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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’annonce de la candidature du chef de l’Etat, non encore confirmée par l’intéressé, a suscité des réactions fatalistes dans la classe politique.
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Analyse

En Algérie, une opposition résignée à l’idée d’un cinquième mandat de Bouteflika

L’annonce de la candidature du chef de l’Etat, non encore confirmée par l’intéressé, a suscité des réactions fatalistes dans la classe politique.

Par                                            Amir Akef (Alger, correspondance)




LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 18h36

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 19h25






    
Le président Abdelaziz Bouteflika le 9 avril 2018, lors de l’inauguration du métro d’Alger et d’une mosquée.
Crédits : HANDOUT / AFP


Hormis un commentaire, très décrié sur les réseaux sociaux, d’Ali Benouari, ancien ministre du trésor installé en Suisse, fustigeant un « peuple qui se laisse guider comme un mouton vers l’abattoir », la classe politique algérienne n’a guère réagi à la déclaration du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould-Abbès, qui a affirmé, dimanche 28 octobre 2018, que le président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et malade, serait le candidat du parti pour l’élection présidentielle d’avril 2019.
Même si, en général, elle ne doute guère de « l’envie » du président Bouteflika et de son entourage « d’aller » au cinquième mandat, cette classe politique préfère attendre une annonce formelle de l’intéressé, tant il est compliqué de décrypter ce qui se passe au sein du pouvoir avec la vague d’incarcérations de généraux et l’épisode du débarquement du président de l’Assemblée nationale la semaine passée.
Aucun candidat sérieux ne s’est déclaré
L’annonce de Djamel Ould-Abbès n’a rien de nouveau. Celui-ci s’était déjà engagé en avril à « transmettre au président de la République les souhaits et le désir des militants de le voir poursuivre son œuvre ». Les partis dits de « l’allégeance », le FLN et le Rassemblement national démocratique (RND) notamment, ainsi que le patronat (Forum des chefs d’entreprise) et l’ex-syndicat unique (UGTA) ont multiplié les appels au chef de l’Etat. La campagne « pour la continuité » s’est intensifiée au cours des derniers mois.

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Pour beaucoup d’observateurs, la cause est entendue. Au point qu’à six mois de l’élection présidentielle, aucun autre candidat sérieux ne s’est déclaré. L’expérience d’Ali Benflis, ancien chef de gouvernement qui a joué à deux reprises – malgré lui sans doute – le rôle de « lièvre » de Bouteflika reste très dissuasive.
La perspective d’un cinquième mandat est si forte qu’elle a poussé le général à la retraite Rachid Benyelles à publier, le 18 octobre, dans les colonnes du Quotidien d’Oran une nouvelle « Lettre à ceux qui détiennent le pouvoir ». Estimant que l’Algérie est devenue « l’homme malade de l’Afrique », l’ancien général a exhorté « ceux qui détiennent le pouvoir […] de se démarquer par rapport au projet absolument insensé de reconduire un grand malade octogénaire pour un cinquième mandat ». Sa supplique a cependant peu de chances d’être entendue par les hauts dirigeants de l’armée, à qui le message est d’évidence adressé.

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D’autant que l’absence physique du président Bouteflika est palliée par des cérémonies surréalistes organisées autour de ses portraits. Tendance relevée dès avril par le HuffPost Algérie qui constatait que ce « nouvel exercice de l’allégeance au portrait du président Abdelaziz Bouteflika [qui] n’est énoncé par aucun protocole […] commence en réalité à prendre les allures d’un culte rituel ».
« Nous ne sommes pas tenus de participer à leur cirque »
La résistance à un cinquième mandat ne vient pour l’instant que d’un mouvement, non agréé, Mouwatana (« citoyenneté »), qui tente difficilement de faire entendre sa voix. Le jeune groupe, rassemblant des militants politiques et des membres de la société civile, veut « hâter » la fin du régime et « préparer les conditions d’une transition pacifique ». Il a lancé, le 26 mai, un appel solennel au président Bouteflika à renoncer à un cinquième mandat.
Affaiblis et sans marge dans un jeu politique verrouillé, les partis d’opposition classiques attendent, eux, avec résignation et fatalisme que le président affiche ses intentions. Pour l’heure, face à la multiplication des prises de parole des partis de « l’allégeance », ils refusent de s’emballer. « Djamel Ould-Abbès a fait une déclaration du FLN, nous ne sommes pas tenus de réagir et de participer à leur cirque. On attendra qu’il [se déclare] lui-même », nous a indiqué un député de l’opposition en relevant que le mois d’avril 2019 est « encore loin ».

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Le dispositif de reconduction du président Bouteflika, en poste depuis avril 1999, est bien en place. La seule incertitude planant sur ce possible cinquième mandat est l’état de santé du chef de l’Etat. Le site Tout sur l’Algérie (TSA) le rappelle : « Si la volonté d’Abdelaziz Bouteflika et de son entourage de rester aux affaires pour cinq années de plus est presque une lapalissade, l’évolution de l’état de santé du président demeure la grande inconnue qui échappe à tout le monde, à commencer par ceux qui, depuis sept mois, rivalisent de formules et de rhétorique pour le supplier de ne pas quitter le navire. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’abstention a atteint 21 % lors du second tour de l’élection présidentielle dimanche. Un chiffre important – mais pas exceptionnel – dans un pays où le vote est obligatoire.
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Election de Bolsonaro : malgré le vote obligatoire, un Brésilien sur cinq s’est abstenu

L’abstention a atteint 21 % lors du second tour de l’élection présidentielle dimanche. Un chiffre important – mais pas exceptionnel – dans un pays où le vote est obligatoire.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 19h03
   





                        


Alors que le vote est obligatoire au Brésil, plus d’un électeur sur cinq (21,3 %) ne s’est pas déplacé, dimanche 28 octobre, pour voter à l’élection présidentielle, qui a conduit à la victoire du candidat de l’extrême droite Jair Bolsonaro face au candidat de gauche Fernando Haddad.
Si ce taux d’abstention n’est pas exceptionnel – il s’est établi, lors des six dernières élections entre 16,8 % en 2006 et 21,5 % en 1998 –, il reste haut et interroge sur la mise en œuvre concrète de l’obligation du vote.

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Vote obligatoire, avec des exceptions
Instauré en 1932, le vote obligatoire a été renforcé en 1988 dans la nouvelle Constitution brésilienne, encore en vigueur actuellement. Concrètement, la Constitution oblige tout citoyen brésilien, entre 18 et 70 ans, à voter pour l’ensemble des élections, quelle qu’en soit l’échelle (locale ou nationale). Les expatriés brésiliens ne bénéficient d’aucune dispense pour les élections nationales.
En revanche, les Brésiliens ayant entre 16 et 18 ans (le vote au Brésil étant permis à partir de 16 ans), ainsi que ceux âgés de plus de 70 ans, les soldats et les illettrés, quel que soit leur âge, n’ont, eux, aucune obligation de vote.
Dispenses et sanctions
Au-delà de ces exceptions, il reste possible pour les électeurs de s’abstenir, s’ils parviennent à le justifier auprès du tribunal régional électoral (TRE) dans un délai de soixante jours. Le taux d’abstention connu au lendemain des élections mélange des abstentionnistes volontaires et des abstentionnistes qui ont eu une réelle impossibilité de se déplacer.
Si le TRE juge leur excuse invalide, ou s’ils n’ont pas fait cette démarche de justification à temps, ils peuvent être assujettis à deux types de sanctions, l’une monétaire, l’autre administrative.
D’une amende de deux euros au retrait de carte électorale
La sanction monétaire est la plus légère : les abstentionnistes doivent généralement payer une amende équivalant à deux euros. La sanction administrative est, elle, très lourde. Si une personne n’a pas voté à trois élections consécutives (chacun des tours d’une élection compte pour un) et qu’elle n’a pas pu justifier son absence, elle se voit retirer sa carte électorale. Or, sans carte électorale, les Brésiliens ne peuvent pas passer d’examen pour devenir fonctionnaires, recevoir d’argent de l’Etat, obtenir un passeport ou encore un crédit dans une banque étatique.
Il est donc possible pour les Brésiliens de « manquer » une élection. Mais ils doivent veiller à ne pas en faire une habitude, sous peine de sanctions administratives importantes. Selon un sondage publié par l’institut de sondages Datafolha en 2014, 57 % des citoyens obligés de voter ne se déplaceraient pas si le vote n’était pas obligatoire (contre entre 16 et 21 % des électeurs, selon les chiffres d’abstention lors des élections de ces vingt dernières années).

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          Des superhéros fantaisistes, candidats aux élections brésiliennes



Registre obsolète
En 2014, le journal Estado de São Paulo avançait une autre raison pour expliquer l’abstention malgré le caractère obligatoire du vote. Cette année-là, les Brésiliens étaient également appelés à voter pour leur chef d’Etat. A São Paulo, environ 20 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés. Après avoir effectué une étude statistique, le journal avait affirmé qu’une partie de l’abstention pourrait être expliquée par le manque de mise à jour des listes d’électeurs, celles-ci comportant encore… des personnes décédées.
Le journal avait noté que dans les villes où les listes électorales avaient été complètement mises à jour – cette dernière imposant aux votants inscrits de présenter leurs empreintes digitales à la cour électorale –, le taux d’abstention était plus bas. Les électeurs décédés avaient ainsi été retirés des listes électorales… et donc du décompte des abstentionnistes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions en décryptant les ressorts de l’accession au pouvoir du nouveau président brésilien.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Election au Brésil : « C’est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »

Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions en décryptant les ressorts de l’accession au pouvoir du nouveau président brésilien.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 19h03
   





                        



Avec Jair Bolsonaro, les Brésiliens ont choisi pour président, dimanche 28 octobre, un nostalgique de la dictature militaire, adepte des provocations racistes, misogynes et homophobes. Partisan de la libéralisation des armes, autoproclamé anti-système, le candidat d’extrême droite a tiré profit du sentiment d’insécurité et de l’écœurement des Brésiliens envers leurs élites politiques.
Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions et décrypté la situation au lendemain du scrutin.
Lucas : Bonjour, sur quels thèmes Jair Bolsonaro a-t-il gagné ?
Claire Gatinois : Bonjour. Le discours sur la sécurité a été déterminant ainsi que celui sur les « valeurs » de la famille. Mais c’est surtout en fustigeant la gauche, le Parti des travailleurs taxé de « communiste » et en se présentant comme le remède à la corruption que Bolsonaro a séduit les foules.
Didier Lejeune : Que dire de l’influence de l’armée pour l’élection, et surtout après ?
Elle a eu une influence primordiale. Jair Bolsonaro s’est entouré de généraux. Ce sont eux qui l’auraient incité à axer son discours sur les valeurs familiales et la sécurité. L’après-élection reste un mystère : le général Mourao, désormais vice-président, dit que Jair Bolsonaro et lui ne sont plus des militaires mais des citoyens. A suivre…
Cosette : Que va t-il arriver aux opposants de Bolsonaro ?
Une partie du pays est effrayée, d’autant qu’il a récusé toute responsabilité dans les agressions commises par certains de ses partisans durant la campagne. Les plus inquiets sont les militants du mouvement des sans-terre, que Bolsonaro compte qualifier de « terroristes ». Il faut espérer que les institutions joueront leur rôle.
Zed : Quel est son plan d’action pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, notamment dans les favelas abandonnées par le gouvernement précédent ?
Pour les favelas en particulier, il n’a pas de message. Jair Bolsonaro compte investir dans les forces armées et mettre plus de cohérence entre les différentes polices. Mais son principal message est la fermeté. Il entend supprimer les aménagements de peines, amnistier les crimes de policiers, et autoriser plus largement la détention d’armes à feu.
Ce dernier point est l’une des priorités du gouvernement. le président de la Chambre des députés actuel, Rodrigo Maia, envisage déjà de la mettre à l’agenda du Congrès. Mais cet assouplissement sera probablement moins large que prévu, n’autorisant le port d’armes qu’à quelques professions, comme les agriculteurs qui se plaignent d’être sans défense dans des campagnes isolées.

   



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JeanElsass : Quelle politique économique et sociale va-t-il conduire ?
Jair Bolsonaro admet régulièrement qu’il n’y connaît rien en économie. Il a confié le dossier à son conseiller Paulo Guedes, un financier libéral qui entend lancer un vaste chantier de privatisations, réformer les retraites et réduire les dépenses de l’Etat. Son objectif est de ramener le déficit public à zéro en un an. Sur le social, Jair Bolsonaro, après avoir critiqué la « bolsa familia », une sorte de RMI, a promis qu’il maintiendrait l’équivalent d’un tel programme.
Curieuse : Quelles seront les conséquences de son élection sur l’environnement ?
Désastreuses à priori. Jair Bolsonaro est allié à la « bancada ruralista », le lobby des grands propriétaires terriens, cultivateurs de soja, de maïs et de canne à sucre. Il compte fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement, et mettre le holà sur les actions de l’Ibama, l’Agence de protection de l’environnement. Enfin, son propos disant qu’une fois élu, « les Indiens [n’auraient] plus un centimètre carré de terre » fait froid dans le dos.
SImanovici : Sur quelle majorité pourra-t-il s’appuyer au Congrès ?
C’est le point le plus complexe de l’équation du prochain gouvernement. Le parti de Bolsonaro, le Parti social libéral, est en position de force mais il a face à lui le PT, qui va mener l’opposition. Bolsonaro devra donc chercher des alliés au sein de la kyrielle de petits partis. Une gageure, pour un homme qui ne semble ni diplomate ni négociateur.
Grayson : Quelles conséquences ce virage politique pourrait avoir sur les relations avec la France, l’Europe, le Monde ?
Jair Bolsonaro est un nationaliste, mais son conseiller économique le pousse au libéralisme et à l’ouverture internationale. Aux Etats-Unis, les relations promettent d’être bonnes avec Donald Trump, qui l’a félicité.
Futur Expat : Comment est accueillie l’élection par les expatriés ?
Ils sont mitigés. Certains sont affolés, d’autres satisfaits comme les milieux d’affaires brésiliens. Ces derniers sont persuadés que Bolsonaro pourra redresser l’économie et minimisent le danger qu’il représente, pensant qu’il sera neutralisé par son entourage et le Congrès. Il n’y a pour l’heure aucune restriction prévue en termes d’immigration. Bolsonaro, contrairement à l’extrême droite européenne, n’a pas un discours xénophobe.
Clément : Comment expliquer le vote pour Bolsonaro de la classe moyenne ?
Les classes les plus pauvres, souvent de confession évangélique, ont été touchées par le discours sur la famille, les valeurs. Les classes moyennes qui vivent dans des villes périphériques touchées par l’insécurité ont apprécié sa position de fermeté contre le crime. Ces classes moyennes ont aussi nourri une rancœur vis-à-vis de la gauche au moment de la crise de 2015, tout comme la petite bourgeoisie. Le thème de la « corruption » qui frappe le PT a permis de galvaniser ce ressentiment.

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                Election au Brésil : Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »




Cosette : Doit-on s’attendre une diaspora brésilienne ? Notamment des minorités LGBT ?
Certains Brésiliens parlent de départ mais il s’agit essentiellement des classes aisées qui l’ont envisagé avant même l’élection, du fait de la crise et de l’insécurité. La communauté LGBT est angoissée mais il est trop tôt pour savoir si cela se traduira par un exil.
Jair Bolsonaro a tenté dimanche soir de calmer les inquiétudes à ce sujet en affirmant qu’il gouvernerait pour tous les Brésiliens. Il semble aussi délicat de revenir sur le mariage homosexuel, qui a été autorisé par la Cour suprême s’appuyant sur la Constitution de 1988.
Jenny : La démocratie est-elle solide au Brésil ? Si Bolsonaro commet des dérives, la Cour suprême peut-elle les empêcher ?
Le Brésil est une jeune démocratie, cette présidence pourrait être un test. Les attaques de l’un des fils de Jair Bolsonaro, assurant qu’il pourrait fermer la Cour suprême avec « un soldat et un caporal », ont fait frémir. La Cour suprême a réagi et Bolsonaro a rappelé son fils à l’ordre.
Sysy : Peut-on imaginer que l’explosion de l’endettement public et la dégradation de l’économie sont dues au Mondial de football en 2014 et aux JO deux ans après ?
L’endettement est le résultat de plusieurs facteurs. Les dépenses des grandes cérémonies en sont un, mais il y a aussi la crise liée la chute des prix des matières premières, le gaspillage des moyens de l’Etat, la corruption et le régime des retraites qui doit faire face au vieillissement de la population.
Vivacapito : Quel impact a eu l’agression au couteau de M. Bolsonaro, pendant la campagne, sur son élection ?
Il a été victimisé et a été épargné par ses adversaires. Surtout, elle lui a offert un prétexte pour se dispenser de débats télévisés. Au final la campagne a très peu parlé de son programme. Un programme flou, dont la partie économique est très impopulaire.

        Lire l’éditorial :
         

          Brésil : inquiétant retour du passé




   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’attentat, le premier fait par une femme kamikaze en Tunisie, a fait neuf blessés, selon le ministère de l’intérieur.
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Compte rendu

Attentat en Tunisie : une femme se fait exploser dans le centre-ville de Tunis

L’attentat, le premier fait par une femme kamikaze en Tunisie, a fait neuf blessés, selon le ministère de l’intérieur.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 15h07

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 18h27






    
La police ferme la zone proche du site de l’explosion dans le centre de Tunis, le 29 octobre.
Crédits : TAREK AMARA / REUTERS


Une femme est morte en se faisant exploser, lundi 29 octobre, en début d’après-midi, dans le centre de Tunis, dans un geste qui présente les caractéristiques d’un attentat – le premier dans le cœur de la capitale depuis novembre 2015. L’explosion a blessé neuf personnes, huit policiers et un civil, selon le ministère tunisien de l’intérieur.
« Il s’agit d’une tentative d’attentat qui a échoué », a déclaré au Monde un officiel gouvernemental – s’exprimant sous le couvert de l’anonymat – qui précise qu’« aucun » des blessés n’a été « gravement atteint ». La femme, a-t-il jouté, s’était « approchée d’un groupe de policiers qui stationnaient à proximité du théâtre municipal », situé sur l’avenue Bourguiba, l’artère la plus fréquentée du centre de Tunis. « Il est clair que la femme visait les policiers », a-t-il conclu. Il s’agit de la première femme en Tunisie à avoir été utilisée comme kamikaze.
Les autorités temporisent
Selon la presse tunisienne, elle serait âgée de 30 ans et originaire du gouvernorat de Mahdia, sur le littoral oriental. Une perquisition aurait eu lieu à son domicile. Aucune revendication n’avait été rendue publique lundi en milieu d’après-midi.
Cet attentat, que les autorités cherchent à minimiser en le ramenant à une « tentative ayant échoué », survient alors que la Tunisie avait recouvré une certaine sécurité après l’année noire de 2015. Celle-ci avait vu se succéder l’attaque contre le musée du Bardo le 18 mars (22 morts dont 21 touristes et un policier), l’assaut contre la station balnéaire de Port El-Kantaou près de Sousse le 26 juin (38 touristes étrangers tués) et l’attentat-suicide contre un bus de la garde présidentielle dans la capitale le 24 novembre (12 policiers tués).

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                A Tunis, le procès de l’attentat du Bardo à nouveau reporté



Ces trois attaques avaient été revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI). Tout comme l’EI avait revendiqué l’attaque du 7 mars 2016 contre Ben Gardane, ville frontalière avec la Libye, qui avait tué, à l’issue de combats très violents, 12 membres des forces de l’ordre et 7 civils – 46 assaillants djihadistes avaient également trouvé la mort.
Regain de confiance

    

Crédits : Riadh Dridi / AP


Depuis, la menace dans les grandes agglomérations ou les centres touristiques avait considérablement décru alors que les forces de sécurité tunisiennes avaient notablement renforcé leur capacité de riposte. Témoin d’un évident regain de confiance, la fréquentation touristique est vigoureusement repartie à la hausse en 2018.
L’amélioration de la sécurité sur le littoral urbain s’accompagne toutefois de la permanence de microfoyers djihadistes à la frontière algérienne, que les autorités de Tunis ne parviennent pas à réduire depuis leur éclosion dans les années ayant suivi la révolution de 2011. Le 8 juillet, six agents de la garde nationale ont été tués lors d’une embuscade dans le gouvernorat de Jendouba (nord-ouest) revendiqué par la brigade Okba Ibn Nafaa, affiliée à Al-Qaida au Maghreb islamique. Plus au sud, dans les monts Chaambi, Semmama et Selloum, massifs s’étendant entre les gouvernorats de Kasserine et Sidi-Bouzid, les accrochages entre forces de sécurité et des groupes armés sont réguliers.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Investissements dans les médias, opérations séduction, pressions : pour contrôler son image, Pékin manie le chaud et le froid, décrypte notre chroniqueur.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤         

Chronique

« La volonté chinoise de censurer les opinions critiques en Afrique a de quoi inquiéter »

Investissements dans les médias, opérations séduction, pressions : pour contrôler son image, Pékin manie le chaud et le froid, décrypte notre chroniqueur.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 14h36

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h33






    
Dans les locaux de la chaîne CCTV Africa à Nairobi, la capitale kényane, en juin 2012.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Chronique. « J’ai écrit mon éditorial sur la répression des musulmans ouïgours dans la province chinoise du Xinjiang. Quelques heures après la sortie de l’édition papier contenant mon article, j’ai appris que celui-ci ne serait pas mis en ligne. Le lendemain, ma chronique hebdomadaire était supprimée. » Azad Essa est le premier journaliste en Afrique à subir de plein fouet la censure imposée par la Chine aux médias.
Sa chronique, « Au bout du monde », était publiée chaque semaine depuis septembre 2016 dans des titres appartenant à Independent Media, le deuxième plus grand groupe d’information sud-africain. Une entreprise contrôlée à 20 % par le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund) et la société de diffusion China International Television Corporation (CITVC).
« Dans une démocratie comme l’Afrique du Sud, il n’est pas acceptable que la ligne éditoriale d’un média dépende de la nationalité de ses investisseurs, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF). Cet exemple reflète l’influence croissante exercée par Pékin hors de ses frontières et qui vise à imposer un nouvel ordre médiatique mondial, dont l’éthique journalistique et le droit des citoyens à l’information seraient exclus. »
« Nous ne sommes pas des marionnettes »
L’affaire concerne cette fois un journaliste, mais elle n’est pas le seul exemple de cette volonté de contrôler son image. Le 29 septembre, un professeur de droit, Patrick Loch Otieno Lumumba, s’est ainsi vu refuser l’entrée en Zambie, un pays extrêmement dépendant des prêts chinois. Le Kényan, dont les positions très critiques sont connues, était invité à s’exprimer lors d’une conférence sur l’influence de la Chine en Afrique, mais il a été bloqué à l’aéroport et renvoyé à Nairobi « pour raisons de sécurité ».
En Namibie, à l’approche du sommet Chine-Afrique de septembre, l’ambassadeur Zhang Yiming a demandé publiquement au président Hage Geingob de manifester plus d’enthousiasme vis-à-vis de Pékin et d’affirmer un « soutien politique fort » dans son discours lors de cet événement diplomatique. « Vous ne devriez pas nous dire ce que nous devons faire, lui a répondu le chef d’Etat. Nous ne sommes pas des marionnettes. »

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En Afrique du Sud encore, l’universitaire Anthony Ross s’est vu refuser un visa pour la Chine, ses cours étant jugés trop critiques : « On m’a dit que je m’attachais trop aux problèmes de Taïwan, du Tibet, du Xinjiang et à la Révolution culturelle. » Le consulat aurait affirmé au directeur du Centre d’études chinoises de l’université de Stellenbosch qu’il ne pourrait plus se rendre dans le pays tant que ses cours ne mettraient pas davantage en lumière les succès de la « Nouvelle Chine ». Pour Anthony Ross, l’empire du Milieu demande de plus en plus aux Africains de le représenter d’« une certaine manière ».
Cette propagande est plus ou moins douce. Elle peut prendre la forme d’investissements – et l’on sait que Pékin a les poches profondes. Le groupe chinois StarTimes, qui distribue déjà ses programmes sur les réseaux câblés du continent, est par exemple devenu récemment l’actionnaire majoritaire du fournisseur sud-africain d’accès satellite TopTV. Au Sénégal, le quotidien national Le Soleil distribue gratuitement le magazine Chinafrique du groupe d’Etat Beijing Review. Et même en Europe, selon une enquête de Bloomberg News, la Chine aurait investi ces dix dernières années près de 3 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) en prises de participations dans divers médias.
La chaîne CGTN Africa a installé ses studios au Kenya et inonde le continent depuis 2012 de ses informations largement inspirées de la propagande des médias officiels chinois. Sans compter l’agence de presse Chine nouvelle (Xinhua), forte de 7 000 employés dans le monde, qui s’appuie sur deux bureaux régionaux implantés au Caire et à Nairobi, et sur des correspondants dans tous les pays d’Afrique. Ses dépêches sont proposées gratuitement aux médias du continent, offrant ainsi une autre voix que celle des grandes agences occidentales.
Cours de mandarin et de marxisme
La pluralité des médias et des opinions est une bonne chose pour l’Afrique, et l’on comprend que la Chine ne s’estime pas forcément bien servie par la presse occidentale. Mais cette volonté un peu trop pressante de censurer les opinions critiques a de quoi inquiéter.
Pour quelqu’un qui vit en Chine, les médias d’Etat sont d’une triste uniformité. Le chef de l’Etat fait quotidiennement les gros titres, le manque d’esprit critique est criant. Les grandes chaînes d’information ne sont visibles que dans certains hôtels, et sur Internet la censure bloque aussi bien les sites du New York Times, de Radio France internationale (RFI) ou encore du Monde que des moteurs de recherche comme Google.

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Plus insidieux, peut-être, ces « groupes d’étude » organisés par le ministère chinois des affaires étrangères. Lancés en 2015, ils proposent des voyages en Chine tous frais payés, sous l’étiquette de « formations », à un millier de journalistes africains chaque année. De retour récemment d’un reportage dans la ville de Yiwu, au sud de Shanghaï, j’ai ainsi croisé par hasard dans l’avion qui me ramenait à Pékin un groupe de vingt Zimbabwéens achevant un séjour d’un mois dans le pays. Une journaliste (qui préfère ne pas donner son nom) m’en a détaillé le programme : visite des zones économiques spéciales de Yiwu puis des télévisions locales et, surtout, exposé sur la puissance économique chinoise, apprentissage du mandarin et cours de marxisme. Pas un seul jour de repos dans ce cursus d’un mois, mais une enveloppe de 400 dollars remise à chaque participant pour ses frais alors que l’hébergement, le transport et la nourriture étaient pris en charge.
Les journalistes – dont c’était, pour la plupart, la première visite dans le pays – en sortent séduits par l’avance technologique de la deuxième puissance économique mondiale, mais ont-ils pour autant compris la Chinafrique ? Non. La jeune journaliste m’expliquait combien les Chinois avaient du mal à communiquer en anglais, à s’ouvrir à la diversité des cultures africaines et à expliquer leur politique sur le continent.

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Alors que manque-t-il vraiment à cette Chinafrique ? Ni l’argent, ni l’ambition. Mais peut-être la volonté de partager plutôt que d’imposer sa marque. Aucun réfugié africain n’a été accueilli par l’empire du Milieu alors que même son voisin japonais, pourtant très fermé aux étrangers, en reçoit quelques dizaines chaque année. Les visas sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les ressortissants du continent qui ne passent pas par les programmes officiels d’échanges ou par une bourse universitaire. Et les jeunes qui en ont bénéficié repartent finalement dans leur pays avec l’image d’une Chine certes généreuse mais fermée, hermétique aux influences étrangères.
« Là-bas, on vient encore me toucher la peau pour savoir si je suis vraiment noire », me raconte cette jeune Zimbabwéenne. Voilà qui en dit long sur la distance qui sépare encore beaucoup de Chinois de l’Afrique, et qui semble se mesurer en années-lumière. Le soft power de Pékin avance certes à plein régime, mais il semble manquer son but.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica.info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Après l’élection de Jair Bolsonaro, avec plus de 55 % des voix, de nombreux Brésiliens ont célébré la nouvelle dans les rues, parfois aux côtés de l’armée.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le candidat d’extrême droite est le nouveau président du Brésil. Notre correspondante, Claire Gatinois, a répondu à vos questions sur les enseignements de cette élection.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Une des personnes ciblées avait pourtant signalé un message de menace de mort au réseau social, qui avait estimé que celui-ci ne contrevenait pas à son règlement.
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Colis piégés aux Etats-Unis : Twitter s’excuse d’avoir laissé en ligne des menaces du suspect

Une des personnes ciblées avait pourtant signalé un message de menace de mort au réseau social, qui avait estimé que celui-ci ne contrevenait pas à son règlement.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h56
   





                        



   


« Hey Twitter, tu te souviens quand j’avais signalé ce type qui m’avait menacée après mon passage sur Fox News, et que tu m’avais répondu que tu ne trouvais pas la menace sérieuse ? Eh bien devine quoi : c’est le type qui a envoyé des bombes à de hauts politiciens ! » Ce message sarcastique a été publié sur le réseau social vendredi 26 octobre, peu après l’arrestation de Cesar Sayoc dans l’affaire des colis piégés envoyés à des personnalités anti-Trump.
Le compte Twitter attribué au suspect,@hardrock2016, a alors fait surface, et Rochelle Ritchie, ancienne attachée de presse des démocrates à la Chambre des représentants, s’est souvenue avoir reçu quelques jours plus tôt des menaces de mort de la part de ce même compte.

Hey @Twitter remember when I reported the guy who was making threats towards me after my appearance on @FoxNews and… https://t.co/w0hPGQg4sw— RochelleRitchie (@R O C H E L L E)


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Mme Ritchie avait signalé ce message au réseau social, qui avait finalement décidé de laisser le message en ligne. « Nous avons analysé votre signalement avec attention et conclu qu’il n’y avait pas de violation de nos règles », lui avait répondu Twitter.
Le réseau social américain a fini par reconnaître « une erreur », après l’arrestation de Cesar Sayoc. « Le tweet violait clairement nos règles et aurait dû être supprimé. Nous sommes profondément désolés pour cette erreur », a écrit Twitter le 26 octobre.
D’autres personnalités menacées sur Twitter
D’autant que les menaces reçues par Rochelle Ritchie n’étaient pas isolées : le compte@hardrock2016 avait envoyé des messages similaires à d’autres personnalités anti-Trump, comme l’ancien vice-président américain Joe Biden – qui avait reçu un colis piégé –, l’acteur Jim Carrey, ou encore la journaliste du New York Times Sarah Jeong, parmi d’autres. Ce compte a été supprimé par Twitter peu après l’arrestation du suspect.
Cette affaire, comme beaucoup d’autres, illustre une nouvelle fois la difficulté qu’a Twitter à modérer son réseau social. Malgré les avalanches d’annonces ces dernières années visant à faire de cette plate-forme un espace de discussion plus « sain », Twitter a échoué à supprimer une menace de mort signalée par la personne ciblée – et n’a réagi que lorsque l’auteur de ce message a fait les gros titres. Malgré les efforts annoncés par Twitter, les messages de haine, les menaces et le harcèlement parviennent à subsister sur le réseau social.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La victoire de Jair Bolsonaro est la conséquence d’une fracture, pas seulement entre le Nord et le Sud, mais entre les plus aisés et les plus pauvres.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Résultats de l’élection au Brésil : qui a voté pour Jair Bolsonaro, qui a voté contre lui ?

La victoire de Jair Bolsonaro est la conséquence d’une fracture, pas seulement entre le Nord et le Sud, mais entre les plus aisés et les plus pauvres.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 18h06
    |

                            Les Décodeurs








                        


Sa victoire confirme le virage à droite toute en Amérique du Sud : en remportant 55,1 % des 104,8 millions de voix en jeu, Jair Bolsonaro a été élu dimanche 28 octobre président du Brésil. Le candidat d’extrême droite se retrouve à la tête d’un pays profondément divisé politiquement, trente ans après le retour de la démocratie.
Tout le sud et l’ouest du pays, dont le revenu par habitant est plus élevé et où la densité est plus faible, a voté en faveur du candidat d’extrême droite. C’est vrai dans les Etats de Rondonia et du Mato Grosso situés à l’ouest, principales zones de déforestation du pays.

   


C’est plus vrai encore dans le sud-est du pays dans les Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo, Espirito Santo et Minas Gerais. Ces quatre Etats produisent environ 60 % du PIB du Brésil et sont majoritairement peuplés de Blancs, qui représentent 55 % de leur population, selon le recensement de 2010, soit un peu plus de la moyenne de 47 % dans tout le pays.
Le nord-est du pays, zone où le PIB par habitant est le plus faible et où la densité est moyenne, a, lui, plus largement voté en faveur du candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad. Cette région est aussi celle qui comprend le moins de descendants de colons européens, et la plus forte proportion de descendants d’esclaves africains.

        Analyse (édition abonnés) :
         

          Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le président élu devra composer avec un Parlement très éclaté pour réaliser ses projets de privatisations et de renforcement de la sécurité.
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édition abonné


Bolsonaro : une victoire nette, un programme radical mais flou

Le président élu devra composer avec un Parlement très éclaté pour réaliser ses projets de privatisations et de renforcement de la sécurité.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h30
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

A Sao Paulo, à Rio de Janeiro et dans la plupart des grandes villes du pays, à l’exception de la région du Nordeste, les résultats ont été salués de cris de joie, de coups de klaxons et de feux d’artifice lancés par une foule en liesse, vêtue de tee-shirts jaune et vert, couleurs du Brésil. Célébrations spontanées fêtant la victoire de Jair Bolsonaro, 63 ans : le candidat d’extrême droite, nostalgique de la dictature (1964-1985) et louangeur de tortionnaires a été élu, dimanche 28 octobre, président du géant d’Amérique latine avec 55 % des voix contre 45 % en faveur de son adversaire, Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche).
« Nous avons accompli la mission de sauver le Brésil », a lancé le militaire de réserve dans une vidéo retransmise sur Facebook depuis sa résidence de Rio de Janeiro, rappelant une campagne en faveur de « l’homme, de la femme, des enfants et de la Bible sacrée ».
Promettant de respecter la Constitution, le président élu, qui prendra ses fonctions le 1er janvier, s’est ensuite attaqué à ses ennemis traditionnels : « le communisme, le socialisme et l’extrémisme ». Puis, après une séance de prière avec le pasteur évangélique Magno Malta, il a remercié Dieu d’être encore en vie, après l’attaque au couteau qu’il a subie le 6 septembre. S’imaginant un destin divin, il a alors conclu son discours d’une antienne : « Le Brésil au-dessus de tout et Dieu au-dessus de tous. »
Phénomène social
Considéré comme un choix nihiliste, le vote en faveur de Jair Bolsonaro exprime la colère d’un pays avide d’ordre et de changement. Voyant grimper la popularité de celui qui n’était encore qu’un député provocateur, raciste, homophobe et misogyne, le politologue André Singer s’interrogeait dès le mois de septembre 2016 dans la revue Piaui : « Que signifie cette option Bolsonaro ? Un anti-pétisme [sentiment contre le PT] radical ? Un appui au retour des militaires ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Brésil : inquiétant retour du passé

Editorial. Avec l’élection de Bolsonaro, nostalgique de la dictature, le Brésil s’ajoute à la liste des pays qui ont basculé dans le national-populisme.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 14h39
   





                        



Editorial du « Monde ». Le Brésil vient d’élire un président raciste, sexiste, homophobe et partisan de la torture. Ancien parachutiste, nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait à jamais révolue, Jair Bolsonaro est le premier militaire élu depuis l’accession au pouvoir, en 1946, de Gaspar Dutra.
Avec une très large majorité (55,1 % des voix), le candidat d’extrême droite ferme une parenthèse de l’histoire brésilienne de treize années de gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, à laquelle s’ajoutent trente-trois ans d’alternance politique modérée entre le centre gauche et le centre droit. Qu’il s’agisse de l’élection de Sebastian Pinera au Chili, de Mauricio Macri en Argentine ou d’Ivan Duque en Colombie, les grandes consultations politiques d’Amérique latine vont dans un sens unilatéral que seule la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique a pris à rebours. Hormis cette exception, le « tournant à gauche » du sous-continent a vécu.
Au Brésil, la destitution de la présidente, Dilma Rousseff, en août 2016, la condamnation de son prédécesseur, Lula, en juillet 2017, puis son emprisonnement en avril 2018 et son interdiction de briguer un nouveau mandat sont autant d’événements qui s’inscrivent dans le contexte d’une droitisation de plus en plus marquée du plus grand pays d’Amérique du Sud.

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Aucune ambiguïté sur son extrémisme
Le parcours du futur président ne souffre d’aucune ambiguïté sur son extrémisme. Elu député dès 1991, Jair Bolsonaro est ensuite accusé d’avoir tenté d’organiser des attentats afin d’attirer l’attention sur la faiblesse des salaires des militaires, ce qui lui vaut de passer quinze jours en prison. Il faut attendre la fin de la décennie 1990 pour que l’opinion publique découvre sa violence verbale.
En plein Congrès, en 1999, il regrette que la dictature n’ait pas exécuté 30 000 personnes corrompues supplémentaires, dont le président de l’époque, Fernando Henrique Cardoso. Quatre ans plus tard, au cours d’un débat télévisé, il lance à la député PT Maria do Rosario qu’il ne la violerait jamais, car elle ne le méritait pas. Un propos qu’il répète, onze ans plus tard, dans les couloirs du Congrès, à l’adresse de celle qui est devenue entre-temps secrétaire aux droits de l’homme sous Dilma Rousseff.
A 63 ans, Jair Bolsonaro est, de loin, le chef d’Etat de droite élu le plus extrémiste de l’histoire récente d’Amérique latine. Outre sa violence verbale, il se distingue avec une certaine constance par son racisme vis-à-vis des peuples indigènes et des Noirs, par sa misogynie et son culte des armes à feu. Cette rhétorique lui vaut rapidement d’être désigné par la presse comme le « Trump brésilien » ou le « Trump tropical ».

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Un ultranationalisme chimiquement pur
La campagne électorale de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Les discours de Jair Bolsonaro, faiblement articulés, se réduisent à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le Brésil, invoqué dans quasiment toutes ses phrases, doit être libéré, selon lui, nettoyé et purifié des « délinquants » et des « rouges ». Toute sa capacité à gouverner dépendra désormais de la manière dont il s’y prendra pour rassembler autour de lui une majorité solide au Parlement, malgré ses orientations radicales. En cas de minorité, il présidera par décrets, comme il l’a déjà évoqué.
Le Brésil vient s’ajouter à la liste déjà longue des pays qui ont basculé dans le national-populisme un peu partout dans le monde, donnant le sentiment qu’aucun continent n’est immunisé contre cette montée. Cette dynamique dangereuse va se traduire rapidement par des effets très concrets au Brésil.
Ainsi, avec l’arrivée de M. Bolsonaro au palais du Planalto, à Brasilia, on doit s’attendre à un resserrement diplomatique spectaculaire avec Washington et un Donald Trump qui partage une même vision sur un certain nombre de sujets. Le nouveau chef d’Etat devrait s’aligner sur la position des Etats-Unis à propos d’Israël, mais aussi du Venezuela. Et puis, il a promis que, sous son mandat, le Brésil sortira de l’accord de Paris sur le climat et mettra un terme à l’agence brésilienne chargée du contrôle de la déforestation et de la démarcation des terres indigènes. Pour le Brésil, l’Amazonie et la planète, il s’agit d’un inquiétant retour du passé.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Onze personnes, la plupart âgées, ont été tuées samedi dans une synagogue par un suprémaciste blanc antisémite.
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Après l’attentat de Pittsburgh, les juifs américains sous le choc

Onze personnes, la plupart âgées, ont été tuées samedi dans une synagogue par un suprémaciste blanc antisémite.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 12h23
    |

            Arnaud Leparmentier (Pittsburgh, envoyé spécial)








                        



   


Thomas Holber, 63 ans, fait partie des vieilles familles juives qui s’installèrent dans la cité sidérurgique de Pittsburgh au milieu du XIXe siècle et y prospérèrent dans le quartier cossu de Squirrel Hill. Jusqu’à ce samedi matin 27 octobre, lorsque, au cri de « Tous les Juifs doivent mourir ! », Robert Bowers, 46 ans, est entré dans la synagogue de la congrégation Tree of Life (« arbre de vie ») et a assassiné, avec un fusil d’assaut et trois pistolets, 11 fidèles. « J’ai vu cela en Europe, en Union soviétique, mais je n’ai jamais pensé que cela arriverait en Amérique, s’afflige ce dentiste. Désormais, je regarderai derrière mon épaule et j’identifierai les sorties de secours. »
L’attaque antisémite est la plus meurtrière ayant jamais eu lieu aux Etats-Unis. Le précédent le plus grave remonte à 1985, lorsqu’un homme avait tué quatre membres d’une même famille à Seattle, croyant à tort qu’ils étaient juifs. En 2014, un suprémaciste blanc avait ouvert le feu sur un centre communautaire juif du Kansas, tuant trois personnes. Mais jusqu’à présent, les juifs américains se sentaient protégés. « J’ai été très surprise que cela arrive dans un quartier aussi calme, aussi juif », confie l’étudiante Abigaïl Fowner, 18 ans, venue se recueillir à la mémoire des victimes. Un sentiment partagé par l’ancien rabbin de Tree of Life, Alvin Berkun, interrogé par le New York Times : « Les deux lieux les plus sûrs que je connaisse sont Squirrel Hill et Jérusalem. J’ai vécu aux deux endroits. »
Dimanche soir, en se rendant sur les lieux du drame, on aurait voulu le croire. Une avenue commerçante, avec ses magasins et son centre communautaire juifs – dont la piscine avec ses quelques heures d’ouverture non mixte –, mais aussi des restaurants italiens, des commerces asiatiques et une énorme église protestante. Puis une rue arborée bordée de maisons bourgeoises, et sur la colline, en face de l’université Chatham, la synagogue. Un lieu jusque-là paisible.
« La haine ne nous divisera jamais »
La police a donné le nom des victimes. La plus âgée, Rose Mallinger, avait 97 ans. Lorsque les coups de feu ont retenti, un de ses amis a immédiatement pensé à elle : jamais elle ne manquait un service, arrivant toujours parmi les premiers. Elle a été emportée dans ce qui fut, selon le FBI, une boucherie. Les victimes étaient âgées – le plus jeune avait 54 ans –, notamment parce qu’en ce jour « normal » de shabbat, où aucune mesure de sécurité particulière n’avait été prise, seuls les membres les plus actifs et donc âgés de la communauté étaient présents.
Pittsburgh a fait corps. Les policiers sont intervenus immédiatement – quatre ont été blessés –, à la différence de ce qui s’était passé pour le lycée de Floride en février (19 morts). « Ils ont couru sous le feu pour aider les autres », a salué le chef de la police, Scott Schubert. Une cérémonie œcuménique a été organisée dimanche après-midi, tandis que le maire de la ville, le démocrate Bill Peduto, a appelé au rassemblement : « Nous savons que la haine ne nous divisera jamais. » Cette attitude était patente, à 100 mètres de la synagogue, bouclée par la police : des fleurs et des mots de concorde avaient été déposés, tandis qu’on y croisait des juifs et des non-juifs venus se recueillir.

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Ce dimanche, chacun se rassemble… contre Donald Trump, accusé de faire passer l’extrême droite des paroles aux actes, alors que les « incidents antisémites » ont augmenté de 57 % en 2017 (1986 cas, selon l’Anti-Defamation League, association historique de lutte contre l’antisémitisme). « M. Trump encourage la frange des gens qui sont borderline », accuse Thomas Holber, qui rappelle qu’en 2017 à Charlottesville (Virginie), « des néonazis ont pu défiler à visage découvert » et que « Donald Trump a renvoyé dos à dos les deux camps », alors qu’un néonazi avait écrasé une militante de gauche avec sa voiture.
« Je ne suis pas surprise »
Joy Katz, juive new-yorkaise de gauche installée à Pittsburgh depuis neuf ans, avait senti le vent mauvais. « Je ne suis pas surprise. Cela arrive partout dans le monde. Je m’attendais à quelque chose de ce genre. » Cette écrivaine de 54 ans, professeure de poésie, dénonce la rhétorique de M. Trump. « Quand il dit “George Soros”, c’est un code pour désigner les juifs. Quand il dit “globalisme”, aussi. Par ses propos, il alimente les antisémites. »
L’attentat de Pittsburgh s’inscrit dans une série interminable de fusillades de masse : contre une boîte gay d’Orlando (49 morts en 2016) ou une église noire de Caroline du Sud en 2015 (9 morts). La tuerie de la synagogue est-elle d’une même essence ? « Ce n’est pas très différent d’une tuerie dans une église. Pour moi, le crime est le même », hésite Joy Katz. La protestante Dawna Duff, professeure d’université venue se recueillir, est plus mitigée. « C’est comme dans une église, mais il y a quelque chose de différent, une histoire, une résonance différentes. » En réalité, l’angoisse est de savoir si les juifs américains sont rattrapés par l’antisémitisme qu’ils avaient cru – en partie – laisser derrière eux en franchissant l’Atlantique. « J’ai peur de dire que nous pourrions être au début de ce qui est arrivé à l’Europe, des attaques antisémites consistantes », a déclaré au New York Times le rabbin Marvin Hier, fondateur du centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les pédiatres s’inquiètent du déclin de la santé des mineurs interceptés par l’Australie et retenus sur l’île.
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Actes de désespoir chez les enfants réfugiés sur l’île de Nauru

Les pédiatres s’inquiètent du déclin de la santé des mineurs interceptés par l’Australie et retenus sur l’île.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h08
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Quel est ce mal qui ronge les enfants de réfugiés et de demandeurs d’asile relégués depuis cinq ans par l’Australie sur l’Etat insulaire de Nauru, dans le Pacifique ? Ces derniers mois, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de dépression, à se blesser volontairement, à tenter de suicider ou à présenter les symptômes du syndrome de résignation, une maladie psychologique rare et potentiellement fatale.
La situation est à ce point alarmante que des dizaines d’organisations et de plus en plus d’élus australiens appellent le premier ministre, Scott Morrison, à évacuer les mineurs et leurs familles de l’île. Samedi 27 octobre, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Sydney et Melbourne pour défendre la cause des réfugiés.
Certains sont là-bas depuis l’été 2013, quand Canberra a durci sa politique migratoire pour sous-traiter les demandeurs d’asile interceptés en mer à des pays tiers, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Nauru. Ils ne seront jamais autorisés à s’installer en Australie. Si cette politique a permis d’arrêter l’afflux de bateaux clandestins, elle a laissé dans les limbes quelque 3 000 demandeurs d’asile dont 626 sont encore sur l’île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et près de 650 sur celle de Nauru, la seule à accepter les enfants. Parmi eux, 83 % ont obtenu le statut de réfugiés mais la plupart désespèrent de trouver un pays qui les accueille définitivement.

« Je ne m’attendais pas à ce que leur santé physique et psychologique soit si mauvaise ni à ce qu’elle se détériore aussi rapidement », explique Beth O’Connor, psychiatre de Médecins sans frontières qui a passé neuf mois sur l’île avant que le 5 octobre, l’organisation ne soit brusquement expulsée par Nauru.
Onde de choc
Mme O’Connor s’inquiète en particulier pour les enfants, dont un « nombre significatif » souffre du syndrome de résignation. « Ils ne quittent plus leur lit, cessent de s’alimenter, de boire suffisamment,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Analyse. Peu pris au sérieux au cours de sa carrière, le président élu prend sa revanche en réécrivant l’histoire de la dictature, explique le journaliste du « Monde » Nicolas Bourcier.
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Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

Analyse. Peu pris au sérieux au cours de sa carrière, le président élu prend sa revanche en réécrivant l’histoire de la dictature, explique le journaliste du « Monde » Nicolas Bourcier.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h22
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Il faut être un sacré illusionniste pour réussir pareil tour de force. Avec à peine huit secondes de temps de parole quotidien sur les chaînes nationales, un parti ne disposant que de trois députés fédéraux et quasiment aucune trésorerie au lancement de la campagne présidentielle, Jair Bolsonaro a bouleversé en toute légalité un pays comme le Brésil, ses 208 millions d’habitants et les quelques certitudes qui lui restaient.
L’homme siège depuis vingt-sept ans sur les bancs l’Assemblée nationale et n’a été à l’origine que de deux lois insignifiantes. La syntaxe approximative et une parole souvent éruptive, l’élu d’extrême droite s’était surtout fait connaître pour sa violence verbale et ses réactions outrancières. Longtemps, d’ailleurs, le futur président brésilien n’a pas été pris au sérieux, comparé même à un amuseur public plutôt nauséeux et nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait sortie des mémoires.
On se gardera de faire des comparaisons alarmistes, comme rappeler la phrase malheureuse de Bertolt Brecht à l’endroit d’Adolf Hitler avant son accession au pouvoir (« Il ressemble à Charlie Chaplin en moins drôle »), mais il y a quelque chose de profondément inquiétant dans cette irrésistible ascension.

Succès auprès des jeunes
Le candidat Bolsonaro a réussi à se faire élire en jouant sur une formidable inversion des valeurs. Alors que les discours anticommunistes des militaires brésiliens auteurs du coup d’Etat se faisaient à leurs yeux, au nom de la démocratie, le discours bolsonariste se fait aujourd’hui au nom de la dictature. Un glissement sémantique qui porte en germe des tensions incalculables.
Ces derniers mois, Jair Bolsonaro a affiché des positions conservatrices extrêmement dures, tout en faisant comprendre par ses allusions, ses gestes (l’index et le pouce pointés tel un revolver) et le choix de ses équipes (quatre généraux) l’attachement qu’il portait à cette junte militaire....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dimanche à Rio, les électeurs du candidat d’extrême droite à la présidentielle brésilienne justifiaient leur soutien par leur écœurement de Lula et de la gauche.
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« On voit bien que Bolsonaro est honnête » : jour de vote à Rio de Janeiro

Dimanche à Rio, les électeurs du candidat d’extrême droite à la présidentielle brésilienne justifiaient leur soutien par leur écœurement de Lula et de la gauche.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h42
    |

                            Raphaëlle Rérolle








                        


La mer est forte, ce dimanche 28 octobre, sur la plage de Barra da Tijuca. « Brava », disent les Brésiliens – « méchante ». D’énormes rouleaux s’abattent sur la grève qui longe ce quartier chic de Rio, mais personne ne les entend, personne ne les regarde. Pour une fois, dans cette ville baignée par l’océan, la foule tourne le dos à l’horizon. Massés devant l’entrée d’un lotissement où l’on aperçoit une poignée de maisons individuelles, les partisans de Jair Bolsonaro attendent le résultat de l’élection présidentielle. Cela fait des heures qu’ils font le pied de grue devant la résidence de leur candidat et même, pour certains, des jours entiers, comme s’ils montaient la garde près du lourd portail de métal qui barre l’entrée.
Le matin, les plus chanceux l’ont aperçu à son retour de l’école Rosa da Fonseca, où il a voté, très détendu malgré le gilet pare-balles dissimulé sous sa veste kaki. Un signe, un sourire et hop ! Jair Bolsonaro a disparu dans sa voiture, et sa voiture derrière la grille. Mais il en faut plus pour décourager les fans qui sont parfois venus de loin. Doria, par exemple, a fait quatre heures d’autocar depuis Teresopolis, au sud de Rio « parce que c’est très important d’être ici pour lui montrer qu’on le soutient. » « Il est notre espoir, notre seule issue », ajoute-t-elle.

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          les réactions à l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil



Comme elle, les admirateurs de M. Bolsonaro ont sorti les couleurs du Brésil de leurs placards. Les trois quarts d’entre eux sont en jaune et vert, avec des bandeaux #elesim (« lui oui »), des inscriptions où il est question de leur champion, de Dieu, du Brésil.
Pour ceux qui auraient oublié leur matériel, le petit commerce fait des affaires en or. On vend de tout, à Barra da Tijuca : des tee-shirts, des autocollants, des drapeaux, de la bière, des brochettes, et surtout du rêve. Un rêve qui, pour beaucoup de Brésiliens, fait peur, mais ces électeurs-là sont passés de l’autre côté du miroir, y compris ceux qui avaient voté pour Lula du temps de sa splendeur. « Nous allons gagner, j’en suis sûr, lance Wilson, un jeune homme radieux qui brandit un carton au nom du candidat d’extrême droite. Et c’est fantastique après toutes ces années de désillusion ! »
« Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux »
A quelques kilomètres de là, au pied de la grande favela de Rocinha, l’ambiance est nettement moins festive. Il y a bien quelques drapeaux rouges du Parti des travailleurs, quelques bannières portant le nom de son candidat, Fernando Haddad, mais les électeurs qui circulent autour du bureau de vote installé dans un complexe sportif font plutôt grise mine. « Je vais voter pour Haddad, dit Fatima, sans s’arrêter. Des deux pires, c’est le meilleur. »
Les électeurs font peu de commentaires, ils semblent avoir peur de donner leur nom et refusent d’être photographiés. Comme s’ils avaient déjà perdu. Comme s’ils étaient déjà menacés. Même Kike et Rocio, 16 et 18 ans, qui vendent des boissons fraîches dans une glacière en polystyrène. Le couple déclare fougueusement son rejet de l’extrême droite : « Bolsonaro n’est jamais venu dans la favela, il n’a rien fait pour nous. Il se moque des pauvres et veut enlever des droits aux travailleurs. Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux. » 
Des gens modestes, il y en a pourtant beaucoup devant le domicile de Jair Bolsonaro. Les autres, les plus aisés, regardent du haut de leurs balcons ou sortent de leurs immeubles juste pour faire un tour, un verre à la main. « Vous voulez que je vous dise ? », demande Gilberto, 53 ans, chef d’entreprise. Il prend un air de conspirateur : « Bolsonaro, c’est un type mal dégrossi. Si j’avais le choix, je voterais pour quelqu’un d’autre. Mais là, on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent. Je suis à fond pour lui. »
Parmi les moins favorisés, certains n’avaient jamais mis les pieds sur ce front de mer huppé. Comme Claudio, un fonctionnaire de 42 ans qui ne veut pas donner son nom. « Dans mon milieu de travail, c’est plutôt Haddad qui tient la corde », dit-il. Ce costaud arbore une devise sur son tee-shirt camouflage : « Dieu au-dessus de tous et le Brésil au-dessus de tout. » Ce qui lui plaît, chez Jair Bolsonaro ? « Les valeurs. » Famille, patrie, sécurité. Sans oublier le rétropédalage de l’ancien militaire, qui a accepté d’atténuer certaines de ses vitupérations contre les LGBT. « C’était rétrograde », estime Claudio.
Jacira aussi vote pour la « morale » du candidat : « On voit bien qu’il est honnête. » Elle est évangéliste, employée de maison, et elle est venue de Nilopolis, une ville au nord-ouest de Rio, avec sa mère atteinte d’alzheimer – mais qui a voté –, sa fille, sa sœur et son neveu.

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          Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »



Carnaval de l’angoisse
On promène des enfants dans des poussettes, des vieux avec des déambulateurs et même une effigie de Lula en costume de bagnard, sur le capot d’une petite Jeep. Au sommet d’un immeuble voisin, la sono crache l’hymne du Brésil, encore et encore. « O Patria amada, idolatrada, salve saaaalve ! » A mesure qu’approche l’heure des premiers résultats, la présence policière s’accentue. Les forces de l’ordre ont investi toute une maison du lotissement, d’où ils entrent et sortent, finissant par refouler les badauds à l’extérieur d’un périmètre assez réduit, tandis que les pétards explosent de toutes parts.
C’est le carnaval en octobre, mais un carnaval de l’angoisse et du ressentiment. Il faut écarter les drapeaux pour se frayer un passage, y compris un ou deux étendards aux couleurs d’Israël, pays cher au cœur de Jair Bolsonaro. Soudain, une seconde de flottement, suivie d’une rumeur sourde. Les premières estimations sont tombées, le candidat d’extrême droite l’a emporté. Cette fois, c’est la foule qui entonne l’hymne du pays, le visage tourné vers la résidence, toujours silencieuse, de son nouveau président. « Tu as gagné, capitaine ! On a gagné ! » Les gens s’embrassent, ils rient, ils sautent de joie. Plus personne ne fait attention à l’effigie de Lula, seule sur son capot. Il a reçu tellement de gifles qu’il a la tête toute de travers.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement italien n’est pas prêt à modifier son budget comme le lui demande la Commission européenne. Sauf si la situation s’aggrave sur les marchés.
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Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

Le gouvernement italien n’est pas prêt à modifier son budget comme le lui demande la Commission européenne. Sauf si la situation s’aggrave sur les marchés.



LE MONDE ECONOMIE
 |    29.10.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 10h51
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, mais le gouvernement italien aura tout fait, durant le week-end, pour persuader l’opinion du contraire. Vendredi 26 octobre, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note de la dette souveraine italienne, mais assorti cette décision d’une « perspective négative ». Autrement dit, sans une sérieuse inflexion politique, l’Italie court le risque d’une dégradation la prochaine fois que l’agence se penchera sur son cas. Tout au plus a-t-elle obtenu un léger sursis lui permettant de rester deux niveaux au-dessus de la zone de « non-investissement ».

Le président du conseil, Giuseppe Conte, a qualifié cette décision de « correcte », assurant que, bientôt, « les marchés comprendront le bien-fondé de [ces] mesures ». De son côté, son vice-premier ministre, Luigi Di Maio, après avoir constaté que l’Italie n’avait pas été dégradée, a balayé les réserves de S&P et assuré que « le gouvernement ne s’arrêtera pas ».
Pourtant, une semaine après la décision de Moody’s, qui avait placé la dette italienne sur la dernière marche avant l’enfer des « junk bonds » (obligations pourries), la nouvelle n’a vraiment rien de rassurant. Les explications accompagnant l’annonce sont accablantes : même si les réserves de l’agence s’expriment en des termes mesurés et raisonnables, S&P dresse un véritable réquisitoire contre la politique suivie par le gouvernement Conte, qui « risque d’affaiblir la performance de croissance de l’Italie ».
Extrême fébrilité sur les marchés
Le point sur lequel S&P s’avère le plus critique est la volonté de revenir sur la réforme des retraites (loi Fornero) adoptée en 2011. Cette décision « risque d’inverser les effets de la précédente réforme », au point de « menacer, à long terme, la soutenabilité des comptes publics ». Pour finir, l’agence assène que ces choix politiques devraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le premier ministre Ranil Wickremesinghe refuse de céder sa place à l’ex-homme fort du pays, Mahinda Rajapakse.
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Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

Le premier ministre Ranil Wickremesinghe refuse de céder sa place à l’ex-homme fort du pays, Mahinda Rajapakse.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h49
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondant en Asie du Sud)








                        



                                


                            

Depuis vendredi 26 octobre, le Sri Lanka a deux premiers ministres et pas de gouvernement. Cette petite île de l’océan Indien s’enfonce dans une crise politique et constitutionnelle depuis la nomination surprise par le président Maithripala Sirisena de l’ancien homme fort du pays, Mahinda Rajapakse. Le premier ministre sortant, Ranil Wickremesinghe, refuse de lui céder sa place et occupait toujours, lundi matin, sa résidence officielle.
Ce dernier espérait restaurer sa légitimité lors d’un vote de confiance au Parlement, jusqu’à ce que le président sri-lankais lui barre la route en décidant samedi de suspendre toute réunion des 225 députés jusqu’au 16 novembre. Une suspension qui, selon plusieurs analystes, pourrait donner au nouveau premier ministre un temps précieux pour rassembler une majorité.
Le président du Parlement, Karu Jayasuriya, issu du même parti que le chef du gouvernement sortant, a estimé, dimanche, qu’il ne pouvait pas être remplacé tant qu’un autre candidat ne pouvait justifier d’une majorité parlementaire et a mis en garde contre les « conséquences sérieuses et indésirables » d’une suspension des travaux de la Chambre. Dimanche, des gardes du corps d’un ministre du gouvernement déchu ont tiré sur des partisans du président, faisant un mort et deux blessés.
« Coup antidémocratique », décision « anticonstitutionnelle » comme le dénoncent les partisans du premier ministre congédié, ou simple « changement politique » dans « l’intérêt du peuple et du pays » comme le soutient le président ? Difficile de trouver une réponse claire dans la Constitution du pays, maintes fois amendée, et dont l’interprétation évolue au gré des circonstances et du pouvoir en place. Cette crise est aussi celle du système politique sri-lankais, à mi-chemin entre régime parlementaire et régime présidentiel.
L’annonce de la nomination a pris de court le Sri Lanka. Le Parlement n’a pas été consulté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Ce réseau social attire toutes les franges de l’extrême droite américaine. Depuis le meurtre de 11 personnes dans une synanogue, il est indisponible.
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Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

Ce réseau social attire toutes les franges de l’extrême droite américaine. Depuis le meurtre de 11 personnes dans une synanogue, il est indisponible.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h39
   





                        


Robert Bowers, identifié par les autorités comme l’auteur de l’attentat terroriste qui a fait samedi 27 octobre onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie), avait une vie en ligne très active. Mais il ne fréquentait pas que les réseaux sociaux classiques : il était également présent sur Gab, un clone de Twitter prisé de l’extrême droite anglophone, sur lequel il avait publié, quelques heures avant d’attaquer la synagogue, plusieurs messages antisémites.
Gab est bien connu dans les sphères de « l’alt-right ». Ce réseau social, sur lequel il n’existe quasiment aucune modération, a attiré depuis sa création en 2016 toutes les grandes « stars » de l’extême droite américaine, comme le conspirationniste Alex Jones ou Mike Cernovich. Depuis ce 28 octobre, le site est inaccessible : son hébergeur, Joyent, a annoncé qu’il couperait son accès ce lundi – et PayPal a annoncé qu’il ne fournirait plus ses services au site.
« Gab est attaqué », écrit le site dans un communiqué sur sa page d’accueil. « Nous avons été systématiquement bloqués sur les magasins d’applications, par les hébergeurs, et des services de paiement. Nous avons été diffamés par la presse parce que nous défendons la liberté d’expression et la liberté individuelle », affirme le site, qui accueille aussi de nombreux comptes néo-nazis.

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                Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?




   


Un réseau social riche mais pas si actif
Ces derniers mois, le site avait déjà connu d’importants problèmes. Début août, Microsoft avait menacé de couper son accès à Azure, une infrastructure technique de l’entreprise utilisée par Gab. Microsoft demandait le retrait de plusieurs messages antisémites qui appelaient à la violence, pour lesquels une plainte avait été déposée. L’auteur des messages les a finalement supprimés, mais l’affaire avait montré la fragilité technique et juridique du réseau social. Andrew Torba, son créateur, avait mis à profit la situation pour demander à ses utilisateurs de participer au financement de l’entreprise, pour que Gab puisse « devenir l’anti-Silicon Valley » et « construire immédiatement sa propre infrastructure ».
Car ce qui distingue Gab de la plupart des autres plateformes de l’extrême droite américaine, c’est sa relative santé financière. Alors qu’une bonne dizaine d’autres réseaux sociaux « alternatifs » ont fermé faute d’argent ou d’utilisateurs (PewTube, Wrongthink, Hatreon...), Gab a, en théorie, de solides réserves d’argent.
Levées de fonds
Le site revendique plus de 2 000 utilisateurs de sa version « pro », assez selon le site pour couvrir ses frais de fonctionnement. Et surtout, le site a levé des sommes importantes en recourant à plusieurs outils de levée de fonds. Après la manifestation de Charlottesville, il y a un an, le site avait levé 500 000 dollars en financement participatif, portant son trésor de guerre à un million de dollars. En début d’année, il a annoncé une levée de fonds par cryptomonnaies (Initial Coin Offering, ICO), et affirme avoir déjà plus de 5 millions de dollars d’actions réservées, sur un total espéré de dix millions.
Pourtant, si Gab est à l’abri du besoin, il plafonne à quelques centaines de milliers d’utilisateurs, et les messages les plus populaires sur la plateforme ne cumulent qu’une poignée de commentaires et de partages. A l’exception du conspirationniste Alex Jones, les « stars » de Gab n’y sont pas franchement actives. La personnalité de l’alt-right Milo Yiannopoulos, banni de Twitter, n’y publie que très rarement. Mike Cernovich en est absent depuis un an. « Gab a parfois des allures de ville fantôme », résumait dans un article récent le site spécialisé Wired.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.
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Reportage

Le revenu universel au Kenya, « le petit coup de pouce » qui peut tout changer

Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.10.2018 à 10h39

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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h40






    
Monica, 30 ans, est l’une des bénéficiaires du revenu universel versé par l’ONG Give Directly dans le cadre d’une étude au Kenya, dans la région de Bondo (ouest). Grâce aux 19,50 euros qu’elle touche chaque mois, elle a investi dans l’élevage de poulets.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


Jusqu’à récemment, le seul horizon de Molly était la fin de la journée. Labourer le champ d’un autre, gagner juste assez d’argent pour manger, et recommencer. « Un cercle sans fin dont je n’arrivais pas à m’extirper », raconte cette jeune femme de 25 ans. Une histoire banale dans son village de la région de Bondo, dans l’ouest du Kenya, où la plupart des habitants vivent plus que simplement et s’échinent à faire pousser du maïs, du millet ou du coton sur un sol ocre et poussiéreux.
Mais tout cela, raconte-t-elle, c’était avant l’introduction, en octobre 2016, du revenu universel de base dans son bourg, dans le cadre d’une étude à grande échelle réalisée sur une période de douze ans.
Molly reçoit désormais 2 250 shillings par mois (environ 19,50 euros), une somme qui a selon elle « tout changé ». « J’ai pu économiser pour payer des études d’institutrice de maternelle », explique-t-elle fièrement, dans sa maison de béton au toit de tôle, autour de laquelle picorent quelques poules. « Ça a été le petit coup de pouce qui a fait basculer la situation. »
« Maintenant, j’ai des projets »
Grâce à ses études, elle travaille comme stagiaire rémunérée à l’école du village. Avec en plus le revenu universel et quelques petits boulots, Molly touche aujourd’hui quelque 5 000 shillings par mois, plus du triple de ses revenus antérieurs. Et surtout, dit-elle, elle regarde vers l’avenir. « Avant, j’avais à peine assez d’argent pour survivre, alors que maintenant j’ai des projets. Je vais bientôt passer mon diplôme d’institutrice », souligne-t-elle. Avant de préciser, souriante : « Je vais même chez le coiffeur une fois tous les deux mois. »
Le village de Molly – dont le nom est tenu secret afin de ne pas attiser les convoitises – est l’un de ceux choisis par l’ONG américaine Give Directly pour tester le revenu universel de base dans la région de Bondo, sélectionnée pour sa pauvreté, sa stabilité et l’efficacité d’un système de transfert d’argent par téléphone utilisé au Kenya.



Créée en 2010, cette organisation active dans plusieurs pays africains se démarque de l’aide humanitaire « traditionnelle », préférant donner de l’argent directement aux gens plutôt que de « décider à leur place » de quoi ils ont besoin, explique Caroline Teti, responsable des relations extérieures pour Give Directly au Kenya.
Mais au lieu des versements « en une fois » pratiqués depuis sa création, elle souhaite désormais tester l’efficacité d’un revenu mensuel. « Nous posons un certain nombre de questions : lorsqu’on donne de l’argent aux gens chaque mois, vont-ils s’arrêter de travailler ? Vont-ils prendre des risques dans leurs investissements en sachant qu’ils auront des revenus quoi qu’il arrive ? Comment cela affecte-t-il leurs aspirations ? », détaille Mme Teti.
« Il y a un débat mondial sur le revenu universel et nous voulons des preuves pour avancer », poursuit-elle, ajoutant que l’étude s’inscrit dans le contexte spécifique du « soulagement de la pauvreté en Afrique ». « En Occident, le débat sur le revenu universel est tout autre et tourne notamment autour du rôle de l’Etat-providence ou des pertes d’emploi. »
20 000 personnes concernées
Le village de Molly est « pilote ». La véritable étude, débutée en janvier 2018, est, elle, menée dans des dizaines d’autres localités de la région. Les habitants de quarante d’entre elles recevront 2 250 shillings par mois pendant douze ans, tandis que ceux de quatre-vingts villages toucheront la même somme pendant seulement deux ans. Dans soixante-seize autres communes, les résidents percevront 51 000 shillings en deux tranches espacées de deux mois, soit un mode de fonctionnement plus proche de celui déjà utilisé par l’ONG.
En tout, quelque 20 000 personnes bénéficieront d’une forme de revenu dans le cadre de cette étude, qui est selon Give Directly la plus importante jamais réalisée dans ce domaine, par sa durée et le nombre de ses bénéficiaires.
Dans le même village que Molly, Edwin, 29 ans, envisage de remplacer sa maison de torchis par une construction en béton, alors que Monica et son époux ont investi dans un élevage de volailles. « On a un tout nouvel enclos et quelques poulets », montre cette commerçante de 30 ans, dont l’élégante robe noire est rapiécée en plusieurs endroits. Cette mère de trois enfants dit espérer, à terme, pouvoir leur payer des études, pour qu’ils ne « vivent pas dans la pauvreté, comme nous ». « Chacun dans le village utilise l’argent différemment », se réjouit-elle.

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Give Directly se dit toutefois conscient des limites du transfert d’argent comme alternative à l’aide humanitaire traditionnelle. « Dans une situation de conflit par exemple, les gens affectés n’ont peut-être plus d’endroit où dormir. Dans ce contexte, un revenu de base peut faire partie de la solution, mais ne peut être la seule solution », souligne Mme Teti. Elle affirme également que le revenu universel n’a pas pour but de se substituer à l’Etat pour la construction d’écoles ou d’hôpitaux.
A la question de savoir si le revenu universel est monté à la tête de certains, tous les habitants du village répondent de la même manière : « 2 250 shillings, ce n’est pas assez pour acheter des choses inutiles, c’est juste assez pour vous nourrir et sortir de la pauvreté », juge Samson, un entrepreneur de 72 ans. « Peut-être qu’à l’avenir certains oublieront ce qu’ils ont traversé et commenceront à acheter des choses stupides, hasarde Monica. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Donald Trump n’a pas annulé son meeting prévu dans l’Illinois, après la tuerie qui a fait onze morts dans une synagogue.
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Midterms J – 8 : la campagne se poursuit malgré le massacre de Pittsburgh

Donald Trump n’a pas annulé son meeting prévu dans l’Illinois, après la tuerie qui a fait onze morts dans une synagogue.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 11h30
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Après le massacre perpétré dans une synagogue de Pittsburgh, le matin même, Donald Trump avait justifié samedi 27 octobre le maintien du meeting prévu dans l’Illinois en assurant : « Vous ne pouvez pas laisser ces personnes perverses changer votre vie, changer vos horaires, changer quoi que ce soit ». « Ce que vous faites doit rester ainsi et vous ne pouvez pas les laisser devenir importants. Vous ne pouvez tout simplement pas le faire », avait-il estimé.
Tout en indiquant vouloir se rendre à une date encore indéterminée dans le lieu de culte juif – théâtre sans doute du pire crime antisémite perpétré aux Etats-Unis –, le président américain n’entend pas remettre en question le marathon électoral qui doit le conduire dans au moins huit Etats d’ici aux élections de mi-mandat, le 6 novembre.
Après la fusillade qui avait frappé en juin 2016 une discothèque d’Orlando, en Floride, Hillary Clinton, qui ne s’était pas rendue dans le Wisconsin après la primaire démocrate, avait alors annulé le meeting qu’elle avait prévu d’y tenir en compagnie du président Barack Obama. La candidate démocrate n’avait pas reprogrammé de réunions publiques et l’Etat avait été remporté par son adversaire républicain, à la surprise générale.

Donald Trump a laissé entendre également que les violences politiques récentes, de l’envoi de colis piégés à des figures démocrates à l’attaque de la synagogue, ne lui feraient pas changer de ton. Dans l’Illinois, il s’est livré à une sorte de sondage instantané avec la foule de ses sympathisants. Il lui a demandé s’il était acceptable...




                        

                        

