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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ S’engageant dans la bataille des municipales à Paris, Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande, a annoncé dans une tribune au « Monde » vouloir supprimer la rocade. Loin de remédier au problème de circulation et de pollution, une telle mesure contribuerait à accentuer ces maux, selon François Leclercq, architecte urbaniste.
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« Ne tuons pas le périphérique ! »

S’engageant dans la bataille des municipales à Paris, Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande, a annoncé dans une tribune au « Monde » vouloir supprimer la rocade. Loin de remédier au problème de circulation et de pollution, une telle mesure contribuerait à accentuer ces maux, selon François Leclercq, architecte urbaniste.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 17h14
    |

François Leclercq (architecte urbaniste)







                        



                                


                            

Tribune. « Pollution », « congestion », « fracture urbaine » : les chefs d’accusation contre le boulevard périphérique sont sévères mais bien réels, pour autant le remède proposé n’est pas le bon. Les dysfonctionnements du périphérique ne sont pas le signe que celui-ci est devenu inutile, mais plutôt que nous avons pris un retard considérable dans la compréhension de la transformation des pratiques de mobilité.
Dans le procès à charge que livre Gaspard Gantzer contre le périphérique se pose alors une question majeure : en rendant l’infrastructure seule responsable de tant de maux, ne se trompe-t-on pas de combat ?

Pour résoudre les problèmes constatés, il faut avant tout identifier leur source en se posant les bonnes questions : qui l’utilise aujourd’hui ? Pour quelles raisons ? De quoi les nuisances générées sont-elles le symptôme ? Alors qu’ils devraient être centraux dans la réflexion, les grands absents du raisonnement de M. Gantzer sont curieusement les usagers, les usages et leur transformation en termes de mobilité.
La stratégie de la table rase prônant la destruction pure et simple du périphérique se veut en apparence réconciliatrice, mais son application reviendrait à éloigner les nuisances pour se satisfaire de l’impression qu’elles sont résorbées. Or, c’est parce qu’il fait partie d’un tout, constitué de l’ensemble des grandes voies de circulation métropolitaines et connecté aux autres moyens de transport, que sa suppression et la création d’une nouvelle rocade plus éloignée ne feraient que déplacer les difficultés sur d’autres territoires.
Le seul moyen pour se déplacer d’est en ouest
Y a-t-il encore un sens à préciser que le périphérique appartient à la Ville de Paris, quand tant de ses usagers au quotidien proviennent des quatre coins de la métropole, voire au-delà ? Contrairement à sa fonction originelle, il est aujourd’hui majoritairement emprunté pour parcourir de courtes distances au sein...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Editorial. Si le président américain ne peut bien sûr pas être tenu responsable de l’attentat de Pittsburgh, sa dénonciation permanente de coupables produit de terribles effets collatéraux.
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Trump exacerbe la mortifère chasse aux boucs émissaires

Editorial. Si le président américain ne peut bien sûr pas être tenu responsable de l’attentat de Pittsburgh, sa dénonciation permanente de coupables produit de terribles effets collatéraux.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du  « Monde ». Le carnage perpétré le 27 octobre dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie) par un antisémite viscéral, qui voit en outre les migrants comme des envahisseurs prêts à « massacrer [son] peuple », est un terrible révélateur pour les Etats-Unis. Il l’est aussi pour Donald Trump. Les tragédies nationales pèsent généralement sur ceux qui ont la charge d’un pays. Elles les enveloppent de leur gravité et de leur peine, au moins pour un temps. Dans les heures qui ont suivi celle de Pennsylvanie, Donald Trump est au contraire apparu tel qu’en lui-même, comme imperméable au drame, empreint de fatalisme.
Face à une telle montée de la violence politique, illustrée quelques jours plus tôt par la découverte de colis piégés visant ses adversaires, la tâche principale d’un président est ordinairement de rassembler. Donald Trump a choisi au contraire de diviser en dénonçant la « presse bidon », une formulation particulièrement vague dont on imagine qu’elle désigne celle qui exerce une liberté inscrite au cœur de la Constitution américaine.

        Lire aussi :
         

                Midterms J – 7 : Trump juge les « médias bidon » responsables du climat de violence politique



A nouveau, il a accablé cette dernière du plus infâme des qualificatifs, celui d’« ennemi du peuple », pour mieux en faire l’unique responsable d’un climat pesant, moins d’une semaine avant des élections de mi-mandat qu’il veut transformer en référendum sur son nom. Au cours des jours précédents, Donald Trump a joué avec désinvolture avec d’autres mots piégés. « Je suis un nationaliste », avait-il déclaré le 22 octobre lors d’un meeting au Texas, avant de dénoncer quatre jours plus tard les « globalistes », un terme que certains de ses sympathisants accolent délibérément au philanthrope George Soros, milliardaire et de confession juive, le premier à recevoir un colis piégé.
Une ignorance paresseuse de l’histoire
Il ne faut sans doute voir aucun calcul machiavélique dans la manipulation hasardeuse de ces termes que revendiquent les suprémacistes blancs qui défilaient dans les rues de Charlottesville, en Virginie, en août 2017, en dénonçant pour certains les juifs. Elle est plus sûrement le produit d’une ignorance paresseuse de l’histoire, y compris américaine, d’une désinvolture érigée en audace, et d’un goût pour les énormités élevé en vertu. Le président ne peut pas être tenu responsable de ces actes, ne cesse d’assurer sa porte-parole. C’est factuellement exact. Mais Donald Trump est responsable de son pays.
Personne ne peut douter de l’ancienneté de la violence politique aux Etats-Unis. Ses braises n’ont pas attendu le magnat de l’immobilier pour être tisonnées, et régulièrement, de part et d’autre des lignes de front politiques. Les tensions raciales, les inégalités sociales et une transition démographique anxiogène pour une partie de l’ancienne majorité blanche sont de nature à exacerber cette violence. Et à ouvrir une mortifère chasse aux boucs émissaires.
Il se trouve que cette dénonciation permanente de coupables est au cœur du discours de Donald Trump depuis qu’il est officiellement entré en politique. Elle est le moteur d’un président en campagne permanente. Elle produit de terribles effets collatéraux. Car d’autres que le président arment à leur manière les mots qu’il prononce. Et Pittsburgh a montré combien ces mots, trafiqués et tordus, peuvent être dévastateurs.

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                Trump et la violence politique : lorsque le tribun affaiblit la parole du président






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La victoire du candidat d’extrême droite inquiète en même temps les secteurs progressistes et ONG de défense des droits humains du continent.
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Victoire de Bolsonaro au Brésil : félicitations sans réserve des dirigeants latino-américains

La victoire du candidat d’extrême droite inquiète en même temps les secteurs progressistes et ONG de défense des droits humains du continent.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 15h58
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante) et 
Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a donné le ton, en saluant très vite et chaleureusement l’élection de Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite qui a emporté haut la main, dimanche 28 octobre, le second tour du scrutin brésilien. Majoritaires sur le continent latino-américain, les chefs d’Etat de droite ont suivi. L’Argentin Mauricio Macri, le Chilien Sebastian Piñera, le Paraguayen Mario Abdo, le Mexicain Enrique Peña Nieto, le Colombien Ivan Duque ont tous adressé leurs félicitations au nouveau dirigeant.
Diplomatie oblige ? Aucun n’a manifesté d’inquiétudes pour l’avenir de la démocratie et des droits de l’homme au Brésil. Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, l’Uruguayen Luis Almagro, a même « applaudi le discours de vérité et de paix » de M. Bolsonaro.
« Le Brésil est et doit continuer à être un partenaire stratégique, en marge de celui qui le gouverne », a résumé, lundi, le secrétaire argentin chargé des thèmes stratégiques, Fulvio Pompeo. Les quelques gouvernements de gauche encore au pouvoir sur le continent semblent d’ailleurs eux-mêmes d’accord : le Venezuela de Nicolas Maduro, la Bolivie d’Evo Morales et le Nicaragua de Daniel Ortega ont salué la victoire du candidat d’extrême droite. Caracas a pris soin toutefois d’adresser ses félicitations « au peuple du Brésil » plutôt qu’à l’élu de « ce pays frère ».
L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a, quant à elle, tiré le signal d’alarme avec vigueur. « M. Bolsonaro est un démagogue qui défend les atrocités de la dictature militaire brésilienne et la torture et qui tient un discours ouvertement discriminatoire contre les Noirs, les femmes et les minorités sexuelles, déclaré Jose Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de l’organisation. Son élection est un grave revers. » 

        Les réponses à  vos questions :
         

          « C’est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »



Crainte d’une contagion

   


Aujourd’hui à la tête du Haut-Commissariat pour les droits de l’homme des Nations unies, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet a signalé que ses services resteraient « très attentifs » à la situation brésilienne. Les intellectuels, les démocrates, les secteurs progressistes du continent sont eux aussi inquiets, voire paniqués. Ils craignent une contagion. M. Bolsonaro polarise l’Amérique latine comme il polarise son pays.
L’effondrement du Venezuela hante par ailleurs la diplomatie latino-américaine. Le Brésil est, après la Colombie, le pays qui reçoit le plus de migrants en provenance de la République bolivarienne. Anticommuniste viscéral, M. Bolsonaro a démenti, dans les derniers jours de sa campagne, vouloir intervenir militairement au Venezuela, comme l’avait suggéré son futur vice-président, le général Hamilton Mourao. Lundi, Bogota démentait à son tour toute velléité interventionniste au Venezuela, en réponse à un article de Folha de Sao Paulo qui en faisait état.
A Caracas, la droite radicale qui voudrait, elle, une intervention étrangère pour se débarrasser de M. Maduro voit dans Jair Bolsonaro « un sauveur ». Sur son compte Twitter, la dirigeante Maria Corina Machado a écrit : «  [Nous], Les Vénézuéliens, savons que nous comptons sur le Brésil dans notre lutte pour la liberté et la démocratie. »
Le programme économique et l’ultralibéralisme affiché de M. Bolsonaro, cependant, séduisent à droite. Dans son premier discours, le président élu a repris à son compte les directives du Fonds monétaire international, ravissant les marchés : déficit zéro, réduction de la dette publique, privatisations. Mais les analystes et les opérateurs économiques craignent que la politique du président d’extrême droite n’affecte à terme les relations commerciales du pays et l’intégration latino-américaine, déjà bien mal en point.
Les membres du Mercosur – l’espace de libre-échange qui réunit, outre le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay – sont particulièrement inquiets. « Le bloc ne sera pas une priorité », a prévenu le futur ministre brésilien de l’économie, Paulo Guedes. Au cours de sa campagne, M. Bolsonaro n’a pas caché qu’il entend privilégier les relations commerciales « hors Mercosur », notamment avec les Etats-Unis. En proie à une grave crise économique et avide de financements internationaux, l’Argentine craint de faire les frais de ce nouvel axe Trump-Bolsonaro.

        Lire notre analyse :
         

          Au Brésil, Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’avocat recense, dans son livre « Nouvelles morales, nouvelles censures », les coups portés à la liberté d’expression en France.
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Les coups de ciseaux du politiquement correct, selon Emmanuel Pierrat

L’avocat recense, dans son livre « Nouvelles morales, nouvelles censures », les coups portés à la liberté d’expression en France.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h59
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le livre. Sommes-nous en train de glisser de façon indolore vers une société où la liberté d’expression ne serait plus un principe cardinal ? A lire l’avocat Emmanuel Pierrat, on prend conscience que ce péril n’est pas théorique. Ce spécialiste du droit de la culture et des affaires de censure recense les multiples coups que nous portons à la liberté de création artistique, à celles d’éditer ou d’exposer une œuvre.
Ce n’est pas sous le joug de gouvernements autoritaires mais au nom de la morale qu’émerge une insidieuse « censure privatisée ». Parfois au nom de buts louables, comme la lutte contre le racisme ou contre les violences faites aux femmes, on parvient à interdire, bannir, censurer ou même réécrire l’histoire.

Sans revenir sur les arguments juridiques débattus autour de la publication des pamphlets antisémites de Céline ou de la réédition de Mein Kampf de Hitler, M. Pierrat s’inquiète pour « la mémoire d’une société qui ne saura rien des errements de son passé ». Fallait-il déboulonner les statues de Lénine après la chute du mur de Berlin ? La mairie de San Francisco a-t-elle eu raison de retirer en 2018 une statue représentant un Amérindien à moitié nu aux pieds de deux missionnaires catholiques ?
Censurer l’expression du racisme, une erreur
Censurer l’expression du racisme des générations précédentes n’aide pas à le combattre aujourd’hui. Au contraire ! « Nous n’aurons plus les moyens intellectuels de savoir ce qui a été peint, lu, admiré ou conspué. Le public du futur sera anesthésié », prévient l’avocat. Mais invoquer les traditions n’autorise pas tout. L’auteur dénonce la perpétuation d’une manifestation raciste comme la « Nuit des Noirs » au carnaval de Dunkerque, pendant laquelle des Blancs se noircissent le visage.

La censure bien-pensante ne s’applique pas qu’au passé. Au Teatro del Maggio de Florence, la scène finale de l’opéra Carmen a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Chaque semaine, « l’Epoque » paie son coup. A la brasserie du Jardin  des plantes, l’ancien patron d’Airbus et de PSA, dont l’histoire  a inspiré le film « Un homme pressé », raconte sa vie depuis son AVC.
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Christian Streiff : « Ce PDG méprisant qu’incarne Luchini, ce n’était pas moi »


                      Chaque semaine, « l’Epoque » paie son coup. A la brasserie du Jardin  des plantes, l’ancien patron d’Airbus et de PSA, dont l’histoire  a inspiré le film « Un homme pressé », raconte sa vie depuis son AVC.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 10h09
    |

            Denis Cosnard








                              

                        

Christian Streiff le reconnaît volontiers, il souffre encore de très légers trous de mémoire. Quelques noms qu’il peine à retrouver. Une idée qui chemine jusqu’au bout de sa langue et s’évanouit soudain. C’est pour cela, d’ailleurs, que l’ancien patron d’Airbus et de PSA Peugeot Citroën a apporté avec lui un élégant carnet rouge. « J’y note les choses importantes pour lesquelles je ne suis pas sûr de ma mémoire », sourit-il en s’installant au fond des Belles plantes, la brasserie du Jardin des plantes, à Paris, pas très loin de chez lui. Il pose le carnet sur la table en bois, passe la main sur le cuir : « Ce matin, j’y ai fait la liste de ce que je voulais vous dire… ou ne pas vous dire. »
Il est une certitude qu’il n’a pas eu besoin d’inscrire pour s’en souvenir : bien sûr, Christian Streiff, 64 ans, aime beaucoup Un homme pressé (d’Hervé Mimran avec Fabrice Luchini et Leïla Bekhti), la comédie qui sortira sur grand écran le 7 novembre, inspirée de sa chute et de sa lente reconstruction. Mais « l’histoire n’a rien à voir avec la [s]ienne ». Que ce soit clair, « ce PDG très autoritaire, méprisant, ce vrai ­salaud qu’incarne Luchini au début, ce n’était pas moi, assure-t-il. Cela, c’est le patron tel que les Français aiment le détester, et c’est dur de se dire que j’ai pu avoir quelque chose en commun avec lui ».

De même, « la maladie décrite dans le film a très peu à voir avec mon accident vasculaire cérébral », affirme-t-il en commandant un jus multivitaminé. Bien sûr, il s’est retrouvé terrassé un matin de mai 2008, comme Luchini à l’écran. Comme lui, il a failli mourir. Comme lui, il ne savait plus compter ni parler. Des mots sortaient bien de sa bouche. Mais pas toujours les bons. L’ex-major de l’Ecole des mines disait « pluance », « ancture ». « Les orthophonistes, je les appelais “mes psychopathes’’, sans m’en rendre compte, comme...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Vice-premier ministre britannique de 2010 à 2015, l’ancien chef du parti libéral-démocrate dirigera les activités de lobbying du réseau social. Une reconversion qui fait grincer des dents.
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Nick Clegg, du service de Sa Majesté à celui de Facebook

Analyse. Vice-premier ministre britannique de 2010 à 2015, l’ancien chef du parti libéral-démocrate dirigera les activités de lobbying du réseau social. Une reconversion qui fait grincer des dents.



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 11h13
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Damien Leloup








                        



                                


                            

Analyse. La coïncidence est lourde de sens. La veille de la grande manifestation de Londres contre le Brexit, l’un des rares défenseurs de l’Europe au sein du monde politique britannique a fait défection. Alors que 700 000 Britanniques s’apprêtaient à défiler, samedi 20 octobre, pour réclamer un second référendum, Nick Clegg, 51 ans, vice-premier ministre britannique entre 2010 et 2015, annonçait son recrutement par Mark Zuckerberg, patron de Facebook comme « vice-président chargé des affaires mondiales et de la communication », autrement dit chef lobbyiste.

Désertant Westminster, l’ancien président des lib-dem s’apprête à rejoindre le petit cercle des dirigeants de la Silicon Valley dont les ambitions sur la gestion du monde sont connues. « Mes sentiments sont mêlés au moment de quitter le débat public sur le Brexit. Mais les gens comme moi (…) ont une influence limitée sur l’issue d’un débat qui va bientôt avoir lieu (…) au Parlement », s’est justifié le 19 octobre dans le Guardian Nick Clegg, qui a perdu son siège de député en 2017. Il a pris ses fonctions lundi à Londres avant de s’installer en Californie en janvier 2019. Alors que les 48 % de Britanniques anti-Brexit désespèrent de trouver un leader capable de parler en leur nom, Nick Clegg abandonne le monde politique pour le gratin des géants du Web. Comme si le vrai pouvoir était désormais du côté des réseaux sociaux.
L’ancien vice-premier ministre va devoir faire oublier ses diatribes contre la façon dont Facebook esquive l’impôt, et sa critique des prétentions des réseaux sociaux à changer le monde en bien. « Je ne suis pas spécialement ébloui par Facebook, écrivait-il en 2016 dans l’Evening Standard. Je trouve un peu agaçante la culture messianique californienne de Facebook où tout le monde est ami. »
Aujourd’hui, alors que Facebook est accusé d’avoir influencé les élections américaines...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Considérée comme irréfutable, la preuve par l’ADN a donné lieu, selon le professeur Pascal Beauvais, a « un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science » qu’il est bon de questionner.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« La preuve génétique bouscule le système judiciaire »

Considérée comme irréfutable, la preuve par l’ADN a donné lieu, selon le professeur Pascal Beauvais, a « un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science » qu’il est bon de questionner.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    30.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 10h13
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            

Pascal Beauvais est professeur de droit et de sciences criminelles à l’université Paris-Ouest-Nanterre, où il codirige le Centre de droit pénal et de criminologie. Il est la fois formé au droit et aux sciences sociales, et a été responsable scientifique d’un des volets du projet Fichier et témoins génétiques, financé par l’Agence nationale de la recherche et dont le colloque de clôture s’est tenu les 11 et 12 octobre à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. C’est dans ce cadre qu’il est intervenu pour décrypter le discours de la preuve par l’ADN.
L’ADN est souvent considéré, dans le contexte judiciaire, comme la « reine des preuves ». D’où vient cette expression ? 
Dans le droit pénal français, la preuve génétique bouleverse le régime de véridiction judiciaire, qui repose sur la discussion des preuves et admet une part d’approximation et de conviction. La vérité judiciaire n’est donc pas absolue. Or, avec l’ADN, la véridiction judiciaire s’appuie sur une deuxième forme de vérité, la science, et c’est l’usage combiné de ces deux méthodes qui donne toute sa force à la preuve génétique.
C’est pour cette raison que l’ADN est souvent considéré en droit français comme la « reine des preuves » : établie avec l’objectivité, la rigueur et la rationalité de la science, sa fiabilité s’imposerait au juge. A certaines conditions techniques, la preuve génétique permet en effet d’établir avec une certitude frôlant les 100 % que l’ADN prélevé ou recueilli sur une scène d’infraction correspond à celui d’une personne qui fait partie d’un fichier de données génétiques.
Avec quelles conséquences ?
Cette preuve génétique a donné lieu à un discours idéalisé fondé sur l’objectivité de la science, qui ne laisserait plus de place au doute et au débat contradictoire. Avec ce discours, on sort du régime de preuve relative et contestable, évalué par la justice, admettant une dose de reconstruction et de discussion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Une expérience américaine montre que les évaluateurs octroient de meilleurs scores au fil du temps, observe Charles Cuvelliez, professeur en communication, dans une tribune au « Monde ». Un biais cognitif qui pèse lourdement sur la rationalité de nos décisions.
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Processus d’évaluation : « Etre premier en ordre de passage vous pénalisera »

Une expérience américaine montre que les évaluateurs octroient de meilleurs scores au fil du temps, observe Charles Cuvelliez, professeur en communication, dans une tribune au « Monde ». Un biais cognitif qui pèse lourdement sur la rationalité de nos décisions.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h45
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'université libre de Bruxelles (ULB)








                        



                                


                            
Tribune. Si décider de votre horaire de passage à un concours vous a toujours angoissé, vous avez bien raison car c’est loin d’être un détail sans influence sur le résultat. C’est la leçon d’expériences menées par deux chercheurs de l’université de Virginie, qui ont mis en évidence un nouveau biais cognitif (« Do Evaluations Rise With Experience ? » Kieran O’Connor, Amar Cheema, Psychological Science n° 29/5, 1er mars 2018).
Ils ont demandé à un groupe de 168 étudiants de donner un score à dix histoires qu’on leur demandait de lire, à raison d’une histoire par jour, de façon à étaler le processus d’évaluation dans le temps. L’ordre dans lequel les histoires leur étaient données différait selon les étudiants. Or, ce sont les histoires lues dans les derniers jours qui ont eu le meilleur score, peu importe laquelle.
En fait, la note attribuée avait tendance à monter jour après jour. On leur a ensuite demandé, au fur et à mesure qu’ils avançaient dans leur évaluation des dix histoires, de juger la difficulté de cette tâche d’évaluation. Véracité, style, contenu, genre, chacun avait des critères d’évaluation différents, mais tous étaient d’accord pour dire que la tâche devenait plus facile avec le temps.
C’est ce qui fait penser aux chercheurs que notre cerveau confond inconsciemment la facilité à donner un score avec le score lui-même, comme si quelque chose qui devient (plus) facile à évaluer était forcément meilleur ! Et si l’on peut parler de « biais cognitif », c’est parce que les participants étaient persuadés d’évaluer de la même manière au début du test comme à la fin.
L’objectivité existe-t-elle ?
Si on fait le bilan de toutes les situations où une estimation s’étale dans le temps, cette expérience est riche d’enseignements. Passer le premier ou le dernier à l’épreuve orale, c’est un dilemme auquel tous les étudiants font face : les partisans d’aller les premiers à l’examen pensent avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Emmanuel Macron et son gouvernement vont s’employer à stabiliser leur démarche durant le trimestre à venir, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/10/2018
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« Avant les européennes, l’exécutif entend pratiquer activement la politique de “la preuve” »

Emmanuel Macron et son gouvernement vont s’employer à stabiliser leur démarche durant le trimestre à venir, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 08h18
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Après trois longs mois d’avanies, le pouvoir exécutif s’emploie à stabiliser sa démarche et sa feuille de route. Bien sûr, de nouvelles éruptions d’impatience ou d’exaspération sont toujours possibles, à l’instar de celle des enseignants face aux violences scolaires ces derniers jours ou de la jacquerie latente des automobilistes contre la hausse des prix de l’essence.
Mais avant que s’engage, au printemps 2019, la bataille des élections européennes, président et premier ministre entendent bien mettre à profit le trimestre à venir pour pratiquer activement – le mot est du ministre de l’action et des comptes publics, Gérarld Darmanin – la politique par « la preuve ».
La première preuve est celle de la détermination à poursuivre les réformes. Elle a été administrée, lundi 29 octobre, par le chef du gouvernement Edouard Philippe, actuellement conforté par des sondages encourageants, lors d’un comité ministériel sur la « transformation publique ».
La divulgation inopinée, en juillet, du rapport du « Comité action publique 2022 » l’avait, à l’évidence, embarrassé. En pleine affaire Benalla, ces propositions destinées à traduire en action la promesse du candidat Macron de baisser la dépense publique de trois points de produit intérieur brut (PIB) et de réduire de 50 000 le nombre de fonctionnaires, étaient trop urticantes. Ledit rapport avait donc été remisé dans un tiroir.
Le menu est copieux
M. Philippe vient de relancer vigoureusement ce chantier. Plans d’action ministère par ministère, accélération de la « transformation numérique » de l’Etat, simplification des organisations et des modes de fonctionnement, assouplissement du cadre de gestion, transparence et interactivité avec les usagers des administrations, invention de nouveaux « services publics de proximité », développement, voire généralisation assumée, de la contractualisation des agents de l’Etat, enfin encouragement à la mobilité, à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Après la victoire du leader d’extrême droite, les sociétés civiles européennes vont devoir se mobiliser contre l’isolement des démocrates brésiliens, estiment les historiens Antoine Acker et Silvia Capanema dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/10/2018
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Brésil : « Face au risque Bolsonaro, la vigilance des observateurs internationaux sera cruciale »

Après la victoire du leader d’extrême droite, les sociétés civiles européennes vont devoir se mobiliser contre l’isolement des démocrates brésiliens, estiment les historiens Antoine Acker et Silvia Capanema dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 08h52
    |

Antoine Acker (Historien) et Silvia Capanema (Historienne)







                        



                                


                            

Tribune. Voter un livre à la main pour rejeter l’obscurantisme : le dernier geste symbolique des opposants à Jair Bolsonaro n’aura pas suffi à faire basculer le scrutin. Après avoir frôlé l’élection au premier tour, ce dernier s’est imposé, dimanche 28 octobre, avec 55,1 % des voix contre 44,9 % pour son adversaire du Parti des travailleurs (PT), Fernando Haddad.
Son élection survient au terme d’une campagne marquée par la diffusion à grande échelle de fake news sur les réseaux sociaux et par l’exacerbation de la violence physique et verbale. Dans la soirée, des militaires ont célébré la victoire dans les rues de Niteroi, ville située en face de Rio de Janeiro, à l’entrée de la baie de Guanabara, ressuscitant des images que l’on croyait appartenir définitivement au passé.
Une conjonction inédite
Comment expliquer la fulgurante ascension de Jair Bolsonaro qui, il y a quelques mois à peine, faisait figure d’outsider dans le jeu politique brésilien ?
Sur le temps court, la vague de fond qui a porté l’extrême droite au pouvoir apparaît comme le résultat d’une conjonction inédite entre ultralibéralisme, fondamentalisme religieux et dégagisme. Elle signe le rejet du PT, dans lequel les grands groupes médiatiques brésiliens ont joué leur rôle, mais aussi l’échec de la droite traditionnelle, dont le candidat, Geraldo Alckmin, a fait moins de 5 % au premier tour de l’élection, sur fond de crise économique, de déstabilisation institutionnelle et de scandales de corruption.

Sur le temps long, ce scrutin met à jour les fractures historiques de la société brésilienne, à commencer par la mémoire non soldée du régime militaire (1964-1985).
Bolsonaro est un nostalgique de la dictature, dont il reprend les slogans et célèbre les pires tortionnaires. Que cela n’ait pas suffi à bâtir un front républicain contre lui, voilà qui en dit long sur les fragilités de la démocratie brésilienne.
La Constitution...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Plutôt qu’un « coup de rabot » général, repenser l’organisation et la nature des services rendus au plus près des besoins réels permet d’économiser sans réduire l’efficacité, expliquent les universitaires Sébastien Dony et François Meyssonnier dans une tribune au « Monde ».
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Collectivités locales : « Diminuer les dépenses sans nuire au service rendu »

Plutôt qu’un « coup de rabot » général, repenser l’organisation et la nature des services rendus au plus près des besoins réels permet d’économiser sans réduire l’efficacité, expliquent les universitaires Sébastien Dony et François Meyssonnier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h34
    |

Sébastien Dony (Docteur en sciences de gestion) et François Meyssonnier (Professeur en sciences de gestion et chercheur)







                        



                                


                            
Tribune. La maîtrise des dépenses publiques françaises est estimée nécessaire par la Commission européenne, la Cour des comptes française et tous les grands organismes économiques nationaux et internationaux. Les avis d’un grand nombre d’économistes, les sondages d’opinion et les votes exprimés lors des dernières élections nationales convergent pour indiquer que la performance des politiques publiques françaises n’est plus jugée suffisante et que le rapport coûts-avantages est devenu insatisfaisant pour beaucoup.
Des efforts sont engagés au niveau des dépenses de l’Etat ou des hôpitaux, mais cela est beaucoup moins vrai dans les collectivités locales. Le gouvernement insiste actuellement pour que celles-ci prennent leur part de la baisse des dépenses publiques, mais les élus locaux estiment cette orientation peu souhaitable ou difficile, et s’y engagent avec beaucoup de réticences. Une fois éliminés les gaspillages manifestes et les avantages acquis excessifs, la recherche d’économies indifférenciées dans une logique de rabot trouve en effet rapidement ses limites dans la mesure où l’appareil administratif communal est pris dans des contraintes institutionnelles et politiques qui limitent le volontarisme politique en matière budgétaire.
« Metz a classé les jardins municipaux en quatre catégories. Et des standards d’entretien spécifiques ont été fixés pour chacune d’entre elles, afin d’éviter surenchère et gaspillage »
Pourtant, les actions de réduction des coûts menée dans certaines collectivités locales au niveau des prestations de services aux usagers semblent une voie novatrice et efficace pour diminuer les dépenses sans nuire au service rendu, au contraire. Metz, par exemple, a classé les jardins municipaux en quatre catégories : jardins de prestige, jardins traditionnels, jardins naturels et jardins sauvages.
Des standards d’entretien spécifiques ont été fixés pour chaque catégorie, afin d’éviter surenchère et gaspillage....




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Cultiver en ville est devenu un axe des politiques d’aménagement urbain. Mais il est nécessaire de faire évoluer le droit, observe le notaire Xavier Lièvre dans une tribune au « Monde ».
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« Le droit rural n’est pas adapté à l’agriculture urbaine »

Cultiver en ville est devenu un axe des politiques d’aménagement urbain. Mais il est nécessaire de faire évoluer le droit, observe le notaire Xavier Lièvre dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.10.2018 à 09h20
    |

Xavier Lièvre (Notaire associé chez 14 Pyramides)







                        



                                


                            
Tribune. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 20 % des produits consommés seront issus de l’agriculture urbaine en 2030, contre 5 à 8 % aujourd’hui. Pour parvenir à ce taux, de nombreuses villes, comme Montréal ou Paris, s’organisent pour laisser des espaces à disposition des porteurs de projets et des citoyens engagés.
Paris a lancé plusieurs initiatives, dont le programme Parisculteurs, avec pour objectif d’atteindre 30 hectares consacrés à l’agriculture sans pesticides sur les toits, parcs et souterrains de la capitale en 2030. L’exposition « Capitale Agricole. Chantiers pour une ville cultivée » s’est ouverte au Pavillon de l’Arsenal le 1er octobre. Paris a également modifié son plan local d’urbanisme, en imposant la végétalisation de toutes les terrasses de plus de 100 m2 des nouveaux immeubles et l’agriculture urbaine sur celles de plus de 500 m2.

Les projets, portés par des start-up, vont de la culture de safran sur le toit d’un supermarché à l’installation de vignes dans le bois de Vincennes, en passant par la production de plantes pour huiles essentielles sur le toit d’un collège. Ces initiatives s’inscrivent dans un double mouvement, à la fois global et local : les villes croissent de manière importante et tendent à devenir des mégapoles ultraconnectées au monde entier, mais leurs habitants éprouvent un fort besoin de lien local, lié également à la prise de conscience écologique de la part de citoyens qui souhaitent retourner vers des circuits courts d’approvisionnement et manger plus sainement.
Les villes y voient aussi un moyen de lutter contre la pollution urbaine et les îlots de chaleur générés par les surfaces bétonnées ou asphaltées. Après en avoir été bannie, l’agriculture urbaine revient donc en force dans nos villes sous la forme de fermes verticales, d’hydroponie (agriculture hors-sol), de champignonnières souterraines, de serres...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une chronique au « Monde », le chercheur Gilles Dowek s’insurge contre la validation, par le Conseil d’Etat, d’un fichier regroupant les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Le « mégafichier », mythe de l’infaillibilité informatique

Dans une chronique au « Monde », le chercheur Gilles Dowek s’insurge contre la validation, par le Conseil d’Etat, d’un fichier regroupant les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens.



LE MONDE ECONOMIE
 |    30.10.2018 à 06h00
    |

Gilles Dowek, chercheur à l’Inria et enseignant à Paris-Saclay







                        



                                


                            
Chronique Transformations. Le Conseil d’Etat a jugé, le 18 octobre, que le fichier des titres électroniques sécurisés (fichier TES) ne constitue pas une atteinte disproportionnée à la vie privée. Cette décision montre une fois de plus que, par nos choix, nous faisons de l’informatique la meilleure ou la pire des choses – en l’occurrence la pire. Elle illustre aussi l’incapacité du pouvoir, ici judiciaire, à tenir compte de l’avis de la communauté scientifique, mais aussi l’incroyable confiance en la sécurité des systèmes informatiques que provoque l’ignorance.

Retour en arrière : en 2016, le gouvernement français décidait de regrouper dans un seul fichier les données d’état civil et biométriques de tous les citoyens possédant un passeport ou une carte d’identité. Le décret du 28 octobre 2016, qui autorisait la création de ce fichier, a suscité de vives protestations de la communauté scientifique, portant sur trois points.
Le premier était le caractère intrinsèquement liberticide du projet de ficher tous les citoyens. Le Conseil national du numérique, chargé d’éclairer le pouvoir, s’interrogeait ainsi « sur la nécessité même de stocker ces informations sensibles », et la Société informatique de France (dont je suis membre) rappelait que « la disponibilité de moyens d’identification biométrique de plus en plus efficaces fait peser un risque de plus en plus important sur les libertés, qui impose la création de garde-fous robustes. »
« Risque de détournement »
Le deuxième point concernait le risque de voir ce fichier utilisé à d’autres fins que son intention initiale. La présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés déclarait, dans une audition au Sénat, que « cette exhaustivité comme la sensibilité des données biométriques présentent un risque de détournement de finalité. » Et la Société informatique de France rappelait que « des régimes autoritaires ont déjà, par le...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’analyse des résultats de la présidentielle au Brésil montre la perte d’influence de l’Eglise catholique et l’influence des évangélistes, selon le professeur d’économie Luiz Felipe de Alencastro, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Au Brésil, « Bolsonaro a été élu avec une forte proportion de votes des fidèles évangéliques »

L’analyse des résultats de la présidentielle au Brésil montre la perte d’influence de l’Eglise catholique et l’influence des évangélistes, selon le professeur d’économie Luiz Felipe de Alencastro, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.10.2018 à 06h00
    |

Luiz Felipe de Alencastro (Professeur à l’école d’économie de Sao Paulo-FGV, professeur émérite de Sorbonne Université)







                        



                                


                            
Tribune. S’il est encore tôt pour tirer les conclusions des élections qui viennent de se clore, il est déjà possible de souligner un fait inédit. Pour la première fois depuis plus de deux siècles d’histoire constitutionnelle aux Amériques, l’extrême droite est portée au pouvoir par le suffrage populaire dans un pays du Nouveau Monde (55,1 % des voix, contre 44,9 % pour le candidat de gauche, Fernando Haddad). Le raz-de-marée de la victoire de Jair Bolsonaro et de ses partisans bouleverse la politique brésilienne.
Les élections pour les postes de gouverneur amplifient les secousses du scrutin présidentiel. Treize partis se partageront la direction des 26 Etats et du District fédéral (Brasilia). Avec quatre gouverneurs élus sous son étiquette et cinq autres alliés, le Parti des travailleurs (PT, gauche) sera, pour la première fois, le parti politique dominant dans les neuf Etats du Nordeste. Le Parti social libéral de M. Bolsonaro, quant à lui, n’en a que trois. Mais la majorité des autres gouverneurs – à part ceux du Nordeste – sont des alliés de facto du nouveau président. C’est notamment le cas dans les trois Etats les plus peuplés et les plus riches du pays, Sao Paulo, Rio de Janeiro et Minas Gerais.
Les trois grands partis de la transition démocratique sont les grands perdants de ces élections : le PT de Lula, le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) de Fernando Henrique Cardoso et le Mouvement démocratique brésilien (MDB, ancien PMDB), le parti de centre-droit du président sortant Michel Temer, qui finit son mandat avec des taux records d’impopularité. Les fondateurs et dirigeants de ces trois formations furent les principaux vecteurs des luttes politiques et sociales qui ont mis en échec la dictature militaire (1964-1985) et donnèrent lieu à la « nouvelle République » incorporée par la Constitution de 1988, toujours en vigueur. Leur faillite met ainsi en danger les garanties inscrites dans la Constitution la plus libérale...




                        

                        


<article-nb="2018/10/30/18-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que le ministre de l’éducation doit annoncer, mardi 30 octobre, une série de mesures pour lutter contre les violences scolaires, dans une tribune au « Monde », Yannick Trigance, conseiller régional Ile-de-France (PS), met en garde contre une surenchère sécuritaire inefficace.
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Par  Yannick Trigance   Publié hier à 14h51, mis à jour hier à 19h08   Lecture 3 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail        Article réservé aux abonnés                  Un lycéen de 16 ans, soupçonné d’avoir braqué sa professeure au lycée Edouard-Branly de Créteil avec une arme qui s’est révélée factice, a été mis en examen, le 21 octobre. AURORE MESENGE, LISE BOLLOT / AFP             Tribune. L’émotion est particulièrement forte après la violence subie par l’enseignante de Créteil. Cette émotion dépasse aujourd’hui ce seul événement et se transforme en une « libération » de la parole des enseignants avec l’apparition du hashtag « #PasdeVague ».          Aussi convient-il d’apporter des réponses à ce malaise, en s’appuyant sur un état des lieux aussi objectif que possible et sans en rester au stade des généralisations telles que « la dérive des jeunes », « l’absence de respect » ou encore « la perte de repères ».          Un élève sur dix harcelé          Depuis plusieurs années, toutes les enquêtes concernant la violence scolaire montrent que, malgré les alternances politiques, la politique engagée depuis 2010 marque des points. Le ministre de l’éducation lui-même a d’ailleurs reconnu que la violence scolaire n’augmente pas, ce que confirment différentes enquêtes ministérielles, tout comme l’enquête Pisa 2015.          De même, la lutte contre le harcèlement scolaire porte ses fruits – un élève sur dix est harcelé, ce qui est encore trop, selon les enquêtes d’Eric Debarbieux, expert reconnu internationalement, ancien délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire –, le taux de victimisation a baissé et globalement la France est plutôt bien placée dans la lutte contre le harcèlement.             Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  « L’érosion de l’autorité professorale est à lire à l’aune de l’importance qu’a pris le présent dans nos sociétés »             De plus, il est à noter que, toujours selon les études d’Eric Debarbieux, l’éducation nationale n’est pas laxiste au sens où le volume des expulsions temporaires est important au point que, comme l’a montré Benjamin Moignard, codirecteur de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention, il existe dans certains départements l’équivalent d’un collège fermé chaque jour par rapport au nombre d’exclusions prononcées.                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    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Chronique

« La volonté chinoise de censurer les opinions critiques en Afrique a de quoi inquiéter »

Investissements dans les médias, opérations séduction, pressions : pour contrôler son image, Pékin manie le chaud et le froid, décrypte notre chroniqueur.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 14h36

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h33






    
Dans les locaux de la chaîne CCTV Africa à Nairobi, la capitale kényane, en juin 2012.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Chronique. « J’ai écrit mon éditorial sur la répression des musulmans ouïgours dans la province chinoise du Xinjiang. Quelques heures après la sortie de l’édition papier contenant mon article, j’ai appris que celui-ci ne serait pas mis en ligne. Le lendemain, ma chronique hebdomadaire était supprimée. » Azad Essa est le premier journaliste en Afrique à subir de plein fouet la censure imposée par la Chine aux médias.
Sa chronique, « Au bout du monde », était publiée chaque semaine depuis septembre 2016 dans des titres appartenant à Independent Media, le deuxième plus grand groupe d’information sud-africain. Une entreprise contrôlée à 20 % par le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund) et la société de diffusion China International Television Corporation (CITVC).
« Dans une démocratie comme l’Afrique du Sud, il n’est pas acceptable que la ligne éditoriale d’un média dépende de la nationalité de ses investisseurs, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF). Cet exemple reflète l’influence croissante exercée par Pékin hors de ses frontières et qui vise à imposer un nouvel ordre médiatique mondial, dont l’éthique journalistique et le droit des citoyens à l’information seraient exclus. »
« Nous ne sommes pas des marionnettes »
L’affaire concerne cette fois un journaliste, mais elle n’est pas le seul exemple de cette volonté de contrôler son image. Le 29 septembre, un professeur de droit, Patrick Loch Otieno Lumumba, s’est ainsi vu refuser l’entrée en Zambie, un pays extrêmement dépendant des prêts chinois. Le Kényan, dont les positions très critiques sont connues, était invité à s’exprimer lors d’une conférence sur l’influence de la Chine en Afrique, mais il a été bloqué à l’aéroport et renvoyé à Nairobi « pour raisons de sécurité ».
En Namibie, à l’approche du sommet Chine-Afrique de septembre, l’ambassadeur Zhang Yiming a demandé publiquement au président Hage Geingob de manifester plus d’enthousiasme vis-à-vis de Pékin et d’affirmer un « soutien politique fort » dans son discours lors de cet événement diplomatique. « Vous ne devriez pas nous dire ce que nous devons faire, lui a répondu le chef d’Etat. Nous ne sommes pas des marionnettes. »

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En Afrique du Sud encore, l’universitaire Anthony Ross s’est vu refuser un visa pour la Chine, ses cours étant jugés trop critiques : « On m’a dit que je m’attachais trop aux problèmes de Taïwan, du Tibet, du Xinjiang et à la Révolution culturelle. » Le consulat aurait affirmé au directeur du Centre d’études chinoises de l’université de Stellenbosch qu’il ne pourrait plus se rendre dans le pays tant que ses cours ne mettraient pas davantage en lumière les succès de la « Nouvelle Chine ». Pour Anthony Ross, l’empire du Milieu demande de plus en plus aux Africains de le représenter d’« une certaine manière ».
Cette propagande est plus ou moins douce. Elle peut prendre la forme d’investissements – et l’on sait que Pékin a les poches profondes. Le groupe chinois StarTimes, qui distribue déjà ses programmes sur les réseaux câblés du continent, est par exemple devenu récemment l’actionnaire majoritaire du fournisseur sud-africain d’accès satellite TopTV. Au Sénégal, le quotidien national Le Soleil distribue gratuitement le magazine Chinafrique du groupe d’Etat Beijing Review. Et même en Europe, selon une enquête de Bloomberg News, la Chine aurait investi ces dix dernières années près de 3 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) en prises de participations dans divers médias.
La chaîne CGTN Africa a installé ses studios au Kenya et inonde le continent depuis 2012 de ses informations largement inspirées de la propagande des médias officiels chinois. Sans compter l’agence de presse Chine nouvelle (Xinhua), forte de 7 000 employés dans le monde, qui s’appuie sur deux bureaux régionaux implantés au Caire et à Nairobi, et sur des correspondants dans tous les pays d’Afrique. Ses dépêches sont proposées gratuitement aux médias du continent, offrant ainsi une autre voix que celle des grandes agences occidentales.
Cours de mandarin et de marxisme
La pluralité des médias et des opinions est une bonne chose pour l’Afrique, et l’on comprend que la Chine ne s’estime pas forcément bien servie par la presse occidentale. Mais cette volonté un peu trop pressante de censurer les opinions critiques a de quoi inquiéter.
Pour quelqu’un qui vit en Chine, les médias d’Etat sont d’une triste uniformité. Le chef de l’Etat fait quotidiennement les gros titres, le manque d’esprit critique est criant. Les grandes chaînes d’information ne sont visibles que dans certains hôtels, et sur Internet la censure bloque aussi bien les sites du New York Times, de Radio France internationale (RFI) ou encore du Monde que des moteurs de recherche comme Google.

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Plus insidieux, peut-être, ces « groupes d’étude » organisés par le ministère chinois des affaires étrangères. Lancés en 2015, ils proposent des voyages en Chine tous frais payés, sous l’étiquette de « formations », à un millier de journalistes africains chaque année. De retour récemment d’un reportage dans la ville de Yiwu, au sud de Shanghaï, j’ai ainsi croisé par hasard dans l’avion qui me ramenait à Pékin un groupe de vingt Zimbabwéens achevant un séjour d’un mois dans le pays. Une journaliste (qui préfère ne pas donner son nom) m’en a détaillé le programme : visite des zones économiques spéciales de Yiwu puis des télévisions locales et, surtout, exposé sur la puissance économique chinoise, apprentissage du mandarin et cours de marxisme. Pas un seul jour de repos dans ce cursus d’un mois, mais une enveloppe de 400 dollars remise à chaque participant pour ses frais alors que l’hébergement, le transport et la nourriture étaient pris en charge.
Les journalistes – dont c’était, pour la plupart, la première visite dans le pays – en sortent séduits par l’avance technologique de la deuxième puissance économique mondiale, mais ont-ils pour autant compris la Chinafrique ? Non. La jeune journaliste m’expliquait combien les Chinois avaient du mal à communiquer en anglais, à s’ouvrir à la diversité des cultures africaines et à expliquer leur politique sur le continent.

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Alors que manque-t-il vraiment à cette Chinafrique ? Ni l’argent, ni l’ambition. Mais peut-être la volonté de partager plutôt que d’imposer sa marque. Aucun réfugié africain n’a été accueilli par l’empire du Milieu alors que même son voisin japonais, pourtant très fermé aux étrangers, en reçoit quelques dizaines chaque année. Les visas sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les ressortissants du continent qui ne passent pas par les programmes officiels d’échanges ou par une bourse universitaire. Et les jeunes qui en ont bénéficié repartent finalement dans leur pays avec l’image d’une Chine certes généreuse mais fermée, hermétique aux influences étrangères.
« Là-bas, on vient encore me toucher la peau pour savoir si je suis vraiment noire », me raconte cette jeune Zimbabwéenne. Voilà qui en dit long sur la distance qui sépare encore beaucoup de Chinois de l’Afrique, et qui semble se mesurer en années-lumière. Le soft power de Pékin avance certes à plein régime, mais il semble manquer son but.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica.info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.
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Brésil : inquiétant retour du passé

Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 14h39
   





                        



Editorial du « Monde ». Le Brésil vient d’élire un président raciste, sexiste, homophobe et partisan de la torture. Ancien parachutiste, nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait à jamais révolue, Jair Bolsonaro est le premier militaire élu depuis l’accession au pouvoir, en 1946, de Gaspar Dutra.
Avec une très large majorité (55,1 % des voix), le candidat d’extrême droite ferme une parenthèse de l’histoire brésilienne de treize années de gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, à laquelle s’ajoutent trente-trois ans d’alternance politique modérée entre le centre gauche et le centre droit. Qu’il s’agisse de l’élection de Sebastian Pinera au Chili, de Mauricio Macri en Argentine ou d’Ivan Duque en Colombie, les grandes consultations politiques d’Amérique latine vont dans un sens unilatéral que seule la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique a pris à rebours. Hormis cette exception, le « tournant à gauche » du sous-continent a vécu.
Au Brésil, la destitution de la présidente, Dilma Rousseff, en août 2016, la condamnation de son prédécesseur, Lula, en juillet 2017, puis son emprisonnement en avril 2018 et son interdiction de briguer un nouveau mandat sont autant d’événements qui s’inscrivent dans le contexte d’une droitisation de plus en plus marquée du plus grand pays d’Amérique du Sud.

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Aucune ambiguïté sur son extrémisme
Le parcours du futur président ne souffre d’aucune ambiguïté sur son extrémisme. Elu député dès 1991, Jair Bolsonaro est ensuite accusé d’avoir tenté d’organiser des attentats afin d’attirer l’attention sur la faiblesse des salaires des militaires, ce qui lui vaut de passer quinze jours en prison. Il faut attendre la fin de la décennie 1990 pour que l’opinion publique découvre sa violence verbale.
En plein Congrès, en 1999, il regrette que la dictature n’ait pas exécuté 30 000 personnes corrompues supplémentaires, dont le président de l’époque, Fernando Henrique Cardoso. Quatre ans plus tard, au cours d’un débat télévisé, il lance à la député PT Maria do Rosario qu’il ne la violerait jamais, car elle ne le méritait pas. Un propos qu’il répète, onze ans plus tard, dans les couloirs du Congrès, à l’adresse de celle qui est devenue entre-temps secrétaire aux droits de l’homme sous Dilma Rousseff.
A 63 ans, Jair Bolsonaro est, de loin, le chef d’Etat de droite élu le plus extrémiste de l’histoire récente d’Amérique latine. Outre sa violence verbale, il se distingue avec une certaine constance par son racisme vis-à-vis des peuples indigènes et des Noirs, par sa misogynie et son culte des armes à feu. Cette rhétorique lui vaut rapidement d’être désigné par la presse comme le « Trump brésilien » ou le « Trump tropical ».

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Un ultranationalisme chimiquement pur
La campagne électorale de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Les discours de Jair Bolsonaro, faiblement articulés, se réduisent à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le Brésil, invoqué dans quasiment toutes ses phrases, doit être libéré, selon lui, nettoyé et purifié des « délinquants » et des « rouges ». Toute sa capacité à gouverner dépendra désormais de la manière dont il s’y prendra pour rassembler autour de lui une majorité solide au Parlement, malgré ses orientations radicales. En cas de minorité, il présidera par décrets, comme il l’a déjà évoqué.
Le Brésil vient s’ajouter à la liste déjà longue des pays qui ont basculé dans le national-populisme un peu partout dans le monde, donnant le sentiment qu’aucun continent n’est immunisé contre cette montée. Cette dynamique dangereuse va se traduire rapidement par des effets très concrets au Brésil.
Ainsi, avec l’arrivée de M. Bolsonaro au palais du Planalto, à Brasilia, on doit s’attendre à un resserrement diplomatique spectaculaire avec Washington et un Donald Trump qui partage une même vision sur un certain nombre de sujets. Le nouveau chef d’Etat devrait s’aligner sur la position des Etats-Unis à propos d’Israël, mais aussi du Venezuela. Et puis, il a promis que, sous son mandat, le Brésil sortira de l’accord de Paris sur le climat et mettra un terme à l’agence brésilienne chargée du contrôle de la déforestation et de la démarcation des terres indigènes. Pour le Brésil, l’Amazonie et la planète, il s’agit d’un inquiétant retour du passé.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Ce n’est pas la jeunesse qui cherche à fuir la mixité et l’engagement, ce sont les classes favorisées, estime un collectif d’associations de jeunes dans une tribune au « Monde ». Il n’est pas juste de lui faire porter ces problématiques sociétales.
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« Imposer le service national universel est un non-sens »

Ce n’est pas la jeunesse qui cherche à fuir la mixité et l’engagement, ce sont les classes favorisées, estime un collectif d’associations de jeunes dans une tribune au « Monde ». Il n’est pas juste de lui faire porter ces problématiques sociétales.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h29
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement actuel déplore un manque crucial de brassage social et territorial et d’engagement au sein de notre société. Problématique à laquelle il souhaite répondre par un service national universel (SNU) imposé à chaque jeune. Pour nous, le SNU est une mauvaise réponse à des vraies questions. Une mauvaise traduction des concepts d’« engagement », de « mixité » et de « citoyenneté ».
Nous aussi, associations de jeunesse, partageons l’idée que notre société souffre de ségrégation, de l’absence de rencontres, de solidarité et de gestes gratuits. Oui, il y a urgence à agir et à repenser notre manière de faire société. Nous voulons coconstruire et coporter l’idée d’une société ouverte, construite sur des mixités, de la gratuité, des solidarités et de l’attention portée à l’autre. Effectivement, ces enjeux dépassent le cadre de la jeunesse. Si le gouvernement veut travailler sur une universalité, nous y sommes prêts.
Aujourd’hui, le projet présenté et quasi définitif n’est pas universel. Il assigne à une tranche d’âge de porter ces problématiques sociétales. Par un internat imposé de quinze jours ou un mois, le SNU entend apprendre aux jeunes de 16 à 25 ans la citoyenneté, la mixité et l’engagement. Mais par ce dispositif imposé uniquement aux jeunes, le gouvernement fait une lecture bien simpliste du défi ! Nous le répétons : la contrainte n’est pas la réponse. L’engagement ne peut être que volontaire. L’imposer est un non-sens.
Une carence de politiques publiques
Si notre pays souffre d’une absence de brassage social et territorial, c’est que nous manquons de politiques publiques permettant à l’ensemble de la population de se rencontrer. L’enjeu des mixités ne peut et ne saurait être porté par la jeunesse seule. Les travaux de la Fondation Jean-Jaurès et de Thomas Piketty montrent que ce n’est pas la jeunesse qui fuit les mixités, mais les classes favorisées.
Nous pensons que c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.
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Quand les fonds de pensions ne veulent plus faire de politique

Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h18
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Les plus anciens se souviennent de Bill Crist, emblématique président du fonds de pension des fonctionnaires de Californie CalPERS. C’était au milieu des années 1990, les actionnaires minoritaires s’invitaient dans les conseils d’administration pour forcer les dirigeants à gérer leurs entreprises dans l’intérêt des actionnaires. Au fil des ans, les fonds de pension avaient pris l’habitude de faire de la politique, s’engageant pour forcer les entreprises à être plus sociales, respectueuses de l’environnement. Et puis, au mois d’octobre, les pensionnés de Californie ont dit cela suffit.
« Mon seul boulot, c’est de garantir nos retraites », a proclamé le sergent de police Jason Perez. Et il a renversé avec près de 57 % des voix la présidente sortante Priya Mathur, dont il avait combattu la politique. « Mathur a mis en péril la sécurité de nos retraites, parce qu’elle s’est fixé des priorités d’investissements environnementales, sociales et de gouvernance sans prendre en compte les autres risques », avait accusé le sergent, reprochant à son adversaire d’être « déconnectée, convaincue que son rôle est de faire le tour du monde, de faire sonner la cloche de la Bourse de Londres et de discuter avec les responsables des Nations unies ».
CalPERS, qui gère 360 milliards de dollars, a terriblement souffert de la crise financière, et de sa foi dans le capitalisme, persuadé que ses actions lui rapporteraient 8 % par an. Aujourd’hui, les retraites des fonctionnaires de Californie ne sont financées qu’à 70 % – le « trou » est supérieur à 100 milliards de dollars.
Résultat, le fonds résiste désormais aux injonctions morales. Vendez vos actions dans le tabac, les armes et le charbon, lui demande-t-on. Cette politique, engagée dans les années 1980 avec le retrait d’Afrique du Sud pendant l’apartheid, lui avait fait perdre 7,9 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) à la mi-2017.
Tout le monde...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les expériences de Mitterrand ou de Kohl rappellent que gouverner, c’est assumer ses choix et les efforts coûteux que nécessite leur réalisation, explique Stefan Seidendorf dans une tribune au « Monde » au lendemain d’un désaveu pour le CDU d’Angela Merkel lors d’élections régionales en Hesse.
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Stefan Seidendorf : « Après la Bavière, la Hesse : et si on commençait à gouverner ? »

Les expériences de Mitterrand ou de Kohl rappellent que gouverner, c’est assumer ses choix et les efforts coûteux que nécessite leur réalisation, explique Stefan Seidendorf dans une tribune au « Monde » au lendemain d’un désaveu pour le CDU d’Angela Merkel lors d’élections régionales en Hesse.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h25
    |

Stefan Seidendorf (Directeur adjoint de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg)







                        



                                


                            

Tribune. Après la Bavière, la Hesse… Les résultats des élections régionales allemandes passent et se ressemblent désormais. Aux pertes historiques du parti conservateur en Bavière répond la chute de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en Hesse. La débâcle des sociaux-démocrates en Bavière annonçait leurs résultats historiquement bas en Hesse, le Land qu’ils avaient gouverné pendant cinquante-quatre ans. Le plus vieux parti européen semble désormais menacé dans son existence même. Qui souhaite la survie de la coalition au pouvoir à Berlin devrait se préoccuper des états d’âme du Parti social-démocrate (SPD), où les militants ont de plus en plus de mal à résister à la panique.
Pourquoi ce désamour dramatique des électeurs ? Au-delà des constellations régionales, il s’agit d’une réaction à l’image désolante du gouvernement fédéral. La grande coalition – une cohabitation difficile entre les conservateurs de la CDU, leur branche bavaroise, l’Union chrétienne-sociale (CSU ), et les sociaux-démocrates du SPD – est paralysée par une triple querelle : discorde d’abord entre les chefs de la CSU en Bavière et à Berlin. Désaccord ensuite entre les deux branches conservatrices au sein du gouvernement, entre le ministre de l’Intérieur et la Chancelière et, enfin, mésentente entre le SPD et la CDU-CSU.

Si les sociaux-démocrates assistent la plupart du temps en spectateurs incrédules aux psychodrames conservateurs, les mauvais résultats régionaux et l’embarras face à l’héritage empoisonné des années Schröder font douter le SPD. Faut-il se fondre dans la « grande coalition » d’Angela Merkel, en réalisant un travail « sérieux » et « solide » ?
Depuis sa prise de fonctions en mars, le gouvernement réalise des réformes sociales clairement inspirées par les préférences du SPD. Mais cette stratégie n’est pour le moment pas payante face au spectacle des conservateurs. Alors faut-il sortir du gouvernement avec fracas, en provoquant des...




                        

                        

