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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Une étude publiée fin octobre par l’organisation Grandes Ecoles au féminin (GEF) montre que l’absence de mixité dans les postes de pouvoir uniformise la manière de l’exercer, analyse Annie Kahn, dans sa chronique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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Il est temps que les dirigeants changent de genre

Une étude publiée fin octobre par l’organisation Grandes Ecoles au féminin (GEF) montre que l’absence de mixité dans les postes de pouvoir uniformise la manière de l’exercer, analyse Annie Kahn, dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 17h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Chronique. Dans moins de deux semaines, du 14 au 16 novembre, des « femmes de pouvoir » du monde entier se retrouveront à Paris à l’occasion du Women’s Forum. Femmes de pouvoir parce que femmes, et dotées de pouvoir – ou espérant en être dotées un jour – dans les entreprises, en politique, dans le monde des arts et de la culture, entre autres. La définition de cette population ne prête en général pas à controverse. En revanche, rien de mieux pour animer une conversation qui s’étiolerait lors d’un dîner en ville que d’aborder la question de savoir si le pouvoir est genré. Si les femmes dirigent différemment des hommes. Nul ne doute que les convives rivaliseront d’anecdotes relatives à leur propre expérience, de récits de patronnes machistes, qui accréditeront l’idée que oui, décidément, les femmes exercent le pouvoir exactement comme leurs collègues masculins, quand elles n’en rajoutent pas.
D’autres, au contraire, feront état d’expériences répétées de chefs au féminin particulièrement ouvertes, à l’écoute, qui incitent donc à penser qu’il existe bien un mode féminin d’exercice du pouvoir. Les tenants de cette deuxième hypothèse ne manqueront pas alors de s’écharper sur les causes de ces différences : seraient-elles de nature génétique, ou acquises en raison de modes d’éducation divergents, de valeurs transmises plus ou moins consciemment et qui conduisent à modifier les comportements selon le genre ?
Une étude publiée fin octobre par Grandes Ecoles au féminin (GEF) – un mouvement regroupant les associations d’anciennes et anciens élèves de dix grandes écoles françaises – éclaire le débat. Elle est basée sur deux enquêtes, l’une quantitative, réalisée par l’institut BVA auprès de 3 062 membres de ces associations, et l’autre qualitative, conduite par l’agence de philosophie Thaé. Il apparaît que les femmes et les hommes ont la même conception de ce que devrait être le pouvoir. Ceux-ci décrivent pareillement la façon dont il s’exerce de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ « Le Monde » publie trois extraits du « Manifeste pour le progrès social », livre de synthèse des travaux du Panel international sur le progrès social.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Publié aujourd’hui à 16h15, mis à jour à 16h15   Lecture 2 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail        Article réservé aux abonnés                             Extraits. « L’idée occidentale selon laquelle les institutions de nos sociétés libérales, démocratiques et capitalistes ont atteint leurs formes finales, et représentent le but de toute nation (la “fin de l’histoire”), doit être fermement rejetée. Les acquis sociaux et démocratiques peuvent être balayés en une élection et remplacés par des politiques autoritaires et destructrices sur les plans social et environnemental. L’histoire est toujours en marche, et nous devons repenser nos institutions si nous voulons rendre notre modèle durable. Des idées intéressantes et des innovations venant de chaque continent peuvent mener à de nouvelles formes de participation populaire, une plus grande harmonie avec la nature ou une meilleure manière de gérer les conflits. Partout dans le monde, une grande diversité d’avancées économiques, politiques ou sociales montre le pouvoir de l’imagination et le nombre impressionnant d’idées promettant de mener vers une société meilleure.          Le défi de notre époque est de trouver une ou plusieurs formules respectant à la fois l’équité (que personne, à l’échelle nationale comme internationale, ne soit laissé pour compte et que soit réalisée une société inclusive), la liberté (économique et politique, ce qui implique le respect de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des droits démocratiques au sens large) et la durabilité environnementale (préserver les écosystèmes non seulement pour les générations à venir, mais aussi pour eux-mêmes, pour respecter toutes les formes de vie).          (…)                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.
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Progrès social : « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement »

La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
   





                        



                                


                            

Le Panel international sur le progrès social (IPSP) a été lancé en juillet 2014 à Paris, pour apporter la contribution des chercheurs au débat public sur l’évolution des institutions et de la structure de nos sociétés. Il rassemble plus de 300 chercheurs en sciences sociales (économie, sociologie, science politique, histoire, philosophie, anthropologie, droit, communication, etc.) à travers le monde. Le Panel publie un rapport sur le mauvais état de la planète et propose des solutions pour y remédier. 
Tribune. Une anxiété croissante gagne le monde. Les préjugés, la peur et la haine hantent de nouveau nos sociétés. Vers quel futur allons-nous ? Comment pouvons-nous éviter de répéter les erreurs qui ont engendré les tragédies du XXe siècle ?
Le Panel international sur le progrès social vient de publier un rapport qui propose une évaluation des tendances à long terme de nos sociétés. Le moment historique dans lequel nous nous trouvons exige une telle synthèse. L’effondrement des idéologies totalitaires a ouvert l’esprit de nos concitoyens à la recherche d’alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement. Nous devons saisir cette opportunité, de manière urgente, avant qu’il ne soit trop tard.
La recherche en sciences sociales est en mesure d’aider, offrant, dans une approche pluridisciplinaire, une meilleure compréhension du potentiel et des limites d’institutions-clés comme le marché, l’Etat, l’entreprise, la démocratie ou la religion. Elle permet aussi de se saisir plus efficacement des grands défis sociétaux dans leur complexité.

La globalisation, la cyberconnectivité, la diversité et le multiculturalisme, les migrations, la biodiversité et le climat, les inégalités et la pauvreté, le défi technologique et éthique de l’intelligence artificielle… les nouveaux conflits clivent aujourd’hui les populations au moins autant que les anciens liés à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.
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Progrès social : « Nos vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle »

Le philosophe Henry S. Richardson détaille, dans une tribune au « Monde », le rapport du Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
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Henry S. Richardson (philosophe à la Georgetown University (Etats-Unis))







                        



                                


                            
Tribune. Comment évaluer le progrès social dans une société donnée ? Beaucoup d’économistes auront l’habitude d’en admettre seulement deux : le bien-être et la justice distributive. Comme on le sait, se concentrer uniquement sur la maximisation du bien-être total (ou moyen) est compatible avec la promotion de niveaux inacceptables d’inégalité économique. On pourrait penser qu’une fois que la justice a été ajoutée au bien-être, ces deux dimensions suffisent, tant la notion de bien-être est vaste.
Mais l’approche subjectiviste de l’idée de bien-être qui a dominé l’économie au milieu du siècle dernier cède la place à une compréhension plus concrète. Cette évolution est en grande partie imputable au développement pionnier par Amartya Sen de l’approche par les « capabilités », qui distingue plusieurs dimensions du bien-être. Le rapport de 2009 de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a ainsi suggéré que la dimension du bien-être puisse être divisée en huit sous-dimensions : niveau de vie matériel, santé, éducation, activités personnelles, expression politique et gouvernance, connexions et relations, environnement, et sécurité.
Egale dignité de chaque être humain
Dans le chapitre du rapport du Panel international sur le progrès social consacré à cette question, notre groupe d’auteurs s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes de notre approche. Nous serions guidés par un engagement fondamental en faveur de l’égale dignité de chaque être humain et du respect du pluralisme profond, dans le monde entier, des points de vue sur les valeurs, la moralité et la religion. Nous nous sommes mis d’accord pour abjurer toute trace de la foi des Lumières selon laquelle la société humaine est destinée à progresser inexorablement. Nous avons également rejeté l’idée selon laquelle il existe une voie unique et privilégiée vers le progrès social. Au lieu de cela, nous avons voulu que notre catalogue de dimensions du progrès social puisse servir à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Les femmes ont gagné en visibilité »

Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h21
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            
Françoise Thébaud est historienne, professeure émérite de l’université d’Avignon. Spécialiste des femmes et du genre, ­cofondatrice de la revue Clio, elle a coordonné le tome V d’Histoire des femmes en Occident. Le XXe siècle (Plon, 1992). Elle est l’auteure, notamment, des Femmes au temps de la guerre de 14 (Payot, 2013).
La première guerre mondiale a-t-elle ouvert la voie à l’égalité des droits hommes-femmes ?
C’est l’objet d’un débat. Il est vrai que de nombreux pays ont accordé le droit de vote aux femmes au lendemain de la guerre. C’est le cas notamment du Royaume-Uni dès le 6 février 1918, à une nuance près : les femmes britanniques ne peuvent voter qu’à partir de 30 ans, par crainte d’un déséquilibre du corps électoral, étant donné que des centaines de milliers d’hommes sont morts sur le front. Cette mesure entend récompenser l’engagement au service de leur patrie de celles qui furent un des piliers de l’effort de guerre et qui remplacèrent leurs congénères masculins dans les champs et les usines.

L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, les Etats-Unis ou le Canada suivent le même chemin. Cependant, il faut relativiser l’influence de la guerre. D’abord parce que les Pays-Bas, pays pourtant non belligérant, ont eux aussi accordé le droit de vote aux femmes en 1919. Ensuite, parce que cette revendication était déjà portée avant guerre par un mouvement suffragiste puissant, organisé à l’échelle nationale et internationale. Elle est d’ailleurs satisfaite en Nouvelle-Zélande, à la fin du XIXe siècle, puis en Australie, en Finlande et en Norvège.
Même en France, pays qui n’octroie le droit de vote aux femmes qu’en 1944, de nombreux députés appartiennent à un groupe parlementaire en faveur des droits des femmes avant 1914. Les féministes qui s’étaient battues pour sa création pensaient que les Françaises voteraient aux municipales de 1916… qui ne se sont pas tenues !





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Avec ses mots, le président américain tisonne la braise des passions les plus dangereuses de son pays, estime dans sa chronique Alain Franchon, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Trump a ressorti sa partition de 2016 : diviser les Américains »

Avec ses mots, le président américain tisonne la braise des passions les plus dangereuses de son pays, estime dans sa chronique Alain Franchon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 11h52
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. Au commencement était le Verbe, et Donald Trump connaît sa Bible : les mots comptent. Les siens pèsent d’un poids particulier parce que l’institution présidentielle aux Etats-Unis est d’abord cela : un pupitre, une chaire nationale, le bully pulpit, disait Theodore Roosevelt (1858-1919). Les mots de Donald Trump tout à la fois reflètent et façonnent l’état d’esprit du pays.
Ils ont donné le ton, la musique de ces derniers jours de campagne avant les scrutins législatifs de mi-mandat, le 6 novembre. Comme ces élections sont aussi un référendum sur sa personne, Trump a ressorti la partition qui lui a permis de l’emporter en 2016 : diviser les Américains, provoquer les uns pour réjouir les autres, ceux qui forment le noyau dur de ses électeurs. Seulement, les mots du président résonnent d’un écho particulier quand les Etats-Unis traversent une des vagues de violence dont ils sont coutumiers. Ce sont des mots à risques.

L’attentat de la synagogue de Pittsburgh, le 27 octobre – 11 morts – a eu lieu sur fond de regain de manifestations antisémites dans le pays (plus 57 % en 2017). Le suspect, un familier des sites suprémacistes blancs, avait tout de même été jugé suffisamment équilibré pour acheter, en toute légalité, pas moins de six armes à feu dont le fusil d’assaut automatique, de type AR-15, qu’il a utilisé dans la synagogue. La première réaction de Trump a été d’être fidèle à l’éternel mantra de la National Rifle Association, le lobby des armes à feu : nier que ce type de massacre ait quelque chose à voir avec le libre commerce des fusils d’assaut. Pour le reste, il a incriminé « la fatalité ».
Diabolisation systématique
Fatalité aussi, sans doute, que le double meurtre d’Afro-Américains tués le 24 octobre dans une épicerie du Kentucky par un Blanc, solidement armé en dépit d’un passé psychiatrique malheureux. La semaine avait commencé avec la campagne de lettres piégées adressées, du 22 au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.
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Nouvelle-Calédonie : une souveraineté en gestation

Editorial. Quel que soit le résultat du référendum du 4 novembre sur l’avenir de l’archipel, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel pour enfin arriver à la construction d’une nation.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 17h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le référendum du 4 novembre sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie s’inscrit dans un processus inédit, enclenché il y a trente ans et prolongé. Les relations entre la France et ses anciens territoires d’outre-mer, d’Afrique, d’Asie et des antipodes, ont été trop souvent marquées par des ruptures dramatiques ou des divorces soupçonneux pour ne pas saluer la démarche qui a conduit à cette consultation.

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                Nouvelle-Calédonie, fin d’une campagne référendaire étonnamment calme



L’honneur en revient à quatre hommes. Jean-Marie Tjibaou, le leader historique de l’émancipation kanak, qui sut tendre la main au moment où, après le drame de la grotte d’Ouvéa, en mai 1988, l’archipel menaçait de plonger dans la guerre civile. Jacques Lafleur, le leader de la communauté « européenne » de Nouvelle-Calédonie, qui sut saisir cette main tendue. Le premier ministre, Michel Rocard, qui sut construire cette réconciliation en associant tous les Calédoniens aux accords de Matignon en 1988 et en scellant le dispositif par un référendum national. Enfin, un autre premier ministre socialiste, Lionel Jospin, qui sut, par les accords de Nouméa de 1998, consolider cet apaisement, reconnaître la singularité calédonienne et fixer le cap de l’actuel référendum.

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                L’histoire secrète des accords de Matignon



Emmanuel Macron et Edouard Philippe tiennent, aujourd’hui, les engagements de leurs prédécesseurs. L’un et l’autre ont œuvré et se sont rendus dans l’archipel, ces derniers mois, pour garantir le dialogue et conforter la confiance entre indépendantistes et partisans du maintien dans le giron français.
Tout indique que ces derniers seront majoritaires au soir du 4 novembre. Pour autant, ce vote ne marquera pas la fin de l’histoire. Point d’aboutissement du dialogue démocratique engagé en 1988, ce scrutin doit être le point de départ d’une nouvelle étape. Déjà, en trois décennies, la collectivité calédonienne s’est vu doter d’un statut sans équivalent dans la République : institutions propres, larges compétences transférées de manière irréversible, « lois de pays » ayant valeur législative, enfin reconnaissance d’une citoyenneté calédonienne. Sans compter l’amorce d’un rééquilibrage du pouvoir économique (en particulier la maîtrise de la production de nickel, principale richesse locale) entre les communautés kanak et non kanak.
Mais, quel que soit le résultat du scrutin du 4 novembre, l’on ne pourra en rester au statu quo actuel et il faudra aller plus loin.

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                Nouvelle-Calédonie, la grande marche vers l’indépendance



Soit que, conformément aux accords de Nouméa, de nouveaux référendums d’autodétermination soient organisés dans deux ans et, en cas d’échec, dans quatre ans. Pour autant, même si ces consultations étaient maintenues et débouchaient sur le choix de l’indépendance, chacun admet que cette émancipation ne pourrait se dispenser de maintenir, d’une manière ou d’une autre, une forme d’association étroite avec la France.
Soit que, d’un commun accord, les Calédoniens y renoncent pour se consacrer à l’approfondissement de la « souveraineté partagée » qu’ils ont commencé à inventer. Dans cette hypothèse, il sera vital que les Calédoniens non kanak ne cèdent pas à la tentation d’abuser de leur probable victoire.
La poursuite d’un dialogue confiant entre communautés autant qu’une répartition plus équitable des richesses (encore trop concentrées entre les mains de quelques conglomérats familiaux, au détriment des kanak) sont les deux conditions indispensables au « vivre-ensemble » calédonien. et, quelle qu’en soit la forme institutionnelle, à la construction d’une nation.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.
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Du démantèlement des empires aux Etats-nations

Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h26
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

La fin de la première guerre mondiale et les traités imposés aux vaincus dans le sillage de celui de Versailles, entre 1919 et 1920, marquent le triomphe en Europe du modèle d’Etat à la française. Avant 1914, le Vieux Continent était encore très largement dominé par de grands empires multinationaux, multi­ethniques et multireligieux dont l’unité – moins fragile qu’on l’a longtemps cru – se fondait sur la fidélité à des dynasties enracinées dans l’histoire, comme celle des Habsbourg pour l’Autriche-Hongrie, des ­Ottomans pour l’empire homonyme ou des Romanov pour la Russie.
A cet égard, l’Empire allemand, proclamé en 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, après l’écrasement par la Prusse de la France de Napoléon III, faisait exception par son caractère récent et sa relative homogénéité nationale. En juin 1919, ces ensembles, dénoncés comme « prisons des peuples » par les vainqueurs, seront ­implacablement démantelés à la table des négociations pour être remplacés par des Etats-nations censés garantir les droits des principales nationalités. Du moins de celles qui avaient choisi le bon camp.
Occasion ratée
La paix de Versailles avec ses clauses humiliantes, perçue comme un « diktat » par les vaincus, fut une occasion ratée. Le chantier était certes immense, à l’aune des ambitions des grands vainqueurs du ­conflit (France, Etats-Unis, Royaume-Uni), véritables maîtres d’œuvre de ce traité et des traités régionaux qui suivront, Saint-Germain-en-Laye avec l’Autriche, Trianon avec la Hongrie, Neuilly avec la Bulgarie et Sèvres avec l’Empire ottoman.

« La réorganisation de l’Europe en 1919-1923 a obéi au principe des nationalités tel qu’il s’était exprimé lors du printemps des peuples de 1848 et aux droits des minorités tels qu’ils avaient été affirmés par le président américain Woodrow Wilson peu avant la fin du conflit, mais le tout fut mis au service des vainqueurs », relève le géographe Michel Foucher,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.
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Les déplacements des populations gréco-turques, un modèle de transfert

Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h24
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Les transferts de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1922 et 1924 ont servi de référence à d’autres déplacements légaux, notamment entre l’Inde et le Pakistan lors du partage de 1947 sur les ruines de l’Empire britannique des Indes. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre la Grèce et la Turquie, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée. Côté turc, ils sont environ 500 000 musulmans à quitter leur Grèce natale pour gagner une Turquie inconnue.
Côté grec, environ 1,5 million de personnes quittent l’Anatolie pour s’installer dans des territoires grecs vidés de toute popu­lation. « L’idée du transfert est ancienne, rappelle ­l’historien Hervé Georgelin, chercheur au département d’études ­turques à l’université nationale d’Athènes. Il faut remonter aux négociations post-deuxième guerre balkanique, en 1913, entre le premier ministre grec de l’époque, Elefthérios ­Venizélos, et les dirigeants du Comité union et progrès (CUP) au pouvoir à Constantinople, pour comprendre les politiques d’homogénéisation de la Grèce et de la Turquie. »
Traité de Lausanne
Mais si avant 1914, Grecs et Ottomans retiennent le critère du volontariat pour régler la question migratoire, au len­demain de la Grande Guerre et à la fin de la guerre ­gréco-turque (1919-1922), les négociations bilatérales se finalisent sur la base du critère obligatoire. Le traité de Lausanne a ainsi légitimé ces déplacements de populations ; et parce que ces derniers ont eu lieu sans effusion de sang – contrairement aux violences qui les ont précédés lors de la guerre de libération de la Turquie –, les Alliés y ont vu une façon de résoudre l’épineuse question des nationalités en fonction de l’appartenance religieuse.
A l’aide de la SDN, des commissions mixtes se mettent en place – « des baraquements de réfugiés vont exister en Grèce ­jusqu’aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.
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En Europe, 140 000 travailleurs chinois ont participé à l’effort de guerre

Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Soucieux de restituer au conflit son ampleur mondiale, les historiens insistent, ces dernières années, sur le brassage, parfois ­saisissant, auquel il a donné lieu sur le continent européen. Ils ­racontent aussi les conséquences de ces déplacements qui furent parfois autant affectifs, intellectuels ou politiques que géogra­phiques. L’historien Thomas Grillot a par exemple montré dans Après la Grande Guerre. Comment les Amérindiens des Etats-Unis sont devenus patriotes (EHESS éditions, 2014) comment l’expérience européenne des 12 000 Amérindiens de l’armée américaine a fait naître de nouvelles revendications face à l’Etat fédéral.

Le sort des 140 000 Chinois arrivés en France au cours de l’année 1917 pour aider les forces alliées est maintenant mieux connu, notamment grâce à l’ouvrage collectif Les Travailleurs chinois en France dans la première guerre mondiale (CNRS éditions, 2012). S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922. La Chine avait décidé que sa participation à ­l’effort de guerre prendrait la forme de l’envoi de travailleurs, quelques mois avant de rompre sa neutralité et de se déclarer formellement en guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, en août 1917. Dans leur grande majorité, ces travailleurs étaient sous autorité britannique et eurent pour mission des travaux de terrassement dans la zone du front. On estime à un peu moins de 40 000 ceux sous autorité française, la plupart placés en usine.
Idées reçues
L’administration française, dans ses documents sur la gestion de la main-d’œuvre étrangère, a vanté les qualités de ces nouveaux venus dans des termes où transparaissent les idées reçues de l’époque : le travailleur chinois possède nécessairement souplesse, intelligence, patience, minutie… Pourtant, sur le terrain, les rapports avec les populations locales montrent la persistance d’autres clichés. Sur le territoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
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A Paris, en 1919, les militants anticolonialistes s’invitent à la conférence de paix

Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Au moment de la conférence de paix de Paris, en 1919, les leaders politiques de toute la planète sont présents dans la capitale française. « Le monde observait Paris et Paris observait le monde », note joliment l’historien Michael Goebel dans Paris, capitale du tiers-monde (La Découverte, 2017). Conçu pour remettre en ordre une Europe morcelée après l’éclatement des empires, le droit à l’autodétermination des peuples, contenu dans le programme de paix proposé par Woodrow Wilson en janvier 1918, soulève d’immenses espoirs en Asie et en Afrique. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
« Moment ­wilsonien »
On rêve alors d’un ordre mondial post-impérial, avant que la restriction du principe wilsonien à la seule Europe n’y mette fin. Et même après cette première déconvenue, on continue de croire que les Etats-Unis vont aider à l’avènement d’une nouvelle ère de relations internationales qui sera marquée par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Une prolifération de pétitions et de requêtes empruntant la rhétorique du président Wilson atteste de cet espoir. Au point que, selon l’historien ­américain Erez Manela, on peut alors parler d’un « moment ­wilsonien » – thèse développée dans son ouvrage The Wilsonian Moment (Oxford University Press, 2007, non traduit). Les nombreux délégués qui se rencontrent à Paris partagent en effet cette même sensibilité à la dignité et à l’autonomie. Leurs arguments portent d’autant plus que l’Europe s’est décrédibilisée : après leurs dix millions de morts et un déchaînement de brutalité, les pays occidentaux peinent à convaincre encore de leur supériorité en termes de « civilisation ».
Signe de l’importance qu’ils accordent aux débats parisiens, les mouvements, les cercles, les réseaux anticolonialistes cherchent partout et à tout...




                        

                        


<article-nb="2018/11/02/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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René Dosière : « Le rôle de l’Etat devra être essentiel après le référendum en Nouvelle-Calédonie »

L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h17
    |

René Dosière (ancien député)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis trente ans, la France s’est engagée, en Nouvelle-Calédonie, dans une politique de décolonisation apaisée et innovante, à l’opposé de ses anciennes pratiques coloniales. Elle a souhaité, et obtenu, que tous les Calédoniens, quelle que soit leur communauté d’origine, deviennent coresponsables de leur avenir renommé « destin commun ». A cette fin, ont été transférées à la Nouvelle-Calédonie toutes les compétences concernant les politiques économique, financière, sociale, culturelle, éducative, etc. Dans tous ces domaines, le Congrès du territoire dispose du pouvoir législatif, une innovation sans précédent dans notre histoire républicaine.
De son côté, le gouvernement du pays associe indépendantistes et « loyalistes » (comme se nomment, localement, les anti-indépendantistes) dans le cadre d’une culture océanienne privilégiant collégialité et consensus (la seule référence connue, mais temporaire, fut celle du gouvernement de transition en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid). Devenue « souveraine », la Calédonie veut-elle accéder à la « pleine souveraineté », en exerçant les compétences régaliennes (sécurité, armée, justice, relations extérieures) dont la maîtrise est restée à la France ? Tel est l’enjeu de la consultation référendaire du dimanche 4 novembre.

Une cathédrale de fer
Le bilan de ces trente ans est éloquent. Hier ignorée, voire méprisée, la culture identitaire des Kanak, peuple premier représentant 40 % de la population, à côté d’un tiers d’Européens, est désormais reconnue. Leur plus belle réussite se situe dans l’industrie du nickel, ce minerai dont la Calédonie dispose d’un tiers des ressources mondiales. Avec la Société minière du Sud pacifique(SMSP) qu’ils contrôlent, les Kanak ont édifié, en partenariat avec une multinationale canadienne, une nouvelle usine métallurgique (une magnifique cathédrale de fer !) en province Nord – province dirigée par Paul Néaoutyine, ancien collaborateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Tracer la composition des marchandises, de la fabrication  au recyclage, est possible et indispensable, affirme Christian Zolesi, consultant en environnement, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faut instaurer une carte d’identité pour les produits »

Tracer la composition des marchandises, de la fabrication  au recyclage, est possible et indispensable, affirme Christian Zolesi, consultant en environnement, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h35
    |

Christian Zolesi







                        



                                


                            
Tribune. Les valorisations boursières record des géants du e-commerce ne prennent guère en compte les impacts négatifs générés par la masse des produits de consommation qu’ils distribuent. Ne pourrait-on envisager que leurs investissements colossaux dans les technologies numériques servent aussi à développer un nouveau système d’informations sur la composition des matériaux tout au long du cycle de vie de ces produits ? Une piste envisageable serait d’instaurer une « carte d’identité » des substances présentes dans les produits de consommation, afin de favoriser le développement d’une économie circulaire plus saine.
Ce jumeau numérique, qui fait tant défaut, faciliterait l’utilisation des matières résiduelles du produit pour en faire une source importante et fiable de (nouvelles) matières premières dans l’économie circulaire.
Il n’est plus concevable qu’à l’ère du big data, les distributeurs ne puissent pas récupérer une liste de quelques substances dans un matériau
En effet, les coûts sanitaires, environnementaux ou sociaux causés par la fabrication, la commercialisation et la consommation de produits dépassent de loin les 1 000 milliards de dollars par an, que ce soit du fait du réchauffement climatique, de la pollution de l’air ou de l’érosion de la biodiversité. A ces coûts s’ajoutent les quantités phénoménales de plastique utilisées lors du processus de fabrication. Selon le Parlement européen, plus de 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, un chiffre amené à doubler dans vingt ans. Les océans pourraient alors contenir plus de plastique que de poissons. Et un continent de plastique grand comme trois fois la France évolue actuellement dans le Pacifique.
Mais si l’économie circulaire devient incontournable pour ménager les ressources et limiter les déchets polluants, elle présente une vulnérabilité de taille : la perte de données sur la composition en substances chimiques des produits et de leurs matériaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La fiancée du journaliste souadien tué à Istanbul déplore que l’administration Trump ait adopté une position dépourvue de tout fondement moral.
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Hatice Cengiz : « J’exige que ceux qui ont prémédité, ordonné et commis l’assassinat de Jamal Khashoggi soient jugés »

La fiancée du journaliste souadien tué à Istanbul déplore que l’administration Trump ait adopté une position dépourvue de tout fondement moral.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 07h19
    |

Hatice Cengiz (fiancée de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien tué à Istanbul)







                        



                                


                            

Tribune. Cela fait exactement un mois que mon fiancé, le célèbre journaliste Jamal Khashoggi, est entré dans le consulat saoudien d’Istanbul et n’en est jamais ressorti. Aujourd’hui, c’est aussi la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, instituée en 2013 par les Nations unies. La coïncidence est tragique et douloureuse.
Jusqu’à il y a un mois encore, Jamal m’envoyait ses articles. Je les lisais avec enthousiasme, puis lui téléphonais pour lui faire part de mes remarques. Il m’écoutait attentivement, et ensuite nous discutions. Aujourd’hui, j’écris sur lui et sur ce que je ressens maintenant qu’il n’est plus là.
J’ai du mal à savoir s’il s’est écoulé un mois ou un siècle depuis que j’ai perdu Jamal. Pendant les semaines où j’ai attendu dans l’espoir qu’il ressorte du consulat, chaque heure, chaque journée paraissait durer un an. L’angoisse était terrible. Mais j’ai eu beau attendre, le joyeux Jamal n’est jamais revenu. Seule m’est parvenue la nouvelle de sa mort.
« Un homme plein de gentillesse, de patience, de générosité »
Alors que j’écrivais ces lignes, le bureau du procureur d’Istanbul a publié une déclaration officielle. Jamal a été étranglé, puis démembré et son corps détruit. Un meurtre brutal, barbare et impitoyable. Quel crime avait-il commis pour qu’on le traite ainsi ? Pour quelle raison l’ont-ils tué aussi brutalement ? Il n’y a aucune explication à cette haine.

Il est important de se souvenir de la personne qu’était Jamal. Un homme plein de gentillesse, de patience, de générosité, de compassion et d’amour. Tout ce qu’il souhaitait, c’était un nouveau départ qui lui permettrait d’oublier sa nostalgie à l’égard de son pays natal. Pouvoir vivre avec un peu de bonheur une existence solitaire. Et dans cette existence, j’aurais été une compagne et une amie. J’espère qu’il savait combien il m’était précieux à moi aussi de commencer une nouvelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le biathlète dénonce l’incohérence entre la candidature à l’organisation des JO et la volonté de réduction des moyens alloués aux fédérations.
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Martin Fourcade : « Nos fédérations font déjà les fonds de tiroir pour fonctionner »

Le biathlète dénonce l’incohérence entre la candidature à l’organisation des JO et la volonté de réduction des moyens alloués aux fédérations.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h44
    |

            Clément Guillou








                        



   


Alors que le sport français traverse une période de turbulences, Martin Fourcade, le Français le plus titré de l’histoire aux Jeux olympiques (JO), met en garde contre la tentation gouvernementale de réduire les moyens alloués aux fédérations, notamment en se débarrassant de la prise en charge des conseillers techniques sportifs (CTS) – selon le projet de loi de finances pour 2019, le ministère des sports fonctionnera avec un budget en baisse de 30 millions d’euros et devra supprimer, d’ici à 2022, l’équivalent de 1 600 emplois temps plein. Président de la commission des athlètes des JO 2024, le biathlète stigmatise le manque de cohérence entre la candidature à l’organisation des Jeux et la dynamique actuelle.
Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?
Je me suis longtemps posé la question de donner mon avis de manière argumentée et, une fois que Kevin Mayer ou Teddy Riner s’étaient exprimés sur le sujet, je n’ai pas eu envie d’en rajouter. Je ne voulais pas jeter de l’huile sur le feu, par respect pour les gens qui se démènent pour trouver des solutions, d’autant plus que nous venions d’avoir un changement de ministre. Mais les signaux ne vont pas dans la bonne direction.
C’est-à-dire ?
On s’est battus comme des chiens pour avoir l’organisation des Jeux olympiques 2024 après de nombreux échecs. Le comité de candidature a mis énormément d’énergie et tout le monde s’est soudé autour de ce dossier, qu’il s’agisse de l’Etat, des collectivités territoriales ou du mouvement sportif, tout le monde a parlé d’une seule voix. Or, aujourd’hui, les signaux qui nous sont envoyés montrent l’absence de continuité.

        Lire aussi :
         

                Lettre ouverte de 380 sportifs à Emmanuel Macron



Pourquoi avoir dépensé autant d’énergie pour faire cela aujourd’hui ? En tant que sportif, quand j’ai gagné une médaille, je pense à celle d’après, je ne m’arrête pas de travailler. Ce n’est qu’une étape de les avoir obtenus. Il y a peut-être eu une décompression. Il faut retrouver l’unité qui avait prévalu durant la campagne.
En quoi la situation actuelle vous inquiète-t-elle ?
Je n’ai pas peur pour moi mais pour l’athlète que j’étais il y a dix ans et qui avait besoin des moyens de sa fédération et des conseillers techniques sportifs (CTS). Les CTS, je sais ce que ça représente. Stéphane Bouthiaux [son entraîneur historique, qui a cessé de travailler avec lui à la fin de la saison dernière] en est un. Il y a huit cadres techniques affectés au biathlon, six ont été mes entraîneurs.
Ne pourraient-ils pas être payés par la fédération et non plus par l’Etat ?
Nos fédérations font déjà les fonds de tiroir pour fonctionner. Les athlètes de la Fédération française de ski (FFS) payent une partie du budget de fonctionnement de la fédération. Réduire les moyens de la fédération, cela signifie augmenter la part payée par ses athlètes. Or, pour certains, ce n’est plus possible. La ministre dit : « On a les moyens pour faire. »
En réalité, on ne peut pas faire avec moins, en tout cas dans ma fédération. On fait déjà avec pas grand-chose. C’est la débrouille permanente. En groupe France [le plus haut niveau dans les fédérations], on a parfois des budgets de 40 euros par jour et par athlète pour faire fonctionner un stage : à ce prix-là, il faut parfois se faire à manger soi-même, dormir en chalet pour faire des économies. Pas grand monde à l’étranger ne fonctionne dans ces conditions-là.
Avez-vous le sentiment que les opinions des sportifs sont suffisamment défendues par le Comité national olympique (CNOSF) ?
Je pense que le CNOSF est à l’écoute de nos messages. Mais que ce soit les pouvoirs publics, les amoureux de sport, pas grand monde n’imagine les moyens avec lesquels on travaille aujourd’hui. Il y a un décalage entre l’image que renvoie le sport de haut niveau et la réalité de nombreuses fédérations. C’est un message qu’on doit faire passer : on est loin de vivre dans l’opulence.
Est-il difficile de se faire entendre des instances politiques lorsque l’on est athlète ?
A la commission des athlètes de Paris 2024, je ne le ressens pas. Nous travaillons avec des personnes issues du mouvement sportif, Tony Estanguet, Jean-Philippe Gatien. Sur des candidatures plus politiques, les athlètes peuvent servir de caution. Par exemple, je n’aurais pas forcément accepté ce rôle pour Paris 2012. Mais la présence de Tony, le fait que ce soit lui qui prenne les décisions, rend les choses tellement plus fluides et logiques. Ses décisions sont motivées par son passé d’athlète.

        Lire aussi :
         

                Le mouvement sportif français lance une pétition « pour que le sport compte »



Quand la voix des athlètes est consultative, c’en est une parmi d’autres et elle n’est pas privilégiée. Là, quand je fais remonter une information, je sais qu’elle est prise en compte par quelqu’un qui comprend nos problématiques. Je n’ai pas en face de moi quelqu’un qui écoute d’une oreille et prend mon avis comme une donnée parmi d’autres, comme c’est le cas à la Fédération internationale de biathlon (IBU), où je suis l’un des quatre représentants des athlètes, ou comme cela semble être le cas à l’Agence mondiale antidopage (AMA).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue Alban Bensa estime que le processus d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inéluctable après plus de cent cinquante ans de domination française. Il passe par le renforcement de l’économie, même si les anti-indépendantistes espèrent un effondrement du désir d’émancipation.
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« Les Kanak veulent mettre fin au sentiment d’humiliation »

Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue Alban Bensa estime que le processus d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inéluctable après plus de cent cinquante ans de domination française. Il passe par le renforcement de l’économie, même si les anti-indépendantistes espèrent un effondrement du désir d’émancipation.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h25
    |

Alban Bensa (Anthropologue, directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            

Tribune. La Nouvelle-Calédonie est-elle en mesure de rompre avec l’héritage colonial qui l’empêche encore de devenir une nation moderne et libre ? Telle est la question de fond à laquelle renvoie le référendum d’autodétermination qui doit se tenir dans cet ancien territoire d’outre-mer le 4 novembre.
Les relations d’assujettissement ont été constitutives de la société qui s’est formée dans cet archipel du Pacifique sud après sa prise de possession par la France, le 24 septembre 1853. Les décideurs coloniaux français justifiaient leur attitude par leur puissance de feu et par la conviction d’êtres intellectuellement supérieurs à tous les habitants de la Nouvelle-Calédonie en peaufinant cette absurdité par la caricature symétrique du « primitif ». Cette posture de domination a certes, depuis trente ans, cédé du terrain, mais elle imprègne et pollue aujourd’hui encore les rapports sociaux ordinaires.

Telle est la raison principale pour laquelle les indépendantistes demandent que la Nouvelle-Calédonie accède à une pleine souveraineté. Pour créer les conditions d’éradication complète d’un sentiment d’humiliation transmis de génération en génération, aujourd’hui véritable bombe à retardement, les indépendantistes n’ont pas ménagé leur peine en utilisant au mieux les possibilités de rééquilibrage offertes par les accords de Matignon-Oudinot (1988), puis de Nouméa (1998).
Les arguments des pro-Français déclinent des contre-vérités
Ce cadre général ayant été posé par la France elle-même, les indépendantistes et aussi finalement les non-indépendantistes, on peut se demander pourquoi de nombreux Calédoniens (le référendum dira s’ils sont majoritaires) se montrent encore réticents à l’accès à leur indépendance, somme toute bien préparée.
Les arguments avoués des pro-Français déclinent des contre-vérités : les investisseurs privés partiraient (mais pourquoi alors ont-ils investi ces deux dernières décennies dans la création...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Philippe Gomes, président du parti loyaliste Calédonie ensemble, estime que la victoire attendue du « non » permettra aux électeurs de refonder la légitimité du lien avec Paris et d’abandonner « le grand rêve d’un pays pleinement souverain ».
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« Il faudra accepter un partage de souveraineté définitif avec la France »

Dans une tribune au « Monde », Philippe Gomes, président du parti loyaliste Calédonie ensemble, estime que la victoire attendue du « non » permettra aux électeurs de refonder la légitimité du lien avec Paris et d’abandonner « le grand rêve d’un pays pleinement souverain ».



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h18
    |

Philippe Gomes (Député (UDI) de la Nouvelle-Calédonie et président du parti loyaliste Calédonie ensemble)







                        



                                


                            

Tribune. Le 4 novembre prochain, cent soixante-cinq ans après que la France a pris unilatéralement possession de la Nouvelle-Calédonie, le peuple calédonien, désormais souverain sur son destin, devra décider de l’avenir de son pays : devenir un Etat indépendant ou demeurer au sein de la République.
Sur cet archipel de la Mélanésie où est installé depuis des millénaires un peuple premier – les Kanak –, des peuples d’ailleurs venus d’Europe, d’Asie, d’Afrique du Nord, d’Océanie, de l’océan Indien et des Caraïbes ont, depuis plusieurs générations, fait souche, contribuant à la construction d’un territoire français à nul autre pareil, au milieu du Pacifique… Se croisant, se heurtant, combattant ensemble lors des conflits mondiaux, se métissant aussi, ces hommes et ces femmes ont, au fil du temps, entremêlé leurs cultures par le sang, le labeur et la spiritualité.

Après une histoire coloniale douloureuse, et notamment la période dite des « Evénements » (1984-1988), c’est par le dialogue, conclu par la poignée de main entre Jacques Lafleur [anti-indépendantiste] et Jean-Marie Tjibaou [indépendantiste], que fut engagé au travers des accords de Matignon et de Nouméa un processus négocié et constitutionnalisé de décolonisation et d’émancipation de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République.
Le chemin parcouru depuis lors est considérable. L’identité kanak a été pleinement reconnue dans ses différentes dimensions culturelles, coutumières, institutionnelles et éducatives, et la légitimité des autres communautés a été affirmée. Une « souveraineté partagée » entre la France et la Nouvelle-Calédonie a été consacrée, permettant à notre pays de se gouverner lui-même à l’exception des compétences régaliennes. Enfin, le rééquilibrage engagé au profit des populations de l’intérieur et des îles permet désormais à tous les Calédoniens de bénéficier de conditions de vie équivalentes.
Cette France qui...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour financer la préservation de la planète, il faut marier la culture des investisseurs à celle des acteurs engagés pour l’environnement, estime l’économiste Thomas Binet dans une tribune au « Monde ».
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« Finance privée et entreprises doivent contribuer à la protection des océans »

Pour financer la préservation de la planète, il faut marier la culture des investisseurs à celle des acteurs engagés pour l’environnement, estime l’économiste Thomas Binet dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h39
    |

Thomas Binet (Economiste et fondateur du cabinet Vertigo Lab, spécialisé dans l’économie de la transition écologique)







                        



                                


                            

Tribune. Paradoxalement, les océans n’ont jamais autant suscité l’attention des décideurs et du grand public, alors qu’on manque cruellement de moyens financiers et techniques pour endiguer la rapide dégradation des écosystèmes côtiers et la perte de leur biodiversité. L’aide publique et le mécénat sont les principaux bailleurs de fonds, mais le compte n’y est pas : entre 3 et 7 milliards d’euros sont nécessaires pour protéger ne serait-ce que 10 % de la surface des océans ! Les besoins en financement dépassent largement les moyens alloués, qui s’élèvent à quelques centaines de millions d’euros par an seulement.
Alors, peut-on attendre de la générosité des citoyens qu’ils comblent ce déficit pour la préservation des océans ? La finance privée et les entreprises doivent également contribuer à cet effort, car ils bénéficient eux aussi des immenses services rendus par les océans.
Trois mécanismes destinés à trois types d’acteurs ayant un rôle-clé à jouer dans la préservation des océans annoncent ce changement.
Des projets hybrides sont envisageables
Les écosystèmes marins constituent d’abord pour les opérateurs touristiques et les communautés littorales des « infrastructures bleues » garantes de leur sécurité et de la résistance des activités économiques en cas d’aléas climatiques extrêmes. L’exemple des mangroves protégeant le littoral indonésien lors du tsunami de 2004 ou des récifs coralliens réduisant 90 % de la force des vagues en attestent.
Lorsque ces aléas surviennent, la restauration de ces écosystèmes requiert d’importants moyens financiers. Les assurances sont toutes désignées pour couvrir ces besoins d’urgence. La compagnie Swiss Re expérimente ainsi une assurance pour le récif corallien et les plages de la côte mexicaine. Cette assurance est financée en partie par les hôteliers de la côte. Elle est déclenchée au-dessus d’une certaine vitesse de vent lors d’un cyclone et permet d’accéder rapidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’axe prioritaire pour dynamiser le pouvoir d’achat des ménages devrait être celui des créations d’emplois, estime le professeur d’économie dans sa chronique au « Monde ».
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Gilbert Cette : « La fausse bonne idée de la “désocialisation des heures supplémentaires” »

L’axe prioritaire pour dynamiser le pouvoir d’achat des ménages devrait être celui des créations d’emplois, estime le professeur d’économie dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 11h31
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            
Chronique « Entreprises ». Le débat sur le pouvoir d’achat capte actuellement l’attention des pouvoirs publics. Ainsi, la baisse de la taxe d’habitation vise à dynamiser le pouvoir d’achat des ménages ; la bascule des cotisations sociales vers la CSG vise à dynamiser le pouvoir d’achat des seuls salariés.
Cette préoccupation peut étonner dans une période où le pouvoir d’achat des ménages, tout comme celui du salaire moyen, augmente continûment. Le taux de marge des sociétés non financières demeure actuellement inférieur à ses niveaux d’avant-crise, ce qui témoigne d’une évolution du salaire moyen plus rapide que celle de la productivité. Au-delà, la France pâtit toujours d’un chômage massif, alors que la très grande majorité des pays de l’OCDE sont au plein-emploi. L’axe prioritaire, sinon le seul, qui devrait être évoqué pour dynamiser le pouvoir d’achat des ménages devrait donc être celui des créations d’emplois.
A ce titre, la baisse des cotisations sociales des salariés sur les heures supplémentaires envisagée dans la loi de finances 2019, appelée curieusement « désocialisation des heures supplémentaires », présente plusieurs inconvénients, outre celui de brouiller encore davantage le financement de la protection sociale. Tout d’abord, ce dispositif ne bénéficie pas aux salariés n’ayant pas la possibilité de faire des heures supplémentaires, comme, par exemple, les temps partiels contraints, dont la situation salariale est souvent très défavorable.
« Il s’agit d’une incitation à substituer des heures supplémentaires aux salariés, ce qui n’est pas approprié pour une économie encore en chômage massif »
Ensuite, il s’agit d’une incitation à substituer des heures supplémentaires aux salariés, ce qui n’est pas approprié pour une économie encore en chômage massif. C’est pour cette raison que les évaluations de ce dispositif aboutissent à des destructions d’emplois (« Désocialisation des heures supplémentaires : pouvoir d’achat pour...




                        

                        


<article-nb="2018/11/02/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le bois de chauffage peut utilement contribuer à la sauvegarde de la planète, à condition de l’intégrer dans des systèmes d’exploitation durables, explique la professeure Meriem Fournier dans une tribune au « Monde ».
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« Il y a beaucoup de bois à utiliser pour l’énergie ! »

Le bois de chauffage peut utilement contribuer à la sauvegarde de la planète, à condition de l’intégrer dans des systèmes d’exploitation durables, explique la professeure Meriem Fournier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h31
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Meriem Fournier (Directrice du Centre AgroParisTech de Nancy)







                        



                                


                            
Tribune. Le bois comme source d’énergie peut faire partie intégrante du « pack de mesures sans précédent pour éviter le pire », pour reprendre la formule du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), amplement relayée ces derniers temps. A condition de le lier intimement à la gestion forestière durable. Pour juger de la pertinence des usages d’une ressource comme le bois, il ne faut pas déconnecter la bonne gestion forestière, les usages du bois matériau et le bois énergie, en suivant le modèle dépassé de filières linéaires. L’erreur serait aussi de considérer le bois énergie comme un gisement de bois extrait de la forêt, sur le modèle minier.
« Tout ce qui sort de la boucle faute d’autre usage possible, et seulement cela, doit être converti en énergie »
Le bois énergie est en effet un coproduit. Selon les principes de la sylviculture, pour faire grossir du bois, on coupe forcément des petits bois pour faire de la place (éclaircies). La transformation suit une logique de cascade : priorité aux usages en matériau, et, dans ces matériaux, priorité au bois massif (bois d’œuvre). Les bois de qualité secondaires, petits bois d’éclaircie ou déchets du bois d’œuvre, sont déconstruits en particules, fibres ou cellulose et autres molécules, et recomposés en papier, carton, panneaux et autres matériaux d’ingénierie (bois industrie)
Ce bois déconstruit/recomposé peut aussi venir du recyclage des produits massifs primaires arrivés en fin de vie. Tout ce qui sort de la boucle faute d’autre usage possible, et seulement cela, doit être converti en énergie (bois énergie). Mais cela laisse beaucoup de bois à utiliser pour l’énergie !
Le dernier rapport du GIEC nous met devant nos responsabilités de contenir coûte que coûte le réchauffement à + 1,5 °C et donc de considérer des exigences de court terme (la fin du siècle) à l’échelle forestière. Si l’on suit la logique d’un bilan carbone optimal immédiat, on devrait...




                        

                        

