<FILE-date="2018/10/30/18">

<article-nb="2018/10/30/18-1">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ S’engageant dans la bataille des municipales à Paris, Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande, a annoncé dans une tribune au « Monde » vouloir supprimer la rocade. Loin de remédier au problème de circulation et de pollution, une telle mesure contribuerait à accentuer ces maux, selon François Leclercq, architecte urbaniste.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Ne tuons pas le périphérique ! »

S’engageant dans la bataille des municipales à Paris, Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande, a annoncé dans une tribune au « Monde » vouloir supprimer la rocade. Loin de remédier au problème de circulation et de pollution, une telle mesure contribuerait à accentuer ces maux, selon François Leclercq, architecte urbaniste.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 17h14
    |

François Leclercq (architecte urbaniste)







                        



                                


                            

Tribune. « Pollution », « congestion », « fracture urbaine » : les chefs d’accusation contre le boulevard périphérique sont sévères mais bien réels, pour autant le remède proposé n’est pas le bon. Les dysfonctionnements du périphérique ne sont pas le signe que celui-ci est devenu inutile, mais plutôt que nous avons pris un retard considérable dans la compréhension de la transformation des pratiques de mobilité.
Dans le procès à charge que livre Gaspard Gantzer contre le périphérique se pose alors une question majeure : en rendant l’infrastructure seule responsable de tant de maux, ne se trompe-t-on pas de combat ?

Pour résoudre les problèmes constatés, il faut avant tout identifier leur source en se posant les bonnes questions : qui l’utilise aujourd’hui ? Pour quelles raisons ? De quoi les nuisances générées sont-elles le symptôme ? Alors qu’ils devraient être centraux dans la réflexion, les grands absents du raisonnement de M. Gantzer sont curieusement les usagers, les usages et leur transformation en termes de mobilité.
La stratégie de la table rase prônant la destruction pure et simple du périphérique se veut en apparence réconciliatrice, mais son application reviendrait à éloigner les nuisances pour se satisfaire de l’impression qu’elles sont résorbées. Or, c’est parce qu’il fait partie d’un tout, constitué de l’ensemble des grandes voies de circulation métropolitaines et connecté aux autres moyens de transport, que sa suppression et la création d’une nouvelle rocade plus éloignée ne feraient que déplacer les difficultés sur d’autres territoires.
Le seul moyen pour se déplacer d’est en ouest
Y a-t-il encore un sens à préciser que le périphérique appartient à la Ville de Paris, quand tant de ses usagers au quotidien proviennent des quatre coins de la métropole, voire au-delà ? Contrairement à sa fonction originelle, il est aujourd’hui majoritairement emprunté pour parcourir de courtes distances au sein...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-2">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le constat est fait par les organisateurs du « Mois sans tabac », dont la 3e édition a lieu actuellement.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

En France, tout le monde fume moins, sauf les femmes de 45 à 64 ans

Le constat est fait par les organisateurs du « Mois sans tabac », dont la 3e édition a lieu actuellement.



Le Monde.fr avec AFP
 |    30.10.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 16h24
   





                        



   


La consommation de tabac recule en France avec un million de fumeurs en moins en 2017, sauf chez les femmes de 45 à 64 ans, dont la mortalité liée à la cigarette augmente, ont souligné mardi les organisateurs du « Mois sans tabac », à l’occasion du lancement de la troisième édition. Le site et le numéro d’appel – le 3989 – du Mois sans tabac ont été lancés cette année avec quelques jours d’avance, le 28 septembre, et 185 000 fumeurs se sont déjà inscrits.
Les femmes ont commencé à fumer massivement dans les années 1970, et c’est cette génération qui est aujourd’hui touchée par des maladies auparavant considérées comme exclusivement masculines : cancer du poumon, infarctus du myocarde, bronchopneumopathie chronique obstructive.
Selon l’agence Santé publique France, la consommation de tabac a reculé en France en 2017 sauf chez les femmes de 45 à 54 ans, qui comptent 30,8 % de fumeuses en 2017 (24 % pour les femmes en général) contre 21,5 % en 2000.
Or le nombre de morts attribuables au tabagisme a été multiplié par deux chez les femmes entre 2000 et 2014. Pour la même période, la mortalité par cancer du poumon a augmenté de 71 % chez les femmes alors qu’elle a diminué de 15 % chez les hommes. La hausse est particulièrement marquée chez les femmes de 55 à 64 ans. « Nous allons voir très prochainement la mortalité par cancer du poumon passer devant celle du cancer du sein », avertit le Dr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, à l’occasion du lancement du « Mois sans tabac ».

        En cinq graphiques :
         

          Visualisez la baisse de consommation de tabac



Enceintes et fumeuses
« Les femmes ont souvent peur de grossir si elles arrêtent de fumer, alors que nous savons qu’avec un bon accompagnement, on peut tout à fait ne pas grossir, c’est tout l’intérêt d’un suivi comme celui de Tabac Info Service », a souligné la ministre de la santé, Agnès Buzyn.
Les politiques de santé publique ne s’adressent pas encore spécifiquement aux femmes fumeuses, mais « l’année prochaine, la campagne contre l’alcool pendant la grossesse se doublera probablement d’une campagne contre le tabac » a indiqué François-Xavier Brouck, directeur des assurés à la Caisse nationale d’assurance-maladie.
Car même enceintes, trop de femmes fument encore : 16 % fument en fin de grossesse, soit un des taux les plus élevés d’Europe (entre 5 et 10 % en Angleterre et les pays du Nord). Le tabagisme maternel est un facteur de risque majeur pour la mère comme pour les bébés, augmentant les risques de faible poids, de naissance prématurés et de mortalité périnatale.
Sur les 30 % de femmes qui fumaient avant la grossesse en 2016, la moitié environ a arrêté avant le 3e trimestre (45,8 %) et 45 % avaient réduit leur consommation de tabac, mais sans arrêter complètement. La grossesse est pour la moitié des fumeuses l’occasion de s’arrêter mais 82 % reprennent après l’accouchement : une « occasion manquée » qui milite en faveur d’un soutien particulier des femmes même après la grossesse, dans leur intérêt comme dans celui du bébé qui sera moins exposé au tabac.
Avec 12 millions de fumeurs et 200 morts par jour, « soit un crash d’avion » quotidien, le tabac reste une cause majeure de santé publique en France, a rappelé Agnès Buzyn, qui ambitionne de parvenir à « la première génération adulte non fumeur d’ici 2032 ».




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-3">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La filiale de KYB et celle de Kawakin Holding ont falsifié des certificats de conformité d’amortisseurs équipant de nombreux bâtiments de l’archipel.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des amortisseurs antisismiques défectueux font trembler le Japon

La filiale de KYB et celle de Kawakin Holding ont falsifié des certificats de conformité d’amortisseurs équipant de nombreux bâtiments de l’archipel.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 12h51
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Rien ne va plus dans le petit monde des fabricants d’amortisseurs hydrauliques antisismiques au Japon. Le 23 octobre, Kawakin Holdings avouait que sa filiale Koyo Seiki avait falsifié des certificats de conformité pour plusieurs centaines de ses amortisseurs, interrogeant leur fiabilité.
Ces révélations suivent celle selon laquelle Kayaba System Machinery, filiale de KYB, avait fait de même. L’affaire avait suscité de vives réactions, les amortisseurs estampillés KYB équipant la Tokyo Skytree, la plus haute tour du Japon culminant à 634 mètres. L’opérateur du site avait dû mener à la hâte une inspection des fondations. Il avait annoncé que 90 des 225 amortisseurs respectaient les normes en vigueur même s’ils avaient été installés avec des certificats de conformité falsifiés.
Révélations d’un lanceur d’alerte
Les aveux de Kawakin inquiètent le gouvernement, qui redoute une pratique généralisée. Après les révélations de KYB, le ministère des infrastructures (MLIT) a affirmé que les bâtiments concernés ne risquaient pas de s’écrouler en cas de séisme et exigé des 88 groupes – japonais et étrangers – fabricants d’amortisseurs antisismiques qu’ils demandent une enquête indépendante avant la fin de l’année. Ils devaient également lui remettre avant le 26 octobre un premier rapport. Quatre-vingt-un l’ont fait.
L’affaire KYB est le résultat d’une enquête interne déclenchée après des révélations d’un lanceur d’alerte. Les falsifications seraient pratiquées depuis 2003. La malversation devait permettre au groupe de respecter les délais de livraison en limitant les tests. Huit salariés chargés des inspections seraient impliqués. 987 bâtiments du Japon, dont la gare de Tokyo et le bureau du premier ministre, sont équipés d’amortisseurs ne respectant pas les normes. KYB a promis de remplacer d’ici à 2020 l’ensemble des amortisseurs défectueux et se prépare à faire face à un afflux de demandes de dédommagement.
Des malversations similaires ont...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-4">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Danske Bank, la première banque danoise et l’établissement financier scandinave Nordea sont mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Scandinavie touchée par un scandale bancaire

Danske Bank, la première banque danoise et l’établissement financier scandinave Nordea sont mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 13h47
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Depuis le 19 septembre et la publication du rapport du cabinet d’avocats Bruun & Hjejle, mandaté par la Danske Bank pour faire la lumière sur une des plus grosses affaires de blanchiment d’argent en Europe, le scandale ne cesse de connaître de nouveaux rebondissements. Dans la tourmente désormais : la Nordea, principale banque de Scandinavie, rattrapée par les révélations concernant la filiale estonienne de la Danske Bank, soupçonnée d’avoir couvert, entre 2007 et 2014, le transit de 200 milliards d’euros suspects, provenant de Russie et de l’ex-bloc soviétique.
Le 17 octobre, le parquet financier suédois a confirmé avoir enregistré une plainte contre Nordea, pour fraude, faux et blanchiment. A l’origine des accusations, Bill Browder, le dirigeant du fonds Hermitage Capital, basé au Royaume-Uni. L’investisseur, spécialisé dans la traque des flux de capitaux sortant de la Russie, affirme avoir identifié 365 comptes en Suède, au Danemark, en Finlande et en Norvège, où auraient transité 175 millions de dollars (154 millions d’euros), connectés à la succursale estonienne de la Danske Bank et à la banque lituanienne Ukio Bank.
Une seconde plainte a été déposée le 22 octobre, auprès des autorités finlandaises, visant 500 comptes de la branche finlandaise de la Nordea, où auraient transité 205 millions d’euros, également liés à la filiale estonienne de la Danske Bank et à l’Ukio Bank. La Nordea, qui a transféré son siège social de Stockholm à Helsinki début octobre, a assuré qu’elle collaborait avec les autorités. Mais son PDG, le Finlandais Casper von Koskull, a mis en garde, le 24 octobre, contre une « chasse aux sorcières ».
28 000 clients ont déserté la Danske Bank durant le premier semestre 2018
Pour sa part, la Danske Bank fait désormais l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires, diligentées par les autorités danoises, estoniennes et britanniques. Elle est également dans le collimateur de la justice américaine, ce qui pourrait...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-5">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le succès dépendra aussi de la rapidité du versement de l’aide. Le gouvernement veut mettre au rebut 500 000 véhicules d’ici à 2022. Un objectif réaliste, explique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le gouvernement et les constructeurs sont d’accord sur un partage de l’effort pour “verdir ” le parc automobile français »

Le succès dépendra aussi de la rapidité du versement de l’aide. Le gouvernement veut mettre au rebut 500 000 véhicules d’ici à 2022. Un objectif réaliste, explique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 12h10
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Prime d’Etat + prime du constructeur = gros bonus pour convaincre les automobilistes d’envoyer leur vieux diesel à la casse et acheter une voiture moins polluante. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et son collègue de la transition écologique, François de Rugy, sont tombés d’accord avec la filière automobile, lundi 29 octobre, sur le principe d’un partage de l’effort pour « verdir » le parc français. En complément de la prime à la conversion de l’Etat, les constructeurs sont prêts à verser « une prime supplémentaire, notamment pour les achats de véhicules électriques et hybrides rechargeables », s’est félicité M. Le Maire, en précisant qu’un dispositif sera arrêté d’ici à fin novembre.
Le 1er octobre, à la veille du Mondial de l’auto de Paris, le chef de l’Etat avait réuni une vingtaine de patrons du secteur (Renault, PSA, Hyundai, Toyota, Valeo…). Les pays membres de l’Union européenne étaient alors engagés dans d’âpres négociations sur l’objectif de baisse des émissions de gaz carbonique à l’horizon 2030. Laissons ce sujet et essayons de prendre une mesure efficace à court terme, avait plaidé Emmanuel Macron en invitant Bercy et les constructeurs à s’entendre sur une mesure ­anti-CO2aux effets rapides.
La surprime doperait les ventes de véhicules
D’où cette « surprime » à la conversion. Elle est aussi censée compenser – au moins pour les acheteurs d’un véhicule – la nouvelle augmentation des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier 2019. Le gouvernement exclut, en effet, de revenir sur cette mesure, même au moment où les prix à la pompe s’envolent. A fortiori de créer un « chèque carburant » pour les ménages modestes roulant dans de vieux véhicules polluants, au motif qu’il serait antiécologique.

Reste à s’entendre sur les modalités de la surprime, qui doperait les ventes de véhicules. Le gouvernement souhaite que les acheteurs de voitures d’occasion en soient aussi...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-6">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Situé dans le centre de la ville, le quartier compte plus de 660 logements vides.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Barcelone, le quartier du Raval entre « narcosquats » et spéculation

Situé dans le centre de la ville, le quartier compte plus de 660 logements vides.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 11h55
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est la plus grande opération menée à Barcelone contre les « narcosquats » du quartier du Raval, ces appartements transformés en supermarchés de la drogue, en particulier de l’héroïne, situé en plein centre historique. Plus de 700 Mossos d’Esquadra – la police régionale catalane, une centaine de policiers municipaux et un hélicoptère ont été déployés lundi 29 octobre au matin. A l’issue d’une quarantaine de perquisitions, 27 lieux de vente ont été fermés, dont 7 ont été murés pour qu’ils ne soient pas occupés de nouveau, et 55 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des chefs de clan dominicains soupçonnés de contrôler l’approvisionnement en drogue.
De quoi en finir avec les « narcopisos » du Raval ? C’est peu probable. Depuis 2017, plus d’une centaine de ces appartements ont été démantelés et 130 personnes arrêtées, sans que cela mette un terme à un phénomène qui a pris de l’ampleur ces deux dernières années. Les associations de riverains rappellent qu’ils ont dénombré plus de 60 « narcopisos » actifs dans le quartier : il en resterait plus d’une trentaine. Surtout, l’une des principales causes du problème demeure la grande quantité de logements vides – plus de 660 recensés par la mairie et près d’un millier selon les associations –, dont les deux tiers (63 %) appartiennent à des banques ou des fonds d’investissement.
« Le Raval a toujours présenté un certain degré de conflictualité et une problématique liée à la drogue, rappelle Gala Pin, conseillère municipale du district de Ciutat Vella, le centre historique de Barcelone. S’y sont ajoutées des macro-opérations policières dans d’autres quartiers qui ont poussé les trafiquants à se déplacer et à chercher des lieux fermés. Or le Raval est un quartier situé en plein centre, très visité, avec une forte population flottante et un parc important de logements vides et en mauvais état. »
Forte hausse des prix
Bordant la Rambla, débouchant sur le port, abritant...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-7">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Après huit ans de restrictions, le pays profite d’une cagnotte fiscale inattendue pour reprendre les dépenses.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Au Royaume-Uni, la fin de l’austérité pour le dernier budget avant le Brexit

Après huit ans de restrictions, le pays profite d’une cagnotte fiscale inattendue pour reprendre les dépenses.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 11h48
    |

            Charlotte Chabas (Londres, intérim)








                        



   


Comment construire un budget annuel, à cinq mois d’un événement dont on ignore encore tout, sinon qu’il va résolument changer la donne ? A défaut d’être devin, le chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, a pu compter sur un certain alignement des astres, lundi 29 octobre, à l’heure de présenter son dernier budget avant le Brexit.

        Lire aussi :
         

                Brexit : une fois le divorce signé, le plus dur commencera



A rebours de sa dernière prévision, l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme semi-indépendant chargé de surveiller les finances du royaume, lui a offert un joli cadeau, revoyant à la hausse la croissance attendue pour 2019 à 1,6 % au lieu de 1,3 %. Grâce à une activité économique plus forte qu’attendu et de meilleures recettes fiscales, le gouvernement pourra compter sur 13 milliards de livres, soit 14,6 milliards d’euros, supplémentaires sur l’exercice 2018-2019.
Cette cagnotte fait souffler un parfum d’épicurisme sur la Chambre des communes. Tant pis pour l’assainissement des finances publiques, l’heure est à cueillir l’instant. Pour contrer les promesses dispendieuses des travaillistes, Theresa May avait promis de desserrer les cordons de la bourse pour redonner un peu d’air à des services publics asphyxiés. « L’ère de l’austérité est en train de se terminer mais la discipline sera maintenue », a confirmé M. Hammond.
Coup de pouce pour la santé
Qui profitera des générosités gouvernementales, après huit années de restrictions budgétaires ? Mme May s’y était engagée en juin : le National Health Service (NHS), service de santé public, devrait recevoir la plus grosse enveloppe, avec 20,5 milliards de livres par an d’ici à 2024. Deux milliards de livres supplémentaires seront en outre consacrés aux maladies mentales.
Cette augmentation annuelle de 3,4 % reste inférieure à celle qu’a connue en moyenne le NHS depuis sa création, voilà soixante-dix ans. Mais elle représente un coup de pouce bienvenu dans un secteur en extrême souffrance, qui avait dû renoncer l’hiver dernier à des milliers d’opérations non urgentes faute de moyens.
Pour le reste, M. Hammond a annoncé pêle-mêle une aide aux petits commerces sous forme d’une baisse d’impôt de 900 millions de livres par an, le gel des taxes sur l’essence, un milliard de livres supplémentaire pour le ministère de la défense, ou encore 420 millions de livres contre cet universel fléau routier : le nid-de-poule. Même la pinte de bière devrait baisser de deux pences, à la faveur d’un gel des taxes sur certains alcools, dont le whisky ou le gin.
Régulièrement menacé de suppression devant le fiasco de sa mise en place, le « crédit universel », cette fusion de six allocations lancée en 2010 et qui inspire Emmanuel Macron pour son revenu universel d’activité, se verra allouer près de 1,7 milliard de livres sur cinq ans. Les écoles recevront 400 millions de livres pour couvrir « tous les petits extras dont elles ont besoin », selon M. Hammond. « Des professeurs, par exemple ? », ont raillé des députés de l’opposition, dont le chef de file, Jeremy Corbyn, a dénoncé des « saupoudrages en trompe-l’œil ». 
Une taxe sur les géants du Net
Pour financer ces mesures, M. Hammond ne compte pas que sur la cagnotte fiscale. « Phil le comptable » a annoncé la création d’une taxe sur les géants du Net, à compter d’avril 2020. Elle devrait être calculée sur le chiffre d’affaires, et pourrait permettre de récolter 400 millions de livres par an. Difficile de ne pas y voir une flèche adressée à Bruxelles, qui piétine toujours à convaincre les 27 de s’accorder sur le sujet.
C’est que Londres se sait observé de près pour ce dernier budget avant de couper les ponts avec l’Union européenne. Dans son discours de quatre-vingts minutes, Philip Hammond, partisan d’un « soft Brexit », a rappelé combien ces bons indicateurs économiques étaient fragiles. Selon le National Institute of Economic and Social Research, la croissance du pays pourrait tomber de 1,9 % à 0,3 % en 2019 en cas de « no deal ». Quand, au contraire, un accord bien négocié avec Bruxelles pourrait permettre au pays de « doubler les dividendes du Brexit », veut croire M. Hammond. « Je suis confiant mais je ne suis pas complaisant. Donc nous continuerons à nous préparer à toutes les éventualités », a-t-il prévenu.
Un rappel très clair adressé aux députés de la très courte majorité. S’ils se risquent à ne pas soutenir Theresa May dans son plan dit « de Chequers », tous risquent de se retrouver en urgence au printemps 2019 pour un nouveau budget anticipé. Il ne serait plus question, alors, de prodigalité.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-8">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Après une année 2017 flamboyante, les permis de construire et les mises en chantier reculent de manière importante depuis le début de l’année.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vers des lendemains difficiles pour le secteur du bâtiment

Après une année 2017 flamboyante, les permis de construire et les mises en chantier reculent de manière importante depuis le début de l’année.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h52
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            
La France n’a jamais autant construit de logements, mais cela ne devrait pas durer bien longtemps. Les promoteurs et bâtisseurs se préparent à un repli significatif du secteur à l’horizon 2019-2020. C’est la traduction directe des statistiques de permis de construire publiées lundi 29 octobre par le ministère de la cohésion des territoires.

Après un premier repli au printemps, le nombre d’autorisations de logements à la construction a chuté de 10,2 % sur un an et de 2,1 % cet été. Si les permis de construire individuels se redressent un peu (+ 2,6 % après – 10,1 % au printemps), ceux des logements collectifs fléchissent de 4,9 %, après une augmentation de 2,6 % au printemps.
Pis, les mises en chantier continuent de sérieusement s’affaisser, à – 7,9 % sur un an, et de – 4 % cet été. La baisse dans le logement individuel freine, à – 3,2 %, tandis que le logement collectif diminue, lui, de – 4,7 %. Alors que, en moyenne, depuis une dizaine d’années, la France produit un peu moins de 400 000 logements par an, ces deux dernières années, la moyenne dépassait les 420 000 unités.
« Nous sommes sur un plateau relativement haut. Du coup, la baisse des permis nous inquiète un peu, commente Alexandra François-Cuxac, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). C’est qu’avec une démographie toujours dynamique et une augmentation des décohabitations, nous n’avons jamais eu autant besoin de nouveaux logements. De nombreux Français n’arrivent toujours pas à trouver un toit. »
« En plein paradoxe »
« Nous sommes en plein paradoxe, explique Bernard Coloos, le délégué général adjoint de la Fédération française du bâtiment. Aujourd’hui, l’activité de la construction de logements n’a jamais été aussi importante. Au premier semestre, le secteur a créé 30 000 postes et poursuit les recrutements pour mener les chantiers. Néanmoins, les données dessinent une tendance inquiétante. Nous...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-9">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Ce drame survient alors que les compagnies indonésiennes qui ont longtemps eu fort mauvaise réputation, venaient d’être autorisées à atterrir en Europe.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La réputation de Lion Air ternie par le crash au large de l’Indonésie de l’un de ses Boeing

Ce drame survient alors que les compagnies indonésiennes qui ont longtemps eu fort mauvaise réputation, venaient d’être autorisées à atterrir en Europe.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 11h16
    |

            Bruno Philip (Singapour, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le crash dans la mer de Java, lundi 29 octobre, d’un appareil d’une compagnie low cost indonésienne vient, une fois de plus, souligner les risques générés par l’expansion rapide et spectaculaire du marché de l’aérien dans un archipel aux milliers d’îles. Et où l’avion est devenu ces dernières années un moyen de transport presque obligatoire pour nombre de ses 255 millions d’habitants.
Le Boeing 737 Max, un avion flambant neuf entré en service cet été, avait décollé 13 minutes plus tôt de l’aéroport de Djakarta quand il a brusquement disparu des écrans radars tôt dans la matinée. Auparavant, le pilote avait semblé éprouver des difficultés, demandant à la tour de contrôle l’autorisation de faire demi-tour.
Cet appareil de la compagnie Lion Air, qui transportait 181 passagers et huit membres d’équipage, devait relier la ville de Pangkal Pinang, située dans l’une des îles de la province de Bangka Belitung, destination touristique au large de Sumatra.
Le directeur de l’Agence nationale de recherche et de secours (Basarnas) n’a laissé, mardi, aucun espoir aux familles des passagers : Bambang Suryo Aji a prédit que nul « n’a survécu puisque les corps des victimes que [nous] avons déjà retrouvés étaient très abîmés et il est donc probable que les 189 personnes à bord soient mortes ».

Le Boeing avait connu la veille un « problème technique »
Compte tenu de la profondeur de la mer à cet endroit, de l’ordre de 30 à 40 mètres, les sauveteurs estiment que la boîte noire de l’appareil devrait être rapidement retrouvée. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux indonésiens ont montré des traces de fuel sur l’eau ainsi qu’un certain nombre de débris flottant alentour, portant notamment le très reconnaissable logo de la compagnie, un lion rugissant de couleur rouge.
Le pilote et le copilote, qui totalisaient à eux deux onze mille heures de vol, étaient expérimentés. Le directeur de Lion Air, Edward Sirait, a cependant...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-10">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Ils exigent des plates-formes américaines de streaming qu’elles respectent les accords collectifs, qui prévoient le versement de royalties, faute de quoi aucun contrat ne sera signé jusqu’à nouvel ordre.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les syndicats danois d’acteurs, de scénaristes et de réalisateurs s’opposent à Netflix et HBO

Ils exigent des plates-formes américaines de streaming qu’elles respectent les accords collectifs, qui prévoient le versement de royalties, faute de quoi aucun contrat ne sera signé jusqu’à nouvel ordre.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 10h34
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Face aux plates-formes américaines de streaming (lecture sans téléchargement) – dont, assurent-ils, l’intérêt pour leur pays les ravit –, les acteurs, scénaristes et réalisateurs danois n’ont vu qu’une solution : s’allier pour espérer se faire entendre. A en croire Benjamin Boe Rasmussen, le président du syndicat des acteurs, il y va de l’avenir du « modèle danois » de rémunération dans le cinéma et la télévision, tel qu’il est défini par les accords collectifs.
Mercredi 24 octobre, les trois professions ont fait savoir que si Netflix et HBO voulaient dorénavant recruter un acteur, un scénariste ou un réalisateur danois, elles devraient d’abord trouver un compromis avec l’organisation « Create Denmark », fondée en 2016 pour défendre les droits d’auteur des artistes nationaux. Pas question d’être les « ouvriers polonais » d’un secteur en pleine expansion, tonnent les syndicats.

En cause : le refus des deux mastodontes américains, impliqués dans plusieurs productions locales, de respecter le modèle de rémunération danois, qui combine salaire et royalties. « Au Danemark, nos cachets sont relativement bas, explique Benjamin Boe Rasmussen. Mais ils sont compensés par les droits que nous touchons ensuite sur chaque diffusion. » Acteur, il a figuré au casting de deux épisodes de la série The Killing, produite par la chaîne danoise DR. « Depuis, j’ai perçu l’équivalent de 130 % de mon salaire en royalties », précise-t-il.
A cela, Netflix et HBO opposent une fin de non-recevoir, exigeant l’application d’un système de « buy-out », qui prévoit, en plus du salaire, une avance sur droits, dont le montant varie de 15 % à 25 % du salaire initial. Une compensation jugée insuffisante par les syndicats, sachant que la somme des royalties touchée sur dix ans peut doubler le montant du cachet.
En place depuis des décennies, ce modèle a façonné l’écosystème danois, observe...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-11">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Lors de la première journée de vente, lundi, les livres de Brasillach et de Camus sont partis à 24 000 et 16 000 euros.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cohabitation politique et littéraire aux enchères de la bibliothèque de Mitterrand

Lors de la première journée de vente, lundi, les livres de Brasillach et de Camus sont partis à 24 000 et 16 000 euros.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h08
    |

            Marie-Béatrice Baudet








                        



                                


                            

Au fond de la salle, un jeune homme arbore une cravate d’un rouge éclatant. Aurait-il préféré avoir une rose à la main ? A quelques rangées de lui, une femme a, elle, laissé dépasser de son sac Destin français, le dernier pamphlet d’Eric Zemmour. Serait-elle aussi lectrice du nationaliste Maurice Barrès ? Lundi 29 octobre, la très chic maison Piasa, sise 118, rue du Faubourg-Saint-Honoré, organisait la première journée de vente aux enchères de la bibliothèque de François Mitterrand. Elle fut le théâtre d’une étonnante cohabitation politique entre acheteurs passionnés.
Seul l’ancien chef de l’Etat socialiste pouvait réussir un tel tour de force posthume, lui le Florentin qui aimait tant brouiller les pistes. Dans une vidéo publiée sur le site de Piasa, Régis Debray, un intime de la famille, avait averti : « Cette vente va révéler François plutôt que Mitterrand. Le premier était un homme de droite, le second un homme de gauche et les deux coexistaient fort bien. »
De tous les présidents de la Ve République, François Mitterrand est le seul à poser un livre à la main, Les Essais de Montaigne, lors du rituel de la photo officielle. Bibliophile averti, il collectionne les éditions originales au gré de ses promenades littéraires à Saint-Germain-des-Prés. Rue de Bièvre, sur les rayonnages consacrés aux auteurs modernes, le communiste Aragon voisine avec l’antisémite Robert Brasillach, Albert Camus avec l’écrivain pétainiste Jacques Chardonne et Marguerite Duras avec le collaborationniste Pierre Drieu La Rochelle. Et parmi les écrivains de droite, on découvre aussi Maurice Barrès et Michel Déon. C’est ce fonds littéraire du XXe siècle qui est mis à l’encan par Gilbert Mitterrand, le fils cadet de l’ancien chef de l’Etat.
« Il en avait hérité, mais ce n’est pas un collectionneur, témoigne Jean-Baptiste de Proyart, libraire et expert de la vente pour Piasa. Les ouvrages végétaient dans des...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-12">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ce rebond survient après deux trimestres à 0,2 % de croissance, mais cette accélération reste moins forte que prévu.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

La croissance a atteint 0,4 % en France au troisième trimestre

Ce rebond survient après deux trimestres à 0,2 % de croissance, mais cette accélération reste moins forte que prévu.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h32
    |

            Elise Barthet








                        


Le rebond n’est pas à la hauteur des attentes. Selon les premières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l’économie française a enregistré une croissance de 0,4 % au troisième trimestre. Un résultat meilleur que celui affiché pendant les six premiers mois de l’année (0,2 % au premier et deuxième trimestre), mais légèrement moins bon qu’espéré. L’Insee, comme la Banque de France, tablait en effet sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,5 % entre juillet et septembre. Cette révision à la baisse a une conséquence immédiate : à moins d’une belle surprise en fin d’année, il y a peu de chance que la cible gouvernementale d’une croissance de 1,7 % en 2018 soit atteinte.

   


Plus qu’à une accélération de l’activité, on assiste, au final, à un retour à la normale. Les experts de l’Insee l’avaient annoncé dans leur point de conjoncture du 4 octobre : les ménages ont tout simplement repris leurs habitudes de consommation, après le trou d’air des deux premiers trimestres. La chute du pouvoir d’achat en début d’année, liée à la hausse de la CSG et de la fiscalité sur les carburants, avait, on le sait, pesé sur les dépenses. A cela s’étaient ajoutées les grèves dans les transports ferroviaires et aériens, une moindre consommation en énergie du fait de l’exceptionnelle douceur du printemps, ainsi que la hausse des prix du pétrole.
Lestée de ces poids dans un environnement international moins porteur qu’en 2017, la France avait fait moins bien que ses voisins, progressant de 0,2 % par trimestre quand la zone euro enregistrait plutôt une croissance de 0,4 %. L’été a permis de retrouver un rythme d’activité plus régulier : la consommation des ménages, qui s’était contractée entre avril et juin à – 0,1 %, a rebondi à + 0,5 % au troisième trimestre. Mais l’effet est en partie mécanique, lié à une reprise des dépenses en énergie et transports.
Les ménages pénalisés
Un autre phénomène a artificiellement dopé les chiffres du troisième trimestre : la hausse des immatriculations de voitures neuves. Les constructeurs automobiles ont écoulé une partie de leurs stocks, cet été, pour échapper aux nouvelles règles sur les émissions de CO2 entrées en vigueur en septembre.
Les inquiétudes sur la vitalité à venir de la consommation ne se sont donc pas dissipées. « On a observé une croissance assez forte du revenu disponible au deuxième trimestre, mais elle a été très inégalement répartie, souligne Stéphane Colliac, économiste pour l’assureur-crédit Euler Hermes. La transformation de l’impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière et le plafonnement à 30 % de la taxation des revenus du capital a rendu 5 milliards d’euros aux ménages. Seulement, cet argent n’est pas allé dans toutes les poches et certainement pas dans celles de ceux qui ont la plus forte propension à consommer, c’est-à-dire les ménages les moins aisés. »

   


Ces derniers ont été particulièrement pénalisés par la remontée des prix, tirés par l’envolée des cours de l’or noir et de certains produits alimentaires. En juillet-août, l’inflation a atteint 2,3 % sur un an, selon l’Insee. Un niveau supérieur à celui de la progression des revenus. Au quatrième trimestre, le pouvoir d’achat devrait reprendre des couleurs grâce à la suppression totale des cotisations salariales et à la première tranche de baisse de la taxe d’habitation en octobre. On ignore ce que les ménages feront de ces ressources supplémentaires. Une partie non négligeable devrait être épargnée.
Accélération des exportations
Ce qui est de plus en plus certain, c’est que l’investissement en logements neufs, lui, n’est pas prêt de rebondir. Recul des mises en chantier oblige, l’indicateur fléchit de 0,2 % au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième. Le point est d’autant plus inquiétant, selon Mathilde Lemoine, économiste en chef chez Rothschild, que la progression du secteur avait beaucoup soutenu la reprise de 2016 et 2017. Et la dynamique de l’emploi n’incite pas à l’optimisme.
Les quelques bonnes nouvelles viennent, comme depuis le début de l’année, des entreprises. L’investissement a de nouveau progressé (+ 0,8 % après + 0,9 % au deuxième trimestre), notamment dans les activités informatiques et dans l’automobile. Après avoir donné des signes de faiblesse, la production manufacturière s’est également redressée. Elle croît, dans son ensemble, de 0,8 % après – 0,1 %. Cette tendance va-t-elle perdurer ? « Au premier semestre, les entreprises se sont retrouvées avec des stocks élevés qu’il a fallu écouler, explique Stéphane Colliac. Elles ont attendu que la demande intérieure reparte pour se remettre à produire. Mais le climat des affaires dans l’industrie manufacturière n’en finit pas de fléchir. Si la consommation n’accélère pas, il y a un risque de contamination à l’ensemble de l’économie. »

   


De bons résultats sont tout de même espérés en fin d’année au niveau des exportations. Elles ont accéléré au troisième trimestre (+ 0,7 % après + 0,1 %), tandis que les importations ralentissaient (+ 0,3 % après + 0,7 %). D’importantes livraisons dans l’aéronautique devraient encore gonfler les chiffres au quatrième trimestre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-13">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Analyse. Vice-premier ministre britannique de 2010 à 2015, l’ancien chef du parti libéral-démocrate dirigera les activités de lobbying du réseau social. Une reconversion qui fait grincer des dents.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nick Clegg, du service de Sa Majesté à celui de Facebook

Analyse. Vice-premier ministre britannique de 2010 à 2015, l’ancien chef du parti libéral-démocrate dirigera les activités de lobbying du réseau social. Une reconversion qui fait grincer des dents.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h13
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Damien Leloup








                        



                                


                            

Analyse. La coïncidence est lourde de sens. La veille de la grande manifestation de Londres contre le Brexit, l’un des rares défenseurs de l’Europe au sein du monde politique britannique a fait défection. Alors que 700 000 Britanniques s’apprêtaient à défiler, samedi 20 octobre, pour réclamer un second référendum, Nick Clegg, 51 ans, vice-premier ministre britannique entre 2010 et 2015, annonçait son recrutement par Mark Zuckerberg, patron de Facebook comme « vice-président chargé des affaires mondiales et de la communication », autrement dit chef lobbyiste.

Désertant Westminster, l’ancien président des lib-dem s’apprête à rejoindre le petit cercle des dirigeants de la Silicon Valley dont les ambitions sur la gestion du monde sont connues. « Mes sentiments sont mêlés au moment de quitter le débat public sur le Brexit. Mais les gens comme moi (…) ont une influence limitée sur l’issue d’un débat qui va bientôt avoir lieu (…) au Parlement », s’est justifié le 19 octobre dans le Guardian Nick Clegg, qui a perdu son siège de député en 2017. Il a pris ses fonctions lundi à Londres avant de s’installer en Californie en janvier 2019. Alors que les 48 % de Britanniques anti-Brexit désespèrent de trouver un leader capable de parler en leur nom, Nick Clegg abandonne le monde politique pour le gratin des géants du Web. Comme si le vrai pouvoir était désormais du côté des réseaux sociaux.
L’ancien vice-premier ministre va devoir faire oublier ses diatribes contre la façon dont Facebook esquive l’impôt, et sa critique des prétentions des réseaux sociaux à changer le monde en bien. « Je ne suis pas spécialement ébloui par Facebook, écrivait-il en 2016 dans l’Evening Standard. Je trouve un peu agaçante la culture messianique californienne de Facebook où tout le monde est ami. »
Aujourd’hui, alors que Facebook est accusé d’avoir influencé les élections américaines...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-14">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les structures pilotées par les industriels de l’automobile doivent affronter une concurrence de plus en plus vive de la part des filiales des établissements bancaires et des fonds d’investissement, tant sur les coûts que sur les services.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Banques et constructeurs à couteaux tirés sur le marché des flottes d’entreprises

Les structures pilotées par les industriels de l’automobile doivent affronter une concurrence de plus en plus vive de la part des filiales des établissements bancaires et des fonds d’investissement, tant sur les coûts que sur les services.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 07h00
    |

                            Eric Gibory








                        



                                


                            

Mobilité collaborative, voiture communicante, véhicule autonome… L’industrie automobile négocie un virage historique. Les structures de financements et de services des constructeurs sont également emportées dans ce tourbillon. Parmi les incertitudes majeures qui pèsent sur leur avenir, le mode de développement des services de mobilité constitue l’une des plus sérieuses. Le marché mondial de la mobilité va-t-il se fragmenter ou se concentrer ? Et à quelle hauteur ?
Autre interrogation cruciale, ces filiales, surnommées « captives », auront-elles encore les véhicules à leur bilan ou vont-elles transférer leurs actifs à des tiers ? « Le niveau de fonds propres des captives constitue un véritable sujet », souligne Charlotte Vandeputte, associée chez Deloitte. En fonction de différents scénarios, Deloitte a dégagé un modèle standard à l’horizon 2030. Avec ses offres de financement et ses services de mobilité, cette structure fictive devrait afficher 123 milliards d’euros à son bilan, contribuer pour 52 % à celui du constructeur et pour 20 % au revenu avant impôt de ce dernier.

« Il existe un risque sur les taux d’intérêt qui menace leur profitabilité, ce qui explique qu’elles recherchent de la rentabilité sur les services de mobilité », précise Charlotte Vandeputte. Parmi les six domaines d’action à explorer pour assurer l’avenir des captives, ­Deloitte pointe la gestion de flotte (fleet management) avec l’investissement sur de nouveaux marchés régionaux et technologiques et l’apport de financements pour accompagner la demande croissante des entreprises. Mais, face à elles, d’autres acteurs historiques ont des atouts. C’est le cas des filiales de grandes banques et des sociétés d’investissement comme ALD Automotive, Arval ou encore LeasePlan.
De plus en plus concentré
SesamLLD, le syndicat qui fédère les professionnels de la location longue durée (LLD) et de la gestion de flotte, vient de publier les résultats du secteur...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-15">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Une expérience américaine montre que les évaluateurs octroient de meilleurs scores au fil du temps, observe Charles Cuvelliez, professeur en communication, dans une tribune au « Monde ». Un biais cognitif qui pèse lourdement sur la rationalité de nos décisions.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Processus d’évaluation : « Etre premier en ordre de passage vous pénalisera »

Une expérience américaine montre que les évaluateurs octroient de meilleurs scores au fil du temps, observe Charles Cuvelliez, professeur en communication, dans une tribune au « Monde ». Un biais cognitif qui pèse lourdement sur la rationalité de nos décisions.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h45
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'université libre de Bruxelles (ULB)








                        



                                


                            
Tribune. Si décider de votre horaire de passage à un concours vous a toujours angoissé, vous avez bien raison car c’est loin d’être un détail sans influence sur le résultat. C’est la leçon d’expériences menées par deux chercheurs de l’université de Virginie, qui ont mis en évidence un nouveau biais cognitif (« Do Evaluations Rise With Experience ? » Kieran O’Connor, Amar Cheema, Psychological Science n° 29/5, 1er mars 2018).
Ils ont demandé à un groupe de 168 étudiants de donner un score à dix histoires qu’on leur demandait de lire, à raison d’une histoire par jour, de façon à étaler le processus d’évaluation dans le temps. L’ordre dans lequel les histoires leur étaient données différait selon les étudiants. Or, ce sont les histoires lues dans les derniers jours qui ont eu le meilleur score, peu importe laquelle.
En fait, la note attribuée avait tendance à monter jour après jour. On leur a ensuite demandé, au fur et à mesure qu’ils avançaient dans leur évaluation des dix histoires, de juger la difficulté de cette tâche d’évaluation. Véracité, style, contenu, genre, chacun avait des critères d’évaluation différents, mais tous étaient d’accord pour dire que la tâche devenait plus facile avec le temps.
C’est ce qui fait penser aux chercheurs que notre cerveau confond inconsciemment la facilité à donner un score avec le score lui-même, comme si quelque chose qui devient (plus) facile à évaluer était forcément meilleur ! Et si l’on peut parler de « biais cognitif », c’est parce que les participants étaient persuadés d’évaluer de la même manière au début du test comme à la fin.
L’objectivité existe-t-elle ?
Si on fait le bilan de toutes les situations où une estimation s’étale dans le temps, cette expérience est riche d’enseignements. Passer le premier ou le dernier à l’épreuve orale, c’est un dilemme auquel tous les étudiants font face : les partisans d’aller les premiers à l’examen pensent avoir...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-16">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Après les peignes et les lotions en tous genres, voilà qu’apparaissent en France les centres antipoux. Le marché des produits censés lutter contre ces énervants parasites a crû de 10 % en 2017.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Traquer les poux, un business en plein essor

Après les peignes et les lotions en tous genres, voilà qu’apparaissent en France les centres antipoux. Le marché des produits censés lutter contre ces énervants parasites a crû de 10 % en 2017.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h11
    |

            Cécile Prudhomme (avec) et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Univers aseptisé, couleurs blanc et violet pour rappeler les propriétés de la lavande, loupes géantes à la place des casques de séchage, des salons de coiffure d’un nouveau genre ont fait leur apparition depuis trois ans en France sous le nom de ByeByeNits. Avec une promesse : non pas de ressortir avec un superbe brushing, mais de faire disparaître les poux de la tête des enfants, généralement en âge scolaire.
Le pou serait-il devenu un vrai business ? Des rayonnages de pharmacie remplis d’une offre pléthorique devant lesquels des parents perdus cherchent la solution miracle, à ces centres de thérapie industrielle, ce qui est un véritable fléau pour certains se révèle une vraie mine d’or pour d’autres.
Jennifer et Arthur Assous, les cofondateurs de l’enseigne ByeByeNits, ont bien intégré le ras-le-bol des familles. Après avoir testé sur leur nièce dans un salon en Espagne, la machine AirAllé tout droit venue des Etats-Unis, qui envoie de l’air chaud à débit contrôlé pour déshydrater les poux, ils en achètent les droits exclusifs pour la France et ouvrent leur première implantation en décembre 2015 à Paris.
Avec une moyenne de 250 personnes par mois qui passent dans un centre, son chiffre d’affaires moyen avoisine 350 000 euros à l’année. L’affaire prospère. Trois centres à Paris, et quatre autres en franchise aujourd’hui. Il devrait s’en ouvrir six de plus d’ici à la fin de l’année dans des grandes villes françaises, pour en compter, à terme, une soixantaine.
De plus en plus résistants
En 2017, le marché des articles antipoux vendus en pharmacie a représenté près de 63,4 millions d’euros, en hausse de 10 % en valeur sur un an, selon le cabinet OpenHealth, qui s’appuie sur les ventes de plus de 10 700 pharmacies d’officines françaises ; 4,56 millions de produits ont été vendus, parmi lesquels peignes, répulsifs, lotions, shampoings, soit 8 % de plus qu’en 2016. Cette année, sur le seul mois d’août, les pharmacies ont écoulé plus...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-17">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Plutôt qu’un « coup de rabot » général, repenser l’organisation et la nature des services rendus au plus près des besoins réels permet d’économiser sans réduire l’efficacité, expliquent les universitaires Sébastien Dony et François Meyssonnier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Collectivités locales : « Diminuer les dépenses sans nuire au service rendu »

Plutôt qu’un « coup de rabot » général, repenser l’organisation et la nature des services rendus au plus près des besoins réels permet d’économiser sans réduire l’efficacité, expliquent les universitaires Sébastien Dony et François Meyssonnier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h34
    |

Sébastien Dony (Docteur en sciences de gestion) et François Meyssonnier (Professeur en sciences de gestion et chercheur)







                        



                                


                            
Tribune. La maîtrise des dépenses publiques françaises est estimée nécessaire par la Commission européenne, la Cour des comptes française et tous les grands organismes économiques nationaux et internationaux. Les avis d’un grand nombre d’économistes, les sondages d’opinion et les votes exprimés lors des dernières élections nationales convergent pour indiquer que la performance des politiques publiques françaises n’est plus jugée suffisante et que le rapport coûts-avantages est devenu insatisfaisant pour beaucoup.
Des efforts sont engagés au niveau des dépenses de l’Etat ou des hôpitaux, mais cela est beaucoup moins vrai dans les collectivités locales. Le gouvernement insiste actuellement pour que celles-ci prennent leur part de la baisse des dépenses publiques, mais les élus locaux estiment cette orientation peu souhaitable ou difficile, et s’y engagent avec beaucoup de réticences. Une fois éliminés les gaspillages manifestes et les avantages acquis excessifs, la recherche d’économies indifférenciées dans une logique de rabot trouve en effet rapidement ses limites dans la mesure où l’appareil administratif communal est pris dans des contraintes institutionnelles et politiques qui limitent le volontarisme politique en matière budgétaire.
« Metz a classé les jardins municipaux en quatre catégories. Et des standards d’entretien spécifiques ont été fixés pour chacune d’entre elles, afin d’éviter surenchère et gaspillage »
Pourtant, les actions de réduction des coûts menée dans certaines collectivités locales au niveau des prestations de services aux usagers semblent une voie novatrice et efficace pour diminuer les dépenses sans nuire au service rendu, au contraire. Metz, par exemple, a classé les jardins municipaux en quatre catégories : jardins de prestige, jardins traditionnels, jardins naturels et jardins sauvages.
Des standards d’entretien spécifiques ont été fixés pour chaque catégorie, afin d’éviter surenchère et gaspillage....




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-18">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Cultiver en ville est devenu un axe des politiques d’aménagement urbain. Mais il est nécessaire de faire évoluer le droit, observe le notaire Xavier Lièvre dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le droit rural n’est pas adapté à l’agriculture urbaine »

Cultiver en ville est devenu un axe des politiques d’aménagement urbain. Mais il est nécessaire de faire évoluer le droit, observe le notaire Xavier Lièvre dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h20
    |

Xavier Lièvre (Notaire associé chez 14 Pyramides)







                        



                                


                            
Tribune. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 20 % des produits consommés seront issus de l’agriculture urbaine en 2030, contre 5 à 8 % aujourd’hui. Pour parvenir à ce taux, de nombreuses villes, comme Montréal ou Paris, s’organisent pour laisser des espaces à disposition des porteurs de projets et des citoyens engagés.
Paris a lancé plusieurs initiatives, dont le programme Parisculteurs, avec pour objectif d’atteindre 30 hectares consacrés à l’agriculture sans pesticides sur les toits, parcs et souterrains de la capitale en 2030. L’exposition « Capitale Agricole. Chantiers pour une ville cultivée » s’est ouverte au Pavillon de l’Arsenal le 1er octobre. Paris a également modifié son plan local d’urbanisme, en imposant la végétalisation de toutes les terrasses de plus de 100 m2 des nouveaux immeubles et l’agriculture urbaine sur celles de plus de 500 m2.

Les projets, portés par des start-up, vont de la culture de safran sur le toit d’un supermarché à l’installation de vignes dans le bois de Vincennes, en passant par la production de plantes pour huiles essentielles sur le toit d’un collège. Ces initiatives s’inscrivent dans un double mouvement, à la fois global et local : les villes croissent de manière importante et tendent à devenir des mégapoles ultraconnectées au monde entier, mais leurs habitants éprouvent un fort besoin de lien local, lié également à la prise de conscience écologique de la part de citoyens qui souhaitent retourner vers des circuits courts d’approvisionnement et manger plus sainement.
Les villes y voient aussi un moyen de lutter contre la pollution urbaine et les îlots de chaleur générés par les surfaces bétonnées ou asphaltées. Après en avoir été bannie, l’agriculture urbaine revient donc en force dans nos villes sous la forme de fermes verticales, d’hydroponie (agriculture hors-sol), de champignonnières souterraines, de serres...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-19">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans une chronique au « Monde », le chercheur Gilles Dowek s’insurge contre la validation, par le Conseil d’Etat, d’un fichier regroupant les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « mégafichier », mythe de l’infaillibilité informatique

Dans une chronique au « Monde », le chercheur Gilles Dowek s’insurge contre la validation, par le Conseil d’Etat, d’un fichier regroupant les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h00
    |

Gilles Dowek, chercheur à l’Inria et enseignant à Paris-Saclay







                        



                                


                            
Chronique Transformations. Le Conseil d’Etat a jugé, le 18 octobre, que le fichier des titres électroniques sécurisés (fichier TES) ne constitue pas une atteinte disproportionnée à la vie privée. Cette décision montre une fois de plus que, par nos choix, nous faisons de l’informatique la meilleure ou la pire des choses – en l’occurrence la pire. Elle illustre aussi l’incapacité du pouvoir, ici judiciaire, à tenir compte de l’avis de la communauté scientifique, mais aussi l’incroyable confiance en la sécurité des systèmes informatiques que provoque l’ignorance.

Retour en arrière : en 2016, le gouvernement français décidait de regrouper dans un seul fichier les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens possédant un passeport ou une carte d’identité. Le décret du 28 octobre 2016, qui autorisait la création de ce fichier, a suscité de vives protestations de la communauté scientifique, portant sur trois points.
Le premier était le caractère intrinsèquement liberticide du projet de ficher tous les citoyens. Le Conseil national du numérique, chargé d’éclairer le pouvoir, s’interrogeait ainsi « sur la nécessité même de stocker ces informations sensibles », et la Société informatique de France (dont je suis membre) rappelait que « la disponibilité de moyens d’identification biométrique de plus en plus efficaces fait peser un risque de plus en plus important sur les libertés, qui impose la création de garde-fous robustes. »
« Risque de détournement »
Le deuxième point concernait le risque de voir ce fichier utilisé à d’autres fins que son intention initiale. La présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés déclarait, dans une audition au Sénat, que « cette exhaustivité comme la sensibilité des données biométriques présentent un risque de détournement de finalité. » Et la Société informatique de France rappelait que « des régimes autoritaires ont déjà, par le...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-20">
<filnamedate="20181030"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181030"><AAMMJJHH="2018103018">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Deux études, publiées respectivement par Credit Suisse et UBS, montrent un accroissement de la richesse dans le monde.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Toujours plus de richesse et plus de milliardaires dans le monde

Deux études, publiées respectivement par Credit Suisse et UBS, montrent un accroissement de la richesse dans le monde.



LE MONDE ARGENT
 |    30.10.2018 à 05h45
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Les riches sont de plus en plus riches. Selon le rapport annuel « Global Wealth Report » du Credit Suisse publié le 18 octobre, la richesse mondiale a augmenté de 14 billions (14 000 milliards) de dollars (12 280 milliards d’euros), en glissement annuel à mi-2018, pour atteindre 317 billions (278,1 billions d’euros), soit une augmentation de 4,6 %.
Ce taux de croissance étant supérieur à celui de la démographie mondiale, la richesse par adulte a progressé de 3,2 % pour atteindre une moyenne record de 63 100 dollars.
Au palmarès de la richesse mondiale, la Chine se classe deuxième derrière les Etats-Unis. Dans ce dernier pays, la richesse progresse chaque année depuis 2008, y compris lors des replis enregistrés à l’échelle mondiale en 2014 et 2015. L’Amérique du Nord et l’Europe cumulent à elles seules 60 % de la richesse totale des ménages, pour seulement 17 % de la population adulte mondiale.

        Lire aussi :
         

                Un salarié détient en moyenne 12 000 euros d’épargne salariale



Selon le rapport de Credit Suisse, il y a désormais 2,147 millions de ménages français ayant un patrimoine supérieur au million de dollars (la monnaie de référence du rapport). La France enregistre la deuxième meilleure progression du nombre de millionnaires entre la mi-2017 et la mi-2018 après celle des Etats-Unis. La France, comme l’Allemagne, compte aujourd’hui 5 % des millionnaires du monde entier.
Les femmes bien représentées en Chine
Selon Credit Suisse, la fortune mondiale devrait progresser de près de 26 % au cours des cinq prochaines années pour atteindre 399 billions de dollars d’ici à 2023. Les marchés émergents généreront le tiers de cette croissance, bien qu’ils ne représentent que 21 % de la richesse actuelle.
Le nombre de millionnaires devrait aussi progresser d’ici à cinq ans pour atteindre le record de 55 millions. A noter, les femmes détiennent 40 % de la richesse mondiale. C’est en Europe et en Amérique du Nord que l’on trouve les proportions les plus élevées de femmes milliardaires.

        Lire aussi :
         

                L’investissement responsable dépasse les 1 000 milliards d’euros



Parmi les principaux pays, c’est l’Allemagne qui affiche le pourcentage le plus élevé de femmes parmi ses milliardaires (26,0 %), suivie de la Suède (25,0 %), de la Suisse (23,8 %), et de l’Australie et de l’Inde (18,6 %). Parmi les pays ayant au moins 20 milliardaires, l’Indonésie, Singapour et Taïwan se distinguent par leur absence de femmes milliardaires.
Selon les listes des milliardaires du monde établies par Bloomberg, Forbes et Hurun, les femmes sont bien représentées parmi les nombreux milliardaires enregistrés en Chine. Hurun affirme même que les deux tiers des milliardaires du monde qui sont partis de rien sont chinois.
2 158 milliardaires
Selon une autre étude publiée le 26 octobre par la banque suisse UBS en partenariat avec le cabinet PwC, la fortune des 2 158 milliardaires de la planète a augmenté de 19 % en 2017, pour atteindre 8 900 milliards de dollars (7 829 milliards d’euros). En Chine, pas moins de deux milliardaires ont émergé chaque semaine. L’augmentation de la fortune des milliardaires a été deux fois plus rapide (+39 %) dans ce pays, à 1 120 milliards de dollars.
Il y a 2,147 millions de ménages français ayant un patrimoine supérieur au million de dollars, deuxième meilleure progression du nombre de millionnaires
Par comparaison, la fortune des milliardaires américains a progressé de 12 % en 2017, à 3 600 milliards de dollars, tandis que celle des milliardaires européens s’est accrue de 19 %, à 1 900 milliards, principalement en raison du rebond de l’euro face au billet vert.
En 2017, la zone Asie-Pacifique comptait 814 milliardaires, contre 715 sur le continent américain et 629 dans la zone regroupant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, dont 414 en Europe de l’Ouest. La Chine comptait 373 milliardaires en 2017, contre seulement 16 en 2006.

        Lire aussi :
         

                Comment investir dans le luxe



« Le risque de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pourrait cependant perturber la croissance économique dans chacun des deux pays, et par conséquent la création de richesse qui en découle », souligne Josef Stadler chez UBS. Si les tensions devaient continuer à s’accroître, les marchés d’actions aux Etats-Unis et en Asie (hors Japon) pourraient perdre jusqu’à 20 % par rapport à leurs points hauts de l’été 2018, dans un scénario sombre, a précisé la banque.



                            


                        

                        

