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PSA revient aux Etats-Unis en déployant une flotte de voitures partagées à Washington

Le constructeur français a lancé, jeudi, son service Free2Move dans la capitale fédérale.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 20h51
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Vingt-sept ans après avoir quitté les Etats-Unis, PSA fait, en cette fin d’automne 2018, à nouveau rouler des automobiles outre-Atlantique, même si pour le moment aucune d’entre elles n’arbore un logo de ses marques. Le groupe automobile français (Peugeot-Citroën-DS-Opel-Vauxhall) lance à Washington, jeudi 25 octobre, sa première offre d’autopartage nord-américaine avec le déploiement d’une flotte de voitures lui appartenant. « Ce service proposé en free-floating donne accès six cents véhicules stationnés dans les rues des huit arrondissements du district de Columbia », précise un communiqué de PSA.
Les voitures proposées en location courte durée – inconnues en Europe – sont de marque Chevrolet (groupe General Motors), aucun des véhicules du constructeur français n’étant à ce jour homologué aux Etats-unis. Précisément, 200 SUV Equinoxe et 400 Cruze – une berline compacte – vont arriver dans les prochaines semaines.
Le service permet de louer le véhicule pour une durée de quelques minutes ou plusieurs jours, moyennant un abonnement de 10 dollars (8,75 euros) et une redevance de 47 cents par kilomètre parcouru. Réservation, paiement, verrouillage-déverrouillage du véhicule : tout se fait à partir de l’application Free2Move – la marque de service de mobilité de PSA. L’utilisateur peut parcourir jusqu’à 800 kilomètres pour une location et garer son véhicule où bon lui semble dans la capitale fédérale américaine.
« Un retour étape par étape »
C’est donc par une porte modeste – les services de mobilité – que PSA revient aux Etats-Unis. La décision a été prise en 2017 par Carlos Tavares, président du directoire de PSA, d’y retourner après plusieurs décennies d’absence et une longue histoire de tentatives en général ratées, qui ont pris fin en 1991. Peugeot comme Citroën ont longtemps pâti d’une image médiocre, symbolisée par la Peugeot 403 de Colombo, qui, pour les Américains, était à l’automobile ce que l’imperméable du célèbre inspecteur était à l’élégance.
« C’est un retour étape par étape qui va s’étaler sur dix ans, commente Larry Dominique, directeur de PSA Amérique du Nord. Nous avons d’abord lancé l’application Free2Move en 2017 à Seattle. Maintenant nous proposons des flottes de voitures partagées en propre. Ensuite, il y aura le lancement de flottes avec nos marques puis, enfin, la commercialisation directe. » Carlos Tavares a indiqué que la prochaine génération de véhicules Peugeot-Citroën-DS serait conçue pour être homologués en Amérique du Nord.
« Washington avait exactement la bonne taille pour notre lancement, souligne Michel Stumpe, directeur des services d’autopartage en Amérique du Nord. Dès que nous aurons appris suffisamment de ce premier essai, nous proposerons notre offre dans d’autres villes. » PSA n’a pas souhaité indiquer où il pourrait à nouveau lancer des flottes Free2Move, mais il est question de Birmingham (Alabama), Jacksonville (Floride) ou Chicago (Illinois).
Compétition féroce
PSA n’est pas le premier à avoir eu cette idée de proposer des véhicules en autopartage dans les métropoles américaines. La compétition est même déjà féroce. Le citoyen en quête de mobilité a le choix déjà entre des acteurs de poids : ReachNow (BMW), Car2Go (Daimler), Maven (General Motors) ou Zipcar (Avis). « Nous voulons nous singulariser et offrir une expérience unique à nos clients, assure M. Dominique. Nous proposons des véhicules plus grands et plus confortables que nos concurrents. »
Pas question non plus pour PSA d’indiquer un quelconque objectif de chiffre d’affaires et encore moins de rentabilité. « Nous sommes là pour emmagasiner de l’expérience », se contente-t-il d’expliquer. Et il ne s’agit pas de perdre sa chemise dans l’affaire : l’équipe Free2Move à Washington est limitée à cinq personnes et tous les services (déploiement, nettoyage, maintenance, etc.) seront effectués par des prestataires.
Mais il n’y a pas que l’Amérique. Le prochain lancement majeur des services de mobilité de PSA ne se fera pas aux Etats-Unis mais à Paris. Environ cinq cents véhicules siglés Free2Move devraient faire leur apparition dans la capitale française dans les semaines qui viennent, avec un peu de retard par rapport à l’éternel rival Renault, qui vient d’annoncer le déploiement de 100 Zoe en autopartage. En tout 750 véhicules partagés sont aujourd’hui opérés en propre par PSA-Free2Move : 300 à Madrid, 150 à Lisbonne et 300 à Wuhan (Chine). A la même période l’an prochain, ils devraient être plus de quatre mille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Salah, fils du journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, a quitté le pays avec sa famille après la levée d’une interdiction de voyage.
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Le fils de Jamal Khashoggi quitte l’Arabie saoudite

Salah, fils du journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, a quitté le pays avec sa famille après la levée d’une interdiction de voyage.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 19h55
   





                        



   


Salah, fils du journaliste Jamal Khashoggi tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, a quitté l’Arabie saoudite ainsi que sa famille après la levée d’une interdiction de voyage, a fait savoir jeudi 25 octobre Human Rights Watch (HRW).
« Salah et sa famille se trouvent actuellement dans un avion pour [Washington] DC », a rapporté Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient à HRW. Il n’y a pas eu de commentaire dans l’immédiat de responsables saoudiens, mais Mme Whitson a précisé qu’ils avaient été autorisés à quitter le territoire après la levée d’une interdiction de voyage.

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Condoléances du roi
Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien exilé aux Etats-Unis et qui contribuait notamment au Washington Post, a été tué le 2 octobre lors d’une visite au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il devait obtenir des papiers pour pouvoir épouser sa fiancée turque.
Après avoir d’abord nié la mort du journaliste, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, avaient avancé plusieurs versions avant de déclarer jeudi que, sur la base d’informations fournies par la Turquie, les suspects accusés du meurtre de Khashoggi avaient commis un acte « prémédité ».

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Sous pression, le prince héritier Mohammed Ben Salman ainsi que le roi Salman d’Arabie saoudite avaient reçu Salah et un frère de Jamal Khashoggi mardi au palais royal à Riyad. Le roi et le prince héritier ont présenté leurs condoléances aux membres de la famille Khashoggi, avait alors indiqué l’agence officielle saoudienne SPA.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le scrutin présidentiel brésilien est un exemple inédit de propagation de « fake news » et de propagande politique sur l’application de messagerie appartenant à Facebook.
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« Infox » au Brésil : comment les fausses informations ont inondé WhatsApp

Le scrutin présidentiel brésilien est un exemple inédit de propagation de « fake news » et de propagande politique sur l’application de messagerie appartenant à Facebook.





LE MONDE
 |    25.10.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 20h14
    |

            Michaël Szadkowski





S’il fallait une preuve finale que la désinformation et la propagande politique peuvent se propager à travers l’application WhatsApp, les élections présidentielles brésiliennes en ont offert un exemple inquiétant. Le second tour du scrutin est prévu dimanche 28 octobre et oppose Fernando Haddad (Parti des travailleurs – PT, à gauche) et Jair Bolsonaro (Parti social libéral – PSL, extrême droite).
Depuis des semaines, le rôle et l’influence de WhatsApp font partie des thématiques de campagne, alors que des millions de messages à teneur politique circulent dans les poches des électeurs à travers cette messagerie appartenant à Facebook depuis 2014.

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« Des centaines de millions de messages »
Au point où, le 18 octobre, la gauche brésilienne a demandé l’ouverture d’une enquête auprès du Tribunal supérieur électoral brésilien. Le Parti des travailleurs et ses alliés suspectent leurs adversaires politiques d’avoir orchestré une campagne de désinformation à l’encontre de Fernando Haddad et du PT, à travers des messages envoyés sur WhatsApp.
Cette demande a eu lieu au lendemain des révélations du quotidien Folha de S. Paulo, selon lesquelles quatre services spécialisés dans l’envoi de messages en masse sur WhatsApp (Quick Mobile, Yacows, Croc Services, SMS Market) ont signé des contrats de plusieurs millions de dollars avec des entreprises soutenant la campagne de Jair Bolsonaro. Ces services spécialisés sont capables d’envoyer « des centaines de millions de messages » par WhatsApp, indique le quotidien. La diffusion de tels messages est de nature à être épinglé par la loi brésilienne. « Le financement de campagne électorale par des entreprises privées est illégal. Il est question de fraude », a réagi un membre du PT.
Un autre usage illégal de WhatsApp proviendrait du fait qu’un parti politique ne peut, au Brésil, envoyer des messages qu’aux personnes recensées dans ses bases de données de sympathisants. Or, les entreprises spécialisées citées par le Folha de S. Paulo proposaient également des forfaits d’envois de messages à des listes d’utilisateurs WhatsApp qu’elles fournissaient elles-mêmes, et dont l’origine reste incertaine. Le quotidien évoque des listes de numéros obtenues « illégalement à travers des compagnies téléphoniques, ou de recouvrement de dettes ».
En réaction aux révélations du Folha de S. Paulo, WhatsApp a fermé « 100 000 comptes utilisateurs » associés aux quatre entreprises concernées, et leur a demandé de ne plus envoyer de messages en masse de la sorte.
Une application qui a remplacé les e-mails
Autant de chiffres donne le tournis. Du point de vue des utilisateurs français, un tel usage de WhatsApp à des fins de propagande électorale massive peut surprendre, alors qu’ils sont plus souvent habitués aux conversations privées, aux groupes rassemblant des collègues ou des membres de leur famille.
L’utilisation de WhatsApp est bien différente au Brésil, tant la messagerie y est populaire. En mai 2017, il s’agissait du deuxième pays le plus utilisateur de WhatsApp au monde, derrière l’Inde : 120 millions de personnes avaient alors un compte actif, sur 210 millions de Brésiliens.
« L’application est utilisée par tous les secteurs de la société. Elle a complètement remplacé les e-mails », commente Claire Wardle, directrice exécutive chez First Draft. Ces derniers mois, cette association internationale de journalistes et de chercheurs a travaillé au Brésil dans le cadre du projet collaboratif Comprova, qui collecte et dément les fausses informations qui circulent sur WhatsApp.
En 2016, une étude du Harvard Business Review indiquait que 96 % des Brésiliens ayant un smartphone utilisaient WhatsApp en priorité pour envoyer des messages. Dans un pays où les SMS coûtaient très chers, le succès de l’application, légère, rapide, et fonctionnant sur tous les modèles de smartphones, a tenu à la possibilité de s’envoyer des messages par un réseau Wi-Fi ou 3G.
Mais cela s’explique aussi par une politique agressive de la part de Facebook pour s’imposer dans les smartphones au Brésil, selon Yasodara Cordova, chercheuse en désinformation numérique à l’université d’Harvard, qui a écrit sur le sujet dans The Intercept. « 60 % des Brésiliens utilisent des forfaits prépayés, avec des limitations, mais dans lequel ils ont un accès gratuit permanent à WhatsApp et à Facebook grâce aux accords passés entre Facebook et des sociétés téléphoniques », explique-t-elle au Monde.

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Une multitude de groupes
En quelques années, WhatsApp a largement dépassé son cadre initial de « messagerie privée » et est devenue une solution de communication publique majeure. Cela s’est traduit par une utilisation intensive de l’application à des fins de communication politique lors de l’élection présidentielle. Bien sûr, elle n’a pas remplacé les autres réseaux sociaux : le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, a bien construit une bonne partie de sa communication sur Facebook, YouTube, Instagram et Twitter, où il cumule près de 17 millions d’abonnés.

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Sur WhatsApp, en revanche, une diffusion « verticale » de l’information depuis un compte amiral comme sur Facebook ou YouTube est impossible. Le fonctionnement de l’application n’autorise que des conversations de groupes de 256 personnes maximum : il empêche le développement de fils de discussion géants, et alimentés par des administrateurs WhatsApp qui disposeraient d’audiences considérables.
Résultat : la circulation de l’information sur WhatsApp est extrêmement fragmentée au travers des multitudes de groupes. « Les équipes de campagne ont été très fortes pour créer de multiples groupes de 256 utilisateurs, qui diffusent du contenu identique », explique Mme Wardle. La viralité d’un message ou d’une vidéo a lieu ensuite grâce au transfert de messages de groupes en groupes, que chaque utilisateur peut faire en un coup de pouce.
« La taille moyenne d’un groupe WhatsApp au Brésil est de six personnes, continue Claire Wardle. En ce qui concerne les fausses informations que nous repérons, elles circulent dans tout type de groupes. Elles peuvent partir d’un grand groupe, puis se transmettent de groupes de plus en plus petits, par l’action de chaque utilisateur, avec des transferts de messages. Elles atterrissent finalement dans des groupes WhatsApp vraiment petits, mais où les gens se font vraiment confiance. »
Un fonctionnement qui rappelle le principe de transfert de messages par e-mail, appliqué à l’écosystème de WhatsApp. Selon El Pais, qui reprend l’article de chercheurs ayant étudié pendant des mois le phénomène de viralité dans quatre-vingt-dix groupes, les techniques pour diffuser au maximum des messages sont bien rodées : des militants organisent le partage de messages, ou ciblent des régions précises du pays en étudiant les préfixes téléphoniques.
L’Agence France-Presse donne l’exemple d’un partisan de Jair Bolsonaro qui disait recevoir environ 500 messages WhatsApp par jour, pour et contre les deux candidats du second tour. « Cela ne fait pas de différence pour moi, a-t-il expliqué. Mais ma mère a reçu un message disant que Bolsonaro supprimerait le treizième mois et elle l’a cru. »
Le phénomène est global, et a concerné tous les camps politiques brésiliens pendant la campagne, quels que soient les candidats. Dans un reportage diffusé par la BBC en septembre, une journaliste ayant étudié des « milliers de groupes WhatsApp » montre aussi l’exemple d’une rumeur mensongère sur l’état de santé du candidat d’extrême droite Bolsonaro.
Des rumeurs visuelles
« Le jour du premier tour, nous avons aussi vu sur WhatsApp des fausses informations sur le processus de vote, des gens qui expliquaient par exemple que les machines de vote étaient cassées, etc. Soit le même genre de fausses informations qu’on a vu circuler aux Etats-Unis en 2016 », explique Claire Wardle, de First Draft.
En tout, depuis le mois de juin, la cinquantaine de journalistes réunis dans le projet Comprova a recensé plus de 60 000 messages signalés directement par des utilisateurs de WhatsApp, auxquels les journalistes ont répondu, tant bien que mal. Dans le New York Times, les responsables de Comprova disent aussi avoir recensé « 100 000 images à caractère politique » dans 347 groupes WhatsApp les plus populaires qu’ils ont pu intégrer grâce à des liens d’invitation.
Parmi les cinquante images les plus virales au sein de ces groupes, 56 % d’entre elles sont de fausses informations ou présentent des faits trompeurs, selon eux. « Les fausses informations sur WhatsApp sont plus visuelles qu’ailleurs : il y a beaucoup de mèmes, qui appuient sur des réactions émotionnelles autour de sujets comme l’immigration, les crimes, ou les croyances religieuses, pour créer des tensions », confirme Mme Wardle.
Ceci alors que l’utilisation de WhatsApp se fait principalement sur un écran de téléphone, et que le contexte accompagnant la photo et la vidéo, de même que son origine, sont rarement présents. Application conçue avant tout pour smartphone, WhatsApp favorise la diffusion de messages vidéo enregistrés en mode selfie, où l’on écoute une personne parler, sans avoir de titre de la vidéo, d’informations sur son origine, son nombre de vues, ou même l’identité de l’interlocuteur.

   


Rumeur sur l’« idéologie de genre »
Parmi les nombreuses rumeurs recensées par Claire Gatinois, correspondante du Monde au Brésil, celle du « kit gay » que Fernando Haddad, le candidat du PT, voudrait généraliser dans les écoles pour enseigner l’homosexualité au primaire. Une fausse intention, comme l’explique El Pais, mais régulièrement diffusée par les soutiens de Jair Bolsonaro.
Un utilisateur de WhatsApp au Brésil a pu ainsi recevoir, au gré des partages de groupes en groupes, un tract électoral dénonçant l’« idéologie de genre » dans les écoles, avec la photographie du candidat Haddad. Comme si on lui donnait ce tract dans la rue sans davantage d’explications.

   


Pour des informations supplémentaires ou du contexte, il devra se rendre sur un navigateur Internet et chercher lui-même ce qu’il en est. Ce que ne favorise pas WhatsApp. « L’application n’a pas été conçue au départ pour diffuser de l’information avec une telle ampleur. C’est avant tout une messagerie privée », abonde la chercheuse d’Harvard, Yasodara Cordova.
Elle explique que « la présentation d’une fausse information sur WhatsApp est souvent différente » d’autres plates-formes, citant une rumeur de bourrage d’urnes électroniques démentie par les fact-checkeurs de Comprova. Alors que le post Facebook dénonçant la supposée tricherie est accompagné de vidéos, la version WhatsApp de la rumeur ne fait, elle, que reprendre le texte annonçant « des urnes déjà achetées pour l’élection de 2018 ».

   


Des messages impossibles à identifier et réguler
Face à ce phénomène, la réponse de Facebook et WhatsApp est pour le moins timorée. Si Facebook mène la guerre aux infox sur son réseau social depuis l’élection présidentielle américaine de 2016 (notamment en participant au financement de projets de « fact-checking » comme Comprova), il ne peut appliquer ses mesures habituelles de tentatives d’endiguement sur WhatsApp.

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La raison avant tout technique. L’une des fonctionnalités clés de WhatsApp est son chiffrement de bout en bout, qui empêche WhatsApp, ou n’importe quel service tiers connecté à l’application, de lire ou de rechercher le contenu des messages échangés par l’application, groupes inclus. Ce chiffrement robuste fait de WhatsApp l’une des applications grand public les plus respectueuses des communications privée des utilisateurs. Mais il rend aussi impossible toute régulation, observation centralisée ou modération des phénomènes problématiques. Ce que Mark Zuckerberg lui-même a reconnu être un problème « difficile ». 
Il est impossible, par exemple, d’entraîner un logiciel d’intelligence artificielle à détecter automatiquement des messages problématiques ou violant les règles d’utilisation de la plate-forme, comme ce qui existe sur Facebook. Concernant les fausses informations, les mesures prises par Facebook depuis 2016 (signalement par les utilisateurs, modération et contexte plus clair des publicités politiques, liens fournis par des fact-checkeurs capables de repérer une fausse information) ne pourront s’appliquer à WhatsApp. De même que les lois promulguées par des Etats pour contrer la désinformation en période électorale.
Les travers du chiffrement
Le chiffrement rend également impossible de retrouver l’origine ou les auteurs d’une fausse information. « WhatsApp a un système de détection de spams, qui détecte des comportements inhabituels. Mais ils devraient faire plus : par exemple, limiter le nombre de groupes qu’un seul numéro WhatsApp peut créer, ou limiter le nombre de fois où un message peut être transféré », avance Claire Wardle, qui travaille avec le projet Comprova.
Les responsables de Comprova vont plus loin. Dans une tribune publiée dans le New York Times, ils demandent à WhatsApp de « changer ses réglages » en termes de transfert de messages ou de nombre de personnes présentes dans des groupes de discussion. Ce à quoi WhatsApp a répondu qu’il n’était pas possible d’appliquer ces changements avant la fin de l’élection.
L’une des seules mises à jour récente de l’application a été introduite en juillet, avec la généralisation d’un système marquant comme « transféré » les messages envoyés provenant d’une autre discussion. La fonctionnalité avait été testée auparavant au Brésil et en Inde, un autre pays dans lesquels la propagation de rumeurs et de fausses informations a des effets parfois gravissimes. Début 2018, sur WhatsApp, une vingtaine de personnes ont été lynchées en Inde à la suite de rumeurs sur des enlèvements.




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Au lendemain d’envois d’engins explosifs artisanaux à plusieurs personnalités démocrates et à CNN, la presse américaine met en cause la « responsabilité » du président.
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Colis piégés : la presse américaine accuse la « violence rhétorique » de Donald Trump

Au lendemain d’envois d’engins explosifs artisanaux à plusieurs personnalités démocrates et à CNN, la presse américaine met en cause la « responsabilité » du président.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 19h23
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h30
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


En pleine campagne électorale pour les élections de mi-mandat du 6 novembre, plusieurs colis piégés contenant des engins explosifs artisanaux ont été découverts, entre lundi 22 et jeudi 25 octobre. Leur point commun ? Ils s’adressaient à Barack Obama, à son ancien vice-président Joe Biden, à l’ancienne candidate Hillary Clinton, au milliardaire George Soros, à l’acteur Robert de Niro, à des élus démocrates et la chaîne CNN, qui toutes et tous incarnent l’opposition à Donald Trump.

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Dès le lendemain, la presse américaine consacrait ses « unes » à cet épisode. Le site d’information politique Axios le résume d’un rapprochement historique saisissant : les Etats-Unis se retrouvent au « milieu de la plus grande campagne de terrorisme par voix postale depuis 2001, menaçant d’éclipser Unabomber », le surnom de Theodore Kaczynski, qui avait terrorisé l’Amérique avec ses colis piégés entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980.

Photos of the bomb and package sent to CNN https://t.co/nBq3ArtChJ— Acosta (@Jim Acosta)


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Une grande partie de la presse américaine désigne un coupable : Donald Trump. Le Washington Post résume ainsi la situation d’une phrase lapidaire : « Dans une rhétorique incendiaire, les personnes ciblées par les mots de Trump deviennent des cibles de bombes. » Le quotidien rappelle qu’au cours des derniers jours, le président Donald Trump a comparé les démocrates au « mal », les qualifiant de « trop dangereux pour gouverner ».
Le président américain s’est ainsi attaqué à une élue de la Chambre des représentants, Maxine Waters, la qualifiant de débile (« individu à faible QI »). Il a également violemment critiqué l’ancien directeur de la CIA John Brennan et le financier milliardaire George Soros. Enfin, il a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », et les reportages de CNN de « fausses nouvelles ». Cette semaine, « les cibles de la rhétorique de Trump sont devenues les cibles d’une violence réelle », martèle le quotidien.
« La découverte de bombes artisanales ciblant d’éminents politiciens démocrates et CNN fait peser une menace de violence en période électorale jusqu’alors inconnue aux Etats-Unis et repose la question de la rhétorique au vitriol des dirigeants politiques », rebondit l’agence AP.
Diabolisation des opposants
CNN s’interroge : « Dès les premières bombes, le débat sur le rôle de la violence dans le discours politique a commencé. Mais ce débat a commencé depuis un bon moment, comme en témoigne l’éloge qu’a fait le président Trump » de Greg Gianforte. Dans le Montana, ce candidat républicain avait molesté un journaliste du Guardian, ne supportant pas qu’il lui pose une question avec insistance. M. Gianforte avait été condamné à six mois de prison avec sursis et quarante heures de travaux d’intérêt public.
Dans le New York Times, c’est Alexander Soros, le fils de George Soros qui tire le signal d’alarme. Il rappelle son histoire familiale, son père grandissant sous la menace nazie, puis communiste, avant de fuir vers les Etats-Unis. « Les bombes (…) sont le résultat de la diabolisation des opposants dans la politique ».
Alexander Soros met lui aussi directement en cause Donald Trump : « Des suprémacistes blancs, des antisémites comme David Duke ont soutenu sa campagne. » Il évoque notamment le dernier clip de campagne M. Trump, le 4 novembre 2016, aux relents antisémites : « Il a libéré un [mauvais] génie [de l’antisémitisme] qui ne sera pas facilement remis à sa place, et pas qu’aux Etats-Unis. »
Donald Trump s’est empressé de dénoncer ces envois de colis piégés. « Dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. « Les actes et les menaces de violence politique, de quelque nature que ce soit, n’ont pas leur place aux Etats-Unis. Nous sommes très en colère », a-t-il ajouté, promettant de « faire toute la lumière » sur cette affaire.
Si le New Yorker note que la condamnation par Donald Trump de ces envois est la bienvenue, il rappelle au président ses déclarations passées, insistant sur le fait que la frontière entre l’incitation et la violence politique est ténue. « A moins que Trump n’y donne suite en changeant de comportement, ses paroles resteront vides de sens. Va-t-il maintenant cesser ses attaques contre les médias ? », s’interroge le magazine.
Pompier pyromane
Politico rappelle le passé de pompier pyromane du président qui avait laissé entendre, en août 2016, que les « défenseurs du second amendement » pourraient prendre les choses en main si Hillary Clinton venait à remporter les élections. Un an plus tard, il avait tweeté une vidéo de lui-même s’attaquant à un homme avec un logo CNN superposé sur son visage, sous le hashtag #FraudNewsCNN.

#FraudNewsCNN #FNN https://t.co/WYUnHjjUjg— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Jeudi 20 octobre, au lendemain de ses phrases d’apaisement, le président n’a pas manqué de rechuter sur son compte Twitter : « Une grande partie de la colère que l’on voit aujourd’hui dans notre société est provoquée par les informations délibérément fausses et inexactes des médias traditionnels, que je qualifie de fake news. C’est devenu si négatif et haineux qu’il n’y a plus de mots pour les décrire. Les médias traditionnels doivent changer d’attitude, VITE ! »
Après la découverte des premiers envois, républicains et démocrates ont fait front commun : Steve Scalise, député pour la Louisiane à la Chambre des représentants, blessé par balle en juin 2017, a tweeté : « La violence et la terreur n’ont pas droit de cité dans notre vie politique, ni ailleurs dans notre société. » Même Eric Trump, le fils du président, généralement pugnace sur Twitter, s’est fendu d’un message condamnant ces envois.
Théories complotistes
D’autres partisans du président n’hésitent pas à agiter la théorie du complot. Rush Limbaugh, le porte-parole radiophonique de la droite américaine, évoque à sa façon la « surprise d’octobre » censée bouleverser le cours de l’élection, rapporte le Daily Beast. L’animateur de radio a suggéré que ces envois avaient un « but » politique, soulignant « cela se passe en octobre. Il y a une raison à cela ». Poursuivant dans sa logique, Rush Limbaugh a tranché : « Les républicains ne font pas ce genre de chose… »
Ces rumeurs trouvent tout naturellement un écho sur les sites d’extrême droite : « Ces soi-disant “envois suspects” arrivent à point nommé avant les élections de mi-mandat », a ainsi tweeté Jacob Wohl, un des contributeurs du site d’extrême droite The Gateway Pundit.
Michael Flynn Jr, le fils de Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump et personnage actif derrière le « pizzagate » – délire viral autour d’un réseau pédophile qui aurait été dirigé par des proches d’Hillary Clinton dans une pizzeria de Washington – s’est lui aussi interrogé, à grand renfort de sous-entendus, sur le rapport entre ces envois et les élections de mi-mandat.
Ce sont certes des figures de l’extrême droite, mais elles sont loin d’être marginales. Rush Limbaugh a un public nombreux et le président Donald Trump en a été l’invité, le 1er août, tandis que Michael Flynn Jr. a été membre de l’équipe de transition entre l’administration Obama et l’administration Trump.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Depuis la disparition du journaliste à Istanbul le 2 octobre, les autorités saoudiennes n’ont cessé de changer leur version des faits.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Huit cents soldats américains supplémentaires doivent être déployés pour contrôler le flux de milliers de migrants partis du Honduras et marchant en direction des Etats-Unis.
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Cortège de migrants : des centaines de militaires américains déployés à la frontière mexicaine

Huit cents soldats américains supplémentaires doivent être déployés pour contrôler le flux de milliers de migrants partis du Honduras et marchant en direction des Etats-Unis.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 20h00
   





                        



   


Malgré la fatigue croissante, les migrants honduriens ont repris jeudi 25 octobre leur périple depuis Mapastepec, dans le sud du Mexique, alors que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer plusieurs centaines de militaires à la frontière pour empêcher l’entrée de ces migrants.
Ces milliers de Honduriens, dont des femmes et des enfants en bas âges, qui fuient la violence et la misère de leur pays, sont partis à l’aube de cette localité de l’Etat du Chiapas (sud) en direction de Pijijiapan, une ville de 50 000 habitants, située à environ sept heures de marche.
Le cortège doit encore parcourir plus de 2 000 km pour atteindre la frontière des Etats-Unis, ce qui devrait lui prendre environ un mois et demi, selon leurs calculs. L’ONU estime qu’environ 7 000 personnes font partie de cette cohorte qui a quitté le 13 octobre le Honduras, relançant les tensions entre Mexico et Washington.
La majorité des migrants progressent à pied sur un trajet qui longe la côte Pacifique mexicaine, certains portant des enfants sur les épaules, quelques-uns même en chaise roulante. Quand ils le peuvent, certains migrants montent sur des camions ou des motos-taxis pour s’épargner quelques kilomètres d’efforts.

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800 militaires
Le Pentagone doit déployer « plusieurs centaines » de militaires à la frontière avec le Mexique, pour apporter un soutien logistique, a fait savoir un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Selon la chaîne CNN, le ministre de la défense, Jim Mattis, s’apprête à envoyer au moins 800 soldats supplémentaires dans la région. On ne sait pas encore si ce nouveau déploiement sera constitué de troupes de l’armée régulière ou de nouveaux réservistes de la garde nationale. 
Le président américain Donald trump avait déjà déployé à la frontière en avril quelque 2 100 membres de la garde nationale. Ces troupes y opèrent principalement dans un rôle de soutien, afin de décharger les gardes-frontières.
Les autorités mexicaines, elles, n’empêchent pas les migrants de progresser sur leur territoire. Sur différentes tronçons du trajet, ils ont été escortés par des policiers fédéraux et surveillés depuis des hélicoptères, sans toutefois que les forces de l’ordre ne tentent de les bloquer. Selon le gouvernement mexicain, 1 743 personnes faisant partie du cortège ont déposé une demande d’asile au cours des derniers jours.
« Un assaut contre notre pays »
Aux Etats-Unis, Donald Trump s’est saisi de l’affaire pour replacer au cœur de la campagne des élections cruciales de mi-mandat le sujet brûlant de l’immigration et galvaniser sa base. « C’est un assaut contre notre pays, un assaut ! », a-t-il dit au Texas, Etat frontière avec le Mexique. Le président américain a dit avoir mis en alerte l’armée et les gardes-frontières face à cette « urgence nationale ». Et a également reproché à l’armée et à la police mexicaines d’être « incapables » d’arrêter les migrants.
Après s’être entretenu, mardi, avec le président hondurien, Juan Orlando Hernandez, le vice-président américain, Mike Pence, a suggéré que des organisations honduriennes « de gauche » et financées par le Venezuela étaient derrière cette cohorte de migrants, envoyée « vers le Nord pour défier notre souveraineté ».

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Le président du Honduras a lui promis des emplois à ses compatriotes partis dans cet exode s’ils rentrent au pays. Il a présenté un plan de 27 millions de dollars pour « le retour sûr » des migrants, plan incluant des subsides, des logements, des projets agricoles, du travail dans des chantiers publics, des crédits pour microentreprises et des bourses d’études.
Le futur ministre mexicain des affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a quant à lui promis des « changements substantiels » sur la politique migratoire après l’entrée en fonctions du président élu de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, le 1er décembre. Il a déclaré que le futur gouvernement chercherait à stimuler les investissements en Amérique centrale pour ralentir le flux des migrants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Avocat pénaliste et président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme, Patrick Baudouin appelle la justice à ne plus se borner au terrain terroriste.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« Les djihadistes français doivent être poursuivis pour crime contre l’humanité »

Avocat pénaliste et président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme, Patrick Baudouin appelle la justice à ne plus se borner au terrain terroriste.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 18h47
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 20h50
   





                        



   


C’est un fait désormais établi que la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) vient rappeler dans un nouveau rapport présenté jeudi 25 octobre à Paris en présence de la lauréate du Prix Nobel de la paix Nadia Murad : les crimes commis par l’Etat islamique contre la minorité religieuse yézidie en Irak ont largement été le fait de combattants étrangers, ressortissants français compris. En s’emparant à l’été 2014 de la région de Sinjar, un foyer de peuplement yézidi situé dans le nord du pays, les djihadistes ont orchestré des massacres de masse contre les représentants de cette communauté, réduit de nombreuses femmes en esclavage avant d’instaurer un système institutionnalisé de viol et de trafic d’êtres humains.

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Or les poursuites judiciaires rares et insuffisantes qui sont actuellement menées contre eux en Irak le sont uniquement sur la base d’accusations de terrorisme. Les crimes contre l’humanité n’étant pas pris en compte, du point de vue des victimes l’impunité demeure malgré des condamnations lourdes. Patrick Baudouin, avocat pénaliste en droit international et président d’honneur de la FIDH, appelle la justice française ainsi que les institutions judiciaires des autres pays d’origine des djihadistes étrangers à engager des poursuites sur le fondement de crimes contre l’humanité, voire de crime de génocide, à l’encontre de leurs ressortissants impliqués.
Les éléments apportés par le rapport de la FIDH sur la participation de djihadistes étrangers et notamment de Français aux crimes de l’Etat islamique contre les yézidis ne permettent pas d’en identifier clairement les auteurs. Que peut apporter ce travail de documentation encore parcellaire ?
Les témoignages recueillis par les chercheurs de la FIDH et leurs partenaires de l’organisation yézidie Kinyat corroborent des faits déjà connus : les djihadistes étrangers ont joué un rôle majeur dans ces actes qualifiables de crimes contre l’humanité et de génocide. Alors que l’Etat islamique a perdu l’essentiel de son territoire après une série de défaites militaires, la population yézidie reste très majoritairement déplacée, réfugiée et intégralement traumatisée par les crimes des djihadistes et elle demande justice. La question qui se pose est désormais celle de savoir comment cette justice peut lui être rendue.
Ce rapport rappelle que les témoignages des victimes sont disponibles et qu’ils peuvent servir de base à des plaintes susceptibles notamment d’être portées devant des juridictions étrangères à l’Irak et notamment françaises. Au cours de ce travail de documentation mené auprès des déplacés de la région de Sinjar établis depuis 2014 au Kurdistan irakien, les chercheurs de la FIDH ont rencontré des victimes de djihadistes français qui pourraient venir jusqu’en France pour déposer plainte. C’est ensuite que l’on pourra dans le cadre d’une enquête voir qui sont les responsables si les plaintes sont reconnues comme fiables. Du point de vue de la FIDH, c’est l’enjeu majeur des prochains mois.
Quelles poursuites judiciaires sont menées à l’heure actuelle contre les djihadistes étrangers dans les pays où ils sont détenus ?
Que ce soit en Irak et ou dans les régions du nord de la Syrie qui sont contrôlées par les forces kurdes, on constate de graves lacunes dans la manière dont est rendue la justice. Côté syrien, l’entité politique dominée par les Kurdes de Syrie, qui détiennent un nombre important de djihadistes étrangers, n’est pas un Etat. Elle ne dispose pas d’un système judiciaire reconnu. C’est une véritable zone grise. De l’autre côté de la frontière, si l’Irak est bien reconnu comme un Etat de droit souverain par ses partenaires internationaux on constate de nombreuses insuffisances. La peine de mort à laquelle la FIDH s’oppose est pratiquée, les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies. Par ailleurs, la notion de crime contre l’humanité n’existe pas dans la législation irakienne. En France les autorités judiciaires et politiques vont directement vers la justice antiterroriste : c’est plus simple, l’instruction est plus rapide et la condamnation acquise. Or les poursuites pour crime contre l’humanité se placent du point de vue des victimes civiles de ces actes. C’est la seule manière de faire en sorte que ces victimes soient entendues et quelles obtiennent justice.
La nature terroriste de l’EI parasiterait dans le volet judiciaire la prise en compte des crimes contre l’humanité commis par ses membres ? 
L’Etat islamique symbolise le terrorisme, un terrorisme qui ne s’est pas seulement manifesté localement, dans les pays où ce groupe a opéré et contrôlé des territoires, mais également un terrorisme qui s’est projeté internationalement et en particulier en France. Cela brouille les cartes. La réaction spontanée et naturelle consiste à se limiter au volet terroriste de la réponse judiciaire, ce qui empêche la réflexion d’aller plus loin. Les djihadistes français doivent être poursuivis pour crimes contre l’humanité. Leurs responsabilités ne peuvent pas être masquées par leur appartenance à une organisation terroriste.
On constate toutefois en France une évolution, avec une coordination croissante des pôles « crime contre l’humanité » et « terrorisme » au tribunal de grande instance de Paris. Ce développement favorable va dans le sens de l’action de la FIDH. Il est toutefois limité par la volonté très claire d’un pouvoir politique qui est déterminé à ce que les ressortissants français qui ont rejoint les rangs de l’Etat islamique demeurent en Irak et en Syrie, quitte à rendre pérenne le statu quo actuel. L’opinion publique n’y est d’ailleurs pas opposée.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Phénomène rare, un rorqual, deuxième mammifère le plus grand au monde, est mort en mer avant d’échouer sur une plage du nord de la Belgique.
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Une baleine de 18 mètres s’échoue sur la côte en Belgique

Phénomène rare, un rorqual, deuxième mammifère le plus grand au monde, est mort en mer avant d’échouer sur une plage du nord de la Belgique.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 19h57
   





                        



   


Un rorqual s’est échoué dans la nuit de mercredi à jeudi sur la plage de la commune du Coq en Belgique, un phénomène très rarement observé sur le littoral flamand, a indiqué l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB).
L’animal, un rorqual mâle de 18 mètres de long et pesant 35 tonnes, était déjà mort lorsqu’il s’est échoué. Il avait été repéré en mer mercredi, flottant au large de la ville de Blankenberge et était suivi par des équipes scientifiques.

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Les causes de la mort n’étaient pas connues ce 25 octobre. La carcasse a été découpée et déplacée, tout au long de la journée de jeudi, et des échantillons ont été envoyés pour être étudiés par les biologistes.
Cela faisait vingt et un ans qu’un rorqual ne s’était pas échoué sur la côte belge, selon les médias locaux. Espèce protégée, c’est le deuxième plus grand mammifère après la baleine bleue.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Hillary Clinton, Barack Obama et Robert De Niro font partie des destinataires de colis contenant des engins potentiellement explosifs, interceptés par les autorités américaines.
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Ce qu’il faut retenir des neuf colis suspects envoyés à des figures anti-Trump aux Etats-Unis

Hillary Clinton, Barack Obama et Robert De Niro font partie des destinataires de colis contenant des engins potentiellement explosifs, interceptés par les autorités américaines.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 20h01
   





                        



   


Plusieurs colis suspects adressés à des personnalités publiquement opposées à Donald Trump ont été interceptés par les autorités américaines à quinze jours d’élections de mi-mandat déterminantes pour l’exécutif républicain ;L’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, l’ex-président démocrate Barack Obama et son vice-président Joe Biden, l’ancien directeur de la CIA John Brennan, l’ex-ministre de la justice Eric Holder et l’acteur Robert De Niro font partie des destinataires ;Accusé par ses opposants démocrates d’avoir créé un climat de violence dans le débat politique, le président américain a « appelé à l’unité » et conseillé aux médias d’utiliser « un ton courtois et de cesser les hostilités sans fin et les histoires et attaques négatives constantes et souvent fausses » à son encontre.
Le chiffre
9
C’est le nombre de colis suspects envoyés à des personnalités et anciens responsables politiques américains depuis lundi 22 octobre. Tous identiques, ils semblent contenir un engin explosif artisanal, dont la dangerosité et les composants sont en train d’être analysés par les laboratoires du FBI. Aucun d’entre eux n’a explosé et aucun blessé n’est à déplorer depuis leur découverte. L’ancienne présidente du comité national du Parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz, était, sur chaque colis, mentionnée en tant qu’expéditrice : c’est dans ses locaux de Floride que l’un d’entre eux, adressé à l’ancien ministre de la justice Eric Holder, a été intercepté.
L’image

   


Toutes les personnes visées par ces colis sont des opposants publics à Donald Trump, pour la plupart cibles de nombreuses critiques de la part de la droite radicale américaine. Maxine Waters, élue démocrate à la Chambre des représentants, milite par exemple pour la destitution du président américain. L’ancien directeur de la CIA John Brennan, nommé sous Barack Obama et ouvertement critique de Donald Trump – qui avait résilié son habilitation secret-défense après son limogeage – fait aussi partie des destinataires des colis. Le lundi 22 octobre, un premier colis contenant une bombe artisanale avait été retrouvé dans la boîte aux lettres du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, lui aussi de sensibilité démocrate.

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Le tweet

A very big part of the Anger we see today in our society is caused by the purposely false and inaccurate reporting… https://t.co/T6k01IUL62— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Une grande partie de la colère que nous voyons aujourd’hui dans notre société est causée par la couverture fausse et incorrecte des médias dominants que j’appelle les “Fake News”. C’est devenu si mauvais et haineux que c’en est indescriptible. Les médias dominants doivent rentrer dans le droit chemin, et rapidement ! », a commenté, jeudi matin, le président Donald Trump, en réponse à de nombreux élus démocrates lui reprochant d’alimenter, dans ses prises de paroles, une hostilité envers les médias et ses opposants.
Quelques heures après la découverte des colis, mercredi, il avait lancé un inhabituel appel à l’unité nationale depuis la Maison Blanche, déclarant que « dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler ». « Les actes et les menaces de violence politique n’ont pas leur place aux Etats-Unis d’Amérique », a-t-il ajouté, précisant que l’enquête ouverte par le FBI disposerait de tous les moyens de son administration dans la recherche des expéditeurs de ces colis.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La Banque centrale européenne a confirmé, jeudi, l’arrêt, à la fin 2018, de ses rachats de dettes. L’institut monétaire ne veut pas interrompre le durcissement progressif de sa politique.
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Budget italien, Brexit... malgré la montée des risques, la BCE ne cède pas à la sinistrose

La Banque centrale européenne a confirmé, jeudi, l’arrêt, à la fin 2018, de ses rachats de dettes. L’institut monétaire ne veut pas interrompre le durcissement progressif de sa politique.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 17h56
    |

            Marie de Vergès








                        



   


On ne change rien ! La Banque centrale européenne (BCE) maintient son diagnostic économique et le cap de sa politique monétaire malgré les nuages qui s’accumulent, assombrissant l’horizon conjoncturel de la zone euro. Jeudi 25 octobre, à l’issue du comité de politique monétaire, son président Mario Draghi a confirmé l’arrêt, à la fin 2018, des rachats de dettes publiques et privées réalisés par l’institution. Ceux-là ont déjà été réduits, en octobre, de 30 à 15 milliards d’euros mensuels.
Certes, les taux resteront au plus bas, « au moins » jusqu’à l’été 2019. Mais l’institution ne compte pas interrompre le durcissement très progressif de sa politique, en dépit des aléas. Pourtant, la liste des périls s’étoffe, de la vulnérabilité de l’Italie, au moment où Rome et Bruxelles s’empoignent sur le budget, à la menace d’un Brexit sans accord, en passant par les tensions commerciales et le regain de volatilité sur les marchés financiers.

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Des risques « globalement équilibrés » pour la conjoncture, a cependant jugé la BCE. Mario Draghi et ses pairs ont choisi de ne pas dramatiser cette formule consacrée, présente dans tous les communiqués de l’institution depuis dix-huit mois. L’institution de Francfort reconnaît bien une « dynamique un peu plus faible » mais pas un « retournement ». Et ne fait même pas figurer l’Italie parmi les menaces principales susceptibles d’affecter l’économie.
Vulnérabilités des pays émergents
La Commission européenne a rejeté mardi le budget de l’Italie, l’une des plus grosses économies de l’eurozone. Depuis, Rome a vu ses taux d’emprunt se tendre sur les marchés, mais le mouvement ne s’est pas propagé aux autres membres de l’Union monétaire. « Pour le moment, il n’y a pas contagion et dans ce cas, il n’y a pas de sujet pour la BCE », fait remarquer Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet.

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Pressé de questions, l’Italien Draghi s’est permis quelques suggestions franches à l’égard de Rome. Pour apaiser la situation, mieux vaut « baisser le ton et ne pas questionner le cadre institutionnel de l’euro », a-t-il conseillé. Pour le reste, « c’est une discussion budgétaire » à laquelle la BCE ne participe pas, a souligné le patron de l’institution, se disant « confiant » sur la capacité des deux parties à trouver un accord.
Même aplomb concernant les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, dans l’impasse alors que l’échéance du Brexit se rapproche. « Une position de bon sens sera trouvée pour éviter un impact sur les marchés financiers », a estimé M. Draghi.
Ce dernier a malgré tout énuméré une liste d’incertitudes à surveiller, parmi lesquelles les vulnérabilités des pays émergents et la montée du protectionnisme. Ce contexte mondial commence à peser sur la dynamique. Freinée par une baisse des exportations, la croissance de l’activité privée en zone euro a ainsi atteint, en octobre, son plus bas niveau depuis deux ans, selon l’indice PMI publié mercredi 24 octobre par le cabinet Markit. Pour autant, de façon générale, « les indicateurs restent supérieurs, et certains même largement supérieurs, aux moyennes historiques », a insisté le banquier central.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Rencontrer des Américains en France et leur parler politique, c’est prendre le risque d’exposer les fractures qui traversent les Etats-Unis, deux ans après l’élection de Donald Trump.
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Elections de mi-mandat : la fracture américaine gagne les expatriés en France

Rencontrer des Américains en France et leur parler politique, c’est prendre le risque d’exposer les fractures qui traversent les Etats-Unis, deux ans après l’élection de Donald Trump.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 18h02
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Equité du système judiciaire, changement climatique, immigration illégale, sexisme… Quelques semaines avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre, le Pew Research Center dressait le portrait d’une Amérique divisée, républicains et démocrates étant incapables de s’accorder sur la gravité des problèmes auxquels sont confrontés les Etats-Unis.
« Quand l’économie américaine se porte bien, les sujets sociétaux deviennent plus importants », résumait Michael Dimock, le président du centre de recherche, au début du mois d’octobre à Paris, pour expliquer cette atomisation des points de vue. Pour prendre la mesure de cette fracture, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, tant ces clivages partisans se répercutent de l’autre côté de l’Atlantique, chez les Américains résidant en France.

72% of Democratic voters say climate change is a very big problem for the country, compared with just 11% of Republ… https://t.co/MdlkcM2UqY— pewresearch (@Pew Research Center)


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Des démocrates encore sonnés, mais mobilisés
Alyssa Fischer, Alexandre Rehbinder, Toni Ross et Natali Philip se sont arrêtés devant le stand de Vote From Abroad, un service fourni par l’organisation Democrats Abroad, qui aide les Américains à voter depuis l’étranger, samedi 20 octobre. A l’ombre de la librairie Shakespeare and Company, dans le 5e arrondissement de Paris, transis et encore groggy deux ans après la défaite de Hillary Clinton, ils reflètent l’état d’esprit de nombreux électeurs démocrates.
Alexandre Rehbinder, 25 ans, qui travaille dans un cabinet d’avocats, espère une « vague bleue au Congrès », c’est-à-dire une victoire démocrate le 6 novembre. Après deux ans de « trumpisme », il se dit amer, mais revigoré de « voir les gens se mobiliser ». Alyssa Fischer estime nécessaire de voter parce que « depuis des siècles, les femmes se battent pour ce droit et ne pas l’exercer serait leur manquer de respect », au regard notamment des positions sexistes de l’actuel locataire de la Maison Blanche.
Toni Ross, un artiste de passage à Paris, est plus résigné. Il confie « ne plus trop savoir qu’attendre de cette élection, les deux dernières années ayant été tellement décevantes ». Natalie Philip est tout aussi désabusée : « Notre dernière élection présidentielle a montré qu’il y avait peu de choses à espérer. Là, il faut juste espérer que les gens votent. »
« It’s the economy, stupid », nouveau slogan républicain ?
Réunis sur la terrasse ensoleillée de l’appartement de Marc Porter, dans le 15e arrondissement, le président des « républicains d’outre-mer » pour la France (Republicans Overseas), Rachel Herring, Olivia Magaziner, Mario Lopez et Robert Richesin, quatre étudiants âgés d’une vingtaine d’années, préparent des « éléments de langage » à délivrer aux médias français au lendemain des élections. Paul Haskell, un Américain né à New York mais installé en France depuis 1964, s’est joint à la réunion.

   


A les en croire, la politique de Donald Trump aurait déjà fait des miracles pour l’économie américaine. « Avec Trump, il y a des résultats, que je perçois dans ma famille : une nouvelle voiture, ma sœur qui vient de finir ses études a décroché un travail », assure ainsi Rachel Herring. Le retraité Paul Haskell résume d’une formule le ressort de cette élection – « it’s the economy, stupid » –, un écho malicieux à une phrase emblématique de la campagne de l’ancien président démocrate Bill Clinton. Tout juste consent-il à reconnaître que le « style » de Donald Trump « dérange ».
L’immigration : « Jobs vs mobs »
Autre sujet porteur dans le camp républicain : l’immigration. Alors que la cohorte des migrants honduriens s’est récemment invitée dans la campagne, Olivia Magaziner fait de la lutte contre l’immigration clandestine sa principale préoccupation : « Il est important d’empêcher des criminels d’entrer aux Etats-Unis », assène-t-elle.
Un point de vue partagé par Marc Porter, l’hôte de la réunion, qui voit dans cette « caravane » une « invasion ». Un point de vue tranché, en ligne avec les slogans de campagne du Parti républicain et visible sur les affiches brandies derrière le président Trump lors de son meeting de soutien à Ted Cruz, le 22 octobre au Texas : « Jobs vs mobs ». Une formule associant les démocrates à une « horde » prête au lynchage (mob), en référence à l’attitude du parti lors de l’audition de Brett Kavanaugh, alors que les républicains produiraient des emplois (jobs).
Par-delà la « menace » intérieure de l’immigration, Mario Lopez, étudiant de 22 ans, s’intéresse lui à un autre danger qui révèle à ses yeux la stature internationale de Donald Trump. « Le président tient tête à la République populaire de Chine, qui est la menace numéro un sur la scène mondiale », se félicite-t-il, avant de poursuivre : « Trump ne tergiverse pas face aux problèmes, il tente de nouvelles solutions. Qu’on le laisse au moins essayer. »
Des préoccupations « sociétales » chez les démocrates
Les préoccupations des électeurs démocrates sont d’une tout autre nature. Devant la Shakespeare and Company, Alexandre Rehbinder estime que le principal enjeu du moment est la transparence en politique : « Il s’agit de mettre à bas la ploutocratie qui nous gouverne, tempête-t-il. Je soutiens un gouvernement qui représente le peuple et non quelques personnes fortunées. » En 2016, il avait soutenu Bernie Sanders.
Toni Ross, l’artiste de passage à Paris, est, lui, consterné par le retour du débat sur l’avortement : « Nous sommes le seul pays à débattre là-dessus, même l’Irlande l’a légalisé », se désole-t-il. Natalie Philip va plus loin : au-delà de la question de l’avortement, ce qui motive son engagement, c’est « l’inconduite sexuelle, la définition du consentement et plus largement ce que nous sommes comme pays ». Alyssa Fischer ajoute à cette longue liste de thèmes à charge contre la présidence Trump « le changement climatique », « l’inégalité du système pénitentiaire » ou encore « le suprémacisme blanc ».
Entre espoir et résignation
L’issue des élections ne semble en tout cas pas angoisser outre-mesure le petit groupe de républicains. « Historiquement, le parti du président perd. Au Sénat, on devrait gagner des sièges, à la Chambre, ce sera plus dur », observe Marc Porter. Paul Haskell estime, lui, que les républicains peuvent garder le Congrès, parce que l’économie se porte bien…
Chez les sympathisants démocrates, la gueule de bois persiste. « Ils m’ont déçu : ils ont du mal à rendre leur message intelligible, alors que celui des républicains est plus tranché, clivant. Nous sommes devenus complaisants, en nous contentant d’être opposés à Trump, sans penser comment envisager la suite », relève Toni Ross, qui se refuse à « mettre trop d’espoir dans cette élection ». 
Alyssa Fischer, elle, est franchement pessimiste : il n’est « pas certain que les démocrates arrivent à reprendre la Chambre, en raison du “gerrymandering” », cette technique de « charcutage » électoral consistant à redécouper les circonscriptions pour donner l’avantage à un parti ou à son candidat. 
Quant à Alexandre Rehbinder, il pense déjà au coup d’après et se focalise sur l’arrivée attendue au Sénat d’un nombre record de femmes : Stacey Abrams, candidate démocrate au poste de gouverneur de Géorgie, ou Heidi Heitkamp, candidate à sa réélection dans le Dakota du Nord. Par ailleurs, il compte sur « la 48e circonscription de Californie (Orange County) », où le républicain sortant, Dana Rohrabacher, est opposé au démocrate Harley Rouda. Un vent de nouveauté dans lequel il puise des motifs d’espoir en prévision des élections de 2020, et du match retour de la présidentielle de 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les engins pilotés à distance sont en bonne place chez les industriels français au salon Euronaval.
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Les marines de guerre lancées dans la course aux drones

Les engins pilotés à distance sont en bonne place chez les industriels français au salon Euronaval.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 16h26
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Dans dix ans, les drones seront nombreux autour des bateaux de guerre, sous et sur l’eau, mais aussi dans les airs au-dessus de la mer. Au 26e salon Euronaval, qui se tient à Paris jusqu’au 26 octobre, aéronefs et navires pilotés à distance ont pris une bonne place dans l’offre des fournisseurs des marines militaires. Personne ne se hasarde à chiffrer le marché français, mais nul ne doute de sa croissance. « Un drone par bateau ; petit bateau, petit drone, gros bateau, gros drone » : le chef d’état-major de la marine nationale, l’amiral Christophe Prazuck, a lancé cette formule pour tracer la perspective.
« Nous sommes devant un grand cycle d’acquisition mondial, avec une diversification des tâches confiées aux drones », confirme Meliha Boucher, responsable communication d’ECA, qui travaille pour la défense française. Le groupe a déployé en juillet dans la marine malaisienne un drone capable de mesurer la signature magnétique d’un navire pour évaluer sa vulnérabilité. « Dans le secteur naval, nous en sommes à l’étape de la conception de plates-formes porteuses de drones », précise-t-elle.
« Eviter le trop-plein »
Chez le constructeur national Naval Group, le responsable du secteur, Cyril Lévy, l’assure : « Nous allons de plus en plus concevoir les bateaux autour du drone, et des centaines de systèmes différents vont apparaître. Cela implique une réorganisation complète du navire, qui touche son poste central des opérations, le système de mission, la propulsion, et même la zone vie ». La miniaturisation des capteurs rend possible l’essor des drones. « Nous avons des boules optroniques de 10 cm de diamètre contre 70 cm avant, capables de voir une mouche sur un pont à 10 000 mètres », illustre cet industriel.
Des appareils de quelques grammes des forces spéciales, à ceux de plusieurs tonnes, « tout le monde veut des drones dans les armées, et la question devient déjà : comment prioriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour l’historienne Maud Chirio, spécialiste du Brésil, le favori du second tour de la présidentielle au Brésil considère que la dictature militaire des années de plomb n’est pas allée assez loin en matière de répression.
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Maud Chirio : « Bolsonaro va mettre en place un régime fascisant »

Pour l’historienne Maud Chirio, spécialiste du Brésil, le favori du second tour de la présidentielle au Brésil considère que la dictature militaire des années de plomb n’est pas allée assez loin en matière de répression.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h47
    |

            Angeline Montoya








                        



                                


                            

Maud Chirio est historienne du Brésil et maîtresse de conférence à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Auteure d’une thèse sur les années de plomb, entre 1964 et 1985, elle explique les liens étroits entre le candidat d’extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro, et la dictature militaire, dont il revendique les aspects les plus violents. Elle souligne aussi le danger que représente, pour l’environnement et en particulier pour l’Amazonie, l’arrivée au pouvoir d’un homme qui assure vouloir armer la population et donner libre cours à l’agronégoce.
Quel aspect de la dictature de 1964-1985 Jair Bolsonaro reprend-il à son compte ?
Maud Chirio : Depuis trente ans, il existe un discours de la droite qui reconnaît que des excès ont été commis, tout en minimisant leur gravité. Le discours de Bolsonaro, lui, est bien pire : il regrette que la dictature ne soit pas allée plus loin. Il valorise la répression, les figures de tortionnaires tels que Carlos Alberto Brilhante Ustra, qui, à la tête de l’organisme civil et militaire de Sao Paulo, l’organe le plus meurtrier durant les années de plomb, a été responsable de soixante et onze morts et disparitions, sur les cinq cents causées par la dictature. Ustra est devenu une figure du bolsonarisme, une pop star, avec des tee-shirts à son effigie. Bolsonaro ne réinvente pas le mythe d’une dictature douce : il considère au contraire que le problème a été de ne pas tuer trente mille personnes, comme cela a été le cas en Argentine.

Quelles ont été les caractéristiques de la dictature brésilienne ?
Il s’agissait d’un régime similaire, dans son idéologie, ses théories militaires, l’organisation du pouvoir, aux autres dictatures du cône sud de l’Amérique latine [Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay]. Elles ont été portées par le même mouvement de protection contre une menace communiste. Les généraux brésiliens ont été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.
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Pour son armée de l’air, la Belgique écarte le Rafale et le Typhoon européen et choisit le F-35 américain

La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h54
   





                        



   


La Belgique a choisi le F-35 du groupe américain Lockheed Martin pour remplacer progressivement, à compter de 2023, sa flotte d’avions de chasse F-16, écartant le Rafale du français Dassault et le Typhoon du consortium européen Eurofighter, a annoncé le gouvernement belge jeudi 25 octobre.
Une série d’achats militaires groupés concerne aussi des drones, des frégates, des chasseurs de mines et des véhicules blindés, pour certains déjà annoncés, du matériel dont la Belgique s’équipe « à la fois dans le cadre de l’OTAN et dans le cadre européen », a précisé le premier ministre Charles Michel, parlant d’« une double démarche ».
Une proposition française mal accueillie
La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.
Les Etats-Unis pour le F-35 et le Royaumie-Uni pour le Typhoon – fabriqué par un consortium intégrant aussi l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne – ont répondu en bonne et due forme à l’appel d’offres formulé d’Etat à Etat. Mais le gouvernement français s’est distingué en proposant « une coopération approfondie » avec l’armée de l’air belge, dépassant la simple fourniture des Rafale, ce qui a été mal accueilli par le ministre de la défense, le nationaliste flamand (N-VA) Steven Vandeput. Le gouvernement belge a notamment reproché à l’offre française de ne pas avoir spécifié de prix pour l’avion proposé.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Neuf élus, actuellement en détention provisoire, comme l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras, doivent être jugés pour rébellion.
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Espagne : 18 dirigeants catalans renvoyés devant la justice pour tentative de sécession

Neuf élus, actuellement en détention provisoire, comme l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras, doivent être jugés pour rébellion.



Le Monde.fr avec AFP
 |    25.10.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 15h21
   





                        



C’est l’une des conséquences du processus d’indépendance lancé il y a un an par les élus catalans. Le tribunal suprême espagnol a annoncé jeudi 25 octobre le renvoi en justice de dix-huit dirigeants catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d’octobre 2017. L’ouverture de leur procès est attendue pour le début de l’année prochaine.

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Neuf d’entre eux, actuellement en détention provisoire, comme l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras, doivent être jugés pour rébellion, ce qui peut leur valoir jusqu’à vingt-cinq ans de prison. Les membres de l’ancien gouvernement catalan doivent également être jugés pour malversation tandis que d’autres dirigeants séparatistes doivent eux l’être pour désobéissance.
Mise sous tutelle
L’ancien président catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique, ne figure en revanche pas parmi les dirigeants renvoyés devant la justice, l’Espagne ne jugeant pas en absence. A l’issue du référendum d’autodétermination du 1er octobre, où le oui l’avait emporté, la tentative de sécession avait culminé le 27 octobre avec la proclamation par les députés séparatistes majoritaires au Parlement catalan d’une république indépendante.

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Le gouvernement, alors dirigé par le conservateur Mariano Rajoy, avait immédiatement répliqué sur le terrain politique en destituant l’exécutif catalan indépendantiste, en dissolvant le Parlement régional et en plaçant la Catalogne sous tutelle.
« Guerre des rubans jaunes »
Mais un an après ce référendum d’autodétermination, la déception est grande dans le mouvement indépendantiste alors que le processus autonomiste est aujourd’hui au point mort. Et la société catalane est toujours aussi divisée. A l’image de la « guerre des rubans jaunes », comme l’a surnommée la presse espagnole, qui se déroule en ce moment en Catalogne.
Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, ces rubans jaunes sont accrochés par des manifestants indépendantistes et des membres des comités de défense de la République (CDR) dans les rues, sur les bâtiments publics et les arbres des villes ou des villages. Mais les unionistes se rassemblent et se retrouvent parfois la nuit pour enlever ces rubans. Cet été, plusieurs bagarres ont éclaté entre ceux qui posaient des rubans jaunes et ceux qui les retiraient.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Un colis suspect a été découvert à une adresse où se trouvent deux commerces associés à l’acteur américain Robert De Niro, selon la police new-yorkaise.
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Le Monde avec AFP  Publié aujourd’hui à 14h03, mis à jour à 18h42   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail              Après Barack Obama, Hillary Clinton et George Soros, c’est au tour de l’acteur Robert De Niro et de l’ancien vice-président démocrate Joe Biden d’être destinataires d’un colis suspect.          La police de New York a déployé des équipes de déminage à la suite de la découverte d’un colis suspect envoyé à une adresse où se trouvent deux commerces associés à l’acteur Robert De Niro — le Tribeca Film Festival et le Tribeca Grill —, a annoncé un porte-parole des forces de l’ordre, jeudi 25 octobre. Selon le réseau NBC, le colis suspect était de la même nature que ceux qui ont été envoyés plus tôt cette semaine.          Un représentant des autorités a également déclaré à l’agence Associated Press qu’un colis semblable aux autres aurait été intercepté dans un centre de tri de l’état du Delaware. Il était adressé à l’ancien vice-président de Barack Obama, le démocrate Joe Biden.             Le FBI poursuit son enquête pour faire la lumière sur l’envoi de colis explosifs à une dizaine de politiciens et de personnalités critiques de la présidence de Donald Trump. Le directeur du FBI, Christopher Wray, a lancé un appel à la population : « Nous demandons à toute personne qui pourrait avoir une information de nous contacter. N’hésitez pas à appeler. Le moindre petit détail peut nous aider dans cette enquête. »           Lire aussi En pleine campagne électorale, des colis piégés envoyés à des figures anti-Trump             L’affaire a commencé lundi          L’affaire avait commencé lundi avec un colis envoyé au domicile du milliardaire George Soros, démocrate notoire devenu une cible des nationalistes américains et européens, suivi mardi et mercredi de l’interception d’autres colis explosifs adressés respectivement à l’ex-secrétaire d’Etat démocrate Hillary Clinton, qui réside dans la banlieue de New York, et à l’ex-président démocrate Barack Obama, qui habite à Washington.          Peu après, la chaîne d’information CNN, souvent dénoncée par Donald Trump, qui l’accuse de critiquer systématiquement sa présidence, évacuait ses bureaux new-yorkais après la découverte d’un colis suspect adressé à John Brennan, ex-directeur de la CIA parfois invité sur l’antenne de CNN.          L’élue au Congrès Deborah Wasserman Schultz, ex-présidente du comité national du Parti démocrate, a également été visée, ainsi que deux autres personnalités démocrates, noires, l’ex-ministre de la justice d’Obama, Eric Holder, et la députée californienne Maxine Waters — qui a reçu deux colis. « A ce point de l’enquête, nous ne savons toujours pas si c’est le fait d’une seule personne ou d’un réseau », a dit à CNN le chef de la police new-yorkaise, James O’Neill, qui a toutefois espoir que le ou les responsables seront identifiés et arrêtés dans les prochains jours.          « Une période de divisions profondes »          Neuf paquets similaires, glissés dans une enveloppe matelassée en kraft et portant une adresse imprimée par ordinateur ont été envoyés. Tous donnaient comme expéditeur le nom (écrit avec des fautes d’orthographe) de l’ex-dirigeant du Comité national démocrate Deborah Wasserman Schultz.          Une photo de l’engin envoyé à CNN montre un petit tuyau enveloppé d’adhésif noir, avec des fils électriques sortant des deux côtés Le FBI n’a toutefois pas confirmé cette nouvelle.          Plusieurs voix ont dénoncé une polarisation de la vie politique américaine qui est allée trop loin depuis l’élection de Donald Trump. « C’est une période de divisions profondes et nous devons faire tout notre possible pour nous rassembler », a déclaré Hillary Clinton en Floride. « Nous traversons une période où les gens ressentent beaucoup de haine dans l’air », a déclaré pour sa part le maire démocrate de New York, Bill de Blasio.          Malgré l’appel au rassemblement de M. Trump, et des condamnations de la violence par plusieurs responsables républicains, les chefs démocrates au Congrès ont accusé le président de cautionner la violence. En rappelant notamment qu’il avait traité les médias d’« ennemis du peuple », et tardé à dénoncer les militants d’extrême droite à l’origine de violentes manifestations à Charlottesville à l’été 2017.                                             Annonces automobiles avec La Centrale           FIAT DOBLO 2990 € 69           LEXUS CT 16900 € 14           PEUGEOT 2008 18990 € 79      Recherche                    Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Etats-Unis : deux sénateurs-clés annoncent qu’ils soutiennent Brett Kavanaugh à la Cour suprême  La républicaine Susan Collins et le démocrate Joe Manchin ont annoncé qu’ils voteraient pour le juge, lui donnant une majorité très probable pour le vote final de samedi.                          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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Tout en appelant à l’union nationale, le président américain accuse les médias d’entretenir un climat hostile.
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Chronique

Affaire Khashoggi : « La Mauritanie et Djibouti, fidèles alliés de l’Arabie saoudite »

Après la mort du journaliste à Istanbul, les deux Etats africains ont fait part de leur totale confiance en la justice saoudienne, observe notre chroniqueur.

Par                                            Benjamin Augé




LE MONDE
              datetime="2018-10-25T12:51:07+02:00"

        Le 25.10.2018 à 12h51






    
Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz (à gauche), et le roi d’Arabie saoudite, Salman Ben Abdelaziz (centre), à Riyad, le 24 janvier 2015.
Crédits : YOAN VALAT / AFP


Chronique. Nouakchott est un fidèle allié de l’Arabie saoudite. A cinq jours d’intervalle, la diplomatie mauritanienne a publié des communiqués très proches des positions saoudiennes sur l’affaire Khashoggi, du nom de ce journaliste disparu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre.
Lundi 15 octobre, elle dénonçait « la campagne d’allégations fallacieuses qui ne sert ni la transparence de l’enquête en cours ni sa crédibilité », en référence aux images distillées par la Turquie pour prouver que le journaliste n’était jamais sorti vivant du consulat. A l’époque du communiqué mauritanien, l’Arabie saoudite soutenait que ses services n’avaient pas porté atteinte à l’intégrité physique du journaliste.
Puis, le 20 octobre, soit le lendemain de la reconnaissance par Riyad de son implication dans la disparition de Jamal Khashoggi, un autre communiqué du ministère était transmis par l’Agence mauritanienne d’information (AMI), dans lequel Nouakchott se disait confiant « en la justice saoudienne, en sa capacité et en sa volonté de parvenir à dévoiler toutes les circonstances qui ont entouré l’incident et à punir ceux qui l’ont mené ».

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Depuis l’arrivée du président Mohamed Ould Abdelaziz, la diplomatie mauritanienne est souvent alignée sur les positions de Riyad. En juin 2017, Nouakchott avait déjà été l’un des fers de lance de la stratégie contre le Qatar, suivant ainsi l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui avaient engagé un blocus contre l’émirat gazier, mettant en avant son supposé financement du terrorisme et sa relation avec l’Iran. Mohamed Ould Abdelaziz avait alors rappelé son ambassadeur à Doha et avait agi, de concert avec son homologue tchadien Idriss Déby, pour convaincre certains de ses homologues africains de le suivre dans cette démarche.
En août, Nouakchott a aussi vigoureusement soutenu Riyad lors de sa brouille avec le Canada, après que ce dernier a critiqué le manque de respect des droits humains dans le royaume. Ce tropisme s’est renforcé avec l’arrivée en juin du nouveau ministre mauritanien des affaires étrangères, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed. Ce dernier était jusqu’en février le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Yémen, où il a eu l’occasion de côtoyer de près les autorités saoudiennes pendant trois ans.
« Un Etat de valeurs, de principes et de justice »
Les intérêts saoudiens en Mauritanie sont importants, notamment dans le financement de projets via le Fonds saoudien pour le développement, mais ce n’est pas le seul pays africain à avoir adopté une dialectique tout en retenue sur la responsabilité saoudienne dans la disparition du journaliste. Outre une prise de position très pro-saoudienne de la part du Soudan du Sud, pourtant généralement peu disert sur les dossiers internationaux, Djibouti a publié un communiqué, le 22 octobre, dans des termes proches de ceux de la Mauritanie :
« La République de Djibouti félicite le gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman Ben Abdelaziz, pour son vif intérêt et son étroit appui qui a permis d’aboutir, de manière transparente et objective, à l’enquête sur les faits relatifs au décès du journaliste saoudien. Il s’agissait pour le dirigeant saoudien d’instaurer par ce biais une justice équitable dans cette affaire. A cet égard, la diplomatie djiboutienne se félicite des résultats des enquêtes menées par le royaume d’Arabie saoudite ainsi que des décisions qu’il a prises pour poursuivre légalement les responsables de cet incident. Ce grand pays restera un Etat de valeurs, de principes et de justice. »
Comme la Mauritanie, Djibouti a réduit sa présence diplomatique au Qatar lors de la crise avec l’Arabie saoudite. La Turquie, qui utilise l’affaire Khashoggi avec habileté dans sa relation avec Riyad, se trouve d’ailleurs être le principal soutien politique et militaire du Qatar.

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Alors que la position stratégique de son port est fragilisée par le rapprochement entre l’Ethiopie, l’Erythrée et le Somaliland, Djibouti a besoin de conforter sa bonne relation avec l’Arabie saoudite, qui utilise son territoire pour sa guerre au Yémen et veut y investir massivement.
L’Arabie saoudite sait influencer certains Etats africains lorsqu’elle a besoin de leur soutien officiel. L’ambassadeur saoudien accrédité dans une capitale rencontre souvent le président et parfois le ministre des affaires étrangères. En cas de nécessité, le diplomate est parfois épaulé par des missi dominici – souvent des vice-ministres – envoyés depuis Riyad pour exercer une pression maximale. C’était le cas notamment au sujet du conflit avec le Qatar.
Issoufou et Déby préfèrent ne rien dire
Deux autres Etats africains réputés très proches de l’Arabie saoudite, le Niger et le Tchad, n’ont en revanche pas communiqué officiellement sur l’affaire Khashoggi. Malgré la pression de Riyad, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby sont sur cette affaire plus soucieux de coller à l’opinion des grandes puissances occidentales qui ont appelé l’Arabie saoudite à s’expliquer – à l’exception de Donald Trump, qui a adopté une communication changeante. Les deux présidents sahéliens préfèrent donc ne rien dire.

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La plupart des autres pays africains ayant subi une pression de la part de l’Arabie saoudite, dans le conflit avec le Qatar comme sur le dossier Khashoggi, n’ont pas souhaité prendre fait et cause pour le royaume. Si Riyad a mis les moyens pour emporter l’adhésion du Nigeria, le pays africain à la plus forte population sunnite, Abuja n’a pas pris parti, considérant qu’il n’a pas à s’immiscer dans des dossiers concernant la région du Golfe. Le Mali et le Burkina ont également été sollicités mais n’ont pas pris position.
Enfin, le Gabon, qui s’était pourtant prononcé pour l’Arabie saoudite dans son conflit avec le Qatar, n’a cette fois pas encore émis une quelconque position officielle. Cependant, le président Ali Bongo, comme le Sénégalais Macky Sall, s’est rendu au sommet Future Investment Initiative, organisé du 22 au 25 octobre à Riyad à l’initiative du prince hériter Mohammed Ben Salman. L’Afrique du Sud s’est quant à elle dite inquiète de cette disparition, appelant à une enquête.
Benjamin Augé est chercheur associé au centre Afrique subsaharienne à l’Institut français des relations internationales (IFRI).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Sahle-Work Zewde a été désignée à l’unanimité par les parlementaires, en remplacement du président démissionnaire Mulatu Teshome.
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Compte rendu

Pour la première fois, l’Ethiopie a une femme présidente

Sahle-Work Zewde a été désignée à l’unanimité par les parlementaires, en remplacement du président démissionnaire Mulatu Teshome.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-25T12:22:09+02:00"

        Le 25.10.2018 à 12h22






    
Sahle-Work Zewde à Nairobi, au Kenya, en septembre 2015.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Les parlementaires éthiopiens ont désigné jeudi 25 octobre à l’unanimité et pour la première fois une femme, Sahle-Work Zewde, présidente du pays, après la démission de celui qui occupait jusqu’à présent ce poste essentiellement honorifique. La diplomate de carrière devient la quatrième chef de l’Etat en Ethiopie depuis l’adoption de la Constitution de 1995. Ce texte prévoit qu’un président peut être élu pour un maximum de deux mandats de six ans.

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Sahle-Work Zewde était jusque-là la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, auprès de l’Union africaine (UA). Auparavant, elle avait été ambassadrice en France, à Djibouti, au Sénégal, et la représentante permanente de l’Ethiopie auprès de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le bloc régional est-africain.
Une fonction honorifique
Avant de désigner la sexagénaire, les deux chambres du Parlement ont entériné la démission du président Mulatu Teshome, qui occupait cette fonction depuis 2013. Aucune explication n’a été fournie pour la démission de M. Mulatu Teshome, mais les observateurs estiment qu’elle résulte de négociations en cours entre les quatre partis formant la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF).

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Le président d’Ethiopie est officiellement le chef de l’Etat, mais ses responsabilités sont essentiellement symboliques et honorifiques. L’essentiel du pouvoir est aux mains du premier ministre, qui représente notamment le pays dans les grands sommets internationaux. En avril, l’EPRDF a choisi Abiy Ahmed comme nouveau premier ministre, pour la première fois issu du plus grand groupe ethnique du pays, les Oromo.
Abiy Ahmed a depuis entrepris un vaste programme de réformes, incluant la libération de dissidents, une ouverture de l’espace démocratique ainsi que la paix avec l’Erythrée voisine. Il a récemment nommé un nouveau gouvernement, dans lequel la moitié des postes sont occupés par des femmes. Mulatu Teshome, également issu de l’ethnie oromo, a démissionné un an avant la fin de son mandat.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Moscou a dénoncé comme « totalement politisée » la décision du Parlement européen de décerner ce prix à un virulent critique de Vladimir Poutine.
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Le prix Sakharov 2018 pour Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien emprisonné

Moscou a dénoncé comme « totalement politisée » la décision du Parlement européen de décerner ce prix à un virulent critique de Vladimir Poutine.



LE MONDE
 |    25.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
25.10.2018 à 16h54
   





                        



   


Le Prix Sakharov 2018 a été décerné, jeudi 25 octobre, à Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien emprisonné. Créé en 1998, ce prix est décerné chaque année par le Parlement européen à des personnes ayant apporté « une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde ».
Critique de Vladimir Poutine et opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, M. Sentsov, 42 ans, a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison en Russie pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès qualifié par l’ONG Amnesty International de « parodie de justice » évoquant « l’ère stalinienne ».
Moscou a dénoncé jeudi comme « totalement politisée » la décision du Parlement européen de décerner ce prestigieux prix au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie pour « terrorisme ». « La décision qui a été prise est totalement politisée », a déclaré aux journalistes la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
« Mon opinion n’est plus prise en compte »
Détenu dans une colonie pénitentiaire du Grand Nord, M. Sentsov a fait une grève de la faim de cent quarante-cinq jours pour demander la libération de soixante-dix Ukrainiens détenus en Russie pour des raisons politiques.
Le cinéaste a annoncé vendredi 5 octobre qu’il arrêtait sa grève de la faim, disant vouloir éviter d’être nourri de force après un jeûne de plus de quatre mois, qui a suscité une mobilisation internationale pour sa libération. « Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. (...) Mon opinion n’est plus prise en compte. » 
Natalia Kaplan, une cousine de M. Sentsov, « espère que ça l’aidera à tenir plus longtemps ». « Bien sûr, je suis contente pour lui, il le mérite », a-t-elle dit, ajoutant que le réalisateur n’était pas encore au courant qu’il avait reçu le prix. Le président ukrainien, Petro Porochenko, a lui aussi salué la remise de ce prix. « Je suis sûr que la décision du Parlement européen nous rapproche de la libération d’Oleg Sentsov », a-t-il écrit sur sa page Facebook.
En dépit de l’arrêt de sa grève de la faim, l’état de santé de M. Sentsov soulève toujours les plus vives inquiétudes. « Abandonner une grève de la faim est un processus assez compliqué. Personne ne peut dire à l’heure actuelle qu’Oleg va s’en sortir. La situation est très, très grave », déclarait Natalia Kaplan à la mi-octobre. « Ses dernières lettres sont assez pessimistes, a-t-elle confié. Il a écrit un testament et y demande de ne pas abandonner ses enfants. »

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Malgré ces déclarations alarmistes concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.



                            


                        

                        

