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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le groupe IFMG, en pleine expansion, a dû recourir à la location moyenne durée pour certains de ses véhicules. Benjamin Gouyon, responsable des services généraux de l’entreprise, explique comment ce type de contrat l’a soulagé.
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Flotte d’entreprise : « La location moyenne durée permet de couvrir les besoins de mobilité immédiats »

Le groupe IFMG, en pleine expansion, a dû recourir à la location moyenne durée pour certains de ses véhicules. Benjamin Gouyon, responsable des services généraux de l’entreprise, explique comment ce type de contrat l’a soulagé.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 18h00
    |

                            Eric Gibory








                        



                                


                            

« En interne, la demande en matière de location moyenne durée explose. » Le constat de Benjamin Gouyon, responsable des achats et des services généraux d’IFMG (Impact Field Marketing Group) est sans appel : les véhicules loués sur des durées intermédiaires sont de plus en plus demandés par les différents départements de ce spécialiste des forces de vente « supplétives » (fournies par un prestataire en cas de nécessité ponctuelle).

Numéro deux en France sur son marché, IFMG vise le leadership européen et doit faire face à une crise de croissance. « Quand je suis arrivé, il y a trois ans, la flotte était gérée de manière empirique, explique Benjamin Gouyon. Il a fallu s’organiser au fur et à mesure que les effectifs s’étoffaient. »
« Sur un, deux ou trois mois, la location longue durée s’avère trop compliquée à gérer. » Benjamin Gouyon, responsable des achats et des services généraux d’IFMG
IFMG est déjà à la tête d’une flotte de 550 véhicules financés en location longue durée auprès de quatre prestataires différents. Ces véhicules de société deux places et ces camionnettes correspondent aux impératifs de mobilité pour les contrats récurrents, sur une ou plusieurs années. Parallèlement à ces missions de long terme, IFMG répond de plus en plus à des demandes d’interventions temporaires. « Sur un, deux ou trois mois, la location longue durée s’avère trop compliquée à gérer », constate Benjamin Gouyon. Pour ses besoins ponctuels, IFMG a donc étudié l’offre en matière de moyenne durée et a mis en concurrence deux des principaux loueurs longue durée français. Le choix s’est fait sur la qualité de service. « Il fallait être capable de mettre de l’humain sur une solution temporaire, et ALD Automotive y est parvenu », précise Benjamin Gouyon.
Se prémunir aussi des risques
Depuis la signature du contrat, IFMG est devenu l’un des principaux clients d’ALD Rent, la solution de location moyenne durée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Des prestataires proposent aux sociétés la location de véhicules sans permis. Une nouvelle offre qui pourrait intéresser plusieurs millions de personnes en France.
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Flottes d’entreprise : des voitures sans permis pour les professionnels

Des prestataires proposent aux sociétés la location de véhicules sans permis. Une nouvelle offre qui pourrait intéresser plusieurs millions de personnes en France.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 12h00
    |

                            Eric Gibory








                        



   


Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 600 000 conducteurs rouleraient sans permis. Rent a Car s’est associé au constructeur Aixam pour mettre sur pied une offre spécifique. Pour les professionnels ou les particuliers qui n’ont pas le permis B ou dont le permis a été invalidé ou provisoirement suspendu, Aixam construit des camionnettes et des automobiles dont les vitesses maximales ne dépassent pas les 45 km/h. « Deux tiers de nos clients sont des actifs qui utilisent leur voiture pour se rendre au travail », précise Philippe Colançon, directeur général d’Aixam. Le réseau de location Aixam by Rent a Car devrait compter 100 agences d’ici à quelques mois. Trois catégories d’autos et deux de camionnettes sont déjà proposées. Les véhicules peuvent être loués à la journée, au week-end, à la semaine et sur un ou plusieurs mois avec des tarifs dégressifs selon la durée. En comptant les 10 millions de personnes n’ayant pas le permis B en France, il existe un vivier de clients pour cette nouvelle offre.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Les équipementiers ne vendent plus seulement des pièces détachées, mais des systèmes complets. Sur un marché mondialisé, leur situation est de plus en plus exposée, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».
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« La tempête boursière essuyée par Valeo tient aux vents mauvais qui soufflent sur le marché automobile »

Les équipementiers ne vendent plus seulement des pièces détachées, mais des systèmes complets. Sur un marché mondialisé, leur situation est de plus en plus exposée, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 11h30
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Mais que se passe-t-il donc chez Valeo, dont l’ascension industrielle et boursière était citée en exemple ? L’équipementier automobile a essuyé, vendredi 26 octobre, une véritable tempête à la Bourse de Paris : au lendemain de la publication d’objectifs 2018 une nouvelle fois revus à la baisse, sa valeur boursière a fondu de 21 %, portant la chute à 62 % depuis le 1er janvier.
Longtemps très appréciée au sein du CAC40, l’action est retombée à son niveau de l’automne 2013. Et la période qui s’ouvre s’annonce difficile, pour Valeo comme pour son concurrent français, Faurecia, en raison d’une stagnation prévisible du marché automobile en 2019-2020.
Il ne faut pas chercher bien loin le revers de fortune du groupe, qui conservera toutefois une marge opérationnelle de plus de 6 % cette année. Très dépendant des ventes de véhicules, il essuie les vents mauvais qui commencent à souffler sur le marché.

Les « phénomènes négatifs » sont nombreux, confiait au Monde le PDG de Valeo, Jacques Aschenbroich, peu avant le Mondial de Paris : homologation plus difficile des véhicules en Europe avec les nouvelles normes d’émissions polluantes (WLTP) ; recul sans précédent des ventes de voitures en Chine (- 5 % au troisième trimestre) ; guerre commerciale lancée par Donald Trump pénalisant les constructeurs allemands, très gros clients de Valeo ; coût des matières premières ; perspective d’un Brexit dur.
Le modèle du fournisseur-roi remis en cause
Il est révolu le temps où Valeo n’était qu’un poids léger ; il est plus que jamais exposé au marché mondial. A marche forcée, M. Aschenbroich en a fait le numéro 9 mondial et l’un des leaders dans des produits de plus en plus high-tech grâce, à des investissements massifs dans ses usines et en recherche & développement. Au point de présenter au dernier salon de Paris une « voiture Valeo » bourrée d’équipements maison, alors que son patron...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.
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Brésil : inquiétant retour du passé

Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 14h39
   





                        



Editorial du « Monde ». Le Brésil vient d’élire un président raciste, sexiste, homophobe et partisan de la torture. Ancien parachutiste, nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait à jamais révolue, Jair Bolsonaro est le premier militaire élu depuis l’accession au pouvoir, en 1946, de Gaspar Dutra.
Avec une très large majorité (55,1 % des voix), le candidat d’extrême droite ferme une parenthèse de l’histoire brésilienne de treize années de gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, à laquelle s’ajoutent trente-trois ans d’alternance politique modérée entre le centre gauche et le centre droit. Qu’il s’agisse de l’élection de Sebastian Pinera au Chili, de Mauricio Macri en Argentine ou d’Ivan Duque en Colombie, les grandes consultations politiques d’Amérique latine vont dans un sens unilatéral que seule la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique a pris à rebours. Hormis cette exception, le « tournant à gauche » du sous-continent a vécu.
Au Brésil, la destitution de la présidente, Dilma Rousseff, en août 2016, la condamnation de son prédécesseur, Lula, en juillet 2017, puis son emprisonnement en avril 2018 et son interdiction de briguer un nouveau mandat sont autant d’événements qui s’inscrivent dans le contexte d’une droitisation de plus en plus marquée du plus grand pays d’Amérique du Sud.

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Aucune ambiguïté sur son extrémisme
Le parcours du futur président ne souffre d’aucune ambiguïté sur son extrémisme. Elu député dès 1991, Jair Bolsonaro est ensuite accusé d’avoir tenté d’organiser des attentats afin d’attirer l’attention sur la faiblesse des salaires des militaires, ce qui lui vaut de passer quinze jours en prison. Il faut attendre la fin de la décennie 1990 pour que l’opinion publique découvre sa violence verbale.
En plein Congrès, en 1999, il regrette que la dictature n’ait pas exécuté 30 000 personnes corrompues supplémentaires, dont le président de l’époque, Fernando Henrique Cardoso. Quatre ans plus tard, au cours d’un débat télévisé, il lance à la député PT Maria do Rosario qu’il ne la violerait jamais, car elle ne le méritait pas. Un propos qu’il répète, onze ans plus tard, dans les couloirs du Congrès, à l’adresse de celle qui est devenue entre-temps secrétaire aux droits de l’homme sous Dilma Rousseff.
A 63 ans, Jair Bolsonaro est, de loin, le chef d’Etat de droite élu le plus extrémiste de l’histoire récente d’Amérique latine. Outre sa violence verbale, il se distingue avec une certaine constance par son racisme vis-à-vis des peuples indigènes et des Noirs, par sa misogynie et son culte des armes à feu. Cette rhétorique lui vaut rapidement d’être désigné par la presse comme le « Trump brésilien » ou le « Trump tropical ».

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                Résultats de l’élection au Brésil : qui a voté pour Jair Bolsonaro, qui a voté contre lui ?



Un ultranationalisme chimiquement pur
La campagne électorale de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Les discours de Jair Bolsonaro, faiblement articulés, se réduisent à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le Brésil, invoqué dans quasiment toutes ses phrases, doit être libéré, selon lui, nettoyé et purifié des « délinquants » et des « rouges ». Toute sa capacité à gouverner dépendra désormais de la manière dont il s’y prendra pour rassembler autour de lui une majorité solide au Parlement, malgré ses orientations radicales. En cas de minorité, il présidera par décrets, comme il l’a déjà évoqué.
Le Brésil vient s’ajouter à la liste déjà longue des pays qui ont basculé dans le national-populisme un peu partout dans le monde, donnant le sentiment qu’aucun continent n’est immunisé contre cette montée. Cette dynamique dangereuse va se traduire rapidement par des effets très concrets au Brésil.
Ainsi, avec l’arrivée de M. Bolsonaro au palais du Planalto, à Brasilia, on doit s’attendre à un resserrement diplomatique spectaculaire avec Washington et un Donald Trump qui partage une même vision sur un certain nombre de sujets. Le nouveau chef d’Etat devrait s’aligner sur la position des Etats-Unis à propos d’Israël, mais aussi du Venezuela. Et puis, il a promis que, sous son mandat, le Brésil sortira de l’accord de Paris sur le climat et mettra un terme à l’agence brésilienne chargée du contrôle de la déforestation et de la démarcation des terres indigènes. Pour le Brésil, l’Amazonie et la planète, il s’agit d’un inquiétant retour du passé.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le gouvernement italien n’est pas prêt à modifier son budget comme le lui demande la Commission européenne. Sauf si la situation s’aggrave sur les marchés.
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Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

Le gouvernement italien n’est pas prêt à modifier son budget comme le lui demande la Commission européenne. Sauf si la situation s’aggrave sur les marchés.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h51
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, mais le gouvernement italien aura tout fait, durant le week-end, pour persuader l’opinion du contraire. Vendredi 26 octobre, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note de la dette souveraine italienne, mais assorti cette décision d’une « perspective négative ». Autrement dit, sans une sérieuse inflexion politique, l’Italie court le risque d’une dégradation la prochaine fois que l’agence se penchera sur son cas. Tout au plus a-t-elle obtenu un léger sursis lui permettant de rester deux niveaux au-dessus de la zone de « non-investissement ».

Le président du conseil, Giuseppe Conte, a qualifié cette décision de « correcte », assurant que, bientôt, « les marchés comprendront le bien-fondé de [ces] mesures ». De son côté, son vice-premier ministre, Luigi Di Maio, après avoir constaté que l’Italie n’avait pas été dégradée, a balayé les réserves de S&P et assuré que « le gouvernement ne s’arrêtera pas ».
Pourtant, une semaine après la décision de Moody’s, qui avait placé la dette italienne sur la dernière marche avant l’enfer des « junk bonds » (obligations pourries), la nouvelle n’a vraiment rien de rassurant. Les explications accompagnant l’annonce sont accablantes : même si les réserves de l’agence s’expriment en des termes mesurés et raisonnables, S&P dresse un véritable réquisitoire contre la politique suivie par le gouvernement Conte, qui « risque d’affaiblir la performance de croissance de l’Italie ».
Extrême fébrilité sur les marchés
Le point sur lequel S&P s’avère le plus critique est la volonté de revenir sur la réforme des retraites (loi Fornero) adoptée en 2011. Cette décision « risque d’inverser les effets de la précédente réforme », au point de « menacer, à long terme, la soutenabilité des comptes publics ». Pour finir, l’agence assène que ces choix politiques devraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.
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Reportage

Le revenu universel au Kenya, « le petit coup de pouce » qui peut tout changer

Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.10.2018 à 10h39

     •
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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h40






    
Monica, 30 ans, est l’une des bénéficiaires du revenu universel versé par l’ONG Give Directly dans le cadre d’une étude au Kenya, dans la région de Bondo (ouest). Grâce aux 19,50 euros qu’elle touche chaque mois, elle a investi dans l’élevage de poulets.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


Jusqu’à récemment, le seul horizon de Molly était la fin de la journée. Labourer le champ d’un autre, gagner juste assez d’argent pour manger, et recommencer. « Un cercle sans fin dont je n’arrivais pas à m’extirper », raconte cette jeune femme de 25 ans. Une histoire banale dans son village de la région de Bondo, dans l’ouest du Kenya, où la plupart des habitants vivent plus que simplement et s’échinent à faire pousser du maïs, du millet ou du coton sur un sol ocre et poussiéreux.
Mais tout cela, raconte-t-elle, c’était avant l’introduction, en octobre 2016, du revenu universel de base dans son bourg, dans le cadre d’une étude à grande échelle réalisée sur une période de douze ans.
Molly reçoit désormais 2 250 shillings par mois (environ 19,50 euros), une somme qui a selon elle « tout changé ». « J’ai pu économiser pour payer des études d’institutrice de maternelle », explique-t-elle fièrement, dans sa maison de béton au toit de tôle, autour de laquelle picorent quelques poules. « Ça a été le petit coup de pouce qui a fait basculer la situation. »
« Maintenant, j’ai des projets »
Grâce à ses études, elle travaille comme stagiaire rémunérée à l’école du village. Avec en plus le revenu universel et quelques petits boulots, Molly touche aujourd’hui quelque 5 000 shillings par mois, plus du triple de ses revenus antérieurs. Et surtout, dit-elle, elle regarde vers l’avenir. « Avant, j’avais à peine assez d’argent pour survivre, alors que maintenant j’ai des projets. Je vais bientôt passer mon diplôme d’institutrice », souligne-t-elle. Avant de préciser, souriante : « Je vais même chez le coiffeur une fois tous les deux mois. »
Le village de Molly – dont le nom est tenu secret afin de ne pas attiser les convoitises – est l’un de ceux choisis par l’ONG américaine Give Directly pour tester le revenu universel de base dans la région de Bondo, sélectionnée pour sa pauvreté, sa stabilité et l’efficacité d’un système de transfert d’argent par téléphone utilisé au Kenya.



Créée en 2010, cette organisation active dans plusieurs pays africains se démarque de l’aide humanitaire « traditionnelle », préférant donner de l’argent directement aux gens plutôt que de « décider à leur place » de quoi ils ont besoin, explique Caroline Teti, responsable des relations extérieures pour Give Directly au Kenya.
Mais au lieu des versements « en une fois » pratiqués depuis sa création, elle souhaite désormais tester l’efficacité d’un revenu mensuel. « Nous posons un certain nombre de questions : lorsqu’on donne de l’argent aux gens chaque mois, vont-ils s’arrêter de travailler ? Vont-ils prendre des risques dans leurs investissements en sachant qu’ils auront des revenus quoi qu’il arrive ? Comment cela affecte-t-il leurs aspirations ? », détaille Mme Teti.
« Il y a un débat mondial sur le revenu universel et nous voulons des preuves pour avancer », poursuit-elle, ajoutant que l’étude s’inscrit dans le contexte spécifique du « soulagement de la pauvreté en Afrique ». « En Occident, le débat sur le revenu universel est tout autre et tourne notamment autour du rôle de l’Etat-providence ou des pertes d’emploi. »
20 000 personnes concernées
Le village de Molly est « pilote ». La véritable étude, débutée en janvier 2018, est, elle, menée dans des dizaines d’autres localités de la région. Les habitants de quarante d’entre elles recevront 2 250 shillings par mois pendant douze ans, tandis que ceux de quatre-vingts villages toucheront la même somme pendant seulement deux ans. Dans soixante-seize autres communes, les résidents percevront 51 000 shillings en deux tranches espacées de deux mois, soit un mode de fonctionnement plus proche de celui déjà utilisé par l’ONG.
En tout, quelque 20 000 personnes bénéficieront d’une forme de revenu dans le cadre de cette étude, qui est selon Give Directly la plus importante jamais réalisée dans ce domaine, par sa durée et le nombre de ses bénéficiaires.
Dans le même village que Molly, Edwin, 29 ans, envisage de remplacer sa maison de torchis par une construction en béton, alors que Monica et son époux ont investi dans un élevage de volailles. « On a un tout nouvel enclos et quelques poulets », montre cette commerçante de 30 ans, dont l’élégante robe noire est rapiécée en plusieurs endroits. Cette mère de trois enfants dit espérer, à terme, pouvoir leur payer des études, pour qu’ils ne « vivent pas dans la pauvreté, comme nous ». « Chacun dans le village utilise l’argent différemment », se réjouit-elle.

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                Carte : le revenu universel et ses expérimentations dans le monde



Give Directly se dit toutefois conscient des limites du transfert d’argent comme alternative à l’aide humanitaire traditionnelle. « Dans une situation de conflit par exemple, les gens affectés n’ont peut-être plus d’endroit où dormir. Dans ce contexte, un revenu de base peut faire partie de la solution, mais ne peut être la seule solution », souligne Mme Teti. Elle affirme également que le revenu universel n’a pas pour but de se substituer à l’Etat pour la construction d’écoles ou d’hôpitaux.
A la question de savoir si le revenu universel est monté à la tête de certains, tous les habitants du village répondent de la même manière : « 2 250 shillings, ce n’est pas assez pour acheter des choses inutiles, c’est juste assez pour vous nourrir et sortir de la pauvreté », juge Samson, un entrepreneur de 72 ans. « Peut-être qu’à l’avenir certains oublieront ce qu’ils ont traversé et commenceront à acheter des choses stupides, hasarde Monica. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. »


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Lors d’un sommet à Johannesburg, le président a tenu à rassurer ses partenaires, après la gestion chaotique de son prédécesseur, Jacob Zuma.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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En Afrique du Sud, l’opération de charme de Cyril Ramaphosa auprès des investisseurs

Lors d’un sommet à Johannesburg, le président a tenu à rassurer ses partenaires, après la gestion chaotique de son prédécesseur, Jacob Zuma.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h12
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

Devant une salle comble et des curieux restés debout faute de sièges disponibles, Cyril Ramaphosa a sonné, vendredi 26 octobre, l’heure de la réconciliation de l’Afrique du Sud avec ses investisseurs. A la faveur d’un grand sommet organisé à Sandton, le centre d’affaires de Johannesburg, le président sud-africain a tenu à rassurer les partenaires de l’Afrique du Sud, malmenés par la gestion chaotique de son devancier, Jacob Zuma.

« Cette conférence constitue l’affirmation sans équivoque de notre détermination à mettre derrière nous cette période d’incertitude et de discorde », a-t-il annoncé aux mille participants venus l’écouter. Le chef de l’Etat est en terrain connu, étant lui-même un ancien homme d’affaires à la carrière fructueuse.
Si son accession à la tête du pays a provoqué un soulagement dans les milieux financiers, il en faudra bien plus pour redresser l’économie. En effet, les perspectives à court terme restent peu réjouissantes, comme l’a rappelé le 23 octobre le nouveau ministre des finances, Tito Mboweni, à l’occasion de la présentation du budget semestriel.

Compte tenu de la récession annoncée au mois de septembre, la croissance a été revue à 0,7 % pour 2018, contre 1,5 % jusque-là. En conséquence, l’Etat voit son budget diminuer de 1,8 milliard d’euros. Le président a présenté fin septembre un plan de relance, alors qu’il avait introduit des mesures d’austérité – une hausse de la TVA et d’autres taxes – au moment de son arrivée au pouvoir, en février.
Il prévoit la création d’un fonds pour les infrastructures de 23 milliards d’euros et des mesures destinées à redonner de la compétitivité à l’économie nationale, comme l’assouplissement du régime des visas pour les étrangers surqualifiés. Il s’est également engagé à mobiliser les entreprises pour créer 275 000 emplois par an. Objectif : tenter de résorber le chômage, qui touche 9,5 millions de personnes.
Multiples défis
Cependant, à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Au total, 370 sociétés hexagonales sont implantées dans le pays, dont la quasi-totalité de celles du CAC 40.
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Les entreprises françaises ne connaissent pas la crise en Afrique du Sud

Au total, 370 sociétés hexagonales sont implantées dans le pays, dont la quasi-totalité de celles du CAC 40.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h37
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

Les locaux sont flambant neufs, les robots, dernier cri, et le savoir-faire est français : tout sourire, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a inauguré, jeudi 25 octobre, la plus grande usine de fabrication de trains d’Afrique à Dunnottar, à 50 kilomètres de Johannesburg. Fournie par Alstom, l’installation doit produire 580 trains suburbains au cours des dix prochaines années. Elle permet à l’Afrique du Sud de se doter d’une toute nouvelle industrie et de rénover un système ferroviaire tombé en décrépitude.

Au bout de la chaîne de montage, des ouvriers s’occupent des finitions sur un train X’Trapolis, dont l’habillage rappelle les RER franciliens. La structure interne est en Inox, qui est produit en Afrique du Sud, comme 65 % des matériaux. Lorsqu’il sera livré, en décembre, ce sera le premier train « Made in South Africa »depuis une quarantaine d’années.
Sous les applaudissements nourris des employés, des Sud-Africains, noirs pour la plupart, le chef de l’Etat n’a pas tari d’éloges. « Cette usine ne construit pas seulement les trains du futur, elle construit les emplois du futur et l’Afrique du Sud du futur », a-t-il déclaré avec emphase. L’événement tombe à point nommé pour Cyril Ramaphosa. A son arrivée au pouvoir, en février, cet ancien homme d’affaires à succès avait promis de relancer l’économie, mais celle-ci est entrée en récession en septembre. Croissance en berne, chômage stagnant à 27 %, envolée de la dette, finances publiques dégradées, volatilité de la monnaie nationale (le rand) : le pays peine à sortir de la morosité.

Le projet d’Alstom, signé en 2013 et chiffré à 4 milliards d’euros, apparaît en regard comme une franche réussite. « Cela représente le contrat le plus important jamais enregistré par la compagnie », affirme Xavier Boisgontier, le directeur du groupe pour l’Afrique australe. « Et c’est loin d’être un cas isolé », remarque l’ambassadeur de France,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Micro-dons ou gaming solidaire, des idées pour faire preuve de générosité en mettant (ou pas) la main à la poche.
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E-don : six applis pour la bonne cause


                      Micro-dons ou gaming solidaire, des idées pour faire preuve de générosité en mettant (ou pas) la main à la poche.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h17
    |

            Marlène Duretz et 
Jérôme Porier








   


FreeRice, jeu de mots et sacs de riz « Audacieux : Ce mot signifie-t-il téméraire, introductif, en retard ou maladroit ? » Cette question de vocabulaire peut rapporter 10 grains de riz au joueur engagé dans ce quiz caritatif, qui bénéfice à la lutte contre la faim dans le monde du Programme ­alimentaire mondial des Nations unies (PAM). Depuis 2007, plus de 95 milliards de grains de riz ont été collectés. Mais qui paie concrètement pour les dons de riz ? « Ce sont les annonceurs dont vous voyez les noms apparaître au bas de votre écran lorsque vous entrez une réponse correcte », explique le site Freerice.com. Ces sponsors soutiennent à la fois l’apprentissage ­ (éducation gratuite pour tous) et la lutte contre la faim (riz ­gratuit pour tous). Idéal pour veiller au grain, et, accessoirement, enrichir son vocabulaire.
Freerice.com
Goodeed, la pub en action  Faire des dons à des ONG sans débourser un centime ? Depuis quatre ans, Goodeed permet ­d’offrir un repas, de l’eau potable ou de planter un arbre. Le principe : les internautes choisissent entre plusieurs projets sociaux ou humanitaires, et regardent dans la foulée une publicité. Ce sont les annonceurs qui financent les projets de plus de soixante ­associations partenaires, parmi ­lesquelles WeForest, Solidarités International, l’Unicef ou encore les Restos du cœur. « Un moyen de faire sa B.A. quotidiennement », explique son fondateur vingtenaire, Vincent Touboul Flachaire. Un ­total de 15,9 millions de dons ont été recueillis depuis juin 2014.
Goodeed.com et, sous Android et iOS, appli Goodeed
Km for change, courir utile Joggings et marches rapides peuvent ­devenir un acte solidaire grâce à cette ­appli qui permet de transformer les kilomètres courus en dons reversés à des projets associatifs solidaires. Après l’avoir téléchargée – le GPS est nécessaire pour calculer le nombre de kilomètres, mais l’appareil peut être sans connexion à Internet –, le marcheur ou coureur choisit le projet auquel il ­souhaite contribuer, et est invité dès lors à « foncer vers l’infini et au-delà ». Chacun de ses kilomètres rapporte 10 centimes (10 km = 1 euro). A charge aux vingt-cinq entreprises mécènes, dont Sojasun, ­Engie et Axa Partners, de les financer.
kmforchange.com et, sous Android et iOS, appli KmforChange
Je Donne, toutes les causes du monde Toujours sous la main, cette « application de toutes les ­causes » permet de faire un don sur mobile au profit de plus de 100 000 associations et lieux de culte en France, avec obtention immédiate du reçu fiscal. Après création de son compte sécurisé, tout donateur peut aisément soutenir l’ONG, l’association sportive ou le musée de son choix, que ce soit à deux pas de chez lui (géolocalisation) ou à l’autre bout du monde. On peut choisir selon le lieu et le type de mission (humanitaire ou culturelle, par exemple). Don par CB, ponctuel ou périodique.
Jedonne.mobi et, sous Android et iOS, appli Je Donne
C’est bon esprit, bon coin solidaire  Vendre, ou acheter, entre particuliers un meuble, un bibelot, un vêtement ou un objet, tout en transformant cette transaction « en un acte de sens ». C’est, depuis quatre ans, ce que propose la plate-forme Cestbonesprit.fr, qui permet de verser au minimum 10 euros du montant de la vente à l’une des ­dizaines d’associations partenaires de ce Bon Coin solidaire. Au dépôt de sa petite annonce, le vendeur ­détermine l’association bénéficiaire ­(recherche médicale, aide alimentaire, lutte contre la précarité…) et la quote-part qui lui revient, à charge pour cette dernière de lui adresser le reçu ­fiscal qui correspond à son don.
Cestbonesprit.fr
L’Arrondi, le compte est bon Comme son nom l’indique, ce site propose de donner quelques centimes presque sans s’en apercevoir. Trois possibilités : on arrondit le montant de ses achats, en caisse ou en ligne, pour que la différence bénéficie à une bonne cause ; on verse chaque mois les centimes du solde de son compte en banque à l’une des 650 associations partenaires ; on adopte l’arrondi sur ­salaire, un micro-don que l’employeur est invité à doubler. Autant d’occasions de « donner de manière simple et indolore dans les actes de la vie courante », ­selon les deux cofondateurs de l’entreprise microDON. Depuis 2009, ce dispositif a totalisé plus de 24 millions de micro-dons pour un montant de 7,5 millions d’euros.
Larrondi.org

Le point fiscalité
La suppression de l’ISF  Les dons aux associations et fondations sont en léger recul, de 6,5 % au premier semestre 2018, selon le baromètre annuel de France Générosités publié le 30 septembre. En cause, la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), remplacé en 2018 par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un don à une fondation reconnue d’utilité publique ou à une association aidant les personnes en difficulté ouvrait droit à une réduction d’ISF de 75 % du montant donné (avec un plafond de 45 000 euros). Mais quand l’ISF touchait 358 000 foyers, l’IFI devrait concerner moins de 150 000 personnes.
La hausse de la CSG Autre mauvaise nouvelle pour le secteur, la hausse de la CSG sur les pensions dépassant 1 200 euros mensuels brut va ­rogner le pouvoir d’achat des retraités, qui font partie des donateurs les plus réguliers.
Le prélèvement à la source Même si le dispositif de défiscalisation des dons dans le cadre de l’impôt sur le revenu a été préservé (un contribuable peut déduire 66 % des sommes versées dans la limite de 20 % de son revenu imposable ou 75 % dans la limite de 530 euros), la mise en place du prélèvement à la source ajoute une inquiétude qui pèse sur la générosité des Français.





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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.
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Quand les fonds de pensions ne veulent plus faire de politique

Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h18
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Les plus anciens se souviennent de Bill Crist, emblématique président du fonds de pension des fonctionnaires de Californie CalPERS. C’était au milieu des années 1990, les actionnaires minoritaires s’invitaient dans les conseils d’administration pour forcer les dirigeants à gérer leurs entreprises dans l’intérêt des actionnaires. Au fil des ans, les fonds de pension avaient pris l’habitude de faire de la politique, s’engageant pour forcer les entreprises à être plus sociales, respectueuses de l’environnement. Et puis, au mois d’octobre, les pensionnés de Californie ont dit cela suffit.
« Mon seul boulot, c’est de garantir nos retraites », a proclamé le sergent de police Jason Perez. Et il a renversé avec près de 57 % des voix la présidente sortante Priya Mathur, dont il avait combattu la politique. « Mathur a mis en péril la sécurité de nos retraites, parce qu’elle s’est fixé des priorités d’investissements environnementales, sociales et de gouvernance sans prendre en compte les autres risques », avait accusé le sergent, reprochant à son adversaire d’être « déconnectée, convaincue que son rôle est de faire le tour du monde, de faire sonner la cloche de la Bourse de Londres et de discuter avec les responsables des Nations unies ».
CalPERS, qui gère 360 milliards de dollars, a terriblement souffert de la crise financière, et de sa foi dans le capitalisme, persuadé que ses actions lui rapporteraient 8 % par an. Aujourd’hui, les retraites des fonctionnaires de Californie ne sont financées qu’à 70 % – le « trou » est supérieur à 100 milliards de dollars.
Résultat, le fonds résiste désormais aux injonctions morales. Vendez vos actions dans le tabac, les armes et le charbon, lui demande-t-on. Cette politique, engagée dans les années 1980 avec le retrait d’Afrique du Sud pendant l’apartheid, lui avait fait perdre 7,9 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) à la mi-2017.
Tout le monde...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Les loueurs ont compris qu’ils devaient s’adapter au besoin de flexibilité des entreprises, tout en leur assurant le même service.
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Flotte d’entreprise : la location moyenne durée séduit

Les loueurs ont compris qu’ils devaient s’adapter au besoin de flexibilité des entreprises, tout en leur assurant le même service.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 07h00
    |

                            Eric Gibory








                        



                                


                            

Entre courte et longue durée, un nouveau modèle s’impose sur une temporalité intermédiaire allant d’un à vingt-quatre mois. Pour des besoins ponctuels, les entreprises obtiennent des véhicules adaptés à leur activité sans avoir à s’engager sur plusieurs années et en bénéficiant de tarifs intéressants. La flotte d’Arval moyenne durée, département spécifique du loueur de longue durée, rassemble plusieurs milliers d’autos et de camionnettes de tous types dont le nombre croît rapidement.

En 2017, la taille de cette flotte a augmenté de près d’un quart. Cette filiale de BNP Paribas propose des prix dégressifs en fonction de la durée de la location. ­Arval moyenne durée a également développé des contrats spécifiques aux véhicules électriques : grâce à un crédit de mobilité, un véhicule thermique est mis à disposition pour les longs trajets des week-ends ou des vacances, ce qui compense l’autonomie limitée des batteries.
Souple et sans engagement
Du côté du principal concurrent, ALD Automotive, une filiale de la Société générale désormais cotée en Bourse, les premières locations de moyenne durée ont été signées dès 2005. En parallèle aux contrats courts, en intérim, en apprentissage et aux périodes de stage, ce type de service pallie aussi l’attente de la livraison d’un véhicule neuf pour un salarié fraîchement embauché. « Le délai de livraison atteint trois mois en moyenne », précise Guillaume Maureau, directeur général adjoint commerce d’ALD Automotive.
Ce type de service pallie aussi l’attente de la livraison d’un véhicule neuf pour un salarié fraîchement embauché.
De même, la moyenne durée permet de couvrir une période d’essai grâce à une solution souple et sans engagement. Gérée comme la longue durée, elle intègre l’assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, l’entretien et la maintenance, les pneumatiques, le véhicule de remplacement et l’assurance tous risques.
La flotte d’ALD Rent, marque sous laquelle le loueur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Plusieurs scénarios se dessinent pour la succession de Pascal Pavageau, démissionnaire le 17 octobre. Mais la centrale syndicale entre dans l’inconnu, estime l’éditorialiste Michel Noblecourt.
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Force ouvrière face à une crise existentielle

Analyse. Plusieurs scénarios se dessinent pour la succession de Pascal Pavageau, démissionnaire le 17 octobre. Mais la centrale syndicale entre dans l’inconnu, estime l’éditorialiste Michel Noblecourt.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 08h52
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. Soixante-dix ans après sa création, en 1948, à la suite d’une scission de la CGT, Force ouvrière est confrontée à une crise existentielle. « Il va falloir vous battre pour votre existence », avait lancé Marc Blondel, en 2004, en cédant les rênes de la centrale à Jean-Claude Mailly. FO a survécu, se maintenant au troisième rang des confédérations syndicales.
En démissionnant, le 17 octobre, après un bref mandat de secrétaire général de moins de six mois, Pascal Pavageau, mis en cause à propos de l’existence d’un fichier « fliquant » 127 responsables de fédérations et d’unions départementales (UD), s’est épargné l’humiliation d’être révoqué. Mais il a placé FO au bord de l’abîme.
Le 17 octobre, devant la commission exécutive de FO, sa direction élargie de 35 membres qui a convoqué un comité confédéral national – son parlement réunissant les dirigeants de ses 22 fédérations et de ses 105 UD –, les 21 et 22 novembre, pour élire un nouveau secrétaire général, Frédéric Homez, le très réformiste patron de la fédération des métaux, a livré un réquisitoire au canon. Il a jugé « impardonnable » l’existence d’un fichier qui « relève de méthodes staliniennes, dignes du KGB ». Et il a fustigé les méthodes de M. Pavageau, assimilées à « des comportements et agissements de “patrons voyous” ».
Selon plusieurs sources, c’est la décision de M. Pavageau de recourir à un audit sur les finances internes qui aurait déclenché la crise
En même temps, cette crise a éloigné le spectre d’une scission à moyen terme. La ligne radicale, adoptée au congrès de Lille, en avril, où M. Pavageau, pourtant seul candidat, a mené un violent combat contre son prédécesseur, M. Mailly, et qu’il a mise en œuvre sans modération, heurtait de plus en plus les réformistes. En 1998, une mini-scission avait vu Jacques Mairé, secrétaire général de l’UD de Paris, quitter FO avec environ 7 000 militants. S’insurgeant contre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ En septembre, au bord du burn-out, M. Musk a choisi M. Guillen pour redresser Tesla. Le Français doit, en premier lieu, accélérer les cadences de production des voitures électriques. Une étape vitale pour la crédibilité de la marque.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/10/2018
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Jérôme Guillen, le copilote d’Elon Musk chez Tesla

En septembre, au bord du burn-out, M. Musk a choisi M. Guillen pour redresser Tesla. Le Français doit, en premier lieu, accélérer les cadences de production des voitures électriques. Une étape vitale pour la crédibilité de la marque.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 06h52
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h03
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Dans la blogosphère Tesla, on l’a déjà surnommé « The Fixer », la personne qui résout les problèmes. Début septembre, le Français Jérôme Guillen est devenu le bras droit d’Elon Musk. Sa mission : soulager des tâches quotidiennes un patron qui reconnaît lui-même être au bord du burn-out. Et permettre au constructeur américain de voitures électriques, qui vient à peine de renouer avec les profits, d’accélérer ses cadences de production. Une étape vitale pour valider son ambitieuse stratégie d’investissements.
La nomination de ce natif de Cavaillon (Vaucluse) constitue une petite révolution chez Tesla, tant Elon Musk s’attache à tout contrôler et à tout gérer, jusqu’à travailler 120 heures par semaine ou dormir par terre dans son usine de Fremont, en Californie. Dans un entretien accordé mi-août au New York Times, il se disait épuisé après une année « atroce », marquée par d’importants contretemps industriels. Il avait également révélé qu’il prenait des médicaments pour pouvoir dormir.

Le dirigeant a aussi été fragilisé par ses multiples frasques : refus de répondre à des questions d’analystes, insultes contre un spéléologue britannique, interview sur Internet conclue en fumant du cannabis… Mais également par un projet avorté de sortie de la cote, pour lequel il a été rattrapé par la Securities & Exchange Commission. Fin septembre, il a accepté un accord à l’amiable avec le gendarme boursier américain qui l’accusait de manipulation de cours, s’engageant notamment à abandonner son poste de président du conseil d’administration.

Devant l’inquiétude de ses actionnaires et un cours boursier en chute, M. Musk a fini par lâcher du lest. Pas question pour autant de nommer un directeur opérationnel, un véritable numéro deux, comme c’est le cas chez SpaceX, sa société spatiale. M. Guillen n’est « que » président de la division automobile, placé hiérarchiquement au même niveau que d’autres responsables....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Une fois dissipée leur vertueuse indignation et retombée la vague médiatique, les patrons reviendront assurément à Riyad, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/10/2018
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« “Affaire Khashoggi” ou pas, les débouchés en Arabie saoudite restent précieux pour les sociétés occidentales »

Une fois dissipée leur vertueuse indignation et retombée la vague médiatique, les patrons reviendront assurément à Riyad, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 08h21
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            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Il y a quatre ans, un jeune prince a fait son apparition dans le désert de la péninsule Arabique… Ce pourrait être le début d’un conte des Mille et Une Nuits. Ce fut plus prosaïquement, pour le monde des affaires, l’espoir d’un regain de dynamisme économique dans le vieux royaume perclus de conservatisme et la promesse d’investissements massifs.
Avec Mohammed Ben Salman, le fils du vieux roi Salman assis sur le trône en janvier 2015 à la mort d’Abdallah, ils avaient trouvé l’« Arabe du futur ». Et, dans son projet Vision 2030 dévoilé un an plus tard, les remèdes capables de guérir un pays malade de sa dépendance au pétrole et d’ouvrir l’économie à des entreprises étrangères jusque dans des secteurs proscrits par le rigorisme wahhabite, comme le tourisme et les loisirs.
Les premiers portraits de « MBS » n’étaient pas toujours flatteurs. Un homme instable et piètre connaisseur de ce qui se passe hors du royaume, confiait le patron d’une multinationale. Le monde des affaires s’est pourtant montré indulgent envers ce jeune ambitieux que son père malade a placé en 2017 au premier rang dans l’ordre successoral. Le fiasco diplomatique de l’enlèvement du premier ministre libanais Saad Hariri ? Les 10 000 morts de la sanglante guerre au Yémen ? L’embargo contre le Qatar ? Tout cela était fort embarrassant, mais pas de nature à injurier l’avenir, qui s’écrivait en milliards de dollars.
Et puis il y avait de timides ouvertures au profit des femmes (savamment mises en scène) et la promesse de « détruire l’extrémisme religieux » pour « revenir à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde ».
Prudence
Malgré son autoritarisme grandissant, quel patron pouvait imaginer qu’il commanditerait – hypothèse plausible – une mise à mort aussi barbare que celle du journaliste dissident Jamal Khashoggi ? Par prudence, sous la pression de leurs salariés ou mis en demeure par les ONG, les grands noms...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Cette transaction, la plus importante acquisition jamais réalisée par le groupe américain, doit accélérer la présence du géant informatique sur le marché, très lucratif, du « cloud ».
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IBM achète l’éditeur de logiciels Red Hat pour 34 milliards de dollars

Cette transaction, la plus importante acquisition jamais réalisée par le groupe américain, doit accélérer la présence du géant informatique sur le marché, très lucratif, du « cloud ».



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    28.10.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h25
   





                        



   


Il s’agit de la plus importante acquisition jamais réalisée par IBM. Le groupe américain a annoncé dimanche 28 octobre l’acquisition de l’éditeur de logiciels open source Red Hat pour 34 milliards de dollars (près de 30 milliards d’euros). Cette transaction doit accélérer la présence du géant informatique sur le marché très juteux du cloud.
L’informatique dématérialisée, comme par exemple le stockage de données en ligne, est en effet devenu l’un des segments des marchés de l’informatique à la plus forte croissance et aux marges les plus rentables.
IBM va donc payer 190 dollars par action Red Hat pour acquérir l’ensemble de l’éditeur, valorisé ainsi à 34 milliards de dollars, précise le groupe dans un communiqué. Red Hat édite des logiciels open source et est également le premier distributeur du système d’exploitation GNU/Linux, mis au point comme alternative aux logiciels de Microsoft.
« Cloud hybride »
L’opération témoigne des efforts de la PDG d’IBM, Virginia Rometty, pour diversifier le groupe américain au-delà des domaines du matériel informatique, du logiciel et des services informatiques, qui ont ralenti sa croissance.
« IBM va devenir le premier fournisseur mondial de cloud hybride », a affirmé Mme Rometty, estimant qu’il s’agissait là de la prochaine énorme poche de croissance pour l’informatique dématérialisée, permettant par exemple de connecter différents types de clouds privés, publics, etc.

        Lire l’interview de Virginia Rometty, PDG d’IBM :
         

          « Nous allons créer 1 800 emplois en France »



Selon IBM, 80 % de la charge de travail des entreprises n’est toujours pas transposable dans le cloud en raison de la nature fermée du marché de l’informatique dématérialisée à l’heure actuelle.
IBM affirme que cette acquisition va accélérer la croissance de son chiffre d’affaires, de sa marge brute et de sa profitabilité dans les douze mois qui suivront la conclusion du rachat. L’entreprise précise également que cela aura un effet bénéfique sur le dividende.
Pour aider à faire face au montant très important à débourser – en partie en cash et en partie par endettement, mais sans que les proportions soient précisées – IBM renonce à son plan de rachat d’actions en 2020 et 2021. L’acquisition, approuvée par les conseils d’administration des deux entreprises, devrait être bouclée durant le deuxième semestre de 2019.
Lundi, Standard & Poor’s (S&P) a réagi à l’annonce d’IBM en abaissant d’un cran, à « A », la note de solidité financière du géant informatique. L’agence de notation américaine, qui a assorti la nouvelle note d’une perspective « négative » – ce qui indique qu’elle envisage de la dégrader encore dans les prochains mois –, explique sa décision par le fait que « Big Blue » va devoir s’endetter encore un peu plus pour financer l’opération.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Premier exportateur mondial, la Chine tient aussi à rappeler son rang de deuxième acheteur au monde lors de la China International Import Expo, à Shanghaï.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail          C’est une première, et la Chine fait tout pour qu’elle soit grandiose. Du 5 au 10 novembre, Shanghaï accueillera la première China International Import Expo (CIIE). Un salon non pas pour exporter, comme c’est généralement le cas, mais, au contraire, pour favoriser les importations. Pour accueillir des centaines de milliers de visiteurs, la ville a réparé ses routes, enterré des lignes électriques et rénové entièrement des dizaines de quartiers. Comme lors de chaque grand événement politique en Chine, les usines de la région ont été priées de se mettre en vacances trois jours avant l’inauguration, pour assurer un ciel sans pollution.          Qualifiée d’« usine du monde » au tournant du siècle, la Chine entend rappeler que, si elle est, depuis 2009, le premier exportateur mondial, elle est également le deuxième acheteur au monde. Elle importe certes moins que les Etats-Unis mais autant que l’Allemagne et le Japon réunis. « La Chine est le premier marché à l’exportation pour l’aéronautique et le soja américains et le deuxième pour l’automobile, les circuits intégrés et le coton américain », rappelle le Livre blanc que la Chine a publié, en septembre, sur le différend qui l’oppose aux Etats-Unis.                       Taxes et importations Chine Etats-Unis Le Monde             Au moment où le président américain, Donald Trump, accuse Pékin de pratiques commerciales déloyales et où certains dénoncent le caractère « néocolonial » des « nouvelles routes de la soie », cette foire aux importations constitue évidemment un événement autant politique que commercial.                  ;       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Entré au Bundestag en septembre 2017, il menace la majorité absolue de la CSU lors des élections du 14 octobre en Bavière. 16 min de lecture                    portrait     Allan Kaval    Article réservé à nos abonnésRiyad Al-Turk, mémoire de la révolution syrienne Communiste combattu par Hafez Al-Assad, pourfendeur de la dictature sous Bachar, le « cousin » de la jeunesse rebelle aura passé plus de vingt ans en prison. Le célèbre opposant syrien s’est résigné, fin juillet, à prendre la route de l’exil pour Paris. 52 min de lecture                    enquete     Ariane Chemin    Article réservé à nos abonnésAu Vatican, le pape François, seul à Sainte-Marthe Sur les traces du pape François 2/5. Dès son élection, Jorge Bergoglio a choisi de s’installer dans une résidence-hôtel, au cœur du Vatican, plutôt qu’au palais apostolique. Il y cultive l’exercice solitaire du pouvoir. 15 min de lecture                 En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
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Apple, otage de la guerre économique sino-américaine

Le géant de la technologie américaine est jusqu’ici épargné par la Chine, où sa production assure de nombreux emplois.



LE MONDE ECONOMIE
 |    28.10.2018 à 16h15
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            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            
Donald Trump a fait de l’entreprise l’une de ses cibles préférées : Apple, le géant américain des technologies, est accusé par le président américain de produire en Chine, contribuant au déficit commercial des Etats-Unis. La Chine est en effet essentielle dans l’écosystème d’Apple. C’est dans ce pays que sont assemblés ses produits, et le marché chinois assure aussi près de 20 % de ses ventes sur les trois premiers trimestres 2018. Apple, marque symbolique du succès technologique américain et du made in China, risque-t-elle d’être prise entre les deux feux de la guerre économique sino-américaine ?
La petite phrase inscrite au dos des iPhone et Macbook résume la chaîne d’approvisionnement de nombre de grandes marques américaines : les produits Apple sont « designed by Apple in California, assembled in China ». Mis au point par les ingénieurs d’Apple dans la Silicon Valley, les produits sont construits sur les chaînes de montage de sous-traitants chinois, au premier rang desquels le taïwanais Foxconn, premier employeur privé en Chine. Quand ils sont envoyés aux Etats-Unis, les produits sont facturés à prix d’usine, environ 400 dollars (350 euros) pour un iPhone X, estime l’entreprise américaine d’information économique IHS Markit. C’est cette somme qui entre dans le compte du déficit commercial américain. Résultat, avec les méthodes de calcul actuelles, Apple contribue à hauteur de 4,4 % au déficit commercial américain avec la Chine pour 2017.
A l’inverse, les iPhone vendus en Chine ne sont pas comptabilisés comme des exportations américaines en Chine. Apple est pourtant en tête du classement des entreprises américaines qui vendent le plus à la Chine. En 2017, Apple a gagné 44,7 milliards de dollars en « Chine élargie » (Greater China, soit la Chine continentale, Hongkong et Taïwan), loin devant les deuxième et troisième du classement, Intel et Qualcomm, qui ont réalisé environ 14 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans...




                        

                        


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Quand la Corse a rendez-vous avec Shanghaï

Seize entreprises insulaires, qui relèvent toutes du secteur alimentaire, seront présentes à la China International Import Expo pour tenter de convaincre les acheteurs chinois.



LE MONDE ECONOMIE
 |    28.10.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
28.10.2018 à 19h00
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        



                                


                            
La bière à la châtaigne et les canistrelli, biscuits traditionnels corses, peuvent-ils obtenir les faveurs des gourmets chinois ? Du 5 au 11 novembre, seize entreprises insulaires essaieront d’en convaincre les 15 000 acheteurs présents à la China International Import Expo (CIIE) de Shanghaï. Eaux minérales et bière, charcuteries, coopératives viticoles, toutes relèvent du secteur agroalimentaire, qui représente à lui seul le quart du commerce extérieur de l’île. Toutes espèrent aussi bénéficier de la baisse des taxes sur les produits importés décidée en 2017 par le gouvernement chinois afin de favoriser la consommation locale et donner des gages d’ouverture aux entreprises étrangères, qui peinent à investir durablement ce marché.
Car le montant des exportations de l’île a beau avoir doublé en 2017, pour atteindre 137 millions d’euros, il reste extrêmement faible, 150 fois inférieur à celui que réalisent les départements de la façade sud-est de la France.

« Les retombées ne seront pas immédiates mais nous poursuivons une stratégie du pied dans la porte », explique Pierre Orsini, vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de la Haute-Corse et organisateur du déplacement. Si ce dernier ne jure que par l’export, c’est qu’il a très tôt éprouvé les limites d’un marché local étroit et d’un tissu entrepreneurial constitué à 90 % de TPE. Il y a près de quinze ans, lorsque Leroy-Merlin installe une succursale près des établissements Orsini, l’enseigne familiale fondée par son père et spécialisée dans les accessoires de salles de bains, il se retrouve « contraint d’innover » et se tourne vers Internet. Aujourd’hui, son site masalledebains.com réalise 80 % de son chiffre d’affaires (10 millions d’euros) hors de l’île. « C’est tout l’enjeu de notre participation à des salons comme la CIIE : montrer aux générations nouvelles qu’il existe des marchés de niche friands de savoir-faire. »
« Nous poursuivons une stratégie...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans ce site de l’Essonne, créé par un cabinet international de conseil en partenariat avec CentraleSupélec, les aspirants ingénieurs peuvent s’immerger dans le monde de l’industrie du futur.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

A Saclay, une usine-école permet de se frotter à l’industrie 4.0

Dans ce site de l’Essonne, créé par un cabinet international de conseil en partenariat avec CentraleSupélec, les aspirants ingénieurs peuvent s’immerger dans le monde de l’industrie du futur.



LE MONDE
 |    28.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 09h39
    |

                            Alice Raybaud








                        



   


Bien sûr, en deux années d’ingénierie informatique à CentraleSupélec, Arthur Caillaud avait déjà eu l’occasion de travailler sur des projets concrets. Mais jamais il n’avait jusque-là dû baisser son écran d’ordinateur pour descendre dans l’arène, au plus près des machines et de la chaîne de production qu’il est chargé d’optimiser par un travail de codage.
Entre l’usine et l’école, les murs sont tombés à l’Innovation Center for Operations (ICO) de Saclay, dans l’Essonne. Ce centre, lancé en septembre 2016 par un cabinet international de conseil, le Boston Consulting Group (BCG), accueille chaque année près de 120 étudiants en école d’ingénieurs pour qu’ils puissent se frotter aux technologies de l’industrie du futur. Mais les machines ne s’arrêtent pas de tourner quand les étudiants ont quitté ce site, qui s’étend sur 1 200 m2. Une vingtaine de salariés font tourner tous les jours les deux lignes de production, optimisées par des technologies de pointe.
Connectivité et data sont les maîtres mots de cette usine où sont fabriqués scooters, sèche-linge et bonbons – des produits non commercialisés. Car avant d’être un lieu de formation l’ICO est surtout une des vitrines du BCG en France. Ses clients, de grands industriels internationaux mais aussi quelques entreprises alentour, petites et moyennes, de tailles intermédiaires (PME, ETI, etc.), y défilent pour se faire une idée des technologies qui pourraient améliorer la performance de leur usine.

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Terrain de jeu pour ingénieurs en herbe
Robots autonomes, impression 3D, réalité augmentée, cybersécurité ou encore big data, chacun pioche ce dont il a besoin dans cette usine aussi vraie que nature. Alors, forcément, l’ICO est un formidable terrain de jeu pour les ingénieurs en herbe. « L’usine 4.0 intègre beaucoup de dimensions de l’ingénierie, indique Renaud Monnet, directeur du Digital Institute à CentraleSupélec, école d’ingénieur partenaire de l’ICO. La confrontation au terrain est indispensable pour que l’étudiant puisse appréhender la complexité d’une usine du futur. »
Au sein du programme « Digital Tech Year », dont les élèves se saisissent pendant leur année de césure, et au cours duquel ils doivent réaliser trois projets en entreprise, Renaud Monnet encourage chaque année entre quatre et dix étudiants à se rendre pendant quelques mois à l’ICO. C’est grâce à ce programme qu’Arthur Caillaud a pu travailler, pendant deux mois, sur les machines du site, dans l’odeur de sirop chauffé de la ligne de production de bonbons.
Avec son binôme – un autre étudiant de CentraleSupélec –, ils se voient confier un cas à résoudre par le BCG : gérer les bonbons qui restent collés lors de l’opération de démoulage. Pour les analyser, les deux apprentis ingénieurs installent sur la chaîne une caméra qui les photographie. Lorsqu’un ou plusieurs bonbons collés sont détectés, une application en informe un opérateur qui peut intervenir.
« Auparavant, l’ouvrier restait en bout de chaîne pour observer. Désormais, il pourra vaquer à d’autres occupations », indique l’étudiant de 22 ans. De ces deux mois, il ressort fort d’une expérience des rapports avec un cabinet de conseil (le BCG) et, surtout, d’avoir pu « mettre la main à la pâte ».
Confronter les étudiants au réel
Se rendre dans l’usine, comprendre les attentes des ouvriers, modifier son application en conséquence : une véritable confrontation au terrain qui manque souvent à la formation des jeunes ingénieurs, selon Moundir Rachidi, fondateur et directeur de l’ICO. « Ce qui est inquiétant c’est que, avec la favorisation de l’enseignement théorique en France, les étudiants n’ont souvent pas même un début de vision de la réalité du terrain ; ils sont en complète découverte quand ils arrivent », pointe-t-il.
Un constat que Renaud Monnet entend nuancer : « A l’ICO, les étudiants ont un contact inédit avec une infrastructure physique. Mais ils sont encouragés à se plonger dans le monde réel tout au long de leur cursus à CentraleSupélec. » La preuve en est, selon lui, dans ce cursus lancé en 2018 où la moitié du temps de formation est, dès la première année, consacrée à la résolution de cas concrets dans des entreprises.
Le modèle de l’ICO est voué à être répliqué, sous la préconisation d’un rapport de l’Institut Montaigne, rédigé en collaboration avec le BCG. En septembre, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé le lancement en région d’une vingtaine de centres de ce type, où tous les acteurs d’un territoire (PME, ETI, universités, etc.) seront mis en relation pour penser et déployer l’industrie 4.0. « Cela dépasse l’enjeu de la formation : ces centres sont un levier essentiel de la réindustrialisation, assure M. Rachidi. Mais pour que ce levier soit activé, il faut des forces vives avec des compétences adaptées et donc il faut les former. » 
Le BCG poursuit cet engagement dans dix usines-écoles dans le monde (Chine, Etats-Unis, Allemagne, etc.), dont une deuxième en France, à Strasbourg. Le cabinet s’est associé en mai avec l’université alsacienne Unistra pour apporter son expertise au centre European Aseptic and Sterile Environment (EASE), conçu comme un véritable centre industriel pharmaceutique de 4 300 m². Et l’ambition du groupe de Boston ne s’arrête pas là, en termes de formation. Prochaine étape : transformer ces usines-écoles en centres d’incubation de start-up, portés par les étudiants eux-mêmes.

« Le Monde » organise son Salon des grandes écoles les 10 et 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce, d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées et prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac + 2, + 3 ou + 4). Lycéens, étudiants et parents pourront également assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » pourra également conseiller lycéens, étudiants et parents pour définir leur projet d’orientation, préparer les concours ou rédiger leur CV.
L’entrée en sera gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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Les écoles de commerce se disputent les gloires de la recherche

Très convoités par les écoles de commerce, les enseignants-chercheurs de rang mondial font le grand écart entre travaux personnels, heures de cours et interventions scientifiques et médiatiques.



LE MONDE
 |    28.10.2018 à 08h30
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h22
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Ce sont les Ferrari des écoles de commerce. Des profs qui publient dans des revues internationales, accumulant les « étoiles » et les interventions dans les colloques les plus prestigieux. « En école de commerce, nous avons une obligation de publication d’un article classé CNRS tous les deux-trois ans », explique Thomas Porcher, docteur en économie, professeur associé d’économie à la Paris School of Business (PSB) et figure des économistes de gauche. « Si vous ne publiez pas, on vous donne des heures sup de cours. Moi je fais 160 heures par an, soit quasiment autant qu’un maître de conférences. Mais si j’ai une très bonne publication, on peut abaisser mon service à 120 heures », détaille-t-il.

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Très organisé, Thomas Porcher fait cours le lundi et le mardi et consacre le reste de la semaine à ses recherches, ses essais et ses passages dans les médias, notamment dans l’émission « C dans l’air », diffusée sur France 5. « Je suis un économiste qui participe au débat public », justifie celui que le classement du collectif RePec (Research Papers in Economics) classe 38e sur les 1 068 économistes les plus suivis sur Twitter.
« J’ai le sentiment de servir un peu de caution. » Frédéric Encel, professeur à la Paris Business School
Docteur en géopolitique, maître de conférences à Sciences Po et professeur de relations internationales à la PSB, Frédéric Encel, spécialiste du conflit israélo-palestinien, fréquente lui aussi assidûment les plateaux télé. Et ce, en sus de ses 200 heures de cours. « Je suis à plein temps. J’ai trois amphis de 1re année, un semestre en 3e année, j’encadre des doctorants… Que je sois dans un amphi de 300 personnes ou devant 1 million de téléspectateurs, je considère que je fais un seul et même métier : transmettre un savoir », fait valoir le professeur, figure de proue de la business school parisienne. Celle-ci ne fait pas partie du top 5, mais « voir que j’y enseigne, cela rassure les parents des étudiants ! J’ai le sentiment de servir un peu de caution », confie Frédéric Encel.
« Mercato délirant »
Il y a trente ans, les professeurs en école de commerce étaient majoritairement des professionnels qui venaient donner des cours fondés sur leur expérience. « Sous la pression des classements internationaux et d’un modèle imposé par les universités américaines, l’enseignant est devenu chercheur de haut niveau et les écoles de commerce ont essayé de suivre le mouvement », raconte Lionel Martellini, professeur de finance et directeur de l’Edhec Risk Institute, qui s’assigne pour objectif de produire des recherches « utiles socialement ».
« Un mercato totalement délirant s’est alors ouvert, où les business schools cherchent à recruter à prix d’or des professeurs qui sont chercheurs », constate-t-il. Sauf qu’aucune école française ne peut se permettre de rivaliser avec les universités américaines en termes de volume de publications. « Tout est question de taille, et en France les établissements sont bien trop modestes », soupire Lionel Martellini.
Recruter des profs vedettes – et parlant le français – n’est pas chose aisée pour les écoles de commerce de l’Hexagone, confirme Islam Gazi, professeur d’administration des entreprises à Grenoble EM : « Elles rémunèrent largement moins bien que les universités étrangères, avec environ 50 000 euros par an en début de carrière, contre plus du double à l’international. Aux Etats-Unis, une vedette de la recherche peut même toucher entre 300 000 et 400 000 dollars par an. »
Mercenaires
Pour tenter d’exister sur la scène mondiale, certaines écoles en viennent à se moquer du contenu de la recherche des enseignants qu’elles recrutent. « Seule compte la quantité d’articles publiés pour augmenter le nombre d’étoiles dans les classements. C’est le “publish or perish” ! », souligne Jérôme Barthélemy, professeur de management à l’Essec. La tendance est à la scission des activités de recherche et d’enseignement, « un véritable dévoiement », selon lui. « Vivre comme une star mercenaire qui passe d’un colloque international à l’autre, ce n’est pas la référence pour moi. Et éviter l’enseignement, ce n’est pas non plus ma philosophie », tranche Jérôme Barthélemy.
« C’est finalement ce qui me prend le plus de temps : je présente parfois la recherche menée à l’école aux grands patrons ou aux alumni de l’école. » Anne-Laure Sellier, professeure à HEC

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Les chercheurs de haut niveau sont pris en étau, estime Anne-Laure Sellier, professeure de marketing à HEC, après avoir enseigné à la London Business school, à la Stern Business School de New York et à la Columbia Business School. « Notre statut d’enseignants-chercheurs est accompagné d’une “charge d’enseignement”, et ce mot est lourd de sens : l’enseignement m’empêche de faire de la recherche, confie-t-elle. Pour autant, j’aime beaucoup mes étudiants et ils me manqueraient si je ne les voyais plus ! »
Ses 90 heures de cours par an, Anne-Laure Sellier les dispense sur un mois et demi, pour mieux se consacrer au reste ensuite. Notamment au « service de l’institution » qu’est HEC. « C’est finalement ce qui me prend le plus de temps : je présente parfois la recherche menée à l’école aux grands patrons ou aux alumni de l’école. Ces présentations requièrent des heures de préparation, affirme-t-elle. Le moment est capital car il peut mener à des fonds de recherche ; c’est un peu notre levée de fonds à nous. » Un financement privé plus qu’impérieux pour que les écoles de commerce ne disparaissent pas du jeu international de la recherche.

« Le Monde » organise son Salon des grandes écoles les 10 et 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce, d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées et prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac + 2, + 3 ou + 4). Lycéens, étudiants et parents pourront également assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » pourra également conseiller lycéens, étudiants et parents pour définir leur projet d’orientation, préparer les concours ou rédiger leur CV.
L’entrée en sera gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        

