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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’artiste d’origine marocaine est l’inventeur d’un style mêlant house, R’n’B, raï et hip-hop, qu’il a baptisé le « Meknessi Style ».
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DJ Hamida, le mix gagnant



LE MONDE
              datetime="2018-10-22T17:59:02+02:00"

        Le 22.10.2018 à 17h59






Durée : 04:20 | 

Originaire de Meknès, au Maroc, DJ Hamida est né à Lyon et vit aujourd’hui à Bruxelles. Il a commencé à jouer des platines en 1998. Il se fait rapidement une réputation avec son style, le « Meknessi Stysle », dans lequel il amalgame hip-hop, house, raï, R’n’B et sets festifs. En 2010, il est invité par Rim’K, du groupe 113, au concert Maghreb United et devient le DJ officiel du rappeur. Mais ce sont ses mixtapes « A la bien mix party » qui lui apportent véritablement le succès. Chaque année, la compilation réunit des artistes de divers horizons musicaux. En 2014, son tube « Déconnectés », avec Kayna Samet, Lartiste et Rim’K, s’est hissé à la quatorzième place des charts français.
Narjes Bahhar est chroniqueuse musicale, spécialiste des scènes urbaines entre la France et l’Afrique. Elle collabore pour Deezer, Mouv et Trace.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A la tête de la Carpenters Workshop Gallery, le binôme français a fait du design une discipline spectaculaire, multipliant les lieux d’exposition et ciblant une clientèle aux moyens illimités.
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Julien Lombrail et Loïc Le Gaillard, magnats du design contemporain


                      A la tête de la Carpenters Workshop Gallery, le binôme français a fait du design une discipline spectaculaire, multipliant les lieux d’exposition et ciblant une clientèle aux moyens illimités.



M le magazine du Monde
 |    22.10.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 17h19
    |

                            Marie Godfrain








   


Et le gagnant du plus beau stand est… Carpenters Workshop Gallery ! » Au PAD, une foire d’art et de design dont la dernière édition s’est tenue à Londres début octobre, on ne pouvait pas rater l’espace d’exposition de la Carpenters. Massive et grave, une porte en bronze à double battant de cinq mètres de haut ouvrait sur un salon sombre à l’inspiration mi-gothique, mi-tribale, signé Ingrid Donat.
« Ce stand a été élu à l’unanimité car il est spectaculaire mais pas seulement, explique Patrick Perrin, patron du PAD. Le jury a récompensé un effort de cohérence. Les pièces exposées changent véritablement la perception que l’on a des foires de design ; il rappelle par sa qualité les plus riches périodes des arts décoratifs français. Ce stand pourrait meubler un Versailles contemporain ! »

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                Le design, un phénomène de foires



Les Français Julien Lombrail et Loïc Le Gaillard, 40 et 45 ans, ont fondé la Carpenters Workshop Gallery à Londres en 2006. Depuis, rien ne semble les arrêter, au point qu’on les présente comme les deux magnats du design international. Ils collaborent avec les artistes les plus en vue, qui réalisent avec eux des œuvres volontiers provocatrices et/ou monumentales, participent à toutes les foires qui comptent, touchent les plus grands collectionneurs. Une stratégie commerciale offensive qui rapporte beaucoup et suscite des jalousies dans le milieu feutré du design. Certains leur reprochant par ailleurs de privilégier la production de pièces hors norme et tape-à-l’œil.
Aux confluents de l’art et du design
Quand la plupart des galeries possèdent un, voire deux espaces, eux multiplient les adresses. Après avoir ouvert un lieu à Paris il y a sept ans, puis au dernier étage d’une tour new-yorkaise proche du MoMA, à New York, en 2015, ils s’apprêtent aujourd’hui à conquérir San Francisco. Le 1er octobre, une galerie a été inaugurée dans une ancienne église désaffectée où ils exposent notamment une forêt de sculptures lumineuses de l’Espagnol Nacho Carbonell.
« Nous focalisons notre énergie sur ce moment rare où le design devient de l’art : la naissance d’un nouveau mouvement qui réinterroge le débat entre forme et fonction. »
Des œuvres qui brouillent les frontières entre art et design, une ambiguïté inédite qui fait leur signature. La décoration du bureau de Loïc Gaillard à Londres résume bien leur ligne esthétique : lampe chat de Studio Job, œuvres afro-primitives posées devant des panneaux en bronze tatoués d’Ingrid Donat, lampe en pissenlit de Studio Drift…
Dans la préface de la monographie qui leur est consacrée (éd. Rizzoli, 2018), les galeristes théorisent leur démarche : « Nous focalisons notre énergie sur ce moment rare où le design devient de l’art : la naissance d’un nouveau mouvement qui réinterroge le débat entre forme et fonction. » Un créneau qu’ils ont développé et sur lequel ils règnent sans partage, les designers les plus cotés étant signés chez eux (Vincenzo De Cotiis, Studio Job ou Andrea Branzi).
Souvent spectaculaires, les œuvres qu’ils présentent flirtent parfois avec l’architecture : l’année dernière, le duo a fait polémique en exposant sur le parvis du Centre Pompidou le Domestikator, une micro-architecture de l’artiste néerlandais Joep Van Lieshout qui représente un acte sexuel entre un homme et un chien. Un coup d’éclat dont l’art contemporain est familier… mais pas le design. Adeptes d’un marketing à tous crins, ils ont présenté à la FIAC une collaboration avec le couturier Karl Lagerfeld, qui expose une série de guéridons, de tables, de lampes, de consoles, de fontaines et de miroirs en marbre d’inspiration antique.

   


Loin des projecteurs, la naissance de la Carpenters est avant tout une histoire de famille et d’amitié. Julien Lombrail a 22 ans lorsqu’il assiste sa mère, Ingrid Donat, dans ses premiers pas de sculptrice. Cette proche de Diego Giacometti, sculpteur de meubles et frère d’Alberto, gagne rapidement le respect du milieu de l’art. En revanche, son sens des affaires laisse à désirer… « Un jour, Julien me lance : “Je sais enfin ce que je vais faire de ma vie, je vais m’occuper de toi” », confie-t-elle. Il négocie ses contrats avec la célèbre galerie new-yorkaise Barry Friedman, mais passe aussi du temps à la fonderie pour suivre la production. « C’est là qu’il a pris goût à l’évolution de l’œuvre, de la réflexion de l’artiste jusqu’à l’objet final. » 
La forme avant la fonction
Il ouvre une galerie et apprend que son ami Loïc Le Gaillard, ancien industriel en cosmétiques, possède des locaux à Londres. Ils se retrouvent autour d’un goût commun pour les pièces imposantes, légèrement bling-bling, sombres, radicales, loin des canons actuels dont ils prétendent « se moquer ».
« Nous proposons des objets sculpturaux qui provoquent des émotions. »
« Dès le début, ils ont anticipé l’évolution des goûts des personnes fortunées, dont le mobilier n’était pas à la hauteur des œuvres d’art », analyse l’ancien journaliste et consultant Cédric Morisset, aujourd’hui directeur associé.
« Notre ligne éditoriale est claire : nous recherchons la forme avant la fonction, explique Loïc Le Gaillard. Nous proposons des objets sculpturaux qui provoquent des émotions. Nos clients, pour qui l’argent n’est pas un problème, recherchent avant tout une pièce extraordinaire. Les tables en fibre de carbone superlégères les emmerdent. Ils attendent plus du design. Prenez la série de tables Constellation réalisée par le duo libanais David/Nicolas, elle est inspirée de l’histoire de Beyrouth, bombardée sept fois. Si on ignore ça, elle a beaucoup moins d’intérêt. »

   


Peu à peu, le tandem parvient à créer un environnement propice au développement de ce design narratif. Depuis 2015, ils mettent à la disposition de leur écurie de designers un atelier immense installé dans une zone industrielle proche de Roissy. « Ils ont acheté ce lieu car leurs artisans fermaient les uns après les autres. Ils ont embauché leurs employés et les ont installés dans ces 8 000 mètres carrés qui servent aussi de résidence d’artistes, de lieu de stockage et d’exposition. C’est comme un hameau de création », explique Ingrid Donat, qui y a ses quartiers.
Des économies d’échelle
Pour écouler des œuvres extrêmement onéreuses (au PAD de Londres, les prix variaient de 2 000 € à 240 000 €), Julien Lombrail a sa recette. « A l’origine, la galerie n’était pas une aventure économiquement très cohérente. On a fini par parvenir à une rationalité, mais on a mis du temps. A nos débuts, j’ai vécu deux ans sur le canapé de Loïc à Londres. Comme nous avons la culture de l’endettement, quand on gagne un, on emprunte deux. Et au final, au bout de dix ans, nous avons stabilisé notre affaire. »
La création d’une charte de procédures a aussi aidé la galerie à atteindre l’équilibre : comment placer les panonceaux à côté des œuvres, comment présenter les artistes, etc. « Cela évite de repartir de zéro à chaque fois et de perdre du temps », détaille Loïc Le Gaillard. « Produire nous coûte beaucoup d’argent. La galerie marche bien parce que nous avons mis en place des économies d’échelle. Si je propose cinq expositions simultanées, je peux me permettre un ratage. »

   


La CWG peut ainsi s’autoriser des risques esthétiques, comme le Domestikator, l’œuvre présentée sur le parvis de Pompidou, ou financier : le loyer de la galerie de New York leur coûte un million de dollars par an, ce qui ne les empêche pas de produire une cinquantaine d’expositions chaque année… « Nous anticipons et saisissons les opportunités. San Francisco a été une opération ultrarapide. On s’est décidé fin juillet et la galerie a ouvert deux mois plus tard », avoue Julien. Et il se murmure que la CWG s’apprêterait à ouvrir un nouvel espace de 2 000 mètres carrés à Londres…

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                A Londres, le design se convertit à la french touch



Derrière ce succès fulgurant se cache une entente sans faille. Les deux fondateurs se parlent dix fois par jour et partent même en vacances ensemble… « La force de ce binôme, c’est de se répartir les tâches : Julien s’occupe de la production, des artistes, tandis que Loïc gère les ventes, la finance, la stratégie », détaille Cédric Morisset. Dans un marché des galeries de design contemporain globalement déprimé, ils incarnent une nouvelle voie, hybride et mégalo, en phase avec l’époque.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’éventualité d’un plafonnement, à dix millions d’euros, des réductions d’impôt pour les grands groupes fait débat. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, veut se laisser le temps de la réflexion.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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La réforme de la loi sur le mécénat et les fondations attendra encore un peu

L’éventualité d’un plafonnement, à dix millions d’euros, des réductions d’impôt pour les grands groupes fait débat. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, veut se laisser le temps de la réflexion.



LE MONDE ECONOMIE
 |    22.10.2018 à 11h31
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

La réforme de la loi sur le mécénat et les fondations, mise en place en 2003 par Jean-Jacques Aillagon – alors ­ministre de la culture et de la ­communication –, n’est pas pour tout de suite. Samedi 20 octobre à l’aube, à l’occasion de l’examen en séance publique du projet de loi de finances (PLF) pour 2019, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, n’a pas voulu trancher sans obtenir davantage d’informations sur les répercussions de la modification envisagée.
La Commission des finances avait adopté, mardi 9 octobre, un amendement destiné à élever le plancher des aides fiscales pour les très petites entreprises, mais surtout à raboter sérieusement les réductions d’impôt dont bénéficient les grands donateurs.
Actuellement, les versements effectués par les entreprises ouvrent droit à une réduction d’impôt de 60 %, dans la limite de 0,5 % de leur chiffre d’affaires. L’amendement de la Commission des finances prévoit de ­proposer au choix pour les TPE et PME une défiscalisation sur 0,5 % de leur chiffre d’affaires ou, si le montant du don est supérieur à ce niveau, une défiscalisation sur 10 000 euros.

Mais, surtout, il instaure un plafond fixé à 10 millions d’euros pour les grandes entreprises qui « bénéficient du dispositif de manière excessive », affirme le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, le député La République en marche des Hautes-Alpes Joël Giraud. « Il s’agit d’un amendement d’appel et non de consensus », destiné donc à lancer un débat, a-t-il rappelé.
En séance, Eric Woerth, le président Les Républicains de la Commission des finances, n’était guère apparu favorable à un changement aussi radical : « Pesons bien le pour et le contre et mesurons-en les conséquences », a-t-il lancé.
Explosion de la « niche fiscale du mécénat »
Prudent, Gérald Darmanin a demandé à la Commission des finances d’évaluer, avec les services de Bercy, les effets d’un plafond...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Diane Leriche, coprésidente de l’association Acceptess-T, était l’invitée de la rencontre « Trans, surmonter les obstacles pour vivre » pour parler des droits et de l’histoire des personnes trans en France, lors du Monde Festival, le 7 octobre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/10/22/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le Théâtre national de Strasbourg (TNS), qui fête ses 50 ans, a lancé un chantier de réflexion sur les scènes de demain.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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2068, l’odyssée du théâtre français

Le Théâtre national de Strasbourg (TNS), qui fête ses 50 ans, a lancé un chantier de réflexion sur les scènes de demain.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h23
    |

                            Fabienne Darge (Strasbourg (Bas-Rhin), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Longue vie au Théâtre national de Strasbourg ! », s’est exclamé le ministre de la culture, Franck Riester. C’était le samedi 20 octobre, sur le coup de 10 heures du matin, et le nouveau locataire de la Rue de Valois, nommé quatre jours auparavant, avait réservé sa première sortie officielle pour cette journée anniversaire des 50 ans du Théâtre national de Strasbourg (TNS), mais aussi des 20 ans du Musée d’art moderne.
Faut-il y voir un hasard du calendrier ou un geste significatif en direction de l’art théâtral et de ses institutions, particulièrement négligés par les politiques de tous bords ces dernières années ? A moins qu’il ne s’agisse plutôt d’un signal politique à l’intention de Roland Ries, le maire de la capitale alsacienne, et de son premier adjoint, Alain Fontanel, tous deux anciens socialistes ralliés à La République en marche ?
Franck Riester, ministre de la culture : « Les classiques de demain sont les textes qui s’écrivent aujourd’hui »
L’avenir le dira. Le ministre a en tout cas tenu à délivrer un satisfecit particulièrement appuyé pour le « travail exemplaire » mené par Stanislas Nordey et son équipe à la tête du théâtre fondé par Hubert Gignoux en 1968, à partir du Centre dramatique de l’Est. Il a tenu également à faire savoir combien la mise en scène de Thyeste, de Sénèque, par le jeune Thomas Jolly (artiste associé au TNS), dans la Cour d’honneur du Palais des papes, lors du dernier Festival d’Avignon, l’a « impressionné ».

Pour le reste, Franck Riester n’a fait aucune annonce à Strasbourg. Il a réaffirmé l’importance des objectifs de diversité, de parité et de transmission et, plus original, a nettement exprimé un engagement en faveur de l’écriture contemporaine, faisant observer que « les classiques de demain sont les textes qui s’écrivent aujourd’hui ». « Il faut me laisser travailler », a-t-il conclu, avant de disparaître et de laisser cette journée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Il a été nommé directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS) au printemps 2014.
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Stanislas Nordey, metteur en scène : « L’Etat subventionne d’abord le spectateur »

Il a été nommé directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS) au printemps 2014.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h22
    |

                            Fabienne Darge (Strasbourg (Bas-Rhin), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Nommé au printemps 2014 directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS), Stanislas Nordey a pris ses fonctions en septembre 2014. Son mandat actuel court jusqu’en septembre 2019, mais le ministère devrait annoncer rapidement son renouvellement, au vu de la reconnaissance dont fait l’objet son action à la tête de l’institution alsacienne.

Pourquoi avoir choisi de ne pas commémorer les 50 ans du TNS, mais plutôt d’envisager l’avenir ?
En octobre 2017, j’ai participé aux manifestations pour les 70 ans de la décentralisation théâtrale à Colmar, et j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de funèbre et d’inquiétant dans ces célébrations. Je me suis dit qu’il serait sans doute plus enthousiasmant, aujourd’hui où nous souffrons dans nos métiers d’une absence de politique de l’Etat, de prospective, de se projeter dans l’avenir, et de le faire de manière collective. Et de se projeter à 50 ans, la même durée que celle qui est passée pour ce théâtre. Et puis 2068 résonne évidemment avec 1968, et son parfum d’utopie.
Vous a-t-il a semblé nécessaire de mener cette réflexion de manière collective ?
Oui, en compagnie du personnel du théâtre, des élèves de l’école du TNS, qui ont entre 18 et 25 ans et vont donc inventer le théâtre de demain, des artistes, des spectateurs et même des « non-spectateurs », ceux qui ne viennent pas au théâtre. J’avais envie de solliciter tout le monde sur une part de réel mais aussi d’imaginaire. L’enjeu, l’ambition, c’est d’inventer un outil qui ne serve pas uniquement au TNS, mais à l’ensemble du théâtre public. Que l’on apporte notre pierre à cette réflexion sur la décentralisation qu’il va falloir mener, et que cette première pierre soit posée par le seul théâtre national installé en région, il me semble que cela a un sens.
Beaucoup de jeunes artistes de théâtre d’aujourd’hui semblent rejeter l’institution. Comment l’expliquez-vous ?
En même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Dijon a accueilli le championnat national de cette discipline vocale, le 20 octobre.
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Rap : les beatboxers français, poids lourds de la scène mondiale

Dijon a accueilli le championnat national de cette discipline vocale, le 20 octobre.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h39
    |

            Frédéric Potet (Dijon (Côte-d’Or), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Longtemps, les pratiquants de human beatbox ont été vus comme des bêtes de foire dans le milieu du hip-hop. Des hypertechniciens dua cappella, cantonnés à imiter les voix et les instruments des autres. La modicité de leur instrument à eux – l’appareil phonatoire – les enfermait dans ce rôle. On ne sait pas exactement quand les beatboxers ont pris conscience qu’ils pouvaient être des musiciens à part entière, capables d’arrangement et de composition. Le fait est qu’ils en sont de redoutablement inventifs.
Le meilleur endroit pour le vérifier est le championnat de France de la discipline. Sa douzième édition s’est achevée samedi 20 octobre à La Vapeur, à Dijon. Plus de cent candidats avaient envoyé une vidéo aux organisateurs, qui en ont retenu quarante-cinq, dans quatre catégories. L’engouement est palpable dès les premières battles, ces duels disputés devant un jury, micro collé à la bouche. Plusieurs concurrents le répéteront en chœur : « Le championnat de France est devenu un championnat du monde bis », tant le niveau y est élevé. Aux derniers Mondiaux, à Berlin, en août, les beatboxers hexagonaux se sont taillé la part du lion, en remportant trois titres sur les cinq mis en jeu.
Le beatbox est né aux Etats-Unis dans les années 1970 au sein de la scène rap
Le beatbox est né aux Etats-Unis dans les années 1970 au sein de la scène rap. Sa vocation première consistait à remplacer la boîte à rythme chez les groupes qui ne pouvaient s’en payer. Les sons – de batterie, principalement – étaient alors expirés afin de se faire bien entendre. La « révolution » est venue d’un Américain, Kenny Muhammad, qui fut le premier à simuler une caisse claire en insufflant de l’air. Contraints jusque-là à reprendre leur respiration, les beatboxers allaient désormais produire un son continu
Reconnaissance
En France, la pratique doit sa percée à IAM, qui, pour la promotion de son album L’Ecole du micro d’argent (1997), fit la tournée...




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’accordéoniste argentin, ambassadeur du style mêlant rythmes guarani et musiques d’Europe centrale, fête ses 80 ans à Paris.
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Musiques : la réunion de famille de Raul Barboza, le « King du chamamé »

L’accordéoniste argentin, ambassadeur du style mêlant rythmes guarani et musiques d’Europe centrale, fête ses 80 ans à Paris.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 10h07
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

« Vous êtes perdu ? Attendez-moi vers l’église, je viens vous chercher. » Cinq minutes après avoir raccroché, le voici qui arrive au bout de la rue, la mine éclairée d’un beau sourire. Il nous emmène chez lui. Un petit appartement au 5e étage, dans une ruelle de la montagne Sainte-Geneviève, sur la rive gauche de la Seine, à Paris. Raul ­Barboza vit là depuis près de vingt-cinq ans avec Olga, son « Olguita », sa reine. Ceux qu’il salue en passant dans la rue, le patron de la pizzeria, celui de la cantine chinoise, l’ignorent sans doute, mais leur voisin est un roi.
e siècle dans les provinces du nord-est de l’Argentine
Raul Barboza est le « King du chamamé ». Une musique populaire née au XIXe siècle dans les provinces du nord-est de l’Argentine, dont celle de ses parents, Corrientes. Une musique métisse dans laquelle se sont mélangés les rythmes des Indiens guarani, dont il descend par son père (sa mère était, elle, d’origine basque), et les mazurkas, valses ou polkas apportées par les immigrés polonais et tchèques.
Né à Buenos Aires le 22 juin 1938 et installé à Paris depuis mai 1987, l’accordéoniste fêtera ses 80 ans et ses trente années de vie dans la capitale française le 25 octobre au Pan Piper, une salle du 11e arrondissement, entouré « des copains ». L’un d’entre eux, Francis Varis, autre accordéoniste, a eu l’idée de ce concert conçu comme une carte blanche offerte au premier ambassadeur du chamamé. Raul Barboza a rencontré Francis Varis dès son arrivée à Paris, aux Trottoirs de Buenos Aires, le temple parisien du tango dans le quartier des Halles, qui fermera ses portes en 1994. L’Argentin, alors cinquantenaire, ne faisait pas du tango, mais il avait été recommandé par le compositeur et maestro du bandonéon Astor Piazzolla (1921-1992).
« Tout de suite séduits »
Quelques mois après son arrivée, il donnait ses premiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le directeur du Nouveau Théâtre de Montreuil, Mathieu Bauer, adapte « La Chevauchée des bannis », de Lee Wells.
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Théâtre : querelles de caïds

Le directeur du Nouveau Théâtre de Montreuil, Mathieu Bauer, adapte « La Chevauchée des bannis », de Lee Wells.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 09h45
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

Certaines dramaturgies poussent les metteurs en scène à la créativité en les forçant à inventer, sur le plateau, des solutions aux défis que leur pose l’écriture. Transformer l’impasse textuelle en audace scénique, c’est au fond créer un cercle vertueux. Des scénarios de film rapatriés dans l’enceinte du théâtre provoquent-ils les mêmes effets ? Réponse positive au Nouveau Théâtre de Montreuil (Seine-Saint-Denis), où Mathieu Bauer, son directeur, adapte et met en scène, dans une exécution sans faute ou presque, La Chevauchée des bannis, roman de Lee Wells transposé sur grand écran en 1959 par André De Toth.
Du western en noir et blanc, Mathieu Bauer, dont le travail s’articule entre musique et cinéma, a su garder le suc
Du western en noir et blanc, l’artiste, dont le travail s’articule entre musique et cinéma, a su garder le suc. Il organise une représentation où le déni de romantisme a la brutalité de la matière première. Dialogues secs servant une action efficace, dilemmes sentimentaux rapidement balayés par des instincts primaires, l’histoire se passe dans l’Amérique des cow-boys, des bandits, des éleveurs de bétail, celle des chevaux, des vastes prairies, des saloons enfumés. Un monde d’hommes virils où les femmes servent le thé quand elles ne triment pas aux champs.
Il fait froid. La neige recouvre l’espace. Sur une estrade au lointain, des instruments de musique, côté jardin un arbre déplumé, côté cour un cadre ajouré de bois brut. Assis de dos derrière un piano droit qui fait office de comptoir de bar, Sylvain Cartigny, compositeur et complice du metteur en scène, donne le tempo d’un drame parlé et chanté qui va méthodiquement marcher jusqu’à son terme tragique, puisque, on le sait, les westerns ne finissent jamais bien.
Rire et frustration
Ce spectacle qui oppose sans nuance – c’est le genre qui veut ça – l’humanité des uns à la bestialité des autres produit un drôle d’effet. On hésite entre le rire et la frustration....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le Musée national de la Renaissance, au château d’Ecouen, explicite les genres scéniques de l’époque.
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Exposition : le théâtre français au XVIe siècle, un sans-logis

Le Musée national de la Renaissance, au château d’Ecouen, explicite les genres scéniques de l’époque.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 09h15
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Au château d’Ecouen, dans le Val-d’Oise, le Musée national de la Renaissance alterne expositions sur des sujets de civilisation ou consacrées à l’histoire de l’art. Celle présentée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France (BNF), qui a fourni 60 % des éléments montrés, appartient au premier genre, accessible au plus grand nombre, selon le vœu des responsables des lieux. De la farce à la ­comédie italienne en passant par la tragédie, il ne faut néanmoins pas relâcher son attention face à cette offre copieuse de 137 documents (livres, peintures, plans et images), afin d’appréhender les transformations qui s’opèrent dès la naissance de l’époque moderne sur un genre littéraire et artistique en plein devenir : le théâtre.
Les commissaires Muriel ­Barbier,conservatrice du patrimoine au Musée national de la Renaissance, et Olivier Halévy, maître de conférences à la Sorbonne, ont fait le choix de la clarté. Chacune dominée par une couleur et fonctionnant de manière autonome, les quatre salles du château qui accueillent l’exposition offrent aux visiteurs un parcours chronologique dûment balisé : « L’apogée des formes médiévales », « Un théâtre humaniste », « L’émergence de la ­commedia dell’arte » et « Un théâtre de cour ? ».
Le choix d’un point d’interrogation dans l’intitulé de la dernière section illustre la difficulté pour les historiens – en raison de la disparition de documents fiables – de clairement décrire la nature des pratiques à l’œuvre au XVIe siècle. Un grand nombre de mutations expressives et formelles non codifiées y ont opéré, dont celles touchant notamment à l’architecture ou, en l’espèce, au théâtre, qui ne furent pas des moindres.
« Un catéchisme en images »
Car, à l’aube de l’époque dite moderne (de 1515 à la Révolution de 1789), le Moyen Age a encore ses mots à dire, tradition orale oblige. Destinés au divertissement et à l’instruction des fondements de la religion catholique, les mystères occupent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Musée de l’Orangerie, à Paris, propose une anthologie de l’œuvre sacrilège de la peintre portugaise.
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Exposition : les bêtes humaines de Paula Rego

Le Musée de l’Orangerie, à Paris, propose une anthologie de l’œuvre sacrilège de la peintre portugaise.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 09h27
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Paula Rego n’est pas une favorite des musées français : une exposition de son œuvre gravé à Nîmes en 2008 et une autre à la Fondation Calouste Gulbenkian, à Paris, en 2012, voici tout pour une artiste d’aujourd’hui, l’une des plus singulières et des plus intenses. Circonstance aggravante : Rego n’est pas à proprement parler une débutante qui n’aurait pas été encore repérée, étant née en 1935 à Lisbonne. Après une première formation au Portugal, elle la poursuit en Grande-­Bretagne, à la Slade School, de 1952 à 1956. Après une période où elle vit alternativement dans les deux pays, elle s’établit définitivement à Londres à partir de 1974, pour des raisons familiales, mais aussi parce que c’est dans cette ville que son œuvre a commencé. En 1962, elle y expose avec le London Group, puis à l’Institute of Contemporary Arts en 1965. Elle y est progressivement reconnue par les institutions muséales britanniques et a même été faite Dame of the British Empire, titre éminemment honorifique.
L’art de Paula Rego est profondément scandaleux, chargé de sous-entendus sexuels, irrespectueux de toute décence
Or, contrairement à ce que cette distinction officielle pourrait faire croire, l’art de Paula Rego est profondément scandaleux, chargé de sous-entendus sexuels, irrespectueux de toute décence, crûment satirique et susceptible de susciter dans l’esprit du spectateur de très mauvais rêves. Qu’elle travaille à l’acrylique ou au pastel sur des papiers de grand format ou à l’aquatinte et l’eau-forte sur de plus petites feuilles, elle fait apparaître des scènes difficilement explicables mais évidemment désagréables. L’Orangerie n’en présente pas une rétrospective – pas assez de place –, mais une anthologie en près de 70 peintures et gravures, des années 1980 à aujourd’hui, dont plusieurs grands formats.
L’une des premières œuvres du parcours, La Petite Meurtrière, de 1987, montre une petite fille, dans une chambre d’enfant, un ruban tendu entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Cette série, exceptionnelle, se met à l’heure du cyberespionnage pour sa quatrième saison qui reprend lundi soir, à 21 heures, sur Canal+.
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« Le Bureau des légendes », ou la damnation de Malotru

Cette série, exceptionnelle, se met à l’heure du cyberespionnage pour sa quatrième saison qui reprend lundi soir, à 21 heures, sur Canal+.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 18h56
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Canal+, lundi 22 octobre à 21 heures, série
Avec l’œuvre captivante qu’élabore Eric Rochant autour du service de renseignement extérieur de la France (la DGSE), la représentation de l’espionnage français a gagné ses lettres de noblesse. L’agent secret tricolore n’est plus un être vil, fourbe ou ridicule, mais un serviteur de l’Etat, un grand professionnel du renseignement et de l’ombre comme les Britanniques aiment à l’honorer. Lui-même passionné de documentation sur l’espionnage, le cinéaste aura imaginé, pour donner chair et esprit au personnel du « bureau des légendes » (BDL), au sein de la DGSE, des intrigues puissamment inspirées de l’actualité géopolitique et superbement écrites. En initiant le spectateur, en cette saison 4, aux nouveaux enjeux de la lutte entre grandes puissances : la cybersécurité, la création et le contrôle de l’intelligence artificielle, en bref la guerre à coups de codage informatique.
Le tout nouveau responsable de la sécurité interne de la DGSE, surnommé « JJA » est interprété par Mathieu Amalric
Petit rappel de la situation du Bureau des légendes, sachant que le récit reprend là où il s’était arrêté en fin de saison 3. Recherché par son ancien service de la DGSE et par la CIA, Guillaume Debailly, alias « Malotru » (Mathieu Kassovitz), poursuit sa cavale après sa trahison et trouve refuge à Moscou. Dorénavant à la tête du BDL, Marie-Jeanne Duthilleul (Florence Loiret-Caille) compte bien le récupérer, coûte que coûte ; mais il lui faudra d’abord rendre des comptes au tout nouveau responsable de la sécurité interne de la DGSE, surnommé « JJA », bien décidé à faire le ménage après « la pire catastrophe interne qu’ait jamais connue la DGSE ». Interprété par Mathieu Amalric, ce JJA à la voix faussement suave et au calme impérial rappelle le glaçant personnage de Gustavo Fring dans la série américaine Breaking Bad.

        Lire aussi :
         

                Les secrets de fabrication de la série culte « Le Bureau des légendes »



Mission à très haut risque
L’équipe du BDL va donc voir ses propres faits et gestes analysés, suspectés, JJA étant à l’affût des « traîtres » du service qui auraient pu seconder Malotru dans sa désertion.
Sur le terrain, le BDL va se lancer dans une mission à très haut risque : introduire un agent clandestin dans le centre moscovite qui, contrôlé par les services fédéraux de sécurité (FSB), se spécialise dans les cyberattaques et l’intelligence artificielle. Une opération à laquelle participera notamment l’agent « Rocambole », autrement dit la sismologue Marina Loiseau (Sara Giraudeau), que l’on découvrira forte dans sa mission et fragile, voire désespérée, face à sa source – un jeune homme qui l’informe à son insu, mais dont elle ne veut pas gâcher la vie et qu’elle ne veut pas voir finir en prison. Outre la Russie, qui s’impose sur le devant de la scène cette saison-ci, le Proche-Orient et ses djihadistes à même de revenir en France pour commettre des attentats vont aussi continuer de mobiliser les forces du contre-terrorisme, de la base militaire turque d’Iskenderun à Mossoul, Rakka ou Damas.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Les démons de Mathieu Kassovitz



Est-ce dû à l’arrivée de la cinéaste Pascale Ferran (Lady Chatterley, Bird People) à la tête du pool des réalisateurs de cette saison 4 ? Se remarquent en tout cas plus encore qu’auparavant le soin apporté à des détails éclairants de mise en scène et le recul pris pour analyser la géopolitique en cette époque de cyberattaques.
Le Bureau des légendes, saison 4, série créée par Eric Rochant. Avec Mathieu Kassovitz, Florence Loiret-Caille, Sara Giraudeau, Jonathan Zaccaï (France, 2018, 10 x 52 minutes). mycanal.fr
Le lancement de cette saison 4 s’accompagne de la sortie d’un livre de l’historien Bruno Fuligni, qui explique les bases du métier en dix-huit leçons : « Le Bureau des légendes décrypté » (Ed. L’Iconoclaste, 2018, 260 p., 22,90 €).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque lundi, le service culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Teleman, les Sourds-Doués, Jazz en Seine et un spécial Souchon-Voulzy : notre semaine musicale

Chaque lundi, le service culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 07h50
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on se régale avec l’électro-pop de Teleman, on (re)découvre le spectacle des Sourds-Doués, on vibre avec les pianistes Laurent Fickelson et Carla Bley sur scène dans le cadre de Jazz en Seine, et on retrouve Souchon et Voulzy au sommaire de Schnock. Sans oublier le clip de la chanteuse inuite Elisapie Isaac.
UNE REVUE : « Schnock », spécial Alain Souchon et Laurent Voulzy

   


Après Serge Gainsbourg, Jacques Dutronc, Michel Sardou, Françoise Hardy, Charles Aznavour et Renaud, la revue trimestrielle Schnock propose un nouveau dossier chanson, cette fois avec le duo Alain Souchon et Laurent Voulzy.
Les entretiens (séparés) avec Souchon et Voulzy ont pour point central la relation artistique entre les deux musiciens, alchimie entre les textes et les musiques, histoire d’amitiés et de talents partagés. En complément un classique « top ten » des chansons de l’un et de l’autre – celui des goûts de Schnock, pas toujours en rapport avec les succès des deux musiciens –, un abécédaire et surtout, pour Laurent Voulzy une discographie secrète (partielle) de ses premiers enregistrements, de la fin des années 1960 au milieu des années 1970, avant la révélation de Rockollection.
La sélection, opérée par Christian Eudeline, est savoureuse. Idéalement on aurait aimé qu’un CD l’accompagne – certains titres, comme Plaisir solitaire, par le groupe Le Temple de Vénus ou If You Want To Love Me Babe sous le nom de Dandy Lion se promènent sur Internet.
En dehors de ce dossier, le no 28 de Schnock permet notamment de retrouver Françoise Fabian, Moustique, la série télévisée Starsky & Hutch, les souvenirs d’une rencontre entre Salvador Dali et Jean-Christophe Averty… Sylvain Siclier
« Schnock », no 28, septembre-octobre-novembre 2018, La Tengo éditions, 176 p., 15,50 €.
UNE VIDÉO : « Arnaq », par Elisapie Isaac

Ce n’est pas tous les jours que nous faisons connaissance avec une voix venue des hautes latitudes. Elisapie Isaac est une chanteuse inuite de Salluit, village reculé de chasseurs et de pêcheurs (1 300 habitants) du Nunavik dans le nord du Québec.
Née voilà 41 ans d’un père terre-neuvien et d’une mère inuite, elle est le fruit de ce mélange de deux cultures – et de quelques voyages formateurs – qui ont fortement imprégné son identité, et sa musique : « J’étais une rêveuse. J’ai toujours voulu l’ailleurs », raconte-t-elle dans un reportage que Le Monde lui a récemment consacré.
Elisapie Isaac, a sorti, le 14 septembre, son quatrième album, The Ballad of The Runaway Girl (Yotanka/PIAS), une folk pop vaporeuse chantée ici en anglais, là en inuktitut, d’une voix teintée de mélancolie détachée, dans la veine gracieuse d’une Alela Diane.
Le vidéo clip du titre qui ouvre l’album Arnaq, folk rock aux relents blues électriques, a été tourné dans son village natal aux côtés de ses habitants, avec en arrière-plan les paysages à la beauté désolée de ce fjord posé sur le 62e parallèle, constituant un appendice du détroit d’Hudson. Elisapie Isaac se produira en première partie de Pierre Lapointe, lundi 22 octobre à Paris, Salle Pleyel. Franck Colombani
UN SPECTACLE : « Sur un malentendu », par Les Sourds-Doués, à Paris, chaque lundi

   


Depuis 2011, quatre instrumentistes talentueux forment Les Sourds-Doués. Soit le clarinettiste Adrien Besse, le joueur de cor Nicolas Josa, le clarinettiste basse François Pascal et le trompettiste Pierre Pichaud.
Ils ont créé, à l’automne 2016, Sur un malentendu, un spectacle inventif, drôle, touchant, très exact dans l’interprétation et le propos par lequel la musique, les placements scéniques (mise en scène de Pierre Cachia, lumières de Fouad Souaker) traduisent des sentiments, illustrent des situations, des échanges qui passent généralement par les mots.
L’alliance des timbres des vents, cuivres et bois, apporte une couleur originale, fort bien travaillée. Des tours de magie, de jonglage, viennent ici et là s’insérer dans l’interprétation des musiques les plus variées, répertoire classique (Boléro de Ravel, Danse slave op.72 no 2 de Dvorak…), airs du folklore d’Europe de l’Est, tango (Piazzolla à l’honneur avec notamment Jacinto Chiclana et Oblivion), valse, jazz (Take 5 du saxophoniste Paul Desmond), citations de musiques de génériques de films (productions Disney, Mon oncle, Amélie Poulain…).
Les Sourds-Doués retrouvent cet automne, la scène du Théâtre Trévise, à Paris, où ils avaient déjà enchanté le public à la même période en 2017. L’occasion de les découvrir ou des les apprécier à nouveau. S. Si.
Théâtre Trévise, 14 rue de Trévise, Paris 9e. Mo Cadet, Grands-Boulevards. Tél. : 01-48-03-08-45. Le lundi, à 19 h 30. De 15 € à 20 €.
QUATRE CONCERTS : 
Teleman, à l’Epicerie moderne, à Feyzin, le 25 octobre ; au Petit Bain, à Paris, le 26

   


Avant de s’épanouir dans l’électro-pop sous le nom de Teleman, les frères Thomas et Jonny Sanders maniaient les guitares rock débraillées avec le groupe Pete and The Pirates. Séparés en 2011, les Anglais originaires de Reading se sont depuis lancés dans l’aventure Teleman avec leur ancien complice, le bassiste Peter Cattermoul et un nouveau batteur Hiro Amamiya.
Leur récent second album Family of Aliens (Moshi Moshi), successeur du déjà savoureux Breakfast (2016), renforce leur mue synthétique et dansante sans altérer leur habileté à trousser des refrains addictifs (Twisted Heart et Cactus, plus Franz Ferdinand). Il faut dire qu’au rayon groove audacieux, Teleman est allé à bonne école puisque collègue de Hot Chip et Django Django sur le fin label Moshi Moshi Records.
Le quartette britannique partagera, le 25 octobre, l’affiche de l’Epicerie moderne à Feyzin (Rhône), près de Lyon, avec l’excellente formation pop cold wave russe de Motorama, puis le lendemain en tête d’affiche au Petit Bain, à Paris. F. C.
Epicerie moderne, place René-Lescot, à Feyzin (Rhône). Jeudi 25 octobre. 15 €. Le Petit Bain, 7 port de la Gare, Paris 13o. Vendredi 26 octobre. 21 €.
Laurent Fickelson, au Sunside, à Paris, et Carla Bley, à La Seine musicale, à Boulogne-Billancourt, le 24 octobre

   


A la tête d’un quartette de grande allure musicienne, avec le saxophoniste Eric Prost, le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Philippe Soirat, le pianiste Laurent Fickelson a enregistré un album de plein cœur et âme dans le jazz, In The Street (Jazz Family/Socadisc).
Le magnifique Lush Life, de Billy Strayhorn, ouvre et ferme l’album, John Coltrane est évoqué au travers de The Promise, Thelonious Monk avec ’Round Midnight (en solo de piano) et Wayne Shorter avec Edda, tandis que Laurent Fickelson signe trois autres compositions, dont le très enjoué Distorsion, et Eric Prost une.
La formation présentera ce répertoire, qui devrait prendre de formidables développements sur scène, comme ce sera le cas au club parisien Sunside, mercredi 24 octobre, dans le cadre du festival Jazz sur Seine, organisé dans vingt-cinq salles en Ile-de-France. Lors de cette même soirée, le festival présente aussi, à l’auditorium de La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le trio de la pianiste Carla Bley avec le saxophoniste Andy Sheppard et le bassiste Steve Swallow. S. Si.
Laurent Fickelson Quartet au Sunside, 60, rue des Lombards, Paris 1er. Mo Châtelet, Les Halles. Tél. : 01-40-26-46-60. Mercredi 24 octobre, à 21 heures, 25 €. Carla Bley Trio à La Seine musicale, île Seguin, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Mo Pont-de-Sèvres. Mercredi 24 octobre, à 20 h 30. De 27 € à 60 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Un collectif de professeurs et d’intellectuels réuni autour de l’inspecteur d’académie Jean-Michel Lespade prône, dans une tribune au « Monde », l’élargissement du corpus des auteurs étudiés en terminale, notamment en direction des traditions indienne et chinoise.
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Par  Collectif   Publié aujourd’hui à 05h30, mis à jour à 09h59   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Epreuve de philosophie au baccalauréat pour les lycéens du Moulin-Joli, à La Possession, sur l’île de La Réunion, en 2017. RICHARD BOUHET / AFP             Tribune. Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 23 août, Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, insistait sur le renouvellement des connaissances dans l’horizon intellectuel d’un lycée du XXIe siècle. Elle précisait également qu’il faut, pour moderniser les enseignements, « les reconsidérer à l’aune de l’universalisation de la culture ».           Lire aussi Souâd Ayada : « Quels programmes pour le lycée du XXIe siècle ? »             Pour l’enseignement de la philosophie au lycée, que signifie une telle universalisation de la culture ? Elle se jouera bien évidemment sur le programme des notions proposées à l’étude, mais aussi sur la liste des auteurs de référence. Cette liste encadre le choix des textes et des œuvres dont chaque classe, sous la responsabilité du professeur, effectue l’étude suivie. Car si l’apprentissage de la philosophie s’ancre dans l’intelligence des questions, des problèmes et des concepts, celle-ci est indissociable de la fréquentation et de l’étude des œuvres des philosophes issus d’horizons et de traditions philosophiques multiples.          Déjà, lors de la précédente refonte des programmes, en 2003, il avait été décidé d’élargir cette liste pour l’ouvrir à certains philosophes contemporains (Hannah Arendt, seule femme du programme à ce jour, Emmanuel Levinas, Michel Foucault) ainsi qu’à des auteurs et traditions jusqu’alors délaissés : Anselme, Ockham (pour la période médiévale), Averroès (pour la tradition arabe), ont ainsi fait leur entrée.          La prochaine réforme du lycée va-t-elle amplifier et consolider ce mouvement ou, au contraire, revenir en arrière ?          De nouvelles perspectives de lecture          Ici, les chemins bifurquent. Soit l’on campe sur la certitude arrêtée que nos classiques sont les classiques, qu’il faut et qu’il suffit d’en appeler aux quelques auteurs tenus pour élémentaires – on se fera alors une idée dogmatique, réactive et très « européo-centrée » de l’universalisation de la culture. Soit l’on considère que le mouvement engagé en 2003 doit se poursuivre – notamment en direction des traditions indiennes ou chinoises de la philosophie, dont aucun auteur ne figure aujourd’hui dans la liste des auteurs proposés à l’étude, alors qu’il en est de majeurs.                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Portrait

Reni Eddo-Lodge : « Etre universel dans ce monde, c’est forcément être blanc »

Dans son livre, l’essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».

Par                                            Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Mis à jour le 22.10.2018 à 11h21






    
L’essayiste britannique Reni Eddo-Lodge.
Crédits : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l’interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D’ordinaire, c’est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I’m No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.
Au Brésil, des militants antiracistes s’en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des sympathisants des droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture.
Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France à la fin du mois de septembre, en pleine polémique autour du prénom d’Hapsatou Sy qui, selon, Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse
Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l’égalité des chances des personnes de couleur ».
Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l’ampleur de son impact dans l’accès au logement, à l’éducation ou à l’emploi.
Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu’il est difficile d’« expliquer autrement qu’en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».



L’aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale.
Une grande maison d’édition lui propose d’en faire un livre. « Quand j’ai publié ce billet, se souvient-elle, j’étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c’était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l’injustice. Il me fallait raconter cette sensation d’effondrement qu’on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »

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Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux de télévision, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d’extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l’issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d’origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».
« Privilège blanc »
Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d’une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m’a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j’évoquais le fait d’être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j’étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l’écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s’en rendent même pas compte car c’est la norme. Etre blanc dans ce monde, c’est être universel », explique-t-elle simplement.

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L‘écrivaine sait qu’elle dérange. Les progressistes « lisent l’essai et en sortent ébranlés, car j’interroge la dimension systémique qui leur permet d’avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l’accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l’identité raciale, alors que pour elle « c’est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s’infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu’à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait… blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.
Groupuscules néonazis
La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l’esclavage (1,5 million d’Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l’immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L’auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd’hui menacés d’expulsion.
Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d’ailleurs sienne cette déclaration de l’ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l’écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c’est parce que vous étiez là-bas. »

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Aujourd’hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix.
Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d’elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d’autres sujets, laissant la discussion ouverte.



« Le racisme est un problème de Blancs », de Reni Eddo-Lodge, éd. Autrement, 296 p., 19,90 €.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le livre de la journaliste britannique vient d’être publié en français sous le titre « Le racisme est un problème de Blancs ».
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Reni Eddo-Lodge, l’écrivaine qui ne parle plus de racisme avec les Blancs



LE MONDE
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        Le 21.10.2018 à 18h00

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        Mis à jour le 22.10.2018 à 14h54






Durée : 07:21 | 

Reni Eddo-Lodge est une journaliste et écrivaine britannique de 29 ans dont le livre Why I’m No Longer Talking to White People About Race, (« Pourquoi je ne parle plus de racisme avec les Blancs ») avait déclenché une controverse nationale au Royaume-Uni. L’ouvrage de l’auteur britannique vient d’être traduit en français sous le titre Le racisme est un problème de Blancs. Il a été publié le 26 septembre aux éditions Autrement. Le Monde Afrique l’a rencontrée dans un parc de Soho, un quartier du centre-ville de Londres.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ OCS rediffuse la saison 9 (2017) de la série de Larry David, précédée de ses huit autres (2001-2011).
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« Larry et son nombril » : l’emmerdeur intégral

OCS rediffuse la saison 9 (2017) de la série de Larry David, précédée de ses huit autres (2001-2011).



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 10h00
    |

            Renaud Machart








                        



   


OCS, à la demande, série
Curb Your Enthusiasm, créée, écrite et interprétée par Larry David, avait débuté en 2000, sur la chaîne câblée nord-américaine HBO, par une émission spéciale d’une heure. En raison de son succès, son auteur la développa l’année suivante en une série promise à son tour à un beau succès critique et public.
Elle s’était arrêtée en 2011, après une huitième saison. Mais le cocréateur (avec Jerry Seinfeld) de Seinfeld, qui joue d’ailleurs son propre rôle (revisité par les artifices de la caricature) dans ce qui a été rebaptisé en France Larry et son nombril, a repris du service six ans plus tard pour une nouvelle saison qu’avait ­diffusée OCS en US + 24 et que la chaîne cinéma-séries d’Oran­ge met à nouveau intégralement à disposition.
Larry est, disons-le tout de go et en toutes lettres, un emmerdeur
Pour ceux qui ne connaîtraient pas le personnage principal de cette série – ou n’auraient pas vu Whatever Works (2009), de Woody Allen, où Larry David joue un rôle du même type –, Larry est, disons-le tout de go et en toutes lettres, un emmerdeur.
Ses gaffes, sa propension à dire ce qu’il vaudrait mieux taire, sa jouissance à être politiquement incorrect, ses mensonges emberlificotés et son obsession du détail au bord du trouble obsessionnel compulsif en font un aussi irritant – et souvent déplaisant – qu’attachant personnage.

        Lire la critique de « Whatever Works » :
         

          La mélodie du bonheur selon Woody Allen



Un humour souvent grinçant
Au fil des saisons, on retrouve Larry et son épouse (dont il divorce au cours de la saison 8), son agent, quelques amis aussi fadas que lui, et leurs compagnes – au caractère souvent bien trempé. Si quelques fils créent une continuité, chaque épisode, qui développe une situation particulière, peut être vu indépendamment.
On recommandera de regarder les huit premières saisons, de dix épisodes de vingt-huit minutes chacune, qui se consomment avec gourmandise sans que jamais, ou presque, le niveau ne baisse. Mais on peut aussi directement passer à la neuvième, toujours réjouissante et drolatique.
Cet humour souvent très grinçant – une blague sur les camps de concentration faite par Larry David (qui est juif) en 2017, au cours de l’émission « Saturday Night Live », a créé la polémique – et cet univers narcissique ne sont peut-être pas du goût de tous. Mais, si l’on y est sensible, c’est merveilleusement hilarant.
Larry et son nombril (Curb Your Enthusiasm), série créée par Larry David. Avec Larry David, Jeff Garlin, Cheryl Hines, (EU, 2017, 10 × 28 min). Saisons 1 à 9 disponibles sur OCS Go à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’ancienne de « Charlie Hebdo » a suivi dans la cité turque le souvenir du rédacteur en chef d’« Agos », assassiné en 2007. Et écrit « Le Sillon ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Valérie Manteau à Istanbul avec Hrant Dink en tête

L’ancienne de « Charlie Hebdo » a suivi dans la cité turque le souvenir du rédacteur en chef d’« Agos », assassiné en 2007. Et écrit « Le Sillon ».



LE MONDE DES LIVRES
 |    21.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 08h31
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Le Sillon, de Valérie Manteau, Le Tripode, 272 p., 17 €.

Quelques lignes annonciatrices. Dans les dernières pages de son premier livre, Calme et tranquille (Le Tripode, 2016, qui paraît en poche dans la collection « Météores », 150 p., 9 €), que Valérie Manteau, chroniqueuse à Charlie Hebdo entre 2008 et 2013, consacrait à l’avant et à l’après-7 janvier 2015, l’au­teure évoquait brièvement la figure du journaliste et écrivain Hrant Dink. Condamné pour « insulte à l’identité turque », ce militant de la cause arménienne fut assassiné par un nationaliste six mois plus tard, le 19 janvier 2007, à la sortie de son journal, Agos – en français « Le Sillon », titre du nouveau récit de l’écrivaine, dont le journaliste occupe le rôle central.
Elle avait découvert cet homme, dont le cercueil avait été suivi sur huit kilomètres par 100 000 personnes brandissant deux pancartes, « Nous sommes tous Hrant Dink » et « Nous sommes tous arméniens », en lisant Parce qu’ils sont arméniens, de Pinar Selek (Liana Lévi, 2015). Un essai sur le génocide offert par des proches quand, quelques mois après les attentats de janvier 2015, la jeune femme, née en 1985, installée depuis 2013 à Marseille où elle travaille comme éditrice, prend la décision de s’éloigner un temps de la France, direction Istanbul. Dans cette ville, elle avait quelques amis, un « amant turc » et l’espoir de sortir du « climat français » alors que prenaient de plus en plus de place dans l’espace médiatique « des gens qui se voulaient plus intelligents que l’émotion », dit-elle au « Monde des livres », en désignant le Qui est Charlie ? (Seuil, 2015), de l’anthropologue Emmanuel Todd, entre autres discours qu’elle n’avait « pas envie d’entendre ». Ils étaient insupportables à celle qui venait de perdre des êtres chers, auxquels Calme et tranquille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Un portrait, présenté comme la création d’une intelligence artificielle, sera mis aux enchères chez Christie’s, à New York, entre le 23 et le 25 octobre. C’est la première fois qu’une telle œuvre fait son entrée en salle des ventes. Une manière de faire fructifier le marché ?
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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L’art passe à la machine

Un portrait, présenté comme la création d’une intelligence artificielle, sera mis aux enchères chez Christie’s, à New York, entre le 23 et le 25 octobre. C’est la première fois qu’une telle œuvre fait son entrée en salle des ventes. Une manière de faire fructifier le marché ?



LE MONDE IDEES
 |    21.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h12
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Manuela de Barros (Philosophe)







                        



                                


                            

Du 23 au 25 octobre, aura lieu chez Christie’s, à New York, une vente aux enchères où l’on pourrait voir adjugé ce qui est présenté comme la création d’une intelligence artificielle (IA). Résultat du travail de programmation et de mise en forme de trois Français, artistes et chercheurs en IA et membres du collectif Obvious, il s’agit du Portrait d’Edmond de Belamy, l’impression sur toile d’une image générée par un système algorithmique. Il fait partie d’une série de onze portraits représentant une ­famille fictive des XVIIIe et XIXe siècles inventée par les trois collaborateurs.
Cela incite à un certain nombre ­d’observations à la fois esthétiques et philosophiques. En tout premier lieu, se pose la question de la créativité des machines, c’est-à-dire leur éventuelle capacité à reproduire l’imagination humaine et la capacité d’idéation. Que des machines, ou plutôt des algorithmes, aient des comportements, des démarches, ou prennent des décisions traditionnellement liées aux émotions et à la conscience est-il actuellement envisageable ? Voici ce que nous pouvons en dire à partir de quelques exemples en lien avec l’art.
En avril 2016, un « nouveau Rembrandt » est rendu public, sauf que ce n’en est pas un. Il s’agit de l’« œuvre » d’un programme créé par une équipe de Microsoft après l’analyse statistique de centaines de portraits de l’artiste. Même si l’injonction d’obligation novatrice des avant-gardes artistiques est aujourd’hui obsolète, la question de l’originalité reste d’importance : j’en veux pour preuve le nombre d’affaires de plagiats dans le monde de l’art et ailleurs.
Collecter sans comprendre
Il est assez savoureux que Rembrandt ait été choisi, car son œuvre a eu ces dernières années à subir une série de réattributions pour cause de nombreux faux, ou d’œuvres d’élèves ­imputées au maître. Les machines qui font des Rembrandt ou de nouvelles chansons des Beatles font des copies, et sans doute pas très...




                        

                        

