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Communiqué de la Société des rédacteurs du « Monde »





LE MONDE
 |    26.10.2018 à 17h18
   





                        


La Société des rédacteurs du Monde (SRM) a appris, jeudi 25 octobre, qu’un changement était survenu au sein de l’actionnariat de la holding Le Nouveau Monde (LMN), propriété de Matthieu Pigasse, qui détient 26,66 % de la Société éditrice du Monde.
Le groupe Czech Media Invest, détenu majoritairement par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, a acquis 49 % des parts de LMN. En l’état, ce rachat ne change pas l’équilibre des pouvoirs entre les actionnaires du Monde.
La SRM a été surprise de cette modification de l’actionnariat – une première depuis 2010 – et de son annonce brutale.
Xavier Niel et Matthieu Pigasse ont donné par écrit leur accord de principe à ce que le pôle d’indépendance, dont fait partie la SRM, détienne un droit d’agrément, à leurs côtés, pour tout changement de contrôle de l’actionnariat.
La Société des rédacteurs du Monde reste vigilante sur les opérations en cours et leurs retombées pour l’indépendance éditoriale et l’image du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.
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Election au Brésil : « Vers une nouvelle victoire des réseaux sociaux sur la démocratie ? »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Miguel Lago estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h23
    |

Miguel Lago (Politogue, président de Nossas)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 28 octobre, le Brésil s’apprête à entrer dans le club grandissant des pays gouvernés par des populistes d’extrême droite. Le fondement du succès de la campagne de Bolsonaro, dépourvue des structures partisanes et électorales classiques, et son éventuelle victoire à la présidentielle résident dans sa capacité à tirer profit des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TICS).
Il ne s’agit pas que d’un nouvel exemple du potentiel explosif du mélange entre l’architecture des réseaux sociaux et la démocratie représentative, mais bien de l’étape suivante de la démonstration de sa puissance de déflagration.
Les TICS, et plus particulièrement les réseaux sociaux, ont joué un rôle important dans toutes les dernières grandes élections. Elles ont contribué à l’ascension au pouvoir de nouveaux partis politiques, tels que le Mouvement 5 étoiles en Italie ; à la victoire d’outsiders sans structure partisane préétablie, comme Emmanuel Macron, ou à la conquête de partis traditionnels par des célébrités médiatiques comme Donald Trump. Cependant, cette fois-ci, un pas de plus a été franchi, faisant de Jair Bolsonaro le premier candidat appartenant réellement au nouveau monde électoral.
Une ascension sans parti, ni dispositifs électoraux traditionnels
Bolsonaro était jusqu’à présent un député peu connu et isolé, dont le seul fait d’armes avait été la défense publique de l’ancienne dictature brésilienne. Son ascension, contrairement aux cas précédents, ne tient pas à la création ni à la conquête d’un parti existant, ni même au déploiement de dispositifs électoraux traditionnels (structure partisane ou jeux d’alliances) ou à une surexposition dans les médias.
Dans ce pays-continent de plus de 200 millions d’habitants, dont presque 150 millions électeurs, le temps de télévision, accordé en fonction de la représentativité des partis au Parlement, a historiquement été le principal facteur expliquant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ L’industriel tchèque a acquis 49 % de la holding de Matthieu Pigasse, coactionnaire majoritaire du journal.
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« Le Monde » : M. Kretinsky « ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction », selon son entourage

L’industriel tchèque a acquis 49 % de la holding de Matthieu Pigasse, coactionnaire majoritaire du journal.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h22
    |

            Alexandre Piquard








                        


Comment réagit l’industriel Daniel Kretinsky au droit d’agrément accordé aux actionnaires majoritaires et au pôle d’indépendance du Monde en cas de changement de contrôle au sein du Monde libre (LML), la structure qui rassemble les actionnaires externes du groupe ? Jeudi 25 octobre, Matthieu Pigasse, coactionnaire majoritaire avec Xavier Niel, le fondateur de Free, a révélé avoir vendu à l’homme d’affaires tchèque 49 % de la holding qui détient sa participation dans Le Monde.

        Explications :
         

          Pigasse a cédé une minorité de sa part à Kretinsky, tout changement de contrôle sera soumis à accord



Contacté, l’entourage de Daniel Kretinsky répond que ce droit d’agrément relève des relations entre Matthieu Pigasse, Xavier Niel et le pôle d’indépendance (qui représente les salariés, les lecteurs…) « En tout état de cause, M. Kretinsky ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction du Monde. De même qu’il a toujours œuvré dans l’intérêt des rédactions des titres dont il est propriétaire en République tchèque », dit-il.
« Partenariat »
Interrogé directement sur ses intentions concernant Le Monde — souhaite-t-il le contrôler ? —, Daniel Kretinsky déclare au Monde :
« Par mon passé, je suis habitué à travailler en partenariat. Je l’ai fait dans plusieurs de mes sociétés, dont mon groupe d’énergie EPH, que nous avons fondé à trois associés. Pour moi, vivre dans une situation de partenariat est naturel. »
L’industriel se décrit comme un « homme de compromis et de consensus ». Toutefois, aucun contact n’a été noué à ce stade avec Xavier Niel.

        Portrait (édition abonnés) :
         

          Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui veut conquérir Paris



Quant aux raisons de ses investissements dans les médias, il déclare :
« Pour nous, investir dans les médias est différent de notre activité économique principale, l’énergie : c’est largement une activité civique. Notre intention n’est pas de nous imposer, mais de participer. Je ne cherche pas avec les médias un moyen d’influence pour gagner d’autres activités dans d’autres secteurs, comme l’énergie. »
M. Kretinsky est propriétaire d’EPH, un acteur très puissant dans le secteur de l’énergie en Europe de l’Est, mais il est aussi présent en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie. Il est également actionnaire majoritaire de Czech Media Invest (CMI), premier groupe de médias en République tchèque, et propriétaire, en France, de Marianne, ainsi que d’une partie du pôle magazines du groupe Lagardère.

Macron « vigilant » sur l’indépendance des journalistes
Le président français, Emmanuel Macron, a réagi vendredi 26 octobre à la reprise par un groupe tchèque de 49 % du groupe Le Nouveau Monde en se disant « vigilant » quant à la non-intrusion des actionnaires dans le travail des journalistes.
« Nous avons des règles, elles imposent des limites en termes de concentration et de nature des investisseurs. Lorsque ce sont des investisseurs de l’Union européenne, il n’y a pas d’interdiction ou de limite », a déclaré à ce sujet le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre slovaque, Peter Pellegrini.
« Par contre il est évident que nous serons toujours extrêmement vigilants à la liberté de la presse et d’expression des journalistes. »
Le chef de l’Etat a souligné l’importance que « toutes les règles qui prévalent en France d’indépendance des journalistes, d’indépendance de la société des rédacteurs, de capacité de ces derniers à avoir un travail libre sans aucune influence de l’actionnaire soient absolument préservées. »
« S’il y avait une quelconque intrusion de l’actionnaire en la matière, il est évident que nous serions amenés à réagir, a poursuivi Emmanuel Macron. Mais il ne m’appartient pas de me prononcer sur l’identité de tel ou tel investisseur si elle respecte les termes de la loi. »



Communiqué de la Société des rédacteurs du « Monde »
La Société des rédacteurs du Monde (SRM) a appris, jeudi 25 octobre, qu’un changement était survenu au sein de l’actionnariat de la holding Le Nouveau Monde (LMN), propriété de Matthieu Pigasse, qui détient 26,66 % de la Société éditrice du Monde.
Le groupe Czech Media Invest, détenu majoritairement par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, a acquis 49 % des parts de LMN. En l’état, ce rachat ne change pas l’équilibre des pouvoirs entre les actionnaires du Monde.
La SRM a été surprise de cette modification de l’actionnariat – une première depuis 2010 – et de son annonce brutale.
Xavier Niel et Matthieu Pigasse ont donné par écrit leur accord de principe à ce que le pôle d’indépendance, dont fait partie la SRM, détienne un droit d’agrément, à leurs côtés, pour tout changement de contrôle de l’actionnariat.
La Société des rédacteurs du Monde reste vigilante sur les opérations en cours et leurs retombées pour l’indépendance éditoriale et l’image du Monde.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Afin d’assurer la survie du cinéma français face à l’hégémonie américaine, le patron de Canal+ se prononce, dans une tribune au « Monde », en faveur d’un sursaut collectif du secteur pour « réinventer un écosystème » commun.
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Maxime Saada : « Il faut préserver l’exception culturelle française »

Afin d’assurer la survie du cinéma français face à l’hégémonie américaine, le patron de Canal+ se prononce, dans une tribune au « Monde », en faveur d’un sursaut collectif du secteur pour « réinventer un écosystème » commun.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 10h15
    |

Maxime Saada (Président du directoire de Canal+)







                        



                                


                            
Tribune. « Quand nous gagnons un Golden Globe, cela nous aide à vendre plus de chaussures. » Voilà comment Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, considère les œuvres qu’il produit et distribue sur son service de vidéo à la demande, Amazon Prime Video. La culture s’y réduit non à un supplément d’âme, mais à un instrument utilisé à des fins essentiellement marchandes.
Telle n’est pas, en France, notre conception de la culture. Bien au contraire, les pouvoirs publics, les auteurs, les créateurs, les producteurs et les groupes audiovisuels de notre pays n’ont cessé de se battre avec constance pour faire reconnaître un principe d’exception culturelle, dont la France, par son rayonnement historique et artistique, s’est toujours érigée en garant universel. C’est ce qui explique la vitalité du cinéma français, seul cinéma qui en Europe a su pleinement perdurer jusqu’à présent face à l’hégémonie du soft power culturel des Etats-Unis.
Les blockbusters de superhéros colonisent l’imaginaire mondial au profit d’un cinéma de spectacle destiné en priorité aux adolescents
Pourtant, cette singularité française sur la carte du monde cinématographique est confrontée aujourd’hui au défi le plus important de son histoire.
D’abord du fait de la révolution digitale, qui a favorisé l’entrée par effraction dans l’industrie audiovisuelle et cinématographique d’acteurs globalisés venus du numérique, dotés d’une force de frappe financière sans commune mesure avec celle des groupes nationaux en Europe.
Ensuite parce que les majors hollywoodiennes, voyant leur suprématie fragilisée par les 135 millions d’abonnés et 8 milliards de dollars (7 milliards d’euros) d’investissement dans les contenus de Netflix, sont entrées dans une logique défensive d’hyperconcentration, comme en témoigne le rachat de 21st Century Fox par Disney.
Le résultat de ces deux dynamiques est d’ores et déjà visible : nous sommes entrés dans une ère d’hyperoffre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Depuis l’installation du milliardaire à la Maison Blanche, la chaîne favorite des républicains s’est radicalisée. Jusqu’à devenir le canal officiel du trumpisme.
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Fox News, la voix de Trump


                      Depuis l’installation du milliardaire à la Maison Blanche, la chaîne favorite des républicains s’est radicalisée. Jusqu’à devenir le canal officiel du trumpisme.



M le magazine du Monde
 |    26.10.2018 à 06h38
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                              

                        
Le rituel surprend toujours. Lors de tous les grands événements, Ri Chun-hee réapparaît sur les écrans nord-coréens. Avec sa verve féconde, cette ancienne actrice devenue présentatrice salue alors comme personne les accomplissements du « Grand Leader ». A 74 ans, le 13 juin, elle est ainsi à nouveau sortie de sa retraite, pour célébrer la rencontre historique entre Kim Jong-un et Donald Trump. Pour la première fois dans l’histoire, un président américain serrait la main de son homologue nord-coréen, rompant ainsi l’isolement de cette dictature à la propagande d’un autre temps.

Au même moment, aux Etats-Unis, presque tous les médias usaient d’un ton très différent pour analyser ce sommet. Et de nombreux experts soulignaient que Donald Trump, en dépit de son entrain, n’avait arraché à Kim Jong-un que des promesses bien floues en matière de dénucléarisation.
Sur une chaîne, cependant, l’enthousiasme débordait, sans aucune réserve. Les têtes d’affiche de Fox News vantaient un grand bond en avant. Avec un tel zèle que la comparaison entre les louanges entendues à Pyongyang et celles de la chaîne préférée des républicains s’est vite imposée chez les esprits moqueurs.
Un gloussement de « respect »
La patrouille du « Daily Show », l’émission satirique de Trevor Noah sur Comedy Central, en a aussitôt tiré un comparatif désopilant, qui pointe la mue de Fox News, depuis l’élection de Donald Trump, en canal officiel de la Maison Blanche.

En plus de son soutien quotidien dans la campagne des élections de mi-mandat qui auront lieu le 6 novembre, la chaîne s’est à nouveau distinguée, le 26 septembre, sous les regards sarcastiques de ses concurrents. La veille, lors du discours prononcé par Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), un rire irrépressible avait saisi le parterre quand le président des Etats-Unis s’était mis à vanter son bilan. « Mon administration a fait plus que...




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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Un dialogue de sourds s’est instauré entre une partie de la presse et le président américain depuis la découverte d’engins explosifs artisanaux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/10/2018
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Colis suspects aux Etats-Unis : pour les médias, le coupable est Trump ; pour Trump, ce sont les médias

Un dialogue de sourds s’est instauré entre une partie de la presse et le président américain depuis la découverte d’engins explosifs artisanaux.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 19h23
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 13h54
    |

            Pierre Bouvier








                        



Plusieurs colis contenant des engins explosifs artisanaux ont été découverts entre lundi 22 et jeudi 25 octobre, en pleine campagne électorale pour les élections de mi-mandat du 6 novembre. Ils étaient adressés à Barack Obama, à son ancien vice-président, Joe Biden, à l’ancienne candidate Hillary Clinton, au milliardaire George Soros, à l’acteur Robert De Niro, à des élus démocrates et à la chaîne CNN, qui toutes et tous incarnent l’opposition à Donald Trump.
Dès le lendemain, la presse américaine consacrait ses « unes » à l’affaire. Le site d’information politique Axios le résume d’un rapprochement historique saisissant : les Etats-Unis sont au « milieu de la plus grande campagne de terrorisme par voie postale depuis 2001, menaçant d’éclipser Unabomber », le surnom de Theodore Kaczynski, qui terrorisa l’Amérique avec ses colis piégés de la fin des années 1970 au milieu des années 1980.

Photos of the bomb and package sent to CNN https://t.co/nBq3ArtChJ— Acosta (@Jim Acosta)


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Une grande partie des médias désigne un coupable : Donald Trump. Le Washington Post résume ainsi la situation d’une phrase lapidaire : « Dans une rhétorique incendiaire, les personnes ciblées par les mots de Trump deviennent des cibles de bombes. » Le quotidien rappelle qu’au cours des derniers jours, le président a comparé les démocrates au « mal », les qualifiant de « trop dangereux pour gouverner ».
Le locataire de la Maison Blanche s’est ainsi attaqué à une élue de la Chambre des représentants, Maxine Waters, la qualifiant de débile (« individu à faible QI »). Il a également violemment critiqué l’ancien directeur de la CIA John Brennan, et le financier milliardaire George Soros. Enfin, il a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », et les reportages de CNN de « fausses nouvelles ». Cette semaine, « les cibles de la rhétorique de Trump sont devenues les cibles d’une violence réelle », redit le quotidien.
« La découverte de bombes artisanales ciblant d’éminents politiciens démocrates et CNN fait peser une menace de violence en période électorale jusqu’alors inconnue aux Etats-Unis et repose la question de la rhétorique au vitriol des dirigeants politiques », rebondit l’agence AP.

        Le point sur l’affaire :
         

          Ce qu’il faut retenir des neuf colis suspects envoyés à des figures anti-Trump aux Etats-Unis



Diabolisation des opposants
CNN s’interroge : « Dès les premières bombes, le débat sur le rôle de la violence dans le discours politique a commencé. Mais ce débat a commencé depuis un bon moment, comme en témoigne l’éloge qu’a fait le président Trump » de Greg Gianforte. Dans le Montana, ce candidat républicain avait molesté un journaliste du Guardian, ne supportant pas qu’il lui pose une question avec insistance. M. Gianforte avait été condamné à six mois de prison avec sursis et quarante heures de travaux d’intérêt public.
Dans le New York Times, c’est Alexander Soros, le fils de George Soros, qui tire le signal d’alarme. Il rappelle son histoire familiale, son père, d’origine hongroise, grandissant sous la menace nazie, puis communiste, avant de fuir vers les Etats-Unis. « Les bombes (…) sont le résultat de la diabolisation des opposants dans la politique. »
Alexander Soros met lui aussi directement en cause Donald Trump : « Des suprémacistes blancs, des antisémites comme David Duke ont soutenu sa campagne. » Il évoque notamment le dernier clip de campagne M. Trump, le 4 novembre 2016, aux relents antisémites : « Il a libéré un [mauvais] génie [de l’antisémitisme] qui ne sera pas facilement remis à sa place, et pas qu’aux Etats-Unis. »
Donald Trump s’est empressé de dénoncer ces envois de colis piégés. « Dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler », a-t-il déclaré à la Maison Blanche. « Les actes et les menaces de violence politique, de quelque nature que ce soit, n’ont pas leur place aux Etats-Unis. Nous sommes très en colère », a-t-il ajouté, promettant de « faire toute la lumière » sur cette affaire.
Si le New Yorker note que la condamnation par Donald Trump de ces envois est la bienvenue, il rappelle au président ses déclarations passées, insistant sur le fait que la frontière entre l’incitation et la violence politique est ténue. « A moins que Trump n’y donne suite en changeant de comportement, ses paroles resteront vides de sens. Va-t-il maintenant cesser ses attaques contre les médias ? », s’interroge le magazine.
Pompier pyromane
Politico rappelle le passé de pompier pyromane du président, qui avait laissé entendre, en août 2016, que les « défenseurs du deuxième amendement » pourraient prendre les choses en main si Hillary Clinton venait à remporter les élections. Un an plus tard, il avait publié sur Twitter une vidéo de lui-même s’attaquant à un homme avec un logo CNN superposé sur son visage, sous le hashtag #FraudNewsCNN.

#FraudNewsCNN #FNN https://t.co/WYUnHjjUjg— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Jeudi 20 octobre, au lendemain de ses phrases d’apaisement, le président n’a pas manqué de rechuter sur son compte Twitter : « Une grande partie de la colère que l’on voit aujourd’hui dans notre société est provoquée par les informations délibérément fausses et inexactes des médias traditionnels, que je qualifie de “fake news”. C’est devenu si négatif et haineux qu’il n’y a plus de mots pour les décrire. Les médias traditionnels doivent changer d’attitude, VITE ! »
Après la découverte des premiers envois, républicains et démocrates ont fait front commun : Steve Scalise, député républicain de la Louisiane à la Chambre des représentants, blessé par balle en juin 2017, a tweeté : « La violence et la terreur n’ont pas droit de cité dans notre vie politique, ni ailleurs dans notre société. » Même Eric Trump, le fils du président, généralement pugnace sur Twitter, a publié un message condamnant ces envois.
Théorie complotiste
D’autres partisans du président n’hésitent pas à agiter la théorie du complot. Rush Limbaugh, le porte-parole radiophonique de la droite américaine, évoque à sa façon la « surprise d’octobre » censée bouleverser le cours de l’élection, rapporte le Daily Beast. L’animateur de radio a suggéré que ces envois avaient un but politique : « Cela se passe en octobre. Il y a une raison à cela. » Poursuivant dans sa logique, Rush Limbaugh a tranché : « Les républicains ne font pas ce genre de chose… »
Ces rumeurs trouvent tout naturellement un écho sur les sites d’extrême droite : « Ces prétendus “envois suspects” arrivent à point nommé avant les élections de mi-mandat », a ainsi tweeté Jacob Wohl, un des contributeurs du site d’extrême droite The Gateway Pundit.
Michael Flynn Jr, le fils de Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump et personnage actif derrière le « pizzagate » — délire viral autour d’un réseau pédophile qui aurait été dirigé par des proches de Hillary Clinton dans une pizzeria de Washington — s’est lui aussi interrogé, à grand renfort de sous-entendus, sur le rapport entre ces envois et les élections de mi-mandat.
Ce sont certes des figures de l’extrême droite, mais elles sont loin d’être marginales. Rush Limbaugh a un public nombreux, et le président Donald Trump en a été l’invité, le 1er août, tandis que Michael Flynn Jr a été membre de l’équipe de transition entre l’administration Obama et l’administration Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le banquier d’affaires a vendu 49 % de sa holding actionnaire du « Monde » à l’industriel tchèque. M. Kretinsky assure qu’il « ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction du Monde ». Le pôle d’indépendance du journal disposera d’un droit de veto sur un éventuel changement de contrôle.
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« Le Monde » : Pigasse a cédé une minorité de sa part à Kretinsky, tout changement de contrôle sera soumis à accord

Le banquier d’affaires a vendu 49 % de sa holding actionnaire du « Monde » à l’industriel tchèque. M. Kretinsky assure qu’il « ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction du Monde ». Le pôle d’indépendance du journal disposera d’un droit de veto sur un éventuel changement de contrôle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 11h58
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Il y a quelques jours », Matthieu Pigasse a vendu à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky 49 % de ses parts dans Le Nouveau Monde, la société qui détient sa participation dans le Groupe Le Monde. C’est ce que le coactionnaire majoritaire du journal a révélé lors d’une réunion qui s’est tenue jeudi 25 octobre, en présence du fondateur de Free, Xavier Niel, l’autre coactionnaire majoritaire, des représentants du pôle d’indépendance du Monde – constitué, notamment, des sociétés des rédacteurs, des employés et des lecteurs – ainsi que du directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, et du président du directoire, Louis Dreyfus. Le banquier d’affaires avait annoncé, le 17 octobre, être entré en négociations exclusives avec l’industriel du secteur de l’énergie, après des révélations du Monde.

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Engagement pour un droit de veto en cas de changement de contrôle
Lors de cette réunion, les actionnaires majoritaires se sont engagés à ce que tout changement de contrôle au sein de la société Le Monde Libre, dont Xavier Niel et Matthieu Pigasse sont les cogérants commandités, soit soumis à leur accord préalable, ainsi qu’à celui du pôle d’indépendance. Chaque partie bénéficierait donc d’une forme de droit de veto. Mais les modalités de ce « droit d’agrément » doivent être précisées par écrit d’ici quinze jours.
Cette concession de M. Pigasse est une réponse à une demande des salariés, qui soupçonnent M. Kretinsky de vouloir racheter 100 % du Nouveau Monde, afin de devenir cogérant du Groupe Le Monde – un scénario envisagé par M. Pigasse avant l’été, comme l’a révélé Libération.

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Dans l’entourage de Daniel Kretinsky, on ne réagit pas négativement au droit d’agrément : on répond qu’il relève des relations entre Matthieu Pigasse, le pôle d’indépendance et Xavier Niel. « En tout état de cause, M. Kretinsky ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction du Monde. De même qu’il a toujours œuvré dans l’intérêt des rédactions des titres dont il est propriétaire en République tchèque », ajoute-t-on.
« Je ne cherche pas avec les médias un moyen d’influence pour gagner d’autres activités dans un autre secteur, comme l’énergie », assure M. Kretinsky
Interrogé sur ses intentions concernant Le Monde – souhaite-t-il le co-contrôler, le contrôler ? –, Daniel Kretinsky répond : « Par mon passé, je suis habitué à travailler en partenariat. Je l’ai fait dans plusieurs de mes sociétés, dont mon groupe d’énergie EPH, que nous avons fondé à trois associés. Pour moi, vivre dans une situation de partenariat est naturel. » L’industriel se décrit comme un « homme de compromis et de consensus ». Toutefois, aucun contact n’a été noué à ce stade avec Xavier Niel.
« Pour nous, investir dans les médias est différent de notre activité économique principale, l’énergie : c’est largement une activité civique, assure M. Kretinsky. Notre intention n’est pas de nous imposer mais de participer. Je ne cherche pas avec les médias un moyen d’influence pour gagner d’autres activités dans d’autres secteurs, comme l’énergie. » 
Cette déclaration est une réponse indirecte à certains observateurs qui expliquent les investissements de M. Kretinsky dans les médias français par son intérêt supposé pour des opérations dans l’énergie, comme l’ouverture future du capital du groupe Engie. M. Kretinsky est propriétaire d’EPH, un acteur très puissant dans le secteur de l’énergie en Europe de l’Est, mais aussi présent en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie.
Politique du « fait accompli »
Il est également actionnaire majoritaire de Czech Media Invest (CMI), premier groupe de médias en République tchèque, et propriétaire, en France, de Marianne, ainsi que d’une partie du pôle magazines du groupe Lagardère. C’est la filiale internationale de CMI, IMI, qui investirait dans Le Nouveau Monde.
Au sein du quotidien, des inquiétudes se sont fait entendre, jeudi, lors d’une réunion d’information. « Certains journalistes ont questionné la valeur de la parole donnée par Matthieu Pigasse, notamment sur le droit d’agrément, rapporte Paul Benkimoun, président de la Société des rédacteurs du Monde. Nous avons répondu que nous avions obtenu une trace écrite – par retour d’e-mail. Nous ne sommes pas naïfs. »
D’autres se sont émus des « dommages » que le changement d’actionnariat entraîne pour l’image du Monde. Certains rédacteurs ont aussi regretté la politique du « fait accompli » pratiquée par le banquier, qui a vendu une participation à M. Kretinsky sans avoir organisé de rencontre avec la rédaction.
« Nous sommes repartis de la réunion de ce matin avec davantage que ce que nous avions en y arrivant, a souligné M. Benkimoun, en référence au droit d’agrément. Nous avons mené les discussions avec les actionnaires pour nous prémunir contre ce que nous redoutons le plus, une prise de contrôle majoritaire. »
Endettement
Lors de la réunion, jeudi matin, Matthieu Pigasse a justifié par son endettement sa décision de faire appel à M. Kretinsky, rapporte Sébastien Carganico, le délégué du pôle d’indépendance. Le fondateur des Nouvelles Editions indépendantes (Les Inrocks, Radio Nova…) a affirmé avoir hypothéqué certains de ses biens et cherché des financements auprès de banques, en vain. Il a aussi expliqué qu’une partie de ses parts dans Mediawan – la société cotée qu’il a créée avec Xavier Niel et le producteur Pierre-Antoine Capton pour investir dans l’audiovisuel – n’étaient pas cessibles.
M. Pigasse a assuré que dans la vente à M. Kretinsky, sa société Le Nouveau Monde était valorisée 34 millions d’euros. Ce montant surprend car il est beaucoup plus bas que les 100 millions évoqués dans le cadre du projet de cession totale envisagé cet été. Toutefois, l’apport de M. Kretinsky ne se limite pas à l’achat de 49 % du capital de LNM, et comprend, par exemple, un prêt qui a permis à M. Pigasse de solder l’emprunt d’environ 25 millions d’euros contracté pour investir dans Le Monde. 
Jeudi, la composition du capital de Le Monde Libre a été précisée : les sociétés de MM. Niel et Pigasse en détiennent chacune 26,6 %, de même que Madison Cox, l’héritier de Pierre Bergé, décédé en 2017. Mais M. Bergé avait conclu un accord cédant ses parts à MM. Niel et Pigasse, pour un montant de 25 millions d’euros environ, étalé sur six ans : elles seront transférées en janvier 2021. Les 20 % restant du capital appartiennent au groupe de médias espagnol Prisa. Prisa et M. Cox n’ont pas de pouvoir de cogérance comme MM. Niel et Pigasse, mais ils peuvent nommer des administrateurs au conseil de surveillance.
M. Pigasse a, enfin, assuré que Daniel Kretinsky – « pro-européen », selon lui – s’était engagé à signer la charte de déontologie du Monde. Les représentants du pôle d’indépendance ont demandé à rencontrer l’investisseur tchèque, ce que ce dernier a accepté. Mardi, l’exécutif avait pris la parole : « La question d’un actionnariat étranger sur des grands titres de presse française, comme Le Monde, est une question importante. J’y travaillerai dans les quelques jours, semaines et mois qui viennent », a déclaré le nouveau ministre de la culture, Franck Riester sur France Inter.

   





                            


                        

                        


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La presse francophone belge en grande difficulté

La direction du quotidien « L’Avenir » a annoncé la suppression de 64 postes sur 294, essentiellement dans les rédactions et les services commerciaux.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 11h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
L’ensemble des pages du quotidien belge L’Avenir, deuxième titre francophone en audience cumulée (papier, Internet et digital) étaient amputées d’un quart de texte, mercredi 24 octobre. La réponse des journalistes à la direction du groupe wallon, présent également sur le marché français par le biais de parts minoritaires dans La Provence et Nice-Matin, qui avait annoncé la veille la suppression de 64 postes sur 294, principalement dans les rédactions et les services commerciaux. « Un quart de notre personnel menacé, un quart de votre journal aussi », expliquait le message adressé aux lecteurs.
A en croire la direction, le plan qu’elle a élaboré viserait à « la transformation et à la relance » du titre, ainsi qu’à faire de L’Avenir le premier titre francophone du pays. « Se redéployer avec trois quarts des effectifs, c’est impossible », assure Martine Simonis, secrétaire générale de l’Association des journalistes professionnels.
Les employés, qui ont déposé un préavis de grève et dénoncent « l’extrême violence » de leurs dirigeants, opposent l’exigence de qualité assignée au titre et le licenciement de nombreux journalistes. Ils s’interrogent également sur le développement d’une offre numérique performante et leur meilleure implantation dans les villes, autres objectifs fixés par la direction.

C’est surtout la réalisation de synergies entre les pôles médias et télécoms du groupe actionnaire, Nethys, qui, selon le personnel, est à l’ordre du jour. Nethys (3 000 salariés, pour 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) est la branche opérationnelle du groupe Publifin. Cette structure de la province de Liège, active dans de nombreux domaines, a été au cœur d’un récent scandale en raison des rémunérations extravagantes qu’elle octroyait à ses dirigeants et administrateurs, des mandataires publics parfois payés alors qu’ils n’assistaient à aucune réunion.
Une commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ La salle de presse va déménager « à deux minutes à pied », ce que des journalistes considèrent comme « un verrouillage de l’Elysée ».
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L’Elysée éloigne les journalistes du cœur du palais

La salle de presse va déménager « à deux minutes à pied », ce que des journalistes considèrent comme « un verrouillage de l’Elysée ».



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 11h42
    |

            Virginie Malingre








                        


La salle de presse de l’Elysée ne sera plus dans l’hôtel d’Evreux, le bâtiment principal du palais, au 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. D’ici à la fin de l’année, a confirmé la présidence de la République dans un communiqué mercredi 24 octobre au soir, elle sera transférée « à deux minutes à pied », rue de l’Elysée.
Cette annonce est le dénouement d’un bras de fer qui dure depuis plusieurs mois entre la présidence de la République et les médias. La décision du déménagement a été prise juste après l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, et rendue publique en février sans qu’aucune concertation avec les journalistes n’ait au préalable été menée. « Il y a des privilèges qui tombent », avait même avancé à l’époque le service de presse du chef de l’Etat. Face au tollé que cette annonce avait alors suscité, elle avait finalement été reportée.
Entre-temps, Emmanuel Macron a chuté dans les sondages, l’affaire Benalla a laissé des traces et l’Elysée a décidé de « démilitariser » ses relations avec la presse, pour reprendre l’expression de Sylvain Fort, désormais à la tête du service de communication. S’agissant du sujet de la salle de presse, il a été décidé d’y mettre les formes. « Depuis février, nous avons beaucoup discuté avec les rédactions, pour évaluer leurs besoins et leur offrir de meilleures conditions de travail », ajoute l’Elysée, où l’on évoque des espaces plus grands, mieux adaptés aux nouvelles technologies et aux nouvelles manières de travailler des médias. « Ce sont 36 vrais postes de travail assis qui seront à disposition des journalistes, contre 16 aujourd’hui », explique le communiqué.

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Aujourd’hui, les agences de presse, dont l’AFP, ont accès en permanence à la salle de presse située dans la cour de l’Elysée, quand les autres médias n’en bénéficient qu’en certaines occasions, comme le conseil des ministres ou les réceptions de dirigeants étrangers. Le reste du temps, les journalistes non accrédités ne disposent pas de bureaux, et travaillent dans la rue ou dans les établissements situés aux alentours.
« Verrouillage »
C’est Valéry Giscard d’Estaing qui avait ouvert un espace pour les journalistes à l’intérieur du palais et François Mitterrand qui, en 1984, l’avait transféré à son emplacement actuel, sur la cour d’honneur, dans un souci de transparence. Aujourd’hui, c’est sur ce terrain que l’Association de la presse présidentielle se place pour contester le déménagement. Il « ne saurait être considéré autrement que comme un verrouillage de l’Elysée et une décision attentatoire à la liberté d’informer et de travailler des journalistes », a-t-elle déploré, mardi, en anticipant le communiqué à venir de l’Elysée.
Le cabinet d’Emmanuel Macron fait valoir qu’il n’y a aujourd’hui dans l’enceinte historique du palais « qu’une seule salle de réunion pour 822 agents, dont 600 sont au 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré. D’une capacité de 20 personnes, [elle] ne permet pas de couvrir les besoins actuels de la présidence au quotidien et impose de nombreuses délocalisations dans les annexes ». Par ailleurs, pointe l’entourage du chef de l’Etat, « la coordination nationale du renseignement, qui est au cœur du pouvoir, est à l’hôtel de Marigny. L’état-major particulier du président, le numéro deux du protocole de l’Elysée et la cellule diplomatique sont rue de l’Elysée ». 

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Canal + s’éloigne du cinéma français

L’entreprise a rompu les négociations avec les vingt-trois organisations du 7e art pour renouveler l’accord qui les lie jusqu’à la fin de 2019.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 10h40
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a rompu, dans un courrier daté du vendredi 19 octobre, les négociations avec les vingt-trois organisations du cinéma français pour renouveler l’accord qui les lie jusqu’à la fin de 2019. Par un effet de domino, le patron de Canal+ a également fait achopper la réforme de la chronologie des médias (l’exploitation d’un film sur différents supports, comme les chaînes de télévision, la vidéo à la demande ou Netflix, après leur sortie en salle). La chaîne cryptée avait refusé, le 6 septembre, de signer ce dernier protocole avant d’avoir signé une entente avec le cinéma.
Défendant des intérêts variés voire antinomiques, les représentants du 7e art (les exploitants, les producteurs, les distributeurs, les cinéastes…) n’ont pas trouvé de terrain d’entente avec le principal banquier du cinéma français, qui a préacheté pour 114 millions d’euros de films en 2017. La plupart des organisations semblent déçues, surprises, et refusent de réagir officiellement pour ne pas compromettre une reprise des négociations.

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Chez Canal+, l’exaspération est, en revanche, très palpable. Maxime Saada a affirmé, dans son courrier envoyé au Bureau de liaison des industries cinématographiques (BLIC), au Bureau de liaison des organisations du cinéma (BLOC) et à la Société civile des auteurs réalisateurs producteurs (ARP), que les nouvelles négociations s’effectueront « de façon bilatérale » et que les concessions acceptées au cours de l’année écoulée « ne constitueront pas la base de [leurs] échanges à venir ».
« Le cinéma se bunkérise, se rabougrit »
Sur quoi ont-ils achoppé ? Des points techniques, comme l’assiette des calculs des obligations de Canal+. Aujourd’hui, la chaîne soit consacre 12,5 % de son chiffre d’affaires à des acquisitions de droits de films européens, soit investit 3,61 euros par abonné et par mois dans des longs-métrages d’expression française. Dans la mesure où les offres d’abonnement de Canal+ varient de 10 euros à près de 40 euros par mois, les discussions ont porté sur la valeur des différents abonnés. Autre question en débat, l’introduction d’un plafond d’investissements de 180 millions d’euros par an dans le cinéma français et européen. Canal+ demandait à s’engager dans la production déléguée de quatre longs-métrages par an par le biais de Studio Canal, tandis que les organisations cinématographiques en acceptaient trois. Canal+ a accusé Gaumont, Pathé ou UGC de protéger leur pré carré et de refuser toute concurrence.
Chacun est pourtant persuadé d’avoir proposé à l’autre « des conditions extrêmement favorables ». Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) pense que la difficulté vient du fait qu’« il n’y a pas de négociateur en chef pour le cinéma » et que les demandes n’ont pas été assez hiérarchisées. « Se battre sur un film en production déléguée n’a pas de sens, tout comme il est logique que Canal+ ne compte pas de la même façon un abonné qui paie 40 euros par mois et celui qui a choisi [un abonnement à] 10 euros », ajoute-t-il. A ses yeux, « le cinéma se bunkérise, se rabougrit. C’est d’autant plus grave que, dans les dîners en ville, on parle aujourd’hui bien plus des séries que des films. Or Netflix approche les 4 millions d’abonnés en France ». Il déplore que « cette occasion unique d’améliorer la chronologie des médias » n’ait pas été saisie. « C’est mauvais pour le cinéma français », conclut-il.
Soupçon de vente, à terme, de Canal+ par Vivendi
Une des parties prenantes « ne comprend pas pourquoi Canal+ a refusé de signer, alors que 90 % de l’accord étaient acquis ». Un autre se demande « s’il s’agit d’un mouvement tactique de Canal+ » et s’« il existe une vraie volonté de son actionnaire, le groupe Vivendi, d’accorder une place centrale au cinéma dans Canal+ ». Si ce n’est pas le cas, « il faut qu’on le sache », ajoute-t-il.
Un troisième négociateur soupçonne Vivendi de vouloir vendre, à terme, Canal+. Affaiblie par la perte des droits du football, la chaîne, si elle n’est pas ligotée par des obligations contraignantes dans le cinéma, trouverait plus facilement acquéreur. Une hypothèse écartée à Canal+, où l’on rappelle s’être engagé dans une candidature sur la TNT et, surtout, avoir proposé de resigner à l’identique les accords en vigueur avec le cinéma jusqu’en 2023…
La réforme de la chronologie des médias n’est donc pas pour demain. Canal+ préfère renoncer aux avantages qui y afféraient – la possibilité de diffuser des films entre six et huit mois après leur sortie en salle, contre dix à douze mois aujourd’hui –, puisque l’accord avec le cinéma est bloqué. Si les acteurs ne sont « pas en capacité de prendre leurs responsabilités, la loi pourra trancher » l’évolution du cadre réglementaire de la chronologie des médias, a déjà prévenu le nouveau ministre de la culture, Franck Riester.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 24/10/2018
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Le CSA sanctionne Canal+ pour son clip promotionnel sur le Togo

La chaîne avait diffusé, en décembre 2017, un reportage élogieux à l’égard de ce pays d’Afrique de l’Ouest, où le groupe Bolloré est implanté.



LE MONDE
 |    24.10.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 11h13
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a sanctionné, mercredi 24 octobre, Canal+ pour avoir diffusé, en décembre 2017, un programme vantant la politique économique du Togo – un pays d’Afrique de l’Ouest dans lequel Vincent Bolloré, à l’époque président du conseil de surveillance de la chaîne, détient des intérêts stratégiques par le truchement du groupe Bolloré.
Il est 7 h 03, ce vendredi 22 décembre 2017, quand, sans qu’un générique l’annonce, un publi-reportage apparaît à l’antenne de la chaîne cryptée. Il s’agit d’une séquence durant moins de sept minutes, dans laquelle le Togo est présenté comme un « pays disposant d’infrastructures modernes », et dont « la stabilité politique sécurise tout le pays et encourage des investissements venus du monde entier ». 
Révélée par le site d’information Les Jours, la vidéo incite le CSA à déclencher une enquête. Dans la décision qu’il a rendue le 24 octobre, le Conseil a estimé que Canal+, en faisant « un éloge appuyé de la politique économique menée par le gouvernement d’un Etat africain », avait failli à ses exigences déontologiques.
Les sages du CSA soulignent que « ce programme comportait plusieurs images issues de la communication institutionnelle » du Togo, sans que les téléspectateurs en aient été informés d’une quelconque manière. En guise de sanction, un présentateur de Canal+ devra lire un communiqué du CSA au cours des huit prochains jours, hors week-end, et pendant un programme diffusé en clair.
Conflit d’intérêts
Interrogée par les représentants du personnel au cours d’un comité d’entreprise dont Les Jours avait obtenu un compte rendu, la direction de Canal+ avait assuré que ce clip était le pilote d’une future émission consacrée aux « initiatives positives » qui se développent dans les pays émergents. Du reste, la vidéo n’avait été vue par presque aucun téléspectateur, selon Médiamétrie.
Bien que le CSA n’y fasse pas directement allusion, c’est bien le risque d’un conflit d’intérêts impliquant Vincent Bolloré qui avait, à l’époque, déclenché la polémique. Le groupe Bolloré, détenu par le propriétaire de Canal+, investit massivement au Togo, où il est notamment chargé de la gestion du port de Lomé.
Deux mois plus tôt, un épisode similaire avait fait grand bruit. Après sa diffusion dans l’émission « L’Effet papillon », un reportage sur la répression de l’opposition togolaise par le président, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, avait été supprimé du site Internet de Canal+.

        Notre enquête sur
         

          le système Bolloré






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Un reporter, un photographe et leur chauffeur ont été assassinés à la frontière colombienne alors qu’ils enquêtaient sur le trafic de drogue.
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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          Un nom inscrit d’une écriture fine sur un registre d’hôtel : Javier Ortega. Profession : journaliste au quotidien équatorien El Comercio. C’est le dernier écrit laissé, le lundi 26 mars, par ce reporter de 32 ans. A 7 h 10, des caméras de surveillance le filment en train de quitter l’Hôtel El Pedregal, à San Lorenzo, dans le nord-ouest du pays, en compagnie du photographe Paul Rivas, 45 ans, et de leur chauffeur, Efrain Segarra, 60 ans. Les trois hommes prennent la direction de Mataje, dernier village avant la frontière colombienne. Leurs corps, criblés de balles, seront retrouvés trois mois plus tard à plusieurs dizaines de kilomètres de là, dans la région de Nariño (Colombie), où opèrent de nombreux groupes de narcotrafiquants.          Que s’est-il passé dans la jungle escarpée qui tient lieu de frontière ? Un groupe de dix-neuf reporters indépendants équatoriens et colombiens s’est constitué pour le savoir. Pour des raisons de sécurité, ils travaillent sous couvert d’anonymat. L’organisation Forbidden Stories (« histoires interdites »), dont la vocation est de poursuivre le travail des journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés, a enquêté avec eux afin de comprendre ce qui s’est passé après la disparition du trio, le 26 mars.          Yadira Aguagallo, la compagne du photographe, se souvient lui avoir dit : « S’il te plaît, cette fois n’y va pas ! Je sens que c’est très dangereux. » C’était la troisième fois, depuis le début de l’année, que Paul Rivas partait en reportage à la frontière. De fait, il s’agit bien d’une zone à risque, théâtre de multiples épisodes de violence. Six jours plus tôt, trois militaires avaient été tués et un autre blessé dans l’explosion d’un engin artisanal à Mataje.          Guérilleros et cartels                  ;       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Article sélectionné dans La Matinale du 22/10/2018
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« Le Monde » : Pigasse a envisagé de céder toutes ses parts au Tchèque Kretinsky

Selon « Libération », l’actionnaire a signé un projet d’accord avec le milliardaire tchèque durant l’été avant de se raviser et d’opter pour une cession minoritaire.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 00h53
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 11h02
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, coactionnaire majoritaire du groupe Le Monde aux côtés de Xavier Niel, le fondateur de Free, a songé cet été à céder l’intégralité de ses parts à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, selon les informations publiées par Libération, lundi 22 octobre. M. Pigasse s’est ensuite ravisé et c’est uniquement pour une cession minoritaire de 40 % à 49 % de sa société Le Nouveau Monde (LNM) qu’il a annoncé, le 17 octobre, être entré en négociations exclusives avec l’industriel de l’énergie et des médias.
Ces révélations contrastent avec les propos récents de M. Pigasse, qui a assuré ne chercher en M. Kretinsky qu’un partenaire minoritaire. Contacté, l’actionnaire « maintient l’intégralité de son communiqué de presse du 17 octobre ». « L’accord porte sur une participation minoritaire. Matthieu Pigasse conserve seul le contrôle de la société Le Nouveau Monde et demeure le seul cogérant, aux côtés de Xavier Niel, de la société Le Monde libre, holding de contrôle du groupe Le Monde et de L’Obs », souligne-t-il.

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L’actionnaire précise aussi que « son seul objectif a toujours été, est et sera de préserver l’équilibre et l’indépendance du groupe Le Monde, auxquels Daniel Kretinsky pourra utilement contribuer ». Contacté, l’entourage de l’industriel tchèque n’a pas souhaité réagir.

   


Plus-value d’environ 50 millions d’euros
De son côté, Libération précise avoir consulté « plusieurs documents » qui « attestent qu’un accord pour une cession à 100 % de LNM, la société de M. Pigasse, a été bouclé dès le mois de juillet ». Cette transaction aurait fait de Daniel Kretinsky un cogérant commandité du Monde aux côtés de Xavier Niel.
Le quotidien précise que le projet d’accord valorisait LNM autour de 100 millions d’euros, soit, pour le banquier d’affaires, une plus-value d’environ 50 millions d’euros par rapport à son investissement dans Le Monde depuis son entrée au capital du groupe, en 2010.

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S’il a renoncé à cette cession majoritaire, le banquier d’affaires, a, ajoute Libération, déjà touché un versement de M. Kretinsky, grâce auquel il a remboursé un prêt contracté pour investir dans Le Monde en 2010. Cela montre l’état avancé des « négociations exclusives » annoncées.
L’absence de concertation en amont et la localisation de l’investissement de Daniel Kretinsky dans LNM – qui ne détient que la participation de M. Pigasse dans Le Monde, à la différence de sa filiale Les Nouvelles Editions indépendantes, qui abrite Les Inrocks ou Radio Nova – sèment un doute au sein de la rédaction sur la volonté de l’homme d’affaires tchèque de rester minoritaire.
Les représentants du pôle d’indépendance du Monde, rassemblant les sociétés des rédacteurs, des personnels ou des lecteurs, ont rendez-vous avec les actionnaires jeudi 25 octobre. Daniel Kretinsky a aussi fait savoir qu’il était disposé à rencontrer les salariés pour expliquer ses intentions.



                            


                        

                        


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Par  Eric Albert   Publié le 22 octobre 2018 à 12h18 - Mis à jour le 22 octobre 2018 à 12h18   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                         Chris Evans, le DJ star de BBC Radio 2, avait le deuxième plus gros salaire de l’antenne (1,9 million d’euros) avant qu’il ne décide de partir. Neil Mockford/GC Images/Getty             Officiellement, l’argent n’a rien à voir avec cette histoire. En annonçant en septembre son départ de la prestigieuse BBC, qui regroupe les télés et radios publiques britanniques, Chris Evans, mégastar de la très populaire matinale de BBC Radio 2 (9 millions d’auditeurs), parlait de « démarrer une nouvelle aventure ». Quelques semaines plus tôt, Eddie Mair, pilier charismatique du journal de 17 heures de Radio 4, partait avec l’excuse suivante : « Il est temps que je laisse la place à quelqu’un d’autre, avant que je ne sois trop vieux. [Il a 52 ans.] »          Tous les deux sont allés rejoindre des radios privées aux audiences beaucoup plus faibles. De fait, l’argent est bien au cœur de l’affaire. Non seulement parce que les nouveaux salaires des deux présentateurs sont probablement nettement plus élevés, mais aussi parce qu’ils fuient la lumière sur leurs émoluments. Depuis un an, la BBC a l’obligation de faire connaître la rémunération de ses stars. Sans surprise, chaque publication provoque controverses et tensions, profitant à la concurrence.          Le centre de l’attention          « On perd des gens, et on vient d’en perdre quelques-uns, pour plein de raisons différentes, mais la transparence, c’est évident, a été un facteur significatif », estime Tony Hall, le directeur général de la BBC. Le cas de Chris Evans est le plus flagrant. Le DJ gagnait l’an dernier 1,66 million de livres (1,9 million d’euros), faisant de lui le deuxième meilleur salaire de l’antenne, derrière Gary Lineker, l’animateur de l’émission de football « Match of the Day » (1,75 million de livres).           Cette transparence sur les salaires des stars revient à John Whittingdale, un ancien ministre conservateur de la culture, qui n’a jamais apprécié la toute-puissance de la BBC.          « Je crois que la pression qui était exercée sur lui à chaque fois que les salaires étaient publiés était assez difficile à vivre, continue Tony Hall. Pendant trois ou quatre jours, il a été le centre d’attention. Si vous êtes un présentateur, c’est quelque chose que vous prenez en compte quand vous réfléchissez à l’endroit où vous voulez travailler. Je lui tire mon chapeau. Il a traversé ça avec beaucoup de stoïcisme. C’est un présentateur remarquable, et c’est une perte pour la BBC et pour nos auditeurs. »            Lire aussi Une journaliste de la BBC démissionne pour protester contre les inégalités salariales au sein de la chaîne             Eddie Mair n’est pas dans la même catégorie. Mais il n’a pas forcément apprécié non plus de voir son salaire de 330 000 livres (375 000 euros) rendu public. Cette transparence sur les salaires des stars revient à John Whittingdale, un ancien ministre conservateur de la culture. De même qu’une large partie des tories, il n’a jamais apprécié la toute-puissance de la BBC, considérée comme trop à gauche.          L’ère de la transparence a sonné          Son argument est simple : il s’agit d’argent public et le contribuable doit connaître son utilisation. « Si quelqu’un gagne l’équivalent de mille redevances, ceux qui le paient ont le droit de le savoir. » La redevance étant actuellement de 150 livres par an, tous les salaires au-dessus de 150 000 livres sont désormais publiés.           Les dirigeants du groupe public refusent cette logique. Ils pointent que la concurrence n’est pas soumise à la même exigence.          De fait, l’ère est partout à la transparence des feuilles de paie. Tous les membres des conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse voient leurs salaires publiés depuis 2006. Les actionnaires ont désormais un droit de vote sur la politique de rémunération – ce qui n’a pas entravé l’inflation des hauts salaires. Cette évolution peut sembler logique à la BBC. Mais les dirigeants du groupe public refusent cette logique. Ils pointent que la concurrence n’est pas soumise à la même exigence. Radios et télévisions privées aux poches profondes peuvent renchérir en toute discrétion. Elles sont aussi en excellente position pour négocier, connaissant le salaire exact des stars.            Cette situation exaspère Graham Norton, animateur d’une grande émission de variétés du samedi soir sur la « Beeb » (son salaire s’élève à 600 000 livres). « La transparence était déjà en place, la BBC publiait la proportion de la redevance qu’elle versait aux présentateurs. Voilà qui devrait intéresser les gens. Mais le reste n’est que ragots. Quand les députés ont demandé la publication de chaque salaire, je me suis dit : “Vraiment ? Vous voulez connaître le salaire de Gary Lineker ?” C’est pathétique. » Cette transparence, malgré l’indignation des intéressés, est en réalité seulement partielle…                    La BBC publie les salaires qu’elle verse directement aux stars. Mais beaucoup sont aussi payées par le biais de sociétés de production, et le montant de ces rémunérations n’est pas dévoilé. C’est notamment le cas, en partie, de Graham Norton.                                                        Eric Albert  (Londres, correspondance)           Voir les réactions      Dans la même rubrique                  Article réservé à nos abonnés Chilly Gonzales, pianiste baroque pop  A 46 ans, l’excentrique Canadien n’a rien abandonné de sa quête de liberté. Le troisième opus de ses « Solo Piano » sort le 7 septembre, un mois avant « Shut up And Play The Piano », documentaire consacré à son parcours.                         Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré  Si la comédienne de 29 ans est aujourd’hui une des plus demandées du cinéma français, elle ne cède rien au star-système. Et s’essaie à faire rire intelligemment avec « En Liberté ! » de Pierre Salvadori.                      La ville du Cap confrontée à une profonde crise de l’eau  Frappée par la sécheresse pendant trois ans, la ville du Cap, en Afrique du Sud, a envisagé de couper les robinets. Les pluies d’hiver ont finalement éloigné ce « jour zéro ».                        Le Prix Virginia récompense la photographe Cig Harvey  L’artiste britannique est la lauréate du prix qui récompense, tous les deux ans, l’œuvre d’une femme photographe. Dans sa série « You an Orchestra You a Bomb », elle saisit des moments de la vie qui, par l’émotion qu’ils dégagent, « coupent le souffle ».                       Article réservé à nos abonnés En Corée, la Croix-Rouge réunit les familles du Nord et du Sud  Du 20 au 26 août, des familles séparées depuis près de soixante ans se retrouveront en Corée du Nord. C’est la dernière en date des quelque vingt rencontres qui ont eu lieu.                         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La Chine en pleine mutation  Fini l’économie socialiste, place désormais à l’ouverture vers le progrès économique express. Dans son projet « Pays d’ambition », le photographe Yan Ming saisit l’atmosphère de chantier permanent dans l’empire du Milieu.                        Au Kenya, une diffusion à la petite semaine pour « Rafiki »  La diffusion en salle du film de la réalisatrice Wanuri Kahiu sur les amours de deux jeunes femmes à Nairobi a été autorisée du 23 au 27 septembre seulement. Cela a toutefois suffi à le propulser en tête du box-office.                      Leila Ali Elmi, musulmane et voilée, fait son entrée au Parlement suédois  En vingt et unième position sur la liste des Verts, la jeune femme d’origine somalienne a été élue au Riksdag le 14 septembre. Une élection qui suscite la polémique.                         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Nathan Nicholovitch, réalisateur franc-tireur  Finalisé en 2015, « Avant l’aurore », qui raconte la rencontre au Cambodge d’un prostitué et d’une petite fille, a été produit en marge du système classique de financement des films.                         Article réservé à nos abonnés Perrotin-Mennour, les parrains de l’art contemporain  Partis de rien, les galeristes Emmanuel Perrotin et Kamel Mennour sont devenus les marchands d’art les plus respectés de Paris grâce à leur sens des affaires et leur nez pour dénicher les futurs talents.                                       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Le prix Albert-Londres décerné à la journaliste du « Monde » Elise Vincent

Le 80e prix de la presse écrite a été remis à la reporter du « Monde » pour une série de six enquêtes.



LE MONDE ECONOMIE
 |    22.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 16h18
    |

                            Alexandre Berteau








                        


Lundi 22 octobre la journaliste du Monde Elise Vincent s’est vu remettre, à Istanbul, le 80e prix Albert-Londres de la presse écrite des mains de la lauréate 2016, Claire Meynial. Six enquêtes, signées entre juin 2017 et juin 2018 – parmi lesquelles « Le djihad derrière les barreaux », « Génération salafiste » ou « Le dossier Logan » sur le terrorisme d’extrême droite – ont séduit le jury. Ses membres ont salué « la constance et la rigueur » avec lesquelles Elise Vincent couvre « les crispations françaises » depuis plus de huit ans dans le quotidien du soir.
Créé en 1933 pour récompenser les reporters francophones de moins de 40 ans, le prix Albert-Londres est aussi décerné dans la catégorie audiovisuelle. Marjolaine Grappe, Christophe Barreyre et Mathieu Celard ont ainsi été félicités pour leur documentaire Les hommes du dictateur. Dans cette enquête, diffusée sur Arte en mai, les trois journalistes indépendants dévoilent comment la Corée du Nord, l’un des pays les plus pauvres de la planète, est parvenue à se doter d’un arsenal nucléaire sur lequel repose aujourd’hui toute sa diplomatie.
Le jury accueilli à Istanbul
En 2017, David Thomson avait inauguré le prix Albert-Londres du livre avec son ouvrage Les Revenants, une enquête mêlant portraits et entretiens avec des Français de retour dans leur pays, après être partis faire le djihad en Syrie. Lundi, à Istanbul, le journaliste a salué son premier successeur, Jean-Baptiste Malet, pour son livre L’Empire de l’or rouge. Une enquête à travers laquelle l’auteur plonge son lecteur dans les dessous du commerce mondial du concentré de tomates. « Plus personne ne peut en acheter sur un marché ou manger une pizza avec la même insouciance après avoir pris connaissance de ce livre », ont estimé les jurés.
L’an dernier, la cérémonie de remise du « Goncourt du journalisme » était dédiée aux deux reporters français Véronique Robert et Stéphan Villeneuve et à leur confrère kurde Bakhtiyar Haddad, morts le 19 juin 2017 dans l’explosion d’une mine, alors qu’ils couvraient la bataille de Mossoul, en Irak. En choisissant cette année de remettre ce prix à Istanbul, où plus de 120 journalistes sont incarcérés, selon Reporters sans frontières, les organisateurs ont souhaité mettre en lumière « l’état de coma profond dans lequel est plongé le journalisme turc » depuis le putsch raté du 15 juillet 2016 contre le président Erdogan.
A la faveur d’une sombre coïncidence, c’est aussi à Istanbul que le journaliste d’opposition saoudien Jamal Khashoggi a été tué dans le consulat d’Arabie saoudite, le 2 octobre. Un meurtre que le royaume a fini par reconnaître, samedi, tout en niant l’implication du prince héritier, Mohammed Ben Salman.

Les articles de notre journaliste récompensée par le prix Albert Londres 2018
Le 80e prix Albert Londres a été remis lundi 22 octobre à Istanbul à notre journaliste Elise Vincent, pour une série de reportages sur le djihadisme et la radicalisation en France. Retrouvez les articles récompensés ci-dessous :
Le djihad derrière les barreauxPrêcheur, autoentrepreneur, père de famille : itinéraire d’un salafiste françaisLa croisade avortée de Logan N., ou l’histoire d’une tentation terroriste d’ultradroite« Dis-moi où est l’argent » : l’antisémitisme au cœur d’un procèsA Toulouse, dope, foi et vendettaCao Hua Qin, « protecteur » pour la diaspora chinoise, « parrain » pour la police





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le dirigeant de La France insoumise a appelé à « pourrir » les journalistes, décrits comme des « abrutis ». Radio France va porter plainte en justice.
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Mélenchon, visé par les juges, s’en prend aux médias

Le dirigeant de La France insoumise a appelé à « pourrir » les journalistes, décrits comme des « abrutis ». Radio France va porter plainte en justice.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 13h44
    |

            Sylvia Zappi et 
Alexandre Piquard








                        



   


Entre Jean-Luc Mélenchon et les médias, le torchon brûle… encore. La séquence ouverte avec les perquisitions menées au ­domicile ou au siège du parti du leader de La France insoumise (LFI) a dégénéré, en fin de semaine, en un ­affrontement avec la presse. Les conflits ­entre M. Mélenchon et les journalistes ne sont pas inédits, mais un nouveau palier a été franchi depuis quelques jours.
Lundi 22 octobre, la direction juridique de Radio France devait qualifier le motif de la plainte que l’entreprise veut déposer contre le député, explique au Monde Vincent Giret, le directeur de Franceinfo.
De son côté, après avoir exigé l’annulation des perquisitions qui ont eu lieu ainsi que la restitution des biens et des fichiers emportés par la ­police, M. Mélenchon a demandé samedi à ses avocats de déposer plainte contre ­Mediapart pour « violation du secret de l’enquête », selon Manuel Bompard, le directeur des campagnes de LFI.
La montée de tension avec Franceinfo est née de la publication, vendredi matin, d’une enquête sur des soupçons de surfacturation de prestations pendant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, notamment au bénéfice de Mediascop, l’entreprise de Sophia Chikirou, qui était sa conseillère en communication. En réaction, l’ancien candidat a appelé ses partisans à contre-attaquer en visant les journalistes de Franceinfo :
« Pourrissez-les partout où vous pouvez. (…) Il faut qu’à la fin il y ait des milliers de gens qui se disent “Les journalistes de Franceinfo sont des menteurs, des tricheurs” », a-t-il notamment dit, dans une ­vidéo publiée sur Facebook, les qualifiant aussi « d’abrutis ». Dans une note de blog publiée dimanche, le député des Bouches-du-Rhône a demandé « un débat public ­contradictoire avec nos diffamateurs de ­Radio France sur une chaîne comme BFM qui n’appartient pas au gouvernement ».
« Il y a des gens qui agissent délibérément contre nous avec des informations fausses comme de faire croire qu’on peut mettre en ­ligne une vidéo en dix minutes, insiste Ugo Bernalicis, député du Nord, en référence aux soupçons de surfacturation des pres­tations de publication sur le Web des discours de M. Mélenchon. « On n’a pas souhaité cette escalade, mais on ne va pas laisser ces mensonges sans aucune réaction », renchérit M. Bompard.

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« Hypocrisie »

   


« En choisissant l’invective, Jean-Luc Mélenchon a choisi de se placer sur le terrain du pourrissement », a déploré en réponse le ­syndicat SNJ-CGT de Radio France. « Si demain un ou une journaliste de Radio France se faisait physiquement agresser par une ­personne habitée d’une “haine juste et saine” et qui aurait mal interprété votre appel à “pourrir” des “abrutis”, quelle serait alors votre réaction ? », a demandé la société des journalistes de Radio France. Sur Twitter, certains journalistes ont relayé, par solidarité, le mot-clé #jesuisunabruti.
Dans la foulée, une seconde altercation a éclaté quand Mediapart a publié, vendredi soir, un article détaillant « les premières découvertes des perquisitions Mélenchon ». Le site affirme notamment que « plus de 12 000 euros en liquide » ont été découverts « au domicile d’un des plus anciens proches du leader insoumis », mais, surtout, il précise que Sophia Chikirou était « présente » le matin de la perquisition au domicile personnel de Jean-Luc Mélenchon. « Le patron de La France insoumise et la communicante en­tretiennent en réalité de longue date, selon nos informations, une relation extraprofessionnelle », écrit Mediapart.
Fabrice Arfi, coauteur de l’article, admet qu’évoquer une telle relation est « délicat » car elle relève de la vie privée, mais il « assume » d’avoir voulu « faire sauter le verrou d’une hypocrisie ». Pour le journaliste de Mediapart, préciser le lien entre M. Mélenchon et Mme Chikirou est pertinent « en amont, car M. Mélenchon se dit le seul décisionnaire, et en aval, car si on devait découvrir que cet argent est problématique, il serait susceptible d’être concerné ». D’autres médias n’ont pas choisi de mettre en avant cet élément. « Il ne paraît pas évident que tracer les éventuels liens personnels entre Mme Chikirou et M. Mélenchon soit nécessaire », estime par exemple Céline Pigalle, la directrice de la rédaction de BFM-TV.

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                La justice s’intéresse toujours aux comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon



« Haine des contre-pouvoirs »

   


Dans une nouvelle vidéo, Jean-Luc Mélenchon a qualifié Mediapart de « torchon » et d’« officine de la police et des juges ». Il a ­dénoncé la « misogynie » à l’encontre de ­Sophia Chikirou, assurant : « Elle n’est pas ma compagne et elle n’est pas soupçonnée d’enrichissement personnel. » Le député et les dirigeants LFI ont même appelé leurs « amis » à se désabonner du média en ligne. « Ce n’est pas tolérable que les procès-verbaux de la perquisition se retrouvent dans la presse avec des éléments sur la vie intime des gens. C’est la manifestation d’une volonté de nuire », maintient M. Bompard.
Dans une nouvelle vidéo, Jean-Luc Mélenchon a qualifié « Mediapart » de « torchon » et d’« officine de la police et des juges »
Pour le leader de La France insoumise, la « guerre de mouvement » qu’il faut mener contre la « caste » et le « parti médiatique » n’est pas nouvelle. « L’affrontement avec les journalistes, en 2012, c’était pensé, organisé, théorisé. Je mettais en œuvre “le bruit et la ­fureur” : on partait de 3 %, c’était notre seule chance d’exister », expliquait au Monde ­Sophia Chikirou en mai 2017.
Cette stratégie est-elle efficace à long terme ? « Il ne faut pas tomber dans le piège de M. Mélenchon. Et continuer à suivre ces sujets normalement, sans hystériser le débat », estime M. Giret. « La ligne de défense de M. Mélenchon a quand même ses limites, pense ­Céline Pigalle. Quand tout le monde – médias, police, justice – est accusé de complot, c’est un signe. » « Cela va au-delà de l’application du manuel de guérilla médiatique des “insoumis” : cela trahit une haine des contre-pouvoirs institutionnels », argumente M. Arfi.
Au milieu de la tourmente, LFI fait bloc. Seul Roger Martelli, historien et proche de la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, a douté de cette stratégie. « Appeler le “peuple” à se soulever contre les ­médias, à les châtier ou à les “pourrir” évoque des souvenirs pas très glorieux », a-t-il écrit sur le site de la revue Regards. Une voix discordante assez rare en ce moment parmi les soutiens de La France insoumise.

Communiqué des sociétés de journalistes sur les propos de Jean-Luc Mélenchon envers la presse
Nous, sociétés des journalistes,
apportons notre soutien sans réserve à nos confrères de Radio France et de Mediapart ainsi qu’à notre consœur Véronique Gaurel de France 3.
Nous condamnons de la manière la plus ferme les propos outranciers, injurieux et menaçants de Jean-Luc Mélenchon envers la presse. Ces attaques systématiques et sans fondement ne déshonorent que leur auteur.
Les Sociétés des rédacteurs du Monde, de L’Obs, du Point et d’Europe 1 ainsi que les Sociétés des journalistes de M6, L’Express, France 2, Le Figaro, Franceinfo.fr, Télérama, Les Echos, Franceinfo TV, Premières lignes, AFP, Libération, TF1, Le Parisien, BFM-TV, TV5 Monde, France 3 national, Le Journal du dimanche, RTL, France inter, Radio France, Challenges, Paris Match et de RFI.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Si la désinformation en ligne est un vrai sujet de société, le sociologue, directeur du Médialab de Sciences Po, appelle à le réinscrire dans un contexte plus large. Entretien.
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Dominique Cardon : « Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont créé des bulles informationnelles »

Si la désinformation en ligne est un vrai sujet de société, le sociologue, directeur du Médialab de Sciences Po, appelle à le réinscrire dans un contexte plus large. Entretien.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 15h17
    |

            Adrien Sénécat








                        


La menace de la désinformation en ligne est largement médiatisée depuis l’élection de Donald Trump, en 2016. Le gouvernement porte même deux projets de loi controversés pour lutter contre ce phénomène, notamment en période électorale. Les fausses informations qui circulent en ligne sont-elles vraiment un risque de premier plan pour les démocraties ? Les médias traditionnels sont-ils réellement menacés par la concurrence des sites ultrapartisans ? Entretien avec le sociologue Dominique Cardon, directeur du Médialab de Sciences Po.
Comment expliquez-vous le recul des sites de désinformation observé depuis plusieurs mois, selon les données analysées par Les Décodeurs du « Monde » ?
Parmi les explications possibles, on peut faire l’hypothèse qu’il y a une forme d’apprentissage collectif qui se met progressivement en place. Les internautes se rendent compte qu’on ne fait pas que lire et voir sur les réseaux sociaux. Quand on « like », on produit un signal, qui va avoir un effet sur les algorithmes des plates-formes. Il y a donc une coresponsabilité partagée entre tous dans notre rapport à l’information. C’est toujours le cas avec le numérique : on découvre d’un coup un problème qui nous pète à la gueule et on apprend ensuite la solution. Ceci étant, cet apprentissage ne concerne qu’une partie du public et il est très loin d’être accompli.
Selon vous, les médias ont-ils accordé trop d’importance à la menace des fausses informations ?
Dans le débat sur les « fake news », on a surjoué un conflit d’interprétation sur qui sont les internautes. Pendant des années, on a véhiculé l’image d’un internaute tout-puissant, réclamant son autonomie de jugement et d’expression, et qui ferait des choix tout à fait rationnels. Et puis on est passé d’un coup à celle d’un internaute faible, qui serait à la fois naïf, docile et crédule. A mon avis, ces deux représentations doivent être pensées comme étant simultanément vraies, et pour tout le monde. Le problème du débat sur la désinformation est que les gens qui se pensent « rationnels » sont en train de dire que ce sont les autres qui sont idiots et influençables.
Par ailleurs, la circulation de l’information sur les réseaux sociaux est auto organisée, chaotique et parfois dérangeante. Mais de cette nouveauté, on en conclut un peu trop rapidement que ce serait le far west et que le marché informationnel serait complètement dérégulé. En fait, dans le nouveau désordre, il y a bien un ordre et une structure qui est toujours en partie calquée sur la hiérarchie des médias traditionnels.
La désinformation n’est peut-être pas un phénomène nouveau, mais les réseaux sociaux n’ont-ils pas contribué à l’amplifier ?
Il est certain que les choix économiques des plates-formes ont produit une architecture qui encourageait cela. A l’origine, Facebook était un réseau social, resserré sur ce qu’on appelle « les liens forts », c’est-à-dire vos interactions avec les personnes dont vous êtes les plus proches. Le problème, c’est que quand l’usage est vraiment social, il est difficile de le rentabiliser. Amener une publicité pour un annonceur extérieur dans une conversation entre proches, c’est extrêmement violent et ça ne donne pas envie de cliquer.
« C’est un vieux mythe de l’Internet que d’annoncer la fin du journalisme »
C’est donc pour gagner de l’argent que Facebook a fait venir d’autres éléments dans le fil d’actualité : les informations, les images, les vidéos…, y compris les fausses informations. Cela change la posture de l’internaute : il n’est plus engagé, il lit. Et avec cette métamorphose, Facebook était devenu beaucoup moins une plate-forme de sociabilité qu’une interface de lecture. Le volet social s’est déporté sur WhatsApp, Snapchat, Instagram ou encore Messenger. Le changement d’algorithme annoncé en début d’année revient en partie sur cette évolution, en voulant redonner de l’importance aux amis proches.
N’y a-t-il pas aussi un risque que les médias traditionnels soient supplantés par des nouveaux organes hyperpartisans ?
Cela, je ne le crois pas. C’est un vieux mythe de l’Internet que d’annoncer la fin du journalisme. La vraie information coûte cher à produire et il faut être un professionnel pour le faire. En revanche, il y a aujourd’hui une proximité entre information, divertissement et people. C’est la transformation de l’infotainment, qui a commencé dans les années 1980 : l’idée de certains médias a été d’aller chercher des lecteurs sur des sujets populaires. La crise économique de la presse a aussi joué, en poussant certains à aller plus loin là-dedans. Et dans ce domaine, avec Internet, on peut ramasser et répercuter un peu tout et n’importe quoi.
Il y a aussi eu un glissement de l’espace politique et culturel qui fait qu’aujourd’hui un certain nombre de discours provocants ont une place considérable dans les médias. Il faut que tous les points de vue puissent s’exprimer, mais les médias ont aussi une responsabilité professionnelle de ne pas devenir le point de passage des blanchisseurs d’information. C’est à ce moment-là que des discours douteux peuvent atteindre un public le plus large possible.
Comme lorsque le journaliste André Bercoff a relayé à la télévision des théories complotistes sur le sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama ?
Oui, par exemple. Les rédactions traditionnelles ont une responsabilité collective, parce qu’elles établissent l’agenda des préoccupations. Globalement, le média d’information privilégié reste de très loin la télévision, même si elle perd du terrain chez les plus jeunes. Il est cocasse de penser que l’espace politique d’avant n’était pas polarisé, que les publics ne s’exposaient pas à des médias qui correspondaient à leurs préférences idéologiques ou de croire que ce sont les réseaux sociaux qui ont créé des bulles informationnelles.
C’est pourtant l’élection de Donald Trump qui a popularisé ce concept ?
La circulation de la désinformation a été incontestablement massive, notamment sur Facebook, pendant la campagne présidentielle américaine. Mais en revanche, ce qu’on ne sait pas, et qui n’a pas été démontré, est que ces messages ont des effets sur ceux qui les reçoivent. Dans le cas américain, il est probable que plus que ces publications virales qui sont souvent relayées par des partisans convaincus, c’est le fait que ces thèmes soient repris dans les grands médias d’information qui a eu un effet sur l’agenda politique.
Les talk-show des grands network américains ont pris prétexte des provocations de Donald Trump pour organiser des heures de débats sur sa personnalité. Ce sont toujours les médias professionnels dominants qui fixent l’agenda des thèmes de campagne lors des grandes élections. Même le New York Times a plus mis en avant, en « une », l’affaire des e-mails d’Hillary Clinton que son programme, tout comme il a plus commenté, même négativement, la personnalité de Donald Trump que son programme.
Finalement, la vérification de l’information (le « fact-checking ») est voué à l’échec ?
Non, la vérification est essentielle, dans le sens où elle a des effets sur le débat public, notamment parce qu’elle touche des journalistes et des influenceurs. Que des mécanismes de contrôle mutuel des faits s’exercent au sein du champ journalistique central est très important. Mais beaucoup d’études montrent par ailleurs que le fact-checking n’intéresse que certaines sphères du public, et n’agit pas sur tout le monde. Et il ne faut pas surestimer l’influence des médias non plus.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
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Radio France annonce une plainte contre Jean-Luc Mélenchon

Le chef de file de La France insoumise a durement critiqué des enquêtes de Franceinfo, qualifiant les journalistes d’« abrutis ». Il s’en est aussi pris à Mediapart.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 12h09
   





                        


Après des échanges houleux par antennes et réseaux sociaux interposés, la polémique qui oppose Jean-Luc Mélenchon à Radio France devrait passer par la case justice. Le groupe a confirmé, samedi 20 octobre sur Twitter, le dépôt d’une plainte contre le chef de file de La France insoumise (LFI), visant ses propos à l’encontre de journalistes des radios publiques. Ces derniers jours, l’ancien candidat à la présidentielle s’en est pris à des reporteurs de Franceinfo, mais aussi au site Mediapart ou encore à l’émission « Quotidien » de TMC.
Les journalistes de Franceinfo qualifiés d’« abrutis » et de « menteurs »
Vendredi 19 octobre, une enquête de Franceinfo pointait de possibles surfacturations lors de la campagne présidentielle de M. Mélenchon. L’article s’intéresse aux prestations facturées par la communicante Sophia Chikirou et sa société Mediascop au candidat de LFI, pour un montant total d’un peu plus de 1 million d’euros.
Selon Franceinfo, certains prix pratiqués par Mediascop dans le cadre de ce contrat se situent à des niveaux « très élevés », citant par exemple la mise en ligne de retranscriptions audio de discours pour un coût de 250 euros l’unité.
M. Mélenchon a répliqué le jour même de la publication de cette enquête, voyant en Franceinfo une « radio d’Etat » qui serait aux ordres du gouvernement, selon lui. « Je vous mets tous en garde, tous ceux qui titrent sur le fait que nous avons fait de la surfacturation s’exposent à des poursuites », a-t-il déclaré, « car nous n’avons peur de rien ». Le député des Bouches-du-Rhône a aussi qualifié les journalistes de la station d’« abrutis » et de « menteurs » dans une vidéo publiée sur Facebook. 
« Pourrissez-les partout (…) Il faut qu’à la fin des milliers de gens se disent : les journalistes de Franceinfo sont des menteurs, sont des tricheurs et il y a autour un système qui n’a même plus le recul professionnel de se dire, mais qu’est-ce qu’on est en train de raconter ? », a-t-il également lancé.
« Franceinfo n’est pas une radio d’Etat, mais de service public », a rétorqué le directeur de la station, Vincent Giret à l’antenne, vendredi. « Cet appel à la haine et à la violence est irresponsable. Défense absolue du professionnalisme et de l’intégrité de nos journalistes », a-t-il ajouté sur Twitter.
Samedi, la station a affirmé sur Twitter avoir déposer une plainte à l’encontre de M. Mélenchon pour ses propos. « La direction juridique de Radio France s’occupe de la plainte en liaison avec notre avocat », a précisé à l’AFP Gaël Hamayon, un porte-parole de la radio publique.
Mediapart membre d’une « boucle Macronie-parquet-médias »
Le dirigeant de LFI s’en est aussi violemment pris au site d’information en ligne Mediapart, qu’il accuse d’avoir violé le secret de l’enquête sur ses comptes de campagne. M. Mélenchon y voit, en effet, une « preuve » d’une « boucle Macronie-parquet-médias », occupée à lui nuire ainsi qu’à son mouvement politique.
Dans un article publié vendredi soir sur les perquisitions menées mardi, le site d’information affirmait l’existence « de longue date » d’une relation intime entre le député et sa conseillère Sophia Chikirou, qui a été entendue par la police dans le cadre de soupçons de surfacturations lors de la campagne présidentielle de M. Mélenchon en 2017.
Mediapart rapporte, par ailleurs, que, selon ses informations, quelque 12 000 euros en liquide auraient été découverts par les enquêteurs au domicile d’un proche de M. Mélenchon. De même source, cet « ami et collaborateur de toujours de Jean-Luc Mélenchon » aurait dit que la somme lui avait été confiée par la mandataire financière de la campagne de 2017.
En l’absence de transmission au parquet à ce stade, « il ne peut donc être autrement que ces fuites proviennent des services de police et justice », écrit l’avocat de l’ancien candidat de la présidentielle, Me Mathieu Davy. Et ce dernier de s’interroger : « Comment ont-elles été acquises ? Qui les a données ? Quelles sont les conditions et modalités, notamment financières, de cette transaction ? »
Me Davy demande, par ailleurs, le dessaisissement du « procureur en charge », « car il devient établi de manière claire et concordante que les services sous ses ordres ne respectent pas les règles et procédures applicables en l’espèce ». Il ne vise toutefois pas le procureur de la République de Paris, François Molins, mais le représentant du parquet directement chargé de l’enquête.
« Quotidien » accusé d’avoir fourni des images à la police
Interrogé sur BFM-TV, mercredi, M. Mélenchon s’en était aussi pris à l’émission « Quotidien » de TMC. Le député avait affirmé que cette dernière avait « complaisamment » fourni « à la police » des images de la perquisition au siège de LFI, mardi.
« Jean-Luc Mélenchon ment », avait alors réagi l’animateur de l’émission Yann Barthès, affirmant n’avoir eu « aucun contact, ni avec la justice, ni avec la police. Je tiens à rappeler que si nous avons des images de la perquisition, c’est que LFI a bien voulu nous faire rentrer et que vous nous avez demandé de filmer », ajoutait-il.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ La plate-forme ArTV, qui permettait de regarder gratuitement 176 chaînes de télévision, a fermé fin 2017. Son créateur encourt jusqu’à trois ans de prison.
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Vincent, 17 ans, lycéen, et créateur d’un des sites les plus populaires de streaming illégal

La plate-forme ArTV, qui permettait de regarder gratuitement 176 chaînes de télévision, a fermé fin 2017. Son créateur encourt jusqu’à trois ans de prison.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 06h28
    |

Tristan Brossat







                        


Quand on sonne à la porte de l’appartement familial, ce matin du 6 décembre, peu avant 7 heures, Vincent, à peine réveillé, se dit qu’il doit s’agir de la livraison d’une nouvelle machine pour son père, mécanicien. « Y a les flics chez moi wtf », écrit, pour rigoler, le jeune homme, alors âgé de 16 ans, sur son compte Twitter, à destination de ses quelques milliers d’abonnés. « Le problème, c’est que c’était vraiment la police », raconte-t-il quelques mois plus tard, toujours en attente de son procès, dont la date n’est pas fixée.
La mise hors service a été effectuée par Vincent lui-même pendant sa garde à vue
Pour avoir administré un site et une application proposant de visionner illégalement plus de 170 chaînes de télévision, gratuites et payantes, appelés ArTV, le lycéen risque en théorie une peine de trois ans de prison et 300 000 euros d’amende pour « délit de contrefaçon par reproduction et représentation ».
Une sanction lourde, mise en avant par l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), à l’origine de la plainte, dans un communiqué annonçant la fermeture d’ArTV. La mise hors service a été effectuée par Vincent lui-même depuis son smartphone pendant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Bordeaux, qui est chargée de l’enquête, toujours en cours. A l’issue de cette garde à vue, après une longue journée d’interrogatoire, Vincent est ressorti libre.
Pour « rendre service »
Tout avait commencé au début de 2017 lorsque, pour « rendre service » à une poignée d’amis rencontrés sur Internet, il met sur pied une application (APP) Android et une page Web leur permettant de regarder les chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT) française depuis l’étranger.
Un petit serveur loué deux euros par mois permet de contourner le blocage géographique mis en place par les groupes audiovisuels pour des questions de territorialité des droits. Son site est accessible à tous ses amis, qui commencent à partager le lien sur les réseaux sociaux.

   


Tout s’enchaîne ensuite très rapidement. « J’ai vite eu besoin de plus gros serveurs » pour accueillir des visiteurs qui se comptent bientôt par centaines, puis par milliers, explique l’adolescent. Il rajoute au fur et à mesure les chaînes qui lui sont demandées grâce à des flux illégaux « faciles à trouver ». « Les gens me demandaient beIN Sports, ou des chaînes pour enfant pour leurs frères et sœurs », se souvient Vincent, qui n’a même pas besoin d’être abonné à ces services, puisqu’il ne fait que relayer les « streams » créés par d’autres.
Dans sa chambre, nulle trace de fils en pagaille branchés à d’innombrables décodeurs. Son travail consistait simplement à compresser légèrement les flux récupérés pour ne pas saturer ses serveurs, grâce à des logiciels libres, comme FFmpeg.
Payer les serveurs
« Je suivais juste le mouvement. Je n’ai jamais pris le temps de me demander si ce que je faisais était bien ou pas », explique Vincent. Pour lui, tout ça n’est pas « grave » puisqu’il s’agit uniquement de faire de la « redirection de liens ». Il ne prend donc aucune mesure de sécurité particulière pour éviter qu’on remonte jusqu’à lui. Il opte ainsi pour des serveurs établis en France, essayant juste de « trouver les moins chers ». Au bout de deux mois, la location de ces derniers lui coûte tout de même 200 euros par mois.
Pour payer cette somme, la mise en place de bannières publicitaires est une solution. Là encore, il va au plus simple, et tombe sur Pubdirecte.com, régie avec laquelle il est « resté jusqu’au bout » et qui lui reverse l’argent sur un compte PayPal.
aucune mesure de sécurité particulière pour éviter qu’on remonte jusqu’à lui
Sa plate-forme prend rapidement des allures de mini start-up. Vincent créé un tchat sur lequel les utilisateurs viennent discuter et demander de l’aide lorsqu’une chaîne est inaccessible. ArTV est né : « A » pour l’action des chaînes en direct, « R » pour les réactions des utilisateurs par leurs messages. Les grandes vacances arrivent alors à point nommé, laissant le temps à l’adolescent de répondre à des visiteurs de plus en plus nombreux.

   


A cette époque, une personne qui gère un service de streaming illégal payant – censé offrir un service plus stable avec une image de meilleure qualité pour environ 10 euros par mois – lui propose de passer un marché. Vincent relaie sur son site les offres « IPTV » de ce partenaire, bientôt rejoint par un second, avec qui il partage le montant des abonnements souscrits par ce biais. Il n’est toujours pas question de tirer profit de ces affaires, qui ne servaient qu’à payer des serveurs toujours plus chers, insiste le jeune homme.
Selon l’ALPA, les bannières publicitaires affichées sur le site et sur l’application ArTV avant leur fermeture rapportaient cependant 3 000 euros mensuels. S’il lui arrivait de toucher trop d’argent, Vincent affirme qu’il le reversait à des « streamers », ces personnes qui se filment en train de jouer à des jeux vidéo – une de ses autres passions –, ne vivant parfois que de ça. Il explique : « Cet argent, je ne le méritais pas. Ce n’était pas du vrai travail. Cela m’a permis d’apprendre plein de trucs, au niveau du développement Web, par exemple. »
« C’est arrivé à un point où je dépassais des services légaux »
Un hobby très prenant, mais extrêmement gratifiant lorsqu’il reçoit sur Twitter de nombreux messages de remerciements. « C’est arrivé à un point où je dépassais des services légaux, à un point où j’entendais des gens parler de l’application dans la rue », explique le lycéen, face caméra, dans une vidéo qui s’affiche désormais sur la page d’accueil de son site.
Un message en forme de mea culpa qu’il indique avoir posté de sa propre initiative le lendemain de sa garde à vue. « Avis à toute personne voulant faire un site dans le même genre, je vous le déconseille fortement », peut-on lire dans le court texte accompagnant la vidéo.

   


En septembre 2017, le site ArTV.watch était fréquenté chaque mois par 150 000 internautes français uniques, selon les données de Médiamétrie (chargé de calculer l’audimat).
D’autant que l’été n’a pas été de tout repos pour les services légaux. Le 28 août, la surcharge des serveurs d’OCS (groupe Orange) a par exemple privé les abonnés du tant attendu épisode final de la septième saison de Game of Thrones. Des déboires qu’a connus récemment RMC Sport (Altice/SFR) lors de la première soirée de Ligue des champions et qui ont « beaucoup fait rire » Vincent : « Ils n’arrivent pas à faire fonctionner un service pour lequel les gens paient, alors que moi je fournissais quelque chose de potable gratuitement… »
La plate-forme en vient à être classée parmi les 150 APP Android
Ce sont ces « soucis chez les services officiels » et « le bouche-à-oreille » qui expliquent la croissance fulgurante des connexions à ArTV. Son site, qu’il gérait seul derrière son écran, était bien sûr confronté aux mêmes problèmes d’affluence les soirs de rencontres au sommet. Malgré quelques ralentissements, voire des black-out aux heures de pointe, la plateforme en vient à être classée parmi les 150 Applications Android les plus utilisées sur le Play Store de Google. Elle y est d’ailleurs toujours disponible, mais ne diffuse plus qu’un message d’adieu. Les services IPTV auprès desquels ils se fournissaient, sans doute gérés depuis l’étranger, sont en revanche toujours actifs.
« C’est légal ce que tu fais ? »
En cette rentrée scolaire 2017, ce succès étonne Vincent, qui se sent parfois un peu dépassé. Mais il ne prend toujours pas conscience qu’il risque gros. Plutôt que de fermer son site, il ne pense qu’à l’améliorer. « C’est légal ce que tu fais ? », lui demandent parfois ses parents, qui ne savent jamais très bien ce que leur fils fait pendant des heures derrière son écran. « On n’y connaît rien du tout, raconte la mère de l’adolescent. L’ordinateur c’est la nounou facile… »
Une « nounou » qui le couve depuis l’âge de ses 4 ans, et lui a même appris à lire. Préoccupée par des problèmes de santé, la mère de Vincent ne cherche pas à pousser plus loin ses investigations. « Vincent a toujours eu le cœur sur la main. Il a été dépassé par cette passion. Internet, c’est peut-être bien mais c’est dangereux. »
Aujourd’hui, elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas été alertée par les autorités avant que la police ne sonne à la porte de son appartement un matin de décembre alors que le mal était déjà fait. Vincent dit n’avoir reçu qu’un courrier de France 2 lui demandant de retirer la chaîne de sa plate-forme. « Ce que j’ai fait immédiatement », assure le jeune homme. Mais rien de la part des groupes Canal+ et M6, qui sont pourtant à l’origine de la plainte.

   


Juste avant la fermeture, le webmaster ne sait pas exactement combien d’internautes utilisent son site, mais l’application comptait 800 000 utilisateurs actifs. A cette période, il dépense « dans les 2 000 euros » chaque mois pour faire tourner la machine.
Ces sommes transitent par le compte PayPal créé par « quelqu’un d’autre » à la demande de Vincent, qui ne peut pas le faire lui-même, n’étant pas encore majeur. « C’est pour ça que nous n’étions pas au courant », explique sa mère, qui n’observe aucun mouvement particulier sur le compte bancaire de l’adolescent.
Sa mère n’observe aucun mouvement particulier sur le compte de l’adolescent
Vincent était-il vraiment naïf au point de n’avoir jamais réfléchi à la question de l’argent au-delà du paiement des serveurs ? Difficile de le dire à ce stade. On peut également s’interroger sur les intentions de la personne se trouvant derrière le compte PayPal. Il n’est pas impossible que l’adolescent ait été en partie manipulé par un ou plusieurs individus aux intentions bien moins louables que les siennes. Là encore, ce sera à la justice de tirer tout cela au clair.
Un cas à part
Malgré le nombre impressionnant de visiteurs, ArTV n’avait pas grand-chose à voir avec d’autres sites du même type, comme Beinsport-streaming.com, fermé en juin à la suite d’une nouvelle plainte de l’ALPA. Comme de nombreux sites de ce type, celui-ci faisait partie d’un vaste réseau autrement plus organisé et lucratif, brassant plusieurs centaines de milliers d’euros, précise au Monde Frédéric Delacroix, délégué général de l’Association.
Une forme de gestion plus lucrative commençait à apparaître
Ce dernier précise toutefois qu’ArTV prenait, quelques semaines avant sa fermeture, une voie un peu différente de celle qu’elle avait empruntée jusqu’alors. Une forme de gestion plus lucrative de la plate-forme aurait, selon lui, commencé à apparaître. Mais la vocation et la gestion initiale d’ArTV en font tout de même un cas bien à part. Si ces deux fermetures ont porté un coup au streaming illégal français, les solutions de repli sont nombreuses et menacent plus que jamais l’économie des chaînes à péage.
Pour endiguer le phénomène, le rapport parlementaire porté par la députée (La République en marche) des Yvelines Aurore Bergé sur la « régulation de la communication audiovisuelle à l’ère numérique », présenté en octobre, préconise de « créer un dispositif spécifique permettant de bloquer temporairement, dans des délais extrêmement brefs, l’accès aux pages de site diffusant sans autorisation des contenus en live streaming ».
La nouvelle loi sur l’audiovisuel, qui devrait voir le jour en 2019, pourrait donner plus de prérogatives à l’Hadopi. La Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet n’a pour l’instant aucune prise sur le streaming.

   


De son côté, entre la gestion du site et ses ennuis judiciaires, Vincent, qui n’a « jamais eu grande confiance en l’école », a mis un peu ses études de côté et a redoublé sa première. Son objectif reste de passer un bac pro systèmes numériques, mais il n’a pour l’instant pas réussi à trouver d’employeurs. Dix mois après la fermeture de sa plate-forme, il espère que son procès aura lieu le plus tôt possible, pour pouvoir passer à autre chose et réfléchir à l’avenir.

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