<FILE-date="2018/10/31/17">

<article-nb="2018/10/31/17-1">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Une tentative grossière d’obtenir de faux témoignages de harcèlement sexuel contre le procureur mène à des figures de l’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Une machination visait à faire tomber le procureur Robert Mueller, qui enquête sur Donald Trump

Une tentative grossière d’obtenir de faux témoignages de harcèlement sexuel contre le procureur mène à des figures de l’extrême droite.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h38
   





                        



   


L’affaire oscille entre l’inquiétant et le saugrenu pour basculer franchement dans le ridicule. Une campagne de diffamation visant le procureur spécial Robert Mueller a été déjouée mardi 30 octobre, avant même d’avoir été réellement lancée. Son but aurait été de mêler le nom de M. Mueller à des accusations d’agressions sexuelles dans le but de l’affaiblir dans son travail d’enquête sur les possibles liens entre Moscou et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.
Cette entreprise marquée du sceau de l’amateurisme le plus effarant semble avoir été orchestrée par des personnalités douteuses, grenouillant à l’extrême droite des réseaux sociaux et connues pour divers épisodes passés mêlant désinformation, soif de médiatisation, théorie conspirationniste et litiges divers. S’y ajoutent dans ce cas-ci de faux comptes LinkedIn de professionnels du renseignement – l’un d’entre eux illustré par un portrait de l’acteur allemand Christopher Waltz –, une officine d’intelligence économique qui s’avérera parfaitement imaginaire et surtout de grosses sommes d’argent proposées à d’anciennes collaboratrices supposées de M. Mueller contre de faux témoignages d’agressions sexuelles le concernant.

        Lire aussi :
         

                Tout comprendre à l’affaire Trump-Russie



Le faux témoignage de « Lorraine Parsons »
Tout commence pourtant de la manière la plus sérieuse qui soit : une demande formelle d’enquête envoyée mardi par le bureau du procureur spécial Robert Mueller, l’homme que les partisans les plus radicaux de Donald Trump rêvent de voir tomber, à la police fédérale américaine, le FBI. En cause, des allégations dont les équipes de M. Mueller avaient eu connaissance la semaine dernière et selon lesquelles des femmes s’étaient vu proposer de l’argent pour porter des accusations fallacieuses à son encontre.
D’après le New York Times, dès le 17 octobre, une personne se présentant comme Lorraine Parsons a commencé à entrer en contact avec des journalistes afin de leur faire part d’une offre de cette nature dont elle avait été récemment la cible. Elle leur a notamment fait état d’un premier appel émis par un certain Bill Christensen, désireux d’obtenir des informations sur le procureur spécial M. Mueller, avec lequel elle dit avoir travaillé au début des années 1970.
Par la suite, ce M. Christensen lui aurait proposé, toujours selon le New York Times, la somme de 50 000 dollars pour qu’elle porte des accusations de harcèlement sexuel et de harcèlement au travail contre M. Mueller. Le prix de ce mensonge était assorti d’une prime de 10 000 dollars s’il était proféré dans des délais brefs, d’après les déclarations de Lorraine Parsons. Les journalistes contactés ne sont toutefois pas parvenus à obtenir un témoignage verbal de la part de Mme Parsons et ses traces en ligne sont inexistantes, des éléments qui pourraient indiquer que la personne en question a eu recours à un pseudonyme.
Dans ses échanges avec Lorraine Parsons, ce Bill Christensen dit travailler pour l’avocat et lobbyiste conservateur Jack Burkman, un individu qui s’est illustré au cours des dernières années par des théories du complot fantaisistes conçues pour nuire au camp démocrate et aux adversaires de Donald Trump. M. Burkman s’est notamment fait connaître par son adhésion à une thèse conspirationniste imputant la mort de Seth Rich, un jeune employé du parti démocrate tué selon la police lors d’un vol à main armée qui a mal tourné, à une machination de membres de « l’Etat profond » (« deep State »). Selon ce discours, qui a rencontré un certain écho, ses tueurs, à la solde des ennemis de Donald Trump, auraient été chargés de punir un mauvais élément susceptible de trahir son parti en révélant des informations sensibles.
Contacté par le site d’information américain The Daily Beast, M. Burkman a un positionnement des plus contradictoires. Tout en niant son implication dans cette affaire d’achat de faux témoignage contre le procureur spécial Robert Mueller, il prétend disposer d’un témoin en mesure d’établir des faits de harcèlement sexuel le concernant et qu’il entend le présenter lors d’une conférence de presse prévue jeudi. Par le passé, M. Burkman s’est déjà couvert de ridicule en organisant de tels événements censés présenter des témoins mystérieux porteurs de scandales mais qui ont systématiquement fait flop.
Deuxième tentative : le faux cabinet de Jacob Wohl
Une autre tentative d’achat de faux témoignage a été révélée. Elle concerne cette fois une professeure de la faculté de droit du Vermont, Jennifer Taub. Mme Taub a en effet affirmé au site d’information du mensuel The Atlantic avoir reçu le 22 octobre un courrier électronique lui demandant contre des sommes d’argent restant à négocier des informations compromettantes au sujet du passé du procureur spécial Mueller. Or Mme Taub ne l’a jamais rencontré, détail que semblait ignorer l’expéditeur. Ce dernier se présente sous le nom de Simon Frick et se dit employé d’une officine de renseignement privée baptisée Surefire Intelligence.
Photographies d’illustration représentant des poignées de mains costumées, des gratte-ciel et des silhouettes de businessmen à contre-jour devant des baies vitrées aux stores baissés, slogans ciselés, le site Internet de cette firme a toutes les apparences de l’authenticité. Pourtant, l’entreprise Surefire Intelligence qui est entrée en relation avec Mme Taub n’existe pas. Sur le réseau social professionnel Linkedin, le Simon Frick ayant contacté Mme Taub a pour photographie de profil un portrait de l’acteur austro-allemand Christopher Waltz, pourtant connu aux Etats-Unis pour son rôle dans Django Unchained, le film de Quentin Tarantino.

   


Le caractère grossier de ce faux prend toute sa saveur à mesure que l’on découvre les autres profils LinkedIn liés au cabinet Surefire, aujourd’hui désactivés, mais que les journalistes du site d’investigation Bellingcat ont pu consulter. La chef de bureau de l’officine à Tel Aviv, Talia Yaniv, a le visage de la mannequin israélienne Bar Rafaeli. Son chef de bureau à Washington a les traits de Jim Simpson, l’époux de l’actrice américaine Sigourney Weaver, et le portrait attribué à son chef adjoint des opérations est en fait une photographie d’un pasteur établi dans le Michigan. Surefire est donc une coquille vide, maladroitement maquillée, et que les enquêteurs de Bellingcat n’ont eu aucun mal à rattacher à un agitateur d’extrême droite très actif sur Twitter, où il se présente comme « financier et commentateur politique âgé de vingt ans » : Jacob Wohl. La photographie de profil d’un certain Matthew Cohen, le chef supposé de Surefire, n’est d’ailleurs qu’une version assombrie d’un portrait de Jacob Wohl.

Odd. Jacob Wohl says he doesn't know nuttin' about Surefire Intelligence, the firm tied to the bizarre Mueller alle… https://t.co/5RlRHXQsTf— JaneMayerNYer (@Jane Mayer)


require(["twitter/widgets"]);

M. Wohl, figure connue des communautés en ligne de l’extrême droite américaine, qui doit une partie de sa notoriété à des retweets de Donald Trump, est aussi connu pour avoir lancé à la fin de son adolescence un hedge found aux activités litigieuses. Il se trouve par ailleurs être, selon Daily Beast, un ami de Jack Burkman, le lobbyiste conspirationniste pour le compte duquel la première proposition d’achat de faux témoignage contre le procureur spécial Robert Mueller a été formulée à la personne qui s’est présentée aux médias américains comme Lorraine Parsons.
Avant que l’affaire ne s’effondre et ne révèle toute son ineptie, Jacob Wohl avait tenté de mettre ceux qui le suivent sur Twitter en appétit en annonçant mardi un scandale à venir concernant le procureur spécial Robert Mueller.
Le même jour, après la demande d’enquête du FBI, la publication conservatrice The Gateway Pundit – dont M. Wohl est un collaborateur –, qui devait publier des documents censés accabler Robert Mueller, s’est finalement rétractée, affirmant examiner encore les pièces à conviction vraisemblablement fallacieuses d’un scandale mort-né.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-2">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ C’est la première fois qu’un officiel turc dévoile les circonstances du meurtre du journaliste dans le consulat saoudien d’Istanbul.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien, selon le procureur d’Istanbul

C’est la première fois qu’un officiel turc dévoile les circonstances du meurtre du journaliste dans le consulat saoudien d’Istanbul.



Le Monde.fr avec AFP
 |    31.10.2018 à 15h44
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h29
   





                        


Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » au consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre, a affirmé mercredi le parquet turc dans un communiqué.
« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat, est-il écrit. Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d’avance. »
Le journaliste saoudien, très critique à l’égard du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman et qui vivait en exil aux Etats-Unis depuis 2017, s’était rendu au consulat pour des démarches administratives.

        L’analyse :
         

          L’affaire Khashoggi fragilise la diplomatie saoudienne



Cette annonce des autorités turques a été faite quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l’issue d’une visite entamée dimanche en Turquie et qui n’a permis aucune avancée sur deux points clés de l’enquête : identifier les commanditaires du meurtre et ce qu’il est advenu du corps. Dans son communiqué, le parquet truc regrette d’ailleurs que cette visite n’ait « pas donné de résultat concret ».
« La vérité n’est pas au rendez-vous »
En annonçant que le journaliste a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul confirme pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines par la presse turque. Le corps de M. Khashoggi n’a toutefois pas encore été retrouvé, près d’un mois après sa mort.
Interrogé sur RTL mercredi matin, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a regretté que l’enquête n’avance pas assez vite.
« Aujourd’hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu’il y avait un meurtre, le compte n’y est pas. La vérité n’est pas au rendez-vous. »
Près d’un mois après la disparition de M. Khashoggi, l’Arabie saoudite est toujours au centre des critiques. Sous la pression internationale, Riyad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

        De la disparition à la crise diplomatique :
         

          l’affaire Khashoggi en quatre dates





Retrouvez nos articles et analyses sur l’affaire Khashoggi
De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire en quatre datesComment l’Arabie saoudite est revenue sur ses déclarationsLes zones d’ombre et les incohérences de la version saoudienneLe sommet économique de Riyad, enlisé dans l’affaire.Le prince héritier Mohammed Ben Salman, dans la tourmente.La relation entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.La tribune « Mohammed Ben Salman, l’erreur de casting »





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-3">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La dématérialisation des démarches administratives, un des piliers de la « révolution numérique » du gouvernement, est potentiellement excluante.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Comment fait-on quand on n’a pas d’ordinateur ? » : reportage avec les oubliés de la « start-up nation »

La dématérialisation des démarches administratives, un des piliers de la « révolution numérique » du gouvernement, est potentiellement excluante.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h10
    |

            Aline Leclerc (Avec Manon Rescan)








                        



                                


                            

Sur la table de sa salle à manger, Annie, 71 ans, a étalé tous les courriers qu’elle range habituellement précautionneusement dans des pochettes à rabats. Il y a là des lettres de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), de la Caisse d’allocations familiales (CAF), des avis d’imposition. Cette ancienne gardienne d’immeuble en Seine-Saint-Denis veut comprendre pourquoi sa retraite de base est passée de 1 145,94 euros à 1 106,38 euros. Et depuis quand exactement ? Elle a beau chercher, elle ne trouve pas. Les derniers courriers de la CNAV remontent à 2015. Où sont passés les autres ? « Ah mais je n’en reçois plus maintenant, c’est tout par Internet, déclare-t-elle. Et Internet, moi j’y connais rien. »
Se lancer seule dans la création de son « espace personnel » ? Annie ne l’imagine même pas. Il lui faudrait remplir sans se tromper son numéro de Sécurité sociale, sa date de naissance, mais surtout inventer un mot de passe et franchir l’étape de sécurité qui oblige l’internaute à recopier des lettres biscornues pour prouver qu’elle n’est « pas un robot » : « Qu’est-ce que c’est que ce machin-là ? », se cabre la retraitée.
« Le côté humain disparaît derrière les écrans »
Comme elle semble loin de ce HLM de Seine-Saint-Denis, la « start-up nation », cette nation qui « pense et bouge comme une start-up », cette France bientôt « leader de l’IA [intelligence artificielle] et des deeptechs [des produits ou des services sur la base d’innovations de rupture] » dont rêve Emmanuel Macron, comme le 9 octobre à Paris, devant les « start-upeur » de la Station F.
Lors de sa présentation de la réforme de l’Etat, lundi 29 octobre, le premier ministre, Edouard Philippe, a d’ailleurs redit son « ambition » : « que 100 % des services publics soient accessibles en ligne à l’horizon 2022 ». La dématérialisation des démarches administratives devenant ainsi l’un des piliers...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-4">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Touché aux abdominaux, l’Espagnol a déclaré forfait avant son premier match. Il cède la place de numéro un mondial à Novak Djokovic.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Tennis : Rafael Nadal ne jouera finalement pas à Bercy

Touché aux abdominaux, l’Espagnol a déclaré forfait avant son premier match. Il cède la place de numéro un mondial à Novak Djokovic.



Le Monde.fr avec AFP
 |    31.10.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h24
   





                        



   


En vingt-quatre heures, le tournoi de Bercy et son directeur, Guy Forget, sont passés de l’euphorie de la confirmation de la présence de Roger Federer à la déconvenue d’abandons en série. Après celui du Canadien Milos Raonic, officialisé mercredi 31 octobre en début d’après-midi, ce fut au tour du numéro un mondial, Rafael Nadal, de déclarer forfait, quelques instants plus tard.
L’Espagnol, qui devait faire son entrée dans le tournoi face à son compatriote Fernando Verdasco, a tenu une conférence de presse quelques minutes avant : « Ces derniers jours, j’ai ressenti une petite douleur aux abdominaux, surtout quand je servais. Le médecin du tournoi m’a recommandé de ne pas jouer, car cela aurait pu empirer et mener à une lésion et c’est évidemment ce que je veux éviter. »
« Bien sûr, cela ne me réjouit pas, mais je dois l’accepter et rester positif », a poursuivi le Majorquin, qui n’est plus apparu en compétition depuis son abandon en demi-finale de l’US Open, début septembre, à cause d’une blessure au genou droit.
Il n’a pas indiqué s’il serait remis à temps pour espérer disputer le Masters de Londres (11 au 18 novembre), ultime tournoi de l’année réunissant les huit meilleurs de la saison.
« Je dois penser à long terme »
« J’adorerais en être, mais la chose qui m’importe le plus, c’est d’être en bonne santé et d’avoir la chance de disputer plusieurs semaines de compétition à la suite. Or, c’est un objectif que je n’ai pas pu atteindre cette année, je n’ai joué que neuf tournois et j’ai dû déclarer forfait dans deux. Je dois penser à long terme. J’ai encore envie de jouer au tennis quelques années. »

        Lire aussi :
         

          Bercy, ce Paris qui résiste à Rafael Nadal



Victorieux à onze reprises à Roland-Garros, Rafael Nadal n’a jamais fait mieux à Paris-Bercy que finaliste en six participations seulement. Cette défaite contre l’Argentin David Nalbandian remonte à 2007. Depuis, Nadal avait raté cinq fois (sur blessures) le rendez-vous avec le Masters 1000 de Paris. 
Conséquence du forfait de l’Espagnol : le Serbe Novak Djokovic est assuré de récupérer lundi prochain la place de numéro un mondial, un rang qu’il n’avait plus occupé depuis 2016.
Entrée en scène différée pour Federer
« On est un peu tristes à cause de ce forfait, on le sait abattu et on l’est tout autant que lui », a réagi Guy Forget, le directeur du tournoi, qui avait déjà dû encaisser la disparition prématurée de l’Espagnol dans le tournoi en 2017, blessé avant les quarts de finale.
La journée a été décidément bien noire pour les organisateurs et les spectateurs, qui se réjouissaient d’assister au retour de Roger Federer à Bercy, prévu en début de soirée. Las, c’était sans compter sur le forfait de son adversaire, le Canadien Milos Raonic, en raison d’une blessure au coude droit.
ll faudra donc attendre encore un peu pour voir jouer le Suisse à Paris, ce qu’il n’a pas fait depuis trois ans. Federer débutera le tournoi jeudi en 8e de finale face au vainqueur du match entre l’Italien Fabio Fognini et le Hongrois Marton Fucsovics.

        Lire aussi :
         

          Pourquoi Djokovic est en train de devenir un « Novak encore meilleur »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-5">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Apu Nahasapeemapetilon, personnage récurrent de la série depuis près de 30 ans, est aujourd’hui accusé de véhiculer des stéréotypes sur les Indiens.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/10/2018
Découvrir l’application


                        

Apu va-t-il disparaître des « Simpson », car trop caricatural ?

Apu Nahasapeemapetilon, personnage récurrent de la série depuis près de 30 ans, est aujourd’hui accusé de véhiculer des stéréotypes sur les Indiens.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h53
    |

            Morgane Tual








                        



   


« Apu va quitter Les Simpson. » Depuis vendredi 26 octobre, un grand nombre de publications affirment que ce personnage, apparu dans la célèbre série animée américaine en 1990, s’apprête à disparaître des écrans, après une polémique sur les stéréotypes racistes qu’il est accusé de véhiculer sur les Indiens. Qu’en est-il exactement ?
Qui est Apu ?
Apu Nahasapeemapetilon est un personnage récurrent des Simpson depuis bientôt trente ans. Né en Inde, émigré aux Etats-Unis, docteur en informatique, il tient une petite épicerie à Springfield, la ville des Simpson. Passionné de cricket et de rock, il est le père de huit enfants nés d’un mariage arrangé. Il est doublé, en version originale, par Hank Azaria, qui interprète aussi d’autres personnages de la série comme le barman Moe ou le policier Ralph Wiggum.
D’où vient l’information selon laquelle il va disparaître ?
Tout est parti d’Adi Shankar, un producteur américain aux manettes notamment de la série animée Castlevania. Mécontent de la façon dont était dépeint Apu dans Les Simpson, il a lancé un concours de scénarios afin « de le faire évoluer, d’un produit de scénaristes blancs et masculins sortis de Harvard pour le transformer en un portrait drôle, rafraîchissant et réaliste des Indiens aux Etats-Unis ».
Mais après avoir reçu « le scénario parfait », il dit avoir appris que les producteurs des Simpson « allaient laisser tomber le personnage d’Apu », a-t-il annoncé au site IndieWire dans un article publié vendredi. Il dit tenir son information « de plusieurs sources » travaillant sur la série, et que l’éviction se fera discrètement, « juste pour éviter la controverse ».
Les créateurs de la série ont-ils confirmé le départ d’Apu ?
Non. La Fox, qui produit et diffuse la série, a donné une réponse laconique à IndieWire : « Apu est apparu dans l’épisode du 14 octobre 2018, “My Way or the Highway to Heaven”. » Apu y apparaît en effet, mais seulement comme figurant au sein d’une foule.

   


Al Jean, qui travaille comme scénariste sur la série depuis son lancement en 1989, a publié lundi un tweet pour dissiper tout malentendu, en soulignant qu’Adi Shankar ne travaille pas sur Les Simpson : « Je lui souhaite le meilleur, mais il ne s’exprime pas au nom de la série. »
Mais alors, finalement, va-t-il disparaître ou pas ?
Cela reste difficile à dire. Aucune source officielle n’a confirmé cette information – mais les déclarations de la Fox et d’Al Jean ne la démentent pas non plus. Qui plus est, la disparition a peut-être déjà eu lieu : si Apu continue à apparaître à la manière d’un figurant, le personnage « a à peine eu une ligne de texte en trois saisons », déclarait Matt Reiss, un des scénaristes de la série, au magazine Vanity Fair en mai. « Les gens disent : Retirez Apu de la série. Eh bien, il n’y est plus ! » En juillet, néanmoins, le créateur de la série, Matt Groening, interrogé par le New York Times sur l’existence d’un « moratoire » sur de futures apparitions d’Apu, avait répondu : « Si une bonne histoire nous vient, on la racontera. »
Qu’est-il reproché à Apu ?
Cela fait plusieurs années que ce personnage est critiqué, accusé de véhiculer des stéréotypes racistes sur les Indiens. En 2017, le comédien américain Hari Kondabolu, originaire d’Inde, a même consacré un documentaire à cette question, The Problem with Apu (le problème avec Apu). Avec un regard amer sur son enfance : « au bout d’un moment, tu regardes Les Simpson le dimanche et tu as une idée de comment on va se moquer de toi le lundi, en fonction de ce qu’Apu a fait dans le dernier épisode », expliquait-il à la BBC, regrettant qu’Apu ne soit défini que par son travail, qu’il ait huit enfants – « une blague sur le fait qu’il y ait tant de gens en Inde » – et un mariage arrangé.
« Apu est le seul Indien qu’on voyait à la télé, donc j’étais content d’être représenté quand j’étais enfant. Et bien sûr qu’il est drôle, mais ça ne veut pas dire que cette représentation est correcte, ou juste. C’est là qu’on en arrive à l’aspect insidieux du racisme, parce que vous ne le remarquez pas, même quand c’est juste en face de vous. »
Le fait qu’Apu soit doublé par un homme blanc, Hank Azaria, lui pose aussi problème : « On dirait un mec blanc qui imiterait un mec blanc qui se moquerait de mon père. »
D’autres personnalités ont aussi exprimé leur malaise face à Apu, comme l’actrice indienne Priyanka Chopra, qui a passé sa jeunesse aux Etats-Unis et a déclaré qu’Apu avait « empoisonné » son enfance. Un rédacteur en chef du New York Times, Vikas Bajaj, a beau trouver « une certaine vérité » dans le personnage d’Apu, il regrette dans une tribune qu’il s’agisse « d’une caricature conçue pour se moquer d’une minorité, afin d’amuser la majorité ».
Que répondent les créateurs des « Simpson » ?
Dès 2016, un épisode entier des Simpson fut consacré à cette question, intitulé Much Apu about nothing (en référence à une pièce de Shakespeare – Much ado about nothing), qu’on pourrait traduire par « beaucoup d’Apu pour rien ». Un épisode dans lequel le maire Quimby veut expulser les immigrés clandestins, dont Apu, et dans lequel sont moqués les stéréotypes sur les Indiens. Après la sortie du documentaire The Problem with Apu en 2017, une scène d’un autre épisode des Simpson a aussi fait référence à la polémique.

En avril, Matt Groening, interrogé par USA Today au sujet d’Apu, avait répondu : « Je crois que nous sommes à une époque, dans notre culture, où les gens adorent prétendre qu’ils sont choqués. » Une réponse qui lui avait attiré des critiques, et qu’il avait étoffée quelques mois plus tard dans le New York Times :
« J’adore Apu. J’adore ce personnage, et je me sens mal qu’il ait pu faire se sentir mal d’autres personnes. Mais en même temps, tout cela est désormais entaché – le débat, il n’y a plus de nuance dans le débat maintenant. »
Hank Azaria, la voix d’Apu dans la version originale, avait de son côté annoncé en avril qu’il était prêt à renoncer au doublage de ce personnage. Quelques mois plus tôt, il avait fait état de son malaise à l’idée « que quiconque ait pu se retrouver marginalisé » ou « harcelé » à cause du personnage d’Apu. Tout en soulignant que la série s’était toujours moquée de tout un tas de personnes, « les républicains, les Brésiliens, les présidents, les chefs d’établissements scolaires, les Italiens, tout ce que vous voulez » :
« Et ils ont toujours mis un point d’honneur à ne jamais s’en excuser. Je pense qu’au fil des années, ils ont tout à fait réussi, si je puis dire, à se moquer de tout le monde uniformément, sans se montrer vraiment blessants. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-6">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a élaboré un « plan d’action pour la protection de l’école ». Les questions les plus brûlantes – dont la sécurisation des abords des établissements – doivent encore être précisées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Violences scolaires : des nouvelles mesures axées sur la sécurité dans la salle de classe

Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a élaboré un « plan d’action pour la protection de l’école ». Les questions les plus brûlantes – dont la sécurisation des abords des établissements – doivent encore être précisées.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h37
    |

            Violaine Morin








                        



   


C’est une belle photo de famille qu’a donné à voir le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 31 octobre : l’ensemble des recteurs étaient réunis autour de lui pour présenter à la presse les mesures d’un « plan d’action pour la protection de l’école ». Objectif de l’opération : montrer que l’institution fait front commun contre un problème considéré comme tabou par les enseignants. Une vague de protestation a, en effet, submergé la profession après l’agression, le 19 octobre, d’une enseignante de Créteil, braquée avec une arme factice par un lycéen.
Rien de bien neuf pourtant dans les éléments avancés, mercredi, par le ministre de l’éducation, après l’arsenal sécuritaire promis vendredi dernier, qui réclame manifestement le temps de la réflexion. Annoncé pour le conseil des ministres du 30 octobre, il sera finalement détaillé mi-décembre, selon Jean-Michel Blanquer. Vendredi dernier, en effet, le ministre et Christophe Castaner s’étaient réunis avec la ministre de la justice, Nicole Belloubet, pour définir des axes de travail. Il en était ressorti la possibilité de faire appel, « dans les périodes de tension » et sur demande du chef d’établissement, à un policier ou un gendarme qui viendrait, pour une période choisie, dans l’établissement. Sur ce point, qui relève de décisions interministérielles, le ministre de l’éducation a seulement confirmé que les policiers concernés ne seraient pas armés.

        Lire aussi :
         

                Face aux violences scolaires, les enseignants se sentent isolés



Période probatoire et signalements systématiques
Le ministre de l’éducation s’est donc contenté de détailler les mesures qui tombent dans son escarcelle : la sécurité dans la classe et dans l’établissement. Il a annoncé la création d’une « période probatoire » après toute exclusion : pendant un mois après sa réintégration, un élève exclu devra faire un point d’étape journalier avec le CPE ou le chef d’établissement. Pour éviter que l’exclusion ne reste « superficielle » et être « dans l’efficacité », il convient de s’assurer qu’il a compris sa sanction et se réintègre correctement à l’établissement, a affirmé Jean-Michel Blanquer.
Tempêtant contre la tentation de « mettre la poussière sous le tapis » et affichant son « soutien aux professeurs », le ministre a affirmé la nécessité de « faire remonter systématiquement » tous les incidents, insistant sur le fait que les « petits » problèmes engendrent les grands : un tableau de suivi – qui peut être numérisé – sera mis en place, dans lequel l’enseignant devra noter tous les incidents ayant donné lieu à un rapport d’incident. Le chef d’établissement devra ensuite, dans une colonne attenante, préciser la « réponse » apportée. Ce document sera consulté lors des bilans annuels du conseil d’administration.
Simplifier les procédures disciplinaires
Le ministre a également précisé comment il comptait simplifier la procédure des conseils de discipline, une mesure annoncée vendredi dernier : jusqu’ici, ceux-ci devaient réunir quatorze membres de la communauté éducative (au lycée, neuf membres de l’équipe de l’établissement, deux parents élus, trois élèves élus) et respecter un délai de convocation de huit jours. Le ministre prévoit un délai plus court et la possibilité de tenir un conseil à six membres. Sur le volet disciplinaire, le ministre a également insisté sur la nécessité de recourir à des mesures de « responsabilisation » : faire réparer l’objet abîmé par l’élève violent, faire faire un devoir sur le harcèlement à l’élève harceleur, etc. « Aujourd’hui, les mesures de responsabilisation représentent 1 % des sanctions prises », a souligné le ministre.
Un groupe de réflexion, présidé par la rectrice de Montpellier Béatrice Gille, en trinôme avec « un élu » et « un maire », sera formé pour contribuer au projet interministériel de mesures sécuritaires, qui doit être annoncé mi-décembre. Il s’agira pour les trois ministres de l’éducation, de la justice et de l’intérieur, de préciser ensemble les mesures qui concernent les « abords » des établissements scolaires, ainsi que la prise en charge des élèves les plus difficiles, dits aussi « poly-exclus » dans des centres éducatifs spécifiques.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-7">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Selon le politologue Abdelkhaleq Abdullah, Israël se rapproche surtout de l’Arabie saoudite pour contrer l’influence de l’Iran.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Tant que Nétanyahou est au pouvoir, aucun Etat du Golfe ne reconnaîtra Israël »

Selon le politologue Abdelkhaleq Abdullah, Israël se rapproche surtout de l’Arabie saoudite pour contrer l’influence de l’Iran.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h03
    |

            Benjamin Barthe (Dubaï - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les dirigeants israéliens ont multiplié ces derniers jours les déplacements dans le Golfe, alors qu’aucun Etat de cette région n’entretient de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu. Vendredi 26 octobre, Benyamin Nétanyahou s’est rendu à Oman, à l’invitation du sultan Qabous. La dernière visite d’un premier ministre israélien dans ce pays remontait à 1996, avec Shimon Pérès. Au même moment, la ministre des sports de son gouvernement, Miri Regev, assistait à un tournoi de judo à Abou Dhabi, avant de visiter la mosquée Cheikh Zayed, fierté des Emirats arabes unis.
Le ballet des officiels israéliens dans le Golfe s’est poursuivi lundi avec la venue à Dubaï du ministre des communications Ayoub Kara, à l’occasion d’une conférence internationale sur la cybersécurité. Enfin, Israel Katz, le ministre des transports du gouvernement Nétanyahou, est attendu cette semaine à Oman, là aussi pour une conférence internationale.
Le politologue émirien Abdelkhaleq Abdullah, rencontré à Dubaï, décrypte pour Le Monde les dessous du mouvement de rapprochement entre l’Etat hébreu et les monarchies du Golfe.
Quel intérêt le sultan Qabous d’Oman avait-il à recevoir Benyamin Nétanyahou ?
La version officielle dit qu’il s’agit de faciliter la reprise du processus de paix. Mais ce n’est pas du tout crédible. Avec un idéologue de droite comme Nétanyahou au pouvoir en Israël, la porte de la paix est fermée à double tour. Tout le monde le sait. Alors pourquoi Qabous s’est-il livré à cette opération ? Je pense qu’il y a des échanges de renseignements entre Israël et Oman. En atteste la composition de la délégation qui accompagnait Nétanyahou [le directeur du Mossad Yossi Cohen, le directeur du Conseil de sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et le général Avi Bluth, conseiller militaire du chef du gouvernement].
Oman a de bonnes relations avec l’Iran. M. Nétanyahou est-il venu à Mascate pour envoyer...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-8">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Dans un livre, l’ex-ministre critique la politique de son ex-gouvernement, et sa domination par un « cercle des hommes blancs hétéros ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Ségolène Royal règle ses comptes avec le quinquennat de François Hollande

Dans un livre, l’ex-ministre critique la politique de son ex-gouvernement, et sa domination par un « cercle des hommes blancs hétéros ».



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h13
    |

            Enora Ollivier








                        



   


Le mandat de François Hollande, Ségolène Royal est bien placée pour en parler : elle a été sa ministre de l’environnement pendant trois ans, de 2014 à 2017. Dans son ouvrage Ce que je peux enfin vous dire (Fayard, 292 p., 15,99 €), qui paraît mercredi 31 octobre, elle fait une relecture féroce du quinquennat socialiste, esquintant la « désinvolture » du pouvoir.
La hausse des impôts et la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ? « Degré zéro de la politique », tranche Mme Royal. La loi travail ? « Une désolation », « un calvaire pour qui aime la politique ». Ce texte, qu’elle voit comme le produit du « mécanisme de revanche » enclenché par Manuel Valls contre Emmanuel Macron, donne lieu à une vive contestation dans la rue, qui n’est guère entendue.
« Consternation quand l’obstination s’oppose à l’évidence de la montée des incompréhensions », commente encore l’ancienne ministre à propos de cette loi qui, tout comme la déchéance de nationalité, a été menée selon elle avec des œillères.
Mais les mots les plus durs visent la réforme territoriale, « une des pires du quinquennat », une « exécution silencieuse », une coupe « à la serpe » dans les collectivités. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 déplore la disparition de régions dont les noms « chantent l’histoire de France, sa géographie, ses produits de terroir (…), ses fleuves et rivières ». Elle regrette que « sa » région, Poitou-Charentes – elle en fut la présidente de 2004 à 2014 – ait fusionné avec l’Aquitaine et le Limousin et « se retrouve noyée dans une espèce de grosse patate qui rend la nouvelle carte de France régionale totalement difforme ».
« Cercle des hommes blancs hétéros »
Les ministres qui sont ou ont été à la tête de régions – Jean-Yves Le Drian en Bretagne, Michel Sapin dans le Centre, Jean-Marc Ayrault dans les Pays de la Loire – s’émeuvent aussi du redécoupage à venir mais verront leur territoire rester intact. Pas elle. « Tu comprends, Ségolène, si ta région ne fusionne pas, on va dire que tu as eu un traitement de faveur », lui écrit Bernard Cazeneuve dans un SMS. « Ah bon ? Et pas les autres ? » Ne serait-ce pas plutôt parce que, sur les quatre ministres à s’inquiéter pour leur région, elle est la seule à être une femme ?
C’est la thèse qu’elle défend et qui fait le fil rouge du livre. Ségolène Royal y retrace une partie de sa vie politique à l’aune du difficile combat des femmes pour se faire une place au cœur du pouvoir. En 2016, elle raconte être pressentie pour remplacer Laurent Fabius, nommé au Conseil constitutionnel, au ministère des affaires étrangères.
Dans ce remaniement, Marisol Touraine pourrait être nommée à la défense. « Mais le “cercle des hommes blancs hétéros” qui entoure [François Hollande] veille au grain », soutient Mme Royal, qui verra Jean-Marc Ayrault se voir attribuer, finalement, le Quai d’Orsay.
L’ancienne ministre salue certaines séquences du quinquennat précédent, notamment la lutte contre les lobbies au ministère de l’environnement, en particulier le « non » de la France au renouvellement de l’autorisation du glyphosate en 2016. Mais ces combats, on l’aura compris, sont à porter au crédit non pas de François Hollande… mais de Ségolène Royal.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-9">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le président élu hait le « Folha de Sao Paulo » depuis toujours. Cette détestation s’est transformée en rage après la révélation de deux affaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Au Brésil, la hargne de Bolsonaro contre la presse inquiète

Le président élu hait le « Folha de Sao Paulo » depuis toujours. Cette détestation s’est transformée en rage après la révélation de deux affaires.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h20
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Le soir de sa victoire, il s’est fait le défenseur des libertés. Celle « d’entreprendre, d’aller et venir, d’avoir des opinions politiques ou religieuses et celle d’informer ». Mais les mots volent. Vingt-quatre heures après son discours d’apaisement, Jair Bolsonaro, le candidat victorieux de l’extrême droite brésilienne, a retrouvé, lundi 29 octobre, sa hargne, attaquant ses opposants et menaçant la presse. En particulier, le quotidien Folha de Sao Paulo. « C’en est fini de la Folha de Sao Paulo », a osé le futur chef d’Etat, interrogé sur la chaîne Globo lundi soir.

        Lire aussi :
         

                Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule



Jair Bolsonaro hait ce quotidien centriste depuis toujours. Cette détestation s’est transformée en rage après la révélation de deux affaires par ses journalistes. L’une sur l’existence d’une employée fictive, depuis licenciée, l’autre sur un possible schéma de financement illégal de sa campagne : des entreprises alliées de M. Bolsonaro auraient souscrit des contrats pour la distribution massive de fausses informations afin de dénigrer le Parti des travailleurs (PT, gauche) et son candidat, Fernando Haddad.
Qualifié d’entreprise mensongère, la Folha a essuyé diverses attaques de la part du militaire de réserve en campagne électorale. Lors de ses meetings, Jair Bolsonaro promettait notamment « un Brésil sans la Folha de Sao Paulo ». Ses troupes ont accompagné avec zèle ce mouvement. Peu avant le second tour, Luciano Hang, chef d’entreprise adorateur de Jair Bolsonaro, publiait sur Facebook une vidéo recouvrant le quotidien d’excréments en plastique avant de mettre le tout dans une poubelle. La journaliste auteure de l’enquête sur les fausses informations, elle, a reçu des menaces et vit désormais sous protection.
« Le PT en est toujours resté aux mots »
« Jair Bolsonaro a eu pendant la campagne une rhétorique extrêmement agressive. Mais nous pensions qu’une fois élu, il adopterait une autre posture, celle d’un chef d’Etat », commente Sergio Davila, directeur exécutif du journal.
Le quotidien comme le reste de la presse brésilienne font régulièrement l’objet d’attaques, de la part du camp des « bolsonaristes » mais aussi du PT et de ses militants. Le groupe de presse Globo a ainsi récolté le qualificatif de « putschiste » pour avoir pris le parti de destituer la présidente de gauche Dilma Rousseff en 2016. « Mais le PT en est toujours resté aux mots », souligne M. Davila.
Celui que l’on surnomme le « Trump tropical » prétend, lui, agir pour mettre sa menace à exécution. Il a déjà lancé des poursuites poursuites judicières contre la Folha. Et pourra, une fois en fonctions, supprimer les sommes versées par l’Etat au quotidien pauliste pour les publicités institutionnelles. La disparition de ces fonds ne devrait pas menacer pas la survie du quotidien. « Notre entreprise est solide », affirme M. Davila. Mais l’attitude du futur chef de l’Etat inquiète. « Qu’attend-il de la presse ? Qu’elle ne publie que des informations en sa faveur ? », s’interroge le directeur du journal. Mardi, l’Abraji, association brésilienne du journalisme d’investigation, s’est dite préoccupée pour la liberté de la presse mais aussi pour la démocratie.

        Lire aussi :
         

                Brésil : quelles sont les marges de manœuvre de Bolsonaro ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-10">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le gouvernement se donne un mois pour trouver les financements et les clients nécessaires pour la sauvegarde de l’usine et de ses 281 salariés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

L’Etat revoit son plan pour sauver l’aciérie Ascoval

Le gouvernement se donne un mois pour trouver les financements et les clients nécessaires pour la sauvegarde de l’usine et de ses 281 salariés.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h06
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Il reste un espoir de sauver l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et ses 281 salariés. Un espoir de plus en plus infime, mais un espoir tout de même. Cela nécessite de revoir de fond en comble le seul projet de reprise actuellement sur la table, celui présenté par la société Altifort, ont indiqué les pouvoirs publics, mercredi 31 octobre, lors d’une rencontre à Bercy avec les différents acteurs de ce dossier industriel devenu emblématique.
Compte tenu du travail encore nécessaire pour aboutir à un plan viable, Altifort ne sera pas en mesure de remettre une offre de reprise en bonne et due forme à la date prévue, le 7 novembre. Un nouveau délai, jusqu’au début du mois de décembre, devrait donc être demandé au tribunal de Strasbourg. D’ici là, les équipes du ministère de l’économie vont continuer à collaborer avec le possible repreneur. « Nous avons quatre semaines pour confirmer le carnet de commandes, consolider le plan de financement, convaincre les banques de participer », a expliqué mercredi le ministre de l’économie Bruno Le Maire. « C’est un nouveau sursis, commente Bruno Kopczynski, le porte-parole de l’intersyndicale. On repart à zéro, cela va être très long pour les salariés. » 
En attendant, l’Etat demande instamment aux salariés en grève de reprendre le travail, pour ne pas désespérer les éventuels investisseurs. Une assemblée générale est prévue dans l’après-midi.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Dans le Nord, l’impossible accord de reprise de l’aciérie Ascoval



Avec Altifort, mais sans Vallourec

   


Après avoir contacté près d’une centaine de possibles partenaires, le ministère de l’économie mise depuis plusieurs mois sur le seul candidat sur les rangs : Altifort. Problème, le projet élaboré par cette grosse PME reposait très largement sur le soutien de Vallourec, l’ancien actionnaire resté le principal client de l’aciérie. Or, Philippe Crouzet, le patron de Vallourec, a refusé de mettre dans ce sauvetage les dizaines de millions d’euros qui lui étaient demandés. Résultat, le premier plan d’Altifort ne tient pas la route. Avec le cabinet de conseil Roland Berger, les experts de Bercy ont donc commencé à imaginer une autre solution. Avec Altifort, mais sans Vallourec ni comme client ni comme financeur.
Il s’agit de transformer Saint-Saulve en une usine d’aciers spéciaux
Ce nouveau plan B repose sur un changement de stratégie. Au lieu de miser sur des aciers classiques, à relativement faible marge, il s’agit de transformer Saint-Saulve en une usine d’aciers spéciaux. Cela nécessiterait en particulier d’investir en aval dans un nouvel outil de production, un train à fil.
Sur le papier, le projet est jugé crédible et viable par Roland Berger compte tenu des débouchés. Mais deux points décisifs restent à régler. D’abord, il faut trouver des clients prêts à s’engager à terme, alors qu’Ascoval n’avait aucune activité commerciale jusqu’à présent : toute sa production partait chez Vallourec. Ensuite et surtout, il faut réunir les 150 à 200 millions d’euros considérés comme indispensables au redressement.
Les dirigeants d’Altifort se disent désormais prêts à apporter 20 à 30 millions d’euros en fonds propres. La région Hauts-de-France met de son côté 12 millions sur la table, et 10 millions pourraient venir de la ville de Valenciennes et des communes environnantes. L’Etat, enfin, est disposé à apporter un euro d’argent public pour un euro d’argent privé investi.
Mais tout cela n’aboutit pas encore au total visé. « Ce n’est pas encore gagné, mais on y croit dur comme fer, a assuré mercredi Xavier Bertrand, le président de la région. Si tout le monde joue le jeu jusqu’au bout, cette usine pourra être sauvée. »

        Lire (en édition abonnés) :
         

          En France, l’industrie manufacturière loin d’être tirée d’affaire




   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-11">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Contrairement à ce qui a pu se passer en Asie, le maintien d’un taux de fertilité élevé sur le continent noir risque de neutraliser les effets de la croissance, explique la journaliste du « Monde » Marie de Vergès dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’improbable dividende démographique de l’Afrique »

Contrairement à ce qui a pu se passer en Asie, le maintien d’un taux de fertilité élevé sur le continent noir risque de neutraliser les effets de la croissance, explique la journaliste du « Monde » Marie de Vergès dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 17h25
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Chronique « Vu d’ailleurs ». Le Nigeria détient un trophée dont il ne sait trop que penser : celui de la croissance démographique la plus rapide au monde. Lorsqu’il accéda à l’indépendance en 1960, le pays comptait 45 millions d’habitants. Depuis, sa population a plus que quadruplé, pour atteindre quelque 190 millions de personnes. Elle devrait encore au moins doubler d’ici à 2050, pour s’établir au troisième rang mondial, devant les Etats-Unis. Une croissance « exponentielle » qui pose au pays un « grand défi », a admis fin octobre la ministre nigériane des finances, Zainab Ahmed.
La trajectoire du géant de l’Afrique de l’Ouest résume jusqu’à l’hyperbole ce qui se joue sur le continent noir. Les populations d’Europe et d’Amérique ont cessé de croître. A contrario, l’Afrique abrite plus d’un milliard d’habitants, qui devraient passer à 2 milliards d’ici à 2050 et encore doubler à l’approche de la fin du siècle (4 milliards), selon les prévisions des Nations unies.
Si toutes ces nouvelles générations trouvent un emploi, la croissance planétaire de demain sera africaine. Pour certains, même, l’Afrique tient là son « dividende démographique », ce phénomène qui a contribué à l’émergence de l’Asie, et particulièrement de la Chine : en clair, sa population jeune et en expansion devrait porter son développement. Sauf que cet argument se méprend sur le sens de ce fameux dividende.
De quoi s’agit-il donc ? Les experts en parlent comme d’une brusque accélération de la productivité et, dans la foulée, de la croissance économique, se produisant lorsque le nombre d’actifs devient nettement supérieur à celui des enfants et des personnes âgées. Or ce n’est pas vraiment ce qu’il se passe en Afrique, faute d’une réduction franche du taux de natalité. Alors que la population en âge de travailler constitue environ 65 % de la population mondiale et près de 70 % en Asie de l’Est, ce pourcentage tombe à 54 % en Afrique subsaharienne.
Des...



                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-12">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ C’est Halloween, les 50 ans de « La Nuit des morts-vivants » et les 15 ans du comic « The Walking Dead ». L’occasion de parler zombies avec le sociologue Maxime Coulombe.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Halloween : « Le zombie parle de la peur de la destruction de l’humanité »

C’est Halloween, les 50 ans de « La Nuit des morts-vivants » et les 15 ans du comic « The Walking Dead ». L’occasion de parler zombies avec le sociologue Maxime Coulombe.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h14
    |

            Morgane Tual








                        



   


La figure du zombie inonde la pop culture depuis les années 1960, avec un regain spectaculaire depuis les années 2000. En ce jour de Halloween, et alors que deux œuvres majeures, le film La Nuit des morts-vivants, de George Romero, et le comic The Walking Dead, de Robert Kirkman et Tony Moore, fêtent respectivement leurs 50 et 15 ans, le sociologue et historien de l’art Maxime Coulombe, de l’université de Laval (Québec), analyse ce phénomène et son histoire.
Depuis les années 2000, on a assisté à une multiplication des œuvres sur les zombies. Comment expliquer cette fascination ?
Le zombie des années 2000 parle de la peur de la destruction de l’humanité. Aujourd’hui, la fin des temps est un sujet prédominant, avec les questions de réchauffement climatique notamment. La particularité du cinéma de zombies contemporain, par rapport aux films de George Romero par exemple, c’est que l’humain est responsable de l’épidémie, avec des tests faits sur des singes par exemple, comme dans 28 Jours plus tard. L’humain responsable de sa propre destruction : c’est un motif central à notre époque.
Mais on trouve aussi chez le zombie contemporain l’idée du recommencement, après l’apocalypse. Notre société peine à concevoir un autre modèle de monde possible, avec l’impression qu’il y a besoin d’une grande destruction pour recommencer. La série The Walking Dead est teintée de cette volonté de recréer une nouvelle société.
On sent pourtant un essoufflement… La série The Walking Dead, justement, semble arriver en bout de course et les nouvelles œuvres sur les zombies semblent plus rares.
The Walking Dead est tellement omniprésente que son essoufflement à elle fait peut-être peur aux producteurs. Cela démontre peut-être une difficulté à réinventer le genre. Peut-être qu’on a besoin de s’ennuyer un peu des zombies avant que cela ne reprenne…

        Lire sur le sujet :
         

          « The Walking Dead », à bout de souffle



Cela dit, si c’est vrai en Amérique du Nord et en Europe, ça l’est moins en Amérique du Sud par exemple. J’ai rencontré quelques auteurs qui travaillent sur le zombie et selon eux, là-bas, c’est une sorte de figure de la révolution : le zombie est fort dans la masse, mais pas dans l’individualité. Il permet de critiquer l’establishment. Même si maintenant, avec ce qui vient de se passer au Brésil [l’élection d’un président d’extrême droite], ça sonne bizarrement.
Et le zombie demeure aussi une figure importante dans le jeu vidéo. Ça reste l’ennemi le plus politiquement correct qu’on puisse imaginer : il est déjà mort, donc on peut lui faire ce qu’on veut ! Et contrairement aux terroristes par exemple, il n’a pas de cause politique.
Quelle est l’origine des zombies ?
On n’en est pas parfaitement certains. Il existerait une origine africaine, qui fait référence aux créatures de la nuit. Mais le premier motif du zombie se produit sans aucun doute en Haïti, où il représente la peur de l’esclavage. C’est un être ensorcelé par un sorcier, on le croit mort et on l’enterre. Il est alors sorti de terre par le sorcier, auquel il est soumis : c’est une figure extrême de l’esclavage. Mais c’est un état temporaire, puisqu’il peut retrouver sa souveraineté.
Autre grande étape dans l’histoire des zombies : les films de George Romero. La Nuit des morts-vivants fête ses 50 ans cette année. En quoi ce réalisateur a-t-il modifié l’image du zombie ?
C’est à lui qu’on doit la forme contemporaine du zombie, l’idée d’un univers assiégé par une grande masse de créatures. Ce qui est nouveau avec Romero, c’est que tous les morts enterrés vont revenir à la vie et pourchasser les humains, et que personne ne tire les ficelles du zombie. Il n’y a pas vraiment de raison à l’arrivée des zombies, et ils n’ont aucun but, à part dévorer des êtres vivants. Il n’y a pas non plus de retour à la condition humaine possible.

En quoi les zombies de George Romero résonnaient avec leur époque ?
Dans La Nuit des morts-vivants, il évoquait l’idée qu’un satellite serait à l’origine du phénomène. C’était en 1968, en pleine époque de l’exploration spatiale, qui soulevait des peurs.
Certains analystes évoquent quant à eux une critique de la société de consommation. Zombie se déroule dans un centre commercial, et il y a l’idée que les humains sont tellement obnubilés par la volonté de consommer qu’ils continuent à le faire même transformés en zombies. Cela reflète l’aliénation de l’humain dans la société de consommation. Mais George Romero n’a jamais validé cette interprétation.
Y a-t-il eu d’autres grandes vagues de zombies dans la culture populaire ?
Depuis les années 1960, le zombie n’a jamais tout à fait disparu, il a proliféré dans différents domaines comme les jeux vidéo, les BD, les mangas – où il est une figure plutôt grotesque. En fait, on ne lui a jamais vraiment donné la chance de disparaître : dans les années 1980 et 1990, il y a eu la peur du sida, et le zombie répond à la peur de l’épidémie… Il n’y a pas qu’une seule réponse à la popularité des zombies, il y a énormément de choses qui s’expriment à travers lui.
La popularité des zombies s’exprime aussi hors écran, avec les « zombies walks » – des défilés de personnes déguisées en zombies – ou les courses d’orientation où les participants sont poursuivis par des morts-vivants…
Lors d’un mouvement étudiant au Québec en 2012, une des façons de prendre la rue a été à travers des marches zombies ! Plus habituellement, tous les 31 octobre, il y a des sortes de marches zombies… C’est Halloween ! C’est le plaisir du carnaval, un moment de renversement, d’échappée temporaire à des règles sociales.

   


Mais il y a par ailleurs une mode survivaliste, qui s’inscrit dans le pessimisme contemporain, comme si l’apocalypse zombie avait commencé : certains considèrent qu’on ne peut plus faire confiance aux autres, ni aux institutions.
Finalement, pourquoi prend-on tant de plaisir à regarder des films de zombies ?
Quand on fait du tennis et qu’on perd, on casse sa raquette par frustration. Idem avec une télécommande qui ne marche pas. J’appelle ça la pulsion de mort. Ce n’est pas la volonté de mourir, mais de reprendre le contrôle des événements si on est en train de perdre. Tout une part du plaisir qu’on trouve dans les films de zombies tient de cette pulsion : on ne cesse de parler de la destruction de notre monde, et la fiction permet de nous mettre face à ça, et d’être présent. On n’est plus dans la posture passive dans laquelle on se trouve trop souvent dans la société.
Parce que c’est tout de même étrange d’aller au cinéma voir l’humanité se faire détruire par des êtres répugnants ! Mais une part de nous souhaite assister à la destruction de l’humanité. Il y a un pessimisme, une fatigue… Il y a d’ailleurs cette scène sublime, dans 28 Jours plus tard. Le héros sort dans un Londres désert, où tout s’est arrêté : c’est une paix immense, on assiste enfin à l’arrêt du monde. Ça fait partie de nos fantasmes, de voir ce monde dans lequel on n’est pas toujours très bien, qui est si rapide, s’arrêter enfin.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-13">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Presque quatre ans après le début de la guerre, aucune solution militaire ne se profile tandis que le pays vit la plus grave crise humanitaire au monde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Guerre au Yémen : la France et les Etats-Unis appellent à la fin de l’offensive saoudienne

Presque quatre ans après le début de la guerre, aucune solution militaire ne se profile tandis que le pays vit la plus grave crise humanitaire au monde.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h42
    |

            Hélène Sallon








                        



Fragilisé par l’affaire Khashoggi, le journaliste saoudien tué le 2 octobre dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul en Turquie, Riyad fait l’objet de pressions accrues de ses partenaires occidentaux pour mettre un terme à son offensive contre les rebelles houthistes au Yémen. Alors qu’aucune solution militaire ne se profile, trois ans et demi après le début de l’intervention de la coalition arabe emmenée par l’Arabie saoudite en soutien aux forces progouvernementales, et que l’embarras est croissant dans les capitales occidentales qui fournissent des armes au royaume, les appels se sont multipliés, mardi 30 octobre, à faire cesser les hostilités et à engager des négociations de paix sous l’égide des Nations unies.
Tranchant avec la position que défendait jusqu’à présent l’administration américaine, principal soutien militaire occidental de la coalition arabe et fournisseur d’armes au royaume, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a estimé, dans un communiqué publié mardi, que le « moment est venu de mettre fin aux hostilités ». En septembre, lors du débat au Congrès sur la poursuite des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, le chef de la diplomatie américaine avait lui-même certifié que la coalition menée par Riyad veillait à réduire les pertes civiles au Yémen, en dépit des multiples bavures et accusations de crimes de guerre visant l’aviation saoudienne, qui mène des bombardements réguliers en territoire houthiste.
Mardi, Mike Pompeo a exhorté la coalition saoudienne à stopper les bombardements contre les zones peuplées du Yémen, et aux rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, de ne plus lancer de missiles contre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Un même appel avait été adressé plus tôt dans la journée par le ministre de la défense américain. Lors d’un forum organisé à Washington, James Mattis a exhorté les belligérants à cesser les hostilités et ouvrir des négociations de paix « d’ici 30 jours ». « Je pense que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont prêts », a ajouté le chef du Pentagone qui a rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du « Dialogue de Manama », une conférence sur la sécurité organisée chaque année à Bahrein.

        Notre reportage sur place :
         

          Au Yémen, guerre d’usure autour d’Hodeïda



« Arrêt des bombardements »

   


Le cessez-le-feu doit être basé sur un retrait des rebelles houthistes de la frontière avec l’Arabie saoudite, « puis un arrêt des bombardements » de la coalition arabe, dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les Etats-Unis, a-t-il précisé. L’arrêt des hostilités permettra à l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de « réunir » les différentes parties « en Suède », a poursuivi M. Mattis, sans préciser où exactement se tiendrait cette réunion ni qui l’organiserait. Ce dernier avait déclaré espérer la reprise d’ici le mois de novembre de consultations auprès des deux camps, après l’échec de pourparlers de paix début septembre.
Mardi matin, invitée de BFM-TV, la ministre des armées française, Florence Parly, a également rompu avec la position de prudence de la France, estimant que l’intervention de la coalition emmenée par le royaume saoudien contre les rebelles houthistes au Yémen était « sans issue ». « Il est plus que temps [qu’elle cesse] », a-t-elle déclaré. Vendredi, le président français, Emmanuel Macron, s’était borné, lors d’une conférence de presse, à rappeler que Paris avait « demandé des gages et de la clarté sur le conflit au Yémen, où nous sommes très attachés aux règles humanitaires ».
Mme Parly a rappelé que la guerre voulue par le tout-puissant prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman est à l’origine d’une « crise humanitaire comme on n’en a jamais vue ». Alors que le conflit a fait des milliers de morts – jusqu’à 50 000, selon une estimation de l’organisation indépendante Acled, entre janvier 2016 et septembre 2018 –, des millions de Yéménites sont confrontés à ce que les Nations unies ont qualifié de plus grave crise humanitaire au monde.
« La crise alimentaire au Yémen est directement liée au conflit » qui sévit dans le pays, indiquait Mark Lowcock, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires dans une note interne datant du 18 octobre et consultée par l’Agence France-Presse. « La situation humanitaire au Yémen est la pire au monde : 75 % de la population, soit 22 millions de personnes, a besoin d’une aide et de protection, dont 8,4 millions sont en situation d’insécurité alimentaire grave et dépendent d’un apport en nourriture urgent. » 

        L’éditorial :
         

          Au-delà de l’affaire Khashoggi, la guerre au Yémen






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-14">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’ordinateur de Matthieu Aron, qui publiera à la mi-janvier « Le Piège américain », sur les conditions troubles dans lesquelles le groupe français Alstom a vendu sa branche énergie à General Electric en 2014, a été dérobé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Un journaliste de « L’Obs » enquêtant sur l’affaire Alstom se fait cambrioler

L’ordinateur de Matthieu Aron, qui publiera à la mi-janvier « Le Piège américain », sur les conditions troubles dans lesquelles le groupe français Alstom a vendu sa branche énergie à General Electric en 2014, a été dérobé.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h27
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


Matthieu Aron, journaliste à l’hebdomadaire L’Obs et ancien directeur de l’investigation de Radio France, a été victime d’un cambriolage à son domicile parisien au cours du week-end des 20 et 21 octobre. Cette information, confirmée au Monde par une source proche du dossier, a été révélée par le magazine Closer, qui a eu accès au procès-verbal de son audition par la police judiciaire de Paris.
Les malfaiteurs ont dérobé l’ordinateur de M. Aron et celui de son épouse, Marie-France Etchegoin, journaliste à Vanity Fair et ancienne responsable des enquêtes de L’Obs. Aucun autre objet de valeur n’a disparu, ce qui n’a pas manqué de surprendre le couple.
Le journaliste enquêtait depuis quatre ans sur les conditions troubles dans lesquelles le groupe français Alstom a vendu sa branche énergie à l’américain General Electric (GE), au printemps 2014. Cette investigation doit donner lieu à un livre, Le Piège américain, à paraître le 15 janvier 2019 aux éditions Jean-Claude Lattès.

        Lire aussi :
         

                Les déboires de General Electric inquiètent les ex-Alstom



Manuscrit livré quelques heures avant à l’éditeur
Vendredi 19 octobre, soit quelques heures avant le cambriolage, Matthieu Aron en avait déposé le manuscrit chez son éditeur, qui venait par ailleurs de prévenir les librairies et sites commerçants de la parution prochaine du livre.
L’opération conclue il y a quatre ans entre GE et le fleuron industriel français Alstom avait déclenché une vive polémique. Plusieurs voix, dont celle du ministre de l’économie de l’époque, Arnaud Montebourg, s’étaient alors élevées pour dénoncer une vente faite selon eux sous la pression de la justice américaine, qui enquêtait depuis 2010 sur Alstom pour des faits de corruption ayant permis à l’entreprise de remporter des marchés dans plusieurs pays.
Le Piège américain a été coécrit avec Frédéric Pierucci, seul cadre dirigeant d’Alstom à avoir été condamné pour corruption. Incarcéré aux Etats-Unis depuis septembre 2017, il est revenu en France à la fin du mois de septembre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-15">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les ventes en France de véhicules roulant au gaz de pétrole liquéfié ont commencé à frémir, portées par un prix à la pompe très avantageux.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Carburants : face à la hausse du gazole, le GPL est en embuscade

Les ventes en France de véhicules roulant au gaz de pétrole liquéfié ont commencé à frémir, portées par un prix à la pompe très avantageux.



LE MONDE ECONOMIE
 |    31.10.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h20
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Oui, il est encore possible, aujourd’hui, en France, de faire le plein de son véhicule à moins de 1 euro le litre. Et un vrai plein, dans un vrai réservoir, que l’on remplit dans une vraie station-service. Il faut pour cela faire partie des 200 000 automobilistes français qui roulent au GPL (gaz de pétrole liquéfié), une solution moins polluante que le diesel (un véhicule GPL n’émet quasiment pas de particules et d’oxydes d’azote) et plus écologique que l’essence (la consommation et, donc, les émissions de CO2 sont inférieures d’environ 20 %).
Vers le 20 octobre, le prix moyen du GPL dans l’Hexagone s’établissait à 0,83 euro le litre – avec des pics à 0,95 et des creux à 0,75 –, quand le gazole atteignait 1,52 et l’essence 1,53 euro. Et le prix du carburant n’est pas le seul avantage comparatif des véhicules roulant grâce ce gaz issu des puits de pétrole (c’est en fait du butane-propane).
La valeur d’achat des voitures est comparable à celle des véhicules à essence, le moteur étant exactement le même. Seules modifications : un réservoir spécifique pour le gaz liquéfié et un système de bicarburation essence-GPL sont ajoutés.
Les voitures GPL bénéficient de la vignette Crit’Air 1
Autre atout de la solution : en ces temps incertains pour l’avenir de la circulation des automobiles en ville, les voitures GPL bénéficient de la vignette Crit’Air 1 – qui définit les potentielles restrictions de circulation – et à ce titre sont éligibles à la prime à la conversion d’un vieux véhicule polluant. Par ailleurs, en Ile-de-France et dans presque toutes les régions, la carte grise est gratuite pour ce type de motorisation.
« Avec le GPL, il est possible de rouler dans des véhicules qui valent moins de 15 000 euros neufs et qui, en occasion, se trouvent sur le marché entre 2 000 et 3 000 euros, résume Joël Pedessac, directeur général du Comité français du butane et propane et principal lobbyiste du GPL en France. Et il est à noter que...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-16">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Onze cas supplémentaires d’enfants nés avec une malformation entre 2000 et 2014 viennent d’être identifiés dans ce département.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« Bébés sans bras » : 18 cas recensés au total dans l’Ain

Onze cas supplémentaires d’enfants nés avec une malformation entre 2000 et 2014 viennent d’être identifiés dans ce département.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 18h22
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h33
    |

            Stéphane Foucart








                        


Santé publique France (SPF) a publié, mardi 30 octobre, un nouveau décompte des malformations survenues dans l’Ain. Au total, selon l’agence, 18 cas « suspects » de réductions des membres supérieurs ont été dénombrés dans ce département entre 2000 et 2014.
Entre 2009 et 2014, le Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera) avait déjà enregistré 7 cas d’agénésie transverse des membres supérieurs (ATMS) – lorsqu’un bras ou une main ne s’est pas développé –, avant d’en signaler un huitième, le 29 octobre. L’enfant était né en 2012 dans un hôpital d’un département voisin, mais issu d’une famille résidant dans la même zone de 17 km de rayon que les sept autres, et était passé au travers des mailles du filet de la surveillance du registre.

        Le point sur l’enquête :
         

          Enfants sans bras : les mauvais calculs de Santé publique France



A ces huit cas, SPF en ajoute trois, nés au cours de la même période, soit 2009-2014. Cependant, ces informations ayant été obtenues à partir de données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), elles n’indiquent pas la nature précise des malformations, le lieu de résidence ou encore l’identité de la famille.
SPF se borne ainsi à parler de cas « suspects », précisant qu’il convient encore d’évaluer « ceux qui correspondent réellement à des agénésies transverses des membres supérieurs ». En effet, d’autres malformations des bras, des mains ou des doigts peuvent ne pas être cataloguées dans cette catégorie de troubles et être ainsi liées à d’autres causes. Impossible également, pour l’heure, de savoir si ces trois cas ont été localisés dans la zone suspecte, où les huit ATMS avérés ont été identifiés.
Changements de pratiques
SPF a également identifié, à partir des mêmes données du PMSI, sept autres cas de malformations des membres supérieurs survenus dans l’Ain entre 2000 et 2009, à une époque où le département de l’Ain n’était pas suivi par le Remera. Là encore, SPF ne dispose pas, pour l’heure, d’informations précises sur le lieu de résidence des familles, ou la catégorie des malformations, n’est encore accessible.
La pertinence de ce relevé de cas anciens est contestée par Emmanuelle Amar, la directrice générale du Remera, à l’origine de l’alerte, lancée en 2016. « Ces sept cas présentés comme nouveaux ne conduisent qu’à diluer inutilement le problème, dit-elle au Monde. Les données du PMSI sont destinées à la facturation des actes, trop imprécises pour qu’on puisse en tirer quoi que ce soit d’utile et il est très probable que l’on ne retrouvera jamais ces cas. En outre, sept cas sur l’ensemble du département de l’Ain en 10 ans, cela entre dans la moyenne de ce que l’on attend et ne semble pas constituer un excès statistique. »
De son côté, François Bourdillon, le directeur général de SPF, justifie l’annonce par les informations du Monde du 29 octobre révélant l’identification d’un huitième cas dans la zone de l’Ain concernée. « Nous ne voulions pas avoir un cas à annoncer tous les jours et nous avons préféré communiquer sur l’existence de ces 11 cas suspects », a-t-il déclaré à BFM-TV le 31 octobre.
En outre, le communiqué de SPF critique le travail du Remera, reprochant au registre d’avoir laissé passer un cas d’ATMS. « Ce signalement n’avait pas été recensé auparavant par le registre, alors que celui-ci est censé assurer l’exhaustivité, précise le texte. Cette exhaustivité doit concerner l’ensemble des cas résidents du département de l’Ain, que les naissances aient lieu dans ce département ou non. » Mme Amar répond que ce défaut de signalement est dû aux changements de pratiques liés à l’informatisation dans la maternité concernée.
Depuis deux ans, les relations sont notoirement tendues entre les responsables du Remera et SPF – qui compte au nombre des financeurs du registre. En 2016, des cadres de l’agence avaient reproché à Mme Amar ses prises de parole publiques sur la situation mise au jour dans l’Ain. Elle-même accusait SPF de considérer la situation comme n’étant pas anormale. SPF a finalement été saisie par le gouvernement d’investigations plus poussées, qui seront conduites aux côtés de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-17">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le monument, deux fois la taille de la statue de la Liberté, représente l’un des pères de l’Inde indépendante et figure du nationalisme hindou, Vallabhbhai Patel.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/10/2018
Découvrir l’application


                        

L’Inde inaugure la plus haute statue du monde

Le monument, deux fois la taille de la statue de la Liberté, représente l’un des pères de l’Inde indépendante et figure du nationalisme hindou, Vallabhbhai Patel.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 03h34
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 15h54
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



LETTRE DE NEW DELHI
Ministre de l’intérieur dans le premier gouvernement de l’Inde indépendante, Vallabhbhai Patel mesurait 1,68 mètre et aimait la discrétion. Quelques décennies après sa mort, survenue le 15 décembre 1950, les nationalistes hindous lui ont fait gagner un peu de hauteur et d’exubérance.
Le premier ministre indien, Narendra Modi, a inauguré, mercredi 31 octobre, une statue géante à son effigie – la plus élevée du monde –, à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance. Construite sur les berges du fleuve Narmada, d’une hauteur de 182 mètres, la « statue de l’unité » fait deux fois la taille statue de la Liberté, à New York.
Les Indiens ne feront pas qu’admirer le héros, ils pourront aussi visiter ses entrailles. Le monument accueille dans ses pieds un centre de recherche consacré à l’agriculture et aux populations tribales. Un hôtel, un auditorium et un musée consacré au personnage historique seront également aménagés à hauteur de ses cuisses.
Les visiteurs ne pourront pas monter plus haut que sa poitrine, car à cette hauteur les vents sont trop violents, mais son nombril suffira à leur offrir une vue sur une vallée de fleurs aménagée pour l’occasion. « Les touristes viennent en Inde visiter le Taj Mahal. Bientôt, ils pourront visiter la statue de l’unité », s’est félicité Vijay Rupani, le chef du gouvernement de l’Etat du Gujarat, l’ancien fief de M. Modi, où est construite la statue.
« Homme de fer »
Dans le grand récit de l’indépendance de l’Inde, il faut bien admettre qu’il manquait au parti nationaliste hindou au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), un héros.
Le Mahatma Gandhi était membre du parti du Congrès, tout comme le premier dirigeant indien, Jawaharlal Nehru, arrière-grand-père de Rahul Gandhi qui est aujourd’hui l’opposant de M. Modi. Les extrémistes hindous, pour qui le sol indien est sacré, comme l’est Israël pour le peuple juif, sont infiniment redevables à Vallabhbhai Patel d’avoir « unifié » le territoire de la jeune nation. Ce dernier avait négocié le ralliement des centaines d’Etats princiers à l’Inde qui venait de naître, n’hésitant pas à user de la force pour les convaincre, d’où son surnom d’« homme de fer ».

   


L’ancien ministre de l’intérieur se tiend donc debout au milieu d’un lac, comme s’il marchait sur l’eau, les épaules recouvertes d’un châle et habillé d’un dhoti, le regard tourné vers l’horizon. « Il fallait que la statue exprime la force et l’autorité », explique Ram Vanji Sutar. Ce sculpteur de 94 ans, au visage émacié et au corps légèrement voûté, a taillé dans le bronze quasiment tous les grands hommes politiques du pays. Il a reçu sa première commande de Jawaharlal Nehru, dont l’obsession était la construction de grands barrages qu’il appelait les « temples de la modernité ». « Il voulait une modeste statue pour rendre hommage aux ouvriers engagés dans ces grands travaux », se souvient-il. C’était l’époque où l’Inde penchait davantage du côté du socialisme que du nationalisme.
Dans un immense bâtiment d’une zone industrielle, en périphérie de Delhi, où il travaille avec son fils, Ram Vanji Sutar a gardé quelques œuvres de jeunesse où Marx, Bouddha, Jésus et Gandhi cohabitent dans les mêmes sculptures. « Cette époque est révolue, reconnaît l’artiste, désormais, le gouvernement préfère de grandes statues individuelles .» La construction d’une statue est le chemin le plus court pour réhabiliter un personnage historique. Elle s’impose encore plus facilement lorsqu’elle mesure 182 mètres.
Fabrication sous-traitée à une fonderie chinoise
Sauf que pour la « statue de l’unité », tout ne s’est pas vraiment passé comme prévu. Lorsqu’il a dévoilé le projet, en 2010, Narendra Modi, alors chef du gouvernement régional dans le Gujarat, avait envoyé des milliers de camions collecter auprès des paysans des morceaux de fer et de la terre pour construire l’édifice.

   


Or ces derniers préféraient sans doute vendre leur ferraille à des recycleurs plutôt que donner des gages au nationalisme hindou. La récolte fut maigre. Et l’Inde s’est ensuite rendue compte qu’elle n’avait pas les moyens de construire un monument d’une telle hauteur. Sa fabrication a donc été sous traitée… à une fonderie en Chine, en contradiction avec la politique du « make in India » promue par M. Modi.

        Lire aussi :
         

                L’Inde prend de plus en plus un virage protectionniste



Ram Vanji Sutar et son fils Anil Ram Sutar ont eu quelques frayeurs en se rendant sur place pour superviser les travaux. « Ils nous ont envoyé une première maquette où Vallabhbhai Patel avait des faux airs de Mao, les pommettes relevées et le visage légèrement arrondi, explique Anil Ram Sutar, les Chinois peuvent s’autoriser davantage de liberté en sculptant Bouddha alors que nous devions reproduire Vallabhbhai Patel à l’identique. » Le sculpteur indien et son fils leur ont pointé les détails à corriger au laser, à plusieurs dizaines de mètres de distance de la statue géante. Chaque couture de ses sandales, chaque pli de sa peau a dû être reproduit dans les mêmes proportions.
Culte de la personnalité
Les opposants au projet critiquent un culte de la personnalité qui coûtera au pays près de 400 millions d’euros. Il y a aussi derrière cette statue l’idée qu’un homme seul peut façonner la plus grande démocratie du monde. C’est peut-être l’illusion que veut donner M. Modi à quelques mois des élections, prévues en mai 2019, lui qui cultive l’image d’un dirigeant fort et charismatique.
« Chaque Indien regrette que Sardar Patel ne soit pas devenu le premier premier ministre » de l’Inde, avait déclaré M. Modi en 2013, une critique à peine voilée de Jawaharlal Nehru, l’arrière grand-père de son opposant.
Mais la politique du présent ne fait pas justice à l’histoire. Elle met en concurrence les figures historiques de Nehru et de Patel alors que, selon l’historien Ramachandra Guha, « les deux formaient un duumvirat qui, lors des premières années de l’indépendance, unirent et renforcèrent l’Inde. » « Nous avons été ensemble des camarades de longue date mus par une cause commune », écrivit Patel à Nehru dans une lettre rédigée peu après la mort du Mahatma en 1948.

   



        Lire aussi :
         

                Narendra Modi tente de rallier les grands patrons indiens à sa cause






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-18">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le président de LR, qui a visité un camp de migrants sur l’île de Lesbos, veut mettre l’immigration au cœur de la campagne des européennes
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Laurent Wauquiez va en Grèce pour dénoncer la crise migratoire

Le président de LR, qui a visité un camp de migrants sur l’île de Lesbos, veut mettre l’immigration au cœur de la campagne des européennes



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h39
    |

            Olivier Faye (Lesbos (Grèce), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le décompte est actualisé au feutre chaque jour sur le tableau qui orne le bureau du directeur, comme dans une salle de classe : 7 464, mardi 30 octobre. Ce chiffre représente le nombre de personnes hébergées au camp de Moria, à Lesbos, petite île grecque de la mer Egée d’où l’on distingue sans peine les côtes de la Turquie voisine. Bien plus que les 3 000 places répertoriées officiellement dans les baraquements de ce « hot spot », centre destiné à identifier et à contrôler les migrants. En dehors de cette enceinte cernée de grillages et de barbelés, des tentes ont été dressées au milieu des collines et des oliviers pour pallier les manques.
A Moria, les demandes d’asile sont examinées dans un délai de six à neuf mois en moyenne. Afghans (48 %), Syriens (11 %), Irakiens (8 %)… Le directeur tient une comptabilité précise des nationalités sur son tableau – chacun est réparti sur le site en fonction de son pays d’origine. « Combien de personnes y a-t-il en plus par rapport à l’année dernière ? », interroge le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, qui achève mardi une visite de deux jours en Grèce, axée sur le thème de l’immigration.
« 24 %, répond le directeur, traduit par une interprète.
– Vous avez fait combien de réadmissions en 2018 vers la Turquie ?, poursuit M. Wauquiez.
– Très peu, convient son interlocuteur, qui ne dispose pas d’un chiffre précis.
– Et vous avez eu des problèmes d’exploitation sexuelle ? De violence ? D’intégrisme ? », demande le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
– Pas de djihadistes. Mais s’il y en a, ils le cachent. Il y a des cas de harcèlement sexuel, des rixes, et l’alcool est un gros problème. »
Le directeur ne veut pas trop s’étendre sur ces considérations. Il craint pour la réputation de son camp, où la situation a déjà été évaluée par la gouverneure de la région du nord de la mer Egée comme « dangereuse...




                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-19">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ En organisant cette rencontre, samedi 3 novembre, l’épiscopat entend montrer qu’il ne reste pas « sans rien faire » face aux scandales.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

A Lourdes, les évêques à l’écoute de victimes d’abus sexuels

En organisant cette rencontre, samedi 3 novembre, l’épiscopat entend montrer qu’il ne reste pas « sans rien faire » face aux scandales.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h07
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Comme tous les ans début novembre, les évêques de l’Eglise catholique se retrouvent à Lourdes pour leur assemblée plénière d’automne. Mais cette année, l’atmosphère de cette réunion, organisée du 3 au 8 novembre, sera dominée par la question des abus sexuels. Elle est omniprésente depuis l’avalanche de révélations de l’été : plongée dans les crimes pédophiles du clergé de Pennsylvanie pendant les dernières décennies, bilan des affaires du même ordre en Allemagne, mise en cause de l’ancien archevêque de Washington Theodore McCarrick, contraint de quitter le Collège des cardinaux.
Pour la première fois, samedi 3 novembre, les 118 évêques français entendront le témoignage de huit victimes d’abus et dialogueront avec elles. « Le climat a considérablement changé cet été », reconnaît Olivier Ribadeau-Dumas, le secrétaire général de la Conférence des évêques de France.
Avec cette rencontre, l’épiscopat entend montrer qu’il veut « travailler avec les victimes » et qu’il ne reste pas « sans rien faire » devant les révélations. Mais, signe que le sujet demeure très sensible, la Conférence et les représentants de La Parole libérée n’ont pu se mettre d’accord sur les conditions de la participation de cette association de défense des victimes de pédophilie dans l’Eglise, née lors de la révélation des abus commis jusqu’en 1990 par le père Bernard Preynat, à Lyon.

        Le récit :
         

          Pédophilie : « Cette Eglise en pleine tempête, ça nous éprouve »



Format moins solennel
Les militants associatifs sont à l’origine de la citation directe pour des faits de non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs à l’encontre du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, audience qui devrait se tenir en janvier 2019. Ils réclamaient de pouvoir intervenir en assemblée plénière devant les évêques. Les organisateurs ont préféré retenir le format moins solennel de plusieurs forums de 30 à 35 évêques pour faire intervenir les victimes.
Les évêques seront aussi confrontés à l’idée de la constitution d’une commission qui serait chargée de faire le bilan des cas de pédophilie survenus dans les décennies passées, comme cela a été le cas dans plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Australie…) « De fait, cette question est posée », reconnaît le père Ribadeau-Dumas. Sera-t-elle soumise au vote ? Si oui, quelle serait la composition de cette commission, par qui serait-elle nommée ? Toutes ces questions demeuraient ouvertes avant le début de la réunion.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/31/17-20">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le rappeur et son frère publient le premier tome d’une série sombre d’aventure et de combat. Grand fan de BD japonaise, Gims a dû s’entourer pour mener ce projet à bien.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                

« Devil’s Relics », l’intrigante incursion de Maître Gims dans le manga

Le rappeur et son frère publient le premier tome d’une série sombre d’aventure et de combat. Grand fan de BD japonaise, Gims a dû s’entourer pour mener ce projet à bien.





LE MONDE
 |    31.10.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 14h27
    |

            Pauline Croquet





« Pour ceux qui me suivent, un rêve de gosse fan de manga est en train de se réaliser… » C’est ainsi que le rappeur Maître Gims a annoncé sur Instagram, en juillet 2017, qu’il se lançait dans la réalisation d’un manga. Une annonce qui, assez tôt, a suscité un brin de suspicion et beaucoup de moqueries. Un nom, Devil’s Relics, et une date de sortie du premier tome, le 31 octobre, ont été précisés quelques mois plus tard.
Mais l’artiste aux plus de cinq millions d’albums vendus en France en a vu d’autres, lui qui affronte régulièrement des critiques à propos de sa musique trop commerciale ou trop variété pour une partie du rap francophone. « Son assurance insolente agace plus d’un de ses concurrents », décrivait un portrait du Monde d’avril dernier qui lui était consacré.
Pourtant, c’est avec une certaine humilité que Maître Gims s’est présenté en juillet devant le public de Japan Expo, la grand-messe française du manga, pour défendre son projet. Car s’il est le concepteur de l’idée originale avec son jeune frère Darcy, il a dû s’entourer pour la réaliser.
Quatre auteurs sur la couverture
Sur la couverture, deux éditeurs – Glénat et Fayard – et quatre noms : ceux de Gims et de son frère épaulés par l’auteur français Jean-David Morvan, qui a signé notamment les BD Nomad et Sillage, et celui de Yoshiyasu Tamura. Formé dans les écuries de la maison d’édition japonaise Shueisha, celui-ci avait quelque peu délaissé sa carrière de mangaka pour se consacrer à la peinture et enseigner en Italie.

        Voir cette publication sur Instagram           Pour ceux qui me suivent, un rêve de gosse fan de manga est en train de se réaliser... Première réunion chez Glénat ! Avec @fresh_prince93r @glenatmangaeditions /@Fayard.editions @glenatbd Jean-David Jd morvan Yoshiuasou Tamura @fudegami 🔥🔥🔥 Une publication partagée par  Maître GIMS (@maitregims) le 1 Juil. 2017 à 2 :46 PDT 

« Cette idée de manga, je l’avais depuis une quinzaine d’années. Mais Darcy, qui est encore plus fan de manga que moi, m’a permis de reprendre et terminer l’histoire », expliquait Maître Gims au public de Japan Expo. L’idée lui trotte dans la tête pendant ses études de graphisme, lui qui aime le dessin. En parallèle, sa carrière avec le groupe parisien Sexion d’Assaut commence à décoller ; il abandonne l’école et met ce projet de côté « par manque de temps ». C’est à Fayard, qui a édité en 2015 son autobiographie Vise le soleil, que le rappeur trentenaire fait part de son envie de créer un manga. La maison d’édition, qui ne publie pas de manga, contacte Glénat avec qui elle a l’habitude de coéditer certains ouvrages.

   


« Nous avons accepté de rencontrer Maître Gims et Darcy en janvier 2017. Ils se sont présentés avec un univers complet et toute une galerie de personnages. Certes, ce n’était pas construit comme un manga, mais nous avons pris conscience qu’il s’agissait d’un projet sérieux, pas d’une tocade », défend Erwan Roux, directeur éditorial adjoint et responsable de la création française en manga chez Glénat. Une décision qui n’est pas anodine : Glénat, l’un des plus gros acteurs du manga en France, est l’éditeur de One Piece et Dragon Ball, des blockbusters de la BD japonaise, et des références sacrées pour les amateurs de manga. Pour autant, elle s’est lancée depuis peu dans le manga made in France. Glénat reconnaît toutefois qu’il est assez rare qu’un projet soit simplement accepté sur un seul concept et sans scénario. Maître Gims aurait-il eu les mêmes chances sans notoriété ? Lui-même évoque cette question en conférence sans y répondre.
Une ambiance à la « Ken le survivant »
Pour travailler avec Maître Gims, Glénat fait d’abord appel à Jean-David Morvan pour le scénario. L’auteur, familier du Japon et de l’industrie du manga, recommande pour le dessin M. Tamura, l’une de ses connaissances. Entre les quatre, la sauce prend, explique Maître Gims :
« Tamura a l’ADN du manga, ce n’est pas mon cas. Il était important qu’un homme comme lui soit dans la boucle. Je lui propose des planches, des dessins, puis lui rajoute sa touche, sa magie. […] Je suis tombé amoureux de son dessin. »
Lors de la conférence à la Japan Expo, le rappeur a eu à cœur de prouver sa passion ancienne pour le 9e art nippon, avançant les inspirations de Devil’s Relics. « Pour le dessin, c’est comme Vagabond ou L’Habitant de l’infini. Au niveau technique, intrigue et scènes de combat, on se rapproche de Hunter X Hunter », résume-t-il citant des œuvres majeures du manga de samouraï des années 1990 et un shonen nekketsu, manga d’aventures pour adolescents, des plus emblématiques. Pour l’atmosphère, le chanteur décrit « un dessin réaliste, une ambiance comme dans Ken le survivant, où le désespoir est total ».

   


En ouvrant le premier tome, les lecteurs font connaissance avec Kaïs, le héros, un jeune homme qui tente de survivre dans un monde dystopique, désolé et inique où le nombre de laissés-pour-compte est grandissant et les autorités corrompues. Extrêmement fort physiquement, le jeune homme gagne quelques billets dans des combats clandestins pour aider sa tante qui l’a élevé, malgré son dégoût pour la violence. Il peut toutefois compter sur l’amitié de son amie Milena et l’admiration du jeune Magnum.
Une mécanique huilée
Dès les premières pages, le ton est donné : il s’agit bien d’un manga d’aventures sombre et de combat. Yoshiyasu Tamura exécute un dessin racé et nerveux ; chaque personnage a d’ores et déjà un style et une personnalité distincts. Kaïs est un personnage plutôt froid auquel il est difficile de s’identifier, bien que les auteurs commencent à l’ébrécher et donnent l’espoir de plus de sentiment. Les 190 premières pages visent avant tout à poser un décor, et il faudra attendre le tome 2 pour voir quelles perspectives offre l’histoire, ce qui n’est pas si rare dans le manga.

   


Pour atteindre ce résultat et envisager de délivrer trois tomes par an, une mécanique huilée s’est mise en place autour des éditeurs de Glénat. « Pour chaque tome, nous faisons une grosse réunion tous ensemble dans nos locaux qui peut durer plusieurs heures. Darcy et Gims expliquent la trame narrative, et nous les aidons pour que cela colle au style shonen qu’ils veulent insuffler, détaille Erwan Roux. Ensuite, Jean-David Morvan adapte cette trame en script. Une fois que celui-ci est validé par les frères et Glénat, nous traduisons en japonais le script pour ensuite l’envoyer à M. Tamura, qui réalise le dessin avec ses assistants. » Le responsable éditorial assure :
« Maître Gims et Darcy s’impliquent à n’importe quelle étape pour répondre aux questions, donner des détails sur les décors, les tenues, résoudre des ambiguïtés. »

   


Des références aux mangas dans sa musique
Si la démarche de Maître Gims a pu intriguer les lecteurs de manga, les fans du rappeur n’ont pas forcément été étonnés par ce projet. Celui-ci s’est souvent exprimé sur sa passion pour One Piece ou Naruto, des locomotives du manga qu’il affirmait suivre religieusement, en lisant des copies pirates pour ne pas avoir à attendre une sortie française tardive. A Canal+, il expliquait en 2013 à propos de ces séries :
« Je m’inspire pas mal des mangas… ça m’inspire tout ça, toute cette folie, ce monde déconnecté. Parce que je suis un peu perché, je suis un geek, quoi. »
Ça et là, plusieurs de ses titres comportent des références et des clins d’œil aux héros de fiction japonais. Ainsi, Wati Bon Son de Sexion d’Assaut mentionne le village de l’apprenti ninja Naruto : « Paris, c’est Konoha, bande d’imbéciles, voilà les ninjas. » L’un de ses surnoms, Meugiwara, est d’ailleurs à rapprocher de celui du héros de One Piece Luffy Mugiwara.

L’ancien pilier de la Sexion d’Assaut n’a pas besoin de percer dans le manga pour connaître notoriété et fortune, mais Glénat et Fayard ont décidé de faire de la sortie de Devil’s Relics un gros lancement, à plus de 50 000 exemplaires. Une telle tête d’affiche pourrait aussi garantir de belles ventes, comme cela a été le cas pour l’éditeur novice en manga Michel Lafon avec Ki & Hi, du très populaire youtubeur Kevin Tran. Gageons que, de son côté, Maître Gims appliquera pour le manga sa philosophie en matière de réussite musicale : « Si ça ne marchait pas pour moi, j’aurais vraiment mal vécu les critiques. Mais en fait, là, ça ne m’atteint pas. La seule chose qui m’intéresse, c’est : “Est-ce que les gens aiment ce que je fais ou non ?” »
« Devil’s Relics », de Darcy, Maître Gims, Yoshiyasu Tamura, Jean-David Morvan, Editions Glénat et Fayard, tome 1, 192 pages, 6,90 euros.

        Portrait :
         

          Maître Gims à l’école de la variété







                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });


                      






<article-nb="2018/10/31/17-21">
<filnamedate="20181031"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181031"><AAMMJJHH="2018103117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Javier Tebas accuse depuis plusieurs mois le club parisien et son actionnaire qatari de ne pas respecter les règles de l’UEFA. « Quand tu triches, tu dois être exclu », a-t-il répété, mardi à Paris.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Fair-play financier : la croisade du patron de la Liga contre le PSG

Javier Tebas accuse depuis plusieurs mois le club parisien et son actionnaire qatari de ne pas respecter les règles de l’UEFA. « Quand tu triches, tu dois être exclu », a-t-il répété, mardi à Paris.



LE MONDE
 |    31.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
31.10.2018 à 16h29
    |

            Rémi Dupré et 
Maxime Goldbaum








                        



   


Javier Tebas est en croisade. Le bouillonnant président de la Liga, la ligue professionnelle de football espagnole, a profité de sa présence à Paris, mardi 30 octobre, à l’occasion d’une conférence au Sport Innovation Summit, pour rencontrer plusieurs journaux, dont Le Monde, et poursuivre sa guerre ouverte contre le Paris-Saint-Germain, qu’il accuse de tricher avec les règles du fair-play financier.
« Le fair-play financier (FPF) dit que quand tu triches, tu dois être exclu. Je ne peux rien dire de plus. C’est pour ça qu’on a le FPF », répète-t-il depuis plusieurs mois. Mais il le jure : son combat n’a rien de personnel. « Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’UEFA [Union des associations européennes de football]. L’UEFA a déjà ouvert une enquête, a obligé le PSG à vendre des joueurs pour 60 millions d’euros. Une deuxième instance a décidé que ce n’était pas suffisant et qu’il fallait étudier et corriger les contrats de sponsoring comme celui avec QTA [l’office du tourisme du Qatar], qui n’est pas réel. Ils ont dit que les prix des sponsors n’étaient pas corrects. C’est mot par mot ce qu’ils ont écrit. »
L’instance européenne a ouvert une enquête en septembre 2017 sous la pression de plusieurs places fortes du football européen, notamment en Espagne (FC Barcelone, Real Madrid), où a évolué pendant quatre saisons le Brésilien Neymar, avant d’être recruté par Paris contre 222 millions d’euros, un record. Somme à laquelle il faut ajouter le montage financier – 180 millions d’euros – pour l’acquisition, sous la forme d’un prêt, de Kylian Mbappé. L’enquête de l’ICFC, l’instance chargée du contrôle financier des clubs de l’UEFA, avait dans un premier temps été close en juin, avant d’être rouverte un mois plus tard.

        Lire aussi :
         

                Fair-play financier : le PSG va subir une enquête plus approfondie de l’UEFA



« Pas une fixation sur le PSG »
Il régnait comme une ambiance de fronde anti-PSG dans les locaux du Medef, à Paris, dans le 7e arrondissement, où se déroulait le Sport Innovation Summit. Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, a fait irruption dans l’auditorium et adressé un petit sourire de connivence, le pouce levé, à son homologue et rival marseillais, Jacques-Henri Eyraud, qui débattait avec Javier Tebas.
Les oreilles du patron qatari du club parisien, Nasser Al-Khelaïfi, ont dû siffler, bien que Javier Tebas assure « ne pas faire une fixation sur le PSG ». Il dit avoir « dénoncé Manchester City », qui a dépensé 976 millions d’euros pour constituer son effectif actuel. « Nous regardons ce qui se passe dans d’autres clubs en Europe. Le PSG est le cas le plus flagrant, le plus visible. » 
Javier Tebas opère toutefois une distinction et estime que les deux clubs, ces « parvenus » du ballon rond, l’un détenu depuis 2011 par le fonds Qatar sports Investments (QSI), l’autre par cheikh Mansour d’Abou Dhabi (Emirats arabes unis) depuis 2008, ont un modèle différent : « Le PSG a été plus loin avec des sponsors qui n’en sont pas, comme QTA. Manchester City est plus dans une gestion de groupe », estime l’avocat de formation.
Selon lui, ces deux « nouveaux riches » sont « sans doute » responsables de l’inflation du prix des transferts qui touche le football européen : « Dans n’importe quel secteur économique, il y a deux types d’inflation : la bonne et la mauvaise. Si les salaires des joueurs, le prix de leur transfert suivent la courbe des montants des droits TV, c’est normal. L’inflation devient mauvaise quand son origine ne vient pas de l’industrie, du business du football mais du gaz ou du pétrole ! Cela oblige les autres clubs, qui n’ont pas l’appui d’Etats, à augmenter les montants de salaires à cause de l’argent qui n’est pas généré par le secteur. »
« J’écoute seulement ma femme et pas tout le temps »
Pis, selon lui, la position de Nasser Al-Khelaïfi, à la fois président du PSG et de la chaîne beIN Sports, diffuseur de compétitions de l’UEFA dans certains pays, serait le signe d’un conflit d’intérêts : « Les règles de bonne gouvernance et de transparence de toute organisation et entreprise dans le monde détermineraient que nous sommes confrontés à un conflit d’intérêts. »
En août, en marge du tirage au sort de la Ligue des champions, le patron du PSG lui a demandé en public de cesser ses critiques. « Mais j’écoute seulement ma femme et pas tout le temps », plaisante l’Espagnol.
Le truculent dirigeant insiste. Il ne défend pas les intérêts des deux grands clubs espagnols, le Real Madrid et le FC Barcelone, et le transfert de Neymar du club catalan vers le PSG à l’été 2017 n’a pas été le déclencheur de sa croisade contre le PSG : « Au mois de mars 2017, cinq mois avant le transfert de Neymar au PSG, j’ai eu une réunion dans mon bureau, à Madrid, avec Nasser [Al-Khelaïfi, président du PSG] et je lui ai dit que j’allais dénoncer ces irrégularités que j’ai évoquées. »
« En privé, beaucoup de gens me soutiennent »
Se posant en défenseur de « l’équilibre économique » et de « l’industrie du football en Europe », Javier Tebas dit se « fier » à l’UEFA et au FPF. Mais il prévient : « On verra si je fais encore confiance après les enquêtes. J’aimerais que les procédures aillent plus vite. » Il dit attendre de l’UEFA qu’elle « suive les règles du FPF et que les sanctions soient celles qui correspondent aux règlements ».

        Lire aussi :
         

                Ligue 1 : le PSG découvre l’austérité et fait confiance à son centre de formation



Le président de la Liga assure que plusieurs clubs, dont la Juventus Turin, se sont ralliés à sa cause. « En privé, beaucoup de gens me soutiennent. En public, moins, se gausse-t-il. C’est dur pour les clubs de l’affirmer publiquement par rapport au système. Mais cela ne me préoccupe pas. Si j’étais seul, je ferais la même chose. »
Sur tous les fronts, Javier Tebas a toutefois décidé de lever un peu le pied en cédant son siège au Conseil stratégique du football de l’UEFA. « Je considère que je ne pouvais rien apporter. C’est un organe qui n’a pas la capacité de décision. J’y perdais mon temps », lâche-t-il, hilare, avant de mettre un terme à sa tournée médiatique en France et de reprendre son avion pour mener vers d’autres cieux sa croisade anti-PSG.

Hostile au projet de réforme de la Coupe du monde des clubs
Coupe du monde des clubs : le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, veut réformer cette compétition à partir de 2021. « Nous ne croyons pas que le foot professionnel ait besoin de nouveaux tournois, on a besoin d’une réflexion pour que les tournois déjà existants soient complémentaires, estime Javier Tebas. Le projet est dangereux pour les Ligues nationales. On doit considérer que l’UEFA est cinq fois plus importante économiquement que la FIFA et que ce type de nouveaux tournois représente une attaque contre l’industrie de l’UEFA. »Délocalisation d’un match de Liga aux Etats-Unis : M. Tebas veut que le match Gérone-Barcelone se tienne en janvier à Miami. Le veto posé par la FIFA le laisse de marbre. « Nous irons devant le Tribunal arbitral du sport ou devant les tribunaux. Nous avons le droit légal et éthique de le faire. Quatorze clubs de la Liga espagnole sont pour. Quel est le problème ? »Droits télé en France : M. Tebas se réjouit de l’arrivée en France du groupe espagnol Mediapro, qui a raflé, en mai, les droits télé de la Ligue 1 pour le cycle 2020-2024. Avec une enveloppe qui est passée de 726,5 millions d’euros par an sur la période 2016-2020 à 1,153 milliard d’euros annuels, « c’est bon pour le foot français, déclare le dirigeant. Mediapro a rapproché la Ligue 1 de la valeur qu’elle a réellement. Mediapro va s’attirer beaucoup de critiques, comme en Espagne. Mais patience… »





                            


                        

                        

