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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions en décryptant les ressorts de l’accession au pouvoir du nouveau président brésilien.
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Election au Brésil : « C’est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »

Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions en décryptant les ressorts de l’accession au pouvoir du nouveau président brésilien.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 19h03
   





                        



Avec Jair Bolsonaro, les Brésiliens ont choisi pour président, dimanche 28 octobre, un nostalgique de la dictature militaire, adepte des provocations racistes, misogynes et homophobes. Partisan de la libéralisation des armes, autoproclamé anti-système, le candidat d’extrême droite a tiré profit du sentiment d’insécurité et de l’écœurement des Brésiliens envers leurs élites politiques.
Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions et décrypté la situation au lendemain du scrutin.
Lucas : Bonjour, sur quels thèmes Jair Bolsonaro a-t-il gagné ?
Claire Gatinois : Bonjour. Le discours sur la sécurité a été déterminant ainsi que celui sur les « valeurs » de la famille. Mais c’est surtout en fustigeant la gauche, le Parti des travailleurs taxé de « communiste » et en se présentant comme le remède à la corruption que Bolsonaro a séduit les foules.
Didier Lejeune : Que dire de l’influence de l’armée pour l’élection, et surtout après ?
Elle a eu une influence primordiale. Jair Bolsonaro s’est entouré de généraux. Ce sont eux qui l’auraient incité à axer son discours sur les valeurs familiales et la sécurité. L’après-élection reste un mystère : le général Mourao, désormais vice-président, dit que Jair Bolsonaro et lui ne sont plus des militaires mais des citoyens. A suivre…
Cosette : Que va t-il arriver aux opposants de Bolsonaro ?
Une partie du pays est effrayée, d’autant qu’il a récusé toute responsabilité dans les agressions commises par certains de ses partisans durant la campagne. Les plus inquiets sont les militants du mouvement des sans-terre, que Bolsonaro compte qualifier de « terroristes ». Il faut espérer que les institutions joueront leur rôle.
Zed : Quel est son plan d’action pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, notamment dans les favelas abandonnées par le gouvernement précédent ?
Pour les favelas en particulier, il n’a pas de message. Jair Bolsonaro compte investir dans les forces armées et mettre plus de cohérence entre les différentes polices. Mais son principal message est la fermeté. Il entend supprimer les aménagements de peines, amnistier les crimes de policiers, et autoriser plus largement la détention d’armes à feu.
Ce dernier point est l’une des priorités du gouvernement. le président de la Chambre des députés actuel, Rodrigo Maia, envisage déjà de la mettre à l’agenda du Congrès. Mais cet assouplissement sera probablement moins large que prévu, n’autorisant le port d’armes qu’à quelques professions, comme les agriculteurs qui se plaignent d’être sans défense dans des campagnes isolées.

   



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JeanElsass : Quelle politique économique et sociale va-t-il conduire ?
Jair Bolsonaro admet régulièrement qu’il n’y connaît rien en économie. Il a confié le dossier à son conseiller Paulo Guedes, un financier libéral qui entend lancer un vaste chantier de privatisations, réformer les retraites et réduire les dépenses de l’Etat. Son objectif est de ramener le déficit public à zéro en un an. Sur le social, Jair Bolsonaro, après avoir critiqué la « bolsa familia », une sorte de RMI, a promis qu’il maintiendrait l’équivalent d’un tel programme.
Curieuse : Quelles seront les conséquences de son élection sur l’environnement ?
Désastreuses à priori. Jair Bolsonaro est allié à la « bancada ruralista », le lobby des grands propriétaires terriens, cultivateurs de soja, de maïs et de canne à sucre. Il compte fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement, et mettre le holà sur les actions de l’Ibama, l’Agence de protection de l’environnement. Enfin, son propos disant qu’une fois élu, « les Indiens [n’auraient] plus un centimètre carré de terre » fait froid dans le dos.
SImanovici : Sur quelle majorité pourra-t-il s’appuyer au Congrès ?
C’est le point le plus complexe de l’équation du prochain gouvernement. Le parti de Bolsonaro, le Parti social libéral, est en position de force mais il a face à lui le PT, qui va mener l’opposition. Bolsonaro devra donc chercher des alliés au sein de la kyrielle de petits partis. Une gageure, pour un homme qui ne semble ni diplomate ni négociateur.
Grayson : Quelles conséquences ce virage politique pourrait avoir sur les relations avec la France, l’Europe, le Monde ?
Jair Bolsonaro est un nationaliste, mais son conseiller économique le pousse au libéralisme et à l’ouverture internationale. Aux Etats-Unis, les relations promettent d’être bonnes avec Donald Trump, qui l’a félicité.
Futur Expat : Comment est accueillie l’élection par les expatriés ?
Ils sont mitigés. Certains sont affolés, d’autres satisfaits comme les milieux d’affaires brésiliens. Ces derniers sont persuadés que Bolsonaro pourra redresser l’économie et minimisent le danger qu’il représente, pensant qu’il sera neutralisé par son entourage et le Congrès. Il n’y a pour l’heure aucune restriction prévue en termes d’immigration. Bolsonaro, contrairement à l’extrême droite européenne, n’a pas un discours xénophobe.
Clément : Comment expliquer le vote pour Bolsonaro de la classe moyenne ?
Les classes les plus pauvres, souvent de confession évangélique, ont été touchées par le discours sur la famille, les valeurs. Les classes moyennes qui vivent dans des villes périphériques touchées par l’insécurité ont apprécié sa position de fermeté contre le crime. Ces classes moyennes ont aussi nourri une rancœur vis-à-vis de la gauche au moment de la crise de 2015, tout comme la petite bourgeoisie. Le thème de la « corruption » qui frappe le PT a permis de galvaniser ce ressentiment.

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                Election au Brésil : Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »




Cosette : Doit-on s’attendre une diaspora brésilienne ? Notamment des minorités LGBT ?
Certains Brésiliens parlent de départ mais il s’agit essentiellement des classes aisées qui l’ont envisagé avant même l’élection, du fait de la crise et de l’insécurité. La communauté LGBT est angoissée mais il est trop tôt pour savoir si cela se traduira par un exil.
Jair Bolsonaro a tenté dimanche soir de calmer les inquiétudes à ce sujet en affirmant qu’il gouvernerait pour tous les Brésiliens. Il semble aussi délicat de revenir sur le mariage homosexuel, qui a été autorisé par la Cour suprême s’appuyant sur la Constitution de 1988.
Jenny : La démocratie est-elle solide au Brésil ? Si Bolsonaro commet des dérives, la Cour suprême peut-elle les empêcher ?
Le Brésil est une jeune démocratie, cette présidence pourrait être un test. Les attaques de l’un des fils de Jair Bolsonaro, assurant qu’il pourrait fermer la Cour suprême avec « un soldat et un caporal », ont fait frémir. La Cour suprême a réagi et Bolsonaro a rappelé son fils à l’ordre.
Sysy : Peut-on imaginer que l’explosion de l’endettement public et la dégradation de l’économie sont dues au Mondial de football en 2014 et aux JO deux ans après ?
L’endettement est le résultat de plusieurs facteurs. Les dépenses des grandes cérémonies en sont un, mais il y a aussi la crise liée la chute des prix des matières premières, le gaspillage des moyens de l’Etat, la corruption et le régime des retraites qui doit faire face au vieillissement de la population.
Vivacapito : Quel impact a eu l’agression au couteau de M. Bolsonaro, pendant la campagne, sur son élection ?
Il a été victimisé et a été épargné par ses adversaires. Surtout, elle lui a offert un prétexte pour se dispenser de débats télévisés. Au final la campagne a très peu parlé de son programme. Un programme flou, dont la partie économique est très impopulaire.

        Lire l’éditorial :
         

          Brésil : inquiétant retour du passé




   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Des vents de 150 km/h et des chutes de pluie pouvant atteindre 200 mm ont contraint les autorités à prendre des mesures d’extrême précaution.
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Météo : balayée par la dépression « Adrian », la Corse en alerte rouge

Des vents de 150 km/h et des chutes de pluie pouvant atteindre 200 mm ont contraint les autorités à prendre des mesures d’extrême précaution.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 19h06
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 19h16
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        


D’impressionnantes rafales pouvant aller jusqu’à plus de 150 km/h balaient la Corse depuis la nuit du dimanche 28 octobre et ont contraint les autorités à placer l’île en état d’alerte rouge à compter de lundi 17 heures pour risques d’inondation, de submersion et d’orages, une mesure rarement appliquée, en dépit de la récurrence de ces phénomènes météorologiques.
Avec des précipitations qui peuvent atteindre jusqu’à 200 mm et des risques pour la sécurité des personnes, la plupart des établissements recevant du public sont fermés depuis la fin de la matinée, les chemins de fer de la Corse ont annoncé l’arrêt de la circulation des trains et, à Ajaccio par exemple, l’ensemble des transports en commun a été suspendu jusqu’à l’accalmie, prévue pour la journée de mardi.
« Les plans de sauvegarde des communes les plus exposées ont été activés, a précisé Josyane Chevalier, préfète de la Corse, au cours d’une conférence de presse à Ajaccio. Et j’ai pris un arrêté préfectoral particulièrement contraignant en prévision de la phase aiguë de la crise, qui interviendra en fin de journée. »
Ports fermés, vols annulés, salariés en congés
Dès 15 heures, l’ensemble des centres commerciaux de l’île ont été fermés, tandis qu’administrations et entreprises ont reçu pour consigne de donner leurs congés à leurs employés et administrés « afin qu’il y ait le moins de personnes présentes en circulation à travers l’île ». Par mesure de sécurité, quatre ports de l’île ont été fermés. « Tous les vols d’Air Corsica [la compagnie aérienne régionale] au départ et à destination de l’île sont annulés pour aujourd’hui », a annoncé sur son compte Twitter Vanina Borromeï, présidente de l’Office des transports de la Corse.
Les conditions climatiques extrêmes ont entraîné des coupures d’électricité, en particulier dans les régions rurales de la Castagniccia, au sud de Bastia, et dans l’extrême sud de la Corse. Lundi en fin d’après-midi, 11 000 usagers étaient toujours privés d’électricité malgré les interventions de 120 techniciens. « Les prochaines dégradations des conditions climatiques en fin de journée (fortes pluies, orages et vents violents – jusqu’à 140 km/h) pourraient vraisemblablement engendrer d’autres perturbations de la fourniture d’électricité », indique EDF.
« Un épisode très bref et très violent »
Dans le Cap corse, le petit port d’Erbalunga, un site touristique parmi les plus photographiés de l’île, a été submergé par des vagues très importantes en cours de journée. A Bastia, la circulation près du quai des Martyrs et du Vieux-Port a été immédiatement interdite et le tunnel de la ville fermé en raison de son inondation.
Plus au sud, une mini-tornade a causé quelques dégâts à Porto-Vecchio, « un épisode très bref et très violent », d’après un témoin contacté sur place, qui a endommagé au moins trois véhicules et une habitation, touchée par la chute d’un arbre, dont les occupants ont dû être relogés. A Aleria, dans la plaine orientale de la Corse, des véhicules de sapeurs-pompiers ont été accidentés en cours d’intervention durant les premières heures des intempéries.
Depuis dimanche, une dépression « très creuse » baptisée Adrian remonte de l’ouest de la Sardaigne vers les côtes françaises. Elle devrait encore occasionner des vents extrêmement violents avant de s’essouffler mardi en fin de matinée. « En cette fin d’après-midi de lundi, détaille Météo-France, de violents orages vont continuer de remonter de Méditerranée et vont balayer la Corse, les Alpes-Maritimes et le Var. L’activité orageuse devrait être tout de même un peu moins marquée que ces dernières heures. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’annonce de la candidature du chef de l’Etat, non encore confirmée par l’intéressé, a suscité des réactions fatalistes dans la classe politique.
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Analyse

En Algérie, une opposition résignée à l’idée d’un cinquième mandat de Bouteflika

L’annonce de la candidature du chef de l’Etat, non encore confirmée par l’intéressé, a suscité des réactions fatalistes dans la classe politique.

Par                                            Amir Akef (Alger, correspondance)




LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 18h36

     •
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        Mis à jour le 29.10.2018 à 19h25






    
Le président Abdelaziz Bouteflika le 9 avril 2018, lors de l’inauguration du métro d’Alger et d’une mosquée.
Crédits : HANDOUT / AFP


Hormis un commentaire, très décrié sur les réseaux sociaux, d’Ali Benouari, ancien ministre du trésor installé en Suisse, fustigeant un « peuple qui se laisse guider comme un mouton vers l’abattoir », la classe politique algérienne n’a guère réagi à la déclaration du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould-Abbès, qui a affirmé, dimanche 28 octobre 2018, que le président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et malade, serait le candidat du parti pour l’élection présidentielle d’avril 2019.
Même si, en général, elle ne doute guère de « l’envie » du président Bouteflika et de son entourage « d’aller » au cinquième mandat, cette classe politique préfère attendre une annonce formelle de l’intéressé, tant il est compliqué de décrypter ce qui se passe au sein du pouvoir avec la vague d’incarcérations de généraux et l’épisode du débarquement du président de l’Assemblée nationale la semaine passée.
Aucun candidat sérieux ne s’est déclaré
L’annonce de Djamel Ould-Abbès n’a rien de nouveau. Celui-ci s’était déjà engagé en avril à « transmettre au président de la République les souhaits et le désir des militants de le voir poursuivre son œuvre ». Les partis dits de « l’allégeance », le FLN et le Rassemblement national démocratique (RND) notamment, ainsi que le patronat (Forum des chefs d’entreprise) et l’ex-syndicat unique (UGTA) ont multiplié les appels au chef de l’Etat. La campagne « pour la continuité » s’est intensifiée au cours des derniers mois.

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Pour beaucoup d’observateurs, la cause est entendue. Au point qu’à six mois de l’élection présidentielle, aucun autre candidat sérieux ne s’est déclaré. L’expérience d’Ali Benflis, ancien chef de gouvernement qui a joué à deux reprises – malgré lui sans doute – le rôle de « lièvre » de Bouteflika reste très dissuasive.
La perspective d’un cinquième mandat est si forte qu’elle a poussé le général à la retraite Rachid Benyelles à publier, le 18 octobre, dans les colonnes du Quotidien d’Oran une nouvelle « Lettre à ceux qui détiennent le pouvoir ». Estimant que l’Algérie est devenue « l’homme malade de l’Afrique », l’ancien général a exhorté « ceux qui détiennent le pouvoir […] de se démarquer par rapport au projet absolument insensé de reconduire un grand malade octogénaire pour un cinquième mandat ». Sa supplique a cependant peu de chances d’être entendue par les hauts dirigeants de l’armée, à qui le message est d’évidence adressé.

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                En Algérie, les limogeages se poursuivent au sein de l’état-major



D’autant que l’absence physique du président Bouteflika est palliée par des cérémonies surréalistes organisées autour de ses portraits. Tendance relevée dès avril par le HuffPost Algérie qui constatait que ce « nouvel exercice de l’allégeance au portrait du président Abdelaziz Bouteflika [qui] n’est énoncé par aucun protocole […] commence en réalité à prendre les allures d’un culte rituel ».
« Nous ne sommes pas tenus de participer à leur cirque »
La résistance à un cinquième mandat ne vient pour l’instant que d’un mouvement, non agréé, Mouwatana (« citoyenneté »), qui tente difficilement de faire entendre sa voix. Le jeune groupe, rassemblant des militants politiques et des membres de la société civile, veut « hâter » la fin du régime et « préparer les conditions d’une transition pacifique ». Il a lancé, le 26 mai, un appel solennel au président Bouteflika à renoncer à un cinquième mandat.
Affaiblis et sans marge dans un jeu politique verrouillé, les partis d’opposition classiques attendent, eux, avec résignation et fatalisme que le président affiche ses intentions. Pour l’heure, face à la multiplication des prises de parole des partis de « l’allégeance », ils refusent de s’emballer. « Djamel Ould-Abbès a fait une déclaration du FLN, nous ne sommes pas tenus de réagir et de participer à leur cirque. On attendra qu’il [se déclare] lui-même », nous a indiqué un député de l’opposition en relevant que le mois d’avril 2019 est « encore loin ».

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                En Algérie, la perspective d’un cinquième mandat de Bouteflika se précise



Le dispositif de reconduction du président Bouteflika, en poste depuis avril 1999, est bien en place. La seule incertitude planant sur ce possible cinquième mandat est l’état de santé du chef de l’Etat. Le site Tout sur l’Algérie (TSA) le rappelle : « Si la volonté d’Abdelaziz Bouteflika et de son entourage de rester aux affaires pour cinq années de plus est presque une lapalissade, l’évolution de l’état de santé du président demeure la grande inconnue qui échappe à tout le monde, à commencer par ceux qui, depuis sept mois, rivalisent de formules et de rhétorique pour le supplier de ne pas quitter le navire. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La semaine noire des clubs français en Coupe d’Europe a relancé l’éternel procès de notre football national. Ce procès doit pourtant être équitable, estime notre chroniqueur Jérôme Latta.
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La Ligue 1 est-elle (si) nulle ?

La semaine noire des clubs français en Coupe d’Europe a relancé l’éternel procès de notre football national. Ce procès doit pourtant être équitable, estime notre chroniqueur Jérôme Latta.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 18h13
    |

                            Jérôme Latta








                        



   


Chronique. Depuis le temps que l’on proclame le déclin du championnat de France, celui-ci devrait en être aujourd’hui au niveau d’Andorre ou de Saint-Marin. Le sujet a tout du marronnier, et il a de nouveau poussé sur le terreau de l’hebdomas horribilis des clubs français en Coupe d’Europe.
Zéro victoire face à des adversaires pour certains modestes, il n’en fallait pas plus pour que notre goût de l’autodénigrement entre en émulsion au contact des éternelles carences de notre football de clubs.
Elle a toujours été (un peu) nulle
La frustration est sans doute avivée par l’écart entre les performances de la sélection nationale et celles des clubs, au lendemain d’une victoire en Coupe du monde. Mais on peut observer l’Angleterre pour se convaincre qu’une telle corrélation n’existe ni dans un sens, ni dans l’autre.
Cette frustration repose aussi sur un malentendu historique, qui consiste à prendre pour référence d’exceptionnelles années 1990, durant lesquelles le football de clubs français a connu son apogée avec ses sept finales continentales et ses deux uniques Coupes d’Europe. Juste avant la révolution industrielle du football.
Depuis une quinzaine d’années, la Liga, la Premier League, la Bundesliga et la Serie A sont bien installées en tête du coefficient UEFA, tandis que la Ligue 1 oscille entre le quatrième et le sixième rang.
Elle est à sa place
A une époque où les résultats sportifs sont de plus en plus indexés aux moyens financiers, le football français apparaît, en réalité, à sa place : celle de la cinquième puissance européenne – grâce à son vaste marché de consommateurs et à ses droits de diffusion.
En termes de prestige et d’attention, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie restent loin devant – malgré l’intérêt international récent suscité par l’AS Monaco et surtout le Paris-Saint-Germain.
Mais le PSG joue dans une autre cour, celle de la Ligue des champions, et la locomotive espérée est plutôt un TGV qui file sur d’autres rails que les TER de L1. Dans le monde, notre championnat vaut ce que valent ses droits de diffusion à l’étranger : une paille.

        Lire :
         

          OM - PSG : Ligue 1 cherche concurrents à Paris pour un semblant de suspense



Elle pourrait faire mieux
Logique, mais savoir ne pas rester à sa place, c’est aussi le propre du sport de haut niveau. La finale et la demi-finale de Ligue Europa atteintes par l’OM et l’OL en 2018 et en 2017 masquent mal le mépris des clubs français pour cette compétition – pourtant à leur portée. C’est le problème quand on joue plus la qualification pour la Coupe d’Europe que la Coupe d’Europe elle-même.
La faiblesse des projets sportifs, le manque d’audace sont des maux récurrents, qui compromettent le spectacle proposé, alors que le championnat de France souffre de son tropisme défensif et de son manque d’éclat.
Or, ni la direction technique nationale ni les entraîneurs ne font du football français un laboratoire du jeu dans lequel s’élaborerait un modèle séduisant et gagnant… Et quand des techniciens reconnus (Ancelotti) ou prometteurs (Jardim, Emery, Favre) arrivent de l’étranger, ils sont raillés et leurs séjours écourtés.
Elle pourrait être mieux dirigée
La France du football ne brille pas non plus par sa gouvernance. Même le meilleur président de club de l’époque, Jean-Michel Aulas, semble perdre pied. A Nantes, Paris, Marseille ou Lille, les dirigeants arrivés avec les investisseurs étrangers ont commis de graves erreurs de stratégie et de communication.
Bien que les clubs les plus nantis soient désormais dotés de stades modernes, ils continuent à se plaindre de la fiscalité ou de réclamer un système (encore) moins égalitaire en se déchirant au sein des instances.
De quoi s’inquiéter quant à l’usage qui sera fait de la future manne des droits télé, en forte augmentation dès 2020. L’absence de vision caractérise aussi un football qui méprise et maltraite absurdement ses supporteurs.
On l’aime quand même
Cette « Farmers League » que l’on moque à l’étranger est, pourtant, ce championnat où l’on forme et fait émerger de futures stars qui iront briller ailleurs, exploitant un fantastique vivier de jeunes joueurs. Elle sent le terroir qu’incarnent bien ses bucoliques multiplex du samedi soir.
C’est surtout la compétition où évoluent les clubs qu’on aime le plus – d’un amour plus difficile et ingrat que celui voué aux top teams glamoureuses, bardées de stars. On ne s’excusera pas d’avoir, dimanche après-midi, préféré Rennes-Reims au « classico » Barça-Real.
La Ligue 1 est dénigrée rituellement, mais on la chérit encore jusque dans sa manière de résister aux injonctions du grand spectacle footballistique mondialisé. On aimerait juste qu’elle fasse un effort pour nous rendre cette affection.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Plus de 26 000 tonnes de produits agroalimentaires européens, sous embargo, ont été détruites à la pelleteuse depuis trois ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 28/10/2018
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En Russie, on achève bien les poires polonaises et le fromage français

Plus de 26 000 tonnes de produits agroalimentaires européens, sous embargo, ont été détruites à la pelleteuse depuis trois ans.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 02h43
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 18h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE DE MOSCOU
Sanctions, contre-sanctions, le débat anime régulièrement la scène russe. En visite à Moscou le 17 octobre, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, également chef de file de la Ligue, parti d’extrême droite, n’avait pas craint de dénoncer une « folie économique, sociale et culturelle » devant un parterre de chefs d’entreprises russes et transalpins conquis. Puis, le lendemain, lors de la réunion du club Valdaï à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, Vladimir Poutine avait pendant de longues minutes discuté « fromage » avec une chef d’entreprise russe hantée par la perspective de voir tous ses efforts et ses investissements pour produire « made in Russia » ruinés si d’aventure les sanctions/contre-sanctions venaient à être levées.
Appliquées depuis 2014 en représailles à l’annexion de la Crimée par la Russie et au conflit meurtrier dans l’est de l’Ukraine qui oppose les séparatistes prorusses aux forces de Kiev, les sanctions occidentales ont généré, en retour, une longue liste de produits agroalimentaires bannis de Russie. Un oukase de Vladimir Poutine publié en juillet 2015 les avait ensuite condamnés à être détruits si, malgré l’embargo, les cargaisons illicites parvenaient à franchir les frontières.
Depuis, plus de 26 400 tonnes de légumes, fruits, viandes et produits laitiers – les produits d’élevage représentant à eux seuls 999 tonnes – ont été écrasées, broyées et laminées par des engins de chantier, selon le dernier bilan rendu public par Rosselkhoznadzor, l’organisme russe chargé de contrôler l’agroalimentaire.
Un « grand lot » – l’une des plus importantes prises à ce jour – s’est récemment ajouté à la liste : le 12 octobre, 5,5 tonnes de nourriture interdite ont été découvertes lors d’une inspection dans un entrepôt de Moscou. Dont 72 variétés de fromages d’origine variée (britannique, danoise, italienne, espagnole, française et néerlandaise), soit 3,9 tonnes ; 30 variétés de saucissons...




                        

                        


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Allemagne : la chancelière Angela Merkel annonce qu’elle se retirera de la vie politique après son mandat

Fragilisée politiquement, elle a annoncé qu’elle ne se briguera plus la tête de la CDU et que son mandat de chancelière, qui finit en 2021, sera son dernier.



Le Monde.fr avec AFP
 |    29.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h17
   





                        



   


La chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé lundi 29 octobre lors d’une conférence de presse qu’elle quitterait la tête de l’Etat à l’issue de son mandat de chancelière, en 2021, et qu’elle se retirerait de la vie politique.
Elle a également confirmé qu’elle ne se représenterait pas à la présidence de son parti, la CDU, en décembre, lors du prochain congrès. Une décision prise, selon elle, avant l’été.
Angela Merkel restera donc plus de deux ans à son poste de chancelière, sans être présidente du parti majoritaire. Elle avait pourtant toujours insisté sur le fait qu’elle liait fortement les deux fonctions. « Je suis convaincue que les deux sont liées, a-t-elle confirmé lors de sa conférence de presse. Mais j’ai dit que je n’allais pas me représenter. Pour une durée limitée, c’est possible de séparer les deux fonctions. Cette limitation est nécessaire. »
Recul de dix points
Cette décision fait suite à un nouveau revers électoral, dimanche, lors d’élections régionales dans la Hesse. La CDU y est arrivée en tête, avec 27 % des voix, mais affiche un recul de dix points par rapport au scrutin de 2013. Mi-octobre, l’Union chrétienne sociale (CSU), alliée historique de la CDU avait également été désavouée en Bavière, lors des élections régionales.
« La CDU n’a pas su convaincre suffisamment les électeurs, a estimé la chancelière. L’élection d’hier doit être une césure. Il doit y avoir une chance pour la CDU, la CSU et le SPD [le parti social-démocrate, membre de la coalition au pouvoir] d’identifier les éléments de paix dans le pays et de vivre ensemble. »
Rappelant qu’elle avait longuement réfléchi avant de présenter sa candidature il y a deux ans, Angela Merkel a dit assumer sa responsabilité pour les échecs de sa politique. « L’image présentée par la coalition est inacceptable, a-t-elle affirmé. Je m’efforce de permettre au gouvernement de faire enfin son travail dans de bonnes conditions. »
Angela Merkel a pris la tête de la CDU le 10 avril 2000, succédant à Wolfgang Schäuble, ancienne figure des gouvernements Kohl, impliqué dans « l’affaire des caisses noires », un scandale de financement illégal du parti. Elle a toujours insisté sur le fait qu’elle liait fortement la fonction de chancelière et de présidence du parti.
Depuis plusieurs mois, la chancelière lutte pour le maintien de sa coalition avec le Parti social-démocrate (SPD), mais celle-ci apparaît au bord de l’implosion à la suite des échecs électoraux pour les deux partis en Hesse et en Bavière.
Dans une conférence de presse suivant celle d’Angela Merkel, Andrea Nahles, présidente fédérale du SPD, a indiqué vouloir « un plan » pour les prochains mois et souhaite discuter de l’avenir de l’Etat social, de l’Europe et de l’écologie. « Les résultats des élections sont douloureux. Nous devons en tirer les conséquences », a-t-elle affirmé.

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                Dans la tête d’Angela Merkel



Préparer sa succession

   


La popularité de la chancelière n’a cessé de refluer depuis sa décision d’ouvrir les frontières du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016, à mesure que celle de l’extrême droite antimigrants progressait. Plusieurs cadres de son parti réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu’ici de publiquement débattre de son avenir.
« La situation pour Merkel est sérieuse. La question est de savoir si nous allons bientôt devoir apposer derrière sa coalition la mention : en liquidation », ironisait lundi dans un éditorial le quotidien de référence Süddeutsche Zeitung.
Le chef de la CDU en Hesse, Volker Bouffier, pourtant considéré comme un proche d’Angela Merkel, a jugé que le piètre résultat dans son Land constituait « un signal d’alarme » pour le mouvement « et également pour notre présidente ».
Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung juge, lui, que ce serait « une grave erreur » pour Angela Merkel de s’accrocher à son poste « vu sa situation ». Il lui faut « prouver qu’elle a compris ce que tout le monde sait : la fin de son mandat de chancelière se rapproche », ajoute le journal lundi.
Prochains mois extrêmement difficiles
Les prochains mois seront extrêmement difficiles. Plusieurs scrutins sont prévus en 2019, qui pourraient se transformer en répliques des élections en Bavière et en Hesse. Le SPD et la CDU/CSU pourraient de nouveau voir leurs mandats se réduire. Outre les élections européennes, au mois de mai, en 2019 quatre Länder renouvellent leur parlement régional : la ville-Etat de Brême au mois de mai et, surtout, à l’automne, le Brandebourg, la Thuringe et la Saxe, trois Länder de l’Est où la chancelière est très critiquée. Dans ces régions, le risque est réel de voir le parti d’extrême droite populiste AfD arriver en première position.
Plusieurs candidats se profilent pour succéder à Angela Merkel. Trois ont déjà acté leur candidature : Friedrich Merz, ancien président du groupe parlementaire ; Annegret Kramp-Karrenbauer, actuelle secrétaire générale du parti et proche d’Angela Merkel ; et Jens Spahn, actuel ministre de la santé et une des figures de l’opposition contre la chancelière à l’intérieur de la CDU. La chancelière a refusé de commenter ces candidatures.



                            


                        

                        


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La pollution de l’air tue 600 000 enfants par an

Dans un rapport inédit, l’OMS alerte sur ce risque aigu pour la santé et pour le développement des enfants.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h36
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

« La pollution de l’air a un impact dévastateur sur la santé des enfants. » L’alerte émane de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport inédit publié lundi 29 octobre, à la veille de l’ouverture de la première conférence mondiale sur la pollution de l’air organisée à Genève sous l’égide de l’institution onusienne. « L’air pollué est en train d’empoisonner des millions d’enfants et de ruiner leurs vies », tonne le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Dans un document de près de 180 pages, l’organisation rassemble pour la première fois l’ensemble des connaissances scientifiques autour d’un « risque majeur » mais « souvent négligé » : « la particulière vulnérabilité des enfants aux effets délétères de la pollution de l’air. »

Un chiffre donne la mesure du péril. Environ 600 000 enfants âgés de moins de 15 ans – dont 543 000 de moins de 5 ans – meurent chaque année dans le monde d’une infection respiratoire parce qu’ils vivent dans un environnement saturé en particules fines, révèle le rapport. A cause d’un air extérieur contaminé par les gaz toxiques rejetés par le trafic automobile, l’activité industrielle, les pratiques agricoles, l’incinération des déchets (en Inde, notamment) ou encore les poussières issues des tempêtes de sable (Moyen-Orient). A cause, aussi, d’un air « terriblement pollué » à l’intérieur des logements, particulièrement en Afrique. Environ trois millions de personnes à travers le monde utilisent toujours des combustibles comme le charbon ou le kérosène pour cuisiner, se chauffer ou s’éclairer. Les femmes et les enfants sont les premiers exposés à ces fumées toxiques.
La quasi-totalité de ces morts sont constatées dans les pays les moins développés. « La pauvreté est clairement liée à une exposition accrue aux risques environnementaux et sanitaires », souligne l’OMS, y compris dans les pays industrialisés. 
Plus...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’attentat, le premier fait par une femme kamikaze en Tunisie, a fait neuf blessés, selon le ministère de l’intérieur.
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Compte rendu

Attentat en Tunisie : une femme se fait exploser dans le centre-ville de Tunis

L’attentat, le premier fait par une femme kamikaze en Tunisie, a fait neuf blessés, selon le ministère de l’intérieur.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 29.10.2018 à 15h07

     •
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        Mis à jour le 29.10.2018 à 18h27






    
La police ferme la zone proche du site de l’explosion dans le centre de Tunis, le 29 octobre.
Crédits : TAREK AMARA / REUTERS


Une femme est morte en se faisant exploser, lundi 29 octobre, en début d’après-midi, dans le centre de Tunis, dans un geste qui présente les caractéristiques d’un attentat – le premier dans le cœur de la capitale depuis novembre 2015. L’explosion a blessé neuf personnes, huit policiers et un civil, selon le ministère tunisien de l’intérieur.
« Il s’agit d’une tentative d’attentat qui a échoué », a déclaré au Monde un officiel gouvernemental – s’exprimant sous le couvert de l’anonymat – qui précise qu’« aucun » des blessés n’a été « gravement atteint ». La femme, a-t-il jouté, s’était « approchée d’un groupe de policiers qui stationnaient à proximité du théâtre municipal », situé sur l’avenue Bourguiba, l’artère la plus fréquentée du centre de Tunis. « Il est clair que la femme visait les policiers », a-t-il conclu. Il s’agit de la première femme en Tunisie à avoir été utilisée comme kamikaze.
Les autorités temporisent
Selon la presse tunisienne, elle serait âgée de 30 ans et originaire du gouvernorat de Mahdia, sur le littoral oriental. Une perquisition aurait eu lieu à son domicile. Aucune revendication n’avait été rendue publique lundi en milieu d’après-midi.
Cet attentat, que les autorités cherchent à minimiser en le ramenant à une « tentative ayant échoué », survient alors que la Tunisie avait recouvré une certaine sécurité après l’année noire de 2015. Celle-ci avait vu se succéder l’attaque contre le musée du Bardo le 18 mars (22 morts dont 21 touristes et un policier), l’assaut contre la station balnéaire de Port El-Kantaou près de Sousse le 26 juin (38 touristes étrangers tués) et l’attentat-suicide contre un bus de la garde présidentielle dans la capitale le 24 novembre (12 policiers tués).

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                A Tunis, le procès de l’attentat du Bardo à nouveau reporté



Ces trois attaques avaient été revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI). Tout comme l’EI avait revendiqué l’attaque du 7 mars 2016 contre Ben Gardane, ville frontalière avec la Libye, qui avait tué, à l’issue de combats très violents, 12 membres des forces de l’ordre et 7 civils – 46 assaillants djihadistes avaient également trouvé la mort.
Regain de confiance

    

Crédits : Riadh Dridi / AP


Depuis, la menace dans les grandes agglomérations ou les centres touristiques avait considérablement décru alors que les forces de sécurité tunisiennes avaient notablement renforcé leur capacité de riposte. Témoin d’un évident regain de confiance, la fréquentation touristique est vigoureusement repartie à la hausse en 2018.
L’amélioration de la sécurité sur le littoral urbain s’accompagne toutefois de la permanence de microfoyers djihadistes à la frontière algérienne, que les autorités de Tunis ne parviennent pas à réduire depuis leur éclosion dans les années ayant suivi la révolution de 2011. Le 8 juillet, six agents de la garde nationale ont été tués lors d’une embuscade dans le gouvernorat de Jendouba (nord-ouest) revendiqué par la brigade Okba Ibn Nafaa, affiliée à Al-Qaida au Maghreb islamique. Plus au sud, dans les monts Chaambi, Semmama et Selloum, massifs s’étendant entre les gouvernorats de Kasserine et Sidi-Bouzid, les accrochages entre forces de sécurité et des groupes armés sont réguliers.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’homme chargé de la protection du directeur de la rédaction de « Charlie Hebdo » a fait l’objet d’un avis défavorable de la part de la DGSI, à la suite d’une enquête sur fond de radicalisation islamiste.
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Par  Nicolas Chapuis   Publié aujourd’hui à 18h36, mis à jour à 19h30   Lecture 1 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail              Un policier chargé de la protection de Riss, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, a été écarté, il y a au moins un mois, à la suite d’une enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), sur fond de radicalisation islamiste. L’information, révélée par BFM-TV, a été confirmée de source policière au Monde.          Membre du service de la protection (SDLP) – l’unité chargée de la sécurité des hautes personnalités en France –, l’homme a fait l’objet d’un avis défavorable de la part de la DGSI. Les enquêteurs ont relevé des éléments douteux qui justifiaient cette prudence, vu son poste très sensible.          Une des personnalités les plus menacées du pays          Le patron de l’hebdomadaire satirique, où avait eu lieu la tuerie de janvier 2015, reste l’une des personnalités les plus menacées du pays. Avant d’assurer la protection de Riss, ce policier était chargé de la sécurité de l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, connu pour ses prises de position en faveur du dialogue interreligieux.            C’est une procédure interne qui a déclenché cette enquête. Le chef du SDLP, Frédéric Auréal, a souhaité il y a plusieurs mois que les policiers de son service soient habilités « secret-défense », ce qui nécessite d’avoir l’aval de la DGSI, chargée de délivrer ces avis.          Début 2018, le ministère de l’intérieur avait fait savoir qu’une vingtaine de policiers et une dizaine de gendarmes étaient suivis pour des soupçons de radicalisation (sur un total de près de 280 000 hommes et femmes).                                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       Un suspect en garde à vue pour la dégradation d’une plaque en hommage à un couple homosexuel exécuté  L’homme a revendiqué l’acte homophobe dans un courrier adressé à un commissariat parisien.                       Article réservé à nos abonnés Dialogues d’audience au procès Pastor  Un ami et la femme d’Al Haïr Hamadi, qui a recruté le tueur d’Hélène Pastor, étaient à la barre, lundi, devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence.                         Article réservé à nos abonnés Cinq ans après la mort de Clément Méric, les antifascistes veulent « poursuivre son combat »  Pour les militants, le procès doit être « un moment de vérité ».  A leurs yeux,  l’antifascisme « se passe dans la rue pas dans les salles d’audience ».                      Relaxe pour Etienne Guéna, ex-cadre du Medef poursuivi pour corruption passive  Délégué au logement social de l’organisation patronale pendant une vingtaine d’années et ex-homme fort du « 1 % logement », Etienne Guéna avait été jugé pour corruption passive.                         Article réservé à nos abonnés Francis Pointu, le faux témoin à 64 000 euros du procès Pastor  Le délinquant a, en 2016, déclaré au juge d’instruction que le coach Pascal Dauriac lui avait confié avoir accusé à tort Wojciech Janowski, gendre de la victime. « Une arnaque », a-t-il plus tard reconnu.                       Article réservé à nos abonnés Lors de son procès, Georges Tron dénonce des accusations « aussi abjectes qu’injustes »  Accusé de « viols et agressions sexuelles en réunion », le maire de Draveil et ancien secrétaire d’Etat a clamé son innocence devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis.                         Article réservé à nos abonnés Prison requise contre la famille d’une élue LRM enlevée et séquestrée  Des parents de Mounia Haddad étaient jugés devant le tribunal correctionnel à Tours.                      L’homme qui s’était introduit sur les pistes de l’aéroport de Lyon hospitalisé d’office  Une expertise psychiatrique a conclu que l’état de cet individu, qui n’est pas signalé pour radicalisation, n’était pas compatible avec la garde à vue.                         Article réservé à nos abonnés Nicolas Lerner nommé à la tête de la DGSI  Le jeune directeur adjoint de cabinet de Gérard Collomb remplace Laurent Nuñez à la tête du renseignement intérieur.                      Bagarre à Orly : Booba et Kaaris sortent de prison et seront jugés le 6 septembre  Incarcérés pendant trois semaines après leur bagarre à Orly, les deux rappeurs encourent jusqu’à dix ans de prison.                        Soupçonné de terrorisme, un détenu libéré de prison par erreur  Un juge d’instruction a oublié de renouveler la détention provisoire de Oualid B., soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat en 2014 à Lyon.                       Article réservé à nos abonnés Assassinat du bâtonnier Sollacaro : trois hommes renvoyés devant la cour d’assises  L’enquête n’est pas parvenue à identifier les deux passager de la moto ayant tué l’avocat.                 
 / AFP / Thomas SAMSON

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Réforme de l’Etat : comment chaque ministère devra la mettre en oeuvre

A côté des grandes réformes préparées par chaque ministère, la transformation de l’Etat est désormais systématiquement mentionnée.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h51
    |

            Benoît Floc'h








                        


A l’occasion du comité interministériel de lundi 29 octobre, les feuilles de route assignées à chaque ministère devaient être publiées. Elles dessinent en réalité un véritable programme de gouvernement en listant les réformes à conduire dans tous les secteurs de l’action publique, et pas uniquement en ce qui concerne la réforme de l’Etat stricto sensu.
Une partie en a déjà été lancée, notamment la réforme de l’audiovisuel public, la transformation de l’organisation territoriale des services publics, la réforme de l’administration fiscale, la réforme du service public de l’emploi, etc.
Ces feuilles de route ont été nourries par les travaux du comité action publique 2022 et « les entretiens de bilan menés entre le premier ministre et chacun des ministres en juillet », précise Matignon. Le gouvernement assure que leur mise en œuvre, confiée à un chef de projet par action, sera suivie « au plus haut niveau ». « On croit très fort qu’on sera jugé sur nos actes », confie-t-on dans l’entourage d’Edouard Philippe.
Pour chaque ministère, les grandes réformes en cours ou à mener sont listées. Pour la transition écologique et solidaire, il s’agit par exemple de « mettre en œuvre le plan climat » (adopté en juillet 2017) et le plan biodiversité (juillet 2018), ou de préparer le projet de loi sur l’énergie et d’accompagner l’arrêt des centrales à charbon d’ici à 2022. Au ministère de la justice est assigné l’objectif de « mener à bien la réforme de la Constitution », au ministère des affaires étrangères celui de « réussir les négociations européennes », notamment sur le Brexit. Le ministère des solidarités et de la santé devra notamment « réformer le système des retraites », etc.

        Dématérialisation, rémunération des fonctionnaires... :
         

          la réforme de l’Etat dévoilée



Mesures très précises
A côté de ces grands chantiers, la transformation de l’Etat est systématiquement mentionnée. « Réformer le ministère » est un item récurrent. Pour le ministère du travail, par exemple, cela consistera notamment à « mieux organiser l’inspection du travail », pour les armées à « adapter et moderniser le système RH du ministère ». Le ministère de l’éducation nationale devra « placer les académies au périmètre des régions au 1er janvier 2020 » ou encore mieux concilier « la formation continue avec le temps scolaire », développer « le recrutement des postes [d’enseignant] à profil ». Le ministère des affaires étrangères devra atteindre la « cible de – 10 % de masse salariale sur le périmètre Etat et opérateurs sous plafond ».
Les mesures à prendre sont, dans certains cas, très précises. C’est ce que Matignon appelle l’« assez grande granularité des priorités ». Ainsi, le ministère de la culture est invité à « assurer la rénovation phasée [du château] de Villers-Cotterêts en vue de l’implantation d’un centre de la francophonie », mais aussi à « développer les partenariats à l’international », notamment avec Abou Dhabi et l’Arabie saoudite… Le ministère de l’agriculture devra notamment « assurer le suivi du 50 % bio, produits de qualité ou locaux dans les cantines ». Des feuilles de route qui dessinent un véritable programme de gouvernement.

        Lire aussi :
         

                Cinq questions à propos de la réforme de l’Etat voulue par le gouvernement






                            


                        

                        


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M le magazine du Monde
 |
                  26.10.2018 à 13h43


Astrophysicien, historien, neuroscientifique, artiste… La leçon inaugurale est le rituel d’entrée de tout nouveau professeur au Collège de France. Un grand oral aussi libre que protocolaire à l’image de cette institution née sous François Ier.

Par                             Zineb Dryef





                     

Il n’est que 17 heures et déjà la file d’attente s’étire jusqu’au trottoir. Ce mardi 16 octobre, on se presse place Marcelin-Berthelot, dans le 5e arrondissement de Paris, pour assister à la leçon inaugurale d’Amos Gitaï, le nouveau titulaire de la chaire annuelle de création artistique du Collège de France. Il est le premier cinéaste à l’occuper. Avant lui, s’y sont succédé les compositeurs Pascal Dusapin et Philippe Manoury, le plasticien Anselm Kiefer ou l’écrivain Alain Mabanckou. Il y a là une foule disparate, habituelle pour l’établissement : des retraités, des étudiants, mais aussi des cinéphiles, des touristes, deux anciennes ministres (Christiane Taubira et Audrey Azoulay)…
Une demi-heure avant le début de la séance, l’Israélien, connu pour ses films radicaux et engagés, s’avance sur l’estrade du grand amphithéâtre Marguerite de Navarre. Il scrute l’assemblée, semble chercher quelqu’un du regard, comme égaré. La scène dure quelques secondes à peine : très vite, on l’exfiltre vers le « bureau du conférencier ». Selon la tradition, c’est dans cette petite salle attenante à l’amphithéâtre que l’impétrant patiente, entouré des professeurs du Collège de France.
Ce n’est qu’à 18 heures précises que tous feront leur entrée dans l’amphithéâtre, les « anciens » faisant cortège au nouveau, comme toujours pour les leçons inaugurales. Amos Gitaï et Alain Prochiantz, l’administrateur du Collège de France, demeureront sur l’estrade pendant que la procession de costumes gris et cheveux blancs – les femmes sont rares – s’installeront sur les sièges bleus des deux premiers rangs qui leur sont dévolus. Puis, l’orateur restera seul face à une assemblée de professeurs érudits et intimidants, parmi lesquels certains des esprits français les plus brillants : le Prix Nobel de physique Serge Haroche ; le neuroscientifique et auteur à succès Stanislas Dehaene ; les mathématiciens Claire Voisin et Pierre-Louis Lions ; l’un des plus grands orientalistes...





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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Sorti le 26 octobre, il est devenu l’un des jeux les mieux notés de ces vingt dernières années. Mais les retours des joueurs sont plus divisés.
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« Red Dead Redemption 2 » a-t-il été surnoté par la presse ?

Sorti le 26 octobre, il est devenu l’un des jeux les mieux notés de ces vingt dernières années. Mais les retours des joueurs sont plus divisés.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 16h10
    |

            William Audureau








                        



   


La phrase a déjà fait le tour d’Internet, au moins dans la sphère des amateurs de jeu vidéo : « Si vous faites volontairement l’impasse sur Red Dead Redemption 2, soit vous n’êtes pas un gameur, soit vous êtes dans le coma. » Signée du magazine américain Electronic Gaming Monthly, elle est révélatrice de la réception critique unanime qu’a reçue la superproduction de Red Dead Redemption 2, sortie le 26 octobre, et des interrogations qu’elle a pu susciter.

        Suivez en direct :
         

          notre vidéotest de « Red Dead Redemption 2 »



Sur Metacritic, l’agrégateur de notes qui sert de référent dans l’industrie, en dépit de l’obscurité de ses algorithmes, la simulation de western en monde ouvert émarge à 97/100 sur PlayStation 4, ce qui le situe d’ores et déjà dans le top 10 des jeux les mieux notés de ces vingt dernières années, à deux unités de The Legend of Zelda : Ocarina of Time (99, en 1998).

« Là-haut, parmi les constellations »
Du prestigieux The Guardian, qui y voit « un jeu jalon », au site français Gameblog.fr, qui évoque « le meilleur jeu d’action et d’aventure en monde ouvert jamais conçu », en passant par l’influent magazine américain Game Informer, qui parle de « triomphe technique que tout joueur devrait essayer », le titre a récolté plus de 45 notes maximales en 78 critiques référencées. En France, JeuxActu, qui a été parmi les premiers à publier son test, lui a même accordé un fiévreux 21/20. Son texte débute par une déclaration d’amour aux fondateurs du studio, les frères Houser :
Dan et Sam Houser ont été visionnaires en choisissant le nom de leur studio : aujourd’hui, les rockstars du jeu vidéo, c’est bien eux. Ils se trouvent tout là-haut, parmi les constellations, à un niveau que même les grands noms de l’industrie ne pourront probablement jamais atteindre.
Il faut fouiller dans les tréfonds de Metacritic pour trouver dans la presse une note dissonante : celle du site culturel américain Slant, qui se contente d’un 3,5/5, estimant que tout en améliorant la recette du monde ouvert, l’expérience de western que propose Red Dead Redemption 2 se dilue dans une aventure trop longue et à la prise en main archaïque.
Néanmoins, tous les médias n’ont pas encore été en mesure de publier une critique, Rockstar Games ayant sélectionné certaines publications pour leur envoyer une version en amont. Le site français Gamekult, réputé très critique, ne publiera son test que mardi 30 octobre après s’être procuré lui-même le jeu, comme l’explique son rédacteur en chef, Thomas Cusseau : « On a suffisamment d’expérience pour avoir notre propre opinion. […] C’est aussi une manière pour nous de partager notre avis, peut-être de nous faire l’écho de certains mécontentements. »
Un quart d’évaluations négatives sur Metacritic
Car, loin de l’unanimité des premières notes, chez les joueurs, le sentiment semble partagé. Toujours sur Metacritic, Red Dead Redemption 2 émarge à 7,5/10 en notes utilisateurs, et même 6,8/10 sur Xbox One avec une majorité de 10/10, mais également un quart d’évaluations négatives. « La vedette ici, c’est le monde ouvert. Tout le reste est si quelconque, basique et ennuyeux », s’agace ainsi un utilisateur enregistré sous le pseudonyme de Stinky_Winky. « Pas grand-chose d’autre à faire que ce qu’on a déjà fait dans un jeu Rockstar un million de fois avant. Le jeu tourne mal, avec des chutes de fréquence d’images et des contrôles lourdauds », critique Cheesie_Wotsit. « La carte est trop grande pour son propre bien, vu qu’il y a trop d’endroits vides avec rien à voir ni à faire », juge Multipleman.

   


Bien sûr, il faut prendre avec recul les nombreux zéros attribués, parfois de pure mauvaise foi (comme cet internaute reprochant au jeu de ne pas être Super Smash Bros. Melee, un jeu Nintendo) ou de dépit (le jeu n’étant pas disponible sur PC). Néanmoins, la plupart des critiques révèlent l’impression que le jeu a pu être surnoté par la presse spécialisée.
Expérience inhabituellement contemplative
Quelles en sont les raisons ? Techniquement d’abord, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que la presse spécialisée est largement équipée en Xbox One X, la console la plus puissante du marché et celle sur laquelle tourne la version la plus optimisée du jeu, c’est la PlayStation 4 qui est la plus répandue dans les foyers. Elle fait tourner une version de Red Dead Redemption 2 moins impressionnante, voire qui rame assez régulièrement, selon nos constatations.

        Nos premières impressions
         

          sur « Red Dead Redemption 2 » après cinq heures de jeu



Manette en main, la lourdeur et la raideur des contrôles, la lenteur générale de l’aventure, et même l’ennui suscité sont souvent pointés. Il est vrai qu’on s’y balade plus à cheval qu’on y attaque des diligences, et que l’hystérie urbaine d’un Grand Theft Auto V, le précédent succès de Rockstar, laisse ici la place à l’errance solitaire, à la simulation de survie et à la randonnée équestre. Ce n’est pas que Red Dead Redemption 2 soit mauvais, mais cette expérience inhabituellement contemplative ne semble pas conçue pour plaire à tout le monde.
Le précédent « GTA IV »
Faut-il donc être un « vrai joueur » pour apprécier Red Dead Redemption 2 ? Ce week-end, l’élitisme affiché par Electronic Gaming Monthly a rapidement été tourné en dérision sur Twitter. « Si vous ne pouvez pas finir d’une traite Ikaruga [un jeu de tir de niche abominablement exigeant] sur deux contrôleurs en même temps, soit vous n’êtes pas un vrai gameur soit vous êtes dans le coma, » a ironisé un internaute.
Sur le fond, de nombreux joueurs ont avancé des raisons de faire l’impasse sur le jeu. Parce qu’il n’est pas disponible sur PC, au grand dam des pécéistes mis de côté. Parce que Rockstar a été épinglé pour ses conditions de travail éreintantes par plusieurs enquêtes au mois d’octobre, et que certains consommateurs ont décidé de boycotter cette sortie. Ou encore, tout simplement, parce que tout le monde n’est pas forcément attiré par les mêmes genres de jeu, ni par le style Rockstar.
Le label, très prisé pour la qualité d’écriture et la permissivité de ses univers, a également ses détracteurs, qui jugent régulièrement ses jeux très convenus dans leurs missions et raides dans leurs contrôles. En 2008 déjà, Grand Theft Auto IV récoltait 98/100 dans la presse pour 7,5/10 de note utilisateurs, avec un quart d’évaluations négatives.



                            


                        

                        


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Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

Ce réseau social attire toutes les franges de l’extrême droite américaine. Depuis le meurtre de 11 personnes dans une synanogue, il est indisponible.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h39
   





                        


Robert Bowers, identifié par les autorités comme l’auteur de l’attentat terroriste qui a fait samedi 27 octobre onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie), avait une vie en ligne très active. Mais il ne fréquentait pas que les réseaux sociaux classiques : il était également présent sur Gab, un clone de Twitter prisé de l’extrême droite anglophone, sur lequel il avait publié, quelques heures avant d’attaquer la synagogue, plusieurs messages antisémites.
Gab est bien connu dans les sphères de « l’alt-right ». Ce réseau social, sur lequel il n’existe quasiment aucune modération, a attiré depuis sa création en 2016 toutes les grandes « stars » de l’extême droite américaine, comme le conspirationniste Alex Jones ou Mike Cernovich. Depuis ce 28 octobre, le site est inaccessible : son hébergeur, Joyent, a annoncé qu’il couperait son accès ce lundi – et PayPal a annoncé qu’il ne fournirait plus ses services au site.
« Gab est attaqué », écrit le site dans un communiqué sur sa page d’accueil. « Nous avons été systématiquement bloqués sur les magasins d’applications, par les hébergeurs, et des services de paiement. Nous avons été diffamés par la presse parce que nous défendons la liberté d’expression et la liberté individuelle », affirme le site, qui accueille aussi de nombreux comptes néo-nazis.

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Un réseau social riche mais pas si actif
Ces derniers mois, le site avait déjà connu d’importants problèmes. Début août, Microsoft avait menacé de couper son accès à Azure, une infrastructure technique de l’entreprise utilisée par Gab. Microsoft demandait le retrait de plusieurs messages antisémites qui appelaient à la violence, pour lesquels une plainte avait été déposée. L’auteur des messages les a finalement supprimés, mais l’affaire avait montré la fragilité technique et juridique du réseau social. Andrew Torba, son créateur, avait mis à profit la situation pour demander à ses utilisateurs de participer au financement de l’entreprise, pour que Gab puisse « devenir l’anti-Silicon Valley » et « construire immédiatement sa propre infrastructure ».
Car ce qui distingue Gab de la plupart des autres plateformes de l’extrême droite américaine, c’est sa relative santé financière. Alors qu’une bonne dizaine d’autres réseaux sociaux « alternatifs » ont fermé faute d’argent ou d’utilisateurs (PewTube, Wrongthink, Hatreon...), Gab a, en théorie, de solides réserves d’argent.
Levées de fonds
Le site revendique plus de 2 000 utilisateurs de sa version « pro », assez selon le site pour couvrir ses frais de fonctionnement. Et surtout, le site a levé des sommes importantes en recourant à plusieurs outils de levée de fonds. Après la manifestation de Charlottesville, il y a un an, le site avait levé 500 000 dollars en financement participatif, portant son trésor de guerre à un million de dollars. En début d’année, il a annoncé une levée de fonds par cryptomonnaies (Initial Coin Offering, ICO), et affirme avoir déjà plus de 5 millions de dollars d’actions réservées, sur un total espéré de dix millions.
Pourtant, si Gab est à l’abri du besoin, il plafonne à quelques centaines de milliers d’utilisateurs, et les messages les plus populaires sur la plateforme ne cumulent qu’une poignée de commentaires et de partages. A l’exception du conspirationniste Alex Jones, les « stars » de Gab n’y sont pas franchement actives. La personnalité de l’alt-right Milo Yiannopoulos, banni de Twitter, n’y publie que très rarement. Mike Cernovich en est absent depuis un an. « Gab a parfois des allures de ville fantôme », résumait dans un article récent le site spécialisé Wired.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’anniversaire est l’occasion de rappeler que la console de Sega n’a pas donné naissance qu’à la série « Sonic ».
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Les dix meilleurs jeux Mega Drive auxquels personne (ou presque) n’a joué

L’anniversaire est l’occasion de rappeler que la console de Sega n’a pas donné naissance qu’à la série « Sonic ».



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 18h38
    |

            Corentin Lamy








                        


Cela fait trente ans, lundi 29 octobre, que la Mega Drive est arrivée sur les étals des marchands de jeux vidéo – du moins au Japon. Trente ans que sont célébrés les Sonic, les Shinobi et les Streets of Rage.
La Mega Drive de Sega, la première grande console 16 bits, deux fois plus puissante que la plupart de ses concurrentes d’alors, était pourtant pourvue d’une ludothèque bien plus large, composée de perles japonaises méconnues et de jeux occidentaux bizarres, aujourd’hui oubliés.
A l’occasion de cet anniversaire, Pixels a rebranché sa Mega Drive pendant une quinzaine d’heures, à la recherche de ces jeux, dont les possesseurs de Super Nintendo n’ont jamais entendu parler. L’heure est désormais au bilan.
« Shining Force II », grosses batailles et pixels fins
A l’époque de la Mega Drive, Shining Force et surtout Shining Force II (un troisième opus sortira sur Saturn) était pour Sega une véritable vitrine. Qu’on ait joué ou pas à ce jeu de rôle, alternant des phases d’exploration et des combats tactiques au tour par tour (on pense à Fire Emblem), on se souvient encore avec émotion des magnifiques écrans illustrant chaque affrontement.

   


« Landstalker » et « Soleil », les deux réponses à « Zelda »
C’est une guerre secrète que se mènent depuis un quart de siècle les fans de Sega, le grand combat de notre temps : quel est le meilleur jeu d’action-jeux de rôle de la Mega Drive ? Soleil, clone pacifiste et antispéciste de Zelda ? Landstalker et sa vue de trois quarts, qui flatte la rétine autant qu’il fait des cloques aux mains (ces phases de plates-formes impossibles…) ? En fait, seul un ennemi commun est capable de réconcilier les tenants de ces deux grands jeux : les amateurs de La Légende de Thor, tellement moins charmant, tellement plus bourrin.

   


« Aladdin » et « Batman », comme sur Super Nintendo (mais en mieux)
Quelle meilleure version pour Aladdin ? La très belle version américaine, développée pour la Mega Drive, ou la plus efficace version japonaise, développée pour Super Nintendo ? Alors que le débat n’a pas fini de diviser, jetons de l’huile sur le feu : quelle meilleure version pour Batman & Robin ?
La problématique est exactement la même. La version Mega Drive, américaine, bizarre, incroyablement mal foutue (impossible d’espérer s’en sortir aujourd’hui sans code) est, cependant, une expérience graphique à la hauteur de l’ambition du dessin animé, dont il est adapté. Un jeu doté d’animations inouïes, d’un style graphique audacieux, et d’une des meilleures bandes originales de la console. La version Super NES, peut-être meilleure, est, en tout cas, définitivement plus sage.



Au Japon, « Light Crusader » et les jeux Treasure
Ce n’est pas un secret : les meilleurs jeux de la Mega Drive sont japonais. Et le studio de l’Archipel qui connaît le mieux la Mega Drive (peut-être même mieux que Sega lui-même), à l’époque, c’est Treasure.
Du jeu de plates-formes Dynamite Headdy au jeu de tir survitaminé Gunstar Heroes, en passant par le jeu de combat de « boss » Alien Soldier, Treasure transforme en or tout ce qu’il touche. Sans oublier d’imposer sa marque de fabrique, comme un fil rouge entre des jeux très différents : la gestion des armes et la possibilité de les combiner entre elles.
Mention spéciale à Light Crusader, sorte d’ancêtre de Diablo, jeu de rôle mâtiné d’action dans lequel le joueur s’enfonce toujours plus profondément dans les sous-sols d’une ville manifestement maudite.

   


Aux Etats-Unis, « General Chaos » et les jeux Electronic Arts
Ce n’est pas un secret : les jeux les plus expérimentaux de la Mega Drive sont américains.
Electronic Arts s’en est alors fait une spécialité. A l’image de The Haunting, dans lequel le joueur doit hanter les meubles et appareils électroménagers d’une maison pour en faire fuir les occupants. Ou encore de Rolo to the Rescue, curieux jeu de plates-formes, dérivé de James Pond, une série de jeux de plates-formes plutôt connotée PC.
Mais surtout, Electronic Arts édite General Chaos, titre de stratégie agrémenté d’action et jouable à deux. On doit ce jeu innovant, unique, à la même paire (Brian Colin et Jeff Nauman) responsable une décennie plus tôt de Rampage, récemment adapté à Hollywood.

   


Au Royaume-Uni, Puggsy et les jeux Psygnosis
Ce n’est pas un secret : les Anglais, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, font sur micro-ordinateurs des jeux techniquement impressionnants mais parfois à la frontière du bon goût. Pendant quelques années, l’éditeur britannique Psygnosis trouve intéressant de les adapter sur Mega Drive. Notre préféré : le bizarre Puggsy, personnage entre la poire et l’étron, héros d’un jeu mêlant plates-formes et énigmes.
Des énigmes elles-mêmes très curieuses, exploitant une simulation physique balbutiante. On se retrouve ainsi à jouer avec des ventilateurs, des ballons, des armes à feu, cherchant à provoquer l’improbable réaction en chaîne qui permettra de mettre la main sur la clé du niveau suivant. Plus tard, Psygnosis fera surtout les beaux jours de la PlayStation avec la série Wipeout.

   


« Earnest Evans », pour faire plaisir aux fans
On n’avait pas nécessairement prévu de l’inclure dans cette sélection, mais un rapide sondage mené auprès d’un échantillon de 104 personnes qui perdaient leur temps sur Twitter, à ce moment-là, a révélé l’existence d’une étrange niche de fans : ceux des jeux Wolf Team (studio depuis absorbé par Bandai Namco).
En l’espace de deux ans, le studio enchaîne un nombre record de sorties pour la Mega Drive et son extension, le Mega CD. Tous ou presque sont inédits en Europe. La trilogie initiée par Earnest Evans bénéficie pourtant d’un petit culte : dans ce premier épisode, un Indiana Jones en caoutchouc, féru de grappin, semble loucher entre Castlevania et Rick Dangerous…
Nos excuses, par avance, aux fans, mais à trop regarder ailleurs, il finit surtout par aller droit dans le mur.

   


« Empire of Steel », le « shoot’em up » qui n’a pas pris une ride
Empire of Steel a un peu piqué la musique de la série Supercopter, mais c’est bien là sa seule faute de goût. Doté d’une impeccable direction artistique steampunk, ce jeu de shoot dans lequel on contrôle, au choix, un biplan ou un dirigeable, a très bien vieilli. Au point d’avoir été adapté en septembre dernier sur PC.
Une nouvelle version dotée de graphismes plus fins, bien sûr, mais qui ne manque pas de rendre hommage à l’exceptionnelle finesse du design d’origine.

   


« Zero Tolerance », le jeu de tir incongru
On sait, à condition d’avoir développé une certaine obsession pour le fond de catalogue de la Mega Drive, que la console de Sega a connu une seconde vie au Brésil, où a été développée une très tardive version du jeu de tir Duke Nukem 3D.
Mais la console de Sega a aussi connu au moins un jeu de tir à la première personne exclusif, inédit, auquel personne ou presque n’a joué : Zero Tolerance. Dans ce clone de Wolfenstein 3D, le joueur contrôle successivement cinq héros aux armes et aux caractéristiques différentes. Le twist : le but n’est pas de trouver la sortie du niveau, mais d’abattre tous les vilains.

   


« ToeJam & Earl », décalé et en avance sur son temps
Peut-on évoquer la Mega Drive sans parler de ToeJam & Earl ? De toute évidence, oui, d’ailleurs, tout le monde le fait.
C’est pourquoi Pixels se fait un devoir de saisir la moindre occasion pour rappeler à quel point ce jeu funky n’est pas seulement une parodie au vitriol de la culture pop et de l’american way of life du début des années 1990 : c’est aussi un titre précurseur, l’un des premiers à ripoliner les mécaniques sans concession de l’austère Rogue (mondes générés aléatoirement, caractéristiques des équipements différentes à chaque partie) au sein d’un jeu grand public.
Etrange titre sans arme et plein d’humour, ToeJam & Earl connaîtra deux suites : la troisième, Back in the Groove, sortira cet hiver sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Switch.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Une journaliste du « Financial Times » a tout laissé tomber pour aider ceux qui avaient réussi en entreprise à devenir enseignant dans le public.
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édition abonné


Au Royaume-Uni, des cadres sup apprennent à devenir profs


                      Une journaliste du « Financial Times » a tout laissé tomber pour aider ceux qui avaient réussi en entreprise à devenir enseignant dans le public.



M le magazine du Monde
 |    29.10.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h55
    |

                            Guillemette Faure








                              

                        

C’était il y a tout juste deux ans. Sa dernière chronique, lancée comme un appel à la résistance. « Je m’en vais et je veux que vous me rejoigniez… » Ce 26 novembre 2016, dans les colonnes du Financial Times, Lucy Kellaway, une des vedettes du journal, annonçait trois choses : qu’elle démissionnait après trente et un ans à travailler pour le prestigieux quotidien anglais des affaires ; qu’elle devenait professeure de maths ; et qu’elle créait NowTeach, une fondation pour aider ceux qui s’étaient accomplis en entreprise à devenir enseignant dans des écoles publiques en difficulté. Son appel résonne encore, aujourd’hui, sur le site de la fondation : « Vous avez eu une carrière à succès. Maintenant faites quelque chose de plus important ! Enseignez ! »
Pour le Financial Times, semaine après semaine, elle disséquait jusqu’alors la vie des cadres sup dans leur habitat naturel – les salles de réunion, les open-space… –, raillait la pensée en PowerPoint, les chartes et missions d’entreprise, l’engouement pour la disruption, la bienveillance, ou n’importe quel autre concept managérial en vogue. Elle a anticipé la crise de sens de la vie de cadre avant même que l’expression « bullshit job », créée voilà cinq ans par l’anthropologue David Graeber, ne soit à la mode. Elle a déconstruit, observe-t-elle, jusqu’à avoir envie de construire.
« Mes amis et mes collègues m’ont dit que j’étais courageuse. J’ai compris que ça voulait dire complètement cintrée… » Lucy Kellaway
Lucy Kellaway a considéré que le monde avait plus besoin de professeurs que de ses chroniques. Elle attendait quelques dizaines de réponses à son appel à enseigner. Elle en a reçu un millier. Après avoir écarté ceux qui avaient répondu trop vite, ceux qui adoraient l’idée mais ne s’étaient pas rendu compte qu’il faudrait le faire en vrai, ceux qui tout bien réfléchi préféraient continuer à gagner de l’argent, ceux qui n’avaient pas assez de diplômes ou trop...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le président du club anglais de Leicester, homme d’affaires aussi respecté que discret, est mort samedi dans l’accident de son hélicoptère.
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Vichai Srivaddhanaprabha, le milliardaire qui a changé la destinée du club de Leicester

Le président du club anglais de Leicester, homme d’affaires aussi respecté que discret, est mort samedi dans l’accident de son hélicoptère.



Le Monde.fr avec AFP
 |    29.10.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h41
   





                        



   


Sa seule extravagance de milliardaire lui aura été fatale. Le président de Leicester City, le Thaïlandais Vichai Srivaddhanaprabha, avait pour seul péché mignon de quitter le stade de son équipe en hélicoptère. Celui-ci s’est écrasé aux abords du King Power Stadium, samedi 27 octobre, causant la mort de son propriétaire, ainsi que celles de quatre autres passagers. Un choc pour les habitants de Leicester, ville située dans le centre de l’Angleterre, qu’il a fait connaître dans le monde entier.
Le milliardaire de 60 ans, décrit comme humble et généreux, avait mené son club jusqu’à l’un des plus improbables exploits de l’histoire du football : le titre de champion conquis en 2016, au nez et à la barbe des grandes puissances du football anglais. Seulement six ans après le rachat pour 40 millions de livres d’un club alors moribond, qui végétait en deuxième division.
Un conte de fées du football moderne avec l’entraîneur italien Claudio Ranieri à la baguette, mais dont l’homme d’affaires thaïlandais avait été le véritable investigateur. Sans dépense mirobolante (selon les canons de la Premier League), Vichai Srivaddhanaprabha avait investi de manière ciblée, privilégiant l’éclosion de jeunes talents. Leicester a eu du nez avec l’attaquant vedette Jamie Vardy, déniché en cinquième division anglaise, ou le Français N’Golo Kanté (acheté à Caen) et l’Algérien Riyad Mahrez, recruté au Havre en Ligue 2.

   


« Nous lui devons tout »
Réputé proche de ses joueurs, Vichai Srivaddhanaprabha était également très apprécié des supporteurs de Leicester, un fait plutôt rare pour des propriétaires étrangers en Angleterre. Il faut dire qu’il savait les choyer. Les supporters de Leicester avaient ainsi eu droit à une bière gratuite et à des beignets pour célébrer son soixantième anniversaire, avant un match contre Newcastle en avril de cette année. Et le prix des abonnements avait été gelé ces quatre dernières saisons, tandis que Vichai Srivaddhanaprabha avait fait don de deux millions de livres sterling (2,5 millions de dollars) pour aider à construire un hôpital pour enfants.
« Vichai a choisi Leicester lorsque nous étions couverts de dettes, rappelle Ellis Greaves, un fan des Foxes (les renards, le surnom du club), qui a lancé une pétition en ligne pour qu’une statue soit érigée en l’honneur du président défunt. Il nous a sortis de là et a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Nous lui devons tout, à lui et sa famille. S’il vous plaît, si vous êtes un supporter de Leicester ou un fan de football, signez cette pétition pour qu’une statue soit érigée devant le King Power Stadium à sa mémoire. » En milieu de journée, cette pétition avait déjà recueilli plus de 16 000 signatures.
Malgré sa popularité, le Thaïlandais aux petites lunettes rondes était un personnage peu connu, qui a préféré laisser son fils Aiyawatt, dit « Top », jouer les premiers rôles en tant que vice-président du club.
Dimanche, le club a salué la « gentillesse » et la « générosité » de Vichai Srivaddhanaprabha, un « grand homme ». « C’est une tragédie pour le club. Je suis épouvantablement triste », a aussi réagi l’entraîneur français de Leicester, Claude Puel. De nombreux supporters de football ont afflué toute la journée aux abords du stade, pour déposer des bouquets de fleurs et des écharpes aux couleurs du club, ou se recueillir en silence.

https://t.co/hQSR0IDWWg— LCFC (@Leicester City)


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« Je peine à trouver les bons mots… Mais pour moi, vous êtes une légende, un homme incroyable, [celui] qui avait le plus grand cœur, l’âme du Leicester City », a écrit sur Instagram, dans la nuit de dimanche à lundi, l’attaquant vedette Jamie Vardy, en légende d’une photographie de lui et de Vichai Srivaddhanaprabha souriants.
Les anciens du club se sont également exprimés. L’ex-international et joueur de Leicester Gary Lineker a confié sur Twitter avoir le « cœur brisé ». « Ce qu’il a fait pour Leicester est incroyable », a rappelé sur BBC5live Sven-Goran Erikssen, ancien manager du club, décrivant un homme « extrêmement généreux », présent à chaque match, avec sa famille.
« Ce n’était pas un héritier d’une riche famille mais un vrai battant »
L’homme d’affaires était à la tête d’une fortune aujourd’hui estimée à plusieurs milliards de dollars. Familier de la famille royale thaïlandaise, il avait construit l’activité de son groupe, King Power, à partir de 1989 avec, au départ, un seul magasin de Duty-Free à Bangkok, avant de décrocher, en 2006, la concession pour les magasins de Duty-Free du nouvel aéroport international de Bangkok, qui voit passer chaque année des millions de voyageurs.
« Ce n’était pas un héritier d’une riche famille mais un vrai battant », souligne le politicien Anutin Charnvirakul, saluant le « modèle pour la jeune génération », d’homme d’affaires avisé, incarné par Vichai. Fervent bouddhiste, Vichai a réussi à se ménager les faveurs des élites conservatrices, y compris du palais, qui lui a accordé le nom prestigieux de Srivaddhanaprabha.
En dépit de son poids économique et de ses ambitions internationales, King Power était, cependant, resté une entreprise très familiale. Et les quatre enfants de Vichai, deux filles et deux garçons tous trentenaires, font tous partie du comité exécutif du groupe.
Vichai Srivaddhanaprabha était aussi un familier des puissants de Thaïlande, au premier rang desquels la famille royale. Son nom, Srivaddhanaprabha, lui a été attribué en 2013 par le roi de Thaïlande. Amateur de polo, dont il était un joueur accompli, membre du Ham Polo Club de Londres, il côtoyait également des membres de la famille royale en Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.
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Reportage

Le revenu universel au Kenya, « le petit coup de pouce » qui peut tout changer

Une ONG américaine verse près de 20 euros par mois aux habitants de 120 villages de l’ouest du pays, dans le cadre d’une étude inédite.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.10.2018 à 10h39

     •
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        Mis à jour le 29.10.2018 à 15h40






    
Monica, 30 ans, est l’une des bénéficiaires du revenu universel versé par l’ONG Give Directly dans le cadre d’une étude au Kenya, dans la région de Bondo (ouest). Grâce aux 19,50 euros qu’elle touche chaque mois, elle a investi dans l’élevage de poulets.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


Jusqu’à récemment, le seul horizon de Molly était la fin de la journée. Labourer le champ d’un autre, gagner juste assez d’argent pour manger, et recommencer. « Un cercle sans fin dont je n’arrivais pas à m’extirper », raconte cette jeune femme de 25 ans. Une histoire banale dans son village de la région de Bondo, dans l’ouest du Kenya, où la plupart des habitants vivent plus que simplement et s’échinent à faire pousser du maïs, du millet ou du coton sur un sol ocre et poussiéreux.
Mais tout cela, raconte-t-elle, c’était avant l’introduction, en octobre 2016, du revenu universel de base dans son bourg, dans le cadre d’une étude à grande échelle réalisée sur une période de douze ans.
Molly reçoit désormais 2 250 shillings par mois (environ 19,50 euros), une somme qui a selon elle « tout changé ». « J’ai pu économiser pour payer des études d’institutrice de maternelle », explique-t-elle fièrement, dans sa maison de béton au toit de tôle, autour de laquelle picorent quelques poules. « Ça a été le petit coup de pouce qui a fait basculer la situation. »
« Maintenant, j’ai des projets »
Grâce à ses études, elle travaille comme stagiaire rémunérée à l’école du village. Avec en plus le revenu universel et quelques petits boulots, Molly touche aujourd’hui quelque 5 000 shillings par mois, plus du triple de ses revenus antérieurs. Et surtout, dit-elle, elle regarde vers l’avenir. « Avant, j’avais à peine assez d’argent pour survivre, alors que maintenant j’ai des projets. Je vais bientôt passer mon diplôme d’institutrice », souligne-t-elle. Avant de préciser, souriante : « Je vais même chez le coiffeur une fois tous les deux mois. »
Le village de Molly – dont le nom est tenu secret afin de ne pas attiser les convoitises – est l’un de ceux choisis par l’ONG américaine Give Directly pour tester le revenu universel de base dans la région de Bondo, sélectionnée pour sa pauvreté, sa stabilité et l’efficacité d’un système de transfert d’argent par téléphone utilisé au Kenya.



Créée en 2010, cette organisation active dans plusieurs pays africains se démarque de l’aide humanitaire « traditionnelle », préférant donner de l’argent directement aux gens plutôt que de « décider à leur place » de quoi ils ont besoin, explique Caroline Teti, responsable des relations extérieures pour Give Directly au Kenya.
Mais au lieu des versements « en une fois » pratiqués depuis sa création, elle souhaite désormais tester l’efficacité d’un revenu mensuel. « Nous posons un certain nombre de questions : lorsqu’on donne de l’argent aux gens chaque mois, vont-ils s’arrêter de travailler ? Vont-ils prendre des risques dans leurs investissements en sachant qu’ils auront des revenus quoi qu’il arrive ? Comment cela affecte-t-il leurs aspirations ? », détaille Mme Teti.
« Il y a un débat mondial sur le revenu universel et nous voulons des preuves pour avancer », poursuit-elle, ajoutant que l’étude s’inscrit dans le contexte spécifique du « soulagement de la pauvreté en Afrique ». « En Occident, le débat sur le revenu universel est tout autre et tourne notamment autour du rôle de l’Etat-providence ou des pertes d’emploi. »
20 000 personnes concernées
Le village de Molly est « pilote ». La véritable étude, débutée en janvier 2018, est, elle, menée dans des dizaines d’autres localités de la région. Les habitants de quarante d’entre elles recevront 2 250 shillings par mois pendant douze ans, tandis que ceux de quatre-vingts villages toucheront la même somme pendant seulement deux ans. Dans soixante-seize autres communes, les résidents percevront 51 000 shillings en deux tranches espacées de deux mois, soit un mode de fonctionnement plus proche de celui déjà utilisé par l’ONG.
En tout, quelque 20 000 personnes bénéficieront d’une forme de revenu dans le cadre de cette étude, qui est selon Give Directly la plus importante jamais réalisée dans ce domaine, par sa durée et le nombre de ses bénéficiaires.
Dans le même village que Molly, Edwin, 29 ans, envisage de remplacer sa maison de torchis par une construction en béton, alors que Monica et son époux ont investi dans un élevage de volailles. « On a un tout nouvel enclos et quelques poulets », montre cette commerçante de 30 ans, dont l’élégante robe noire est rapiécée en plusieurs endroits. Cette mère de trois enfants dit espérer, à terme, pouvoir leur payer des études, pour qu’ils ne « vivent pas dans la pauvreté, comme nous ». « Chacun dans le village utilise l’argent différemment », se réjouit-elle.

        Lire aussi :
         

                Carte : le revenu universel et ses expérimentations dans le monde



Give Directly se dit toutefois conscient des limites du transfert d’argent comme alternative à l’aide humanitaire traditionnelle. « Dans une situation de conflit par exemple, les gens affectés n’ont peut-être plus d’endroit où dormir. Dans ce contexte, un revenu de base peut faire partie de la solution, mais ne peut être la seule solution », souligne Mme Teti. Elle affirme également que le revenu universel n’a pas pour but de se substituer à l’Etat pour la construction d’écoles ou d’hôpitaux.
A la question de savoir si le revenu universel est monté à la tête de certains, tous les habitants du village répondent de la même manière : « 2 250 shillings, ce n’est pas assez pour acheter des choses inutiles, c’est juste assez pour vous nourrir et sortir de la pauvreté », juge Samson, un entrepreneur de 72 ans. « Peut-être qu’à l’avenir certains oublieront ce qu’ils ont traversé et commenceront à acheter des choses stupides, hasarde Monica. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire, lundi, après avoir reçu une plainte d’une étudiante de 20 ans.
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Une étudiante en médecine de l’université Paris-XIII porte plainte pour injures antisémites

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire, lundi, après avoir reçu une plainte d’une étudiante de 20 ans.



Le Monde.fr avec AFP
 |    29.10.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 17h48
   





                        


Le parquet de Bobigny a annoncé au Monde avoir ouvert une enquête préliminaire, lundi 29 octobre, après avoir reçu une plainte pour injures antisémites d’une étudiante en médecine de l’université Paris-XIII. Selon des informations révélées par Europe 1, la femme de 20 ans raconte avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves de l’université, notamment dans le cadre de la préparation du week-end d’intégration de la fac de médecine.
« On est passé des blagues sur la Shoah à des saluts hitlériens, puis on invente un jeu qui s’appelle le “freespa”, le lancer de kippa qu’on jette par terre », raconte-t-elle au micro d’Europe 1. « Mais vous, les juifs, vous n’avez pas d’humour, c’est du second degré, on le fait pour tout le monde », lui répondent des étudiants, quand elle leur demande de cesser leurs remarques antisémites.
L’étudiante a ainsi porté plainte, le 20 octobre, dans un commissariat du Val-d’Oise, « pour que ce soit entendu, pour moi, mais aussi pour les personnes qui avaient peur de le dénoncer et pour ceux peut-être qui en ont ri, par besoin d’intégration ou en n’ayant pas compris la gravité des propos ». Toujours selon Europe 1, l’étudiante a joint à sa plainte les captures d’écran d’une conversation Facebook d’étudiants de sa promotion dans laquelle certains « classent les juifs de la promotion avec un chiffre et un commentaire ».
Frédérique Vidal dénonce des faits « inacceptables »
La présidence de l’université a annoncé avoir reçu la jeune femme ainsi que les étudiants mis en cause. « Le président [de l’université] a saisi la commission disciplinaire ainsi que le procureur de la République », ajoute l’université. Le parquet de Bobigny a, pour sa part, confié l’enquête préliminaire à la sûreté départementale de Seine-Saint-Denis.
Ces faits « sont profondément inacceptables », a réagi la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dans un communiqué publié lundi matin. « Au surlendemain de l’attaque antisémite de Pittsburgh aux Etats-Unis, je veux rappeler que les mots aussi peuvent tuer et que les injures et les gestes déplacés ont toujours été les prémices de violences plus grandes encore ». Saluant « le fait que l’université Paris-XIII ait pris les décisions qui s’imposaient dès que les faits ont été connus », la ministre ajoute qu’elle recevra dès lundi le président de l’université « afin de faire le point avec lui sur les dispositifs de prévention mis en place dans son établissement et sur les actions qui peuvent être immédiatement engagées pour mettre fin à ces dérives inacceptables ».
Il y a moins d’une semaine, Mme Vidal avait réuni plusieurs acteurs de la lutte contre le racisme à la suite de la multiplication des tags, graffitis et expressions antisémites dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur en 2018. En mars, un local de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avait été saccagé sur le site de l’université de Tolbiac, à Paris. En septembre, des tags antisémites visaient le président de l’université Grenoble-Alpes ; en octobre, des inscriptions antisémites avaient été retrouvées dans une salle d’études d’une résidence étudiante à HEC ; enfin, la semaine dernière, des croix gammées ont été taguées à la faculté de droit Assas (Paris-II).
Un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme présenté au printemps par le premier ministre, Edouard Philippe, prévoit le renforcement du réseau des référents racisme-antisémitisme dans les établissements d’enseignement supérieur. Selon le ministère de l’enseignement supérieur, un référent est désormais présent depuis la rentrée dans chaque université.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le Boeing 737 de la compagnie indonésienne Lion Air est tombé en mer peu après son décollage de Jakarta. Aucun survivant n’a encore été trouvé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/10/2018
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Crash du vol Lion Air en Indonésie : un avion s’abîme en mer avec 189 personnes à bord

Le Boeing 737 de la compagnie indonésienne Lion Air est tombé en mer peu après son décollage de Jakarta. Aucun survivant n’a encore été trouvé.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    29.10.2018 à 04h06
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 18h39
   





                        



   


Le Boeing 737 de Lion Air, porté disparu avec 189 personnes à bord, s’est abîmé, lundi 29 octobre, au large des côtes indonésiennes peu après son décollage de Djakarta, a annoncé l’agence indonésienne chargée des recherches.
Sindu Rahayu, directeur général de l’aviation civile au ministère des transports, a annoncé dans un autre communiqué que l’avion transportait 178 passagers adultes, trois enfants, dont deux bébés, ainsi que deux pilotes et six personnels de cabine. « L’avion avait demandé à revenir à sa base avant de finalement disparaître des radars », a-t-il ajouté.
Cette demande avait été exprimée peu avant que le contact soit rompu avec le contrôle aérien vers 6 h 30 (0 h 30, heure de Paris). Le contact a été perdu avec l’avion treize minutes après le décollage, selon une porte-parole de l’Agence indonésienne de recherche et de sauvetage. L’avion était à destination de Pangkal Pinang, une ville de l’île de Bangka, au large de Sumatra.
« L’avion s’est écrasé dans l’eau », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le porte-parole des sauveteurs. Le directeur opérationnel des services de secours indonésiens a estimé que les 189 personnes qui se trouvaient à bord de l’appareil étaient « probablement mortes ». Il a ajouté que les sauveteurs avaient retrouvé « des restes humains qui n’étaient plus intacts. »
L’avion qui s’est abîmé avait subi récemment des réparations à la suite d’un problème technique, selon le PDG de la compagnie aérienne indonésienne, Edward Sirait. L’appareil « a été réparé à Denpasar », sur l’île de Bali, « puis a volé vers Djakarta ». « Les techniciens à Djakarta ont reçu des notes et ont fait une autre réparation avant qu’il reparte vers Pangkal Pinang », la destination qu’il devait rejoindre lundi, a précisé le responsable interrogé par l’AFP, tout en expliquant qu’il s’agissait « d’une procédure normale ».
Des accidents fréquents
« C’est vrai que nous avons perdu le contact du vol Lion Air JT 610. Nous avons transmis l’information aux équipes de sauveteurs », a déclaré Yohanes Harry Douglas, porte-parole d’AirNav Indonesia dans un communiqué, au sujet de ce vol de moins d’une heure.
Le site de suivi des vols Flightradar montre sur une carte la trajectoire de l’appareil, un Boeing 737 Max 8, qui après son décollage sur un cap sud-ouest vire largement par le sud sur 180 degrés avant de mettre le cap au nord-est. Le tracé s’interrompt soudainement au-dessus de la mer de Java, non loin de la côte.
L’Indonésie, un archipel d’Asie du Sud-Est de 17 000 îles et îlots, est très dépendante des liaisons aériennes, et les accidents sont fréquents. En décembre 2016, 13 personnes avaient péri dans l’accident d’un avion militaire près de Timika, autre région montagneuse de Papouasie.
Lion Air, une compagnie à bas coût, avait elle-même été impliquée dans plusieurs incidents. En août 2017, un Boeing de la compagnie avait heurté peu après son atterrissage à l’aéroport international de Kualanamu, à Medan, troisième ville du pays dans le nord de l’île de Sumatra, une aile d’un ATR-72 de la compagnie Wings Air, elle aussi indonésienne, qui attendait son décollage. La collision n’avait fait aucun blessé.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Premier exportateur mondial, la Chine tient aussi à rappeler son rang de deuxième acheteur au monde lors de la China International Import Expo, à Shanghaï.
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Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail          C’est une première, et la Chine fait tout pour qu’elle soit grandiose. Du 5 au 10 novembre, Shanghaï accueillera la première China International Import Expo (CIIE). Un salon non pas pour exporter, comme c’est généralement le cas, mais, au contraire, pour favoriser les importations. Pour accueillir des centaines de milliers de visiteurs, la ville a réparé ses routes, enterré des lignes électriques et rénové entièrement des dizaines de quartiers. Comme lors de chaque grand événement politique en Chine, les usines de la région ont été priées de se mettre en vacances trois jours avant l’inauguration, pour assurer un ciel sans pollution.          Qualifiée d’« usine du monde » au tournant du siècle, la Chine entend rappeler que, si elle est, depuis 2009, le premier exportateur mondial, elle est également le deuxième acheteur au monde. Elle importe certes moins que les Etats-Unis mais autant que l’Allemagne et le Japon réunis. « La Chine est le premier marché à l’exportation pour l’aéronautique et le soja américains et le deuxième pour l’automobile, les circuits intégrés et le coton américain », rappelle le Livre blanc que la Chine a publié, en septembre, sur le différend qui l’oppose aux Etats-Unis.                       Taxes et importations Chine Etats-Unis Le Monde             Au moment où le président américain, Donald Trump, accuse Pékin de pratiques commerciales déloyales et où certains dénoncent le caractère « néocolonial » des « nouvelles routes de la soie », cette foire aux importations constitue évidemment un événement autant politique que commercial.                  ;       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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La diplomatie par le sport de l’Arabie saoudite à l’épreuve du meurtre de Jamal Khashoggi

Rafael Nadal et Novak Djokovic évaluent l’opportunité d’aller ou non jouer en décembre à Djedda. Amnesty International presse la Juventus Turin et le Milan AC de ne pas disputer la Supercoupe d’Italie en janvier à Ryad.



LE MONDE
 |    29.10.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
29.10.2018 à 15h19
    |

            Clément Martel








                        



   


Ils sont venus à Paris ferrailler pour le trône de numéro 1 mondial. Mais c’est au sujet d’un autre royaume que Rafael Nadal et Novak Djokovic ont été tenus de s’expliquer, dimanche 28 octobre. Avant l’ouverture du Masters 1 000 de Paris-Bercy, les numéros 1 et 2 mondiaux du tennis masculin ont répondu – pour le moins gênés – à des questions portant sur leur participation à une rencontre d’exhibition programmée pour la fin décembre à Djedda, en Arabie saoudite.
En cette période de vacance du circuit mondial, ce type de matchs dans des pays prêts à y mettre le prix est monnaie courante. Et les meilleurs joueurs du monde n’hésitent pas à courir le cachet durant l’intersaison. Ces dernières années, Nadal et Federer ont ainsi disputé des rencontres promouvant le modeste mais lucratif tournoi de Doha – sur un tapis volant – offrant à l’organisateur qatari de jolis clichés promotionnels.
Au moment où il a été signé, le contrat liant Nadal, Djokovic et le royaume saoudien n’avait pas l’odeur de soufre qu’il véhicule aujourd’hui. C’était avant le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans l’enceinte du consulat saoudien d’Istanbul. Selon des responsables turcs, cet opposant a été victime d’un meurtre soigneusement planifié et perpétré par une équipe d’agents venus de Ryad.

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Le 7 octobre, quelques jours après la disparition de Jamal Khashoggi et alors que des rumeurs commençaient à lier celle-ci à l’Arabie saoudite, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont chacun publié un tweet promotionnel – chose courante dans ce genre de contrat – vantant le pays.
« On est en train d’évaluer la situation »
Conscients de l’image que renverrait la tenue d’une telle rencontre dans la ville royale de Djedda, les agents des joueurs s’activent désormais en coulisse pour tenter de rétropédaler. Mais le contrat – il est question d’un million de dollars par joueur – étant directement signé avec l’Autorité générale du sport saoudien, l’affaire est ardue.
D’où un difficile exercice d’équilibriste. « Quand ce type de choses se produit, c’est catastrophique, c’est terrible. Un journaliste a perdu la vie. Et je sais que des choses horribles se sont passées à l’intérieur de ce consulat, a reconnu Rafael Nadal. Donc on est en train d’évaluer la situation et on espère que les choses vont s’éclaircir le plus vite possible. »
Plus prudent encore, Novak Djokovic s’est retranché derrière son « apolitisme » pour ne pas piper mot quant au fond de l’affaire. « Malheureusement, on s’est retrouvés tous les deux attirés dans cette situation, a-t-il déploré, précisant que l’engagement avait été conclu voici plus d’un an pour préparer la saison. C’était une décision tennistique, professionnelle, à l’époque. Maintenant, je suis conscient de ce qui se passe avec l’Arabie saoudite. Quand on voit quelque chose de ce genre, bien entendu, on a un ressenti. Mais je ne peux pas vous en dire davantage. »
Ayant pour coutume de « rester professionnel et de respecter les gens vis-à-vis desquels [il s’est] engagé », le Joker attend « plus d’informations sur ce qui se passe, afin de pouvoir prendre une décision rationnelle pour savoir s’il convient d’y aller ou pas ».
Pressions d’Amnesty International
Autre sport, mêmes interrogations. Amnesty International a pressé, samedi, la Juventus Turin et le Milan AC de boycotter la Supercoupe d’Italie, dont la délocalisation en janvier 2019 à Ryad avait été annoncée en grande pompe en juin par l’Autorité générale du sport saoudien. Une pratique habituelle dans nombre de championnats européens – la France a ainsi disputé son trophée des champions à Shenzhen, en Chine, cette année.

The chairman of the GSA, his excellency Turki Al-Shiekh signs a contract with the CEO of Serie A, Mr. Marco Brunell… https://t.co/KbNhsYQsau— gsaksa_en (@General Sports Authority)


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Selon plusieurs médias italiens, l’accord entre l’Arabie saoudite et la Ligue nationale professionnelle Série A (Lega Serie A) rapportera sept millions d’euros – que se partageront les deux clubs et la Ligue. Après la Libye, la Chine, les Etats-Unis et le Qatar, l’Italie a choisi Ryad pour héberger les éditions 2018-2019 et 2020 de sa « Supercoppa ».
Cette décision a été regrettée par le dernier ministre des sports italien – l’actuel gouvernement Conte a supprimé le poste –, Luca Lotti (centre gauche). Ce dernier s’est ému sur Facebook de « la nouvelle terrifiante de la mort horrible » du journaliste Khashoggi et a appelé à « empêcher le football italien d’écrire une page sombre » de son histoire.
« Même avant le meurtre de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite présentait un épouvantable bilan à propos des droits de l’homme, a rappelé le responsable de la section politique d’Amnesty International au Royaume-Uni, Allan Hogarth. Les grands clubs, comme la Juventus et l’AC Milan, doivent comprendre que leur participation à des événements sportifs dans ce pays pourrait être considérée comme une caution sportive. »
Levier de communication
Depuis 2016, le sport est l’un des leviers de communication sur lequel s’appuie l’Arabie saoudite pour essayer de casser son image de pays conservateur. A la suite du prince héritier Mohammed Ben Salman, le pays a multiplié les initiatives – illustrées notamment par l’ouverture des stades de football aux femmes – liées au sport.
« Toutes ces initiatives visent à augmenter l’influence saoudienne, analyse James Dorsey, chercheur à l’Ecole d’études internationales S. Rajaratnam à Singapour. Ils se servent du sport pour des raisons politiques, et ça a augmenté ces dernières années. »
Outre le match Nadal-Djokovic, d’ici à la fin de l’année, un combat de catch organisé par la surpuissante WWE (World Wrestling Entertainment), suivi d’une étape du Tour européen de golf doivent se dérouler dans le royaume saoudien. Des engagements sur le long terme - les contrats courent sur plusieurs années – à même d’offrir des retombées positives au pays.
Les exemples ne manquent pas dans l’histoire de régimes autoritaires utilisant le sport comme levier de communication. Difficile d’offrir une image plus ouverte que celle d’un stade plein acclamant des athlètes du monde entier. La dernière Coupe du monde, en Russie, a ainsi servi au « soft power » de Vladimir Poutine.
Et quand les dizaines de milliers de supporteurs du stade de Ryad célèbrent Neymar et consorts, le 16 octobre, lors de la délocalisation de la rencontre amicale Brésil-Argentine, « c’est le même mécanisme qui s’opère », estime James Dorsey. Pour lui, les sportifs, Nadal et Djokovic en tête, « ne devraient pas ignorer ce qu’implique de jouer ce jeu, quitte à perdre de l’argent ».

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