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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Alors que le ministre de l’éducation doit annoncer, mardi 30 octobre, une série de mesures pour lutter contre les violences scolaires, dans une tribune au « Monde », Yannick Trigance, conseiller régional Ile-de-France (PS), met en garde contre une surenchère sécuritaire inefficace.
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Violences scolaires : « Il est grand temps d’écouter les enseignants »

Alors que le ministre de l’éducation doit annoncer, mardi 30 octobre, une série de mesures pour lutter contre les violences scolaires, dans une tribune au « Monde », Yannick Trigance, conseiller régional Ile-de-France (PS), met en garde contre une surenchère sécuritaire inefficace.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 19h09
    |

Yannick Trigance (Conseiller régional (PS) Ile-de-France)







                        



                                


                            

Tribune. L’émotion est particulièrement forte après la violence subie par l’enseignante de Créteil. Cette émotion dépasse aujourd’hui ce seul événement et se transforme en une « libération » de la parole des enseignants avec l’apparition du hashtag « #PasdeVague ».
Aussi convient-il d’apporter des réponses à ce malaise, en s’appuyant sur un état des lieux aussi objectif que possible et sans en rester au stade des généralisations telles que « la dérive des jeunes », « l’absence de respect » ou encore « la perte de repères ».
Un élève sur dix harcelé
Depuis plusieurs années, toutes les enquêtes concernant la violence scolaire montrent que, malgré les alternances politiques, la politique engagée depuis 2010 marque des points. Le ministre de l’éducation lui-même a d’ailleurs reconnu que la violence scolaire n’augmente pas, ce que confirment différentes enquêtes ministérielles, tout comme l’enquête Pisa 2015.
De même, la lutte contre le harcèlement scolaire porte ses fruits – un élève sur dix est harcelé, ce qui est encore trop, selon les enquêtes d’Eric Debarbieux, expert reconnu internationalement, ancien délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire –, le taux de victimisation a baissé et globalement la France est plutôt bien placée dans la lutte contre le harcèlement.

De plus, il est à noter que, toujours selon les études d’Eric Debarbieux, l’éducation nationale n’est pas laxiste au sens où le volume des expulsions temporaires est important au point que, comme l’a montré Benjamin Moignard, codirecteur de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention, il existe dans certains départements l’équivalent d’un collège fermé chaque jour par rapport au nombre d’exclusions prononcées.
Face à ce diagnostic objectif qui permet de dépasser le seul facteur émotionnel, il y a urgence à écouter les enseignants. Et le constat est alarmant : ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Investissements dans les médias, opérations séduction, pressions : pour contrôler son image, Pékin manie le chaud et le froid, décrypte notre chroniqueur.
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Chronique

« La volonté chinoise de censurer les opinions critiques en Afrique a de quoi inquiéter »

Investissements dans les médias, opérations séduction, pressions : pour contrôler son image, Pékin manie le chaud et le froid, décrypte notre chroniqueur.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 14h36

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h33






    
Dans les locaux de la chaîne CCTV Africa à Nairobi, la capitale kényane, en juin 2012.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Chronique. « J’ai écrit mon éditorial sur la répression des musulmans ouïgours dans la province chinoise du Xinjiang. Quelques heures après la sortie de l’édition papier contenant mon article, j’ai appris que celui-ci ne serait pas mis en ligne. Le lendemain, ma chronique hebdomadaire était supprimée. » Azad Essa est le premier journaliste en Afrique à subir de plein fouet la censure imposée par la Chine aux médias.
Sa chronique, « Au bout du monde », était publiée chaque semaine depuis septembre 2016 dans des titres appartenant à Independent Media, le deuxième plus grand groupe d’information sud-africain. Une entreprise contrôlée à 20 % par le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund) et la société de diffusion China International Television Corporation (CITVC).
« Dans une démocratie comme l’Afrique du Sud, il n’est pas acceptable que la ligne éditoriale d’un média dépende de la nationalité de ses investisseurs, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF). Cet exemple reflète l’influence croissante exercée par Pékin hors de ses frontières et qui vise à imposer un nouvel ordre médiatique mondial, dont l’éthique journalistique et le droit des citoyens à l’information seraient exclus. »
« Nous ne sommes pas des marionnettes »
L’affaire concerne cette fois un journaliste, mais elle n’est pas le seul exemple de cette volonté de contrôler son image. Le 29 septembre, un professeur de droit, Patrick Loch Otieno Lumumba, s’est ainsi vu refuser l’entrée en Zambie, un pays extrêmement dépendant des prêts chinois. Le Kényan, dont les positions très critiques sont connues, était invité à s’exprimer lors d’une conférence sur l’influence de la Chine en Afrique, mais il a été bloqué à l’aéroport et renvoyé à Nairobi « pour raisons de sécurité ».
En Namibie, à l’approche du sommet Chine-Afrique de septembre, l’ambassadeur Zhang Yiming a demandé publiquement au président Hage Geingob de manifester plus d’enthousiasme vis-à-vis de Pékin et d’affirmer un « soutien politique fort » dans son discours lors de cet événement diplomatique. « Vous ne devriez pas nous dire ce que nous devons faire, lui a répondu le chef d’Etat. Nous ne sommes pas des marionnettes. »

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En Afrique du Sud encore, l’universitaire Anthony Ross s’est vu refuser un visa pour la Chine, ses cours étant jugés trop critiques : « On m’a dit que je m’attachais trop aux problèmes de Taïwan, du Tibet, du Xinjiang et à la Révolution culturelle. » Le consulat aurait affirmé au directeur du Centre d’études chinoises de l’université de Stellenbosch qu’il ne pourrait plus se rendre dans le pays tant que ses cours ne mettraient pas davantage en lumière les succès de la « Nouvelle Chine ». Pour Anthony Ross, l’empire du Milieu demande de plus en plus aux Africains de le représenter d’« une certaine manière ».
Cette propagande est plus ou moins douce. Elle peut prendre la forme d’investissements – et l’on sait que Pékin a les poches profondes. Le groupe chinois StarTimes, qui distribue déjà ses programmes sur les réseaux câblés du continent, est par exemple devenu récemment l’actionnaire majoritaire du fournisseur sud-africain d’accès satellite TopTV. Au Sénégal, le quotidien national Le Soleil distribue gratuitement le magazine Chinafrique du groupe d’Etat Beijing Review. Et même en Europe, selon une enquête de Bloomberg News, la Chine aurait investi ces dix dernières années près de 3 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) en prises de participations dans divers médias.
La chaîne CGTN Africa a installé ses studios au Kenya et inonde le continent depuis 2012 de ses informations largement inspirées de la propagande des médias officiels chinois. Sans compter l’agence de presse Chine nouvelle (Xinhua), forte de 7 000 employés dans le monde, qui s’appuie sur deux bureaux régionaux implantés au Caire et à Nairobi, et sur des correspondants dans tous les pays d’Afrique. Ses dépêches sont proposées gratuitement aux médias du continent, offrant ainsi une autre voix que celle des grandes agences occidentales.
Cours de mandarin et de marxisme
La pluralité des médias et des opinions est une bonne chose pour l’Afrique, et l’on comprend que la Chine ne s’estime pas forcément bien servie par la presse occidentale. Mais cette volonté un peu trop pressante de censurer les opinions critiques a de quoi inquiéter.
Pour quelqu’un qui vit en Chine, les médias d’Etat sont d’une triste uniformité. Le chef de l’Etat fait quotidiennement les gros titres, le manque d’esprit critique est criant. Les grandes chaînes d’information ne sont visibles que dans certains hôtels, et sur Internet la censure bloque aussi bien les sites du New York Times, de Radio France internationale (RFI) ou encore du Monde que des moteurs de recherche comme Google.

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Plus insidieux, peut-être, ces « groupes d’étude » organisés par le ministère chinois des affaires étrangères. Lancés en 2015, ils proposent des voyages en Chine tous frais payés, sous l’étiquette de « formations », à un millier de journalistes africains chaque année. De retour récemment d’un reportage dans la ville de Yiwu, au sud de Shanghaï, j’ai ainsi croisé par hasard dans l’avion qui me ramenait à Pékin un groupe de vingt Zimbabwéens achevant un séjour d’un mois dans le pays. Une journaliste (qui préfère ne pas donner son nom) m’en a détaillé le programme : visite des zones économiques spéciales de Yiwu puis des télévisions locales et, surtout, exposé sur la puissance économique chinoise, apprentissage du mandarin et cours de marxisme. Pas un seul jour de repos dans ce cursus d’un mois, mais une enveloppe de 400 dollars remise à chaque participant pour ses frais alors que l’hébergement, le transport et la nourriture étaient pris en charge.
Les journalistes – dont c’était, pour la plupart, la première visite dans le pays – en sortent séduits par l’avance technologique de la deuxième puissance économique mondiale, mais ont-ils pour autant compris la Chinafrique ? Non. La jeune journaliste m’expliquait combien les Chinois avaient du mal à communiquer en anglais, à s’ouvrir à la diversité des cultures africaines et à expliquer leur politique sur le continent.

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Alors que manque-t-il vraiment à cette Chinafrique ? Ni l’argent, ni l’ambition. Mais peut-être la volonté de partager plutôt que d’imposer sa marque. Aucun réfugié africain n’a été accueilli par l’empire du Milieu alors que même son voisin japonais, pourtant très fermé aux étrangers, en reçoit quelques dizaines chaque année. Les visas sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les ressortissants du continent qui ne passent pas par les programmes officiels d’échanges ou par une bourse universitaire. Et les jeunes qui en ont bénéficié repartent finalement dans leur pays avec l’image d’une Chine certes généreuse mais fermée, hermétique aux influences étrangères.
« Là-bas, on vient encore me toucher la peau pour savoir si je suis vraiment noire », me raconte cette jeune Zimbabwéenne. Voilà qui en dit long sur la distance qui sépare encore beaucoup de Chinois de l’Afrique, et qui semble se mesurer en années-lumière. Le soft power de Pékin avance certes à plein régime, mais il semble manquer son but.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica.info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Brésil : inquiétant retour du passé

Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 14h39
   





                        



Editorial du « Monde ». Le Brésil vient d’élire un président raciste, sexiste, homophobe et partisan de la torture. Ancien parachutiste, nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait à jamais révolue, Jair Bolsonaro est le premier militaire élu depuis l’accession au pouvoir, en 1946, de Gaspar Dutra.
Avec une très large majorité (55,1 % des voix), le candidat d’extrême droite ferme une parenthèse de l’histoire brésilienne de treize années de gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, à laquelle s’ajoutent trente-trois ans d’alternance politique modérée entre le centre gauche et le centre droit. Qu’il s’agisse de l’élection de Sebastian Pinera au Chili, de Mauricio Macri en Argentine ou d’Ivan Duque en Colombie, les grandes consultations politiques d’Amérique latine vont dans un sens unilatéral que seule la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique a pris à rebours. Hormis cette exception, le « tournant à gauche » du sous-continent a vécu.
Au Brésil, la destitution de la présidente, Dilma Rousseff, en août 2016, la condamnation de son prédécesseur, Lula, en juillet 2017, puis son emprisonnement en avril 2018 et son interdiction de briguer un nouveau mandat sont autant d’événements qui s’inscrivent dans le contexte d’une droitisation de plus en plus marquée du plus grand pays d’Amérique du Sud.

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Aucune ambiguïté sur son extrémisme
Le parcours du futur président ne souffre d’aucune ambiguïté sur son extrémisme. Elu député dès 1991, Jair Bolsonaro est ensuite accusé d’avoir tenté d’organiser des attentats afin d’attirer l’attention sur la faiblesse des salaires des militaires, ce qui lui vaut de passer quinze jours en prison. Il faut attendre la fin de la décennie 1990 pour que l’opinion publique découvre sa violence verbale.
En plein Congrès, en 1999, il regrette que la dictature n’ait pas exécuté 30 000 personnes corrompues supplémentaires, dont le président de l’époque, Fernando Henrique Cardoso. Quatre ans plus tard, au cours d’un débat télévisé, il lance à la député PT Maria do Rosario qu’il ne la violerait jamais, car elle ne le méritait pas. Un propos qu’il répète, onze ans plus tard, dans les couloirs du Congrès, à l’adresse de celle qui est devenue entre-temps secrétaire aux droits de l’homme sous Dilma Rousseff.
A 63 ans, Jair Bolsonaro est, de loin, le chef d’Etat de droite élu le plus extrémiste de l’histoire récente d’Amérique latine. Outre sa violence verbale, il se distingue avec une certaine constance par son racisme vis-à-vis des peuples indigènes et des Noirs, par sa misogynie et son culte des armes à feu. Cette rhétorique lui vaut rapidement d’être désigné par la presse comme le « Trump brésilien » ou le « Trump tropical ».

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Un ultranationalisme chimiquement pur
La campagne électorale de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Les discours de Jair Bolsonaro, faiblement articulés, se réduisent à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le Brésil, invoqué dans quasiment toutes ses phrases, doit être libéré, selon lui, nettoyé et purifié des « délinquants » et des « rouges ». Toute sa capacité à gouverner dépendra désormais de la manière dont il s’y prendra pour rassembler autour de lui une majorité solide au Parlement, malgré ses orientations radicales. En cas de minorité, il présidera par décrets, comme il l’a déjà évoqué.
Le Brésil vient s’ajouter à la liste déjà longue des pays qui ont basculé dans le national-populisme un peu partout dans le monde, donnant le sentiment qu’aucun continent n’est immunisé contre cette montée. Cette dynamique dangereuse va se traduire rapidement par des effets très concrets au Brésil.
Ainsi, avec l’arrivée de M. Bolsonaro au palais du Planalto, à Brasilia, on doit s’attendre à un resserrement diplomatique spectaculaire avec Washington et un Donald Trump qui partage une même vision sur un certain nombre de sujets. Le nouveau chef d’Etat devrait s’aligner sur la position des Etats-Unis à propos d’Israël, mais aussi du Venezuela. Et puis, il a promis que, sous son mandat, le Brésil sortira de l’accord de Paris sur le climat et mettra un terme à l’agence brésilienne chargée du contrôle de la déforestation et de la démarcation des terres indigènes. Pour le Brésil, l’Amazonie et la planète, il s’agit d’un inquiétant retour du passé.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Ce n’est pas la jeunesse qui cherche à fuir la mixité et l’engagement, ce sont les classes favorisées, estime un collectif d’associations de jeunes dans une tribune au « Monde ». Il n’est pas juste de lui faire porter ces problématiques sociétales.
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« Imposer le service national universel est un non-sens »

Ce n’est pas la jeunesse qui cherche à fuir la mixité et l’engagement, ce sont les classes favorisées, estime un collectif d’associations de jeunes dans une tribune au « Monde ». Il n’est pas juste de lui faire porter ces problématiques sociétales.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h29
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement actuel déplore un manque crucial de brassage social et territorial et d’engagement au sein de notre société. Problématique à laquelle il souhaite répondre par un service national universel (SNU) imposé à chaque jeune. Pour nous, le SNU est une mauvaise réponse à des vraies questions. Une mauvaise traduction des concepts d’« engagement », de « mixité » et de « citoyenneté ».
Nous aussi, associations de jeunesse, partageons l’idée que notre société souffre de ségrégation, de l’absence de rencontres, de solidarité et de gestes gratuits. Oui, il y a urgence à agir et à repenser notre manière de faire société. Nous voulons coconstruire et coporter l’idée d’une société ouverte, construite sur des mixités, de la gratuité, des solidarités et de l’attention portée à l’autre. Effectivement, ces enjeux dépassent le cadre de la jeunesse. Si le gouvernement veut travailler sur une universalité, nous y sommes prêts.
Aujourd’hui, le projet présenté et quasi définitif n’est pas universel. Il assigne à une tranche d’âge de porter ces problématiques sociétales. Par un internat imposé de quinze jours ou un mois, le SNU entend apprendre aux jeunes de 16 à 25 ans la citoyenneté, la mixité et l’engagement. Mais par ce dispositif imposé uniquement aux jeunes, le gouvernement fait une lecture bien simpliste du défi ! Nous le répétons : la contrainte n’est pas la réponse. L’engagement ne peut être que volontaire. L’imposer est un non-sens.
Une carence de politiques publiques
Si notre pays souffre d’une absence de brassage social et territorial, c’est que nous manquons de politiques publiques permettant à l’ensemble de la population de se rencontrer. L’enjeu des mixités ne peut et ne saurait être porté par la jeunesse seule. Les travaux de la Fondation Jean-Jaurès et de Thomas Piketty montrent que ce n’est pas la jeunesse qui fuit les mixités, mais les classes favorisées.
Nous pensons que c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.
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Quand les fonds de pensions ne veulent plus faire de politique

Les actionnaires des fonds de pension américains avaient l’habitude de s’engager pour forcer les entreprises à être plus sociales, plus respectueuses de l’environnement. Désormais, en Californie, les fonds de pension privilégient d’influer sur le management, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à New York.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h18
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Les plus anciens se souviennent de Bill Crist, emblématique président du fonds de pension des fonctionnaires de Californie CalPERS. C’était au milieu des années 1990, les actionnaires minoritaires s’invitaient dans les conseils d’administration pour forcer les dirigeants à gérer leurs entreprises dans l’intérêt des actionnaires. Au fil des ans, les fonds de pension avaient pris l’habitude de faire de la politique, s’engageant pour forcer les entreprises à être plus sociales, respectueuses de l’environnement. Et puis, au mois d’octobre, les pensionnés de Californie ont dit cela suffit.
« Mon seul boulot, c’est de garantir nos retraites », a proclamé le sergent de police Jason Perez. Et il a renversé avec près de 57 % des voix la présidente sortante Priya Mathur, dont il avait combattu la politique. « Mathur a mis en péril la sécurité de nos retraites, parce qu’elle s’est fixé des priorités d’investissements environnementales, sociales et de gouvernance sans prendre en compte les autres risques », avait accusé le sergent, reprochant à son adversaire d’être « déconnectée, convaincue que son rôle est de faire le tour du monde, de faire sonner la cloche de la Bourse de Londres et de discuter avec les responsables des Nations unies ».
CalPERS, qui gère 360 milliards de dollars, a terriblement souffert de la crise financière, et de sa foi dans le capitalisme, persuadé que ses actions lui rapporteraient 8 % par an. Aujourd’hui, les retraites des fonctionnaires de Californie ne sont financées qu’à 70 % – le « trou » est supérieur à 100 milliards de dollars.
Résultat, le fonds résiste désormais aux injonctions morales. Vendez vos actions dans le tabac, les armes et le charbon, lui demande-t-on. Cette politique, engagée dans les années 1980 avec le retrait d’Afrique du Sud pendant l’apartheid, lui avait fait perdre 7,9 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) à la mi-2017.
Tout le monde...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les expériences de Mitterrand ou de Kohl rappellent que gouverner, c’est assumer ses choix et les efforts coûteux que nécessite leur réalisation, explique Stefan Seidendorf dans une tribune au « Monde » au lendemain d’un désaveu pour le CDU d’Angela Merkel lors d’élections régionales en Hesse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Stefan Seidendorf : « Après la Bavière, la Hesse : et si on commençait à gouverner ? »

Les expériences de Mitterrand ou de Kohl rappellent que gouverner, c’est assumer ses choix et les efforts coûteux que nécessite leur réalisation, explique Stefan Seidendorf dans une tribune au « Monde » au lendemain d’un désaveu pour le CDU d’Angela Merkel lors d’élections régionales en Hesse.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h25
    |

Stefan Seidendorf (Directeur adjoint de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg)







                        



                                


                            

Tribune. Après la Bavière, la Hesse… Les résultats des élections régionales allemandes passent et se ressemblent désormais. Aux pertes historiques du parti conservateur en Bavière répond la chute de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en Hesse. La débâcle des sociaux-démocrates en Bavière annonçait leurs résultats historiquement bas en Hesse, le Land qu’ils avaient gouverné pendant cinquante-quatre ans. Le plus vieux parti européen semble désormais menacé dans son existence même. Qui souhaite la survie de la coalition au pouvoir à Berlin devrait se préoccuper des états d’âme du Parti social-démocrate (SPD), où les militants ont de plus en plus de mal à résister à la panique.
Pourquoi ce désamour dramatique des électeurs ? Au-delà des constellations régionales, il s’agit d’une réaction à l’image désolante du gouvernement fédéral. La grande coalition – une cohabitation difficile entre les conservateurs de la CDU, leur branche bavaroise, l’Union chrétienne-sociale (CSU ), et les sociaux-démocrates du SPD – est paralysée par une triple querelle : discorde d’abord entre les chefs de la CSU en Bavière et à Berlin. Désaccord ensuite entre les deux branches conservatrices au sein du gouvernement, entre le ministre de l’Intérieur et la Chancelière et, enfin, mésentente entre le SPD et la CDU-CSU.

Si les sociaux-démocrates assistent la plupart du temps en spectateurs incrédules aux psychodrames conservateurs, les mauvais résultats régionaux et l’embarras face à l’héritage empoisonné des années Schröder font douter le SPD. Faut-il se fondre dans la « grande coalition » d’Angela Merkel, en réalisant un travail « sérieux » et « solide » ?
Depuis sa prise de fonctions en mars, le gouvernement réalise des réformes sociales clairement inspirées par les préférences du SPD. Mais cette stratégie n’est pour le moment pas payante face au spectacle des conservateurs. Alors faut-il sortir du gouvernement avec fracas, en provoquant des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Prenant acte des propos du ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, appelant les scientifiques à faire la preuve des conséquences sanitaires des pesticides, un collectif de médecins et de chercheurs propose, dans une tribune au « Monde » de lui adresser un rapport mensuel.
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« Notre proposition,  Monsieur le ministre, pour évaluer la toxicité des pesticides»

Prenant acte des propos du ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, appelant les scientifiques à faire la preuve des conséquences sanitaires des pesticides, un collectif de médecins et de chercheurs propose, dans une tribune au « Monde » de lui adresser un rapport mensuel.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h16
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Monsieur le ministre, vous avez déclaré sur l’antenne de RTL, le 19 octobre : « Sur la question des bébés sans bras, il faut que la science fasse son travail. C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides. » Ce qu’un journal [Le Nouvel Observateur] a cru pouvoir traduire sur son site par : « Pesticides, Didier Guillaume réclame aux scientifiques des preuves de leur impact sur la santé ».
Si l’on s’en tient à la loi, ce n’est pas aux scientifiques d’apporter la preuve de la toxicité des pesticides, mais bien aux industriels de démontrer l’absence de nocivité de leurs produits. De plus, cette preuve devrait être faite avant leur mise sur le marché et validée par des organismes indépendants certifiés comme c’est le cas pour les médicaments qui, pour être commercialisés, doivent avoir reçu une AMM (Autorisation de mise sur le marché).

Dans le cas des excès d’agénésies transverses des membres supérieurs, rien ne permet actuellement d’infirmer que les pesticides n’en soient pas la cause. La question était seulement de savoir s’il fallait chercher plus loin ou non ? Nous le croyons, et nous pensons surtout qu’un travail d’analyse épidémiologique et d’exposition doit être réalisé sans tarder.
Nous prenons acte des récents propos de la ministre de la santé mais nous nous étonnons des délais considérables existant entre les alertes aux services concernés et les investigations, les signalements dans l’Ain datant de 2010 ! Ces alertes et les investigations qui en résultent devraient être portées à la connaissance du public sans attendre plusieurs années, le temps finissant par effacer les possibles éléments de preuve !
Un lien fort
Concernant les effets toxiques des pesticides, les scientifiques accumulent les preuves depuis de nombreuses années, à tel point qu’il n’est plus nécessaire d’invoquer le principe de précaution mais celui de prévention....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. Plusieurs scénarios se dessinent pour la succession de Pascal Pavageau, démissionnaire le 17 octobre. Mais la centrale syndicale entre dans l’inconnu, estime l’éditorialiste Michel Noblecourt.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Plusieurs scénarios se dessinent pour la succession de Pascal Pavageau, démissionnaire le 17 octobre. Mais la centrale syndicale entre dans l’inconnu, estime l’éditorialiste Michel Noblecourt.        Par  Michel Noblecourt   Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 08h52   Lecture 4 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés       Analyse. Soixante-dix ans après sa création, en 1948, à la suite d’une scission de la CGT, Force ouvrière est confrontée à une crise existentielle. « Il va falloir vous battre pour votre existence », avait lancé Marc Blondel, en 2004, en cédant les rênes de la centrale à Jean-Claude Mailly. FO a survécu, se maintenant au troisième rang des confédérations syndicales.          En démissionnant, le 17 octobre, après un bref mandat de secrétaire général de moins de six mois, Pascal Pavageau, mis en cause à propos de l’existence d’un fichier « fliquant » 127 responsables de fédérations et d’unions départementales (UD), s’est épargné l’humiliation d’être révoqué. Mais il a placé FO au bord de l’abîme.          Le 17 octobre, devant la commission exécutive de FO, sa direction élargie de 35 membres qui a convoqué un comité confédéral national – son parlement réunissant les dirigeants de ses 22 fédérations et de ses 105 UD –, les 21 et 22 novembre, pour élire un nouveau secrétaire général, Frédéric Homez, le très réformiste patron de la fédération des métaux, a livré un réquisitoire au canon. Il a jugé « impardonnable » l’existence d’un fichier qui « relève de méthodes staliniennes, dignes du KGB ». Et il a fustigé les méthodes de M. Pavageau, assimilées à « des comportements et agissements de “patrons voyous” ».           Selon plusieurs sources, c’est la décision de M. Pavageau de recourir à un audit sur les finances internes qui aurait déclenché la crise                                            — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Article sélectionné dans La Matinale du 28/10/2018
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« “Affaire Khashoggi” ou pas, les débouchés en Arabie saoudite restent précieux pour les sociétés occidentales »

Une fois dissipée leur vertueuse indignation et retombée la vague médiatique, les patrons reviendront assurément à Riyad, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 08h21
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            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Il y a quatre ans, un jeune prince a fait son apparition dans le désert de la péninsule Arabique… Ce pourrait être le début d’un conte des Mille et Une Nuits. Ce fut plus prosaïquement, pour le monde des affaires, l’espoir d’un regain de dynamisme économique dans le vieux royaume perclus de conservatisme et la promesse d’investissements massifs.
Avec Mohammed Ben Salman, le fils du vieux roi Salman assis sur le trône en janvier 2015 à la mort d’Abdallah, ils avaient trouvé l’« Arabe du futur ». Et, dans son projet Vision 2030 dévoilé un an plus tard, les remèdes capables de guérir un pays malade de sa dépendance au pétrole et d’ouvrir l’économie à des entreprises étrangères jusque dans des secteurs proscrits par le rigorisme wahhabite, comme le tourisme et les loisirs.
Les premiers portraits de « MBS » n’étaient pas toujours flatteurs. Un homme instable et piètre connaisseur de ce qui se passe hors du royaume, confiait le patron d’une multinationale. Le monde des affaires s’est pourtant montré indulgent envers ce jeune ambitieux que son père malade a placé en 2017 au premier rang dans l’ordre successoral. Le fiasco diplomatique de l’enlèvement du premier ministre libanais Saad Hariri ? Les 10 000 morts de la sanglante guerre au Yémen ? L’embargo contre le Qatar ? Tout cela était fort embarrassant, mais pas de nature à injurier l’avenir, qui s’écrivait en milliards de dollars.
Et puis il y avait de timides ouvertures au profit des femmes (savamment mises en scène) et la promesse de « détruire l’extrémisme religieux » pour « revenir à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde ».
Prudence
Malgré son autoritarisme grandissant, quel patron pouvait imaginer qu’il commanditerait – hypothèse plausible – une mise à mort aussi barbare que celle du journaliste dissident Jamal Khashoggi ? Par prudence, sous la pression de leurs salariés ou mis en demeure par les ONG, les grands noms...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eirick Prairat, professeur en sciences de l’éducation, analyse les facteurs qui ont contribué au recul de l’autorité de l’école.
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Par  Eirick Prairat   Publié aujourd’hui à 05h15, mis à jour à 10h07   Lecture 4 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, visite une école primaire à Poissy (Yvelines), le 7 septembre. VINCENT ISORE / IP3 PRESS / MAXPPP             Tribune. Faut-il parler d’une crise de l’autorité professorale ? Dans son acception la plus commune, l’idée de crise nous renvoie à l’idée d’une situation aiguë, à celle d’un point de cristallisation. Il est préférable, nous semble-t-il, de parler d’érosion, car ce terme enferme l’idée d’une temporalité plus lente. Il y a dans le concept d’érosion une dimension moins éruptive qui rend finalement mieux compte de l’évolution et de la transformation des rapports d’autorité dans le champ de l’éducation.          Comment comprendre ce procès qui est au travail depuis plusieurs décennies déjà dans nos sociétés ? Risquons trois lectures : une lecture sociologique, dans laquelle ce processus tire son origine d’une méfiance à l’égard de l’institution scolaire, une lecture philosophique, qui met l’accent sur la difficulté à enseigner à l’heure où triomphe l’idée d’égalité, et une lecture que l’on peut qualifier d’anthropologique, qui souligne la tyrannie de l’instant et de l’immédiat dans nos sociétés.          La perte de confiance          Cette lecture affirme que l’affaiblissement de l’autorité des professeurs est une conséquence. Elle découle de la perte de crédit que connaît aujourd’hui l’institution scolaire comme instance de promotion. Il n’y a pas si longtemps, l’obtention du baccalauréat ouvrait la porte des études supérieures et permettait, presque à coup sûr, l’accès à un emploi moyen ou supérieur.          La promesse d’emploi que faisait l’école d’hier, l’école d’aujourd’hui a plus de mal à la faire. Il y a un affaiblissement de la valeur instrumentale de l’école produisant, pour certains élèves, un décalage entre les contraintes – ce qui est exigé – et ce qu’ils peuvent raisonnablement espérer en termes socio-professionnels. L’enseignant y est chahuté en tant que représentant d’une institution qui déçoit.             Lire aussi  Violences scolaires : pas de solution miracle             Cette perte de confiance est ressentie de manière particulièrement aiguë par les familles les plus modestes, qui, en un siècle, ont inversé leur rapport à l’école. A la charnière des XIXe et XXe siècles, au moment du grand essor de l’école républicaine, les classes sociales les plus paupérisées sont dans un rapport d’espérance vis-à-vis de l’institution scolaire. Elles en attendent pour leur enfant un accès à la culture et une inscription dans des positions sociales plus valorisées que les leurs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a pour ces classes sociales une sorte de désenchantement à l’endroit de l’école.                                            — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Emmanuelle Loyer assure que la démocratie fait de nous tous, citoyens égaux en droits, des concurrents dans une société désormais ultra-compétitive.
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« Faut-il créer des concours plus justes socialement ou se débarrasser du concours lui-même ? »

Dans sa chronique, Emmanuelle Loyer assure que la démocratie fait de nous tous, citoyens égaux en droits, des concurrents dans une société désormais ultra-compétitive.



LE MONDE IDEES
 |    28.10.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h02
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne,  professeure d’histoire contemporaine à Sciences Po)








                        



                                


                            
Chronique. La scène est glaçante : plan large, caméra de surveillance, sur le vaste et informel hall de Villepinte (Seine-Saint-Denis) abritant, le temps d’une épreuve, les quelques milliers de carabins aspirant à devenir médecins, chacun devant sa petite table et face à son destin. Plus tard, une autre scène lui répond : le cinéma se fait alors peinture car c’est un tableau filmé en contre-plongée, nimbé de l’élévation d’une vocation. Autour de la table de dissection et du maître qui opère, les « troisième année » triés sur le volet recueillent la transmission d’un savoir médical comme au temps de La Leçon d’anatomie saisie par Rembrandt…

D’un côté, la masse anonyme des impétrants ; de l’autre, l’intimité familière des disciples. Entre les deux, le film de Thomas Lilti étire le temps de cette Première année des facultés de médecine – ici Paris-V-Descartes – ­violente et ritualisée, tout entière finalisée par le passage dans le chas du concours : beaucoup d’appelés (amphis bondés) et peu d’élus, environ un sur dix, ce qu’on ­nommait « décimer » pendant la Grande Guerre. Chose étonnante, la sortie du film a correspondu à la suppression officielle du numerus clausus qui en forme le nœud dramaturgique, le rendant immédiatement obsolète ou puissamment performatif selon les interprétations !
Cauchemar des étudiants, de leurs parents, de leurs grands-parents… le fameux numerus clausus fut établi en 1971 comme outil de régulation de la démographie médicale. Politiquement sensible – on est trois ans après 1968 –, ce contingentement par concours est rendu possible par l’alliance conjoncturelle d’un ordre des médecins, garant d’un certain malthusianisme bien entendu de la profession et de la médecine hospitalière qui, ­désormais, avec la suppression du concours de l’externat (en 1968) doit assurer la formation de tous les étudiants dans les centres hospitaliers universitaires.

Cela n’aurait pas suffi si...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ « Une histoire des civilisations » embrasse le parcours des sociétés humaines, depuis l’émergence du genre « Homo » jusqu’à nos jours, « archives du sol » à l’appui. Dialogue avec les archéologues Alain Schnapp et Dominique Garcia.
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Livre. L’archéologie bouscule l’histoire

« Une histoire des civilisations » embrasse le parcours des sociétés humaines, depuis l’émergence du genre « Homo » jusqu’à nos jours, « archives du sol » à l’appui. Dialogue avec les archéologues Alain Schnapp et Dominique Garcia.



LE MONDE DES LIVRES
 |    28.10.2018 à 09h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances, sous la direction de Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, La Découverte/Inrap, 606 p., 49 €.

Une somme, voilà le terme qui décrit le mieux Une histoire des civilisations, fruit d’une coédition entre l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et La Découverte. Dirigé par les archéologues français Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, cet ouvrage de 600 pages rassemble les contributions de quelque 70 chercheurs et a pour ambition d’embrasser le parcours des sociétés humaines depuis l’émergence du genre Homo jusqu’à la globalisation actuelle.
On pourrait presque voir comme une provocation, alors que les archéologues ont longtemps été considérés comme de simples supplétifs des historiens, cette volonté de prendre à bras-le-corps rien de moins que le destin de l’humanité. Mais cette approche se justifie par les nombreuses évolutions que la discipline a connues au cours des dernières décennies.
La notion de « civilisation » revisitée
L’archéologie est notamment la seule discipline capable de retourner aux racines de l’humanité. A cet égard, la première partie du livre, présentée par le préhistorien Jean-Jacques Hublin et consacrée à l’hominisation de la Terre ainsi qu’aux premières sociétés de chasseurs-cueilleurs, se révèle profondément originale pour ce type d’ouvrage.
La notion usuelle de « civilisation » est ainsi révisée, revisitée, et ce n’est qu’au bout de 250 pages, après l’exploration des sociétés agricoles du néolithique, que l’on entre, avec l’apparition des Etats centralisés, dans l’histoire classique et l’ère de l’écriture. Les maîtres d’œuvre ont pris soin de ne pas tomber dans le piège de l’européocentrisme et, au fil des chapitres, le lecteur se promène dans l’Inde ancienne, fait connaissance avec la métallurgie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ A quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, la politologue Alexandra de Hoop Scheffer voit dans ce populisme le résultat d’une évolution structurelle de la société américaine.
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« Le trumpisme continuera après Trump »

A quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, la politologue Alexandra de Hoop Scheffer voit dans ce populisme le résultat d’une évolution structurelle de la société américaine.



LE MONDE IDEES
 |    28.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 09h24
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Politologue, Alexandra de Hoop Scheffer est directrice, en France, du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States. Etablie à Paris, elle travaille sur les liens entre l’Europe et l’Amérique, et considère que le « trumpisme » est bien plus ancré dans la société américaine qu’on le dit.
Les élections de mi-mandat du 6 novembre sont-elles de nature à contrarier le pré­sident Trump ? A quoi faut-il s’attendre ?
Le scénario qui se profile est celui d’un Congrès divisé, les démocrates remportant la majorité à la Chambre des représentants et les républicains conservant le contrôle du Sénat. Le président Trump se retrouverait ironiquement dans une situation similaire à celle de son prédécesseur, Barack Obama, en 2010. Incapable de gouverner, le président devrait recourir aux décrets, outils fragiles puisqu’ils peuvent être annulés par un autre décret présidentiel. La plupart des chantiers et projets de la présidence Trump se trouveraient compromis – mur avec le Mexique, destruction de l’Obamacare, coupes dans les programmes sociaux, baisses d’impôts. La Chambre des représentants se transformerait aussi en une ruche de commissions d’enquête.
La bataille qui oppose Trump et le procureur spécial, Robert Mueller, s’élargirait à un face-à-face entre Trump et 21 présidents de commissions – dont celles, puissantes, du renseignement, des affaires judiciaires, du budget, du contrôle et de la réforme de l’Etat –, qui pourraient (re)lancer des enquêtes sur les soupçons de collusion avec la Russie, la possible entrave à la justice lors du limogeage du patron du FBI, et sur toutes les affaires et les scandales dans lesquels Trump est empêtré. Le président conserverait cependant une grande marge de manœuvre en politique étrangère et militaire.
On a souvent décrit l’électeur de Trump comme étant un citoyen blanc et exclu de la mondialisation, ayant peur du déclassement social et de la perte ­d’influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Sous le titre « Trois pierres, c’est un mur… », l’Américain Eric Cline se fait l’archéologue de l’archéologie, du XVIIIe siècle à nos jours.
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Histoire. Quatre siècles de fouilles et de découvertes

Sous le titre « Trois pierres, c’est un mur… », l’Américain Eric Cline se fait l’archéologue de l’archéologie, du XVIIIe siècle à nos jours.



LE MONDE DES LIVRES
 |    28.10.2018 à 08h45
 • Mis à jour le
28.10.2018 à 14h46
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Trois pierres, c’est un mur… Une histoire de l’archéologie (« Three Stones Make a Wall. The Story of Archaeology »), d’Eric H. Cline, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Dalarun, CNRS Editions, 462 p., 25 € (en librairie le 31 octobre).

Eric H. Cline se défend d’être un Indiana Jones de l’archéologie. Il a pourtant en commun avec Steven Spielberg d’avoir saisi ce qui fait le charme de la discipline : la découverte, moment de bonheur indescriptible pour l’inventeur, comme pour le spectateur de films d’aventures. Et de belles trouvailles, la vie de l’archéologue américain de 58 ans en regorge – la plus belle, dit-il, fut une patte de singe pétrifiée, lors de sa première fouille hors d’Amérique, sur le site gréco-romain de Tel-Anafa, dans le nord d’Israël.
Après plus de trente campagnes de fouilles en Israël, en Grèce, en Turquie, en Jordanie, à Chypre et aux Etats-Unis, il propose, dans Trois pierres, c’est un mur…, moins une histoire de l’archéologie qu’une histoire des découvertes archéologiques les plus importantes depuis les fouilles en 1709 d’Herculanum, ville romaine antique détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79. S’il attribue la naissance de l’archéologie moderne à Joachim Winckelmann (1717-1768), Cline ne prend pas ici en compte les différentes interprétations des origines de sa discipline, s’évitant de remonter jusqu’aux curiosités pour les vestiges anciens attestés dans l’entourage des souverains égyptiens dès le IIIe millénaire av. J.-C.

Ce parti pris lui permet d’entrer directement dans le vif du sujet. Sous forme de synthèses brillamment ficelées, à mi-chemin entre le polar et l’enquête journalistique, il retrace les premiers pas des grands archéologues, de ­l’Allemand Heinrich Schliemann (1822-1890), à Troie, au Français Auguste Mariette (1821-1881), en Egypte, et du Britannique ­Leonard Woolley (1880-1960), à Ur, en Mésopotamie, à l’Américain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Alors qu’Angela Merkel prône l’arrêt des livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, le choix de la realpolitik d’Emmanuel Macron, qui juge la proposition « démagogique », interroge.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Au-delà de l’affaire Khashoggi, la guerre au Yémen

Editorial. Alors qu’Angela Merkel prône l’arrêt des livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, le choix de la realpolitik d’Emmanuel Macron, qui juge la proposition « démagogique », interroge.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h48
   





                        


Editorial du « Monde ». La sauvagerie de l’assassinat de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre a suscité à raison une indignation générale. Les capitales occidentales ne pouvaient rester sans réagir, alors que s’accumulent, depuis trois semaines, les détails macabres et les éléments montrant l’implication de Riyad au plus niveau.
Premier exportateur de pétrole mondial, premier acheteur d’armement au monde et principale puissance de la péninsule Arabique, le Royaume saoudien se sent d’autant plus intouchable qu’il peut compter sur le total soutien de Donald Trump dans sa guerre pour contenir l’influence iranienne. Mais, sous le choc de ce crime atroce commis dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul par un commando venu de Riyad, le débat sur les sanctions est lancé. A commencer par les ventes d’armes.
La pire tragédie humanitaire en cours
Cette question a trop longtemps été éludée, alors que, depuis quatre ans, Riyad mène, à l’initiative de Mohammed Ben Salman (MBS) lui-même, une sale guerre au Yémen pour museler les insurgés houthistes protégés par Téhéran. Ce mouroir dénoncé par l’ONU comme la pire tragédie humanitaire en cours, n’avait jusqu’ici guère ému ni les opinions occidentales ni leurs gouvernements. Seules les ONG se battent dans l’indifférence générale pour demander l’arrêt des livraisons des armes alimentant l’interminable carnage.

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                Ventes d’armes à l’Arabie saoudite : Macron se dissocie de Merkel



La chancelière allemande, Angela Merkel, prône ouvertement une telle solution tant que les dessous de la mort de Khashoggi ne seront pas éclaircis. Et elle rappelle aussi que « l’Arabie saoudite doit tout faire pour résoudre la crise humanitaire au Yémen ». Sa position est néanmoins hypocrite. Alors que l’accord de coalition gouvernementale avec le SPD interdit explicitement toute vente d’armes « à des pays impliqués dans la guerre au Yémen », les autorités allemandes ont depuis le début de l’année autorisé pour 416,4 millions d’euros de contrats d’armement avec Riyad.
« De la pure démagogie »
L’enjeu pour les autorités françaises est d’une tout autre ampleur. L’Arabie saoudite était derrière l’Egypte le deuxième client en 2017 de l’industrie d’armement française. En outre, depuis le grand tournant prosaoudien amorcé sous la présidence de François Hollande, c’est un « partenaire stratégique », même si Paris voudrait aussi rééquilibrer ses relations avec Téhéran.
Aux yeux d’Emmanuel Macron, évoquer un arrêt des ventes d’armes serait « de la pure démagogie ». « Je comprends le lien avec le Yémen, mais il n’y a en a aucun avec M. Khashoggi », a insisté le chef de l’Etat, resté longtemps silencieux sur l’affaire, même s’il n’a pas hésité, lors d’un entretien avec MBS le 25 octobre, à lui dire « toute son indignation » pour l’assassinat de l’opposant. M. Macron évoque, quand les exécutants et les commanditaires auront été identifiés, des sanctions individuelles ciblées. Une position somme toute assez proche de celle affichée par M. Trump, qui a aussi brandi cette menace en excluant de remettre en cause les 110 milliards de dollars de contrats d’armements prévus avec Riayd.
On peut s’interroger sur la pertinence de ce choix assumé de realpolitik au risque de se trouver en porte-à-faux avec l’opinion publique et surtout avec notre principal partenaire européen. L’affaire Khashoggi constitue au contraire une occasion de faire pression sur l’Arabie saoudite au Yémen. Un embargo sur les ventes d’armes serait une victoire posthume de ce journaliste, longtemps proche de la famille royale saoudienne, avant de devenir le pourfendeur acharné de l’aventurisme géopolitique de l’homme fort de Riyad.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Sur certaines questions, la preuve parfaite ne pourra jamais être obtenue, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », qui revient dans sa chronique sur l’étude parue dans « JAMA Internal Medicine » établissant un lien entre alimentation bio et cancer.
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« En matière de santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse »

Sur certaines questions, la preuve parfaite ne pourra jamais être obtenue, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », qui revient dans sa chronique sur l’étude parue dans « JAMA Internal Medicine » établissant un lien entre alimentation bio et cancer.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h19
    |

            Stéphane Foucart (service planète du "Monde")








                        



                                


                            

Chronique. Rarement étude épidémiologique aura reçu une telle attention. Chacun à sa manière, la majorité des grands médias internationaux a rendu compte de ses résultats, publiés le 22 octobre dans JAMA Internal Medicine : les plus grands consommateurs de « bio » (environ 50 % de leur alimentation) ont un risque diminué de 25 % de contracter un cancer, par rapport aux plus petits consommateurs. Avec, comme explication la plus plausible avancée par ses auteurs, la présence, plus fréquente et en plus grande quantité, de résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation conventionnelle.

Quelques voix, y compris scientifiques, se sont élevées pour relativiser ces conclusions. L’écho donné à ces travaux aurait été excessif : l’échantillon de l’étude serait biaisé, il faudrait attendre d’avoir confirmation du résultat, il ne faut pas affoler les gens, la cigarette et l’alcool sont plus dangereux, une autre étude, britannique celle-ci et publiée en 2014, n’a pas montré de liens entre alimentation bio et cancer en général…
Des biais, il y en aura toujours
Les scientifiques qui interviennent ainsi dans le débat public le font souvent avec les meilleures intentions. Avec, comme étendard, l’exigence de rigueur. Celle-ci est bien sûr louable. Mais, en matière de la santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse. Sur ces questions complexes, la preuve parfaite ne sera jamais obtenue. Il est simplement impossible de mesurer avec un haut niveau de confiance, sur une longue durée, les habitudes alimentaires et les expositions à un grand nombre de contaminants d’une large population d’individus. Des biais, des limites expérimentales, des facteurs non contrôlés : il y en aura toujours.
Faut-il, en l’espèce, attendre de nouvelles preuves ? D’abord, l’étude a été contrôlée et corrigée de nombreux facteurs de confusion (catégorie sociale, indice de masse corporelle, activité physique, consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’historienne, auteure de nombreux travaux sur la mémoire et ses failles, publie une nouvelle version de l’un de ses premiers livres, le plus personnel, « Ils étaient juifs, résistants, communistes ».
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Annette Wieviorka contre l’oubli et le silence

L’historienne, auteure de nombreux travaux sur la mémoire et ses failles, publie une nouvelle version de l’un de ses premiers livres, le plus personnel, « Ils étaient juifs, résistants, communistes ».



LE MONDE DES LIVRES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

« C’est mon livre le plus personnel », confie ­Annette Wieviorka. En retraçant, dans Ils étaient juifs, résistants, communistes, la geste tragique des FTP-MOI (Francs-tireurs partisans-Main-d’œuvre immigrée) qui participèrent, à Paris, mais aussi à Lyon et à Grenoble, à la lutte armée contre l’occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale, c’est une part de sa propre histoire qu’elle raconte. « Ces gens sont les miens », confie sobrement l’historienne dans son appartement plein de livres du 10e arrondissement de Paris. Ce quartier, elle ne l’a jamais vraiment quitté. Il était avant guerre l’un des cœurs du « yiddishland » de la capitale, avec ses artisans, ses journaux, ses clubs sportifs, ses querelles politiques.
Publié une première fois en 1986 chez Denoël, le livre était depuis longtemps épuisé. Mais son auteure s’était toujours opposée à sa réédition en l’état. « En l’espace de trente ans, explique-t-elle, tout a changé, avec l’ouverture complète des archives, notamment celles de la police et du ministère de l’intérieur, et la publication des Mémoires de plusieurs protagonistes, complétant les récits des survivants que j’avais interrogés à l’époque. »
Elle l’a donc considérablement augmenté par rapport à la première édition, ce qui en fait, plus que jamais, le livre de référence sur cet épisode longtemps ignoré hors de l’entre-soi des anciens de la MOI, dont l’ancien secrétaire général de la CGT Henri Krasucki (1924-2003) – guère plus de 200 survivants. Lesquels parlaient peu. « Jamais je n’ai rencontré de résistants juifs triomphants, leur modestie était à la mesure du drame subi par leur famille », analyse Annette ­Wieviorka.

Le poème d’Aragon chanté par Léo Ferré
C’est paradoxalement l’affiche apposée par les Allemands sur les murs de France, avec les portraits des « terroristes étrangers » du « groupe Manouchian » – 23 membres des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ A partir de ses propres archives, l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen, propose une exposition qui retrace deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.
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Voyage dans les imaginaires occidentaux du monde

A partir de ses propres archives, l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen, propose une exposition qui retrace deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

« Dr Livingstone, I presume ? » L’apostrophe est célèbre, mais qui se souvient qu’elle a été lancée à l’automne 1871 par un jeune Blanc arrivant à Ujiji (Tanzanie), village situé sur les rives du lac Tanganyika, à l’attention d’un autre Blanc au visage ­émacié, qui n’avait pas côtoyé d’Européens ­depuis cinq ans ?
A l’époque où le missionnaire écossais David Livingstone fut retrouvé par le journaliste Henry Morton Stanley, les grandes puissances européennes se partageaient l’Afrique, et ce « continent noir », largement méconnu, nourrissait un imaginaire colonial plus ou moins imprégné de racisme. Une fascination trop souvent faite de clichés et de préjugés qui transparaît nettement dans les écrits de Stanley et Livingstone, dont les ouvrages figurent en bonne place dans l’exposition « Récits du monde » qui se tient actuellement à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen.
« Construction historique »
« L’imaginaire des voyages tels que nous les pratiquons en Occident est le produit d’une construction historique, on s’en rend compte immédiatement en explorant les archives de l’IMEC », note son commissaire, Gilles A. Tiberghien. Maître de conférences en esthétique à l’université Paris-I, celui-ci a eu carte blanche pour dénicher dans les fonds de l’IMEC les documents illustrant ce rapport au monde. Manuscrits d’œuvres, affiches, guides, cartes, revues, photographies ou ouvrages rares : entre histoire et géographie, fiction et documentaire, description et invention, ces archives dessinent en creux l’évolution qui se produit en deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.
En 1798, Bonaparte entame sa campagne d’Egypte. Il y associe une armée de savants, ingénieurs, écrivains, naturalistes, qui réunissent une documentation foisonnante sur la région. L’expédition inspirera durablement le mouvement artistique dit « orientalisme », et de nombreux poètes et écrivains dans la première...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Joignot rappelle qu’en avril 2010, lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique de Cochabamba (Bolivie), a été adoptée la Déclaration universelle des droits de la Terre Mère.
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Pachamama, la Terre Mère

Dans sa chronique, Frédéric Joignot rappelle qu’en avril 2010, lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique de Cochabamba (Bolivie), a été adoptée la Déclaration universelle des droits de la Terre Mère.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Chronique. C’est un des pères de la science du climat. Il a mené, en 1981, la première analyse de la température terrestre globale au Goddard ­Institute for Space Studies de la NASA. En 1988, auditionné par une commission du Sénat, il a expliqué le réchauffement climatique par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, confirmant son origine anthropique. La même année, le Groupe d’experts intergouver­nemental sur l’évolution du climat (GIEC), tout juste créé par une ONU inquiète, confirmait, hélas, ses analyses…
Il s’appelle James Hansen. Interpellant sans relâche depuis trente ans industriels et gouvernements, il a toujours été la cible des climatosceptiques et des intellectuels antiéco­logistes. En France, l’essayiste Pascal Bruckner, parlant des « vaticinations » des « réchauffistes »« battant le tambour bruyant de la panique », l’a traité, en septembre 2013, dans Libération, de « grand prophète de la fin du monde », tout en appelant à fracturer au plus vite les dépôts français de schiste sans écouter l’« obscurantisme » de la « secte verte ».
Ecologie surnaturelle et harmonieuse
C’est justement contre l’exploitation du gaz de schiste que James Hansen est intervenu le 14 octobre, de façon cinglante, dans l’hebdomadaire britannique The ­Observer. S’en prenantau programme gouvernemental contesté de fracturation des schistes, qui commence ce mois-ci dans le comté du Lancashire, il a regretté que le Royaume-Uni, comme l’Amérique de Trump, « ignore la science », et s’apprête à utiliser « à plein régime les pires combustibles fossiles ». Dans une lettre à la ministre de l’énergie, il a rappelé que les techniques de fracturation facilitent les fuites massives du méthane contenu dans le sol – un gaz a effet de serre 28 fois plus réchauffant que le CO2. Sans oublier leurs effets secondaires : rejet d’eaux radioactives, pertes incontrôlées de gaz, ­pollution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Cette semaine, « Terrestres », une nouvelle revue des livres, des idées et des écologies.
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Dans les revues

Cette semaine, « Terrestres », une nouvelle revue des livres, des idées et des écologies.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Ils ont choisi ce titre, Terrestres, parce qu’ils veulent se réapproprier leur devenir plutôt que de subir le progrès comme il va, parce qu’ils réfléchissent à une autre manière d’être au monde, parce qu’ils espèrent réconcilier les « méditants » et les militants. A l’heure où la planète se réchauffe, où la biodiversité ­s’appauvrit comme jamais sous les coups de l’activité humaine, c’est peu de dire que cette revue numé­rique est bienvenue. Libre d’accès (Terrestres.org), elle se veut « la chambre d’écho des livres, des pratiques et des idées qui redonnent des mondes et des écologies à la ­politique, au social et à la culture ». ­Lancée par une poignée de jeunes universitaires – philosophes, historiens des sciences, anthropologues –, elle espère contribuer, « avec des corps et des désaccords », à l’indispensable débat qu’il faut ­désormais mener pour penser ­ensemble l’avenir de l’humanité.
Enquêter, réfléchir, ­s’organiser, éprouver et imaginer
Objectif atteint ? Ce premier numéro donne en tout cas l’envie d’y croire. Sur un canevas clair et aéré, une quinzaine d’articles de longueur variable (le temps de lecture est indiqué) répondent aux exigences des cinq rubriques retenues pour repenser nos conditions de vie terrestres : enquêter, réfléchir, ­s’organiser, éprouver et imaginer. Et le pas de côté y est manifeste.La recension du nouveau livre de François Cusset (Le Déchaînement du monde. Logique nouvelle de la violence, La Découverte, 238 p., 20 euros) y voisine avec une BD d’Alessandro Pignocchi sur les ­« indigènes » de Notre-Dame-des-Landes ; la dystopie Dans la forêt, écrite il y a plus de vingt ans par la romancière Jean Hegland, répond à la conviction de la sociologue ­Jocelyne Porcher, selon laquelle manger in vitro et vivre sans les ­animaux est un projet « inhumain » ; l’écrivaine féministe américaine ­Ursula K. Le Guin, dans un texte de 1986, part à rebours du storytelling machiste dominant avec sa ­« théorie...




                        

                        

