<FILE-date="2018/10/21/19">

<article-nb="2018/10/21/19-1">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ De Buenos Aires à Rome, pendant plusieurs mois, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté sur Jorge Bergoglio, son enfance, ses blessures, ses mystères.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Qui est vraiment le pape François ? Notre série en cinq épisodes

De Buenos Aires à Rome, pendant plusieurs mois, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté sur Jorge Bergoglio, son enfance, ses blessures, ses mystères.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h28
    |

            Ariane Chemin








                        



   


Qui est Jorge Bergoglio, l’homme qui, depuis cinq ans, règne sur un milliard et trois cents millions de catholiques ? Celui qui compare l’avortement au recours à un « tueur à gages » ou celui qui pleure à Lampedusa sur le sort des migrants ? Est-il conservateur, comme le pensent les Argentins ? Ou social-progressiste, comme disent les Européens ? Les deux. François est homme complexe. Le premier pape non européen, le premier pape né dans une mégalopole. Un déraciné, enfin.
A quoi ressemble l’enfance d’un pape ? Celle de Bergoglio est bercée par sa grand-mère, Rosa, une Piémontaise à la foi simple qui faillit mourir dans un steamer, en 1927, lors de son départ en Argentine : le pape est un petit-fils de migrants. Incroyable histoire.
Mais attention : le pape François est un as du storytelling, qui sait magnifiquement tresser sa légende. Dès le 13 mars 2013, le monde entier a su qu’il avait préféré une simple pension-hôtel au cœur du Vatican aux ors des palais pontificaux. François, pape normal. En réalité, il est aussi un pape méfiant, un Argentin qui a connu la dictature, entre 1976 et 1983, et en a gardé le goût du secret.
Ces années noires ont durablement marqué Bergoglio. C’est durant cette période que, à Buenos Aires, il avait suivi une psychanalyse. Un pape peut-il avoir mauvaise conscience ? Oui. C’est sans doute la raison de son amitié avec « sœur Geneviève », nièce d’une religieuse « disparue » en Argentine, qui, un jour de 2005, au téléphone, lui a dit ses quatre vérités.
Un pur politique
Pape jésuite, François est aussi un pur politique, qui cultive son carnet d’adresses et sait parfois tenir plusieurs discours. Deux hommes en ont fait l’expérience : un de ses anciens élèves, Yayo Grassi, aujourd’hui cuisinier-traiteur à Washington, et, à Paris, l’ambassadeur de France auprès de l’Unesco. L’un et l’autre sont homosexuels, ont vu le pape en tête à tête et observé son pas de deux sur la question gay.
Bergoglio a 81 ans, et beaucoup d’ennemis : extrême droite américaine, maurrassiens identitaires, nostalgiques de Benoît XVI, Ligue du Nord italienne, cardinaux ambitieux… Steve Bannon, l’ex-stratège de Trump, s’est même installé au pied du Vatican tandis que Matteo Salvini complotait à quelques rues.
Lorsque le soir, seul dans sa chambre, François couche sur le papier ses soucis et les glisse sous la statue de Saint-Joseph, il ressemble aussi, un peu, à un pape assiégé.
De Buenos Aires à Rome, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté durant plusieurs mois sur le parcours de Jorge Bergoglio. Si vous avez manqué la série ou l’un des épisodes publiés dans Le Monde, nous vous proposons de vous y replonger ici :
Episode 1. Le bateau de Grand-Mère Rosa 
Premier volet de la série, l’enfance du fils d’immigrés piémontais en Argentine, dans l’ombre de Rosa, sa grand-mère.
Episode 2. Seul à Sainte-Marthe 
Dès son élection, Jorge Bergoglio a choisi de s’installer dans une résidence-hôtel, au cœur du Vatican, plutôt qu’au palais apostolique. Il y cultive l’exercice solitaire du pouvoir.
Episode 3. Sœur Geneviève ou la mauvaise conscience d’un pape 
Pourquoi le pape ne peut-il rien refuser à cette religieuse française, installée dans un camp de forains, près de Rome ?
Episode 4. François et les gays 
On a dit Jorge Bergoglio plus ouvert sur la question homosexuelle que la norme. Tentative de réponse avec un cuisinier de Washington et un diplomate français.
Episode 5. Haro sur Bergoglio 
Steve Bannon, le cardinal Burke, la princesse Gloria von Thurn und Taxis, la Curie… De mémoire de vaticaniste, on avait rarement vu tel front contre un souverain-pontife. En France aussi, Jorge Bergoglio compte de nombreux ennemis.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-2">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Alors qu’il y a dix ans, l’euphorie était de mise, les difficultés s’accumulent pour les émergents. Brésil, Turquie, Argentine sont fragilisés par la hausse du dollar et seuls les pays d’Asie semblent être en position de maintenir leur croissance.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies              Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                     À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Donald Trump    CumEx Files    Brexit    Arabie saoudite    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Les décodeurs    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie mondiale  Inquiète d’une stabilisation de la dette, Moody’s dégrade la note de l’Italie                    Économie   Article réservé à nos abonnés GitHub : quand le logiciel libre prend le pouvoir                    Chronique  « Une société civile immobilière ayant pour activité la location d’immeuble ne peut pas bénéficier des dispositions protectrices des consommateurs »   Olivier Rozenfeld Président de Fidroit                     Tribune   Article réservé à nos abonnés Big data : « Prenons garde à qui nous vendons notre attention »   Gilles Dowek chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                           Planète  Avec le changement climatique, le prix de la bière pourrait beaucoup augmenter                    01:28     Santé  Le Canada devient le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis                    02:33     Politique  Jean-Luc Mélenchon filme en direct la perquisition de son domicile                         CumEx Files  Comment des actionnaires utilisent la Bourse pour arnaquer le fisc             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique  J’ai déjeuné avec une espionne du Gault &amp; Millau   Elvire von Bardeleben                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Président Trump, an II : la banalisation plus forte que l’indignation   Gilles Paris Washington, correspondant                     Chronique   Article réservé à nos abonnés A quoi servent les annuaires statistiques ?   Baptiste Coulmont Contributeur "Sciences" et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII                     Éditorial  Halte au pillage fiscal             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  Reprise : « Le Fanfaron », mélancolique dolce vita                    Livres   Article réservé à nos abonnés Valérie Manteau à Istanbul avec Hrant Dink en tête                    Télévisions & Radio  « Larry et son nombril » : l’emmerdeur intégral                    Musiques  Succès inédit pour l’album posthume de Johnny Hallyday             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      L'époque  Plaisir clitoridien : comment prendre position ?                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Ma confiance, mes points de permis, ma dignité, il a tout pris »                    Les recettes du Monde  Les œufs cocotte au comté : la recette de Sam Baron             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                   Menaces sur les pays émergents   Par Marie de Vergès    FactuelRéservé à nos abonnés Publié aujourd’hui à 16h30, mis à jour à 16h30  Alors qu’il y a dix ans, l’euphorie était de mise, les difficultés s’accumulent pour les émergents. Brésil, Turquie, Argentine sont fragilisés par la hausse du dollar et seuls les pays d’Asie semblent être en position de maintenir leur croissance.     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                       Un vendeur de rue à Djakarta, la capitale de l’Indonésie, en janvier 2017. Beawiharta Beawiharta/REUTERS             C’est une image terrible restée dans les mémoires, en Indonésie et dans toute la région. Il y a un peu plus de vingt ans, le 15 janvier 1998, le général-président Suharto signe en direct à la télévision un programme de réformes au goût amer, imposé par le Fonds monétaire international (FMI). Une véritable reddition, sous le regard sévère du patron du FMI, le Français Michel Camdessus, qui le toise debout les bras croisés. Le dictateur javanais est acculé : en pleine crise asiatique, la roupie indonésienne s’effondre. Le pays plonge dans la récession. Des millions d’emplois sont détruits, et la pauvreté monte en flèche. En échange d’une aide financière massive, l’accord vise à assainir une économie mise en coupe réglée par le vieil autocrate et tout son clan. Mais les Indonésiens le vivent comme une humiliation.                                  Deux décennies plus tard, bien des choses ont changé. Devenu l’une des plus grandes démocraties du monde, le pays semble avoir tiré les leçons de la crise. La politique budgétaire s’est assainie, et Djakarta est aujourd’hui assis sur un trésor de guerre : des réserves de change colossales qui sont autant de munitions en cas de fuite brutale des capitaux, et lui donnent l’assurance de ne plus jamais avoir à quémander l’aide du FMI. Début octobre, l’Indonésie accueillait même en grande pompe, à Bali, les assemblées générales du Fonds et de la Banque mondiale. L’occasion, pour les deux institutions sœurs nées des accords de Bretton Woods, de louer la résilience d’un archipel sans cesse battu par les catastrophes naturelles, tels le séisme et le tsunami meurtriers qui ont fait des milliers de morts, fin septembre. Et plus encore, de tresser les lauriers d’une puissance émergente en forte croissance, dont le produit intérieur brut (PIB) par tête a bondi de 70 % en vingt ans.           Lire aussi Des pays émergents sous la pression du dollar roi                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésVoyage dans l’enfer du crack                    Article réservé à nos abonnésJérôme Solal-Céligny, l’inconnu de la rédaction de la Constitution de 1958                    Article réservé à nos abonnésEn Irak, la révolte de la « génération 2018 »             Les abonnés lisent aussi...                enquete     Jean-Baptiste Jacquin    Article réservé à nos abonnésLa vie sous bracelet électronique Prononcée en aménagement de peine, la surveillance électronique n’a guère d’intérêt si elle n’est pas doublée d’un étroit suivi. 9 min de lecture                    enquete     Anne Michel  ,  Jérémie Baruch   et  Maxime Vaudano    Article réservé à nos abonnés« CumEx Files » : l’histoire secrète du casse du siècle Cinquante-cinq milliards d’euros ont été subtilisés en 15 ans à plusieurs Etats européens par des financiers opérant en bande organisée sur les marchés. Une enquête du « Monde », associé à dix-huit médias européens. 9 min de lecture                    reportage     Ghazal Golshiri    Article réservé à nos abonnésPiercing, tatouages... les jeunes rebelles de Téhéran ne se cachent plus En janvier, de nombreux jeunes Iraniens avaient participé à des manifestations contre le pouvoir. Dans les villes, ils continuent de réclamer plus de liberté. 9 min de lecture                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
{"@context":"https://schema.org","@type":"NewsArticle","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/21/menaces-sur-les-pays-emergents_5372553_5345421.html"},"headline":"Menaces sur les pays émergents","dateCreated":"2018-10-21T16:30:03+02:00","datePublished":"2018-10-21T16:30:03+02:00","dateModified":"2018-10-21T16:30:03+02:00","publisher":{"@type":"Organization","name":"Le Monde","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.705/img/elements_lm/logo_lm_print.png","width":"240","height":"42"}},"description":"Alors qu’il y a dix ans, l’euphorie était de mise, les difficultés s’accumulent pour les émergents. Brésil, Turquie, Argentine sont fragilisés par la hausse du dollar et seuls les pays d’Asie semblent être en position de maintenir leur croissance."
,"author":[{"@type":"Person","name":"Marie de Vergès"}
]
,"image":{"@type":"ImageObject","url":"https://img.lemde.fr/2018/10/19/0/0/5760/3840/696/348/3/0/d8741c3_JBA4abwdWcRdx-Y5F02dxsRx.jpg","width":"696","height":"348"}
,"isAccessibleForFree":"False","hasPart":{"@type":"WebPageElement","isAccessibleForFree":"False","cssSelector":".paywall"}
  
{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr"}}
,{"@type":"ListItem","position":2,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/"}}
,{"@type":"ListItem","position":3,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/21/menaces-sur-les-pays-emergents_5372553_5345421.html"}}
     


       



<article-nb="2018/10/21/19-3">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le roi Abdallah II a annoncé qu’Israël avait été informé de son intention de récupérer ces terres.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La Jordanie veut reprendre à Israël des zones prêtées depuis l’accord de paix de 1994

Le roi Abdallah II a annoncé qu’Israël avait été informé de son intention de récupérer ces terres.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 17h09
   





                        


La Jordanie souhaite récupérer des zones prêtées à Israël en vertu de l’accord de paix de 1994. Le roi Abdallah II a annoncé, dimanche 21 octobre, que son pays avait notifié à l’Etat hébreu sa volonté de récupérer ces zones qui faisaient l’objet d’un prêt pour une période renouvelable de vingt-cinq ans. « Nous avons informé Israël [que nous mettons] fin à l’application des annexes du traité de paix concernant Baqoura et Ghoumar », a affirmé le roi cité par l’agence officielle Petra.
« Baqoura et Ghoumar ont toujours été à la tête de nos priorités, et nous avons décidé de mettre fin à l’application des annexes du traité de paix les concernant en vue de répondre aux soucis de la Jordanie et des Jordaniens », a encore dit le roi.
En vertu du traité de paix signé le 26 octobre 1994 entre Israël et son voisin jordanien, Israël a le droit d’exploiter ces terres pendant une période de vingt-cinq ans, renouvelable automatiquement si aucune des deux parties n’a donné un préavis d’un an (soit dans cinq jours) pour mettre fin à l’application des dispositions relatives à Baqoura et Ghoumar.
Israël veut ouvrir des négociations
« Dans le cadre de l’accord entre nos deux pays, la Jordanie s’était gardé le droit de reprendre en main les deux secteurs à l’issue de la période de vingt-cinq ans. On nous a informés aujourd’hui que la Jordanie voulait appliquer ce droit », a réagi, dimanche, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
« Nous allons ouvrir des négociations sur la possibilité de prolonger l’accord existant », a-t-il ajouté lors d’un discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire, selon le calendrier juif, de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995. Ce dernier avait signé l’accord de paix avec la Jordanie.
« Mais il ne fait aucun doute que, d’un point de vue d’ensemble, cet accord dans sa totalité constitue un bien important et cher pour nos deux pays », a ajouté Benyamin Nétanyahou qui s’exprimait au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, où est enterré Yitzhak Rabin.
La question faisait débat depuis plusieurs jours en Jordanie
Baqoura est une zone frontalière jordanienne, de quelque six kilomètres carrés, située à l’est du Jourdain dans la province d’Irbid (nord), tandis que Ghoumar est un secteur frontalier jordanien, de quatre kilomètres carrés environ, situé dans la province d’Aqaba (sud).
« En application des consignes du roi Abdallah II, le ministère des affaires étrangères a transmis ce dimanche deux notes au ministère israélien des affaires étrangères, informant le gouvernement israélien de la décision du royaume de mettre fin [à l’application des] deux annexes du traité de paix, relatifs à Baqoura et à Ghoumar », a fait savoir le ministère jordanien.
La question fait débat depuis plusieurs jours en Jordanie, où des députés et des militants ont appelé le gouvernement à ne pas renouveler la période permettant à Israël de disposer de ces terres frontalières.
« Les députés avaient même réclamé une séance urgente du Parlement pour discuter de la question », a déclaré le député Saleh Al-Armouti. Il s’est félicité de la décision du roi, saluant « une démarche positive qui redonne la dignité au citoyen jordanien et la souveraineté sur ses terres ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-4">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Croissance en berne, corruption omniprésente, le nouveau président, Cyril Ramaphosa, hérite d’un pays assailli par les difficultés après le règne sans partage de son prédécesseur, Jacob Zuma.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Afrique du Sud : un émergent tente de sortir du marasme

Croissance en berne, corruption omniprésente, le nouveau président, Cyril Ramaphosa, hérite d’un pays assailli par les difficultés après le règne sans partage de son prédécesseur, Jacob Zuma.



LE MONDE ECONOMIE
 |    21.10.2018 à 16h15
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            
Scandales de corruption à répétition, croissance atone, défiance des investisseurs, chômage de masse : avec la chute de Jacob Zuma, en février, les Sud-Africains espèrent tourner la page d’une décennie noire marquée par la morosité économique. Poussé dehors par son propre parti avant la fin de son deuxième mandat, l’ancien président est l’incarnation des dérives qui ont douché les espoirs suscités par la fin du régime de l’apartheid en 1994.
A son arrivée au pouvoir, en 2009, il portait pourtant l’appétit des masses noires défavorisées pour une transformation réelle de l’économie. Neuf ans plus tard, le constat est amer : Jacob Zuma laisse une économie exsangue et un Etat impotent. D’après les prévisions du Fonds monétaire international, la croissance sera de 0,8 % en 2018. L’Afrique du Sud est désormais le pays le plus endetté en volume du continent. Quelque 27 % de la population, dont un jeune sur deux, sont sans emploi. Les inégalités sont à leur paroxysme, alors que le salaire médian de la majorité noire reste 3,5 fois inférieur à celui de la minorité blanche.
Surtout, M. Zuma laisse un Etat rongé par la corruption et des entreprises publiques en faillite. Avec le scandale de la « capture de l’Etat », véritable feuilleton qui a rythmé les derniers mois de sa présidence, l’ex-président est accusé d’avoir abandonné le pays aux Gupta, une riche et sulfureuse famille d’origine indienne. Celle-ci s’est immiscée avec une facilité déconcertante jusqu’au sommet de l’Etat au point de peser sur la nomination des ministres et de rafler des contrats publics pour son empire financier. Résultat : avec les investisseurs, la crise de confiance est durable. En témoignent les fluctuations incessantes du rand, la plus volatile des monnaies émergentes, au gré des soubresauts de l’actualité politique.
La société sud-africaine est au bord de l’explosion
L’économie a également pâti de la conjoncture internationale, subissant de plein fouet la crise mondiale de 2008,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-5">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le 6 novembre, les Américains retournent aux urnes pour renouveler 33 sénateurs et désigner les 435 membres de la Chambre des représentants.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Enjeux, majorités, scrutins… Tout savoir sur les élections de mi-mandat aux Etats-Unis

Le 6 novembre, les Américains retournent aux urnes pour renouveler 33 sénateurs et désigner les 435 membres de la Chambre des représentants.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h29
    |

            Pierre Bouvier








                        



Deux ans après son élection, Donald Trump joue gros. Le 6 novembre, les Américains retournent aux urnes pour les élections de mi-mandat, les midterms. Ils voteront pour élire le 116e Congrès, en renouvelant 33 sénateurs et en désignant les 435 membres de la Chambre des représentants. Au-delà du Congrès, lors de cette journée dite « election day », une multitude d’assemblées et de pouvoirs locaux sont renouvelés. Des consultations sont également organisées le même jour, par souci de commodité et d’économies.

        Analyse :
         

          Les élections de mi-mandat, « référendum » à risques pour Trump



Majorités et participation : les principaux enjeux
Rejet ou soutien de la politique de Donald Trump ? Depuis les élections de 2016, le parti du président contrôle la Maison Blanche, le Sénat et la Chambre des représentants. L’enjeu du scrutin du novembre est, pour les républicains, de conserver ces majorités ; pour les démocrates de les renverser, afin d’infléchir la politique mise en œuvre par Donald Trump, notamment en matière de lutte contre l’immigration ou de réduction des impôts. Pour voter une éventuelle destitution du président, les démocrates devraient obtenir une majorité des deux tiers au Sénat.

        Revue de presse :
         

          Trump, Cour suprême, santé… ce qui motive les électeurs américains



La participation sera particulièrement scrutée cette année. En général, les élections de mi-mandat mobilisent peu — autour de 40 % des électeurs — alors que la présidentielle de 2016 a mobilisé 60 % des votants. Le rejet — ou le soutien — de Donald Trump constitue cette année un sujet de mobilisation, selon le Pew Research Center. En octobre, une majorité affirmait que leur vote serait l’expression d’une opposition ou d’un soutien à l’égard de Trump.
Au Sénat
33 mandats remis en jeu
Le Sénat est la Chambre haute du Congrès. Les sénateurs votent notamment les lois fédérales et ratifient les nominations faites par le président. Il est composé de cent membres, deux par Etat, élus au suffrage universel direct pour six ans. Ainsi, l’Etat le moins peuplé — le Wyoming, 580 000 habitants — dispose-t-il de deux élus, tout comme la Californie, l’Etat le plus peuplé, avec ses 39,5 millions d’habitants. Traditionnellement, les petits Etats et les zones rurales favorisent les républicains.
Tous les deux ans, lors des élections de mi-mandat, le Sénat est renouvelé par tiers : 33 ou 34 sièges sont renouvelés. Le Sénat actuel, issu des élections du 8 novembre 2016, est entré en fonction le 3 janvier 2017. Les républicains y disposent d’une courte majorité de 51 voix face à 47 démocrates et à deux indépendants, dans le Maine et le Vermont, qui leur sont apparentés.
Le 6 novembre, les mandats de 33 sénateurs sont remis en jeu :
– vingt-trois appartiennent au camp démocrate ; – huit au camp républicain (ou Grand Old Party, ou GOP) ; – deux sont des indépendants, apparentés aux démocrates.
L’objectif des républicains : ne pas perdre de siège
Pour les républicains, l’objectif est simple : conserver la majorité. Concrètement, ils pourraient même se payer le luxe de perdre un siège, car la voix du vice-président du Sénat, le républicain Mike Pence, l’emporte en cas d’égalité lors d’un vote.
Bonne nouvelle pour le parti présidentiel : sept des huit sièges à défendre sont dans des Etats qui ont voté Trump en 2016 : l’Arizona, le Mississippi, le Nebraska, le Texas, le Tennessee, l’Utah et le Wyoming. Le Nevada est le seul Etat favorable aux démocrates à avoir un sénateur républicain sur la sellette.
L’objectif impossible des démocrates : remporter trois quarts des sièges et en conserver vingt-trois
Pour les démocrates, le scrutin s’annonce plus compliqué. En plus du système électoral défavorable, dix des vingt-cinq sièges démocrates ou apparentés remis en jeu le sont dans des Etats gagnés par Donald Trump en 2016. Dans cinq d’entre eux, il a devancé Hillary Clinton de plus de dix points (Dakota du Nord, Indiana, Missouri, Montana et Virginie-Occidentale). Cinq d’entre eux sont moins ancrés dans le « trumpisme » : la Floride, le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin avaient apporté leurs suffrages à Barack Obama en 2012 avant de basculer en 2016.
A moins d’un revers électoral magistral, il y a peu de chance que les démocrates remportent le Sénat. Selon les projections de sièges mis en jeu, les démocrates pourraient passer de 49 à 44 sièges (dont deux indépendants apparentés), les républicains de 51 à 50, tandis que six Etats sont encore totalement indécis.

 Click the map to create your own at 270toWin.com
En bleu foncé : les Etats acquis aux démocrates.  En rouge foncé : ceux acquis aux républicains. Les dégradés signalent des élections plus ouvertes. En marron : les Etats contestés.

A la Chambre des représentants
435 circonscriptions en jeu
L’autre organe législatif américain, la Chambre basse du Parlement, se compose de 435 membres élus au suffrage universel direct, au scrutin uninominal majoritaire à un tour, pour deux ans. Comme le Sénat, la Chambre vote les lois fédérales et détient l’initiative pour le vote du budget. Le Sénat peut amender ou rejeter ses propositions.
Contrairement au Sénat, le nombre de représentants est proportionnel à la population. Le pays est découpé en 435 « districts congressionnels » (circonscriptions), qui représentent chacune environ 711 000 personnes. Actuellement, le parti républicain détient une majorité de 235 sièges, face à 193 démocrates ; sept sièges étant vacants.
Pour décrocher la majorité, il faut avoir 218 sièges.
Opportunité de basculement
Depuis les élections de mi-mandat de 2010, le parti républicain est majoritaire à la Chambre. Cette année, elles représentent une occasion de basculement pour les démocrates. Pour espérer reprendre le contrôle, ils doivent remporter 24 sièges, notamment dans des circonscriptions tenues par les républicains et où Hillary Clinton l’a emporté en 2016. Pour cela, ils misent sur l’impopularité du président Trump.
Un coup d’œil dans le rétroviseur montre que, depuis la seconde guerre mondiale, le parti du président perd en moyenne 25 sièges lors des élections de mi-mandat, et plus encore lorsqu’il contrôle les deux chambres du Congrès, comme c’est le cas aujourd’hui. Au cours des cinquante dernières années, les démocrates n’ont réussi la prouesse de gagner plus de 25 sièges qu’en deux occasions : en 1974 et en 2006.
La photographie actuelle de la Chambre des représentants :


	#container_14836287843{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_14836287843{
		height:500px;
	}
	#container_14836287843 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_14836287843 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_14836287843.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_14836287843.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_14836287843 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Les républicains actuellement majoritaires à la Chambre des représentants 
Le 115e Congrès siège depuis le 3 janvier 2016 et jusqu'au 3 janvier 2019. 





require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_14836287843",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "pie",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["Républicains","Démocrates","Vacants"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Nombre de représentants",
    "showInLegend": true,
    "data": [
      {
        "name": "Républicains",
        "y": 235,
        "sliced": false,
        "selected": false
      },
      {
        "name": "Démocrates",
        "y": 193,
        "sliced": false,
        "selected": false
      },
      {
        "name": "Vacants",
        "y": 7,
        "sliced": false,
        "selected": false
      }
    ]
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " représentants",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


La carte des projections des élections à la Chambre des représentants :

 Click the map to create your own at 270toWin.comEn bleu foncé : les circonscriptions acquises aux démocrates.  En rouge foncé : celles acquises aux républicains. Les dégradés signalent des élections plus ouvertes. En marron : les circonscriptions contestées.

En dehors de Washington
Au-delà du renouvellement du Congrès, qui siège à Washington, 6 665 sièges des pouvoirs exécutifs et législatifs locaux seront renouvelés à travers le pays.
Assemblées locales, gouverneurs, maires
Les élections des gouverneurs auront lieu dans trente-six Etats et trois territoires (Guam, les îles Mariannes du Nord et les îles Vierges des Etats-Unis).
Dans la plupart des Etats, l’assemblée législative redessine les circonscriptions du Congrès, le gouverneur ayant un droit de veto sur ces redécoupages. Les candidats qui l’emporteront en novembre seront encore en fonction en 2020, au moment où débutera le processus de redécoupage des circonscriptions sur la base des résultats du recensement décennal.
Parmi ces trente-six postes de gouverneurs, vingt-six sont aux mains des républicains, neuf aux mains des démocrates, et l’Alaska est dirigé par un indépendant.
Voici la carte des projections des élections de gouverneurs :

 Click the map to create your own at 270toWin.comEn bleu foncé : les Etats acquis aux démocrates.  En rouge foncé : ceux acquis aux républicains. En marron : les Etats contestés.

Les Américains voteront aussi pour renouveler 87 des 99 législatures d’Etat et pour élire de nombreux maires.
Près de 160 référendums locaux
Salaire minimal, redécoupage électoral, légalisation de la marijuana à des fins médicales ou récréatives, expansion de Medicaid, avortement…, les électeurs de trente-huit Etats décideront de 157 mesures à l’échelle locale.
– Dans vingt Etats, les électeurs se prononceront sur des mesures concernant le redécoupage des circonscriptions, les conditions de vote, l’accès aux urnes, le financement des campagnes électorales et l’éthique.
– Dans cinq Etats, ils se prononceront sur la légalisation de la marijuana à des fins médicales ou récréatives.
– Dans six Etats, ils voteront sur des mesures fiscales.
– Dans cinq Etats, ils voteront sur l’expansion de Medicaid (assurance-maladie pour les individus et familles à faibles revenu et ressources) ou le financement de son expansion.
– Six Etats voteront sur des amendements à la loi de Marsy (les droits des victimes).
– Trois Etats voteront sur les combustibles fossiles et les énergies renouvelables.
– Trois Etats voteront sur des mesures concernant l’accès à l’avortement et son financement.
– Deux Etats voteront sur des mesures d’augmentation du salaire minimal.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-6">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La reconnaissance des droit des autochtones du Québec est loin d’être acquise, même si la situation évolue. Un débat sur « Autochtones et histoire coloniale, comment composer avec l’héritage du passé ? », se tiendra le 26 octobre à Montréal dans le cadre du Monde Festival Montréal.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤     


                Au Québec, la lente marche en avant des peuples autochtones


La reconnaissance des droit des autochtones du Québec est loin d’être acquise, même si la situation évolue. Un débat sur « Autochtones et histoire coloniale, comment composer avec l’héritage du passé ? », se tiendra le 26 octobre à Montréal dans le cadre du Monde Festival Montréal.

LE MONDE
                 |                 21.10.2018 à 09h00
                 |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)

















Derniers articles publiés


            Au Monde Festival Montréal, les missions des musées en débat


            Monde Festival Montréal : éthique et intelligence artificielle, quels enjeux ?


            Monde Festival Montréal : Comment former les jeunes au monde qui vient ?



Tous les articles






les articles les plus partagés


            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »






les plus partagés












                            



                        
L’histoire des relations avec ceux qu’on appelait autrefois les « sauvages » est pavée de sentiments contradictoires. On évoque souvent les bons rapports des colons de la Nouvelle-France avec certains peuples autochtones, ce qui n’exclut pas les épisodes sanglants. Dans son roman Taqawan, Éric Plamondon évoque la « guerre du saumon » qui vit s’affronter en 1981 les Micmacs de la réserve de Restigouche et une armada de policiers. Avec cette phrase terrible : « Au Québec, on a tous du sang indien, si ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains ».

Hommage au métissage mais aussi rappel que des conflits violents émergent parfois, comme ce fut le cas lors la « crise d’Oka » qui fit un mort en 1990. Aux portes de Montréal, des Mohakws tinrent tête à la police et à l’armée pour empêcher l’agrandissement d’un golf sur le site d’un cimetière traditionnel. Il fallut du temps pour calmer les esprits comme il fallut des siècles pour honorer la terre autochtone sur laquelle naquit Montréal. En 2017, son drapeau est modifié : le pin blanc, arbre de la paix pour les autochtones, trône désormais à côté du lys, de la rose, du chardon et du trèfle, symboles des peuples fondateurs de la ville, français, anglais, écossais et irlandais.
Onze Nations
Le « Québec autochtone » est une mosaïque de onze nations, dix indiennes et une inuite, plus les Métis. Près de 183.000 personnes se déclaraient membres des Premières Nations, Métis ou Inuit en 2016, soit 2,3% de la population provinciale et 11% des autochtones au Canada. Mohawks et Cris arrivent en tête, suivis par les Innus, les Inuits et les Algonquins. En dix ans, leur nombre a augmenté de 66%, à cause d’une démographie galopante et parce que les Métis revendiquent de plus en plus leur identité autochtone.
Géographiquement, plus du quart vivent à Montréal, les autres dans 55 communautés ou réserves, proches de Montréal ou Québec (pour les Mohawks et Hurons-Wendat) ou en zones...


L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Au Québec, la lente marche en avant des peuples autochtones
Il vous reste 86% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5372481&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Au Québec, la lente marche en avant des peuples autochtones
Il vous reste 86% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5372481&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






                    

Anne Pélouas (Montréal, correspondance)
    













<article-nb="2018/10/21/19-7">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou dit vouloir « laisser une chance aux négociations ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Israël suspend le projet de démolition controversé d’un village bédouin

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou dit vouloir « laisser une chance aux négociations ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 06h54
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 11h17
   





                        



   


Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a suspendu jusqu’à nouvel ordre le projet de démolition d’un village bédouin dans la Cisjordanie occupée qui avait attiré l’attention dans le monde entier, ont annoncé dimanche 21 octobre ses services. « L’intention est de laisser une chance aux négociations et aux offres que nous avons reçues de différentes parties, y compris ces derniers jours », ont-ils déclaré dans un communiqué
Khan Al-Ahmar est un village de tôle et de toile où vivent environ 200 Bédouins à l’est de Jérusalem, entre deux colonies israéliennes. Il est devenu emblématique du sort de communautés confrontées à l’occupation et la colonisation. Les autorités israéliennes accusent ses habitants de s’être installés à cet endroit en toute illégalité. Elles leur donnaient jusqu’au 1er octobre pour partir en démolissant toute construction.
Bataille juridique
Le sort de ce village a suscité la préoccupation de certains pays, dont huit membres de l’Union européenne qui ont appelé en septembre les autorités israéliennes « à revoir leur décision ». Mercredi, le procureur de la Cour pénale internationale avait prévenu Israël qu’une « évacuation par la force » risquait de constituer un crime de guerre.
Les habitants ont refusé jusqu’ici de partir d’eux-mêmes, incitant les forces de sécurité à se préparer à détruire les lieux. L’ordre de quitter le village a fait suite à des années de bataille juridique, jusque devant la Cour suprême, après l’échec de négociations sur un éventuel déplacement.
Israël occupe depuis un demi-siècle la Cisjordanie. Plusieurs communautés de Bédouins se sont installées à l’est de Jérusalem, dans un secteur où, selon des ONG de défense des droits de l’homme, Israël projetterait d’étendre la colonisation.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-8">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La version des faits avancée par l’Arabie saoudite, qui parle d’une opération ayant mal tourné, peine à convaincre. Explication de texte.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Affaire Khashoggi : Riyad livre une version pleine de zones d’ombre et d’incohérences

La version des faits avancée par l’Arabie saoudite, qui parle d’une opération ayant mal tourné, peine à convaincre. Explication de texte.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 10h20
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Samedi 20 octobre, dix-sept jours après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul, Riyad a fini par reconnaître que les accusations prétendument « infondées » des autorités turques étaient exactes.
Le quinquagénaire exilé aux Etats-Unis, qui fustigeait l’autoritarisme du prince héritier Mohammed Ben Salman dit « MBS » dans les pages du Washington Post, a bel et bien été tué dans la représentation du royaume saoudien.

Dix-huit suspects, tous de nationalité saoudienne, ont été arrêtés et quatre officiers des services de renseignement, ainsi qu’un conseiller de MBS ont été limogés. Mais la version des faits avancée par Riyad, qui parle d’une opération ayant mal tourné, est tellement remplie de zones d’ombres et d’incohérences qu’elle peine à convaincre. Explication de texte.
Quinze personnes et une scie à os
Selon l’agence de presse officielle saoudienne (SPA), les « suspects » du meurtre « avaient voyagé jusqu’à Istanbul pour rencontrer Jamal Khashoggi dans la mesure où il y avait des indications de son possible retour dans le pays. La discussion (…) a pris une tournure négative », entraînant « une bagarre » qui a conduit à la mort du journaliste et à une « tentative » par les personnes qui l’avaient interrogé de « dissimuler ce qui est arrivé ». 
Cette affirmation suggère que les agents venus de Riyad avaient pour mission de finir de persuader l’éditorialiste du Post de se réinstaller en Arabie saoudite.
Or dans ses déclarations publiques comme privées des derniers mois, Jamal Khashoggi n’avait nullement fait état d’une envie, même confuse, de retourner dans le royaume. Au contraire, la presse américaine a raconté qu’il chérissait la liberté d’expression que son exil lui avait offert et qu’il avait décliné à plusieurs reprises des offres de retour, émanant de l’entourage de...




                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-9">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après dix-neuf mois de présidence non-conventionnelle, deux épisodes de la semaine écoulée ont mis en lumière l’habituation aux saillies du locataire de la Maison Blanche.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Président Trump, an II : la banalisation plus forte que l’indignation

Après dix-neuf mois de présidence non-conventionnelle, deux épisodes de la semaine écoulée ont mis en lumière l’habituation aux saillies du locataire de la Maison Blanche.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 14h21
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Michael Cohen était prêt « à prendre une balle » pour Donald Trump. Mais c’était avant. Depuis qu’il a officialisé sa rupture avec son ancien client en plaidant coupable de diverses forfaitures commises à son service, l’ex-avocat-nettoyeur du magnat de l’immobilier a radicalement changé d’avis à son égard.
Croisé dans la rue par une journaliste de CNN, vendredi 19 octobre, il a lancé un appel au peuple démocrate : « Prenez votre famille, prenez vos amis, prenez vos voisins et rendez-vous aux urnes, car sinon, vous allez avoir encore deux ou six autres années de cette dinguerie. »

Après dix-neuf mois de présidence non-conventionnelle, une description sur laquelle tout le monde pourra s’accorder, deux épisodes de la semaine écoulée ont témoigné du terrain gagné, jour après jour, par la banalisation du trumpisme présidentiel.
Les bréviaires de la communication politique comme ceux du bon sens ne conseilleraient pas, après une victoire mineure dans une longue guérilla judiciaire contre une ancienne actrice pornographique, sur fond de possible liaison extraconjugale, de clamer ce succès urbi et orbi sur son compte Twitter. Qui plus est en traitant l’intéressée de « face de cheval ».
Cette sortie, le 16 octobre, a bien suscité quelques réactions accablées, y compris dans les rangs républicains, mais elles ont été au final assez comptées. Sans doute parce qu’il y a déjà eu déjà bien pire et qu’il est difficile de s’indigner tous les jours. D’autant que l’on n’était encore que mardi et que l’agenda du président de la première puissance mondiale était rigoureusement vide ce jour-là. Propice, donc, à un feu d’artifice manifestement indexé sur les programmes télévisés qui occupaient alors Donald Trump.
Bruit permanent
La normalisation a marqué un nouveau point deux jours plus tard, à l’occasion d’un meeting dans le Montana. Le président des Etats-Unis y a rendu un hommage appuyé à Greg Gianforte, l’unique...




                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-10">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Au cri d’« Ele nao » (pas lui), des milliers de Brésiliens ont défilé dans la rue contre le candidat d’extrême droite, favori du second tour de la présidentielle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Brésil : face à Bolsonaro, l’union sacrée

Au cri d’« Ele nao » (pas lui), des milliers de Brésiliens ont défilé dans la rue contre le candidat d’extrême droite, favori du second tour de la présidentielle.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 05h08
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 11h24
    |

            Claire Gatinois (Salvador de Bahia, envoyée spéciale)








                        



   


Sandra Chamusca a le tee-shirt recouvert d’autocollants #Elenao (pas lui) – mot d’ordre des anti-Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle, mais sait « qu’il est trop tard ». « J’aurais au moins fait mon devoir pour la démocratie », soupire la sexagénaire. Ce samedi 20 octobre sur la place de Campo Grande, à Salvador de Bahia, dans le Nordeste brésilien, Sandra Chamusca accompagne les milliers de manifestants, venus protester dans une quarantaine de villes du pays contre Jair Bolsonaro. Ce militaire de réserve, nostalgique de la dictature (1964-1885) et louangeur de ses tortionnaires, semble promis à devenir le prochain chef d’Etat du pays.
A huit jours du scrutin, l’ancien parachutiste reste, malgré ses outrances, son agressivité et son refus de débattre, le grand favori du scrutin avec 59 % d’intentions de vote (en excluant les votes blancs et nuls) selon une enquête Datafolha du 19 octobre, contre 41 % pour son adversaire, Fernando Haddad du Parti des travailleurs (PT, gauche).
La retraitée pense qu’une inversion de tendance est peu probable. Pourtant elle est venue, sous le soleil de Bahia, drapée d’un drapeau brésilien bardé d’étoiles rouges indiquant le chiffre 13, celui qu’il faudra composer le 28 octobre sur les urnes électroniques, pour élire le représentant du PT.
La dernière fois que Sandra a voté pour le parti de gauche, c’était en 2002, lorsque Luiz Inacio Lula da Silva, l’ancien syndicaliste, s’est présenté. Depuis, elle n’a plus jamais soutenu le PT. « Lula m’a déçue », confesse-t-elle. Les alliances politiques avec des personnages peu recommandables, les scandales de corruption, qui ont conduit le « père des pauvres » en prison, ont eu raison de son attachement au PT. Aujourd’hui l’ancienne commerçante ravale ses rancœurs. « Je suis pour le PT à 100 % », dit-elle, ajoutant : « mon parti, c’est la patrie. »
Union sacrée
A quelques mètres de là, les cousines, Ellen et Carolina Santiago, étudiantes en infirmerie et en chimie, ont elles aussi d’innombrables critiques envers le PT et auraient préféré soutenir le candidat du Parti Socialisme et liberté (PSOL, gauche). « Si le PT gagne, on sera dans l’opposition », affirment-elles. Mais l’heure est à l’union sacrée, car « si c’est Bolsonaro qui l’emporte, il n’y aura pas d’opposition. Il a déjà prévenu qu’il considérait les militants du mouvement des sans terre [plaidant pour une réforme agraire] comme des terroristes ! », explique Carolina.
Carolina et Ellen ont encore l’espoir de voir Jair Bolsonaro échouer. A les écouter, l’élection peut prendre une nouvelle tournure avec l’enquête liée aux fake news (fausses nouvelles) : des entreprises soutenant Bolsonaro sont suspectées d’avoir financé illégalement une campagne d’envoi massif de données par Whatsapp visant à dénigrer le PT et Fernando Haddad. Le tribunal supérieur électoral a sommé Jair Bolsonaro de s’expliquer. « Cette enquête peut tout bouleverser », pense l’étudiante.

        Lire aussi :
         

                Brésil : une enquête sur les fausses informations qui ciblent les candidats à la présidentielle



Elles ne sont pas les seules à y croire. Il est alors un peu moins de seize heures. Le char revêtu des logos des mouvements noirs, LGBT et féministes, entame la descente de l’avenue du 7-Septembre traversant le quartier huppé de Vitoria. A son passage, les habitants ferment leurs fenêtres ou, au contraire, applaudissent en sortant un drapeau rouge, couleur du PT. Une femme élégante coincée dans sa berline par le cortège soupire, puis se résigne. « C’est la démocratie, moi non plus, je ne veux pas de Bolsonaro. »
Au micro, une femme métisse entonne l’air de Bella Ciao, chant des partisans italiens contre le fascisme. Jair Bolsonaro est qualifié tantôt de « fuyard » car il refuse de se présenter aux débats face à Fernando Haddad, tantôt de coiso (machin). « Nous sommes la résistance. Il prêche la haine, nous, nous luttons pour l’amour », lance-t-elle. « Les femmes et le Nordeste vont sauver le Brésil ! », crie en écho Luiz Parente, professeur de géographie, rappelant que le Nordeste fut la seule région, où Bolsonaro n’est pas arrivé en tête au premier tour.
Brésil multiculturel
Initié par les femmes, le mouvement #Elenao est né sur les réseaux sociaux et notamment d’une page Facebook Mulheres unidas contra Bolsonaro (les femmes unies contre Bolsonaro). Créée le 30 août par la nordestine Ludmilla Teixeira, révoltée par le discours misogyne du représentant d’extrême droite, la page regroupe aujourd’hui près de quatre millions de membres. Uniquement des femmes qui « habituellement n’ont pas la parole ici », explique Ludmilla Teixeira. Une première manifestation a déjà eu lieu à quelques jours du premier tour, le 29 septembre. Qualifiée d’historique, l’initiative n’a toutefois pas empêché Jair Bolsonaro de remporter 46 % des suffrages contre 39 % pour son rival de gauche.

        Lire aussi :
         

                Brésil : le candidat d’extrême droite Bolsonaro séduit le sud du pays



Désormais, ce ne sont plus seulement les femmes qui protestent, mais l’ensemble des citoyens opposés à Jair Bolsonaro. Dans les terres du Nordeste, majoritairement noires, la manifestation se veut aussi l’affirmation de ce Brésil métissé, pluriel et multiculturel que Jair Bolsonaro et ses militants semblent rejeter.
« Jair Bolsonaro n’est pas chrétien », lâche Adriana Lima, 38 ans, membre du Front évangélique pour l’Etat de droit. La femme croyante est venue protester avec le pasteur Danilo Gomes, de l’église baptiste Adonai pour montrer que les évangéliques, majoritairement en faveur de Bolsonaro, ne sont pas tous « des intégristes ». Epais crucifix autour du cou, le pasteur atteste : « Le Christ est amour, il ouvre sa porte à tous. Il est lamentable que des églises évangéliques soutiennent un homme qui vante la torture et l’exclusion. »
Cristiane Sarmento, tee-shirt arc-en-ciel, ne peut qu’acquiescer. Représentante du mouvement Maes Arco Iris (les mères arc-en-ciel), la quadragénaire a un fils de 17 ans, gay. « Jair Bolsonaro a dit qu’il préférerait que son fils meure plutôt que d’apprendre qu’il était homosexuel ! Il a décomplexé les homophobes », s’alarme la mère. « Avant mon fils sentait les regards appuyés. Maintenant, il entend des gens dirent sur son passage : “Bolsonaro arrive, on va tuer les pédés” ! », lâche-t-elle.
Avec la foule, le char entonne alors « Ele nao, ele nao » (pas lui, pas lui) puis termine sa route sur les bords de l’Atlantique. Il est un peu plus de 18 heures, la nuit tombe. Dans quelques heures à peine, des manifestations en faveur de Jair Bolsonaro se dérouleront à Salvador et dans le reste du pays.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-11">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le traité FNI avait été signé en 1987 entre Reagan et Gorbatchev. La Russie a rapidement protesté contre l’annonce faite par Donald Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
Découvrir l’application


                        

Washington annonce son retrait d’un accord nucléaire avec Moscou

Le traité FNI avait été signé en 1987 entre Reagan et Gorbatchev. La Russie a rapidement protesté contre l’annonce faite par Donald Trump.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 16h25
   





                        



   


Donald Trump a annoncé, samedi 20 octobre, que les Etats-Unis allaient se retirer d’un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la guerre froide, accusant Moscou de le violer « depuis de nombreuses années ».
Le traité pour les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI ») avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Dans le détail, ce texte, devenu multilatéral après l’éclatement de l’Union soviétique (URSS), « oblige les deux Etats à détruire tous leurs missiles balistiques et de croisière, lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1 000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1 000 et 5 500 kilomètres », comme le résument aujourd’hui les Nations unies (ONU).
« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a annoncé le président des Etats-Unis, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada. « Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », a-t-il martelé. L’administration Trump se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée, selon Washington, dépasse les 500 kilomètres, ce qui constitue une violation du traité FNI.
Moscou a réagi à l’annonce du retrait américain, dimanche, par la voix de son vice-ministre des affaires étrangères. « Cela serait un pas très dangereux qui, j’en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations », a estimé Sergueï Riabkov à l’agence d’Etat russe TASS.
Le dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, à l’origine de la signature en 1987 du traité de désarmement, a pour sa part dénoncé le « manque de sagesse » du président américain actuel. Il a également appelé « tous ceux qui chérissent un monde sans armes nucléaires » à convaincre Washington de revenir sur sa décision, afin de « préserver la vie sur Terre ».
Accusations réciproques
Ce retrait est motivé par le « rêve » des Américains de dominer seuls le monde, a rapidement réagi une source au ministère russe des affaires étrangères, en accusant Washington d’avoir « délibérément » sapé cet accord au fil des ans. La Maison Blanche « se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord », a poursuivi cette source, citée par les trois principales agences de presse russes.
« Cette décision entre dans le cadre de la politique américaine de retrait des accords internationaux légaux qui lui donnent autant de responsabilité qu’à ses partenaires et fragilise donc l’idée de sa propre exception. »
Le retrait américain « est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale », a affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait, en 2001, du traité ABM sur les missiles antibalistiques. « Et encore une fois, ce sont les Etats-Unis qui prennent l’initiative de dissoudre l’accord », a-t-il poursuivi sur Twitter.
Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, s’apprêtait à se rendre à Moscou samedi pour « poursuivre » le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des Etats-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine. Le conseiller, connu pour ses positions fermes, avait notamment prévu d’y rencontrer à partir de lundi le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev.
Selon le Guardian, c’est M. Bolton lui-même qui fait pression sur le président des Etats-Unis pour un retrait du traité FNI. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger.
En toile de fond, l’ingérence russe
Les relations sont tendues entre Washington et Moscou, sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections outre-Atlantique. Vendredi, une Russe a été inculpée par la justice américaine pour ingérence dans les élections parlementaires américaines du 6 novembre ; c’est la première personne à être mise en examen dans ce cadre.
Le Kremlin a accusé la Maison Blanche d’avoir « fabriqué » ces accusations pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

        Lire aussi :
         

                Comment les plateformes du Web s’organisent pour éviter un « hack » des élections



Le président des Etats-Unis avait, pourtant, promis, avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie. Des soupçons de collusion avec le Kremlin pèsent d’ailleurs sur son équipe de campagne depuis 2016. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête depuis plus d’un an sur ce dossier.

        Lire aussi :
         

                L’Europe et les Etats-Unis dénoncent d’une même voix la cyberguerre russe



En juillet, Donald Trump s’était montré extrêmement conciliant à l’égard de Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse commune à Helsinki, après leur premier sommet bilatéral en Finlande. Le 11 novembre, les deux présidents se retrouveront à Paris pour les commémorations de la fin de la première guerre mondiale.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-12">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le ministre de la sécurité a annoncé samedi 20 octobre l’ouverture de cette enquête à huit jours du second tour de l’élection.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Brésil : une enquête sur les fausses informations qui ciblent les candidats à la présidentielle

Le ministre de la sécurité a annoncé samedi 20 octobre l’ouverture de cette enquête à huit jours du second tour de l’élection.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 22h38
   





                        


La police brésilienne s’intéresse de près à la désinformation qui pollue la campagne pour l’élection présidentielle. Une enquête a été ouverte sur les fausses informations envoyées en masse sur les réseaux sociaux contre les candidats du second tour de la présidentielle du 28 octobre, Jair Bolsonaro (extrême droite) et Fernando Haddad (gauche), a-t-on ainsi appris samedi 20 octobre.
Cette annonce a été faite par le ministre de la Sécurité, Raul Jungmann, au lendemain du lancement d’une première enquête ouverte par le Tribunal électoral supérieur (TES) sur des soupçons d’envoi massif de messages et fausses nouvelles anti-Parti des travailleurs (PT) de Fernando Haddad sur la messagerie instantanée WhatsApp, au bénéfice de Jair Bolsonaro, le grand favori.
« A la demande du procureur général (Raquel Dodge), j’ai ordonné à la police fédérale d’ouvrir une enquête », a écrit Raul Jungmann sur Twitter.

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, le Parti des travailleurs lance des poursuites contre les « fake news »



« Un grand préjudice » pour les électeurs
Le procureur avait demandé vendredi à la police fédérale d’enquêter pour savoir si « des entreprises de technologie de l’information » avaient propagé « de façon systématique » des fausses informations concernant les deux candidats.
Le procureur général a souligné que ces pratiques violaient la législation électorale et « présentaient potentiellement un grand préjudice » pour les électeurs, ajoutant qu’une enquête devait être ouverte « dans une perspective pénale ».
Fernando Haddad a accusé jeudi Jair Bolsonaro d’avoir monté une « organisation criminelle » avec de « l’argent sale » pour orchestrer un bombardement de messages et de fausses informations sur WhatsApp. Il a lancé ces accusations après des révélations par le quotidien Folha de Sao Paulo sur le financement, par des entreprises, d’envois en masse de messages anti-PT sur WhatsApp avant le premier tour du 7 octobre.
Le TSE a ouvert une enquête, à la demande du PT, et donné un délai de cinq jours au camp de M. Bolsonaro pour apporter des éléments en sa défense. WhatsApp a fait savoir qu’elle prenait des « mesures juridiques immédiates » pour empêcher que des entreprises diffusent de tels messages de masse.

        Lire aussi :
         

                Brésil : le candidat d’extrême droite Bolsonaro séduit le sud du pays






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-13">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le scrutin de samedi est terni par les attaques qui ont fait au moins 38 morts et 100 blessés, ainsi que par des dysfonctionnements dans l’organisation même du vote.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies           Consulterle journal     Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                         À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Donald Trump    CumEx Files    Brexit    Arabie saoudite    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Les décodeurs    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie mondiale  Inquiète d’une stabilisation de la dette, Moody’s dégrade la note de l’Italie                    Économie   Article réservé à nos abonnés GitHub : quand le logiciel libre prend le pouvoir                    Chronique  « Une société civile immobilière ayant pour activité la location d’immeuble ne peut pas bénéficier des dispositions protectrices des consommateurs »   Olivier Rozenfeld Président de Fidroit                     Tribune   Article réservé à nos abonnés Big data : « Prenons garde à qui nous vendons notre attention »   Gilles Dowek chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                           Planète  Avec le changement climatique, le prix de la bière pourrait beaucoup augmenter                    01:28     Santé  Le Canada devient le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis                    02:33     Politique  Jean-Luc Mélenchon filme en direct la perquisition de son domicile                         CumEx Files  Comment des actionnaires utilisent la Bourse pour arnaquer le fisc             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique  J’ai déjeuné avec une espionne du Gault &amp; Millau   Elvire von Bardeleben                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Président Trump, an II : la banalisation plus forte que l’indignation   Gilles Paris Washington, correspondant                     Chronique   Article réservé à nos abonnés A quoi servent les annuaires statistiques ?   Baptiste Coulmont Contributeur "Sciences" et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII                     Éditorial  Halte au pillage fiscal             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  Reprise : « Le Fanfaron », mélancolique dolce vita                    Livres   Article réservé à nos abonnés Valérie Manteau à Istanbul avec Hrant Dink en tête                    Télévisions & Radio  « Larry et son nombril » : l’emmerdeur intégral                    Musiques  Succès inédit pour l’album posthume de Johnny Hallyday             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      L'époque  Plaisir clitoridien : comment prendre position ?                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Ma confiance, mes points de permis, ma dignité, il a tout pris »                    Les recettes du Monde  Les œufs cocotte au comté : la recette de Sam Baron             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                                   International        En Afghanistan, des élections législatives chaotiques  Le scrutin de samedi est terni par les attaques qui ont fait au moins 38 morts et 100 blessés, ainsi que par des dysfonctionnements dans l’organisation même du vote.        Par  Jacques Follorou   Publié hier à 21h48, mis à jour à 08h29   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                         Un policier fouille les électeurs qui se présentent à un bureau de vote, dans la province afghane de Khost, le 20 octobre. FARID ZAHIR / AFP             En Afghanistan, les jours d’élection sont parmi les plus dangereux de l’année car on sait d’avance ce qui va se passer. Le vote, samedi 20 octobre, pour le renouvellement du Parlement ne l’a pas démenti.          Les rues vides de la capitale Kaboul, les axes fermés à la circulation et les visages inquiets des nombreuses forces de sécurité annonçaient déjà un bilan qui s’établissait, dans la soirée, selon le ministre de l’intérieur, à 38 morts – dont 27 civils et 11 membres des forces de sécurité –, et 100 blessés. A lui seul, l’attentat suicide survenu dans un bureau de vote d’un quartier du nord-ouest de la ville a fait quinze morts.          Colère et frustration          A l’échelle du pays, d’après le gouvernement, 192 incidents, qui incluent des mines artisanales et des jets de grenades, ont troublé le bon déroulé des opérations électorales.            Dans le nord du pays, à Kunduz, où on a relevé 39 blessés et trois morts, un bureau de vote a été attaqué par les talibans qui ont tué un assesseur et brûlé les urnes. Le porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahid, qui avait renouvelé, dans la matinée, par communiqué, son conseil aux citoyens de « s’abstenir de participer à ce processus théâtral afin de protéger leurs propres vies », a assuré que « 318 attaques ont été menées contre ces fausses élections ».          Pourtant, cette fois-ci, les talibans n’ont pas été les seuls à empêcher les gens de voter. Les organisateurs du scrutin ont, en effet, suscité, colère et frustration parmi les électeurs à cause d’un grand nombre de dysfonctionnements.          En premier lieu, le recours, dans un délai trop court, à un système de contrôle biométrique pour lutter contre la fraude et, surtout, la décision, voilà un mois, de ne comptabiliser que les voix ayant passé avec succès cette vérification ont bloqué le système. Des dizaines de personnes formées pour leur utilisation ne sont pas venues, beaucoup de machines ne fonctionnaient pas, parfois faute d’électricité, ou n’avaient pas été livrées.          360 bureaux de vote devaient rouvrir dimanche          Selon la cheffe du bureau de vote installé dans le lycée d’Istiqlal, au cœur de Kaboul, « face aux problèmes du biométrique, l’ordre a été donné, en fin de matinée, par la Commission électorale indépendante de prendre en compte les votes de tous ceux qui étaient inscrits sur les listes, comme on faisait avant ».          Un choix qui revenait à admettre que l’initiative était malheureuse et rayait, d’un trait, un investissement de 20 millions de dollars (17,3 millions d’euros).                     Une femme afghane montre après avoir voté son doigt couvert d’encre indélébile, à Kaboul, le 20 octobre.  ) Rahmat Gul / AP             D’autres bureaux n’ont pas ouvert faute d’avoir reçu les listes des inscrits. Et, dans un grand nombre de cas, le vote n’a pu débuter que plusieurs heures après l’ouverture du scrutin, à 7 heures du matin. Des situations inextricables qui ont conduit la Commission électorale a repousser leur fermeture à 20 heures au lieu de 16 heures comme prévu initialement et 360 bureaux devaient rouvrir dimanche matin pour terminer l’enregistrement des votes. La journée de dimanche a été déclarée fériée.          « Tout cela est la faute de l’OTAN »          L’exaspération s’est exprimée à de nombreux endroits. L’axe principal, à la sortie nord de Kaboul, a été bloqué par des milliers de personnes en guise de protestation. Un bureau a été dévasté en périphérie de la capitale.          Les longues files d’attente pouvaient laisser croire qu’une participation exceptionnelle s’annonçait, en dépit des menaces, mais il s’agissait bien d’un problème d’organisation. Le président de la Commission électorale, Abdul Badin Sayat, a présenté ses excuses et il est venu à la télévision solliciter la patience des électeurs.          L’un de ses adjoints, samedi matin, au siège de la Commission, sur la route de Jalalabad, alors que les signes d’inquiétudes se confirmaient, expliquait au Monde « qu’il avait fallu choisir entre les menaces des partis qui ne voulaient pas participer au scrutin si le système biométrique n’était pas mis en place et les risques de dysfonctionnements attachés à sa mise en place précipitée ».          Les mêmes chefs de partis qui ont estimé, samedi, que cette élection était pire, « en termes de fraude que la présidentielle de 2014 » ou que « tout cela était la faute de l’OTAN ».          Un discours assez éloigné de celui des petits candidats indépendants. Dans la longue file du bureau de vote installé dans la mosquée du quartier de Wazir Abkar Khan, au cœur de Kaboul, on ne peut pas le manquer. Baktash Siawash, 35 ans, le plus jeune parlementaire de l’ancienne Assemblée, a toujours aimé les beaux vêtements et il est fier de montrer qu’il patiente depuis des heures avec les électeurs qui l’entourent. « Les gros candidats pourront toujours protester, ils ne pourront pas bloquer le processus au niveau national qui reste un test grandeur nature pour les prochaines élections présidentielles. »          Le crédit de cette élection paraît déjà entamé          En dépit de ces récriminations, selon les Nations unies (ONU), « un certain enthousiasme a été relevé pour ce vote ». Dans le bureau de la mosquée de Wazir Abkar Khan, Mohammad Abassi, un étudiant en médecine de 24 ans, attend son tour depuis cinq heures. « Je suis là pour la démocratie, on veut faire le ménage et faire partir les voleurs du Parlement ».          Dans le bureau de vote au lycée Istiqlal, Nilab Hamidi, âgée de 19 ans, exulte. « C’est la première fois que je vote, je ne voulais pas rater ça. Je connais la mauvaise réputation du Parlement, mais si les programmes des nouveaux candidats sont appliqués, les choses peuvent changer. »          La participation au scrutin été qualifiée « d’importante dans les centres urbains » par l’ONG pour la transparence des élections en Afghanistan (ETWOA). Abdul Basir travaille, lui, pour Free and Fair Elections Forum of Afghanistan (FEFA). Il était chargé d’observer le vote au lycée Istiqlal. « Comme le bureau n’a ouvert qu’à 9 h 30 au lieu de 7 heures, les gens sont restés longtemps sur le trottoir avec le risque d’attaques, cela montre leur volonté de participer. » Parmi les motivations figuraient, aussi, des logiques ethniques et tribales qui pèsent d’autant plus lourdement sur les choix individuels en Afghanistan que l’État demeure faible.           Lire aussi En Afghanistan, une élection parlementaire sous tension             Avant même de connaître le contenu des urnes, le crédit de cette élection paraît déjà entamé. Les résultats provisoires sont annoncés pour le 10 novembre et les définitifs pour le 26 décembre. Les talibans, quant à eux, semblent sortir gagnant d’un scrutin chaotique sur lequel ils ont pesé davantage par l’intimidation que par le recours massif à la violence.                                                     Jacques Follorou  (envoyé spécial à Kaboul)       Voir les réactions     Dans la même rubrique                 « L’Assemblée générale permet de rappeler, symboliquement, que l’ONU existe »  Marc Semo, journaliste au « Monde » chargé de la diplomatie, a répondu à vos questions sur la portée réelle de ce rassemblement diplomatique.                          Article réservé à nos abonnésAu Sahel, bilan contrasté pour l’opération française « Barkhane »  A une semaine de la présidentielle malienne, la ministre des armées s’est rendue auprès des troupes de la principale opération extérieure menée par Paris.                      Bruxelles activera sa loi de blocage pour protéger les entreprises européennes en Iran  Les mesures annoncées ouvrent notamment des droits à l’indemnisation – à fixer par un juge – pour les dommages qui seraient causés par ces sanctions.                      Article réservé à nos abonnésAfghanistan : dialogue direct entre les Etats-Unis et les talibans  Une diplomate a discuté de mesures pour construire la confiance avec les insurgés.                    Russian opposition leader Alexei Navalny was detained outside his home on August 25, 2018 for reasons that were not immediately clear, his spokeswoman said on Twitter. "Navalny was detained two hours ago outside his home. He is now in the (Moscow) Danilovsky police station. They did not say why he is being detained. They took his phone away," Kira Yarmysh tweeted.  / AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

<article-nb="2018/10/21/19-14">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a également plaidé samedi 20 octobre, pour une « enquête exhaustive ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Mort de Jamal Khashoggi : l’Union européenne demande une « enquête approfondie »

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a également plaidé samedi 20 octobre, pour une « enquête exhaustive ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 05h17
   





                        



   


La nouvelle version de Riyad sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ne convainc pas. L’Union européenne a ainsi jugé samedi 20 octobre les explications de l’Arabie saoudite insuffisantes. Les ONG Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF) ont également réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU).
L’Arabie saoudite affirmait jusqu’ici que le journaliste, critique du pouvoir saoudien, était ressorti vivant du consulat dans lequel il était entré le 2 octobre. Vendredi 19 octobre, le procureur général du royaume a admis que le journaliste avait été tué dans le consulat saoudien à Istanbul, faisant état d’une « rixe » mortelle.
« Que les responsables du meurtre répondent de leurs actes »
Cette nouvelle version de Riyad laisse cependant beaucoup de questions « sans réponse », a affirmé samedi 20 octobre le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian. « Elles nécessitent une enquête exhaustive et diligente pour établir l’ensemble des responsabilités et permettre que les responsables du meurtre de Jamal Khashoggi répondent de leurs actes », a réagi le ministre dans une déclaration écrite.
La chancelière allemande Angela Merkel a également estimé que « les informations données sur le déroulement des faits au consulat à Istanbul sont insuffisantes ». La responsable politique allemande et son ministre des affaires étrangères Heiko Maas ont dit attendre de l’Arabie saoudite « la transparence sur les circonstances de la mort et ses raisons de fond », et que soient retrouvés « les responsables » de cette mort.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini a elle aussi réclamé une enquête approfondie sur la mort « extrêmement troublante » de Jamal Khashoggi, et que les responsables rendent des comptes. « L’Union européenne, comme ses partenaires, insiste sur la nécessité d’une enquête approfondie, crédible et transparente, qui fasse la lumière sur les circonstances de la mort et contraigne les responsables à en endosser toute la responsabilité », indique-t-elle dans un communiqué.
Amnesty international et Reporters sans frontières dénoncent une dissimulation
Les affirmations de Riyad ne sont « pas dignes de confiance et constituent un nouveau record catastrophique pour l’Arabie saoudite en matière de droits de l’homme », a réagi Amnesty International dans un communiqué. « Le gouvernement turc doit désormais demander au secrétaire général de l’ONU d’ordonner une enquête urgente sur la mort de Khashoggi et ses circonstances », a poursuivi l’ONG.
Selon Amnesty, une enquête indépendante « sera la seule garantie contre ce qui apparaît de plus en plus comme une dissimulation saoudienne des circonstances de l’assassinat de Khashoggi ou contre toute tentative d’autres gouvernements de passer la question sous silence pour préserver les ventes d’armes lucratives et autres liens commerciaux avec Riyad ».
Demande également réitérée dans un communiqué par l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a appelé à maintenir la « pression » sur l’Arabie saoudite en boycottant le Forum économique du Golfe et en gelant « les dossiers commerciaux » avec Riyad.
« Il semble inimaginable de s’y adonner au “business as usual” et de bavarder sur les investissements comme si de rien n’était, alors même que la nouvelle version officielle a manifestement pour objectif de camoufler l’essentiel, à savoir qu’un crime odieux a été perpétré contre un journaliste sur ordre d’un commanditaire d’Etat », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, cité par le communiqué.
Tout « compromis » avec l’Arabie saoudite au sujet du meurtre de Jamal Khashoggi reviendrait à donner « une autorisation de tuer » à un royaume qui « kidnappe » et « tue » des journalistes, avait déjà mis en garde Christophe Deloire samedi matin sur Twitter.
Les enquêteurs turcs poursuivent leur enquête
« Les explications données à ce jour ne sont pas cohérentes ni crédibles » a de son côté déclaré la ministre canadienne des affaires étrangères Chrystia Freeland, dont un tweet réclamant la libération de militants des droits de l’homme avait piqué au vif l’Arabie saoudite et provoqué une crise entre les deux pays. « Nous réitérons notre appel à une enquête approfondie, menée en pleine collaboration avec les autorités turques, et à un compte rendu complet et rigoureux des circonstances entourant la mort de M. Khashoggi » a insisté Mme Freeland dans un communiqué. Pour elle, les « responsables de ce meurtre doivent répondre de leurs actes et faire face à la justice. »
L’Arabie saoudite a admis pour la première fois samedi que le journaliste saoudien avait été tué à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, une affaire au retentissement mondial qui a dégradé son image auprès de ses alliés, notamment les Etats-Unis. Critique envers le prince héritier Mohammed ben Salman, Khashoggi vivait en exil depuis 2017 aux Etats-Unis où il collaborait notamment avec le Washington Post.
Les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations vendredi, fouillant notamment une vaste forêt proche d’Istanbul. Selon plusieurs médias, le journaliste aurait été torturé, décapité et son corps démembré.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-15">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les opposants accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤         

Compte rendu

Aux Comores, l’armée reprend le contrôle Moutsamoudou

Les opposants accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-20T16:39:10+02:00"

        Le 20.10.2018 à 16h39

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-10-21T02:58:35+02:00"

        Mis à jour le 21.10.2018 à 02h58






    
Une voiture des forces de défense comoriennes, samedi 20 octobre, à Moutsamoudou.
Crédits : YOUSSOUF IBRAHIM / AFP


L’armée comorienne a repris le contrôle de la médina de Moutsamoudou, capitale de l’île d’Anjouan, samedi 20 octobre, a déclaré le ministre de l’éducation nationale, Mahamoud Salim Hafi, originaire de la région et négociateur pour le gouvernement. Des rebelles opposés au président Azali Assoumani y étaient retranchés depuis six jours.
Dans la vieille ville, où des patrouilles se relaient, les habitants semblaient satisfaits du dénouement de cette opération, qui s’est produite sans coup de feu. « On se nourrissait difficilement, grâce à l’entraide des voisins, mais le plus ardu était d’être privé d’eau et d’électricité », a ainsi fait valoir l’un des habitants.
Un commerçant explique avoir vécu cette situation comme « une prise d’otages » : « Aujourd’hui je ne rêve que de paix, je ne prierai que pour la paix. » Une habitante, rassurée par la présence des militaires raconte avoir vécu « des jours difficiles ». 
« Tout le monde a fui la maison, moi j’ai refusé de partir, on m’a pris pour une folle, je n’abandonnerai jamais ma maison ! »

        Lire aussi :
         

                L’ONU et l’UA appellent au calme aux Comores, secouées par des violences



Ruelles vides, portes closes
Mais la plupart des ruelles restent encore vides, les portes closes. Et, place Maknour, des débris de pierres et de grenades lacrymogènes témoignent de la violence des récents affrontements. Tous les habitants interrogés affirment n’avoir vu aucun insurgé durant ces six jours de siège.
Un notable raconte ainsi n’avoir « aucune idée de l’identité des rebelles ».« Mais, argue-t-il, ce sont des enfants du pays, c’est sûr, certainement avec des renforts venus de Mayotte [île française voisine] ». « On s’en fout de l’identité des rebelles, ou de savoir où sont leurs armes. Notre objectif était de libérer Moutsamoudou de ces gens-là, c’est fait », lance un jeune militaire au visage inondé de sueur.
Selon le ministre de l’éducation qui mène depuis vendredi les négociations pour le gouvernement, les opposants – estimés à une quarantaine – n’avaient toujours pas remis leurs armes samedi matin malgré une offre d’impunité en échange du désarmement.
Le groupe rebelle reste introuvable. Les cinq portes de la petite médina de Moutsamoudou étaient bouclées par les militaires, samedi, empêchant à priori toute fuite des insurgés. Ils ont donc vraisemblablement quitté les lieux la veille – jour de prière – pendant les pourparlers.
« L’objectif est le retour à une situation normale lundi », a déclaré samedi soir le ministre de l’éducation nationale. Les affrontements de cette semaine ont fait trois morts, selon les autorités, et au moins six personnes ont été grièvement blessées.
« République bananière »
Les autorités accusent le parti Juwa, de l’opposant et ancien président de l’archipel Abdallah Sambi, originaire d’Anjouan, d’être à l’origine des violences qui ont éclaté lundi quand les manifestants ont érigé des barricades et que les forces de l’ordre les ont démantelées. Les opposants, qui accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir, renvoient la responsabilité de la situation au gouvernement.
Le climat politique s’est dégradé aux Comores depuis le référendum constitutionnel du 30 juillet dernier. Ce scrutin aux allures de plébiscite (92,74 % de oui) a renforcé les pouvoirs du président Azali Assoumani, l’autorisant à accomplir deux mandats successifs au lieu d’un.

        Lire aussi :
         

                « La paix est mise à rude épreuve aux Comores sous nos yeux impuissants »



Depuis 2001, la présidence était attribuée tous les cinq ans à un représentant de l’une des trois îles du pays (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli). Il était prévu qu’Anjouan prenne la prochaine présidence. Mais le président Assoumani, ex-putschiste élu en 2016, a annoncé son intention d’organiser un scrutin présidentiel anticipé l’an prochain, ce qui lui permettrait de remettre les compteurs électoraux à zéro et de régner sur l’archipel, en cas de victoire, jusqu’en 2029.


<article-nb="2018/10/21/19-16">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Mort de Jamal Khashoggi : qui sont les deux hauts responsables saoudiens limogés ?

Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 14h03
   





                        


C’est la première conséquence concrète de l’affaire Jamal Khashoggi. Après avoir admis que le journaliste avait été tué dans son consulat d’Istanbul, l’Arabie saoudite a limogé, samedi 20 octobre, deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammed Ben Salman.
Les deux personnalités faisaient tous deux partie du cercle rapproché du prince Mohammed Ben Salman, surnommé « MBS ». Leur limogeage s’est accompagné de l’arrestation de 18 suspects saoudiens.

        Lire aussi :
         

                Riyad avance sa version des faits sur la mort de Jamal Khashoggi



Le général Ahmed Al-Assiri, chef adjoint du renseignement saoudien

   


Agé d’une soixantaine d’années, le général Al-Assiri était un conseiller de haut rang proche de la cour royale. Avant d’être promu chef adjoint du renseignement général en 2017, il était le porte-parole de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 contre les rebelles houthistes soutenus par l’Iran. Le quotidien panarabe à capitaux saoudiens Al-Hayat qualifiait d’ailleurs ce général, formé à la prestigieuse école militaire française Saint-Cyr, de « pilote saoudien le plus connu au monde ».
Parlant couramment le français, l’anglais et l’arabe, Ahmed Al-Assiri assistait souvent aux réunions à huis clos du prince héritier avec des dignitaires étrangers en visite dans le royaume. L’homme avait également acquis à l’étranger la réputation de harceler les journalistes dont les articles critiquaient les « bavures » saoudiennes au Yémen. Au printemps 2017, il avait été la cible d’un jet d’œuf lors d’une conférence à Londres et le gouvernement britannique s’était excusé pour cette « agression ».
Avant son limogeage samedi, le New York Times avait rapporté que l’Arabie saoudite attribuerait vraisemblablement la responsabilité de la disparition de Khashoggi au général Assiri pour tenter de dédouaner « MBS ».

        Lire aussi :
         

                « Ni Mohammed Ben Salman ni la relation américano-saoudienne ne sortiront indemnes de l’affaire Khashoggi »



Saoud Al-Qahtani, conseiller « médias » à la cour royale

   


Homme-clé de l’entourage du prince héritier, Saoud Al-Qahtani a dirigé le « centre d’études et d’affaires médiatiques », une unité opérant au sein de la cour royale, avant d’être nommé conseiller « médias » du roi. Un poste-clé où il contrôlait notamment les activités de relations publiques du gouvernement saoudien.
Selon des sources saoudiennes, M. Al-Qahtani, 40 ans, a animé des campagnes de propagande en ligne contre les adversaires du royaume, comme le Qatar et l’Iran. Avec 1,3 million d’adeptes sur Twitter, ce haut responsable est notamment connu pour ses messages hostiles aux dissidents et à ses rivaux.

        Lire aussi :
         

                En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman dans l’ouragan Khashoggi



Dans un article paru dans le Washington Post au début de l’année, Jamal Khashoggi affirmait qu’Al-Qahtani avait constitué une « liste noire » des journalistes critiques du royaume et qu’il était connu pour les intimider. Dans une interview posthume publiée vendredi par le magazine Newsweek, Khashoggi qualifie M. Al-Qahtani et un autre haut responsable saoudien, Turki Al-Cheikh, de « voyous ».
« Les gens les craignent. Vous les défiez, vous risquez de finir en prison, et c’est ce qui s’est passé. »
L’an dernier, M. Al-Qahtani écrivait sur Twitter : « Je ne fais rien de mon propre chef, sans des ordres. Je suis l’employé et l’exécuteur de mon roi et de mon prince héritier. »

        Lire aussi :
         

                Arabie saoudite : « Mohammed Ben Salman, l’erreur de casting »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-17">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne se sont massivement mobilisés samedi 20 octobre. Reportage.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
Découvrir l’application


                        

« Marre du Brexshit » : des centaines de milliers de manifestants anti-Brexit ont défilé à Londres

Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne se sont massivement mobilisés samedi 20 octobre. Reportage.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 11h55
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Baroud d’honneur ou moment charnière de l’histoire tourmentée du Brexit, 700 000 personnes ont défilé, samedi 20 octobre à Londres pour exiger l’organisation d’un second référendum, selon les organisateurs de cette « marche pour l’avenir ».
« J’ai 16 ans et le Brexit m’a volé mon avenir », « Marre du Brexshit » (Brexit de merde), « Je suis européenne. Ensemble, c’est toujours mieux », « Qu’est-ce que l’Union européenne [UE] nous a apporté sinon la paix, la sécurité, le marché unique et les appellations contrôlées ? »… Une profusion de pancartes confectionnées à la maison a déferlé dans une ambiance joyeuse sous un soleil printanier entre Hyde Park et Parliament Square, face à Big Ben.
Spectacle surréaliste au cœur du Royaume-Uni, tee-shirts, foulards et drapeaux bleus étoilés de l’UE ont flotté tout l’après-midi sur Piccadilly, Pall Mall et Whitehall, les plus grandes avenues du Londres officiel. Il s’agit de loin du plus important défilé depuis le vote du 23 juin 2016, au cours duquel 51,9 % des Britanniques ont opté pour quitter l’UE. L’événement n’atteint toutefois pas le record londonien du million de manifestants enregistré en février 2003 lors d’un défilé contre la guerre en Irak.
Aux militants de gauche, aux familles inquiètes pour leurs enfants, aux professionnels anxieux pour leur emploi ou leurs affaires, se superposait toute une frange libérale de Britanniques ouverts sur le monde venus exprimer leur réel sentiment d’appartenance à l’UE et leur détestation de l’image de repli sur soi renvoyée par le Brexit.

        A moins de six mois du Brexit :
         

          « Trop de questions sans réponse » pour les expatriés français



Un mort d’ordre : sortir du Brexit
Compacte, oscillant entre la jubilation du nombre et les craintes pour l’avenir du pays, la foule était aussi plus diverse en âges et en origines sociales que les précédentes manifestations, même si les non-Blancs et le petit peuple britannique brillaient par leur absence. Tout comme les leaders des grands partis politiques.
Scotland Yard n’a pas confirmé le chiffre de 700 000 manifestants avancé par les organisateurs, la plate-forme People’s Vote qui regroupe des organisations de la société civile. Mais lorsque la tête du cortège était en vue du Parlement de Westminster, les derniers manifestants n’avaient pas encore quitté Park Lane, son point de départ, à 3,4 km de là. Alors que la négociation avec les Vingt-Sept est dans l’impasse à Bruxelles à cinq mois du Brexit officiel, Londres a résonné d’un cri en deux mots : « Exit Brexit ! » (Sortons du Brexit !).
« Comment pourrais-je regarder mes enfants dans les yeux à l’avenir, si je n’avais pas été là aujourd’hui ? »
« C’est un cri dans le vide, mais il était indispensable. Comment pourrais-je regarder mes enfants dans les yeux à l’avenir, si je n’avais pas été ici aujourd’hui ? », expliquait Henry Playfoot, un communicant de 48 ans. « Cette manifestation est vaine, car le Brexit est inévitable en raison du catastrophique défaut de leadership politique dont souffre notre pays. On est là pour ça : remplir ce vide. J’espère qu’un Royaume-Uni plus ouvert va émerger des cendres du Brexit. »
Venus en car de Southampton, Clive Hillman et Suzanne Battison, des retraités maugréaient contre « ces responsables politiques absents au moment où le pays doit prendre sa plus importante décision depuis la guerre ». « Nous sommes des gens ordinaires, ajoutaient-ils, et c’est nous qui allons souffrir le plus du Brexit. » Sarah Finnie, médecin généraliste affirmait être venue « pour défendre l’avenir de [s]es enfants », et pour honorer la mémoire de son père. « Il a combattu dans la Royal Air Force pour que les Européens vivent libres et il a perdu beaucoup de camarades. C’est pour cela que je combats passionnément le Brexit. »

   


Nombre d’expatriés européens et de couples mixtes affichaient leur inquiétude. « Où va notre UE ? », demandait une pancarte où un homme enveloppé d’un drapeau britannique tenait par la main une femme portant un châle européen bleu et or. « Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir et celui de mes enfants, témoignait Géraldine Elliott, professeure de français installée depuis trente ans en Angleterre et mariée à un Britannique. On nous répète que nous garderons notre droit au séjour, mais nous n’en savons rien. Le Brexit a donné le feu vert à des manifestations de xénophobie inconnues auparavant. »

        La tribune du maire de Londres, Sadiq Khan :
         

          « Le peuple britannique devrait voter sur l’accord final du Brexit »



« Personne n’a voté pour le chaos actuel »
Mais dans l’immense serpent humain agité à intervalle régulier d’une clameur enthousiaste, tout le monde n’était pas aussi sombre ni pessimiste. « Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Il va arriver un moment où Theresa May n’aura plus d’autre solution que d’appeler à un second référendum, voulait croire Jennie Westbrook, 31 ans, employée dans un théâtre. Les gens n’ont pas voté pour ce qui arrive maintenant : un pays fracturé en deux, au bord de la guerre civile. »
A l’instar de beaucoup de marcheurs plus âgés que lui, c’était la toute première fois que Daniel Taylor, 23 ans, ingénieur étudiant, mettait les pieds dans une manifestation. « Je suis fier d’être dans cette foule immense et fraternelle, témoignait-il. Le gouvernement ne pourra pas nous ignorer. Ce que nous demandons n’est pas extrémiste : c’est seulement le droit de changer d’avis. N’est-ce pas le cœur de la démocratie ? »
Whitehall, l’avenue des grands ministères menant à Westminster était équipée de deux écrans géants diffusant les prises de parole des politiques depuis un podium érigé symboliquement devant le Parlement.
Aucun leader des deux grands partis n’était présent – « Où est Jeremy Corbyn ? », scandaient d’ailleurs ironiquement certains manifestants –, mais pour la première fois dans un défilé anti-Brexit, des élus de cinq des principaux partis – conservateurs, travaillistes, LibDem, SNP et Greens – ont pris la parole ensemble pour demander un nouveau référendum. Pour les deux premières formations qui soutiennent ou acceptent le Brexit, il s’agissait évidemment de députés en délicatesse avec la ligne officielle.

   


« Personne n’a voté pour le chaos actuel. La majorité, c’est nous désormais. Nous pouvons gagner la bataille ! », a lancé la députée conservatrice Anna Soubry applaudie avec enthousiasme par la foule en majorité de gauche. « Aucun accord n’est meilleur que le maintien dans l’UE », a proclamé, de son côté, le Labour Chuka Umunna dont le parti espère que le Brexit débouchera sur une crise et de nouvelles élections qu’il gagnerait.
Spectacle hallucinant à quelques mètres de Downing Street, la première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon, est apparue sur écran géant via une vidéo enregistrée promettant son soutien sans faille à un deuxième référendum sur le Brexit.
Le matin même, Dominic Grieve, député conservateur très écouté et ancien procureur général (attorney general) avait aussi défendu la même solution. Constatant que les négociations sur le Brexit étaient « dans l’impasse », M. Grieve, chef de fait des rebelles tories proeuropéens, a déclaré à la BBC que « lorsqu’on se trouve devant un problème de ce genre (…), la seule solution est de revenir vers les électeurs et de leur demander : “Est-ce vraiment ce que vous vouliez ?” »

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr traitant du Brexit :
les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un sommet européen sur le Brexit jugé « crucial », le 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-18">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

A moins de six mois du Brexit, « trop de questions sans réponse » pour les expatriés français

Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 13h53
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


C’est un dessin griffonné sur la page de garde de son agenda 2018-2019. Chaque 29 du mois, Amandine N. ajoute un petit trait. D’abord la potence, complètement achevée. Puis le pendu, qu’on devine déjà. « Ça représente parfaitement mon état d’esprit, dit cette Française de 32 ans, qui vit dans le Sussex depuis sept ans. J’attends l’exécution. » Le 29 mars 2019, date à laquelle le Brexit, voté en juin 2016, doit officiellement entrer en vigueur.
Originaire de Chartres, Amandine N. a gagné la Grande-Bretagne pour rejoindre son « amour d’Erasmus », un musicien mancunien « un peu évaporé », rencontré à Barcelone. Son couple n’a pas passé le premier hiver britannique. Son amour du pays, lui, a perduré. « Pour un tas de clichés : l’autodérision, les gazons, les currys et la bière, le sentiment que peu importe si on est jaune, vert, bleu, chauve, unijambiste, on peut tracer sa route sans être regardé de travers », récite mélancoliquement la trentenaire.
A force de rencontres et d’opportunités, cette « éternelle indécise » devenue cuisinière a fini par « construire son petit nid », dans ce pays dont elle pensait qu’il l’avait « acceptée comme l’une des siens ». Où elle se voyait « devenir adulte. Fonder une famille même, qui sait » ? Un sentiment de « confiance » qui lui semble aujourd’hui « presque irréel ».

        Analyse :
         

          Une fois le Brexit signé, le plus dur commencera



« A pile ou face »
Dans un appel à témoignages lancé l’an dernier sur Le Monde.fr, Amandine N. expliquait que « tout est devenu un point d’interrogation depuis le référendum ». A moins de six mois du Brexit, et alors que les négociations continuent à Bruxelles mercredi 17 octobre, elle reste « incapable de planifier quoi que ce soit, comme si toute [sa] vie était en pause. »
Autour d’elle, les départs se multiplient – le nombre de citoyens européens en Grande-Bretagne est tombé à son plus bas niveau depuis 2012, selon l’Office for National Statistics. Il y a les amis français repartis à Lyon, l’ancienne collègue espagnole en attente d’un feu vert de l’immigration canadienne, les voisins polonais qui ont mis en vente leur maison depuis des mois. En vain pour l’heure, le marché est saturé dans la région.
Amandine N. a bien les cinq ans d’ancienneté requis pour demander le statut de résident. Mais a-t-elle de quoi le prouver ? « Pas de quittance de loyer, des contrats de travail en dents de scie, des boulots souvent au noir… » soupire-t-elle. Et puis a-t-elle vraiment envie de rester dans un pays « où tous les services publics sont à l’os, où on est de plus en plus mal soigné, et où le Brexit risque de tout empirer ? »
Depuis un mois, la question l’empêche à nouveau de dormir. En sonnerie de téléphone, elle a mis la chanson des Clash Should I Stay or Should I Go ? (dois-je rester ou dois-je partir ?) « Parfois, j’ai envie de jouer la réponse à pile ou face », confesse-t-elle.

        Le point sur la négociation du Brexit,
         

          à la veille du sommet européen qui s’ouvrira mercredi à Bruxelles



« On est laissé complètement seul »
Véronick P., elle, n’en pouvait plus d’être « prise en étau en attendant de savoir à quelle sauce on serait mangés ». « Après deux ans de préparation mentale », elle a sauté le pas. Laissé derrière elle « la maison, la voiture et le mari, pour prendre un billet sans retour. »

   


Soixante kilos de bagages et son adolescent sous le bras, elle est retournée « chez maman ». En reconversion, elle espère trouver un emploi rapidement pour permettre à son mari de les rejoindre en France. Avec, comme pour tous ces « malgré-nous du Brexit », la galère administrative qui l’accompagne : inscription à Pôle emploi, rattachement à la Sécurité sociale, rapatriement des fonds de pension, rattrapages scolaires, etc.

        Le point de vue du ministre britannique du Brexit :
         

          « Chacun doit faire une partie du chemin »



« Il pourrait y avoir plus d’aide et de solutions de la part du gouvernement français », déplore Lydie C., universitaire installée depuis quelques mois aux Pays-Bas, faute d’opportunités professionnelles dans l’Hexagone. « On est laissé complètement seul avec un nombre incalculable de questions sans réponse », déplore cette enseignante-chercheuse de 36 ans. D’autant que « plus on se rapproche de la date du 29 mars, plus c’est chaotique ».
« Conscience sociale et politique »
« L’idée d’être à la merci de la législation m’angoisse complètement », abonde Vanina M., 46 ans, qui vit près de York, dans le nord-est du Royaume-Uni. « Combien serons-nous à ne pas répondre aux critères et aux quotas ? » s’interroge-t-elle. Sur les réseaux sociaux, « on lit tout et n’importe quoi, tout le monde panique », témoigne cette professeure de français dans un collège britannique. Et côté politiciens, « c’est de pire en pire, on a vraiment le sentiment que personne ne sait ce qu’il fait et qu’on va droit dans le mur ». 
Expatriée depuis vingt-trois ans, elle ne reste dans le pays « que pour [son] fils », qui devrait bientôt obtenir la nationalité britannique. Mais en cas de « no deal » – c’est-à-dire le scénario du pire entre Londres et Bruxelles –, elle partira, elle qui « a déjà commencé à chercher du travail en France ».

        L’interview du ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid :
         

          « Les citoyens ne sont pas des pions dans la négociation »



En attendant, elle continue de regarder son pays d’adoption changer. Répond poliment aux quelques élèves qui lui ont demandé : « Quand est-ce que vous rentrez chez vous ? » Mais le Brexit l’a irrémédiablement changée. Le vote a réveillé chez elle une « conscience sociale et politique ». « J’ai réalisé combien c’est important de participer à la vie politique de son pays », dit celle qui ne rate pas une marche anti-Brexit, dont la prochaine se tiendra le 20 octobre à Londres. « Les manifestations font du bien, parce qu’ensemble on a moins le sentiment d’être des parias », dit-elle, attristée surtout « pour tous ces jeunes qui ne pourront plus circuler librement ».
« On se prépare à des pénuries »
De l’Angleterre « incarnation du multiculturalisme » de sa jeunesse, Alexandra S., 47 ans, ne reconnaît plus grand-chose. Expatriée depuis vingt et un ans, cette dirigeante d’une compagnie d’export à Cambridge ne parle plus français dans la rue. « Pas vraiment par peur, mais pas envie qu’on me regarde de travers », dit-elle.
Avec son Britannique de mari, elle ne « compte plus les engueulades sur le Brexit ». Lui ne se voyait pas partir, et surtout pas sortir leurs deux enfants de leur école internationale. « Il me traitait de dingue d’imaginer toujours le pire. Maintenant que tous les politiques nous préparent psychologiquement à un “no deal”, il me dit que j’avais raison. » 

        Décryptage :
         

          Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



La mère de famille a d’ailleurs « presque honte de l’avouer », mais elle a commencé à « mettre de côté du sucre et de la farine ». « On se prépare à des pénuries, puisque le pays importe 40 % de sa nourriture », rappelle celle qui constate déjà « des hausses importantes des prix dans les supermarchés ». Une amie angoisse d’ailleurs pour son traitement anti-diabète, qui vient des Pays-Bas. « Qu’est ce qu’il va se passer le jour où la frontière sera bloquée ? » anticipe-t-elle.
« Il y a trop de questions sans réponse, c’est le pire d’être dans le flou », soupire-t-elle. Alors, pour « avoir au moins l’impression d’agir », Alexa S. a acheté trois billets Eurostar, pour elle et ses enfants. Des allers simples pour Paris, en date du 28 avril – « pas envie d’être là pour la fête du Brexit et les hypocrisies », justifie-t-elle. Sans savoir encore s’il y aura un billet de retour.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-19">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les victimes se trouvaient sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

En Inde, un train percute une foule et fait au moins 59 morts

Les victimes se trouvaient sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 11h00
   





                        



   


Un train a percuté vendredi 19 octobre une foule de fidèles rassemblés pour un festival hindou à Amritsar, dans l’Etat septentrional du Pendjab. Au moins 59 personnes ont été tuées et 90 blessées dans l’accident, a fait savoir la police locale.
Beaucoup de monde s’était pressé sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra, une fête très populaire dans le nord de l’Inde, qui marque la victoire de Rama sur le démon Ravana. « Il y avait beaucoup de bruit, au moment où les feux d’artifice étaient tirés, et elles ont été incapables d’entendre le train approcher », a expliqué un responsable de la police sur place.
« Tout le monde courait »
Le drame s’est déroulé en deux temps. Un premier train a d’abord réussi de justesse à éviter de percuter la foule, mais personne n’a entendu arriver l’express Jalandhar-Amritsar deux minutes plus tard. Le train « arrivait très rapidement », a précisé sur une chaîne de télévision locale un témoin. « Tout le monde courait de manière désordonnée et soudain le [deuxième] train a percuté des groupes de gens », a-t-il ajouté.
Le ministre en chef du Pendjab, Amarinder Singh, a ordonné une enquête sur l’accident et annoncé le versement de 500 000 roupies (environ 6 000 euros) de dédommagement pour chaque victime. « Ceux qui doivent être punis le seront, et les responsabilités seront déterminées », a assuré le gouverneur du Penjab, V. P. Singh Badnore.
« C’est une tragédie déchirante », a réagi sur Twitter le premier ministre indien, Narendra Modi. Ce dernier s’est engagé à consacrer 137 milliards de dollars (119 milliards d’euros) sur cinq ans pour moderniser le réseau ferroviaire en décrépitude. Près de 15 000 personnes périssent dans des accidents ferroviaires chaque année en Inde, selon un rapport gouvernemental de 2012.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/21/19-20">
<filnamedate="20181021"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181021"><AAMMJJHH="2018102119">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Plus de 50 000 militaires sont déployés pour encadrer des élections organisées avec trois ans de retard et considérées comme illégitimes par les talibans.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Elections législatives en Afghanistan : plusieurs explosions dans des centres de vote à Kaboul

Plus de 50 000 militaires sont déployés pour encadrer des élections organisées avec trois ans de retard et considérées comme illégitimes par les talibans.



Le Monde.fr avec AFP et AP
 |    20.10.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 16h55
   





                        


Avec trois ans de retard, les bureaux de vote ont enfin ouvert, samedi 20 octobre en Afghanistan. Mais ces élections législatives, réclamées de longue date, ont immédiatement été endeuillées par plusieurs attaques de centres électoraux afghans.
Au total, le ministère de l’intérieur a annoncé avoir recensé « 15 attaques ennemies » dans l’ensemble du pays, la plupart étant des explosions d’engins artisanaux et des tirs de roquettes. Au moins 13 personnes ont été tuées et 123 blessées, selon un premier bilan.
Les talibans avaient averti à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’ils allaient recourir à la violence pour faire échouer le processus démocratique, à leurs yeux illégitime. Samedi matin, un tweet de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, conseillait une nouvelle fois aux citoyens de rester chez eux. Il a indiqué dans un nouveau message à la presse que « 318 attaques (avaient) été menées contre ces fausses élections », tuant plusieurs « soldats ». Le communiqué ne mentionne pas de pertes civiles.
Appel à « sortir et voter »
Dans la capitale, partiellement bouclée par des barrages lourdement armés, la plupart des axes routiers avaient été interdits aux véhicules et aux motos. Plus de 5 000 bureaux de votes ont ouvert dans les zones du pays sous contrôle du gouvernement. Pour des raisons de sécurité, dans d’autres parties du territoire contrôlées par les talibans, 2 000 centres de vote sont restés fermés.
La participation au scrutin, sur laquelle pesait un gros point d’interrogation, a cependant été qualifiée « d’importante dans les centres urbains », selon l’ONG pour la transparence des élections en Afghanistan (ETWOA). Le président afghan Ashraf Ghani avait auparavant souhaité montrer l’exemple en votant dès l’ouverture du scrutin dans une école de la capitale Kaboul et appelé ses compatriotes à « sortir et voter ».

        Lire aussi :
         

                En Afghanistan, une élection parlementaire sous tension



Semblant répondre à son appel, les électeurs ont formé de longues files d’attente dans la capitale et ailleurs. Mais leur attente s’expliquait aussi par de nombreux dysfonctionnements. Certains centres de vote n’ont pu ouvrir faute d’assesseurs, d’absence des listes électorales ou de mauvais fonctionnement des terminaux de reconnaissance biométrique mis en place à la dernière minute et utilisés pour la première fois. Des candidats et des électeurs ont fait part de leur exaspération.
La Commission électorale indépendante (CEI), qui organise le vote, a présenté ses excuses et a prolongé l’ouverture de centres de vote jusqu’à 20 h. Elle a par ailleurs annoncé que 360 autres seraient ouverts dimanche, lequel a été déclaré jour férié. Les électeurs se plaignaient surtout du danger à patienter dans la rue face au risque d’attentats.
Dix candidats abattus
Ces derniers mois, des centaines de personnes ont déjà été tuées ou blessées lors d’attentats liés à ce scrutin. Au moins dix candidats ont été abattus, la plupart dans des attaques ciblées. Jeudi, une spectaculaire attaque talibane a coûté la vie au puissant chef de la police de Kandahar, localité du sud du pays, le général Abdul Raziq, dans un complexe ultrasécurisé. Le vote dans la province a été reporté d’une semaine.
Plus de 2 500 candidats sont en lice pour les 249 sièges à la chambre basse du Parlement. Il s’agit pour la plupart d’élus déjà établis, de descendants de seigneurs de guerre, d’hommes d’affaires ou de membres de la société civile.



                            


                        

                        

