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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Le Centre spatial guyanais de Kourou met les bouchées doubles pour construire ce qui sera le pas de tir de la prochaine génération de lanceurs lourds européens, la fusée Ariane-6.
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Kourou se prépare à accueillir Ariane-6

Le Centre spatial guyanais de Kourou met les bouchées doubles pour construire ce qui sera le pas de tir de la prochaine génération de lanceurs lourds européens, la fusée Ariane-6.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 18h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Le chantier, gigantesque, ne s’arrête plus. Sur le Centre spatial guyanais de Kourou, jour et nuit, dans la touffeur équatoriale, les engins s’activent sous les commandes de quelque sept cents hommes – dont soixante-dix jeunes en contrat d’insertion. Il faut profiter au maximum de la saison sèche pour avancer sur ce qui sera, sur ce qui devient, le pas de tir de la prochaine génération de lanceurs lourds européens, la fusée Ariane-6.
« Toutes les infrastructures et les bâtiments devront être terminés en mars 2019 », ­annonce Frédéric Munos, dont le titre ­officiel est « responsable de la sous-direction sol à la direction des lanceurs au Centre national d’études spatiales [CNES] ».
Pour le dire plus simplement, Frédéric Munos dirige ce chantier à 600 millions d’euros pour le compte du CNES, qui en est le maître d’œuvre.
Chantier colossal
Tout est colossal ici, et pas seulement le prix. Colossale la fosse qui a été creusée pour la zone de lancement : plus de 180 000 mètres cubes de terre et de roche ont été sortis afin de préparer les fondations, à commencer par les impressionnants carneaux, deux tunnels de béton de 100 mètres de long par lesquels les gaz de la future fusée s’évacueront au moment de l’allumage des moteurs.
Impressionnant le château d’eau de 90 mètres de haut, dont le rôle consistera, dès qu’Ariane 6 s’élèvera de quelques mètres, à inonder le pas de tir sous 1 200 tonnes d’eau grâce à une trentaine de ­buses débitant chacune 1 500 litres par seconde. L’objectif : annihiler les réverbérations acoustiques qui, renvoyées par la dalle, pourraient faire dangereusement tanguer le lanceur au cours de ses premières secondes d’ascension.
Un portique mobile
Colossal enfin le portique ­mobile dans lequel s’effectuera la préparation finale de la fusée. Ce qui n’est pour l’heure qu’un ­incroyable enchevêtrement de poutrelles deviendra un grand cocon de 100 mètres de haut et de 7 000 ton­nes, soit autant que la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Face aux dérives et dysfonctionnements du monde de l’édition scientifique, plusieurs auteurs appellent à des changements radicaux pour réduire le rythme de publication.
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Canulars scientifiques, revues prédatrices et « slow science »

Face aux dérives et dysfonctionnements du monde de l’édition scientifique, plusieurs auteurs appellent à des changements radicaux pour réduire le rythme de publication.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 16h00
   





                        



                                


                            

Tribune. On fait grand cas aux Etats-Unis, et maintenant en France, d’un canular « Sokal au carré ». Imitant la fausse étude originale, perpétrée par le physicien Alan Sokal en 1996, celle-ci a cette fois dénoncé la contamination par le « politiquement correct » et l’activisme justicier des études consacrées à la race, au genre, à la masculinité, etc. L’interprétation ultime de ce canular reste contestée, mais retenons ici qu’il pointe un supposé problème concernant l’évaluation par les pairs dans les revues scientifiques, évaluation apparemment prise en défaut par les nombreux articles bidon que le trio américain à l’origine de ce canular a réussi à publier. Même si le Landerneau académique américain s’excite une fois de plus avec cette énième critique du « postmodernisme », il faut distinguer ces disputes idéologiques de la question plus importante de l’évaluation par les pairs et de la multiplication des revues de qualité douteuse.

Ces revues affectent de proposer une évaluation par les pairs ; en réalité, elles publient tout et n’importe quoi, moyennant finances
Le problème de l’édition scientifique est en effet plus général et dépasse les seules sciences sociales. Les études sur les revues dites « prédatrices » que nous avons réunies dans un récent dossier de la revue Zilsel le montrent amplement. Mimant les revues scientifiques « authentiques » et établies, elles affectent de proposer une évaluation par les pairs ; en réalité, elles publient tout et n’importe quoi, moyennant finances. Leurs éditeurs se comptent par centaines, les titres par dizaines de milliers et continuent de se multiplier. Les autorités académiques s’en émeuvent, et on a récemment indiqué qu’un pourcentage notable de chercheurs français y publient. Des primes et des promotions sont parfois même attribuées aux auteurs d’articles parus dans ces revues supposées « prédatrices ».
Mauvaises revues, bons contenus
On pourrait croire...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ L’exposition propose, jusqu’au 5 janvier 2020, d’explorer le mouvement par la pratique et d’en comprendre les effets physiques et psychiques.
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« Corps et Sport », l’expo à message de la Cité des sciences

L’exposition propose, jusqu’au 5 janvier 2020, d’explorer le mouvement par la pratique et d’en comprendre les effets physiques et psychiques.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 15h00
    |

            Catherine Pacary








                        



                                


                            

De la radio le matin au journal du soir, des notifications Internet aux SMS et mails publicitaires, nul ne peut l’ignorer : le sport est bon pour la santé. Mais pourquoi ? Comment ? Jusqu’à quel point ? L’exposition « Corps et sport », qui s’installe à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, pour quinze mois, répond à un nombre record de questions en disséquant les effets du sport sur notre corps. Comme toujours à La Villette, le fond est traité avec rigueur quand la forme, ludique et participative, vise un public le plus vaste possible, de l’adepte du « no sport » churchillien à l’athlète de haut niveau, de l’enfant au grand-parent. Avec, en fil rouge, un message : bougez !

Très dense, concentrée sur 1200 mètres carrés, « Corps et sport » se scinde en deux grands ensembles. Le premier, expérimental, amène le visiteur à tester cinq ateliers : football, escalade, biathlon, tennis, entraînement et boxe. Les gestes sportifs, comme un tir ou un service, trop rapides pour l’œil humain, sont décomposés et comparés à ceux de champions dont le mouvement a été modélisé par ordinateur. Outre le plaisir de jouer, le visiteur peut repartir avec sa chronophotographie sous le bras.
Le second ensemble, analytique, retrace l’évolution de la représentation du sport dans la société, du Discobole à la sportification actuelle. Là encore, de multiples questions sont posées. Parmi elles : quelle souffrance peut-on accepter ? Quatre films illustrent ce thème, dont celui sur l’entraînement du boxeur français Souleymane Cissokho, jusqu’à l’épuisement, ou la séquence montrant le skippeur Damien Seguin, né sans main gauche, triple médaillé paralympique et qui s’aligne sur la prochaine Route du rhum. Autre interrogation, chère à Jean-François Toussaint, commissaire scientifique de l’exposition : quelles sont les limites physiques de la performance ?
La sédentarité tue
Loin d’être éludé, le dopage est présenté sous toutes ses acceptions,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une équipe américaine a montré que le microbe pathogène pouvait, sous certaines conditions, générer du courant.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Listeria, une bactérie très électrique

Une équipe américaine a montré que le microbe pathogène pouvait, sous certaines conditions, générer du courant.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 16h07
    |

                            Alice Lebreton (Chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            

Chronique. Peut-on encore trouver du nouveau sur un microbe qui sert de modèle d’études en infectiologie depuis plus de quatre-vingt-dix ans ? Alors que l’on me pose régulièrement cette question légitime, je suis tombée avec délice sur une découverte totalement inattendue, publiée le 4 octobre dans Nature par l’équipe de Daniel Portnoy à Berkeley : Listeria monocytogenes, l’agent responsable de la listériose, produit de l’électricité !
Plus exactement, Listeria a la propriété d’exporter des électrons vers sa surface, puis de les donner à qui veut – à une électrode de graphite immergée dans son milieu de culture, par exemple. Avec un montage électrochimique approprié, Listeria devient ainsi un composant de pile ; en cédant ses électrons à l’anode, elle génère un courant mesurable de quelques microampères par centimètre carré dans le circuit électrique.
Cette faculté n’est pas nouvelle en soi ; elle avait déjà été mise en évidence chez différentes bactéries vivant dans des sédiments lacustres ou marins. Le principe en est relativement simple : pour produire leur énergie, beaucoup d’organismes transforment les sucres en dioxyde de carbone, par une série de réactions d’oxydo-réduction appelée respiration. Les électrons libérés lors de l’oxydation des sucres sont transférés à une molécule oxydante – souvent l’oxygène. Comme cette molécule diffuse librement à l’intérieur des cellules, la réaction s’effectue localement, et donc aucun électron n’est émis dans le milieu extérieur ; aucun courant n’est généré.
Toutefois, certaines bactéries comme Geobacter metallireducens ou Shewanella oneidensis, qui vivent dans des milieux très minéralisés et pauvres en oxygène, peuvent utiliser l’oxyde ferrique (la rouille) ou d’autres oxydes métalliques comme accepteurs d’électrons à la place de l’oxygène. Pour ceci, un échangeur moléculaire baptisé « transfert d’électrons extracellulaire » (EET)...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Les éditions Le Bélial’ lancent une collection, « Parallaxe », dédiée au lien entre science-fiction et science. Le premier titre interroge ce lien au cinéma.
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Les films de science-fiction à l’épreuve de la science

Les éditions Le Bélial’ lancent une collection, « Parallaxe », dédiée au lien entre science-fiction et science. Le premier titre interroge ce lien au cinéma.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 13h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Livre. Astrophysicien au CEA (Commissariat à l’énergie atomique), auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, ancien chroniqueur du supplément « Science & Médecine » du Monde, Roland Lehoucq vient d’ajouter une corde à son arc en prenant la direction de la nouvelle collection « Parallaxe », aux éditions du Bélial’. Parallaxe a pour ambition de faire dialoguer science-fiction et science, notamment en soumettant la première à l’épreuve de la seconde. Le tout premier titre de cette collection, La science fait son cinéma, compilation des chroniques que signent Roland Lehoucq et son complice paléontologue Jean-Sébastien Steyer dans le trimestriel Bifrost, passe à la moulinette de la physique et de la biologie quelques-uns des plus célèbres films de SF.

Le but de l’exercice n’est pas de dézinguer les longs-métrages coupables d’entorses aux sacro-saintes lois scientifiques (même si Prometheus de Ridley Scott se fait sulfater à la kalachnikov avec jubilation… et raison). La démarche reste toujours pédagogique, comme l’expliquent les deux auteurs en introduction : il s’agit, à chaque fois, de prendre un film et de le considérer « comme une sorte de documentaire, et ses images comme factuelles. Il devient alors l’énoncé d’un exercice intéressant et soulève de nombreuses questions : cette planète est-elle réaliste ? Pourquoi cet extraterrestre possède-t-il trois paires d’yeux ? Comment fonctionne ce vaisseau spatial ? »
Extrapolation
En effet, autant le public est prompt à voir les contradictions scénaristiques des films, autant il lui est plus difficile d’en pointer les incohérences scientifiques. L’ouvrage a donc pour objectif, en s’appuyant sur ces objets culturels, de développer l’analyse et l’esprit critique, voire, comme l’écrivent Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer, « de jouer avec les sciences ». Le tout sans forcément détruire la part de rêve : à...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Considérée comme irréfutable, la preuve par l’ADN a donné lieu, selon le professeur Pascal Beauvais, a « un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science » qu’il est bon de questionner.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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« La preuve génétique bouscule le système judiciaire »

Considérée comme irréfutable, la preuve par l’ADN a donné lieu, selon le professeur Pascal Beauvais, a « un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science » qu’il est bon de questionner.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 10h13
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            

Pascal Beauvais est professeur de droit et de sciences criminelles à l’université Paris-Ouest-Nanterre, où il codirige le Centre de droit pénal et de criminologie. Il est la fois formé au droit et aux sciences sociales, et a été responsable scientifique d’un des volets du projet Fichier et témoins génétiques, financé par l’Agence nationale de la recherche et dont le colloque de clôture s’est tenu les 11 et 12 octobre à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. C’est dans ce cadre qu’il est intervenu pour décrypter le discours de la preuve par l’ADN.
L’ADN est souvent considéré, dans le contexte judiciaire, comme la « reine des preuves ». D’où vient cette expression ? 
Dans le droit pénal français, la preuve génétique bouleverse le régime de véridiction judiciaire, qui repose sur la discussion des preuves et admet une part d’approximation et de conviction. La vérité judiciaire n’est donc pas absolue. Or, avec l’ADN, la véridiction judiciaire s’appuie sur une deuxième forme de vérité, la science, et c’est l’usage combiné de ces deux méthodes qui donne toute sa force à la preuve génétique.
C’est pour cette raison que l’ADN est souvent considéré en droit français comme la « reine des preuves » : établie avec l’objectivité, la rigueur et la rationalité de la science, sa fiabilité s’imposerait au juge. A certaines conditions techniques, la preuve génétique permet en effet d’établir avec une certitude frôlant les 100 % que l’ADN prélevé ou recueilli sur une scène d’infraction correspond à celui d’une personne qui fait partie d’un fichier de données génétiques.
Avec quelles conséquences ?
Cette preuve génétique a donné lieu à un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science, qui ne laisserait plus de place au doute et au débat contradictoire. Avec ce discours, on sort du régime de preuve relative et contestable, évalué par la justice, admettant une dose de reconstruction et de discussion...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ D’abord réservé aux auteurs de crimes sexuels, le fichage ADN en France est de plus en plus appliqué pour d’autres infractions. Le fichier national contient aujourd’hui plusieurs millions d’empreintes.
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Le Fnaeg, ce fichier national des empreintes génétiques qui ne cesse de grossir

D’abord réservé aux auteurs de crimes sexuels, le fichage ADN en France est de plus en plus appliqué pour d’autres infractions. Le fichier national contient aujourd’hui plusieurs millions d’empreintes.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 07h00
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            

En France, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) a été créé en 1998 et contient les empreintes de 3,8 millions de personnes, soit 5,6 % de la population française, auxquelles s’ajoutent les empreintes de 500 000 traces non identifiées relevées sur des scènes d’infraction. Les données y sont conservées vingt-cinq ans pour une mise en cause et quarante ans en cas de condamnation.
En juin 2017, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour « atteinte disproportionné à la vie privée », insistant sur le manque de hiérarchie dans la gravité et la nature des infractions justifiant le fichage
Initialement restreinte aux auteurs de crimes sexuels, l’indication d’inclusion dans le fichier n’a depuis cessé d’être élargie. « Ces banques de données ont été créées dans les années 2000 dans les pays européens et l’indication de l’analyse génétique s’est progressivement élargie, avec des variations suivant les pays. En Suisse par exemple, si un suspect est innocenté, son ADN doit être supprimé de la base de données », précise Vincent Castella, du Centre universitaire romand de médecine légale, à Lausanne (Suisse). « Depuis la mise en place du Fnaeg en 1998, l’ADN a pris une place croissante dans la résolution des affaires », témoigne ainsi Joëlle Vailly, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui coordonné le projet « Fichiers et témoins génétiques » financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR). « A sa création, il était réservé aux personnes condamnées pour crimes sexuels puis il a été élargi aux autres crimes mais aussi aux délits tels que les vols, les cambriolages, par les lois de 2001 et 2003 de sécurité intérieure et de sécurité quotidienne. Le fichage a aussi été étendu aux suspects », poursuit-elle. « J’ai assisté au prélèvement [ADN] de personnes qui avaient refusé de donner leurs lunettes de piscine dans une manifestation »,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-8">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Tests d’ancestralité, bases génétiques en ligne, enquêtes judiciaires... les informations liées à l’ADN n’ont jamais été aussi partagées.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail          Ils avaient semé la psychose, et le souvenir de leurs crimes s’est ancré dans les esprits. En Californie, le « Golden State Killer », avait commis une douzaine de meurtres et une cinquantaine de viols dans les années 1970 et 1980. En France, en 2014, « le violeur du 8e » agressait la nuit à l’arme blanche des femmes jeunes dans cet arrondissement de Lyon. En Arizona dans les années 1990, « The Canal killer » avait tué deux jeunes femmes dont les têtes avaient été retrouvées dans un canal à Phoenix.          L’effroi n’est pas la seule raison pour laquelle ces affaires ont défrayé la chronique. Pour les résoudre, les enquêteurs ont poussé aux limites les possibilités d’exploitation de l’ADN retrouvé sur les scènes des crimes, relançant ainsi des enquêtes restées parfois bloquées durant des années.          Les avancées scientifiques et technologiques permettent un décryptage toujours plus approfondi de la composition des génomes, tandis que la démocratisation des tests génétiques se traduit par un partage inédit des informations liées à l’ADN, notamment par les banques de données généalogiques.          Les enquêteurs, soucieux de décrypter les vérités enfouies dans l’ADN, sont tentés par ces nouvelles possibilités. Ils inaugurent de nouveaux usages qui, tout en satisfaisant l’investigation, ouvrent aussi des brèches dans des cadres juridiques pensés lors de la création des fichiers d’empreintes génétiques en 1989 aux Etats-Unis et au début des années 2000 dans les pays européens. Certains révèlent aussi des failles béantes en matière de protection de l’anonymat des données génétiques, comme viennent de le démontrer deux études parues début octobre dans les revues Science et Cell.            En avril 2018, plus de 17 millions de personnes avaient eu recours à des tests d’ancestralité, proposés par des sociétés comme 23andme, Ancestry.com ou Myheritage et informant sur les origines géographiques ou la prédisposition à certaines maladies          Ces deux études ont été inspirées par l’enquête qui a conduit à l’arrestation, en avril 2018, de Joseph DeAngelo, le « Golden State Killer » présumé. Depuis des années, le fichier national d’empreintes génétiques restait muet face à l’ADN prélevé sur les scènes de crime. Les enquêteurs se sont donc tournés vers la base de données généalogiques GEDmatch, contenant les données génétiques produites par des tests d’ancestralité.                  ;       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    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Les réseaux, une force pour la recherche clinique en pédiatrie

Deux structures, l’une européenne et l’autre française, se sont lancées cette année pour accélérer la recherche contre les maladies touchant les enfants, encore trop peu étudiées.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    29.10.2018 à 18h00
    |

                            Nathalie Picard








                        



                                


                            

Favoriser le développement de nouveaux médicaments pour les enfants. Telle est l’ambition du réseau européen de recherche clinique en pédiatrie Conect4Children (C4C), qui rassemble 33 partenaires académiques et 10 industries pharmaceutiques de 20 pays. Pour la première fois depuis son lancement en mai dernier, il s’est réuni début septembre à Paris. « Se structurer à l’échelle nationale et européenne est indispensable pour développer des médicaments sûrs et efficaces adaptés aux enfants », affirme le professeur de pédiatrie Régis Hankard (CHU de Tours, université de Tours), organisateur pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de cette réunion sur l’émergence des réseaux nationaux et l’harmonisation des pratiques entre pays. Régis Hankard coordonne également la contribution française à C4C, le réseau de recherche clinique en pédiatrie Pedstart. Lancé en janvier 2018, il regroupe sept centres d’investigation clinique (CIC) de l’Inserm – d’autres le rejoindront bientôt – et intègre deux réseaux préexistants : le Réseau d’investigations pédiatriques des produits de santé (Ripps) et Hugoperen dans le Grand Ouest. « Nous avons dépassé les rivalités locales pour parler d’une voix unique au niveau européen », apprécie le professeur.
Dans les années 2000, des études montraient déjà que 50 % des médicaments étaient délivrés aux enfants sans évaluation spécifique à leur âge
Si de nouvelles forces collectives se déploient aujourd’hui, c’est que les enfants restent les parents pauvres de la recherche clinique. Le constat ne date pas d’hier : dans les années 2000, des études montraient déjà que 50 % des médicaments étaient délivrés aux enfants sans évaluation ou autorisation spécifiques à leur âge. Ce qui pose problème, car les enfants ne sont pas des adultes miniatures. Par exemple, « le type d’enzymes et leur quantité dans l’organisme évoluent avec l’âge. Or ces protéines servent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le microbiote intestinal d’une petite mouche a la capacité d’influer sur son activité locomotrice.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La première phase du programme européen Quantum Technology a été lancée lundi 29 octobre. L’enjeu est d’accélérer le passage de la seconde révolution quantique, encore confinée aux laboratoires, vers des applications industrielles.
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Technologies quantiques : l’Europe accélère

La première phase du programme européen Quantum Technology a été lancée lundi 29 octobre. L’enjeu est d’accélérer le passage de la seconde révolution quantique, encore confinée aux laboratoires, vers des applications industrielles.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    29.10.2018 à 14h23
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

C’est parti. L’Europe affirme ses ambitions dans un domaine aux frontières de la physique fondamentale et de la recherche appliquée : les technologies quantiques. A Vienne, depuis lundi 29 octobre, le coup d’envoi de la première phase du programme européen Quantum Technology (QT) a été donné avec l’annonce des 20 premiers projets financés sur trois ans à hauteur de 132 millions d’euros (et jusqu’à 10 millions d’euros par projet).
Un milliard d’euros
Au bout de dix ans, les financements conjoints de l’Union européenne et des Etats membres devraient atteindre le milliard d’euros. C’est le troisième projet, étiqueté Flagship (« fleuron »), lancé par l’Union européenne avec une telle ampleur sur une thématique précise. Les deux premiers, sur le graphène et les neurosciences, ont débuté en 2013.
Pour QT, le chantier a débuté en 2016 avec la parution d’un manifeste (« Quantum Manifesto ») signé par plus de 3 000 acteurs du domaine, dont 156 entreprises européennes et 20 institutions de recherche. Le but de ce nouveau Flagship est de « consolider et étendre les forces scientifiques européennes dans ce domaine de recherche et [de] démarrer une industrie compétitive dans ce secteur ».
Nouvelles propriétés de la matière
Plus concrètement, il s’agit d’accélérer le passage depuis les laboratoires vers différents marchés de ce qu’il est convenu d’appeler la seconde révolution quantique. La première a depuis longtemps effectué cette transition. Les ­transistors électroniques et les processeurs, le laser ou la géolocalisation par satellite (qui fonctionne avec des horloges atomiques) en sont des exemples. Ces applications reposent, pour l’essentiel, sur les propriétés quantiques de la matière aux échelles microscopiques : les échanges d’énergie ne sont pas continus, comme en physique classique, mais discrets (ou quantifiés).

La seconde révolution repose sur des propriétés autrement plus « bizarres », comme le fait qu’un...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Plus efficace que l’IMC (Indice de masse corporelle), l’analyse du métabolome ouvre de nouvelles perspectives pour détecter les maladies liées à l’obésité.
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Grâce au métabolome, mieux mesurer les risques de l’obésité

Plus efficace que l’IMC (Indice de masse corporelle), l’analyse du métabolome ouvre de nouvelles perspectives pour détecter les maladies liées à l’obésité.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    29.10.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 12h47
    |

            David Larousserie








                        


Infographie. L’obésité, dont la prévalence mondiale a triplé depuis 1975 pour atteindre 13 % (et 39 % de personnes en surpoids), est un facteur de risque de diabète, de cancer et de maladies cardiaques. Mais la corrélation n’est pas toujours très directe entre indice de masse corporelle (IMC), qui mesure l’obésité, et ces pathologies. C’est pourquoi une équipe du Scripps Research Institute (Californie) a étudié le métabolome, l’ensemble des petites molécules (lipides, glucides, etc.), les métabolites, présentes dans le plasma sanguin, pour mieux cerner ce lien. Elle a constaté, sur 2400 personnes, que les variations de composition du métabolome sont corrélées au changement de poids. Une liste de 49 métabolites, sur plus de 300, suffit à prédire le risque. Armé de ce constat, les chercheurs ont identifié des personnes ayant des risques sanitaires différents, alors qu’ils avaient le même IMC.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Une équipe japonaise a mis en évidence chez l’éléphant d’Asie une capacité rare à manier les quantités numériques.
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Un éléphant, ça compte énormément

Une équipe japonaise a mis en évidence chez l’éléphant d’Asie une capacité rare à manier les quantités numériques.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    28.10.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 06h46
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

L’éléphant a un gros cerveau, c’est entendu ; une mémoire légendaire, parfait. Mais, jusqu’ici, personne n’avait repéré chez le pachyderme la bosse des maths. Une équipe japonaise vient pourtant de mettre en évidence, chez un éléphant d’Asie du zoo d’Uneo, une capacité rare à manier les quantités numériques. Les exploits d’Authai – 14 ans mais pas toutes ses défenses – viennent d’être décrits dans le Journal of Ethology.
Pour étudier la jeune femelle, la spécialiste des éléphants Naoko Irie a conçu un dispositif novateur : un écran tactile géant à la mesure du pachyderme. Confrontée à deux images, Authai a d’abord appris à utiliser le dispositif afin d’indiquer laquelle contenait davantage d’éléments : une bonne réponse valait récompense de fruits. Double dose si la réponse intervenait en moins de 30 secondes. Puis l’animal a commencé les tests. Des couples d’images contenant chacune un à dix éléments – bananes, pommes, pastèques… – lui ont été présentées. Les fruits étaient de tailles variables, afin que la rusée ne se contente pas de regarder quel écran était le plus rempli. Authai devait choisir avec sa trompe.
Les résultats se sont avérés « très convaincants », estime l’éthologue japonaise, puisque le taux de bonnes réponses atteint 66,8 %. « Surtout, ce taux n’est pas affecté par la distance entre les deux quantités, leur ratio ou encore leur taille, souligne-t-elle. C’est unique chez les animaux. Authai prend simplement davantage de temps pour répondre quand l’écart est plus faible et le ratio plus grand. »
Einstein des éléphants
Pour bien mesurer l’enjeu, il convient d’abord de savoir que de nombreux animaux peuvent dénombrer des objets, mais seulement jusqu’à 4 ou 5. Grands singes, oiseaux, parfois même insectes. Etonnamment, cette limite correspond plus ou moins à notre propre capacité à identifier une quantité de façon instantanée. Passée cette frontière, nous comptons de façon séquentielle :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le brillant chercheur en psychologie, invité pour un an au MIT (Massachusetts Institute of Technology), s’intéresse aux choix moraux posés par les véhicules sans chauffeur. Et à tout ce que les humains comptent de dilemmes.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Jean-François Bonnefon trace sa route en toute autonomie

Le brillant chercheur en psychologie, invité pour un an au MIT (Massachusetts Institute of Technology), s’intéresse aux choix moraux posés par les véhicules sans chauffeur. Et à tout ce que les humains comptent de dilemmes.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    28.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h33
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            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Portrait. Jean-François Bonnefon est proprement désarmant. Posez-lui n’importe quelle question, scientifique ou personnelle, complexe ou ridiculement naïve, et le psychologue vous répondra avec une franchise, une patience, une pédagogie, une douceur déconcertantes. Le tout accompagné d’une modestie rare. Ses amis vantent son savoir littéraire ? Il admet « une bonne connaissance des romans de science-fiction ». Ils notent sa culture musicale tous azimuts ? « Mon père jouait du jazz, ma mère était prof de musique. J’écoutais des opéras à l’école primaire. Mais j’ai arrêté à l’adolescence et je n’ai jamais été capable de jouer d’un instrument. »
Ses collègues louent son brio scientifique, sa précocité, ce recrutement au CNRS en 2004, six mois après sa soutenance de thèse ? « Un concours de circonstances, jure-t-il. Le mouvement Sauvons la recherche avait abouti à multiplier par deux le nombre de postes cette année-là. J’étais en liste d’attente, je suis rentré. » Quant au « niveau impressionnant » qu’il afficherait en informatique, au dire même des spécialistes du domaine avec lesquels il collabore, il évacue : « Je suis né en 1973, j’ai grandi avec les premiers ordinateurs domestiques et j’étais un geek. » 
Ecraser trois chiens ou percuter un muret et tuer un passager ? Privilégier les enfants ou donner la même valeur à toute vie humaine ? Et quid du sexe, de l’état de santé, de la condition sociale, du respect des feux par les piétons ?
Tout semble simple, transparent. Prenez la voiture autonome, le sujet qui vaut à l’universitaire toulousain une célébrité mondiale, une invitation d’un an au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) et une récente publication dans la revue Nature. Dans cet article (« The Moral Machine Experiment », L’Expérience de la machine morale, publié le 24 octobre), lui et ses collègues imaginent des dilemmes moraux imposés...




                        

                        


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L’expédition Tara Pacific est rentrée à bon port avec ses trésors

Après deux ans à scruter l’état de santé des coraux du Pacifique, la goélette scientifique est arrivée à Lorient avec des années de résultats à étudier.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    27.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
28.10.2018 à 06h16
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                            Dino Di Meo








                        



   


Dans le monde de la recherche scientifique, Tara n’est plus à présenter. Bateau polaire à l’origine, la goélette incarne aujourd’hui la Fondation Tara, la première reconnue d’utilité publique sur les océans. Depuis 2003, la goélette grise est devenue un emblème et un navire unique. Après Tara Arctic, Tara Oceans, Tara Méditerranée, voilà l’expédition Tara Pacific qui s’achève. Le bateau est arrivé samedi 27 octobre à Lorient, son port d’attache, avec à son bord un état des lieux très poussé des récifs coralliens du Pacifique. « En quinze ans, nous avons mené des recherches scientifiques de très haut vol avec de nombreux laboratoires de recherche afin de mieux comprendre les enjeux environnementaux sur la planète mer », précise Etienne Bourgois, directeur général de la marque de vêtements Agnès b., armateur du bateau.
Le Pacifique abrite près de 40 % des coraux de la planète
Le Pacifique abrite près de 40 % des coraux de la planète. Pour Serge Planes, coordinateur scientifique de l’expédition et directeur de recherche CNRS au Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement en Polynésie, cette mission est un réel succès puisque les équipes de bord ont réalisé près de 90 % de l’objectif initial. « C’est la première expédition de cette envergure, dit-il. Près de 36 000 échantillons ont été récoltés et tous les archipels ont été au moins visités une fois. »
Même satisfaction du côté de Tara Expéditions. « Nous avons réalisé près de 2 700 plongées. Le tout sans problèmes techniques majeurs », précise Romain Troublé, le président de la Fondation Tara.

   


Bulles d’eau chaude
Serge Planes a concentré les prélèvements sur trois espèces de coraux sur les 1 500 répertoriées. « Nous nous sommes penchés sur des espèces que l’on retrouvait partout dans le Pacifique : un corail massif, un corail branchu et un corail de feu (très urticant lorsqu’on le touche) qui sont très importants dans la construction des récifs. » Il explique que chaque récif a son propre seuil de stress. Si la température de l’eau s’élève d’un à deux degrés Celsius pendant quelques jours, le polype se sépare des micro-algues qui le nourrissent et lui donnent ces couleurs. Alors l’animal devient pâle, blanchit et le corail s’épuise avant de mourir si le phénomène persiste.
Si certaines espèces sont plus ou moins résistantes en fonction de leur physiologie et de leur particularité génétique, d’autres peuvent s’adapter à ces modifications d’environnement. « Tout dépend de la température moyenne dans laquelle ils se trouvent de façon permanente. » Les coraux situés dans les latitudes basses ou hautes (plus tempérées) blanchissent à des températures plus basses. Ceux qui se trouvent plutôt en zone tropicale, donc à des températures plus élevées, blanchiront à des températures plus hautes. « Ce qui est beaucoup plus chaotique, c’est la façon dont se met en place géographiquement le blanchissement, explique Serge Planes. C’est une combinaison de facteurs associés au réchauffement de la planète, notamment liés à un contexte de “warm bloops”, des bulles d’eau chaude situées dans des zones particulièrement restreintes, marquées par un réchauffement très localisé. »

   



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                Les coraux du Pacifique sont massivement endommagés



Dégradation côtière
A proximité des grosses métropoles, notamment en Asie du Sud-Est, l’état de santé des coraux et sa variabilité dépendent principalement des pressions liées aux activités humaines directes, qui s’ajoutent au réchauffement climatique. Il ne s’agit plus de blanchissement mais de dégradation côtière, causée notamment par la pollution, l’absence de traitement des eaux usées, la surpêche et la déforestation, qui facilite le déversement des sédiments dans les rivières et leur dépôt sur le corail jusqu’à son étouffement. « Il s’agit d’une agression physique et comme le récif est côtier, il la subit de plein fouet », continue le spécialiste des coraux.
Les épisodes de blanchissement pourraient devenir un phénomène annuel pour 90 % des récifs coralliens au cours des prochaines décennies
En attendant que cette quantité énorme de prélèvements puisse livrer son secret, les scientifiques ont déjà fixé une tendance pour l’avenir des récifs du grand océan. Les épisodes de blanchissement pourraient devenir un phénomène annuel pour 90 % des récifs coralliens au cours des prochaines décennies. Et si les prévisions sur leur évolution ne prévoient plus leur disparition complète, les dégradations devraient se poursuivre jusqu’à ce que le changement climatique se stabilise et que de nouveaux types d’assemblages de récifs puissent résister aux nouvelles conditions thermiques. Le consortium Tara Pacific (qui représente vingt-trois laboratoires et une centaine de chercheurs) aura besoin de deux à cinq ans avant d’obtenir une vision globale de ces phénomènes.
La Fondation Tara appelle d’ores et déjà les Etats à prendre immédiatement six mesures d’urgence afin d’atténuer le stress subi par les récifs : amélioration de la gestion des déchets plastiques, limitation de l’impact de l’agriculture, de l’élevage et de la déforestation, interdiction ou contrôle des méthodes de pêche, du développement des grandes infrastructures côtières, et enfin sensiblisation des populations locales à préserver leur propre environnement.

« Tara », une série en plusieurs épisodes
Cap sur la « soupe » de plastiquesLes défis d’une navigation scientifique « propre »Veillée d’armes aux abords du vortex de déchets du Pacifique NordDans l’œil du vortex de déchets du Pacifique NordOn a plongé dans la grande poubelle du Pacifique... deux foisVariations sur le plastiqueAlgues, plancton et spleenTerre en vue





                            


                        

                        


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« En matière de santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse »

Sur certaines questions, la preuve parfaite ne pourra jamais être obtenue, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », qui revient dans sa chronique sur l’étude parue dans « JAMA Internal Medicine » établissant un lien entre alimentation bio et cancer.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h19
    |

            Stéphane Foucart (service planète du "Monde")








                        



                                


                            

Chronique. Rarement étude épidémiologique aura reçu une telle attention. Chacun à sa manière, la majorité des grands médias internationaux a rendu compte de ses résultats, publiés le 22 octobre dans JAMA Internal Medicine : les plus grands consommateurs de « bio » (environ 50 % de leur alimentation) ont un risque diminué de 25 % de contracter un cancer, par rapport aux plus petits consommateurs. Avec, comme explication la plus plausible avancée par ses auteurs, la présence, plus fréquente et en plus grande quantité, de résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation conventionnelle.

Quelques voix, y compris scientifiques, se sont élevées pour relativiser ces conclusions. L’écho donné à ces travaux aurait été excessif : l’échantillon de l’étude serait biaisé, il faudrait attendre d’avoir confirmation du résultat, il ne faut pas affoler les gens, la cigarette et l’alcool sont plus dangereux, une autre étude, britannique celle-ci et publiée en 2014, n’a pas montré de liens entre alimentation bio et cancer en général…
Des biais, il y en aura toujours
Les scientifiques qui interviennent ainsi dans le débat public le font souvent avec les meilleures intentions. Avec, comme étendard, l’exigence de rigueur. Celle-ci est bien sûr louable. Mais, en matière de la santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse. Sur ces questions complexes, la preuve parfaite ne sera jamais obtenue. Il est simplement impossible de mesurer avec un haut niveau de confiance, sur une longue durée, les habitudes alimentaires et les expositions à un grand nombre de contaminants d’une large population d’individus. Des biais, des limites expérimentales, des facteurs non contrôlés : il y en aura toujours.
Faut-il, en l’espèce, attendre de nouvelles preuves ? D’abord, l’étude a été contrôlée et corrigée de nombreux facteurs de confusion (catégorie sociale, indice de masse corporelle, activité physique, consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Au menu : les risques que le changement climatique fait courir à la Méditerranée, la plus grosse météorite française, bientôt un « igloo lunaire » en Suisse, etc.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/10/2018
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Les dessous d’Anaca3, la pilule minceur star des réseaux sociaux

Nutravalia a propulsé son complément alimentaire phare parmi les meilleures ventes, grâce à des méthodes marketing particulièrement agressives.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
28.10.2018 à 15h05
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            Laura Motet








                        



   


Vendredi 19 octobre, Carline, une blogueuse beauté suivie par 53 000 personnes sur Instagram, a eu une désagréable surprise en ouvrant sa porte : un huissier la met en demeure de supprimer un article de blog publié sept mois plus tôt, « Anaca3 : ce qu’on ne vous dit pas ! Avis & test », consacré à une gélule amincissante, sous peine d’être convoquée au tribunal. L’huissier est missionné par Nutravalia, l’entreprise qui fabrique le complément alimentaire Anaca3.
Dès le lendemain, l’influenceuse relate sa mésaventure sur Twitter. « L’intervention de l’huissier m’a effrayée. Je n’ai pas su comment réagir tout de suite, mais, en reprenant mes esprits, j’ai su qu’il fallait que je partage cela avec ma communauté », raconte-t-elle au Monde. Refusant de « céder à leur menace », elle n’a pas supprimé son article. Dans sa mise en demeure, que Le Monde a consultée, Nutravalia reprochait à la blogueuse des « propos diffamatoires et injurieux ».
Absence d’efficacité, incontinence urinaire, « piège » à l’abonnement, etc., sa critique peu flatteuse d’Anaca3, la pilule amincissante star de Nutravalia, passe mal – d’autant qu’elle apparaît en première page des résultats de recherche Google, juste après le site de la marque. Comme Carline, au moins deux autres sites ont reçu une mise en demeure similaire. Interrogé par Le Monde, Nutravalia assure ne pas avoir porté plainte.

        Lire l’entretien :
         

          « S’il y avait une molécule miracle, elle serait remboursée par la Sécurité sociale »



Si cette entreprise accorde autant d’attention à sa présence en ligne, c’est que cette visibilité sur Internet a été le principal ingrédient de son succès. L’un de ses fondateurs, Samuel Bouskila, est un fin connaisseur du business en ligne : en 2011, il a fait fortune en revendant l’une des plus grandes plates-formes françaises de voyance en ligne. Avec Nutravalia, son pari sur le numérique se révèle vite payant : le chiffre d’affaires passe de 2,9 millions d’euros en 2015 à 14,5 millions d’euros l’année suivante, selon le registre du commerce.
La recette de cette réussite entrepreneuriale, qui doit beaucoup à des techniques de marketing très agressives, s’est construite en deux temps. Par le biais de sites Internet vitrines d’abord, puis grâce à de nouveaux alliés qui ont fleuri sur les réseaux sociaux ces dernières années : la télé-réalité et les influenceurs.
Blogs promotionnels, abonnements cachés…
Pour capter des clients, les fondateurs de Nutravalia ont d’abord commencé par acheter des dizaines de sites sur le régime, à l’image de Perdre-du-poids-rapidement.org, Avis-pilule-minceur.com ou encore Mon-test-imc.com, selon des données techniques que Le Monde a pu consulter. Certains de ces sites affichaient des publicités pour les pilules de Nutravalia. D’autres vantaient les produits de la marque, avec une objectivité apparente.
Difficile pour l’internaute de comprendre qu’il consulte en réalité un site de Nutravalia : dans les mentions légales ne figurent que les noms de ses filiales, inconnues du grand public. Michel Bouskila, frère de Samuel Bouskila et directeur général de Nutravalia, reconnaît le recours à ces sites, mais affirme au Monde qu’« ils ne ramènent quasiment aucun trafic aujourd’hui ». Certains d’entre eux continuent cependant à être alimentés en contenu.

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                Compléments alimentaires sous surveillance



Autre technique de marketing agressif en ligne : Nutravalia a développé une offre de conseils proposés sous forme d’abonnements lors de l’achat d’une boîte de pilules amaigrissantes. Si la gratuité du premier mois était clairement indiquée, le tarif de l’abonnement pour les mois suivants (27,90 euros) n’était, lui, affiché qu’en petits caractères et dans les conditions générales de vente, rarement lues.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), alertée par des clients mécontents de découvrir qu’ils étaient abonnés « malgré eux », a contrôlé Nutravalia et s’apprête à transmettre un procès-verbal à la justice, selon des sources proches du dossier.
Depuis le printemps, l’entreprise de compléments alimentaires minceur ne propose plus cette offre d’abonnement. M. Bouskila assure que la répression des fraudes n’a rien à y voir, mais que ces abonnements ne rapportent tout simplement plus assez. Selon le registre du commerce, les abonnements constituaient, en 2016, 11 % du chiffre d’affaires. Une proportion descendue à « 3,2 % en 2017 », affirme M. Bouskila.
Promotion par le biais des candidats de télé-réalité
Mais les ingrédients du succès fulgurant de Nutravalia sont le fruit d’une décision plus tardive. Adieu les sites d’avis créés par l’entreprise, bienvenue sur les réseaux sociaux. A partir de 2016, Anaca3, son produit phare, s’affiche partout sur YouTube, Instagram et Snapchat, à côté des stars de la télé-réalité. Un choix iconoclaste, dans un marché où les concurrents se bousculent plutôt pour figurer dans les rayons des pharmacies et des supermarchés, mais qui s’avérera payant.
Le dispositif est simple : un candidat de télé-réalité se met en scène sur Instagram ou Snapchat avec un produit et l’accompagne d’une description flatteuse. Pour une seule publication, il touche « entre 700 et 3 000 euros, selon le nombre de ses abonnés », explique au Monde Bastien Grimal, ancien candidat de « Secret Story ». « C’était extrêmement profitable. On calculait le taux de rendement à partir des codes promotionnels uniques qu’ils filaient à leurs abonnés. Pour 100 euros investis, on avait parfois jusqu’à 350 euros de commandes », précise un ancien salarié de Nutravalia.
Peu de chance qu’un dérapage n’arrive et ne ternisse l’image de la marque : les agents qui gèrent ces contrats publicitaires donnent à leurs protégés « des éléments de langage » à insérer dans les descriptions, reconnaît Magali Berdah, la fondatrice de Shauna Events, la principale agence en affaires avec Nutravalia, interrogée par Le Monde. « A eux de s’en inspirer ou non », ajoute-t-elle, préférant insister sur la liberté de ses protégés et le fait qu’ils ne promeuvent les produits Anaca3 que lorsqu’ils les apprécient.
L’ancien candidat de télé-réalité Bastien Grimal, lui, rit franchement lorsqu’on lui demande si les influenceurs s’impliquent personnellement dans ces placements de produits : « Ils ne testent pas toujours le produit et, surtout, ils veulent passer le moins de temps possible sur les posts sponsorisés. Du coup, ils se contentent souvent de copier-coller la “caption” [texte promotionnel] envoyée par l’agence. »

   


A la rentrée 2017, Anaca3 a pourtant fait, à ses dépens, les choux gras de la presse people en raison d’un placement de produit peu pertinent : Jazz Lanfranchi, l’une des protégées de Magali Berdah, posait sur Instagram à côté d’une boîte de pilules amaigrissantes… alors qu’elle était enceinte de plusieurs mois. Sur son ventre arrondi, le nom d’Anaca3 était tracé au rouge à lèvres. Le placement de produit avait alors fait scandale, même si la description précisait : « Je ne prends pas les compléments alimentaires actuellement, car je suis enceinte. Par contre, beaucoup de mes amis en sont ravis. » Elle avait finalement supprimé sa publication.
L’épisode n’a cependant pas entamé la relation entre Nutravalia et l’agence Shauna Events, qui gère les partenariats de la plupart des stars de la télé-réalité. La marque a poursuivi sa collaboration avec une autre protégée de Magali Berdah, Ayem Nour, ancienne candidate de « Secret Story », pour tourner les spots qui inondent le petit écran depuis 2016. Cette année-là, Nutravalia a dépensé 7,5 millions d’euros en publicités à la télévision, selon Kantar Media. Une façon d’annoncer son entrée dans la cour des grands ?

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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le projet d’étude PlastiGar a pour objectif de suivre durant trois ans la pollution au plastique dans le fleuve pour évaluer son impact sur la biodiversité.
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