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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.
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Election au Brésil : « Vers une nouvelle victoire des réseaux sociaux sur la démocratie ? »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h23
    |

Miguel Lago (Politogue, président de Nossas)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 28 octobre, le Brésil s’apprête à entrer dans le club grandissant des pays gouvernés par des populistes d’extrême droite. Le fondement du succès de la campagne de Bolsonaro, dépourvue des structures partisanes et électorales classiques, et son éventuelle victoire à la présidentielle résident dans sa capacité à tirer profit des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TICS).
Il ne s’agit pas que d’un nouvel exemple du potentiel explosif du mélange entre l’architecture des réseaux sociaux et la démocratie représentative, mais bien de l’étape suivante de la démonstration de sa puissance de déflagration.
Les TICS, et plus particulièrement les réseaux sociaux, ont joué un rôle important dans toutes les dernières grandes élections. Elles ont contribué à l’ascension au pouvoir de nouveaux partis politiques, tels que le Mouvement 5 étoiles en Italie ; à la victoire d’outsiders sans structure partisane préétablie, comme Emmanuel Macron, ou à la conquête de partis traditionnels par des célébrités médiatiques comme Donald Trump. Cependant, cette fois-ci, un pas de plus a été franchi, faisant de Jair Bolsonaro le premier candidat appartenant réellement au nouveau monde électoral.
Une ascension sans parti, ni dispositifs électoraux traditionnels
Bolsonaro était jusqu’à présent un député peu connu et isolé, dont le seul fait d’armes avait été la défense publique de l’ancienne dictature brésilienne. Son ascension, contrairement aux cas précédents, ne tient pas à la création ni à la conquête d’un parti existant, ni même au déploiement de dispositifs électoraux traditionnels (structure partisane ou jeux d’alliances) ou à une surexposition dans les médias.
Dans ce pays-continent de plus de 200 millions d’habitants, dont presque 150 millions électeurs, le temps de télévision, accordé en fonction de la représentativité des partis au Parlement, a historiquement été le principal facteur expliquant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les ministres de l’intérieur, de l’éducation et de la justice ont présenté, vendredi matin, un plan de lutte contre la violence à l’école.
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Christophe Castaner n’exclut pas la présence ponctuelle de policiers dans les écoles

Les ministres de l’intérieur, de l’éducation et de la justice ont présenté, vendredi matin, un plan de lutte contre la violence à l’école.



Le Monde.fr avec AFP
 |    26.10.2018 à 15h07
   





                        



   


C’est autour d’un « comité stratégique » que les ministres de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, de l’intérieur, Christophe Castaner, et de la justice, Nicole Belloubet, se sont réunis, vendredi 26 au matin, afin de mettre en œuvre un plan de lutte contre les violences à l’école demandé par Emmanuel Macron.
Le chef de l’Etat avait exigé des « mesures » après la publication d’une vidéo, au cours du week-end dernier, montrant un élève menaçant son enseignante avec un pistolet factice dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne). L’opposition a accusé le ministre de l’éducation de « laxisme » tandis que, sous le hashtag ironique #pasdevague, des milliers d’enseignants ont témoigné sur Twitter de cas de violences dans leurs établissements ayant été étouffés, selon eux, par leur hiérarchie.

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Présence des forces de l’ordre dans les établissements
A l’issue de la réunion, vendredi, Christophe Castaner a déclaré devant la presse qu’il « n’exclut pas la présence physique des forces de l’ordre » dans les établissements. Cette présence pourrait être décidée « à des moments de tension particulière dans la journée » et « évidemment avec l’accord du chef d’établissement », a précisé M. Castaner, prônant « une approche quartier par quartier », plutôt qu’une circulaire nationale.
Il faut que « l’école soit un endroit sanctuarisé, protégé, que nos enseignants soient protégés et que nos élèves soient aussi protégés de ces violences inacceptables », a-t-il insisté. Parmi les autres mesures, qui seront présentées et détaillées lors du prochain conseil des ministres, mardi 30 octobre, M. Castaner a dit souhaiter la présence de « permanences de policiers ou de gendarmes dans les établissements », afin de créer des lieux d’échanges « dans les quartiers les plus difficiles ».
Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a, de son côté, évoqué la question du signalement systématique des faits, des sanctions proportionnées éducatives et le renforcement des équipes mobiles de sécurité qui permettent de remettre l’ordre dans un établissement.

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Travaux d’intérêt général 
Le ministre de l’éducation a également annoncé, pour les élèves de 13 à 18 ans, « la possibilité d’avoir des établissements spécialisés », avec des personnels éducatifs, mais aussi « d’origine militaire ou de la police ».
La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a, quant à elle, « proposé de multiplier les travaux d’intérêt général dans les établissements scolaires, ce qui aura une forte valeur éducative ».
Elle a rappelé le projet de création de vingt nouveaux centres éducatifs fermés et évoqué le développement de « mesures d’accueil de jour » pour éviter de laisser désœuvrés des « mineurs délinquants ».
« Avec ces mesures, on répond aux situations de violence qui sont les plus marquantes mais qui ne correspondent pas à celles que vivent au quotidien les professeurs », a réagi Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, interrogé par l’AFP. « Elles ne répondent pas aux attentes exprimées cette semaine avec #pasdevague : les profs ont surtout besoin d’un arsenal pour améliorer le climat scolaire et d’espaces de dialogue au sein des établissements, pour faire part de leurs difficultés chroniques », a-t-il estimé.
Selon la dernière enquête de l’agence des statistiques du ministère de l’éducation, les violences verbales sont les incidents les plus courants à l’école – plus de huit faits graves sur dix sont commis par des élèves envers le personnel. Commises avant tout par des garçons, elles se produisent surtout en salle de classe et donnent lieu à une exclusion, temporaire ou définitive, dans plus de 90 % des cas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Propagande sur des sites pornographiques, défense du mariage homosexuel, organisation du Festival du cannabis... S’il a peu de chances de remporter l’élection présidentielle du 28 octobre, le candidat du parti Girchi sait marquer les esprits.
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Zurab Japaridze, le candidat libertarien qui secoue la Géorgie


                      Propagande sur des sites pornographiques, défense du mariage homosexuel, organisation du Festival du cannabis... S’il a peu de chances de remporter l’élection présidentielle du 28 octobre, le candidat du parti Girchi sait marquer les esprits.



M le magazine du Monde
 |    26.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h08
   





   


« Le gouvernement nous déteste », assène avec une certaine autosatisfaction Zurab Japaridze, 42 ans, candidat à l’élection présidentielle qui se tient ce dimanche en Géorgie. En cause, la stratégie disruptive de son parti qui fait fi des conventions et des lois. Baptisée Girchi, ce qui signifie « pomme de pin », la formation se présente pour la première fois devant les électeurs mais a déjà une certaine notoriété grâce à la médiatisation de son église évangélique. Créée en avril 2017, elle a ordonné en un an et demi plus de 7 000 prêtres : « Nous nous assurons juste que les candidats n’ont pas de convictions fascistes ou discriminatoires, nous leur donnons une attestation, et ils sont libres », continue le professeur de théorie politique au crâne légèrement dégarni et à l’allure décontractée.
Profitant d’une disposition légale permettant au clergé orthodoxe mais aussi à celui des autres confessions d’être exempté du service militaire obligatoire, Girchi offre avec son culte factice une échappatoire à de nombreux jeunes hommes souhaitant éviter une longue année d’ennui à garder des bâtiments administratifs. « L’alternative à la conscription est de payer une taxe. A cause de nous, des millions de laris n’entrent pas dans les caisses de l’Etat ! » 
Un pro de la communication
Obligation, Etat, taxes, ces concepts rencontrent peu de sympathie auprès du fondateur de Girchi. Avec une poignée d’autres députés, Zurab Japaridze a fait scission du parti pro-occidental de l’ex-président Mikheïl Saakachvili en 2015 pour lancer une formation à l’orientation libertarienne. Il est influencé par l’héritage de Kakha Bendoukidze, homme d’affaires et ancien ministre des réformes économiques décédé en 2014, un partisan décomplexé du libre marché connu pour avoir affirmé : « En Géorgie, tout est à vendre, sauf notre conscience ! » Alors qu’il avait presque terminé des études de médecine, Zurab Japaridze commence à travailler dans une administration à la fin des années 1990. C’est là, en observant la corruption généralisée que s’enclenche sa politisation : « J’ai commencé à lire des ouvrages sur le fonctionnement de l’Etat et sur l’économie, et je suis tombé sur des auteurs comme Milton Friedman et Friedrich Hayek. »
« On a décidé d’être présent essentiellement sur Facebook et de se démarquer des autres partis en faisant des choses surprenantes. »
Le programme de Girchi met l’accent sur les libertés économiques, mais aussi sur les libertés individuelles et les droits des minorités. Ce positionnement attire une jeunesse urbaine avide de changement et séduite aussi par une nouvelle façon de communiquer. « On a décidé d’être présent essentiellement sur Facebook et de se démarquer des autres partis en faisant des choses surprenantes », explique le politicien au style posé mais dont les actions jugées « provocatrices » sont souvent tournées en dérision par ses adversaires. Ce choix stratégique donne une campagne électorale inédite où Girchi diffuse sa propagande sur des sites pornographiques, où des sympathisants organisent un happening loufoque sur Times Square, à New York, où le quadragénaire affirme ne pas croire en Dieu et soutenir le mariage homosexuel sur le plateau du jeu télévisé « Le détecteur de mensonges ».
Buzz assuré même si cela ne permet pas au professeur de décoller dans les sondages face aux trois favoris : Grigol Vachadzé, de l’UNM, le parti fondé par Saakachvili, Davit Bakradze, du parti Géorgie européenne, et Salomé Zourabichvili, une diplomate franco-géorgienne qui incarne une candidature « indépendante » très ambivalente. Comme le président sortant qui ne se représente pas, l’intellectuel Guiorgui Margvelachvili, elle est soutenue par Rêve géorgien, le parti du milliardaire Bidzina Ivanishvili qui contrôle le pays depuis 2012. Zurab Japaridze espère atteindre 10 % dans ce scrutin présidentiel aux enjeux limités car la Géorgie a adopté en 2013 un système parlementaire. Mais il peut déjà s’enorgueillir d’une victoire majeure en 2018 : la décriminalisation en juillet dernier de la consommation personnelle de cannabis à la suite d’un arrêt de la Cour constitutionnelle après une plainte du leader libertarien. Le gouvernement compte riposter en faisant adopter une loi restreignant la consommation à la sphère privée.

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                En Géorgie, la consommation personnelle de cannabis autorisée



Dernier pied de nez : le candidat de Girchi, amateur d’herbe depuis l’âge de 15 ans, avait organisé en guise de meeting final un Festival du cannabis le dimanche 21 octobre dans le centre-ville de Tbilissi afin de dénoncer ce recul et de demander la libéralisation de la vente et de la culture de marijuana. Les policiers ont empêché l’installation des stands et arrêté une petite dizaine de militants. Entourée d’une forêt de caméras, Zurab Japaridze a eu le temps de prononcer une courte allocution et de distribuer trois joints avant d’être escorté vers le commissariat sous les huées de ses partisans. Il a retrouvé la liberté quelques heures plus tard.
Clément Girardot



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Après leur poussée aux élections régionales de Bavière, les Verts pourraient bien récidiver le 28 octobre dans la Hesse, l’un des Länder les plus riches d’Allemagne, confirmant qu’ils ne sont plus réticents à exercer le pouvoir.
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Le « réalisme » réussit aux Verts allemands


                      Après leur poussée aux élections régionales de Bavière, les Verts pourraient bien récidiver le 28 octobre dans la Hesse, l’un des Länder les plus riches d’Allemagne, confirmant qu’ils ne sont plus réticents à exercer le pouvoir.



M le magazine du Monde
 |    26.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 14h58
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








   


Tarek al-Wazir. Ce nom ne vous dit sans doute rien. A la plupart des Allemands non plus, du moins jusqu’à ces derniers jours. Mais les élections régionales du 14 octobre en Bavière sont passées par là, marquées par une percée spectaculaire des Verts, et, depuis, tous les regards se tournent vers cet homme de 47 ans aux lunettes rondes qui pourrait confirmer l’essai, dimanche 28 octobre, cette fois dans la Hesse.
Crédités de plus de 20 % dans les derniers sondages, là où ils avaient tout juste dépassé les 11 % en 2013, les écologistes pourraient se voir en position de faiseurs de rois. Selon certains scénarios, ils pourraient même être en mesure d’arracher la présidence du gouvernement de la Hesse, l’un des Länder les plus riches d’Allemagne, où se trouve la capitale financière du pays, Francfort. Ce serait un symbole de portée nationale.
Crédités de 21 % des voix
Sept ans après Winfried Kretschmann, élu à la tête du Bade-Wurtemberg depuis 2011, Tarek Al-Wazir sera-t-il le deuxième écologiste à diriger un exécutif régional outre-Rhin ? Même s’il ne parvient finalement pas à détrôner le conservateur Volker Bouffier (CDU), qui compte bien se maintenir à son poste, ce fils d’un diplomate yéménite et d’une enseignante allemande sera sans doute, dimanche, dans la Hesse, le candidat dont le parti aura le plus progressé, confirmant une tendance que mesurent les sondages nationaux. En cas de législatives anticipées, une étude de l’institut Forsa, parue le 20 octobre, créditait ainsi les Verts de 21 % des voix, six points seulement derrière la CDU d’Angela Merkel et sept points devant le Parti social-démocrate (SPD). Dans le passé, ils n’ont atteint qu’une fois de tels sommets dans les intentions de vote : en 2011, après la catastrophe nucléaire de Fukushima.

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Profitant de l’intérêt croissant des Allemands pour les enjeux environnementaux mais aussi de l’essoufflement de la « grande coalition » au pouvoir à Berlin (environ 40 % des électeurs ayant voté pour le SPD aux législatives en 2017 et 25 % de ceux ayant voté pour la CDU se disant prêts à voter pour eux aujourd’hui), les écologistes ne cachent pas leur volonté d’exercer le pouvoir. Fini les états d’âme d’autrefois quand, à la tête du parti, cohabitaient un représentant du courant « realo » et un autre de l’aile gauche, afin de maintenir les équilibres entre ceux qui aspiraient à gouverner et ceux qui se sentaient plus à l’aise dans l’opposition.
« Al-Wazir est typique de ces Verts allemands qui disent – chose incompréhensible pour nombre d’écologistes en France – qu’il faut dépasser le clivage droite-gauche. » Daniel Cohn-Bendit
Signe de leur évolution, depuis janvier, les Verts sont pour la première fois dirigés par deux « realos », la députée du Brandebourg Annalena Baerbock, 37 ans, et l’ancien ministre de l’environnement du Schleswig-Holstein, Robert Habeck, 48 ans. Tarek Al-Wazir est sur la même ligne. « Les Verts de la Hesse sont les inventeurs de la realpolitik. Dès 1985, nous étions les premiers des écologistes à dire qu’il fallait prendre nos responsabilités en entrant au gouvernement », a-t-il récemment rappelé dans un entretien au quotidien rhénan General Anzeiger, avant de citer l’exemple de l’ancien ministre des affaires étrangères Joschka Fischer, figure tutélaire des Verts de la Hesse, l’homme qui fit accéder son parti au gouvernement fédéral à l’époque du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder (1998 2005).
« Al-Wazir est typique de ces Verts allemands qui disent – chose incompréhensible pour beaucoup d’écologistes en France – qu’il faut dépasser le clivage droite-gauche, qu’il faut arrêter avec les lignes rouges. C’est un homme de compromis. Il pense que le but n’est pas de promettre la lune mais d’essayer d’obtenir le plus possible en fonction des majorités qu’on peut former », explique Daniel Cohn-Bendit, ancien adjoint au maire de Francfort (1989-1997), qui le connaît bien.

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                Elections en Bavière : « La fin des grands partis »



En 2008, déjà, Tarek Al-Wazir avait failli entrer dans l’exécutif régional au sein d’une coalition dirigée par le SPD. Cela n’avait pas abouti. Cinq ans plus tard, il a décroché son premier poste de ministre, chargé de l’environnement et des transports, mais cette fois en faisant alliance avec la CDU. Que fera-t-il dans les prochains jours ? Une alliance dite « rot-rot-grüne » (rouge rouge-verte) avec les sociaux-démocrates et le parti de gauche radicale Die Linke ? Un nouveau tandem avec les conservateurs, voire une constellation dite « jamaïquaine » élargie aux libéraux du FDP, comme celle qui faillit voir le jour à Berlin après les législatives de 2017 ?
Tout est ouvert, répond celui qui se vante d’avoir inventé, pour mieux le combattre, le concept d’« Ausschliesseritis ». En français, la traduction pourrait être « exclusionnite », autrement dit la maladie qui consiste, pour un parti, à exclure a priori toute coalition avec un autre… Il veut en guérir les écologistes allemands.



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ L’Etat prévoit des sanctions financières en cas de non-respect des obligations fixées.
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Un premier accord sur l’égalité hommes-femmes dans la fonction publique

L’Etat prévoit des sanctions financières en cas de non-respect des obligations fixées.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 12h10
    |

            Benoît Floc'h








                        


L’Etat a décidé de mettre la pression sur l’administration pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes dans la fonction publique. Mercredi 24 octobre au soir, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, est parvenu à un accord avec les syndicats, à l’exception de Force ouvrière (FO), sur un texte qui « reprend et renforce » les dispositions du protocole d’accord de mars 2013. Le projet, aboutissement de négociations lancées en mars, doit maintenant être soumis par les syndicats à leur base avant d’être signé.
Le document, qui concernera l’ensemble des agents de la fonction publique (Etat, hôpitaux, collectivités locales), a pour objectif de « franchir un nouveau cap en matière d’égalité entre les femmes et les hommes – principe érigé “grande cause du quinquennat” par le président de la République », précise Bercy. Il est censé produire des « résultats concrets et mesurables avant 2022 ».
Et pour y parvenir, l’Etat est prêt à manier le bâton : « Afin de transformer durablement les pratiques, ajoute cette même source, cet accord s’appuie sur les dispositifs obligatoires et contraignants, pouvant donner lieu à des sanctions financières en cas de non-respect des obligations fixées, ainsi que sur des calendriers volontaristes. » Ces sanctions, dont le détail est encore à préciser, alimentera un fonds pour l’égalité professionnelle.
Les administrations devront élaborer un plan d’action avant 2020. Le protocole prévoit d’étendre et de renforcer le dispositif des nominations équilibrées pour l’encadrement supérieur, ainsi que des mesures pour résorber l’écart entre les rémunérations. Selon le ministère, le salaire net des femmes était en moyenne inférieur de 13,1 % à celui des hommes en 2015.
« De sérieuses avancées »
Le texte améliore l’accompagnement des jeunes parents. Le gouvernement s’engage à ouvrir mille places supplémentaires en crèche, soit une augmentation de 30 % de l’offre. De même, les primes et indemnités seront maintenues pendant les congés de maternité, de paternité et d’adoption. Les agents en congé parental ou en disponibilité pour raisons familiales conserveront la totalité de leurs droits à avancement. Chaque employeur public devra également mettre en place un dispositif de signalement, de traitement et de suivi des violences sexuelles et sexistes, y compris de harcèlement moral ou sexuel.
La CGT-Fonction publique, syndicat majoritaire, estime que le projet « n’est pas à la hauteur des ambitions et de ce que [ses représentants] consid[èrent] comme indispensable pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes ». Cependant, reconnaît le secrétaire général, Jean-Marc Canon, « il y a des avancées réelles, même si elles ne vont pas assez loin ». Le syndicat regrette, par exemple, que les sanctions ne soient pas suffisamment contraignantes, puisque les employeurs ne sont soumis qu’à une obligation de moyens, et non de résultats. Le syndicat se réjouit que le jour de carence soit supprimé lors d’un congé maternité, mais déplore qu’il ne soit pas supprimé pour tous les fonctionnaires.
La CFDT reconnaît également de « sérieuses avancées, même si toute une partie de [ses] attentes ne sont pas satisfaites », note Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. FO a refusé de participer à la réunion de mercredi : pas question de participer « à la coconstruction d’un protocole vide de sens qui ne serait qu’un faire-valoir de la politique gouvernementale ».

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                Fonction publique : ambiance tendue entre le gouvernement, la CGT, FO et Solidaires






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le premier vice-président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes est candidat contre l’ancien ministre de l’intérieur aux municipales de 2020.
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Etienne Blanc, le bras droit de Laurent Wauquiez contre Gérard Collomb à Lyon

Le premier vice-président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes est candidat contre l’ancien ministre de l’intérieur aux municipales de 2020.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h33
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
C’était un secret de Polichinelle, que la démission surprise de Gérard Collomb du ministère de l’intérieur a contribué à éventer plus tôt que prévu. Etienne Blanc, premier vice-président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a officialisé, jeudi 25 octobre, dans un entretien au Figaro, sa candidature à Lyon pour les élections municipales de 2020. Le retour de M. Collomb dans le fauteuil de maire de la ville, le 5 novembre, prévu dans l’optique de préparer ce scrutin, a incité la droite locale à accélérer son calendrier. « Cette situation nouvelle appelle le lancement immédiat et sans délai de ces élections », estime Etienne Blanc auprès du Monde.
Cela fait maintenant dix-sept ans que la droite lyonnaise, qui a occupé la mairie dans les années 1990 avec Michel Noir (RPR) puis Raymond Barre (UDF), est orpheline du pouvoir. Dix-sept ans que Gérard Collomb préside sans coup férir aux destinées de la cité des Gaules avec une politique qualifiée par ses propres adversaires de « centriste », que ce soit sous l’étiquette, hier, du Parti socialiste, et, aujourd’hui, de La République en marche (LRM).
« Lui c’est lui, moi c’est moi »
« C’est une ville de centre droit mais Collomb arrivait à faire le lien entre la gauche et le centre droit, reconnaît Alexandre Vincendet, président de la fédération LR du Rhône. Néanmoins, nous arrivons à la fin d’un cycle. Etienne Blanc peut en ouvrir un nouveau. » « Gérard Collomb est en rupture avec les socialistes, avec les centristes, avec LRM d’une certaine manière… Il n’a plus que sa personne », appuie M. Blanc, 64 ans. Qui va trouver de la concurrence sur sa route puisque le maire (divers droite) du 6e arrondissement de Lyon, Pascal Blache, a lui aussi déclaré sa candidature, jeudi. « Blanc est sur une ligne très droitière, il y a un espace entre lui et Collomb », veut-on croire dans l’entourage de M. Blache.
A Lyon, l’ancien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ L’exécutif a mis son veto à une augmentation de 10 % en 2019. Avec la révision constitutionnelle, le nombre de conseillers sera réduit de 233 à 155.
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Le président du Conseil économique, social et environnemental réclame plus de budget

L’exécutif a mis son veto à une augmentation de 10 % en 2019. Avec la révision constitutionnelle, le nombre de conseillers sera réduit de 233 à 155.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 11h19
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
D’ordinaire plutôt placide, Patrick Bernasconi a piqué un coup de sang. Pour le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), la transformation de son assemblée en Chambre de la société civile, prévue par la révision constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, ne sera pas jouable sans une augmentation de ses moyens et de son budget.
Dès le départ, M. Bernasconi a soutenu ce qu’il a qualifié, dans un entretien au Monde le 25 juin, d’« énorme changement et même [de] véritable révolution ». La réforme devrait permettre au CESE, souvent inaudible, d’avoir une visibilité plus forte en étant consulté systématiquement avant chaque projet de loi économique, social et environnemental. Lieu de débats publics, la future chambre sera aussi le réceptacle des pétitions citoyennes. Mais son nombre de conseillers sera réduit, passant de 233 à 155.

En juin, avant que la révision constitutionnelle soit reportée à cause de l’affaire Benalla – elle sera débattue à partir de janvier 2019 –, M. Bernasconi avait vu dans la baisse du nombre de membres « un sujet de préoccupation » et il avait prévenu : « On ne pourra donc pas fonctionner avec le même budget qu’aujourd’hui. »
Dans les discussions qui ont suivi, M. Bernasconi avait obtenu l’accord de la direction du budget afin que l’enveloppe de ses crédits annuels soit augmentée en 2019 de 10 %, soit 44 millions d’euros au lieu de 40 millions. Mais l’exécutif a mis son veto. Le président du CESE n’incrimine personne. Mais, dans son entourage, certains voient les mains de Bruno Le Maire et de Gérald Darmanin, tous deux venus d’une droite peu attachée au rôle de la société civile et des corps intermédiaires.
« Une caisse de résonance nouvelle »
« Comment être au rendez-vous de la réforme sans aucun moyen complémentaire ?, a lancé M. Bernasconi, mardi 23 octobre en assemblée plénière. Comment prévoir une augmentation de la production...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le droit de vote mais aussi celui de se marier ou de divorcer font partie des dix mesures annoncées par le gouvernement.
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Les droits des personnes majeures sous tutelle étendus

Le droit de vote mais aussi celui de se marier ou de divorcer font partie des dix mesures annoncées par le gouvernement.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h15
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                 / AFP / Philippe LOPEZ



                            
Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargée des personnes handicapées, a, à l’occasion du 2e comité interministériel du handicap, ce 25 octobre, annoncé dix mesures pour faciliter la vie des ces dernières. La plus forte, au plan symbolique, est d’accorder le droit de vote aux majeurs sous tutelle ou qui, plus largement, font l’objet d’une mesure de protection juridique, soit tout de même 310 000 électeurs potentiels. « C’est positif, ça ne coûte pas cher, mais il ne s’agit que d’appliquer, avec beaucoup de retard, la convention des Nations unies des droits des personnes en situation de handicap que la France a ratifiée en 2010 et qu’elle aurait dû transposer dans le droit national dans les trois ans », tempère Pascale Ribes, administratrice de France Handicap (ex-Association des paralysés de France).
Dans le même esprit, la loi permettra aussi à ces personnes de se marier, de se pacser ou de divorcer sans l’autorisation du juge ou du tuteur. Ces deux dispositions seront intégrées à la loi Belloubet de programmation de la justice, prévue en première lecture par l’Assemblée début décembre, après examen par le Sénat. « L’idéal serait que ces mesures soient complétées d’un système d’accompagnement pour l’aide à la décision et au vote, comme cela existe, par exemple, en Allemagne, suggère Mme Ribes. Car il existe des cas où le tuteur est le conjoint même, ce qui rend le divorce impossible : je connais un cas où la procédure a duré quatorze ans ! »
Déception pas compensée
Mme Cluzel promet également de mieux prendre en charge certains matériels et aménagements indispensables, du fauteuil roulant à l’équipement d’un véhicule ou d’un logement, voire l’achat d’un chien d’aveugle, aujourd’hui très mal remboursés. Actuellement, 43 % des acheteurs d’un fauteuil roulant électrique doivent encore débourser 2 864 euros de leur poche. « Il s’agit d’élargir, par décret, la liste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La publication des chiffres du chômage chaque trimestre ne fait quasiment pas l’objet de commentaires politiques. Une stratégie assumée.
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Le chômage, la Macronie y pense toujours, et n’en parle (presque) jamais

La publication des chiffres du chômage chaque trimestre ne fait quasiment pas l’objet de commentaires politiques. Une stratégie assumée.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 11h13
    |

            Sarah Belouezzane








                        



Surtout ne pas se lier à des chiffres, ne pas se contraindre par une tendance. Contrairement à son prédécesseur François Hollande, Emmanuel Macron a très vite décidé de décorréler son destin politique de la courbe du chômage. Interrogé sur la question par des journalistes de TF1 lors d’une interview en octobre, il avait déclaré : « La baisse du chômage ne se décrète pas. » Fermez le banc.
Dans un entretien accordé vendredi 26 octobre à plusieurs journaux régionaux, le premier ministre Edouard Philippe explique qu’« en 2017 et en 2018, on a créé beaucoup plus d’emplois en France qu’il n’y en a eu de détruits. Et on a créé de vrais emplois, pas des emplois aidés. La dynamique est là et je suis confiant ».
Très tôt, le président de la République a donné le ton de ce qui allait être une particularité de son mandat sur le front de l’emploi : en Macronie, finalement, on parle beaucoup de travail mais peu de chômage. C’est ainsi que la publication des chiffres de Pôle emploi est passée de mensuelle à trimestrielle. Des statistiques qui ne sont quasiment jamais accompagnées de commentaires politiques de la part du gouvernement. Il y a certes des conférences organisées tous les trois mois au ministère du travail, lesquelles font débattre des chercheurs sur la question.
Retour à la normale
Le chef de l’Etat a néanmoins donné un objectif chiffré d’un chômage à 7 %, mais pour la fin de son quinquennat. A part ça, rien. Les réformes structurelles sur le marché de l’emploi sont soigneusement présentées sous le prisme positif du travail, dont le but premier est de doper l’activité des entreprises qui embaucheront et réduiront alors le chômage.
Pour les uns, il s’agit d’un habile coup de communication. « C’est normal qu’ils ne parlent pas trop du chômage car, comme ça, ils pensent ne pas être comptables des résultats de leur politique qui d’ailleurs n’en produisent pas de bons », estime Boris Vallaud, député PS des Landes, pour qui les bons chiffres en termes de création d’emploi des deux dernières années sont imputables au quinquennat précédent. « La ministre de l’emploi ne fait jamais de visites sur ce sujet-là, elle est en tournée constante sur l’apprentissage, peut être est-ce parce que ça ne marche pas ? On a l’impression qu’il y a une politique du marché du travail et pas une politique de l’emploi… », ajoute un ancien du gouvernement Hollande. Celui-ci pointe, entre autres, la fin de la prime à l’embauche, mais surtout la baisse significative des contrats aidés.

        Lire aussi :
         

                L’étrange paradoxe des chiffres de l’emploi en France



Pour d’autres, en revanche, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un retour à la normale. « Les deux gouvernements précédents ont fait face à une crise importante, le sujet était brûlant, commente un spécialiste de la question. Mais à force de déclarations permanentes, on était tombé dans une situation mortifère. » L’exécutif souhaite donc clairement éviter les écueils de son prédécesseur, afin de ne pas focaliser les Français sur la question. Au risque de donner l’impression de ne pas accorder au sujet du chômage l’importance qu’il mérite ? « Muriel Pénicaud parle tout le temps de lutter contre le chômage de masse. Aujourd’hui, la vérité, c’est que nous l’avons baissé et que nous attaquons la partie structurelle dans beaucoup d’endroits. C’est peut-être insuffisamment dit, mais c’est notre priorité », défend Sacha Houlié, député LRM de la Vienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Un amendement du gouvernement, déposé au projet de loi de financement de la Sécurité sociale discuté jusqu’à vendredi, prévoit de rendre obligatoire la déclaration en ligne des arrêts-maladie.
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L’exécutif veut rendre obligatoire la dématérialisation des arrêts de travail

Un amendement du gouvernement, déposé au projet de loi de financement de la Sécurité sociale discuté jusqu’à vendredi, prévoit de rendre obligatoire la déclaration en ligne des arrêts-maladie.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 10h56
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            
L’exécutif avait prévenu : il comptait prendre des premières mesures pour tenter d’enrayer la hausse des arrêts-maladie dès le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), actuellement discuté en première lecture à l’Assemblée nationale. C’est chose faite. Jeudi 25 octobre, un amendement gouvernemental a été déposé pour notamment rendre obligatoire la dématérialisation des arrêts-maladie. Actuellement, le taux de dématérialisation des arrêts de travail est de 40 %.
Ce choix découle des premières préconisations d’une mission sur le sujet lancée par le premier ministre début octobre et dont les conclusions sont attendues pour la fin de l’année ou début 2019.

Cet été, le gouvernement avait envisagé de faire payer par les entreprises les indemnités journalières liées aux arrêts de travail de moins de huit jours avant de faire marche arrière. Mais il n’avait pas enterré le dossier pour autant. Le but : enrayer une source de dépenses très dynamique. Selon le dernier rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), les indemnités journalières ont représenté un peu plus de 10,3 milliards d’euros en 2017, en progression de 4,4 % en un an. Sur la période 2014-2017, elles se sont accrues de 4,2 % par an en moyenne – une vigueur « portée par les arrêts de plus de trois mois », souligne la CCSS.
Coût de gestion diminué
L’amendement du gouvernement prévoit une prescription dématérialisée des arrêts de travail, « ce qui constitue à la fois un gage de simplification de l’exercice de [l’activité des médecins] et une garantie de traitement simplifié et rapide des arrêts de travail des assurés, grâce à une transmission instantanée de leur arrêt à la caisse d’assurance-maladie ». « A ce stade », est-il précisé, les prescriptions hospitalières ne sont pas concernées.
Cette nouvelle disposition s’appliquera progressivement « afin de tenir compte de l’équipement nécessaire aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Quels changements pour les médias qui suivent le président et son gouvernement depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? Michèle Léridon, Céline Pigalle, Léa Salamé et Luc Bronner en ont débattu au Monde Festival le samedi 6 octobre.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Après la bonne nouvelle donnée sur le front des embauches par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale, la publication, jeudi, des chiffres du chômage a fait l’effet d’une douche froide.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/10/2018
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L’étrange paradoxe des chiffres de l’emploi en France

Après la bonne nouvelle donnée sur le front des embauches par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale, la publication, jeudi, des chiffres du chômage a fait l’effet d’une douche froide.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h29
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
Il en va des statistiques de l’emploi comme de la météo sous les tropiques : les deux sont changeants et très difficiles à interpréter. De bons chiffres communiqués la veille ne mettent pas à l’abri d’une dégradation le lendemain. Rendant difficile une analyse correcte de la situation du marché de l’emploi.
C’est ainsi qu’après la bonne nouvelle donnée sur le front des embauches (+ 2,7 % au troisième trimestre) par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), la publication, jeudi 25 octobre, des chiffres du chômage a fait l’effet d’une douche froide.
Envolée du chômage de longue durée
Selon la note publiée par Pôle emploi, le nombre de chômeurs en catégorie A (sans travail et tenus d’en chercher un) a augmenté de 0,5 % au troisième trimestre en France métropolitaine. Sur cette période, 16 300 personnes supplémentaires sont venues grossir les rangs des demandeurs inscrits à l’organisme public. En tout, ce sont donc 3,45 millions de personnes qui sont en quête d’un emploi aujourd’hui dans l’Hexagone, hors outre-mer. Paradoxalement, une fois ces territoires, pourtant en plus mauvaise posture que le reste du pays, inclus dans le compte, la hausse est moins importante : 0,4 %.
Ceux qui payent le plus lourd tribut demeurent, sans surprise, les chômeurs de longue durée. En quête d’un travail depuis au moins un an ou plus, leur employabilité diminue avec le temps, rendant leur embauche de moins en moins facile. Au troisième trimestre, leur nombre a ainsi augmenté de 1,1 %. Pire en un an, il a bondi de 6,4 %.
Considérée sur cette même période, la situation globale des demandeurs d’emploi est, en revanche, meilleure que sur trois mois : leur nombre en catégorie A a, par exemple, reculé de 1,2 %. Une évolution enregistrée largement au profit des hommes, dans les rangs desquels la baisse a été significative. Une bonne nouvelle dans un flot de mauvais indicateurs.
Un record d’embauches
Voilà pour jeudi. Mercredi, c’était une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La nouvelle définition de la société par la loi Pacte reste encore méconnue, selon les professeurs Armand Hatchuel et Blanche Segrestin. Il appartient au système éducatif et universitaire de conduire des bouleversements devenus inévitables.
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« Avec l’article 61 de la loi Pacte, l’entreprise n’est plus réductible à un pur agent économique »

La nouvelle définition de la société par la loi Pacte reste encore méconnue, selon les professeurs Armand Hatchuel et Blanche Segrestin. Il appartient au système éducatif et universitaire de conduire des bouleversements devenus inévitables.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 09h58
    |

Armand Hatchuel et Blanche Segrestin (Professeurs à Mines ParisTech - PSL Université)







                        



                                


                            
Chronique « Entreprises ». L’Assemblée nationale a voté, vendredi 5 octobre, une nouvelle définition de la société et de la responsabilité des entreprises (article 61 de la loi Pacte [Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises]). Les députés ont suivi, sur ce point, les recommandations du rapport remis au gouvernement, en mars, par Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard.
Ces dispositions instaurent une rupture doctrinale profonde : l’entreprise n’est plus réductible à un pur agent économique. Certes, le profit des associés reste une contrainte vitale de l’entreprise, mais il n’est plus sa seule finalité. Le droit stipule désormais que l’entreprise doit prendre sa part de responsabilité dans le développement collectif.

Alors que depuis plus de deux siècles, la société devait – selon le code civil – être « gérée dans l’intérêt commun des associés », le texte actuel de la loi stipule que la « société doit être gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Les entreprises sont aussi autorisées à se doter d’une « raison d’être » qui exprime, en dehors du but lucratif, leurs finalités propres.
Enfin, celles qui le souhaitent peuvent devenir « société à mission ». Une société à mission s’engage de manière durable sur des objectifs de nature sociale et environnementale en inscrivant sa raison d’être dans ses statuts, en précisant les missions qui en découlent pour sa gestion, et en se dotant d’un organe chargé de veiller à leur mise en œuvre.
La responsabilité n’est pas la négation de la liberté
Un tel changement doctrinal aurait semblé totalement utopique il y a encore quelques années. Aujourd’hui, il faut se demander à l’inverse comment on a pu considérer que les sociétés ne devaient être gérées que dans l’intérêt des associés. Car c’était oublier que les entreprises façonnent les évolutions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Des hauts fonctionnaires des ministères en charge des questions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la baisse du niveau de vie relatif des retraités, qui est pour l’instant inscrite dans la réforme du gouvernement
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Réforme des retraites : « Les interrogations essentielles sont habilement écartées du débat »

Des hauts fonctionnaires des ministères en charge des questions économiques mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la baisse du niveau de vie relatif des retraités, qui est pour l’instant inscrite dans la réforme du gouvernement



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 09h44
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que le débat public sur l’avenir des retraites s’ouvre, le gouvernement travaille activement sur son projet de réforme et sa communication est déjà lancée à plein régime : on nous répète que le système actuel est éclaté, injuste et qu’il est urgent de le remplacer par un système universel où, pour chacun, 1 euro cotisé ouvrirait « les mêmes droits ».
Le système unique proposé, encore loin d’être finalisé, prête bien sûr à débat. Et c’est justement le tour de force du gouvernement : cette discussion tend à créer un écran de fumée en focalisant l’attention publique sur les détails pratiques de ces éventuels « comptes notionnels ». En réalité, les principales questions sont ailleurs.
Le diagnostic sur nos retraites et leurs perspectives futures, établi notamment par le Conseil d’orientation des retraites (COR) en novembre 2017, fait pourtant consensus. Tout d’abord, le besoin de financement des retraites est tout à fait maîtrisé : quels que soient les scenarii de croissance future envisagés, les cotisations retraites continueraient à représenter – au maximum – la même part de la richesse nationale qu’aujourd’hui, soit 14 % du produit intérieur brut (PIB) : au maximum, 14 % du PIB en 2035, et 14,5 % en 2070.
Aujourd’hui équivalent à celui des actifs, le niveau de vie des retraités pourrait s’établir à 77 % de celui de l’ensemble de la population en 2070
Problème : dans le même temps, le nombre de retraités devrait considérablement augmenter. D’après l’Insee, les personnes de plus de 65 ans étaient 12 millions en 2014, soit 19 % de la population. En 2035, elles seraient 17 millions, soit 25 % de la population. Le résultat est dangereusement mathématique : si une part fixe de la richesse nationale (14 %) est partagée par une proportion croissante de personnes retraitées, la richesse répartie par personne diminuera nécessairement.
Aujourd’hui équivalent à celui des actifs, le niveau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La taxe foncière, que paient actuellement les ménages propriétaires de leur logement, a connu une augmentation non négligeable ces dernières années. La tendance devrait se poursuivre.
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Taxe foncière : une augmentation de 11,7 % depuis 2012

La taxe foncière, que paient actuellement les ménages propriétaires de leur logement, a connu une augmentation non négligeable ces dernières années. La tendance devrait se poursuivre.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 05h45
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 10h00
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Si la taxe d’habitation va diminuer pour une partie des ménages, la taxe foncière n’a pas fait l’objet de réforme et continue d’augmenter. Selon l’étude annuelle de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) la hausse a été de 11,7 % en moyenne sur le territoire français entre 2012 et 2017. L’inflation n’a été que de 2,35 % dans le même temps selon l’Insee.
La taxe foncière est calculée en fonction de la valeur locative du logement, c’est-à-dire les loyers que le propriétaire percevrait chaque année si le logement était loué. Le produit de cette taxe est versé aux communes, aux départements et aux intercommunalités qui fixent chacun un taux de prélèvement. En moyenne, l’UNPI estime qu’un propriétaire consacre 2,3 mois de loyers à payer sa taxe foncière. Sur l’ensemble du territoire, le taux moyen est de 38,5 % mais il est de 56,42 % à Angers, de 55,9 % à Amiens contre 13,5 % à Paris et 15,1 % à Boulogne-Billancourt.

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Attention, les valeurs locatives des logements étant très différentes entre Angers et Paris, le propriétaire angevin ne paie pas forcément une somme plus importante que son homologue parisien, mais il est néanmoins plus taxé sur la valeur de son logement. Entre 2017 et 2018, les habitants de Nice et de Villeurbanne ont vu le taux augmenter considérablement avec une augmentation de 19,3 % pour la première ville et de 10,90 % pour la seconde. Mais sur une plus longue période c’est Lille (+30 %), Créteil (+19,1 %) et Nantes (+19,1 %) qui ont subi la hausse la plus importante.
Une faible augmentation nationale
Autre constat de l’UNPI, le regroupement de communes en métropole n’a pas entraîné de baisse de la fiscalité : par exemple, la suppression du département au profit de la métropole de Lyon s’accompagne d’une hausse de 17,6 % du taux sur la période 2012-2017. La ville de Nice a vu augmenter sa taxe foncière de 19,3 % pour la seule année 2018. C’est le résultat de l’instauration d’un nouveau taux de 6,4 % au profit de la métropole alors que le taux de la ville n’a pas diminué.

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Seul point positif : l’augmentation semble se ralentir sur l’ensemble du territoire. La taxe foncière avait en effet augmenté de 14 % entre 2011 et 2016, de 16,4 % entre 2009 et 2014 et de 21,2 % entre 2007 et 2012. Cette année, les départements se sont montrés plus raisonnables : neuf départements ont rehaussé leur taux, contre seize en 2017 et trente-cinq en 2016.
Reste à voir si à la suite de la suppression de la taxe d’habitation, la taxe foncière ne va pas augmenter à nouveau fortement. « Elle constitue l’une des principales ressources des collectivités et le risque est que ces dernières compensent le manque à gagner en augmentant la taxe foncière, mais aussi d’autres impôts locaux comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères », prévient Jean Perrin, président de l’UNPI.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ L’institution a retoqué plusieurs articles au motif qu’ils sortaient du cadre du projet de loi adopté par les parlementaires le 2 octobre.
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Loi agriculture et alimentation : un quart des articles censurés par le Conseil constitutionnel

L’institution a retoqué plusieurs articles au motif qu’ils sortaient du cadre du projet de loi adopté par les parlementaires le 2 octobre.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 19h52
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h57
   





                        



   


Le Conseil constitutionnel a annoncé, jeudi 25 octobre, qu’il censurait près d’un quart des articles de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, surnommée « loi alimentation », après avoir été saisi par plus de soixante sénateurs.
L’institution a écarté tous les « cavaliers législatifs », c’est-à-dire les articles qu’il considérait ne pas répondre à l’intitulé du projet de loi initial. Parmi ces propositions, l’étiquetage sur la provenance géographique du vin et du miel, la définition de la notion d’agriculture de groupe ou l’éducation à la préservation de la biodiversité dans l’enseignement agricole ont par exemple été retoqués par les juges de la rue Montpensier. Aucun article majeur de la loi n’est concerné par la censure.
« [Si le conseil] a écarté les critiques formulées sur le fond contre plusieurs articles de la loi, il a, pour des raisons de procédure », c’est-à-dire sur la forme, « censuré 23 de ses articles, qui étaient au nombre de 98, alors que le projet initial du gouvernement en comptait 17 », déclare dans un communiqué le Conseil Constitutionnel.
Rééquilibrer les relations commerciales de la filière
Les auteurs de la saisine estimaient notamment que « certains articles de la loi contrevenaient au principe d’égalité et qu’ils méconnaissaient la liberté d’entreprendre ». Sur ces points, le Conseil constitutionnel a relevé que « la différence de traitement résultant [des] dispositions entre les secteurs agroalimentaires et de la distribution et les autres secteurs économiques étant en rapport avec l’objet de la loi, il [écartait] le grief d’une atteinte au principe d’égalité ».

        Malgré le vote de la loi,
         

          les désaccords persistent entre agriculteurs et distributeurs



Issu des états généraux de l’alimentation, le projet de loi dit « Egalim » entend rééquilibrer les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, et mettre fin à une guerre de prix mortifère pour toute la filière.
La décision du Conseil constitutionnel était très attendue par le monde agricole, qui s’inquiète de voir publiées à temps les ordonnances pour l’application du texte avant le début des négociations commerciales entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire, dont dépend leur rémunération.

        Lors du débat autour de la loi,
         

          des éleveurs mi-résignés, mi-dépités







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Une vive polémique s’était engagée après l’annonce selon laquelle l’Etat percevrait 14 millions de taxes dans l’opération portée par Stéphane Bern.
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Le Loto du patrimoine taxé : l’Etat annonce 21 millions d’euros supplémentaires

Une vive polémique s’était engagée après l’annonce selon laquelle l’Etat percevrait 14 millions de taxes dans l’opération portée par Stéphane Bern.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h45
    |

            Benoît Floc'h








                        


Il aura suffi d’une petite tempête sur Twitter pour que l’Etat recule sur le financement de la défense des vieilles pierres. Le Loto du patrimoine, opération promue par l’animateur Stéphane Bern et destinée à financer la rénovation du « patrimoine en péril », a permis de récolter 200 millions d’euros. L’Etat, critiqué parce qu’il perçoit 14 millions de taxes sur le Loto, vient de décider de consacrer 21 millions d’euros supplémentaires à la rénovation des bâtiments anciens, en débloquant cette somme en faveur du ministère de la culture. « Une bonne nouvelle pour le patrimoine », se réjouit Stéphane Bern auprès du Monde.
De fait, il vient de faire plier le ministère des comptes publics. Depuis lundi 22 octobre, l’animateur s’opposait à Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics. Ce jour-là, M. Darmanin, qui défendait le budget 2019 à l’Assemblée nationale, avait déclaré : « Ce loto crée, comme tous les autres, des taxes qui sortent des recettes [du jeu]. Les taxes sont touchées par l’Etat. »  La petite phrase a déclenché une polémique, l’Etat se retrouvant accusé de se faire de l’argent sur le loto du patrimoine.

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                « Mission Bern » : pourquoi le montant reversé au patrimoine est critiqué



« Surpris et choqué »
Les membres de l’association qui a entrepris la rénovation du château de Meauce, dans la Nièvre, se disent, par exemple, « surpris et choqués d’apprendre que les taxes ne seront pas reversées à la mission Bern ». « Nous nous excusons auprès de tous ceux à qui nous avons dit que 100 % des taxes seraient pour le patrimoine », ajoutent-ils. Stéphane Bern, lui-même, prend part à la discussion : « La loi de finances donne raison » à M. Darmanin, confie-t-il, mardi 23 octobre, au Parisien, « mais, moralement, je lui demande de renoncer à ces taxes ».
Passablement agacé de la tournure que prennent les choses, Gérald Darmanin répond quelques heures plus tard sur Twitter : « Stop aux #fakenews », écrit-il dans la nuit. Sur les 200 millions d’euros de recettes du Loto du patrimoine, l’essentiel ira aux joueurs (144 millions), loin devant la Française des jeux (FDJ, 22 millions), la Fondation du patrimoine (20 millions) et l’Etat, qui percevra 14 millions d’euros de taxes dans l’opération.
Ce à quoi l’animateur-promoteur a immédiatement répondu, toujours sur le réseau social :
« Une goutte d’eau pour l’Etat qui représente tant pour le patrimoine. Ne pourriez-vous faire un geste et renoncer à ce prélèvement pour que tout soit destiné à sauver le patrimoine en péril qui, de toute façon, est à la charge de l’Etat ? »
L’agitation est à son comble. Mercredi soir, dans l’émission « Le Débat » sur LCI, Olivia Grégoire, députée La République en marche de Paris, remet Stéphane Bern à sa place : « Il est un peu culotté de dire que l’on découvre les règles du jeu, alors qu’elles sont écrites depuis le début. Stéphane Bern sait très bien que c’est 10 % de cette masse financière qui ira sauver notre patrimoine. Que cela ne soit pas suffisant, j’entends. Que les règles aient évolué, ça n’est pas vrai. » Outrée, Arlette Chabot, qui présente l’émission, sort de ses gonds : « Vive Stéphane Bern et à bas le ras-le-bol fiscal ! », lance-t-elle après s’en être pris à Gérald Darmanin.
« C’est dans la loi »
Mercredi, pourtant, Bercy tenait bon : « Moralement, cela ne serait pas juste de reprocher à l’Etat de ne pas avoir fait un geste fiscal, alors qu’il renonce à l’intégralité de sa part hors TVA. Et s’il le fait, c’est pour la Fondation du patrimoine, qui récupère ce à quoi l’Etat renonce. L’Etat a aussi fait en sorte que les gains des joueurs soient importants, parce que c’était la condition de l’attractivité de l’opération. » D’ailleurs, fait-on remarquer de même source, les tickets vendus 15 euros indiquent bien, à côté de la photo de Stéphane Bern, que seul 1,52 euro sera reversé à la Fondation du patrimoine.
Pour un jeu du même type, l’Etat perçoit normalement 17 % de taxes. Sur cette part, dix points lui reviennent en propre. C’est à cela qu’il renonce. Et il ne peut aller au-delà : « C’est dans la loi, indique-t-on à Bercy, on ne peut pas prélever moins de 7 %. »
L’obstination de Stéphane Bern a cependant payé. Il a su mobiliser les relais puissants dont il dispose au plus haut niveau de l’Etat. Les taxes sont réglementaires ; elles demeureront. Mais les défenseurs des vieilles pierres doublent leurs gains : aux 20 millions d’euros que la Fondation du patrimoine récupère via le Loto, s’ajouteront donc 21 millions d’euros débloqués par l’Etat. L’histoire en dit long, en tout cas, sur l’effroi que le ras-le-bol fiscal provoque à l’Elysée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ A l’extrême droite comme à l’extrême gauche, chez les hipsters comme chez les bourgeois, on porte volontiers ses convictions sur soi. Plongée dans un dressing rempli de significations idéologiques.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies              Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                     À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Italie    Donald Trump    Brexit    Arabie saoudite    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Les décodeurs    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  Le drôle de calcul du malus écologique automobile                    Économie  A Berlin, le mouvement « Fuck off Google » plus fort que Google                    Chronique   Article réservé à nos abonnés Lithium : « Un cartel est né et sa puissance promet d’être considérable dans les décennies à venir »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Maxime Saada : « Il faut préserver l’exception culturelle française »   Maxime Saada Président du directoire de Canal+              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      12:06     Afrique  Génocide au Rwanda : quel rôle a exactement joué la France ?                    04:23     Europe  Comment l'Arabie saoudite a reconnu sa responsabilité dans le meurtre de Khashoggi                    03:32     Sciences  Les voitures autonomes doivent-elles tuer un vieillard pour sauver un enfant ?                    05:42     Planète  Changement d’heure : une mesure inutile ?             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique   Article réservé à nos abonnés « La thèse selon laquelle plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous est illusoire »   Michel Guerrin rédacteur en chef au « Monde »                     Tribune   Article réservé à nos abonnés Maxime Saada : « Il faut préserver l’exception culturelle française »   Maxime Saada Président du directoire de Canal+                     Chronique   Article réservé à nos abonnés « Tim Cook est un défricheur qui tente de se concilier les bonnes grâces des indigènes »   Philippe Escande                      Éditorial  Achat d’avions F-35 américains par la Belgique : un camouflet pour la défense européenne             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  « Jean-Christophe &amp; Winnie » : un vent d’inquiétude sur la forêt des rêves bleus                    Livres  Le grand prix du roman de l’Académie française décerné à Camille Pascal                    Télévisions & Radio  Télévision : « Bully », regard de voyeur sur dérive adolescente                    Télévisions & Radio  « Bodyguard » : thriller sur l’arrière-cuisine politique             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      Les recettes du Monde  Pâtes à la carbonara : la « vraie » recette de Tommaso Melilli                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « J’ai tout raconté à mon mari »                    Les recettes du Monde  Le lapin au lardo : la recette d’Alessio Luccheti             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                         

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les codes vestimentaires dépassent les frontières nationales : la nouvelle extrême droite, partout où elle est implantée, est consciente de l’impact visuel du costume dans lequel elle apparaît.
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Les nouveaux habits de l’extrême droite

Les codes vestimentaires dépassent les frontières nationales : la nouvelle extrême droite, partout où elle est implantée, est consciente de l’impact visuel du costume dans lequel elle apparaît.



LE MONDE IDEES
 |    25.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 17h17
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

C’est en marge d’une vente privée organisée, à Paris, par la marque Fred Perry que Clément Méric, un militant d’extrême gauche, a été tué en juin 2013. Une rixe a éclaté entre deux groupes rivaux, antifascistes et skinheads, venus chacun parfaire leur look. Deux des trois accusés dans cette affaire ont été condamnés, le 14 septembre, à de lourdes peines de prison. Leur procès a rappelé ce que ce meurtre a de tristement absurde. Clément Méric serait toujours en vie si ces deux groupes que tout oppose, sauf un goût commun pour une même marque, n’avaient été poussés par le même désir d’acquérir un polo Fred Perry.
Manches courtes et col fermé par des boutons, ce vêtement est devenu l’une des pièces les plus convoitées des vestiaires antifasciste et d’extrême droite. « Historiquement, les mods anglais des années 1960 [un mouvement culturel de la jeunesse londonienne] revendiquaient une fierté ouvrière en portant les vêtements de l’élite, notamment celle qui jouait au tennis en Fred Perry, explique Samuel Bouron, maître de conférences en sociologie à Paris-Dauphine et chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales. De cette matrice mods émerge le mouvement skinhead, qui était au départ apolitique, avant de se séparer en deux camps opposés : redskins antifascistes et boneheads d’extrême droite. Leur trajectoire politique diverge et ne peut pas être mise en équivalence, mais ces mouvements expriment tous les deux une quête de respectabilité qui passe entre autres par les habits. »
Réflexe viriliste
Par la suite, le mouvement skinhead a investi d’un sens particulier le polo Fred Perry en accordant une symbolique nouvelle à ce vêtement, précise Cynthia Miller-Idriss, professeure de sociologie à la American University (Washington, DC) et spécialiste de l’extrême droite : « Trois fines lignes, noires, rouges et blanches décorent le col de certains modèles. Les skinheads y ont trouvé un moyen d’évoquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Nathalie Loiseau : « On est en train de jouer “50 nuances de brun” en Europe »

Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h35
    |

            Philippe Escande et 
Françoise Fressoz








                        



   


La ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, explique les raisons pour lesquelles le gouvernement a souhaité que soient organisées jusqu’à la fin du mois d’octobre, dans les pays de l’Union, des consultations citoyennes sur l’Europe.
La crise entre Bruxelles et l’Italie
« Ce n’est pas la France qui va donner des leçons sur le budget ! », a réagi Nathalie Loiseau après la décision de Bruxelles de rejeter le projet de budget italien au motif que les dépenses et les baisses d’impôts voulues par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) sont incompatibles avec les règles du pacte de stabilité. « Je n’ai pas la mémoire courte, je me souviens des accommodements que, pendant des années, la France a pris avec les engagements qu’elle avait elle-même dessinés », a poursuivi la ministre en souhaitant, « comme le gouvernement Conte, que l’Italie renoue avec la croissance et voie son chômage reculer ». Car « après des années de crise profonde, une partie du vote des Italiens en mars 2018 a consisté à dire “basta cosi”, ça suffit ! ».
Mais pour Nathalie Loiseau, l’argument démocratique invoqué par Rome est discutable : « Le gouvernement italien affirme vouloir satisfaire les demandes des électeurs, mais la Ligue et le M5S se sont combattus pendant la campagne. Ils n’ont jamais dit qu’ils allaient travailler ensemble. La première défendait la flat tax et l’amnistie fiscale, le second voulait le revenu universel et la fin de la réforme des retraites. Ceux qui ont voté pour eux ne pensaient pas que ces mesures s’additionneraient. Or l’addition des deux donne un budget qui n’est pas soutenable. »
Rappelant que la dette italienne « représente 131 % de la richesse nationale, ce qui est considérable et dangereux », Nathalie Loiseau a souhaité « un dialogue approfondi entre les autorités italiennes et la Commission », en fustigeant l’attitude du député européen de la Ligue qui « a cru bon d’essuyer ses chaussures sur les notes de M. Moscovici à Strasbourg. Ce n’est pas une attitude de parti de gouvernement ». Selon elle, « la zone euro est plus solide que ce qu’on imagine », et pourtant « insuffisamment préparée à une nouvelle crise. Nous avons l’union bancaire et nous devons la finaliser. Nous devons renforcer le mécanisme européen de stabilité qui n’est pas suffisamment réactif en cas de crise ».
Le Brexit
« Tout a été exploré d’un point de vue technique. C’est à Theresa May de savoir comment elle manie son gouvernement et sa majorité », a déclaré Nathalie Loiseau, alors que le Conseil européen de Bruxelles s’est soldé la semaine dernière par un nouvel échec.
La ministre a dit espérer un « accord complet d’ici à la fin de l’année 2018 », sans exclure totalement un Brexit dur le 30 mars prochain. « Si nous ne faisons rien, les 200 000 à 300 000 Britanniques qui vivent en France seraient sans papiers du jour au lendemain. Un camion britannique ne pourrait plus rouler en France. Un Eurostar ne pourrait plus circuler en France avec un conducteur britannique. Ce n’est pas ce que nous souhaitons, ce n’est pas ce qui se passera, mais cela s’anticipe », a-t-elle déclaré, en rappelant qu’un projet de loi d’habilitation permettra au gouvernement français d’adopter par ordonnances un certain nombre de dispositions législatives.
Selon elle, le Brexit est « une négociation perdant-perdants. Personne n’y gagnera, mais toutes les études vont dans le même sens : quelle que soit la forme de la séparation, le Royaume-Uni sera le pays le plus impacté. La préparation du Brexit lui coûte déjà 500 millions d’euros par semaine, alors que certains promettaient un retour hebdomadaire de 350 millions d’euros. »
Le couple franco-allemand
« Nous ne pouvons pas faire l’Europe sans un moteur franco-allemand qui marche », a déclaré Nathalie Loiseau en réfutant toute idée de panne. « Nous sommes parfois plus pressés que les autres, parfois peut-être trop pressés » a-t-elle reconnu, en soulignant que l’Allemagne connaissait « une situation politique sans précédent depuis l’après-guerre. L’extrême droite est massivement présente au Bundestag, mais cette situation ne nous empêche pas de travailler sérieusement avec les Allemands, car le contrat de coalition comporte de nombreux engagements européens. En outre, le contact est fréquent entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. »
Les élections européennes de mai
On est en train de jouer « 50 nuances de brun en Europe », s’alarme la ministre. « Présence gouvernementale de l’extrême droite en Autriche, en Finlande et au Danemark, offensive antidémocratique de Viktor Orban, tournée européenne de l’Américain Steve Bannon, qui veut la mort de l’Union européenne. Faut-il continuer de regarder ailleurs et d’affirmer que ce n’est pas grave ? Ce ne sera pas mon cas. Ce ne sera pas celui d’Emmanuel Macron. Il faut nommer les choses », a martelé Nathalie Loiseau en assumant pleinement le « clivage entre progressistes et nationalistes ».
Selon elle, « les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer, donc il faut se battre. » Dans la foulée, elle a fustigé l’attitude de LR qui « considère qu’il n’y a pas de problème avec Victor Orban, qu’il peut continuer de siéger au sein du PPE au Parlement, alors qu’il contredit les valeurs européennes ».
Les consultations citoyennes sur l’Europe
« Les enjeux européens sont plus forts que jamais. Or, il y a une déconnexion entre les populations européennes et les décisions prises par les institutions européennes », a pointé Nathalie Loiseau. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a souhaité organiser jusqu’à la fin du mois d’octobre les consultations citoyennes sur l’Europe. « Nous avons sollicité nos partenaires européens. Tous ont répondu oui, à l’exception de la Hongrie de M. Orban et de l’Italie de M. Conte et de M. Salvini », a précisé la ministre. « Ils ont estimé qu’interroger les citoyens était dangereux. Je trouve que c’est une définition intéressante du populisme : parler au nom du peuple, mais ne pas interroger le peuple », a-t- elle ironisé.
S’agissant de la France, « je ne perçois pas vraiment de colère contre l’Europe, a précisé la ministre, mais je note beaucoup d’attente sur l’Europe sociale et des questions plus existentielles sur la sécurité, la défense et le destin de l’Europe. Quant au sujet des migrations, il n’arrive pas au premier rang des préoccupations, sauf pour les militants très eurosceptiques ou à la gauche de la gauche, qui critiquent le gouvernement pour sa politique migratoire. »



                            


                        

                        

