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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ En quelques années, au moins huit enfants sont nés avec des malformations dans le département, sans que les autorités sanitaires n’aient encore pu en identifier les causes.
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Comprendre l’affaire des « bébés nés sans bras » dans l’Ain

En quelques années, au moins huit enfants sont nés avec des malformations dans le département, sans que les autorités sanitaires n’aient encore pu en identifier les causes.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 17h43
   





                        


C’est un sujet de santé publique complexe, parsemé de conflits, qui est débattu dans les médias depuis la rentrée. L’affaire dite des « bébés sans bras » de l’Ain, née d’une alerte lancée par un organisme local, est encore très floue puisque les enquêtes sont toujours en cours.
En l’espace de quelques années, plusieurs enfants sont nés avec des malformations congénitales dans le département de l’Ain. Au moins huit cas d’agénésie transverse des membres supérieurs (ATMS) – c’est-à-dire lorsqu’un bras ou une main ne se sont pas développés avant la naissance du bébé – ont été signalés.
Quand l’enquête a-t-elle commencé ?
L’alerte a, en réalité, été donnée il y a plusieurs années, après le signalement par un médecin généraliste de deux naissances distinctes d’enfants porteurs d’une ATMS. En 2015, le Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) a rédigé un rapport sur six cas suspects d’ATMS identifiés entre 2009 et 2014 dans l’Ain, concentrés sur un périmètre de 17 kilomètres.
Dans ce rapport, le Remera estime que cette concentration de cas « n’est probablement pas due au hasard » et recommande une enquête. Le rapport précise que « l’hypothèse la plus probable serait celle d’une exposition à un tératogène [un agent qui peut provoquer des déformations du fœtus] commun à ces six mères, peut-être une substance utilisée en agriculture ou en médecine vétérinaire ».
Mais à l’époque, déjà, les experts étaient divisés. Santé publique France (SpF), établissement sous la tutelle du ministère de la santé, estimait qu’« aucune cause commune à ces différents cas d’agénésies n’a pu être établie ».

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                Les autorités sanitaires confirment des cas groupés de bébés malformés, sans identifier de cause



Combien y a-t-il de cas aujourd’hui ?
Deux organismes enquêtent sur cette affaire :
Selon le Remera, huit enfants sont nés sans bras ou sans main dans l’Ain, entre 2009 et 2014, soit sur une période de six ans.De son côté, SpF a identifié onze cas « suspects », en plus des huit déjà signalés par le Remera. Trois cas entre 2009 et 2014 et sept autres sur la période 2000-2009. Cependant, l’enquête doit déterminer si ces cas concernent bien des malformations ATMS, et s’ils sont localisés dans la zone suspecte.

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Ces malformations sont-elles courantes ?
Chaque année, moins de 150 cas d’ATMS sont identifiés en France. Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas de la thalidomide, antinauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.
Que cherche à déterminer l’enquête ?
Dimanche 21 octobre, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé l’ouverture d’une nouvelle enquête sur les cas de malformations de l’Ain et dans d’autres départements en France, elle sera menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et SpF.
Tout d’abord, les autorités cherchent à savoir si cette concentration de malformations dans l’Ain est anormale. Dans son rapport remis le 4 octobre, SpF écarte toute anomalie statistique, il n’y aurait donc pas plus de malformations qu’ailleurs.
Mais le Remera, qui a donné l’alerte sur cette affaire, n’est pas de cet avis. Selon le Remera, le nombre de cas dans l’Ain est statistiquement significatif. Plusieurs scientifiques contactés par Le Monde estiment également que les calculs de SpF sont erronés.

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Une enquête de terrain doit également déterminer, en interrogeant l’environnement des mères, si un facteur a pu causer ces malformations dans un périmètre de 17 kilomètres. Emmanuelle Amar, épidémiologiste du Remera qui a lancé l’alerte, soupçonne une exposition aux pesticides, notamment parce que toutes les mères vivaient en zone rurale. Pour l’instant, aucune enquête n’a, cependant, prouvé cette hypothèse.
Y a-t-il d’autres cas en France ?
Oui. Au début du mois d’octobre, SpF a remis deux autres rapports sur des soupçons de concentration anormale de malformations du même type en Bretagne et en Loire-Atlantique.
Dans les deux cas, les rapports estiment que le nombre de cas est plus élevé statistiquement que la normale mais n’identifient pas encore de cause précise. L’enquête annoncée en octobre par le ministère de la santé doit notamment s’attacher à déterminer pourquoi autant de bébés sont nés avec des malformations dans ces régions. Les premiers résultats devraient être connus le 31 janvier, selon le gouvernement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Par le biais d’une organisation internationale, la « sécurité collective » devait instaurer une « paix perpétuelle » entre les nations, chacune venant en aide à l’autre en cas de conflit. Un siècle après la fin de la guerre, que reste-t-il de ce projet idéaliste ?
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De la SDN à l’ONU, un héritage exigeant

Centenaire du 11-Novembre. Par le biais d’une organisation internationale, la « sécurité collective » devait instaurer une « paix perpétuelle » entre les nations, chacune venant en aide à l’autre en cas de conflit. Un siècle après la fin de la guerre, que reste-t-il de ce projet idéaliste ?



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 17h35
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            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Le grand combat de nos aînés a été celui de la paix et il nous incombe toujours. Nous ne le gagnerons au XXIe siècle qu’en restaurant un multilatéralisme fort, capable de régler ses conflits de manière pragmatique », ­déclare le président français Emmanuel Macron, le 25 septembre à New York, lors de la 73e Assemblée ­généraledes Nations unies. Paix, sécurité collective et multilatéralisme, trois expressions, trois concepts « consubstantiels », rappelle Guillaume Devin, professeur de relations internationales à Sciences Po Paris. Mais quelle est l’origine de cette idée de sécurité ­collective ? Pourquoi insister aujourd’hui sur cette technique de paix universelle ? Et qu’en reste-t-il un siècle après la fin de la guerre ?
« Tous pour un, un pour tous »
Il faut remonter à la devise des mousquetaires, « Tous pour un, un pour tous », explique Charles-Philippe David, professeur de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal, pour bien en ­cerner le principe : « Une attaque contre un partenaire constitue une attaque contre tous. » De manière moins figurative, l’époque des Lumières – avec des penseurs comme l’abbé de Saint-Pierre (1658-1743), Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ou Emmanuel Kant (1724-1804) et son projet de « paix perpétuelle » – est à l’origine de cette volonté d’éviter le recours à la guerre, rappelle l’historien Bernard Bruneteau, professeur à l’université Pierre-Mendès-France, à Grenoble. « Les Etats s’engagent à coexister pacifiquement, ajoute Alice Pannier, chercheuse à l’université Johns-Hopkins, à Washington. Et si la paix venait à être rompue, les Etats s’engagent à répondre collectivement pour la rétablir. »

Ce projet idéaliste court depuis les Lumières. Il a ­rejailli lors des Conférences internationales de la paix à La Haye (1898 et 1907) avant de se traduire en action politique dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Après l’effondrement des grands empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman, de graves problèmes humanitaires surgissent. Outre la famine et les épidémies, des centaines de milliers de réfugiés, chassés de chez eux, se retrouvent sans statut légal.
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Après l’effondrement des grands empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman, de graves problèmes humanitaires surgissent. Outre la famine et les épidémies, des centaines de milliers de réfugiés, chassés de chez eux, se retrouvent sans statut légal.        Propos recueillis par  Antoine Flandrin   Publié aujourd’hui à 17h22, mis à jour à 17h22   Lecture 6 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail        Article réservé aux abonnés                             Professeur d’histoire militaire à l’université de l’Ohio, Bruno Cabanes a dirigé l’ouvrage Une histoire de la guerre. Du XIXe siècle à nos jours (Seuil, 800 p., 32 euros). Il est spécialiste de la sortie de la première guerre mondiale.          Dans quelle mesure l’Europe fait-elle face à une crise humanitaire sans précédent en 1918 ?          On assiste dès novembre 1918 à une flambée de problèmes humanitaires qui avaient commencé pendant la guerre. Le premier concerne le rapatriement de près de 430 000 prisonniers de guerre russes, allemands, autrichiens et hongrois. Le deuxième c’est la faim : elle frappe l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie qui subissent encore le blocus après la signature des traités de paix de 1919, ce qui est contraire aux engagements pris. La Russie connaît une grande famine en 1921-1 922. La faim et la malnutrition qui avaient causé, entre 1914 et 1918, la mort d’environ 500 000 civils allemands – les chiffres restent discutés –, continuent de tuer lors de la sortie de guerre. Troisième problème : il y a une flambée épidémique – la grippe espagnole, mais aussi le typhus et le choléra frappent l’Europe.          Enfin, il y a la question des réfugiés, notion récente puisque le sens moderne de « réfugiés de guerre » n’est apparu qu’à la fin du XIXe siècle. Au lendemain de la guerre, des centaines de milliers de personnes chassées de chez elles se retrouvent sans statut légal : soit parce qu’elles étaient membres d’un Etat qui a disparu – les grands empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman viennent de disparaître –, soit parce qu’elles ont été privées de leur nationalité.          D’où viennent ceux qu’on appelle dès lors les « réfugiés » ?          La sortie de guerre se traduit par une recrudescence de violence et par trois grands mouvements de réfugiés. Le premier groupe de réfugiés, ce sont les quelque 800 000 Russes qui fuient la guerre civile entre les révolutionnaires bolcheviques et les Blancs monarchistes (1917-1923). A la suite du décret de dénaturalisation adopté par Lénine en décembre 1921, ils perdent leur nationalité. Concentrés en Pologne, en Allemagne, en France, mais aussi à Constantinople et dans les Balkans, ces Russes blancs sont sans patrie, autrement dit apatrides, une notion qui apparaît en France en 1928 et qui fascine les juristes de l’époque qui y consacrent des dizaines de thèses.                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésFaut-il en finir avec le mérite ?                    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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Le traité de Versailles devait permettre de juger les vaincus pour leur responsabilité dans le déclenchement du conflit et pour violations du droit de la guerre. Mais ni les instances ni la société n’étaient alors prêtes pour de tels procès. Ce type de juridiction ne se concrétisera qu’en 1945.
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La naissance avortée de la justice pénale internationale

Centenaire du 11-Novembre. Le traité de Versailles devait permettre de juger les vaincus pour leur responsabilité dans le déclenchement du conflit et pour violations du droit de la guerre. Mais ni les instances ni la société n’étaient alors prêtes pour de tels procès. Ce type de juridiction ne se concrétisera qu’en 1945.



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 17h22
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            Marc Semo








                        



                                


                            

Il n’y a pas eu de procès de Nuremberg après la fin de la première guerre mondiale pour juger les responsables allemands accusés « d’avoir commis des actes contraires aux lois et coutumes » de la guerre, comme le promettaient les articles 227 à 230 du traité de Versailles. Réfugié aux Pays-Bas, le kaiser Guillaume II n’a pas été extradé pour répondre, comme l’espéraient les alliés, ­« d’offense suprême contre la morale internationale et l’autorité sacrée des traités » (article 227).
La situation n’a guère été différente en Orient. ­Malgré les engagements du traité de Sèvres (1920) entre la Turquie et les alliés, exigeant notamment le jugement des responsables du génocide des Arméniens (1915-1916), à peine quelques condamnations à mort furent prononcées – la plupart par contumace. Le ­bilan pourrait paraître décevant. La première guerre mondiale a néanmoins amorcé un tournant significatif sur le terrain du droit pénal ­international, même s’il se concrétisera seulement en 1945 après le second conflit mondial.
« Le traité de Versailles organise pour la première fois dans l’histoire la mise en jugement des vaincus pour leur responsabilité dans le déclenchement de la guerre et pour avoir violé les règles édictées dans les conventions antérieures afin d’en limiter la violence », souligne l’historienne Annette Becker dans l’incontournable somme en trois volumes La Première Guerre mondiale (Fayard, 2013-2014), dont elle fut la codirectrice avec l’historien britannique Jay Winter. Néanmoins ni la justice ni l’organisation de la société internationale n’étaient alors prêtes pour de tels procès.
Conventions de La Haye de 1899 et de 1907
L’essentiel du cadre juridique sur la guerre, le jus in bello – c’est-à-dire le droit dans la guerre fixant ce qui est licite ou non au combat – et le jus ad bellum – c’est-à-dire le droit à la guerre codifiant l’utilisation de la force contre un autre Etat –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Pendant la Grande Guerre, Français et Britanniques entreprennent le dépeçage de l’Empire ottoman. Cette partition diplomatique, démontre l’historien Eugene Rogan, déstabilise encore aujourd’hui toute la région.
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« Le Moyen-Orient est la région la plus durablement touchée »

Centenaire du 11-Novembre. Pendant la Grande Guerre, Français et Britanniques entreprennent le dépeçage de l’Empire ottoman. Cette partition diplomatique, démontre l’historien Eugene Rogan, déstabilise encore aujourd’hui toute la région.



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 17h04
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


Eugene Rogan est professeur d’histoire contemporaine du Moyen-Orient à l’université d’Oxford (Royaume-Uni). Il est l’auteur de Histoire des Arabes de 1500 à nos jours (Perrin, 2013). Israël, Palestine, Syrie, Liban… il explique l’impact qu’a eu le règlement de la première guerre mondiale.
Pourquoi les puissances européennes ont-elles entrepris de dépecer l’Empire ottoman (1299-1923) alors que la guerre n’était pas terminée ?
Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à la question d’Orient au XIXe siècle : les Européens étaient préoccupés par la préservation de l’Empire ottoman. Leur crainte était que « l’homme malade de l’Europe » s’effondre, entraînant des conflits entre les puissances impériales européennes désireuses d’accéder aux territoires géostratégiques du Moyen-Orient. En 1914, l’Empire ottoman est entré en guerre aux côtés des puissances centrales. Pour la Grande-Bretagne, la France et la Russie, il semblait alors que son ­effondrement était imminent. Les Alliés, qui ne voulaient pas être rivaux au lendemain d’une guerre qu’ils pensaient gagner, ont pris la décision calculée de résoudre la question d’Orient en tuant l’Empire ottoman et en le dépeçant ensuite. C’est là que se ­situe le péché originel : les Alliés n’étaient pas d’avis que le Moyen-Orient soit capable de se doter de son propre agenda politique. Encore attachés à l’ordre impérial, ils ont cherché à obtenir un équilibre entre Européens et non à garantir la stabilité de la région.
Est-ce la guerre qui a provoqué la chute de la Sublime Porte ?
L’Empire ottoman aurait pu survivre s’il n’était pas entré en guerre. La ténacité avec laquelle les Ottomans ont combattu suggère qu’il n’était pas inévitable que leur empire s’effondre. Leur défaite, ­actée par l’armistice de Moudros, est survenue le 30 octobre 1918. Personne ne pensait qu’ils se battraient aussi longtemps.

En mai 1916, les accords Sykes-Picot prévoient que le Liban et la Syrie reviendraient à la France ; la Mésopotamie, la péninsule ­Arabique et la Transjordanie à la Grande-Bretagne ; la Palestine serait placée sous administration internationale. En quoi ces accords reflètent-ils la mentalité des diplomates de l’époque ?
Nous nous trompons encore beaucoup lorsque nous pensons à Sykes-Picot. Ces accords doivent être perçus comme un jalon dans une partition de diplomatie de temps de guerre qui commence en mars 1915 et se termine à la conférence de San Remo en 1920. Le premier jalon intervient en mars 1915 lorsque les Russes font part aux Alliés de leurs buts de guerre : il s’agit de mettre la main sur Constantinople, le détroit des Dardanelles et la Thrace occidentale. Les Français, qui acceptent, veulent la Cilicie et la Syrie, deux régions de l’Empire ottoman dont les frontières ne sont pas clairement délimitées. Les Britanniques se réservent le droit de revendiquer des territoires le moment venu. Ils le feront lors des accords de Sykes-Picot, étape parmi d’autres sur cette route qui conduit la France et la Grande-Bretagne à s’assurer qu’il n’y aura pas de malentendus sur cette partition diplomatique. Ce n’était pas cynique, c’était la diplomatie à l’âge des empires.
Le système de mandats est impopulaire dès le début. Croyez-vous qu’il était voué à l’échec ?
Ces mandats étaient voués à l’échec : ils ont créé des institutions contre lesquelles les mouvements ­nationalistes se sont définis et les peuples arabes ­vivant à l’intérieur de leurs frontières n’ont cessé de s’opposer à l’occupant colonial. Les demandes ­d’indépendance ont été constantes, de la création des mandats au début des années 1920 à leur disparition un quart de siècle plus tard.
Qu’en est-il du mandat en Palestine ?

Le mandat en Palestine a failli parce que les Britanniques ont mis en concurrence deux mouvements ­nationaux incompatibles – juif et arabe – pour le contrôle de la Palestine. Ils n’ont pas trahi les Arabes ; ils ne se sont pas non plus rangés du côté des sionistes. Non, les Britanniques ne souhaitaient pas un Etat juif ou arabe, mais faire avancer leurs intérêts, et notamment protéger le canal de Suez. ­Persuadés que leur empire durerait des générations, ils avaient pour objectif de saper tout mouvement nationaliste et de garder le territoire sous leur ­contrôle. Ainsi, la promesse non pas d’un Etat juif, mais d’un foyer national juif, devait permettre de créer une communauté de clients qui faciliterait le contrôle britannique de la Palestine. Sûrs de leur ­expérience impérialiste, ils ont cru pouvoir gérer les demandes contradictoires des deux communautés. Ce n’est qu’en 1937 qu’ils ont reconnu ne plus avoir le contrôle de la situation.
Au terme de la guerre gréco-turque (1919-1922), Mustafa Kemal Atatürk reprend les territoires d’Anatolie cédés aux Kurdes et aux Arméniens par le traité de Sèvres en 1920. La République ­laïque turque qu’il instaure en 1923 a-t-elle réussi à faire oublier le prestige des institutions ottomanes ?
Il est vrai qu’au XIXe siècle, l’Empire ottoman bénéficiait d’un prestige : il s’étendait en Europe, en Asie et en Afrique du Nord et exerçait un contrôle sur les villes sacrées de Jérusalem, Médine et La Mecque. Mais ce qui l’a remplacé s’est avéré plus solide et légitime. La Turquie est le seul Etat sorti du démantèlement de l’Empire ottoman qui a fixé ses frontières, non par la négociation, mais par la force des armes, en venant à bout d’ennemis grands et petits. Cet Etat a réussi à rassembler les Turcs et à déplacer le centre de sa culture politique à Ankara, pour affirmer une identité tournant le dos au passé ottoman. L’armée et la direction nationaliste d’Atatürk sont devenues un modèle, y compris dans le monde arabe. Il est ­intéressant de noter qu’après avoir détruit les institutions impériales, la République turque s’appuie aujourd’hui sur l’héritage des Ottomans pour promouvoir sa gloire à un moment où elle a cessé de contrôler sa propre destinée.
En 1924, le califat disparaît. Quel fut l’impact au Moyen-Orient ?
La force de l’islam politique aujourd’hui laisserait penser que l’abolition du califat par des civils aurait provoqué des émeutes. Et pourtant, cette décision n’a pas suscité de contrariété au sein de la communauté sunnite, si ce n’est en Inde.

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                En Hongrie, le traité de Trianon occupe toujours les esprits



L’utilisation cynique de l’institution du califat au cours de la Grande Guerre – l’appel à la guerre sainte ne parvint guère à mobiliser les populations musulmanes des empires français et britannique – a dévalorisé sa légitimité religieuse et, dans un sens, l’a réduit à quelque chose de révolu. Pour preuve, le roi Fouad d’Egypte et le roi Hussein du Hedjaz, qui se sont ensuite portés candidats au poste de calife, ont soulevé un enthousiasme muet. Pour les peuples du Moyen-Orient entrés dans l’ère des Etats-nations, ce qui importait, c’étaient les nouvelles frontières.
Le Moyen-Orient souffre-t-il encore des conséquences de 1914-1918 ?
Le Moyen-Orient est la région du monde la plus ­durablement touchée par le règlement de la première guerre mondiale. Issu de ce règlement, le ­conflit entre Israéliens et Palestiniens a depuis lors transformé le Moyen-Orient en une zone de guerre. Les problèmes du ­Liban résultent du mandat français : le système de partage du pouvoir entre différentes confessions a fait du Liban un pays ingouvernable pendant une grande partie de son histoire.
Par ailleurs, les Syriens n’ont jamais reconnu la ­séparation du Liban et de la Syrie imposée sans leur accord. L’occupation syrienne du Liban après la guerre civile [1975-1990] peut être considérée comme un acte de refus de reconnaître l’indépendance du Liban. Et depuis lors, il a été très difficile pour le Liban d’agir sans l’aval de Damas.
Dans quelle mesure la tentative de l’organisation Etat islamique (EI) d’effacer la frontière entre la Syrie et l’Irak est-elle un legs de 1914-1918 ?
De nombreux nationalistes arabes ont également pensé que la division du Moyen-Orient en Etats distincts était un héritage impérial illégitime. Cette idée était présente chez les idéologues panarabes et panislamiques. L’EI, pour sa part, a revendiqué les territoires chevauchant l’Irak et la Syrie, sur lesquels régnait autrefois l’Empire abbasside (750-1258), pour renforcer sa légitimité religieuse. Et en prétendant faire éclater Sykes-Picot, il a voulu asseoir une légitimité très moderne. Mais la manière dont la Syrie, l’Irak et la communauté internationale l’ont délogé de ces territoires montre que ces frontières ne sont pas près d’être effacées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Le 15 mars, à Budapest, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a fait un parallèle entre la dislocation de la Hongrie austro-hongroise et la « crise » de migrants.
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En Hongrie, le traité de Trianon occupe toujours les esprits

Centenaire du 11-Novembre. Le 15 mars, à Budapest, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a fait un parallèle entre la dislocation de la Hongrie austro-hongroise et la « crise » de migrants.



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 17h01
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, correspondant)








                        



                                


                            

Trianon, Viktor Orban en parle souvent dans ses discours. Comme le 15 mars, à Budapest. Ce jour-là, à l’occasion du 170e anniversaire de la guerre d’indépendance hongroise de 1848-1849, le premier ministre souverainiste se lance même dans un parallèle entre le traité, signé dans l’après-midi du 4 juin 1920 dans la galerie des Cotelle au Grand Trianon de Versailles, et la « crise » des migrants. « La situation, énonce-t-il devant la foule, est que l’on veut nous prendre notre pays. Pas d’un trait de plume, comme il y a cent ans à Trianon. Ce que l’on veut maintenant, c’est que nous le remettions à d’autres, à des étrangers qui ne respectent ni notre culture, ni nos lois, ni notre mode de vie. »

En agitant pareille théorie du complot, Viktor Orban confirmerait, selon l’historienne Catherine Horel, directrice de recherche au CNRS, une spécificité hongroise. « Car si l’angoisse de la disparition est un trait commun à tous les pays d’Europe centrale et orientale, qui se posent en victimes des appétits des puissants, il n’y a qu’à Budapest que les traités de paix reviennent sans cesse dans le langage courant. »
Trianon – paraphé par la délégation hongroise, puis ratifié par le Parlement hongrois et par le régent de Hongrie – a consacré le dépeçage de la Hongrie, qui a perdu 70 % de son territoire et 3 millions de ses habitants. Et les recherches de Mme Horel, publiées notamment dans le n° 31 de janvier-février 2017 d’Histoire@Politique, prouvent qu’au-delà de la nostalgie d’une poignée de fanatiques réclamant la reconstitution de la « grande Hongrie » dans les rangs de l’extrême droite du parti Jobbik, un traumatisme réel est ancré dans la conscience historique des Hongrois.
« Diktat »
« La société civile a immédiatement dénoncé une injustice ­flagrante en 1920, la réception du traité ayant été qualifiée de “diktat” par la presse », rappelle la chercheuse, qui s’est penchée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Depuis l’armistice il y a un siècle, la signification donnée à cette commémoration par les différentes nations concernées a évolué. De l’hommage aux armées, puis aux anciens combattants, la cérémonie tend aujourd’hui à fêter la paix, l’Europe et l’avenir.
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Le 11-Novembre dans tous ses sens

Centenaire du 11-Novembre. Depuis l’armistice il y a un siècle, la signification donnée à cette commémoration par les différentes nations concernées a évolué. De l’hommage aux armées, puis aux anciens combattants, la cérémonie tend aujourd’hui à fêter la paix, l’Europe et l’avenir.



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 16h44
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Les photos prises à Paris, Londres ou New York, après l’annonce de l’armistice, le 11 novembre 1918, montrent les mêmes ­scènes de liesse. Le long des avenues, les hommes et les femmes, bras dessus bras dessous, agitent les drapeaux des pays de l’Entente. Un siècle après, que reste-t-il de cette joie collective de la victoire ? « Ce jour-là, chacun exprime sa gratitude d’être en vie et de pouvoir rentrer chez soi, explique l’historien américain Jay Winter. Mais c’est une sombre victoire baignée de sang. La guerre a fait dix millions de morts. Tant de familles sont endeuillées qu’il est impossible de parler de célébration. Le goût des cendres fait qu’on ne célèbre pas la première guerre mondiale, on la commémore ».

A la sortie de la guerre, le 11-Novembre est en effet commémoré dans les empires français et britannique, en Belgique, aux Etats-Unis et en Pologne. En Grande-Bretagne, le roi George V inaugure, le ­11 novembre 1919, le Remembrance Day (« Jour du souvenir »), qui sera observé dans tout l’empire. En France, le Parlement décide, devant la manifestation des anciens combattants, que le 11 novembre deviendra, en 1922, un jour férié.
Une minute de silence
Déjà, la commémoration est portée par la société ­civile et non par l’Etat. Auteur de 11 Novembre. Du souvenir à la mémoire (Armand Colin, 2013), l’historien Rémi Dalisson rappelle que, « pour les anciens combattants, le 11-Novembre est un jour de recueillement. Il s’agit moins de commémorer la victoire que de rendre hommage aux morts. Dans leur esprit, il est vital que la communauté se ressoude autour de leur sacrifice pour qu’il n’y ait plus jamais de guerre ».
Des rituels se mettent en place : lors de cette journée, les Français font respecter une minute de silence après la sonnerie aux morts ; les Britanniques font sonner le clairon du Last Post, suivi de deux minutes de silence. « La minute de silence est une forme laïcisée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. Outre-Rhin, le 11-Novembre évoque une date traumatique,et, cette année, ce ne sera que  la deuxième fois que Français et Allemands commémorent ensemble l’armistice. A l’issue d’une semaine de célébrations, Angela Merkel ouvrira le Forum de Paris sur la paix.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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En Allemagne, l’impossible anniversaire

Centenaire du 11-Novembre. Outre-Rhin, le 11-Novembre évoque une date traumatique,et, cette année, ce ne sera que  la deuxième fois que Français et Allemands commémorent ensemble l’armistice. A l’issue d’une semaine de célébrations, Angela Merkel ouvrira le Forum de Paris sur la paix.



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 16h41
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Pour le centième anniversaire de l’armistice de 1918, la France a vu les choses en grand. Pendant une semaine, du 4 au 10 novembre, Emmanuel Macron se ­rendra dans une douzaine de départements du Nord et de l’Est, particulièrement marqués par les blessures de la Grande Guerre. Point d’orgue de cette « itinérance mémorielle », selon l’expression de l’Elysée : les cérémonies du 11-Novembre à l’Arc de triomphe, auxquelles assisteront une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement représentant les anciens pays belligérants.
Durant cette semaine, l’Allemagne aura une place à part. Le 4 novembre, c’est avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, que le président français entamera, à Strasbourg, cette longue ­séquence commémorative. Le 10 novembre, c’est ­accompagné d’Angela Merkel qu’il achèvera son périple dans les régions meurtries, en se rendant avec elle à Rethondes (Oise), où furent signés les armistices de 1918 et 1940. Le 11 novembre, enfin, c’est la chancelière allemande qui ouvrira le Forum de Paris sur la paix, une manifestation que M. Macron souhaite transformer en rendez-vous annuel.
Pour l’Allemagne, « le 11 novembre est plus qu’une simple défaite militaire, c’est la fin d’un monde, celui de l’empire de Guillaume II » Peter Schöttler, historien
Depuis 1918, ce n’est d’ailleurs que la deuxième fois qu’un chancelier allemand – en l’occurrence une chancelière – assistera aux cérémonies du 11-Novembre. La première fois remonte à 2009, quand Angela Merkel avait ranimé la flamme du soldat inconnu au côté de Nicolas Sarkozy. Il aura fallu attendre presque un siècle pour que la France et l’Allemagne commémorent ensemble l’armistice. Il faut dire que, pour l’Allemagne, « le 11 novembre est plus qu’une simple défaite militaire, c’est la fin d’un monde, celui de l’empire de Guillaume II qui, sauf pour une minorité de ­révolutionnaires, incarnait une forme de stabilité heureuse, surtout comparé à la suite », observe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Centenaire du 11-Novembre. En quelle année se termine réellement le conflit de 14-18 ? Les révolutionnaires ont-ils empêché l’armée allemande de gagner la guerre ? Le traité de Versailles était-il voué à l’échec ?
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Trois idées fausses sur 1918

Centenaire du 11-Novembre. En quelle année se termine réellement le conflit de 14-18 ? Les révolutionnaires ont-ils empêché l’armée allemande de gagner la guerre ? Le traité de Versailles était-il voué à l’échec ?



LE MONDE IDEES
 |    01.11.2018 à 16h40
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            Le 11 novembre 1918 marque la fin des hostilités
Si la mémoire collective a longtemps retenu que l’armistice ­marque une rupture entre la guerre et la paix, l’historiographie des quinze dernières années insiste sur la notion de « sortie de guerre » pour montrer que les violences, militaires et civiles, se poursuivent jusqu’au milieu des années 1920. « La première guerre mondiale ne se termine pas le 11 novembre 1918 : des ­unités del’armée française d’Orient restent engagées en Russie en 1919 », souligne l’historien Bruno Cabanes. D’autres conflits prennent bientôt ou ont déjà pris le relais. Entre 1917 et 1923, on ne recense pas moins de 27 conflits en Europe.
« Des guerres civiles éclatent comme en Russie (1917-1923), en Allemagne (1918-1919) ou en Irlande (1922-1923), où interviennent des ­anciens combattants de 14-18 avec des armes et des tactiques héritées du conflit mondial, indique Bruno Cabanes.Il y a ­également des conflits interétatiques comme la guerre ­soviéto-polonaise (1919-1921) et la guerre gréco-turque ­(1919-1922). Sans compter les révoltes coloniales en Inde, en Egypte et en Chine liées aux promesses du wilsonisme [partisans du droit à l’autodétermination des peuples] et à la déception qu’apporte le traité de Versailles [traité de paix signé en 1919 entre l’Allemagne et les Alliés]. »
En 1918, la révolution a empêché l’armée allemande de gagner la guerre
En mars 1918, l’armée allemande, sur le point de passer à ­l’offensive à l’ouest, pensait pouvoir gagner la guerre. « Pour les Allemands, la défaite neuf mois plus tard est inexplicable : après quatre ans de guerre, l’armée allemande occupe toujours une bonne partie de l’Europe, explique l’historien allemand Arndt Weinrich. La défaite militaire ne fait pourtant pas de doute : après avoir perdu 900 000 hommes entre mars et juillet, l’armée, à bout de souffle, est frappée par une “grève militaire larvée”. Un million de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La médecine factuelle dénonce avec virulence le charlatanisme associé aux médecines dites « alternatives », qui se fondent sur la croyance plutôt que sur la preuve. Il serait cependant faux de ne pas voir dans cette croyance une source de bien-être, générateur d’amélioration d’un état de santé. La complémentarité entre les approches est-elle possible, s’interroge dans une tribune au « Monde » le professeur Adnet.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Faut-il brûler la « médecine fondée sur la croyance » ?

La médecine factuelle dénonce avec virulence le charlatanisme associé aux médecines dites « alternatives », qui se fondent sur la croyance plutôt que sur la preuve. Il serait cependant faux de ne pas voir dans cette croyance une source de bien-être, générateur d’amélioration d’un état de santé. La complémentarité entre les approches est-elle possible, s’interroge dans une tribune au « Monde » le professeur Adnet.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 16h33
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Frédéric Adnet (Professeur de médecine d’urgence)







                        



                                


                            
Tribune. Je découvrais un lointain cousin lors d’un dîner familial dans une belle ferme de la Lozère, paysan d’environ 80 ans, très en forme avec ce bon teint de l’homme de la terre. A la fin du repas, il s’ouvrait à moi pour une douleur du gros orteil qui, manifestement, le gênait beaucoup. « J’ai vu mon rebouteux, il m’a fait des manipulations, mais ça ne m’a pas soulagé ! »
Professeur en médecine, je me sentais dans l’obligation d’examiner cet orteil rebelle à la médecine locale. En quelques secondes, ce fut un soulagement : « Facile ! Crise de goutte ! » J’allais instantanément vaincre le charlatanisme local et démontrer la vraie science. J’écrivais de ma plus belle plume le traitement adapté, démontré par de multiples études randomisées en double aveugle ; je prescrivais de la colchicine, un milligramme fois trois le premier jour, puis un milligramme deux fois les deux jours suivants, puis un milligramme par jour à partir du quatrième jour.1 Quantité suffisante pour 10 jours ! Très satisfait, je lui présentais mon ordonnance et, modeste, lui annonçais : « Ça devrait marcher ! »
Virulence
Dans une tribune du Figaro, extrêmement virulente, 124 médecins ont dénoncé le charlatanisme associé à des médecines « alternatives » dont le tort essentiel est de n’avoir pas été validées par un niveau de preuves issu de recommandations de « l’evidence-based medicine » (EBM) » ou « médecine fondée sur des preuves ».2

Ce positionnement des adeptes de la médecine factuelle semble assez facile et confortable. Affirmer que la terre tourne autour du soleil (et non l’inverse) a été le modèle d’une guerre entre croyance et pensée scientifique. Notons simplement et avec une certaine ironie que l’accusation d’hérésie a changé de camp ; les inquisiteurs semblent, dans cette confrontation, du côté de Galilée !
Existe-il une véritable « médecine fondée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Dimanche 4 novembre, les Calédoniens vont voter sur l’indépendance de l’archipel lors d’un référendum. Décryptage.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Fantômes, sorcières, monstres, vampires et zombies étaient de sortie ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le marché funéraire est estimé à 2,5 milliards d’euros en France, un secteur largement dominé par OGF, la maison mère des Pompes funèbres générales.
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Marché funéraire : les prix des concessions augmentent et les pratiques évoluent

Le marché funéraire est estimé à 2,5 milliards d’euros en France, un secteur largement dominé par OGF, la maison mère des Pompes funèbres générales.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 14h08
    |

                            Audrey Delaporte et 
                            Audrey Lagadec








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La figure de la sorcière, honnie au Moyen Age, est devenue une icône féministe, symbole de la libération de la femme de la domination masculine.
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Le retour en grâce de la sorcière, nouvelle figure du féminisme

La figure de la sorcière, honnie au Moyen Age, est devenue une icône féministe, symbole de la libération de la femme de la domination masculine.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 09h12
   





                        



   


Plus que jamais, les sorcières sortent du bois. Elles prennent d’assaut le petit écran, à l’image de la série Sabrina, l’apprentie sorcière, diffusée depuis le 26 octobre sur Netflix, investissent les réseaux sociaux avec le hashtag WitchesOfInstagram ou les rayons des librairies, avec la parution début septembre du dernier ouvrage de Mona Chollet, Sorcières, la puissance invaincue des femmes. Et n’attendez pas qu’elles disparaissent après Halloween. La sorcière, conspuée et torturée au Moyen Age, fait son grand retour dans la culture pop… mais aussi dans le combat féministe.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Notre critique de l’essai de Mona Chollet



Violences faites aux femmes, par des hommes
« La sorcellerie, c’est surtout une histoire de violence physique et sociale, de détresses et de constructions criminelles », explique sur Twitter Maxime Gelly-Perbellini, doctorant en histoire médiévale. Une histoire dont les principales victimes furent… des femmes. Entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle, les historiens ont compté au moins 200 000 procès en sorcellerie. Entre 50 000 et 100 000 femmes furent brûlées. D’autres furent « seulement » torturées, ou battues, parfois à mort. « Battre une sorcière, au Moyen Age, [était] réputé lever les sortilèges », poursuit M. Gelly-Perbellini. Nul besoin de faire la preuve du sortilège qui avait été jeté. Une mauvaise réputation, la connaissance de l’art de la guérison par les plantes ou la mort subite de quelques vaches chez un voisin suffisaient à condamner les femmes.
Une condamnation qui était le fait d’hommes, la profession de magistrat n’étant pas mixte à l’époque. « Les magistrats et les inquisiteurs tiraient d’ailleurs parfois profit des condamnations, puisqu’ils prenaient les biens de celles qu’ils désignaient comme sorcières », souligne Armelle Le Bras-Chopard, professeure émérite à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Car, loin de l’image de la femme pauvre, vieille et au proverbial nez crochu, les sorcières traitées devant les tribunaux pouvaient être « jeunes et riches, notamment des artisanes ou des commerçantes, bien intégrées en ville », souligne Mme Le Bras-Chopard.
Coupable de tous les maux au Moyen Age, la sorcière est devenue, selon une relecture féministe de l’histoire médiévale, une victime emblématique des violences faites aux femmes – et du système patriarcal dans son ensemble.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Le grand retour des sorcières



Transgression sexuelle
« Mais le vrai crime de la sorcière, ça n’est pas de tuer les vaches du voisin. Le vrai crime de la sorcière, c’est qu’elle a fait un pacte avec le diable en couchant avec lui », insiste Armelle Le Bras-Chopard, qui souligne que les contes pour enfant et le marketing autour de la fête d’Halloween ont complètement occulté l’accusation de transgression sexuelle qui accompagne la définition juridique de la sorcière lors des grands procès du Moyen Age et de la Renaissance. Et de poursuivre :
« La sorcière, c’est la femme qui s’échappe des mains de son mari, par la cheminée, avec son balai, pour – littéralement – s’envoyer en l’air. »
Outre la maîtrise de leur propre corps et de leur propre sexualité, les sorcières étaient également accusées d’aider les autres femmes à faire de même. Au Moyen Age, nombre de celles qui ont été condamnées avaient un rôle de sage-femme, aidant à accoucher, contrôler leur fertilité et à avorter.
Une volonté de maîtrise de son corps et de son destin peu appréciée à l’époque. Aujourd’hui encore, les femmes qui dérogent à l’image de la ménagère et de la mère parfaite continuent à être affublées de ce qualificatif. Durant la campagne présidentielle de 2016, des soutiens de Donald Trump et de Bernie Sanders qualifiaient régulièrement Hillary ­Clinton de « sorcière ».
Depuis, cette insulte est devenue un étendard fièrement brandi. Ce n’est donc pas une coïncidence si, le 28 septembre 2017, le Witch Bloc, qui se définit comme un « groupe de sorcières féministes, radicales et en colère » a défilé lors de la journée internationale pour le droit à l’avortement. Avec un mot d’ordre : « Conservatisme, du balai. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Un locataire doit présenter au minimum l’équivalent de 3 285 euros de revenus nets mensuels pour obtenir un logement dans la capitale.
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Se loger à Paris coûte en moyenne 1 065 euros par mois

Un locataire doit présenter au minimum l’équivalent de 3 285 euros de revenus nets mensuels pour obtenir un logement dans la capitale.



LE MONDE ARGENT
 |    01.11.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 06h33
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Il faut 1 065 euros par mois en moyenne pour se loger à Paris, selon une étude que vient de réaliser le site de mise en relation des propriétaires avec les locataires LocService.fr. Cela signifie que le locataire devra présenter des revenus équivalents à 3 285 euros net au minimum pour accéder au logement si le propriétaire demande des revenus équivalents à trois fois le montant du loyer.

        Lire aussi :
         

                Sous-louer un logement, une activité risquée



Mais il faut parfois percevoir des revenus quatre fois supérieurs au montant du loyer, ce qui rend encore plus difficile l’accession au logement, notamment pour les étudiants qui représentent 45 % des candidats locataires.
Le budget moyen des locataires pour se loger à Paris est de 992 euros et reste donc inférieur à la moyenne des loyers pratiqués, signe d’un marché très tendu.
Selon LocService.fr, le loyer moyen à Paris est de 35,30 euros par mètres carrés charges comprises pour une surface de 31 m2. Le 6e arrondissement reste le plus cher de la capitale, avec un loyer moyen, charges comprises, de 43,60 euros/m2 suivi par le 8e (42 euros par m2), puis le 2e (40,80 euros par m2). Le 19e reste le moins cher, avec 31,30 euros par m2.
Limiter les abus les plus criants
Les chambres se louent à Paris en moyenne 572 euros pour une surface de 12 m2, les studios 855 euros pour 21 m2 et les appartements T1 983 euros pour 27 m2. Pour les appartements T2, la surface moyenne constatée est de 39 m2 et le loyer moyen de 1 282 euros, un T3 de 61 m2 se loue 1 815 euros et les très grands appartements se sont négociés en moyenne 2 471 euros charges comprises.
L’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (OLAP) qui analyse les loyers hors charge estime, quant à lui, que le loyer moyen à Paris était de 22,90 euros/m2 soit 710 euros par mois pour 31 m2 en 2017.
« Ce niveau de loyer est très élevé pour les locataires mais l’encadrement des loyers peut permettre d’améliorer la situation », pense David Rodrigues, responsable juridique à l’Association Consommation, logement cadre de vie (CLCV).
La loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan) qui vient d’être votée définitivement au Parlement prévoit de remettre en vigueur ce dispositif qui fixe des plafonds de loyer maximum. Mais, si cette disposition peut limiter les abus les plus criants, elle ne peut pas changer la nature du marché.
Airbnb aggrave la situation
« Le développement d’Airbnb qui grignote de plus en plus de logements dans le centre de Paris aggrave la situation. Les logements pour les locations à l’année étant plus rares, cela accentue la tension du marché en dépit des pressions exercées par la municipalité pour limiter Airbnb », constate Richard Horbette, fondateur de LocService.fr.

        Lire aussi :
         

                Grand Paris, des villes pour investir à long terme



Pour trouver un logement correspondant à leurs moyens, les locataires peuvent choisir la banlieue, mais les loyers charges comprises de la petite couronne sont également élevés : ils se situent à 23,77 euros le mètre carré. Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) est la commune la plus chère après Paris (29,80 euros/m2). La grande couronne est plus accessible avec des prix de 18,10 euros/m2 en moyenne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Les dix premiers jours d’audience soulèvent plus de questions que de réponses. Ils apportent en revanche quelques enseignements.
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édition abonné


Le procès Tron ramené au rang d’affaire presque ordinaire

Les dix premiers jours d’audience soulèvent plus de questions que de réponses. Ils apportent en revanche quelques enseignements.



LE MONDE
 |    01.11.2018 à 05h36
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 06h32
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            

La cour et les jurés de Seine-Saint-Denis qui jugent l’affaire Tron se sont dispersés, mercredi 31 octobre au soir, et ne reprendront leurs travaux que lundi 5 novembre. Sur le fond du dossier – des accusations de viols en réunion et de complicité de ces viols, ainsi que des agressions sexuelles reprochées au maire de Draveil (Essonne) Georges Tron et à Brigitte Gruel – ces dix premiers jours d’audience soulèvent plus de questions que de réponses. Ils apportent en revanche quelques enseignements.

Le premier s’impose comme une évidence : dans un procès d’assises, on juge des accusés et pas une cause. A cet égard, le deuxième procès Tron a déjà franchi un grand pas en comparaison de celui qui s’était ouvert à l’automne 2017 avant d’exploser en vol au bout de quelques jours.
C’est bien l’affaire singulière Georges Tron et Brigitte Gruel qui est jugée à Bobigny et pas le symbole collectif de la parole des femmes dans l’ère post-Weinstein et #metoo. Pas de clameur au dehors, pas d’omniprésence dans les chaînes d’information en continu ou sur les réseaux sociaux, pas d’« Envoyé spécial » diffusé en plein procès avec une des plaignantes, Virginie Faux, en invitée majuscule et sans contradicteur.
Cette baisse de pression médiatique qui a ramené de la sérénité dans un débat qui en avait cruellement manqué, a deux conséquences. Elle prive les avocats du maire de Draveil et de son ex-adjointe – Mes Eric Dupond-Moretti, Antoine Vey et Frank Natali –, d’un argument de défense aussi légitime qu’efficace qui consistait à dénoncer un climat déséquilibré au détriment de leurs clients. Elle ramène les deux accusatrices, Virginie Faux et Eva Loubrieu, à leur statut judiciaire de plaignantes et non à celui de victimes que l’emballement médiatique leur avait a priori décerné.
Plus d’authenticité
Virginie Faux qui a répondu, mercredi, à son premier interrogatoire sur les faits, n’est plus tout à fait celle qui était apparue la première...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Au total, 116 interpellations ont été effectuées, selon un communiqué de presse du ministère de l’intérieur, donnant lieu à 82 gardes à vue.
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« Purge » : une surveillance renforcée et une centaine d’interpellations pour Halloween

Au total, 116 interpellations ont été effectuées, selon un communiqué de presse du ministère de l’intérieur, donnant lieu à 82 gardes à vue.



Le Monde.fr avec AFP
 |    01.11.2018 à 02h48
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 17h44
   





                        


Bien que ce soit « une blague », la diffusion sur les réseaux sociaux de messages appelant à une « purge » des policiers, le soir de Halloween, a été prise au sérieux. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait demandé, mercredi 31 octobre, aux préfets « une mobilisation renforcée ». 
Au total, 116 interpellations ont été effectuées selon un communiqué de presse du ministère de l’intérieur, donnant lieu à 82 gardes à vue. « Hier soir nous avons mobilisé 15 000 forces de l’ordre (…). Les dégâts sont (…) largement inférieurs à ce que nous avons connu » les années précédentes, même s’ils restent « totalement anormaux, scandaleux », a déclaré jeudi le ministre de l’intérieur Christophe Castaner en marge d’une visite à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

        Nos explications :
         

          La « purge », ou quand un message Snapchat menaçant devient viral et envoie l’auteur chez les policiers



Le jeune Isérois de 19 ans à l’origine du premier message devenu viral sera jugé le 28 novembre pour « provocation, non suivie d’effet, au crime ou délit », après son appel pour le soir de Halloween. Il évoque, de son côté, une plaisanterie.
Douze interpellations dans le Rhône
Parmi les incidents de mercredi soir :
Dans le Rhône, douze personnes ont été interpellées, la plupart à Lyon, à la suite de bousculades, jets de projectiles, feux de poubelles et de véhicules, selon la police. La préfecture a toutefois démenti toute action organisée. En 2016 et 2017, la soirée de Halloween avait déjà été marquée par des incidents dans l’agglomération lyonnaise.A Rennes, un adolescent de 15 ans a été « sérieusement » blessé à la tempe par un tir de gomme-cogne alors qu’il lançait des projectiles vers des policiers, selon la préfecture. L’adolescent, qui s’est vu prescrire trente jours d’interruption totale de travail (ITT), souffre de « blessures importantes », notamment d’un hématome et d’une fracture, mais l’œil n’est pas atteint, selon le parquet.A Strasbourg, deux mineurs ont été interpellés après avoir lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, selon la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Bas-Rhin. Des jets de bouteilles incendiaires ont également eu lieu avec « une flambée des tensions entre 19 heures et 22 heures, lorsque nos équipes ont été prises à partie par des jeunes se revendiquant du mouvement de “purge” », selon la DDSP.En Essonne, selon des sources policières, des interpellations ont eu lieu notamment à Massy (tentative de vol de véhicule), Etampes (tirs de mortiers d’artifice), Saint-Michel-sur-Orge (dégradations, vols) et Montgeron, où entre 20 et 30 personnes ont « pris d’assaut » un centre commercial. Un policier a été légèrement blessé à la main par un jet d’acide et une mineure de 13 ans a été interpellée.
Le député de l’Essonne et président de Debout la France (souverainiste), Nicolas Dupont-Aignan, a réagi dans un tweet : « En Essonne, à Lyon… les violences se multiplient en cette soirée d’#Halloween ! Tous les prétextes sont bons pour la racaille. La France s’ensauvage, l’Etat reste impuissant. »

En Essonne, à Lyon... les violences se multiplient en cette soirée d'#Halloween !
— dupontaignan (@N. Dupont-Aignan)


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Depuis samedi, plusieurs documents circulent sur les réseaux sociaux. L’un d’eux, titré « Les règles de la purge de Corbeil-Essonnes », appelle notamment à attaquer les forces de l’ordre « au mortier, feux d’artifice, pétards, pierres ». Ces appels s’inspirent d’une série de films intitulés American Nightmare, dans laquelle, aux Etats-Unis, tous les crimes sont autorisés une fois par an durant douze heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les syndicats dénoncent une mesure du PLFSS 2019 qui aurait pour effet de réduire les activités sociales et culturelles financées par les employeurs.
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Polémique autour des avantages accordés par les comités d’entreprise

Les syndicats dénoncent une mesure du PLFSS 2019 qui aurait pour effet de réduire les activités sociales et culturelles financées par les employeurs.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
01.11.2018 à 06h33
    |

            Bertrand Bissuel








                        


C’est un sigle que des milliers de salariés connaissent : ASC, pour « activités sociales et culturelles ». Il recouvre les aides protéiformes accordées par les employeurs à leurs personnels : réductions tarifaires pour des voyages, bons d’achats, chèques-culture…
Or, les conditions dans lesquelles ces gratifications sont octroyées viennent d’être modifiées par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), adopté, mardi 30 octobre, à l’Assemblée nationale. Des changements qui mécontentent plusieurs syndicats, ainsi que les professionnels du tourisme.
En principe, l’argent versé par les entreprises au titre des ASC devrait être soumis à des cotisations sociales. Mais l’usage veut que ces sommes soient exonérées de tout prélèvement, à condition qu’elles restent dans des proportions raisonnables et qu’elles ne se transforment pas en complément de rémunération.

        Lire :
         

          Budget de la Sécurité sociale : les principales mesures votées à l’Assemblée



La mesure vise les avantages accordés par les CE
Un tel système a été critiqué à maintes reprises, car il plonge les entreprises dans un flou juridique et les expose même parfois à des redressements effectués par l’Urssaf.
C’est pourquoi le député (Union des démocrates et indépendants, UDI) du Nord, Paul Christophe, a déposé un amendement au PLFSS 2019 pour « sécuriser » le dispositif. Son souhait est de « pérenniser une pratique » en l’inscrivant dans le marbre de la loi, comme l’a expliqué l’élu lors des débats en séance, le 24 octobre. M. Christophe entend aussi donner de la visibilité aux dirigeants de petites et moyennes entreprises (TPE-PME) : ceux-ci sont « actuellement très peu nombreux à faire profiter leurs salariés de cet usage », du fait des incertitudes qui l’entourent. Le parlementaire nordiste espère ainsi « étendre le champ » des personnes susceptibles de bénéficier des ASC.
La mesure vise les avantages accordés par les comités d’entreprise (les CE, qui sont, peu à peu, remplacés par les CSE, les « comités sociaux et économiques », depuis la réforme du code du travail en 2017). Sont également concernés les employeurs publics et les sociétés de moins de cinquante personnes qui n’ont ni CE ni CSE.
Chèques-vacances
Le cadre conçu par M. Christophe prévoit que les avantages octroyés aux salariés seront soumis à des cotisations s’ils dépassent un certain seuil, variable suivant le type de gratification : par exemple 331 euros par an et par personne, pour « l’exercice d’activité sportive », pour « l’accès aux biens et prestations culturels ou au titre d’aides aux vacances » (le montant pouvant aller jusqu’au double en fonction du nombre d’enfants).
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a complété le dispositif, imaginé par M. Christophe, en y incluant (par le biais d’un sous-amendement) les chèques-vacances dans les entreprises de plus de cinquante salariés.
Mais ces modifications n’ont pas convaincu tout le monde sur les bancs de l’Assemblée. Députée (MoDem) des Hauts-de-Seine, Isabelle Florennes s’est inquiétée des incidences de l’amendement de M. Christophe : il se « traduirait, selon nos calculs, par une baisse pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros pour les salariés qui ont des enfants et qui travaillent dans des entreprises accordant des aides ciblées (…), destinées aux vacances, au sport et, surtout, à la culture », a-t-elle affirmé. Sa collègue (Les Républicains, LR) de l’Orne, Véronique Louwagie, a regretté qu’aucune « étude d’impact global » n’ait été conduite : « La question mérite un débat plus approfondi », a-t-elle ajouté.
Des craintes du côté des syndicats
Les craintes sont encore plus vives du côté des syndicats. « Nous contestons cette approche purement budgétaire », confie Philippe Portier (CFDT). Pour lui, « le gouvernement avance masqué » dans cette affaire et chercher à « se payer sur la bête » – en instaurant des cotisations sur les sommes dépassant un certain plafond.
« Ça risque d’avoir un effet négatif sur les avantages offerts aux salariés, en particulier à ceux les plus fragiles, renchérit Serge Legagnoa (FO). C’est assez mesquin et tout se passe en catimini, alors que les comptes de la Sécurité sociale sont excédentaires. »
La CGT a diffusé un communiqué, mardi, pour dénoncer une « attaque sans précédent » qui a pour objectif de « faire payer aux salariés le redressement du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale ». Plusieurs syndicalistes rappellent que des dispositions similaires avaient été envisagées dans le passé, notamment sous le quinquennat de François Hollande, avant d’être abandonnées devant les critiques qu’elles suscitaient.
Sollicité par Le Monde, M. Christophe réfute l’idée selon laquelle il chercherait à dégager des recettes nouvelles au profit de la Sécu. « Le but est de ne léser personne », insiste-t-il. Le député du Nord considère que sa proposition, imparfaite à ce stade, peut encore être améliorée, à la faveur de la navette parlementaire. S’il s’avère que le nouveau régime risque de pénaliser au final certains salariés, il sera retiré du PLFSS, précise-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le ministre de l’éducation a élaboré un « plan d’action pour la protection de l’école », dont les mesures les plus brûlantes doivent être précisées.
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Violences scolaires : des nouvelles mesures axées sur la sécurité dans la salle de classe

Le ministre de l’éducation a élaboré un « plan d’action pour la protection de l’école », dont les mesures les plus brûlantes doivent être précisées.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 18h52
    |

            Violaine Morin








                        



   


C’est une belle photo de famille qu’a donné à voir le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 31 octobre : l’ensemble des recteurs étaient réunis autour de lui pour présenter à la presse les mesures d’un « plan d’action pour la protection de l’école ». Objectif de l’opération : montrer que l’institution fait front commun contre un problème considéré comme tabou par les enseignants. Une vague de protestation a, en effet, submergé la profession après l’agression, le 19 octobre, d’une enseignante de Créteil, braquée avec une arme factice par un lycéen.
Rien de bien neuf pourtant dans les éléments avancés, mercredi, par le ministre de l’éducation, après l’arsenal sécuritaire promis vendredi dernier, qui réclame manifestement le temps de la réflexion. Annoncé pour le conseil des ministres du 30 octobre, il sera finalement détaillé mi-décembre, selon Jean-Michel Blanquer. Vendredi dernier, en effet, le ministre et Christophe Castaner s’étaient réunis avec la ministre de la justice, Nicole Belloubet, pour définir des axes de travail. Il en était ressorti la possibilité de faire appel, « dans les périodes de tension » et sur demande du chef d’établissement, à un policier ou un gendarme qui viendrait, pour une période choisie, dans l’établissement. Sur ce point, qui relève de décisions interministérielles, le ministre de l’éducation a seulement confirmé que les policiers concernés ne seraient pas armés.

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Période probatoire et signalements systématiques
Le ministre de l’éducation s’est donc contenté de détailler les mesures qui tombent dans son escarcelle : la sécurité dans la classe et dans l’établissement. Il a annoncé la création d’une « période probatoire » après toute exclusion : pendant un mois après sa réintégration, un élève exclu devra faire un point d’étape journalier avec le CPE ou le chef d’établissement. Pour éviter que l’exclusion ne reste « superficielle » et être « dans l’efficacité », il convient de s’assurer qu’il a compris sa sanction et se réintègre correctement à l’établissement, a affirmé Jean-Michel Blanquer.
Tempêtant contre la tentation de « mettre la poussière sous le tapis » et affichant son « soutien aux professeurs », le ministre a affirmé la nécessité de « faire remonter systématiquement » tous les incidents, insistant sur le fait que les « petits » problèmes engendrent les grands : un tableau de suivi – qui peut être numérisé – sera mis en place, dans lequel l’enseignant devra noter tous les incidents ayant donné lieu à un rapport d’incident. Le chef d’établissement devra ensuite, dans une colonne attenante, préciser la « réponse » apportée. Ce document sera consulté lors des bilans annuels du conseil d’administration.
Simplifier les procédures disciplinaires
Le ministre a également précisé comment il comptait simplifier la procédure des conseils de discipline, une mesure annoncée vendredi dernier : jusqu’ici, ceux-ci devaient réunir quatorze membres de la communauté éducative (au lycée, neuf membres de l’équipe de l’établissement, deux parents élus, trois élèves élus) et respecter un délai de convocation de huit jours. Le ministre prévoit un délai plus court et la possibilité de tenir un conseil à six membres. Sur le volet disciplinaire, le ministre a également insisté sur la nécessité de recourir à des mesures de « responsabilisation » : faire réparer l’objet abîmé par l’élève violent, faire faire un devoir sur le harcèlement à l’élève harceleur, etc. « Aujourd’hui, les mesures de responsabilisation représentent 1 % des sanctions prises », a souligné le ministre.
Un groupe de réflexion, présidé par la rectrice de Montpellier Béatrice Gille, en trinôme avec « un élu » et « un maire », sera formé pour contribuer au projet interministériel de mesures sécuritaires, qui doit être annoncé mi-décembre. Il s’agira pour les trois ministres de l’éducation, de la justice et de l’intérieur, de préciser ensemble les mesures qui concernent les « abords » des établissements scolaires, ainsi que la prise en charge des élèves les plus difficiles, dits aussi « poly-exclus » dans des centres éducatifs spécifiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’essai de Stéphane Carcillo et de Marie-Anne Valfort recense les discriminations dont sont victimes les femmes, les seniors, les LGBT, les minorités ethniques et religieuses, mais aussi les personnes discriminées sur la base de leur apparence physique. Des discriminations qui peuvent se corriger.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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La discrimination peut être combattue

L’essai de Stéphane Carcillo et de Marie-Anne Valfort recense les discriminations dont sont victimes les femmes, les seniors, les LGBT, les minorités ethniques et religieuses, mais aussi les personnes discriminées sur la base de leur apparence physique. Des discriminations qui peuvent se corriger.



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 14h56
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                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. La France figure parmi les pays où la discrimination est ressentie avec le plus d’acuité. Lorsqu’on leur demande si la discrimination sur la base de l’origine ethnique ou de la religion est répandue, plus de huit Français sur dix répondent par l’affirmative, contre à peine deux tiers des Européens. C’est ce que révèle la dernière enquête de l’Union européenne sur la perception de la discrimination parmi ses citoyens, conduite en 2015.
Ces résultats sont évidemment délicats à interpréter. Néanmoins, les perceptions témoignent de « l’existence d’un problème profond et bien visible dans notre société, porteur de lourdes conséquences, non seulement économiques mais aussi humaines et sociales. Il est donc essentiel de mettre en œuvre des stratégies adéquates afin de mesurer l’ampleur exacte de la discrimination et d’en comprendre les ressorts », affirment Stéphane Carcillo et Marie-Anne Valfort dans Les Discriminations au travail.

Depuis une vingtaine d’années, la recherche en économie, gestion, psychologie et sociologie consacre de nombreux travaux à cette question et commence à apporter des réponses sur l’intensité de la discrimination au travail. « La discrimination est rarement explicite et peut s’insinuer à toutes les étapes de la vie professionnelle, de la candidature à l’embauche à la perte d’un emploi, en passant par les chances de promotion. Elle peut même imposer sa marque bien en amont du marché du travail, durant les années d’éducation, et influencer l’acquisition de compétences-clefs comme les choix de carrière », détaillent le directeur de la division emploi et revenus de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’économiste au sein de la division des politiques sociales de l’OCDE.
Leur essai présente les principales méthodes existantes pour détecter la discrimination à l’échelle d’un pays, d’un secteur ou d’une profession. Il recense également...




                        

                        

