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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Dans une lettre au climatologue belge André Berger, le chef de l’Etat se dit « convaincu de l’importance particulière du nucléaire, en tant qu’énergie décarbonée ».
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Même s’il brûle encore de l’argent, le constructeur de véhicules électriques a profité des ventes de sa voiture d’entrée de gamme, le Model 3.
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Tesla gagne de l’argent pour la première fois en deux ans

Même s’il brûle encore de l’argent, le constructeur de véhicules électriques a profité des ventes de sa voiture d’entrée de gamme, le Model 3.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 07h42
   





                        



   


Tesla a annoncé mercredi 24 octobre son premier bénéfice en deux ans, clôturant sur une note positive un troisième trimestre noir marqué par une enquête pour « fraude » contre Elon Musk, son emblématique PDG, dont le comportement fantasque déroute les investisseurs.
Le constructeur de véhicules électriques a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 311,5 millions de dollars, grâce aux ventes de sa voiture électrique d’entrée de gamme, le Model 3, dont les volumes de production et de livraison ont fortement augmenté. Cette voiture, dont seule la gamme haute est actuellement commercialisée aux Etats-Unis en attendant la gamme intermédiaire, est censée transformer Tesla en producteur de masse.
A Wall Street, le titre gagnait 11,37 % vers 22 h 30 GMT dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance. Tesla, qui a avancé d’une semaine la publication de ses résultats, avait essuyé une perte de 619,38 millions de dollars au troisième trimestre 2017. Il avait dégagé son dernier bénéfice au troisième trimestre 2016, de l’ordre de 22 millions de dollars.

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Pari tenu
C’est un trimestre « vraiment historique », se sont enthousiasmés M. Musk et Deepak Ahuja, le directeur financier, dans une lettre aux investisseurs. « C’est la rédemption d’Elon Musk », a réagi Jeremy Acevedo, analyste au cabinet spécialisé Edmunds.com, rappelant que l’entrepreneur était en passe de gagner son pari de transformer le secteur automobile à coups de technologies électriques et autonomes.
Si M. Musk avait promis que le groupe, qui brûle beaucoup d’argent, allait être rentable dans la seconde moitié de l’année, les milieux financiers penchaient plutôt pour le quatrième trimestre.
Mais le constructeur de véhicules électriques a accéléré la production du Model 3, dont il a livré 55 840 exemplaires Model 3s, le modèle haut de gamme de ce véhicule, ce qui représente environ 3 milliards de dollars de revenus. Il en a produit 5 300 unités lors de la dernière semaine de septembre, ce qui est en ligne avec son objectif.

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Fin d’une série noire

   


Le Model 3 est devenu la 5e voiture particulière la plus vendue aux Etats-Unis au troisième trimestre selon Edmunds.com, et sa marge a atteint 20 % alors que Tesla visait seulement 15 %.
Le groupe californien, qui vend également des panneaux solaires depuis le rachat de SolarCity, a, en outre, terminé le trimestre avec une trésorerie positive de 881 millions de dollars, contre – 740 millions au deuxième trimestre, et disposait de 3 milliards de dollars en main contre 2,2 milliards à fin juin. Ces données sont de nature à apaiser les investisseurs, qui craignaient que Tesla ne dusse encore s’endetter auprès des marchés pour financer ses opérations.
Pour Elon Musk, cette performance clôt une parenthèse difficile au cours de laquelle ses capacités de patron ont été remises en question. Il a notamment été accusé de « fraude » par le gendarme de la Bourse, la SEC, après un tweet du 7 août dans lequel il affirmait, sans en apporter les preuves, disposer des fonds pour retirer Tesla de la cote.
L’enquête du régulateur s’est soldée par un accord à l’amiable selon lequel M. Musk a renoncé à la présidence du conseil d’administration de l’entreprise qu’il a cofondée. Il s’est aussi acquitté d’une amende.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Une étude révèle les préférences de 2,5 millions de personnes contraintes de choisir les victimes d’un accident.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/10/2018
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Les dilemmes moraux de l’humanité à l’épreuve de la voiture autonome

Une étude révèle les préférences de 2,5 millions de personnes contraintes de choisir les victimes d’un accident.



LE MONDE
 |    24.10.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 07h57
    |

            Nathaniel Herzberg et 
David Larousserie








                        



                                


                            

Peut-on tuer un vieillard pour sauver un enfant ? Toute vie humaine a-t-elle au contraire la même valeur, sans considération d’âge, de genre ou d’état de santé ?
Ces questions, médecins, assureurs et militaires se les posent depuis longtemps. « Mais jamais dans l’histoire de l’humanité avons-nous autorisé une machine à décider seule qui doit vivre et qui doit mourir, sans supervision humaine, en temps réel. Nous allons franchir cette barrière prochainement, pas sur un lointain champ de bataille, mais dans un des aspects les plus banals de notre vie, le transport quotidien. » 
L’équipe de scientifiques français et américains qui lance cette prophétie vise la voiture autonome, future vedette de l’automobile. Dans la revue Nature du jeudi 25 octobre, ces psychologues, anthropologues et spécialistes de l’intelligence artificielle (IA) poursuivent : « Avant d’autoriser nos voitures à prendre des décisions éthiques, il importe que nous ayons une conversation globale pour exprimer nos préférences aux entreprises qui concevront les algorithmes moraux et aux responsables politiques qui vont les réguler. »
Les chercheurs avaient déjà ouvert cette grande discussion en 2016 dans la revue Science. Les personnes alors interrogées se prononçaient massivement en faveur d’algorithmes sauvant le maximum de vies. Leur position fléchissait toutefois si eux-mêmes ou un membre de leur famille se trouvait impliqué. L’échantillon qui avait été interrogé rassemblait un peu moins de 2 000 personnes.
« Sauver les enfants »
L’article de Nature rend compte d’une entreprise d’une tout autre ampleur. Plus de 2,5 millions de personnes venues de quelque 230 pays ou territoires ont cette fois livré leur choix. Pour recueillir une telle masse d’informations, Edmond Awad et Iyad Rahwan du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Azim Shariff de l’université de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) et Jean-François...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Il a été repéré dans le nord-ouest de la mer de Weddell, non loin de la barrière de glace Larsen C, de laquelle il se serait détaché récemment.
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En Antarctique, la dérive d’un iceberg rectangulaire

Il a été repéré dans le nord-ouest de la mer de Weddell, non loin de la barrière de glace Larsen C, de laquelle il se serait détaché récemment.



LE MONDE
 |    24.10.2018 à 17h11
   





                        



   


C’est au cours d’un vol organisé le 16 octobre par l’opération de la NASA IceBridge, destinée à mieux comprendre le lien entre les zones polaires et le changement climatique, qu’un iceberg rectangulaire a été photographié.
Jeremy Harbeck, le scientifique qui l’a photographié, assure, sur le site internet de l’opération IceBridge, qu’il n’avait jamais vu un iceberg avec des bords et des angles si bien découpés.
Celui-ci a été repéré dans le nord-ouest de la mer de Weddell, non loin de la barrière de glace Larsen C, de laquelle il se serait détaché récemment. En juillet 2017 cette même barrière de glace a libéré un iceberg de la taille de l’Etat américain du Delaware.
L’opération IceBridge, grâce à des survols de l’Antarctique et des images satellites, a pour but d’observer l’évolution et les changements de la banquise en Antarctique. Les données collectées par l’opération servent à analyser l’influence du changement climatique sur les zones polaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Des archéologues ont découvert un navire de commerce grec très bien conservé qui gît à deux kilomètres de profondeur, dans la mer Noire, au large de la Bulgarie.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La manière d’établir un diagnostic en psychiatrie, essentiellement fondée sur l’observation, pourrait être revue au cours des prochaines années.
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Des patients atteints de maladies mentales ou physiques pourront être envoyés voir gratuitement des expositions au Musée des beaux-arts de Montréal.
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Au Canada, des médecins pourront prescrire des visites au musée

Des patients atteints de maladies mentales ou physiques pourront être envoyés voir gratuitement des expositions au Musée des beaux-arts de Montréal.



LE MONDE
 |    24.10.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 12h11
   





                        



   


Des visites au musée prescrites par des médecins. Dès le 1er novembre, certains médecins canadiens pourront conseiller à leurs patients souffrant de dépression, de diabète ou de maladies chroniques d’aller profiter d’une exposition, dans un but thérapeutique.
Cette initiative, lancée par le Musée des beaux-arts de Montréal et Médecins francophones du Canada (MFDC), permettra aux milliers de médecins membres de cette association d’envoyer gratuitement leurs patients dans le musée québécois. Ces « prescriptions muséales » sont uniques au monde, assure l’institution culturelle.
Pendant un an, explique la Montreal Gazette, ce projet pilote autorisera les docteurs du MFDC à faire jusqu’à cinquante prescriptions de ce nouveau genre. Pour cette visite gratuite, le patient pourra se faire accompagner par un adulte – un aide-soignant ou un membre de sa famille – et deux enfants.
« On oublie nos souffrances et nos anxiétés »
« De plus en plus d’études le démontrent : le contact avec les œuvres d’art a un réel impact sur l’état de santé physique et mentale de la population », assure dans un communiqué la docteure Hélène Boyer, vice-présidente de MFDC.
Selon elle, de telles sorties culturelles permettent d’augmenter le taux de cortisol et de sérotonine des patients :
« Nous sécrétons des hormones lorsque nous visitons un musée et ces hormones sont responsables de notre bien-être. Les gens ont tendance à penser que ce n’est efficace que pour les problèmes de santé mentale. (…) Mais ce n’est pas le cas. C’est aussi efficace pour les patients diabétiques, pour les patients en soins palliatifs et pour les personnes atteintes de maladies chroniques. »
Pour Mme Boyer, les bénéfices d’une visite au musée pourraient être comparables à ceux des activités physiques déjà prescrites par les médecins. « Quand on regarde une œuvre d’art, notre attention est portée sur l’œuvre et on oublie nos souffrances et nos anxiétés », conclut le médecin.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Un bateau de commerce grec a été découvert à 2 000 mètres de profondeur, dans la mer Noire, par une équipe d’archéologues.
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Découverte dans la mer Noire d’une épave intacte datant de 400 avant J.-C.

Un bateau de commerce grec a été découvert à 2 000 mètres de profondeur, dans la mer Noire, par une équipe d’archéologues.



Le Monde.fr avec AFP
 |    24.10.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 15h36
   





                        



Il s’agit de la plus vieille épave intacte découverte jusqu’ici. Un bateau de commerce grec qui remonte à l’an 400 avant Jésus-Christ, encore équipé de son mât, de son gouvernail et de ses bancs de rames, a été retrouvé au fond de la mer Noire par une équipe d’archéologues.
L’annonce a été faite mardi 23 octobre par l’expédition anglo-bulgare Black Sea Map, qui sonde depuis trois ans les fonds de la mer Noire sur plus de 2 000 km² au large de la Bulgarie, avec l’aide d’un sonar et d’un véhicule télécommandé équipé de caméras conçues pour l’exploration en eaux profondes.
Si l’épave, longue de 23 mètres, est encore en bon état c’est parce qu’elle a été retrouvée à une profondeur où l’eau est dépourvue d’oxygène et peut donc « conserver les matières organiques pendant des milliers d’années », a précisé l’équipe de chercheurs. Ce « type de bateau de commerce grec avait jusqu’ici seulement été observé sur [les décorations] d’anciennes poteries grecques », ont souligné les scientifiques.
Découverte de multiples épaves
Le professeur Jon Adams, directeur du Centre d’archéologie maritime de l’université de Southampton (dans le sud de l’Angleterre) et qui est l’un des dirigeants de l’expédition, reste encore stupéfait par cette découverte :
« Je n’aurais jamais pensé qu’il serait possible de retrouver intact, et par 2 000 mètres de profondeur, un navire datant de l’Antiquité. Cette découverte va changer notre compréhension de la construction navale et de la navigation à l’époque antique. »
Outre ce bateau, l’équipe de chercheurs a découvert, pendant cette expédition, plus de soixante épaves remontant à l’Antiquité, à l’époque romaine et jusqu’au XVIIe siècle. L’étude portant initialement sur l’évolution du niveau de la mer et l’immersion de la région de la mer Noire, la découverte des épaves « est une heureuse conséquence » de ces recherches, a souligné sur la BBC l’archéologue Helen Farr, associée au projet.

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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Décrit pour la première fois en 1903, le « fou rire prodromique » est irrépressible et annonce la survenue d’un accident vasculaire cérébral.
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<article-nb="2018/10/25/20-10">
<filnamedate="20181025"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181025"><AAMMJJHH="2018102520">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dans le cadre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, des scientifiques ont appelé les citoyens à s’emparer du débat sur la robotique et l’intelligence artificielle.
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                Intelligence artificielle : « Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal »


Dans le cadre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, des scientifiques ont appelé les citoyens à s’emparer du débat sur la robotique et l’intelligence artificielle.

LE MONDE
                 |                 24.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 16h05
                 |

            Claire Legros

















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Emotion, affect, conscience… Le langage révèle vite ses limites, confronté aux potentiels de l’intelligence artificielle (IA) et de logiciels capables d’apprendre par eux-mêmes. Le débat organisé au Monde Festival dimanche 7 octobre sur le thème « Un amour de robot ? » s’est ouvert sur une question de vocabulaire : peut-on parler du « ressenti » d’une machine dont le réseau de « neurones » modélise des émotions propres aux humains ?
Pour Raja Chatila, directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR) de Sorbonne Université et membre de l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers), collectif international d’ingénieurs en IA, « il ne s’agit que de métaphores. On est obligé d’utiliser ces termes pour se faire comprendre. Mais attention aux confusions possibles, les mots n’ont pas le même sens lorsqu’on les utilise pour des robots », prévient-il. 
Robots affectifs
Face à lui, Lola Cañamero, spécialiste de la modélisation des émotions, nuance d’emblée le propos : « Il ne s’agit pas seulement de métaphores », affirme la chercheuse qui développe, au sein de son laboratoire de l’université du Hertfordshire (Angleterre), des machines qu’elle qualifie de « robots affectifs », dotés de « pulsions, de besoins, d’émotions comme la joie, la colère, l’attention, le plaisir ».

        Pour aller plus loin :
         

          Les études de genre se penchent sur le sexe des robots



Le robot, dit-elle, « n’imite pas l’humain », il est son propre « sujet apprenant » et développe une « dynamique d’apprentissage qui prend en compte les émotions et leur impact dans la façon dont on perçoit le monde. On peut reproduire avec des algorithmes des processus biologiques, toute la chimie du corps et le fonctionnement du système nerveux à un niveau abstrait ».
Vidéo à l’appui, elle montre comment une machine – en l’occurrence un robot chien qui se trémousse sur un tapis – peut être conçue pour apprendre plus vite à interagir avec l’humain si elle reçoit de l’attention et des caresses. « L’humain peut ainsi l’aider à apprendre plus rapidement, car ces contacts permettent aux réseaux de neurones qui contrôlent l’apprentissage de mieux fonctionner. »
A l’inverse, un robot soumis à des postures agressives pourra « apprendre l’agressivité, développer des comportements d’évitements ». Il existe donc « différentes façons d’élever un robot », assure la chercheuse, et l’humain a « un rôle fondamental pour agir de manière éthique ».
Personnes âgées
De fait, la controverse linguistique révèle les questions éthiques que pose l’irruption des machines animées dans nos vies quotidiennes. Quel peut être l’impact de cette proximité entre humain et machine, notamment sur les personnes vulnérables ?
Lola Cañamero travaille avec des enfants diabétiques pour lesquels elle a conçu un robot présentant les symptômes du diabète, afin qu’ils comprennent mieux leur maladie. « Les enfants gardent conscience qu’il s’agit d’un robot et non d’un humain, assure-t-elle. Ils sont pris par le jeu mais gardent toujours à l’esprit l’idée que c’est un jeu. »

        Notre interview avec Lola Cañamero :
         

          En Grande-Bretagne, un petit robot pour aider les enfants diabétiques à se soigner



Véronique Aubergé, directrice de recherche au CNRS et invitée elle aussi à la table ronde, expérimente, de son côté, la présence de robots auprès de personnes âgées dans un Ehpad près de Grenoble. Les machines interagissent avec les résidents à l’aide de signaux sonores qui imitent les petits bruits d’un humain. « Plus on est isolé, plus on s’isole et plus on aura du mal à se relier à des humains, affirme-t-elle. En stimulant la personne âgée, le robot est un moyen efficace pour rompre le cercle vicieux de l’isolement et réapprendre les signaux qui permettent de se lier. Quand il est entre les mains des bonnes personnes, il peut réparer les liens entre humains. »

        Reportage :
         

          A l’hôpital Broca à Paris, des robots de compagnie pour les personnes âgées



Encore faut-il ne pas en abuser. Véronique Aubergé compare le robot intelligent à la morphine : « C’est un outil aussi puissant. Est-ce qu’on décide de laisser les personnes âgées mourir tranquillement sous morphine plutôt que d’isolement ? Ou, au contraire, met-on de la morphine pour aider ces personnes à sortir de l’isolement pour mieux revenir vers les humains ? C’est une décision sociale, culturelle, économique… »
Code éthique
Où s’arrêter ? Faut-il interdire une trop grande ressemblance des robots avec les humains ? Qui doit poser les limites ? Raja Chatila, qui préside au sein de l’IEEE une initiative internationale pour « les considérations éthiques dans l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes », plaide pour un « code éthique », car « tout ce qui peut être fait n’est pas bon. Seule la protection des données personnelles fait aujourd’hui l’objet d’une régulation. Or, dans la communauté des chercheurs, certains n’ont pas conscience que leurs travaux peuvent être dangereux ».

        Notre interview avec Raja Chatila (édition abonnés) :
         

          attention à la « confusion » entre homme et robot



Cette régulation doit venir « avant tout des citoyens », estime, de son côté, Véronique Aubergé, qui lance un appel pour que le débat ne reste pas « entre les mains des chercheurs, des entreprises ou des politiques qui font les lois. Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal. Le débat doit devenir collectif ». A Grenoble, la chercheuse ouvre son laboratoire à « toutes les personnes confrontées à l’IA dans leur métier ou leur vie afin qu’ils puissent venir échanger sur ces travaux ».


Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Claire Legros
    













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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La proximité qui pourrait s’instaurer entre humains et humanoïdes est-elle une chance ou une menace ? Véronique Aubergé, Lola Cañamero et Raja Chatila en ont débattu, dimanche 7 octobre, au Monde Festival.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤ 
<article-nb="2018/10/25/20-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Nous sommes enclins à préférer les objets que nous avons fabriqués nous-mêmes. Ce phénomène, connu des chercheurs depuis les années 1950, est aussi valable pour les enfants de plus de 5 ans.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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L’« effet IKEA » ou comment l’amour va aux objets

Nous sommes enclins à préférer les objets que nous avons fabriqués nous-mêmes. Ce phénomène, connu des chercheurs depuis les années 1950, est aussi valable pour les enfants de plus de 5 ans.



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24.10.2018 à 18h40
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                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            

Carte blanche. Vous est-il déjà arrivé d’arpenter distraitement les allées d’une grande surface et d’emprunter par mégarde le Caddie d’un autre client, à moitié rempli, pour continuer vos courses ? Celui-ci n’a certainement pas manqué de venir vous arracher « son » Caddie des mains, bien qu’il ne contienne a priori que des produits qui ne sont pas encore payés, mais qui semblent déjà être les siens ! Rien d’étonnant à cela, il semblerait que les objets que nous possédons, ou qui, dans le cas qui nous intéresse, vont bientôt nous appartenir représentent une très grande valeur à nos yeux…
Mais ce qui fait qu’un objet nous est particulièrement précieux pourrait également venir du fait que nous l’avons fabriqué de nos propres mains. Ainsi, nous sommes plus attachés à nos propres créations qu’à un objet identique, voire de meilleure facture, mais construit par autrui. Ce phénomène, bien connu des chercheurs depuis les années 1950, a sans doute inspiré les magasins de grande distribution de meubles à monter soi-même un peu partout dans le monde. Depuis quelques années, il porte d’ailleurs le nom d’une célèbre enseigne : « l’effet IKEA ».
Cet effet, dénommé ainsi en 2012 par Michael Norton, de la Business School de ­Harvard, désigne le fait que, loin de juger les objets de manière objective sur la base des matériaux qui les composent ou sur leur origine, nous sommes enclins à préférer les objets que nous avons fabriqués nous-mêmes. Cela vaut pour tous les domaines, cuisine, vêtements, mobilier, et nous pousserait donc à payer, entre autres, pour des objets en pièces détachées que nous assemblons nous-mêmes… Fait qui peut sembler paradoxal mais qui s’expliquerait de différentes façons : démontrer que nous sommes compétents, prouver que nous pouvons fournir un effort, mais également accroître notre sentiment de propriété de l’objet fabriqué par nos soins.
Chez l’enfant également
Si cet effet a été retrouvé par plusieurs auteurs...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Début octobre, un article de chercheurs en neurosciences des universités de Washington et de Carnegie-Mellon – qui devra encore être évalué par des spécialistes avant publication – a fait le « buzz » avec son titre alléchant, « Brain-Net, une interface ­cerveau-cerveau pour une collaboration directe entre cerveaux ».
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
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Relier entre eux les cerveaux humains

Début octobre, un article de chercheurs en neurosciences des universités de Washington et de Carnegie-Mellon – qui devra encore être évalué par des spécialistes avant publication – a fait le « buzz » avec son titre alléchant, « Brain-Net, une interface ­cerveau-cerveau pour une collaboration directe entre cerveaux ».



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    24.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 11h42
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            

Les défis de la science. Le dispositif Brain-Net fait communiquer, mais de manière très primaire, le cerveau de trois personnes pour déclencher une action sans intervention manuelle. Il combine deux techniques non invasives, l’électroencéphalographie (EEG) pour enregistrer les ondes de l’activité cérébrale et la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) pour stimuler certains neurones en leur appliquant un champ magnétique.
Trois personnes, deux émetteurs et un récepteur, toutes pourvues d’un casque EEG, sont mises en relation. Les deux émetteurs indiquent au récepteur « par la pensée », si oui ou non il doit faire pivoter une brique dans un jeu de Tetris simplifié et ralenti. Comment cela se passe-t-il ? Les émetteurs voient défiler sur leur écran une brique et la ligne du bas où elle pourrait s’encastrer si elle était placée dans le bon sens. Le receveur ne voit que la brique sur le sien. Les émetteurs fixent leur attention sur l’une ou l’autre des deux LED placées de chaque côté de l’écran : l’une clignote à 17 hertz (Hz) pour oui, l’autre à 15 Hz pour non.
Un taux de réussite de 81, 25 %
Ce choix déclenche dans leur cerveau une onde à la même fréquence captée par leur casque EEG ; elle est convertie en signal numérique (en pratique 1 bit) qui sert à faire ou non pivoter la brique et est transmise via un réseau Internet au système TMS placé, dans un bonnet, sur la tête du receveur au niveau du cortex visuel.
S’il faut faire pivoter la brique, le système génère via la TMS un phosphène, une illusion de flash lumineux perçue par le receveur. Ce dernier décide alors (ou non) de faire pivoter la brique en fixant lui aussi son attention sur la LED idoine. Le jeu s’effectue en deux tours, ce qui permet au récepteur de corriger son premier choix. Le test a été effectué auprès de cinq groupes de trois personnes avec un taux de réussite de 81,25 %.
Dans un deuxième temps, de manière aléatoire, l’un des deux émetteurs...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le collectif  Paléo-énergétique écrit  une contre-histoire  de l’énergie en revenant  sur des inventions oubliées.
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Les leçons du passé technologique

Le collectif  Paléo-énergétique écrit  une contre-histoire  de l’énergie en revenant  sur des inventions oubliées.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    24.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 11h27
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Livre. « Rechercher les innovations d’autrefois pour préparer les solutions de demain », tel est le credo d’un livre, mais surtout de ses auteurs, membres de l’association Paléo-énergétique. Passionnés d’archives et de technologies, ils fouillent dans la littérature ou les témoignages en quête d’idées anciennes, voire de prototypes du passé, autour des questions d’énergie, de sa production, de son stockage ou de son utilisation, ­notamment dans le transport…
Il pourrait y avoir de la naïveté à espérer trouver dans de vieux pots de meilleures soupes que celles existant aujourd’hui. Chacun pense en effet que les technologies qui l’entourent sont le résultat d’une sorte d’évolution inexorable ayant sélectionné les meilleures idées. C’est évidemment faux, tant il existe d’exemples où les succès s’expliquent moins par leur qualité intrinsèque que par des choix économiques, politiques, sociologiques… Il n’est donc pas impossible que des idées ­originales du passé puissent (re) marcher si le besoin s’en faisait sentir ou si de nouvelles technologies rendaient efficace ce qui ne pouvait l’être à l’époque.
Des leçons pour l’avenir
C’est ce que rappelle ce collectif, qui a l’ambition d’écrire une contre-histoire de l’énergie, dont ce livre n’est qu’un des aspects. Il s’engage aussi dans des expositions, des interventions pédagogiques, des conférences et dans l’action, par exemple en diffusant une sono d’extérieur autoalimentée par le soleil ou le pédalage des spectateurs. Leur propos sur l’énergie est nourri de la prise en compte du changement climatique. Et la sobriété, le recyclage, le partage… sont des ­valeurs omni­présentes dans leur livre.
Du coup, il y a plusieurs façons de lire cet ouvrage, écrit par une quinzaine d’auteurs. Dans l’ordre chronologique en partant des ­semelles chauffantes de Lavoisier de 1780 ­jusqu’aux piles alcalines rechargeables des années 1980, en passant par la première ­Porsche électrique...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Les bienfaits de l’activité physique sur la santé ne sont plus à démontrer. De manière préventive pour tous, ou thérapeutique dans la prise en charge des maladies chroniques, la pratique d’un sport pourrait éviter ou retarder la prise de médicaments.
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L’activité physique sur ordonnance

Les bienfaits de l’activité physique sur la santé ne sont plus à démontrer. De manière préventive pour tous, ou thérapeutique dans la prise en charge des maladies chroniques, la pratique d’un sport pourrait éviter ou retarder la prise de médicaments.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 11h25
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

« Faire quinze minutes de marche par jour, une demi-heure de natation trois fois par semaine, aller trois fois par semaine à la séance de karaté, à deux séances de yoga. » Sortir du cabinet médical avec une telle prescription n’est pas si fréquent. Et pourtant cela devrait être la règle, au vu des connaissances scientifiques. On le dit et le redit, le sport est souvent le meilleur des « médicaments ».
D’abord en prévention. Les données de la science ne laissent plus place au doute sur ses bienfaits. « Il faut que l’activité physique devienne un sujet d’entretien dans les cabinets médicaux », martèle le docteur Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé : « Où habitez-vous ? Où travaillez-vous ? Où allez-vous avoir une activité de loisirs ? C’est aujourd’hui une question que l’on devrait poser à tous ses patients. » « Le parcours contraint doit devenir un parcours santé, à pied, à vélo, électrique ou pas », poursuit le docteur Feltz, chiffres à l’appui : dans les grandes villes, 30 % de la population prend la voiture pour moins de 1 kilomètre. Plus de 50 % pour moins de 3 km !

« L’activité physique est une thérapeutique à part entière dans la prise en charge des maladies chroniques : elle améliore les symptômes, l’équilibre de la maladie, favorise le lien social… », indique la professeure Martine Duclos, médecin du sport et physiologiste au CHU de Clermont-Ferrand. Cela permet aussi d’éviter ou de retarder le recours aux médicaments dans certaines pathologies comme le diabète de type 2 ou le cholestérol, ou de mieux supporter les traitements contre le cancer.
Aider le médecin à motiver le patient
Depuis la loi du 26 janvier 2016, les médecins peuvent prescrire de l’activité physique et sportive aux personnes en affection longue durée (ALD), ce qui représente 10 millions de patients. Mais les freins sont encore nombreux pour la mise en œuvre de cette nouvelle...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’Afrique subit les conséquences d’une décolonisation en bonne partie ratée, explique le professeur à Sciences Po Paris.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤         

Bertrand Badie : « Les puissances coloniales ont étouffé le panafricanisme »



LE MONDE
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        Le 23.10.2018 à 17h25

     •
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          datetime="2018-10-24T10:55:16+02:00"

        Mis à jour le 24.10.2018 à 10h55






Durée : 03:53 | 

Dans son livre Quand le Sud réinvente le monde, Bertrand Badie explique que les nations du Nord ont phagocyté l’émancipation politique des anciennes colonies en imposant leur propre modèle d’organisation politique, celui de l’Etat-nation. « Les libérateurs africains étaient condamnés à être des protestataires plutôt que des bâtisseurs d’Etat-nation, non adaptés à l’historicité africaine », précise le professeur à Sciences Po Paris. Pour lui, les pays africains ont été cantonnés à un rôle secondaire sur la scène internationale après les indépendances, et l’Afrique bouleverse aujourd’hui l’agenda international. « Le continent est devenu le centre de gravité du jeu politico-diplomatique mondial. »


                

                     Petite Noir, le Congolais qui voit la musique en grand

                

                     Les Sud-Africains se soignent au cannabis

                

                     DJ Hamida, le mix gagnant


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Les variations climatiques extrêmes auraient enrayé le fonctionnement de la cité hydraulique des anciens rois du Cambodge qui transférèrent leur capitale.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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L’abandon d’Angkor serait lié à une « crise de l’eau »

Les variations climatiques extrêmes auraient enrayé le fonctionnement de la cité hydraulique des anciens rois du Cambodge qui transférèrent leur capitale.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
24.10.2018 à 06h27
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

L’énigme du déclin d’Angkor, capitale de l’Empire khmer délaissée au XVe siècle au profit d’Oudong, dans le sud du Cambodge, serait en partie levée. Une nouvelle étape des recherches menées par l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), avec l’Apsara, l’autorité nationale responsable du site angkorien, et l’université de Sydney, est présentée dans la revue Science Advances du 17 octobre, sous le titre « L’abandon d’Angkor ou la vulnérabilité de l’infrastructure urbaine aux variations climatiques ».
Cette publication fait le lien entre ce qui s’est passé au Cambodge il y a six cents ans et l’ampleur des ravages causés par les inondations en France, cette semaine dans l’Aude, après l’Italie, l’Espagne, le Japon, l’Inde, l’Ouest des Etats-Unis. Conséquence de périodes de sécheresse entrecoupées de séquences de précipitations intenses.
Les scientifiques souhaitent comprendre et expliquer comment le réseau hydraulique mis en place par les anciens Khmers a pu péricliter et contribuer au déclin du complexe urbain préindustriel, l’un des plus vastes de la planète au XIIIe siècle, logeant un demi-million d’habitants sur 1 000 kilomètres carrés. « Etudier et numériser le phénomène à partir des relevés et données archéologiques accumulés, telle a été la méthode retenue », explique l’archéologue et architecte Christophe Pottier.

« Vrai palimpseste »
Actuel directeur des études de l’EFEO, il a passé quinze ans à ausculter sur le terrain les vestiges angkoriens. Il est secondé par Roland Fletcher, de l’université de Sydney, et Damian Evans, de l’EFEO, qui a réalisé l’empreinte du périmètre urbain au lidar. Ce rayon laser à haute fréquence relève, à travers le couvert forestier, des millions de points en trois dimensions avec une précision de quelques centimètres, laquelle révèle les traces de l’ancien bâti, maisons, temples, pyramides, canaux, digues, réservoirs, etc.

« La modélisation de toutes...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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« Vaccination des soignants contre la grippe » : il est urgent d’agir !

Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 15h49
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis la consultation citoyenne, il y a deux ans, la France est en train de franchir un palier de maturité en matière de vaccination. Les décisions prises l’année passée par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, y ont sans doute contribué : en étendant l’obligation vaccinale des enfants, le gouvernement a réaffirmé dans la clarté la priorité donnée à la santé publique. L’opinion publique, que l’on croyait rétive, paraît le suivre.
Un récent sondage Ipsos a montré que 83 % des Français se disent favorables à la vaccination, loin du triste résultat de la grande enquête de la London School of Hygiene en 2016, qui montrait un niveau de défiance inédit dans la population française à l’égard des vaccins.
Dans ce contexte, on pourrait être déçu par l’annonce récente (le 18 octobre) d’une simple charte, cosignée par les ordres professionnels, concernant la vaccination des soignants contre la grippe. Une charte, là où le code de la santé publique permettrait une obligation (article L3111-4) dont la mise en application reste une épine dans le pied du gouvernement.
Il y a urgence à agir, car la situation actuelle est inacceptable. Malgré un risque de transmission aux patients, le taux de vaccination chez les professionnels de santé atteint difficilement les 30 %, et ce, quel que soit le type d’établissement (public ou privé) ou de profession (médecins, infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes).
Lorsqu’on se penche sur le sujet, l’obligation vaccinale est pourtant moins évidente qu’il n’y paraît. Dans son principe, l’objectif est peu contestable : malgré l’efficacité aléatoire du vaccin contre la grippe, plusieurs études ont montré le bénéfice d’une couverture vaccinale quasi exhaustive des soignants.
D’autres enquêtes montrent à l’inverse l’effet causal de la faible vaccination dans la propagation du virus. Les patients, eux, que l’on interroge si peu, ont une vision très claire de la question : l’enquête...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Espace de discussion autour des productions scientifiques sur le Web, le site PubPeer permet aussi de corriger des articles, d’en obtenir la rétractation et, le cas échéant, de sanctionner des chercheurs en cas d’inconduite.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
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PubPeer, le site par qui le scandale de « l’inconduite scientifique » arrive

Espace de discussion autour des productions scientifiques sur le Web, le site PubPeer permet aussi de corriger des articles, d’en obtenir la rétractation et, le cas échéant, de sanctionner des chercheurs en cas d’inconduite.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 20h40
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

« Site de merde ! », voilà comment est souvent décrit, dans les couloirs des labos français, le site PubPeer. Créé en 2012, ce « journal-club en ligne », comme il se décrit lui-même, se veut un forum de commentaires scientifiques sur des articles déjà publiés. Ce qui lui vaut ce qualificatif peu amène, c’est qu’il a acquis une certaine notoriété en France pour avoir déclenché au moins trois des dernières affaires d’inconduites scientifiques ayant secoué jusqu’aux plus hauts sommets de la hiérarchie le système de recherche français.

En septembre 2014, c’est par lui que passe la campagne contre ­Olivier Voinnet, relayée par des mails anonymes en décembre 2014 et surtout en janvier 2015. En juillet 2016, c’est son système de signalement automatique qui alerte toujours le même biologiste pour un problème dans un article déjà corrigé. Ce qui débouchera sur une nouvelle enquête.
En septembre 2017, le blogueur allemand spécialisé Leonid Schnei­der révèle des problèmes dans des articles de la patronne de la biologie du CNRS, Catherine Jessus, en mettant ses figures simultanément sur PubPeer. Les jours suivants, sept autres articles, déposés anonymement, rejoindront les quatre premiers. L’agitation du blogueur, ancien chercheur, lui vaudra en retour de voir ses propres travaux critiqués sur PubPeer !
« C’est de la délation »
Quelques semaines plus tard, en novembre 2017, c’est la présidente par intérim du CNRS, Anne Peyroche, qui devient la cible. Et, tout récemment, un vieil article de l’actuelle ministre de la recherche, Frédérique Vidal, y a même été épinglé. Voilà qui peut agacer. En apprenant, fin août 2015, que deux des responsables de PubPeer, Boris Barbour et Brandon Stell, sont des collègues du CNRS, un chercheur menace d’en venir aux mains avec l’un d’eux ! Olivier Voinnet lui-même, dans un message au précédent président du CNRS début 2017, parle de « machine à détruire la science ». Sur France Culture,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-20">
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                

L’intégrité scientifique est intangible

Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 11h36
   





                        


Editorial du « Monde ». Quiconque s’intéresse à l’histoire des sciences sait combien cette activité est humaine, soumise aux passions, aux rivalités, et que la quête de la connaissance s’accommode parfois de petits arrangements avec les faits bruts, quand il ne s’agit pas de fraude pure et simple.
L’astronome Claude Ptolémée est suspecté d’avoir plagié les mesures du Grec Hipparque, le moine Gregor Mendel soupçonné d’avoir « arrangé » la répartition de ses petits pois pour coller à ses lois de l’hérédité. Vingt ans après sa publication, un article d’Andrew Wakefield dans The Lancet affirmant que le vaccin ROR était responsable de cas d’autisme continue de handicaper la politique vaccinale, alors que ses résultats ont été entièrement « bidonnés » et qu’ils ont fait depuis l’objet de rétractations.

        Lire aussi :
         

                La biologie française minée par des manquements à l’intégrité scientifique



Ces cas restent rares, mais ces inconduites scientifiques ne sont que la forme la plus extrême sur un continuum qui va du simple embellissement des données à leur fabrication pure et simple. Avancement, financement et gloire dépendent de la capacité des équipes à produire rapidement des résultats publiables. Cette économie de la connaissance induit des effets pervers : panurgisme, saucissonnage des résultats, émergence de revues prédatrices et congrès bidons, inconduites scientifiques…
Véritables fraudes
Des sites comme PubPeer, destinés à accueillir des critiques de la littérature scientifique, y compris de façon anonyme, sont honnis par une part des chercheurs, qui y voient un abject instrument de délation. Imparfait, il a pourtant mis au jour de véritables fraudes, et n’existe qu’en raison de l’incapacité de la science à répliquer ses résultats et à s’autocorriger efficacement.
Les institutions scientifiques françaises ne semblent pas avoir totalement tiré les leçons du phénomène. La direction du CNRS, face au « cas Olivier Voinnet », en 2015, pensait en avoir fait un exemple capable d’édifier la communauté : en frappant durement cette star de la biologie végétale partie pour la Suisse, l’organisme public montrait que nul n’était à l’abri.
Mais, pour frapper fort, encore faut-il frapper juste, et avec cohérence : l’enquête de 2015 a été bâclée, les responsabilités individuelles n’ont pas été suffisamment recherchées, pas plus que l’ampleur des atteintes à la science engendrées par ces inconduites. Et, trois ans plus tard, les mêmes arguments retenus contre Olivier Voinnet – sa responsabilité de chef de groupe, l’atteinte à l’image de l’organisme – seront oubliés dans le cas de Catherine Jessus, responsable de la biologie au CNRS. Plusieurs de ses publications sont pourtant, elles aussi, entachées de manipulations d’images, et l’absence de plusieurs données originales ne permet malheureusement pas de conclure.

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La biologie est-elle une science si « molle » que ses spécialistes soient incapables de s’accorder sur la gravité des faits ou de dire si, oui ou non, les manipulations ont changé le sens des « découvertes » ? L’Office français de l’intégrité scientifique, tout récemment créé, et le dispositif que le CNRS s’apprête à mettre sur pied changeront-ils la donne ? Il est temps que la recherche française se dote de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction des inconduites scientifiques. Qu’elle agisse et pèse à l’international sur les conditions de production de connaissances qui « poussent au crime ». Et qu’elle ne s’effraie pas de la publicité et du scandale : ce n’est pas abîmer la science que d’expliquer comment elle se corrige et se rédime.

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