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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ L’Afrique subit les conséquences d’une décolonisation en bonne partie ratée, explique le professeur à Sciences Po Paris.
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Bertrand Badie : « Les puissances coloniales ont étouffé le panafricanisme »



LE MONDE
              datetime="2018-10-23T17:25:08+02:00"

        Le 23.10.2018 à 17h25






Durée : 03:53 | 

Dans son livre Quand le Sud réinvente le monde, Bertrand Badie explique que les nations du Nord ont phagocyté l’émancipation politique des anciennes colonies en imposant leur propre modèle d’organisation politique, celui de l’Etat-nation. « Les libérateurs africains étaient condamnés à être des protestataires plutôt que des bâtisseurs d’Etat-nation, non adaptés à l’historicité africaine », précise le professeur à Sciences Po Paris. Pour lui, les pays africains ont été cantonnés à un rôle secondaire sur la scène internationale après les indépendances, et l’Afrique bouleverse aujourd’hui l’agenda international. « Le continent est devenu le centre de gravité du jeu politico-diplomatique mondial. »


                

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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Les variations climatiques extrêmes auraient enrayé le fonctionnement de la cité hydraulique des anciens rois du Cambodge qui transférèrent leur capitale à Oudong.
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L’abandon d’Angkor serait lié à une « crise de l’eau »

Les variations climatiques extrêmes auraient enrayé le fonctionnement de la cité hydraulique des anciens rois du Cambodge qui transférèrent leur capitale à Oudong.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 14h40
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

L’énigme du déclin d’Angkor, capitale de l’Empire khmer délaissée au XVe siècle au profit d’Oudong, dans le sud du Cambodge, serait en partie levée. Une nouvelle étape des recherches menées par l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), avec l’Apsara, l’autorité nationale responsable du site angkorien, et l’université de Sydney, est présentée dans la revue Science Advances du 17 octobre, sous le titre « L’abandon d’Angkor ou la vulnérabilité de l’infrastructure urbaine aux variations climatiques ».
Cette publication fait le lien entre ce qui s’est passé au Cambodge il y a six cents ans et l’ampleur des ravages causés par les inondations en France, cette semaine dans l’Aude, après l’Italie, l’Espagne, le Japon, l’Inde, l’ouest des Etats-Unis. Conséquence de périodes de sécheresse entrecoupées de séquences de précipitations intenses.

Les scientifiques souhaitent comprendre et expliquer comment le réseau hydraulique mis en place par les anciens Khmers a pu péricliter et contribuer au déclin du complexe urbain préindustriel, l’un des plus vastes de la planète au XIIIe siècle, logeant un demi-million d’habitants sur 1 000 kilomètres carrés. « Etudier et numériser le phénomène à partir des relevés et données archéologiques accumulés, telle a été la méthode retenue », explique Christophe Pottier.
« Vrai palimpseste »
Actuel directeur des études de l’EFEO, il a passé quinze ans à ausculter sur le terrain les vestiges angkoriens. Il est secondé par Roland Fletcher, de l’université de Sydney, et Damian Evans, de l’EFEO, qui a réalisé l’empreinte du périmètre urbain au lidar. Ce rayon laser à haute fréquence relève, à travers le couvert forestier, des millions de points en trois dimensions avec une précision de quelques centimètres, laquelle révèle les traces de l’ancien bâti, maisons, temples, pyramides, canaux, digues, réservoirs, etc.
« La modélisation de toutes ces données – obtenues...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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« Vaccination des soignants contre la grippe » : il est urgent d’agir !

Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 15h49
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis la consultation citoyenne, il y a deux ans, la France est en train de franchir un palier de maturité en matière de vaccination. Les décisions prises l’année passée par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, y ont sans doute contribué : en étendant l’obligation vaccinale des enfants, le gouvernement a réaffirmé dans la clarté la priorité donnée à la santé publique. L’opinion publique, que l’on croyait rétive, paraît le suivre.
Un récent sondage Ipsos a montré que 83 % des Français se disent favorables à la vaccination, loin du triste résultat de la grande enquête de la London School of Hygiene en 2016, qui montrait un niveau de défiance inédit dans la population française à l’égard des vaccins.
Dans ce contexte, on pourrait être déçu par l’annonce récente (le 18 octobre) d’une simple charte, cosignée par les ordres professionnels, concernant la vaccination des soignants contre la grippe. Une charte, là où le code de la santé publique permettrait une obligation (article L3111-4) dont la mise en application reste une épine dans le pied du gouvernement.
Il y a urgence à agir, car la situation actuelle est inacceptable. Malgré un risque de transmission aux patients, le taux de vaccination chez les professionnels de santé atteint difficilement les 30 %, et ce, quel que soit le type d’établissement (public ou privé) ou de profession (médecins, infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes).
Lorsqu’on se penche sur le sujet, l’obligation vaccinale est pourtant moins évidente qu’il n’y paraît. Dans son principe, l’objectif est peu contestable : malgré l’efficacité aléatoire du vaccin contre la grippe, plusieurs études ont montré le bénéfice d’une couverture vaccinale quasi exhaustive des soignants.
D’autres enquêtes montrent à l’inverse l’effet causal de la faible vaccination dans la propagation du virus. Les patients, eux, que l’on interroge si peu, ont une vision très claire de la question : l’enquête...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Espace de discussion autour des productions scientifiques sur le Web, le site PubPeer permet aussi de corriger des articles, d’en obtenir la rétractation et, le cas échéant, de sanctionner des chercheurs en cas d’inconduite.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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PubPeer, le site par qui le scandale arrive

Espace de discussion autour des productions scientifiques sur le Web, le site PubPeer permet aussi de corriger des articles, d’en obtenir la rétractation et, le cas échéant, de sanctionner des chercheurs en cas d’inconduite.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 12h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

« Site de merde ! », voilà comment est souvent décrit, dans les couloirs des labos français, le site PubPeer. Créé en 2012, ce « journal-club en ligne », comme il se décrit lui-même, se veut un forum de commentaires scientifiques sur des articles déjà publiés. Ce qui lui vaut ce qualificatif peu amène, c’est qu’il a acquis une certaine notoriété en France pour avoir déclenché au moins trois des dernières affaires d’inconduites scientifiques ayant secoué jusqu’aux plus hauts sommets de la hiérarchie le système de recherche français.

En septembre 2014, c’est par lui que passe la campagne contre ­Olivier Voinnet, relayée par des mails anonymes en décembre 2014 et surtout en janvier 2015. En juillet 2016, c’est son système de signalement automatique qui alerte toujours le même biologiste pour un problème dans un article déjà corrigé. Ce qui débouchera sur une nouvelle enquête.
En septembre 2017, le blogueur allemand spécialisé Leonid Schnei­der révèle des problèmes dans des articles de la patronne de la biologie du CNRS, Catherine Jessus, en mettant ses figures simultanément sur PubPeer. Les jours suivants, sept autres articles, déposés anonymement, rejoindront les quatre premiers. L’agitation du blogueur, ancien chercheur, lui vaudra en retour de voir ses propres travaux critiqués sur PubPeer !
« C’est de la délation »
Quelques semaines plus tard, en novembre 2017, c’est la présidente par intérim du CNRS, Anne Peyroche, qui devient la cible. Et, tout récemment, un vieil article de l’actuelle ministre de la recherche, Frédérique Vidal, y a même été épinglé. Voilà qui peut agacer. En apprenant, fin août 2015, que deux des responsables de PubPeer, Boris Barbour et Brandon Stell, sont des collègues du CNRS, un chercheur menace d’en venir aux mains avec l’un d’eux ! Olivier Voinnet lui-même, dans un message au précédent président du CNRS début 2017, parle de « machine à détruire la science ». Sur France Culture,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                

L’intégrité scientifique est intangible

Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 11h36
   





                        


Editorial du « Monde ». Quiconque s’intéresse à l’histoire des sciences sait combien cette activité est humaine, soumise aux passions, aux rivalités, et que la quête de la connaissance s’accommode parfois de petits arrangements avec les faits bruts, quand il ne s’agit pas de fraude pure et simple.
L’astronome Claude Ptolémée est suspecté d’avoir plagié les mesures du Grec Hipparque, le moine Gregor Mendel soupçonné d’avoir « arrangé » la répartition de ses petits pois pour coller à ses lois de l’hérédité. Vingt ans après sa publication, un article d’Andrew Wakefield dans The Lancet affirmant que le vaccin ROR était responsable de cas d’autisme continue de handicaper la politique vaccinale, alors que ses résultats ont été entièrement « bidonnés » et qu’ils ont fait depuis l’objet de rétractations.

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                La biologie française minée par l’inconduite scientifique



Ces cas restent rares, mais ces inconduites scientifiques ne sont que la forme la plus extrême sur un continuum qui va du simple embellissement des données à leur fabrication pure et simple. Avancement, financement et gloire dépendent de la capacité des équipes à produire rapidement des résultats publiables. Cette économie de la connaissance induit des effets pervers : panurgisme, saucissonnage des résultats, émergence de revues prédatrices et congrès bidons, inconduites scientifiques…
Véritables fraudes
Des sites comme PubPeer, destinés à accueillir des critiques de la littérature scientifique, y compris de façon anonyme, sont honnis par une part des chercheurs, qui y voient un abject instrument de délation. Imparfait, il a pourtant mis au jour de véritables fraudes, et n’existe qu’en raison de l’incapacité de la science à répliquer ses résultats et à s’autocorriger efficacement.
Les institutions scientifiques françaises ne semblent pas avoir totalement tiré les leçons du phénomène. La direction du CNRS, face au « cas Olivier Voinnet », en 2015, pensait en avoir fait un exemple capable d’édifier la communauté : en frappant durement cette star de la biologie végétale partie pour la Suisse, l’organisme public montrait que nul n’était à l’abri.
Mais, pour frapper fort, encore faut-il frapper juste, et avec cohérence : l’enquête de 2015 a été bâclée, les responsabilités individuelles n’ont pas été suffisamment recherchées, pas plus que l’ampleur des atteintes à la science engendrées par ces inconduites. Et, trois ans plus tard, les mêmes arguments retenus contre Olivier Voinnet – sa responsabilité de chef de groupe, l’atteinte à l’image de l’organisme – seront oubliés dans le cas de Catherine Jessus, responsable de la biologie au CNRS. Plusieurs de ses publications sont pourtant, elles aussi, entachées de manipulations d’images, et l’absence de plusieurs données originales ne permet malheureusement pas de conclure.

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                L’honneur sauvegardé de la biologiste Catherine Jessus



La biologie est-elle une science si « molle » que ses spécialistes soient incapables de s’accorder sur la gravité des faits ou de dire si, oui ou non, les manipulations ont changé le sens des « découvertes » ? L’Office français de l’intégrité scientifique, tout récemment créé, et le dispositif que le CNRS s’apprête à mettre sur pied changeront-ils la donne ? Il est temps que la recherche française se dote de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction des inconduites scientifiques. Qu’elle agisse et pèse à l’international sur les conditions de production de connaissances qui « poussent au crime ». Et qu’elle ne s’effraie pas de la publicité et du scandale : ce n’est pas abîmer la science que d’expliquer comment elle se corrige et se rédime.

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                Alerte mondiale à la fausse science






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Fréquemment à l’origine de diabète et de troubles lipidiques, ces traitements que prennent de 0,8 à 2,7 % des Français devraient faire l’objet de contrôles biologiques réguliers. Or moins de 3 % des patients ont un suivi optimal, selon une enquête menée à partir de données de l’Assurance-maladie.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Les antipsychotiques, des traitements très mal surveillés

Fréquemment à l’origine de diabète et de troubles lipidiques, ces traitements que prennent de 0,8 à 2,7 % des Français devraient faire l’objet de contrôles biologiques réguliers. Or moins de 3 % des patients ont un suivi optimal, selon une enquête menée à partir de données de l’Assurance-maladie.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 09h34
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

C’est un constat catastrophique qui devrait alerter les patients et leurs familles, interpeller les médecins prescripteurs et les autorités sanitaires. Moins de 3 % des personnes prenant des antipsychotiques ont une surveillance biologique conforme aux recommandations, et 15 % n’ont aucun suivi, selon une enquête du docteur Marine Le Pierres pour sa thèse de psychiatrie, soutenue le 11 octobre à l’université de Nantes.
Ce travail, qui n’a pas encore fait l’objet d’une publication scientifique, a été réalisé à partir des bases de données de l’Assurance-maladie des Pays de la Loire, sur une population de près de 20 000 individus. « Ces carences dans la surveillance sont une perte de chance pour des patients qui ont déjà une perte de chance », résume le professeur Olivier Bonnot (chef du service de pédopsychiatrie du CHU de Nantes), à l’origine de ce sujet de thèse et directeur de celle-ci.
De fait, les médicaments antipsychotiques – que se voient prescrire de 0,8 à 2,7 % des Français, dans des indications multiples – sont fréquemment à l’origine, singulièrement ceux de deuxième génération, d’un syndrome métabolique associant prise de poids, diabète, et dyslipidémie. Ces effets indésirables, plus importants avec certaines molécules, telles la clozapine ou l’olanzapine, sont des facteurs de risque cardio-vasculaires.
Des recommandations
Or, en dehors de tout traitement, les malades psychiatriques et notamment les schizophrènes sont déjà vulnérables au diabète et aux maladies cardiaques, qui représentent d’ailleurs l’une des premières causes de décès prématuré (avant 65 ans). Selon une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé publiée en septembre, le taux de mortalité prématurée de ces patients est 4,4 fois plus élevé que celui de la population générale, et leur espérance de vie est diminuée en moyenne de seize ans chez les hommes, de treize chez les femmes.
Pour limiter les risques métaboliques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les affaires concernant Olivier Voinnet, Catherine Jessus et Anne Peyroche renvoient une image peu flatteuse de la biologie. Et questionnent la solidité des garde-fous de la recherche. Enquête sur trois affaires françaises.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/10/2018
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La biologie française minée par l’inconduite scientifique

Les affaires concernant Olivier Voinnet, Catherine Jessus et Anne Peyroche renvoient une image peu flatteuse de la biologie. Et questionnent la solidité des garde-fous de la recherche. Enquête sur trois affaires françaises.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 07h28
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Depuis trois ans, la biologie française vit dans un climat délétère, secouée par des affaires à répétition d’inconduites scientifiques touchant, directement ou non, des chercheurs réputés, des dirigeants d’organisme ou d’institut. Y aurait-il quelque chose de pourri en ce royaume ? Avant d’esquisser quelques réponses, résumons rapidement les plus marquantes de ces affaires.
A partir de septembre 2014, des articles cosignés par une étoile montante de la biologie française, Olivier Voinnet, sont signalés sur le site PubPeer.com comme contenant des images incorrectes. PubPeer est une sorte de forum destiné à discuter, y compris de façon anonyme, d’articles scientifiques déjà publiés.
Ces signalements conduisent au lancement, en janvier 2015, de deux enquêtes indépendantes diligentées par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’employeur du biologiste, et par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ), où il est détaché comme professeur. En juillet, les inconduites scientifiques sont confirmées dans plusieurs cas, et des sanctions sont prises contre Olivier Voinnet, mais aussi l’un de ses collègues, Patrice Dunoyer.
En septembre 2016, le CNRS et l’ETHZ lancent une enquête sur des faits nouveaux, autour des mêmes chercheurs, qui aboutira, à l’automne 2018, à de nouvelles sanctions – un simple blâme pour Olivier Voinnet, une dégradation d’échelon et une suspension de onze mois pour Patrice Dunoyer.

Le CNRS dans la tourmente
Dans l’intervalle, deux autres affaires ont éclaté, toujours relayées par PubPeer et par un blogueur allemand spécialisé dans ces questions, Leonid Schneider.
La première, en septembre 2017, touche Catherine Jessus, directrice de l’Institut des sciences biologiques, un des dix instituts du CNRS. La seconde, qui débute en novembre 2017, vise Anne Peyroche, employée du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) mais présidente du CNRS par intérim depuis la fin octobre 2017.
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Ces œuvres, toutes en bon état de conservation sauf une, ont été mises au jour dans la cité antique de Chan Chan.
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Vingt statuettes précolombiennes découvertes au Pérou

Ces œuvres, toutes en bon état de conservation sauf une, ont été mises au jour dans la cité antique de Chan Chan.



Le Monde.fr avec AFP
 |    23.10.2018 à 01h04
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 07h52
   





                        



   


Vingt statues en bois vieilles de 800 ans ont été découvertes dans la cité antique de Chan Chan, le plus grand site précolombien d’Amérique, ont annoncé lundi 22 octobre des archéologues et la ministre péruvienne de la culture, Patricia Balbuena. « C’est une découverte importante en raison de son ancienneté et de la qualité de la décoration », s’est félicitée cette dernière.
Ces statuettes de 70 cm, toutes en bon état de conservation sauf une, ont été mises au jour dans l’ancienne capitale de l’empire Chimu, situé près de la ville moderne de Trujillo, à 570 km au nord de Lima. Elles étaient alignées dans des niches creusées dans le mur d’un couloir décoré de bas-reliefs de terre, dans un édifice datant d’un millier d’années. Le couloir où elles ont été repérées n’a, lui, été découvert qu’en juin dans le Grand Chimu, un des dix palais fortifiés de la ville, visitée chaque année par des milliers de touristes du monde entier.
« Soleil resplendissant »
Les statues, découvertes en septembre, sont noires avec un masque de couleur beige. Elles « seraient les plus vieilles sculptures connues à ce jour à Chan Chan », a précisé l’archéologue Arturo Paredes, qui dirige les fouilles.
L’empire Chimu a connu son apogée entre 900 et 1450 sur la côte nord du Pérou. A l’époque, Chan Chan, qui signifie « soleil resplendissant », comptait 30 000 habitants. La cité comptait alors dix citadelles, ou palais fortifiés, dans son centre de 6 km2. Au total, la ville s’étendait sur 20 km2. La cité de Chan Chan a été inscrite au Patrimoine de l’humanité en 1986 par l’Unesco. Plus de 500 personnes, dont 50 archéologues, travaillent sur le site dans divers projets de recherches.

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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’idée que l’homme moderne a inspiré une taille plus fine des outils en pierre à son cousin néandertalien est remise en question par une étude française.
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle pourrait expliquer la baisse de 25 % du risque chez les grands consommateurs de bio.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/10/2018
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L’alimentation bio réduit significativement les risques de cancer

La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle pourrait expliquer la baisse de 25 % du risque chez les grands consommateurs de bio.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 07h13
    |

            Stéphane Foucart et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Pour les agences réglementaires, les résidus de pesticides dans l’alimentation ne présentent aucun risque pour la santé. Mais un corpus scientifique récent, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses, suggère que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur.
Une étude épidémiologique française, publiée lundi 22 octobre dans la revue JAMA Internal Medicine, est ainsi la première à pointer de tels risques dans la population générale, s’agissant du cancer.
Elle indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. « Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse de la présence de résidus de pesticides synthétiques bien plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio est la plus probable », indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (Institut national de la recherche agronomique, INRA) dans l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, INRA, université Paris-XIII) et coauteure de ces travaux.
De fait, les types de cancer dont les risques sont les plus réduits chez les consommateurs d’aliments labellisés « AB » sont également associés aux expositions des agriculteurs aux pesticides.
Démonstration inédite
Conduits par Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploité les données d’une grande cohorte, dite NutriNet, de près de 70 000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50 % de leur alimentation), à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais.
Durant les sept années de suivi, 1 340 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés ;...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le blogueur Sylvestre Huet réagit aux récentes déclarations d’Antoine Petit sur la rémunération des chercheurs-vedettes.
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Pour quatre députés Les Républicains, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le débat sur la loi bioéthique doit être l’occasion pour la droite d’exprimer sa capacité à être en phase avec la société
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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« Nous sommes députés de droite et favorables à la PMA ! »

Pour quatre députés Les Républicains, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le débat sur la loi bioéthique doit être l’occasion pour la droite d’exprimer sa capacité à être en phase avec la société



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 14h32
    |

Collectif







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur la procréation médicalement assistée (PMA) qui s’annonce à l’Assemblée nationale est un défi politique, moral et philosophique pour la droite républicaine que nous incarnons au Palais-Bourbon. Ce débat, loin d’être anecdotique, est celui qui cristallisera le regard de l’opinion sur notre législature et sur lequel notre famille politique jouera sa capacité à incarner une vision politique progressiste… ou pas ! Nous ne pouvons manquer ce rendez-vous. Car au-delà des passions, nous avons la responsabilité de penser une vision de société adaptée aux enjeux du XXIe siècle et conforme à l’esprit républicain auquel nous sommes attachés.

L’examen du projet de loi bioéthique annonce en réalité un débat plus large que celui de la PMA ou de la GPA (gestation pour autrui), et il doit interroger le sens d’un engagement et de l’adhésion à un courant de pensée. Notre approche sera plus qu’un choix favorable ou hostile à l’extension d’un droit, il exprimera une conception de la droite du XXIe siècle. Cette droite se doit d’être digne et fidèle à ce que nos prédécesseurs ont réalisé en matière de droits des femmes et de la famille, et nous ne pouvons pas faire l’économie d’afficher notre fierté sur la loi portée avec courage par Simone Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse, et contre une partie des siens, rendant l’intérêt général plus fort que l’esprit partisan.

La science et l’approche éthique développée par le comité d’éthique posent un cadre de référence offrant des garanties morales, médicales. La bioéthique française s’est construite autour de grands principes auxquels nous accordons notre confiance, car la dignité humaine et la préservation de l’espèce sont au cœur de cette approche. Sans nous libérer de nos choix politiques, l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) doit nous éclairer et lever des doutes. Nous ne souhaitons pas nous enfermer dans...




                        

                        


<article-nb="2018/10/23/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’expert en robotique humanoïde et réalité virtuelle est fasciné par les films dans lesquels la frontière entre hommes et machines disparaît. Comme dans ses recherches...
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La réalité d’Abderrahmane Kheddar dépasse la science-fiction

L’expert en robotique humanoïde et réalité virtuelle est fasciné par les films dans lesquels la frontière entre hommes et machines disparaît. Comme dans ses recherches...



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    21.10.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 06h40
    |

                            Marina Julienne








                        



                                


                            

Un visage rond plutôt bonhomme et des pommettes rieuses qui ne collent pas vraiment avec la face d’acier du robot auprès duquel il pose. Abderrahmane Kheddar, né en 1967 en Algérie, a depuis quinze ans un pied au Japon et l’autre en France. A l’aise en Orient comme en Occident, il est aussi détendu avec les machines qu’avec les humains. 
« Ma passion pour les robots a démarré quand j’étudiais à l’Institut national d’informatique d’Alger. A la bibliothèque j’avais déniché le seul livre consacré à la robotique, et la bibliothécaire a fini par me le donner ! » Faute de pouvoir poursuivre ses études en France, il crée une société d’informatique. « J’avais une bonne situation, mais ma chance est venue d’un client qui m’a mis en relation avec un chercheur français en robotique, et la passion l’a emporté. C’était aussi l’époque des attentats à répétition. Je me suis décidé à partir. »
Le voici dans le laboratoire de Philippe Coiffet, père de la robotique française, à l’université ­Paris-VI. En 1997, il obtient sa thèse et déjà une réputation internationale dans le domaine de la téléopération : il est le premier à faire assembler simultanément des pièces d’un puzzle à quatre robots géographiquement éloignés.
Recruté à l’université d’Evry, il est professeur quand Philippe Coiffet lui propose, en 2003, de participer à l’aventure de la création du Labo­ratoire de robotique franco-japonais à Tsukuba, le Joint Robotics Laboratory (JRL), association entre l’Institut national japonais des sciences et technologies – l’AIST – et le CNRS.
Un esprit agnostique
« Il a apporté une vraie valeur ajoutée au laboratoire, raconte Eiichi Yoshida, codirecteur du JRL. Nous savions faire des robots qui avancent sur du plat, mais pour obtenir des déplacements utiles, il faut ­générer des points d’appui. Abder a été clairvoyant, il était le seul à travailler sur l’haptique [la science du toucher] et à imaginer calquer...




                        

                        


<article-nb="2018/10/23/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Trois rapports publiés par l’agence Santé publique France n’ont pas trouvé d’explication aux cas groupés détectés dans l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.
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Enfants sans bras : le gouvernement ouvre une nouvelle enquête

Trois rapports publiés par l’agence Santé publique France n’ont pas trouvé d’explication aux cas groupés détectés dans l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 08h21
   





                        


Le gouvernement a décidé d’ouvrir une nouvelle enquête sur les bébés malformés nés dans plusieurs départements, a déclaré dimanche 21 octobre la ministre de la santé, Agnès Buzyn, en jugeant « insupportable » que ces cas groupés restent sans explication.
Avec le ministre de la transition écologique, François de Rugy, « nous avons décidé de relancer une enquête » avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et l’agence Santé publique France pour avoir des « regards croisés » de médecins et d’experts de l’environnement, a-t-elle déclaré lors de l’émission « Le Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI.
« On ne peut pas se satisfaire de dire qu’on n’a pas trouvé de causes, c’est insupportable », a ajouté Mme Buzyn. « Bébés nés sans bras : s’en remettre à la fatalité n’est pas acceptable ! », a, pour sa part, déclaré sur Twitter François de Rugy, au sujet de cette « nouvelle enquête » pour « faire toute la lumière sur l’origine de ces malformations ».

Bébés nés sans bras : s’en remettre à la fatalité n’est pas acceptable ! Nous allons lancer avec @agnesbuzyn une no… https://t.co/1yK1qWiDlm— FdeRugy (@François de Rugy)


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Ces cas groupés ont été observés dans l’Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

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          Les mauvais calculs de Santé publique France



Subvention maintenue au Remera
Après une première enquête, l’agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l’Ain n’était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l’inverse, il y a bien, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais qui restent sans explications. Selon Mme Buzyn, il y a « entre 80 et 100 naissances par an avec des malformations de membres » en France.
Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, antinauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.
La ministre a, par ailleurs, assuré qu’il était « hors de question d’arrêter la subvention des registres », y compris celle du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), dirigé par Emmanuelle Amar, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, sis à Lyon et qui est au centre d’une polémique scientifique, après avoir révélé les cas de l’Ain.
« Quand il y a un registre qui cumule des cas pendant vingt ou trente ans, si, à un moment, vous l’arrêtez, on ne peut plus le démarrer, vous perdez l’information. Quand on a un registre qui fonctionne, il ne faut surtout pas l’arrêter », a souligné la ministre.

        Lire aussi :
         

                « Pourquoi une telle désertion des financeurs du Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes ? »



« Une grande avancée »
Cette annonce de la ministre de la santé « est une bonne nouvelle que je salue », a déclaré Emmanuelle Amar à l’AFP. « C’est une grande avancée ». La scientifique estime que « c’était la seule solution raisonnable et sage (…). Je salue aussi le fait que Mme Buzyn reconnaisse le rôle scientifique et social des registres », a-t-elle ajouté.
La directrice générale du Remera demande que la nouvelle enquête soit menée par des « scientifiques indépendants » et non Santé publique France. « Il faut évidemment qu’on rassemble des gens qui n’ont pas été partie prenante de la polémique » scientifique lancée par une épidémiologiste de l’Inserm.
Concernant la poursuite de la subvention des registres annoncée par la ministre, la directrice du Remera estime qu’il faut « l’assurance d’un financement à moyen terme, d’au moins trois ans ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ L’association anticorruption accuse six médecins d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé de ne pas avoir déclaré leurs liens avec l’industrie pharmaceutique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/10/2018
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Anticor dépose plainte contre des médecins experts du cholestérol

L’association anticorruption accuse six médecins d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé de ne pas avoir déclaré leurs liens avec l’industrie pharmaceutique.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 10h18
    |

            Laura Motet et 
Pascale Santi








                        


C’est une première. Selon une information de L’Express confirmée par Le Monde, l’association de lutte contre la corruption Anticor a adressé une plainte contre X, mercredi 3 octobre, au parquet de Bobigny, pour « prise illégale d’intérêts » avec, cette fois, dans le viseur, non pas des personnalités politiques, mais des médecins.
L’association accuse six des neuf membres d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé (HAS) d’avoir négligé de déclarer les liens financiers qu’ils entretenaient avec des laboratoires pharmaceutiques. Une omission d’autant plus équivoque qu’ils ont rédigé, en tant qu’experts, une recommandation sur la prise en charge des dyslipidémies (cholestérol, excès de triglycérides…) et que celle-ci « accroît notablement le nombre de patients chez qui un traitement est indiqué », affirme Anticor dans sa plainte.

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                Anticor, l’association qui veut vacciner les politiques contre la corruption



« Notre plainte porte sur une recommandation [précise], mais le phénomène est systémique, explique au Monde Elise Van Beneden, secrétaire générale adjointe d’Anticor. Pour nous, il s’agit d’un coup de pied dans la fourmilière et d’un avertissement à l’ensemble du secteur médical, de la HAS à l’Agence nationale de sécurité du médicament [Afssaps], mais aussi aux expertises effectuées en amont. »
« Oubli »
Sur les six médecins épinglés par Anticor, deux ont particulièrement attiré l’attention de l’association.
Le premier, le professeur Bruno Vergès, chef de service au CHU de Dijon, ne mentionne qu’un lien d’intérêt au moment de sa déclaration à la HAS : sa qualité de secrétaire général de la société française d’endocrinologie, oubliant de mentionner les revenus qu’il a par ailleurs perçus – soit 65 088 euros d’avantages et 36 940 euros de rémunérations et honoraires, de 2013 à 2017. « Ces avantages correspondent à des inscriptions offertes à des congrès », explique le professeur Vergès au Monde. Et de poursuivre : « Ils n’influencent pas nos recommandations. Pour les écrire, nous nous appuyons sur des éléments de preuve indiscutables. Nous ne citons d’ailleurs aucun produit précis. »

   


Le second, le docteur Jean-Michel Lecerf, chef de service à l’Institut Pasteur de Lille a, lui, bien déclaré ses liens avec l’industrie de l’agroalimentaire. Il a, cependant, omis de mentionner ses liens avec celle du médicament, alors qu’il a reçu 25 268 euros en tant que consultant, notamment pour MSD et Sanofi-Aventis - Regeneron. « C’est vraiment invraisemblable d’être épinglé pour un travail bénévole effectué pour la HAS », s’étonne le docteur Lecerf, interrogé par Le Monde, concédant toutefois un « oubli » concernant ses liens avec l’industrie pharmaceutique.
« Conflit d’intérêts »
Ces oublis peuvent pourtant entraîner des poursuites. Le code de la santé publique oblige, en effet, tout expert participant à ce type de groupe d’étude à rédiger une déclaration mentionnant tous les liens d’intérêts qu’il a eus pendant les cinq années précédant sa mission. A la HAS de déterminer ensuite si ces liens sont majeurs et, le cas échéant, d’écarter un expert un peu trop proche des entreprises pouvant bénéficier de sa mission.
Or, selon l’association pour une formation médicale indépendante (Formindep), dont le travail a servi d’appui à la plainte d’Anticor, les omissions des experts du groupe d’étude sur la prise en charge des dyslipidémies sont justement « susceptibles de produire un conflit d’intérêts ». Formindep a d’ailleurs déposé une requête au Conseil d’Etat fin août, demandant le retrait de la fiche mémo produite par le groupe d’experts. Comme la plainte d’Anticor, la requête de Formindep cible elle aussi particulièrement les docteurs Lecerf et Vergès.
« Ces médecins ont déclaré n’avoir aucun lien d’intérêts », souligne Jean-Sébastien Borde, vice-président du Formindep. « Ces recommandations, qui sont calquées sur celles de sociétés savantes financées par l’industrie pharmaceutique, doivent être retirées, car elles ne répondent pas aux principes d’impartialité propres à toute expertise médicale », poursuit M. Borde.

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                "Il faut arrêter de s'appuyer uniquement sur les experts liés aux firmes"



Les déclarations publiques d’intérêts signées par ces experts et fournies à la HAS ne correspondent pas à ce qui est déclaré en ligne sur la base publique « transparence santé », sur laquelle les entreprises doivent déclarer leurs liens d’intérêts avec les acteurs de la santé. Or, « l’existence de liens d’intérêts entre les experts dans le domaine sanitaire et les entreprises commercialisant des produits de santé concernés par les recommandations sont susceptibles de biaiser ces recommandations », souligne la requête de Formindep.
Nouveau déontologue
Interrogée vendredi 19 octobre, la HAS répond qu’elle n’a pas, à ce jour, connaissance de cette plainte d’Anticor et ne fait aucun commentaire. Selon toute vraisemblance, les déclarations d’intérêts de ces experts mis en cause par la plainte d’Anticor et la requête de Formindep n’avaient pas été comparées par la HAS à la base « transparence santé ». Mais la procédure de vérification a été renforcée il y a deux ans.
La HAS s’est dotée, depuis octobre 2016, d’un déontologue « chargé de veiller au respect des obligations de déclaration des liens d’intérêts et de prévention des conflits d’intérêts », le magistrat Daniel Ludet. Son rapport annuel publié en mars 2017 mentionne la nécessité de rapprocher les déclarations d’intérêts avec la base « transparence santé », en « consultant systématiquement ce site pour les membres des commissions ». « La HAS pouvait donc aisément constater l’existence de liens d’intérêts majeurs, en cours, au moment même du dépôt de la déclaration d’intérêts par l’expert », ajoute la requête de Formindep.
Ce n’est pas la première fois que Formindep s’attaque à la HAS. En 2009, elle a saisi le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation de deux recommandations, sur le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer, pour non-respect des règles de gestion des conflits d’intérêts. Le Conseil d’Etat a abrogé la recommandation sur le diabète en mai 2011 et, dans la foulée, la HAS a retiré d’elle-même celle sur la maladie d’Alzheimer.

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                Vaccins : « C’est le manque de transparence qui alimente la défiance »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ En observant l’évolution des cellules pigmentées de cette reine du camouflage, des chercheurs ont pu approcher l’activité de ses neurones. Une première
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La seiche, la pensée à portée de peau

En observant l’évolution des cellules pigmentées de cette reine du camouflage, des chercheurs ont pu approcher l’activité de ses neurones. Une première



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    21.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 17h52
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Dans le grand carnaval des animaux, la seiche n’a pas la cote du poulpe. Moins spectaculaire, moins harmonieuse. Moins facétieuse aussi. Pour ce qui est du camouflage, pourtant, l’un des prin­cipaux talents de son cousin, elle n’a rien à lui envier. Comme lui, elle peut changer son ­apparence – forme, couleurs, motifs, texture – en quelques millisecondes. Son secret ? Des millions de petits points colorés de quelques dizaines de microns de diamètre, les chromatophores, que le céphalopode ouvre ou ferme sur commande de ses neurones moteurs.
De nombreux scientifiques ont tenté de comprendre comment agissaient ces ­cellules pigmentaires, à toutes les échelles, celle du point comme celle du tableau. Dans un article publié le 18 octobre par la revue ­Nature, une équipe du Max Planck Institute de Francfort, pilotée par le Français Gilles Laurent, vient de faire une sérieuse percée.
En filmant six animaux dans un bassin, les neurobiologistes ont développé une méthode pour suivre l’évolution de dizaines de milliers de chromatophores en parallèle. Un exploit technique : il faut non seulement découper l’image afin d’isoler chaque cellule mais ensuite, à chaque instant, pouvoir recomposer l’ensemble alors que chaque unité a changé de taille, de couleur, de forme, de voisins.
Cette performance de traitement de l’image, recette complexe de mathématiques et d’informatique, a permis de comprendre les règles pilotant l’évolution des chromatophores. Jaune pâle à la naissance, les points s’assombrissent avec le temps, orange, rouges, bruns, noirs. Sauf que, pour rester performant, l’animal doit conserver intacte sa palette. Il produit donc constamment de nouveaux points jaunes qui, l’âge avançant, prennent de plus en plus de temps à changer de couleur. « Ainsi, il reste toujours à l’équilibre », explique Gilles Laurent. Equilibre global mais aussi ­local, l’animal produisant ses points clairs au milieu des points sombres. « Cette perfection...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Quand des médecins se divisent sur des pratiques, que doit penser le citoyen, qui peut-il croire ? Marina Cavazzana, Bernard Bégaud et Jean-Pierre Thierry en ont débattu samedi 6 octobre au Monde Festival.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ La sonde composée de deux satellites élaborés par l’Agence spatiale européenne et son homologue japonaise a décollé de Kourou.
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BepiColombo a commencé son voyage de sept ans vers Mercure

La sonde composée de deux satellites élaborés par l’Agence spatiale européenne et son homologue japonaise a décollé de Kourou.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 06h01
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 11h52
    |

            Pierre Barthélémy (Kourou (Guyane), envoyé spécial)








                        



   


La nuit était tombée depuis quatre heures sur la Guyane, vendredi 19 octobre, quand un soleil incandescent et plus bruyant que dix feux d’artifice se leva à toute allure, faisant flamboyer un ciel d’ébène. Une fusée Ariane 5 s’arrachait du sol, emportant à son bord la mission BepiColombo, sonde double conçue par l’Agence spatiale européenne (ESA) et son homologue japonaise, la JAXA. Pour la première fois, une mission spatiale à destination d’une autre planète, en l’occurrence Mercure, décollait de Kourou. « C’est époustouflant, s’exclamait Günther Hasinger, directeur de la science à l’ESA, aujourd’hui nous avons écrit l’histoire ! » Car c’était aussi la première fois que l’ESA et la JAXA prenaient la route de la plus petite planète du Système solaire.
Vingt-six minutes après le décollage, le directeur des opérations lançait le très attendu « Séparation BepiColombo », signifiant que la sonde s’était détachée avec succès du dernier étage de propulsion et amorçait sa route en solo. Salve d’applaudissements. Un des membres de l’équipe restait plus prudent, murmurant : « J’attends que les panneaux solaires soient déployés, et après je me saoule jusqu’à demain… »
Pour BepiColombo, ce lancement ne constitue que le début d’un long, d’un très long voyage. Même si Mercure s’approche parfois à moins de 80 millions de kilomètres de la Terre, il est paradoxalement beaucoup plus rapide de se rendre sur Jupiter, qui se trouve pourtant à des centaines de millions de kilomètres de nous. Le paradoxe se renforce quand on sait qu’il faut davantage d’énergie pour atteindre Mercure que pour aller sur Pluton, qui se promène à des milliards de kilomètres… Les lois de la mécanique céleste impliquent en effet qu’il est plus simple de naviguer vers l’extérieur du Système solaire que vers l’intérieur.

La faute en incombe au Soleil, dont la masse faramineuse crée un puits gravitationnel dans l’espace. Placer une sonde en orbite autour de Mercure, la planète la plus proche de notre étoile, ressemble à un casse-tête, car cela revient à lancer une bille dans un entonnoir géant en faisant en sorte qu’elle ne tombe pas dans le trou… Hors de question d’emprunter une trajectoire directe : il serait impossible de freiner et le vaisseau finirait dans la fournaise solaire. Game over. La seule solution passe par un long chemin des écoliers tracé il y a quelques décennies par le chercheur italien Giuseppe « Bepi » Colombo (1920-1984) qui donne son nom à la mission : cette odyssée de l’espace prévoit d’effectuer pas moins de 18 révolutions autour du Soleil, 18 ronds dans l’entonnoir, afin de n’entrer que lentement vers l’intérieur du Système solaire et ne pas finir englouti au fond du puits.
Pour ce faire, la sonde profitera de neuf coups de pouce – appelés « assistances gravitationnelles » – donnés par trois planètes : la Terre, en avril 2020 ; Vénus, en octobre 2020 et août 2021 ; et Mercure elle-même à six reprises entre octobre 2021 et janvier 2025. A chaque coup de pouce, BepiColombo resserrera sa trajectoire, qui finira par se confondre avec celle de Mercure, en décembre 2025. A ce moment-là, 9 milliards de kilomètres auront été parcourus. La sonde utilisera ses différents moteurs à de nombreuses reprises pour réussir ses rendez-vous planétaires et pour contrecarrer l’accélération due au Soleil. Ainsi que le souligne Nicolas Chamussy, vice-président exécutif d’Airbus Defence and Space à qui l’ESA et la JAXA ont confié la construction de BepiColombo, « au total, le moteur principal à propulsion électrique aura fonctionné deux ans en temps cumulé ».
Défi technologique immense
La gestion des grands panneaux solaires qui alimenteront ce moteur est presque aussi compliquée que le périple de la sonde, explique Frank Budnik, expert en dynamique de vol pour l’ESA : « Ces panneaux doivent être inclinés selon un angle bien précis, de façon à recevoir assez de lumière du Soleil pour assurer l’importante demande en énergie du système de propulsion et faire fonctionner le vaisseau, sans pour autant être trop exposés », auquel cas leurs cellules seraient tout bonnement grillées : aux abords de la petite planète, l’énergie reçue de notre étoile est plus de dix fois supérieure à celle qui arrive sur Terre.

   


Aller sur Mercure et y travailler revient donc à reproduire le vol d’Icare en essayant de ne pas connaître son sort tragique. Si la mission, dans les cartons depuis les années 1990, ne part qu’aujourd’hui, c’est parce que le défi technologique imposé par la proximité du Soleil est immense et qu’il a fallu innover sans cesse pour le relever. Certains matériaux devront ainsi à la fois résister à un froid de – 170 °C et à un enfer de 450 °C. C’est pour cette raison que BepiColombo, en plus de son vaisseau et de ses deux orbiteurs – le Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’ESA et le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO, rebaptisé Mio) de la JAXA – est équipé d’une sorte de coiffe qui assurera une protection thermique pendant tout le voyage.
Couvertures cousues à la main
Celle-ci sera éjectée au moment de l’arrivée autour de Mercure, en décembre 2025, et les deux appareils scientifiques se sépareront pour suivre des orbites différentes. Mio tournoiera sur lui-même – façon de ne pas surchauffer – et, avec ses cinq instruments, étudiera l’environnement externe de la planète (magnétosphère, atmosphère, poussières, vent solaire). Quant à MPO, bardé d’isolations – dont des couvertures cousues main – et doté d’un immense radiateur pour évacuer la chaleur, ses onze instruments se concentreront sur la surface et les entrailles mercuriennes.
Car ne l’oublions pas, si l’on a dépensé 1,7 milliard d’euros pour construire cette mission, ce n’est pas tant pour l’exploit spatial ou l’innovation technologique que pour la science. Même si la NASA a déjà envoyé deux engins vers la petite planète – Mariner 10 dans les années 1970 et Messenger (en opération de 2011 à 2015) –, Günther Hasinger rappelle que Mercure « reste la planète la moins explorée du Système solaire, si on met de côté les géantes de glace Uranus et Neptune, et qu’elle comporte plusieurs mystères ».
Comment expliquer qu’elle soit si sombre ? D’où provient son atmosphère très ténue et comment évolue-t-elle avec le temps ? Qu’est-ce qui explique la présence d’une magnétosphère ? Quid des glaces détectées dans les cratères qui ne voient jamais la lumière du Soleil au pôle nord (« des glaçons dans un four à pizza » pour reprendre la formule imagée de Günther Hasinger) ? Mercure s’est-elle formée plus loin que Mars comme le suggèrent certains éléments ? Mais, dans ce cas, comment a-t-elle migré là où elle se trouve ? Les réponses sont peut-être au bout du voyage…

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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Un comité de l’Agence européenne du médicament est favorable à une commercialisation en Europe du vaccin Dengvaxia.
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Vaccin de Sanofi contre la dengue : avis positif pour une autorisation dans l’UE

Un comité de l’Agence européenne du médicament est favorable à une commercialisation en Europe du vaccin Dengvaxia.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h43
   





                        



   


Sanofi a annoncé, vendredi 19 octobre, avoir obtenu un avis positif d’un comité de l’Agence européenne du médicament (EMA), en vue de mettre sur le marché en Europe son vaccin contre la dengue, ce qui inclut les départements et collectivités d’outre-mer français, davantage exposés. Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’EMA a recommandé l’indication du vaccin Dengvaxia pour les personnes âgées « de 9 à 45 ans ayant déjà été infectées par le virus et vivant dans des zones d’endémie », selon un communiqué de Sanofi.
Cela pourrait notamment concerner les Antilles, la Polynésie française ou l’île de La Réunion, durement frappée cette année par une épidémie de dengue, une infection transmise par un moustique. « L’autorisation de mise sur le marché de la Commission européenne est attendue en décembre 2018 », a précisé Sanofi.

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Un scandale aux Philippines
Depuis la fin de 2015, Dengvaxia a déjà obtenu des autorisations de mise sur le marché dans vingt pays, notamment au Mexique, au Brésil ou encore aux Philippines. Mais ce premier vaccin au monde contre la dengue est jusqu’à présent un échec commercial retentissant pour le groupe, doublé d’un scandale aux Philippines, où les autorités l’ont accusé d’avoir causé la mort de dizaines d’enfants.
Sanofi avait averti fin 2017 que Dengvaxia pouvait aggraver les symptômes de la dengue chez les personnes n’ayant jamais été infectées auparavant par ce virus. Cette annonce avait créé la panique aux Philippines, où des centaines de milliers d’enfants avaient déjà été vaccinés. Sanofi a, cependant, toujours fermement défendu son vaccin et dit n’avoir jamais identifié aucun décès lié à son administration. Quant aux autorités philippines, elles ont paru par la suite divisées sur l’affaire.
En avril dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé de tester les patients individuellement avant de leur injecter Dengvaxia, afin de s’assurer qu’ils n’ont pas été exposés plus tôt à ce virus. Dengvaxia a été évalué dans le cadre d’études cliniques ayant inclus plus de 40 000 personnes dans quinze pays, complétées par des études d’efficacité et de tolérance « de grande envergure » offrant jusqu’à six années de suivi à ce jour, selon Sanofi.

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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Des médecins français rapportent un cas de ce syndrome, rare et énigmatique, classiquement associé à deux autres signes : des œdèmes et des manifestations pulmonaires.
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