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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’Afrique subit les conséquences d’une décolonisation en bonne partie ratée, explique le professeur à Sciences Po Paris.
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Bertrand Badie : « Les puissances coloniales ont étouffé le panafricanisme »



LE MONDE
              datetime="2018-10-23T17:25:08+02:00"

        Le 23.10.2018 à 17h25






Durée : 03:53 | 

Dans son livre Quand le Sud réinvente le monde, Bertrand Badie explique que les nations du Nord ont phagocyté l’émancipation politique des anciennes colonies en imposant leur propre modèle d’organisation politique, celui de l’Etat-nation. « Les libérateurs africains étaient condamnés à être des protestataires plutôt que des bâtisseurs d’Etat-nation, non adaptés à l’historicité africaine », précise le professeur à Sciences Po Paris. Pour lui, les pays africains ont été cantonnés à un rôle secondaire sur la scène internationale après les indépendances, et l’Afrique bouleverse aujourd’hui l’agenda international. « Le continent est devenu le centre de gravité du jeu politico-diplomatique mondial. »


                

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.
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« Vaccination des soignants contre la grippe » : il est urgent d’agir !

Seuls 30 % des professionnels sont vaccinés. Etienne Grass et Cyril Goulenok, de la chaire santé de Sciences Po, proposent dans une tribune au « Monde » une stratégie incitative en lieu et place de l’obligation vaccinale.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    23.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 15h49
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis la consultation citoyenne, il y a deux ans, la France est en train de franchir un palier de maturité en matière de vaccination. Les décisions prises l’année passée par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, y ont sans doute contribué : en étendant l’obligation vaccinale des enfants, le gouvernement a réaffirmé dans la clarté la priorité donnée à la santé publique. L’opinion publique, que l’on croyait rétive, paraît le suivre.
Un récent sondage Ipsos a montré que 83 % des Français se disent favorables à la vaccination, loin du triste résultat de la grande enquête de la London School of Hygiene en 2016, qui montrait un niveau de défiance inédit dans la population française à l’égard des vaccins.
Dans ce contexte, on pourrait être déçu par l’annonce récente (le 18 octobre) d’une simple charte, cosignée par les ordres professionnels, concernant la vaccination des soignants contre la grippe. Une charte, là où le code de la santé publique permettrait une obligation (article L3111-4) dont la mise en application reste une épine dans le pied du gouvernement.
Il y a urgence à agir, car la situation actuelle est inacceptable. Malgré un risque de transmission aux patients, le taux de vaccination chez les professionnels de santé atteint difficilement les 30 %, et ce, quel que soit le type d’établissement (public ou privé) ou de profession (médecins, infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes).
Lorsqu’on se penche sur le sujet, l’obligation vaccinale est pourtant moins évidente qu’il n’y paraît. Dans son principe, l’objectif est peu contestable : malgré l’efficacité aléatoire du vaccin contre la grippe, plusieurs études ont montré le bénéfice d’une couverture vaccinale quasi exhaustive des soignants.
D’autres enquêtes montrent à l’inverse l’effet causal de la faible vaccination dans la propagation du virus. Les patients, eux, que l’on interroge si peu, ont une vision très claire de la question : l’enquête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Selon des enquêtes, moins de 1 % des enseignants sont victimes de violences physiques. Les insultes, elles, restent fréquentes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Violences scolaires : « Les enseignants considèrent souvent qu’ils ne sont pas soutenus par leur hiérarchie »

Selon des enquêtes, moins de 1 % des enseignants sont victimes de violences physiques. Les insultes, elles, restent fréquentes.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 16h22
    |

            Violaine Morin








                        


Benjamin Moignard est sociologue à l’université Paris-Est-Créteil. Spécialiste des violences scolaires, il est le coauteur, avec Eric Debarbieux et Kamel Hamchaoui, d’une enquête de victimation auprès de 18 000 enseignants du second degré, publiée en 2013. Il a en outre mené de nombreuses recherches, notamment sur la délinquance juvénile, et finalise actuellement un travail consacré aux nouvelles problématiques éducatives dans l’académie de Créteil.
La vidéo d’un lycéen braquant une arme factice sur une enseignante dans un lycée à Créteil, mise en ligne jeudi 18 octobre, suscite l’émoi. Ce type d’agression envers un professeur est-il fréquent ?
Les enquêtes montrent régulièrement que moins de 1 % des enseignants sont touchés par des violences physiques. Dans l’enquête de victimation de 2013, 99,2 % des enseignants déclaraient n’avoir jamais subi de coups, ce qui n’a pas tendanciellement changé depuis. Ce sont des incidents peu fréquents, mais traumatiques. Ce qui est plus ordinaire, ce sont les insultes. Dans les enquêtes de victimation, on a toujours autour d’un tiers des enseignants qui disent en avoir subi pendant l’année. Ce n’est d’ailleurs pas une spécialité des établissements des quartiers populaires.
Depuis le milieu des années 1990, on a vu naître un discours très alarmiste à l’apparition de chaque nouveau fait divers, alors qu’on observe plutôt une stagnation, et en aucun cas une explosion du phénomène des violences à l’école. En outre, une partie des établissements concentrent la majeure partie des difficultés, créant des effets de « polarisation », mais ils ne subissent pas plus de violences aujourd’hui que dans les années 2000.
Sur les réseaux sociaux, on voit poindre des accusations d’« omerta ». Existe-t-il un décalage entre les faits qui remontent jusqu’au ministère et les faits réels ?
Il y a ce qu’on appelle le chiffre noir des faits de violence à l’école, qui est incontournable dès lors qu’il y a un traitement public des données qui sont fournies à l’institution. Deux raisons à cela : soit les incidents ne sont pas signalés, soit le chef d’établissement ne veut pas qu’ils soient connus. On peut également ajouter que pour qu’ils soient remontés, encore faut-il que les incidents en question soient signalés par ceux qui les subissent, ce qui est loin d’être systématique. Dire qu’il y a une omerta sur ces questions, eu égard aux outils dont l’éducation nationale s’est dotée, me paraît cependant exagéré. La France est l’un des rares pays à disposer de moyens multiples pour mesurer le phénomène.
La DEPP [le service d’études statistiques de l’éducation natiornale] produit des enquêtes de climat scolaire et de victimation dont la dernière remonte à 2017. Il y a aussi le système Sivis, un dispositif pensé pour faire remonter des données de violence scolaire signalées par les chefs d’établissement à partir d’un échantillon représentatif. Ces outils ont des limites et ne sont pas parfaits, mais ils témoignent d’une certaine continuité de l’action publique. En revanche, le succès du hashtag #pasdevagues sur Twitter renvoie bien à mon sens aux difficultés éprouvées par les enseignants et à leur sentiment d’abandon par l’institution.

        Violences à l’école :
         

          des professeurs dénoncent sur Twitter le silence de l’éducation nationale



Qu’en est-il de ce sentiment d’abandon dont témoignent les enseignants sur les réseaux et la réalité des chiffres ?
Les enseignants considèrent très souvent qu’ils ne sont pas soutenus par leur hiérarchie, toutes les enquêtes le montrent. L’exemple de Créteil est frappant : si cette enseignante a porté plainte seulement après avoir vu la vidéo sur le Web, peut-être pouvons-nous considérer qu’elle se sent isolée, à tort ou à raison, comme beaucoup d’autres de ses collègues. Il y a souvent l’idée que les chefs d’établissement ne prennent pas les mesures adaptées pour soutenir les équipes enseignantes et punir les fauteurs de trouble. Il faut y prêter fortement attention, car la manière dont se vit la solidarité entre les profs se fait parfois au détriment des élèves.
Le code de l’éducation est relativement clair sur ce point. Il insiste sur l’équilibre nécessaire entre les enjeux éducatifs que portent l’école et la nécessaire réponse à des actes qui n’ont aucune place en contexte scolaire. Que la question des sanctions soit le prisme principal à partir duquel les enseignants mesurent la solidarité de leur hiérarchie témoigne d’une difficulté forte.
Est ce que les problèmes disciplinaires se concentrent sur les établissements prioritaires, comme on le dit souvent ?
Les chiffres montrent que le risque de victimation est plus élevé dans les établissements prioritaires que dans les autres. Toutefois la réalité est nettement plus complexe. On connaît les facteurs de prévalence de la violence scolaire : la stabilité des équipes fait partie des éléments les plus déterminants. Dans les établissements de l’éducation prioritaire, on trouve parfois plus d’un tiers d’enseignants vacataires, et un fort turnover des équipes. Le deuxième élément, c’est le sentiment de justice pour les élèves et l’application de sanctions équitables.
Des voix s’élèvent dénonçant une sorte de mansuétude de l’administration vis à vis des comportements violents. Qu’en est-il ?
Une multiplicité d’enquêtes montre que punir à répétition est contre-productif et constitue un facteur déclenchant des phénomènes de violence. Le discours qui consiste à dire « si on punit plus il y aura moins de violences », n’est pas approprié. La France est l’un des pays qui sanctionne le plus et le plus sévèrement.
Dans mon enquête sur les exclusions temporaires, j’avais constaté que les établissements qui utilisent le plus cette sanction sont aussi ceux qui ont les risques de victimation les plus élevés. Il faut sortir des postures idéologiques et sécuritaires, pour inciter les enseignants à travailler dans des équipes et des collectifs renforcés, très éloignés des logiques infantilisantes qui les isolent trop souvent.

Gabriel Attal demande plus de transparence et de sanctions
Pour lutter contre la violence à l’école, « il faut plus de transparence et plus de sanctions », a déclaré mardi Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, sur LCI, après l’affaire du lycéen ayant braqué sa professeure. La réunion d’un comité stratégique, annoncée par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, aura lieu mercredi 24 octobre et donnera lieu à « des mesures fortes », a assuré le secrétaire d’Etat, qui a évoqué un « sentiment d’omerta chez beaucoup de professeurs ». Selon lui, il faut notamment revoir « l’échelle des sanctions et leur effectivité ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

L’intégrité scientifique est intangible

Editorial. Après plusieurs cas d’inconduite scientifique, la recherche française doit se doter de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 11h36
   





                        


Editorial du « Monde ». Quiconque s’intéresse à l’histoire des sciences sait combien cette activité est humaine, soumise aux passions, aux rivalités, et que la quête de la connaissance s’accommode parfois de petits arrangements avec les faits bruts, quand il ne s’agit pas de fraude pure et simple.
L’astronome Claude Ptolémée est suspecté d’avoir plagié les mesures du Grec Hipparque, le moine Gregor Mendel soupçonné d’avoir « arrangé » la répartition de ses petits pois pour coller à ses lois de l’hérédité. Vingt ans après sa publication, un article d’Andrew Wakefield dans The Lancet affirmant que le vaccin ROR était responsable de cas d’autisme continue de handicaper la politique vaccinale, alors que ses résultats ont été entièrement « bidonnés » et qu’ils ont fait depuis l’objet de rétractations.

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Ces cas restent rares, mais ces inconduites scientifiques ne sont que la forme la plus extrême sur un continuum qui va du simple embellissement des données à leur fabrication pure et simple. Avancement, financement et gloire dépendent de la capacité des équipes à produire rapidement des résultats publiables. Cette économie de la connaissance induit des effets pervers : panurgisme, saucissonnage des résultats, émergence de revues prédatrices et congrès bidons, inconduites scientifiques…
Véritables fraudes
Des sites comme PubPeer, destinés à accueillir des critiques de la littérature scientifique, y compris de façon anonyme, sont honnis par une part des chercheurs, qui y voient un abject instrument de délation. Imparfait, il a pourtant mis au jour de véritables fraudes, et n’existe qu’en raison de l’incapacité de la science à répliquer ses résultats et à s’autocorriger efficacement.
Les institutions scientifiques françaises ne semblent pas avoir totalement tiré les leçons du phénomène. La direction du CNRS, face au « cas Olivier Voinnet », en 2015, pensait en avoir fait un exemple capable d’édifier la communauté : en frappant durement cette star de la biologie végétale partie pour la Suisse, l’organisme public montrait que nul n’était à l’abri.
Mais, pour frapper fort, encore faut-il frapper juste, et avec cohérence : l’enquête de 2015 a été bâclée, les responsabilités individuelles n’ont pas été suffisamment recherchées, pas plus que l’ampleur des atteintes à la science engendrées par ces inconduites. Et, trois ans plus tard, les mêmes arguments retenus contre Olivier Voinnet – sa responsabilité de chef de groupe, l’atteinte à l’image de l’organisme – seront oubliés dans le cas de Catherine Jessus, responsable de la biologie au CNRS. Plusieurs de ses publications sont pourtant, elles aussi, entachées de manipulations d’images, et l’absence de plusieurs données originales ne permet malheureusement pas de conclure.

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                L’honneur sauvegardé de la biologiste Catherine Jessus



La biologie est-elle une science si « molle » que ses spécialistes soient incapables de s’accorder sur la gravité des faits ou de dire si, oui ou non, les manipulations ont changé le sens des « découvertes » ? L’Office français de l’intégrité scientifique, tout récemment créé, et le dispositif que le CNRS s’apprête à mettre sur pied changeront-ils la donne ? Il est temps que la recherche française se dote de règles claires et partagées sur les modalités d’enquête et de sanction des inconduites scientifiques. Qu’elle agisse et pèse à l’international sur les conditions de production de connaissances qui « poussent au crime ». Et qu’elle ne s’effraie pas de la publicité et du scandale : ce n’est pas abîmer la science que d’expliquer comment elle se corrige et se rédime.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Patron de presse exilé à Bruxelles et organisateur de conférences avec son Cercle Pol Vandromme, Alain Lefebvre se fait l’écho de la droite radicale française en Belgique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                
                                    

Bruxelles, porte-voix de l’extrême droite française


                      Patron de presse exilé à Bruxelles et organisateur de conférences avec son Cercle Pol Vandromme, Alain Lefebvre se fait l’écho de la droite radicale française en Belgique.



M le magazine du Monde
 |    23.10.2018 à 10h34
    |

                            François Krug








   


Parmi les Français aisés expatriés en Belgique, Alain Lefebvre, 71 ans, est un cas rare. Lui ne s’en cache pas : son déménagement était bien un exil fiscal. « Je n’en tire aucune fierté ni aucune honte », expliquait-il en 2012 à Libération. A cette époque, celle de la polémique sur la domiciliation de Bernard Arnault en Belgique, il avait même accepté l’interview matinale de RTL. Les journalistes appellent ça un bon client.
C’est qu’il connaît bien leur métier. Cet éditeur a lancé les mensuels féminins Biba et Atmosphères, l’hebdomadaire spécialisé dans la communication Stratégies ou les magazines de décoration Côté Sud, Côté Ouest et Côté Est. Quand il s’est agi de vendre ses parts, il s’est exilé à Bruxelles. Il y a créé Juliette et Victor, un titre destiné à la communauté française. Il est moins bavard sur ses autres activités.
« Des débats intellectuels non conformistes »
En 2014, il s’est porté candidat au rachat de Valeurs actuelles avec un autre expatrié, l’investisseur Jean-François Michaud. L’affaire a capoté lorsque Les Inrockuptibles ont révélé des liens avec Marine Le Pen.
Patrick Buisson, Robert Ménard, ou Charles Beigbeder sont tous venus discourir au Cercle Pol Vandromme.
Depuis, le duo a fondé le Cercle Pol Vandromme, en hommage à un écrivain belge. Selon ses statuts, ce club veut « favoriser l’éclosion et le développement de débats intellectuels non conformistes ». Nous jugeant sans doute trop conformiste, Alain Lefebvre a refusé de répondre à nos questions.
En deux ans, le Cercle Pol Vandromme a fait de Bruxelles une destination de choix pour les vedettes de la droite extrême. Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Robert Ménard, le maire de Béziers, ou l’homme d’affaires Charles Beigbeder sont tous venus y discourir. Les débats sont organisés dans une salle de séminaire sans charme d’un hôtel moderne.

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Le 8 octobre, le Cercle y recevait discrètement Eric Zemmour. Environ cent cinquante chanceux avaient obtenu une invitation, à en juger par des photos postées sur les réseaux sociaux. L’adresse avait été confirmée au dernier moment, raconte l’un d’eux, pour éviter des fuites et des heurts. Eric Zemmour n’a pas été dépaysé. Il était interrogé par François Bousquet, rédacteur en chef de la revue française d’extrême droite Éléments (l’essayiste en fait actuellement la couverture) et patron d’une librairie ouverte récemment à Paris (il y a dédicacé récemment son dernier livre).
Le fan-club belge d’Eric Zemmour
Dans le public, beaucoup d’expatriés, mais l’auteur de Mélancolie française, du Suicide français et, désormais, de Destin français a aussi des fans belges. Ils avaient été mobilisés par e-mail par le sénateur de droite Alain Destexhe, comparé ici à Eric Zemmour pour ses sorties sur l’immigration. « Je ne suis pas d’accord sur tout avec Eric Zemmour. Par exemple, je ne partage pas du tout son analyse sur Pétain », tient-il à nous préciser.
Eric Zemmour est une belle prise pour le Cercle Pol Vandromme, dont les conférences ressemblent souvent à des réunions d’anciens combattants.
En France, Destin français (éd. Albin Michel) s’est vendu en un mois à plus de 47 000 exemplaires, selon le site professionnel Edistat. Une belle prise pour le Cercle Pol Vandromme, dont les conférences ressemblent souvent à des réunions d’anciens combattants. Son premier invité a été Alain de Benoist, théoricien de la nouvelle droite, dans les années 1970. Alain Lefebvre avait milité et travaillé avec lui. Il a aussi fait venir le criminologue Xavier Raufer et d’autres anciens de Magazine Hebdo, un titre très à droite qu’il avait lancé au début des années 1980.
S’estimant muselé à Paris, Eric Zemmour a pu s’exprimer librement à Bruxelles. Son intervention a été filmée et mise en ligne par les organisateurs. Ce qui l’insupportait ce soir-là, c’était une photo du voyage aux Antilles d’Emmanuel Macron, entouré de jeunes dont un faisait un doigt d’honneur : « Les Noirs qui sont torse nu devant le président de la République, déjà ça, j’avoue, ça m’a laissé pantois. » Le conférencier jugeait déplacée et presque érotique cette « promiscuité avec les corps noirs ».

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C’était « une belle bouffée d’oxygène », tweetait à la sortie Marie-Christine Arnautu, venue tromper avec quelques collègues députés européens du Rassemblement national l’ennui de leurs soirées bruxelloises.



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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement doit faire preuve de courage et de pédagogie en ne cédant pas aux critiques sur la fiscalité écologique, explique le professeur d’économie Christian de Perthuis dans une tribune au « Monde ».
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« Pour la fiscalité carbone, c’est l’heure de vérité »

Le gouvernement doit faire preuve de courage et de pédagogie en ne cédant pas aux critiques sur la fiscalité écologique, explique le professeur d’économie Christian de Perthuis dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    23.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 09h26
    |

                            Christian de Perthuis (Professeur à l’université Paris-Dauphine)








                        



                                


                            
Tribune. Curieusement, c’est une disposition ne figurant pas dans le projet de loi de finances pour 2019 qui provoque les réactions les plus vives dans le débat budgétaire. Les hausses de 6,5 centimes pour le litre de diesel et de 2,9 centimes pour l’essence, comme celles affectant le gaz et le fioul domestique pour le chauffage, ont été adoptées il y a un an. Députés et sénateurs ont voté le renchérissement du coût des énergies fossiles jusqu’en 2022. Pourquoi ce qui passait comme une lettre à la poste à l’automne 2017 pose tant de difficultés en 2018 ?
Ecartons les explications anecdotiques, du type changement de locataire au ministère de l’écologie. Le problème vient du prix du pétrole : en 2017, le cours du brent était voisin de 40 dollars le baril (environ 34 euros). Lors de la conférence de presse de Bruno Le Maire pour le budget 2019, il cotait plus de 80 dollars. Une hausse qui se répercute sans délai dans les produits pétroliers que nous achetons. Pour la fiscalité carbone, c’est l’heure de vérité.

La taxe carbone a été introduite en 2014, sous forme d’une composante incorporée dans les accises énergétiques (taxes sur les volumes d’énergie consommés), au prorata de leurs contenus respectifs en CO2. Entre 2014 et 2017, le taux de cette taxe a augmenté, mais son impact sur les énergies fossiles a été moindre que celui de la baisse de leurs prix hors taxe résultant de l’affaiblissement des cours mondiaux. Pour les ménages, le renchérissement de la taxe a donc été indolore. Bercy en a profité pour engranger des recettes supplémentaires et le gouvernement s’est bien gardé de faire la moindre publicité sur un impôt resté confidentiel.
Trois usages en concurrence
Le retour à la réalité est violent. Les arbitrages essentiels pour la montée en charge de cette taxe que personne n’ose appeler de son nom n’ont pas été discutés et ne sont pas assumés politiquement. Ils concernent au premier chef ses recettes. Pour chaque euro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Si les taxes « vertes » procurent des recettes à l’Etat, l’objectif est aussi de changer le comportement des Français, rappelle la professeure d’économie Mireille Chiroleu-Assouline dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Il ne faut pas blâmer la fiscalité écologique »

Si les taxes « vertes » procurent des recettes à l’Etat, l’objectif est aussi de changer le comportement des Français, rappelle la professeure d’économie Mireille Chiroleu-Assouline dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    23.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 10h39
    |

Mireille Chiroleu-Assouline







                        



                                


                            
Tribune. La hausse de la fiscalité énergétique fait une fois de plus pousser des hauts cris alors que débutent les débats sur le projet de loi de finances pour 2019. Cette hausse était-elle inattendue cette année ? Non, puisque la loi de finances pour 2018 avait déjà fixé une trajectoire croissante de la composante carbone des tarifs des taxes intérieures de consommation des produits énergétiques (TICPE) sur la période 2018-2022, pour atteindre un objectif plus ambitieux que celui fixé par la loi relative à la transition énergétique promulguée en 2016, laquelle avait alors une valeur cible de la tonne carbone à 100 euros en 2030.
Ainsi, la valeur de la composante carbone des tarifs de ces taxes doit passer de 44,60 euros/tonne de CO2 en 2018, à 86,20 euros en 2022. En outre, la convergence du tarif du gazole vers les tarifs des essences devrait être achevée en quatre ans, soit à l’horizon 2021. Pour 2019, l’ensemble de ces mesures conduit à une augmentation de 2,9 centimes par litre de supercarburant et de 6,5 centimes par litre pour le gazole routier.
Les seules mesures à prendre, quand elles ne l’ont pas déjà été, concernent l’accompagnement des ménages les plus pauvres
Ces hausses de taxes sont indéniables mais sont-elles responsables de la flambée des prix qui est dénoncée ? Non. De 2014 – année de l’introduction de la composante carbone dans la TICPE–, jusqu’en 2017, les prix à la pompe ont baissé, malgré les hausses de taxes. L’essentiel des variations de prix est en effet dû aux fluctuations du prix du pétrole sur le marché mondial.
La hausse du prix des carburants a-t-elle vraiment réduit le pouvoir d’achat des Français par rapport aux années 1980 ? Non. Et même si le prix du litre de gazole avait simplement augmenté depuis 1983 au même rythme que le taux du smic horaire, il pourrait être aujourd’hui à 1,63 euro sans que la quantité de carburant achetée grâce à une heure de travail payée au smic ait diminué !...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Il s’estime victime d’un complot « orchestré » par le pouvoir exécutif. Et utilise les mêmes ressorts que le président américain.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/10/2018
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« Il est troublant que Jean-Luc Mélenchon prenne exemple sur Donald Trump »

Il s’estime victime d’un complot « orchestré » par le pouvoir exécutif. Et utilise les mêmes ressorts que le président américain.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 07h30
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Durant la campagne présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon avait fait de l’humour une arme redoutable. Qui ne se souvient le 20 mars, lors du premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats, de sa réplique à l’adresse du présentateur qui venait de faire allusion aux démêlées judiciaires de François Fillon et de Marine Le Pen : « J’ai admiré vos pudeurs de gazelle quand vous dites que la campagne a été polluée par les affaires de certains… Ici, il n’y a que deux personnes qui sont concernées, M. Fillon et Mme Le Pen. Les trois autres [Benoît Hamon, Emmanuel Macron et lui-même], nous n’avons rien à voir avec tout ça. Alors, s’il vous plaît, ne nous mettez pas dans le même sac. »

Rattrapé à son tour par la patrouille judiciaire et, précisément, mis dans le même sac par deux enquêtes préliminaires sur le financement de sa campagne et sur des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen, le leader de La France insoumise (LFI) vient de montrer un tout autre visage.
L’humour a cédé la place à la hargne, le sourire au rictus, la brillante répartie à l’injure la plus médiocre. Et les « pudeurs de gazelle », qui ne sont pas son genre, à des rugissements de fauve bien décidé à lacérer quiconque viendrait lui chercher des poux dans la crinière.
Opération de « police politique »
Jusqu’à cette exclamation indignée du député des Bouches-du-Rhône, mardi 16 octobre, devant le siège parisien de son mouvement où la police judiciaire perquisitionnait : « La République, c’est moi ! » – proclamation ensuite répétée à l’adresse de ses partisans : « La République, c’est nous. Eux, c’est le monde de la caste. »
Etrange conception de la démocratie, en vérité, celle qui consiste à crier haro sur ce qui constitue la République : un pouvoir politique légitimé par l’élection, des institutions policières et judiciaires respectées, des contre-pouvoirs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’historien explique comment cette appellation masque la persistance des systèmes anciens et sous-estime la transformation à opérer.
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Jean-Baptiste Fressoz : « L’expression “transition énergétique” est source de confusion »

Dans sa chronique au « Monde », l’historien explique comment cette appellation masque la persistance des systèmes anciens et sous-estime la transformation à opérer.



LE MONDE ECONOMIE
 |    23.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 07h00
    |

Jean-Baptiste Fressoz, chargé de recherche CNRS







                        



                                


                            

Chronique « Transformations ». Du fait de la crise climatique, l’histoire de l’énergie prend une importance existentielle. Ainsi, dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) raisonne à partir de l’histoire des transitions énergétiques passées pour inférer la probabilité d’une transition compatible avec un réchauffement de 1,5 °C.
L’optimisme est mesuré, mais il est tout de même affirmé : « Ces transitions systémiques sont sans précédent en termes d’échelle, mais pas nécessairement en termes de vitesse », peut-on lire dans le « résumé aux décideurs ».

Mais l’usage du mot « transition » repose ici sur un sérieux malentendu. Ce que les historiens étudient sont en fait des « additions énergétiques » et non des transitions.
Par exemple, le gaz d’éclairage n’a pas supprimé les bougies, et les machines à vapeur n’ont pas remplacé la force musculaire : au contraire, la production de bougies explose au XIXe siècle, et le nombre de chevaux atteint son sommet historique dans les années 1900. Même dans l’industrie sidérurgique, où l’usage de la houille est précoce, le bois reste dominant jusque dans les années 1860 en France et jusqu’au XXe siècle en Suède.
Des énergies additionnées au cours du temps
On ne passe pas simplement du bois au charbon, puis du charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire : ces sources d’énergie n’ont fait que s’additionner au fil du temps.
Si, au cours du XXe siècle, l’usage du charbon décroît relativement au pétrole, il reste que sa consommation croît continûment, et qu’on n’en a jamais autant brûlé qu’en 2017. Et pour l’instant, le nucléaire et les renouvelables n’ont fait qu’ajouter une fine couche supplémentaire à un mix énergétique qui demeure fondamentalement carboné : selon les statistiques de British Petroleum, les fossiles (charbon, pétrole, gaz) représentaient 87 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de droit Alberto Alemanno plaide pour que les données privées collectées par les géants de la Silicon Valley soient rendues accessibles aux Etats pour des nécessités de service public.
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« Le big data, une ressource essentielle pour la création de sens »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de droit Alberto Alemanno plaide pour que les données privées collectées par les géants de la Silicon Valley soient rendues accessibles aux Etats pour des nécessités de service public.



LE MONDE ECONOMIE
 |    23.10.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 15h41
    |

Alberto Alemanno (Professeur titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Comment les données peuvent-elles sauver littéralement des millions de vies menacées par des pandémies, des catastrophes naturelles ou tout simplement une mauvaise alimentation ? La question peut sembler provocante, mais la réponse est à la fois simple et stimulante. En collectant, en traitant et en utilisant ce « pétrole du XXIe siècle », nous pouvons désormais savoir exactement comment se propage une pandémie telle que le virus Zika, où se situe l’épicentre d’une catastrophe ou quel nutriment cause une pathologie.
Il n’y a qu’une seule difficulté : la plupart de ces données appartiennent à des sociétés privées, et non aux autorités publiques qui pourraient les exploiter au mieux pour mettre fin à ces crises. Ces entreprises incluent à la fois des opérateurs de réseaux mobiles, mais aussi des entreprises technologiques, comme Google, et enfin, bien sûr, la part du lion réside dans les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter. La quantité croissante de données collectées par les entreprises est le résultat de l’interaction d’intérêts commerciaux, de processus algorithmiques et de l’indication des préférences de l’utilisateur.

Grâce à leurs nombreuses fonctionnalités – notamment la géolocalisation et le contact visuel –, mais aussi à notre « générosité » peu critique à divulguer autant d’informations personnelles. Dans les faits, ces entreprises en savent davantage sur nous que nous-mêmes. Par exemple, des recherches empiriques menées sur près de 100 000 personnes ont révélé que 300 « j’aime » sur Facebook permettent à un ordinateur de déterminer votre personnalité mieux que votre conjoint.
Impact immédiat
L’utilisation de données privées dans les situations d’urgence humanitaire met en lumière leur formidable potentiel – mais leur utilisation quotidienne pourrait être encore plus large. En effet, l’utilisation de données commerciales dans les services publics, comme l’urbanisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour quatre députés Les Républicains, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le débat sur la loi bioéthique doit être l’occasion pour la droite d’exprimer sa capacité à être en phase avec la société
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« Nous sommes députés de droite et favorables à la PMA ! »

Pour quatre députés Les Républicains, qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le débat sur la loi bioéthique doit être l’occasion pour la droite d’exprimer sa capacité à être en phase avec la société



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 14h32
    |

Collectif







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur la procréation médicalement assistée (PMA) qui s’annonce à l’Assemblée nationale est un défi politique, moral et philosophique pour la droite républicaine que nous incarnons au Palais-Bourbon. Ce débat, loin d’être anecdotique, est celui qui cristallisera le regard de l’opinion sur notre législature et sur lequel notre famille politique jouera sa capacité à incarner une vision politique progressiste… ou pas ! Nous ne pouvons manquer ce rendez-vous. Car au-delà des passions, nous avons la responsabilité de penser une vision de société adaptée aux enjeux du XXIe siècle et conforme à l’esprit républicain auquel nous sommes attachés.

L’examen du projet de loi bioéthique annonce en réalité un débat plus large que celui de la PMA ou de la GPA (gestation pour autrui), et il doit interroger le sens d’un engagement et de l’adhésion à un courant de pensée. Notre approche sera plus qu’un choix favorable ou hostile à l’extension d’un droit, il exprimera une conception de la droite du XXIe siècle. Cette droite se doit d’être digne et fidèle à ce que nos prédécesseurs ont réalisé en matière de droits des femmes et de la famille, et nous ne pouvons pas faire l’économie d’afficher notre fierté sur la loi portée avec courage par Simone Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse, et contre une partie des siens, rendant l’intérêt général plus fort que l’esprit partisan.

La science et l’approche éthique développée par le comité d’éthique posent un cadre de référence offrant des garanties morales, médicales. La bioéthique française s’est construite autour de grands principes auxquels nous accordons notre confiance, car la dignité humaine et la préservation de l’espèce sont au cœur de cette approche. Sans nous libérer de nos choix politiques, l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) doit nous éclairer et lever des doutes. Nous ne souhaitons pas nous enfermer dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. La crise diplomatique est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001, et les Etats-Unis y font preuve d’une ambivalence troublante.
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Meurtre de Jamal Khashoggi : l’Arabie saoudite joue sa crédibilité, les démocraties aussi

Editorial. La crise diplomatique est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001, et les Etats-Unis y font preuve d’une ambivalence troublante.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 08h19
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Trois semaines après sa disparition, les autorités de Riyad n’ont toujours pas fait la lumière sur la mort brutale du journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre, dans les locaux du consulat de son pays, à Istanbul.

        Lire aussi :
         

                Mort de Jamal Khashoggi : l’Allemagne suspend ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite



Après avoir prétendu que le journaliste, âgé de 59 ans, ressortissant saoudien résidant aux Etats-Unis et chroniqueur au Washington Post, avait quitté le consulat par une porte arrière, Riyad a reconnu, au bout de dix-huit jours, que celui-ci était mort, et a avancé l’explication d’une bagarre à coups de poing qui aurait mal tourné. Il a ensuite été question d’un étranglement, toujours accidentel. Le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Joubeir, a fait état, dimanche, sur Fox News, d’une « énorme et grave erreur » commise à l’insu du prince héritier Mohammed Ben Salman, alias « MBS », l’homme fort de Riyad.
M. Al-Joubeir est un familier du petit écran aux Etats-Unis. Après les attentats du 11 septembre 2001, dont quinze des dix-neuf auteurs étaient de nationalité saoudienne, il avait déjà été dépêché par le prince héritier Abdallah, dont il était alors le conseiller, pour tenter de redresser l’image du royaume pétrolier. Cet homme à l’anglais parfait et à la voix suave est décidément l’expert des missions difficiles : la crise diplomatique provoquée par le meurtre de Jamal Khashoggi est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001. Cette crise va bien au-delà de sa relation avec les Etats-Unis.

        Affaire Khashoggi :
         

          la « bavure », une thèse bancale pour dédouaner le prince héritier saoudien



Pression du Congrès
Le régime saoudien n’est pas le seul à jouer sa crédibilité dans cette affaire ; celle des démocraties est aussi en jeu. L’administration Trump fait preuve d’une ambivalence troublante. Dès le début, le président américain, qui a fait de sa relation privilégiée avec les Saoudiens la pierre angulaire de sa politique au Moyen-Orient pour contrer l’Iran, a tenté de trouver une sortie de crise susceptible d’exonérer « MBS ». L’alliance américano-saoudienne n’est pas nouvelle : elle remonte au pacte scellé en 1945 entre Roosevelt et le roi Ibn Saoud. Mais Donald Trump l’a poussée très loin, en revendique ouvertement les bénéfices économiques et financiers, a fermé les yeux sur le drame du Yémen et sur les méthodes répressives du jeune prince. M. Trump croit toujours aux 110 milliards de dollars (95,3 milliards d’euros) de contrats d’armements que les Saoudiens lui font miroiter.

        Les dernières informations :
         

          l’Arabie saoudite dit « ne pas savoir où se trouve » le corps



Le Congrès agitant de plus en plus la menace de sanctions contre Riyad, le président américain s’est montré un peu moins complaisant. Son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a renoncé à participer à la grande conférence d’investisseurs de « MBS », prévue le 23 octobre, boycottée par de nombreux Occidentaux. Mais M. Mnuchin se rendra tout de même à Riyad à cette date, afin d’y rencontrer des responsables saoudiens, à deux semaines de l’entrée en vigueur des sanctions américaines les plus lourdes contre l’Iran.
Les Européens, qui ont aussi des intérêts économiques en Arabie saoudite, ont adopté une ligne plus ferme. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni agissent de concert pour réitérer leurs demandes « d’éclaircissements » et ont rejeté les hypothèses avancées par l’Arabie saoudite. La chancelière Angela Merkel a évoqué l’arrêt des ventes d’armes à ce pays. Si les révélations promises par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, confirment le scénario de la macabre exécution par un commando envoyé par Riyad, l’ambivalence de Donald Trump ne sera plus tenable. On ne peut pas à la fois prendre des sanctions contre Moscou pour l’empoisonnement d’un agent double et exonérer Riyad de l’assassinat d’un opposant en exil.

        Les conséquences :
         

          L’affaire Khashoggi pèse sur l’attractivité économique de l’Arabie saoudite







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Diane Leriche, coprésidente de l’association Acceptess-T, était l’invitée de la rencontre « Trans, surmonter les obstacles pour vivre » pour parler des droits et de l’histoire des personnes trans en France, lors du Monde Festival, le 7 octobre.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Face à la banque centrale américaine, le président n’a cessé d’être incohérent au gré de ses intérêts, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/10/2018
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« Que la Fed remonte ses taux n’a rien d’une folie. Ce qui est insensé, c’est que Trump s’en étonne »

Face à la banque centrale américaine, le président n’a cessé d’être incohérent au gré de ses intérêts, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 07h03
    |

            Stéphane Lauer (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. On savait que Donald Trump ne manquait pas d’ennemis. De l’Iran à la Chine, du premier ministre canadien Justin Trudeau à l’actrice porno Stormy Daniels, en passant par la « foule en colère » (sic) des démocrates, deux ans après son élection, la liste ne cesse de s’allonger.
Restait à hiérarchiser cette cohorte hétéroclite. Vainqueur : la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine. C’est « ma plus grande menace », a affirmé le président des Etats-Unis sur Fox Business le 16 octobre.
Fichtre ! Le danger ne se dissimulait donc pas derrière l’étrange coupe de cheveux d’un dictateur prêt à appuyer sur le bouton nucléaire ou sous la silhouette d’un procureur soupçonneux. Non, la menace vient du sein même d’une institution dont M. Trump a pourtant nommé trois des quatre membres actuels du conseil des gouverneurs, à commencer par son président, Jerome Powell. On n’est jamais trahi que par les siens.
Quelques jours auparavant, il avait déjà affirmé que la Fed « est devenue folle », « hors de contrôle », « loco », avait-il traduit spontanément au cas où ses rares supporters mexicains n’auraient pas saisi l’idée, et alors que les marchés financiers dégringolaient de façon spectaculaire.

Risques de surchauffe de l’économie américaine
A l’origine de la panique, la prise de conscience soudaine que l’ère de l’argent quasi gratuit était bel et bien en train de se terminer. Il y a quelques jours, le taux d’intérêt réel aux Etats-Unis, c’est-à-dire la différence entre le taux facial et le rythme d’inflation est redevenu positif pour la première fois depuis des années.
Le loyer de l’argent devenant plus attractif, les capitaux affluent vers les Etats-Unis, ce qui dope le dollar. En revanche, la capacité des Américains à s’endetter, donc à consommer, va s’en trouver réduite, tandis que la hausse du billet vert rogne la compétitivité des exportations. Bref, ça sent la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Analyse. Alors que la colère monte contre la corruption, des responsables politiques s’en prennent aux magistrats et tentent de renforcer le sentiment anti-occidental dans le pays pour échapper à la justice.
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Roumanie : après le Brexit, le « Roexit » ?

Analyse. Alors que la colère monte contre la corruption, des responsables politiques s’en prennent aux magistrats et tentent de renforcer le sentiment anti-occidental dans le pays pour échapper à la justice.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 06h30
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22.10.2018 à 16h44
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            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Ils ont gagné leur liberté au prix de leur vie en 1989, mais plusieurs pays d’Europe centrale et orientale réveillent les démons du passé. Après des dérapages antidémocratiques en Pologne et en Hongrie, l’Etat de droit est aussi remis en question en Roumanie. Le gouvernement social-démocrate en place depuis 2016 s’en prend à la justice et fragilise la démocratie roumaine.
Les instances bruxelloises s’inquiètent des dérapages de la Roumanie, pays qui doit assumer, à partir du 1er janvier 2019, la présidence tournante de six mois de l’Union européenne (UE). « Beaucoup de Roumains sont inquiets en ce qui concerne des changements du cadre juridique qui pourraient affaiblir la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice, a déclaré, le 1er octobre, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Ces inquiétudes sont partagées par la Commission. S’il s’avère que les règles ne sont pas respectées, nous n’hésiterons pas à convoquer le gouvernement roumain devant les instances européennes. »
Invitée à Bruxelles le 3 octobre devant le Parlement européen, la première ministre roumaine, Viorica Dancila, a exprimé son indignation face à la pression européenne. « Je vous dis pour commencer que je ne suis pas venue ici pour vous rendre compte de quoi que ce soit, a-t-elle déclaré aux députés européens rassemblés en séance plénière. En Roumanie, nous sommes en train de construire une vraie justice pour les citoyens. » Une déclaration qui n’engage que Mme Dancila.
« Ils veulent protéger leur passé, leur présent et leur futur »
La majorité des Roumains ne font plus confiance aux promesses d’un gouvernement contesté dans la rue. Leur colère remonte à février 2017, lorsque le gouvernement a tenté de stopper la campagne anticorruption menée par les jeunes procureurs du parquet national anticorruption (DNA). Le succès de ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis va être d’une nature très différente de celles du passé, explique le chef économiste de Natixis dans sa chronique au « Monde ».
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Patrick Artus : « La Fed contre Wall Street ? »

La normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis va être d’une nature très différente de celles du passé, explique le chef économiste de Natixis dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    22.10.2018 à 06h30
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                            Patrick Artus (chef économiste de la banque Natixis)








                        


                                                        
Chronique « Marchés ». Depuis le début des années 1980, la Réserve fédérale américaine (Fed) pratique le « ciblage d’inflation » (« inflation targeting »), c’est-à-dire une politique monétaire visant à maintenir l’inflation (hors effet des prix des matières premières) au voisinage de 2 %. C’est pour cela que la Fed a réagi très fortement dès la fin de 2008 au risque de déflation (d’inflation négative) en passant au « quantitative easing », c’est-à-dire à une politique d’achats d’actifs financiers en contrepartie d’une très forte création monétaire, et en baissant très rapidement ses taux d’intérêt, ramenés à 0,25 % dès la fin de 2008. Mais c’est aussi pour cela que la Fed a maintenu très longtemps, jusqu’à la fin de 2016, des taux d’intérêt très bas (0,25 % ou 0,50 %).
En effet, la Fed a conservé sa politique de ciblage d’inflation jusqu’au début de 2017, continuant à croire que les salaires allaient finalement accélérer en raison du retour des Etats-Unis au plein emploi. Logique avec sa propre règle, elle a donc maintenu une politique monétaire ultra-expansionniste en attendant le retour de l’inflation salariale.
« Aujourd’hui, aux Etats-Unis, le plein-emploi ne ramène plus l’inflation »
Mais il faut se rendre à l’évidence : aujourd’hui, aux Etats-Unis, le plein-emploi ne ramène plus l’inflation, sans doute en raison de la nature des emplois créés. Le coût salarial unitaire, c’est-à-dire les salaires corrigés de la productivité, qui est le déterminant essentiel de l’inflation, progresse de 1 à 1,5 % par an selon les trimestres, comme il y a deux ou trois ans.
La Fed a donc fini pas conclure que l’inflation ne reviendra pas, mais qu’il était nécessaire de normaliser la politique monétaire pour pouvoir l’utiliser de manière contracyclique dans le futur, et qu’il fallait donc abandonner le ciblage d’inflation. A partir du début de 2017, elle a augmenté ses taux d’intérêt. Aujourd’hui, son taux directeur est à 2,25 %.
Normalisation...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Y-a-t-il une fenêtre fiscale à saisir avant la fin de l’année 2018 dans le cadre de la mise en place du prélèvement à la source, s’interroge Frédéric Poilpré, membre du Cercle des fiscalistes.
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Prélèvement à la source : « Faut-il se générer des revenus additionnels en 2018 ? »

Y-a-t-il une fenêtre fiscale à saisir avant la fin de l’année 2018 dans le cadre de la mise en place du prélèvement à la source, s’interroge Frédéric Poilpré, membre du Cercle des fiscalistes.



LE MONDE ARGENT
 |    22.10.2018 à 05h45
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 07h49
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Frédéric Poilpré (Membre du Cercle des fiscalistes)







                        



   


Le sujet du prélèvement à la source a fait couler beaucoup d’encre et a soulevé bon nombre de questions relatives tant à la compréhension de son mode de fonctionnement qu’à ses spécificités de mises en œuvre.
Au-delà des débats passionnés suscités par ce nouveau mode de recouvrement de l’impôt, la question sous-jacente que tout un chacun se pose et à laquelle nous sommes tentés de répondre est la suivante : l’année 2018 sera-t-elle une année blanche au plan fiscal ?
Leviers d’action
L’idée n’est pas de revenir avec force de détails sur le mécanisme à proprement parler du prélèvement à la source mais plutôt d’y apporter un éclairage pratique en déterminant les leviers d’action et les opportunités éventuelles qui peuvent s’offrir à un salarié au titre de l’année 2018. Autrement dit : existe-t-il une fenêtre fiscale à saisir ?

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                « Le régime fiscal dérogatoire des indivisions peut constituer un véritable piège pour l’attributaire »



Nous savons que le crédit d’impôt pour la modernisation du recouvrement de l’impôt sur le revenu (CIMR) a pour but de neutraliser la fiscalité afférente aux revenus courants (en comprendre les salaires) perçus en 2018 et ce pour éviter que le contribuable ne règle la même année, le prélèvement à la source afférent aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2019 et les revenus courants perçus au titre de l’année 2018.
Par opposition, les revenus dits « exceptionnels » seront quant à eux fiscalisés « classiquement » avec un recouvrement de l’impôt intervenant en 2019. Le contexte étant ainsi posé, quel intérêt pourrait-il y avoir à se générer des revenus additionnels en 2018.
Revenu exceptionnel
Aucun ? La réponse n’est pas si évidente… le diable se niche dans les détails. L’imposition additionnelle qui s’appliquera sur les revenus exceptionnels ne sera pas calculée en tranche marginale d’imposition (qui peut atteindre 45 %). L’impôt appliqué sur ces revenus sera déterminé par la différence entre l’impôt normalement dû au titre de l’intégralité des revenus perçus (c’est-à-dire courants et exceptionnels) et du CIMR. De ce fait, le revenu exceptionnel ne sera pas taxé en tranche marginale d’imposition mais bien selon un taux moyen.

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                « Trois pistes sont envisageables pour remplacer l’exit tax »



Concrètement, un salarié percevant exclusivement des revenus courants entrant dans le champ d’application du Prélèvement à la Source, peut donc avoir un intérêt à se générer des revenus exceptionnels (soumis au barème progressif de l’IR) en 2018. La mécanique de calcul de l’impôt pour les revenus ne relevant pas du CIMR est clairement plus favorable pour l’année 2018 exclusivement.
A titre d’exemple, voici quelques revenus qualifiés d’exceptionnels en 2018 pouvant concerner un salarié :
– Sommes perçues au titre de la participation non affectée à un plan d’épargne entreprise ;
– Sommes issues de la monétisation des droits inscrits sur un compte épargne-temps (excédant une période de 10 jours) ;
A noter que la monétisation des jours en compte épargne-temps dans la limite de 10 jours est un revenu courant qui sera annulé par le CIMR… donc 10 jours rémunérés sans impôts !
– La cession d’attribution gratuite d’action(s) sous conditions (en fonction de la date d’attribution des plans et sous réserve que les plus-values d’acquisition et de cession relèvent du barème progressif de l’IR).
En conclusion, le gain fiscal sur les revenus exceptionnels générés en 2018 induit par cette mesure sera d’autant plus important pour les salariés relevant d’une tranche marginale d’imposition élevée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Un collectif de professeurs et d’intellectuels réuni autour de l’inspecteur d’académie Jean-Michel Lespade prône, dans une tribune au « Monde », l’élargissement du corpus des auteurs étudiés en terminale, notamment en direction des traditions indienne et chinoise.
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Philosophie au lycée : « Il faut ouvrir l’horizon »

Un collectif de professeurs et d’intellectuels réuni autour de l’inspecteur d’académie Jean-Michel Lespade prône, dans une tribune au « Monde », l’élargissement du corpus des auteurs étudiés en terminale, notamment en direction des traditions indienne et chinoise.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 05h30
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Collectif







                        



                                


                            

Tribune. Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 23 août, Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, insistait sur le renouvellement des connaissances dans l’horizon intellectuel d’un lycée du XXIe siècle. Elle précisait également qu’il faut, pour moderniser les enseignements, « les reconsidérer à l’aune de l’universalisation de la culture ».

Pour l’enseignement de la philosophie au lycée, que signifie une telle universalisation de la culture ? Elle se jouera bien évidemment sur le programme des notions proposées à l’étude, mais aussi sur la liste des auteurs de référence. Cette liste encadre le choix des textes et des œuvres dont chaque classe, sous la responsabilité du professeur, effectue l’étude suivie. Car si l’apprentissage de la philosophie s’ancre dans l’intelligence des questions, des problèmes et des concepts, celle-ci est indissociable de la fréquentation et de l’étude des œuvres des philosophes issus d’horizons et de traditions philosophiques multiples.
Déjà, lors de la précédente refonte des programmes, en 2003, il avait été décidé d’élargir cette liste pour l’ouvrir à certains philosophes contemporains (Hannah Arendt, seule femme du programme à ce jour, Emmanuel Levinas, Michel Foucault) ainsi qu’à des auteurs et traditions jusqu’alors délaissés : Anselme, Ockham (pour la période médiévale), Averroès (pour la tradition arabe), ont ainsi fait leur entrée.
La prochaine réforme du lycée va-t-elle amplifier et consolider ce mouvement ou, au contraire, revenir en arrière ?
De nouvelles perspectives de lecture
Ici, les chemins bifurquent. Soit l’on campe sur la certitude arrêtée que nos classiques sont les classiques, qu’il faut et qu’il suffit d’en appeler aux quelques auteurs tenus pour élémentaires – on se fera alors une idée dogmatique, réactive et très « européo-centrée » de l’universalisation de la culture. Soit l’on considère que le mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Ancien responsable du fonds Foccart aux Archives nationales, Jean-Pierre Bat détaille avec minutie la manière dont le père de la « Françafrique » a tissé sa toile dans l’ombre de De Gaulle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Jacques Foccart et ses réseaux au crible des archives

Ancien responsable du fonds Foccart aux Archives nationales, Jean-Pierre Bat détaille avec minutie la manière dont le père de la « Françafrique » a tissé sa toile dans l’ombre de De Gaulle.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 05h15
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22.10.2018 à 14h56
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            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Livre. Il vient un temps où les journalistes doivent s’effacer devant les historiens et une certaine rigueur scientifique. Jean-Pierre Bat a été responsable du fonds Foccart aux Archives nationales et mène, depuis 2012, un travail salutaire sur l’un des personnages les plus légendaires de la Ve République : Jacques Foccart, mort en 1997, à l’âge de 83 ans. Après avoir traité du Syndrome Foccart (Folio, 2012) puis, en 2017, livré la vérité des archives d’un homme qui a suivi comme son ombre le général de Gaulle, il s’attaque, cette fois-ci, à ses réseaux et tente de démêler une toile tissée dès la seconde guerre mondiale.
La vie de cet homme, qui aura vécu toute sa vie dans le secret, trouve ses racines dans la Résistance, dont il a été membre actif jusqu’à la Libération. Il a vécu, aux premières loges, la défaite militaire de la France, l’Occupation et le lot de peurs liées à la clandestinité. Au sortir de la guerre, ce pilier du service action des services de renseignement français (Sdece) inscrit ses pas dans ceux du général de Gaulle. Il lui sera fidèle jusqu’au bout.
Il l’aide lors de sa traversée du désert et devient son conseiller lors de son retour au pouvoir en 1958. A la tête du secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches, il est en réalité le tout-puissant « M. Afrique » du général de Gaulle et se voit confier, entre autres, la tâche de surveiller le monde du renseignement.
Il suit ainsi scrupuleusement le recours par le Sdece aux opérations « Homo », acronyme désignant les assassinats ciblés, et « Arma », pour les destructions d’armes. Il se fera communiquer la liste des actions réalisées par le Sdece dans ce domaine. Cette connaissance intime des services secrets lui sera précieuse lorsqu’il faudra combattre l’OAS et faire la traque, à l’issue du conflit algérien, aux pro-Algérie française, nombreux au sein de l’armée et des services de renseignement.
« Mélange des...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans son livre, l’essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».
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Portrait

Reni Eddo-Lodge : « Etre universel dans ce monde, c’est forcément être blanc »

Dans son livre, l’essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».

Par                                            Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-10-21T18:00:29+02:00"

        Le 21.10.2018 à 18h00

     •
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        Mis à jour le 22.10.2018 à 11h21






    
L’essayiste britannique Reni Eddo-Lodge.
Crédits : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l’interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D’ordinaire, c’est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I’m No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.
Au Brésil, des militants antiracistes s’en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des sympathisants des droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture.
Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France à la fin du mois de septembre, en pleine polémique autour du prénom d’Hapsatou Sy qui, selon, Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse
Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l’égalité des chances des personnes de couleur ».
Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l’ampleur de son impact dans l’accès au logement, à l’éducation ou à l’emploi.
Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu’il est difficile d’« expliquer autrement qu’en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».



L’aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale.
Une grande maison d’édition lui propose d’en faire un livre. « Quand j’ai publié ce billet, se souvient-elle, j’étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c’était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l’injustice. Il me fallait raconter cette sensation d’effondrement qu’on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »

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Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux de télévision, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d’extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l’issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d’origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».
« Privilège blanc »
Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d’une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m’a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j’évoquais le fait d’être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j’étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l’écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s’en rendent même pas compte car c’est la norme. Etre blanc dans ce monde, c’est être universel », explique-t-elle simplement.

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L‘écrivaine sait qu’elle dérange. Les progressistes « lisent l’essai et en sortent ébranlés, car j’interroge la dimension systémique qui leur permet d’avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l’accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l’identité raciale, alors que pour elle « c’est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s’infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu’à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait… blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.
Groupuscules néonazis
La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l’esclavage (1,5 million d’Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l’immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L’auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd’hui menacés d’expulsion.
Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d’ailleurs sienne cette déclaration de l’ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l’écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c’est parce que vous étiez là-bas. »

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                Essai. L’Afrique bouscule l’universel



Aujourd’hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix.
Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d’elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d’autres sujets, laissant la discussion ouverte.



« Le racisme est un problème de Blancs », de Reni Eddo-Lodge, éd. Autrement, 296 p., 19,90 €.

