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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Ce livre dense et érudit revient sur un épisode unique de l’histoire de France. En juillet-août 1830, quatre souverains se sont succédé sur le trône de France.
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Le grand prix du roman de l’Académie française décerné à Camille Pascal

Ce livre dense et érudit revient sur un épisode unique de l’histoire de France. En juillet-août 1830, quatre souverains se sont succédé sur le trône de France.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 17h31
   





                        



   


L’Académie française a ouvert jeudi 25 octobre la saison des prix littéraires en décernant son grand prix du roman à Camille Pascal pour L’Eté des quatre rois (Plon), roman racontant l’été 1830 quand quatre souverains se sont succédé sur le trône de France.
Il a remporté le prix au 3e tour de scrutin, avec treize voix contre sept à Alain Mabanckou (Les cigognes sont immortelles, Seuil) et deux à Thomas B. Reverdy (L’Hiver du mécontentement, Flammarion), a annoncé jeudi l’Académie française.

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Conseiller d’Etat, ancien secrétaire général de France Télévisions et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, Camille Pascal, 52 ans, est historien de formation. L’Eté des quatre rois est son premier roman, et il est également en lice pour le prix Interallié.
« Le roman vrai de la révolution »
Ce livre dense (plus de 600 pages) et érudit revient sur un épisode unique de l’histoire de France. Roi impopulaire, contraint d’abdiquer après les émeutes parisiennes de juillet 1830 (les « Trois Glorieuses »), Charles X souhaite que son petit-fils Henri d’Artois (Henri V) lui succède. Il demande à son fils Louis-Antoine d’Artois (Louis XIX), dauphin légitime, de renoncer à ses droits en faveur de son neveu. Henri d’Artois n’a que 9 ans et Louis-Antoine d’Artois n’a pas le courage de contester la décision de son père. La voie est libre pour le duc d’Orléans, qui finalement monte sur le trône sous le nom de Louis-Philippe.
Le roman de Camille Pascal entraîne le lecteur dans tous les lieux de ces folles journées. Nous sommes au château de Saint-Cloud, aux Tuileries, à Paris, Courbevoie ou encore en Normandie. L’historien convoque Stendhal, Chateaubriand, Dumas, Vigny et Hugo. On croise Guizot, Talleyrand, le vieux Lafayette et le jeune Adolphe Thiers.

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                Le Grand Prix du roman de l’Académie française attribué à Daniel Rondeau pour « Mécaniques du chaos »



Camille Pascal est non seulement partout, mais décrit comme s’il était témoin vivant des événements les robes des dames, les marqueteries des meubles… Le style est alerte même si l’écriture est d’un académisme un peu vieillot. Selon son éditeur, Camille Pascal a écrit « le roman vrai de la révolution de 1830 ».
L’an dernier, le grand hprix du roman de l’Académie française avait été décerné à Daniel Rondeau pour Mécaniques du chaos (Grasset).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’artiste de 28 ans, basé à Londres, a sorti le 5 octobre son nouvel album, « La Maison Noir ».
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Petite Noir, le Congolais qui voit la musique en grand



LE MONDE
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        Le 25.10.2018 à 16h53






Durée : 04:08 | 

Basé à Londres, le Congolais Petite Noir (RDC), inventeur d’un style musical baptisé « Noir Wave », revendique une musique en trois dimensions mélangeant sonorités, visuels et spiritualité. En parallèle de la sortie de l’album La Maison Noire, un film de dix-sept minutes, évoquant les thèmes de la résistance, de la migration et des droits des femmes, a été mis en ligne sur YouTube et comptabilise près de 2 millions de vues. Cet « EP visuel » en quatre parties est parsemé d’images faisant référence à la cosmologie congolaise afin d’illustrer divers aspects de la vie.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, vision glaçante d’un futur totalitaire.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Minority Report » : voyage au bout de l’obsession sécuritaire

Steven Spielberg signe un grand film de science-fiction, vision glaçante d’un futur totalitaire.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 14h00
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



   


CStar, jeudi 25 octobre à 21 heures, film
Nous sommes en 2054. Dans le cadre d’un programme expérimental cantonné au seul district de Washington, le ministère de la justice peut arrêter les criminels avant leur passage à l’acte. Des jumeaux et une jeune fille, Agatha, baptisés « precogs » en raison de leurs pouvoirs médiumniques, sont gavés de drogues synthétiques et isolés dans une piscine sous le regard de la brigade « précrime », qui guette leurs prédictions. Le policier John Anderton (Tom Cruise) regarde et interprète sur un écran télépathique le film des crimes futurs, en serviteur zélé d’un pouvoir qui a réalisé l’impunité zéro. Sans se douter qu’il se verra plus tard sur ce même écran, en flagrant délit d’homicide.
A ce moment du film surgit une révélation qui n’a pas du tout la valeur explicative qu’on lui attache communément. On s’attend à ce qu’Agatha, la plus douée du trio de « precogs », révèle à John Anderton les raisons pour lesquelles un complot a été tissé autour de lui. Or, Agatha se met à avoir des ratés dans ses visions. Elle ne décrit plus un futur certain, mais un futur parallèle, et raconte à John Anderton le devenir possible de Sean, son fils, s’il n’avait pas mystérieusement disparu six ans auparavant.
On a alors le sentiment que le film recommence à l’identique. Revoilà John Anderton père à la recherche de son fils, revoici Agatha, jeune fille traumatisée par l’assassinat de sa mère. Tout recommence donc, à la différence près que le lien qui unit les deux personnages – John Anderton a besoin d’Agatha pour expliquer pourquoi elle a deviné en lui un criminel – est maintenant devenu intime.
Secret de famille
Cette manière de refaire connaissance entre une fille orpheline et ce père endeuillé provoque, à côté du plaisir que procure la maîtrise de Steven Spielberg et de l’interprétation envoûtante de Samantha Morton et de Tom Cruise, une inquiétude aussi vive. Le cinéaste s’adresse à son spectateur comme à un orphelin. On pourrait croire que son film est un secret de famille qu’il consent à dévoiler. C’est tout simplement l’histoire bouleversante de deux individus qui n’arrivent pas à enterrer leurs morts. Un « rapport minoritaire » concerne celui qui aurait pu avoir un avenir parallèle en ne commettant pas le crime dont il est virtuellement accusé.
Ce concept d’uchronie est central dans l’œuvre de Philip K. Dick et dans sa nouvelle Rapport minoritaire, publiée en 1956 et adaptée par Spielberg. Mais le réalisateur américain confère à « rapport minoritaire » un sens supplémentaire, extrajuridique, purement existentiel, en désignant également celui qui n’a pas accompli son destin, à l’image du fils disparu de John Anderton.
« Les morts ne meurent pas »
Minority Report constitue la vision la plus plastiquement réussie au cinéma de notre futur depuis Metropolis, de Fritz Lang, et Blade Runner, de Ridley Scott, par son utilisation magistrale de la technologie numérique. Dans ce futur où l’inconscient a été colonisé, nos désirs sont désormais soumis à la seule satisfaction ­consumériste. « Les morts ne meurent pas », explique Agatha à John Anderton. Cette assertion mystérieuse ne trouve pas seulement son actualisation dans les hologrammes de son fils disparu que John Anderton regarde chez lui tous les soirs.
Il y a quelque chose d’encore plus fou dans le projet de Spielberg : il vise à ancrer ses personnages dans la généalogie de leurs morts, comme si seule la mémoire d’un passé sans cesse entretenu offrait une alternative à un futur désincarné.

Minority Report, de Steven Spielberg. Avec Tom Cruise et Samantha Morton (E-U, 2002, 145 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Bryan Marciano signe une pétillante série générationnelle, dans laquelle il incarne le personnage principal.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Vingt-cinq » : le « blues du millénium » décliné avec humour et justesse

Bryan Marciano signe une pétillante série générationnelle, dans laquelle il incarne le personnage principal.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h38
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


OCS Max, jeudi 25 octobre à 20 h 35, série
Le blues du mec qui n’a pas de gros problèmes, sauf celui de s’extraire du cocon de l’adolescence. Qui, à 25 ans, se trouve nul, sans talent, sans « meuf », sans aucune étiquette, du genre « gay » ou autre, qui lui donne une identité. Bref, un « no life », un type sans intérêt.
A la fois scénariste, producteur, réalisateur et comédien principal de Vingt-cinq, Bryan Marciano a converti ce « blues du millénium » en douze épisodes pétillants d’humour et de justesse. Lauréat du Prix du meilleur acteur au festival Séries Mania 2018, le jeune homme se prénomme ici Jérémy – il est le prince des jérémiades – et revient à peine de New York avec sa copine Julie, 25 ans comme lui, qui décide de le quitter. Alors qu’ils étaient ensemble depuis neuf ans. Il a beau protester que ce genre de décision se prend à deux, et qu’il se trouve qu’il n’est absolument pas d’accord, qu’il faut donc en discuter, Julie et son cœur de pierre n’en démordent pas. Tout juste la jeune fille lui concède-t-elle qu’elle sait qu’il est le partenaire idéal, mais que ce n’est pas le bon moment pour elle qu’ils soient ensemble.
Indécis et velléitaire
Après cette première scène dans l’aéroport au retour de New York, rien ne va s’arranger. Julie va aller de l’avant, Jérémy faire du surplace, indécis et velléitaire autant qu’il se peut. Une caractéristique qu’il n’a d’ailleurs pas en propre, car ses copains se révéleront peu ou prou comme lui, affreusement tiraillés entre la forte tentation de céder aux désirs de l’instant, voire à une grosse nonchalance, et l’idée de rechercher ce qui pourrait faire sens pour eux (à chaque coin du triangle amour-travail-maison).
Après la série Irresponsable, de Frédéric Rosset, dans laquelle Sébastien Chassagne campait un jubilatoire trentenaire immature, OCS propose une nouvelle comédie générationnelle des plus réjouissantes, avec l’auteur-comédien Bryan Marciano en maître d’une fugue teintée de ­romantisme.

Vingt-cinq, série créée par Bryan Marciano. Avec Bryan Marciano, Pablo Pauly, Alexandre Boublil, Pierre Lottin, Esther Garrel (France, 2018, 12 × 22 min). www.ocs.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Des utilisateurs afro-américains se sont offusqués que le service mette en avant des acteurs noirs dans son navigateur, même quand ils jouent un rôle mineur.
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Netflix accusé de baser ses recommandations sur la couleur de peau de ses abonnés

Des utilisateurs afro-américains se sont offusqués que le service mette en avant des acteurs noirs dans son navigateur, même quand ils jouent un rôle mineur.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h03
   





                        


Netflix se base-t-il sur la couleur de peau de ses utilisateurs pour les cibler et pour affiner ses recommandations de films et de séries ? C’est ce que dénoncent des clients américains du populaire service de vidéo à la demande, après avoir observé des biais raciaux dans la manière de présenter les vidéos disponibles, rapportent The Guardian et Wired.
Depuis décembre 2017, Netflix personnalise les vignettes de sélection des films et séries visibles sur la page d’accueil du service en fonction des goûts supposés de ses utilisateurs. Par exemple, pour mettre en avant une ambiance de mystère ou de romance, si les algorithmes de Netflix ont perçu de telles tendances dans ce que regarde l’abonné concerné.
« Traités différemment »
Or plusieurs utilisateurs afro-américains ont relevé que la firme de Los Gatos mettait en avant des acteurs afro-américains, y compris lorsque ceux-ci jouaient un rôle mineur dans le film ou la série. The Guardian donne l’exemple de la comédie romantique Love Actually, dans laquelle Hugh Grant, Emma Thompson et Colin Firth jouent les premiers rôles, mais pour laquelle Netflix met en avant les acteurs Chiwetel Ejiofor et Keira Knightley, aux rôles pourtant secondaires.

   


Si Netflix est connu pour sa politique de personnalisation algorithmique de l’offre, il s’agit d’un exemple supplémentaire aux effets potentiellement indésirables. Comme le relève un programmeur sur Twitter, « les gens n’aiment généralement pas être traités différemment en fonction de leur couleur de peau, et tout particulièrement quand ils sont tranquillement chez eux en train de regarder un film ». 
D’autres, comme le réalisateur new-yorkais Tobi Aremu, ont estimé que le système pouvait être une bonne chose pour les utilisateurs sensibles à l’inclusivité. Mais dans le Guardian, il critique aussi le fait que Netflix puisse berner ses clients en mettant en avant sur les vignettes de film des acteurs qui n’ont qu’un rôle mineur dans le scénario, où les personnages principaux restent blancs.
Contacté par Wired, Netflix s’est défendu de toute exploitation commerciale de la couleur de peau de ses abonnés. « Il est faux de dire que nous personnalisons les affiches en nous basant sur des statistiques démographiques. Nous ne demandons pas à nos membres leur race, leur sexe ou leur ethnie, donc nous ne pouvons pas utiliser ces informations pour personnaliser individuellement leur expérience de Netflix. La seule information que nous utilisons, c’est leur historique de consultation. » Qui, traité par les algorithmes d’apprentissage automatisé de la firme, est parfois bien plus précis que des données déclaratives.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La compositrice italienne de 35 ans est l’une des têtes d’affiche du Festival d’automne, à Paris.
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Musique contemporaine : les jouets sonores de Clara Iannotta

La compositrice italienne de 35 ans est l’une des têtes d’affiche du Festival d’automne, à Paris.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 09h10
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Deux percussionnistes qui soufflent dans un tuyau de caoutchouc enlacé autour du cou, deux clarinettistes qui frottent un morceau de polystyrène avec une brosse métallique, deux violonistes qui jouent avec un dé à coudre au bout des doigts… Les musiciens de L’instant donné répètent Paw-Marks in Wet Cement (ii), de Clara Iannotta, deux jours avant d’interpréter la pièce en création française dans le cadre du Festival d’automne à Paris.
Ce 6 octobre, l’ensemble exécute pour la première fois en présence de la compositrice italienne la partition dont le titre anglais signifie « Empreintes de pattes dans un ciment frais ». La fusion des sons bat son plein. Bien malin qui pourrait alors identifier les sources de cette nébuleuse à caractère animalier.

« Je voudrais que ça soit plus proche du son des cordes », demande la compositrice aux trois cuivres qui ont chacun une casserole à portée de la main. Tête d’affiche du Festival d’automne qui, le 26 octobre, programme une autre pièce d’elle (Clangs), Clara Iannotta, 35 ans, sait ce qu’elle veut.
Clara Iannotta, compositrice : « Je ne me rappelle pas avoir écrit une pièce sans que l’instrument n’ait été appréhendé physiquement »
A 6 ans, elle décide d’être musicienne après avoir assisté à une retransmission télévisée du concert du Nouvel An à Vienne. Elle se met bientôt à la flûte, mais la voie vers la composition est tout autre. Invitée par un père architecte à fabriquer ses propres jouets, Clara Iannotta en vient très vite à construire des objets sortis de son imagination.
« Dès que j’ai commencé à composer, j’ai appliqué à peu près la même pensée, confie-t-elle. Du coup, je ne me rappelle pas avoir écrit une pièce sans que l’instrument n’ait été appréhendé physiquement. » Ainsi, elle passe de longs mois à essayer de trouver sa façon d’utiliser divers objets sonores, conventionnels ou non, avant de les combiner d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Daria Deflorian et Antonio Tagliarini font du « Désert rouge », d’Antonioni, la trame noire de leur spectacle.
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Théâtre : ces « presque rien » qui font la vie

Daria Deflorian et Antonio Tagliarini font du « Désert rouge », d’Antonioni, la trame noire de leur spectacle.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 08h24
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

Que ceux qui n’avoueront jamais avoir douté d’eux lèvent la main. Et filent séance tenante au Théâtre de la Bastille. Quasi niente est fait pour eux. Ils y découvriront ce qui se cache sous le tapis d’une réalité moins souriante qu’il n’y paraît. La conviction de n’être rien, ou presque rien, voilà l’essence de cette représentation. Ce sentiment n’est pas contagieux. Le confesser n’implique pas de s’anéantir et en prendre acte réactive cette valeur peu prisée qu’on appelle l’empathie.
Sur le plateau chichement investi d’une commode de bois clair, d’un fauteuil de skaï rouge, de trois chaises en plastique, d’une armoire désossée et d’un terne tulle gris, il n’est pas donc question de faire comme si tout allait pour le mieux dans un monde parfait. Bienvenue chez les antihéros du XXIe siècle. Ils ont de 30 à 60 ans. La sensation de la défaite, le chagrin et la mélancolie n’épargnent aucun âge de la vie. Les cinq individus en place sur ce pauvre plateau ne sont pas à la mode dans le paysage actuel qui préfère les vainqueurs aux perdants. Pourtant, leur monde intérieur n’a rien d’un vide abyssal. Ce serait même plutôt l’inverse.
Leurs spectacles ne se préoccupent que de l’humain. Pour cette raison, les acteurs y sont très attachants
On connaît depuis 2015, date de leur apparition en France au Théâtre national de la Colline, Daria Deflorian et Antonio Tagliarini. Ces artistes italiens n’enveloppent pas de paillettes les malaises des sociétés modernes. S’ils font du théâtre, c’est pour libérer les taiseux du mutisme et donner un corps à ceux que laisse sur le carreau un libéralisme arrogant et prônant la feinte décontraction, même au plus fort de la dépression. Leurs spectacles se passent du ronflant des discours et font l’économie de décors tapageurs. Ils ne se préoccupent que de l’humain. Pour cette raison, les acteurs y sont très attachants.
Quasi niente est une tribune dédiée à ceux pour qui rien ne va de soi....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Après douze années à sa tête, l’Espagnole quitte l’institution.
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Marta Gili, directrice du Jeu de paume : « Il faut garder une mentalité d’expatrié »

Après douze années à sa tête, l’Espagnole quitte l’institution.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 07h57
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Nommée en octobre 2006 à la direction du Jeu de paume, centre d’art consacré à la diffusion de l’image à Paris, l’Espagnole Marta Gili vient de quitter ses fonctions après avoir organisé 180 expositions monographiques et thématiques.

La question de la place des femmes agite le monde de l’art en ce moment. Dès votre arrivée en 2006, vous avez programmé énormément de femmes photographes. Quelle était votre position ?
En onze ans, nous avons montré autant d’hommes que de femmes. Mais il a fallu un article d’Art News en 2015 pour qu’on s’en rende compte. Il nous présentait comme modèle, et comme exception, car nous avions consacré 45 % des expositions à des femmes. Cela n’a jamais été réfléchi, pour moi c’était juste naturel. Ces questions sont devenues plus débattues récemment, et c’est une bonne chose.
Que pensez-vous de l’action du précédent ministère visant à forcer les institutions à augmenter le nombre d’achats de femmes artistes ?
Ce qui m’est paru naturel ne l’est visiblement pas pour certains collègues… Beaucoup m’ont dit « C’est génial ce que tu fais », mais quand il s’agissait de faire pareil, ils disaient : « Mais les femmes n’attirent pas le public ! » Les inerties et les préjugés sont si ancrés qu’on ne se rend pas compte qu’on les a, même parmi les femmes. Elles sont parfois leurs pires défenseuses. De la même façon que les pouvoirs publics imposent l’apprentissage de la lecture à 7 ans, je trouve normal que le ministère intervienne pour faire des arbitrages. Mais ça n’a pas besoin d’être 50-50, si c’est 60 % de femmes et 40 % d’hommes, on ne va pas se fâcher pour ça !
J’espère qu’un jour ça ne sera plus nécessaire. Il ne suffit pas d’exposer des femmes, il faut faire des recherches. Car c’est plus difficile de trouver des femmes dans les travaux historiques. Même si dans la photo, justement, il y a eu pas mal de femmes, elles y ont trouvé une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ « Rétrofictions » : quatre siècles de science-fiction francophone en deux tomes indispensables et exhaustifs signés Guy Costes et Joseph Altairac.
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L’encyclopédie des plans tirés sur la comète

« Rétrofictions » : quatre siècles de science-fiction francophone en deux tomes indispensables et exhaustifs signés Guy Costes et Joseph Altairac.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Rétrofictions. Encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone, de Rabelais à Barjavel. 1532-1951, de Guy Costes et Joseph Altairac, préface de Gérard Klein, Encrage, 2 tomes sous coffret, 2 458 p., 115 €.

A l’image de la comète de Halley, certains auteurs ne sont repérables aux vitrines des libraires qu’à des dates fort espacées, suscitant grand émoi à chaque passage. Ainsi en va-t-il de Guy ­Costes et Joseph Altairac, érudissimes « savanturiers », experts hors ligne de toutes formes connues et méconnues de fictions anticipatrices et science-fictives.
Leur nouvelle apparition, Rétrofictions, se solde par la chute d’un astéroïde cubique de 2 458 pages illustrées offrant au lecteur, avec ses 11 086 entrées et ses trois index (œuvres, dates, thèmes et sous-thèmes), de Pantagruel, de Rabelais (1532), à la bande dessinée ­Zigoto et le robot, d’Aristide Perré (Rouff, 1951), une immersion dans quatre siècles de fictions francophones de l’imaginaire – de la naissance de l’humanisme scientifique à l’apparition des premières collections labélisées « science-fiction ».
A l’origine de cette voie lactée fictionnelle où nul ne s’égare et où chacun s’émerveille, l’Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, de Pierre Versins (L’Age d’homme, 1972), un classique que nos auteurs parachèvent et auquel ils empruntent le ­concept-phare de « conjecture romanesque rationnelle » : toute forme de récit fondé, hors fantastique et merveilleux, sur l’exploitation des possibles concrets, des projections, même délirantes, de la raison raisonnante.
Se « limitant », à la différence de Versins, au monde francophone, Costes et Altairac ont en revanche étendu leur quête vorace et obsessionnelle à toute la culture concrète. Si romans, nouvelles, contes, voire poèmes ou chansons, constituent l’essentiel du corpus, place est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », d’Eric Sadin.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Ainsi naquit la vérité artificielle  La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », d’Eric Sadin.        Par  Roger-Pol Droit   Publié aujourd’hui à 07h30, mis à jour à 15h22   Lecture 2 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés         L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle. Anatomie d’un antihumanisme radical, d’Eric Sadin, L’Echappée, 302 p., 18 €.                                  Comme chacun sait, plus moyen d’échapper à l’intelligence artificielle (IA). Nos poches, nos voitures, nos objets sont connectés. Nos neurones aussi, dit-on. Hebdomadaires et quotidiens, séminaires et symposiums sont saturés d’interventions. Partout, l’IA fait parler, mais également fait agir. Et d’abord dans le registre des banques, hôpitaux, services de sécurité, cabinets de recrutement, etc. Il n’est aucun secteur vital qu’elle ne touche, se targuant de les transformer tous de fond en comble. Dès demain. A moins que ce ne soit déjà fait.          Dans cette déferlante autour de l’IA – ses bienfaits, ses méfaits, ses exploits, son avenir… –, on trouve à satiété l’étonnement et la crainte, l’enthousiasme et l’abattement. Mais, en fin de compte, peu de pensée. Trop peu d’analyses vraiment intelligentes, de critiques incisives et fortes. C’est pourquoi il faut saluer, et recommander, le nouveau livre d’Eric Sadin, L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle. Après, notamment, La Vie algorithmique et La Silicolonisation du monde (L’Echappée, 2015 et 2017), il signe cette fois son essai le plus ambitieux et le plus abouti.           Lire cette récente tribune d’Eric Sadin: Intelligence artificielle : résistons à la « main invisible automatisée »             Car Eric Sadin ne se contente pas d’expliquer pourquoi les data envahissent tout, ni comment les algorithmes décident des embauches, des régimes alimentaires, des prêts bancaires et des traitements médicaux. Il met d’abord en lumière de quelle façon les machines ont profondément changé de statut, passant du rôle de prothèse au mimétisme du cerveau, créant ainsi un univers anthropomorphique d’un genre inédit.          Car ce monde n’est que pseudo-humain. Il ressemble au nôtre, mais de manière augmentée (par la puissance de calcul) et parcellaire (par l’absence d’affects et de liberté). Plus que tout, le néoréel est incitatif, prescriptif, destiné à contrôler nos gestes et comportements, minute par minute.          Les vies mises sous tutelle                                            — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? 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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La correspondance inédite entre Carl Jung et son disciple Erich Neumann, de 1933 à 1950, éclaire les ambivalences du célèbre psychologue suisse.
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De l’inégalité des inconscients chez Carl Jung

La correspondance inédite entre Carl Jung et son disciple Erich Neumann, de 1933 à 1950, éclaire les ambivalences du célèbre psychologue suisse.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
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                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Correspondance. Zurich-Tel-Aviv (1933-1959) (Die Briefe 1933-1959. Analytische Psychologie im Exil), de C. G. Jung et Erich Neumann, présenté par Martin Liebscher, traduit de l’allemand par Véronique Liard et de l’anglais par Florence Serina, La Compagnie du livre rouge/Imago, 352 p., 25 €.

Présentées par Martin Liebscher, enseignant autrichien à l’University College de Londres, les cent vingt-quatre lettres inédites échangées entre Carl Gustav Jung (1875-1961) et Erich Neumann (1905-1960) portent pour l’essentiel sur les relations que les deux hommes entretenaient avec la question juive. Psychologue berlinois, ­ardent sioniste, Neumann rencontre Jung à Zurich, en 1933, alors qu’il a fui le nazisme pour se rendre en Palestine.
A cette date, Jung est célébré dans le monde entier pour avoir fondé une école de psychologie analytique visant à étudier la psyché humaine comme un vaste domaine où seraient réunis le rêve, l’inconscient, le symbolisme, l’art, les mythes, les religions, etc. Y apparaissent des « archétypes », formes préexistantes inconscientes dévoilées par l’art et les rêves, parmi lesquelles il range l’« animus » (masculin), l’« anima » (féminin), le « soi » et l’« ombre », partie obscure de la psyché. Il nomme « individuation » la capacité d’un sujet à devenir autonome à travers plusieurs métamorphoses. Adepte de la psychologie des peuples, il prétend analyser les différences et les inégalités entre les inconscients collectifs et individuels de chaque nation.
Jung, fasciné par le Führer
Quant à Neumann, soucieux d’étudier les paradoxes de l’identité juive, il a adhéré avec enthousiasme à la doctrine jungienne, convaincu qu’elle lui permettrait de comprendre que l’individuation du juif ne peut se réaliser que s’il abandonne l’ombre qui l’habite, c’est-à-dire « l’inconscient collectif non juif » dans lequel il baigne en Europe....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La chronique d’Alexandre Jollien, à propos de « Pensées à moi-même », de Marc Aurèle, lu par Jacques Gamblin.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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A l’oreille. Solidarité stoïcienne

La chronique d’Alexandre Jollien, à propos de « Pensées à moi-même », de Marc Aurèle, lu par Jacques Gamblin.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
    |

                            Alexandre Jollien (Philosophe)








                        



                                


                            
Pensées à moi-même (Ta eis heauton), de Marc Aurèle, traduit du grec ancien par Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, extraits lus par Jacques Gamblin, Frémeaux & Associés, 2 CD, environ 30 €.

De Jacques Gamblin, je garde l’impérissable souvenir de son magistral strip-tease dans Pédale douce (de Gabriel Aghion)… Vingt-deux ans plus tard, le voilà rhabillé et muni de la toge impériale. Les éditions Frémeaux & Associés nous donnent l’occasion, grâce à cette voix magnifique, de « licouter » (ou « écouter lire ») de larges extraits des Pensées à moi-même.

L’individu qui consigne ses pensées est l’un des hommes les plus puissants de son époque. Infatigablement, Marc Aurèle (121-180) administre un empire gigantesque et lègue à la philosophie une œuvre capitale. Imagine-t-on un Trump, un Poutine, prendre un minimum de hauteur et livrer aux siècles à venir des maximes aptes à conduire le lecteur tout droit à l’ataraxie ?
L’empereur pourfend l’étroitesse d’esprit, dénonce l’attrait pour le vain, fustige la mesquinerie : « Si jamais tu as eu l’occasion de voir une main, un pied, ou une tête coupés, et qui gisaient séparés du reste du corps, tu peux te dire que c’est là une image de ce que fait l’homme, pour lui-même, du moins autant qu’il le peut, quand il n’accepte pas de bon gré le destin qui lui est réparti, qu’il s’isole volontairement, ou qu’il commet un acte contraire à la loi commune. » En un temps où l’individualisme gagne du terrain, tendre l’oreille au philosophe, ne serait-ce pas retrouver le sens du tout et, activement, combattre les formes d’exclusion ?
Une sérieuse cure de l’âme
Faire grand cas de sa personne, obéir au doigt et à l’œil aux caprices de l’imagination, négliger le bien commun, voilà ce qui nous tourmente. Et l’empereur-médecin de dispenser un souverain remède à quiconque se prendrait pour le nombril du monde : songer aux hommes illustres qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pour l’écrivaine nigérian-américaine Chinelo Okparanta, « Sous les branches de l’udala », histoire d’une homosexuelle dans le Biafra en guerre, est un acte militant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Histoire d’un livre. Donner voix aux LGBT du Nigeria

Pour l’écrivaine nigérian-américaine Chinelo Okparanta, « Sous les branches de l’udala », histoire d’une homosexuelle dans le Biafra en guerre, est un acte militant.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 09h37
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Sous les branches de l’udala (Under the Udala Trees), de Chinelo Okparanta, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau, Belfond, 384 p., 22 €.

Quand Sous les branches de l’udala a paru aux Etats-Unis, l’auteure nigérian-américaine Chinelo Okparanta a reçu des remerciements de lecteurs qui disaient se retrouver dans son livre, ainsi que d’autres lettres, moins agréables. Ces dernières lui reprochaient d’avoir subi un lavage de cerveau de la part des Occidentaux, et assénaient que l’homosexualité était une maladie. « Ensuite, je suis partie faire une tournée de promotion au Nigeria, raconte-t-elle au “Monde des livres”. J’ai participé à des émissions à Lagos, à des festivals littéraires. Certaines personnes m’ont à nouveau fait ce reproche. Un jour, une animatrice de radio m’a expliqué qu’elle me recevait mais qu’on ne pouvait pas discuter de mon livre. Elle craignait d’être virée. Je sentais qu’elle le regrettait, mais c’était compliqué. C’est à cause de la loi. »
Comme l’auteure l’indique à la fin du roman, Goodluck Jonathan, président du Nigeria de 2010 à 2015, a instauré, en 2014, une loi criminalisant les relations entre personnes de même sexe, ainsi que toute forme de soutien à ces relations. Les peines de prison vont jusqu’à quatorze ans. « Dans les Etats du Nord, la mort par lapidation est prévue », précise la note.
Parallèle entre le destin de la nation nigériane et celui de l’héroïne
Née à Port Harcourt, dans le sud du pays, en 1981, Chinelo Okparanta est partie vivre aux Etats-Unis à l’âge de 10 ans pour suivre son père venu y étudier. Aujourd’hui, elle enseigne la littérature à l’université Bucknell (Pennsylvanie). Professeure et militante, elle retourne dans son pays natal tous les ans, et vient en aide aux personnes LGBT persécutées. Sous les branches de l’udala leur est dédié. Après un recueil de nouvelles (Le Bonheur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Sexe et religion, pauvreté et glamour, vaudeville et tragédie emportent « La Saison des fleurs de flamme », premier roman d’un écrivain du nord du Nigeria.
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Abubakar Adam Ibrahim apparie tous les contraires à Abuja

Sexe et religion, pauvreté et glamour, vaudeville et tragédie emportent « La Saison des fleurs de flamme », premier roman d’un écrivain du nord du Nigeria.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 09h22
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
La Saison des fleurs de flamme (Season of Crimson Blossoms), d’Abubakar Adam Ibrahim, traduit de l’anglais (Nigeria) par Marc Amfreville, L’Observatoire, 432 p., 23 €.

Vertige des couleurs et des odeurs qui nous emportent d’un bout à l’autre de La Saison des fleurs de flamme. Les effluves de cannabis et les pâles volutes de l’encens pour masquer le parfum du sexe. Le rouge incandescent des flamboyants et la pestilence d’une étrange fleur qui n’éclôt que tous les trente ans. Disséminées dans le premier roman d’Abubakar Adam Ibrahim, elles émanent d’un Nigeria où s’apparient les contraires. La luxure et les cinq prières de l’islam ; l’amour et la mort ; la richesse et la misère. Le tout dans une esthétique sensationnelle qui mêle réalisme social et atmosphère nollywoodienne – propre à l’industrie du cinéma au Nigeria, friande de sujets religieux et d’intrigues romantiques. Un monde nous saute à la figure, comme si un rideau venait d’être levé.
Il révèle la maison de Binta Zubaïru, dans la banlieue d’Abuja, la capitale. Une galerie de personnages pittoresques se presse chez cette veuve musulmane de 55 ans dans une ambiance de vaudeville. On y croise, entre autres, sa nièce, Fa’ïza, adolescente à la mise provocante, grande lectrice de romans à l’eau de rose, ses trois enfants, la bienveillante Hadiza, qui voudrait la voir se remarier, Munkaïla, l’entrepreneur, désireux de lui offrir une paisible retraite, et Hureira, la « divorcée en série » qui ne songe qu’à s’apitoyer sur elle-même. Il y a aussi Mallam Haruna, le prétendant éconduit de Binta, dont les cocasses apparitions sont précédées du bourdonnement de son antique transistor. Et enfin, la foule de femmes pieuses et curieuses qui s’inquiètent de ne plus voir leur amie à la madrasa, l’école coranique.
Les amants maudits
Pourtant, de tout cela Binta se moque. Depuis que Reza, un ­dealeur, est entré chez elle par effraction, elle...




                        

                        


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Roman. Franzobel prend acte du naufrage des Lumières

Dans « A ce point de folie », l’écrivain autrichien fait du fameux drame de « La Méduse » la métaphore de celui des Européens face à la crise des migrants.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 09h21
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
A ce point de folie. D’après l’histoire du naufrage de « La Méduse » (Das Floss der « Medusa »), de Franzobel, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Mannoni, Flammarion, 520 p., 22,90 €.

Le drame des migrants qui se noient par milliers en Méditerranée a peut-être trouvé une métaphore efficace grâce au roman que l’écrivain et homme de théâtre autrichien Franzobel consacre à la dérive tragique du radeau de La Méduse, immortalisé en 1818 par Géricault. Partie de ­Rochefort, une frégate de ce nom s’échoua en effet sur un banc de sable, le 2 juillet 1816, au large de l’actuelle Mauritanie. Comme ce sera le cas pour le Titanic, les canots de sauvetage ne pouvant contenir qu’une partie des passagers – et la hiérarchie étant strictement respectée pour y avoir accès –, la moitié d’entre eux, soit deux cents personnes, fut abandonnée à l’épave et à un radeau de fortune.
Quand les secours parvinrent à atteindre ce dernier, ils recueillirent quinze survivants seulement. Entre-temps, les naufragés à la dérive sur l’Atlantique avaient vécu des scènes atroces de massacres. Ceux qui étaient censés apporter la raison à l’Afrique avaient sombré dans l’ensauvagement et le cannibalisme.
Interroger notre paresse morale
Faut-il voir dans cet épisode, qui a frappé ses contemporains, après les atrocités de la Révolution et de l’Empire, une pierre d’achoppement de la culture des Lumières à l’aube des temps nouveaux ? Telle semble la question que l’auteur nous invite à méditer, en interrogeant notre paresse morale face aux tragédies et l’incompétence de dirigeants en qui on a bien tort d’avoir confiance malgré leurs rodomontades – l’ensablement de La ­Méduse est largement dû à l’incompétence de son capitaine, Duroy de Chaumareys. Tout l’art de Franzobel consiste donc à extirper le récit de son contexte, par touches imperceptibles, afin d’amener son public des années 2010 à s’en appliquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Les romanciers Serge Filippini, pour le surréaliste, et Matthieu Mégevand, pour le poète météorique, cernent le germe de la création littéraire.
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André Breton et Roger ­Gilbert-Lecomte en quête de beauté

Les romanciers Serge Filippini, pour le surréaliste, et Matthieu Mégevand, pour le poète météorique, cernent le germe de la création littéraire.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
    |

                            Stéphanie Dupays (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
J’aimerai André Breton, de Serge Filippini, Phébus, 192 p., 17 €.
La Bonne Vie, de Matthieu Mégevand, Flammarion, 160 p., 16 €.
Dans la zone grise entre roman et biographie, deux livres s’emparant de vies d’écrivains incarnent deux attitudes envers la vérité historique. Dans J’aimerai André ­Breton, Serge Filippini détourne le genre en ajoutant un épisode à la vie du parrain du surréalisme, tandis que, dans La Bonne Vie, Matthieu Mégevand, appuyé sur une documentation fouillée, parvient à capter le souffle de Roger ­Gilbert-Lecomte.
Serge Filippini a l’habitude de mettre au centre de ses romans des personnages réels. Mais pour lui la réalité n’est que le point d’appui d’une rêverie biographique. Ici, il invente un ultime amour à ­André Breton (1896-1966). Fin septembre 1966, Chance ­Salvage débarque à Saint-Cirq-Lapopie (Lot), le village où l’écrivain se repose. Hantée par la lecture de Nadja (Gallimard, 1928), la jeune femme voit en lui un sauveur. Avec elle, le poète fatigué et malade retrouve « le goût de vivre, non de mourir ». La liaison est aussi intense que brève car Breton meurt une semaine plus tard. Commence alors pour Chance une errance aux confins de la folie et du crime.

A travers son destin s’esquisse aussi une réflexion sur ce couple incontournable de la littérature, le créateur et la femme vivant dans son ombre. Histoire d’un amour fou, ce roman à l’écriture élégante et – peut-être trop – classique constitue une belle variation sur les grands thèmes surréalistes : la passion comme voie d’accès à la création, le hasard objectif de la rencontre, la force subversive du songe.
Faire exploser les évidences
On ne s’en éloigne guère avec le portrait que Matthieu Mégevand consacre à Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943) : celui-ci contesta à Breton le monopole de la révolte poétique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ « Elsa mon amour », qui fait d’Elsa Morante une si belle héroïne de roman, est le fruit d’un long compagnonnage de l’écrivaine d’aujourd’hui avec celle d’hier.
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Simonetta Greggio : « Habiter avec force Elsa Morante »

« Elsa mon amour », qui fait d’Elsa Morante une si belle héroïne de roman, est le fruit d’un long compagnonnage de l’écrivaine d’aujourd’hui avec celle d’hier.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 09h24
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Elsa mon amour, de Simonetta Greggio, Flammarion, 240 p., 19 €.

Pour la romancière Simonetta Greggio, le monde se divise en deux : ceux qui idolâtrent Elsa Morante (1912-1985) et ceux qui ne la connaissent pas. Dans Elsa mon amour, elle donne une voix troublante à cette femme libre, écrivaine-née, qui, au côté ­d’Alberto Moravia (1907-1990), qu’elle épousa, fut au centre de la vie culturelle de l’Italie des années 1950 à 1970. De quoi donner envie de relire L’Ile d’Arturo, Mensonge et sortilège ou La Storia (Gallimard, 1963, 1967, 1977).

Pourquoi dites-vous, à propos d’Elsa Morante : « Elle est moi, mais je ne suis pas elle. Et elle n’est pas moi » ?
Ce qui me lie à Elsa Morante n’a rien de fusionnel, c’est un long compagnonnage. Elle a été l’une de mes héroïnes d’enfance. J’avais 10 ans quand j’ai lu L’Ile d’Arturo. J’y découvrais les troubles d’un adolescent et, même si j’étais un peu jeune pour tout comprendre, j’avais l’intuition d’un monde à venir qui me rendait folle d’impatience. J’avais aussi beaucoup pleuré avec La Storia. Et puis, j’ai un peu oublié Elsa. Je ne l’ai retrouvée que lorsque j’ai commencé à écrire Dolce Vita 1959-1979 [Stock, 2010], puis Les Nouveaux Monstres 1978-2014 [Stock, 2014]. Là, sa radicalité d’écrivaine m’a bousculée. Voilà une femme qui a tout donné à la littérature en pensant vraiment qu’elle pouvait changer le monde. J’ai recommencé à m’en sentir très proche. Il y a quatre ans, Paula Jacques m’a demandé de préparer une rencontre littéraire qui lui était consacrée à l’Odéon. Ce soir-là, je me suis dit : il faut aller plus loin, il faut croire en cette parole-là, la reprendre, l’habiter avec force. Je me devais d’écrire sur elle. Et la première phrase du livre est venue de suite, comme si elle m’avait été soufflée.

Quand le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans « Hôtel Waldheim », l’écrivain orchestre un savant suspense pour mieux célébrer la force vitale du romanesque.
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L’adolescent pas si naïf de François Vallejo

Dans « Hôtel Waldheim », l’écrivain orchestre un savant suspense pour mieux célébrer la force vitale du romanesque.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Hôtel Waldheim, de François Vallejo, Viviane Hamy, 304 p., 19 €.

Qu’on s’en souvienne avec affection comme l’âge des possibles, ou qu’on l’associe à l’ingratitude d’un corps et d’un caractère en formation, l’adolescence joue un rôle charnière dans l’histoire de chacun. Et conserve, au fil du temps, un statut privilégié dans la mémoire : s’y jouent ou s’y entrevoient les lignes de force susceptibles de donner à la vie son style, d’en dessiner la forme singulière. On imagine aisément le scandale intime que peut représenter la relecture contradictoire, par un tiers, de cette période fondatrice. C’est ce qui arrive au héros du nouveau roman de François Vallejo, auteur notamment de L’Incendie du Chiado ou d’Un dangereux plaisir (Viviane Hamy, 2008 et 2016).
« Ce n’est pas rien, se dit-il, de ne plus maîtriser qui on est, au moins qui on a été, ce qu’on a fait ou pas fait, ce que d’autres ont fait de soi. Nous avons vécu la même histoire et une autre, comment est-ce possible ? Ou alors c’est toute notre vie qui est comme ça, on se goure jour après jour sur ce qu’on croit vivre, la plupart du temps sans s’en apercevoir. » De ses vacances avec sa tante à l’Hôtel Waldheim, à Davos, dans les Alpes suisses, le narrateur garde un souvenir joyeux. A 16 ans, il était certes davantage préoccupé par la découverte de la sexualité que par la compréhension des enjeux de la guerre froide (nous sommes en 1976), mais il tirait de sa fréquentation des adultes – il en est certain – des observations que sa vivacité et son sens de la repartie rendaient aussi instructives qu’innocemment espiègles. Un peu tête à claques, parfois, il en convient. Un peu bête aussi, quand il cherchait à damer le pion aux adultes. Mais toujours sincère et spontané. Un bon gars, annonciateur de l’honnête homme qu’il croit être devenu.
Archives de la Stasi
Stupeur, donc, lorsque parviennent à son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Claro prend la mesure de sa présence au monde avec Virginie Poitrasson.
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Le feuilleton. Du côté de chez soi

Claro prend la mesure de sa présence au monde avec Virginie Poitrasson.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h17
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Le Pas-comme-si des choses, de Virginie Poitrasson, L’Attente, 172 p., 16 €.

On se souvient peut-être de ce que disait Descartes à propos de la cire. Une fois livrée à la flamme, elle change, et change si radicalement qu’on pourrait croire que ce n’est plus la même cire. Seul notre entendement est là pour nous empêcher de nous pincer, ou pour remplacer avantageusement ce pincement. Quant à nous autres, pauvres humains, nous aimerions bien ne pas découvrir que nous ne valons guère mieux que de la cire. Mais trop tard : de cire sans doute nous sommes faits, et notre entendement aura beau mettre en branle la machine cartésienne, rien n’y fera, notre corps n’en finit pas de passer d’un état à l’autre, et pour cela tout lui est flamme, la passion, le deuil, l’ennui, le rêve. Il y a quelque chose en nous d’immensément instable, et c’est sans doute l’un des principaux enjeux de l’écriture que d’inventer, à chaque livre, une poétique de cette instabilité.
Pour Antonin Artaud, par exemple, il est question de se confronter à une « souffrance froide et sans images, sans sentiment, et qui est comme un heurt indescriptible d’avortements » (L’Ombilic des Limbes, Gallimard, 1925). Pour Virginie Poitrasson, dont les Editions de l’Attente viennent de publier Le Pas-comme-si des choses, l’enjeu est différent, mais l’acuité non moins grande : il s’agit de prendre la mesure de son corps, de ses pensées, de sa présence au monde, alors même qu’on se sent « hors champ », déconnectée, ici et pas ici.
Pour Virginie Poitrasson, il s’agit de prendre la mesure de son corps, de ses pensées, de sa présence au monde, alors même qu’on se sent « hors champ », déconnectée, ici et pas ici
« Combien de corps faut-il donc que je trimbale ? Certains ne sont pas identifiés. » Je est non seulement un autre, mais une foule d’autres, dont certains sont des fantômes, ne rêvons pas, ou plutôt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Niépce a pris la première photo, Scott de Martinville enregistré le premier son. Mais l’histoire les a floués. « Au clair de la lune » explore, mélancolique, ce mystère.
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Christophe Donner du côté des faibles

Niépce a pris la première photo, Scott de Martinville enregistré le premier son. Mais l’histoire les a floués. « Au clair de la lune » explore, mélancolique, ce mystère.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            
Au clair de la lune, de Christophe Donner, Grasset, 336 p., 19,50 €.

C’est l’histoire de deux génies méconnus, deux injustices. Le premier, Joseph Nicé­phore Niépce (1765-1833), inventa le procédé héliographique, ancêtre de la photographie. Mais c’est son associé, Louis Daguerre, décorateur de théâtre, qui en récolta les fruits et la célébrité. Le second, Edouard-Léon Scott de Martinville (1817-1879), fut le premier à réaliser un enregistrement de la voix humaine. Mais, là encore, il se fait déposséder par le fabricant Rudolph Koenig, puis par l’industriel Thomas Edison, qui exploite le phonographe.
Deux inventeurs dont les réalisations ont changé le monde, mais qui resteront étrangement dans l’ombre, loin de la fortune et du succès promis. C’est ce mystère qu’effleure Christophe Donner (auteur, notamment, de L’Innocent ou de Sexe, Grasset, 2016 et 2018), celui d’un « empêchement », caché dans leur vie intime. « On devrait aussi s’intéresser à l’incapacité de certains de ces génies à pousser leurs découvertes au bout de leur logique, écrit-il. Cet empêchement est au cœur de l’étrange destin d’Edouard. Pourquoi s’est-il arrêté en si bon chemin, si près de cette gloire qu’il avait intensément convoitée ? »
De quoi ces barrières invisibles sont-elles faites ? Avant d’être inventeur de génie, Edouard est un fils « martyr ». Elevé par un aristocrate déclassé, le « petit Scott » ne correspond pas à l’idée que son père, sévère et violent, se fait de sa famille et de son nom. Ce dernier trouve son fils « chétif » et doté d’une « petite voix, dépourvue de ce vibrato qui serait la marque des Scott de Martinville mâles ». Edouard supporte mal les brimades, « la méchanceté gratuite et absurde ». Mais il est « trop faible ». Or, écrit Donner, « la souffrance ne donne de la force qu’aux chiens enragés. Ce...




                        

                        

