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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le président turc a contredit la version saoudienne d’un interrogatoire qui aurait mal tourné, mais a pris soin de ne pas nommer le commanditaire du meurtre.
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Affaire Khashoggi : Erdogan dénonce « une opération planifiée » mais ménage son allié saoudien

Le président turc a contredit la version saoudienne d’un interrogatoire qui aurait mal tourné, mais a pris soin de ne pas nommer le commanditaire du meurtre.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 18h17
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit avec force, mardi 23 octobre, ce que des sources policières anonymes et les médias turcs répètent à l’envi depuis trois semaines : le journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi a été « sauvagement assassiné » à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.
Les déclarations de M. Erdogan, annoncées la veille comme susceptibles de faire « toute la vérité » sur l’affaire Khashoggi, n’ont apporté aucun élément vraiment nouveau, sinon qu’elles contredisent la version saoudienne des faits selon laquelle le journaliste a été tué dans l’enceinte du consulat après un interrogatoire qui aurait dégénéré en pugilat.
Agé de 59 ans, Jamal Khashoggi ne ménageait pas ses critiques envers le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, dit « MBS », notamment dans les chroniques qu’il publiait dans le Washington Post depuis son exil volontaire aux Etats-Unis à l’automne 2017. Personne ne l’a plus revu depuis qu’il a franchi la porte d’entrée du consulat saoudien à Istanbul, où il avait rendez-vous pour une démarche administrative, lundi 2 octobre à 14 heures.
Opération planifiée « plusieurs jours à l’avance »
Prenant la parole face au groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) à Ankara, M Erdogan, ovationné après avoir fait des deux mains la « rabia » (le signe de ralliement des Frères musulmans, les quatre doigts de levés, le pouce replié vers la paume), a exposé les détails d’une opération planifiée « plusieurs jours à l’avance ».
Celle-ci a été menée par une équipe de quinze Saoudiens, envoyée à Istanbul tout spécialement par Riyad, a-t-il confirmé. La préméditation ne fait aucun doute. En premier lieu, M. Khashoggi était attendu au consulat où il avait pris rendez-vous. Ensuite, les agents saoudiens dépêchés sur place ont effectué des repérages aux environs d’Istanbul juste avant le meurtre. Par ailleurs, les employés turcs de la résidence du consul avaient reçu un congé exceptionnel le 2 octobre, jour où le journaliste s’est présenté au consulat. Enfin, les caméras de vidéosurveillance du consulat ont été désactivées le matin même, a confirmé M. Erdogan.

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Il s’agit d’« un assassinat politique », a dénoncé le président turc, tout en se gardant de se prononcer sur l’identité du commanditaire. Il a préféré rappeler les importantes zones d’ombre qui subsistent autour de la mort du journaliste par le biais de questions. « Pourquoi le corps reste-t-il introuvable à ce jour ? » ; « qui a donné les ordres aux tueurs ? »
Un pays « frère et ami »
Riyad a été renvoyé à ses propres contradictions lorsque le président turc a exigé que l’identité de l’« interlocuteur local » mentionné par les Saoudiens comme ayant fait disparaître le corps du journaliste soit communiquée aux autorités turques.
A aucun moment du discours présidentiel, il n’a été fait mention de « MBS », pourtant pointé du doigt ces derniers jours comme le commanditaire de l’assassinat par les médias turcs pro-gouvernementaux, alimentés par les fuites des services secrets, et américains, ainsi que par des parlementaires américains, dont le sénateur républicain Lindsey Graham, proche du président Donald Trump.
Cette omission en dit long sur la volonté de M. Erdogan de ne pas brûler tous les ponts de sa relation avec le royaume saoudien, un partenaire commercial non négligeable, surtout au moment où l’économie turque est menacée de récession. L’Arabie saoudite est un pays « frère et ami », avait pris soin de rappeler Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, à la veille du discours de M. Erdogan.
« Confiance » au roi Salman
A plusieurs reprises dans son allocution, le président turc s’est adressé au roi Salman, qu’il a pris soin de ménager, se disant « confiant » en sa volonté de coopérer à l’enquête menée par la Turquie. Le souverain saoudien, âgé de 83 ans, a été invité par le président turc à faire en sorte que tous les protagonistes de l’opération rendent des comptes, « du plus haut niveau au plus bas ». 
Le « plus haut niveau » était une allusion voilée au prince hériter. « Tout prouve que cet assassinat a été réalisé sur les ordres de Mohamed Ben Salman. D’après nos informations, après avoir tué Khashoggi au consulat, Maher Abdulaziz Mutreb [le chef du commando de 15 hommes dépêchés à Istanbul pour l’opération] a appelé depuis son portable à quatre reprises Bader Al Asaker, le directeur de cabinet du prince héritier », assure le quotidien Yeni Safak dans son édition du 22 octobre.
C’est avant tout à travers les Etats-Unis que le président turc compte accentuer la pression sur Riyad. Il semble y être parvenu. « Le monde entier nous regarde. Les Américains veulent des réponses et nous allons exiger que ces réponses viennent rapidement », a averti le vice-président américain, Mike Pence, qui assistait mardi, à Washington, à une rencontre organisée par le Washington Post.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Mercredi 17 octobre, Ara Güler (né le 16 août 1928) s’est éteint, à l’âge de 90 ans, à Istanbul.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Une infrastructure de 55 km permet désormais de relier directement Hongkong à Macau et à la ville chinoise de Zuhai. Le chantier a mis presque dix ans à aboutir.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le leader du principal parti d’opposition zimbabwéen, Nelson Chamisa, préconise la formation d’un gouvernement transitoire d’urgence.
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Compte rendu

Au Zimbabwe, l’opposition appelle au « dialogue » pour mettre fin à la crise

Le leader du principal parti d’opposition zimbabwéen, Nelson Chamisa, préconise la formation d’un gouvernement transitoire d’urgence.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-23T17:36:01+02:00"

        Le 23.10.2018 à 17h36






    
Nelson Chamisa, leader du principal parti d’opposition zimbabwéen, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), à Harare, le 23 octobre 2018.
Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP


Le principal dirigeant de l’opposition zimbabwéenne et rival malheureux du président Emmerson Mnangagwa à la dernière présidentielle, Nelson Chamisa, a préconisé mardi 23 octobre la formation d’un gouvernement transitoire d’urgence pour résoudre la crise politique et économique qui s’aggrave dans le pays.

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Le Zimbabwe connaît sa plus grave crise économique depuis dix ans qui s’est traduite ces dernières semaines par des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments en raison d’un manque de devises. « La première chose à faire pour ce pays est de s’engager sur le chemin d’un dialogue politique », a déclaré M. Chamisa, du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui revendique la victoire à l’élection présidentielle du 30 juillet. « Nous avons besoin d’une autorité transitoire nationale, de manière à pouvoir résoudre cette crise », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse à Harare.
« Notre peuple souffre »
M. Chamisa a indiqué avoir rencontré des responsables religieux qui réclament l’ouverture d’un dialogue politique entre l’opposition et le président du Zimbabwe. « Nous sommes prêts à discuter », a-t-il dit. « Nous allons finalement discuter et résoudre nos problèmes nationaux en tant que pays », a-t-il ajouté, mais « nous ne sommes pas prêts à être contraints de légitimer l’illégitime ». « Notre peuple souffre. Ce délabrement économique est notre lot à tous », a ajouté M. Chamisa.

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Les pénuries et les hausses de prix actuelles sont les pires depuis que la crise économique et financière de 2008 a entraîné le pays dans une spirale d’hyperinflation. Les prix de nombreuses denrées de base ont plus que doublé en moins d’un mois. « La situation dans les hôpitaux est tellement choquante, a poursuivi Nelson Chamisa. Nos hôpitaux sont malades. Des hôpitaux malades ne peuvent pas prendre soin de gens malades. Notre peuple meurt de maladies évitables comme le choléra. » Au moins cinquante personnes sont mortes du choléra depuis septembre. « Il y a une absence de leadership, la nation est orpheline », a ajouté Nelson Chamisa.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dix mois dans un campement au Maroc, huit dans un centre de séjour à Melilla, six en Espagne… Tout au long de leur parcours, les migrants apprennent à patienter.
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Témoignages

Entre deux frontières, les interminables attentes d’un Ivoirien en route pour l’Allemagne

Dix mois dans un campement au Maroc, huit dans un centre de séjour à Melilla, six en Espagne… Tout au long de leur parcours, les migrants apprennent à patienter.

Par                Carolina Kobelinsky



LE MONDE
              datetime="2018-10-23T17:19:12+02:00"

        Le 23.10.2018 à 17h19






    
Des migrants subsahariens à Boukhalef, près de Tanger, au Maroc, en septembre 2018.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Dans un centre pour demandeurs d’asile dans la campagne bavaroise, en Allemagne, Adama Touré (nom fictif) attend des nouvelles de la procédure qu’il a entamée afin d’obtenir le statut de réfugié. Il attend surtout de pouvoir « passer à autre chose, reprendre la vie un peu ». Depuis bientôt deux ans, il attend. Non, « tout ça a commencé il y a bien plus longtemps, bien trop longtemps », me rappelait-il au téléphone la dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, en novembre 2017.
Tout au long de leurs parcours, les personnes migrantes sont soumises à différentes formes d’attente au cours desquelles elles apprennent que leur temps est jugé sans valeur. À travers cette dépréciation de leur temps, c’est le mépris pour la valeur sociale des personnes migrantes qui devient manifeste.

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Trois ans auparavant à Melilla, enclave espagnole en territoire marocain où j’ai fait sa connaissance, Adama Touré attendait de poursuivre son chemin en Europe. Deux semaines plus tôt, il était encore de l’autre côté du triple grillage haut de 6 mètres qui matérialise la frontière terrestre entre l’Afrique et l’Europe. Au Maroc, il était resté un an. Avant l’attente ouverte par le dépôt de la demande d’asile en Allemagne, le parcours d’Adama Touré est ainsi fait de poches d’attente. Attente qui, à chaque fois, dans chaque endroit, prend une texture singulière.
Au début, la joie et l’optimisme
Né en Côte d’Ivoire il y a vingt-neuf ans, Adama Touré avait réussi le saut des clôtures deux semaines avant notre rencontre. Fier de cet exploit, mais surtout soulagé de se trouver en territoire européen, « même si Melilla c’est la petite Europe », il attendait alors la « salida », la « sortie » de l’enclave, qui s’incarnait tout d’abord par un document délivré par les autorités locales indiquant son transfert vers la péninsule ibérique.
Dans les premiers moments, cette attente était joyeuse et remplie d’optimisme. Il retrouvait des choses simples : « Qu’est-ce que ça fait du bien de se laver tous les jours ! » « Ici on a le ventre plein et ça fait du bien ! » S’il restait très discret par rapport à son passé ainsi qu’aux motivations qui l’avaient poussé à quitter son pays, Adama disait haut et fort qu’il était « tout près d’une nouvelle vie », « une vie sans violence, dans des conditions correctes ». Attendre et espérer étaient deux faces d’une même temporalité où l’attente était la condition de possibilité de cette nouvelle vie qu’il espérait de l’autre côté de la Méditerranée.



Les semaines passant, l’attente prenait plus de place, elle était plus lourde à supporter. Les lundis et les mardis étaient critiques, angoisse et anxiété dans l’air, patienter devenait trop dur. C’étaient ces jours-là que l’administration du Centro de estancia temporal de inmigrantes (CETI, le centre de séjour temporaire des immigrés) annonçait les noms de celles et ceux qui auraient leur « salida » et quitteraient l’enclave avec le ferry du mercredi soir.
Au moment de l’arrivée dans la péninsule ibérique, les personnes migrantes apprenaient le sort que leur réservaient les autorités : enfermement dans un centre d’internement afin d’organiser leur expulsion vers leur pays d’origine ou prise en charge provisoire par une association quelque part en Espagne.
Après un mois à Melilla, sans argent et sans possibilité de travailler, Adama Touré avait l’impression de vivre une succession de journées interminables. « Ceux qui prient, au moins ils ont quelque chose à faire, moi je ne prie pas, ça fait bien trop longtemps, je ne vais pas m’y mettre maintenant, ça ne serait pas sérieux ! Je ne peux donc pas passer mon temps à la mosquée ! » Bien que sur un ton badin, Adama disait là combien il enviait ses compères pieux, pour qui les journées étaient rythmées par les temps des prières et non plus seulement par le temps creux de l’attente.
Ecouter de la musique, discuter avec les compagnons de fortune, fumer des cigarettes assis à l’ombre, sous un pont proche du CETI, étaient les occupations principales d’Adama Touré pendant sa vie dans l’enclave. Et jouer au foot. Les Maliens l’avaient coopté dans leur équipe puisqu’il n’y avait pas assez de joueurs ivoiriens et parce qu’il était « très bon ». « Un Eléphant devenu Aigle à cause de la situation », m’avait-il dit, un sourire sur les lèvres, en reprenant les symboles des deux équipes nationales, avant d’avouer que dans les tournois organisés sur le mont Gourougou, au Maroc, il faisait déjà partie des Aigles.
« On s’entraînait comme des soldats »
En effet, avant d’être bloqué à Melilla, Adama Touré l’a été au Maroc pendant un an, dont dix mois dans les campements du Gourougou, montagne du Rif située à quelques kilomètres de la barrière. Là où s’organise la vie dans l’attente de la traversée. Parmi les personnes migrantes qui s’y trouvent, nombreuses sont celles qui ont d’abord essayé de passer la frontière par voie maritime, et ce n’est qu’après plusieurs échecs qu’elles se résignent à tenter le saut des grillages.
Comme tous ceux qui essaient de franchir cette frontière, Adama Touré a vite compris que pour tenter sa chance, il fallait se préparer, devenir très agile, pour escalader avec promptitude, courir plus vite, mais aussi endurcir son corps pour mieux résister aux blessures causées par les barbelés, les chutes du haut des clôtures ou la confrontation violente avec les agents de la Gendarmerie royale marocaine et de la Guardia civil espagnole.
Adama s’est alors mis au rythme des camarades qui étaient au Gourougou depuis plus longtemps. Entraînement tous les jours, au même titre que la recherche de nourriture et de fourniture pour « survivre dans la brousse ». Ils marchaient plusieurs heures par jour en portant du bois, des bidons. « On s’entraînait comme des soldats. » Ils grimpaient sur des arbres, se chronométraient pour améliorer leur temps.

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« Frapper la barrière » est une affaire collective bien étudiée. Adama m’explique ce que d’autres avant lui m’ont déjà raconté : réussir le franchissement de la frontière nécessite de l’organisation, du courage mais aussi de la rapidité. Sept minutes, c’est le temps maximal qu’ils peuvent accorder à la première étape, celle qui consiste à atteindre la première barrière côté marocain. Trois minutes, le temps maximal pour sauter les trois clôtures et se retrouver en territoire espagnol. Dépassé ce temps, ils seront immanquablement interceptés par les forces de l’ordre (marocaines ou espagnoles).
Adama Touré ne se souvient pas du nombre exact de fois où il a participé à ces tentatives, « dix, douze peut-être ». Mais il garde un souvenir précis du spectre de la mort qui hantait chaque nouvel essai, des blessures physiques qu’il fallait soigner de retour au campement, de la mortification morale d’avoir été chassés « comme des bêtes ». Il se souvient surtout que la fois où il s’est blessé à la jambe, un camarade est décédé.
Renvoi vers l’Espagne
Huit mois après avoir réussi le franchissement des clôtures, Adama Touré a pris le ferry du mercredi, peu avant minuit, avec une vingtaine de personnes qui, comme lui, se reprenaient à rêver de la suite de leur parcours. Depuis Malaga où le bateau a accosté, Adama a été conduit à Getafe, ville proche de Madrid. Il y a été pris en charge par une association pendant six mois, avant de décider qu’il était temps de continuer la route vers le nord. Une bénévole de l’association lui a acheté un billet de train et il est parti. Il n’avait qu’un petit sac avec son téléphone, deux ou trois habits et un peu plus de 200 euros en poche.
La frontière entre l’Espagne et la France, il l’a traversée en taxi, avec deux autres camarades de voyage. Il est ensuite monté dans un car en direction de Paris. Le jour même de son arrivée, il est reparti, toujours en car vers la frontière. Avec trois compagnons, il a partagé un taxi pour faire les derniers kilomètres.

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Je ne connais pas les détails de son arrivée en Allemagne. Je sais juste qu’il y a déposé une demande d’asile et qu’il a été conduit dans un centre en Bavière. En raison des accords de Dublin, sa requête est renvoyée vers les autorités compétentes en Espagne, pays par lequel il est entré sur le territoire européen.
Lors d’une conversation par Skype, il me dira : « Si j’avais su tout ça… mais je ne savais pas. C’est d’une grande stupidité. On est pénalisé parce qu’on est noir, parce qu’on est pauvre, parce qu’on nous maltraite physiquement, à la frontière, au Maroc, on nous maltraite psychologiquement aussi, et en plus ils nous maltraitent avec ce Dublin et toutes ces règles qu’on ne comprend pas, qui embrouillent. On va maintenant m’envoyer en arrière, ce n’est pas logique. »
Après avoir quitté sa maison près d’Abidjan en mai 2013, Adama Touré a traversé le Mali, l’Algérie, le Maroc. Il a réussi à franchir la frontière européenne un an et demi plus tard. Après l’Espagne et la France, c’est en Allemagne qu’il a voulu « se poser ». En novembre 2017, il avait perdu tout espoir d’y rester et attendait son renvoi vers l’Espagne pour enfin « trouver un peu de stabilité ». Depuis, son téléphone ne répond plus et son compte Facebook est inactif.
Carolina Kobelinsky est anthropologue, chargée de recherches au CNRS et à l’université Paris-Nanterre.
Cet article a d’abord été publié par le site The Conversation, en collaboration avec le blog de la revue Terrain.





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Par  Laure Verneau   Publié aujourd’hui à 16h47, mis à jour à 16h47   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                         Dépôt d’armes à feu en vue de leur desctruction par les autorités malgaches, à Antananarivo, le 16 octobre 2018. RIJASOLO / AFP             Dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 octobre, l’homme d’affaires Stéphane Laurin, 51 ans, a été froidement assassiné par un des cambrioleurs qui entraient chez lui, à Ankadikely Ilafy, une commune rurale à une quinzaine kilomètres d’Antananarivo, la capitale malgache. Le Français, qui vivait dans la Grande Ile depuis vingt-sept ans, était directeur de l’entreprise textile Festival, installée dans une zone franche où se concentrent les investisseurs étrangers désireux de bénéficier des avantages fiscaux proposés par Madagascar.           Lire aussi La crevette, cet « or rose » dont Madagascar ne voit pas la couleur             D’après la gendarmerie, cinq hommes se sont introduits dans l’enceinte de la villa en enlevant les briques du mur de clôture. Lorsqu’ils ont fracturé la porte d’entrée, Stéphane Laurin s’est levé, alerté par le bruit. Un des cambrioleurs l’a tué d’une balle dans la tête au moment où il ouvrait la fenêtre. Le reste de la famille a été tenu en joue pendant que la maison était mise à sac. Les voleurs se sont enfuis avec l’ordinateur, le téléphone portable du défunt et 2 millions d’ariary (près de 500 euros).            Le butin, qui peut paraître dérisoire vu de France, reste une petite fortune dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres de la planète. A Madagascar, plus de 75 % de la population vit avec moins de 2 euros par jour, selon la Banque mondiale.          A la nuit tombée, Tana change de visage          « J’ai connu M. Laurin il y a trois mois, alors que nous visitions ensemble le port de Tamatave [Toamasina], qui avait des problèmes d’engorgement, se souvient Fredy Rajaonera, le président du Syndicat des industries de Madagascar. C’était un entrepreneur dynamique, très impliqué dans la société malgache. Hélas, le climat ambiant d’insécurité joue sur celui des affaires. Les ouvriers sont angoissés, ils rentrent tôt chez eux parce qu’ils ont peur qu’il leur arrive quelque chose. La productivité en pâtit. On se dit tous que ça pourrait nous arriver. »          « Nous contribuons activement au développement de Madagascar par une participation fiscale non négligeable, mais ça ne peut pas continuer dans un environnement d’insécurité et d’instabilité, indiquait précédemment M. Rajaonera dans la presse locale. Il faut qu’on nous donne cet environnement de sécurité et de stabilité pour pouvoir booster l’économie. » Alors que le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 7 novembre, cet appel sera-t-il entendu par le prochain gouvernement ?           Lire aussi A Madagascar, coup d’envoi d’une campagne électorale marquée par le combat des « ex »             L’insécurité à Madagascar est persistante. Dans la capitale, dès que la nuit tombe, les rues se vident et « Tana » change de visage. De bruyante et embouteillée, la capitale devient presque fantomatique. Les rares lumières émanent des gargotes où l’on peut se restaurer. La ville est traversée par de longs escaliers assez étroits, qui font office de raccourcis entre les quartiers. Faute d’éclairage public, il est fortement déconseillé de se déplacer autrement qu’en taxi. Des agents de sécurité privée patrouillent dans le centre-ville et se proposent de ramener les riches couche-tard à leurs hôtels, qu’ils soient « vazaha » (étrangers) ou malgaches.          « Moi, ma règle, c’est de ne jamais voyager de nuit, confie Stéphane, un touriste français. Je ne me suis jamais senti en danger à Madagascar, sauf la nuit. Surtout pendant les longs voyages en taxi-brousse. De toute façon, c’est la recommandation numéro un de tous les forums de voyage. » L’insécurité est l’affaire de tous. « Sur l’avenue de l’Indépendance, deux hommes ont coupé la lanière de mon sac alors que je portais mon fils dans les bras, raconte Zina, hôtelière. Heureusement, je n’avais pas beaucoup d’argent. »          Une embuscade contre des footballeurs          Le 16 octobre au soir, l’équipe nationale de football, qui venait de se qualifier pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en battant la Guinée équatoriale, est tombée dans une embuscade à proximité du stade de Vontovorona. Des étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique avaient barré la route. Ils protestaient contre une coupure d’électricité qui durait depuis trois jours. Ils ont réclamé de l’argent aux joueurs et ont jeté des pierres sur leur véhicule.           Lire aussi Football : Madagascar disputera la CAN pour la première fois de son histoire             Dans un contexte de pauvreté extrême, les actes de banditisme peuvent aussi relever du ras-le-bol de la population. Ce que les footballeurs ont bien compris : sortis indemnes de cet événement, ils ont annoncé dans un communiqué qu’ils allaient, par solidarité, reverser l’intégralité de leurs primes de match contre la Guinée équatoriale.          Sur les cinq dernières années, selon les statistiques de la gendarmerie nationale, 4 000 personnes ont été tuées à Madagascar, victimes du banditisme.                                                     Laure Verneau  (Antananarivo, correspondance)       Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Immigré, afrodescendant, métis... La quête d’identité vue par l’écrivaine Aminata Aidara  La journaliste italo-sénégalaise publie son premier roman, « Je suis quelqu’un » : l’histoire d’un secret qui hante une famille éclatée entre le Sénégal et la France.                          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En Algérie, 80 blessés, dont une trentaine de policiers, lors d’un match de football  Les stades du pays sont le théâtre de violences quasi-hebdomadaires entre supporteurs, mais aussi parfois contre les joueurs.                      #Soisunefemmelibre : une campagne sur Internet contre le machisme au Maroc  De nombreuses Marocaines s’indigent, sur les réseaux sociaux, d’une campagne en ligne incitant les hommes à surveiller les vêtements de leurs femmes.               
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La Commission européenne rejette le budget prévisionnel italien

Le projet de budget soumis par Rome prévoit « une déviation sans précédent » du déficit public et de la dette par rapport aux règles du pacte de stabilité et de croissance, juge Bruxelles.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 16h53
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        


La Commission du président Juncker n’avait plus vraiment le choix. Dans l’après-midi de mardi 23 octobre, elle a confirmé une décision sans précédent : elle réclame au gouvernement italien qu’il lui soumette un nouveau budget prévisionnel 2019 après qu’elle a jugé non conforme aux règles du pacte de stabilité et de croissance le projet de loi concocté par l’attelage populiste (Mouvement 5 Etoiles et extrême droite de la Ligue) aux manettes à Rome.
Cette décision questionne la souveraineté d’un des Etats fondateurs de l’Union européenne (UE) et de la troisième économie de la zone euro. Le gouvernement italien a formellement refusé, lundi 22 octobre, de reculer sur ce budget prévisionnel, malgré « une déviation sans précédent » par rapport aux règles du pacte de stabilité et de croissance, dénoncée par Bruxelles, jeudi 18 octobre.
Les règles communes, établies entre tous les Etats membres, ont beau être plutôt souples, le cas italien, aux yeux de la plupart des observateurs, oblige l’institution à réclamer une révision du budget. Si elle n’agit pas, la Commission court en effet le risque de se décrédibiliser complètement.
« Nous regrettons que la Commission soit pour la première fois obligée de demander à un pays de la zone euro de revoir son plan budgétaire, il n’y a pas d’autre option », a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, mardi. « Violer les règles communes peut être tentant à première vue, mais à un moment ou à un autre, le poids de la dette nationale est beaucoup trop élevé. En 2017, la dette de l’Italie a atteint 131,2 % du produit intérieur brut (PIB), c’est le deuxième niveau le plus élevé dans l’UE et un des plus élevés au monde. En 2017, cela a représenté 37 000 euros par habitant », a ajouté le politique letton.
« Cela ne change rien, que ces messieurs de la spéculation se rassurent, on ne retourne pas en arrière », a déclaré en réaction à cette annonce le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini. « Ils ne sont pas en train de s’attaquer à un gouvernement mais à un peuple. Ce sont des choses qui mettent les Italiens encore plus en colère, et après on se plaint que la popularité de l’Union européenne soit au plus bas », a ajouté le chef du parti d’extrême droite La Ligue devant des journalistes italiens, mardi, lors d’un déplacement en Roumanie.
Un déficit prévisionnel de 2,4 % du PIB en 2019
Le gouvernement transalpin se déclare prêt, depuis quelques jours, à un « dialogue constructif » avec Bruxelles et ses partenaires. Mais dans les faits, il n’a tenu, pour l’heure, aucun compte des observations formulées. Le « budget du peuple » — pour reprendre l’expression du Mouvement 5 Etoiles — affichera un déficit prévisionnel de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019, au lieu de 0,8 % promis en juin. Et une détérioration structurelle (creusement du déficit lié à des réformes) de 0,8 % du PIB en 2019, contre un effort structurel attendu de 0,6 % (réductions budgétaires liées à des réformes).
« Nous ne sommes pas face à un cas “borderline” mais face à une déviation claire, nette, assumée et, par certains même, revendiquée », a déclaré Pierre Moscovici, commissaire à l’économie européen. « La Commission ne remet pas en cause les priorités du gouvernement italien, la lutte contre la pauvreté, par exemple. Elle ne va pas interférer en quoi que ce soit avec ses choix politiques internes. Ce qui nous préoccupe, ce sont les conséquences de ce budget pour le peuple. La dette est l’ennemie des peuples et de l’économie. Ce fardeau laisse l’économie italienne à bout de souffle », a ajouté l’ex-ministre des finances français. 


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Le déficit français sera supérieur à celui de l'Italie en 2019… mais la tendance doit s'inverser dès 2020

France :  Déficit structurel  Déficit conjoncturel
Italie :  Déficit structurel  Déficit conjoncturel
(en pourcentage du PIB)


Sources : PLF 2019, LPFP 2018-2022, budget italien 2019.




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Rome s’est, en revanche, engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour ne pas dépasser ce niveau de déficit, et à le réduire à 2,1 % en 2020, puis à 1,8 % en 2021. Le ministre de l’économie et des finances, Giovanni Tria, qui aura cherché — sans succès — à obtenir que la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles lâchent un peu de lest face à Bruxelles, admettait, dans sa réponse aux instances européennes, qu’il est « conscient » d’enfreindre les règles. Il explique cette décision, « difficile mais nécessaire », par le retard pris par son pays dans le retour au niveau de PIB d’avant le début de la crise financière, ainsi que « les conditions dramatiques dans lesquelles se trouvent les couches de la population les plus désavantagées de la société ».
Assis sur un confortable socle de popularité (environ 60 % d’opinions favorables, un niveau très inhabituel en Italie), le gouvernement Conte semble assuré de sa légitimité et confiant dans sa capacité à résister aux pressions extérieures. La dégradation de la note de la dette italienne de « Baa2 » à « Baa3 » par l’agence Moody’s, vendredi 19 octobre, aura plutôt contribué à calmer les esprits : en effet, celle-ci n’a pas provoqué la tempête que beaucoup craignaient.
Bruxelles veut dédramatiser sa démarche
Pierre Moscovici et Valdis Dombrovskis sont tous deux en première ligne dans l’annonce historique de la Commission. Bruxelles n’a, jusqu’à présent, jamais « retoqué » aucun budget de la zone euro.
Le Français et le Letton partagent une même volonté de dialogue, mais aussi de fermeté, depuis le début de l’épreuve de force avec Rome, à la fin de septembre. Mardi, en direct du Parlement de Strasbourg, où la commission tenait sa réunion du collège, MM. Moscovici et Dombrovskis ont pris soin d’éviter le recours à une rhétorique trop brutale. L’institution veut au maximum dédramatiser sa démarche, afin d’échapper, autant que faire se peut, à l’accusation d’avoir provoqué une crise irréparable par son intransigeance.
Crainte de secousses sur le marché des obligations
Les commissaires craignent également de fortes secousses sur le marché des obligations souveraines, qui pourraient fragiliser des Etats encore convalescents, comme l’Espagne ou le Portugal. Personne n’y a intérêt : les autorités grecques redoutent que leurs banques, encore très fragiles après dix années de crise financière, n’en soient les premières victimes collatérales.
Après la demande bruxelloise de « resoumission » de son budget, l’Italie aura trois semaines, soit jusqu’au 14 novembre, dans le cadre de la procédure dite du « semestre européen », pour revoir sa copie. En cas de refus, une procédure dite de « déficits excessifs », liée à l’énorme dette du pays (environ 132 % de son PIB), pourra être ouverte par l’institution, à tout moment.
« Nos portes ne se ferment pas, cette décision n’est pas la fin de l’histoire, mon mot d’ordre reste le même : nous souhaitons vivement maintenir notre dialogue constructif », a déclaré M. Moscovici mardi.

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Arabie saoudite : 12 milliards d’euros de commandes d’armes à la France en neuf ans

EN UN GRAPHIQUE – Malgré la polémique Khashoggi, Emmanuel Macron est attendu en fin d’année dans le royaume, gros client de la France, pour signer de nouveaux contrats.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 16h46
    |

            Mathilde Damgé








                        


Après la mort du journaliste Jamal Khashoggi, l’Allemagne a demandé aux pays européens de suspendre tout nouveau contrat d’armement avec l’Arabie saoudite. Interrogé le 12 octobre sur la question des ventes d’armes entre la France et l’Arabie Saoudite, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il était « faux de dire que l’Arabie saoudite est un grand client aujourd’hui de la France ».
Pour les entreprises de défense françaises, le royaume est le deuxième plus gros client mondial, après l’Inde. Selon le rapport au Parlement 2018 sur les exportations d’armement, ce sont ainsi près de 12 milliards d’euros de commandes saoudiennes qui ont été validées en neuf ans, soit une moyenne de 1,3 milliard d’euros par an.

   


Les autorités françaises ne se rendront pas au forum de l’investissement qui s’est ouvert à Riyad mardi 23 octobre, mais la visite d’Emmanuel Macron est attendue en fin d’année dans le royaume pour la signature de nouveaux contrats. Soucieux de continuité, le président estime par ailleurs que les contrats signés par le passé doivent être respectés et toutes les armes commandées livrées.

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                Ventes d’armes à l’Arabie saoudite : le timide embarras des pays européens



Près de 60 % de l’armement saoudien provient d’Europe. Entre 2001 et 2015, les entreprises européennes ont exporté pour 57 milliards d’euros d’armement vers le royaume, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).


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Matteo Salvini accuse la France d’avoir refoulé des migrants mineurs vers l’Italie

Le ministre de l’intérieur italien a protesté à plusieurs reprises contre ces refoulements depuis la frontière française, dénonçant plusieurs cas récents à Clavière ou Montgenèvre.



Le Monde.fr avec AFP
 |    23.10.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 16h33
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, s’en est une nouvelle fois pris à la France, mardi 23 octobre. Il accuse Paris d’avoir tenté la semaine dernière de refouler en pleine nuit des migrants mineurs en Italie. « La France a aussi cherché à renvoyer en Italie des immigrés mineurs : cela s’est passé le 18 octobre après 22 h 30, mais nous avons bloqué la procédure », a annoncé le ministre italien d’extrême droite sur les réseaux sociaux. A plusieurs reprises, ces derniers jours, M. Salvini a protesté contre ces refoulements depuis la frontière française. Il a dénoncé les récentes incursions de gendarmes ou de policiers français à Clavière, en territoire italien, pour y refouler des migrants.
La semaine dernière, le ministre italien avait diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux où l’on peut voir des policiers, à la frontière française, refouler trois migrants au passage de Montgenèvre (Hautes-Alpes).

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Castaner invité à Rome
Dès samedi, il a envoyé des policiers italiens monter la garde à la frontière dans la ville italienne. « Je confirme la présence fixe d’une patrouille à la frontière, et j’invite de nouveau le ministre français de l’intérieur [M. Castaner] à Rome, a ajouté M. Salvini. Il est indispensable de clarifier ces épisodes de manière définitive. »
Dans une interview accordée au Journal du dimanche, le nouveau ministre français de l’intérieur a expliqué que « les procédures appliquées à la frontière résultent du code Schengen et d’un accord franco-italien, dans un cadre précis et partagé ». Ce que réfute M. Salvini : « Il n’y a pas d’accord bilatéral entre l’Italie et la France, écrit et officiel, qui permette ce type d’opération. Si [le gouvernement français] parle de “pratique habituelle”, c’est le gouvernement qui nous a précédés qui doit en répondre. »
« Maintenant, les temps ont changé et nous n’acceptons pas que des étrangers arrêtés en territoire français soient amenés en Italie sans que nos forces de l’ordre puissent vérifier leur identité. »
Depuis janvier, la police française a mené plus de 45 000 procédures de refoulement, sur la côte, à Vintimille, ou en montagne, selon le ministère de l’intérieur français. Ce que dénoncent les associations de défense des migrants.




                            


                        

                        


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Point de vue

Nigeria : « Au nom de quoi peuvent se justifier les assassinats de deux sages-femmes ? »

Pour la directrice Afrique du CICR, les meurtres de deux de ses employées au Nigeria rappellent le devoir de respecter le droit humanitaire international.

Par                Patricia Danzi



LE MONDE
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        Le 23.10.2018 à 14h55

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        Mis à jour le 23.10.2018 à 16h01






    
Dans un camp pour personnes déplacées à Rann, dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, près de la frontière camerounaise, le 29 juillet 2017.
Crédits : STEFAN HEUNIS / AFP


Hauwa Mohammed Liman, 24 ans, sage-femme, travaillait dans un hôpital soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lorsqu’elle a été enlevée le 1er mars à Rann, dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, affecté depuis des années par un féroce conflit armé. Elle a été tuée par ses ravisseurs le 15 octobre.
Un mois auparavant, le 16 septembre, Saifura Hussaini Ahmed Khorsa, 25 ans, elle aussi sage-femme du CICR, enlevée avec Hauwa, était assassinée dans les mêmes conditions et par le même groupe de l’Etat Islamique pour l’Afrique de l’Ouest.
Ces actes suscitent horreur, dégoût, indignation, désespoir et pour finir ces crimes constituent un nouveau coup très dur contre l’humanitaire et celles et ceux qui tentent de porter secours et assistance dans les zones de conflit.
Leur travail consistait à donner la vie !
Personnellement, en tant que directrice du CICR pour l’Afrique, je comprends les tensions qui existent entre différents systèmes de croyance. Je suis à la fois nigériane et suisse. Bien que je ne sois pas musulmane, certains membres de ma famille au Nigeria le sont. En revanche, ce que je ne peux pas comprendre, c’est qu’une idéologie puisse justifier ces meurtres. Hauwa et Saifura étaient sages-femmes. Leur travail consistait à donner la vie ! Ces jeunes femmes étaient aussi filles, sœurs, épouses et mères. Au nom de quoi peuvent se justifier ces assassinats ?

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Lorsque des femmes décident de s’engager dans des activités de santé en zone rurale au nord-est du Nigeria, la décision à prendre n’est pas simple. Toute la famille – en particulier les maris et les pères – doit se mettre d’accord. C’est un point capital pour les familles et plus largement pour les communautés.
Saifura était une mère et une sage-femme dévouée. Ses proches la savaient aimante de son garçon de 2 ans et de sa fille de 5 ans. Pour autant, les enfants ne comprenaient pas bien l’absence de leur mère partie au printemps, là où l’appelaient son métier et son engagement. Hauwa, elle aussi, avait fait le choix de s’éloigner temporairement de sa famille pour assister les populations de Rann.
Courage et dévouement
A l’inverse de la sécurité relative que l’on peut trouver dans les grandes villes du Nigeria, travailler au Nord, en zone rurale, expose à des dangers, particulièrement pour les personnels de santé. Plus que jamais, leur courage et leur dévouement méritent respect et gratitude. La recrudescence de la violence contre la mission médicale, les personnels, les infrastructures sanitaires, les véhicules ambulanciers dans la plupart des conflits de la planète continue d’inquiéter le CICR.

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                Une infirmière allemande de la Croix-Rouge enlevée en Somalie



Le Nigeria n’est pas le seul pays où le CICR est confronté aux prises d’otages ; une de nos infirmières, ressortissante allemande, a été kidnappée en Somalie en mai. A cela s’ajoutent les attaques contre des structures de santé au Soudan du Sud, au Yémen ou encore en Syrie ; attaques délibérées qui ont aussi pour conséquences de priver les communautés des soins dont elles ont désespérément besoin.
Mon expérience humanitaire m’a fait côtoyer la souffrance, dans des conditions parfois précaires de sécurité. Souvent me vient cette question : comment me comporterais-je si j’étais prise en otage ? Quel a été l’enfer vécu par Hauwa dès lors que Saifura était assassinée ? Savaient-elles que nous faisions tout ce qui était en notre pouvoir pour obtenir leur libération ?
Laisser un espace d’humanité
Aujourd’hui, je pense à elles, mais aussi aux autres victimes du conflit au Nigeria, aux filles de Chibok enlevées et pour certaines forcées de commettre des attentats-suicides. Certaines d’entre elles, libérées, reviennent enceintes. Leurs communautés les accepteront-elles ?
La mort de Hauwa et de Saifura me désole mais aussi m’interroge : quelle colère a pu conduire à ces crimes ? Combattre, tuer un ennemi est une chose, mais pourquoi organiser l’assassinat de deux sages-femmes au rôle déterminant pour la population de Rann, déjà fortement affectée par le conflit ? Que peuvent faire les organisations humanitaires face à une telle colère ?

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Le droit international humanitaire a été créé pour limiter le comportement des combattants et celui de leurs donneurs d’ordres. L’objectif est simple : amoindrir le plus possible les atrocités et laisser dans tout conflit un espace d’humanité où, par exemple, population civile ou encore soignants doivent être, quelles que soient les circonstances, épargnés. La mort de Hauwa et de Saifura doit nous rappeler l’impérieux devoir de se battre sans cesse pour le respect du droit humanitaire international. Il en va de notre humanité comme il en est de la responsabilité de chacun d’entre nous.
Patricia Danzi est directrice Afrique du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les recommandations du comité des droits de l’homme des Nations unies, qui n’est pas une juridiction, n’ont aucune valeur contraignante ou obligatoire.
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Une instance de l’ONU demande à la France de réviser sa loi contre le voile intégral

Les recommandations du comité des droits de l’homme des Nations unies, qui n’est pas une juridiction, n’ont aucune valeur contraignante ou obligatoire.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 14h49
   





                        


Le débat sur le port du voile intégral en France n’est pas clos. Dans une recommandation, dévoilée mardi 23 octobre, le comité des droits de l’homme de l’Organisation des nations unies (ONU) estime que la loi de 2010 contre le port du voile intégral a « porté atteinte de manière disproportionnée au droit de deux plaignantes de librement manifester leur religion ». Saisie en 2016 par deux femmes verbalisées parce qu’elles portaient le voile islamique intégral, l’instance demande également à Paris de « compenser » ces dernières et de réviser sa loi de 2010 qui interdit tout vêtement dissimulant le visage dans l’espace public.
Ce comité, qui dépend du Haut-Commissariat pour les droits de l’homme de l’ONU, n’est pas une juridiction et ses décisions ne s’imposent donc pas à la France en droit. Il a été créé pour s’assurer de la mise en œuvre du pacte de l’ONU sur les droits civils, en vigueur depuis 1976, et dont la France est signataire. Les juristes qui le composent ne jugent pas les affaires dont des particuliers peuvent les saisir, mais font des « constatations » après avoir donné la parole aux différentes parties.

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                Niqab, hidjab, burqa : des voiles et beaucoup de confusions



« Une très grande question »
Dans un communiqué de presse, l’instance onusienne stipule que « l’interdiction du niqab viole la liberté de religion (et) les droits humains » des deux musulmanes verbalisées en 2012 et qui ont saisi le comité des droits de l’homme de l’ONU. « Le comité reconnaît que les Etats peuvent exiger des individus qu’ils découvrent leur visage dans des circonstances spécifiques, dans le cadre de contrôles d’identité, mais il a été d’avis que l’interdiction généralisée du niqab était une mesure trop radicale », poursuit le communiqué.
Le président du comité, l’Israélien Yuval Shany, a souligné qu’il considérait personnellement, comme « nombre » des dix-sept autres experts, que le niqab était « une forme d’oppression contre les femmes ». Mais il juge qu’une « interdiction généralisée à caractère pénal ne permet pas d’assurer un équilibre raisonnable entre l’intérêt général et les libertés individuelles ». Le comité a en outre reproché à cette loi de « marginaliser » ces femmes « en les confinant chez elles et en leur fermant l’accès aux services publics ».
En conclusion, il demande à la France de lui envoyer un « rapport de suivi », dans un délai de 180 jours, sur les mesures prises pour « compenser les plaignantes » et « éviter que des cas similaires se reproduisent à l’avenir, y compris en révisant la loi incriminée ».
Dans une interview à l’Agence France-Presse, la Lettone Ilze Brands Kehris, membre de ce comité, a reconnu que le voile islamique était « une très grande question, qui suscite aussi beaucoup d’émotion et de réactions, et donc qui peut être politisée et manipulée ». Mais « ce n’est pas le rôle du comité. Nous, on fait une analyse strictement juridique de la situation », a-t-elle ajouté.
Un avis similaire sur Baby-Loup
Ce même comité d’experts a par ailleurs livré, le 10 août, des « constatations » à l’opposé de ce que la justice française a dit sur la confirmation du licenciement d’une salariée de la crèche Baby-Loup qui souhaitait porter un voile à l’intérieur de l’établissement. Suite à cet avis, la Cour de cassation a dit qu’elle allait tenir compte de cette interprétation divergente du droit.

        Sur l’affaire Baby-Loup :
         

          La jurisprudence sur le port du voile en France pourrait évoluer



Contrairement aux conclusions de ce comité de l’ONU, la Cour européenne des droits de l’homme a, elle, validé à deux reprises, en 2014 et en 2017, l’interdiction du voile intégral en France et en Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Une vidéo vue plus de cinq millions de fois sur Facebook montre un passager blanc refuser qu’une femme noire s’asseye à côté de lui. Il s’en prend à elle violemment jusqu’à ce qu’elle soit changée de place.
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Ryanair critiquée après une altercation raciste dans un de ses avions

Une vidéo vue plus de cinq millions de fois sur Facebook montre un passager blanc refuser qu’une femme noire s’asseye à côté de lui. Il s’en prend à elle violemment jusqu’à ce qu’elle soit changée de place.



Le Monde.fr avec AFP
 |    23.10.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 18h06
   





                        


La vidéo, diffusée ce week-end sur Facebook, a été vue plus de cinq millions de fois et commentée par plusieurs milliers de personnes. La scène se déroule sur un vol Barcelone-Londres de la compagnie Ryanair effectué le vendredi 19 octobre. On y voit un passager blanc refusant que Delsie Gayle, une femme noire de 77 ans, s’asseye à côté de lui et lui assénant de nombreux propos racistes, jusqu’à ce qu’elle soit changée de place par le personnel navigant. La scène a été filmée par un autre passager, David Lawrence.

🔴 La compagnie aérienne Ryanair menacée de boycott après un incident raciste à bord d'un de ses avions. https://t.co/ALMyhoimDk— Loopsidernews (@Loopsider)


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« Ne me parle pas dans une langue étrangère espèce de grosse vache débile (…) Je continuerai tant que je serai à côté de cette grosse vache noire. J’espère que quelqu’un va se mettre entre nous, car je ne veux pas m’asseoir à côté de votre grosse face. Votre putain de visage moche. Je te le dis, si tu ne changes pas de siège, je te déplace moi-même. »
Ryanair signale la vidéo à la police
Un des employés de Ryanair intervient ensuite : « Il y a des règles de comportement, vous devez vous calmer. » Mais le passager persiste. Une autre femme, présentée par la presse britannique comme la fille de Delsie Gayle, intervient, criant à l’homme d’arrêter ses insultes.
Finalement, Delsie Gayle sera changée de place. Interrogée par le Huffington Post, sa fille raconte avoir amené sa mère en Espagne quelques jours pour « lui remonter le moral ».
« Dans quelques semaines, cela fera un an que mon père est mort et j’ai donc emmené ma mère pour quelques jours de repos. Mes parents ont été mariés pendant plus de cinquante ans. Elle se sent vraiment déprimée. »
« Contrariée par la façon dont la situation a été gérée »
Deslie Gayle a également réagi à l’incident, mardi, sur l’antenne d’ITV News : « Je suis choquée, parce que je voyage beaucoup, et personne ne m’a jamais parlé de la sorte », a-t-elle expliqué.
Je me sens vraiment mal. Il a payé son ticket pour partir en vacances, et moi le mien, alors pourquoi s’en prend-il à moi comme ça ? A cause de ma couleur de peau ? Je me sens vraiment déprimée par cette histoire. Je vais au lit et je me dis : “Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?”
Sur la BBC, David Lawrence est revenu sur l’incident : « Dans cette situation, il semblait que tous les soutiens étaient en faveur de cet homme. Le jeune employé de l’équipage avait l’air inexpérimenté. »
Face aux très nombreuses réactions suscitées par la diffusion de cette vidéo, la compagnie aérienne a fini par réagir dans une déclaration lapidaire sur Twitter : « Nous sommes au courant de cette vidéo et avons signalé l’affaire à la police de l’Essex », le comté de l’aéroport de destination de l’avion, Londres-Stansted. « Nous avons une politique très stricte pour les passagers perturbateurs et nous ne tolérerons pas ce genre de comportements indisciplinés, a ensuite promis un responsable de Ryanair à la BBC. Nous allons creuser cette affaire, et un comportement perturbateur ou abusif de ce genre entraînera l’interdiction de voyager pour ces passagers. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les Etats-Unis estiment que des irrégularités lors du scrutin présidentiel font douter de la crédibilité de la victoire de Paul Biya.
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Compte rendu

Au Cameroun, l’opposant Maurice Kamto revendique toujours la victoire

Les Etats-Unis estiment que des irrégularités lors du scrutin présidentiel font douter de la crédibilité de la victoire de Paul Biya.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-23T13:20:49+02:00"

        Le 23.10.2018 à 13h20






    
Manifestation contre la réélection du président camerounais Paul Biya sur Pennsylvania Avenue, près de la Maison Blanche, le 22 octobre 2018, à Washington.
Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI / AFP


Le président Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, a été réélu lundi 22 octobre pour un septième mandat avec 71,28 % des suffrages, alors que l’opposant Maurice Kamto, qui arrive deuxième, parle de « faux » chiffres officiels et revendique la victoire.
Les Etats-Unis ont estimé lundi que des irrégularités lors du scrutin présidentiel au Cameroun faisaient douter de la crédibilité de la victoire de Paul Biya, appelant toutes les parties à régler leurs différends par les voies légales. « Tout en saluant l’amélioration flagrante de la commission électorale camerounaise par rapport aux élections de 2011, il y a eu un certain nombre d’irrégularités avant, pendant et après le vote du 7 octobre », a relevé Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat, dans un communiqué.

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« Ces irrégularités ont pu ne pas affecter le résultat final mais ont créé une impression que l’élection n’était pas crédible ou vraiment libre et équitable », a-t-elle poursuivi. « Nous exhortons toutes les parties – y compris le gouvernement – à respecter la règle de droit, à résoudre pacifiquement tout litige à travers les canaux légaux existants et à éviter les discours de haine », a ajouté Heather Nauert.
Vainqueur dans neuf des dix régions du Cameroun selon les résultats donnés par le Conseil constitutionnel, Paul Biya a écrasé ses adversaires avec des scores officiels sans appel : 92,91 % dans le Sud, 89,21 % dans l’Extrême-Nord, 81,62 % dans le Nord. « Nous rejetons solennellement et catégoriquement ces résultats fabriqués et refusons de reconnaître la légitimité du chef de l’Etat », a réagi Maurice Kamto – officiellement deuxième avec 14,23 % des voix – dans deux vidéos, en anglais et en français.
« Fraudes massives »
L’opposant, qui revendique la victoire depuis le lendemain du scrutin, annonce des scores différents : 39,74 % contre 38,47 % pour Paul Biya, selon ses chiffres « consolidés » contenus dans un « document que [nous] mettrons à la disposition du public ». Les avocats de M. Kamto avaient dénoncé des « fraudes massives » et des cas présumés d’irrégularités, preuves à l’appui, la semaine dernière devant le Conseil constitutionnel. « Nous utiliserons tous les moyens de droit pour faire rétablir la vérité des urnes », ajoute M. Kamto.
Pour sa première participation à la présidentielle, Cabral Libii, l’un des plus jeunes candidats, est classé troisième avec 6,28 % des suffrages. Il est suivi respectivement de Joshua Osih (3,35 %), Adamou Ndam Njoya (1,73 %), Garga Haman Adji (1,55 %), Frankline Ndifor (0,67 %), Serge Espoir Matomba et Akere Muna (0,35 %), dont la candidature avait été retirée la veille du scrutin au profit de Maurice Kamto.

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Depuis 1982, Paul Biya règne en maître absolu au Cameroun, où il a tout verrouillé pour assurer son maintien à la tête du pays, s’appuyant sur l’administration et sur un parti-Etat, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) qu’il a créé en 1985. L’annonce des résultats intervient deux semaines après le vote : au Cameroun, le Conseil constitutionnel étudie les recours post-électoraux avant de proclamer les résultats officiels quinze jours après le scrutin. Ils ne peuvent plus alors être contestés.
Lundi matin, un fort déploiement sécuritaire était visible à Yaoundé aux abords de la poste centrale où certains avaient appelé sur les réseaux sociaux à manifester contre l’annonce des résultats. Des camions anti-émeutes, des militaires et des dizaines de policiers étaient stationnés dans le quartier.
Manifestation interdite
Dimanche, une manifestation à Douala, souhaitée par un député de l’opposition pour « dénoncer les fraudes massives et honteuses » qui ont selon lui marqué le scrutin, avait été interdite et empêchée. Une trentaine de personnes ont été arrêtées. « Les personnes qui ont voulu braver [l’interdiction de la marche] ont été interpellées et répondront de leurs actes devant la justice », a indiqué une source administrative. Deux journalistes ont été brièvement interpellés et le député à l’initiative de la marche, Jean-Michel Nintcheu, du Social Democratic Front (SDF), le principal parti d’opposition, a été retenu chez lui par un déploiement policier, selon son parti.

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Lundi matin, quand commençait la proclamation des résultats de la présidentielle à Yaoundé, des coups de feu ont été entendus à Buéa, la capitale de la région du Sud-Ouest, frappée depuis un an par un conflit meurtrier entre des séparatistes anglophones et l’armée, ont rapporté des témoins à l’AFP. « On a entendu beaucoup de coups de feu ce matin », a déclaré un habitant de Buéa. Les tirs provenaient des quartiers Mile 16 et Great Soppo, qui ont déjà été le théâtre d’affrontements entre les séparatistes et l’armée dans le passé, selon un autre témoin. Les coups de feu ont ensuite cessé. Une source sécuritaire a démenti à l’AFP que des combats avaient eu lieu dans la ville lundi.
Dans les deux régions anglophones (Sud-Ouest et Nord-Ouest), l’armée avait été déployée en nombre pour combattre des groupes épars de séparatistes qui réclament l’indépendance des régions à majorité anglophone de ce pays majoritairement francophone. Les affrontements entre l’armée et des séparatistes sont devenus quotidiens dans ces deux régions, et ont déjà forcé plus de 300 000 personnes à fuir leur domicile.


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édition abonné


Dans le Caucase russe, les Ingouches se révoltent pour leur terre

Un accord sur le tracé des frontières avec la Tchétchénie voisine a fait naître un mouvement inédit de contestation en Ingouchie et menace la stabilité de la région



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 18h52
    |

            Isabelle Mandraud (Magas, Russie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un petit tapis de prière enroulé sous le bras, les hommes repartent, leur colère intacte. Ils le démontrent en faisant hurler les avertisseurs de leurs voitures qui s’éloignent de l’avenue où quelque 3 000 d’entre eux se sont agenouillés à même l’asphalte. Juché sur le toit d’une fourgonnette, un jeune s’est drapé les épaules du drapeau ingouche. La prière de rue, vendredi 19 octobre, à Magas, capitale de l’Ingouchie, dans le Caucase russe, fait suite à un mouvement inédit. Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, des centaines d’hommes et de femmes ont tenu tête aux autorités en campant de jour comme de nuit dans la rue, avec tentes, cantines et toilettes bio improvisées.
La plus petite des « républiques » de la fédération de Russie (moins de 500 000 habitants) est entrée en ébullition le 4 octobre, lorsque, sur le perron du Parlement local, le chef de cette région à majorité musulmane, Iounous-bek Evkourov, en fonction depuis dix ans, a annoncé qu’un accord sur la nouvelle définition des frontières avec la Tchétchénie voisine avait été ratifié. Lancée depuis la foule, une bouteille a sifflé à ses oreilles. En réaction, des gardes ont tiré en l’air.
Le soir même, les protestataires envahissaient la principale artère de Magas, déterminés à ne « jamais » accepter un tel accord qui impliquerait, selon leurs calculs, la perte de 9 % de leur territoire grand comme un confetti à l’échelle russe. « 38 341 hectares en moins pour être exact », précise Isabela Ievloieva, les cheveux enveloppés d’un foulard à fleurs. A 36 ans, cette mère de famille de quatre enfants, journaliste à Alif TV, un canal musulman qui émet en russe, s’est imposée comme la porte-parole du mouvement.
« Manifestations sans précédent »
« Depuis le début, notre chef [Evkourov] nous a menti, insiste-t-elle, et cela a unifié tous les Ingouches, quels que soient leurs désaccords. » « Ces manifestations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les talibans ont indiqué que l’attaque de jeudi 18 octobre contre le palais du gouverneur visait notamment le chef de l’OTAN, Scott Miller, qui n’a pas été touché.
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Afghanistan : les Etats-Unis reconnaissent qu’un général a été blessé lors d’un attentat

Les talibans ont indiqué que l’attaque de jeudi 18 octobre contre le palais du gouverneur visait notamment le chef de l’OTAN, Scott Miller, qui n’a pas été touché.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 12h51
    |

            Jacques Follorou (Kaboul, envoyé spécial)








                        



   


Il aura fallu presque cinq jours pour que le Pentagone reconnaisse qu’un général américain, Jeffrey Smiley, avait été blessé par balles lors de l’attaque perpétrée, jeudi 18 octobre, contre le palais du gouverneur de Kandahar, où étaient réunis des responsables afghans de haut rang et une délégation militaire comprenant le chef de l’armée américaine et de l’OTAN en Afghanistan, le général Scott Miller. Les participants avaient évoqué la sécurité dans le sud du pays en vue de l’élection parlementaire qui s’est tenue le 20 octobre.

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Jusqu’à présent, la version officielle se bornait à indiquer qu’au terme de l’événement, l’assaillant, un taliban infiltré parmi les gardes du corps du gouverneur de Kandahar, avait tué le général Abdul Raziq, le chef de la police de Kandahar – l’homme fort du Sud afghan –, et Abdul Mohmin, le chef provincial du renseignement afghan (NDS). Le gouverneur, Zalmaï Wesa, annoncé mort par son propre adjoint, était finalement déclaré grièvement blessé. Un journaliste a également perdu la vie lors de la fusillade.
Le soir même de l’attaque, le colonel Knut Peters, porte-parole de la mission de l’OTAN en Afghanistan, ajoutait que « trois Américains, un civil, un militaire et un employé d’une société de sécurité privée », avaient été blessés, de même que six gardes du corps et deux membres du NDS. Il ne précisait à aucun moment quel était le grade de ce militaire américain, car les autorités souhaitaient garder le secret le plus longtemps possible.
Tout près de près de « la catastrophe »
Et il a fallu que le Washington Post révèle, dimanche, qu’il s’agissait d’un des adjoints de Scott Miller, le général Jeffrey Smiley, pour contraindre le Pentagone à confirmer l’information. Ce général, issu de la Garde nationale, a pris ses fonctions en juin de commandant des unités de l’OTAN consacrées à la formation et à l’assistance des troupes afghanes pour le sud du pays. Soigné dans un hôpital militaire près de l’aéroport de Kandahar, il aurait été, depuis, transféré en Allemagne.

   


Cette discrétion illustre, selon une source militaire occidentale à Kaboul, le niveau d’inquiétude qui a saisi le commandement américain en Afghanistan, qui estime être passé près de « la catastrophe ». Car il apparaît qu’en dépit des premières déclarations du général Scott Miller, dès le lendemain de l’attaque, affirmant qu’il n’était « pas la cible » et que « seul le général Raziq était visé », c’est un pur hasard qu’il en est sorti indemne, puisque son propre adjoint a été grièvement blessé. S’il avait été touché, voire tué, l’impact sur les opinions et sur la stratégie de Washington et de la communauté internationale en Afghanistan aurait été majeur.
De plus, une semaine plus tôt, au Qatar, l’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmai Khalilzad, nommé en septembre, venait de dialoguer avec des responsables talibans. L’embarras semble d’ailleurs avoir aussi touché les talibans, puisque dans un premier message, ils indiquaient eux aussi, jeudi, que seul « le général Raziq était visé » avant de le supprimer et d’en republier un second assurant que le commandant Miller était aussi ciblé. Un signe, peut-être, de divergences de vue au sein même du mouvement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les discussions sur une proposition de résolution sévère pour Facebook ont largement été préemptées par les eurodéputés britanniques.
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Au Parlement européen, l’ombre du Brexit plane sur le débat consacré à Cambridge Analytica

Les discussions sur une proposition de résolution sévère pour Facebook ont largement été préemptées par les eurodéputés britanniques.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 12h44
   





                        



   


Un peu de George Soros, beaucoup de Brexit et encore plus de Facebook : au Parlement européen, le débat du mardi 23 octobre sur une future résolution concernant le scandale Cambridge Analytica qui a secoué Facebook, a été largement consacré aux soupçons de manipulation électorale au Royaume-Uni. Les deux sujets sont en effet liés. Cambridge Analytica, l’entreprise qui avait utilisé des millions de données personnelles collectées illégalement sur Facebook pour afficher des publicités ciblées aux électeurs, est en effet largement soupçonnée d’avoir aidé la campagne en faveur du « Leave ».
Un grand nombre d’eurodéputés britanniques se sont succédé au Parlement pour débattre du contenu d’une résolution plutôt sévère pour Facebook et qui appelle les Etats membres à prendre plusieurs mesures concrètes. Le texte, présenté par la commissaire Vera Jourova et sur lequel un vote doit avoir lieu ce 25 octobre, préconise notamment « l’interdiction du profilage pour des raisons politiques », mais aussi l’interdiction du « profilage basé sur le comportement en ligne qui peut révéler une orientation politique, par exemple les interactions avec du contenu politique » – concrètement, le fait d’« Aimer » sur Facebook la page d’un parti, voire potentiellement le fait de partager certains articles de presse à teneur politique.

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Perturbation du processus démocratique
La résolution préconise également l’interdiction des publicités politiques ciblées : ce qui est le cas en France, mais pas dans d’autres pays de l’Union, et notamment au Royaume-Uni. Or ces publicités ciblées sont utilisées, encore aujourd’hui, et notamment par la frange la plus extrémistes des pro-Brexit. Une commission parlementaire britannique a révélé cette semaine que ces dix derniers mois, une mystérieuse organisation a dépensé des centaines de milliers d’euros pour afficher des publicités Facebook demandant un Brexit « dur » auprès de 10 à 11 millions d’électeurs britanniques.
« Ce week-end, des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre le Brexit », s’est réjoui au Parlement l’eurodéputé conservateur Sajjad Karim (anti-Brexit). « Cambridge Analytica a perturbé notre processus démocratique, et continue d’exister sous d’autres formes. [L’ancien vice-premier ministre britannique] Nick Clegg vient de rejoindre Facebook [comme directeur des politiques publiques] : espérons qu’il les guide dans le bon sens », a-t-il déclaré, Nick Clegg étant connu pour ses positions très dures contre le Brexit.
Ce à quoi les parlementaires européens pro-Brexit ont réagi. « Noël est encore loin, mais réjouissez-vous, saint Nicolas Clegg est là ! Il parle quatre langues, il doit pouvoir nous expliquer son hypocrisie dans chacune d’entre elles ! », a ironisé William Legge, comte de Dartmouth et eurodéputé UKIP (pro-Brexit). « Vous critiquez Facebook et Cambridge Analytica, mais ça ne vous pose aucun problème d’accepter l’argent [du milliardaire europhile] George Soros », a renchéri son collègue du UKIP Steven Woolfe.
Cible de très nombreuses critiques venant de tous les côtés, Facebook n’a été défendu, durant le débat, que par les eurodéputés populistes, certains affirmant, comme l’eurodéputé d’extrême droite Jörg Meuthen (AfD), être « bien contents que Facebook soit là pour pouvoir accéder aux informations conservatrices » que « les journalistes, tous de centre gauche » n’aiment pas.
« Combien d’excuses ? »
Au-delà de ses recommandations aux Etats membres, la résolution soumise au vote des eurodéputés regrette aussi en des termes très durs que Facebook « n’ait pas souhaité envoyer des employés ayant le niveau de qualification technique et de responsabilité interne approprié » à ces auditions. Mark Zuckerberg, le PDG de l’entreprise, avait bien accepté de répondre aux questions des eurodéputés en mars, et avait multiplié les excuses pour les « erreurs » commises par son entreprise.
« M. Zuckerberg nous a promis des changements, une sécurité renforcée pour les données personnelles, mais il y a à peine un mois, nous avons appris l’existence d’une nouvelle faille de sécurité », a déclaré le député suédois Jasenko Selimovic (Libéraux). « Combien de nouvelles excuses allons-nous devoir entendre de la part de M. Zuckerberg ? »

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les réponses de nos journalistes à vos questions sur l’affaire « Cambridge Analytica » et les fuites de données personnelles : de quoi s’agit-il ? Qui est concerné ? Pourquoi est-ce important ?une vidéo pour comprendre pourquoi l’affaire Cambridge Analytica est grave pour Facebook et ses utilisateursune synthèse de tout ce qu’il faut savoir sur la société Cambridge Analyticales explications du lanceur d’alerte, Christopher Wylie, ancien employé de Cambridge Analyticale point sur les annnonces en trompe-l’oeil de Facebook, après les premières révélationsles moments forts de l’audition de Mark Zuckerberg devant le Sénat américain, en avrilune vidéo qui montre comment le discours de Mark Zuckerberg a changé en quatorze ansles pistes pour réglementer Facebook, un débat qui agite les Etats-Unisles principales tribunes sur le sujet publiées par Le Monde





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après son discours au Parlement devant les élus de son parti, le président turc a appelé des proches du journaliste saoudien, leur promettant de « tout faire » pour « élucider » son meurtre.
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Le meurtre de Jamal Khashoggi était « politique » et « prémédité » selon Erdogan

Après son discours au Parlement devant les élus de son parti, le président turc a appelé des proches du journaliste saoudien, leur promettant de « tout faire » pour « élucider » son meurtre.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    23.10.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
23.10.2018 à 17h41
   





                        



   


« Un assassinat politique », « un assassinat barbare ». Trois semaine après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est exprimé, mardi 23 octobre, devant les élus de son parti, l’AKP, au Parlement. M. Erdogan, qui avait promis de faire toute la lumière sur l’affaire qui comporte de nombreuses zones d’ombre et parasite les relations diplomatiques entre Riyad et ses alliés, a notamment affirmé que le meurtre de M. Khashoggi était prémédité.
Selon l’enquête turque, des preuves solides tendent à démontrer que le meurtre du journaliste et dissident, le 2 octobre à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, a été planifié des jours à l’avance. M. Erdogan a détaillé que trois agents saoudiens sont arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste et se sont rendus dans une forêt proche d’Istanbul et à Yalova, une ville des bords de la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul. Deux sites où la police turque, qui n’a toujours pas retrouvé le corps de Khashoggi, a procédé à des fouilles.

        De la disparition à la crise diplomatique :
         

          l’affaire Khashoggi en quatre dates



Système de vidéosurveillance « désactivé »
M. Erdogan a par ailleurs confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de M. Khashoggi et indiqué que les dix-huit interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc.
Le président turc a ajouté que le système de vidéosurveillance installé à l’intérieur du consulat saoudien avait été « désactivé ».
Après avoir fait ce bref point sur l’enquête, le chef de l’Etat a énuméré plusieurs questions toujours sans réponse :
« De qui ces suspects ont-ils reçu la consigne ? Pourquoi le consulat n’a-t-il été ouvert aux investigations que quelques jours plus tard ? Pourquoi le corps [de M. Khashoggi] est-il toujours introuvable ? »
Le roi d’Arabie saoudite épargné
M. Erdogan, dont le pays entretient des relations complexes avec l’Arabie saoudite, un rival diplomatique mais aussi un important partenaire économique, a paru soucieux d’épargner le roi Salman, sans mentionner le prince héritier Mohammed Ben Salman, considéré comme l’homme fort du pays. « Je ne doute pas de la sincérité du roi Salman », a-t-il déclaré, tout en demandant qu’une enquête indépendante soit menée.
« Le consulat [d’Arabie saoudite à Istanbul] est un endroit qui se situe à l’intérieur des frontières de la République turque, a-t-il insisté. La convention de Vienne et les règles internationales ne peuvent en aucun cas interdire les enquêtes sous couvert d’immunité diplomatique. »
« La conscience internationale ne sera apaisée que lorsque toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires, auront été punies », a ajouté M. Erdogan, qui souhaite que les suspects arrêtés en Arabie saoudite « soient jugés à Istanbul ».
Mohammed Ben Salman, directement mis en cause, n’a pas réagi à ce discours. Il devait prendre la parole lors du grand sommet économique qui s’est ouvert mardi à Riyad, mais a annulé son discours à la dernière minute, quelques instants à peine avant la prise de parole de M. Erdogan.
Le vice-président américain, Mike Pence, a, lui, annoncé mardi que les Etats-Unis exigeraient des réponses de l’Arabie saoudite après les affirmations du chef de l’Etat turc sur le caractère prémédité du meurtre du journaliste. « Le monde entier nous regarde. Les Américains veulent des réponses et nous allons exiger que ces réponses interviennent rapidement », a averti M. Pence, lors d’une rencontre organisée par le Washington Post, auquel collaborait régulièrement M. Khashoggi.

        Lire le portrait :
         

          En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman dans l’ouragan Khashoggi



Plus tard dans la journée, le chef de l’Etat turc a appelé des proches de Jamal Khashoggi, leur promettant de « tout faire » pour « élucider » son meurtre dans le consulat de son pays à Istanbul, a rapporté une source présidentielle. Lors de cet entretien avec plusieurs membres de la famille de Jamal Khashoggi, M. Erdogan a déclaré que la Turquie allait « suivre cette affaire » et que « tout ce qui est nécessaire sera fait pour élucider ce crime », a fait savoir cette source.
L’analyse de notre correspondant :
Comme le relève notre correspondant au Moyen-Orient, Benjamin Barthe, à aucun moment M. Erdogan n’a toutefois mentionné d’éventuels enregistrements audio ou vidéo, dont certains responsables turcs font état depuis le début de l’enquête.

4 points importants dans le discours #Erdogan sur l'affaire #Khashoggi : il dit que le meurtre semble avoir été pré… https://t.co/cQqrHEkKFH— benjbarthe (@benjamin barthe)


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Deux éléments sont absents du discours de #Erdogan sur #Khashoggi : le nom du prince héritier Mohamed Ben Salman, s… https://t.co/I1WdiQWyIO— benjbarthe (@benjamin barthe)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Dans le secteur de la défense navale, le scénario d’une union entre le français et l’italien prend l’eau.
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Défense : alliance contrariée entre Naval Group et Fincantieri

Dans le secteur de la défense navale, le scénario d’une union entre le français et l’italien prend l’eau.



LE MONDE ECONOMIE
 |    23.10.2018 à 11h47
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

L’emplacement a valeur de symbole. Pour la première fois, le français Naval Group (ex-DCNS) aura pour voisin l’italien Fincantieri au salon Euronaval qui se tient, tous les deux ans, au parc des expositions du Bourget, près de Paris. Une manière de rappeler leur volonté de s’allier dans le domaine militaire aux professionnels qui, de mardi 23 à vendredi 26 octobre, arpenteront les allées du plus grand Salon mondial naval de défense. Et ce malgré les vents contraires qui soufflent de part et d’autre des Alpes.

Depuis plus de vingt ans, les Européens parlent de créer un « Airbus des mers » pour faire face à la concurrence. En vain. Eclatés entre une vingtaine d’acteurs, le plus important étant le français Naval Group, aujourd’hui 6e mondial, ces chantiers doivent faire face à quatre grands groupes américains, et surtout à la montée en puissance des Chinois et des Russes.
Or, jusqu’à présent, tous les projets de rapprochement ont capoté, pour de multiples raisons, économiques, stratégiques, mais aussi diplomatiques, et les groupes continuent de s’affronter sur les grands appels d’offres. Ainsi, au fil des décennies, le partenaire stratégique de la France aurait pu être espagnol avec Navantia, puis allemand avec TKMS, et aujourd’hui, italien avec Fincantieri. Cette fois encore, les obstacles sont nombreux face à une alliance qui se voulait au départ capitalistique, avec une participation croisée, et industrielle, avec la création d’une société commune.
Le dossier au nom de code « Poséidon » patine
Depuis l’annonce de ce rapprochement, à l’été 2017, le dossier au nom de code « Poséidon » patine. Désormais, les patrons de Naval Group et de Fincantieri, Hervé Guillou et Giuseppe Bono, semblent être les seuls à défendre leur projet.
Et pour cause, la question d’une participation croisée entre les deux groupes de 5% à 10 % est abandonnée. Dès le départ, Thales, actionnaire de Naval Group à hauteur de 35 % aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Prospère et traditionnellement modéré, le Trentin-Haut-Adige cède à l’extrême droite.
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La Ligue confirme sa poussée jusqu’à la frontière autrichienne

Prospère et traditionnellement modéré, le Trentin-Haut-Adige cède à l’extrême droite.



LE MONDE
 |    23.10.2018 à 11h36
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            Jérôme Gautheret (Trente, Bolzano, envoyé spécial)








                        



                                


                            

A peine 4 % de chômage, un PIB par habitant supérieur de 50 % à la moyenne nationale, une autonomie fiscale presque totale. Des rues à la propreté irréprochable et même des trains qui arrivent à l’heure… Au premier abord, on a peine à trouver ce qui pourrait pousser les habitants du Trentin-Haut-Adige à exprimer leur colère. Et pourtant.
Dimanche 21 octobre, ils étaient appelés à désigner leurs représentants au Parlement de cette région autonome atypique, constituée de deux provinces à l’autonomie quasi totale. Dans le Trentin, vieille terre modérée acquise au centre gauche depuis l’explosion de la démocratie chrétienne, au début des années 1990, la Ligue a opéré une progression spectaculaire, dépassant les 27 % des voix.
A la tête d’une coalition de droite constituée en totale contradiction avec la politique nationale – à Rome, la Ligue gouverne avec le Mouvement 5 étoiles (antisystème), tandis que les centristes, Forza Italia (pro-Berlusconi) et Fratelli d’Italia (postfascistes) sont dans l’opposition – et qui totalise plus de 46 % des voix, l’actuel secrétaire d’Etat à la santé du gouvernement de Giuseppe Conte, Maurizio Fugatti, remporte une indiscutable victoire. Il devrait être intronisé à la présidence de la province, sans coup férir, dans les prochains jours.
« Ça a été d’autant plus facile pour lui que la gauche n’a jamais vraiment essayé de lui disputer la victoire, de mettre en avant ce qui fonctionne au niveau local », souligne l’ancien maire de Trente et président de la province, Alberto Pacher, aujourd’hui retiré de la politique. Il poursuit : « C’est comme si vous deviez jouer contre le Real Madrid de la grande époque, et que vous décidiez d’essayer de limiter la casse. Dans ces cas-là, vous prenez une raclée. »
« Presque hégémonique »
Rattaché à l’Italie après la première guerre mondiale, le Trentin, terre natale du fondateur de la République italienne, Alcide De Gasperi, n’est pas devenu subitement...




                        

                        

