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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le jeune homme de 17 ans a blessé trois employés à Arkhanguelsk, près de la mer Blanche. Une enquête pour « acte terroriste » est ouverte.
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En Russie, un ado se fait exploser dans un local des services de renseignement

Le jeune homme de 17 ans a blessé trois employés à Arkhanguelsk, près de la mer Blanche. Une enquête pour « acte terroriste » est ouverte.



Le Monde.fr avec AFP
 |    31.10.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h38
   





                        


Un adolescent de 17 ans s’est fait exploser, mercredi 31 octobre, dans une antenne locale des services russes de renseignement intérieur (FSB) dans le nord du pays, blessant trois employés, selon les autorités.
L’attaque a eu lieu à 8 h 52, heure locale – 6 h 52 à Paris – dans l’entrée du bâtiment qui abrite l’antenne régionale du FSB, l’héritier du KGB soviétique, à Arkhanguelsk, une ville à un millier de kilomètres au nord de Moscou au bord de la mer Blanche.
« Selon les premières informations, la personne qui est entrée dans le bâtiment a sorti d’un sac un objet non identifié qui a explosé dans ses mains, lui causant des blessures mortelles », a fait savoir le comité antiterroriste dans un communiqué. « Trois employés du FSB ont reçu des blessures de divers degrés. »
Le comité d’enquête, organe dépendant du Kremlin et chargé des principales affaires, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « acte terroriste », ainsi que pour « détention illégale de munitions ».
Il a identifié la personne décédée comme « un résident local de 17 ans, qui a introduit un engin explosif artisanal dans le bâtiment ». Il s’agit d’un étudiant d’un établissement technique local, Mikhaïl Zlobitski, a affirmé à l’Agence France-Presse un responsable des forces de l’ordre locales, sous le couvert de l’anonymat.
Menace d’un groupe anarchiste
Le Comité a publié sur son compte Twitter une photo tirée des images de vidéosurveillance montrant un jeune homme aux cheveux courts, en manteau noir, dans le hall d’entrée d’un bâtiment, la main dans son sac à dos.
Quelques minutes avant l’explosion, un message publié sur le compte Telegram d’un groupe anarchiste avait prévenu que le siège de l’antenne régionale du FSB serait bientôt la cible d’une « attaque terroriste ». L’auteur du message, qui s’est présenté comme Valérian Panov, a précisé en revendiquer la responsabilité. « J’ai décidé de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens », a-t-il expliqué en estimant qu’il serait « très probablement tué dans l’explosion ». « Je vous souhaite un avenir radieux de communisme anarchiste », a-t-il ajouté.
Des anarchistes russes ont, dans le passé, perpétré des attaques visant les autorités en mettant le feu sur des voitures de police ou lançant des cocktails Molotov sur les locaux du parti au pouvoir Russie unie. Mais les attaques contre la police ou les services de sécurité restent rares en Russie, sauf dans le Caucase du Nord, région majoritairement musulmane où les autorités font face à des rebelles islamistes.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que le président russe Vladimir Poutine avait été informé de cette attaque, sans faire plus de commentaires.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’affaire, qui concerne des milices libyennes, embarrasse le gouvernement de Charles Michel.
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Polémique sur la gestion d’avoirs libyens en Belgique

L’affaire, qui concerne des milices libyennes, embarrasse le gouvernement de Charles Michel.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 16h02
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Le gouvernement de Charles Michel est de plus en plus embarrassé par les révélations sur le possible financement par la Belgique de milices libyennes, impliquées notamment dans le trafic d’êtres humains. L’affaire, sur laquelle enquête le juge d’instruction bruxellois Michel Claisse depuis plusieurs mois, est liée au dégel de 14,1 milliards d’euros placés sur des comptes en Belgique et bloqués depuis une résolution de mars 2011 du Comité de sanctions des Nations unies.
Ces montants appartenaient au fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA), créé en 2006, lié au colonel Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011, et qui gérait quelque 60 milliards d’actifs. Problème : les autorités belges n’auraient pas bloqué les intérêts et dividendes produits par les montants de ces comptes, soit de 3 à 5 milliards depuis 2012.
« Au vu de l’instabilité... »
L’affaire avait démarré à la suite d’un conflit entre le prince Laurent de Belgique et Tripoli. Le frère cadet du roi Philippe voulait récupérer 48 millions d’euros investis dans un projet visant à lutter contre la désertification en Libye. Tripoli avait rompu unilatéralement le contrat signé en 2008. Ce sont les avocats du prince qui ont, au départ, enquêté sur les avoirs gelés en Belgique et mis au jour la disparition de montants importants, ce qui a entraîné l’ouverture de la procédure judiciaire.

A qui a bénéficié l’argent reparti en Libye avec l’aval de la Belgique ? Plus que probablement au fonds d’investissement LIA. On ignore toutefois à qui les fonds ont été finalement alloués. Les responsables gouvernementaux belges sont muets mais un rapport final des Nations unies, publié en septembre et consacré aux sanctions évoquait, pour sa part, le rôle possible de Bruxelles dans des trafics d’armes destinées à diverses factions actives, notamment, dans la traite de migrants et de prostituées.
Le rapport estime que « le fait de mettre les intérêts et autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ C’est la première fois qu’un officiel turc dévoile les circonstances du meurtre du journaliste dans le consulat saoudien d’Istanbul.
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Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien, selon le procureur d’Istanbul

C’est la première fois qu’un officiel turc dévoile les circonstances du meurtre du journaliste dans le consulat saoudien d’Istanbul.



Le Monde.fr avec AFP
 |    31.10.2018 à 15h44
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h29
   





                        


Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » au consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre, a affirmé mercredi le parquet turc dans un communiqué.
« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat, est-il écrit. Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d’avance. »
Le journaliste saoudien, très critique à l’égard du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman et qui vivait en exil aux Etats-Unis depuis 2017, s’était rendu au consulat pour des démarches administratives.

        L’analyse :
         

          L’affaire Khashoggi fragilise la diplomatie saoudienne



Cette annonce des autorités turques a été faite quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l’issue d’une visite entamée dimanche en Turquie et qui n’a permis aucune avancée sur deux points clés de l’enquête : identifier les commanditaires du meurtre et ce qu’il est advenu du corps. Dans son communiqué, le parquet truc regrette d’ailleurs que cette visite n’ait « pas donné de résultat concret ».
« La vérité n’est pas au rendez-vous »
En annonçant que le journaliste a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul confirme pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines par la presse turque. Le corps de M. Khashoggi n’a toutefois pas encore été retrouvé, près d’un mois après sa mort.
Interrogé sur RTL mercredi matin, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a regretté que l’enquête n’avance pas assez vite.
« Aujourd’hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu’il y avait un meurtre, le compte n’y est pas. La vérité n’est pas au rendez-vous. »
Près d’un mois après la disparition de M. Khashoggi, l’Arabie saoudite est toujours au centre des critiques. Sous la pression internationale, Riyad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

        De la disparition à la crise diplomatique :
         

          l’affaire Khashoggi en quatre dates





Retrouvez nos articles et analyses sur l’affaire Khashoggi
De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire en quatre datesComment l’Arabie saoudite est revenue sur ses déclarationsLes zones d’ombre et les incohérences de la version saoudienneLe sommet économique de Riyad, enlisé dans l’affaire.Le prince héritier Mohammed Ben Salman, dans la tourmente.La relation entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.La tribune « Mohammed Ben Salman, l’erreur de casting »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La chancelière allemande, qui a longtemps paru indétrônable, a été emportée par des crises à répétition au sein de sa coalition.
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Allemagne : les quatre coups durs qui ont fait chuter Merkel

La chancelière allemande, qui a longtemps paru indétrônable, a été emportée par des crises à répétition au sein de sa coalition.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h40
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le sauvetage de la compagnie aérienne a été confié au groupe public ferroviaire. Le tandem Di Maio-Salvini au pouvoir à Rome marche sur les traces du « cavaliere » Berlusconi, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Pour faire redécoller Alitalia, les populistes italiens misent encore une fois sur le patriotisme économique »

Le sauvetage de la compagnie aérienne a été confié au groupe public ferroviaire. Le tandem Di Maio-Salvini au pouvoir à Rome marche sur les traces du « cavaliere » Berlusconi, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 11h16
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Le patriotisme économique est bien ancré en Italie, surtout avec des gouvernements populistes. Dix ans après la solution italo-italienne concoctée par Silvio Berlusconi pour sauver Alitalia du crash, le tandem Luigi Di Maio-Matteo Salvini essaye de bâtir un autre montage national pour remettre la compagnie aérienne sur les rails. Et ce n’est pas un jeu de mots, puisque le groupe ferroviaire public Ferrovie dello Stato (FS) devait présenter une offre de reprise mercredi 31 octobre, date limite fixée par le gouvernement. Elle devra intégrer d’autres investisseurs… qui ne se bousculent pas au portillon.

Depuis mai 2017 et le rejet d’un plan de sauvetage par les salariés, Alitalia est placée sous la tutelle de trois commissaires nommés par l’Etat. Les élections législatives de mars ont rebattu les cartes et la nouvelle majorité s’était donné jusqu’à fin octobre pour trouver un plan de sauvetage. M. Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles et ministre du développement économique, a imprudemment avancé les noms du pétrolier ENI, de la Cassa Depositi e Prestiti, de Poste italiane et du groupe de défense Leonardo. Tous ont exclu de participer au sauvetage, jugeant ces scénarios « sans fondement », voire fantaisistes. Au même moment, l’allemand Lufthansa excluait de coinvestir avec l’Etat italien.

Ces retraits fragilisent le montage imaginé autour de la « SNCF italienne ». M. Di Maio y voit pourtant un sens industriel et commercial : il favoriserait « l’intermodalité avec un billet unique train-avion », réduirait la concurrence sur les trajets plus courts, notamment dans la Péninsule, et inciterait Alitalia à développer le long-courrier. Le plan gouvernemental prévoit que, après une « phase de transition » où FS reprendrait Alitalia, l’Etat y investirait jusqu’à 15 %, FS descendrait à 51 % et deux partenaires, un italien et un opérateur étranger du transport aérien, se partageraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Défait à Varsovie, le parti Droit et justice a remporté les élections locales dans les zones rurales.
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En Pologne, les ultraconservateurs du PiS résistent aux turbulences

Défait à Varsovie, le parti Droit et justice a remporté les élections locales dans les zones rurales.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 10h39
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Après un sérieux revers essuyé dans les grandes villes, dont la victoire spectaculaire dès le premier tour du candidat libéral Rafal Trzaskowski à la mairie de Varsovie est devenue le symbole, le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS), au pouvoir depuis novembre 2015, se rattrape dans les régions. Si les élections municipales ont montré une claire victoire des centristes et libéraux dans les grandes villes, le 21 octobre, le parti de Jaroslaw Kaczynski peut afficher davantage de satisfaction avec les résultats officiels des élections régionales, à un an du scrutin législatif.
Avec un score à l’échelle nationale de 33 %, le PiS réalise le meilleur score de son histoire dans un scrutin local, gagnant six points par rapport aux régionales de 2014. Il obtient la majorité absolue ou relative dans neuf régions sur seize (contre cinq en 2014), et sera en mesure de gouverner dans sept d’entre elles, contre une actuellement. La Coalition civique, alliance de la Plate-forme civique de centre droit, des libéraux de .Nowoczesna et du mouvement progressiste « Initiative polonaise », avec un score national de 26,7 %, ne peut se prévaloir de la majorité absolue que dans une région.
A l’issue du scrutin et dans l’euphorie des résultats des métropoles, le leader de la Coalition civique, Grzegorz Schetyna, s’était réjoui d’avoir trouvé, enfin, « la recette efficace anti-PiS ». Rien n’est moins sûr : la coalition, qui semble au sommet de sa dynamique, aurait besoin de 10 à 15 points supplémentaires pour pouvoir espérer gouverner à l’issue des prochaines législatives.
Enchaînement de crises
La Coalition civique confirme toutefois qu’elle reste la principale force d’opposition. Cela constitue un frein pour ceux qui veulent bâtir une alternative au PiS sur les ruines de l’ancien système, au premier rang desquels le jeune maire de Slupsk, Robert Biedron, qui tente de créer un mouvement politique sur le modèle d’En marche ! d’Emmanuel Macron....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le produit intérieur brut de l’union monétaire a progressé de 0,2 % seulement au troisième trimestre, selon les statistiques publiées mardi par Eurostat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/10/2018
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La croissance de la zone euro au plus bas depuis quatre ans

Le produit intérieur brut de l’union monétaire a progressé de 0,2 % seulement au troisième trimestre, selon les statistiques publiées mardi par Eurostat.



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 10h07
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le chiffre est décevant. Décourageant, même, tant il tranche avec la bonne dynamique observée il y a un an encore. Entre juillet et septembre, la zone euro a enregistré une croissance de 0,2 % seulement, soit deux fois moins que sur les deux trimestres précédents, selon les statistiques publiées mardi 30 octobre par Eurostat. Il s’agit du plus bas niveau connu depuis début 2014. Un trou d’air que certains économistes espèrent temporaire, pariant sur un rebond en fin d’année. « Mais rien n’est moins sûr : les derniers indicateurs ne prêtent pas vraiment à l’optimisme », remarque Gilles Moëc, économiste chez Bank of America Merrill Lynch.
Dans le détail, la croissance française a retrouvé un peu d’élan, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,4 % entre juillet et septembre. « C’est la seule bonne surprise de la journée, commente Nadia Gharbi, spécialiste de la zone euro chez Pictet. L’investissement des entreprises tricolores est resté solide, notamment dans le secteur manufacturier. »

Bras de fer entre la Commission européenne et l’Italie
En revanche, l’Italie a enregistré une croissance nulle, après + 0,2 % au deuxième trimestre. Une stagnation de mauvais augure pour le gouvernement de coalition, qui table sur une croissance de 1,5 % en 2019. Mais cette cible optimiste sera difficile à atteindre au regard du coup de mou traversé par l’industrie de la Péninsule depuis quelques mois. La Commission européenne, elle, mise plutôt, pour le pays, sur 1,1 %.
En plein bras de fer avec Bruxelles autour de son budget 2019, Rome ne compte pas modifier sa stratégie pour autant. « L’arrêt du PIB est conjoncturel, il concerne toute l’économie européenne, a souligné, mardi, Giuseppe Conte, le président du conseil, en visite en Inde. Nous l’avions prévu et c’est pour cela que nous avons décidé d’avoir un budget expansif. » Selon lui, le creusement du déficit public à 2,4 % du PIB en 2019...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Dans le conflit qui l’oppose à l’Italie sur la question du budget, l’institution, chargée d’appliquer un texte complexe, même quand elle le fait avec mesure, peine à défendre ses actes, relève la journaliste Cécile Ducourtieux dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/10/2018
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Pacte de stabilité : « Face aux discours populistes réducteurs, la Commission européenne est démunie »

Dans le conflit qui l’oppose à l’Italie sur la question du budget, l’institution, chargée d’appliquer un texte complexe, même quand elle le fait avec mesure, peine à défendre ses actes, relève la journaliste Cécile Ducourtieux dans sa chronique.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 07h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. La volonté du peuple contre une institution technocratique implacable ? Un budget « pour en finir avec la pauvreté » contre des règles européennes imposées par un consensus libéral ? Dans le bras de fer qui l’oppose aux populistes aux manettes à Rome, depuis qu’elle a rejeté le budget italien le 23 octobre, la Commission européenne part avec un gros handicap politique de départ.
En Italie, évidemment, où le gouvernement gagne des points dans les sondages, particulièrement l’extrême droite de la Ligue présidée par le vice-premier ministre Matteo Salvini, qui dépasse désormais les 30 % d’opinions favorables. En France aussi, où le pacte de stabilité et de croissance est depuis longtemps contesté par la gauche, qui le considère comme un auxiliaire des politiques d’austérité.
30 milliards d’euros de « flexibilités »
La Commission européenne est pourtant sûre de son fait : le budget italien pour 2019 présente une dérive « sans précédent » du déficit public, à 2,4 % du produit intérieur brut (PIB), trois fois plus que les engagements pris par le gouvernement Conte en juillet. Surtout, il affiche une détérioration « structurelle » (creusement du déficit lié à des réformes) de 0,8 % du PIB, alors que Bruxelles attendait au contraire un « effort structurel » de 0,6 % (des restrictions budgétaires liées à des réformes).

A presque 132 % du PIB, la dette publique italienne risque de gonfler encore, prévient Bruxelles, surtout que les prévisions de croissance du gouvernement Conte (+ 1,5 % en 2019) sont jugées trop optimistes.
Et qu’on ne vienne pas lui dire qu’elle s’est montrée trop rigide ces dernières années. L’institution met en avant les 30 milliards d’euros de « flexibilités » accordées à l’Italie entre 2015 et 2018 : des dépenses publiques liées à la migration, à des catastrophes naturelles (tremblements de terre) ou à des investissements...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-9">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ A Brumunddal se dresse la plus grande tour du monde entièrement en bois. Haute de 85 mètres, elle devrait être inaugurée en mars 2019. Une structure à part, tous les acteurs de la filière étant situés dans un rayon de moins de vingt kilomètres.
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En Norvège, un gratte-ciel de bois en circuit court

A Brumunddal se dresse la plus grande tour du monde entièrement en bois. Haute de 85 mètres, elle devrait être inaugurée en mars 2019. Une structure à part, tous les acteurs de la filière étant situés dans un rayon de moins de vingt kilomètres.



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 06h43
    |

            Grégoire Allix (Brumunddal (Norvège), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur la berge du lac Mjøsa, à 150 km au nord d’Oslo, un gratte-ciel solitaire dresse son étrange profil devant les collines couvertes de forêts d’épicéas, parsemées d’or automnal par des bouquets de bouleaux. Dans cette petite ville de Brumunddal, à peine 10 000 habitants plutôt habitués aux fermes en planches rouges et aux maisons à clins colorés, la Norvège achève la construction de la plus haute tour du monde entièrement en bois : sa cime culmine à 85 mètres. Du sol au plafond, de la base au sommet, tout est en bois : les balcons et les cages d’ascenseur, les façades et les planchers.
De quoi laisser loin derrière le précédent record de 49 mètres, déjà détenu par une tour norvégienne, à Bergen. Et prendre un peu d’avance sur de futurs compétiteurs, alors que les projets de construction verticale en bois se multiplient dans le monde, portés par les préoccupations écologiques. Le péril climatique plaide pour les matériaux naturels et la ville dense, qui n’ont jusqu’ici pas fait bon ménage. De nombreuses métropoles mettent ainsi le bois au défi de prendre de la hauteur.
En France, pas moins d’une quinzaine de projets sont en préparation. A Paris, les promoteurs de Wood’Up (50 mètres) ont déposé leur demande de permis de construire cet été et commencé à commercialiser les 107 appartements cet automne. A Bordeaux, la tour Hypérion (57 mètres) a obtenu son permis de construire et le coup d’envoi des travaux est programmé pour le début de l’année 2019. A Strasbourg, le chantier de l’immeuble Sensations (38 mètres) a atteint, cet automne, son onzième et dernier étage…

« Symbole du tournant écologique »
De ville dense, il n’est point question à Brumunddal. La tour de 50 millions d’euros, qui mêle bureaux, appartements et hôtel, est le legs à sa commune d’enfance d’un milliardaire norvégien de 70 ans, l’homme d’affaires Arthur Buchardt, qui s’est réservé un luxueux penthouse avec terrasse panoramique au sommet du gratte-ciel. Le bâtiment,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Analyse. Sept semaines après les législatives, alors que le royaume se cherche toujours une majorité parlementaire, le refus de collaborer avec l’extrême droite se maintient au niveau national, mais vacille dans certaines communes.
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Suède : un cordon sanitaire autour de l’extrême droite

Analyse. Sept semaines après les législatives, alors que le royaume se cherche toujours une majorité parlementaire, le refus de collaborer avec l’extrême droite se maintient au niveau national, mais vacille dans certaines communes.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h41
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            
Analyse. Pas un rendez-vous. Même pas un coup de téléphone. C’est simple : depuis les élections législatives du 9 septembre, les leaders politiques suédois font comme si Jimmie Akesson, le patron de l’extrême droite, n’existait pas. Peu importent les 17,5 % d’électeurs qui ont voté pour son parti, les Démocrates de Suède (Sverigedemokaterna, SD), paralysant les tractations en vue de la formation d’un gouvernement.
Jimmy Akesson s’insurge de voir son parti traité comme « une maladie qui va passer, permettant un retour à la normale ». Mais il a beau trépigner et menacer de faire chuter tout candidat au poste de premier ministre qui ne lui offrira par de « garanties politiques », claironnant qu’il est prêt à affronter des élections anticipées si nécessaire, le cordon sanitaire tient bon. Pour le moment, en tout cas.

Même dans les 22 régions et 290 communes suédoises où le raz-de-marée SD était annoncé, ses succès restent modestes. Au contraire, la ligne « tout sauf SD » semble s’imposer, débouchant sur des coalitions aux configurations variées en fonction des contextes locaux. L’objectif : constituer une majorité pour contrer toute influence de l’extrême droite.
A Stockholm, les Verts, qui gouvernaient depuis quatre ans avec les sociaux-démocrates, le Parti de gauche et les féministes, ont rejoint l’alliance composée des conservateurs, chrétiens-démocrates, centristes et libéraux. A Malmö, inversement, centristes et libéraux ont préféré voter blanc, permettant aux sociaux-démocrates, au pouvoir depuis 1994, de rempiler pour quatre ans, plutôt que risquer d’élire un maire conservateur, en position de dépendance à l’égard de SD, même si l’extrême droite n’exigeait aucune contrepartie en échange de son soutien.

Les digues vacillent
Dans plusieurs communes cependant, dans le Sud notamment, les digues vacillent. Des élus de droite n’hésitent plus à bafouer les instructions envoyées par Stockholm....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ A droite comme à gauche, les partis alignent les candidats à la présidence de la Commission européenne, sans susciter un réel enthousiasme.
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Un Finlandais pimente la morne campagne des européennes

A droite comme à gauche, les partis alignent les candidats à la présidence de la Commission européenne, sans susciter un réel enthousiasme.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 04h06
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 10h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            LETTRE DE BRUXELLES
C’est une des terrasses les plus branchées du quartier européen de Bruxelles : le « Grand Central », ambiance loft, chaises dépareillées, et bon expresso. Un des lieux de rendez-vous préférés des assistants parlementaires et des apprentis fonctionnaires européens, juste en dessous du très massif bâtiment du Conseil, en face du parc Leopold.
Ce 17 octobre au matin, Alexander Stubb y croit manifestement encore un peu. Membre du Parti populaire européen (PPE), la grande famille de la droite européenne, il lance sa campagne bruxelloise en vue de remplacer Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. Le poste est remis en jeu juste après les élections européennes, à la fin du printemps 2019.
L’assistance, de nombreux journalistes et tout ce que Bruxelles compte de Scandinaves, se presse autour de ce responsable politique finlandais au CV en or massif : ancien chef de gouvernement, ex-ministre des finances et des affaires étrangères. A 50 ans, il en fait dix de moins. Tout de noir vêtu, jean ajusté, chemise sans col sous blouson court, ce triathlète amateur est l’incarnation du « cool ».
Il se déleste de son carnet Moleskine noir ouvert sur ses notes, de son smartphone et de ses cartes de crédit, et se lance. Ses convictions proeuropéennes, l’importance de l’Etat de droit, la nécessité d’investir dans le numérique, de répondre aux « vraies » attentes des Européens… Rien de décoiffant mais il répond du tac au tac, tout sourire. « Sans l’EU [European Union], je m’appellerais Alx Stbb », glisse t-il. En plus, il est drôle.

Indifférence générale
Les photographes mitraillent. Dans un coin du bar, une membre du cabinet de M. Juncker n’en perd pas une miette. Pas de doute : si le « Spitzenkandidat » (la « tête de liste ») du PPE pour les européennes devait être désigné sur sa capacité à prendre la lumière, M. Stubb aurait déjà gagné la course interne dans le parti. Comparé à son concurrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Cette découverte devrait permettre à la police italienne de progresser dans les enquêtes sur deux mystérieuses disparitions remontant à 1983.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/10/2018
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Italie : des restes humains retrouvés dans une propriété du Vatican à Rome

Cette découverte devrait permettre à la police italienne de progresser dans les enquêtes sur deux mystérieuses disparitions remontant à 1983.



Le Monde.fr avec AFP
 |    30.10.2018 à 23h53
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 07h30
   





                        



   


Des fragments d’ossements humains ont été découverts à Rome au cours de travaux de restauration dans une annexe de la nonciature apostolique – l’ambassade du Vatican en Italie –, a annoncé, mardi 30 octobre, le Saint-Siège.
La police italienne a été informée et une investigation est en cours pour établir l’âge et le sexe du corps ainsi que la date de la mort. Les enquêteurs chercheront en particulier à déterminer si l’ADN de ces restes correspond à celui d’Emanuela Orlandi ou de Mirella Gregori, deux mineures disparues séparément à Rome il y a trente-cinq ans.
Deux affaires jamais résolues
Emanuela Orlandi, fille d’un membre de la police vaticane, avait été vue pour la dernière fois le 22 juin 1983 alors qu’elle sortait d’un cours de musique. Certaines personnes ont avancé alors que la jeune fille de 15 ans aurait été enlevée par un gang du crime organisé pour faire pression sur des responsables du Saint-Siège en vue de recouvrer un prêt. D’autres affirment qu’elle aurait été kidnappée pour obtenir la libération de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d’assassiner le pape Jean Paul II en 1981.

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                Le Vatican se débarrasse d'un encombrant cadavre



Son frère Pietro, qui mène depuis des décennies une campagne pour tenter de résoudre le mystère de cette disparition, a dénoncé le silence du Vatican et même sa complicité dans cette affaire. Le Saint-Siège a pourtant affirmé à plusieurs reprises avoir coopéré avec la police italienne sur ce cas.
Mirella Gregori avait, quant à elle, disparu quarante jours exactement avant Emanuela Orlandi. Selon sa mère, la jeune fille avait répondu à l’interphone, affirmant à ses parents qu’il s’agissait d’un camarade d’école et qu’elle allait lui parler brièvement avant de remonter chez elle. Elle n’a jamais reparu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Selon les autorités danoises, au moins un individu lié au renseignement iranien projetait un attentat contre trois membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz.
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Le Danemark affirme avoir déjoué un attentat et accuse l’Iran

Selon les autorités danoises, au moins un individu lié au renseignement iranien projetait un attentat contre trois membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 21h53
   





                        



   


Le Danemark a déjoué un projet d’« attaque » sur son sol contre des opposants au régime iranien, a affirmé, mardi 30 octobre, le chef de la diplomatie danoise, Anders Samuelsen. L’ambassadeur d’Iran à Copenhague a été convoqué dans l’après-midi au ministère des affaires étrangères.
« Le Danemark ne peut, en aucune façon, tolérer que des individus liés aux services de renseignement iraniens fomentent des attaques contre des personnes, a protesté M. Samuelsen, lors d’une conférence de presse à Copenhague. C’est le gouvernement iranien, c’est l’Etat iranien qui est derrière. » 
De son côté, le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a jugé sur son compte Twitter « inacceptable que l’Iran ou tout autre Etat étranger fomente des assassinats sur le sol danois » et fait savoir que « des mesures contre l’Iran [seraient] discutées au sein de l’Union européenne ». Un porte-parole de la diplomatie iranienne cité par l’agence officielle Irna a réfuté ces accusations, accusant les ennemis de l’Iran de vouloir nuire à ses relations avec l’Europe.
Attentat déjoué en France
Selon les services du renseignement du pays scandinave, au moins un individu lié au renseignement iranien, arrêté le 21 octobre, projetait un attentat contre trois membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz résidant au Danemark. Cette organisation est soupçonnée par Téhéran d’avoir participé à un attentat contre un défilé militaire qui avait fait 24 morts le 22 septembre à Ahvaz, capitale de la province iranienne du Khouzestan (sud-ouest).
Fin septembre, Téhéran avait accusé le Danemark, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne « d’héberger certains membres du groupe terroriste » que l’Iran accuse d’être responsable de l’attentat.
Ce projet d’attentat au Danemark rappelle l’annonce à la fin du mois de juin des autorités françaises, qui auraient également déjoué un attentat organisé par les services de renseignement de Téhéran, visant un rassemblement en France d’un groupe d’opposants iraniens. Un couple belge d’origine iranienne avait notamment été arrêté à Bruxelles en possession de 500 grammes de TATP, un explosif artisanal très instable, et un diplomate iranien, contact de ce couple, avait alors été interpellé en Allemagne.

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                La France essaie de limiter les effets de la crise avec l’Iran






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ A cause des grandes marées et du mauvais temps, Venise connaît un des plus importants épisodes d’« acqua alta » depuis un siècle.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La chancelière allemande ne briguera pas de nouveau mandat en 2021. Notre journaliste à Berlin a analysé ces annonces en répondant à vos questions.
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Avec le départ annoncé de Merkel, « l’extrême droite allemande perd son ennemie préférée »

La chancelière allemande ne briguera pas de nouveau mandat en 2021. Notre journaliste à Berlin a analysé ces annonces en répondant à vos questions.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 15h50
   





                        



   


Chancelière depuis treize ans, chef de la CDU depuis dix-huit ans, Angela Merkel a annoncé, le 29 octobre, qu’elle abandonnera la direction du parti conservateur en décembre et qu’elle ne briguera pas de nouveau mandat en 2021. Cette annonce rebat les cartes politiques en Allemagne : elle lance la guerre de succession à la CDU à l’approche d’une année 2019 marquée par le scrutin européen, mais aussi par des élections dans quatre Länder.
La journaliste du Monde à Berlin, Cécile Boutelet, a analysé la situation avec les internautes.
Val : Bonjour et merci pour ce tchat ! Comment Angela Merkel peut-elle espérer rester chancelière jusqu’en 2021 sans contrôler la CDU ?
Cécile Boutelet : Bonjour ! Tout dépend de sa capacité à relever deux défis. Le premier, c’est de travailler en bonne harmonie avec ses partenaires de coalitions – la CSU, parti conservateur bavarois qui l’a beaucoup gênée ces derniers mois sur la question de l’immigration – et le SPD (sociaux-démocrates). Les deux partis ont essuyé de lourdes défaites et ont compris que les Allemands les ont sanctionnés pour leurs conflits permanents depuis sept mois, et qu’il fallait y mettre fin et travailler en meilleure intelligence à partir du contrat de coalition.
Deuxième impératif : s’entendre avec le prochain ou la prochaine présidente de la CDU. Une personnalité en opposition avec elle compliquerait fortement les choses.
Jules : Qui est favori pour prendre la place de Merkel à la tête de son parti ?
Trois candidats se sont manifestés depuis hier : Annegret Kramp-Karrenbauer, Jens Spahn et Friedrich Merz. Angela Merkel a pris soin de ne pas se prononcer, mais il va de soi qu’Annegret Kramp-Karrenbauer (alias « AKK ») est sa préférée. Les deux femmes s’entendent très bien, et leur duo devrait être efficace au parti et à la chancellerie. Sur l’Europe, AKK est encore une « page blanche », disent les journaux allemands, ce qui faciliterait grandement les arbitrages avec les partenaires européens.
AKK est arrivée en février seulement sur la scène politique fédérale, après une carrière régionale dans le Land de Sarre. Aux dernières élections dans cette région, en mars 2017, elle a obtenu un excellent résultat – 40,7 %. Après cela, Angela Merkel lui a proposé de devenir secrétaire générale de la CDU, ce qu’elle a accepté avec enthousiasme. Depuis, elle est beaucoup apparue dans la presse nationale et son image est bonne.

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En revanche, les deux autres candidats se sont illustrés par leurs critiques frontales envers Angela Merkel. Jens Spahn, 38 ans, veut un tournant conservateur. Friedrich Merz, 62 ans, a quitté la vie politique en 2009 et a mené depuis une carrière d’avocat d’affaires. Cela lui vaut les faveurs de l’aile libérale conservatrice de la CDU. Mais il siège au conseil de surveillance de grands groupes, et cette proximité extrême avec les milieux d’affaires peut effrayer beaucoup d’électeurs.
Lilou : Quelle image les Allemands garderont-ils d’Angela Merkel ? Quelles décisions marquantes a-t-elle prises en tant que présidente de la CDU ?
Les Allemands resteront très attachés à Angela Merkel, qui a toujours d’excellents résultats dans les sondages d’opinion. Elle est restée très humble et simple, qualités très appréciées de larges franges de la population.
En tant que présidente de la CDU, elle a amorcé une modernisation du parti : on lui doit une politique familiale qui a favorisé la création de crèches et donc a permis à beaucoup de femmes de travailler. Elle a aussi pris plusieurs décisions surprenantes comme l’abolition du service militaire, marqueur traditionnel de la CDU, ou l’abandon du nucléaire.
Sa politique d’accueil des réfugiés continue de lui valoir les voix des électeurs chrétiens. C’est une donnée très importante, on l’a vu en Bavière : beaucoup de chrétiens ont reproché à la CSU son tournant à droite, antimigrants. Ils ont reporté leurs voix sur les Verts.

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Maxrocket : Cette décision représente-t-elle un risque pour l’Union, qui voit monter les populismes ?
Les populismes sont en progression partout en Europe, et la présence de Mme Merkel n’a pas empêché le parti d’extrême droite populiste AfD d’entrer en force au Bundestag en 2017, avec 92 sièges. Après le scrutin de dimanche en Hesse, le parti est représenté dans tous les parlements régionaux allemands. Avec ou sans Merkel, la tendance est donc là.
Martin : Quels peuvent être les effets du retrait de Merkel sur les scores de l’AfD ?
Le parti est désormais privé de son ennemie préférée. La figure d’Angela Merkel fonctionnait d’autant mieux comme repoussoir qu’elle vient de l’Est, où l’AfD enregistre ses meilleurs scores. Elle concentrait les frustrations de ceux qui espéraient davantage de considération de la part d’une « des leurs » et qui incarne la politique d’accueil des réfugiés, très impopulaire à l’Est.
Il est donc possible que l’AfD accuse le coup de la perte de cette ennemie idéale. Mais comme elle reste chancelière jusqu’en 2021, rien ne dit que cet effet fonctionne pour les élections en Saxe, en Brandebourg et en Thuringe à l’automne prochain.
« Des élections législatives anticipées seraient périlleuses pour les sociaux-démocrates »
Jim : Est-il possible que cela pousse les franges les plus conservatrices de la CDU et de la CSU à faire scission et s’allier avec l’AfD ?
Non, la CDU et la CSU ont toujours marqué leurs distances avec l’AfD, les récents événements à Chemnitz, où l’AfD a défilé avec les néonazis, ont conforté les deux partis dans cette décision.
PenseurAgité : En quoi le départ annoncé de Mme Merkel fragilise-t-il Macron et sa politique européenne ?
Angela Merkel est présente dans la vie politique européenne depuis treize ans, elle a vécu les grandes crises de l’Union, comme la crise grecque ou celle des réfugiés. Elle a beaucoup d’expérience et avait un positionnement plutôt centriste par rapport à sa famille politique. L’aile droite de la CDU a beaucoup critiqué ses positions sur l’euro. Un président de la CDU plus conservateur pourrait compliquer certaines décisions.
Angela Merkel et Emmanuel Macron ont signé cet été la déclaration de Meseberg sur ce qu’ils veulent atteindre en Europe : plus d’intégration dans la politique extérieure et dans la zone euro. Si l’aile droite de la CDU remporte la présidence du parti, les négociations seront compliquées. Un Jens Spahn ou un Friedrich Merz ne seront sans doute pas favorables à l’idée d’un budget de la zone euro.
Arthur : Le SPD a-t-il pris une décision quant à son maintien dans la coalition ?
Les sociaux-démocrates avaient annoncé qu’au vu des résultats catastrophiques obtenus en Bavière et en Hesse, ils réévalueraient à la mi-mandat l’opportunité de leur participation au gouvernement – c’est-à-dire fin 2019 ou début 2020. Mais des élections législatives anticipées seraient périlleuses pour le SPD, qui a besoin de temps pour se reconstruire et identifier des lignes claires sur les sujets d’avenir, comme le climat, les retraites, l’immigration ou encore le rôle de l’Etat social.
Selon un sondage du 28 octobre, 64 % des personnes interrogées ne comprennent pas les convictions du SPD. C’est un résultat très grave pour un grand parti qui veut peser. Il préfère avoir à montrer des réformes réussies plutôt que se présenter trop rapidement devant des électeurs qui le fuient actuellement, au profit des Verts, de la gauche radicale Die Linke ou de l’AfD.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Danske Bank, la première banque danoise et l’établissement financier scandinave Nordea sont mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent.
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La Scandinavie touchée par un scandale bancaire

Danske Bank, la première banque danoise et l’établissement financier scandinave Nordea sont mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 13h47
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            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Depuis le 19 septembre et la publication du rapport du cabinet d’avocats Bruun & Hjejle, mandaté par la Danske Bank pour faire la lumière sur une des plus grosses affaires de blanchiment d’argent en Europe, le scandale ne cesse de connaître de nouveaux rebondissements. Dans la tourmente désormais : la Nordea, principale banque de Scandinavie, rattrapée par les révélations concernant la filiale estonienne de la Danske Bank, soupçonnée d’avoir couvert, entre 2007 et 2014, le transit de 200 milliards d’euros suspects, provenant de Russie et de l’ex-bloc soviétique.
Le 17 octobre, le parquet financier suédois a confirmé avoir enregistré une plainte contre Nordea, pour fraude, faux et blanchiment. A l’origine des accusations, Bill Browder, le dirigeant du fonds Hermitage Capital, basé au Royaume-Uni. L’investisseur, spécialisé dans la traque des flux de capitaux sortant de la Russie, affirme avoir identifié 365 comptes en Suède, au Danemark, en Finlande et en Norvège, où auraient transité 175 millions de dollars (154 millions d’euros), connectés à la succursale estonienne de la Danske Bank et à la banque lituanienne Ukio Bank.
Une seconde plainte a été déposée le 22 octobre, auprès des autorités finlandaises, visant 500 comptes de la branche finlandaise de la Nordea, où auraient transité 205 millions d’euros, également liés à la filiale estonienne de la Danske Bank et à l’Ukio Bank. La Nordea, qui a transféré son siège social de Stockholm à Helsinki début octobre, a assuré qu’elle collaborait avec les autorités. Mais son PDG, le Finlandais Casper von Koskull, a mis en garde, le 24 octobre, contre une « chasse aux sorcières ».
28 000 clients ont déserté la Danske Bank durant le premier semestre 2018
Pour sa part, la Danske Bank fait désormais l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires, diligentées par les autorités danoises, estoniennes et britanniques. Elle est également dans le collimateur de la justice américaine, ce qui pourrait...




                        

                        


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édition abonné


A Barcelone, le quartier du Raval entre « narcosquats » et spéculation

Situé dans le centre de la ville, le quartier compte plus de 660 logements vides.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 11h55
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            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est la plus grande opération menée à Barcelone contre les « narcosquats » du quartier du Raval, ces appartements transformés en supermarchés de la drogue, en particulier de l’héroïne, situé en plein centre historique. Plus de 700 Mossos d’Esquadra – la police régionale catalane, une centaine de policiers municipaux et un hélicoptère ont été déployés lundi 29 octobre au matin. A l’issue d’une quarantaine de perquisitions, 27 lieux de vente ont été fermés, dont 7 ont été murés pour qu’ils ne soient pas occupés de nouveau, et 55 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des chefs de clan dominicains soupçonnés de contrôler l’approvisionnement en drogue.
De quoi en finir avec les « narcopisos » du Raval ? C’est peu probable. Depuis 2017, plus d’une centaine de ces appartements ont été démantelés et 130 personnes arrêtées, sans que cela mette un terme à un phénomène qui a pris de l’ampleur ces deux dernières années. Les associations de riverains rappellent qu’ils ont dénombré plus de 60 « narcopisos » actifs dans le quartier : il en resterait plus d’une trentaine. Surtout, l’une des principales causes du problème demeure la grande quantité de logements vides – plus de 660 recensés par la mairie et près d’un millier selon les associations –, dont les deux tiers (63 %) appartiennent à des banques ou des fonds d’investissement.
« Le Raval a toujours présenté un certain degré de conflictualité et une problématique liée à la drogue, rappelle Gala Pin, conseillère municipale du district de Ciutat Vella, le centre historique de Barcelone. S’y sont ajoutées des macro-opérations policières dans d’autres quartiers qui ont poussé les trafiquants à se déplacer et à chercher des lieux fermés. Or le Raval est un quartier situé en plein centre, très visité, avec une forte population flottante et un parc important de logements vides et en mauvais état. »
Forte hausse des prix
Bordant la Rambla, débouchant sur le port, abritant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Après huit ans de restrictions, le pays profite d’une cagnotte fiscale inattendue pour reprendre les dépenses.
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Au Royaume-Uni, la fin de l’austérité pour le dernier budget avant le Brexit

Après huit ans de restrictions, le pays profite d’une cagnotte fiscale inattendue pour reprendre les dépenses.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 11h48
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            Charlotte Chabas (Londres, intérim)








                        



   


Comment construire un budget annuel, à cinq mois d’un événement dont on ignore encore tout, sinon qu’il va résolument changer la donne ? A défaut d’être devin, le chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, a pu compter sur un certain alignement des astres, lundi 29 octobre, à l’heure de présenter son dernier budget avant le Brexit.

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A rebours de sa dernière prévision, l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme semi-indépendant chargé de surveiller les finances du royaume, lui a offert un joli cadeau, revoyant à la hausse la croissance attendue pour 2019 à 1,6 % au lieu de 1,3 %. Grâce à une activité économique plus forte qu’attendu et de meilleures recettes fiscales, le gouvernement pourra compter sur 13 milliards de livres, soit 14,6 milliards d’euros, supplémentaires sur l’exercice 2018-2019.
Cette cagnotte fait souffler un parfum d’épicurisme sur la Chambre des communes. Tant pis pour l’assainissement des finances publiques, l’heure est à cueillir l’instant. Pour contrer les promesses dispendieuses des travaillistes, Theresa May avait promis de desserrer les cordons de la bourse pour redonner un peu d’air à des services publics asphyxiés. « L’ère de l’austérité est en train de se terminer mais la discipline sera maintenue », a confirmé M. Hammond.
Coup de pouce pour la santé
Qui profitera des générosités gouvernementales, après huit années de restrictions budgétaires ? Mme May s’y était engagée en juin : le National Health Service (NHS), service de santé public, devrait recevoir la plus grosse enveloppe, avec 20,5 milliards de livres par an d’ici à 2024. Deux milliards de livres supplémentaires seront en outre consacrés aux maladies mentales.
Cette augmentation annuelle de 3,4 % reste inférieure à celle qu’a connue en moyenne le NHS depuis sa création, voilà soixante-dix ans. Mais elle représente un coup de pouce bienvenu dans un secteur en extrême souffrance, qui avait dû renoncer l’hiver dernier à des milliers d’opérations non urgentes faute de moyens.
Pour le reste, M. Hammond a annoncé pêle-mêle une aide aux petits commerces sous forme d’une baisse d’impôt de 900 millions de livres par an, le gel des taxes sur l’essence, un milliard de livres supplémentaire pour le ministère de la défense, ou encore 420 millions de livres contre cet universel fléau routier : le nid-de-poule. Même la pinte de bière devrait baisser de deux pences, à la faveur d’un gel des taxes sur certains alcools, dont le whisky ou le gin.
Régulièrement menacé de suppression devant le fiasco de sa mise en place, le « crédit universel », cette fusion de six allocations lancée en 2010 et qui inspire Emmanuel Macron pour son revenu universel d’activité, se verra allouer près de 1,7 milliard de livres sur cinq ans. Les écoles recevront 400 millions de livres pour couvrir « tous les petits extras dont elles ont besoin », selon M. Hammond. « Des professeurs, par exemple ? », ont raillé des députés de l’opposition, dont le chef de file, Jeremy Corbyn, a dénoncé des « saupoudrages en trompe-l’œil ». 
Une taxe sur les géants du Net
Pour financer ces mesures, M. Hammond ne compte pas que sur la cagnotte fiscale. « Phil le comptable » a annoncé la création d’une taxe sur les géants du Net, à compter d’avril 2020. Elle devrait être calculée sur le chiffre d’affaires, et pourrait permettre de récolter 400 millions de livres par an. Difficile de ne pas y voir une flèche adressée à Bruxelles, qui piétine toujours à convaincre les 27 de s’accorder sur le sujet.
C’est que Londres se sait observé de près pour ce dernier budget avant de couper les ponts avec l’Union européenne. Dans son discours de quatre-vingts minutes, Philip Hammond, partisan d’un « soft Brexit », a rappelé combien ces bons indicateurs économiques étaient fragiles. Selon le National Institute of Economic and Social Research, la croissance du pays pourrait tomber de 1,9 % à 0,3 % en 2019 en cas de « no deal ». Quand, au contraire, un accord bien négocié avec Bruxelles pourrait permettre au pays de « doubler les dividendes du Brexit », veut croire M. Hammond. « Je suis confiant mais je ne suis pas complaisant. Donc nous continuerons à nous préparer à toutes les éventualités », a-t-il prévenu.
Un rappel très clair adressé aux députés de la très courte majorité. S’ils se risquent à ne pas soutenir Theresa May dans son plan dit « de Chequers », tous risquent de se retrouver en urgence au printemps 2019 pour un nouveau budget anticipé. Il ne serait plus question, alors, de prodigalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Ethiopie-Erythrée, une réconciliation en marche (1/3). Plus de 14 000 migrants ont été enregistrés en Ethiopie depuis la réouverture de la frontière en septembre après vingt ans de fermeture.
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Reportage

Dans les villes éthiopiennes frontalières de l’Erythrée, « l’affluence de réfugiés ne tarit pas »

Ethiopie-Erythrée, une réconciliation en marche (1/3). Plus de 14 000 migrants ont été enregistrés en Ethiopie depuis la réouverture de la frontière en septembre après vingt ans de fermeture.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Zalambessa, Ethiopie, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 30.10.2018 à 10h54

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        Mis à jour le 31.10.2018 à 11h13






    
Début octobre 2018, du côté éthiopien de la frontière avec l’Erythrée, réouverte le 11 septembre.
Crédits : MICHAEL TEWELDE / AFP


Teddy (le prénom a été modifié) est sur le départ. Ce jeune Erythréen à peine majeur n’a qu’une envie : rejoindre son père aux Etats-Unis. Originaire d’Asmara, la capitale, il a traversé la frontière « le plus vite possible » quand le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le président érythréen, Isaias Afwerki, ont décidé de la démilitariser et de l’ouvrir, le 11 septembre.

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Cette mesure a donné le signal du départ pour sa famille, qui compte désormais sur la procédure de regroupement familial pour parvenir outre-Atlantique. Ce matin de fin octobre, sa mère et ses trois frères patientent à Zalambessa, ville frontière côté éthiopien, comme 700 autres Erythréens répartis dans 13 autobus en partance pour le centre de réception d’Endabaguna, à environ 200 km à l’ouest, la première étape avant les camps de réfugiés.
« Là-bas, il n’y a plus de jeunes »
L’ouverture de la frontière a permis aux deux peuples de renouer des relations commerciales. Mais elle a aussi créé un appel d’air, entraînant un afflux massif de migrants en Ethiopie. Selon des chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 15 000 Erythréens ont traversé la frontière les trois premières semaines. Certains d’entre eux sont simplement venus acheter des vivres et des marchandises ou retrouver des proches perdus de vue depuis la guerre. Mais la plupart ont l’intention de rester. « Je n’ai pas envie de rentrer à Asmara. Là-bas, il n’y a plus de jeunes : soit ils sont partis, soit ils sont morts en mer, soit ils sont ici », poursuit Teddy.

    
L’Erythrée et l’Ethiopie ont rouvert leur frontière le 11 septembre 2018 après vingt ans de fermeture à la suite de la guerre de 1998-2000 qui avait fait entre 70 000 et 100 000 morts.
Crédits : Google Maps


Chaque année, des milliers d’Erythréens fuient leur pays, depuis longtemps critiqué par les organisations de défense des droits humains pour le recours à la détention arbitraire, la disparition d’opposants et la restriction des libertés d’expression et de religion. La perspective d’être enrôlé à vie dans un service militaire obligatoire, jusque-là justifié par la menace du voisin éthiopien, a poussé une grande partie de la jeunesse sur la route de l’exil. Pour l’heure, l’accord de paix entre les deux pays n’a pas fait changer d’avis les candidats au départ, au contraire.
Depuis plusieurs semaines, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) fait des allers-retours entre le centre d’Endabaguna et Zalambessa et Rama, les deux principaux points de passage grâce auxquels traverse la grande majorité des nouveaux arrivants – surtout des femmes et des enfants. « L’affluence ne tarit pas », explique un humanitaire. Près de 320 personnes franchiraient la frontière quotidiennement, soit six fois plus qu’avant. Côté érythréen, les militaires tiennent un registre des départs, mais le contrôle s’arrête là.
Une situation « critique »
Après leur enregistrement au centre d’Endabaguna, les migrants seront répartis dans des camps. Plus de 14 000 arrivants ont été recensés depuis l’ouverture de la frontière. « L’un des camps est saturé », confie le même humanitaire. Quant au HCR, il juge la situation « critique ». Cette nouvelle donne risque d’accentuer la pression sur l’Ethiopie, qui compte déjà près d’un million de réfugiés, dont aujourd’hui plus de 175 000 Erythréens, et voit augmenter le nombre de déplacés internes : ceux-ci sont environ 2,8 millions à travers le pays.

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Si la visite du premier ministre éthiopien à Paris, Berlin et Francfort, du lundi 29 au mercredi 31 octobre, se voulait à dominante économique, la lancinante question migratoire a forcément plané sur les discussions. Et l’Europe, qui cherche à éviter les départs du continent africain, a trouvé en Abiy Ahmed un allié, puisque l’Ethiopie prévoit d’intégrer davantage les réfugiés en leur accordant bientôt des permis de travail et des licences commerciales. C’est l’un des objectifs du « cadre d’action globale pour les réfugiés » imaginé par les Nations unies. Addis-Abeba doit confier à cette population déracinée une partie des 100 000 emplois créés dans de nouveaux parcs industriels construits grâce à un prêt de la Banque européenne d’investissement et aux subventions du Royaume-Uni et de la Banque mondiale.

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En attendant, à Zalambessa, les nouveaux arrivants devront passer une ou plusieurs nuits dans un refuge de fortune en tôle, près de la gare routière. Ils sont des centaines à y dormir. Adiat et Feruz, deux jeunes femmes coquettes, viennent de déposer leurs gros sacs. Autour d’elles, de nombreux migrants s’enregistrent pour ne pas rater les prochains bus. « Notre pays est en train de se vider. Dans mon village, il n’y a plus personne », lâche, amère, Feruz, qui rappelle que beaucoup d’Erythréens sont partis avant l’ouverture de la frontière, illégalement. Elle se dit prête à sacrifier une ou deux années dans un camp de réfugiés avant d’obtenir, peut-être, le droit d’aller vivre en Europe, son rêve. La perspective de devenir ouvrière en Ethiopie est moins séduisante.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La chancelière allemande a annoncé, lundi, qu’elle ne briguerait pas de cinquième mandat en 2021. Depuis Berlin, notre journaliste a répondu à vos questions.
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