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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Alors qu’Angela Merkel prône l’arrêt des livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, le choix de la realpolitik d’Emmanuel Macron, qui juge la proposition « démagogique », interroge.
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Au-delà de l’affaire Khashoggi, la guerre au Yémen

Editorial. Alors qu’Angela Merkel prône l’arrêt des livraisons d’armes à l’Arabie saoudite, le choix de la realpolitik d’Emmanuel Macron, qui juge la proposition « démagogique », interroge.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h48
   





                        


Editorial du « Monde ». La sauvagerie de l’assassinat de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre a suscité à raison une indignation générale. Les capitales occidentales ne pouvaient rester sans réagir, alors que s’accumulent, depuis trois semaines, les détails macabres et les éléments montrant l’implication de Riyad au plus niveau.
Premier exportateur de pétrole mondial, premier acheteur d’armement au monde et principale puissance de la péninsule Arabique, le Royaume saoudien se sent d’autant plus intouchable qu’il peut compter sur le total soutien de Donald Trump dans sa guerre pour contenir l’influence iranienne. Mais, sous le choc de ce crime atroce commis dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul par un commando venu de Riyad, le débat sur les sanctions est lancé. A commencer par les ventes d’armes.
La pire tragédie humanitaire en cours
Cette question a trop longtemps été éludée, alors que, depuis quatre ans, Riyad mène, à l’initiative de Mohammed Ben Salman (MBS) lui-même, une sale guerre au Yémen pour museler les insurgés houthistes protégés par Téhéran. Ce mouroir dénoncé par l’ONU comme la pire tragédie humanitaire en cours, n’avait jusqu’ici guère ému ni les opinions occidentales ni leurs gouvernements. Seules les ONG se battent dans l’indifférence générale pour demander l’arrêt des livraisons des armes alimentant l’interminable carnage.

        Lire aussi :
         

                Ventes d’armes à l’Arabie saoudite : Macron se dissocie de Merkel



La chancelière allemande, Angela Merkel, prône ouvertement une telle solution tant que les dessous de la mort de Khashoggi ne seront pas éclaircis. Et elle rappelle aussi que « l’Arabie saoudite doit tout faire pour résoudre la crise humanitaire au Yémen ». Sa position est néanmoins hypocrite. Alors que l’accord de coalition gouvernementale avec le SPD interdit explicitement toute vente d’armes « à des pays impliqués dans la guerre au Yémen », les autorités allemandes ont depuis le début de l’année autorisé pour 416,4 millions d’euros de contrats d’armement avec Riyad.
« De la pure démagogie »
L’enjeu pour les autorités françaises est d’une tout autre ampleur. L’Arabie saoudite était derrière l’Egypte le deuxième client en 2017 de l’industrie d’armement française. En outre, depuis le grand tournant prosaoudien amorcé sous la présidence de François Hollande, c’est un « partenaire stratégique », même si Paris voudrait aussi rééquilibrer ses relations avec Téhéran.
Aux yeux d’Emmanuel Macron, évoquer un arrêt des ventes d’armes serait « de la pure démagogie ». « Je comprends le lien avec le Yémen, mais il n’y a en a aucun avec M. Khashoggi », a insisté le chef de l’Etat, resté longtemps silencieux sur l’affaire, même s’il n’a pas hésité, lors d’un entretien avec MBS le 25 octobre, à lui dire « toute son indignation » pour l’assassinat de l’opposant. M. Macron évoque, quand les exécutants et les commanditaires auront été identifiés, des sanctions individuelles ciblées. Une position somme toute assez proche de celle affichée par M. Trump, qui a aussi brandi cette menace en excluant de remettre en cause les 110 milliards de dollars de contrats d’armements prévus avec Riayd.
On peut s’interroger sur la pertinence de ce choix assumé de realpolitik au risque de se trouver en porte-à-faux avec l’opinion publique et surtout avec notre principal partenaire européen. L’affaire Khashoggi constitue au contraire une occasion de faire pression sur l’Arabie saoudite au Yémen. Un embargo sur les ventes d’armes serait une victoire posthume de ce journaliste, longtemps proche de la famille royale saoudienne, avant de devenir le pourfendeur acharné de l’aventurisme géopolitique de l’homme fort de Riyad.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Sur certaines questions, la preuve parfaite ne pourra jamais être obtenue, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », qui revient dans sa chronique sur l’étude parue dans « JAMA Internal Medicine » établissant un lien entre alimentation bio et cancer.
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« En matière de santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse »

Sur certaines questions, la preuve parfaite ne pourra jamais être obtenue, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », qui revient dans sa chronique sur l’étude parue dans « JAMA Internal Medicine » établissant un lien entre alimentation bio et cancer.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h19
    |

            Stéphane Foucart (service planète du "Monde")








                        



                                


                            

Chronique. Rarement étude épidémiologique aura reçu une telle attention. Chacun à sa manière, la majorité des grands médias internationaux a rendu compte de ses résultats, publiés le 22 octobre dans JAMA Internal Medicine : les plus grands consommateurs de « bio » (environ 50 % de leur alimentation) ont un risque diminué de 25 % de contracter un cancer, par rapport aux plus petits consommateurs. Avec, comme explication la plus plausible avancée par ses auteurs, la présence, plus fréquente et en plus grande quantité, de résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation conventionnelle.

Quelques voix, y compris scientifiques, se sont élevées pour relativiser ces conclusions. L’écho donné à ces travaux aurait été excessif : l’échantillon de l’étude serait biaisé, il faudrait attendre d’avoir confirmation du résultat, il ne faut pas affoler les gens, la cigarette et l’alcool sont plus dangereux, une autre étude, britannique celle-ci et publiée en 2014, n’a pas montré de liens entre alimentation bio et cancer en général…
Des biais, il y en aura toujours
Les scientifiques qui interviennent ainsi dans le débat public le font souvent avec les meilleures intentions. Avec, comme étendard, l’exigence de rigueur. Celle-ci est bien sûr louable. Mais, en matière de la santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse. Sur ces questions complexes, la preuve parfaite ne sera jamais obtenue. Il est simplement impossible de mesurer avec un haut niveau de confiance, sur une longue durée, les habitudes alimentaires et les expositions à un grand nombre de contaminants d’une large population d’individus. Des biais, des limites expérimentales, des facteurs non contrôlés : il y en aura toujours.
Faut-il, en l’espèce, attendre de nouvelles preuves ? D’abord, l’étude a été contrôlée et corrigée de nombreux facteurs de confusion (catégorie sociale, indice de masse corporelle, activité physique, consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’historienne, auteure de nombreux travaux sur la mémoire et ses failles, publie une nouvelle version de l’un de ses premiers livres, le plus personnel, « Ils étaient juifs, résistants, communistes ».
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Annette Wieviorka contre l’oubli et le silence

L’historienne, auteure de nombreux travaux sur la mémoire et ses failles, publie une nouvelle version de l’un de ses premiers livres, le plus personnel, « Ils étaient juifs, résistants, communistes ».



LE MONDE DES LIVRES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

« C’est mon livre le plus personnel », confie ­Annette Wieviorka. En retraçant, dans Ils étaient juifs, résistants, communistes, la geste tragique des FTP-MOI (Francs-tireurs partisans-Main-d’œuvre immigrée) qui participèrent, à Paris, mais aussi à Lyon et à Grenoble, à la lutte armée contre l’occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale, c’est une part de sa propre histoire qu’elle raconte. « Ces gens sont les miens », confie sobrement l’historienne dans son appartement plein de livres du 10e arrondissement de Paris. Ce quartier, elle ne l’a jamais vraiment quitté. Il était avant guerre l’un des cœurs du « yiddishland » de la capitale, avec ses artisans, ses journaux, ses clubs sportifs, ses querelles politiques.
Publié une première fois en 1986 chez Denoël, le livre était depuis longtemps épuisé. Mais son auteure s’était toujours opposée à sa réédition en l’état. « En l’espace de trente ans, explique-t-elle, tout a changé, avec l’ouverture complète des archives, notamment celles de la police et du ministère de l’intérieur, et la publication des Mémoires de plusieurs protagonistes, complétant les récits des survivants que j’avais interrogés à l’époque. »
Elle l’a donc considérablement augmenté par rapport à la première édition, ce qui en fait, plus que jamais, le livre de référence sur cet épisode longtemps ignoré hors de l’entre-soi des anciens de la MOI, dont l’ancien secrétaire général de la CGT Henri Krasucki (1924-2003) – guère plus de 200 survivants. Lesquels parlaient peu. « Jamais je n’ai rencontré de résistants juifs triomphants, leur modestie était à la mesure du drame subi par leur famille », analyse Annette ­Wieviorka.

Le poème d’Aragon chanté par Léo Ferré
C’est paradoxalement l’affiche apposée par les Allemands sur les murs de France, avec les portraits des « terroristes étrangers » du « groupe Manouchian » – 23 membres des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ A partir de ses propres archives, l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen, propose une exposition qui retrace deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.
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Voyage dans les imaginaires occidentaux du monde

A partir de ses propres archives, l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen, propose une exposition qui retrace deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

« Dr Livingstone, I presume ? » L’apostrophe est célèbre, mais qui se souvient qu’elle a été lancée à l’automne 1871 par un jeune Blanc arrivant à Ujiji (Tanzanie), village situé sur les rives du lac Tanganyika, à l’attention d’un autre Blanc au visage ­émacié, qui n’avait pas côtoyé d’Européens ­depuis cinq ans ?
A l’époque où le missionnaire écossais David Livingstone fut retrouvé par le journaliste Henry Morton Stanley, les grandes puissances européennes se partageaient l’Afrique, et ce « continent noir », largement méconnu, nourrissait un imaginaire colonial plus ou moins imprégné de racisme. Une fascination trop souvent faite de clichés et de préjugés qui transparaît nettement dans les écrits de Stanley et Livingstone, dont les ouvrages figurent en bonne place dans l’exposition « Récits du monde » qui se tient actuellement à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), près de Caen.
« Construction historique »
« L’imaginaire des voyages tels que nous les pratiquons en Occident est le produit d’une construction historique, on s’en rend compte immédiatement en explorant les archives de l’IMEC », note son commissaire, Gilles A. Tiberghien. Maître de conférences en esthétique à l’université Paris-I, celui-ci a eu carte blanche pour dénicher dans les fonds de l’IMEC les documents illustrant ce rapport au monde. Manuscrits d’œuvres, affiches, guides, cartes, revues, photographies ou ouvrages rares : entre histoire et géographie, fiction et documentaire, description et invention, ces archives dessinent en creux l’évolution qui se produit en deux siècles dans la manière occidentale de découvrir l’altérité.
En 1798, Bonaparte entame sa campagne d’Egypte. Il y associe une armée de savants, ingénieurs, écrivains, naturalistes, qui réunissent une documentation foisonnante sur la région. L’expédition inspirera durablement le mouvement artistique dit « orientalisme », et de nombreux poètes et écrivains dans la première...




                        

                        


<article-nb="2018/10/27/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Joignot rappelle qu’en avril 2010, lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique de Cochabamba (Bolivie), a été adoptée la Déclaration universelle des droits de la Terre Mère.
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Pachamama, la Terre Mère

Dans sa chronique, Frédéric Joignot rappelle qu’en avril 2010, lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique de Cochabamba (Bolivie), a été adoptée la Déclaration universelle des droits de la Terre Mère.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Chronique. C’est un des pères de la science du climat. Il a mené, en 1981, la première analyse de la température terrestre globale au Goddard ­Institute for Space Studies de la NASA. En 1988, auditionné par une commission du Sénat, il a expliqué le réchauffement climatique par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, confirmant son origine anthropique. La même année, le Groupe d’experts intergouver­nemental sur l’évolution du climat (GIEC), tout juste créé par une ONU inquiète, confirmait, hélas, ses analyses…
Il s’appelle James Hansen. Interpellant sans relâche depuis trente ans industriels et gouvernements, il a toujours été la cible des climatosceptiques et des intellectuels antiéco­logistes. En France, l’essayiste Pascal Bruckner, parlant des « vaticinations » des « réchauffistes »« battant le tambour bruyant de la panique », l’a traité, en septembre 2013, dans Libération, de « grand prophète de la fin du monde », tout en appelant à fracturer au plus vite les dépôts français de schiste sans écouter l’« obscurantisme » de la « secte verte ».
Ecologie surnaturelle et harmonieuse
C’est justement contre l’exploitation du gaz de schiste que James Hansen est intervenu le 14 octobre, de façon cinglante, dans l’hebdomadaire britannique The ­Observer. S’en prenantau programme gouvernemental contesté de fracturation des schistes, qui commence ce mois-ci dans le comté du Lancashire, il a regretté que le Royaume-Uni, comme l’Amérique de Trump, « ignore la science », et s’apprête à utiliser « à plein régime les pires combustibles fossiles ». Dans une lettre à la ministre de l’énergie, il a rappelé que les techniques de fracturation facilitent les fuites massives du méthane contenu dans le sol – un gaz a effet de serre 28 fois plus réchauffant que le CO2. Sans oublier leurs effets secondaires : rejet d’eaux radioactives, pertes incontrôlées de gaz, ­pollution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Cette semaine, « Terrestres », une nouvelle revue des livres, des idées et des écologies.
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Dans les revues

Cette semaine, « Terrestres », une nouvelle revue des livres, des idées et des écologies.



LE MONDE IDEES
 |    27.10.2018 à 09h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Ils ont choisi ce titre, Terrestres, parce qu’ils veulent se réapproprier leur devenir plutôt que de subir le progrès comme il va, parce qu’ils réfléchissent à une autre manière d’être au monde, parce qu’ils espèrent réconcilier les « méditants » et les militants. A l’heure où la planète se réchauffe, où la biodiversité ­s’appauvrit comme jamais sous les coups de l’activité humaine, c’est peu de dire que cette revue numé­rique est bienvenue. Libre d’accès (Terrestres.org), elle se veut « la chambre d’écho des livres, des pratiques et des idées qui redonnent des mondes et des écologies à la ­politique, au social et à la culture ». ­Lancée par une poignée de jeunes universitaires – philosophes, historiens des sciences, anthropologues –, elle espère contribuer, « avec des corps et des désaccords », à l’indispensable débat qu’il faut ­désormais mener pour penser ­ensemble l’avenir de l’humanité.
Enquêter, réfléchir, ­s’organiser, éprouver et imaginer
Objectif atteint ? Ce premier numéro donne en tout cas l’envie d’y croire. Sur un canevas clair et aéré, une quinzaine d’articles de longueur variable (le temps de lecture est indiqué) répondent aux exigences des cinq rubriques retenues pour repenser nos conditions de vie terrestres : enquêter, réfléchir, ­s’organiser, éprouver et imaginer. Et le pas de côté y est manifeste.La recension du nouveau livre de François Cusset (Le Déchaînement du monde. Logique nouvelle de la violence, La Découverte, 238 p., 20 euros) y voisine avec une BD d’Alessandro Pignocchi sur les ­« indigènes » de Notre-Dame-des-Landes ; la dystopie Dans la forêt, écrite il y a plus de vingt ans par la romancière Jean Hegland, répond à la conviction de la sociologue ­Jocelyne Porcher, selon laquelle manger in vitro et vivre sans les ­animaux est un projet « inhumain » ; l’écrivaine féministe américaine ­Ursula K. Le Guin, dans un texte de 1986, part à rebours du storytelling machiste dominant avec sa ­« théorie...




                        

                        


<article-nb="2018/10/27/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans son ouvrage « Le Pakistan en 100 questions », Gilles Boquérat s’attache à intéresser la grand public au cinquième Etat le plus peuplé au monde, deuxième pays musulman après l’Indonésie, sans éviter aucun des sujets qui fâchent.
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Petit précis sur le Pakistan

Dans son ouvrage « Le Pakistan en 100 questions », Gilles Boquérat s’attache à intéresser la grand public au cinquième Etat le plus peuplé au monde, deuxième pays musulman après l’Indonésie, sans éviter aucun des sujets qui fâchent.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 06h30
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Le livre. Au regard de l’image très négative du Pakistan dans l’opinion occidentale, tenter d’intéresser le grand public à ce pays est un vrai défi auquel s’est attelé un chercheur français, Gilles Boquérat, dans son ouvrage Le Pakistan en 100 questions. Si son titre interroge quelque peu, car il reflète mal l’effort de son auteur, spécialiste de la région, pour problématiser des enjeux historiques, politiques, économiques et sociétaux complexes, son contenu recèle, pourtant, de vraies vertus pédagogiques.
Enfermé dans sa rivalité avec l’Inde, depuis la partition du sous-continent indien, en 1947, qui l’a vu naître, le Pakistan demeure, pour Gilles Boquérat, encore prisonnier de l’héritage de dictatures militaires qui ont contribué à diffuser dans la société un conservatisme religieux. Le pouvoir militaire, omniprésent, qualifié « d’establishment », pèse, selon lui, aux côtés d’un système féodal intact et de dynasties familiales aux destins souvent tragiques, sur l’histoire d’une nation fondée sur une base confessionnelle. De quoi fragiliser la consolidation d’une culture démocratique.

Cinquième Etat le plus peuplé au monde, deuxième pays musulman après l’Indonésie, le Pakistan, à majorité sunnite, est pourtant un acteur politique majeur. Il a été le meilleur allié de l’Occident dans la région avant d’être celui de la Chine et reste l’indéfectible soutien de l’Arabie saoudite. En 1979, il est aux premières loges quand, à ses frontières, la révolution iranienne éclate et quand les chars soviétiques envahissent l’Afghanistan. Enfin, après avoir été la base arrière du djihad antisoviétique financé par les Américains et les Saoudiens, ce pays héberge aujourd’hui plusieurs millions de réfugiés afghans ainsi que le commandement taliban. Autant dire qu’aucune solution viable ne pourra intervenir sans l’implication d’Islamabad pour stabiliser cette région troublée du monde.
Liens entre les services secrets et des...



                        

                        


<article-nb="2018/10/27/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ L’ouvrage du colonel Michel Goya réhabilite le succès de l’armée française et de ses alliés contre les Allemands.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Réhabiliter le sens de la victoire des poilus

L’ouvrage du colonel Michel Goya réhabilite le succès de l’armée française et de ses alliés contre les Allemands.



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 12h20
    |

            Gaïdz Minassian (service débats du "Monde")








                        



                                


                            

Le livre. Rendre aux poilus ce qui appartient aux poilus : la victoire de 1918. La mission que le colonel Michel Goya s’est assignée dans son dernier ouvrage constitue une sorte de réhabilitation de la victoire de l’armée française et de ses alliés britanniques et américains contre les Allemands. Réhabilitation, car l’historiographie française de la Grande guerre a minimisé ce succès militaire – qui ouvre la voie à la fin de la guerre le 11 novembre – trop longtemps coincé entre le carnage des tranchées et le fiasco de la paix de Versailles en 1919.
Mais avant de revisiter l’histoire de la fin de la guerre, le colonel Michel Goya veut surtout rendre hommage à son grand-père, héros des batailles de la Somme et de Champagne, et aux soldats français tombés sur le front. C’est aussi une manière pour cet historien de formation de s’inscrire dans le courant de l’histoire culturelle qui met en avant le patriotisme, contrairement au courant de l’histoire sociale qui insiste plus sur l’idée de contrainte. Enfin, Michel Goya emboîte le pas à ces chercheurs férus d’histoire-bataille, une catégorie qui connaît depuis quelques années un regain d’intérêt en France et en Europe.
Passionnant récit que nous livre ici ce haut gradé de l’armée française, tantôt stratège, tantôt conteur à propos de l’année-charnière qu’est 1917. Un tournant en trois temps : la révolution bolchevique et la paix séparée entre Russes et Allemands scellée par le traité de Brest-Litovsk en février 1918 ; l’entrée en guerre des Etats-Unis de Wilson aux côtés des Franco-Britanniques ; et les changements de doctrines du commandement allié.
Foch plutôt que Pétain
Cette redistribution des cartes stratégiques, Michel Goya s’en sert pour aider le lecteur à mieux comprendre l’offensive du général en chef des armées allemandes, Erich Ludendorff à la sortie de l’hiver 1918 ainsi que la contre-offensive de juillet des Alliés qui ouvre la voie à leur victoire à l’automne....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Il ne faut pas réduire la politique monétaire au seul arbitrage entre inflation et chômage, explique l’économiste Guillaume Bazot dans sa chronique au « Monde ».
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Guillaume Bazot : « Du rôle des banques centrales »

Il ne faut pas réduire la politique monétaire au seul arbitrage entre inflation et chômage, explique l’économiste Guillaume Bazot dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    27.10.2018 à 06h30
    |

Guillaume Bazot (maître de conférences en économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            
Chronique « Recherches ». Alors que Mario Draghi quitte ses fonctions à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) en 2019 et que la Réserve fédérale américaine entre dans une phase d’augmentation de ses taux, les banques centrales sont observées avec anxiété. De fait, leurs actions sont au centre de nombreuses controverses. Certains les tiennent pour responsables de la dernière crise, car elles n’auraient pas empêché l’explosion des crédits immobiliers. D’autres leur reprochent de négliger le chômage ou la croissance, au profit de la stabilité des prix. Ces débats ne sont pas nouveaux. Quels en sont les tenants et les aboutissants ?
Remontons à 1967. Milton Friedman fait son discours inaugural de président de l’Association économique américaine (« The Role of Monetary Policy », The American Economic Review, vol. 58, no 1, 1968). A cette époque, la macroéconomie keynésienne règne sans partage et la majorité des économistes fait valoir que l’inflation, en augmentant les profits des entreprises, tend à réduire le chômage. Une politique monétaire accommodante peut alors avoir des conséquences positives sur l’emploi. Friedman s’oppose à cet effet monétaire. En effet, puisque les agents tiennent compte de l’inflation passée dans leurs décisions, le chômage ne peut être maintenu à un faible niveau sans une accélération indéfinie de l’inflation. Au regard de ce problème et afin de contrôler les prix, Friedman propose d’imposer aux banques centrales une règle d’action contraignante et transparente.
La stagflation (augmentation concomitante du chômage et des prix) des années 1970-1980 donne partiellement raison à Friedman. Le rapport de force entre économistes s’inverse et les premières règles de politique monétaire sont adoptées. A partir des années 1990, les cibles fixant à 2 % le taux d’inflation visé par les banques centrales sont mises en place. Ces cibles permettent alors de contrôler les prix, tout en stimulant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Thierry Kellner, spécialiste de la politique étrangère de la Chine, estime que Pékin voit dans cette minorité musulmane du nord-ouest du pays la source d’une menace contre son projet de « nouvelles routes de la soie ».
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« La capacité d’action des Ouïgours radicalisés est très faible »

Dans un entretien au « Monde », Thierry Kellner, spécialiste de la politique étrangère de la Chine, estime que Pékin voit dans cette minorité musulmane du nord-ouest du pays la source d’une menace contre son projet de « nouvelles routes de la soie ».



LE MONDE
 |    27.10.2018 à 05h15
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Entretien. Spécialiste de la politique étrangère de la Chine, Thierry Kellner est enseignant- chercheur au département de science politique de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Membre du centre Recherche et études en politique internationale et chercheur associé au Brussels Institute of Contemporary China Studies, il est l’auteur de nombreux travaux sur le Xinjiang-Turkestan oriental, les questions énergétiques, la politique asiatique de l’Iran et l’Asie centrale.
Que représentent les Ouïgours pour le pouvoir central chinois ?
Historiquement, la « province » du Xinjiang, où ils vivent, a longtemps échappé à la mainmise de la Chine. Ces simples caractéristiques ont rendu Pékin très vigilant à l’égard de cette minorité depuis 1949. La méfiance, renforcée du fait que les Ouïgours « résistent », du point de vue de Pékin, à l’assimilation, qu’il existe une diaspora ouïgoure organisée à l’étranger et des revendications locales à l’autonomie, voire à l’indépendance, s’est encore amplifiée en raison du projet de « nouvelles routes de la soie », lancé par Xi Jinping en 2013. Le Xinjiang est une zone-clé dans le cadre de ce programme. Le régime doit s’assurer que cette région soit absolument sous contrôle et stable. C’est ce qui explique le raidissement sécuritaire massif de Pékin à l’égard des Ouïgours. Pour échapper aux critiques, la Chine présente ces mesures comme faisant partie de la « lutte internationale contre le terrorisme ». Si on suit ce discours, vu l’échelle des mesures adoptées, les Ouïgours sont en quelque sorte collectivement assimilés à des « terroristes » par le pouvoir chinois.

Quelle est la stratégie de Pékin pour régler cette question ?
Depuis les années 1990, la Chine mise à la fois sur le développement économique et sur une politique sécuritaire répressive pour assurer son contrôle sur le Xinjiang. Le développement économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde », revient sur l’abondante jurisprudence qu’à engendrée le droit des sépultures.
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Concessions funéraires : périls en la dernière demeure

Dans sa chronique bimensuelle, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde », revient sur l’abondante jurisprudence qu’à engendrée le droit des sépultures.



LE MONDE ECONOMIE
 |    27.10.2018 à 05h15
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS CONSO. A l’occasion de la fête des défunts, le 2 novembre, nombre de familles iront fleurir la sépulture d’un parent. Certaines d’entre elles auront la surprise de ne pas retrouver, sur la pierre tombale, le nom de la personne qu’elles y avaient fait graver. Le corps du défunt peut en effet avoir été chassé de sa dernière demeure, comme dans l’affaire suivante.
En janvier 2013, Evelyne (tous les prénoms sont modifiés) fait inhumer son parrain, Guy, dans le caveau où repose l’épouse de celui-ci, Edith. Evelyne respecte ainsi les dernières volontés du défunt, dont elle était non seulement la filleule, mais aussi, depuis quelques années, la tutrice. Le caveau, qui accueille déjà les parents d’Edith, étant toutefois trop petit pour recevoir la dépouille de Guy, l’opérateur des pompes funèbres réunit les restes mortels d’Edith et les dépose dans une boîte à ossements, près du cercueil de celui-ci.
Lorsque Josiane, nièce d’Edith et héritière de la concession familiale, en est informée par le notaire, elle se met en colère : elle n’aimait pas Guy, l’ignorait même, et ne comprend pas qu’il ait été inhumé dans la sépulture acquise par le père d’Edith. Elle fait exhumer son cercueil, et obtient son transfert dans… la fosse commune. Elle envoie la facture (1 500 euros) à Evelyne, afin qu’elle la rembourse.
« Liens d’affection »
C’est avec stupeur qu’Evelyne apprend que son parrain se trouve dans le carré des indigents, et qu’elle est assignée en justice, alors qu’elle a respecté ses dernières volontés. Elle fait valoir que Guy, en sa qualité de conjoint de l’héritière du fondateur de la sépulture, était en droit d’y être inhumé, sans l’accord exprès d’un autre héritier. En effet, selon la jurisprudence du Conseil d’Etat, « une concession de famille a vocation à recevoir, outre le corps du concessionnaire, ceux de son conjoint, de ses successeurs, de ses ascendants, de ses alliés [membres de la famille du conjoint]...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jean-Jacques Kourliandsky note que cette combinaison est l’une des expressions de la mixité idéologique qui a le plus souvent dominé l’espace sous-continental latino-américain.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/10/2018
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« Bolsonaro propose une interprétation de la démocratie qui marie libéralisme économique et autoritarisme prétorien »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jean-Jacques Kourliandsky note que cette combinaison est l’une des expressions de la mixité idéologique qui a le plus souvent dominé l’espace sous-continental latino-américain.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 07h00
    |

Jean-Jacques Kourliandsky (chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS))







                        



                                


                            

Tribune. Les couples dictature/dirigisme économique et libéralismes économique et politique ont rarement fonctionné de pair en Amérique latine. Au moins depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Au gré de circonstances nationales et régionales, articulées sur les rapports de force globaux, le constat est celui de toutes sortes de possibles, croisant et mêlant les contraires.
Le 7 octobre, un candidat au programme radicalement à droite a pris le dessus au premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Jair Bolsonaro propose une interprétation de la démocratie qui marie libéralisme économique et autoritarisme prétorien.
Par l’un, il entend la privatisation des entreprises d’Etat pour réduire la dette publique de 20 %, l’équilibre budgétaire dès la première année, une baisse d’impôts pour ceux « qui paient beaucoup », et donc la révision des dépenses sociales. Quant à l’autoritarisme prétorien, il repose sur un recours maximal à la violence de la puissance publique. Au nom de la légitime défense, le port d’armes sera généralisé.

Cette combinaison de libéralisme économique couplé à un discours autoritaire et moralement traditionaliste est l’une des expressions possibles de la mixité idéologique qui a le plus souvent dominé l’espace sous-continental latino-américain. La recherche d’une troisième voie entre capitalisme et communisme est une autre constante.
Proximité des Etats-Unis, dialectique de la guerre froide
La démocratie autoritaire, très souvent centrée sur le charisme d’un homme fort, allant de pair avec une économie de marché dirigée, a été une greffe dominante dans les années 1950.
L’Argentine du général Juan Domingo Péron, le Brésil de Getulio Vargas, le Mexique des présidents du PNR/PRI, ont favorisé les théoriciens économiques privilégiant la construction d’un marché interne protégé, afin de doter leurs pays de secteurs à forte valeur ajoutée. Ils ont à cet effet puisé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ De la défense du travailleur blanc à la théorie de l’offre, le conservatisme américain repose sur un socle idéologique composite, analyse l’historien Jean-Christian Vinel dans une tribune au « Monde »
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« Le protectionnisme de Donald Trump relève autant de la continuité que de la rupture »

De la défense du travailleur blanc à la théorie de l’offre, le conservatisme américain repose sur un socle idéologique composite, analyse l’historien Jean-Christian Vinel dans une tribune au « Monde »



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h54
    |

Jean-Christian Vinel (maître de conférences en histoire à l'université Paris-Diderot)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis l’élection de Donald Trump fin 2016, nombreux sont les observateurs à s’étonner que sa rupture avec libre-échange n’ait pas eu davantage de conséquences dans ses relations avec le Parti républicain et son électorat. La contradiction est grande quand on sait l’influence des thèses néolibérales au sein du parti de l’éléphant, qui a soutenu la ratification de l’Alena en 1992 et, plus récemment, inscrit le TPP (Accord de partenariat transpacifique) dans son programme. Mais elle est plus grande encore si l’on garde à l’esprit que l’économie américaine est aujourd’hui dominée par des géants de la distribution comme Walmart, qui dépendent d’un flux ininterrompu d’importations en provenance de la Chine.
Reste que c’est sans doute une erreur que de poser le problème en termes purement idéologiques. Si la défense du libéralisme économique constitue bien une brique essentielle du « conservatisme » prôné par le Parti républicain, elle s’est toujours accompagnée de nombreuses contradictions, liées à la fois au système bipartite et à la nécessité de s’adresser aux classes populaires.
« Paix, prospérité et protectionnisme ». Le slogan de campagne de William McKinley lors de l’élection présidentielle de 1896, qu’il remporta facilement, rappelle qu’à la fin du XIXe siècle, la politique prônée par le Parti républicain ne se résumait pas au darwinisme social et au soutien apporté aux grands conglomérats dont Wall Street permettait l’essor, tandis que l’armée réprimait brutalement les grèves.
Une tendance se dessine alors : dans un pays où l’on rejette l’existence même de classes sociales, c’est au travers du protectionnisme et de la réglementation croissante de l’immigration que l’on débat des conséquences sociales de l’industrialisation. En défendant les tarifs douaniers nécessaires à la protection de « l’ouvrier américain », le Parti républicain démontrait alors son ancrage électoral chez les ouvriers et les artisans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans ces deux pays d’Europe centrale, le souverainisme est le contre-choc des échecs du libéralisme des années 1990 et 2000, estime le sociologue Wojtek Kalinowski.
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« Les souverainismes polonais et hongrois ont bâti leur succès sur la critique du postcommunisme »

Dans ces deux pays d’Europe centrale, le souverainisme est le contre-choc des échecs du libéralisme des années 1990 et 2000, estime le sociologue Wojtek Kalinowski.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h33
    |

Wojtek Kalinowski (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. Ce n’est certes pas ainsi que nous avions imaginé la réunification de la « vieille » et de la « nouvelle » Europe il y a vingt ans. Accusations réciproques de manquer de solidarité européenne, ouverture des procédures européennes contre la Pologne et contre la Hongrie, affrontement frontal lors de la crise migratoire… Première bénéficiaire des fonds de cohésion de l’Union européenne, l’Europe centrale et orientale atteste pourtant de la montée en puissance des partis souverainistes qui viennent renforcer sinon le camp eurosceptique, du moins la défense de « l’Europe des nations » contre « Bruxelles ».

Comment expliquer ce brusque changement de climat politique, et la popularité de leaders comme Jaroslaw Kaczynski en Pologne ou Viktor Orban en Hongrie ? Les politiques qu’ils mènent dans leurs pays respectifs sont à maints égards différentes : en Pologne, nouvelles allocations familiales, suppression des contrats de travail précaires et abaissement de l’âge du départ à la retraite ; en Hongrie, suppression de l’impôt progressif, réduction des prestations sociales et mise en place de travaux publics. Le point commun est ailleurs : tous les deux ont bâti leur succès électoral sur la critique du « postcommunisme », c’est-à-dire celle des élites formées après la chute du Mur et de la manière dont ces dernières avaient mené les transformations économiques et sociales.

Cette nouvelle étape dans l’histoire de l’Europe postcommuniste se nourrit ainsi des erreurs de l’étape précédente. Une fois que les pays d’Europe centrale et orientale ont pu se détacher de la zone d’influence russe, ils ont aussitôt retrouvé leur place et leurs dilemmes d’antan, ceux des « marches » d’une Europe occidentale plus puissante et plus développée, et les mêmes aspirations de rattraper un « retard » bien antérieur à la période communiste.
Or, la voie du rattrapage proposée dans les années 1990 et 2000 fut un libéralisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Des personnalités, tels Michel Wieviorka, Alain Touraine, Elizabeth et Christian de Portzamparc, Isabelle Huppert ou Edith Cresson, dans une tribune au « Monde » s’alarment des dangers qu’encourt la démocratie au Brésil, si le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, venait à remporter, dimanche 28 octobre, l’élection présidentielle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Brésiliens, Brésiliennes, n’abandonnez pas vos valeurs »

Des personnalités, tels Michel Wieviorka, Alain Touraine, Elizabeth et Christian de Portzamparc, Isabelle Huppert ou Edith Cresson, dans une tribune au « Monde » s’alarment des dangers qu’encourt la démocratie au Brésil, si le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, venait à remporter, dimanche 28 octobre, l’élection présidentielle.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h57
    |

Collectif







                        



                                


                            

Tribune. Informés par la presse tant brésilienne qu’internationale, nous sommes préoccupés par les risques que courent les libertés fondamentales au Brésil du fait de l’éventuelle victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, au second tour de l’élection présidentielle du pays. Motivés par les liens qui unissent nos pays, nous souhaitons exprimer notre immense inquiétude en nous adressant plus particulièrement aux électeurs brésiliens encore indécis, pour qu’ils se positionnent en faveur de la démocratie.
Le candidat d’extrême droite, ex-capitaine de l’armée, fait l’éloge public de la torture et de l’élimination physique des opposants politiques.
Cet ancien militaire tient publiquement des discours homophobes, sexistes et racistes vis-à-vis des Noirs et des Indiens, qui incitent à la violence physique et politique contre les minorités
Sa trajectoire et son discours politique expriment le mépris des droits humains, des principes basiques démocratiques et du débat électoral, auquel il refuse de participer. Sa campagne, élaborée par Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, est fondée sur des déclarations provocatrices et des « tweets » postés sur les réseaux sociaux.
Cet ancien militaire tient publiquement des discours homophobes, sexistes et racistes vis-à-vis des Noirs et des Indiens, qui incitent à la violence physique et politique contre les minorités. A peine avait-il commencé à prononcer ces discours que ces incitations se sont traduites concrètement par une cinquantaine d’agressions physiques de caractère politique, sexiste et homophobe et par un assassinat à Salvador.

L’histoire du XXe siècle nous a beaucoup appris sur les conséquences de la rupture du pacte démocratique : le déferlement de la haine, la poursuite des minorités et le recours à la violence. Si cette rupture a séduit certaines populations dans un moment de crise économique et politique, son choix les a entraînés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Election au Brésil : « Vers une nouvelle victoire des réseaux sociaux sur la démocratie ? »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
27.10.2018 à 10h00
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Miguel Lago (Politogue, président de Nossas)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 28 octobre, le Brésil s’apprête à entrer dans le club grandissant des pays gouvernés par des populistes d’extrême droite. Le fondement du succès de la campagne de Bolsonaro, dépourvue des structures partisanes et électorales classiques, et son éventuelle victoire à la présidentielle résident dans sa capacité à tirer profit des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TICS).
Il ne s’agit pas que d’un nouvel exemple du potentiel explosif du mélange entre l’architecture des réseaux sociaux et la démocratie représentative, mais bien de l’étape suivante de la démonstration de sa puissance de déflagration.
Les TICS, et plus particulièrement les réseaux sociaux, ont joué un rôle important dans toutes les dernières grandes élections. Elles ont contribué à l’ascension au pouvoir de nouveaux partis politiques, tels que le Mouvement 5 étoiles en Italie ; à la victoire d’outsiders sans structure partisane préétablie, comme Emmanuel Macron, ou à la conquête de partis traditionnels par des célébrités médiatiques comme Donald Trump. Cependant, cette fois-ci, un pas de plus a été franchi, faisant de Jair Bolsonaro le premier candidat appartenant réellement au nouveau monde électoral.
Une ascension sans parti, ni dispositifs électoraux traditionnels
Bolsonaro était jusqu’à présent un député peu connu et isolé, dont le seul fait d’armes avait été la défense publique de l’ancienne dictature brésilienne. Son ascension, contrairement aux cas précédents, ne tient pas à la création ni à la conquête d’un parti existant, ni même au déploiement de dispositifs électoraux traditionnels (structure partisane ou jeux d’alliances) ou à une surexposition dans les médias.
Dans ce pays-continent de plus de 200 millions d’habitants, dont presque 150 millions électeurs, le temps de télévision, accordé en fonction de la représentativité des partis au Parlement, a historiquement été le principal facteur expliquant...




                        

                        


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Au Collège de France, une leçon magistrale 
                  
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M le magazine du Monde
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                  26.10.2018 à 13h43


Astrophysicien, historien, neuroscientifique, artiste… La leçon inaugurale est le rituel d’entrée de tout nouveau professeur au Collège de France. Un grand oral aussi libre que protocolaire à l’image de cette institution née sous François Ier.

Par                             Zineb Dryef





                     

Il n’est que 17 heures et déjà la file d’attente s’étire jusqu’au trottoir. Ce mardi 16 octobre, on se presse place Marcelin-Berthelot, dans le 5e arrondissement de Paris, pour assister à la leçon inaugurale d’Amos Gitaï, le nouveau titulaire de la chaire annuelle de création artistique du Collège de France. Il est le premier cinéaste à l’occuper. Avant lui, s’y sont succédé les compositeurs Pascal Dusapin et Philippe Manoury, le plasticien Anselm Kiefer ou l’écrivain Alain Mabanckou. Il y a là une foule disparate, habituelle pour l’établissement : des retraités, des étudiants, mais aussi des cinéphiles, des touristes, deux anciennes ministres (Christiane Taubira et Audrey Azoulay)…
Une demi-heure avant le début de la séance, l’Israélien, connu pour ses films radicaux et engagés, s’avance sur l’estrade du grand amphithéâtre Marguerite de Navarre. Il scrute l’assemblée, semble chercher quelqu’un du regard, comme égaré. La scène dure quelques secondes à peine : très vite, on l’exfiltre vers le « bureau du conférencier ». Selon la tradition, c’est dans cette petite salle attenante à l’amphithéâtre que l’impétrant patiente, entouré des professeurs du Collège de France.
Ce n’est qu’à 18 heures précises que tous feront leur entrée dans l’amphithéâtre, les « anciens » faisant cortège au nouveau, comme toujours pour les leçons inaugurales. Amos Gitaï et Alain Prochiantz, l’administrateur du Collège de France, demeureront sur l’estrade pendant que la procession de costumes gris et cheveux blancs – les femmes sont rares – s’installeront sur les sièges bleus des deux premiers rangs qui leur sont dévolus. Puis, l’orateur restera seul face à une assemblée de professeurs érudits et intimidants, parmi lesquels certains des esprits français les plus brillants : le Prix Nobel de physique Serge Haroche ; le neuroscientifique et auteur à succès Stanislas Dehaene ; les mathématiciens Claire Voisin et Pierre-Louis Lions ; l’un des plus grands orientalistes...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le 19 octobre, le Parlement de Montevideo a voté une « loi intégrale pour les personnes trans », qui leur reconnaît le choix indiscutable de leur identité de genre dès l’âge de 18 ans. Ce pays, où la PMA est légalisée depuis 2006, est le plus avancé de toute l’Amérique latine en matière de droits LGBT.
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L’Uruguay unique en ses genres

Le 19 octobre, le Parlement de Montevideo a voté une « loi intégrale pour les personnes trans », qui leur reconnaît le choix indiscutable de leur identité de genre dès l’âge de 18 ans. Ce pays, où la PMA est légalisée depuis 2006, est le plus avancé de toute l’Amérique latine en matière de droits LGBT.



LE MONDE IDEES
 |    26.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h26
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Que se passe-t-il ? Le personnage central se prend-il le visage à deux mains sous le coup de l’émotion ? Est-il jus­te très concentré ? Celui qui apparaît derrière, à gauche, est lui aussi attentif ; celui de droite semble pensif. Nous sommes le 19 octobre dans les tribunes publiques du Parlement de Montevideo, capitale de l’Uruguay, lors de la discussion sur la « loi intégrale pour les personnes trans ». Pour les associations lesbiennes, gays, bi, trans (LGBT) qui se sont battues pour son adoption, l’enjeu est capital.
Neuf ans après une première loi autorisant le changement de sexe, sans autorisation médicale ni accord d’un juge, et la modification de leur nom sur leurs papiers officiels, les transgenres – ou transidentitaires – ­espèrent cette fois voir tous leurs droits reconnus « intégralement ».
D’après Matilde Campodonico, la photographe d’Associated Press auteure de cette image, les trois personnages principaux sont des « activistes trans » venus suivre les débats contradictoires autour de ce projet de loi, qui a été farouchement combattu par les députés de la droite catholique. On comprend mieux, dès lors, l’intensité dramatique qu’exprime le visage de la personne centrale : elle attend que les députés décident de sa vie.
« Leur vie est très triste »
La photographe dit qu’elle n’a pas pris cette photo au hasard. En Uruguay, estime-t-elle, les trans sont toujours « très caricaturés », présentés comme des personnes « joyeuses », « amusantes », en état de « fête permanente ». Alors qu’en vérité, « leur vie est très triste. Elles trouvent difficilement du travail, sont souvent pauvres et finissent généralement par se prostituer ». Elles ont aussi du mal à payer leurs traitements hormonaux, leurs opérations, à trouver un logement, et sont mal vues dès qu’elles suivent des cours professionnels.
Voilà pourquoi Matilde Campodonico a pris cette photo qui lui rappelle certains personnages...




                        

                        


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Quel destin scolaire pour les enfants d’immigrés? Trois questions à Mathieu Ichou, sociologue

Le chercheur montre que la réussite scolaire des enfants d’immigrés varie fortement en fonction des individus et des générations alors qu’ils sont censés partager la même culture d’origine.



LE MONDE IDEES
 |    26.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h21
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Vous venez de publier « Les Enfants d’immigrés à l’école » (PUF, 310 pages, 24 euros), un livre qui tente de comprendre les trajectoires scolaires des jeunes issus de l’immigration. Pourquoi ?
Mathieu Ichou.- Les recherches en sciences sociales montrent que les enfants d’immigrés, en France, réussissent moins bien à l’école que les enfants de natifs – même si leurs trajectoires sont beaucoup plus variées qu’on ne l’imagine. Pour expliquer ce relatif échec scolaire, certains insistent sur l’incompatibilité de leur culture d’origine avec la réussite scolaire.
Le problème, c’est que, dans ses versions les plus simplistes, cette approche culturaliste postule une grande fixité et une grande homogénéité des cultures : elle ne parvient pas à expliquer pourquoi la réussite scolaire des enfants d’immigrés varie fortement en fonction des individus et des générations alors qu’ils sont censés partager la même culture d’origine.
D’autres insistent plutôt sur le poids des inégalités sociales. Cette explication est nettement plus pertinente : depuis les années 1960, les sciences sociales ont accumulé de nombreux travaux montrant que l’échec scolaire des enfants d’immigrés est étroitement lié au fait que leurs parents occupent une position sociale défavorisée en France. Cette approche peine cependant à expliquer pourquoi, à niveau social égal, les trajectoires scolaires des enfants issus de l’immigration restent aussi diverses. Une des clés, me semble-t-il, se situe dans la société d’origine.
Comment l’histoire prémigratoire des parents pèse-t-elle sur la réussite scolaire des enfants d’immigrés ?
Dans mes travaux, j’ai étudié plus particulièrement deux groupes : les enfants d’immigrés de Chine et d’Asie du Sud-Est (Vietnam, Laos, Cambodge), qui se distinguent, en moyenne, par une bonne réussite scolaire, et les enfants d’immigrés turcs, qui ont, en moyenne, plus de difficultés. Fondée à la fois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. La Belgique rejoint quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour l’avion de chasse américain. Un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Achat d’avions F-35 américains par la Belgique : un camouflet pour la défense européenne

Editorial. La Belgique rejoint quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour l’avion de chasse américain. Un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 18h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Les histoires belges sont plus ou moins drôles. Celle de la modernisation de la flotte de combat aérien du royaume est franchement déprimante. La Belgique a en effet opté, jeudi 25 octobre, pour le chasseur F-35 américain, au détriment d’une solution européenne. Cette décision est un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante. L’Union européenne (UE) commençait tout juste à prendre enfin conscience que son salut passait par une plus grande autonomie vis-à-vis d’une protection américaine de moins en moins sûre. Mais la Belgique a beau être un membre fondateur de l’UE et Bruxelles sa capitale, c’est encore à Washington qu’elle prend ses ordres sur le plan militaire.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la Belgique a choisi les F-35 américains



Pour remplacer ses F-16 vieillissants à partir de 2023, la Belgique va acheter au groupe américain Lockheed Martin 34 avions de combat. Malgré les contorsions du gouvernement pour justifier sa décision, la rationalité économique et technologique de ce choix est discutable. Le F-35 est un avion qui ne vole pas encore et dont le coût de fabrication n’a cessé de grimper au fur et à mesure que le projet rencontrait des problèmes techniques. Donald Trump pestait il y a quelques mois encore contre un projet « hors de contrôle ».
Certes, le F-35 est censé donner aux armées qui l’adoptent un avantage technologique décisif. Sauf que, selon la plupart des spécialistes, sa furtivité et son interconnectivité restent à démontrer. Les pays qui ont déjà acheté l’appareil se plaignent des coûts cachés, de sa fiabilité et des retombées industrielles moins importantes que celles promises par les Américains.
Logique politique
C’est donc, de toute évidence, une logique politique qui a primé pour écarter les deux concurrents du F-35 : le Rafale du français Dassault et le Typhoon du consortium européen Eurofighter. Le choix belge est d’autant moins compréhensible qu’il résonne comme une allégeance à une administration américaine unilatéraliste, qui, ces derniers temps, n’a exprimé que menaces et mépris pour les Européens. Il y a quelques jours encore, le président américain les a considérés comme quantité négligeable en dénonçant de façon unilatérale le traité américano-soviétique sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).
L’achat de F-35 par la Belgique démontre à l’envi que, si M. Trump tance ses alliés pour qu’ils augmentent leur contribution financière à leur propre défense, c’est surtout pour mieux leur vendre la technologie et le matériel américains, siphonnant ainsi leur budget militaire afin de les tenir davantage sous tutelle.
L’altération de la relation transatlantique n’a visiblement pas persuadé la Belgique qu’il était enfin temps pour l’Europe de prendre en main sa défense. C’était le sens du « partenariat stratégique » proposé par la France à travers la vente du Rafale – une option balayée d’un revers de main sous prétexte qu’elle ne répondait pas à l’appel d’offres.
La Belgique rejoint ainsi quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour le F-35 : le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark. Or, sans aviation de combat autonome, il est difficile d’envisager à terme une émancipation militaire du Vieux Continent, avec des répercussions scientifiques et économiques considérables. Le projet européen de système de combat aérien du futur ne tient plus désormais qu’à la décision que prendra l’Allemagne pour renouveler sa propre flotte. Si le F-35 l’emporte une nouvelle fois, l’Europe de la défense resterait cantonnée à ce qu’elle est aujourd’hui : une chimère.

        Lire aussi :
         

                La Belgique achète des F-35 américains, un coup dur pour la défense européenne






                            


                        

                        

