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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Dans ces deux pays d’Europe centrale, le souverainisme est le contre-choc des échecs du libéralisme des années 1990 et 2000, estime le sociologue Wojtek Kalinowski.
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« Les souverainismes polonais et hongrois ont bâti leur succès sur la critique du postcommunisme »

Dans ces deux pays d’Europe centrale, le souverainisme est le contre-choc des échecs du libéralisme des années 1990 et 2000, estime le sociologue Wojtek Kalinowski.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h33
    |

Wojtek Kalinowski (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. Ce n’est certes pas ainsi que nous avions imaginé la réunification de la « vieille » et de la « nouvelle » Europe il y a vingt ans. Accusations réciproques de manquer de solidarité européenne, ouverture des procédures européennes contre la Pologne et contre la Hongrie, affrontement frontal lors de la crise migratoire… Première bénéficiaire des fonds de cohésion de l’Union européenne, l’Europe centrale et orientale atteste pourtant de la montée en puissance des partis souverainistes qui viennent renforcer sinon le camp eurosceptique, du moins la défense de « l’Europe des nations » contre « Bruxelles ».

Comment expliquer ce brusque changement de climat politique, et la popularité de leaders comme Jaroslaw Kaczynski en Pologne ou Viktor Orban en Hongrie ? Les politiques qu’ils mènent dans leurs pays respectifs sont à maints égards différentes : en Pologne, nouvelles allocations familiales, suppression des contrats de travail précaires et abaissement de l’âge du départ à la retraite ; en Hongrie, suppression de l’impôt progressif, réduction des prestations sociales et mise en place de travaux publics. Le point commun est ailleurs : tous les deux ont bâti leur succès électoral sur la critique du « postcommunisme », c’est-à-dire celle des élites formées après la chute du Mur et de la manière dont ces dernières avaient mené les transformations économiques et sociales.

Cette nouvelle étape dans l’histoire de l’Europe postcommuniste se nourrit ainsi des erreurs de l’étape précédente. Une fois que les pays d’Europe centrale et orientale ont pu se détacher de la zone d’influence russe, ils ont aussitôt retrouvé leur place et leurs dilemmes d’antan, ceux des « marches » d’une Europe occidentale plus puissante et plus développée, et les mêmes aspirations de rattraper un « retard » bien antérieur à la période communiste.
Or, la voie du rattrapage proposée dans les années 1990 et 2000 fut un libéralisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La majorité au pouvoir à Varsovie a cherché en vain à empêcher la participation des établissements scolaires à cette initiative, vendredi.
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Une journée de sensibilisation aux droits des homosexuels, contre l’avis du gouvernement polonais

La majorité au pouvoir à Varsovie a cherché en vain à empêcher la participation des établissements scolaires à cette initiative, vendredi.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 17h45
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Peut-on promouvoir la tolérance vis-à-vis des minorités sexuelles à école polonaise ? Non, selon le parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir à Varsovie. Depuis une semaine, les milieux de la droite dure polonaise – presse pro gouvernementale, associations ultra-catholiques, parlementaires de la majorité – se sont mobilisés pour faire interdire le « vendredi arc-en-ciel », journée de sensibilisations aux droits des personnes LGBT dans les écoles, dont la troisième édition s’est tenue vendredi 26 octobre.
Malgré une position hostile du gouvernement, 211 écoles à travers le pays ont décidé de participer à la journée. De nombreux directeurs d’établissement ont dénoncé, de manière anonyme, des pressions subies et des « vagues d’insultes » à l’encontre des organisateurs. Seul un établissement a décidé de se retirer de l’organisation de la journée.
La ministre de l’éducation nationale, Anna Zalewska, était montée au créneau en personne pour dénoncer cette initiative, le 25 octobre. « Notre devoir est de soutenir les parents dans l’éducation de leurs enfants. Nous ne pouvons pas prendre des décisions sans leur accord. Si un directeur d’école a pris la décision d’organiser un “vendredi arc-en-ciel”, en échappant aux procédures, cela veut dire qu’il enfreint la loi sur l’éducation », avait-elle affirmé. La loi en question dispose que toutes les interventions d’ONG dans les écoles doivent être autorisées par la direction après consultation des conseils parentaux.
Les commissaires éducatifs régionaux, dépendants du ministère, dont la mission est la supervision pédagogique des écoles, ont relayé la position gouvernement. La commissaire de la Voïvodie (région) de Petite-Pologne a ainsi écrit aux directeurs d’établissements pour que ces derniers l’« informent immédiatement » de « toutes les situations dangereuses » qui pourraient se produire dans les écoles. « La sexualité des élèves, surtout des mineurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ En alliance avec Nippon Steel, le sidérurgiste européen boucle un projet de 6 milliards d’euros.
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Avec l’indien Essar Steel, le sidérurgiste ArcelorMittal signe une nouvelle acquisition majeure

En alliance avec Nippon Steel, le sidérurgiste européen boucle un projet de 6 milliards d’euros.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 17h01
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Lakshmi Mittal n’a pas froid aux yeux. Alors qu’il vient d’obtenir toutes les autorisations nécessaires pour s’offrir Ilva, le numéro un italien de l’acier, et ses usines gigantesques et délabrées de Tarente, dans les Pouilles, le magnat de la sidérurgie a annoncé vendredi 26 octobre une autre acquisition majeure, celle d’Essar Steel, en Inde.

Le comité des créanciers de ce sidérurgiste indien a en effet approuvé le même jour sa reprise par ArcelorMittal. Pour le groupe contrôlé par M. Mittal et sa famille, c’était la dernière étape décisive à franchir avant d’obtenir les clés d’Essar.
Cette acquisition représente un très grand pari financier et industriel pour ArcelorMittal. Le plan validé vendredi prévoit, en effet, un premier paiement de 420 milliards de roupies (5 milliards d’euros) pour dédommager les créanciers d’Essar Steel, puis l’injection de 80 milliards de roupies destinée à remettre l’entreprise sur les rails. Au total, l’investissement doit donc atteindre 500 milliards de roupies, soit 6 milliards d’euros.
Retour au pays en sauveur de l’acier indien
Mais le mouvement est d’abord clé sur le plan symbolique : avec Essar Steel, M. Mittal revient enfin en Inde. Un pays où il est né, dans un village du Rajasthan, en 1950, et où il a grandi, mais qu’il a été amené à quitter en 1976.
Cette année-là, le gouvernement indien ayant limité les investissements privés dans l’acier, M. Mittal, alors tout jeune homme, est parti développer une usine en Indonésie. Le début d’une impressionnante carrière. Elle l’a amené à racheter de très nombreux hauts-fourneaux à travers le monde, à mettre la main sur l’ex-fleuron français Arcelor, et à devenir le numéro un mondial de la sidérurgie.

Aujourd’hui, c’est en tant que sauveur de l’acier indien qu’il fait son retour dans le pays dont il a gardé la nationalité. Car Essar Steel, l’une des plus importantes entreprises du secteur, va mal. La société appartenait jusqu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le partenariat annoncé vendredi par la ministre des armées, Florence Parly, survient au lendemain du choix des Belges de faire appel aux Américains pour leur armée de l’air.
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La Belgique achète 442 blindés français pour environ 1,5 milliard d’euros

Le partenariat annoncé vendredi par la ministre des armées, Florence Parly, survient au lendemain du choix des Belges de faire appel aux Américains pour leur armée de l’air.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 15h47
   





                        



   


La France va fournir à l’armée belge 442 blindés pour un montant d’environ 1,5 milliard d’euros, a annoncé vendredi 26 octobre la ministre des armées française, Florence Parly.
Dans un communiqué publié au lendemain de l’annonce de l’achat par Bruxelles d’avions de chasse F-35 américains au détriment, notamment, du Rafale français, la ministre s’est félicitée de « cette excellente nouvelle, pour la France comme pour la Belgique ».
Cet accord, qui avait fait l’objet d’une « lettre d’intention » en vue d’un « partenariat stratégique » signée en juin 2017, porte sur la vente de 382 véhicules blindés légers multirôle de type Griffon et de 60 blindés de reconnaissance et de combat de type Jaguar.

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                La Belgique achète des F-35 américains, un coup dur pour la défense européenne



Des F-35 commandés aux Etats-Unis
« Ce partenariat inédit comporte également un volet opérationnel incluant des entraînements, de la formation et le maintien en condition opérationnelle des matériels concernés », ajoute le communiqué.
Ces blindés ont été développés en France dans le cadre du programme « Scorpion » de renouvellement des capacités de combat de l’armée de terre française, auquel participent notamment les groupes français Nexter Systems, Thales, Renault Trucks Defense ou encore Safran pour l’optronique. Ils seront livrables à la Belgique à compter de 2025.
Bruxelles avait annoncé jeudi l’achat de trente-quatre F-35 des américains de Lockheed Martin pour son armée de l’air, un contrat estimé à 3,6 milliards d’euros. Le président de la République français, Emmanuel Macron, a « regretté » vendredi cette décision, estimant qu’elle allait « stratégiquement a contrario des intérêts européens ».

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                Pourquoi la Belgique a choisi les F-35 américains






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le commissaire européen a vivement réagi aux provocations d’Angelo Ciocca, affilié à la Ligue, le parti du président du conseil, Matteo Salvini.
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« Fasciste », « crétin » : Moscovici hausse le ton contre un eurodéputé italien d’extrême droite

Le commissaire européen a vivement réagi aux provocations d’Angelo Ciocca, affilié à la Ligue, le parti du président du conseil, Matteo Salvini.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 15h10
   





                        



   


Le parlementaire Angelo Ciocca se lève. Il marche vers la tribune, vient coller au flanc du commissaire européen Pierre Moscovici, saisit une partie de ses notes, ôte son soulier, puis le frotte vigoureusement sur la liasse de feuilles, comme s’il écrasait un mégot ou un insecte nuisible. Cette scène exceptionnelle par sa bouffonnerie s’est déroulée mardi 23 octobre dans les murs du parlement de Strasbourg, dont les locaux accueillent en général les échanges techniques et policés qui sont l’ordinaire des institutions européennes. Vendredi, M. Moscovici a réagi à cette provocation en qualifiant de « fasciste » l’eurodéputé d’extrême droite.

Les tensions étaient déjà fortes entre la Commission et le gouvernement italien dirigé par Matteo Salvini, chef de file de la Ligue, dont le projet de budget pour l’année 2019 ne respecte par les engagements européens de l’Italie. M. Moscovici, commissaire aux affaires économiques et financières européen, avait jugé mardi à l’occasion de cette conférence de presse que le projet de loi de finances présenté par l’Italie était « hors les clous ». Le commissaire européen a annoncé avoir rejeté le budget italien et avoir demandé au gouvernement de la coalition populiste au pouvoir à Rome de lui présenter un budget révisé sous trois semaines.
« Grotesque », « fasciste », « crétin »
M. Moscovici avait d’abord dénoncé un geste « grotesque ». Cependant, au fil de la semaine ses réactions ont pris un tour plus politique. Mercredi, sur son compte Twitter il a évoqué une première fois les risques que font courir à la démocratie des actes de cette nature.

L’épisode de la « chaussure 👞 made in Italy » est grotesque.  Au début on sourit et on banalise parce que c’est rid… https://t.co/7uJS0Ps86c— pierremoscovici (@Pierre Moscovici)


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Puis, vendredi, sur la chaîne d’information CNews, l’ancien ministre des finances français est allé jusqu’à qualifier pour la première fois M. Ciocca, l’eurodéputé d’extrême droite, de « fasciste » mais également de « provocateur » et de « crétin ». 
« Quand on commence à manier la violence à l’encontre des institutions, quand on commence à piétiner les règles, y compris avec des chaussures, on a une espèce de dérive lente vers ce que l’on appelle la “démocratie illibérale”, c’est-à-dire le non-respect de la liberté de la presse, la liberté de la justice et des institutions politiques (…) C’est vraiment la politique que je déteste, et c’est des gens que je combattrai jusqu’à mon dernier souffle. »
A Rome, le président du conseil, Matteo Salvini, qui est aussi le chef de la Ligue, s’est démarqué des actes de son eurodéputé. « On ne change pas l’Europe avec des provocations », a-t-il déclaré. Jeudi, le ministre de l’économie italien, Giovanni Tria, se trouvait à Paris à l’occasion du dixième dîner international de l’assurance. Il a évoqué un dialogue entre Rome et Bruxelles, tout en reconnaissant que son gouvernement avait prévu le rejet du budget italien par la Commission. M. Tria s’est voulu rassurant sur les intentions de l’Italie, assurant qu’elles ne constituaient « pas un problème » pour l’Union européenne, sans pour autant annoncer ou laisser entendre la moindre concession.
En France, Marine le Pen a apporté son soutien à ses alliés de l’extrême droite italienne. « C’est très vieux monde, a déclaré la présidente du Rassemblement national (RN) sur Europe 1 au sujet des déclarations de M. Moscovici. Dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec vous, il se fait traiter de fasciste. » Rappelant que le déficit français avait atteint « 4,3 % » lorsque le commissaire européen était à Bercy, elle a ajouté : « Alors, quand il vient donner des leçons à l’Italie, (…) on peut se permettre de traiter cette information avec ironie. »

        Lire aussi :
         

                Rejet du budget italien : que risque l’Italie de Salvini ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Propagande sur des sites pornographiques, défense du mariage homosexuel, organisation du Festival du cannabis... S’il a peu de chances de remporter l’élection présidentielle du 28 octobre, le candidat du parti Girchi sait marquer les esprits.
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Zurab Japaridze, le candidat libertarien qui secoue la Géorgie


                      Propagande sur des sites pornographiques, défense du mariage homosexuel, organisation du Festival du cannabis... S’il a peu de chances de remporter l’élection présidentielle du 28 octobre, le candidat du parti Girchi sait marquer les esprits.



M le magazine du Monde
 |    26.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h08
   





   


« Le gouvernement nous déteste », assène avec une certaine autosatisfaction Zurab Japaridze, 42 ans, candidat à l’élection présidentielle qui se tient ce dimanche en Géorgie. En cause, la stratégie disruptive de son parti qui fait fi des conventions et des lois. Baptisée Girchi, ce qui signifie « pomme de pin », la formation se présente pour la première fois devant les électeurs mais a déjà une certaine notoriété grâce à la médiatisation de son église évangélique. Créée en avril 2017, elle a ordonné en un an et demi plus de 7 000 prêtres : « Nous nous assurons juste que les candidats n’ont pas de convictions fascistes ou discriminatoires, nous leur donnons une attestation, et ils sont libres », continue le professeur de théorie politique au crâne légèrement dégarni et à l’allure décontractée.
Profitant d’une disposition légale permettant au clergé orthodoxe mais aussi à celui des autres confessions d’être exempté du service militaire obligatoire, Girchi offre avec son culte factice une échappatoire à de nombreux jeunes hommes souhaitant éviter une longue année d’ennui à garder des bâtiments administratifs. « L’alternative à la conscription est de payer une taxe. A cause de nous, des millions de laris n’entrent pas dans les caisses de l’Etat ! » 
Un pro de la communication
Obligation, Etat, taxes, ces concepts rencontrent peu de sympathie auprès du fondateur de Girchi. Avec une poignée d’autres députés, Zurab Japaridze a fait scission du parti pro-occidental de l’ex-président Mikheïl Saakachvili en 2015 pour lancer une formation à l’orientation libertarienne. Il est influencé par l’héritage de Kakha Bendoukidze, homme d’affaires et ancien ministre des réformes économiques décédé en 2014, un partisan décomplexé du libre marché connu pour avoir affirmé : « En Géorgie, tout est à vendre, sauf notre conscience ! » Alors qu’il avait presque terminé des études de médecine, Zurab Japaridze commence à travailler dans une administration à la fin des années 1990. C’est là, en observant la corruption généralisée que s’enclenche sa politisation : « J’ai commencé à lire des ouvrages sur le fonctionnement de l’Etat et sur l’économie, et je suis tombé sur des auteurs comme Milton Friedman et Friedrich Hayek. »
« On a décidé d’être présent essentiellement sur Facebook et de se démarquer des autres partis en faisant des choses surprenantes. »
Le programme de Girchi met l’accent sur les libertés économiques, mais aussi sur les libertés individuelles et les droits des minorités. Ce positionnement attire une jeunesse urbaine avide de changement et séduite aussi par une nouvelle façon de communiquer. « On a décidé d’être présent essentiellement sur Facebook et de se démarquer des autres partis en faisant des choses surprenantes », explique le politicien au style posé mais dont les actions jugées « provocatrices » sont souvent tournées en dérision par ses adversaires. Ce choix stratégique donne une campagne électorale inédite où Girchi diffuse sa propagande sur des sites pornographiques, où des sympathisants organisent un happening loufoque sur Times Square, à New York, où le quadragénaire affirme ne pas croire en Dieu et soutenir le mariage homosexuel sur le plateau du jeu télévisé « Le détecteur de mensonges ».
Buzz assuré même si cela ne permet pas au professeur de décoller dans les sondages face aux trois favoris : Grigol Vachadzé, de l’UNM, le parti fondé par Saakachvili, Davit Bakradze, du parti Géorgie européenne, et Salomé Zourabichvili, une diplomate franco-géorgienne qui incarne une candidature « indépendante » très ambivalente. Comme le président sortant qui ne se représente pas, l’intellectuel Guiorgui Margvelachvili, elle est soutenue par Rêve géorgien, le parti du milliardaire Bidzina Ivanishvili qui contrôle le pays depuis 2012. Zurab Japaridze espère atteindre 10 % dans ce scrutin présidentiel aux enjeux limités car la Géorgie a adopté en 2013 un système parlementaire. Mais il peut déjà s’enorgueillir d’une victoire majeure en 2018 : la décriminalisation en juillet dernier de la consommation personnelle de cannabis à la suite d’un arrêt de la Cour constitutionnelle après une plainte du leader libertarien. Le gouvernement compte riposter en faisant adopter une loi restreignant la consommation à la sphère privée.

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                En Géorgie, la consommation personnelle de cannabis autorisée



Dernier pied de nez : le candidat de Girchi, amateur d’herbe depuis l’âge de 15 ans, avait organisé en guise de meeting final un Festival du cannabis le dimanche 21 octobre dans le centre-ville de Tbilissi afin de dénoncer ce recul et de demander la libéralisation de la vente et de la culture de marijuana. Les policiers ont empêché l’installation des stands et arrêté une petite dizaine de militants. Entourée d’une forêt de caméras, Zurab Japaridze a eu le temps de prononcer une courte allocution et de distribuer trois joints avant d’être escorté vers le commissariat sous les huées de ses partisans. Il a retrouvé la liberté quelques heures plus tard.
Clément Girardot



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La chaîne de grands magasins a annoncé, jeudi, vouloir fermer 50 de ses 165 points de vente au Royaume-Uni d’ici trois à cinq ans. Quatre mille emplois pourraient être supprimés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Debenhams, nouvelle victime de la crise de la grande distribution britannique

La chaîne de grands magasins a annoncé, jeudi, vouloir fermer 50 de ses 165 points de vente au Royaume-Uni d’ici trois à cinq ans. Quatre mille emplois pourraient être supprimés.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 11h46
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


La liste s’allonge. Après Marks & Spencer, New Look et Homebase, Debenhams réduit la voilure. L’enseigne britannique de grands magasins a annoncé jeudi 25 octobre vouloir fermer 50 de ses 165 points de vente au Royaume-Uni d’ici trois à cinq ans. Le distributeur, qui exploite des immeubles entiers dans les principales villes du pays, n’a pas encore dévoilé les emplacements concernés. Mais, ce plan pourrait entraîner la suppression de 4 000 emplois, d’après les calculs de la presse britannique. Cette figure de la distribution, poids lourd du marché de l’habillement et des produits cosmétiques outre-Manche, emploie 27 000 personnes.
Depuis plusieurs mois, Sergio Bucher, le patron de Debenhams, ancien dirigeant d’Amazon, préparait la City et les pouvoirs publics à de mauvaises nouvelles. Une dizaine de magasins avait déjà été promis à la fermeture. En juin, pour la troisième fois depuis 2018, l’enseigne cotée à la Bourse de Londres avait revu à la baisse ses prévisions de résultats pour son exercice 2018, clos au 1er septembre.
La publication de ses chiffres 2018 a pourtant été, jeudi, une surprise totale. A la suite d’une dépréciation d’actifs, l’enseigne fondée en 1778 affiche des pertes historiques de 491,5 millions de livres sterling (soit 554 millions d’euros) pour un chiffre d’affaires de 2,9 milliards de livres, en recul de 1,8 % sur douze mois. L’exercice 2017 s’était soldé par un bénéfice de 59 millions de livres.
Montée en puissance du commerce électronique
Le plan choc de Debenhams fait la « une » au Royaume-Uni. Car, le secteur de la distribution a déjà payé un lourd tribut à la révolution du Net et à la consommation erratique des ménages depuis l’annonce du Brexit. La chute de la livre sterling a renchéri les prix des produits importés dans le pays et entravé leurs ventes en magasin.

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                Les magasins britanniques dans la tourmente



La montée en puissance du commerce électronique pèse sur la fréquentation des points de vente et plombe durablement leur compte d’exploitation alors que les loyers ont continué d’augmenter. De fait, les Britanniques sont de plus en plus nombreux à acheter leurs vêtements en ligne sur les sites Amazon, Asos ou Boohoo, et à faire livrer leurs courses alimentaires à domicile, après les avoir commandées sur la Toile. Outre-Manche, l’e-commerce pèse désormais 18 % des ventes de détail, selon l’Office national des statistiques (ONS), contre 8,5 % en France.

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Toutes les municipalités s’inquiètent désormais de l’impact social de ces restructuration
Dès lors, tous les pans de la distribution souffrent. Plusieurs stars ont déjà mis la clé sous la porte. En 2016, l’enseigne populaire BHS a fermé l’ensemble de ses 114 magasins. L’année 2018 est aussi très noire. En mars, l’enseigne de mode New Look a dévoilé vouloir tirer le rideau de 60 boutiques. Deux mois plus tard, Marks & Spencer a annoncé fermer 100 points de vente d’ici à 2022. En août, House of Fraser faisait faillite à son tour. L’enseigne a depuis été reprise par l’homme d’affaires controversé Mike Ashley, fondateur de Sports Direct.

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La mode n’est pas le seul secteur concerné. Cet été, Homebase, équivalent britannique de l’enseigne de bricolage Castorama, s’est donné seize mois pour liquider 42 de ses magasins. John Lewis a aussi imposé un plan de réduction des coûts au sein de sa filiale Waitrose. Cette enseigne de supermarchés fermera cinq magasins cet automne, dont deux à Manchester et deux à Londres. Les pharmacies Lloyds sont aussi à la peine, partout en Grande-Bretagne.
Au cours des quatre dernières années, le pays a enregistré la fermeture de 3 200 magasins, d’après les calculs du British Retail Consortium (BRC) à partir des statistiques de l’ONS. Toutes les municipalités s’inquiètent désormais de l’impact social de ces restructurations et de l’avenir de ces locaux de centre-ville que les enseignes délaissent. La crise de la distribution britannique atteint désormais les gestionnaires de centres commerciaux : leur taux de vacance grimpe et les enseignes renégocient leurs loyers. La foncière Intu, propriétaire de centres commerciaux outre-Manche, a ainsi annoncé début octobre revoir à la baisse ses prévisions de croissance de revenus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Editorial. La Belgique rejoint quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour l’avion de chasse américain. Un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante.
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Achat d’avions F-35 américains par la Belgique : un camouflet pour la défense européenne

Editorial. La Belgique rejoint quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour l’avion de chasse américain. Un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h32
   





                        


Editorial du « Monde ». Les histoires belges sont plus ou moins drôles. Celle de la modernisation de la flotte de combat aérien du royaume est franchement déprimante. La Belgique a en effet opté, jeudi 25 octobre, pour le chasseur F-35 américain, au détriment d’une solution européenne. Cette décision est un très mauvais coup porté à une défense européenne encore balbutiante. L’Union européenne (UE) commençait tout juste à prendre enfin conscience que son salut passait par une plus grande autonomie vis-à-vis d’une protection américaine de moins en moins sûre. Mais la Belgique a beau être un membre fondateur de l’UE et Bruxelles sa capitale, c’est encore à Washington qu’elle prend ses ordres sur le plan militaire.

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Pour remplacer ses F-16 vieillissants à partir de 2023, la Belgique va acheter au groupe américain Lockheed Martin 34 avions de combat. Malgré les contorsions du gouvernement pour justifier sa décision, la rationalité économique et technologique de ce choix est discutable. Le F-35 est un avion qui ne vole pas encore et dont le coût de fabrication n’a cessé de grimper au fur et à mesure que le projet rencontrait des problèmes techniques. Donald Trump pestait il y a quelques mois encore contre un projet « hors de contrôle ».
Certes, le F-35 est censé donner aux armées qui l’adoptent un avantage technologique décisif. Sauf que, selon la plupart des spécialistes, sa furtivité et son interconnectivité restent à démontrer. Les pays qui ont déjà acheté l’appareil se plaignent des coûts cachés, de sa fiabilité et des retombées industrielles moins importantes que celles promises par les Américains.
Logique politique
C’est donc, de toute évidence, une logique politique qui a primé pour écarter les deux concurrents du F-35 : le Rafale du français Dassault et le Typhoon du consortium européen Eurofighter. Le choix belge est d’autant moins compréhensible qu’il résonne comme une allégeance à une administration américaine unilatéraliste, qui, ces derniers temps, n’a exprimé que menaces et mépris pour les Européens. Il y a quelques jours encore, le président américain les a considérés comme quantité négligeable en dénonçant de façon unilatérale le traité américano-soviétique sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).
L’achat de F-35 par la Belgique démontre à l’envi que, si M. Trump tance ses alliés pour qu’ils augmentent leur contribution financière à leur propre défense, c’est surtout pour mieux leur vendre la technologie et le matériel américains, siphonnant ainsi leur budget militaire afin de les tenir davantage sous tutelle.
L’altération de la relation transatlantique n’a visiblement pas persuadé la Belgique qu’il était enfin temps pour l’Europe de prendre en main sa défense. C’était le sens du « partenariat stratégique » proposé par la France à travers la vente du Rafale – une option balayée d’un revers de main sous prétexte qu’elle ne répondait pas à l’appel d’offres.
La Belgique rejoint ainsi quatre autres pays de l’UE qui avaient déjà opté pour le F-35 : le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark. Or, sans aviation de combat autonome, il est difficile d’envisager à terme une émancipation militaire du Vieux Continent, avec des répercussions scientifiques et économiques considérables. Le projet européen de système de combat aérien du futur ne tient plus désormais qu’à la décision que prendra l’Allemagne pour renouveler sa propre flotte. Si le F-35 l’emporte une nouvelle fois, l’Europe de la défense resterait cantonnée à ce qu’elle est aujourd’hui : une chimère.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La visite du président du conseil italien, Giuseppe Conte, à Moscou rappelle qu’une relation de proximité, fondée sur d’évidents accords idéologiques, existe entre les deux gouvernements.
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L’Italie, en plein différend avec l’UE, fait les yeux doux à la Russie

La visite du président du conseil italien, Giuseppe Conte, à Moscou rappelle qu’une relation de proximité, fondée sur d’évidents accords idéologiques, existe entre les deux gouvernements.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 11h45
    |

            Jérôme Gautheret (Vérone (Vénétie), envoyé spécial)








                        



   


En ces temps de tensions extrêmes entre Rome et Bruxelles, la visite ne risquait pas de passer inaperçue. Le président du conseil italien, Giuseppe Conte, était à Moscou mercredi 24 octobre, avec une importante délégation de patrons italiens, pour signer quatorze contrats de coopération économique, portant notamment sur des travaux d’infrastructure routière et des questions énergétiques. La veille, la Commission européenne avait, dans une décision sans précédent au sein de l’UE, rejeté le projet de budget 2019 présenté par le gouvernement italien.
La conférence de presse conjointe qui s’est tenue au sortir d’un long entretien entre le président russe, Vladimir Poutine, et le premier ministre italien a été l’occasion d’un assaut d’amabilités. De fait, parmi les grands pays de l’Union européenne, l’Italie n’a eu de cesse, ces dernières années, de se poser en avocat de la désescalade avec Moscou, et le gouvernement Conte, constitué de l’alliance de deux formations qui n’ont jamais fait mystère de leur sympathie pour le modèle politique russe, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), a encore accentué la tendance.
Mais cette relation de proximité, fondée sur d’évidents accords idéologiques – en visite à Moscou le 17 octobre, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a affirmé qu’il s’y sentait « plus chez lui » qu’à Bruxelles – pourrait-elle aller plus loin, au point de voir l’Etat russe chercher à soutenir l’Italie sur les marchés, notamment en achetant des bons du Trésor ? Dans les milieux proches du gouvernement italien, la tentation est grande d’imaginer qu’une action de Moscou pourrait contribuer à calmer les tensions entourant la dette italienne, et ramener à des proportions plus raisonnables le « spread » (le différentiel entre le taux des emprunts à dix ans italiens et allemands), qui depuis la fin du mois de septembre dépasse les 300 points de base. « Il n’y a aucune hésitation de caractère politique autour de l’idée de l’achat de bons du Trésor italiens par le fonds souverain russe », a certes assuré Vladimir Poutine, tout en soulignant que l’économie italienne « a des bases solides ». Le président russe s’est surtout borné à plaider pour une intensification des relations entre les deux pays – par, notamment, la fin des sanctions européennes prises contre Moscou au lendemain de l’invasion de la Crimée, en 2014.
« Les sanctions sont inutiles »
Ce point a été au centre de toutes les discussions lors du 11e forum Eurasiatique de Vérone (Vénétie), les 25 et 26 octobre, en présence de nombreux acteurs économiques russes et italiens de premier plan. « En 2018, les sanctions sont inutiles », a ainsi lancé le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, qui a donné le coup d’envoi de la manifestation. Une affirmation qui a été reprise comme un mantra par les participants aux débats du forum, à l’image de l’ancien premier ministre italien de centre gauche Romano Prodi, qui a décrit l’Europe comme un « maillon passif » du commerce international, de plus en plus « isolé », et ce pour des raisons purement politiques.
« Aujourd’hui plus que jamais, nous devons faire tout ce qui est possible pour abolir les sanctions en Europe », a ainsi lancé le président de l’association Conoscere Eurasia et de la filiale russe de la banque Intesa Sanpaolo, à l’origine de ce Forum, à destination des nombreux responsables politiques présents.

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                Après le rejet historique du budget italien, Bruxelles n’a que peu de marge de manœuvre



« Bien sûr, les sanctions représentent un coût, mais celui-ci est beaucoup plus modéré que ce que disent, depuis des années, la Ligue ou le M5S, qui affirment que l’Italie est le pays qui a payé le plus lourd tribut et se servent de cet argument pour affirmer que la politique européenne est contraire aux intérêts de l’Italie, souligne un diplomate français. Mais le nouveau gouvernement a dû très vite admettre que l’idée d’une annulation unilatérale des sanctions, mise en avant durant la campagne électorale, était tout simplement impossible, vu qu’elle impliquerait le rétablissement des frontières entre l’Italie et le reste de l’Europe. » Une perspective qui aurait des conséquences beaucoup plus importantes pour l’ensemble de l’économie italienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Bruxelles a officialisé sa décision, jeudi. Objectif : remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse F-16.
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La Belgique achète des F-35 américains, un coup dur pour la défense européenne

Bruxelles a officialisé sa décision, jeudi. Objectif : remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse F-16.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 10h30
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

La décision était attendue ; c’est une douche froide pour l’Europe et sa défense. A l’issue d’une compétition jugée contestable par ses partenaires européens, la Belgique a annoncé officiellement, jeudi 25 octobre, sa décision de remplacer ses avions de chasse F-16 par des F-35 de l’américain Lockheed Martin.
Pour ces 34 appareils – qui représentent une dépense initiale de 3,6 milliards d’euros –, Bruxelles a écarté le consortium européen de l’Eurofighter Typhoon et le Rafale de Dassault, au motif que le F-35 était « le meilleur avion au meilleur prix ». L’avion de cinquième génération, en imposant pour plusieurs décennies un « standard » opérationnel américain, soulève des questions majeures d’autonomie stratégique pour les armées.

Ce sont désormais cinq pays européens – avec le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark – et huit Etats membres de l’OTAN – avec la Turquie, le Canada et la Norvège – qui font partie du « club F-35 ». Les premiers appareils commandés entrent tout juste dans les forces, notamment au Royaume-Uni, qui les teste sur son porte-avions HMS Queen-Elizabeth.
D’autres pays du continent (la Grèce, la Roumanie, la Pologne et la Finlande) ont été, ou sont toujours, en discussion pour acquérir l’avion. « A l’exception de l’Allemagne, toutes les nations portant la mission nucléaire de l’OTAN » en acceptant des bombes américaines B-61 à bord de leurs avions « opéreront donc sur F-35 », a souligné jeudi François Heisbourg, président de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). Le Pentagone a poussé le F-35, alors que les bombes sont adaptables sur tous les types d’appareil.

« Coûts cachés »
En janvier 2017, pourtant, le président des Etats-Unis, Donald Trump, avait menacé le programme F-35, jugé « hors de contrôle ». Le projet est le plus onéreux de l’histoire militaire américaine, avec des coûts de soutien consolidés à 1 000 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le choix paradoxal belge semble davantage orienté sur sa participation à l’OTAN qu’à l’Europe de la défense.
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Pourquoi la Belgique a choisi les F-35 américains

Le choix paradoxal belge semble davantage orienté sur sa participation à l’OTAN qu’à l’Europe de la défense.



LE MONDE ECONOMIE
 |    26.10.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 12h46
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Un Donald Trump hilare s’exclamant : « Quoi ? On fait des avions en Europe, et un pays d’Europe nous achète des avions ! » Avant même l’annonce officielle, par le gouvernement belge, de l’achat de 34 avions bombardiers F-35 de la firme Lockheed Martin, le caricaturiste du Soir de Bruxelles avait résumé, jeudi 25 octobre, le paradoxe de cette décision. Désireuse d’être, comme le répétait le premier ministre libéral Charles Michel, « dans le cockpit » de la défense européenne, la Belgique a conclu ce qu’elle estime être son marché public « du siècle » avec une agence du Pentagone, promotrice de l’appareil qui succédera aux F-16 de la force aérienne du royaume.
Un choix qui semble donc davantage orienté sur la participation à l’OTAN qu’à l’Europe de la défense, comme le voulait l’Alliance néoflamande (NVA, nationaliste), en coalition avec les libéraux francophones. « Vous vous trompez de cockpit, en achetant américain, le pays dépendra durablement des Etats-Unis pour la technologie embarquée », répliquait, mardi 23 octobre, le député centriste Georges Dallemagne au chef du gouvernement.
Celui-ci, excédé par les critiques et les propos indiquant que, dès le début de la procédure, en 2014, c’est le F-35 qui avait été choisi, avait évoqué des accusations « très graves et très lourdes ». Et décidait de reconvoquer, le lendemain, les députés pour leur fournir toutes les indications sur le choix qui allait être posé. Il y avait, effectivement, urgence : l’offre de Lockheed courait jusqu’au 29 octobre seulement…
L’appareil européen aurait coûté 600 millions d’euros de plus

Le débat a, en fait, confirmé ce que l’on savait : le F-35 surclassait son dernier concurrent, l’Eurofighter Typhoon, développé par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pour les sept critères retenus par une commission officielle. Soit la technologie, l’efficacité, le coût, etc. L’appareil européen aurait coûté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Quelques-uns des 2 000 enregistrements de prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Grande Guerre vont sortir des archives de l’université Humboldt.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/10/2018
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A Berlin, la voix des poilus de 14-18 sort des limbes

Quelques-uns des 2 000 enregistrements de prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Grande Guerre vont sortir des archives de l’université Humboldt.



LE MONDE
 |    26.10.2018 à 05h44
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 15h49
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE BERLIN
La voix vient de loin, de très loin. Difficile, à la première écoute, de tout comprendre. Est-ce du français ? Oui, mais avec un tel accent qu’il faut s’y prendre à plusieurs fois pour saisir ce que cet homme nous dit : « Je suis des environs de Belfort. Mon village n’a pas grand tour, mais je m’y plais bien. Mon père était marchand de porcs, mais quand il est mort, j’étais trop jeune pour prendre le métier, et pour cela j’ai appris à travailler le bois. Mais je suis parti soldat pour faire mes deux ans. (…) Mes deux ans étaient terminés et j’étais déjà à rentrer, mais la guerre est venue et j’ai fait comme les autres. (…) J’ai fait mon devoir avant tout, mais je n’ai pas eu de chance car après deux mois de guerre j’ai été fait prisonnier. »

L’homme que l’on entend ici s’appelle Jean Beauseigneur. Sa voix a été enregistrée le 14 janvier 1918, à 10 heures du matin, dans le camp de prisonniers de Parchim, entre Hambourg et Berlin. Depuis ce jour, elle est gravée sur un disque en gomme-laque de vingt-sept centimètres de diamètre, accompagné d’une « fiche personnelle ».
On y apprend que le jeune homme est né le 19 mars 1891 à Châtenois (Bas-Rhin), près de Belfort, qu’il est allé à l’école primaire, sait lire, est de religion catholique et exerce le métier de tourneur. Plusieurs questions figurent aussi sur le formulaire. « Quel est le peuple d’origine ? » Réponse : « Franc-Comtois. » Ou encore : « Quelle est la langue maternelle ? » Réponse : « Patois français »…
Incroyable aventure
Des Jean Beauseigneur, il y en a 2 000 environ ; 2 000 combattants de la première guerre mondiale qui, comme ce poilu de 26 ans, ont été faits prisonniers par les Allemands dans la Somme, à Verdun ou ailleurs, et dont les voix ont été scrupuleusement enregistrées pendant leur captivité, entre 1915 et 1918.
Un siècle plus tard, les centaines de disques où tout cela a été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Peter Hain a utilisé son immunité parlementaire pour divulguer le nom de Philip Green, un milliardaire qui avait obtenu de la justice son anonymat dans la presse.
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Un Lord britannique révèle le nom d’un milliardaire ayant étouffé des accusations d’harcèlement sexuel

Peter Hain a utilisé son immunité parlementaire pour divulguer le nom de Philip Green, un milliardaire qui avait obtenu de la justice son anonymat dans la presse.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 21h14
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 09h38
   





                        



   


L’identité d’un milliardaire britannique qui avait réussi à étouffer les accusations de harcèlement sexuel portées contre lui a été révélée, jeudi 25 octobre, par un lord usant de son privilège parlementaire pour enfreindre l’impératif de silence décidé par la justice.
Devant la Chambre des lords, Peter Hain a révélé que Philip Green, un milliardaire à la tête d’un empire de la grande distribution et de la mode, incluant l’enseigne Top Shop, était accusé de harcèlement sexuel, et a expliqué qu’il avait été approché par une personne « étroitement impliquée » dans l’affaire.
Le lord a estimé qu’il était de son « devoir » et « dans l’intérêt du public » de révéler son identité, alors que Philip Green a « dépensé des sommes substantielles pour cacher la vérité sur des actes répétés de harcèlement sexuel, de racisme et de harcèlement ».
L’impératif de silence a en effet été opposé par la justice au quotidien conservateur Daily Telegraph, l’empêchant de publier l’identité du mis en cause, ce qui avait provoqué l’indignation dans le pays, bon nombre y voyant un passe-droit permettant aux riches d’échapper à un scandale, dans le sillage du mouvement #metoo.

        #metoo :
         

          « Le combat sera perdu s’il se limite à quelques hommes sortis du jeu et à de belles déclarations aux Oscars »



500 000 livres en frais d’avocats
« Le scandale britannique #metoo qui ne peut être révélé », avait titré mercredi à sa « une » le quotidien, déplorant, au terme de huit mois d’enquête, d’être empêché par une décision de justice de dévoiler les accusations portées contre l’homme d’affaires émanant notamment de plusieurs de ses employés.
La cour d’appel, saisie par l’armée d’avocats du milliardaire, avait stoppé temporairement la publication de l’article dans l’attente d’un procès. Elle estimait que les informations publiées provenaient notamment d’accords de confidentialité signés par cinq employés avec l’homme d’affaires, ayant donné lieu à des versements d’argent « substantiels » et prévalant sur la liberté d’informer.
Le Telegraph précisait que l’homme d’affaires avait dépensé près de 500 000 livres (environ 566 000 euros) pour être représenté par une équipe d’au moins sept avocats du cabinet londonien Schillings.
Usage « immoral » des accords de confidentialité
« Il semble que nos lois permettent aux hommes riches et puissants de faire pratiquement tout ce qu’ils veulent tant qu’ils paient pour le garder sous silence », avait dénoncé dans la foulée la députée travailliste Jess Phillips à la Chambre des communes mercredi.

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« Ordonnances de non-publication pour les riches », s’indignait jeudi le tabloïd à grand tirage The Sun à propos de cette procédure du droit anglo-saxon. La première ministre Theresa May s’était engagée devant les députés, mercredi, à revoir les règles entourant les accords de confidentialité afin d’empêcher l’usage « immoral » qui en est fait par certains employeurs. Son porte-parole a précisé ensuite que ces accords « ne devraient jamais être utilisés pour couvrir une activité criminelle ».
La Society of Editors, qui représente environ 400 membres des médias, avait dénoncé « une attaque contre la liberté de la presse » : « L’usage croissant d’accords de non-confidentialité par les riches et les puissants pour bloquer la publication d’informations qu’ils ne souhaitent pas voir diffusées est une voie dangereuse pour une société libre. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Phénomène rare, un rorqual, deuxième mammifère le plus grand au monde, est mort en mer avant d’échouer sur une plage du nord de la Belgique.
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Une baleine de 18 mètres s’échoue sur la côte en Belgique

Phénomène rare, un rorqual, deuxième mammifère le plus grand au monde, est mort en mer avant d’échouer sur une plage du nord de la Belgique.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h57
   





                        



   


Un rorqual s’est échoué dans la nuit de mercredi à jeudi sur la plage de la commune du Coq en Belgique, un phénomène très rarement observé sur le littoral flamand, a indiqué l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB).
L’animal, un rorqual mâle de 18 mètres de long et pesant 35 tonnes, était déjà mort lorsqu’il s’est échoué. Il avait été repéré en mer mercredi, flottant au large de la ville de Blankenberge et était suivi par des équipes scientifiques.

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Les causes de la mort n’étaient pas connues ce 25 octobre. La carcasse a été découpée et déplacée, tout au long de la journée de jeudi, et des échantillons ont été envoyés pour être étudiés par les biologistes.
Cela faisait vingt et un ans qu’un rorqual ne s’était pas échoué sur la côte belge, selon les médias locaux. Espèce protégée, c’est le deuxième plus grand mammifère après la baleine bleue.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La Banque centrale européenne a confirmé, jeudi, l’arrêt, à la fin 2018, de ses rachats de dettes. L’institut monétaire ne veut pas interrompre le durcissement progressif de sa politique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Budget italien, Brexit... malgré la montée des risques, la BCE ne cède pas à la sinistrose

La Banque centrale européenne a confirmé, jeudi, l’arrêt, à la fin 2018, de ses rachats de dettes. L’institut monétaire ne veut pas interrompre le durcissement progressif de sa politique.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 17h56
    |

            Marie de Vergès








                        



   


On ne change rien ! La Banque centrale européenne (BCE) maintient son diagnostic économique et le cap de sa politique monétaire malgré les nuages qui s’accumulent, assombrissant l’horizon conjoncturel de la zone euro. Jeudi 25 octobre, à l’issue du comité de politique monétaire, son président Mario Draghi a confirmé l’arrêt, à la fin 2018, des rachats de dettes publiques et privées réalisés par l’institution. Ceux-là ont déjà été réduits, en octobre, de 30 à 15 milliards d’euros mensuels.
Certes, les taux resteront au plus bas, « au moins » jusqu’à l’été 2019. Mais l’institution ne compte pas interrompre le durcissement très progressif de sa politique, en dépit des aléas. Pourtant, la liste des périls s’étoffe, de la vulnérabilité de l’Italie, au moment où Rome et Bruxelles s’empoignent sur le budget, à la menace d’un Brexit sans accord, en passant par les tensions commerciales et le regain de volatilité sur les marchés financiers.

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Des risques « globalement équilibrés » pour la conjoncture, a cependant jugé la BCE. Mario Draghi et ses pairs ont choisi de ne pas dramatiser cette formule consacrée, présente dans tous les communiqués de l’institution depuis dix-huit mois. L’institution de Francfort reconnaît bien une « dynamique un peu plus faible » mais pas un « retournement ». Et ne fait même pas figurer l’Italie parmi les menaces principales susceptibles d’affecter l’économie.
Vulnérabilités des pays émergents
La Commission européenne a rejeté mardi le budget de l’Italie, l’une des plus grosses économies de l’eurozone. Depuis, Rome a vu ses taux d’emprunt se tendre sur les marchés, mais le mouvement ne s’est pas propagé aux autres membres de l’Union monétaire. « Pour le moment, il n’y a pas contagion et dans ce cas, il n’y a pas de sujet pour la BCE », fait remarquer Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet.

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Pressé de questions, l’Italien Draghi s’est permis quelques suggestions franches à l’égard de Rome. Pour apaiser la situation, mieux vaut « baisser le ton et ne pas questionner le cadre institutionnel de l’euro », a-t-il conseillé. Pour le reste, « c’est une discussion budgétaire » à laquelle la BCE ne participe pas, a souligné le patron de l’institution, se disant « confiant » sur la capacité des deux parties à trouver un accord.
Même aplomb concernant les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, dans l’impasse alors que l’échéance du Brexit se rapproche. « Une position de bon sens sera trouvée pour éviter un impact sur les marchés financiers », a estimé M. Draghi.
Ce dernier a malgré tout énuméré une liste d’incertitudes à surveiller, parmi lesquelles les vulnérabilités des pays émergents et la montée du protectionnisme. Ce contexte mondial commence à peser sur la dynamique. Freinée par une baisse des exportations, la croissance de l’activité privée en zone euro a ainsi atteint, en octobre, son plus bas niveau depuis deux ans, selon l’indice PMI publié mercredi 24 octobre par le cabinet Markit. Pour autant, de façon générale, « les indicateurs restent supérieurs, et certains même largement supérieurs, aux moyennes historiques », a insisté le banquier central.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Le Monde avec AFP  Publié hier à 15h30, mis à jour hier à 15h54   Lecture 1 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                         Un avion de combat F-35, dont s’équipera l’armée de l’air belge. KAZUHIRO NOGI / AFP             La Belgique a choisi le F-35 du groupe américain Lockheed Martin pour remplacer progressivement, à compter de 2023, sa flotte d’avions de chasse F-16, écartant le Rafale du français Dassault et le Typhoon du consortium européen Eurofighter, a annoncé le gouvernement belge jeudi 25 octobre.          Une série d’achats militaires groupés concerne aussi des drones, des frégates, des chasseurs de mines et des véhicules blindés, pour certains déjà annoncés, du matériel dont la Belgique s’équipe « à la fois dans le cadre de l’OTAN et dans le cadre européen », a précisé le premier ministre Charles Michel, parlant d’« une double démarche ».          Une proposition française mal accueillie          La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.            Les Etats-Unis pour le F-35 et le Royaumie-Uni pour le Typhoon – fabriqué par un consortium intégrant aussi l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne – ont répondu en bonne et due forme à l’appel d’offres formulé d’Etat à Etat. Mais le gouvernement français s’est distingué en proposant « une coopération approfondie » avec l’armée de l’air belge, dépassant la simple fourniture des Rafale, ce qui a été mal accueilli par le ministre de la défense, le nationaliste flamand (N-VA) Steven Vandeput. Le gouvernement belge a notamment reproché à l’offre française de ne pas avoir spécifié de prix pour l’avion proposé.           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       Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne  Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.                        Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce  Le premier ministre  est critiqué pour sa gestion des incendies qui ont fait 97 morts cet été à Mati.                       Article réservé à nos abonnés Le combat des « prisonniers politiques » catalans  Rencontre en prison avec le dirigeant nationaliste Raül Romeva, qui attend son procès pour rébellion, un an après le référendum.                         Article réservé à nos abonnés Macha, la petite peste russe qui veut conquérir le monde  Le dessin animé « Macha et Michka » va fêter ses 10 ans. Exporté dans plus de 100 pays, ce divertissement réalisé à Moscou diffuse une vision apaisée du monde russe.                      En Russie, Vladimir Poutine assouplit sa réforme contestée des retraites  Après les manifestations qui ont rassemblé des milliers de Russes opposés au projet de loi, le président a proposé d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 60 ans, au lieu de 63 ans.                         Article réservé à nos abonnés Une journée de sensibilisation aux droits des homosexuels, contre l’avis du gouvernement polonais  La majorité au pouvoir à Varsovie a cherché en vain à empêcher la participation des établissements scolaires à cette initiative, vendredi.               
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le prix Sakharov décerné jeudi au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov suit de peu le prix Vaclav-Havel attribué au représentant de l’ONG Memorial en Tchétchénie, Oïoub Titiev.
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Le prix Sakharov 2018 pour Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien emprisonné

Le prix Sakharov décerné jeudi au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov suit de peu le prix Vaclav-Havel attribué au représentant de l’ONG Memorial en Tchétchénie, Oïoub Titiev.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
26.10.2018 à 10h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Deux prisonniers, deux camouflets. Réuni en session plénière à Strasbourg, jeudi 25 octobre, le Parlement européen a décerné le prix Sakharov, destiné à promouvoir une personnalité ou une organisation dans le domaine des droits de l’homme, au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, incarcéré dans une colonie pénitentiaire russe. Trois semaines plus tôt, le 8 octobre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) avait attribué le prix Vaclav-Havel, sur le même thème, à Oïoub Titiev.
En détention préventive depuis janvier, le représentant de l’ONG russe Memorial à Grozny, en Tchétchénie, fait face à une accusation de « trafic de stupéfiants » qu’il réfute. L’APCE a surtout retenu le « courageux combat » de cet homme de 60 ans, repris après l’assassinat en 2009 de sa prédécesseure Natalia Estemirova, pour dénoncer les nombreux abus commis dans cette région du Caucase russe par son impitoyable dirigeant, Ramzan Kadyrov. Dans les deux cas, l’Europe a voulu dénoncer la violation des droits humains en Russie et reconnaître la situation de ces « prisonniers politiques ».

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« Par son courage et sa détermination, en mettant sa vie en danger, le cinéaste Oleg Sentsov est devenu un symbole de la lutte pour la libération des prisonniers politiques détenus en Russie et dans le monde », a déclaré jeudi Antonio Tajani, président du Parlement européen, sous les applaudissements des élus à Strasbourg. « En lui décernant le prix Sakharov, le Parlement européen exprime sa solidarité avec lui et sa cause, a-t-il poursuivi. Nous demandons sa libération immédiate ».
L’APCE avait affiché une même fermeté. « Nous sommes pleinement conscients des difficultés auxquelles M. Titiev et ses collaborateurs doivent faire face. Ce prix est une manifestation de reconnaissance par rapport au travail que lui-même et Memorial mènent », soulignait début octobre la présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Liliane Maury Pasquier.
Emprisonné dans le grand nord sibérien
En Tchétchénie, Oïoub Titiev encourt jusqu’à dix ans de prison. Oleg Sentsov, lui, est déjà derrière les barreaux dans le grand nord sibérien. Né en Crimée, opposé à l’annexion de la péninsule ukrainienne par la Russie, il avait été condamné en août 2015 à vingt ans de réclusion pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès qualifié de parodie de justice par des ONG internationales. Reconnu coupable d’avoir « participé » aux mêmes faits reprochés – tentative d’incendie d’un local de parti et projet de détruire une statue de Lénine – un autre Ukrainien, Alexandre Koltchenko avait été condamné en même temps à dix ans d’emprisonnement.

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Le 14 mai, Oleg Sentsov a commencé une grève de la faim pour réclamer la libération de « tous les prisonniers politiques ukrainiens en Russie », dont le nombre est évalué à près de 70 « illégalement arrêtés » selon le Parlement de l’Union européenne. Ce père de famille de deux enfants âgé de 42 ans a tenu pendant 145 jours, moyennant quelques cuillerées de substituts alimentaires, avant d’interrompre son mouvement le 6 octobre, de peur d’être nourri de force. Alors que sa santé vacillait, tous les appels en sa faveur avaient jusqu’ici échoué. Ni la mobilisation de personnalités dans le monde entier, ni les interventions de chefs d’Etat, dont celle d’Emmanuel Macron, ni la lettre poignante de la mère d’Oleg Sentsov n’ont ébranlé Vladimir Poutine. Le chef du Kremlin est resté inflexible.

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Jeudi soir, les réactions à Moscou n’ont pas dérogé à cette ligne. « Je ne vois aucun mérite de Sentsov dans le domaine des droits de l’homme. Le fait qu’il ait été choisi (…) relève de la politicaillerie », a affirmé jeudi soir Alexandre Brod, membre du Conseil des droits de l’homme rattaché au Kremlin. « La seule chose que je puisse dire c’est que cette décision est complètement politisée », abondait Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères russe. « Un choix grossier », a complété Piotr Tolstoï, vice-président de la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, pour qui « attribuer un prix à une personne reconnue coupable de terrorisme est la dernière étape d’un mépris pour les normes et les lois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Cécile Maisonneuve, la présidente La Fabrique de la Cité, et Marie Baléo, auteure d’un rapport du groupe de réflexion ont étudié plusieurs villes européennes emblématiques de cette pénurie.
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« La vente d’une grande partie du stock de logements publics n’est pas la solution »

Cécile Maisonneuve, la présidente La Fabrique de la Cité, et Marie Baléo, auteure d’un rapport du groupe de réflexion ont étudié plusieurs villes européennes emblématiques de cette pénurie.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 12h09
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

La Fabrique de la Cité est un groupe de réflexion spécialiste de l’innovation urbaine, financé par Vinci. Il s’apprête à publier un rapport intitulé « A la recherche du logement abordable : un défi européen », qui sera dévoilé le 7 novembre, à Bordeaux. Marie Baléo, auteure du rapport, et Cécile Maisonneuve, présidente du think tank, ont étudié le cas de plusieurs villes emblématiques de cette pénurie en Europe.
Pourquoi vous intéresser au logement abordable ?
Nous avons produit un précédent rapport sur l’accueil des réfugiés en Allemagne et en Suède, dont l’arrivée parfois massive a révélé le problème du logement cher et montré les limites de la capacité d’accueil des villes soumises à un tel choc démographique. Le logement est apparu comme une question centrale, au cœur de la métropolisation des villes attractives qui concentrent l’emploi et la richesse. Nous nous sommes donc focalisées sur des villes comme Paris, Berlin et Londres, mais aussi Stockholm, Munich ou Varsovie.
Vous appelez les pouvoir publics à agir : comment ?
Les réponses sont d’abord locales, quitte à faire sauter certains tabous. A Stockholm, par exemple, les 30 % de logements publics municipaux accessibles à tous sont aujourd’hui plutôt occupés par des ménages aisés. Les Suédois ne pourront pas faire l’économie d’un réexamen de ce choix historique pour orienter ce parc vers les plus modestes. Pour faire face aux coûts élevés de construction dans ce pays, la ville expérimente des immeubles préfabriqués et moins équipés en caves, parkings et laverie commune.

Les Londoniens doivent, eux, s’interroger sur l’usage de leur Green Belt, un poumon vert largement privé, dont l’urbanisation partielle pourrait produire jusqu’à un million de logements dans un rayon de 800 mètres des stations de métro existantes. La gouvernance du Grand Londres pourrait, de même, être réformée et dotée de plus de compétences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Nathalie Loiseau : « On est en train de jouer “50 nuances de brun” en Europe »

Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h35
    |

            Philippe Escande et 
Françoise Fressoz








                        



   


La ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, explique les raisons pour lesquelles le gouvernement a souhaité que soient organisées jusqu’à la fin du mois d’octobre, dans les pays de l’Union, des consultations citoyennes sur l’Europe.
La crise entre Bruxelles et l’Italie
« Ce n’est pas la France qui va donner des leçons sur le budget ! », a réagi Nathalie Loiseau après la décision de Bruxelles de rejeter le projet de budget italien au motif que les dépenses et les baisses d’impôts voulues par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) sont incompatibles avec les règles du pacte de stabilité. « Je n’ai pas la mémoire courte, je me souviens des accommodements que, pendant des années, la France a pris avec les engagements qu’elle avait elle-même dessinés », a poursuivi la ministre en souhaitant, « comme le gouvernement Conte, que l’Italie renoue avec la croissance et voie son chômage reculer ». Car « après des années de crise profonde, une partie du vote des Italiens en mars 2018 a consisté à dire “basta cosi”, ça suffit ! ».
Mais pour Nathalie Loiseau, l’argument démocratique invoqué par Rome est discutable : « Le gouvernement italien affirme vouloir satisfaire les demandes des électeurs, mais la Ligue et le M5S se sont combattus pendant la campagne. Ils n’ont jamais dit qu’ils allaient travailler ensemble. La première défendait la flat tax et l’amnistie fiscale, le second voulait le revenu universel et la fin de la réforme des retraites. Ceux qui ont voté pour eux ne pensaient pas que ces mesures s’additionneraient. Or l’addition des deux donne un budget qui n’est pas soutenable. »
Rappelant que la dette italienne « représente 131 % de la richesse nationale, ce qui est considérable et dangereux », Nathalie Loiseau a souhaité « un dialogue approfondi entre les autorités italiennes et la Commission », en fustigeant l’attitude du député européen de la Ligue qui « a cru bon d’essuyer ses chaussures sur les notes de M. Moscovici à Strasbourg. Ce n’est pas une attitude de parti de gouvernement ». Selon elle, « la zone euro est plus solide que ce qu’on imagine », et pourtant « insuffisamment préparée à une nouvelle crise. Nous avons l’union bancaire et nous devons la finaliser. Nous devons renforcer le mécanisme européen de stabilité qui n’est pas suffisamment réactif en cas de crise ».
Le Brexit
« Tout a été exploré d’un point de vue technique. C’est à Theresa May de savoir comment elle manie son gouvernement et sa majorité », a déclaré Nathalie Loiseau, alors que le Conseil européen de Bruxelles s’est soldé la semaine dernière par un nouvel échec.
La ministre a dit espérer un « accord complet d’ici à la fin de l’année 2018 », sans exclure totalement un Brexit dur le 30 mars prochain. « Si nous ne faisons rien, les 200 000 à 300 000 Britanniques qui vivent en France seraient sans papiers du jour au lendemain. Un camion britannique ne pourrait plus rouler en France. Un Eurostar ne pourrait plus circuler en France avec un conducteur britannique. Ce n’est pas ce que nous souhaitons, ce n’est pas ce qui se passera, mais cela s’anticipe », a-t-elle déclaré, en rappelant qu’un projet de loi d’habilitation permettra au gouvernement français d’adopter par ordonnances un certain nombre de dispositions législatives.
Selon elle, le Brexit est « une négociation perdant-perdants. Personne n’y gagnera, mais toutes les études vont dans le même sens : quelle que soit la forme de la séparation, le Royaume-Uni sera le pays le plus impacté. La préparation du Brexit lui coûte déjà 500 millions d’euros par semaine, alors que certains promettaient un retour hebdomadaire de 350 millions d’euros. »
Le couple franco-allemand
« Nous ne pouvons pas faire l’Europe sans un moteur franco-allemand qui marche », a déclaré Nathalie Loiseau en réfutant toute idée de panne. « Nous sommes parfois plus pressés que les autres, parfois peut-être trop pressés » a-t-elle reconnu, en soulignant que l’Allemagne connaissait « une situation politique sans précédent depuis l’après-guerre. L’extrême droite est massivement présente au Bundestag, mais cette situation ne nous empêche pas de travailler sérieusement avec les Allemands, car le contrat de coalition comporte de nombreux engagements européens. En outre, le contact est fréquent entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. »
Les élections européennes de mai
On est en train de jouer « 50 nuances de brun en Europe », s’alarme la ministre. « Présence gouvernementale de l’extrême droite en Autriche, en Finlande et au Danemark, offensive antidémocratique de Viktor Orban, tournée européenne de l’Américain Steve Bannon, qui veut la mort de l’Union européenne. Faut-il continuer de regarder ailleurs et d’affirmer que ce n’est pas grave ? Ce ne sera pas mon cas. Ce ne sera pas celui d’Emmanuel Macron. Il faut nommer les choses », a martelé Nathalie Loiseau en assumant pleinement le « clivage entre progressistes et nationalistes ».
Selon elle, « les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer, donc il faut se battre. » Dans la foulée, elle a fustigé l’attitude de LR qui « considère qu’il n’y a pas de problème avec Victor Orban, qu’il peut continuer de siéger au sein du PPE au Parlement, alors qu’il contredit les valeurs européennes ».
Les consultations citoyennes sur l’Europe
« Les enjeux européens sont plus forts que jamais. Or, il y a une déconnexion entre les populations européennes et les décisions prises par les institutions européennes », a pointé Nathalie Loiseau. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a souhaité organiser jusqu’à la fin du mois d’octobre les consultations citoyennes sur l’Europe. « Nous avons sollicité nos partenaires européens. Tous ont répondu oui, à l’exception de la Hongrie de M. Orban et de l’Italie de M. Conte et de M. Salvini », a précisé la ministre. « Ils ont estimé qu’interroger les citoyens était dangereux. Je trouve que c’est une définition intéressante du populisme : parler au nom du peuple, mais ne pas interroger le peuple », a-t- elle ironisé.
S’agissant de la France, « je ne perçois pas vraiment de colère contre l’Europe, a précisé la ministre, mais je note beaucoup d’attente sur l’Europe sociale et des questions plus existentielles sur la sécurité, la défense et le destin de l’Europe. Quant au sujet des migrations, il n’arrive pas au premier rang des préoccupations, sauf pour les militants très eurosceptiques ou à la gauche de la gauche, qui critiquent le gouvernement pour sa politique migratoire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La direction du quotidien « L’Avenir » a annoncé la suppression de 64 postes sur 294, essentiellement dans les rédactions et les services commerciaux.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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La presse francophone belge en grande difficulté

La direction du quotidien « L’Avenir » a annoncé la suppression de 64 postes sur 294, essentiellement dans les rédactions et les services commerciaux.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 11h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
L’ensemble des pages du quotidien belge L’Avenir, deuxième titre francophone en audience cumulée (papier, Internet et digital) étaient amputées d’un quart de texte, mercredi 24 octobre. La réponse des journalistes à la direction du groupe wallon, présent également sur le marché français par le biais de parts minoritaires dans La Provence et Nice-Matin, qui avait annoncé la veille la suppression de 64 postes sur 294, principalement dans les rédactions et les services commerciaux. « Un quart de notre personnel menacé, un quart de votre journal aussi », expliquait le message adressé aux lecteurs.
A en croire la direction, le plan qu’elle a élaboré viserait à « la transformation et à la relance » du titre, ainsi qu’à faire de L’Avenir le premier titre francophone du pays. « Se redéployer avec trois quarts des effectifs, c’est impossible », assure Martine Simonis, secrétaire générale de l’Association des journalistes professionnels.
Les employés, qui ont déposé un préavis de grève et dénoncent « l’extrême violence » de leurs dirigeants, opposent l’exigence de qualité assignée au titre et le licenciement de nombreux journalistes. Ils s’interrogent également sur le développement d’une offre numérique performante et leur meilleure implantation dans les villes, autres objectifs fixés par la direction.

C’est surtout la réalisation de synergies entre les pôles médias et télécoms du groupe actionnaire, Nethys, qui, selon le personnel, est à l’ordre du jour. Nethys (3 000 salariés, pour 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) est la branche opérationnelle du groupe Publifin. Cette structure de la province de Liège, active dans de nombreux domaines, a été au cœur d’un récent scandale en raison des rémunérations extravagantes qu’elle octroyait à ses dirigeants et administrateurs, des mandataires publics parfois payés alors qu’ils n’assistaient à aucune réunion.
Une commission...




                        

                        

