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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans de nombreuses petites villes et zones rurales, trouver un endroit où dîner après 21 heures relève souvent de la gageure.
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Quand seuls le McDo et le kebab restent ouverts


                      Dans de nombreuses petites villes et zones rurales, trouver un endroit où dîner après 21 heures relève souvent de la gageure.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 16h48
    |

                            Lorraine de Foucher








                              

                        

Il est tombé presque aussi vite que la nuit. A Flixecourt, dans la Somme, le rideau du Café du centre qui borde la grande rue s’est posé à 19 h 30. Les clients ont vidé leur verre et sont partis dans le froid nocturne de cette ville tout en brique de 3 000 habitants. Le bourg est devenu désert, mis à part la pizzeria Tasty et le Café du monument, dont la moitié des lettres de la façade d’époque ont disparu. L’établissement offre alcool et kebabs et se targue d’être le seul ouvert au-delà de 22 heures dans le coin. « Hormis McDo, mais on ne peut pas lutter », dit en souriant le barman, qui sert des canettes de bière 8.6 à quatre hommes extatiques devant une ancienne chanteuse pour adolescents devenue actrice, Lorie Pester, de passage à la télévision.
« C’est pas comme si on avait le choix, tout ferme super tôt ici, c’est mort. » Un adolescent de la ville
A la table mitoyenne, trois jeunes parlent de s’afficher sur Snapchat en plantant leurs frites brillantes dans la sauce. Un portable sonne, on entend une mère s’enquérir de son enfant pas rentré, qui lui répond : « Je suis sur la route, maman, j’arrive », et sa voisine de table mime un bruit de mobylette avec sa bouche pour crédibiliser sa réponse. « Kebab, McDo, passé 20 heures, c’est pas comme si on avait le choix, tout ferme super tôt ici, c’est mort », explique l’adolescent.
C’est l’autre secret du succès de McDo dans les petites et moyennes villes françaises : ses horaires d’ouverture. Trouver un endroit où dîner à Flixecourt après 21 heures, ou même dans des communes plus grandes, relève souvent de la gageure. On pourrait penser désertification des campagnes, crise économique, foyer comme nouvelle valeur refuge, si le parking du McDonald’s de Flixecourt, lui, n’était pas plein en ce banal mercredi d’octobre – il ferme à 22 h 30.
« Rapide et peu cher »
Eclairé par les lueurs bleutées du Super U d’à côté, il y a cet ouvrier poseur...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ L’agression de deux femmes dans le 9e arrondissement de la capitale intervient après une série d’attaques contre des couples homosexuels dénoncée sur les réseaux sociaux.
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Nouvelle agression homophobe à Paris

L’agression de deux femmes dans le 9e arrondissement de la capitale intervient après une série d’attaques contre des couples homosexuels dénoncée sur les réseaux sociaux.



Le Monde.fr avec AFP
 |    02.11.2018 à 15h03
   





                        


Un nouveau cas d’agression homophobe, survenu dans le 9e arrondissement de Paris mercredi 31 octobre au soir contre deux femmes, a émergé sur les réseaux sociaux avant de faire l’objet d’une enquête. Selon une source policière citée par l’Agence France-Presse (AFP), un couple de femmes s’embrassait à un arrêt de bus de la capitale lorsqu’un homme a tiré les cheveux de l’une d’entre elles. Sa partenaire a alors poursuivi cet individu, qui lui a asséné un coup de poing au visage. Les blessures causées par l’agresseur ont entraîné pour la victime 21 jours d’interruption de travail (ITT).

Nouvelle agression homophobe hier soir Paris 9e
Deux femmes qui s’embrassaient. 
Plainte déposée.
— UHomophobie (@Urgence Homophobie)


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Selon une source judiciaire citée par l’AFP, l’enquête a été ouverte pour « violences commises en raison de l’orientation sexuelle dans un lieu destiné à l’accès à un transport collectif de voyageurs ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours ». Les investigations ont été confiées au service de l’accueil et de l’investigation de proximité (SAIP) du 9e arrondissement.
Des agressions « indignes de la France »
Ces dernières semaines, les victimes d’attaques de cette nature ont accédé à une visibilité plus importante. Les témoignages sont généralement publiés sur les réseaux sociaux avec une photographie des blessures subies par les personnes agressées. Les hommes y sont plus représentés que les femmes, mais les faits de mercredi soir rappellent qu’ils ne sont pas les seuls concernés.

        Lire aussi :
         

                Homophobie : un constat alarmant



Portant dans les rues la mobilisation commencée depuis la rentrée sur les réseaux sociaux contre les agressions homophobes, 3 000 personnes s’étaient rassemblées à Paris le 21 octobre contre l’homophobie. Plusieurs membres du gouvernement étaient présents à ce rassemblement organisé à l’appel d’associations. Lundi, le président Emmanuel Macron avait dénoncé sur Twitter ces agressions comme « indignes de la France », et annoncé de futures « mesures concrètes », sans en préciser le contenu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Les hommes ont du mal à parler des cancers de leurs organes génitaux, voire à alerter sur d’éventuels symptômes. Médecins et associations tentent de les sensibiliser. Par exemple avec la campagne Movember, qui incite à se laisser pousser la moustache… en novembre.
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Comment casser le tabou des cancers masculins


                      Les hommes ont du mal à parler des cancers de leurs organes génitaux, voire à alerter sur d’éventuels symptômes. Médecins et associations tentent de les sensibiliser. Par exemple avec la campagne Movember, qui incite à se laisser pousser la moustache… en novembre.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h57
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h07
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

« Quelle taille voulez-vous ? », demande un urologue à son patient, les yeux rivés sur trois petites balles qu’il vient de poser sur son bureau. En 2004, Stéphane Beaumont, 34 ans, vient d’apprendre qu’il souffre d’un cancer du testicule. Son pronostic vital n’est pas engagé mais il va être opéré. « Qu’est-ce que j’allais bien faire d’une prothèse ?, se demande-t-il alors. Cela faisait quinze ans que j’étais avec ma femme, je n’avais rien à lui cacher. » Le médecin ­insiste : « On ne sait jamais. » Stéphane Beaumont choisit finalement la taille intermédiaire. Depuis, ce commercial en informatique et rugbyman amateur assume sa « mono-couille naturelle », du haut de son ­mètre quatre-vingts bien musclé. « Je suis toujours viril, non ? », plaisante-t-il, à une table du restaurant L’Auberge aveyronnaise, dans le ­12e arrondissement, à Paris, où il entend organiser un événement pour ­soutenir la cause des cancers masculins.
Le cancer du testicule touche les 25-30 ans
Voilà sept ans qu’il s’est engagé auprès de l’association ­australienne Movember, qui sensibilise l’opinion publique sur le sujet et lève des fonds pour la recherche sur les maladies masculines, ­notamment les cancers de la prostate et du testicule, en invitant les ­hommes à se laisser pousser la moustache en novembre. Stéphane ­Beaumont dégaine sa toute nouvelle carte de visite façon pochoir-moustache. « J’ai grandi avec Les Brigades du Tigre, j’adore le look. Mais je suis la seule personne à avoir participé à toutes les campagnes Movember en France », regrette-t-il, conscient du tabou que représentent les ­cancers masculins.
« Les hommes ne parlent pas facilement de leur santé, a fortiori quand elle touche leur virilité », constate le professeur Karim Fizazi, ­oncologue, spécialisé dans les cancers génito-urinaires à l’hôpital ­Gustave-Roussy à Villejuif (Val-de-Marne), le premier centre de lutte...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans nombre de petites villes françaises, le géant américain se substitue au troquet, disparu ou fermé le soir. Symbole de la malbouffe, il est pourtant le bienvenu dans ces communes où il maintient un peu de vie sociale.
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Le McDo a remplacé le café du village


                      Dans nombre de petites villes françaises, le géant américain se substitue au troquet, disparu ou fermé le soir. Symbole de la malbouffe, il est pourtant le bienvenu dans ces communes où il maintient un peu de vie sociale.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 14h55
    |

                            Lorraine de Foucher








                              

                        

C’est une cabane en contreplaqué rouge et bois qui toise le parking, en bordure de la RN12, direction Dreux. « Ronald Gym Club » y est inscrit en lettres capitales. Ce mardi après-midi d’automne, les jeux ne sont pas occupés par l’égérie de McDonald’s en train de faire des étirements. Plutôt par des enfants un peu trop âgés aux yeux de la serveuse, charlotte noire sur la tête et surchaussures qui offrent un bruit de plastique à sa démarche décidée.
« Ça suffit de fumer des pétards dans les toboggans ! Ça sent jusqu’au restaurant », admoneste-t-elle en montrant du doigt les effluves de cannabis devant les adolescents hilares. Trois jeunes encapuchés se lèvent. « C’est comme ça tous les jours, je vais encore appeler la gendarmerie si ça continue », menace-t-elle, pendant que ses interlocuteurs sourient et se mettent à chanter : « On est des délinquants, on fume des joints dans les toboggans », sur un air approximatif de rap, en quittant la terrasse du McDonald’s de La Queue-lez-Yvelines (Yvelines).
La France, deuxième filiale McDo
Ce joli bourg francilien situé à la frontière de l’Eure-et-Loir et de la vallée de Chevreuse fait partie des plus petits villages français à accueillir l’enseigne américaine. Depuis l’ouverture du premier McDo sur la place des Halles, à Strasbourg, en 1979, la France n’a cessé de déclarer son amour au roi du fast-food : on dénombre aujourd’hui plus de 1 285 McDonald’s pour, à titre de comparaison sur l’échelle de la gastronomie, 1 500 restaurants de sushis et 11 000 kebabs. La France est la deuxième filiale la plus rentable au monde, derrière les Etats-Unis, et celle qui enregistre le plus de croissance. Le M jaune brille partout sur le territoire, avec un immense maillage qui englobe désormais des villes aussi petites que « La Queue », comme on l’appelle dans le coin, avec ses 2 000 habitants.
« On n’a nulle part où aller quand on n’a pas cours. Quand on en a marre de faire des tours dans...



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Les faits qui se sont produits jeudi matin à Hyères ont été qualifiés de « très graves » par Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’intérieur.
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Un policier passé à tabac dans le Var

Les faits qui se sont produits jeudi matin à Hyères ont été qualifiés de « très graves » par Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’intérieur.



Le Monde.fr avec AFP
 |    02.11.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 12h32
   





                        


Une dizaine d’individus ont passé à tabac et blessé un policier dans le Var, jeudi 1er novembre au matin. L’homme rentrait chez lui à Hyères vers 6 heures lorsqu’il a aperçu deux personnes qui s’employaient à dégrader son véhicule, a indiqué le parquet à l’Agence France-Presse.
Il est apparu après que le policier a fait connaître aux casseurs sa qualité de policier que ces derniers ne semblaient pas l’ignorer. Le parquet souligne en effet qu’ils l’auraient reconnu. Avant d’être muté à Toulon, le policier avait, en effet, été en poste à Hyères, selon Var-Matin.
Des coups sont échangés. L’un des deux individus fait appel à des renforts, des individus arrivés peu après en voiture, selon Var-Matin, encapuchonnés et armés de barre fer, portant à une dizaine le nombre des agresseurs du policier. Du fait de ses blessures, le policier s’est vu accorder une interruption de travail de cinq jours.
« Faits très graves »
Deux personnes ont été arrêtées par la suite et placées en garde à vue, dont un mineur de 16 ans identifié sur la base de documents perdus au cours de sa fuite. Le parquet de Toulon a l’intention de requérir leur placement en détention.
Sur Europe 1, Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a qualifié ces faits de « très graves ».

#Toulon : le ministre de l’Intérieur s’est entretenu dès hier avec le fonctionnaire de @PoliceNationale lâchement a… https://t.co/HE4cNpgGA2— NunezLaurent (@Laurent Nunez)


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« C’est maintenant régulièrement que nos collègues se font agresser et sont blessés y compris hors service, c’est insoutenable », a réagi dans un communiqué Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police-FO, demandant « au ministre de l’Intérieur et à la garde des sceaux de prendre toute l’ampleur de ces agressions et de la colère policière, ceci n’en déplaise à certains magistrats ».
Bien que les faits se soient produits au moment de la « purge » annoncée sur les réseaux sociaux contre les policiers dans toute la France, rien n’indique à ce stade que ces événements soient liés.

        Lire aussi :
         

                « Purge » : une surveillance renforcée et une centaine d’interpellations pour Halloween






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.
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« Les femmes ont gagné en visibilité »

Centenaire du 11-Novembre. Durant le conflit, elles ont remplacé les hommes dans les champs et les usines. Si de nombreux pays ont récompensé cet effort de guerre en accordant le droit de vote aux femmes, les Françaises devront attendre 1944, et seront vite renvoyées dans leurs foyers.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h21
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            
Françoise Thébaud est historienne, professeure émérite de l’université d’Avignon. Spécialiste des femmes et du genre, ­cofondatrice de la revue Clio, elle a coordonné le tome V d’Histoire des femmes en Occident. Le XXe siècle (Plon, 1992). Elle est l’auteure, notamment, des Femmes au temps de la guerre de 14 (Payot, 2013).
La première guerre mondiale a-t-elle ouvert la voie à l’égalité des droits hommes-femmes ?
C’est l’objet d’un débat. Il est vrai que de nombreux pays ont accordé le droit de vote aux femmes au lendemain de la guerre. C’est le cas notamment du Royaume-Uni dès le 6 février 1918, à une nuance près : les femmes britanniques ne peuvent voter qu’à partir de 30 ans, par crainte d’un déséquilibre du corps électoral, étant donné que des centaines de milliers d’hommes sont morts sur le front. Cette mesure entend récompenser l’engagement au service de leur patrie de celles qui furent un des piliers de l’effort de guerre et qui remplacèrent leurs congénères masculins dans les champs et les usines.

L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, les Etats-Unis ou le Canada suivent le même chemin. Cependant, il faut relativiser l’influence de la guerre. D’abord parce que les Pays-Bas, pays pourtant non belligérant, ont eux aussi accordé le droit de vote aux femmes en 1919. Ensuite, parce que cette revendication était déjà portée avant guerre par un mouvement suffragiste puissant, organisé à l’échelle nationale et internationale. Elle est d’ailleurs satisfaite en Nouvelle-Zélande, à la fin du XIXe siècle, puis en Australie, en Finlande et en Norvège.
Même en France, pays qui n’octroie le droit de vote aux femmes qu’en 1944, de nombreux députés appartiennent à un groupe parlementaire en faveur des droits des femmes avant 1914. Les féministes qui s’étaient battues pour sa création pensaient que les Françaises voteraient aux municipales de 1916… qui ne se sont pas tenues !





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.
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Du démantèlement des empires aux Etats-nations

Centenaire du 11-Novembre. Avant 1914, le Vieux Continent est dominé par de grandes dynasties multinationales, multiethniques et multireligieuses. A l’issue de la Grande Guerre, c’est le modèle français jacobin qui triomphe. Les jalons d’un nouvel ordre international sont alors posés.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h26
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

La fin de la première guerre mondiale et les traités imposés aux vaincus dans le sillage de celui de Versailles, entre 1919 et 1920, marquent le triomphe en Europe du modèle d’Etat à la française. Avant 1914, le Vieux Continent était encore très largement dominé par de grands empires multinationaux, multi­ethniques et multireligieux dont l’unité – moins fragile qu’on l’a longtemps cru – se fondait sur la fidélité à des dynasties enracinées dans l’histoire, comme celle des Habsbourg pour l’Autriche-Hongrie, des ­Ottomans pour l’empire homonyme ou des Romanov pour la Russie.
A cet égard, l’Empire allemand, proclamé en 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, après l’écrasement par la Prusse de la France de Napoléon III, faisait exception par son caractère récent et sa relative homogénéité nationale. En juin 1919, ces ensembles, dénoncés comme « prisons des peuples » par les vainqueurs, seront ­implacablement démantelés à la table des négociations pour être remplacés par des Etats-nations censés garantir les droits des principales nationalités. Du moins de celles qui avaient choisi le bon camp.
Occasion ratée
La paix de Versailles avec ses clauses humiliantes, perçue comme un « diktat » par les vaincus, fut une occasion ratée. Le chantier était certes immense, à l’aune des ambitions des grands vainqueurs du ­conflit (France, Etats-Unis, Royaume-Uni), véritables maîtres d’œuvre de ce traité et des traités régionaux qui suivront, Saint-Germain-en-Laye avec l’Autriche, Trianon avec la Hongrie, Neuilly avec la Bulgarie et Sèvres avec l’Empire ottoman.

« La réorganisation de l’Europe en 1919-1923 a obéi au principe des nationalités tel qu’il s’était exprimé lors du printemps des peuples de 1848 et aux droits des minorités tels qu’ils avaient été affirmés par le président américain Woodrow Wilson peu avant la fin du conflit, mais le tout fut mis au service des vainqueurs », relève le géographe Michel Foucher,...




                        

                        


<article-nb="2018/11/02/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Les déplacements des populations gréco-turques, un modèle de transfert

Centenaire du 11-Novembre. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre les deux pays frontaliers, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 15h24
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Les transferts de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1922 et 1924 ont servi de référence à d’autres déplacements légaux, notamment entre l’Inde et le Pakistan lors du partage de 1947 sur les ruines de l’Empire britannique des Indes. Sous l’égide de la Société des nations (SDN) puis du traité de Lausanne (1923), mettant fin à la guerre entre la Grèce et la Turquie, près de 2 millions de personnes vont traverser la frontière gréco-turque nouvellement fixée. Côté turc, ils sont environ 500 000 musulmans à quitter leur Grèce natale pour gagner une Turquie inconnue.
Côté grec, environ 1,5 million de personnes quittent l’Anatolie pour s’installer dans des territoires grecs vidés de toute popu­lation. « L’idée du transfert est ancienne, rappelle ­l’historien Hervé Georgelin, chercheur au département d’études ­turques à l’université nationale d’Athènes. Il faut remonter aux négociations post-deuxième guerre balkanique, en 1913, entre le premier ministre grec de l’époque, Elefthérios ­Venizélos, et les dirigeants du Comité union et progrès (CUP) au pouvoir à Constantinople, pour comprendre les politiques d’homogénéisation de la Grèce et de la Turquie. »
Traité de Lausanne
Mais si avant 1914, Grecs et Ottomans retiennent le critère du volontariat pour régler la question migratoire, au len­demain de la Grande Guerre et à la fin de la guerre ­gréco-turque (1919-1922), les négociations bilatérales se finalisent sur la base du critère obligatoire. Le traité de Lausanne a ainsi légitimé ces déplacements de populations ; et parce que ces derniers ont eu lieu sans effusion de sang – contrairement aux violences qui les ont précédés lors de la guerre de libération de la Turquie –, les Alliés y ont vu une façon de résoudre l’épineuse question des nationalités en fonction de l’appartenance religieuse.
A l’aide de la SDN, des commissions mixtes se mettent en place – « des baraquements de réfugiés vont exister en Grèce ­jusqu’aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.
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En Europe, 140 000 travailleurs chinois ont participé à l’effort de guerre

Centenaire du 11-Novembre. S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Soucieux de restituer au conflit son ampleur mondiale, les historiens insistent, ces dernières années, sur le brassage, parfois ­saisissant, auquel il a donné lieu sur le continent européen. Ils ­racontent aussi les conséquences de ces déplacements qui furent parfois autant affectifs, intellectuels ou politiques que géogra­phiques. L’historien Thomas Grillot a par exemple montré dans Après la Grande Guerre. Comment les Amérindiens des Etats-Unis sont devenus patriotes (EHESS éditions, 2014) comment l’expérience européenne des 12 000 Amérindiens de l’armée américaine a fait naître de nouvelles revendications face à l’Etat fédéral.

Le sort des 140 000 Chinois arrivés en France au cours de l’année 1917 pour aider les forces alliées est maintenant mieux connu, notamment grâce à l’ouvrage collectif Les Travailleurs chinois en France dans la première guerre mondiale (CNRS éditions, 2012). S’ils ne furent pas des combattants, ces hommes n’en restèrent pas moins pendant de longs mois en Europe, pour certains ­jusqu’en 1922. La Chine avait décidé que sa participation à ­l’effort de guerre prendrait la forme de l’envoi de travailleurs, quelques mois avant de rompre sa neutralité et de se déclarer formellement en guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, en août 1917. Dans leur grande majorité, ces travailleurs étaient sous autorité britannique et eurent pour mission des travaux de terrassement dans la zone du front. On estime à un peu moins de 40 000 ceux sous autorité française, la plupart placés en usine.
Idées reçues
L’administration française, dans ses documents sur la gestion de la main-d’œuvre étrangère, a vanté les qualités de ces nouveaux venus dans des termes où transparaissent les idées reçues de l’époque : le travailleur chinois possède nécessairement souplesse, intelligence, patience, minutie… Pourtant, sur le terrain, les rapports avec les populations locales montrent la persistance d’autres clichés. Sur le territoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
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A Paris, en 1919, les militants anticolonialistes s’invitent à la conférence de paix

Centenaire du 11-Novembre. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain, Woodrow Wilson, électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.



LE MONDE IDEES
 |    02.11.2018 à 11h31
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                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Au moment de la conférence de paix de Paris, en 1919, les leaders politiques de toute la planète sont présents dans la capitale française. « Le monde observait Paris et Paris observait le monde », note joliment l’historien Michael Goebel dans Paris, capitale du tiers-monde (La Découverte, 2017). Conçu pour remettre en ordre une Europe morcelée après l’éclatement des empires, le droit à l’autodétermination des peuples, contenu dans le programme de paix proposé par Woodrow Wilson en janvier 1918, soulève d’immenses espoirs en Asie et en Afrique. Chez beaucoup ­d’intellectuels issus des colonies et de chefs de mouvements ­anti-impérialistes, le discours du président américain électrise les aspirations à se débarrasser de la tutelle coloniale.
« Moment ­wilsonien »
On rêve alors d’un ordre mondial post-impérial, avant que la restriction du principe wilsonien à la seule Europe n’y mette fin. Et même après cette première déconvenue, on continue de croire que les Etats-Unis vont aider à l’avènement d’une nouvelle ère de relations internationales qui sera marquée par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Une prolifération de pétitions et de requêtes empruntant la rhétorique du président Wilson atteste de cet espoir. Au point que, selon l’historien ­américain Erez Manela, on peut alors parler d’un « moment ­wilsonien » – thèse développée dans son ouvrage The Wilsonian Moment (Oxford University Press, 2007, non traduit). Les nombreux délégués qui se rencontrent à Paris partagent en effet cette même sensibilité à la dignité et à l’autonomie. Leurs arguments portent d’autant plus que l’Europe s’est décrédibilisée : après leurs dix millions de morts et un déchaînement de brutalité, les pays occidentaux peinent à convaincre encore de leur supériorité en termes de « civilisation ».
Signe de l’importance qu’ils accordent aux débats parisiens, les mouvements, les cercles, les réseaux anticolonialistes cherchent partout et à tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Cette année, la « Journée européenne de l’égalité salariale » tombe le 3 novembre. Au-delà de cette date, les femmes du Vieux Continent cesseront symboliquement d’être rémunérées, au regard des différences de salaire avec les hommes.
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Après le 3 novembre, les Européennes travailleront... pour rien

Cette année, la « Journée européenne de l’égalité salariale » tombe le 3 novembre. Au-delà de cette date, les femmes du Vieux Continent cesseront symboliquement d’être rémunérées, au regard des différences de salaire avec les hommes.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 10h11
    |

            Marie Charrel








                        



   


Mesdames, arrêtez tout ! A partir du samedi 3 novembre, vous travaillerez pour des prunes. Puisque les femmes gagnent 16,2 % de moins que les hommes dans l’Union européenne, d’après Eurostat, c’est en effet après cette date qu’elles cessent symboliquement d’être rémunérées pour leur travail par rapport à leurs collègues masculins. Dans l’espoir de faire bouger les choses, Bruxelles a donc choisi de consacrer cette journée à l’égalité salariale.
Il y a du pain sur la planche, car la moyenne de 16,2 % masque d’immenses disparités selon les Etats. Le salaire horaire brut des femmes est ainsi de 6,1 % inférieur à celui des hommes en Belgique, et de 5,5 % plus bas au Luxembourg. C’est relativement peu. Mais l’écart monte à 20,1 % en Autriche, 21 % au Royaume-Uni et 21,5 % en Allemagne. La France, elle, est à 15,2 %, soit un peu moins que la moyenne européenne. Voilà pourquoi la lettre d’information féministe Les Glorieuses a fixé au 6 novembre, à 15 h 35 précises, le jour après lequel les Françaises travailleront pour rien. Elle a également lancé le mouvement #6novembre15h35 pour sensibiliser l’opinion à ce sujet.

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                En France, les femmes cadres sont encore loin de l’égalité salariale



Néanmoins, ces chiffres doivent être manipulés avec précaution. En effet, ils présentent un tableau incomplet, voire trompeur, des inégalités de genre sur le marché du travail. Prenons l’exemple de l’Italie. Les écarts de salaire n’y sont que de 5,5 %, mais le taux d’emploi des femmes, mesurant la part des personnes en âge de travailler parmi la population active, est de seulement 52,5 %, contre 72,3 % pour les hommes. En Suède, la différence de salaire est de 13,3 % – plus élevée qu’à Rome –, mais les Suédoises sont bien mieux insérées que les Italiennes sur le marché du travail (leur taux d’emploi culmine à 79,5 %).
Un fossé lié aux représentations et à la maternité
Pour compléter ce tableau, il convient d’examiner également la durée du travail. Là encore, les inégalités sont fortes : 35,7 % des femmes travaillent à temps partiel dans la zone euro, contre 9,4 % des hommes. Elles sont 44,6 % en Allemagne, et… 77 % aux Pays-Bas.
Ce fossé tient aux représentations, mais aussi, en grande partie, à la maternité. Le constat se vérifie dans tous les pays : plus elles ont d’enfants, plus les mères sont nombreuses à interrompre leur carrière, au moins temporairement, tandis que le père continue de travailler. A leur retour, elles voient leur salaire progresser moins vite, si bien qu’une fois à la retraite, elles touchent une pension un tiers plus basse que celle des hommes. Toutefois, les enfants n’expliquent pas tout. A compétences et diplômes égaux, les écarts de salaire sont présents dès la première embauche. Nombre d’employeurs, pas toujours consciemment, anticipent les éventuelles grossesses à venir de leurs recrues féminines.

        Lire aussi :
         

                Emploi en Europe : plus diplômées, les femmes restent moins bien payées



« Nous ne pouvons plus accepter cette situation, ont déclaré en chœur une série de commissaires européens, le 26 octobre, appelant les Etats à agir pour aider les femmes à mieux concilier vie privée et vie professionnelle, en développant par exemple l’accueil de la petite enfance. Bruxelles espère également faire adopter sa proposition de directive qui prévoit d’instaurer un droit à dix jours de congé parental pour les pères, à prendre autour de la naissance de leur enfant. Mais ce projet, pour l’heure, ne soulève guère l’enthousiasme des Etats membres…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le chantier touchant la plus grande place du centre-ville est freiné par des collectifs d’opposants demandant son annulation.
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A la Plaine, un mur sépare les habitants et les élus marseillais

Le chantier touchant la plus grande place du centre-ville est freiné par des collectifs d’opposants demandant son annulation.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h55
    |

                            Gilles Rof (Marseille, correspondant)








                        



                                


                            

La Plaine est emmurée. Depuis le 29 octobre, la Société locale d’équipement et d’aménagement de l’aire métropolitaine de Marseille (Soleam) dresse, sous haute protection policière, une palissade de béton de 2,50 mètres tout autour des 2,5 hectares de la plus grande place publique de la ville. La mesure, surréaliste, coûtera 390 000 euros à l’aménageur et donne à la place Jean-Jaurès – nom officiel de la Plaine – un faux air de Berlin durant la guerre froide. Elle constitue la riposte radicale de la Soleam et des élus municipaux au mouvement qui, depuis le 11 octobre, freine le chantier de requalification et dénonce un « projet visant à la gentrification du quartier, mené après un simulacre de concertation ».
« Quand on cherche l’épreuve de force, il ne faut pas s’étonner de récolter des réponses fortes », justifie Gérard Chenoz, président de la Soleam et adjoint au maire délégué aux grands projets d’attractivité. Elu Les Républicains, fidèle du maire Jean-Claude Gaudin, ce sexagénaire voit dans les opposants des « professionnels de la subversion » et des « révolutionnaires de pacotille qui ne représentent pas la population du quartier ». « Le chantier se fera, ce n’est pas la peine d’envoyer des gamins en garde à vue », menaçait-il, lundi 29 octobre, lors d’une conférence de presse tenue avec le préfet de police des Bouches-du-Rhône.
Ilot alternatif
Immense plateau goudronné perché à la confluence des 1er, 5e et 6e arrondissements de Marseille, la place Jean-Jaurès constitue, avec les rues alentour, un îlot alternatif, propice à la vie associative, aux initiatives solidaires et aux brassages de population. Un quartier de nuit, truffé de bars musicaux et de restaurants, vierge de grandes enseignes internationales. Un territoire foutraque aussi, mal entretenu par les pouvoirs publics, parking gratuit et anarchique les soirs de week-end et, trois matinées par semaine,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.
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René Dosière : « Le rôle de l’Etat devra être essentiel après le référendum en Nouvelle-Calédonie »

L’ancien député PS, rapporteur de la loi sur le statut de la Nouvelle-Calédonie en 1999, estime dans une tribune au « Monde » que quel que soit le résultat, il est illusoire de penser que les Kanak renonceront à l’indépendance.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h17
    |

René Dosière (ancien député)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis trente ans, la France s’est engagée, en Nouvelle-Calédonie, dans une politique de décolonisation apaisée et innovante, à l’opposé de ses anciennes pratiques coloniales. Elle a souhaité, et obtenu, que tous les Calédoniens, quelle que soit leur communauté d’origine, deviennent coresponsables de leur avenir renommé « destin commun ». A cette fin, ont été transférées à la Nouvelle-Calédonie toutes les compétences concernant les politiques économique, financière, sociale, culturelle, éducative, etc. Dans tous ces domaines, le Congrès du territoire dispose du pouvoir législatif, une innovation sans précédent dans notre histoire républicaine.
De son côté, le gouvernement du pays associe indépendantistes et « loyalistes » (comme se nomment, localement, les anti-indépendantistes) dans le cadre d’une culture océanienne privilégiant collégialité et consensus (la seule référence connue, mais temporaire, fut celle du gouvernement de transition en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid). Devenue « souveraine », la Calédonie veut-elle accéder à la « pleine souveraineté », en exerçant les compétences régaliennes (sécurité, armée, justice, relations extérieures) dont la maîtrise est restée à la France ? Tel est l’enjeu de la consultation référendaire du dimanche 4 novembre.

Une cathédrale de fer
Le bilan de ces trente ans est éloquent. Hier ignorée, voire méprisée, la culture identitaire des Kanak, peuple premier représentant 40 % de la population, à côté d’un tiers d’Européens, est désormais reconnue. Leur plus belle réussite se situe dans l’industrie du nickel, ce minerai dont la Calédonie dispose d’un tiers des ressources mondiales. Avec la Société minière du Sud pacifique(SMSP) qu’ils contrôlent, les Kanak ont édifié, en partenariat avec une multinationale canadienne, une nouvelle usine métallurgique (une magnifique cathédrale de fer !) en province Nord – province dirigée par Paul Néaoutyine, ancien collaborateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Tables rondes, spectacles, expositions… Le festival Snap ! ouvre vendredi pour faire entendre la voix des travailleurs du sexe et instaurer un dialogue.
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Paris accueille son premier festival consacré au travail du sexe

Tables rondes, spectacles, expositions… Le festival Snap ! ouvre vendredi pour faire entendre la voix des travailleurs du sexe et instaurer un dialogue.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 09h06
   





                        



   


C’est une première en France : des travailleurs du sexe organisent à partir de ce vendredi 2 novembre un festival de trois jours à Paris. Prostitution, domination, sexcam, pornographie… Tous ces thèmes seront abordés par les intéressés autour de tables rondes, de spectacles et d’expositions ouverts à tous.
Un événement avec une portée artistique, mais aussi politique, quelques mois après la mort de Vanesa Campos, une prostituée transgenre, tuée alors qu’elle tentait d’empêcher plusieurs hommes de dépouiller un client au bois de Boulogne.

        Retrouvez notre analyse (en édition abonnés) :
         

          Les limites de la pénalisation des clients



Lutte politique
Car, pour Giovanna Rincon, directrice de l’association de défense des personnes transgenres Acceptess-T, le constat est clair : la mort de Vanesa Campos n’est pas un fait divers, mais « l’un des dégâts causés par l’application de la loi de lutte contre le système prostitutionnel ». 
Ce texte d’avril 2016, aussi appelé « loi de pénalisation du client », punit ce dernier s’il est pris sur le fait de 1 500 euros d’amende… mais il punit indirectement les personnes en situation de prostitution, selon les recherches menées par les sociologues Calogero Giametta et Hélène Le Bail, en collaboration avec Médecins du monde. « L’application de ce texte a entraîné une augmentation de la précarisation – parce qu’il y a moins de clients –, des répercussions sur la santé physique et mentale des travailleurs du sexe – parce qu’ils doivent parfois accepter des pratiques qu’ils ne proposeraient pas s’ils avaient assez de clients – et une augmentation de la stigmatisation », explique M. Giametta au Monde.
Même si le délit de racolage instauré en 2003 a été abrogé, les travailleuses et les travailleurs du sexe (TDS) continuent à être ciblés par des mesures locales. « De nombreuses mairies prennent des arrêtés visant le travail du sexe, sous couvert de restaurer la tranquillité publique, et demandent aux policiers d’augmenter les contrôles d’identité des personnes migrantes ou racisées », poursuit M. Giametta.

        Lire notre reportage (en édition abonnés) :
         

          « Avez-vous conscience d’avoir commis un délit ? » ; comment sensibiliser les clients de prostitués



Reprendre la parole
C’est ce message que les travailleurs du sexe présents au festival Snap ! veulent faire entendre. Et cette fois, avec leur propre voix. « Comme la plupart des groupes marginalisés et oppressés, notre parole est souvent confisquée par des tiers experts », explique Luca Stevenson, coordonnateur du Comité international pour les droits des travailleurs du sexe en Europe (ICRSE), au Monde :
« Or, la plupart du temps, ces experts, qui prétendent avoir nos intérêts à cœur, prennent position pour l’abolition de la prostitution ! C’est le cas par exemple des politiques qui disent que 99 % des travailleurs du sexe sont victimes de la traite des êtres humains, ou des groupes religieux qui découvrent soudainement l’égalité femmes-hommes et veulent nous sauver du patriarcat. »
Une revendication d’autant plus forte au sein des minorités. « J’apprécie que ce festival nous permette de transmettre notre expertise, raconte Giovanna Rincon, qui participera avec Luca Stevenson et Calogero Giametta à une table ronde sur la criminalisation du travail du sexe et de l’immigration. Les TDS transgenres, les racisés, les séropositifs sont souvent invisibilisés, sans le vouloir, par d’autres mouvements – de défense des TDS ou des LGBT [lesbiennes, gays, bisexuels, trans] – qui prennent la parole à notre place ». Et de conclure : « Notre message principal, c’est “rien sur nous sans nous”. »
« Détisser les préjugés »
Car cette prise de parole peut être l’occasion pour les TDS de donner un point de vue plus complexe sur leur travail, destiné aux personnes qui ne les côtoient pas habituellement.
« C’est par les rencontres qu’on peut détisser les préjugés », souligne Daniel Hellmann, travailleur du sexe suisse venu présenter au festival Snap ! son spectacle Full Service, dans lequel il propose aux participants de le payer contre divers services qu’il exécutera pour eux sur scène, de la confection d’un sandwich à une fellation, avec pour toile de fond une discussion sur ce qu’on peut acheter et sous quelles conditions. « Par la discussion, les gens se rendent compte que la différence entre nous n’est pas si grande. Il y a des milliers de raisons pour lesquelles on peut avoir une relation sexuelle : par plaisir, par dépendance économique à un mariage, etc., explique-t-il. Sexualité et économie sont liées pour tout le monde, et pas seulement pour les TDS. »
Et d’insister sur le flou qui prévaut dans son métier, entre service sexuel, artistique et thérapeutique. « Lors du passage de Full Service à Hongkong, une jeune femme, qui n’avait jamais embrassé personne, m’a demandé de lui apprendre. J’ai donné un atelier de 30 minutes sur ce thème, pour lui donner confiance. A la fin, elle m’a dit “Maintenant que j’ai vécu ça, je ne veux plus vivre sans” », se souvient-il, ému.

        Enquête :
         

          Les différents visages de la prostitution par petites annonces



Résilience par l’art
Car le festival ne se veut pas seulement comme un énième lieu de discussion universitaire. « Notre communauté utilise depuis longtemps les films, la musique ou les spectacles, pour ouvrir au public une fenêtre sur notre métier. Mais ce festival nous donne l’occasion de représenter ces œuvres ensemble, et de nous rencontrer aussi entre nous, dans un moment festif, ce qui renforce vraiment notre communauté », souligne Luca Stevenson.
Un discours auquel souscrit également Giovana Rincon, qui ajoute « nous sommes capables d’être résilientes et de transformer la stigmatisation en art ». C’est d’ailleurs par un message de soutien qu’elle souhaite conclure la table ronde à laquelle elle participera : « Nous serons là pour épauler les personnes racisées, séropositives, LGBT et travailleuses du sexe au Brésil », qui risquent de connaître des temps difficiles alors que, dimanche 28 octobre, un candidat d’extrême droite raciste, misogyne et homophobe, Jair Bolsonaro, a été élu à la présidence du plus grand pays d’Amérique du Sud.

        Lire le portrait (en édition abonnés) :
         

          Grisélidis Réal, la putain majestueuse






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Après des décennies d’injonction au défrisage et de canons de beauté édictés par les Blancs, elles sont de plus en plus à affirmer leur identité en laissant leurs cheveux au naturel. Pas si facile quand on trouve en France peu de produits ou de coiffeurs spécialisés.
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Femmes noires et métisses : une libération qui commence par les cheveux


                      Après des décennies d’injonction au défrisage et de canons de beauté édictés par les Blancs, elles sont de plus en plus à affirmer leur identité en laissant leurs cheveux au naturel. Pas si facile quand on trouve en France peu de produits ou de coiffeurs spécialisés.



M le magazine du Monde
 |    02.11.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 08h47
    |

                            Caroline Rousseau








                              

                        

Elle en a un peu marre qu’on ne lui parle que de ça. Juliette Sméralda est sociologue, enseignante et chercheuse à l’université des Antilles, pôle Martinique. Depuis qu’elle est venue présenter en 2005, au Salon Boucles d’Ebène à Saint-Denis (93), son livre Peau noire, cheveu crépu. L’histoire d’une aliénation (éditions Jasor), elle a beau avoir des tonnes de choses à dire sur l’immigration indienne ou sur le rapport au sucre aux Antilles, on la sollicite, on l’invite, on lui demande conseil et pourquoi la peau noire ceci ou les cheveux crépus cela… Treize ans que les questions et les témoignages fusent partout où elle va.
Samedi 13 octobre, conviée par l’association Sciences Pop, la mairie de Saint-Denis et le Théâtre Gérard-Philipe, elle a donné une conférence devant une salle bondée. Elle l’a fait dans le cadre de l’exposition itinérante « Afro ! » conçue par la journaliste et militante féministe et antiraciste Rokhaya Diallo et la photographe Brigitte Sombié, auteures du livre éponyme (éditions Les Arènes), qui donne à voir des personnes médiatiques ou inconnues, à l’aise avec leurs cheveux naturels. Juliette Sméralda descendait tout juste de l’avion mais a partagé pendant deux heures son savoir et sa réflexion uniques.
« C’est un souci permanent de vivre dans un pays qui nous donne le sentiment qu’on n’existe pas parce que rien n’est pensé pour nous, ni les pansements, ni les coiffeurs, ni les fonds de teint. » Rokhaya Diallo
« Quand je me suis lancée dans Peau noire, cheveu crépu, j’ai dû faire face à une absence totale de documentation, notamment en français. Nous sommes censés avoir une université à la Martinique et à la Guadeloupe, mais je ne sais pas de quoi elles s’occupent car il n’y a pas de socio, de philo. Pas de psycho… Il y a des lettres par contre. Beaucoup de gens qui inventent la réalité au lieu de l’explorer. Du coup, on ne voit pas clair dans ces questions. Que faisaient les Africains de leurs cheveux...




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Plongée dans la cité du parc Corot, le « pire lieu de Marseille »

Des années d’une gestion calamiteuse ont fait de cette copropriété des quartiers Nord « une honte pour la ville, une indignité pour la République », selon un magistrat.



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h23
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



                                


                            

Au dernier étage de la tour, les baies vitrées s’ouvrent sur la rade Nord de Marseille. Une carte postale grandeur nature bordée par les îles du Frioul. Seize étages plus bas, les espaces extérieurs où jouent des enfants sont des décharges à ciel ouvert. Noircies par des incendies réguliers, les cabanes à poubelles débordent d’ordures. Nous sommes au parc Corot, une copropriété de 375 logements bâtie au début des années 1960 au creux d’un vallon à Saint-Just, dans les quartiers Nord. Une cité et un millier d’habitants à bout de souffle après des années d’une gestion calamiteuse par des syndics de copropriété, objets de toutes les suspicions.
Le « pire lieu de Marseille », s’accordent élus, travailleurs sociaux et policiers. « Une honte pour la ville, une indignité pour la République », résume un magistrat. Même les trafiquants de drogue qui, il y a deux ans, avaient installé « une épicerie » au pied de la tour C et instauré un check-point au 3e étage du bâtiment A en amoncelant des chariots de supermarché n’ont pas repris possession des lieux après le démantèlement du plan « stups ». Seul subsiste dans un hall le tag d’un surnom, celui d’un jeune tué à la Kalachnikov. « C’est tellement pourri ici que même les acheteurs ne viennent plus à Corot », commente un propriétaire.
Cul-de-sac
A et C, deux lettres qui effraient. La tour C, seize étages et 66 logements, et le bâtiment A et ses 95 appartements, une barre dont les traces de couleur ocre ne cachent plus l’état d’insalubrité, conséquence de ruptures répétées de canalisations et de décennies de défaut d’entretien. Sur les coursives, les garde-corps menacent de se desceller. En juin, il a fallu un arrêté préfectoral, pour débarrasser des tonnes de déchets baignant dans un cloaque.
Les squatteurs, les « clandos » comme on les nomme à Corot, ont pris possession des appartements laissés à l’abandon par leurs propriétaires. Hier afghans, ils sont aujourd’hui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Philippe Gomes, président du parti loyaliste Calédonie ensemble, estime que la victoire attendue du « non » permettra aux électeurs de refonder la légitimité du lien avec Paris et d’abandonner « le grand rêve d’un pays pleinement souverain ».
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« Il faudra accepter un partage de souveraineté définitif avec la France »

Dans une tribune au « Monde », Philippe Gomes, président du parti loyaliste Calédonie ensemble, estime que la victoire attendue du « non » permettra aux électeurs de refonder la légitimité du lien avec Paris et d’abandonner « le grand rêve d’un pays pleinement souverain ».



LE MONDE
 |    02.11.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h18
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Philippe Gomes (Député (UDI) de la Nouvelle-Calédonie et président du parti loyaliste Calédonie ensemble)







                        



                                


                            

Tribune. Le 4 novembre prochain, cent soixante-cinq ans après que la France a pris unilatéralement possession de la Nouvelle-Calédonie, le peuple calédonien, désormais souverain sur son destin, devra décider de l’avenir de son pays : devenir un Etat indépendant ou demeurer au sein de la République.
Sur cet archipel de la Mélanésie où est installé depuis des millénaires un peuple premier – les Kanak –, des peuples d’ailleurs venus d’Europe, d’Asie, d’Afrique du Nord, d’Océanie, de l’océan Indien et des Caraïbes ont, depuis plusieurs générations, fait souche, contribuant à la construction d’un territoire français à nul autre pareil, au milieu du Pacifique… Se croisant, se heurtant, combattant ensemble lors des conflits mondiaux, se métissant aussi, ces hommes et ces femmes ont, au fil du temps, entremêlé leurs cultures par le sang, le labeur et la spiritualité.

Après une histoire coloniale douloureuse, et notamment la période dite des « Evénements » (1984-1988), c’est par le dialogue, conclu par la poignée de main entre Jacques Lafleur [anti-indépendantiste] et Jean-Marie Tjibaou [indépendantiste], que fut engagé au travers des accords de Matignon et de Nouméa un processus négocié et constitutionnalisé de décolonisation et d’émancipation de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République.
Le chemin parcouru depuis lors est considérable. L’identité kanak a été pleinement reconnue dans ses différentes dimensions culturelles, coutumières, institutionnelles et éducatives, et la légitimité des autres communautés a été affirmée. Une « souveraineté partagée » entre la France et la Nouvelle-Calédonie a été consacrée, permettant à notre pays de se gouverner lui-même à l’exception des compétences régaliennes. Enfin, le rééquilibrage engagé au profit des populations de l’intérieur et des îles permet désormais à tous les Calédoniens de bénéficier de conditions de vie équivalentes.
Cette France qui...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans les années 1960, le Britannique lance Dateline, première agence matrimoniale assistée par ­ordinateur. Une petite révolution, qui n’évitera pas à ce pionnier des sites de rencontres de finir sa vie esseulé et déprimé.
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John Patterson, l’homme qui inventa la machine à rencontres amoureuses 
                  
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M le magazine du Monde
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                  02.11.2018 à 05h32
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 06h34


Dans les années 1960, le Britannique lance Dateline, première agence matrimoniale assistée par ­ordinateur. Une petite révolution, qui n’évitera pas à ce pionnier des sites de rencontres de finir sa vie esseulé et déprimé.

Par                             François Krug





                     

À l’origine de cet article, il y a l’un de ces magazines jaunis que l’on feuillette avec amusement dans les vide-greniers. En couverture, ce Nouvel Observateur d’octobre 1974 annonce une tribune de François Mitterrand sur « la force nouvelle des socialistes », cinq mois après sa défaite à la présidentielle.
À l’intérieur, c’est une publicité qui retient l’attention du lecteur de 2018. Douze photos : un homme en costume portant un casque de chantier, une femme aux longs cheveux bruns tout sourire, un binoclard fumant la pipe, une blonde à l’air songeur… Il faut choisir ses trois photos préférées et répondre à un bref questionnaire (êtes-vous « exubérant(e) » ou « intellectuel (le) » ? préférez-vous « ne rien faire » ou « faire du sport » ?) pour recevoir par retour du courrier « le profil et le nom de l’âme sœur ».
Aux débuts de l’informatique
Les publicités pour des agences matrimoniales sont fréquentes à l’époque. Mais celle-là renferme une petite révolution. Elle annonce la mise au chômage des marieurs à l’ancienne, se fiant à leur intuition pour construire des couples. Les réponses, ici, sont entièrement traitées par informatique : « Avec notre ordinateur, vous gagnez du temps et vous êtes sûr de tomber juste. Car un ordinateur ne peut pas se tromper. »
Un ordinateur, la plupart des Français n’en ont alors jamais utilisé, ni même vu de leurs yeux. Une société dont on n’a jamais entendu parler promet déjà le coup de foudre par algorithme interposé. Cette ancêtre de Meetic, Adopte un mec ou Tinder s’appelle Dateline. « London-Paris-Bonn », précise la publicité. Son bureau parisien est domicilié dans les beaux quartiers, non loin de l’Arc de triomphe.
John Patterson est un personnage visionnaire, crâneur, flambeur. Les tabloïds ont suivi avec gourmandise la vie sentimentale compliquée de ce marchand d’amour.
En France, bizarrement, cette pionnière de...





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Angélique Stastny, docteure en sciences politiques, considère dans une tribune au « Monde » que les accords successifs depuis 1988 ne respectent pas le droit à la souveraineté des Kanak.
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« Le référendum pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ne consiste pas en un processus de décolonisation »

Angélique Stastny, docteure en sciences politiques, considère dans une tribune au « Monde » que les accords successifs depuis 1988 ne respectent pas le droit à la souveraineté des Kanak.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 20h25
 • Mis à jour le
02.11.2018 à 10h18
    |

Angélique Stastny (Docteure en sciences politiques à l'Université de Melbourne)







                        



                                


                            
Tribune. Sur l’archipel que certains appellent « Kanaky » et d’autres « Nouvelle-Calédonie », un référendum prévu pour le dimanche 4 novembre appelle ses habitants à se prononcer sur le devenir de ce territoire français d’outre-mer inscrit sur la liste des territoires non autonomes, c’est-à-dire non décolonisés, de l’ONU. Le référendum est présenté par les pouvoirs politiques et nombre de commentateurs comme un processus inédit de décolonisation. Cependant, une analyse plus poussée du processus politique révèle que la décolonisation telle qu’elle est menée aujourd’hui n’en est pas une.
La consultation référendaire entérine la minorisation politique du peuple kanak. Les critères pour pouvoir figurer sur la liste électorale spéciale pour la consultation (LESC) et pouvoir ainsi voter au référendum ont fait l’objet de longues discussions entre indépendantistes et loyalistes. La publication de la liste définitive et les analyses récentes montrent que, malgré les efforts du peuple kanak pour que le résultat de cette consultation reflète au mieux ses volontés, le droit à l’autodétermination prévu à l’article 3 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) n’est pas respecté.
Le flou qui demeure quant à la représentativité réelle des Kanak dans ce scrutin révèle le manque de considération donné à leur droit d’autodétermination. Les estimations sur la proportion de Kanak parmi les inscrits oscillent entre 43 % selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, et 63 % selon le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste). Le haussariat [haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie] estime le nombre de votants de statut coutumier à 46 % (ce qui inclut aussi ceux qui étaient de statut coutumier et ont opté depuis pour le statut de droit commun) mais ne fournit aucun chiffre précis sur la proportion de votants kanak.

A quelques heures du référendum, il semble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Pierre Vignon a annoncé jeudi n’avoir pas été reconduit dans ses fonctions de juge auprès du tribunal ecclésiastique de Lyon. Une décision qu’il estime « directement liée » à sa pétition.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Un juge canonique qui réclamait la démission du cardinal Barbarin écarté de sa fonction

Pierre Vignon a annoncé jeudi n’avoir pas été reconduit dans ses fonctions de juge auprès du tribunal ecclésiastique de Lyon. Une décision qu’il estime « directement liée » à sa pétition.



Le Monde.fr avec AFP
 |    01.11.2018 à 18h47
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 18h48
   





                        


Il avait lancé en août une pétition appelant à la démission du cardinal Philippe Barbarin. Le père Pierre Vignon a annoncé jeudi 1er novembre n’avoir pas été reconduit dans ses fonctions de juge auprès de l’officialité interdiocésaine de Lyon.
« C’est directement lié à la lettre ouverte que j’ai faite à Barbarin, a estimé jeudi le père Vignon. Mon évêque [du diocèse de Valence] m’a expliqué hier que je n’étais plus en position de cohérence en étant juge auprès de l’officialité, dans la mesure où le cardinal, de par ses fonctions, est le modérateur de celle-ci. »

        Lire aussi :
         

                Pédophilie dans l’Eglise : un prêtre réclame la démission du cardinal Barbarin



L’officialité de Lyon, également appelée tribunal ecclésiastique, est chargée par les 12 évêques des provinces ecclésiastiques de Lyon et Clermont-Ferrand de l’administration de la justice dans leurs diocèses. « Je regrette cette décision mais je l’accepte et surtout je ne regrette rien de ce que j’ai dit cet été, car je l’ai dit en conscience et ça reste toujours valable », a ajouté le père Vignon, qui officie comme prêtre dans le Vercors et exerçait la fonction de juge canonique depuis 2002.

        Lire aussi :
         

                Eglise : des personnalités demandent une enquête parlementaire sur la pédophilie en France



Une pétition signée par 105 000 personnes
Dans sa lettre mise en ligne et signée depuis par quelque 105 000 personnes, ce prêtre appelait « publiquement et sans détour » l’archevêque de Lyon, poursuivi pour ne pas avoir dénoncé à la justice des agressions sexuelles commises dans son diocèse, à démissionner « dans les plus brefs délais ». Une lettre publiée après un nouvel appel du Pape à se mobiliser contre la pédophilie au sein du clergé catholique.
Le père Vignon dit avoir contacté jeudi le responsable du tribunal ecclésiastique de Lyon, qui lui a confirmé qu’il n’était plus juge. Ce dernier a fait valoir l’entrée en vigueur, au 1er novembre, de nouveaux statuts de l’officialité qui prévoient désormais que les juges sont nommés pour une période de six ans renouvelable. Leur exercice n’était pas limité dans le temps jusqu’à présent. Dans le cadre de ces nouvelles nominations, les évêques de la région n’ont pas souhaité reconduire le père Vignon dans ses fonctions. « Il ne m’appartient pas de commenter leur décision », a écrit au père Vignon le responsable de l’officialité.



                            


                        

                        

