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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ A l’extrême droite comme à l’extrême gauche, chez les hipsters comme chez les bourgeois, on porte volontiers ses convictions  sur soi. Plongée dans un dressing rempli de significations idéologiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies              Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                     À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Italie    Donald Trump    Brexit    Arabie saoudite    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Les décodeurs    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  Les salaires des grands patrons français se remettent à flamber                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « Tim Cook est un défricheur qui tente de se concilier les bonnes grâces des indigènes »   Philippe Escande                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Licenciement : peut-on contester une transaction ?   Jean-Emmanuel Ray Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne                     Tribune   Article réservé à nos abonnés « Construisons une Union européenne plus inclusive, plus durable et plus équitable »   Christophe Itier               Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      04:57     Police et justice  L’affaire Bygmalion expliquée en 5 minutes                    01:42     Elections américaines de mi-mandat 2018  Trump dénonce l’« hostilité sans fin » des médias, quelques heures après la découverte de colis piégés                    05:07     Le Monde Festival  Peut-on venir à bout de tout le plastique que nous produisons ?                    04:23     Europe  Jamal Khashoggi : comment l'Arabie saoudite a fini par reconnaître l'homicide             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique   Article réservé à nos abonnés « La Turquie d’Erdogan veut exercer, aux dépens de Riyad, une influence dominante au Moyen-Orient »   Alain Frachon                      Analyse   Article réservé à nos abonnés Nikki Haley, le tremplin des Nations unies vers la Maison Blanche                    Éditorial  Violences scolaires : pas de solution miracle                    Éditorial  Rejet du budget italien : périlleuse divergence entre Bruxelles et Rome             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  « Jean-Christophe &amp; Winnie » : un vent d’inquiétude sur la forêt des rêves bleus                    Livres  Le grand prix du roman de l’Académie française décerné à Camille Pascal                    Télévisions & Radio  « Minority Report » : voyage au bout de l’obsession sécuritaire                    Cinéma  Cinéma : « Le Grand Bain », le ballet aquatique des bras cassés             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      Actu  « Waldheims Walzer » rafraîchit la mémoire de l’Autriche                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « J’ai tout raconté à mon mari »                    Les recettes du Monde  Pâtes à la carbonara : la « vraie » recette de Tommaso Melilli             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                         

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les codes vestimentaires dépassent les frontières nationales : la nouvelle extrême droite, partout où elle est implantée, est consciente de l’impact visuel du costume dans lequel elle apparaît.
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Les nouveaux habits de l’extrême droite

Les codes vestimentaires dépassent les frontières nationales : la nouvelle extrême droite, partout où elle est implantée, est consciente de l’impact visuel du costume dans lequel elle apparaît.



LE MONDE IDEES
 |    25.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 17h17
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

C’est en marge d’une vente privée organisée, à Paris, par la marque Fred Perry que Clément Méric, un militant d’extrême gauche, a été tué en juin 2013. Une rixe a éclaté entre deux groupes rivaux, antifascistes et skinheads, venus chacun parfaire leur look. Deux des trois accusés dans cette affaire ont été condamnés, le 14 septembre, à de lourdes peines de prison. Leur procès a rappelé ce que ce meurtre a de tristement absurde. Clément Méric serait toujours en vie si ces deux groupes que tout oppose, sauf un goût commun pour une même marque, n’avaient été poussés par le même désir d’acquérir un polo Fred Perry.
Manches courtes et col fermé par des boutons, ce vêtement est devenu l’une des pièces les plus convoitées des vestiaires antifasciste et d’extrême droite. « Historiquement, les mods anglais des années 1960 [un mouvement culturel de la jeunesse londonienne] revendiquaient une fierté ouvrière en portant les vêtements de l’élite, notamment celle qui jouait au tennis en Fred Perry, explique Samuel Bouron, maître de conférences en sociologie à Paris-Dauphine et chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales. De cette matrice mods émerge le mouvement skinhead, qui était au départ apolitique, avant de se séparer en deux camps opposés : redskins antifascistes et boneheads d’extrême droite. Leur trajectoire politique diverge et ne peut pas être mise en équivalence, mais ces mouvements expriment tous les deux une quête de respectabilité qui passe entre autres par les habits. »
Réflexe viriliste
Par la suite, le mouvement skinhead a investi d’un sens particulier le polo Fred Perry en accordant une symbolique nouvelle à ce vêtement, précise Cynthia Miller-Idriss, professeure de sociologie à la American University (Washington, DC) et spécialiste de l’extrême droite : « Trois fines lignes, noires, rouges et blanches décorent le col de certains modèles. Les skinheads y ont trouvé un moyen d’évoquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ D’un côté, les tenants d’un nouveau vestiaire qui revendique un héritage à remettre à la mode ; de l’autre, des stratèges qui adoptent un nouveau look afin d’éviter tout particularisme.
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La flanelle aimée des bobos, le tweed honni des cathos

D’un côté, les tenants d’un nouveau vestiaire qui revendique un héritage à remettre à la mode ; de l’autre, des stratèges qui adoptent un nouveau look afin d’éviter tout particularisme.



LE MONDE IDEES
 |    25.10.2018 à 13h00
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Deux figures ont marqué le tournant du siècle car elles incarnaient une utopie libérale et l’espoir d’un dépassement des antagonismes de classe. En habitant les quartiers populaires, et en adoptant un style emprunté au vestiaire ouvrier, bobos et hipsters, issus des classes moyennes et « créatives », se présentaient comme des médiateurs entre le haut et le bas de l’échelle sociale. Une esthétique accompagna ce projet et prit le toucher d’une étoffe bien précise : la flanelle. « Pour les bobos, rugosité signifie authenticité et vertu », c’est pourquoi « leurs chemises sont en flanelle et non en soie », explique David Brooks, chroniqueur conservateur au New York Times, dans un essai de « pop sociologie » qui lança le terme « bobo » (Les Bobos, Florent Massot, 2000). Les hipsters, apparus par la suite, partagent ce même goût pour la flanelle. Leur panoplie de bûcheron mondain, arborant une barbe fleurie et finement taillée, aurait été incomplète sans la chemise à carreaux faite de ce même tissu.
« Pure tradition »
La flanelle ne s’est pas démodée depuis. La chemise tartan est aujourd’hui considérée comme un « basique » de toute garde-robe bien faite. De même, voit-on par exemple la maison Asphalte, une marque proposée en ligne avec l’ambition d’offrir des vêtements qui durent, s’enorgueillir de la qualité de la flanelle qu’elle utilise. Produite en Autriche, elle « respecte la plus pure tradition du tissage de la laine », claironne le site de la maison.
Cette modernité un brin nostalgique s’inscrit dans une tendance que l’on observe de manière plus générale dans le vêtement pour homme depuis une dizaine d’années. « Ce nouveau vestiaire revendique un héritage qu’il entend remettre à la mode. Les marques expliquent au consommateur avoir finement sélectionné chaque élément des pièces proposées. Ainsi son apparence permet au client de s’afficher comme membre d’un groupe sélect de gens capables d’apprécier la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, était l’invité du Club de l’économie du « Monde » mercredi 24 octobre. Il plaide pour la constitution de grands groupes industriels dans le secteur de la distribution en France, seul pays où six concurrents font chacun plus de 10 % du marché.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour : « Le marché de la distribution est très peu concentré en France »

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, était l’invité du Club de l’économie du « Monde » mercredi 24 octobre. Il plaide pour la constitution de grands groupes industriels dans le secteur de la distribution en France, seul pays où six concurrents font chacun plus de 10 % du marché.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h46
    |

            Philippe Escande et 
Stéphane Lauer








                        



   


Transformation numérique, changement des comportements du consommateur, consolidation du marché… le patron de Carrefour revient sur les grands défis que doit relever le groupe qu’il dirige.
Vous vous êtes fixé pour ambition de conduire une transformation ample, profonde et rythmée de Carrefour. Où en êtes-vous, dix mois après l’annonce de ces objectifs ?
Ce groupe a été percuté de plein fouet par la révolution digitale et le changement de comportement des clients. Le consommateur a repris le contrôle, fractionne sa consommation, fréquente les coopératives, veut à la fois du local et la multitude de l’e-commerce. Il a aboli les contraintes de temps et d’espace. C’est une révolution absolue, l’inverse de la manière dont ce groupe a été construit : remplir l’hypermarché de produits à prix bas par la standardisation et les économies d’échelle.
Attaqué par Amazon et Alibaba, nous devons articuler le physique et le digital, orienter nos entreprises, nos fonctionnements, nos cadres supérieurs vers davantage d’agilité et de diversité. L’évolution est déjà formidable. Le groupe se transforme dans ses organisations, ses priorités, ses partenariats et la construction du modèle de demain.
Vous avez nommé l’ex-PDG de Boursorama, Marie Cheval, pour piloter le chantier numérique. Au bout d’un an, elle quitte son poste pour prendre la responsabilité de la branche hypermarchés. Pourquoi ?
Au bout d’un an, je constate que la transformation du cœur du « réacteur » chez nous, l’hypermarché, impose de repenser son rôle. Ce ne doit pas seulement être un magasin, mais aussi un lieu d’e-commerce, où l’on prépare et retire les commandes. Nous avons besoin de profils venant du monde numérique pour transformer l’hypermarché. Nous avons plein de savoir-faire en interne, mais il nous paraît indispensable d’introduire d’autres talents pour les diriger, ce qui a conduit au mouvement de Marie Cheval.
Y a-t-il une recette pour faire face à la « déferlante » Amazon ?
Nous sommes partis des magasins pour donner priorité aux investissements, en consacrant 2,8 milliards d’euros à la transformation numérique. L’e-commerce est une activité industrielle. Nous menons une bataille de logisticiens, ce qui suppose de créer des plates-formes performantes. La logistique de Carrefour livrait les magasins dans des grandes palettes alors qu’il faut les éclater entre « drive », magasin et livraison à domicile. Nous devons offrir toutes les solutions à nos clients dans nos 12 000 magasins. Et arrêter de tout faire seul. Nous avons développé des partenariats technologiques avec Google, Tencent en Chine et Sapiens en France. Ces entreprises nous aident à faire cette transformation, car elles sont meilleures sur le paiement mobile, l’intelligence artificielle, le traitement de la donnée, et ne cherchent pas à faire notre métier. Elles sont nos accélérateurs de particules.
Nous sommes en croissance de 30 % au dernier trimestre. Mais sur l’e-commerce alimentaire, nous ne sommes pas du tout au niveau de notre part de marché physique. En ce qui concerne le non-alimentaire, je ne pense pas que nous puissions gagner cette bataille aujourd’hui.
Coincé entre Leclerc et Monoprix, Carrefour n’a-t-il pas un problème d’identité ?
Carrefour a accompagné la démocratisation de la consommation, avec de la qualité. C’était la création des filières qualité, ce lien avec les producteurs. Avec notre internationalisation, nous avons oublié ces combats. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé, l’année dernière, de nous lancer dans la transition alimentaire pour tous. Il faut que ce groupe retrouve le combat qui est le sien. Comme il a démocratisé la consommation, il y a trente ans, il doit démocratiser le manger bien, le manger sain, la qualité nutritive.
La concentration du secteur de la distribution est-elle indispensable pour répondre à tous ces nouveaux défis ?
Le marché de la distribution en France est incroyablement concurrentiel et peu concentré. Il n’y a pas d’autre pays avec six concurrents faisant chacun plus de 10 % du marché. Aux Etats-Unis, pays pourtant beaucoup plus vaste, Walmart fait face à deux concurrents, nettement plus petits que lui, et à des chaînes régionales. La France a besoin de grands groupes industriels dans ce secteur, notamment parce que nous sommes à l’appui des filières agricole et industrielle de l’agroalimentaire.
Il est donc important que les autorités de la concurrence intègrent ce monde qui est en train de changer et où le consommateur a tout le temps le choix. On ne peut plus raisonner sur ces sujets comme il y a dix ans, quand on pensait parts de marché local et rue par rue. C’est ce qu’elles ont compris quand j’étais à la tête de la Fnac, en autorisant l’acquisition de Darty.
Avez-vous discuté avec le patron de Casino, Jean-Charles Naouri, dans cet objectif ?
Nous sommes deux acteurs importants de cette industrie. Nous sous sommes déjà rencontrés, comme je l’ai fait avec Michel-Edouard Leclerc et d’autres, et nous nous rencontrerons. Ma responsabilité est de voir où doit être ce groupe dans cinq ans. Donc, je vois les personnes avec lesquelles je dois dialoguer sur ces sujets.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Nathalie Loiseau : « On est en train de jouer “50 nuances de brun” en Europe »

Pour la ministre des affaires européennes, qui était l’invitée du Club de l’économie du « Monde », mercredi 24 octobre, avec la montée des populismes, les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h35
    |

            Philippe Escande et 
Françoise Fressoz








                        



   


La ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, explique les raisons pour lesquelles le gouvernement a souhaité que soient organisées jusqu’à la fin du mois d’octobre, dans les pays de l’Union, des consultations citoyennes sur l’Europe.
La crise entre Bruxelles et l’Italie
« Ce n’est pas la France qui va donner des leçons sur le budget ! », a réagi Nathalie Loiseau après la décision de Bruxelles de rejeter le projet de budget italien au motif que les dépenses et les baisses d’impôts voulues par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) sont incompatibles avec les règles du pacte de stabilité. « Je n’ai pas la mémoire courte, je me souviens des accommodements que, pendant des années, la France a pris avec les engagements qu’elle avait elle-même dessinés », a poursuivi la ministre en souhaitant, « comme le gouvernement Conte, que l’Italie renoue avec la croissance et voie son chômage reculer ». Car « après des années de crise profonde, une partie du vote des Italiens en mars 2018 a consisté à dire “basta cosi”, ça suffit ! ».
Mais pour Nathalie Loiseau, l’argument démocratique invoqué par Rome est discutable : « Le gouvernement italien affirme vouloir satisfaire les demandes des électeurs, mais la Ligue et le M5S se sont combattus pendant la campagne. Ils n’ont jamais dit qu’ils allaient travailler ensemble. La première défendait la flat tax et l’amnistie fiscale, le second voulait le revenu universel et la fin de la réforme des retraites. Ceux qui ont voté pour eux ne pensaient pas que ces mesures s’additionneraient. Or l’addition des deux donne un budget qui n’est pas soutenable. »
Rappelant que la dette italienne « représente 131 % de la richesse nationale, ce qui est considérable et dangereux », Nathalie Loiseau a souhaité « un dialogue approfondi entre les autorités italiennes et la Commission », en fustigeant l’attitude du député européen de la Ligue qui « a cru bon d’essuyer ses chaussures sur les notes de M. Moscovici à Strasbourg. Ce n’est pas une attitude de parti de gouvernement ». Selon elle, « la zone euro est plus solide que ce qu’on imagine », et pourtant « insuffisamment préparée à une nouvelle crise. Nous avons l’union bancaire et nous devons la finaliser. Nous devons renforcer le mécanisme européen de stabilité qui n’est pas suffisamment réactif en cas de crise ».
Le Brexit
« Tout a été exploré d’un point de vue technique. C’est à Theresa May de savoir comment elle manie son gouvernement et sa majorité », a déclaré Nathalie Loiseau, alors que le Conseil européen de Bruxelles s’est soldé la semaine dernière par un nouvel échec.
La ministre a dit espérer un « accord complet d’ici à la fin de l’année 2018 », sans exclure totalement un Brexit dur le 30 mars prochain. « Si nous ne faisons rien, les 200 000 à 300 000 Britanniques qui vivent en France seraient sans papiers du jour au lendemain. Un camion britannique ne pourrait plus rouler en France. Un Eurostar ne pourrait plus circuler en France avec un conducteur britannique. Ce n’est pas ce que nous souhaitons, ce n’est pas ce qui se passera, mais cela s’anticipe », a-t-elle déclaré, en rappelant qu’un projet de loi d’habilitation permettra au gouvernement français d’adopter par ordonnances un certain nombre de dispositions législatives.
Selon elle, le Brexit est « une négociation perdant-perdants. Personne n’y gagnera, mais toutes les études vont dans le même sens : quelle que soit la forme de la séparation, le Royaume-Uni sera le pays le plus impacté. La préparation du Brexit lui coûte déjà 500 millions d’euros par semaine, alors que certains promettaient un retour hebdomadaire de 350 millions d’euros. »
Le couple franco-allemand
« Nous ne pouvons pas faire l’Europe sans un moteur franco-allemand qui marche », a déclaré Nathalie Loiseau en réfutant toute idée de panne. « Nous sommes parfois plus pressés que les autres, parfois peut-être trop pressés » a-t-elle reconnu, en soulignant que l’Allemagne connaissait « une situation politique sans précédent depuis l’après-guerre. L’extrême droite est massivement présente au Bundestag, mais cette situation ne nous empêche pas de travailler sérieusement avec les Allemands, car le contrat de coalition comporte de nombreux engagements européens. En outre, le contact est fréquent entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. »
Les élections européennes de mai
On est en train de jouer « 50 nuances de brun en Europe », s’alarme la ministre. « Présence gouvernementale de l’extrême droite en Autriche, en Finlande et au Danemark, offensive antidémocratique de Viktor Orban, tournée européenne de l’Américain Steve Bannon, qui veut la mort de l’Union européenne. Faut-il continuer de regarder ailleurs et d’affirmer que ce n’est pas grave ? Ce ne sera pas mon cas. Ce ne sera pas celui d’Emmanuel Macron. Il faut nommer les choses », a martelé Nathalie Loiseau en assumant pleinement le « clivage entre progressistes et nationalistes ».
Selon elle, « les valeurs de liberté, de démocratie et d’Etat de droit sont en train de s’abîmer, donc il faut se battre. » Dans la foulée, elle a fustigé l’attitude de LR qui « considère qu’il n’y a pas de problème avec Victor Orban, qu’il peut continuer de siéger au sein du PPE au Parlement, alors qu’il contredit les valeurs européennes ».
Les consultations citoyennes sur l’Europe
« Les enjeux européens sont plus forts que jamais. Or, il y a une déconnexion entre les populations européennes et les décisions prises par les institutions européennes », a pointé Nathalie Loiseau. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a souhaité organiser jusqu’à la fin du mois d’octobre les consultations citoyennes sur l’Europe. « Nous avons sollicité nos partenaires européens. Tous ont répondu oui, à l’exception de la Hongrie de M. Orban et de l’Italie de M. Conte et de M. Salvini », a précisé la ministre. « Ils ont estimé qu’interroger les citoyens était dangereux. Je trouve que c’est une définition intéressante du populisme : parler au nom du peuple, mais ne pas interroger le peuple », a-t- elle ironisé.
S’agissant de la France, « je ne perçois pas vraiment de colère contre l’Europe, a précisé la ministre, mais je note beaucoup d’attente sur l’Europe sociale et des questions plus existentielles sur la sécurité, la défense et le destin de l’Europe. Quant au sujet des migrations, il n’arrive pas au premier rang des préoccupations, sauf pour les militants très eurosceptiques ou à la gauche de la gauche, qui critiquent le gouvernement pour sa politique migratoire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Si les enquêtes montrent que le phénomène n’est pas en expansion, les chiffres ne rendent pas compte du sentiment de solitude et de lassitude de nombreux enseignants.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Violences scolaires : pas de solution miracle

Editorial. Si les enquêtes montrent que le phénomène n’est pas en expansion, les chiffres ne rendent pas compte du sentiment de solitude et de lassitude de nombreux enseignants.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 11h42
   





                        


Editorial du « Monde ». Les réseaux sociaux sont d’impitoyables révélateurs. Et des amplificateurs capables de déclencher de puissantes vagues de protestation. On le constate, une nouvelle fois, avec la vidéo, largement diffusée depuis le 18 octobre, dans laquelle on voit un lycéen de Créteil mettre en joue une professeure avec une arme pour exiger qu’elle ne note pas une énième arrivée en retard en cours.

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Que l’arme se soit avérée factice n’enlève rien au choc de l’image : depuis une semaine, ce sont des milliers de professeurs de collèges et de lycées qui témoignent, sur Twitter, des faits de violence qui dégradent, voire pourrissent, le climat dans leur établissement. Le succès du hashtag #pasdevague sous lequel ils s’expriment démontre, à la fois, leurs difficultés à faire face à ces situations et le sentiment qu’ils sont abandonnés à leur sort par les chefs d’établissement et les autorités académiques. Ceux-ci, à leurs yeux, sont trop enclins à minimiser ces incidents et, selon la formule du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, à « mettre la poussière sous le tapis ».
Banalisation des incivilités
Le phénomène n’est pas nouveau, et l’éducation nationale s’en préoccupe sérieusement depuis une vingtaine d’années. Toutes les enquêtes sur le sujet montrent également qu’il n’est pas en expansion. Entre 2007 et 2016, les incidents graves recensés par le ministère (violences physiques ou verbales, atteintes à la vie privée, violences sexuelles, vols ou dégradations des locaux, des matériels ou des biens personnels) se sont stabilisés et se produisent la plupart du temps entre les élèves. Moins de 1 % des enseignants déclarent avoir subi des violences physiques durant leur carrière, et environ un tiers des agressions verbales.
Mais ces chiffres globaux ne rendent pas compte du sentiment de solitude de nombreux professeurs, ni du traumatisme provoqué par les agressions les plus violentes, ni de la lassitude devant la banalisation des incivilités ou des injures. Ils ne reflètent pas davantage la diversité des situations et la plus grande concentration des problèmes dans les lycées professionnels ou dans des quartiers « difficiles ». Inévitablement, la violence qui enflamme telle ou telle banlieue, et dont témoigne la multiplication récente de rixes sauvages entre bandes d’adolescents, déteint sur le « sanctuaire » scolaire.

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Sévèrement interpellé à l’Assemblée nationale par la droite ou l’extrême droite, qui l’accusaient d’occulter le problème, le ministre a haussé le ton : « Il n’y a aucun laxisme. Nous allons rétablir l’ordre et l’autorité », a-t-il martelé. Chacun sait, pourtant, que c’est plus facile à dire qu’à faire. Multiplier les mesures disciplinaires et exclure les fauteurs de troubles ? Mais ce n’est que déplacer la difficulté dans un autre établissement. Renforcer l’encadrement ? Fort bien, mais, contrairement à une idée reçue, le nombre de conseillers pédagogiques n’a pas baissé depuis dix ans et celui des surveillants a augmenté.
En réalité, tous les acteurs reconnaissent qu’il faut des solutions précises, patientes et sur mesure. Ainsi, la stabilisation des équipes pédagogiques est indispensable, notamment dans les secteurs d’éducation prioritaire, où le « turnover » des jeunes professeurs est déstabilisant. De même est-il nécessaire que la formation des enseignants prenne en compte cette réalité du métier, ce qui n’est pas le cas. Ce sont des chantiers de longue haleine. Raison de plus pour s’y atteler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le sociologue Marwan Mohammed revient sur ce phénomène qui touche sévèrement l’Ile-de-France depuis quelques mois.
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Affrontements entre bandes : « La dynamique collective écrase les consciences individuelles »

Le sociologue Marwan Mohammed revient sur ce phénomène qui touche sévèrement l’Ile-de-France depuis quelques mois.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h07
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, est l’auteur de La Formation des bandes. Entre la famille, l’école et la rue (PUF, 2011). Il a également codirigé l’ouvrage collectif Les Bandes de jeunes : des « blousons noirs » à nos jours (La Découverte, 2007). Après deux nouveaux morts de jeunes gens dans des rixes entre bandes, dans la nuit de mardi à mercredi 24 octobre à Paris et Sarcelles (Val-d’Oise), il analyse pour Le Monde ce phénomène qui touche le pays, et plus particulièrement l’Ile-de-France depuis quelques mois.
Les « déclencheurs » des affrontements sont souvent qualifiés de « futiles ». Quelles sont les motivations sous-jacentes ? 
Le déclencheur est secondaire, l’essentiel est de comprendre la disponibilité à l’affrontement. Nous parlons de jeunes, pour la plupart en échec scolaire ou en défaut d’insertion, qui trouvent des moyens transgressifs et compensatoires pour s’accomplir, exister et consommer. Ils expérimentent également une certaine chaleur, de la solidarité et parfois de l’amitié. Sur la base d’une valorisation des normes de virilité, les rivalités permettent au groupe de se tester, se souder, d’évaluer l’épaisseur des liens et d’accéder à des gratifications symboliques majeures. Sauf que cette dynamique collective écrase les consciences individuelles, alimente la déshumanisation de « l’ennemi » et favorise la surenchère.
Cette hargne peut paraître absurde de l’extérieur : il n’y a pas d’argent à gagner, pas de revendication politique et ceux qui s’entre-tuent se ressemblent. Mais elle est aliénante lorsque la réputation est le principal capital social et qu’un public nombreux compte les points.

Le phénomène des bandes n’est pas nouveau. Qu’est-ce qui a changé ?
Depuis un demi-siècle, les ateliers et usines ont disparu du quotidien, les classes populaires se sont paupérisées. L’expérience scolaire est devenue centrale....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ L’affaire Khashoggi illustre l’affrontement croissant entre le président turc et le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, estime dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« La Turquie d’Erdogan veut exercer, aux dépens de Riyad, une influence dominante au Moyen-Orient »

L’affaire Khashoggi illustre l’affrontement croissant entre le président turc et le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, estime dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 11h29
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. « Apportez-moi la tête de ce chien. » L’ordre est lancé par Saoud Al-Qahtani, l’un des plus proches collaborateurs de l’homme fort d’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman, dit MBS. Le « chien » est le journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Rapportée par l’agence Reuters, la scène se passe au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre.
On connaît la suite. Khashoggi ne sortira pas vivant du consulat, où, s’apprêtant à épouser une Turque, il venait chercher des papiers d’état civil. Le journaliste tombe aux mains d’agents saoudiens qui, via Skype, poursuit Reuters, le mettent en relation avec Al-Qahtani. Les deux hommes s’insultent. Le journaliste refuserait de retourner au royaume. Al-Qahtani profère son injonction : « Apportez-moi »… Quelques instants plus tard, Khashoggi meurt, étranglé.
Mais cette version des faits, chaque jour un peu plus en voie d’être corroborée, ne dit rien des motifs du crime. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, parlait, mardi 23 octobre, d’un assassinat « barbare », « politique » et « prémédité ».

Certes, mais pourquoi ? A qui faisait-il peur cet éditorialiste jovial, ancien proche de la famille royale, passé à une opposition raisonnable, résidant aux Etats-Unis et écrivant pour le Washington Post ? Pourquoi l’affaire remue-t-elle toute la région, déstabilise-t-elle la politique moyen-orientale des Etats-Unis, renforce-t-elle la Turquie et l’Iran et jette-t-elle une lumière glauquissime sur la « Maison des Saoud » ?
Une guerre atroce au Yémen
Peu d’observateurs imaginent que MBS pouvait ne pas être au courant. Adoubé par un père vieillissant et malade, le prince est le maître du pays depuis 2015. Il a évincé ses concurrents. Il embastille ses opposants, il interdit toute critique. Il a instauré le règne de la terreur dans les élites locales. Porte-flambeau de la branche majoritaire de l’islam, le sunnisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Andrej Babis justifie la position des Etats d’Europe centrale sur les migrants, mais ne veut pas choisir entre Viktor Orban et Emmanuel Macron.
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Propos recueillis par  Blaise Gauquelin   Publié aujourd’hui à 11h07, mis à jour à 14h05   Lecture 6 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Andrej Babis, le premier ministre tchèque, le 15 octobre. Alik Keplicz / AP             Dans le cadre de sa tournée pour promouvoir ses idées de refondation de l’Union européenne, Emmanuel Macron sera en Slovaquie et en République tchèque vendredi 26 et samedi 27 octobre. Il y rencontrera notamment le premier ministre tchèque, Andrej Babis. Rattaché au parti libéral à Strasbourg, ce milliardaire iconoclaste au discours populiste, vainqueur des élections législatives de 2017, est inclassable sur la scène politique européenne, alternant les propos positifs pour le président français et pour son adversaire déclaré, le premier ministre hongrois souverainiste Viktor Orban.          Emmanuel Macron sera à Prague à l’occasion de la célébration du centenaire de la Tchécoslovaquie. Adhérez-vous à son projet de refondation de l’Europe ?          Je connais le président français depuis 2015. Nous occupions alors tous les deux des portefeuilles ministériels. Il était chargé de l’économie et moi des finances. Je pense qu’en ce temps-là, Emmanuel Macron ne pensait pas encore à la présidence de la République. Il venait du privé, du secteur bancaire. Il a réussi, c’est bien. J’aime beaucoup la France, je compte de nombreux amis dans votre pays. Je parle votre langue. Cela facilite considérablement les échanges au Conseil européen, quand il y a des crises.           Lire aussi Sur la route des Balkans, la bombe migratoire             Et quelle langue parlez-vous avec Viktor Orban, le dirigeant hongrois ?          Anglais. Mais au niveau européen, nous ne sommes pas membres du même parti. Lui, avec le Fidesz, appartient à la famille conservatrice du Parti populaire européen [PPE]. Moi, avec ma formation Action des citoyens mécontents [ANO], je suis membre de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe [ALDE]. Toutefois, cela ne veut pas dire que je partage les idées de Guy Verhofstadt [qui préside le groupe parlementaire ALDE à Strasbourg et qui est très critique envers Viktor Orban] sur tous les sujets. Par exemple, sur la migration, nous avons des points de vue différents.          Après les élections européennes, qui auront lieu en mai prochain, préféreriez-vous toutefois faire alliance avec le libéral Macron ou avec le souverainiste Orban ?           « Le fait que la Grande-Bretagne quitte l’Union est déjà assez dramatique. Nous n’avons pas besoin d’autres divisions »                                            — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ « Rétrofictions » : quatre siècles de science-fiction francophone en deux tomes indispensables et exhaustifs signés Guy Costes et Joseph Altairac.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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L’encyclopédie des plans tirés sur la comète

« Rétrofictions » : quatre siècles de science-fiction francophone en deux tomes indispensables et exhaustifs signés Guy Costes et Joseph Altairac.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Rétrofictions. Encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone, de Rabelais à Barjavel. 1532-1951, de Guy Costes et Joseph Altairac, préface de Gérard Klein, Encrage, 2 tomes sous coffret, 2 458 p., 115 €.

A l’image de la comète de Halley, certains auteurs ne sont repérables aux vitrines des libraires qu’à des dates fort espacées, suscitant grand émoi à chaque passage. Ainsi en va-t-il de Guy ­Costes et Joseph Altairac, érudissimes « savanturiers », experts hors ligne de toutes formes connues et méconnues de fictions anticipatrices et science-fictives.
Leur nouvelle apparition, Rétrofictions, se solde par la chute d’un astéroïde cubique de 2 458 pages illustrées offrant au lecteur, avec ses 11 086 entrées et ses trois index (œuvres, dates, thèmes et sous-thèmes), de Pantagruel, de Rabelais (1532), à la bande dessinée ­Zigoto et le robot, d’Aristide Perré (Rouff, 1951), une immersion dans quatre siècles de fictions francophones de l’imaginaire – de la naissance de l’humanisme scientifique à l’apparition des premières collections labélisées « science-fiction ».
A l’origine de cette voie lactée fictionnelle où nul ne s’égare et où chacun s’émerveille, l’Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, de Pierre Versins (L’Age d’homme, 1972), un classique que nos auteurs parachèvent et auquel ils empruntent le ­concept-phare de « conjecture romanesque rationnelle » : toute forme de récit fondé, hors fantastique et merveilleux, sur l’exploitation des possibles concrets, des projections, même délirantes, de la raison raisonnante.
Se « limitant », à la différence de Versins, au monde francophone, Costes et Altairac ont en revanche étendu leur quête vorace et obsessionnelle à toute la culture concrète. Si romans, nouvelles, contes, voire poèmes ou chansons, constituent l’essentiel du corpus, place est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », d’Eric Sadin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Figures libres. Ainsi naquit la vérité artificielle

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle », d’Eric Sadin.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h22
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle. Anatomie d’un antihumanisme radical, d’Eric Sadin, L’Echappée, 302 p., 18 €.

Comme chacun sait, plus moyen d’échapper à l’intelligence artificielle (IA). Nos poches, nos voitures, nos objets sont connectés. Nos neurones aussi, dit-on. Hebdomadaires et quotidiens, séminaires et symposiums sont saturés d’interventions. Partout, l’IA fait parler, mais également fait agir. Et d’abord dans le registre des banques, hôpitaux, services de sécurité, cabinets de recrutement, etc. Il n’est aucun secteur vital qu’elle ne touche, se targuant de les transformer tous de fond en comble. Dès demain. A moins que ce ne soit déjà fait.
Dans cette déferlante autour de l’IA – ses bienfaits, ses méfaits, ses exploits, son avenir… –, on trouve à satiété l’étonnement et la crainte, l’enthousiasme et l’abattement. Mais, en fin de compte, peu de pensée. Trop peu d’analyses vraiment intelligentes, de critiques incisives et fortes. C’est pourquoi il faut saluer, et recommander, le nouveau livre d’Eric Sadin, L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle. Après, notamment, La Vie algorithmique et La Silicolonisation du monde (L’Echappée, 2015 et 2017), il signe cette fois son essai le plus ambitieux et le plus abouti.

Car Eric Sadin ne se contente pas d’expliquer pourquoi les data envahissent tout, ni comment les algorithmes décident des embauches, des régimes alimentaires, des prêts bancaires et des traitements médicaux. Il met d’abord en lumière de quelle façon les machines ont profondément changé de statut, passant du rôle de prothèse au mimétisme du cerveau, créant ainsi un univers anthropomorphique d’un genre inédit.
Car ce monde n’est que pseudo-humain. Il ressemble au nôtre, mais de manière augmentée (par la puissance de calcul) et parcellaire (par l’absence d’affects et de liberté). Plus que tout, le néoréel est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La correspondance inédite entre Carl Jung et son disciple Erich Neumann, de 1933 à 1950, éclaire les ambivalences du célèbre psychologue suisse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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De l’inégalité des inconscients chez Carl Jung

La correspondance inédite entre Carl Jung et son disciple Erich Neumann, de 1933 à 1950, éclaire les ambivalences du célèbre psychologue suisse.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Correspondance. Zurich-Tel-Aviv (1933-1959) (Die Briefe 1933-1959. Analytische Psychologie im Exil), de C. G. Jung et Erich Neumann, présenté par Martin Liebscher, traduit de l’allemand par Véronique Liard et de l’anglais par Florence Serina, La Compagnie du livre rouge/Imago, 352 p., 25 €.

Présentées par Martin Liebscher, enseignant autrichien à l’University College de Londres, les cent vingt-quatre lettres inédites échangées entre Carl Gustav Jung (1875-1961) et Erich Neumann (1905-1960) portent pour l’essentiel sur les relations que les deux hommes entretenaient avec la question juive. Psychologue berlinois, ­ardent sioniste, Neumann rencontre Jung à Zurich, en 1933, alors qu’il a fui le nazisme pour se rendre en Palestine.
A cette date, Jung est célébré dans le monde entier pour avoir fondé une école de psychologie analytique visant à étudier la psyché humaine comme un vaste domaine où seraient réunis le rêve, l’inconscient, le symbolisme, l’art, les mythes, les religions, etc. Y apparaissent des « archétypes », formes préexistantes inconscientes dévoilées par l’art et les rêves, parmi lesquelles il range l’« animus » (masculin), l’« anima » (féminin), le « soi » et l’« ombre », partie obscure de la psyché. Il nomme « individuation » la capacité d’un sujet à devenir autonome à travers plusieurs métamorphoses. Adepte de la psychologie des peuples, il prétend analyser les différences et les inégalités entre les inconscients collectifs et individuels de chaque nation.
Jung, fasciné par le Führer
Quant à Neumann, soucieux d’étudier les paradoxes de l’identité juive, il a adhéré avec enthousiasme à la doctrine jungienne, convaincu qu’elle lui permettrait de comprendre que l’individuation du juif ne peut se réaliser que s’il abandonne l’ombre qui l’habite, c’est-à-dire « l’inconscient collectif non juif » dans lequel il baigne en Europe....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La chronique d’Alexandre Jollien, à propos de « Pensées à moi-même », de Marc Aurèle, lu par Jacques Gamblin.
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A l’oreille. Solidarité stoïcienne

La chronique d’Alexandre Jollien, à propos de « Pensées à moi-même », de Marc Aurèle, lu par Jacques Gamblin.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h30
    |

                            Alexandre Jollien (Philosophe)








                        



                                


                            
Pensées à moi-même (Ta eis heauton), de Marc Aurèle, traduit du grec ancien par Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, extraits lus par Jacques Gamblin, Frémeaux & Associés, 2 CD, environ 30 €.

De Jacques Gamblin, je garde l’impérissable souvenir de son magistral strip-tease dans Pédale douce (de Gabriel Aghion)… Vingt-deux ans plus tard, le voilà rhabillé et muni de la toge impériale. Les éditions Frémeaux & Associés nous donnent l’occasion, grâce à cette voix magnifique, de « licouter » (ou « écouter lire ») de larges extraits des Pensées à moi-même.

L’individu qui consigne ses pensées est l’un des hommes les plus puissants de son époque. Infatigablement, Marc Aurèle (121-180) administre un empire gigantesque et lègue à la philosophie une œuvre capitale. Imagine-t-on un Trump, un Poutine, prendre un minimum de hauteur et livrer aux siècles à venir des maximes aptes à conduire le lecteur tout droit à l’ataraxie ?
L’empereur pourfend l’étroitesse d’esprit, dénonce l’attrait pour le vain, fustige la mesquinerie : « Si jamais tu as eu l’occasion de voir une main, un pied, ou une tête coupés, et qui gisaient séparés du reste du corps, tu peux te dire que c’est là une image de ce que fait l’homme, pour lui-même, du moins autant qu’il le peut, quand il n’accepte pas de bon gré le destin qui lui est réparti, qu’il s’isole volontairement, ou qu’il commet un acte contraire à la loi commune. » En un temps où l’individualisme gagne du terrain, tendre l’oreille au philosophe, ne serait-ce pas retrouver le sens du tout et, activement, combattre les formes d’exclusion ?
Une sérieuse cure de l’âme
Faire grand cas de sa personne, obéir au doigt et à l’œil aux caprices de l’imagination, négliger le bien commun, voilà ce qui nous tourmente. Et l’empereur-médecin de dispenser un souverain remède à quiconque se prendrait pour le nombril du monde : songer aux hommes illustres qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les historiennes Juliette Dumont et Anaïs Fléchet estiment, dans une tribune au « Monde », que la vague qui porte le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrivé en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle, rappelle les dynamiques électorales de l’entre-deux-guerres.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Brésil : « Face au retour du fascisme, la neutralité ne saurait être un choix »

Les historiennes Juliette Dumont et Anaïs Fléchet estiment, dans une tribune au « Monde », que la vague qui porte le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrivé en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle, rappelle les dynamiques électorales de l’entre-deux-guerres.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h23
    |

Juliette Dumont (Historienne) et Anaïs Fléchet (Historienne)







                        



                                


                            
Tribune. « Il va y avoir un nettoyage comme il n’y en a jamais eu dans ce pays. Je vais balayer les rouges du Brésil. » Jair Bolsonaro a, dimanche 21 octobre, exprimé sans détours son option pour la violence politique : s’il devait être élu lors du second tour de l’élection présidentielle, dimanche 28 octobre, ses opposants auront le choix entre la prison et l’exil.
Dans les rues du pays, croix gammées et menaces de mort couvrent déjà les murs, alors que se multiplient les agressions physiques et verbales contre des militants de gauche, des Afro-Brésiliens et des membres de la communauté LGBTQ. Depuis la seconde guerre mondiale, rares ont été les forces politiques prônant si haut les valeurs et les pratiques du fascisme en mesure de s’imposer par les urnes dans une démocratie occidentale.
Cette parenté n’est pas le fruit du hasard. Jair Bolsonaro est issu de la fraction extrémiste du corps des officiers qui, sous la dictature militaire (1964-1985), défendait la répression politique et l’emploi de la torture. Des réseaux nourris au lait de l’« intégralisme », forme brésilienne du fascisme dont ils exaltent la mémoire. « Brasil acima de tudo » (« Le Brésil au-dessus de tout »), version tropicale du « Deutschland über alles », est leur cri de ralliement depuis les années 1970.

C’est le slogan de Jair Bolsonaro et de son colistier, le général Mourao, dont la filiation fasciste transparaît à travers un discours de purification nationale, le projet de soumettre les minorités au dictat de la majorité et la promesse d’en finir avec « tous les militantismes ». Ce ne sont pas des dérapages, mais l’expression d’un dogme cohérent articulé avec une conception belliqueuse de la politique, où les adversaires électoraux sont voués à être « fusillés ».
Conjonction de crises
Comment de tels propos peuvent-ils, en 2018, séduire la majorité de l’opinion brésilienne ? Les raisons sont diverses, mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Claro prend la mesure de sa présence au monde avec Virginie Poitrasson.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Le feuilleton. Du côté de chez soi

Claro prend la mesure de sa présence au monde avec Virginie Poitrasson.



LE MONDE DES LIVRES
 |    25.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h17
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Le Pas-comme-si des choses, de Virginie Poitrasson, L’Attente, 172 p., 16 €.

On se souvient peut-être de ce que disait Descartes à propos de la cire. Une fois livrée à la flamme, elle change, et change si radicalement qu’on pourrait croire que ce n’est plus la même cire. Seul notre entendement est là pour nous empêcher de nous pincer, ou pour remplacer avantageusement ce pincement. Quant à nous autres, pauvres humains, nous aimerions bien ne pas découvrir que nous ne valons guère mieux que de la cire. Mais trop tard : de cire sans doute nous sommes faits, et notre entendement aura beau mettre en branle la machine cartésienne, rien n’y fera, notre corps n’en finit pas de passer d’un état à l’autre, et pour cela tout lui est flamme, la passion, le deuil, l’ennui, le rêve. Il y a quelque chose en nous d’immensément instable, et c’est sans doute l’un des principaux enjeux de l’écriture que d’inventer, à chaque livre, une poétique de cette instabilité.
Pour Antonin Artaud, par exemple, il est question de se confronter à une « souffrance froide et sans images, sans sentiment, et qui est comme un heurt indescriptible d’avortements » (L’Ombilic des Limbes, Gallimard, 1925). Pour Virginie Poitrasson, dont les Editions de l’Attente viennent de publier Le Pas-comme-si des choses, l’enjeu est différent, mais l’acuité non moins grande : il s’agit de prendre la mesure de son corps, de ses pensées, de sa présence au monde, alors même qu’on se sent « hors champ », déconnectée, ici et pas ici.
Pour Virginie Poitrasson, il s’agit de prendre la mesure de son corps, de ses pensées, de sa présence au monde, alors même qu’on se sent « hors champ », déconnectée, ici et pas ici
« Combien de corps faut-il donc que je trimbale ? Certains ne sont pas identifiés. » Je est non seulement un autre, mais une foule d’autres, dont certains sont des fantômes, ne rêvons pas, ou plutôt...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour sortir l’Union européenne de l’ornière du Brexit, il faut mettre en oeuvre des politiques publiques plus justes, propose le haut-commissaire Christophe Itier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« Construisons une Union européenne plus inclusive, plus durable et plus équitable »

Pour sortir l’Union européenne de l’ornière du Brexit, il faut mettre en oeuvre des politiques publiques plus justes, propose le haut-commissaire Christophe Itier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 07h00
    |

Christophe Itier







                        



                                


                            
Tribune. Après le nouvel échec des discussions entre le Conseil européen et le Royaume-Uni, l’issue du feuilleton politique du Brexit est toujours aussi incertaine. Du côté des Etats membres, de manière paradoxale, ces négociations auront sans doute contribué, mieux que toute campagne pro-européenne, à mettre en lumière les apports de l’Union en termes démocratiques, économiques et sociaux. C’est un moment déterminant qui doit nous rappeler l’urgence de notre mobilisation en faveur de la refondation du projet européen dans une période marquée par le retour des nationalismes.
Construire une Union européenne plus inclusive, plus durable et plus équitable. Voilà l’enjeu qui sera le cœur des élections et du prochain mandat du Parlement européen si nous voulons sortir de la crise politique actuelle. Nous n’y parviendrons pas avec les recettes d’hier. Il nous faut réinventer la manière dont nous répondons aux défis actuels, qui ne peuvent se résoudre qu’à l’échelon européen : défi écologique, défi démographique, défi migratoire… et celui de la grande exclusion : 87 millions d’Européens vivent en 2018 sous le seuil de pauvreté.
Il nous faut réinventer la manière dont nous répondons aux défis actuels
Celà impose un nouvel élan européen, comme de revoir la manière dont nous concevons et mettons en œuvre les politiques publiques : il nous faut l’Europe sociale, celle prônée par le président de la République Emmanuel Macron à Göteborg en novembre 2017, il nous faut l’Europe fiscale, mais il nous faut aussi l’Europe des solutions : associer davantage les citoyens et nous inspirer des initiatives et actions concrètes qui fonctionnent dans nos pays, nos territoires.
Pour ce faire, nous disposons déjà en Europe d’un atout de premier plan : l’économie sociale et solidaire (ESS) constitue un vivier unique de projets, d’entreprises, d’innovations et de talents qui doit prendre toute sa part dans la rénovation du projet européen.
Une nouvelle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Antonin Bergeaud, Gilbert Cette et Rémy Lecat défendent la poursuite de la croissance économique au nom du bonheur des populations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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L’art de la réforme

Antonin Bergeaud, Gilbert Cette et Rémy Lecat défendent la poursuite de la croissance économique au nom du bonheur des populations.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 06h30
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Livre. Voici un livre qui entend trancher sans hésitation plusieurs des questions qui agitent le débat économique actuel. Oui, la poursuite de la croissance économique est nécessaire au bien-être et au bonheur des populations ; oui, elle est tout à fait compatible avec la protection de la planète, elle est même une condition de cette protection.
e siècle
Non, il n’y a pas de « stagnation séculaire » d’économies occidentales confrontées à une prétendue « panne » de l’innovation technologique, mais le potentiel de gains de productivité de la révolution numérique ne s’est tout simplement pas encore manifesté. Celle-ci pourrait engendrer, avec le déploiement de l’intelligence artificielle, une nouvelle phase de croissance comparable à celle qui a suivi la diffusion de l’énergie électrique à la fin du XIXe siècle. Mais pour que ce potentiel se réalise, oui, il faut mettre en œuvre les « réformes structurelles » du marché du travail, du système de formation, de la concurrence, du fonctionnement de l’Etat et de ses régulations, de façon à rendre les acteurs économiques aptes à mener la « destruction créatrice » d’où émergera une nouvelle phase de croissance soutenue et durable.
C’est à cette condition que les pays occidentaux, la France en particulier, pourront continuer à financer leur système social protecteur, celui-là même que prétendent défendre ceux qui, pourfendus en filigrane par les auteurs, prônent la décroissance au nom de la protection de l’environnement, s’inquiètent des méfaits de la révolution numérique sur les emplois et les inégalités de revenus et accusent les réformes structurelles de saper les bases de l’Etat et de la protection sociale.
Des gagnants et des perdants
Pour les trois auteurs, économistes à la Banque de France, les...




                        

                        


<article-nb="2018/10/25/20-18">
<filnamedate="20181025"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181025"><AAMMJJHH="2018102520">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs au CNRS estiment que la focalisation sur le risque d’attentat n’est pas sans effets sur notre manière de « nous » penser, de voter et plus largement, sur notre rapport à autrui.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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« La violence des attentats terroristes ne constitue qu’une violence parmi beaucoup d’autres »

Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs au CNRS estiment que la focalisation sur le risque d’attentat n’est pas sans effets sur notre manière de « nous » penser, de voter et plus largement, sur notre rapport à autrui.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h15
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Vincent Bonnecase, Mathias Delori, et Ophélie Rillon

Tribune. Depuis quelques années, les attentats terroristes ont été imposés comme objets essentiels de notre quotidien et du gouvernement de ce quotidien. Dans chaque école de France, des enfants doivent, à partir de l’âge de 3 ans, participer chaque année à un exercice de simulation pour se préparer à l’éventualité d’une intrusion terroriste dans leur établissement.
Dans chaque train, les voyageurs sont invités à prévenir les contrôleurs en cas de colis abandonnés ou de comportements suspects. A l’entrée de chaque administration, de chaque musée et même parfois, de plages ou de forêts désertes, on peut voir un panneau « alerte attentat ».
Cette focalisation sur le risque terroriste mobilise, parfois à leur corps défendant, des milieux socioprofessionnels variés, certains attendus tels que les militaires et les policiers, d’autres qui le sont moins tels que les programmateurs culturels, les professeurs des écoles ou les chercheurs.
Plus fréquent de mourir sous les coups de son conjoint
Pour parler de ce qui nous concerne directement, la direction du CNRS et celle du renseignement militaire ont ainsi signé, en mai, une convention s’adressant tout particulièrement aux chercheurs qui travaillent dans les « régions lointaines » : ceux-ci sont désormais invités à mettre leurs savoirs au service du renseignement militaire et de la surveillance de certains territoires.
Cette convention s’inscrit explicitement à la suite de l’appel attentats-recherches lancé par le CNRS en novembre 2015, visant à favoriser des recherches sur « tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles – sociales, techniques, numériques ».
Or, pareille mise en exergue du risque d’attentat terroriste nous semble poser plusieurs problèmes. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ A sept mois d’élections européennes cruciales, la Commission ne peut se permettre de stigmatiser l’un de ses principaux alliés dans la bataille contre les populismes, explique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier dans sa chronique.
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Budget 2019 : « La comparaison avec Rome permet à Paris de sauver la face vis-à-vis de Bruxelles »

A sept mois d’élections européennes cruciales, la Commission ne peut se permettre de stigmatiser l’un de ses principaux alliés dans la bataille contre les populismes, explique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    25.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h32
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Chronique « Tendances France ». Matteo Salvini a beau avoir ouvert une crise sans précédent avec Bruxelles et ne pas ménager la France, c’est peut-être un allié inattendu pour Emmanuel Macron. Mardi 23 octobre, la Commission européenne a rejeté le projet de budget pour 2019 de l’Italie, qui enfreint de manière « particulièrement grave » les règles des Vingt-Huit. Le gouvernement italien a trois semaines pour revoir sa copie. Une véritable épreuve de force s’est engagée avec l’Union européenne.
Dans ce contexte, le chef de l’Etat français, qui se targue toujours de représenter un barrage contre les extrêmes, devra mener une rude campagne pour les élections européennes de mai prochain. Mais il pourrait au moins récolter les fruits de ces tensions dans un domaine : son propre budget pour 2019.

En effet, la France est sortie au printemps de la procédure pour « déficit excessif » : ce dernier devrait se situer en dessous du seuil des 3 % du PIB cette année, comme en 2017 et, sauf dérapage, il en sera de même en 2019. Toutefois, Paris reste mauvais élève dans un domaine : le déficit structurel (c’est-à-dire calculé hors effets de la conjoncture) ne se résorbe pas assez rapidement.
Bercy a rodé ses arguments
A Bercy, on a chiffré la réduction de ce ratio à 0,1 point de PIB cette année, et à 0,3 point pour 2019, au lieu du 0,6 point qu’elle aurait dû atteindre, selon ce que stipulent les règles européennes. Derrière ce principe en apparence complexe, et d’ailleurs régulièrement remis en cause, c’est la capacité des Etats à assainir leurs finances publiques, afin d’investir et de baisser les impôts sur le long terme, qui est en jeu.
Le 19 octobre, la Commission européenne a adressé une lettre à la France dans laquelle elle s’inquiète de ces déviations. Au Trésor, on relativise ces critiques, évoquant des « divergences mineures, de nature essentiellement technique ».
Bercy a rodé ses arguments : si...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Alors que le conseil supérieur des programmes termine son travail de révision, le géohistorien Vincent Capdepuy juge, dans une tribune au « Monde », ceux de sa discipline très conservateurs. Laissant peu de place à la réflexion, ils omettent, selon lui, les nouvelles approches historiographiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/10/2018
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Programmes d’histoire : « Quelle misère intellectuelle ! »

Alors que le conseil supérieur des programmes termine son travail de révision, le géohistorien Vincent Capdepuy juge, dans une tribune au « Monde », ceux de sa discipline très conservateurs. Laissant peu de place à la réflexion, ils omettent, selon lui, les nouvelles approches historiographiques.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 14h09
    |

Vincent Capdepuy (géohistorien et enseignant)







                        



                                


                            
Tribune. Pour une énième fois, les programmes ont été remis sur l’établi, mais pour la première fois peut-être, ce travail d’écriture est à ce point bâclé. Le gouvernement nous a habitués à la précipitation, mais qui croit encore que celle-ci serait gage d’efficacité ?
La trame des futurs programmes d’histoire et de géographie de lycée pour l’enseignement général est enfin connue. Par des fuites, car le ministère de l’éducation nationale refuse d’assumer la transparence et la publicité qui devaient permettre un véritable débat autour de ces programmes toujours sensibles. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le grand public n’en perçoit pas toujours la pertinence. Cette fois-ci peut-être encore moins, tant les programmes du socle commun sont convenus.
Certes, on ne s’attendait à aucune révolution. Souâd Ayada, la présidente du Conseil supérieur des programmes, et Jean-Michel Blanquer, son ministre de tutelle, avaient déjà balisé le terrain lors de diverses interviews. L’histoire se devait d’être un récit chronologique et avait pour mission de faire aimer son pays. Ce qu’on sait des programmes n’a fait que confirmer nos craintes. Quelle misère intellectuelle !

Ils semblent directement sortir du magasin d’antiquités. La poussière est encore dessus. En une enfilade chronologique bien connue, on va de l’héritage de l’Antiquité gréco-romaine et du Moyen Age à la guerre froide et au monde multipolaire d’aujourd’hui, en passant par l’humanisme et les « grandes découvertes », les monarchies française et britannique, la Révolution et l’Empire, les guerres mondiales…
Ces programmes pourraient sembler rassurants car très conservateurs, très conformes à un roman civilisationnel bien installé depuis plus d’un siècle, avec les ajustements nécessaires pour la période la plus contemporaine. Rien de choquant ? Peut-être.
La nécessité de la lenteur
Cependant, le problème est double. Premièrement, les thèmes s’enchaînent...




                        

                        

