<FILE-date="2018/10/22/19">

<article-nb="2018/10/22/19-1">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Alors que le président turc a annoncé qu’il dévoilerait toute la vérité sur cette affaire mardi, retour sur les étapes marquantes de cette affaire aux implications majeures sur la scène internationale.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire Khashoggi en quatre dates

Alors que le président turc a annoncé qu’il dévoilerait toute la vérité sur cette affaire mardi, retour sur les étapes marquantes de cette affaire aux implications majeures sur la scène internationale.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 18h45
   





                        



   


L’Arabie saoudite a fini par le reconnaître : le journaliste Jamal Khashoggi est bien mort dans l’enceinte du consulat du royaume à Istanbul. La version de Riyad recèle pourtant de multiples zones d’ombre, et les implications diplomatiques de l’affaire sont loin d’être éteintes. Alors que l’Arabie saoudite du prince héritier Mohammed Ben Salman entend tourner la page, le déroulement des faits met en doute le récit officiel de Riyad.
Mardi 2 octobre : Jamal Khashoggi disparaît à Istanbul

   


Un mardi après-midi d’automne, le journaliste saoudien en exil Jamal Khashoggi entre dans le consulat de son pays à Istanbul. Cet ancien proche de la famille royale est devenu, depuis l’arrivée au cœur du pouvoir de Mohammed Ben Salman, un critique affirmé du régime de Riyad. M. Khashoggi, 59 ans, est fiancé à une femme turque, Hatice Cengiz. Afin de pouvoir l’épouser, il doit accomplir une formalité administrative, d’où sa visite à la représentation diplomatique saoudienne. Les heures passent, il ne réapparaît pas. Sa fiancée, qui l’avait accompagné et était restée l’attendre à l’extérieur, alerte les médias et le gouvernement d’Ankara, une consigne que le journaliste lui avait donnée dans le cas où il tarderait à revenir.
A ce moment-là, Riyad affirme encore que l’homme a quitté le consulat sans encombre. Les autorités turques commencent pourtant à laisser filtrer des éléments mettant en doute les allégations saoudiennes. La presse turque parle d’un « commando » de quinze Saoudiens ayant fait l’aller-retour entre Riyad et Istanbul le jour de la disparition du journaliste et qui se trouvait dans le consulat en même temps que lui.
Le 4 octobre, le ministère des affaires étrangères turc convoque l’ambassadeur saoudien. En fin de semaine, des représentants des services de sécurité turcs confient anonymement à des organes de presse liés au pouvoir que M. Khashoggi a été assassiné dans l’enceinte même du consulat.

        Lire aussi :
         

                En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman dans l’ouragan Khashoggi



Mercredi 10 octobre : l’enquête se rapproche de Riyad

   


Des médias turcs publient le 10 octobre des images de vidéosurveillance qui permettent de suivre les déplacements, le 2 octobre, du groupe de quinze personnes soupçonnées d’avoir orchestré la disparition du journaliste. Les profils se précisent : il s’agit d’officiers des forces spéciales et de l’armée de l’air saoudiennes et de membres supposés de la sécurité rapprochée de Mohammed Ben Salman, accompagnés d’un médecin légiste. Dans les médias proches du pouvoir turc, on commence à évoquer des enregistrements établissant un démembrement à la scie à os du journaliste saoudien. Plus d’une semaine après le début de l’affaire, les premières réactions internationales tombent.
Le Royaume-Uni, un soutien pourtant zélé de Riyad, évoque de « graves conséquences » pour les autorités saoudiennes si elles s’avéraient responsables de la disparition du journaliste. Ankara affirme que les autorités turques ne resteront pas « silencieuses ». La veille, le président américain, Donald Trump, dont les relations avec Mohammed Ben Salman sont excellentes, avait fait part de sa « déception ». A contretemps, Paris finit le 12 octobre par qualifier les faits concernant la disparition du journaliste de « très graves ».
Riyad tient sa ligne, celle du déni. Le royaume martèle que le journaliste a bien quitté l’enceinte du consulat. Le ministre de l’intérieur saoudien dénonce, au sujet de la théorie de plus en plus crédible de l’assassinat politique, des « mensonges sans fondement ».
Samedi 13 octobre : l’affaire tourne à la crise diplomatique
Le 13 octobre, Donald Trump évoque la possibilité que l’Arabie saoudite soit à l’origine de la disparition du journaliste — et de sa mort — et fait allusion à un « châtiment sévère » qui ne manquerait pas de frapper Riyad si les autorités du royaume s’en révélaient indiscutablement responsables. En interne, la pression s’accroît sur la Maison Blanche, alors que la présidence américaine considère Mohammed Ben Salman comme un des meilleurs alliés de Washington. Au Congrès, on évoque de manière répétée un gel des contrats d’armement.
Le lendemain, dans une déclaration commune, Paris, Londres et Berlin demandent à l’Arabie saoudite une « enquête crédible » sur la disparition du journaliste. L’agence de presse officielle saoudienne évoque, en cas de sanctions internationales, des « mesures de rétorsions encore plus fortes » de la part du royaume.
Pour Riyad, l’affaire tombe très mal. Plus tard dans le mois doit se tenir en Arabie saoudite la deuxième édition du sommet économique Future Investment Initiative, outil de légitimation du prince héritier sur la scène internationale. Dans la tourmente de l’affaire Khashoggi, les désistements se multiplient. De grands patrons américains annoncent qu’ils n’honoreront pas leurs invitations. Le président de la Banque mondiale, Jim Young Kim, la présidente du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, ainsi que le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, font de même.
Entre-temps, Yeni Safak, un quotidien proche du pouvoir turc ayant publié plusieurs informations que les autorités ont décidé de faire fuiter, annonce le 18 octobre la mort d’un des quinze suspects, Mashal Saad Al-Bostani, tué à Riyad dans un accident de voiture, dont les circonstances ne sont pas précisées.

        Lire aussi :
         

                L’affaire Khashoggi pèse sur l’attractivité économique de l’Arabie saoudite



Samedi 20 octobre : Riyad reconnaît la mort de Khashoggi
En pleine nuit, l’agence de presse officielle saoudienne dévoile la version des faits arrêtée par les dignitaires du royaume : Jamal Khashoggi serait mort des suites d’une rixe. « Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l’ont reçu au consulat saoudien à Istanbul ont débouché sur une bagarre et sur une rixe à coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi ; ce qui a conduit à sa mort… Que son âme repose en paix », déclare le procureur général d’Arabie saoudite.
Aux Etats-Unis, Ali Shihabi, le directeur d’Arabia Foundation, un centre de réflexion financé par Riyad, donne une autre version des faits. « Khashoggi est mort d’un étranglement au cours d’une altercation physique, pas d’une rixe à coups de poing », écrit-il sur Twitter, disant s’appuyer sur une source saoudienne haut placée. Dix-huit personnes sont arrêtées en Arabie saoudite et deux proches du prince héritier sont destitués : Ahmed Al-Assiri, un haut responsable du renseignement, et Saoud Al-Qahtani, un conseiller influent.
« Nous avons découvert qu’il avait été tué au consulat. Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps », déclare le ministre des affaires étrangères du royaume, Adel Al-Jubeir, interrogé sur la chaîne américaine Fox News à Riyad. « Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été commise, qui a été aggravée par la tentative de la cacher », ajoute-t-il, assurant que Mohammed Ben Salman n’était « pas informé » de l’opération, non autorisée par le pouvoir.
Paris, Londres et Berlin publient au lendemain des révélations saoudiennes un communiqué soulignant « l’urgence de clarifier ce qu’il s’est passé exactement le 2 octobre ». L’Allemagne a annoncé le 21 octobre qu’elle n’autoriserait pas en l’état d’exportations d’armes en Arabie saoudite, et a appelé les autres gouvernements européens à faire de même. 
Le scepticisme des Européens est partagé à Washington, où le président Donald Trump évoque des « tromperies et des mensonges » manifestes. De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que toute la vérité sur l’affaire serait révélée le 23 octobre par lui-même au cours d’une déclaration exhaustive sur le sujet. Reste à savoir si la version que l’histoire retiendra permettra d’exonérer Mohammed Ben Salman ou si, dans le cas contraire, elle précipitera sa chute.

        Lire aussi :
         

                Meurtre de Jamal Khashoggi : l’Arabie saoudite joue sa crédibilité, les démocraties aussi







                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-2">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’artiste d’origine marocaine est l’inventeur d’un style mêlant house, R’n’B, raï et hip-hop, qu’il a baptisé le « Meknessi Style ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤         

DJ Hamida, le mix gagnant



LE MONDE
              datetime="2018-10-22T17:59:02+02:00"

        Le 22.10.2018 à 17h59






Durée : 04:20 | 

Originaire de Meknès, au Maroc, DJ Hamida est né à Lyon et vit aujourd’hui à Bruxelles. Il a commencé à jouer des platines en 1998. Il se fait rapidement une réputation avec son style, le « Meknessi Stysle », dans lequel il amalgame hip-hop, house, raï, R’n’B et sets festifs. En 2010, il est invité par Rim’K, du groupe 113, au concert Maghreb United et devient le DJ officiel du rappeur. Mais ce sont ses mixtapes « A la bien mix party » qui lui apportent véritablement le succès. Chaque année, la compilation réunit des artistes de divers horizons musicaux. En 2014, son tube « Déconnectés », avec Kayna Samet, Lartiste et Rim’K, s’est hissé à la quatorzième place des charts français.
Narjes Bahhar est chroniqueuse musicale, spécialiste des scènes urbaines entre la France et l’Afrique. Elle collabore pour Deezer, Mouv et Trace.


                

                     Reni Eddo-Lodge, l’écrivaine qui ne parle plus de racisme avec les Blancs

                

                     Emtithal Mahmoud « slame pour qu’on entende le Soudan »

                

                     Immigré, afrodescendant, métis... La quête d’identité vue par l’écrivaine Aminata Aidara


<article-nb="2018/10/22/19-3">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Critiquée par la Commission européenne, la coalition populiste au pouvoir a assuré qu’il n’y avait « aucune chance » que Rome sorte de l’UE et de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

L’Italie maintient son budget, mais elle promet à l’Union européenne de contenir la dette

Critiquée par la Commission européenne, la coalition populiste au pouvoir a assuré qu’il n’y avait « aucune chance » que Rome sorte de l’UE et de la zone euro.



Le Monde.fr avec AFP
 |    22.10.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 18h40
   





                        



   


Malgré les critiques de la Commission européenne, la coalition populiste au pouvoir en Italie a maintenu inchangées ses prévisions de budget, lundi 22 octobre, tout en s’engageant à respecter à la lettre les objectifs qu’elle s’est fixés, sans creuser davantage le déficit ou la dette. La coalition, formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), a en outre réaffirmé son attachement à l’Union européenne et à la zone euro, assurant qu’il n’y avait « aucune chance » que l’Italie en sorte.
Le gouvernement prévoit un déficit de 2,4 % du PIB en 2019 (contre 0,8 % pour le précédent gouvernement), puis de 2,1 % en 2020 (contre 0 %) et de 1,8 % en 2021. Dans le même temps, il s’est engagé à porter la dette publique, actuellement de 131 % du PIB, à 126,5 % en 2021. Alors que Bruxelles l’avait sommée de lui fournir lundi des « clarifications » sur son budget, « jugé hors des clous » européens, l’Italie a maintenu le cap.


	.container_highcharts{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		/* background-color:#f5f6f8; */
		border:1px solid #CACED0;
		border-top:4px solid #333;
	}
	#graphe_15402139789, #graphe_15402139788{
		height:400px;
	}
	.container_highcharts .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.6rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	.container_highcharts .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	.container_highcharts.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	.container_highcharts.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	.container_highcharts .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}
	.legend_square{
		display: inline-block;
		width:1.3rem;
		height:1.3rem;
		margin:0 2px 0 4px;
	}



Le déficit français sera supérieur à celui de l'Italie en 2019… mais la tendance doit s'inverser dès 2020

France :  Déficit structurel  Déficit conjoncturel
Italie :  Déficit structurel  Déficit conjoncturel
(en pourcentage du PIB)


Sources : PLF 2019, LPFP 2018-2022, budget italien 2019.




require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});

	var chart1 = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15402139789",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "column",
		spacingBottom: 10,
		style:{
			fontFamily:"Helvetica,arial,sans-serif"
		},
		spacingTop:20
	},
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y}  %",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:"normal",
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value}  %",
			zIndex: -1
		},
		stackLabels: {
				enabled: true,
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				},
				y:-10
		},
		min: 0,
		max: 3.5,
		startOnTick: true,
		endOnTick:"",
		reversed:false,
		
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["2017","2018","2019","2020","2021"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotBands: [{
			color: "#e8e9ed"/*"rgba(249, 231, 179, .5)"*/,
			from: 1.5,
			to: 5,
			label: {
				useHTML: false,
				text: "Projections",
				textAlign: "",
				align: "center",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:false
	},

	series:[
  {
    "name": "France - déficit conjoncturel",
    "color": "rgba(44, 89, 168,.6)",
    "data": [
      [
        "",
        0.4
      ],
      [
        "",
        0.4
      ],
      [
        "",
        0.8
      ],
      [
        "",
        0.2
      ],
      [
        "",
        0.5
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "france",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Italie - déficit conjoncturel",
    "color": "rgba(103, 169, 30, .6)",
    "data": [
      [
        "",
        1.3
      ],
      [
        "",
        0.9
      ],
      [
        "",
        0.7
      ],
      [
        "",
        0.4
      ],
      [
        "",
        0.1
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "italie",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "France - déficit structurel",
    "color": "rgba(44, 89, 168, 1)",
    "data": [
      [
        "",
        2.3
      ],
      [
        "",
        2.2
      ],
      [
        "",
        2
      ],
      [
        "",
        1.6
      ],
      [
        "",
        1.2
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "france",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Italie - déficit structurel",
    "color": "rgba(103, 169, 30, 1)",
    "data": [
      [
        "",
        1.1
      ],
      [
        "",
        0.9
      ],
      [
        "",
        1.7
      ],
      [
        "",
        1.7
      ],
      [
        "",
        1.7
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "italie",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: true,
		valueDecimals: 1,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " %",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});










});


« Pas des têtes brûlées »
Dans une lettre de quatre pages, le gouvernement souligne qu’il savait que ce budget n’était « pas en ligne avec les normes du pacte de stabilité et de croissance ».
« C’était une décision difficile mais nécessaire à la lumière du retard pour retrouver le niveau de PIB d’avant la crise et des conditions économiques dramatiques dans lesquelles se trouvent les couches les plus désavantagées de la société italienne. »
Mais « si les rapports dette/PIB et déficit/PIB devaient ne pas être en ligne avec ce qui est prévu, le gouvernement s’engage à intervenir en adoptant toutes les mesures nécessaires afin que les objectifs indiqués soient rigoureusement respectés », ajoute le gouvernement.

        Lire aussi :
         

                Inquiète d’une stabilisation de la dette, Moody’s dégrade la note de l’Italie



« Le chiffre de 2,4 % pour nous est un plafond que nous nous sommes solennellement engagés à respecter, a également déclaré le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, lors d’une rencontre avec la presse étrangère à Rome. Nous ne sommes pas une bande de têtes brûlées. Si nous avions adopté une loi de finances différente, nous serions entrés en récession. »
Pas « d’Italexit »
Comme l’avaient fait ses deux vice-premiers ministres ce week-end, Matteo Salvini et Luigi di Maio, chefs de file respectifs de la Ligue et du M5S, M. Conte a aussi réaffirmé l’engagement européen de son pays :
« Ecoutez-moi bien. Pour l’Italie, il n’y a aucune chance d’Italexit, de sortie de l’Europe ou de l’eurozone. »

        Lire aussi :
         

                Budget italien : un nouveau dossier brûlant pour la Commission européenne



Les marchés n’ont guère apprécié le maintien du budget en l’état, alors même qu’ils s’étaient détendus dans la matinée, rassurés par le fait que Moody’s n’ait pas accompagné sa baisse de la note de l’Italie vendredi soir d’une perspective négative. Cela signifie que l’agence, malgré ses inquiétudes, ne devrait pas dégrader de nouveau sa notation dans les six ou douze mois à venir.
Vers 16 heures, la Bourse de Milan cédait 0,66 %, après avoir ouvert en hausse de 1,82 % et évolué dans le vert jusqu’aux déclarations de M. Conte. Le spread, écart très surveillé entre les taux italien et allemand à dix ans, est, lui, repassé à 302 points, alors qu’il était descendu à 286 dans la matinée.

        Explications :
         

          Qu’est-ce que le « spread », scruté par les marchés et que l’Italie voit augmenter ?



Dialogue
Bruxelles semble avoir choisi la voie du dialogue. « Le commissaire européen Pierre Moscovici a essayé d’arrondir les angles avec Rome en soulignant que l’UE n’interférerait pas dans la politique économique italienne », a souligné Christopher Dembik, analyste à Saxo Banque.
La Commission avait évoqué jeudi un dérapage budgétaire « sans précédent » et pointé un risque de « non-conformité grave » avec les règles européennes. L’Italie ploie en effet déjà sous une dette de 2 300 milliards d’euros, et les prévisions de croissance du gouvernement sont jugées trop optimistes : 1,5 % en 2019 contre 1 % prévu par la plupart des observateurs, dont le FMI.
La Commission européenne « ne veut pas d’une crise entre Bruxelles et Rome », a assuré lundi M. Moscovici, commissaire aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l’union douanière, sur la radio France Inter : « La place de l’Italie est au cœur de l’Europe. » Néanmoins, « sans règles communes, il n’y a pas de zone euro », a-t-il ajouté, soulignant que la plupart des économistes ne croyaient pas au pari de Rome d’augmenter les dépenses publiques pour créer de la croissance.
M. Salvini ne s’est pour sa part pas montré très conciliant : « S’ils ne veulent pas comprendre pourquoi le pays va retrouver la croissance, nous leur expliquerons. Mais nous ne reculerons pas d’un demi-centimètre. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-4">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Condamnant « avec la plus grande fermeté » la mort du journaliste saoudien en Turquie, Angela Merkel a décidé de ne plus autoriser de contrats d’armement avec Riyad.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mort de Jamal Khashoggi : l’Allemagne suspend ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Condamnant « avec la plus grande fermeté » la mort du journaliste saoudien en Turquie, Angela Merkel a décidé de ne plus autoriser de contrats d’armement avec Riyad.



Le Monde.fr avec AFP
 |    22.10.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 18h24
   





                        



   


Tant que les circonstances exactes de la mort du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul n’auront pas été éclaircies, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est dite, dimanche 21 octobre, « d’accord avec tous ceux qui disent qu’il ne peut y avoir d’exportations d’armes dans la situation où nous nous trouvons, même si ces ventes sont d’ampleur limitée ».
La veille, les autorités saoudiennes avaient « admis » que le journaliste Jamal Khashoggi, critique du pouvoir et exilé aux Etats-Unis, était bien mort dans l’enceinte du consulat saoudien en Turquie, évoquant une « rixe qui aurait mal tourné ». Angela Merkel a condamné « avec la plus grande fermeté » la mort du journaliste, en soulignant qu’il restait « des choses qui doivent être éclaircies de manière urgente » par Riyad.

        Lire aussi :
         

                Affaire Khashoggi : la « bavure », une thèse bancale pour dédouaner le prince héritier saoudien



Berlin a approuvé cette année l’exportation de plus de 400 millions d’euros d’armement en Arabie saoudite, qui est le deuxième marché dans le monde pour l’Allemagne après l’Algérie. Le ministre de l’économie allemand, Peter Altmaier, a déclaré que le gouvernement prendrait « très prochainement » la décision d’annuler ou pas ces commandes.
L’accord de coalition signé en mars par Angela Merkel et par ses partenaires lors de la constitution d’un nouveau gouvernement prévoyait déjà un arrêt des ventes d’armes aux pays impliqués dans des conflits militaires, ce qui est le cas de l’Arabie saoudite, au Yémen. L’accord donné malgré tout aux exportations vers Ryad avait provoqué des protestations du partenaire social-démocrate de la coalition.

        Lire aussi :
         

                L’affaire Khashoggi pèse sur l’attractivité économique de l’Arabie saoudite



Appel aux Européens
Pieter Altmaier a appelé lundi les autres pays européens à ne plus autoriser d’exportations d’armes en Arabie saoudite. « Ce n’est que si tous les pays européens se mettent d’accord que cela impressionnera le gouvernement de Ryad », a déclaré sur la chaîne de télévision allemande ZDF M. Altmaier, pour qui « les explications apportées » jusqu’ici par l’Arabie saoudite ne sont pas « satisfaisantes ».
« Il n’y a aucun effet positif si nous restons les seuls à arrêter les exportations et si en même temps d’autres pays comblent le trou », a-t-il argué.

        Lire aussi :
         

                De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire Khashoggi en quatre dates



Son appel a provoqué des réactions en Espagne, où le parti Podemos, formation de gauche radicale alliée du gouvernement, a réclamé lundi à l’exécutif de Pedro Sanchez de stopper les ventes d’armes au régime saoudien.
En septembre, le gouvernement espagnol avait suscité de vives critiques pour avoir décidé de maintenir la livraison de 400 bombes à guidage laser à l’Arabie saoudite. Il avait souhaité pourtant y renoncer quelques jours plus tôt après des bombardements au Yémen de la coalition emmenée par Ryad qui avaient tué des dizaines d’enfants.
« L’Allemagne dit désormais ce que nous soutenons depuis longtemps à Unidos Podemos [Podemos et ses alliés] : les pays de l’UE doivent arrêter de vendre des armes au régime saoudien », a écrit le numéro un du parti, Pablo Iglesias, sur son compte Twitter.

Lo que llevamos tanto tiempo diciendo desde Unidos Podemos ahora lo dice también Alemania: los países de la UE debe… https://t.co/sFLzKoBBjk— Pablo_Iglesias_ (@Pablo Iglesias)


require(["twitter/widgets"]);

Plus tard dans la journée, la première ministre britannique, Theresa May, a déclaré devant la chambre des députés : « Je suis sûre que tout le Parlement se joint à moi pour condamner le meurtre de Jamal Khashoggi avec la plus grande fermeté possible. Nous devons connaître toute la vérité sur ce qui s’est passé. »
« Rien ne restera secret »
De son côté, la Turquie a assuré lundi que « rien ne restera[it] secret » dans l’enquête sur le meurtre par des agents saoudiens du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul.
« Depuis le début, la ligne de notre président est claire : rien ne restera secret concernant cette affaire. Sur le plan judiciaire, nous irons au fond de cette affaire », a déclaré le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, dénonçant le « meurtre détestable » de Jamal Khashoggi.
Le porte-parole de M. Erdogan a également déclaré que la Turquie « ne voudrait pas » que ses relations avec l’Arabie saoudite, qualifiée de « pays frère et ami », pâtissent de cette affaire qui a choqué la communauté internationale.
« Par conséquent, une grande responsabilité incombe aux autorités saoudiennes dans l’éclaircissement de cette affaire », a ajouté M. Kalin, qui s’exprimait à Ankara à l’issue d’un conseil des ministres.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-5">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Environ 200 personnes ont réussi à passer dans l’enclave espagnole, dimanche, en escaladant la clôture.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤         

Compte rendu

Un migrant tué et douze militaires blessés à la frontière entre le Maroc et Melilla

Environ 200 personnes ont réussi à passer dans l’enclave espagnole, dimanche, en escaladant la clôture.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-22T15:30:21+02:00"

        Le 22.10.2018 à 15h30

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-10-22T15:37:29+02:00"

        Mis à jour le 22.10.2018 à 15h37






    
Des migrants sont assis au sommet d’un clôture à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Mellila, en 2015.
Crédits : ANGELA RIOS / AFP


Douze militaires marocains ont été blessés, dont certains grièvement, dimanche 21 octobre, en essayant d’empêcher 300 migrants, dont un est mort, d’escalader la clôture séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla, a rapporté lundi l’agence de presse officielle marocaine MAP.
La veille, la préfecture de Melilla avait indiqué qu’un migrant avait été tué et 19 blessés lors de cette tentative de traversée de la frontière depuis la ville marocaine de Nador (nord). Environ 200 migrants ont réussi à passer à Melilla, selon les autorités espagnoles. Le ministère marocain de l’intérieur a de son côté déclaré lundi que 141 migrants ont été arrêtés lors de cette opération, sans préciser le nombre exact de ceux ayant tenté de passer en Espagne. Les migrants interpellés seront « renvoyés vers leurs pays d’origine », selon la même source.

        Lire aussi :
         

                Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc fait la chasse aux migrants



La frontière séparant le Maroc de Melilla est protégée par deux grillages de six mètres de haut surplombés de barbelés coupants. Les deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne sont situées le long des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta.
L’Espagne est devenue la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, avec plus de 47 000 migrants entrés depuis le début de l’année, dont environ 5 000 par voie terrestre selon l’Organisation internationale pour les migrations. Le Maroc est un pays de transit pour des milliers de migrants originaires d’Afrique subsaharienne espérant rejoindre l’Europe.
Les autorités marocaines, qui évoquent 54 000 tentatives de passage avortées depuis le début de l’année, multiplient depuis l’été rafles musclées et déplacements forcés de milliers de migrants subsahariens, suscitant de vives critiques des défenseurs de droits humains.


<article-nb="2018/10/22/19-6">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Elin Ersson, 22 ans, avait retardé en juillet le décollage d’un avion dans lequel se trouvait un débouté du droit d’asile, renvoyé en Afghanistan par les autorités suédoises.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Suède : une étudiante poursuivie pour avoir tenté d’empêcher l’expulsion d’un réfugié afghan

Elin Ersson, 22 ans, avait retardé en juillet le décollage d’un avion dans lequel se trouvait un débouté du droit d’asile, renvoyé en Afghanistan par les autorités suédoises.



Le Monde.fr avec AFP
 |    22.10.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 15h08
   





                        



La justice suédoise a décidé de poursuivre, vendredi 19 octobre, une étudiante suédoise de 22 ans pour avoir « enfreint la loi sur l’aviation civile » après le blocage temporaire d’un avion au départ de Göteborg, le 23 juillet 2018.
Pour éviter qu’un demandeur d’asile soit renvoyé par avion en Afghanistan, Elin Ersson avait acheté un billet sur le même vol, depuis l’aéroport de Landvetter. Après s’être rendu compte que l’homme qu’elle souhaitait aider ne se trouvait pas dans l’avion, elle a tout de même refusé de s’asseoir pour retarder l’expulsion d’un autre demandeur d’asile présent à bord, lui aussi afghan. « Je ne vais pas m’asseoir avant que cette personne soit descendue de cet avion », a-t-elle prévenu.

        Lire aussi :
         

                Comment la Suède a durci sa politique d’asile



Pendant de longues minutes, elle a diffusé son action en direct sur Facebook. « Il se fera certainement tuer s’il reste dans cet avion », a-t-elle répété aux passagers et au personnel de bord, pour certains agacés. Peu à peu, elle a reçu le soutien de voyageurs, dont une équipe de football au complet, qui se sont levés à leur tour. Les images comptent désormais plus de 13 millions de consultations sur Facebook.
Les deux hommes que Elin Ersson souhaitait soutenir ont, depuis, été expulsés de Suède. Elle a plusieurs fois répété devant les médias suédois n’être coupable d’aucun crime. « En Suède, la peine de mort n’existe pas, mais l’expulsion vers un pays en guerre peut mener à leur mort », a-t-elle déclaré en revendiquant son action. Aucune date n’a, pour l’instant, été fixée pour son procès.

        Lire aussi :
         

                En Suède, la question des réfugiés au cœur des élections législatives






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-7">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Editorial. La crise diplomatique est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001, et les Etats-Unis y font preuve d’une ambivalence troublante.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Meurtre de Jamal Khashoggi : l’Arabie saoudite joue sa crédibilité, les démocraties aussi

Editorial. La crise diplomatique est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001, et les Etats-Unis y font preuve d’une ambivalence troublante.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 16h51
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Trois semaines après sa disparition, les autorités de Riyad n’ont toujours pas fait la lumière sur la mort brutale du journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre, dans les locaux du consulat de son pays, à Istanbul.

        Lire aussi :
         

                Mort de Jamal Khashoggi : l’Allemagne suspend ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite



Après avoir prétendu que le journaliste, âgé de 59 ans, ressortissant saoudien résidant aux Etats-Unis et chroniqueur au Washington Post, avait quitté le consulat par une porte arrière, Riyad a reconnu, au bout de dix-huit jours, que celui-ci était mort, et a avancé l’explication d’une bagarre à coups de poing qui aurait mal tourné. Il a ensuite été question d’un étranglement, toujours accidentel. Le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Joubeir, a fait état, dimanche, sur Fox News, d’une « énorme et grave erreur » commise à l’insu du prince héritier Mohammed Ben Salman, alias « MBS », l’homme fort de Riyad.
M. Al-Joubeir est un familier du petit écran aux Etats-Unis. Après les attentats du 11 septembre 2001, dont quinze des dix-neuf auteurs étaient de nationalité saoudienne, il avait déjà été dépêché par le prince héritier Abdallah, dont il était alors le conseiller, pour tenter de redresser l’image du royaume pétrolier. Cet homme à l’anglais parfait et à la voix suave est décidément l’expert des missions difficiles : la crise diplomatique provoquée par le meurtre de Jamal Khashoggi est la plus grave à laquelle soit confrontée l’Arabie saoudite depuis 2001. Cette crise va bien au-delà de sa relation avec les Etats-Unis.

        Affaire Khashoggi :
         

          la « bavure », une thèse bancale pour dédouaner le prince héritier saoudien



Pression du Congrès
Le régime saoudien n’est pas le seul à jouer sa crédibilité dans cette affaire ; celle des démocraties est aussi en jeu. L’administration Trump fait preuve d’une ambivalence troublante. Dès le début, le président américain, qui a fait de sa relation privilégiée avec les Saoudiens la pierre angulaire de sa politique au Moyen-Orient pour contrer l’Iran, a tenté de trouver une sortie de crise susceptible d’exonérer « MBS ». L’alliance américano-saoudienne n’est pas nouvelle : elle remonte au pacte scellé en 1945 entre Roosevelt et le roi Ibn Saoud. Mais Donald Trump l’a poussée très loin, en revendique ouvertement les bénéfices économiques et financiers, a fermé les yeux sur le drame du Yémen et sur les méthodes répressives du jeune prince. M. Trump croit toujours aux 110 milliards de dollars (95,3 milliards d’euros) de contrats d’armements que les Saoudiens lui font miroiter.

        Les dernières informations :
         

          l’Arabie saoudite dit « ne pas savoir où se trouve » le corps



Le Congrès agitant de plus en plus la menace de sanctions contre Riyad, le président américain s’est montré un peu moins complaisant. Son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a renoncé à participer à la grande conférence d’investisseurs de « MBS », prévue le 23 octobre, boycottée par de nombreux Occidentaux. Mais M. Mnuchin se rendra tout de même à Riyad à cette date, afin d’y rencontrer des responsables saoudiens, à deux semaines de l’entrée en vigueur des sanctions américaines les plus lourdes contre l’Iran.
Les Européens, qui ont aussi des intérêts économiques en Arabie saoudite, ont adopté une ligne plus ferme. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni agissent de concert pour réitérer leurs demandes « d’éclaircissements » et ont rejeté les hypothèses avancées par l’Arabie saoudite. La chancelière Angela Merkel a évoqué l’arrêt des ventes d’armes à ce pays. Si les révélations promises par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, confirment le scénario de la macabre exécution par un commando envoyé par Riyad, l’ambivalence de Donald Trump ne sera plus tenable. On ne peut pas à la fois prendre des sanctions contre Moscou pour l’empoisonnement d’un agent double et exonérer Riyad de l’assassinat d’un opposant en exil.

        Les conséquences :
         

          L’affaire Khashoggi pèse sur l’attractivité économique de l’Arabie saoudite






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-8">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Donald Trump évoque « tromperie et mensonges ». Paris, Londres et Berlin demandent des clarifications urgentes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire Khashoggi : la version de Riyad ne convainc pas les alliés

Donald Trump évoque « tromperie et mensonges ». Paris, Londres et Berlin demandent des clarifications urgentes.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h43
    |

            Marc Semo et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La version des autorités saoudiennes sur la mort de l’opposant Jamal Khashoggi ne convainc guère ses alliés occidentaux à commencer par les Etats-Unis. Riyad a reconnu, dix-huit jours après les faits, la mort de Jamal Khashoggi, dans son consulat à Istanbul « après une rixe », en évoquant une « erreur tragique ». Paris, Londres et Berlin ont, dans un communiqué commun dimanche 21 octobre, souligné « l’urgence de clarifier ce qu’il s’est passé exactement le 2 octobre » soulignant d’une même voix que « les hypothèses de l’enquête saoudienne doivent être étayées par des faits ».
En pleine campagne électorale pour les élections de mi-mandat du 6 novembre, Donald Trump alterne les déclarations favorables et défavorables au régime saoudien. Après avoir jugé initialement « crédible » la version de la mort de Jamal Khashoggi avancée par les autorités de Riyad, le président américain s’est montré plus critique. « Il y a manifestement eu tromperie et mensonges », a-t-il déclaré au Washington Post, le quotidien auquel collaborait le chroniqueur tombé en disgrâce auprès du prince héritier Mohammed Ben Salman, surnommé MBS. « Leurs histoires partent dans tous les sens », a-t-il ajouté, tout en ménageant ostensiblement l’homme fort du royaume, « une personnalité forte », qui « aime vraiment son pays ». « Personne ne m’a dit qu’il était responsable. Personne ne m’a dit qu’il n’était pas responsable. Nous ne sommes pas arrivés à ce point », a estimé le président américain, évoquant la « possibilité » qu’il n’ait été informé qu’a posteriori de la mort du dissident.

Pour autant, il n’est pas question, tant que les faits n’auront pas été établis, de mettre en péril les liens stratégiques et les ventes d’armes à Riyad. « J’aimerais qu’il ne soit pas responsable. Je pense que c’est un allié très important pour nous. Notamment avec l’Iran qui mène tellement...




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-9">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le président des Etats-Unis n’a pas hésité à rappeler au premier ministre irakien l’engagement américain dans son pays pour l’inciter à préférer General Electric pour la fourniture de turbines à gaz, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies           Consulterle journal     Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                         À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Donald Trump    Brexit    Arabie saoudite    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Les décodeurs    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  Brexit : Calais rêve d’un nouvel âge d’or, avec le retour du duty free                    Économie   Article réservé à nos abonnés GitHub : quand le logiciel libre prend le pouvoir                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « En Irak, l’allemand Siemens, victime de la nouvelle version de l’“America first” de Donald Trump »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Big data : « Prenons garde à qui nous vendons notre attention »   Gilles Dowek chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                           CumEx Files  Comment des actionnaires utilisent la Bourse pour arnaquer le fisc                         Planète  Avec le changement climatique, le prix de la bière pourrait beaucoup augmenter                    02:40     Elections américaines de mi-mandat 2018  Insulter les origines de ses adversaires, tactique de Donald Trump en campagne                    04:48     Elections américaines de mi-mandat 2018  Midterms 2018 : qui va l’emporter aux élections américaines ?             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique   Article réservé à nos abonnés « En Irak, l’allemand Siemens, victime de la nouvelle version de l’“America first” de Donald Trump »   Philippe Escande                      Éditorial  Affaire Khashoggi : Riyad joue sa crédibilité, les démocraties aussi                    Éditorial  Halte au pillage fiscal                    Tribune   Article réservé à nos abonnés « Nous sommes députés de droite et favorables à la PMA ! »   Collectif               Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  Reprise : « Le Fanfaron », mélancolique dolce vita                    Livres   Article réservé à nos abonnés Valérie Manteau à Istanbul avec Hrant Dink en tête                    Télévisions & Radio  Télévision : « Le Bureau des légendes », ou la damnation de Malotru                    Culture  Festival de podcasts : dix émissions incontournables sélectionnées par la rédaction             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      L'époque  Plaisir clitoridien : comment prendre position ?                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « J’ai tout raconté à mon mari »                    Les recettes du Monde  Les œufs cocotte au comté : la recette de Sam Baron             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                                   Économie        « En Irak, l’allemand Siemens, victime de la nouvelle version de l’“America first” de Donald Trump »  Le président des Etats-Unis n’a pas hésité à rappeler au premier ministre irakien l’engagement américain dans son pays pour l’inciter à préférer General Electric pour la fourniture de turbines à gaz, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».        Par  Philippe Escande   Publié aujourd’hui à 11h27, mis à jour à 11h51   Lecture 2 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Fabrication d’une turbine à gaz dans l’usine Siemens de Berlin, en Allemagne, en 2012. Tobias Schwarz / REUTERS             Chronique. Y aller ou pas ? Les nuits de Joe Kaeser doivent être un peu agitées en ce moment. La pression monte en Allemagne pour contraindre le PDG de Siemens d’annuler son déplacement son déplacement cette semaine au « Davos du désert », la grande conférence économique organisée par l’Arabie Saoudite.          Pourtant, l’entreprise allemande ne vend pas d’armes, ni de matériel sensible, mais des turbines à gaz, pour produire de l’électricité, et des trains. Mais peut-on à la fois condamner dans son pays la montée de l’extrême droite anti-immigrés et cautionner par sa présence un pays qui assassine des journalistes ?          Ce n’est pas la seule source d’insomnie pour M. Kaeser L’Orient compliqué en compte tellement. La dernière date de dimanche dernier. En signant un accord de coopération avec l’Irak, son concurrent General Electric, est en passe de lui souffler un contrat qu’il avait quasiment empoché.          Un style tout en finesse          D’ailleurs, la veille, le groupe allemand avait signé avec le ministère de l’électricité irakien un accord « non engageant » pour développer de nouvelles capacités de production. Le chantier est considérable, à la hauteur des besoins de ce pays ruiné par la guerre. Une affaire à près de 15 milliards de dollars comme il n’en existe presque plus sur ce marché des turbines à gaz totalement déprimé par l’effondrement des commandes mondiales.          Mais son concurrent américain GE a encore plus faim que lui. Anéanti par cette mauvaise conjoncture, alourdi par l’achat au plus mauvais moment du Français Alstom, le groupe de Boston a passé une provision gigantesque de 23 milliards de dollars pour tenter d’éponger les pertes de cette activité et sauver l’une des plus célèbres multinationales américaines menacée de démantèlement. Perdre le contrat irakien, alors que l’infrastructure électrique actuelle de l’Irak est majoritairement signée GE aurait été une catastrophe.          C’est pourquoi Washington est entrée en action avec le style tout en finesse qu’on lui connaît désormais. L’équipe de Donald Trump a exigé du premier ministre irakien qu’il revoit d’urgence sa copie. Son argumentaire est simple.          Un « pistolet sur la tempe »                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésOrange sort de Guinée équatoriale dans la douleur                    Pénalisé par sa guerre des prix, SFR pousse à la consolidation du secteur                    Article réservé à nos abonnésL’offensive du patron d’OVH face aux géants du Net américains et chinois             Les abonnés lisent aussi...                reportage     Marie Jégo    Article réservé à nos abonnésA Istanbul, habitants et commerçants tentent de s’adapter à la valse des étiquettes La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays. 4 min de lecture                    enquete     Jean-Michel Normand    Article réservé à nos abonnésLe SUV, star du Mondial de l’auto Croisement d’un 4 × 4, d’un monospace et d’une berline, le succès du Sport Utility Vehicle est une aubaine pour les constructeurs, mais il pourrait être menacé par de mauvaises performances environnementales. 9 min de lecture                    reportage     Laurie Moniez    Article réservé à nos abonnésLes travailleurs pauvres, ces invisibles Temps partiel, bas salaires... près de 8 % des Français en activité vivent sous le seuil de pauvreté. Deuxième volet de notre série. 5 min de lecture                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
{"@context":"https://schema.org","@type":"NewsArticle","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/22/en-irak-l-allemand-siemens-victime-de-la-nouvelle-version-de-l-america-first-de-donald-trump_5372838_3234.html"},"headline":"« En Irak, l’allemand Siemens, victime de la nouvelle version de l’“America first” de Donald Trump »","dateCreated":"2018-10-22T11:27:36+02:00","datePublished":"2018-10-22T11:27:36+02:00","dateModified":"2018-10-22T11:51:53+02:00","publisher":{"@type":"Organization","name":"Le Monde","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.705/img/elements_lm/logo_lm_print.png","width":"240","height":"42"}},"description":"Le président des Etats-Unis n’a pas hésité à rappeler au premier ministre irakien l’engagement américain dans son pays pour l’inciter à préférer General Electric pour la fourniture de turbines à gaz, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde »."
,"author":[{"@type":"Person","name":"Philippe Escande"}
]
,"image":{"@type":"ImageObject","url":"https://img.lemde.fr/2018/10/22/3/0/3456/2303/696/348/3/0/d217803_iJgrer7naJinqHDj7YUv-J5g.jpg","width":"696","height":"348"}
,"isAccessibleForFree":"False","hasPart":{"@type":"WebPageElement","isAccessibleForFree":"False","cssSelector":".paywall"}
  
{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr"}}
,{"@type":"ListItem","position":2,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/economie/"}}
,{"@type":"ListItem","position":3,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/22/en-irak-l-allemand-siemens-victime-de-la-nouvelle-version-de-l-america-first-de-donald-trump_5372838_3234.html"}}
     


      



<article-nb="2018/10/22/19-10">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les alliés cherchaient un compromis, Donald Trump bouscule le calendrier.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’OTAN embarrassée face au retrait américain du traité sur les missiles intermédiaires

Les alliés cherchaient un compromis, Donald Trump bouscule le calendrier.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 11h23
    |

            Nathalie Guibert et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

En annonçant samedi 27 octobre que les Etats-Unis allaient se retirer du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) signé avec la Russie, Donald Trump a, une nouvelle fois, provoqué l’inquiétude de ses partenaires. La décision américaine semble avoir surpris, et pris de vitesse, nombre des alliés de Washington au sein de l’OTAN, même si les experts débattaient du sujet depuis longtemps. Le FNI, conclu en 1987 par Ronald Reagan et le dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, bannissait les missiles balistiques terrestres et les missiles de croisière de portée intermédiaire – entre 500 et 5 500 km.
L’Alliance atlantique se préparait, en tout cas, à réévoquer le sujet en décembre, lors de la prochaine réunion de ses ministres des affaires étrangères. « Il y a convergence sur l’analyse et la violation du traité par Moscou, mais problème sur la gestion du calendrier, puisque nous étions à la recherche d’un consensus », indiquait, dimanche, une source diplomatique à Bruxelles.

Les Occidentaux ne se déchireront sans doute pas comme dans les années 1980 lorsque, avant la signature du traité FNI, certains envisageaient de riposter à la menace russe en déployant des missiles de croisière au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie. Les premières réactions à la décision du président Trump ont toutefois été divergentes, dimanche.
A Londres, le ministre de la défense, Gavin Williamson, s’alignait sur la décision de M. Trump alors qu’à Berlin, le chef de la diplomatie, Heiko Maas, appelait le président américain à bien en mesurer les conséquences pour l’Europe. Un porte-parole de la CDU-CSU, le parti de la chancelière Angela Merkel, appelait, pour sa part, au maintien du traité « afin d’éviter une nouvelle course aux armements nucléaires en Europe ». Et Paris ? Il y a quelques semaines déjà, la diplomatie française avait surpris par son silence sur ce dossier.
Inquiétudes dès 2013
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-11">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Riyad attribue la mort du journaliste à une rixe survenue lors d’une discussion visant à « négocier de façon pacifique » son retour en Arabie saoudite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire Khashoggi : la « bavure », une thèse bancale pour dédouaner le prince héritier saoudien

Riyad attribue la mort du journaliste à une rixe survenue lors d’une discussion visant à « négocier de façon pacifique » son retour en Arabie saoudite.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 10h54
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Depuis la volte-face de Riyad, qui a reconnu samedi 20 octobre la mort de Jamal Khashoggi au consulat d’Istanbul, l’agence de presse officielle saoudienne (SPA) a publié une vingtaine de communiqués de soutien aux autorités du royaume. Du gouvernement koweïtien à l’Autorité palestinienne, en passant par le Parlement égyptien et la Ligue arabe, tous les alliés et obligés de l’Arabie saoudite se sont empressés de l’applaudir pour son supposé « attachement à la vérité ».
Cette avalanche de félicitations contraste avec le laconisme des autorités sur le fond de l’affaire. Les deux seuls communiqués de la SPA traitant des événements d’Istanbul évoquent une « discussion » visant à convaincre M. Khashoggi de rentrer dans son pays, laquelle aurait « mal tourné », entraînant une bagarre qui a conduit à sa mort et à une « tentative » par les personnes qui l’ont interrogé de « dissimuler ce qui est arrivé ».
Dimanche, conscient que cette version des faits laissait les observateurs hautement sceptiques, un haut responsable saoudien a confié à l’agence Reuters des détails supplémentaires. Selon cette source, Jamal Khashoggi, un critique très en vue du prince héritier Mohammed Ben Salman, dit « MBS », serait mort étouffé par des agents saoudiens qui tentaient de l’empêcher de crier.
D’après le haut responsable cité par Reuters, les services de renseignements saoudiens ont reçu pour ordre de « négocier le retour des dissidents de façon pacifique, ce qui leur donne le pouvoir d’agir sans en référer à leur hiérarchie ». Dans le cas de Jamal Khashoggi, le plan les autorisait à le retenir en lieu sûr, pendant un certain laps de temps, mais demandait à le relâcher, in fine, s’il persistait dans son refus de rentrer en Arabie.
« On va te droguer et te kidnapper »
Les officiers dépêchés à Riyad, au nombre de quinze selon les caméras de surveillance turques, auraient outrepassé ces consignes, menaçant...




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-12">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les candidats du parti Droit et Justice (PiS) échouent dans la plupart des grandes villes. La Coalition civique (centre droit) y a réalisé une percée inattendue.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Le parti ultraconservateur au pouvoir subit un revers aux élections locales

Les candidats du parti Droit et Justice (PiS) échouent dans la plupart des grandes villes. La Coalition civique (centre droit) y a réalisé une percée inattendue.



LE MONDE
 |    22.10.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h52
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Les élections locales du 21 octobre – municipales, régionales, départementales –, premier test électoral en Pologne après trois années de gouvernance du parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS), s’avèrent être, contre toute attente, un revers pour le parti au pouvoir. Selon les premiers sondages aux sorties des urnes, le parti de Jaroslaw Kaczynski arrive certes en tête à l’échelle nationale, avec 32,3 % des voix, et réalise historiquement son meilleur score à un scrutin local, mais le rapport de force lui reste globalement défavorable. Les deux alliés anti-PiS historiques, la Coalition civique (KO – centre droit) et le parti conservateur paysan PSL, réalisent respectivement 24,7 % et 16,6 % des voix.
Dans les grandes villes, la victoire des candidats de la Coalition civique a pris une ampleur inattendue : sur les dix villes majeures du pays, six ont été emportées par les libéraux dès le premier tour. A Varsovie, où l’on anticipait initialement un second tour, le candidat de la Coalition civique, Rafal Trzaskowski, s’impose avec 54,1 % des voix, loin devant le candidat conservateur Patryk Jaki (30,9 %). Dans certaines grandes villes, la victoire des candidats libéraux se révèle écrasante, comme dans la troisième ville du pays, Lodz (70,1 %) ou à Lublin (59,7 %). Dans les autres villes, les libéraux bénéficient de ballottages favorables.
Politique de réformes radicales
L’un des enjeux-clés de ces élections était de savoir si le PiS allait pouvoir transposer sa politique de réformes radicales, aux relents autoritaires et centralisateurs, à l’échelle locale. Le parti de Jaroslaw Kaczynski, qui gouverne actuellement à peine une voïvodie (région) sur seize, s’était fixé pour objectif de reprendre la moitié d’entre elles. Mais le PiS ne devrait pas être en mesure de gouverner dans plus de trois ou quatre voïvodies. S’il arrive en tête dans neuf d’entre elles, particulièrement sur le flanc est, sa capacité à créer des coalitions reste extrêmement limitée.
Ces élections sont les premières d’une série de quatre scrutins, qui aboutiront aux législatives de l’automne 2019 et à la présidentielle du printemps 2020. Cette échéance est d’autant plus importante qu’elle aura un impact psychologique notable sur la majorité comme sur l’opposition. Or, comme l’analyse Antoni Dudek, historien et politologue à l’université Cardinal-Wyszynski de Varsovie :
« Ces résultats sont une mauvaise nouvelle pour le PiS et un mauvais signal pour les élections à venir. Même si ces scores ne sont pas strictement transposables pour les législatives, ils donnent une certaine tendance. Le PiS misait sur un score aux alentours de 40 % à l’échelle nationale. Dans la configuration actuelle, il serait fort probable qu’il perde le pouvoir, de par son isolement. »
L’unique allié potentiel du PiS, le parti populiste Kukiz’15, est en perte de vitesse, et réalise un score de 6,3 %.

        Lire aussi :
         

                La bataille de Varsovie, enjeu-clé des élections locales en Pologne



Selon M. Dudek, « il n’est pas exclu que l’on assiste à une correction du cours de la politique du gouvernement dans l’année qui suit, ou du moins à une atténuation de la propagande. La stratégie d’une rhétorique extrêmement agressive n’a visiblement pas fonctionné ». Dans les derniers jours de campagne, un spot électoral annonçant une « déferlante migratoire » en cas de retour de l’opposition au pouvoir a créé une indignation généralisée, de par son caractère ouvertement xénophobe et de son montage sur la base d’images manipulées.
Seuil symbolique dépassé
A l’issue de cette campagne d’une longueur et d’une intensité sans précédent, largement rythmée par le débat national, le taux de participation a grimpé à 51,3 % – dépassant le seuil symbolique de la moitié des inscrits pour la première fois depuis la chute du communisme. Le fossé électoral qui sépare les villes et les campagnes s’est confirmé. A l’échelle nationale, dans les grandes villes, la Coalition civique a récolté 46 % des voix, contre 22 % pour le PiS. Les campagnes ont, quant à elles, voté à 39,3 % pour le PiS et à 13,5 % pour les libéraux.

        Lire aussi :
         

                La Cour de justice de l’UE bloque la réforme controversée de la Cour suprême polonaise



Mais le PiS a échoué dans un de ses principaux objectifs : faire chuter le parti paysan PSL et s’approprier son électorat en vue des législatives. Avec un score de 23,7 % dans les campagnes, ce dernier garde une influence notable, alors que certains prédisaient sa fin au profit du parti de Jaroslaw Kaczynski. Le chef incontesté de la majorité, que l’on disait affaibli à la suite d’une maladie, s’est beaucoup engagé dans la campagne, multipliant les déplacements. A un an des législatives, le parti ultraconservateur, qui paraissait jusque-là inébranlable, semble coupé dans son élan.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-13">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des responsables saoudiens ont continué à revenir sur leurs précédentes déclarations en donnant des détails sur le meurtre du journaliste saoudien.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Meurtre de Jamal Khashoggi : l’Arabie saoudite dit « ne pas savoir où se trouve » le corps

Des responsables saoudiens ont continué à revenir sur leurs précédentes déclarations en donnant des détails sur le meurtre du journaliste saoudien.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 07h49
   





                        



   


Deux jours après avoir reconnu que Jamal Khashoggi a été tué dans le consulat saoudien à Istanbul, les autorités saoudiennes continuent de clamer leur bonne foi. Le ministre des affaires étrangères du royaume, Adel Al-Jubeir, a ainsi qualifié dimanche 21 octobre la mort du journaliste d’« erreur monumentale ».
« Nous avons découvert qu’il a été tué au consulat. Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps », a déclaré le ministre, interrogé sur la chaîne américaine Fox News depuis Riyad. « Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été faite, qui a été aggravée par la tentative de la cacher », a-t-il ajouté, assurant que le prince héritier Mohammed Ben Salman n’était « pas informé » de l’opération, non autorisée par le pouvoir.
Le roi Salman, a poursuivi Adel Al-Jubeir, « est déterminé » à ce que « les responsables » de la mort du journaliste « rendent des comptes », alors que l’Union européenne et plusieurs ONG ont demandé ces derniers jours l’ouverture d’une enquête indépendante, soulignant des incohérences dans la version de Riyad.

        Le point sur l’affaire :
         

          Riyad livre une version pleine de zones d’ombre et d’incohérences



Erdogan promet « toute la vérité »

   


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a par ailleurs promis dimanche de faire la lumière sur l’affaire. « Nous cherchons la justice ici, et toute la vérité sera révélée (…), la vérité nue », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement à Istanbul. Il a précisé qu’il ferait une déclaration exhaustive sur ce dossier mardi 23 octobre, lors d’une intervention au Parlement devant les députés de l’AKP, le parti au pouvoir.
Les autorités turques estiment que les quinze ressortissants saoudiens arrivés à Istanbul le 2 octobre à bord de deux avions sont liés à la mort du journaliste. « Pourquoi ces quinze hommes sont-ils arrivés ici ? Pourquoi dix-huit personnes ont-elles été arrêtées ? », a demandé le président turc.
Le président Erdogan, qui s’est aussi entretenu dimanche avec Donald Trump à propos de cette affaire, s’est abstenu jusqu’ici de faire des déclarations fracassantes sur la mort de Jamal Khashoggi, se contentant de se référer à l’enquête en cours. Selon les experts, le président turc cherche de la sorte à éviter une rupture totale avec l’Arabie saoudite.

        Notre analyse :
         

          « Ni Mohammed Ben Salman ni la relation américano-saoudienne ne sortiront indemnes de l’affaire Khashoggi »



Pression de l’Europe et du Canada
De leur côté, les présidents français et américain ont discuté dimanche soir du meurtre du journaliste saoudien, a indiqué la Maison Blanche. La porte-parole de M. Trump, Sarah Sanders, a rapporté dans un communiqué que les deux chefs de l’Etat s’étaient parlé au téléphone en prévision de la venue en France de Donald Trump pour commémorer le centenaire de l’armistice de 1918. La France a souligné dimanche, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, le « besoin urgent de clarification » sur les faits.
Enfin, par la voix de son premier ministre, le Canada n’exclut pas de pouvoir annuler un important contrat de vente d’armes à l’Arabie saoudite. Justin Trudeau, qui intervenait dans une émission diffusée dimanche soir, mais enregistrée jeudi, a souligné que son pays entendait « toujours défendre les droits de l’homme, y compris avec l’Arabie saoudite ».
Interrogé sur le maintien ou non d’un contrat de 15 milliards de dollars canadiens (9,9 milliards d’euros), pour la vente à Riyad de véhicules blindés légers, le premier ministre a déclaré qu’il y a « dans ce contrat des clauses qui doivent être suivies par rapport à l’utilisation de ce qu’on leur vend. S’ils ne suivent pas ces clauses, c’est sûr qu’on va annuler le contrat ».

        Mort de Jamal Khashoggi :
         

          l’Union européenne demande une « enquête approfondie »




Retrouvez nos contenus sur l’affaire Khashoggi
L’enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi.
Le sommet économique de Riyad, enlisé dans l’affaire.
Le prince héritier Mohammed Ben Salman, dans la tourmente.
La dernière tribune du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
La relation entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.
L’ambiguïté de Washington et d’Ankara vis-à-vis de Riyad.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-14">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, l’anthropologue Michel Naepels appelle l’Union européenne et ses pays membres à prendre une part d’humanité, ne serait-ce qu’en commençant par tenir leurs engagements.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Chaque nouvelle étape du traitement européen des “migrants” laisse un goût amer, celui de la banalité de l’inacceptable »

Dans sa chronique, l’anthropologue Michel Naepels appelle l’Union européenne et ses pays membres à prendre une part d’humanité, ne serait-ce qu’en commençant par tenir leurs engagements.



LE MONDE IDEES
 |    20.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 11h08
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue, historien, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directeur de recherche au CNRS)








                        



                                


                            
Chronique. Qu’est-ce qu’un refuge ? Un espoir ? Un horizon ? Le dispositif sécuritaire est sans merci. La ­prohibition crée la contrebande : non seulement des régimes autoritaires sont aidés et soutenus pour bloquer les « migrants » avant leur arrivée dans l’Union européenne, mais les mafias des passeurs ­prospèrent de cette situation. Sans protection légale, ­celles et ceux qui se déplacent sont exposés à des ­niveaux de violence effrayants.
Il n’y a de passage que dans les failles, débouchant le plus souvent sur une vie d’épreuves administratives sans fin, d’attente, de dissimulation, de citoyenneté déniée, d’emplois non déclarés, d’identités masquées. Les individus et les associations qui tentent de défendre l’idée d’une commune humanité et d’un devoir d’hospitalité sont empêchés et poursuivis au moyen de lois visant à réprimer l’aide à l’entrée et au séjour irréguliers d’étrangers.

Le règlement de Dublin, qui attribue au premier pays d’accueil d’un réfugié potentiel la responsabilité d’examiner sa demande d’asile, aggrave les déséquilibres entre Etats européens, déresponsabilise les uns, surexpose les autres – et voue les arrivants « dublinés » à des expulsions sans fin. Nous savons tout cela : anthropologues, politistes, démographes, historiens ne cessent de décrire les mécanismes empiriques de la mort à nos frontières comme de la relégation par nos dispositifs policiers, ­administratifs et judiciaires.
On n’ose répéter l’évidence que la France est terre de migration, comme l’a montré il y a déjà trente ans l’historien Gérard Noiriel (Le Creuset français. Histoire de l’immigration (XIXe-XXe siècle), Seuil). Mais aussi à quel point l’Europe a été, en miroir, terre d’émigration, en Amérique en particulier (Nancy Green, Repenser les migrations, PUF, 2002). Chaque nouvelle étape du traitement européen des « migrants » cherchant un asile ou un futur en Europe – l’odyssée de l’Aquarius,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-15">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Mort de Jamal Khashoggi : qui sont les deux hauts responsables saoudiens limogés ?

Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 10h31
   





                        


C’est la première conséquence concrète de l’affaire Jamal Khashoggi. Après avoir admis que le journaliste avait été tué dans son consulat d’Istanbul, l’Arabie saoudite a limogé, samedi 20 octobre, deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammed Ben Salman.
Les deux personnalités faisaient tous deux partie du cercle rapproché du prince Mohammed Ben Salman, surnommé « MBS ». Leur limogeage s’est accompagné de l’arrestation de 18 suspects saoudiens.

        Lire aussi :
         

                Riyad avance sa version des faits sur la mort de Jamal Khashoggi



Le général Ahmed Al-Assiri, chef adjoint du renseignement saoudien

   


Agé d’une soixantaine d’années, le général Al-Assiri était un conseiller de haut rang proche de la cour royale. Avant d’être promu chef adjoint du renseignement général en 2017, il était le porte-parole de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 contre les rebelles houthistes soutenus par l’Iran. Le quotidien panarabe à capitaux saoudiens Al-Hayat qualifiait d’ailleurs ce général, formé à la prestigieuse école militaire française Saint-Cyr, de « pilote saoudien le plus connu au monde ».
Parlant couramment le français, l’anglais et l’arabe, Ahmed Al-Assiri assistait souvent aux réunions à huis clos du prince héritier avec des dignitaires étrangers en visite dans le royaume. L’homme avait également acquis à l’étranger la réputation de harceler les journalistes dont les articles critiquaient les « bavures » saoudiennes au Yémen. Au printemps 2017, il avait été la cible d’un jet d’œuf lors d’une conférence à Londres et le gouvernement britannique s’était excusé pour cette « agression ».
Avant son limogeage samedi, le New York Times avait rapporté que l’Arabie saoudite attribuerait vraisemblablement la responsabilité de la disparition de Khashoggi au général Assiri pour tenter de dédouaner « MBS ».

        Lire aussi :
         

                « Ni Mohammed Ben Salman ni la relation américano-saoudienne ne sortiront indemnes de l’affaire Khashoggi »



Saoud Al-Qahtani, conseiller « médias » à la cour royale

   


Homme-clé de l’entourage du prince héritier, Saoud Al-Qahtani a dirigé le « centre d’études et d’affaires médiatiques », une unité opérant au sein de la cour royale, avant d’être nommé conseiller « médias » du prince. Un poste-clé où il contrôlait notamment les activités de relations publiques du gouvernement saoudien.
Selon des sources saoudiennes, M. Al-Qahtani, 40 ans, a animé des campagnes de propagande en ligne contre les adversaires du royaume, comme le Qatar et l’Iran. Avec 1,3 million d’adeptes sur Twitter, ce haut responsable est notamment connu pour ses messages hostiles aux dissidents et à ses rivaux.

        Lire aussi :
         

                En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman dans l’ouragan Khashoggi



Dans un article paru dans le Washington Post au début de l’année, Jamal Khashoggi affirmait qu’Al-Qahtani avait constitué une « liste noire » des journalistes critiques du royaume et qu’il était connu pour les intimider. Dans une interview posthume publiée vendredi par le magazine Newsweek, Khashoggi qualifie M. Al-Qahtani et un autre haut responsable saoudien, Turki Al-Cheikh, de « voyous ».
« Les gens les craignent. Vous les défiez, vous risquez de finir en prison, et c’est ce qui s’est passé. »
L’an dernier, M. Al-Qahtani écrivait sur Twitter : « Je ne fais rien de mon propre chef, sans des ordres. Je suis l’employé et l’exécuteur de mon roi et de mon prince héritier. »

        Lire aussi :
         

                Arabie saoudite : « Mohammed Ben Salman, l’erreur de casting »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-16">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne se sont massivement mobilisés samedi 20 octobre. Reportage.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
Découvrir l’application


                        

« Marre du Brexshit » : des centaines de milliers de manifestants anti-Brexit ont défilé à Londres

Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne se sont massivement mobilisés samedi 20 octobre. Reportage.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
22.10.2018 à 07h27
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Baroud d’honneur ou moment charnière de l’histoire tourmentée du Brexit, 700 000 personnes ont défilé, samedi 20 octobre à Londres pour exiger l’organisation d’un second référendum, selon les organisateurs de cette « marche pour l’avenir ».
« J’ai 16 ans et le Brexit m’a volé mon avenir », « Marre du Brexshit » (Brexit de merde), « Je suis européenne. Ensemble, c’est toujours mieux », « Qu’est-ce que l’Union européenne [UE] nous a apporté sinon la paix, la sécurité, le marché unique et les appellations contrôlées ? »… Une profusion de pancartes confectionnées à la maison a déferlé dans une ambiance joyeuse sous un soleil printanier entre Hyde Park et Parliament Square, face à Big Ben.
Spectacle surréaliste au cœur du Royaume-Uni, tee-shirts, foulards et drapeaux bleus étoilés de l’UE ont flotté tout l’après-midi sur Piccadilly, Pall Mall et Whitehall, les plus grandes avenues du Londres officiel. Il s’agit de loin du plus important défilé depuis le vote du 23 juin 2016, au cours duquel 51,9 % des Britanniques ont opté pour quitter l’UE. L’événement n’atteint toutefois pas le record londonien du million de manifestants enregistré en février 2003 lors d’un défilé contre la guerre en Irak.
Aux militants de gauche, aux familles inquiètes pour leurs enfants, aux professionnels anxieux pour leur emploi ou leurs affaires, se superposait toute une frange libérale de Britanniques ouverts sur le monde venus exprimer leur réel sentiment d’appartenance à l’UE et leur détestation de l’image de repli sur soi renvoyée par le Brexit.

        A moins de six mois du Brexit :
         

          « Trop de questions sans réponse » pour les expatriés français



Un mot d’ordre : sortir du Brexit
Compacte, oscillant entre la jubilation du nombre et les craintes pour l’avenir du pays, la foule était aussi plus diverse en âges et en origines sociales que les précédentes manifestations, même si les non-Blancs et le petit peuple britannique brillaient par leur absence. Tout comme les leaders des grands partis politiques.
Scotland Yard n’a pas confirmé le chiffre de 700 000 manifestants avancé par les organisateurs, la plate-forme People’s Vote qui regroupe des organisations de la société civile. Mais lorsque la tête du cortège était en vue du Parlement de Westminster, les derniers manifestants n’avaient pas encore quitté Park Lane, son point de départ, à 3,4 km de là. Alors que la négociation avec les Vingt-Sept est dans l’impasse à Bruxelles à cinq mois du Brexit officiel, Londres a résonné d’un cri en deux mots : « Exit Brexit ! » (Sortons du Brexit !).
« Comment pourrais-je regarder mes enfants dans les yeux à l’avenir, si je n’avais pas été là aujourd’hui ? »
« C’est un cri dans le vide, mais il était indispensable. Comment pourrais-je regarder mes enfants dans les yeux à l’avenir, si je n’avais pas été ici aujourd’hui ? », expliquait Henry Playfoot, un communicant de 48 ans. « Cette manifestation est vaine, car le Brexit est inévitable en raison du catastrophique défaut de leadership politique dont souffre notre pays. On est là pour ça : remplir ce vide. J’espère qu’un Royaume-Uni plus ouvert va émerger des cendres du Brexit. »
Venus en car de Southampton, Clive Hillman et Suzanne Battison, des retraités maugréaient contre « ces responsables politiques absents au moment où le pays doit prendre sa plus importante décision depuis la guerre ». « Nous sommes des gens ordinaires, ajoutaient-ils, et c’est nous qui allons souffrir le plus du Brexit. » Sarah Finnie, médecin généraliste affirmait être venue « pour défendre l’avenir de [s]es enfants », et pour honorer la mémoire de son père. « Il a combattu dans la Royal Air Force pour que les Européens vivent libres et il a perdu beaucoup de camarades. C’est pour cela que je combats passionnément le Brexit. »

   


Nombre d’expatriés européens et de couples mixtes affichaient leur inquiétude. « Où va notre UE ? », demandait une pancarte où un homme enveloppé d’un drapeau britannique tenait par la main une femme portant un châle européen bleu et or. « Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir et celui de mes enfants, témoignait Géraldine Elliott, professeure de français installée depuis trente ans en Angleterre et mariée à un Britannique. On nous répète que nous garderons notre droit au séjour, mais nous n’en savons rien. Le Brexit a donné le feu vert à des manifestations de xénophobie inconnues auparavant. »

        La tribune du maire de Londres, Sadiq Khan :
         

          « Le peuple britannique devrait voter sur l’accord final du Brexit »



« Personne n’a voté pour le chaos actuel »
Mais dans l’immense serpent humain agité à intervalle régulier d’une clameur enthousiaste, tout le monde n’était pas aussi sombre ni pessimiste. « Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Il va arriver un moment où Theresa May n’aura plus d’autre solution que d’appeler à un second référendum, voulait croire Jennie Westbrook, 31 ans, employée dans un théâtre. Les gens n’ont pas voté pour ce qui arrive maintenant : un pays fracturé en deux, au bord de la guerre civile. »
A l’instar de beaucoup de marcheurs plus âgés que lui, c’était la toute première fois que Daniel Taylor, 23 ans, ingénieur étudiant, mettait les pieds dans une manifestation. « Je suis fier d’être dans cette foule immense et fraternelle, témoignait-il. Le gouvernement ne pourra pas nous ignorer. Ce que nous demandons n’est pas extrémiste : c’est seulement le droit de changer d’avis. N’est-ce pas le cœur de la démocratie ? »
Whitehall, l’avenue des grands ministères menant à Westminster était équipée de deux écrans géants diffusant les prises de parole des politiques depuis un podium érigé symboliquement devant le Parlement.
Aucun leader des deux grands partis n’était présent – « Où est Jeremy Corbyn ? », scandaient d’ailleurs ironiquement certains manifestants –, mais pour la première fois dans un défilé anti-Brexit, des élus de cinq des principaux partis – conservateurs, travaillistes, LibDem, SNP et Greens – ont pris la parole ensemble pour demander un nouveau référendum. Pour les deux premières formations qui soutiennent ou acceptent le Brexit, il s’agissait évidemment de députés en délicatesse avec la ligne officielle.

   


« Personne n’a voté pour le chaos actuel. La majorité, c’est nous désormais. Nous pouvons gagner la bataille ! », a lancé la députée conservatrice Anna Soubry applaudie avec enthousiasme par la foule en majorité de gauche. « Aucun accord n’est meilleur que le maintien dans l’UE », a proclamé, de son côté, le Labour Chuka Umunna dont le parti espère que le Brexit débouchera sur une crise et de nouvelles élections qu’il gagnerait.
Spectacle hallucinant à quelques mètres de Downing Street, la première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon, est apparue sur écran géant via une vidéo enregistrée promettant son soutien sans faille à un deuxième référendum sur le Brexit.
Le matin même, Dominic Grieve, député conservateur très écouté et ancien procureur général (attorney general) avait aussi défendu la même solution. Constatant que les négociations sur le Brexit étaient « dans l’impasse », M. Grieve, chef de fait des rebelles tories proeuropéens, a déclaré à la BBC que « lorsqu’on se trouve devant un problème de ce genre (…), la seule solution est de revenir vers les électeurs et de leur demander : “Est-ce vraiment ce que vous vouliez ?” »

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr traitant du Brexit :
les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un sommet européen sur le Brexit jugé « crucial », le 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-17">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

A moins de six mois du Brexit, « trop de questions sans réponse » pour les expatriés français

Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 13h53
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


C’est un dessin griffonné sur la page de garde de son agenda 2018-2019. Chaque 29 du mois, Amandine N. ajoute un petit trait. D’abord la potence, complètement achevée. Puis le pendu, qu’on devine déjà. « Ça représente parfaitement mon état d’esprit, dit cette Française de 32 ans, qui vit dans le Sussex depuis sept ans. J’attends l’exécution. » Le 29 mars 2019, date à laquelle le Brexit, voté en juin 2016, doit officiellement entrer en vigueur.
Originaire de Chartres, Amandine N. a gagné la Grande-Bretagne pour rejoindre son « amour d’Erasmus », un musicien mancunien « un peu évaporé », rencontré à Barcelone. Son couple n’a pas passé le premier hiver britannique. Son amour du pays, lui, a perduré. « Pour un tas de clichés : l’autodérision, les gazons, les currys et la bière, le sentiment que peu importe si on est jaune, vert, bleu, chauve, unijambiste, on peut tracer sa route sans être regardé de travers », récite mélancoliquement la trentenaire.
A force de rencontres et d’opportunités, cette « éternelle indécise » devenue cuisinière a fini par « construire son petit nid », dans ce pays dont elle pensait qu’il l’avait « acceptée comme l’une des siens ». Où elle se voyait « devenir adulte. Fonder une famille même, qui sait » ? Un sentiment de « confiance » qui lui semble aujourd’hui « presque irréel ».

        Analyse :
         

          Une fois le Brexit signé, le plus dur commencera



« A pile ou face »
Dans un appel à témoignages lancé l’an dernier sur Le Monde.fr, Amandine N. expliquait que « tout est devenu un point d’interrogation depuis le référendum ». A moins de six mois du Brexit, et alors que les négociations continuent à Bruxelles mercredi 17 octobre, elle reste « incapable de planifier quoi que ce soit, comme si toute [sa] vie était en pause. »
Autour d’elle, les départs se multiplient – le nombre de citoyens européens en Grande-Bretagne est tombé à son plus bas niveau depuis 2012, selon l’Office for National Statistics. Il y a les amis français repartis à Lyon, l’ancienne collègue espagnole en attente d’un feu vert de l’immigration canadienne, les voisins polonais qui ont mis en vente leur maison depuis des mois. En vain pour l’heure, le marché est saturé dans la région.
Amandine N. a bien les cinq ans d’ancienneté requis pour demander le statut de résident. Mais a-t-elle de quoi le prouver ? « Pas de quittance de loyer, des contrats de travail en dents de scie, des boulots souvent au noir… » soupire-t-elle. Et puis a-t-elle vraiment envie de rester dans un pays « où tous les services publics sont à l’os, où on est de plus en plus mal soigné, et où le Brexit risque de tout empirer ? »
Depuis un mois, la question l’empêche à nouveau de dormir. En sonnerie de téléphone, elle a mis la chanson des Clash Should I Stay or Should I Go ? (dois-je rester ou dois-je partir ?) « Parfois, j’ai envie de jouer la réponse à pile ou face », confesse-t-elle.

        Le point sur la négociation du Brexit,
         

          à la veille du sommet européen qui s’ouvrira mercredi à Bruxelles



« On est laissé complètement seul »
Véronick P., elle, n’en pouvait plus d’être « prise en étau en attendant de savoir à quelle sauce on serait mangés ». « Après deux ans de préparation mentale », elle a sauté le pas. Laissé derrière elle « la maison, la voiture et le mari, pour prendre un billet sans retour. »

   


Soixante kilos de bagages et son adolescent sous le bras, elle est retournée « chez maman ». En reconversion, elle espère trouver un emploi rapidement pour permettre à son mari de les rejoindre en France. Avec, comme pour tous ces « malgré-nous du Brexit », la galère administrative qui l’accompagne : inscription à Pôle emploi, rattachement à la Sécurité sociale, rapatriement des fonds de pension, rattrapages scolaires, etc.

        Le point de vue du ministre britannique du Brexit :
         

          « Chacun doit faire une partie du chemin »



« Il pourrait y avoir plus d’aide et de solutions de la part du gouvernement français », déplore Lydie C., universitaire installée depuis quelques mois aux Pays-Bas, faute d’opportunités professionnelles dans l’Hexagone. « On est laissé complètement seul avec un nombre incalculable de questions sans réponse », déplore cette enseignante-chercheuse de 36 ans. D’autant que « plus on se rapproche de la date du 29 mars, plus c’est chaotique ».
« Conscience sociale et politique »
« L’idée d’être à la merci de la législation m’angoisse complètement », abonde Vanina M., 46 ans, qui vit près de York, dans le nord-est du Royaume-Uni. « Combien serons-nous à ne pas répondre aux critères et aux quotas ? » s’interroge-t-elle. Sur les réseaux sociaux, « on lit tout et n’importe quoi, tout le monde panique », témoigne cette professeure de français dans un collège britannique. Et côté politiciens, « c’est de pire en pire, on a vraiment le sentiment que personne ne sait ce qu’il fait et qu’on va droit dans le mur ». 
Expatriée depuis vingt-trois ans, elle ne reste dans le pays « que pour [son] fils », qui devrait bientôt obtenir la nationalité britannique. Mais en cas de « no deal » – c’est-à-dire le scénario du pire entre Londres et Bruxelles –, elle partira, elle qui « a déjà commencé à chercher du travail en France ».

        L’interview du ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid :
         

          « Les citoyens ne sont pas des pions dans la négociation »



En attendant, elle continue de regarder son pays d’adoption changer. Répond poliment aux quelques élèves qui lui ont demandé : « Quand est-ce que vous rentrez chez vous ? » Mais le Brexit l’a irrémédiablement changée. Le vote a réveillé chez elle une « conscience sociale et politique ». « J’ai réalisé combien c’est important de participer à la vie politique de son pays », dit celle qui ne rate pas une marche anti-Brexit, dont la prochaine se tiendra le 20 octobre à Londres. « Les manifestations font du bien, parce qu’ensemble on a moins le sentiment d’être des parias », dit-elle, attristée surtout « pour tous ces jeunes qui ne pourront plus circuler librement ».
« On se prépare à des pénuries »
De l’Angleterre « incarnation du multiculturalisme » de sa jeunesse, Alexandra S., 47 ans, ne reconnaît plus grand-chose. Expatriée depuis vingt et un ans, cette dirigeante d’une compagnie d’export à Cambridge ne parle plus français dans la rue. « Pas vraiment par peur, mais pas envie qu’on me regarde de travers », dit-elle.
Avec son Britannique de mari, elle ne « compte plus les engueulades sur le Brexit ». Lui ne se voyait pas partir, et surtout pas sortir leurs deux enfants de leur école internationale. « Il me traitait de dingue d’imaginer toujours le pire. Maintenant que tous les politiques nous préparent psychologiquement à un “no deal”, il me dit que j’avais raison. » 

        Décryptage :
         

          Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



La mère de famille a d’ailleurs « presque honte de l’avouer », mais elle a commencé à « mettre de côté du sucre et de la farine ». « On se prépare à des pénuries, puisque le pays importe 40 % de sa nourriture », rappelle celle qui constate déjà « des hausses importantes des prix dans les supermarchés ». Une amie angoisse d’ailleurs pour son traitement anti-diabète, qui vient des Pays-Bas. « Qu’est ce qu’il va se passer le jour où la frontière sera bloquée ? » anticipe-t-elle.
« Il y a trop de questions sans réponse, c’est le pire d’être dans le flou », soupire-t-elle. Alors, pour « avoir au moins l’impression d’agir », Alexa S. a acheté trois billets Eurostar, pour elle et ses enfants. Des allers simples pour Paris, en date du 28 avril – « pas envie d’être là pour la fête du Brexit et les hypocrisies », justifie-t-elle. Sans savoir encore s’il y aura un billet de retour.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-18">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’Arabie saoudite, sous pression internationale, évoque une rixe dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Riyad avance sa version des faits sur la mort de Jamal Khashoggi

L’Arabie saoudite, sous pression internationale, évoque une rixe dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 11h30
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Samedi 20 octobre, après plus de deux semaines de dénégations et de ma­nœuvres dilatoires, l’Arabie saoudite a reconnu l’évidence. Dans un communiqué laconique, publié dans la nuit, l’agence de presse officielle du royaume a ­admis que le journaliste et dissident Jamal Khashoggi a bel et bien été tué dans le consulat saoudien d’Istanbul, où il avait disparu, le 2 octobre.
« Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul (…) ont débouché sur une bagarre à coups de poing, ce qui a conduit à sa mort », a déclaré la Saudi Press Agency (SPA), avant d’ajouter : « Que son âme repose en paix ».
Depuis les Etats-Unis, Ali Shihabi, le directeur d’Arabia Foundation, un centre de réflexion financé par Riyad, a donné une autre version des faits. « Khashoggi est mort d’un étranglement au cours d’une altercation physique, pas d’une rixe à coups de poing », a-t-il écrit sur Twitter, ­disant s’appuyer sur une source saoudienne haut placée.

Le communiqué de la SPA, basé sur une déclaration du procureur général du royaume, affirme que l’enquête a déjà mené à l’arrestation de 18 Saoudiens et qu’elle se poursuivra jusqu’à ce que ce que toutes les personnes impliquées dans ce dossier soient déférées devant la justice.
Plus tard, le département international du ministère saoudien de l’information a publié une déclaration en anglais attribuée à « une source officielle », affirmant que les discussions au consulat ont pris « une tournure négative » entraînant une bagarre qui a ­conduit à la mort de Khashoggi et à une « tentative » par les personnes qui l’avaient interrogé de « dissimuler ce qui est arrivé ».
Journaliste de renom, longtemps proche de la famille royale, Jamal Khashoggi, 59 ans, s’était exilé aux Etats-Unis en septembre 2017, après s’être vu interdire d’écrire dans la presse de son pays et d’utiliser Twitter....




                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-19">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La ville des Hauts-de-France espère se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Brexit : Calais rêve d’un nouvel âge d’or, avec le retour du duty free

La ville des Hauts-de-France espère se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen.



LE MONDE ECONOMIE
 |    20.10.2018 à 10h32
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



   


La perspective du Brexit redonne aux Calaisiens un peu d’espoir. Touchée de plein fouet par la crise migratoire, la ville portuaire peut-elle se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen ? « Les ­Calaisiens attendent le retour du duty free, confie la maire Les Républicains, Natacha Bouchart. Il y a vingt ans, les flux des ­piétons qui faisaient l’aller-retour Douvres-Calais dans la journée participaient à l’économie locale, alors commerçants et hôteliers veulent y croire. »
Hervé Lefebvre, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Calaisis rêve d’un duty free terrestre, « comme à l’aéroport de Roissy, avec des zones sous douane dévolues aux détaxes ». Pour M. Lefebvre, le nombre d’emplois créés autour de la vente d’alcool, de produits de luxe ou de produits locaux pourrait permettre à Calais « de retrouver ses lettres de noblesse, car ça [leur] manque ».
Une directive européenne avait annoncé la fin du duty free dès janvier 1992. Les boutiques de détaxe ont disparu du terminal du tunnel sous la Manche et des bateaux du port de Calais en juillet 1999. Cela représentait pourtant une manne pour le Calaisis. En 1998, par exemple, 38 millions de passagers avaient transité par Calais, dont une part importante de daytrippers, ces voyageurs effectuant un aller-retour entre le Royaume-Uni et la France dans la journée, parfois au prix de 10 francs grâce aux promotions des compagnies maritimes, notamment P & O.

        Lire aussi :
         

                Les Hauts-de-France se préparent au Brexit



Lobbying
« A l’époque, on a perdu plus de 40 % de fréquentation touristique, rappelle M. Lefebvre. Calais, c’est la ville des Anglais. On voudrait retrouver ça. » En guise de compensation financière, Calais avait à l’époque obtenu, de la part de l’Etat, une enveloppe de 100 millions de francs (environ 15 millions d’euros).
Avec l’annonce du Brexit, une association, créée en avril 2017, appelée « Oui au Duty Free » s’est fixé pour objectif de faire du lobbying afin que la question de la détaxe et celle des contrôles douaniers figurent au cœur des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Parmi ses adhérents se trouvent les principaux acteurs du trafic transmanche : DFDS et P & O, la Société d’exploitation des ports du Detroit (SEPD), le groupe Eurotunnel et la Fédération maritime du port de Calais. Les compagnies maritimes ont tout intérêt à voir augmenter les volumes d’achats à bord des ferries. Le retour du duty free pourrait relancer le trafic piéton et, avec lui, le tourisme en centre-ville.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/22/19-20">
<filnamedate="20181022"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181022"><AAMMJJHH="2018102219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le géant américain des VTC a choisi Berlin et Paris comme têtes de pont en Europe pour sa marque Jump de bicyclettes électriques.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les vélos en libre-service d’Uber débarquent à Paris

Le géant américain des VTC a choisi Berlin et Paris comme têtes de pont en Europe pour sa marque Jump de bicyclettes électriques.



LE MONDE ECONOMIE
 |    20.10.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 06h29
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Il est rouge, gros, rapide et a de quoi faire peur à ses ­concurrents. Lui, c’est le vélo électrique Jump. Il tire son nom de la marque de bicyclettes partagées que vient d’acheter Uber, et qui s’apprête à débarquer en Europe.
Jeudi 18 octobre, le géant américain de la réservation de VTC (voitures de transport avec chauffeur) a annoncé qu’il allait lancer début 2019 une flotte de vélos électriques à Paris, sans fournir plus de précision sur la date et le nombre d’appareils déployés.
Paris ne sera pas la première tête de pont de Jump en Europe. Uber va lancer cette nouvelle offre à Berlin « dans quelques semaines », là encore sans indication précise. « L’objectif, c’est de se lancer dans d’autres villes » après la capitale française, a déclaré Steve Salom, le directeur général d’Uber pour la France, la Suisse et l’Autriche, citant Lyon.

L’engin a été présenté à Paris lors du salon de la mobilité urbaine Autonomy. Malgré son aspect massif et son air robuste, il est très souple à conduire grâce à l’assistance électrique qui lui donne une autonomie de cinquante kilomètres et lui permet de rouler à 25 kilomètres/heure. Jump sera le premier vélo à batterie disponible en free floating à Paris, c’est-à-dire en stationnement libre, sans borne d’attache. Un cadenas en forme de U permettra de l’accrocher au mobilier urbain.
Pour le réserver, le déverrouiller et le reverrouiller, il suffira de passer par l’application Uber de réservation de VTC. Le prix du trajet n’a pas été donné, mais une porte-parole de la marque souligne que les tarifs devraient s’aligner sur ceux de la concurrence (louer un Vélib’ électrique de manière occasionnelle coûte 5 euros de forfait pour la journée + 1 euro la demi-heure). Aux Etats-Unis, Jump est accessible moyennant 2 dollars (1,7 euro) les trente premières minutes, puis 7 cents de dollar la minute supplémentaire.
« Devenir rapidement un acteur majeur »
Uber arrive donc...




                        

                        

