010, The Amazing Keystone Big Band a notamment enregistré un très réussi Carnaval des animaux, de Camille Saint-Saëns, raconté par Edouard Baer, et a consacré deux précédents enregistrements à Django Reinhardt, l’un sous la forme d’un conte musical, l’autre recueil de thèmes du guitariste. C’est par le même procédé que la formation évoque la chanteuse Ella Fitzgerald. La grande dame du swing et du scat est chantée, de manière très exacte, par Celia Kameni, en huit thèmes, de son répertoire de la fin des années 1930 (A Tisket, A Tasket) aux années 1960 (Blues In The Night) dans We Love Ella. Et c’est Vincent Dedienne qui raconte l’histoire de Bess, orpheline qui devient chanteuse, dans La Voix d’Ella. On retrouve dans cet opus les interprétations de l’autre album avec un appareillage musical supplémentaire de l’Amazing Keystone Big Band qui accompagne le récit. Dans les deux cas, le rendez-vous avec le grand jazz classique est interprété de la manière la plus talentueuse. Sylvain Siclier
2 CD vendus séparément Nome/L’Autre Distribution. La Voix d’Ella existe aussi en livre-CD aux éditions Gautier-Languereau.
Rolling Stones Voodoo Lounge Uncut

   


Du 1er août 1994 au 30 août 1995, les Rolling Stones sont en tournée dans le monde entier, en lien avec la publication de leur album Voodoo Lounge (juillet 1994). Au programme, quelques titres du disque (You Got Me Rocking, Sparks Will Fly, The Worst, I Go Wild…), et un tour d’horizon de leur carrière, avec bon nombre de succès. Le bassiste Bill Wyman a quitté le groupe en 1993 et c’est Darryl Jones qui le remplace. Le 25 novembre 1994, le groupe est au Joe Robbie Stadium de Miami (Floride). Le concert est filmé, des invités sont de la partie (Sheryl Crow, Robert Cray, Bo Diddley). Partiellement publié alors, le voici dans son intégralité, sur un DVD, complément visuel des 2 CD de ce petit coffret Voodoo Lounge Uncut. Le groupe est en forme, avec les guitaristes Keith Richards et Ron Wood en duo complémentaire rythmique-lead, ravis des échanges avec Robert Cray durant Stop Breaking Down Blues, Charlie Watts, parfait à la batterie. A l’époque, les Rolling Stones avaient encore une notable envie que la scène soit leur terrain de jeu. S. Si.
2 CD et 1 DVD Eagle Vision-Rolling Stones Records/Universal Music.
Gérald Toto Sway

   


Fluidité et volupté, pastels et aquarelles. Le monde de Gérald Toto suggère un peu tout cela. Il ne se départit jamais de la douceur. Le chanteur et guitariste revient en vol solitaire, après Bondeko, l’exaltante récréation proposée en 2017 par le trio Toto Bona Lokua (avec Richard Bona et Lokua Kanza). Irrésistiblement apaisant, il invite à prendre la tangente, incite à l’abandon. La voix, les mélodies, la guitare, les percussions et même les machines, utilisées à dose homéopathique, cajolent et enivrent au fil des mélodies. Des mots et des phrases chantonnés, murmurés, soufflés, en anglais ou en langue inventée, dont le sens n’a pas réellement d’importance. Même lorsqu’un chagrin d’amour est évoqué (It’s a Love Pain) le climat reste serein et calme. Ces chansons vont comme bulles au vent, fragiles et éphémères, elles meurent toujours trop tôt. Découpé en onze escales, le voyage ne dure que trente-cinq minutes. Rien n’empêche de le refaire plusieurs fois. Patrick Labesse
1 CD Nø Førmat !/Sony Music.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le Centre Pompidou-Metz présente les multiples tentatives de la modernité pour « peindre la nuit ».
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Exposition : quand l’art tâtonne dans le noir

Le Centre Pompidou-Metz présente les multiples tentatives de la modernité pour « peindre la nuit ».



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 16h51
    |

                            Philippe Dagen (Metz (Moselle), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Peindre la nuit ? La difficulté est manifeste. Que peut l’art de la vue aux heures où ce sens ne peut plus qu’à peine s’exercer, vaincu par l’obscurité ? Comment représenter ce qui est le plus défavorable à la représentation ? La réflexion est loin d’être neuve. Et loin d’être récent le désir des peintres de triompher des ténèbres. L’expérience la plus ancienne serait la Fuite en Egypte, d’Adam Elsheimer, petite huile sur cuivre de 1609, remarquable par sa précision astronomique. Celle-ci s’expliquerait par la diffusion des observations de Galilée, exactement contemporaines, d’autant qu’Els­heimer habite alors à Rome. Son tableau est vite célèbre : Rubens le mentionne dans une lettre et, à la mort de son auteur l’année suivante, il est vendu pour un prix élevé. Après Elsheimer, Rembrandt et bien d’autres se mesurent au sujet, dont Friedrich, Van Gogh et Munch – rien de moins.

Elsheimer n’est pas dans l’exposition qui se tient à Metz. Ni Friedrich, Van Gogh ou Munch. Leurs œuvres ne s’empruntent pas aisément, d’une part. D’autre part, ce sont le XXe siècle et le début du XXIe qui sont examinés, conformément à la fonction du Centre Pompidou-Metz. L’exposition, sur deux étages, rapproche une centaine d’artistes, parmi lesquels des peintres, conformément au titre, et aussi des photographes, des cinéastes et des praticiens de l’installation. Elle commence par l’une de celles-ci, Lucioles, une vidéo de Jennifer Douzenel : un grand écran noir semé de très petits points lumineux qui exigent un long regard, de l’attention, du silence. La question de la visibilité est ainsi posée avec toute la pureté nécessaire, avec intransigeance même : la nuit et rien d’autre.
Ceux qui biaisent et trichent
Or, il est difficile de s’en tenir à cette pureté, difficile de s’abstenir d’artifices et d’effets. A de très rares exceptions près – Douzenel donc et la voûte céleste étoilée dessinée au fusain par Vija Celmins –, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’exposition « Peindre la nuit » retrace une histoire des liens entre certains artistes et la nuit, depuis le XXe siècle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le documentaire suédois « L’homme qui jouait avec le feu » raconte le combat acharné contre l’extrême droite de l’auteur de « Millenium », dès les années 1980, alors qu’il était journaliste et militant.
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Stieg Larsson, l’antifaciste


                      Le documentaire suédois « L’homme qui jouait avec le feu » raconte le combat acharné contre l’extrême droite de l’auteur de « Millenium », dès les années 1980, alors qu’il était journaliste et militant.



M le magazine du Monde
 |    02.11.2018 à 14h54
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Le documentaire L’homme qui jouait avec le feu de Henrik Georgsson s’ouvre sur une interview de Stieg Larsson, remontant à 2004. Le Suédois a alors 50 ans, porte ses éternelles lunettes rondes, un blazer gris et une mine soucieuse. L’homme n’est pas encore l’écrivain aux 90 millions de polars écoulés dans le monde. Il ne le sera d’ailleurs jamais. Stieg Larsson est mort quelques semaines après cet entretien, le 9 novembre 2004, d’une crise cardiaque et avant même que le premier tome de Millénium ne soit publié. Assis dans un fauteuil orange dans son bureau en sous-pente du magazine antiraciste Expo, créé en 1995 à Stockholm, il évoque la démocratie « toujours menacée » car, dit-il, « elle n’est pas un don divin tombé du ciel », mais quelque chose « pour laquelle chaque génération doit se battre ».
La traque des néonazis
D’ailleurs, si en 2004 la démocratie existe en Europe, « on ne sait pas ce qu’il en sera dans vingt ans », constate Stieg Larsson, à la fin du documentaire de Henrik Georgsson (Bron, Wallander, etc.). Si la critique a encensé le film après sa sortie fin septembre, c’est que dans ce portrait de l’écrivain se dessine en creux l’histoire du néonazisme en Suède après la seconde guerre mondiale. Dans les années 1980, Larsson annonçait les succès actuels des Démocrates de Suède (SD), alors ultraminoritaires, et devenus faiseurs de rois au Parlement suédois, avec 17,6 % des voix remportés lors du scrutin du 9 septembre.
Lire aussi : A la recherche du vrai Stieg Larsson, journaliste et justicier
En suédois, le documentaire s’intitule Mannen som lekte med elden, « l’homme qui jouait avec le feu », – référence au second tome de Millénium, dont le titre français est La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Une cinquantaine de témoins racontent. Parmi eux, Eva Gabrielsson, la compagne du journaliste et écrivain. Mais aussi ses anciens collègues de l’agence de presse TT, où il a travaillé pendant plus de vingt ans comme graphiste, consacrant ses nuits à ce qui deviendra une obsession : traquer les militants d’extrême droite en Suède, jusque dans les sous-sols où ils tiennent leurs réunions. Il les photographie, fait des recoupements, constitue des dossiers.

Stieg Larsson écrit également dans le magazine Searchlight, fondé en 1975 par le militant antifasciste britannique Gerry Gable, qui témoigne le visage dissimulé. Même chose pour un couple d’anciens collaborateurs d’Expo : en 1999, une bombe placée sous leur voiture a explosé, blessant grièvement l’homme. Leur fils de 8 ans s’en est sorti miraculeusement avec quelques égratignures.
« Il avait une boussole morale très claire et la suivait. » Henrik Georgsson, réalisateur
Le documentaire raconte les menaces de l’extrême droite, les coups de fil anonymes, les munitions envoyées par La Poste… Stieg Larsson devient un expert en sécurité. Il achète un manuel qui explique comment ouvrir un colis piégé sans qu’il explose, et demande à ses collègues de cacher une batte de base-ball dans le hall d’entrée de leur appartement… Divisés et sans moyens financiers, les groupuscules d’extrême droite sont considérés en Suède, dans les années 1980, comme une aberration appelée à disparaître. Le réalisateur Henrik Georgsson confie sa fascination pour la « persistance » de Stieg Larsson qui, contre vents et marées, s’obstine : « Il avait une boussole morale très claire et la suivait. »
Lire aussi : Un prix Stieg-Larsson pour se rappeler l’activiste plus que l’écrivain 
En 1995, année de la création d’Expo, qui reste aujourd’hui le principal observatoire de l’extrême droite en Suède, les néonazis commettent sept meurtres dans le pays. La même année, Jimmie Åkesson, alors âgé de 16 ans et aujourd’hui patron de l’extrême droite suédoise, rejoint SD. Créé sept ans plus tôt, le parti tente depuis de rompre avec ses racines dans la mouvance néonazie. Expo continue de démontrer régulièrement les liens troubles entre les deux. Plus que Millénium, c’est là l’héritage de Stieg Larsson. L’homme qui aimait jouer avec le feu sera diffusé en début d’année prochaine à la télévision suédoise, en plusieurs épisodes.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A l’Opéra Garnier, un programme en hommage au chorégraphe américain démontre la liberté de son écriture.
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Danse : Jerome Robbins fait rimer la vie et la virtuosité

A l’Opéra Garnier, un programme en hommage au chorégraphe américain démontre la liberté de son écriture.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h47
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Incroyable liberté d’inspiration que celle du chorégraphe américain Jerome Robbins (1918-1998) ! Sur une gamme musicale panachée : Philip Glass, Bach, Debussy, Bernstein, le père de West Side Story (1957), il savait sauter du coq à l’âne, sans perdre le contact avec une danse savante, enracinée dans le vocabulaire classique, mais toujours humaine.

Ce paradoxe éclate dans le programme à l’affiche du Palais Garnier. Solide et superbe, il est interprété avec mordant par les danseurs de l’Opéra national de Paris qui ont travaillé avec Jean-Pierre Frohlich, interprète et assistant du chorégraphe pendant trente ans. Un coup de pied aux fesses et nous voilà dans une comédie musicale de marins en goguette pour Fancy Free (1944) ; une galipette envoie paître la technique dans A Suite of Dances (1994) ; un coup de chaud érotique irradie le duo Afternoon of a Faun (1953) ; une bonne marche fouette l’exercice de géométrie qu’est Glass Pieces (1983).
Fibre romantique et mélancolique
La fibre romantique et mélancolique de Robbins, créateur d’une soixantaine de ballets, dont les best-sellers In the Night (1970) et Dances at a Gathering (1969), sur des musiques de Chopin, n’y est pas présente. Régulièrement dansées, ces pièces, chapitres d’un roman sentimental sur la rencontre, composaient en 2010, toujours à Garnier, l’essentiel d’un Hommage à Robbins. Cette nouvelle soirée, moins gazeuse, plus dynamique, propose une autre vision de l’œuvre de ce néoclassique hautement singulier, dont on fête cette année le centième anniversaire de la naissance.

L’irruption de la vie dans la virtuosité file la chair de poule à la danse de Robbins. Elle vrille le langage classique, le tourneboule, le fait régulièrement dérailler en lui rappelant qu’il raconte d’abord une histoire. Cette narration souterraine entraîne un jeu d’acteur muet d’une impeccable minutie, greffé sur un flot...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Après huit ans d’absence discographique, le groupe sort un septième album intitulé « Masters of the Sun Vol. 1 ».
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Par  Stéphanie Binet   Publié aujourd’hui à 14h26, mis à jour à 18h13   Lecture 15 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail                        Le groupe Black Eyed Peas, avec Apl.de.ap, Will.i.am et Taboo, à Los Angeles, en juin 2018. CHRISTOPHER PARSONS             L’industrie du disque est parfois cruelle. Les Black Eyed Peas, stars internationales dans les années 2000 grâce à des tubes comme Where Is the Love ? ou I Gotta Feeling, ont vendu près de 40 millions d’albums. Après huit années d’absence discographique, ils ont publié leur septième album, Masters of the Sun Vol. 1, le 26 octobre, sur les plates-formes de streaming. A une semaine de la sortie physique du disque, le 9 novembre, le verdict est sans appel : pas un seul titre ne s’est hissé au sommet des charts. La qualité est pourtant au rendez-vous mais, privé de sa chanteuse emblématique Fergie et après une si longue absence, le groupe a égaré son public.                       En visite à Paris mi-septembre, Will.i.am, Apl.de.ap et Taboo assument : « Sur ce disque, résume le second, nous nous sommes fait plaisir. Notre idée était de célébrer le vingtième anniversaire de notre premier album, Behind the Front [1998]. Nous avons essayé de faire comprendre aux gens qui nous ont découverts avec Elephunk [2003] ce qui nous animait avant, c’est-à-dire la vibe des années 1990 : A Tribe Called Quest, les Jungle Brothers, et l’album de Nas Illmatic. »                     Pochette de l’album « Masters of the Sun Vol. 1 » , des Black Eyed Peas. POLYDOR             Masters of the Sun Vol. 1, qui porte le même nom que la bande dessinée publiée par Will.i.am chez Marvel en 2017, débute justement par un duo avec Nas, Back 2 Hiphop. Sur trois titres, Wings, Dopeness et 4 Ever, Fergie est remplacée respectivement par la chanteuse des Pussy Cat Dolls Nicole Scherzinger, par la Sud-Coréenne CL et par la Canadienne Esthero, entérinant un peu plus l’idée que la blonde égérie du groupe n’en fait plus partie : « Elle voulait se concentrer sur sa carrière solo, résume Taboo, ne plus faire de tournée, alors que moi, j’avais besoin d’être sur scène, je ne voulais pas attendre. J’en avais besoin pour ma guérison, je venais juste de combattre mon cancer et j’ai dit aux garçons : “La vie est trop courte, retournons au studio et enregistrons.” »          Références à Native Tongues          Will.i.am, débordé par ses activités extramusicales, a laissé ses complices aux commandes du disque. En 2015, Apl.de.ap et Taboo enregistrent Constant, qui s’inspire de morceaux de la fin des années 1980 et début des années 1990 où les rappeurs de la côte Est étaient sous l’influence de la house music de Chicago. ­Débuté comme ceux du collectif Native Tongues (A Tribe Called Quest, De La Soul, Jungle Brothers…), très influencé par le jazz, le morceau dérive vers une rythmique house music.            Ce n’est pas la seule référence au collectif sur ce disque, puisque les Black Eyed Peas invitent deux membres de A Tribe Called Quest (Ali Shaheed Muhammad et Phife Dawg) et Posdnuos de De La Soul pour All Around the World. Dans les textes, les trois rappeurs retrouvent également leur verve militante, notamment contre les tueries de masse aux Etats-Unis dans Big Love et contre le repli communautaire sur Ring the Alarm.                       Des paroles qu’ils ont aussi traduites par des actes. Apl.de.ap a ainsi fait construire plus d’une trentaine d’écoles dans son pays d’origine, les Philippines. Will.i.am a créé une formation scientifique pour les jeunes des quartiers défavorisés afin de les préparer à des études en robotique. Taboo, lui, a rejoint l’American Cancer Society pour participer aux campagnes de prévention. Quant au succès commercial de leur disque, ils prétendent n’en avoir cure : « Nous ne sommes pas dans la compétition, assure Will.i.am, nous travaillons déjà au prochain. » Le soir même, le groupe allait enregistrer en studio à Paris avec le jeune producteur français Dany Synthé.            Masters of the Sun Vol. 1, des Black Eyed Peas, 1 CD Polydor. www.blackeyedpeas.com              Le groupe sera en concert le 12 novembre au Zénith de Paris. www.facebook.com/blackeyedpeas                                  Annonces immobilières avec Logic-Immo           PARIS 16 (75016) 1563000 € 82 m2           PARIS 08 (75008) 910000 € 54 m2           PARIS 07 (75007) 1940000 € 143 m2      Recherche                            Stéphanie Binet           Voir les réactions      Dans la même rubrique                  Article réservé à nos abonnés Musiques : Dhafer Youssef, le rêve comme un ressort  Le joueur d’oud tunisien est en concert à Montpellier, vendredi 21 septembre, dans le cadre du festival Arabesques.                 
 / AFP / BERTRAND GUAY
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Au Palais de Tokyo, l’artiste installe son travail spectaculaire et poétique tissé par des araignées.
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Exposition : Tomas Saraceno tricote le fil de l’univers

Au Palais de Tokyo, l’artiste installe son travail spectaculaire et poétique tissé par des araignées.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h04
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Au générique, de drôles d’actrices : Holocnemus pluchei, Psechrus jaegeri, mais aussi Agelena labyrinthica, ou encore Tegenaria domestica. Des noms de scène qui apparaissent dès le début de l’exposition de Tomas Saraceno, au Palais de Tokyo, parmi tous les collaborateurs du projet : philosophes, cosmonautes ou biologistes. Qui se cache derrière ces pseudos d’impéra­trices romaines ? Des araignées, fidèles assistantes de l’artiste argentin. Depuis des années, dans son atelier berlinois, il les chouchoute, les marie, les observe, dans des conditions dignes d’un muséum d’histoire naturelle.
Tomas Saraceno, artiste : « Ecouter ce qu’ont à nous dire ces animaux préhistoriques et apprendre à partager avec eux l’espace »
Résultat : il possède aujourd’hui la plus belle collection de toiles d’arachnides au monde. Locales ou exotiques, sociales ou solitaires, leurs architectures volatiles défilent sous la verrière du palais, complètement obscurcie pour l’occasion. Une plongée dans des infra-mondes, avec qui Saraceno propose de mettre le visiteur en symbiose, aiguisant son attention au vivant. « Il s’agit d’écouter ce qu’ont à nous dire ces animaux préhistoriques, parmi les plus sensibles au monde, et d’apprendre à partager avec eux l’espace, voire d’entendre ce nouvel espéranto qu’ils pourraient nous apprendre », résume l’artiste, investi depuis toujours dans l’écologie, tendance poétique (on s’étonnera donc du partenariat avec Rolls-Royce développé pour sa carte blanche parisienne par cet ardent combattant pour une planète à zéro carbone, mais c’est peut-être une autre histoire).

Brillant dans la pénombre, des dizaines de toiles révèlent leurs méandres. En coupole, en trampoline, en géométrie lâche ou tissés serré, les pièges de soie défient le regard et l’intelligence de l’homme. Solides quand on les pense fragilissimes, vibrant tel le tympan d’une oreille, ces Sagrada Familia de fibre protéinée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Radiographe de profession, internée en 1990 à Leicester, l’artiste a accompli une œuvre d’une singularité et d’une complexité exceptionnelles.
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Sélection galerie : Lindsay Caldicott chez Christian Berst Art brut

Radiographe de profession, internée en 1990 à Leicester, l’artiste a accompli une œuvre d’une singularité et d’une complexité exceptionnelles.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 12h34
    |

                            Philippe Dagen








                        


Lindsay Caldicott est née à Leicester en Angleterre en 1956 et s’y est suicidée en 2014. Radiographe de profession, elle fait des études d’art à Londres ­entre 1983 et 1988, puis retourne à son métier. Elle est internée en 1990 à Leicester comme maniaco-dépressive et schizophrène, conséquence d’abus qu’elle a subis dans son enfance. De ce moment à sa mort, elle accomplit une œuvre d’une singularité et d’une complexité exceptionnelles. Ce sont des collages, dans lesquels elle dispose des éléments découpés, photocopiés, répétés des dizaines de fois. Elle les organise le plus souvent en éventails, en entrelacs, en circonvolutions. La précision des assemblages de fragments suppose un travail préparatoire et une exécution très lents et minutieux. Processus obsessionnel, sans doute.

   


Ces montages, faits essentiellement d’éléments prélevés dans des images d’anatomie, des radiographies et des photographies, ne sont pas figuratifs, quand on les considère de loin. Ils le redeviennent quand l’œil se rapproche pour essayer de comprendre ce qu’il voit. Il n’y parvient que partiellement, perdu dans les plis et les superpositions dont Caldicott maîtrise exactement la prolifération. Quelques œuvres sont d’une structure plus simple, dessinant des schémas anthropomorphiques. Elles sont tout aussi remarquables. Lindsay Caldicott était une grande ­artiste, dont rien n’était connu jusqu’à cette exposition.
« Lindsay Caldicott : X Ray Memories ». Galerie Christian Berst Art brut, 3-5, passage des Gravilliers, Paris 3e. Tél. : 01-53-33-01-70. Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 24 novembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Une récente donation de 1 300 œuvres par les collectionneurs Claude et France Lemand enrichit considérablement la collection d’art moderne et contemporain de l’Institut du monde arabe.
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L’Institut du monde arabe entend devenir un musée des arts du monde arabe

Une récente donation de 1 300 œuvres par les collectionneurs Claude et France Lemand enrichit considérablement la collection d’art moderne et contemporain de l’Institut du monde arabe.



Le Monde.fr avec AFP
 |    02.11.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h56
   





                        



   


La collection d’art moderne et contemporain de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est enrichie de 1 300 nouvelles peintures après la signature mercredi 24 octobre d’un contrat finalisant une donation considérable de la part des collectionneurs Claude et France Lemand. Assortie d’un important fonds de dotation, elle enrichit largement une collection d’art moderne et contemporain qui comportait jusqu’à présent 500 œuvres.
La collection Lemand regroupe 94 artistes appartenant à trois générations, dont Abdallah Benateur, Youssef Abdelké, Dia Al-Azzawi, Etel Adnan, Shafic Abboud, Mohammad Al-Rawas, Abdelkader Guermaz. Elle a été constituée par Claude Lemand, collectionneur d’art libanais chassé de son pays par la guerre civile dans les années 1970 avant d’ouvrir une galerie d’art à Paris en 1988.
Trois premières expositions ouvertes aux visiteurs jusqu’au 30 mars présentent une partie des œuvres nouvellement acquises. La première montre « Le monde arabe vu par ses artistes », et surprend par la présence de tous les styles modernes et figuratifs. « Portrait de l’oiseau qui n’existe pas » s’appuie sur un poème de Claude Aveline écrit en 1950. Le poète avait invité les artistes du Paris de l’époque à prendre le poème pour point de départ et de faire à leur tour le portrait de ce volatile imaginaire.
« Volière »
Près de trente ans après, Claude Lemand, par ailleurs époux de France, la petite-fille d’Aveline, invite des artistes de son temps, dont de nombreux plasticiens originaires du monde arabe, à renouveler cette expérience artistique. C’est une sélection issue de cette nouvelle « volière » qui est montrée au public. Une troisième exposition porte sur des œuvres du peintre syrien Youssef Abdelké évoquant le martyre de la Syrie sous le joug de la dynastie Assad.
Le collectionneur Claude Lemand, cité par l’Agence France-Presse, indique qu’il ne s’agit pas d’une « une donation morte car le fonds de dotation permettra d’enrichir les collections en permanence. Il permettra de financer la recherche, les expositions, les médiations » entreprises par l’IMA depuis son ouverture en 1987. Avec la fusion de la collection du musée et de la donation de Claude et France Lemand, l’IMA entend devenir dans les deux prochaines années un musée des arts du monde arabe, qui apportera un soin particulier aux œuvres de la seconde moitié du XXe  siècle.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La Poste met en vente, vendredi, un nouveau timbre à 0,80 euro pour le centenaire des Comptes chèques postaux (CCP).
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Les chèques postaux timbrés

La Poste met en vente, vendredi, un nouveau timbre à 0,80 euro pour le centenaire des Comptes chèques postaux (CCP).



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h27
    |

            Pierre Jullien








                        



   


La Poste met en vente générale, vendredi 2 novembre, un timbre à 0,80 euro pour le centenaire des chèques postaux.
En effet, c’est la loi du 7 janvier 1918 qui donne naissance au « service de comptes courants et de chèques postaux » (CCP). Près de 42 000 comptes sont ouverts en 1919, La Banque postale comptant aujourd’hui plus de 10 millions de clients.
Les chèques postaux sont un thème de collection, comme en témoigne l’article publié par La Gazette, la revue trimestrielle de l’Association des philatélistes et collectionneurs du personnel des Groupes La Poste et Orange, Philapostel. Ses auteurs, Jean-Claude Labbe et Bernard Lherbier, insistent sur « la diversité du matériel philatélique » : timbres à date, oblitérations mécaniques, enveloppes publicitaires, cartes postales de remboursement (qui « mises à la disposition des titulaires de compte, permettaient d’opérer le recouvrement de créances par le versement au crédit de leur compte »), carnets de chèques postaux illustrés avec des timbres, chèques filigranés à l’effigie de « Marianne », etc.

   


Sans oublier le timbre que La Poste avait édité en 1968 pour le cinquantenaire de cette « institution ».
Le timbre du centenaire a été récemment précédé par l’émission de vignettes postales « bancaires » sur les bicentenaires de la Caisse des dépôts (2016) et des Caisses d’épargne (en mars 2018).
Le timbre, au format carré 40,85 x 40,85 mm, imprimé en héliogravure et tiré à 900 000 exemplaires. A partir du 2 novembre, il sera vendu dans certains bureaux de poste, à la boutique Le Carré d’Encre (13bis, rue des Mathurins, 75009 Paris), au Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, à Paris (XVe) ou par correspondance à Phil@poste Service Clients Z.I., avenue Benoît-Frachon, BP 10106 Boulazac, 24051 Périgueux Cedex 09 et sur le site Internet www.laposte.fr/boutique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Si le programme de Canal+ ennuie par son ton familier, celui diffusé sur Netflix réjouit par sa fantaisie.
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« Scotch Cuisine Extra Forte » et « The Hairy Bikers » : deux émissions culinaires décalées

Si le programme de Canal+ ennuie par son ton familier, celui diffusé sur Netflix réjouit par sa fantaisie.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 11h59
    |

            Renaud Machart








                        



   


Canal+ et Netflix à la demande, séries culinaires
Après avoir racheté Cuisine TV en 2011, l’avoir rebaptisée Cuisine+ puis fait disparaître des écrans en 2015, le Groupe Canal+ relance un programme culinaire, « Scotch Cuisine Extra Forte », à l’antenne chaque samedi à 13 heures depuis le 22 septembre et disponible sur les services de rediffusion à la demande de Canal+.
La chose, présentée par la chaîne cryptée comme une émission « d’utilité publique », est animée par Franck Morello, candidat à la neuvième édition de « Top Chef », en début d’année, éliminé dès le premier numéro du concours culinaire de M6. Sur Internet, le jeune chef, formé aux pianos de quelques palaces parisiens, s’est en revanche fait davantage connaître par ses vidéos sur YouTube.
Scotch-Man fait ses courses à la supérette du coin, achetant des horreurs sous cellophane
Look « destroy » improbable, franglais débité à grande vitesse, tutoiement du téléspectateur, on y voit « Scotch-Man » – son nom de scène –, dans sa propre cuisine, faire l’apologie de la mayonnaise industrielle et d’une marque de chips dont la prescription au jeune public censé suivre ses conseils n’est pas véritablement recommandable pour la santé publique.
L’émission de Canal+ garde autant que possible, et avec quelques moyens supplémentaires, cet esprit « amateur », cette fois dans une cuisine et une petite salle à manger de studio qu’on gagne en passant à travers le frigo. Scotch-Man fait ses courses à la supérette du coin, achetant des horreurs sous cellophane. Mais il lui arrive aussi, et c’est tant mieux, de s’approvisionner au marché d’Aligre, à Paris (12e), pour la confection, avec des ingrédients nobles, d’un burger hypercalorique.
Artificieuse familiarité
Un peu moins survolté que sur YouTube, Franck Morello ne délaisse cependant pas le ton et le lexique présumés « caillera » : couper devient « keutter », un steack un « keusté ». Et le cuistot en survêtement s’adresse au téléspectateur avec moult « frérot », « mon pote », « poto » et autres « mon frère ». Depuis Sœur Emmanuelle, qui avait cette détestable habitude de tutoyer tout le monde, on n’a pas vu plus artificieuse et déplaisante familiarité.
En matière d’émissions culinaires, le ton « décalé » n’est pas nouveau. Ce type de cuisine de « potes » sans grand budget existait déjà au début des années 2000, dans « Pop Cuisine » que présentait, avec tutoiement jeuniste de rigueur, le cuisinier américain George Duran, sur Cuisine TV. Les premières émissions de Jamie Oliver tentaient aussi, par un ton décontracté, de s’adresser à un public a priori peu enclin à passer du temps aux fourneaux.
Le rappeur et chef Action Bronson n’hésite pas à se faire une inhalation de haschisch et épinards pour se mettre dans l’ambiance
On a aussi vu une créature gothique bijoutée et en stilettos lacés, la Canadienne Nadia Giosia, mener de main de maîtresse (dominatrice) « Chaud devant », un programme qui pouvait surprendre d’abord pour paraître très vite artificieux et finalement plus ennuyeux que les bonnes vieilles émissions « popote » de Raymond Oliver…
Morello s’inspire d’émissions anglo-saxonnes plus récentes, et carrément déjantées, comme « Fuck, That’s Delicious » ou « The Untitled Action Bronson Show » dont les épisodes, sur Viceland, sont disponibles sur MyCanal. Le rappeur et chef Action Bronson a l’allure « Bedaine et gros boule ! » – pour reprendre le titre du deuxième numéro de « Scotch Cuisine Extra Forte » – et n’hésite pas à se faire une inhalation de haschisch et épinards pour bien se mettre dans l’ambiance. Ce qui, par comparaison, fait paraître Franck Morello bien sage : à trop se vouloir « décalé », on se retrouve vite recalé.
Orgasme gustatif
Pour trouver un ton fantaisiste davantage « vintage » (on finit par parler comme Morello…), on aiguillera le lecteur vers la saison « Poulet et œufs » des Hairy Bikers (les « motards poilus ») – qu’a rendue disponible Netflix parmi la myriade de programmes culinaires proposés par ses soins.
Accent à couper au couteau (comme les frites, il va de soi) – à côté duquel celui de Mrs. Hughes, dans la série Downton Abbey, est limpide –, ton débonnaire, bonnes blagues bien potaches, les deux bikers se rendent chez de grands chefs mais aussi dans des bouis-bouis et chez les gens du cru à la recherche des mille et une façons d’accommoder le poulet et les œufs.
David Myers et Simon « Si » King, cuisiniers amateurs éclairés, se mettent volontiers au fourneau
Mais David Myers et Simon « Si » King, cuisiniers amateurs éclairés, se mettent volontiers au fourneau, au long d’un périple qui les mène de leur Royaume-Uni natal aux Etats-Unis, en passant naturellement par la France. On les voit notamment au bord de l’orgasme gustatif quand Georges Blanc leur sert un poulet de Bresse aux morilles…
Le programme se veut divertissant et les deux compères se prêtent souvent à des scènes de comédie, où ils se déguisent parfois. On ne perdrait pas grand-chose à les voir réduites – sinon une partie du grand capital sympathie de ces deux grands gamins quinquagénaire et sexagénaire décidément attachants, façon colle extraforte.

« Scotch Cuisine Extra Forte », série culinaire présentée par Franck Morello (FR., 2018, 11 × 25 min). Canal+. Chaque samedi à 13 heures et à la demande. www.mycanal.fr

« The Hairy Bikers, Chicken and Eggs », série culinaire présentée par David Myers et Simon « Si » King (R-U, 2016, 6 × 50 min). Netflix à la demande. www.netflix.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La star du grunge s’est suicidée le 18 mai 2017. Ses proches accusent son médecin de lui avoir prescrit à mauvais escient des médicaments psychotropes.
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La veuve de Chris Cornell porte plainte contre son médecin

La star du grunge s’est suicidée le 18 mai 2017. Ses proches accusent son médecin de lui avoir prescrit à mauvais escient des médicaments psychotropes.



Le Monde.fr avec AFP et AP
 |    02.11.2018 à 08h33
   





                        



   


La famille de Chris Cornell, le chanteur du groupe Soundgarden qui s’est suicidé le 18 mai 2017 à Detroit, a attaqué en justice son médecin, jeudi 1er novembre. Vicky Cornell, sa veuve, et ses enfants Toni et Christopher, accusent le Dr Robert Koblin de lui avoir, « de manière négligente et répétée, prescrit des substances psychotropes dangereuses ».
Ces médicaments, notamment le Lorazepam, un anxiolytique puissant aussi connu sous le nom de Témesta, l’auraient « poussé à des comportements impulsifs et dangereux (…) qui lui ont coûté la vie ». Ils avaient été retrouvés dans son organisme lors de l’autopsie.
Un millier de doses en vingt mois
D’après la famille, le médecin continuait de lui prescrire ces substances depuis septembre 2015, sans même l’avoir examiné. Au total, en vingt mois, le chanteur aurait reçu des ordonnances pour près d’un millier de doses de Lorazepam malgré « un passé notoire d’abus et de dépendance » à diverses substances chimiques. Le Dr Koblin n’a pas encore souhaité réagir.

Selon la plainte déposée auprès d’un tribunal de Los Angeles, chez les toxicomanes, le Lorazepam a pour « effet connu d’augmenter le risque de suicide en provoquant une altération sévère du jugement ».
Les cendres du chanteur ont été mises en terre à Los Angeles lors d’une cérémonie à laquelle de nombreuses célébrités, comme Brad Pitt et Pharrell Williams, avaient assisté. Chris Cornell, dont la voix au registre très étendu masquait de difficiles combats contre la drogue et la dépression, fut l’un des pionniers du genre grunge, inspiré par le nihilisme du punk et le heavy metal. Il avait 52 ans.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Luz, vingt-trois ans de « Charlie », signe « Indélébiles », hommage drôle et tendre à une fantastique équipe de dessinateurs. Un bonheur.
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« Charlie Hebdo », quelle bande de potes !

Luz, vingt-trois ans de « Charlie », signe « Indélébiles », hommage drôle et tendre à une fantastique équipe de dessinateurs. Un bonheur.



LE MONDE DES LIVRES
 |    02.11.2018 à 08h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Indélébiles, de Luz, Futuropolis, 320 p., 24 €.

Il semble inconcevable d’écrire un livre sur Charlie Hebdo sans parler du 7 janvier 2015. Luz l’a fait, pourtant. Membre de la rédaction du magazine satirique pendant plus de vingt ans, le dessinateur échappa aux balles des frères Kouachi pour avoir été en retard à la conférence de rédaction. Dans Catharsis, sorti quatre mois après l’attentat (Futuropolis), il avait relaté son quotidien de miraculé, sans jamais verser dans le pathos, préférant user du seul levier en sa possession : l’humour. Si l’on y rit autant, le propos est tout autre dans Indélébiles, puisqu’il s’agit de raconter l’aventure collective – et joyeusement foutraque – qui précéda la barbarie. Les belles années en somme. Les copains, la déconnade à plein tube, le bonheur de dessiner.
En vingt-trois ans de Charlie – qu’il a quitté en mai 2015 –, Luz a accumulé d’innombrables anecdotes, dont les meilleures sont rapportées ici avec autodérision. L’ancien « puceau tourangeau » monté à la capitale dans l’espoir de placer des dessins au Canard enchaîné s’amuse, et nous amuse, à ressusciter une rédaction vouée au traitement caustique de l’actualité, où se mêlent les anciens (Gébé, Cabu, Wolinski…) et les sales gosses, comme lui ou Charb, le roi de la blague graveleuse.
Le métier de dessinateur de terrain
Luz revient aussi longuement, en mode making of, sur ses reportages graphiques et sur les risques qui accompagnent le métier de dessinateur de terrain. Un coup de matraque lors d’une manifestation à Paris, un interrogatoire dans un camp militaire en Bosnie (Luz suit alors la tournée du chanteur Renaud) ou encore les rodomontades intimidantes de loulous de banlieue après une fusillade raciste ne laissent toutefois pas augurer que quelque chose de pire puisse un jour arriver. Le pire arrivera pourtant, comme on le comprend dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A Paris, le Musée du quai Branly-Jacques Chirac met en scène la tradition artistique et les rituels de l’île.
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Exposition : la puissance divinatoire de l’art malgache

A Paris, le Musée du quai Branly-Jacques Chirac met en scène la tradition artistique et les rituels de l’île.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h59
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 08h11
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris, l’espace dévolu à Madagascar est un monde « habité », où règnent le visible et l’invisible, la présence de l’au-delà aux côtés des vivants. Cette première exposition parisienne consacrée à la Grande Ile depuis soixante-douze ans propose un panorama de la création malgache, nourrie d’art divinatoire. L’affaire de tout un peuple d’artistes, dont le niveau de vie est l’un des plus bas de la planète.

« Les gens sont dans le besoin, les fragilités matérielles, ils ne les entendent pas, mais cherchent les ondes positives. Quand on n’a rien, on est libre de créer ; jusqu’à l’univers de la maison, lui-même orienté, ordonné. A l’angle nord-est de la pièce unique, chaque jour, quelques gouttes d’alcool sont versées pour dire aux ancêtres qu’on compte sur eux », résume le commissaire Aurélien Gaborit, responsable des collections d’Afrique du musée.
Aurélien Gaborit, commissaire d’exposition : « L’art de Madagascar utilise l’environnement immédiat, une multitude de végétaux et de matériaux »
Trois cent soixante pièces ont été réunies sur 2 000 mètres carrés, dont 250 proviennent du musée lui-même, qui conserve quelque 18 000 objets malgaches, dont 10 000 photos. « Une très belle collection ancienne, complète et très diverse, affirme M. Gaborit. L’art de Madagascar, un art modeste longtemps considéré comme un artisanat, utilise l’environnement immédiat, une multitude de végétaux et de matériaux – bois, corne, cuir, feuilles, palmes, tiges. Je voulais montrer un maximum d’objets pour que l’exposition s’inscrive dans le prolongement de celle présentée en 1946 au Musée de l’homme et consacrée à l’ethnologie. »
Chaque œuvre a un pouvoir spécifique qui laisse espérer des lendemains riants, comme le démontre la formidable collection de talismans exposée. Les plus spectaculaires, les poteaux funéraires anthropomorphes, en bois sculpté, représentent l’ancêtre, le protecteur ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/11/2018
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Trésors japonais, arts du récit, concerts et danse : nos idées de sorties culturelles

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 07h17
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pour le dernier week-end avant la reprise de l’école, « La Matinale » du Monde vous propose d’aller admirer les splendeurs japonaises de l’ère Meiji au Musée Guimet ; de discuter de contes autour d’un petit déjeuner dominical avec La Huppe galante à Paris ; d’assister aux deux dernières soirées du Pitchfork Music Festival-Paris, à La Grande Halle de La Villette ; de voir la chorégraphie de Thierry Thieû Niang avec des artistes en exil au Palais de la Porte Dorée ; d’écouter les histoires de la conteuse Chirine El Ansary, extraites des Mille et Une Nuits, à Montreuil ; de participer à l’expérience « circo-culinaire » de la troupe Les 7 doigts de la main à Bobino.
EXPOSITION. Les trésors de l’ère Meiji, au Musée Guimet

   


A l’occasion des 150 ans du début de l’ère Meiji (1867-1912), moment où, sous la houlette de l’empereur Mutsuhito (1852-1912), le Japon ouvre ses frontières après deux cent cinquante ans de repli sur soi, le Musée national des arts asiatiques-Guimet à Paris présente une exposition intitulée Meiji, splendeurs du Japon impérial. La fin du shogunat (régime militaire) s’accompagne de bouleversements dans tous les domaines – politique, économique, sociétal, religieux, culturel et artistique. Appelés à faire rayonner le savoir-faire nippon, les artistes et artisans d’art rivalisent de virtuosité. Plus de trois cents pièces – porcelaines, céramiques, émaux cloisonnés, étoffes, laques, peintures, sculptures, meubles – qui en témoignent ont été réunies grâce à de nombreux prêts, une part venant des collections de Guimet, une autre, importante, de la collection privée Nasser D. Khalili. Ces documents et objets illustrent les mutations opérées dans l’art, mais aussi dans la société japonaise tout entière. Sylvie Kerviel
« Meiji, splendeurs du Japon impérial ». Musée national des arts asiatiques-Guimet, 6, place d’Iéna, Paris 16e. Tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : 11,50 € (réduit 8,50 €). Jusqu’au 14 janvier 2019.
CAF’CONTES. La Huppe galante et ses petits déjeuners dominicaux, à Paris

   


Qu’est-ce que le « caf’contes » ? Un concept développé depuis 2016 par l’association La Huppe galante, dont fait partie, entre autres, la conteuse Nathalie Leone : un dimanche matin par mois, un petit déjeuner thématique autour des contes et des arts du récit est organisé dans le café Bords de Seine, sur la place du Châtelet. Les participants sont invités à partager histoires et points de vue autour d’un thème défini à l’avance, dans une ambiance conviviale. Après une courte introduction faite par l’animateur (ou l’animatrice) de la séance pour définir les grandes lignes de réflexion, des petits groupes (de quatre à six personnes) sont formés pour discuter et échanger autour du thème de la matinée. La parole est ensuite donnée à un représentant par groupe pour partager avec le reste de l’auditoire les réflexions de son groupe. En fin de séance, une synthèse est proposée par l’animateur ou animatrice. A tout moment de la discussion, chacun des participants est libre de prendre la parole pour raconter une histoire ou une expérience personnelle en rapport avec le sujet. La convivialité, le partage des connaissances et le respect d’autrui sont de règle au cours de ces « caf’contes ». Un coin livres et revues est tenu par la librairie L’invit’ à-lire (Paris 10e). Le premier rendez-vous de la saison 2018-2019 est proposé, dimanche 4 novembre, sur le thème « Heures, jours et calendrier ». Cristina Marino
« Caf’contes » de La Huppe galante, au café Bords de Seine, 1, place du Châtelet, Paris 1er. Tarif : 10 € pour l’adhésion à l’association (obligatoire lors de la première participation) et 10 € pour le petit déjeuner. Réservation indispensable. Dimanche 4 novembre, de 10 heures à midi.
MUSIQUES. Le Pitchfork Music Festival-Paris, à La Grande Halle de La Villette

Organisé depuis 2011, le Pitchfork Music Festival-Paris, l’une des déclinaisons festivalières du magazine musical américain en ligne Pitchfork.com, est passé de deux jours à quatre, puis cinq, comme pour la présente édition. Elle a débuté mardi 30 et mercredi 31 octobre avec une cinquantaine de groupes à classer dans la rubrique « découvertes » dans sept salles des 11e et 12e arrondissements, avant de rejoindre le vaste espace de La Grande Halle de La Villette pour ses soirées avec des formations déjà plus repérées et quelques vedettes. Pour ses deux derniers jours, le Pitchfork Music Festival-Paris annonce ainsi, vendredi 2 novembre, le trio écossais Chvrches et le chanteur et producteur anglais Blood Orange (avec en début de soirée notamment Tirzah, le trio féminin rock Dream Wife, Car Seat Headrest…). Et, samedi 3 novembre, l’Américain Stephen Malkmus avec son groupe The Jicks, la formation psychédélique américano-néo-zélandaise Unknown Mortal Orchestra et le groupe Bon Iver, très en vogue depuis une dizaine d’années au rayon folk-rock américain (la soirée avancera ensuite, jusqu’au petit matin, vers l’électro avec DJ Koze, Peggy Gou, Avalon Emerson et Daniel Avery). Sylvain Siclier
Pitchfork Music Festival-Paris, à La Grande Halle de La Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Mo Porte-de-Pantin. Tarifs : 50 €, le 2 novembre et 55 €, le 3 novembre, par soir. Vendredi 2 et samedi 3 novembre, à partir de 17 heures.
DANSE. Thierry Thieû Niang et des artistes en exil, au Palais de la Porte Dorée

   


Le chorégraphe Thierry Thieû Niang a collaboré pendant quatre semaines avec dix danseurs de l’Atelier des artistes en exil pour le spectacle Va voir là-bas si j’y suis. Originaires de Syrie, d’Ukraine, d’Egypte, de Palestine et d’Ethiopie, ces interprètes et performeurs ont travaillé autour de leurs paysages intimes, de leurs parcours depuis qu’ils ont quitté leur pays. Au milieu et avec eux, Thierry Thieû Niang a invité des comédiens comme Anne Alvaro, Nathalie Richard, Marie Payen ainsi que des enfants et des adolescents amateurs de Saint-Denis. Sous la direction douce du chorégraphe, une levée de gestes, de langues et d’images soufflée par un désir de rassemblement. Ce spectacle polyphonique investit le Palais de la Porte Dorée dans le cadre du rendez-vous Welcome ! Migration et hospitalité. Rosita Boisseau
« Va voir là-bas si j’y suis », de Thierry Thieû Niang, avec l’Atelier des artistes en exil. Palais de la Porte Dorée – Musée de l’histoire de l’immigration, 293, avenue Daumesnil, Paris 12e. Tél. : 01-53-59-58-60. Vendredi 2 à 19 heures, et samedi 3 novembre à 16 heures.
RÉCITS. Chirine El Ansary dans le labyrinthe des « Mille et Une Nuits », à Montreuil

   


Née en Egypte mais ayant passé une partie de son enfance en France, Chirine El Ansary a commencé sa carrière de conteuse en 1995 au Caire avec ce récit fleuve et fondateur que sont les Mille et Une Nuits, mais hors de question pour elle de raconter ces histoires telles quelles. Elle s’est alors lancée dans un audacieux projet de réécriture de cycles entiers des Mille et Une Nuits pour constituer son propre répertoire de récits dans lesquels elle mêle à la trame traditionnelle ses souvenirs d’enfance dans les rues du Caire et de ses voyages à travers l’Egypte, du Sinaï aux villages du Delta. Elle a également cherché à prendre ses distances avec les clichés et fantasmes orientalistes plaqués par les Occidentaux sur ces récits pour revenir aux sources de l’esprit subversif originel des Mille et Une Nuits, notamment en ce qui concerne le rôle des femmes. Comme elle l’explique elle-même : « Je viens à la rencontre du public habitée d’une vingtaine d’histoires, des histoires qui ne me quittent jamais, formant un bagage aérien et invisible. » Puis en fonction de son auditoire, de l’ambiance du lieu, elle va choisir de commencer par conter plutôt telle ou telle histoire, pour ensuite se laisser porter par le fil du récit qu’elle déroule tout au long du spectacle, qui n’est ainsi jamais tout à fait le même ni totalement différent. C. Mo.
« Les Mille et Une Nuits », par Chirine El Ansary, dans le cadre du 22e Festival de l’imaginaire et du 2e Festival Marmoe. Théâtre Berthelot, 6, rue Marcelin-Berthelot, Montreuil (Seine-Saint-Denis). A partir de 7 ans. Tarifs : 5 €, 8 € et 12 €. Dimanche 4 novembre à 16 h 30. 
CIRQUE. La cuisine revue et corrigée par Les 7 doigts de la main, à Bobino

La troupe canadienne de cirque, Les 7 doigts de la main, rapplique à Paris avec l’un de ses succès : Cuisine & confessions, une production qui sent bon comme il se doit lorsque tout le monde met son grain de sel dans les plats. Avec neuf jeunes acrobates en scène, le cirque en cuisine devient un plat inédit, entre actions quotidiennes et exploits acrobatiques, petites histoires des uns et des autres, cuisson du pain et autres préparations. Joyeux, débordant d’invention, ce spectacle entraîne le spectateur dans un ballet de fouets à pâtisserie et d’accroche-torchons mais pas que. L’entreprise « circo-culinaire » des 7 doigts de la main repasse par Bobino. La recette est excellente. R. Bu
« Cuisine & Confessions », par Les 7 doigts de la main. Bobino, 14-20, rue de la Gaité, Paris 14e. Tarifs : de 16 € à 58 €. Vendredi 2 à 21 heures et samedi 3 novembre à 16 h 30 et 21 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La créature de François Delaroziere, visible à l’année, s’inscrit dans le projet urbain du quartier Montaudran.
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Spectacle : un Minotaure mécanique s’installe à Toulouse

La créature de François Delaroziere, visible à l’année, s’inscrit dans le projet urbain du quartier Montaudran.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 07h42
    |

                            Rosita Boisseau (Toulouse (Haute-Garonne)








                        



                                


                            

Il pèse 47 tonnes, affiche des mensurations effarantes de 13 mètres de haut sur 16 de long, mais possède la taille fine. Il asperge loin lorsqu’il fulmine et sue à grosses gouttes pour peu qu’il s’énerve et se cabre. Ce monstre magnifique est le ­Minotaure, impressionnant animal mécanique articulé jusqu’aux poumons, vedette du spectacle monumental Le Gardien du temple, mis en scène par François Delaroziere. Le patron de la compagnie La Machine, inventeur, depuis 1999, de créatures géantes aujourd’hui connues dans le monde entier comme le cheval-dragon Long Ma, a ajouté une belle bête à son « cheptel ».

Le Minotaure, alias Astérion, s’est réveillé le 1er novembre en ronflant dans les rues de Toulouse. Il s’endormira le 4 novembre dans son immense « écurie », la Halle, nouveau lieu d’exposition, situé dans le quartier Montaudran. Entre-temps, il aura erré dans le centre historique sous l’œil de la gigantesque araignée Ariane planant sur les toits. Il aura détourné des feux de signalisation, fait flamber des torchères… Accompagné par dix-neuf musiciens et un ténor perchés dans des nacelles, cet opéra en quatre actes et quatre jours qu’est Le Gardien du temple s’offre Toulouse pour cadre de scène…
Il hybride un mythe, une mécanique géante, une ville, dans un trip urbain vertigineux que la passion de la foule mue en expérience collective. « Notre théâtre prend appui dans l’espace public où se joue la vraie vie, précise Delaroziere. Il est aussi au service de projets urbains comme ici, celui de la réhabilitation du quartier Montaudran. J’ai cherché une machine dédiée à Toulouse. J’ai marché dans les rues, je m’y suis perdu… Peu à peu, le Minotaure est né. »
Expérience troublante
Depuis son apparition sur le papier, en 2012, la bête a évolué. « Je lui ai tanné le cuir, inscrit des cicatrices, tatoué des inscriptions à la feuille d’or… », confie son créateur. En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Monument de la littérature chinoise, il eut également un rôle très important dans la société hongkongaise.
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L’écrivain hongkongais Jin Yong est mort

Monument de la littérature chinoise, il eut également un rôle très important dans la société hongkongaise.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 18h08
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 07h05
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Surnommé « le grand justicier Jin » par ses lecteurs, le plus célèbre écrivain hongkongais, Louis Cha, connu dans tout le monde chinois sous son nom de plume Jin Yong, est mort le 30 octobre à Hongkong à l’âge de 94 ans, entouré par ses proches.
Ses wuxia (romans d’arts martiaux) ont des adeptes et des fans aux quatre coins du monde chinois et ont été adaptés, au fil des décennies, en bandes dessinées, en films, en pièces de théâtre, en séries télévisées et, depuis une vingtaine d’années, en jeux vidéo qui dominent désormais le marché.
Le wuxia (littéralement « chevalier itinérant ») est un genre littéraire chinois ancien très populaire, vague équivalent du roman de cape et d’épée. Et Jin Yong a sublimé le genre. Bien documentés historiquement et extrêmement divertissants, ses romans mettent en scène des héros de la Chine ancienne, maîtrisant le kung-fu, le sabre ou l’arbalète de manière quasi surhumaine, évoluant dans des intrigues mêlant politique impériale, rébellions, trahisons, banditisme, rivalités claniques, amours interdites ou impossibles et vengeances ancestrales.
L’écrivain chinois le plus lu
Mais ses héros sont d’autant plus fascinants que ce sont des êtres complexes, imparfaits, en quête de maîtrise intérieure, parfois décevants. Potentiellement subversifs, ses romans ont longtemps été interdits en Chine. Ils se sont néanmoins vendus à plus de 100 millions d’exemplaires, ce qui fait de lui l’écrivain le plus lu et le plus connu du monde chinois. Plusieurs de ses best-sellers ont été publiés en français par les éditions You Feng.
Né le 10 mars 1924 dans la province chinoise du Zhejiang (au sud de Shanghaï) dans une famille bourgeoise et intellectuelle, Louis Cha fut notamment initié aux romans d’Alexandre Dumas père, de Victor Hugo, de Shakespeare et de Walter Scott. Il est arrivé à Hongkong dans les années 1940, avec sa famille qui fuyait la guerre et la révolution communiste.
Entre 1955 et...




                        

                        


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« Smoke Rings » : une expérience bluffante de théâtre immersif

Au Théâtre Michel, la Compagnie du libre acteur invite les spectateurs à déambuler sur scène et dans la salle pour suivre des histoires de couples.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 13h28
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 13h14
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Imaginez que vous entrez dans un théâtre, non pas pour vous asseoir sagement à la place que vous avez réservée, mais pour déambuler partout – sur la scène, dans les loges, le bar, le hall, l’escalier… – et suivre des comédiens interprétant des jeunes mariés, des amants, des parents, des couples qui se forment, qui s’aiment, se chamaillent ou se déchirent.
C’est à cette expérience inédite et bluffante de « théâtre immersif » que convie la Compagnie du libre acteur au Théâtre Michel, à Paris. Le « quatrième mur » est pulvérisé, les spectateurs, répartis en deux groupes, se retrouvent en prise directe avec les acteurs, les encerclent, les observent au plus près et deviennent partie prenante des comédies ou des drames qui se déroulent juste devant leurs yeux.
Saynètes inoubliables
Habilement mis en scène par Sébastien Bonnabel, Smoke Rings s’inspire de la pièce écrite par Léonore Confino, Ring, percutante plongée dans la confusion amoureuse. C’était en 2013, Audrey Dana et Sami Bouajila jouaient avec fougue et sensualité une dizaine de personnages. Cette fois, huit comédiens, quatre femmes et quatre hommes, qu’il faut tous citer tant ils sont impressionnants de justesse (Marie Combeau, Marine Dusehu, Marie Hennerez, Pascale Mompez, Eric Chantelauze, Philippe de Monts, Stéphane Giletta et Emanuele Giorgi), se succèdent dans des saynètes inoubliables.

Qu’il s’agisse d’une torride déclaration d’amour, d’une dispute redoutable, d’une drague qui tourne court, d’une naissance perturbante ou d’une relation adultère et amère, ce sont autant de moments de vie qui surgissent et s’évanouissent dans chaque recoin du théâtre. Ces histoires de couples, faites de hauts et de bas, de mensonges et de passion, d’aveux et de non-dits, sont portées par une écriture vive et subversive.
Miroir doux-amer
Tantôt caustique, drôle, absurde, émouvante ou cruelle, cette balade hyperréaliste au cœur de l’intime et du tumulte des sentiments...




                        

                        


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Florence Foresti interdit les téléphones portables dans ses spectacles

Lors des représentations de l’humoriste, les spectateurs seront tenus de placer leur téléphone dans des pochettes automatiquement scellées.



Le Monde.fr avec AFP
 |    01.11.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 06h36
   





                        



   


Après Jack White en janvier, c’est au tour de Florence Foresti, star de l’humour français, d’interdire les téléphones portables dans ses spectacles. Ceux-ci seront mis sous scellé individuel jusqu’à la sortie de la salle.
« Pour éviter les enregistrements pirates et assurer le lien avec les spectateurs », selon son entourage, Florence Foresti sera la première artiste française à déployer le système américain Yondr pour son retour imminent sur scène à Paris et en tournée, avec son spectacle « Epilogue ». Yondr et Florence Foresti justifient cette décision en proposant au public de « vivre une expérience unique sans mobile ».
Un mode d’emploi a été publié sur le site Internet de Florence Foresti. « A l’entrée de la salle, une pochette vous sera remise pour y glisser vos téléphones, celle-ci se bloquera automatiquement. Vous resterez en possession de votre appareil lors du spectacle et, au besoin, vous pourrez accéder aux postes de déverrouillage installés dans la salle. A la fin du spectacle, toutes les pochettes seront déverrouillées et vous pourrez de nouveau utiliser votre téléphone. »
Aucun remboursement en cas de refus du dispositif
Dès la réservation d’une place, chaque spectateur est informé de la présence du dispositif. « Vous ne pourrez pas accéder en salle si vous refusez de participer à ce dispositif. Aucun remboursement ne sera effectué », est-il indiqué.
« Toute personne utilisant un téléphone portable sera invitée à quitter la salle », ajoute le texte. Si un spectateur reçoit un appel urgent ou a besoin de téléphoner, des bornes de déverrouillage seront disponibles à la sortie de la salle. « Pour votre retour en salle, la pochette sera de nouveau verrouillée avec votre téléphone dedans. »
Il est conseillé aux spectateurs de mettre leur smartphone en vibreur silencieux avant de le placer dans la pochette. « Vous pourrez ainsi le sentir en cas d’appel et sortir pour rappeler si besoin. »
L’humoriste sera notamment à l’affiche du Paradis latin, à Paris, du 5 novembre au 18 décembre et du 26 au 31 décembre au Zénith de Paris.

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