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Enjeux, majorités, scrutins… Tout savoir sur les élections de mi-mandat aux Etats-Unis

Le 6 novembre, les Américains retournent aux urnes pour renouveler 33 sénateurs et désigner les 435 membres de la Chambre des représentants.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h29
    |

            Pierre Bouvier








                        



Deux ans après son élection, Donald Trump joue gros. Le 6 novembre, les Américains retournent aux urnes pour les élections de mi-mandat, les midterms. Ils voteront pour élire le 116e Congrès, en renouvelant 33 sénateurs et en désignant les 435 membres de la Chambre des représentants. Au-delà du Congrès, lors de cette journée dite « election day », une multitude d’assemblées et de pouvoirs locaux sont renouvelés. Des consultations sont également organisées le même jour, par souci de commodité et d’économies.

        Analyse :
         

          Les élections de mi-mandat, « référendum » à risques pour Trump



Majorités et participation : les principaux enjeux
Rejet ou soutien de la politique de Donald Trump ? Depuis les élections de 2016, le parti du président contrôle la Maison Blanche, le Sénat et la Chambre des représentants. L’enjeu du scrutin du novembre est, pour les républicains, de conserver ces majorités ; pour les démocrates de les renverser, afin d’infléchir la politique mise en œuvre par Donald Trump, notamment en matière de lutte contre l’immigration ou de réduction des impôts. Pour voter une éventuelle destitution du président, les démocrates devraient obtenir une majorité des deux tiers au Sénat.

        Revue de presse :
         

          Trump, Cour suprême, santé… ce qui motive les électeurs américains



La participation sera particulièrement scrutée cette année. En général, les élections de mi-mandat mobilisent peu — autour de 40 % des électeurs — alors que la présidentielle de 2016 a mobilisé 60 % des votants. Le rejet — ou le soutien — de Donald Trump constitue cette année un sujet de mobilisation, selon le Pew Research Center. En octobre, une majorité affirmait que leur vote serait l’expression d’une opposition ou d’un soutien à l’égard de Trump.
Au Sénat
33 mandats remis en jeu
Le Sénat est la Chambre haute du Congrès. Les sénateurs votent notamment les lois fédérales et ratifient les nominations faites par le président. Il est composé de cent membres, deux par Etat, élus au suffrage universel direct pour six ans. Ainsi, l’Etat le moins peuplé — le Wyoming, 580 000 habitants — dispose-t-il de deux élus, tout comme la Californie, l’Etat le plus peuplé, avec ses 39,5 millions d’habitants. Traditionnellement, les petits Etats et les zones rurales favorisent les républicains.
Tous les deux ans, lors des élections de mi-mandat, le Sénat est renouvelé par tiers : 33 ou 34 sièges sont renouvelés. Le Sénat actuel, issu des élections du 8 novembre 2016, est entré en fonction le 3 janvier 2017. Les républicains y disposent d’une courte majorité de 51 voix face à 47 démocrates et à deux indépendants, dans le Maine et le Vermont, qui leur sont apparentés.
Le 6 novembre, les mandats de 33 sénateurs sont remis en jeu :
– vingt-trois appartiennent au camp démocrate ; – huit au camp républicain (ou Grand Old Party, ou GOP) ; – deux sont des indépendants, apparentés aux démocrates.
L’objectif des républicains : ne pas perdre de siège
Pour les républicains, l’objectif est simple : conserver la majorité. Concrètement, ils pourraient même se payer le luxe de perdre un siège, car la voix du vice-président du Sénat, le républicain Mike Pence, l’emporte en cas d’égalité lors d’un vote.
Bonne nouvelle pour le parti présidentiel : sept des huit sièges à défendre sont dans des Etats qui ont voté Trump en 2016 : l’Arizona, le Mississippi, le Nebraska, le Texas, le Tennessee, l’Utah et le Wyoming. Le Nevada est le seul Etat favorable aux démocrates à avoir un sénateur républicain sur la sellette.
L’objectif impossible des démocrates : remporter trois quarts des sièges et en conserver vingt-trois
Pour les démocrates, le scrutin s’annonce plus compliqué. En plus du système électoral défavorable, dix des vingt-cinq sièges démocrates ou apparentés remis en jeu le sont dans des Etats gagnés par Donald Trump en 2016. Dans cinq d’entre eux, il a devancé Hillary Clinton de plus de dix points (Dakota du Nord, Indiana, Missouri, Montana et Virginie-Occidentale). Cinq d’entre eux sont moins ancrés dans le « trumpisme » : la Floride, le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin avaient apporté leurs suffrages à Barack Obama en 2012 avant de basculer en 2016.
A moins d’un revers électoral magistral, il y a peu de chance que les démocrates remportent le Sénat. Selon les projections de sièges mis en jeu, les démocrates pourraient passer de 49 à 44 sièges (dont deux indépendants apparentés), les républicains de 51 à 50, tandis que six Etats sont encore totalement indécis.

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En bleu foncé : les Etats acquis aux démocrates.  En rouge foncé : ceux acquis aux républicains. Les dégradés signalent des élections plus ouvertes. En marron : les Etats contestés.

A la Chambre des représentants
435 circonscriptions en jeu
L’autre organe législatif américain, la Chambre basse du Parlement, se compose de 435 membres élus au suffrage universel direct, au scrutin uninominal majoritaire à un tour, pour deux ans. Comme le Sénat, la Chambre vote les lois fédérales et détient l’initiative pour le vote du budget. Le Sénat peut amender ou rejeter ses propositions.
Contrairement au Sénat, le nombre de représentants est proportionnel à la population. Le pays est découpé en 435 « districts congressionnels » (circonscriptions), qui représentent chacune environ 711 000 personnes. Actuellement, le parti républicain détient une majorité de 235 sièges, face à 193 démocrates ; sept sièges étant vacants.
Pour décrocher la majorité, il faut avoir 218 sièges.
Opportunité de basculement
Depuis les élections de mi-mandat de 2010, le parti républicain est majoritaire à la Chambre. Cette année, elles représentent une occasion de basculement pour les démocrates. Pour espérer reprendre le contrôle, ils doivent remporter 24 sièges, notamment dans des circonscriptions tenues par les républicains et où Hillary Clinton l’a emporté en 2016. Pour cela, ils misent sur l’impopularité du président Trump.
Un coup d’œil dans le rétroviseur montre que, depuis la seconde guerre mondiale, le parti du président perd en moyenne 25 sièges lors des élections de mi-mandat, et plus encore lorsqu’il contrôle les deux chambres du Congrès, comme c’est le cas aujourd’hui. Au cours des cinquante dernières années, les démocrates n’ont réussi la prouesse de gagner plus de 25 sièges qu’en deux occasions : en 1974 et en 2006.
La photographie actuelle de la Chambre des représentants :


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Les républicains actuellement majoritaires à la Chambre des représentants 
Le 115e Congrès siège depuis le 3 janvier 2016 et jusqu'au 3 janvier 2019. 





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La carte des projections des élections à la Chambre des représentants :

 Click the map to create your own at 270toWin.comEn bleu foncé : les circonscriptions acquises aux démocrates.  En rouge foncé : celles acquises aux républicains. Les dégradés signalent des élections plus ouvertes. En marron : les circonscriptions contestées.

En dehors de Washington
Au-delà du renouvellement du Congrès, qui siège à Washington, 6 665 sièges des pouvoirs exécutifs et législatifs locaux seront renouvelés à travers le pays.
Assemblées locales, gouverneurs, maires
Les élections des gouverneurs auront lieu dans trente-six Etats et trois territoires (Guam, les îles Mariannes du Nord et les îles Vierges des Etats-Unis).
Dans la plupart des Etats, l’assemblée législative redessine les circonscriptions du Congrès, le gouverneur ayant un droit de veto sur ces redécoupages. Les candidats qui l’emporteront en novembre seront encore en fonction en 2020, au moment où débutera le processus de redécoupage des circonscriptions sur la base des résultats du recensement décennal.
Parmi ces trente-six postes de gouverneurs, vingt-six sont aux mains des républicains, neuf aux mains des démocrates, et l’Alaska est dirigé par un indépendant.
Voici la carte des projections des élections de gouverneurs :

 Click the map to create your own at 270toWin.comEn bleu foncé : les Etats acquis aux démocrates.  En rouge foncé : ceux acquis aux républicains. En marron : les Etats contestés.

Les Américains voteront aussi pour renouveler 87 des 99 législatures d’Etat et pour élire de nombreux maires.
Près de 160 référendums locaux
Salaire minimal, redécoupage électoral, légalisation de la marijuana à des fins médicales ou récréatives, expansion de Medicaid, avortement…, les électeurs de trente-huit Etats décideront de 157 mesures à l’échelle locale.
– Dans vingt Etats, les électeurs se prononceront sur des mesures concernant le redécoupage des circonscriptions, les conditions de vote, l’accès aux urnes, le financement des campagnes électorales et l’éthique.
– Dans cinq Etats, ils se prononceront sur la légalisation de la marijuana à des fins médicales ou récréatives.
– Dans six Etats, ils voteront sur des mesures fiscales.
– Dans cinq Etats, ils voteront sur l’expansion de Medicaid (assurance-maladie pour les individus et familles à faibles revenu et ressources) ou le financement de son expansion.
– Six Etats voteront sur des amendements à la loi de Marsy (les droits des victimes).
– Trois Etats voteront sur les combustibles fossiles et les énergies renouvelables.
– Trois Etats voteront sur des mesures concernant l’accès à l’avortement et son financement.
– Deux Etats voteront sur des mesures d’augmentation du salaire minimal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le chef de la diplomatie saoudienne a également qualifié dimanche la mort du journaliste d’« erreur monumentale ».
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L’Arabie saoudite dit « ne pas savoir où se trouve » le corps de Jamal Khashoggi

Le chef de la diplomatie saoudienne a également qualifié dimanche la mort du journaliste d’« erreur monumentale ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h54
   





                        


Deux jours après avoir reconnu que Jamal Khashoggi a été tué dans le consulat saoudien à Istanbul, les autorités saoudiennes continuent de clamer leur bonne foi. Le ministre des Affaires étrangères du royaume, Adel al-Jubeir, a ainsi qualifié dimanche 21 octobre la mort du journaliste d’« erreur monumentale ».
« Nous avons découvert qu’il [Jamal Khashoggi] a été tué au consulat (saoudien à Istanbul). Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps », a déclaré le ministre, interrogé sur la chaîne américaine Fox News depuis Riyad.
« Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été faite, qui a été aggravée par la tentative de la cacher », assurant que le prince héritier Mohammed Ben Salman n’était « pas informé » de l’opération, non autorisée par le pouvoir.
Le roi Salmane, a ajouté Adel Al-Jubeir, « est déterminé » selon lui à ce que « les responsables » de la mort du journaliste « rendent des comptes », alors que l’Union européenne et plusieurs ONG ont demandé ces derniers jours l’ouverture d’une enquête indépendante, pointant des incohérences dans la version de Riyad.

        Lire aussi :
         

                Affaire Khashoggi : Riyad livre une version pleine de zones d’ombre et d’incohérences



Erdogan promet « toute la vérité »
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs promis dimanche de faire la lumière sur l’affaire. « Nous cherchons la justice ici, et toute la vérité sera révélée (…) la vérité nue », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement à Istanbul. Il a précisé qu’il ferait une déclaration exhaustive sur ce dossier mardi 23 octobre, lors d’une intervention au parlement devant les députés de l’AKP, le parti au pouvoir.
Les autorités turques estiment que les quinze ressortissants saoudiens arrivés à Istanbul le 2 octobre à bord de deux avions sont liés à la mort du journaliste. « Pourquoi ces quinze hommes sont-ils arrivés ici ? Pourquoi dix-huit personnes ont-elles été arrêtées ? », a demandé le président turc.
Le président Erdogan s’est abstenu jusqu’ici de faire des déclarations fracassantes sur la mort de Jamal Khashoggi, se contentant de se référer à l’enquête en cours. Selon les experts, le président turc cherche de la sorte à éviter une rupture totale avec l’Arabie saoudite.

        Lire aussi :
         

                Mort de Jamal Khashoggi : l’Union européenne demande une « enquête approfondie »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ De Buenos Aires à Rome, pendant plusieurs mois, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté sur Jorge Bergoglio, son enfance, ses blessures, ses mystères.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Qui est vraiment le pape François ? Notre série en cinq épisodes

De Buenos Aires à Rome, pendant plusieurs mois, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté sur Jorge Bergoglio, son enfance, ses blessures, ses mystères.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h28
    |

            Ariane Chemin








                        



   


Qui est Jorge Bergoglio, l’homme qui, depuis cinq ans, règne sur un milliard et trois cents millions de catholiques ? Celui qui compare l’avortement au recours à un « tueur à gages » ou celui qui pleure à Lampedusa sur le sort des migrants ? Est-il conservateur, comme le pensent les Argentins ? Ou social-progressiste, comme disent les Européens ? Les deux. François est homme complexe. Le premier pape non européen, le premier pape né dans une mégalopole. Un déraciné, enfin.
A quoi ressemble l’enfance d’un pape ? Celle de Bergoglio est bercée par sa grand-mère, Rosa, une Piémontaise à la foi simple qui faillit mourir dans un steamer, en 1927, lors de son départ en Argentine : le pape est un petit-fils de migrants. Incroyable histoire.
Mais attention : le pape François est un as du storytelling, qui sait magnifiquement tresser sa légende. Dès le 13 mars 2013, le monde entier a su qu’il avait préféré une simple pension-hôtel au cœur du Vatican aux ors des palais pontificaux. François, pape normal. En réalité, il est aussi un pape méfiant, un Argentin qui a connu la dictature, entre 1976 et 1983, et en a gardé le goût du secret.
Ces années noires ont durablement marqué Bergoglio. C’est durant cette période que, à Buenos Aires, il avait suivi une psychanalyse. Un pape peut-il avoir mauvaise conscience ? Oui. C’est sans doute la raison de son amitié avec « sœur Geneviève », nièce d’une religieuse « disparue » en Argentine, qui, un jour de 2005, au téléphone, lui a dit ses quatre vérités.
Un pur politique
Pape jésuite, François est aussi un pur politique, qui cultive son carnet d’adresses et sait parfois tenir plusieurs discours. Deux hommes en ont fait l’expérience : un de ses anciens élèves, Yayo Grassi, aujourd’hui cuisinier-traiteur à Washington, et, à Paris, l’ambassadeur de France auprès de l’Unesco. L’un et l’autre sont homosexuels, ont vu le pape en tête à tête et observé son pas de deux sur la question gay.
Bergoglio a 81 ans, et beaucoup d’ennemis : extrême droite américaine, maurrassiens identitaires, nostalgiques de Benoît XVI, Ligue du Nord italienne, cardinaux ambitieux… Steve Bannon, l’ex-stratège de Trump, s’est même installé au pied du Vatican tandis que Matteo Salvini complotait à quelques rues.
Lorsque le soir, seul dans sa chambre, François couche sur le papier ses soucis et les glisse sous la statue de Saint-Joseph, il ressemble aussi, un peu, à un pape assiégé.
De Buenos Aires à Rome, notre journaliste Ariane Chemin a enquêté durant plusieurs mois sur le parcours de Jorge Bergoglio. Si vous avez manqué la série ou l’un des épisodes publiés dans Le Monde, nous vous proposons de vous y replonger ici :
Episode 1. Le bateau de Grand-Mère Rosa 
Premier volet de la série, l’enfance du fils d’immigrés piémontais en Argentine, dans l’ombre de Rosa, sa grand-mère.
Episode 2. Seul à Sainte-Marthe 
Dès son élection, Jorge Bergoglio a choisi de s’installer dans une résidence-hôtel, au cœur du Vatican, plutôt qu’au palais apostolique. Il y cultive l’exercice solitaire du pouvoir.
Episode 3. Sœur Geneviève ou la mauvaise conscience d’un pape 
Pourquoi le pape ne peut-il rien refuser à cette religieuse française, installée dans un camp de forains, près de Rome ?
Episode 4. François et les gays 
On a dit Jorge Bergoglio plus ouvert sur la question homosexuelle que la norme. Tentative de réponse avec un cuisinier de Washington et un diplomate français.
Episode 5. Haro sur Bergoglio 
Steve Bannon, le cardinal Burke, la princesse Gloria von Thurn und Taxis, la Curie… De mémoire de vaticaniste, on avait rarement vu tel front contre un souverain-pontife. En France aussi, Jorge Bergoglio compte de nombreux ennemis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La généraliste a expliqué avoir antidaté un certificat médical, ce qui « ne change rien à l’affaire », selon l’avocat du jeune homme.
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Affaire Benalla : la défense du manifestant molesté mise à mal par une « erreur » du médecin qui l’a examiné

La généraliste a expliqué avoir antidaté un certificat médical, ce qui « ne change rien à l’affaire », selon l’avocat du jeune homme.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 17h29
   





                        


C’est une brèche dans la défense du jeune homme molesté par Alexandre Benalla, place de la Contrescarpe, le 1er-Mai. Le certificat médical mis en avant par son avocat dans un courrier à la juge d’instruction chargée de l’affaire, le 25 juillet, qui fait état de « traces de coups sur la poitrine » et qui est signé du 11 mai, a, en réalité, été rédigé plusieurs semaines après.
Dans son édition du 21 octobre, Le Journal du dimanche révèle, en effet, que, si Georgios D. a bien vu son médecin le 11 mai, il n’est pas ressorti de cette consultation avec un certificat médical. Ce jour-là, « il vient seul mais à la demande de sa copine qui s’inquiète parce qu’il a toujours mal à la tête, et qu’elle a peur d’un traumatisme crânien (…) Il avait également des douleurs cervicales, à l’examen, il était très raide et semblait avoir mal », a expliqué cette généraliste de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) aux enquêteurs, le 20 septembre. Elle ne lui a alors pas fourni de certificat médical « car il ne me l’avait pas demandé et je ne lui ai pas proposé ».
La médecin évoque une deuxième consultation cinq jours après nos premières révélations :
« Il est venu me voir le 23 juillet en m’expliquant qu’il était impliqué dans l’affaire Benalla et que son avocat lui demandait un certificat médical. […] Je le reçois rapidement dans l’après-midi et je lui ai fait le certificat que vous avez. »
« Le médecin ne met pas en cause mon client »
Contacté par Le Monde, l’avocat des deux personnes molestées, Sahand Saber, confirme cette deuxième visite mais dédouane son client de toute responsabilité : « Mon client s’est bien présenté le 11 mai chez son médecin traitant qui confirme l’avoir reçu en consultation pour des douleurs liées à des coups subis le 1er-Mai. Le 23 juillet, il est retourné voir son médecin pour savoir s’il avait une trace écrite de ces constatations. Celui-ci a répondu positivement et lui a remis ce document. Mon client pensait qu’il s’agissait d’un document établi le 11 mai. Il ignorait que le médecin l’avait antidaté. Son médecin reconnaît et assume d’ailleurs son erreur et ne met pas en cause mon client. »
Selon des informations obtenues par Le Monde, celle-ci a bien reconnu son « erreur » auprès des enquêteurs, mais plaide l’inattention. Le 23 juillet, « j’ai relu mes observations et j’ai rédigé en 2 minutes, sans temps de consultation avec lui », reconnaît-elle avant d’avancer une justification technique. « J’ai un formulaire type que je complète en fonction des patients (…) Mon logiciel met automatiquement la date de consultation en date du certificat. »
Pour Me Saber, « la faute du médecin ne change rien à l’affaire : M. Benalla a été filmé en train de commettre des violences et il demeure mis en examen de ces chefs ».
L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a été mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».
Parties civiles dans le dossier, les deux clients de Me Saber, Georgios D., 29 ans, et sa compagne de 30 ans, Chloé P., ont été auditionnés le 19 septembre par les juges d’instructions et ont reconnu des jets de projectiles vers les CRS ; ils sont convoqués au tribunal correctionnel pour être jugés pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla :
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.Le 19 septembre, il a été ensuite auditionné par la commission d’enquête du Sénat : voici ce qu’il fallait en retenirDe leur côté, les deux personnes molestées place de la Contrescarpe ont livré leur version des faits





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ La création du mouvement #metoo, en octobre 2017, a représenté un ébranlement majeur pour une partie des hommes. La virilité serait-elle devenue un problème ?
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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La virilité serait-elle devenue un problème ?     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          « La Chute des hommes ». C’est ainsi que la prestigieuse New York Review of Books intitule son numéro d’octobre 2018. Le titre était provocateur, à la mesure du débat qu’il souhaitait certainement susciter. A travers une référence explicite à « la chute de l’homme », qui désigne en anglais la sortie de l’Eden, la revue revenait donc sur le phénomène #metoo un an après le début du mouvement, en s’intéressant cette fois-ci à ce qu’il avait représenté pour de nombreuses personnes de sexe masculin : un ébranlement majeur.           Lire aussi #metoo ébranle la « New York Review of Books »             Mais plus qu’un débat, c’est une tempête que suscita le titre new-yorkais. Parmi les contributions figurait en effet un article de l’ex-animateur de radio canadien Jian Ghomeshi, accusé en 2014 et 2015 de faits d’agression sexuelle, et dans lequel il racontait son quotidien de « sale type » pris dans la tourmente #metoo. Pour n’avoir pas fait précéder ce texte d’un avertissement rappelant la gravité des faits qui avaient été reprochés à son auteur, et pour n’avoir pas publié d’article défendant une position en contrepoint, le rédacteur en chef de la Review, Ian Buruma, dut démissionner.          #wetoo (« nous aussi »)          L’épisode est révélateur de la difficulté à faire émerger un débat sur ce qu’on pourrait appeler le « côté masculin » de #metoo. Lorsque, en France, l’essayiste Raphaël Glucksmann lança, quelques mois après #metoo, le hashtag #wetoo (« nous aussi »), c’était pour signifier que les hommes ne devaient pas rester silencieux sur un sujet qui les concerne de près. Eux aussi, affirme-t-il, veulent l’égalité. Etait-ce si simple ? Une petite musique, tout autre, n’a pas tardé à monter en puissance : celle d’une « crise » du masculin, dont #metoo serait à la fois un symptôme et un facteur aggravant, en particulier dans le monde occidental.           Lire aussi « C’est la domination masculine au sens large qui est remise en cause »             Ainsi, un passage de l’article de Jian Ghomeshi a suscité l’émoi. Celui où il évoque les nombreux hommes lui ayant témoigné en privé leur sympathie, et lui disant : « Cela aurait pu être moi. »                    — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Castaner fait ses adieux à La République en marche, les ambitions s’aiguisent pour le remplacer

Le bureau exécutif de La République en marche a désigné Philippe Grangeon en attendant la désignation du prochain chef le 1er décembre.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h50
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            Manon Rescan








                        


Le rendez-vous était prévu de longue date, mais il a pris une tournure particulière. Dimanche 21 octobre, La République en marche (LRM) réunissait à Paris son « conseil », sorte de « parlement » du mouvement présidentiel. La rencontre s’est muée en moment d’adieux pour Christophe Castaner, devenu cette semaine ministre de l’intérieur. Une nomination qui l’a conduit à quitter son poste de délégué général du mouvement.
Le bureau exécutif de LRM a désigné Philippe Grangeon, communicant proche d’Emmanuel Macron, en attendant la désignation du prochain chef du parti le 1er décembre. Une échéance qui était dans toutes les têtes, dimanche. « Notre seul risque, c’est la division. (…) Il n’y a pas de destin individuel en politique, il n’y a que des réussites collectives », a prévenu Muriel Pénicaud, qui prenait la parole lors de la clôture du rendez-vous. La ministre du travail s’exprimait devant un parterre où les ambitions sont déjà nombreuses pour prendre la suite de Christophe Castaner. 
« Nous devons être vigilants à ce que cette campagne éclair ne vienne, par des comportements, des initiatives, des propos à l’emporte-pièce, abîmer l’image et la réputation de La République en marche », avait pour sa part prévenu, lors d’une déclaration à huis clos, Philippe Grangeon, dimanche matin.
Plusieurs candidats potentiels
Un seul candidat est officiellement déclaré : le député LRM des Français de l’étranger, Joachim Son-Forget. Ce dernier avait déjà présenté une liste concurrente à celle de Christophe Castaner l’an dernier, en vain. Dimanche, il a annoncé son intention de proposer qu’une coprésidente, issue de la société civile spécialiste des questions environnementales soit élue à ses côtés. Dans Le Journal du dimanche, Marlène Schiappa a, elle, confirmé « réfléchir à présenter [sa] candidature », estimant « incarner l’ADN du mouvement et une forme de renouvellement ».
Parmi les députés parisiens, plusieurs sont aussi sur la ligne de départ. Stanislas Guérini y « réfléchit ». « Il y a de l’envie », a-t-il confié au Monde dimanche midi. Dans une interview à Challenges.fr, Sylvain Maillard a détaillé, vendredi, sa vision d’une amélioration du fonctionnement du mouvement qui ressemble de très près à une déclaration de candidature.
Un seul des candidats putatifs a été cité, dimanche midi, à la tribune par Christophe Castaner pour son discours de bilan et d’adieux : Pierre Person, député de Paris, qui a aussi été son bras droit au mouvement. Ce dernier avait le matin même fait plusieurs annonces d’amélioration de la mécanique militante aux référents locaux d’En marche. « Une telle efficacité en trois jours, Pierre, je me dis qu’il était temps que je parte », a lancé à la tribune M. Castaner, entre réprimande et passage de relais. Si ses proches font déjà activement campagne pour lui, le député de Paris n’a toutefois pas formellement déclaré sa candidature. « Ce qui est important, ce sera le projet », a-t-il déclaré à la presse.
« Si nous doutons de nous, de la France, de l’Europe, nous nous affaiblissons »
Le prochain délégué général du mouvement aura fort à faire, dans un mouvement qui peine à se structurer. « Mille cinq cent marcheurs nous rejoignent chaque mois », a rappelé Christophe Castaner à la tribune. « Il faudra renouer le lien avec les territoires », a, pour sa part, déclaré Stéphane Travert aux journalistes. L’ancien ministre de l’agriculture, débarqué cette semaine du gouvernement, retrouvera bientôt son siège de député mais entend bien jouer un rôle important dans le mouvement. Il pourrait s’occuper d’entretenir le réseau des élus locaux soutiens d’Emmanuel Macron.
Tout le week-end, les « marcheurs » ont, par ailleurs, planché sur leur organisation et la définition de leur ligne idéologique. Samedi, ils organisaient un colloque sur le progressisme, mais un atelier organisé dimanche matin a rappelé que ce seul terme ne serait pas suffisant pour définir la ligne politique de La République en marche. « Il faut aussi trouver les mots dans lesquels les Français puissent se retrouver », a rappelé Claude Posternak, membre du bureau exécutif du mouvement à la tribune dimanche midi.
Dans ce contexte, à la fois dans le discours de Muriel Pénicaud et de Christophe Castaner, un mot est revenu, celui de « doute ». « L’autodénigrement est trop facile », a mis en garde le nouveau ministre de l’intérieur. « S’il faut analyser avec acuité les erreurs, il nous faut apprécier l’étendue du chemin parcouru ensemble », a-t-il insisté. « Le risque, c’est de douter de nous », avait déclaré avant lui la ministre du travail. Muriel Pénicaud avait alors invité les « marcheurs » à plutôt regarder en miroir ceux qui, à La France insoumise, « ne croient pas en la démocratie parce qu’ils ne respectent pas la séparation des pouvoirs, de la justice et des médias. C’est eux qui menacent la démocratie ! », a-t-elle affirmé en référence aux attaques de Jean-Luc Mélenchon, après les perquisitions qui ont visé LFI cette semaine.

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« Si nous doutons de nous, de la France, de l’Europe, nous nous affaiblissons », a encore martelé Muriel Pénicaud. L’Europe, justement, sera l’un des enjeux du mouvement LRM dans les prochains mois à l’approche de la campagne des européennes. « L’échéance européenne doit être notre première priorité », a insisté M. Castaner. « Ne lâchez rien sur ce projet européen, (…) allez partout en France dans nos territoires, porter ce message d’espoir et d’exigence », a-t-il lancé. Une commission d’investiture pour désigner les candidats de la future liste LRM va se mettre au travail, présidée par Jean-Marc Borello, fondateur du groupe SOS et membre du bureau exécutif du mouvement.
Mais, dimanche midi, la question du futur délégué général occupait bien plus les esprits, comme l’expliquait un député membre du bureau exécutif du mouvement : « C’est dans 41 jours. Top départ. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le nonagénaire figure parmi les derniers témoins de la déportation dans le camp. Il effectue une cinquantaine d’interventions par an devant des élèves.
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20.10.2018 à 10h12
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                            Mattea Battaglia (Lyon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
« A chaque fois que je prends la parole devant des élèves, je leur dis qu’il ne se passe pas un jour sans que je me rappelle que j’avais une famille. » Ce « à chaque fois » est encore très fréquent pour Benjamin Orenstein, 92 ans, rescapé d’Auschwitz. Jeudi 18 octobre, il est intervenu dans un lycée privé de Lyon, sa ville d’adoption. Pour l’année scolaire à venir, son objectif est de répondre à une cinquantaine d’invitations. « A peu près autant que l’an dernier », souligne-t-il en esquissant un sourire.
Dans de grandes enveloppes brunes qu’il conserve dans le bureau de son appartement, où il nous a reçue le 10 octobre, le président honoraire de l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz (département du Rhône) rassemble les lettres d’enseignants qui affluent de toute la France. Il essaie de répondre à chacune, se déplace encore « un peu partout », jusqu’à Lausanne ou Londres.
Chaque intervention est éprouvante mais « absolument nécessaire », assure-t-il, pour contribuer à faire des centaines de jeunes dont il croise le parcours scolaire des « témoins d’un témoin ».
« Je veille à adapter mon récit à l’âge des élèves. Je donne par exemple moins de détails en classe de CM2 qu’en 3e, mais j’aime beaucoup intervenir à l’école primaire. Les enfants sont spontanés, moins soucieux du regard du camarade que les adolescents. »

Benjamin Orenstein commence toujours par nommer son village, Annopol, dans le sud-ouest de la Pologne. Puis il explique qu’il est « issu d’une famille juive croyante et pratiquante » qui comptait neuf membres. Il nomme ses parents, sa sœur, ses trois frères mais aussi sa belle-sœur et sa fille – « ma petite nièce, un bébé dont je ne me souviens même pas du nom » – dont aucun n’a survécu.
« Matricule B 4416 »
Il n’a pas encore 15 ans quand, à l’été 1941, il prend la place de son père interné dans un camp de travail à Ieniszow, à quelques kilomètres du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’association anticorruption accuse six médecins d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé de ne pas avoir déclaré leurs liens avec l’industrie pharmaceutique.
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Anticor dépose plainte contre des médecins experts du cholestérol

L’association anticorruption accuse six médecins d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé de ne pas avoir déclaré leurs liens avec l’industrie pharmaceutique.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 15h51
    |

            Laura Motet et 
Pascale Santi








                        


C’est une première. Selon une information de L’Express confirmée par Le Monde, l’association de lutte contre la corruption Anticor a adressé une plainte contre X, mercredi 3 octobre, au parquet de Bobigny, pour « prise illégale d’intérêts » avec, cette fois, dans le viseur, non pas des personnalités politiques, mais des médecins.
L’association accuse six des neuf membres d’un groupe d’expertise de la Haute Autorité de santé (HAS) d’avoir négligé de déclarer les liens financiers qu’ils entretenaient avec des laboratoires pharmaceutiques. Une omission d’autant plus équivoque qu’ils ont rédigé, en tant qu’experts, une recommandation sur la prise en charge des dyslipidémies (cholestérol, excès de triglycérides…) et que celle-ci « accroît notablement le nombre de patients chez qui un traitement est indiqué », affirme Anticor dans sa plainte.

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« Notre plainte porte sur une recommandation [précise], mais le phénomène est systémique, explique au Monde Elise Van Beneden, secrétaire générale adjointe d’Anticor. Pour nous, il s’agit d’un coup de pied dans la fourmilière et d’un avertissement à l’ensemble du secteur médical, de la HAS à l’Agence nationale de sécurité du médicament, mais aussi aux expertises effectuées en amont. »
Sur les six médecins épinglés par Anticor, deux ont particulièrement attiré l’attention de l’association. Le premier, le professeur Bruno Vergès, chef de service au CHU de Dijon, ne mentionne qu’un lien d’intérêt au moment de sa déclaration à la HAS : sa qualité de secrétaire général de la société française d’endocrinologie, oubliant de mentionner les revenus qu’il a par ailleurs perçus – 65 088 euros d’avantages et 36 940 euros de rémunérations et honoraires, de 2013 à 2017. « Ces avantages correspondent à des inscriptions offertes à des congrès », explique le professeur Vergès au Monde. Et de poursuivre : « Ils n’influencent pas nos recommandations. Pour les écrire, nous nous appuyons sur des éléments de preuve indiscutables. Nous ne citons d’ailleurs aucun produit précis. »
Le second, le docteur Jean-Michel Lecerf, chef de service à l’Institut Pasteur de Lille a, lui, bien déclaré ses liens avec l’industrie de l’agroalimentaire. Il a, cependant, omis de mentionner ses liens avec celle du médicament, alors qu’il a reçu 25 268 euros en tant que consultant, notamment pour MSD et Sanofi-Aventis - Regeneron. « C’est vraiment invraisemblable d’être épinglé pour un travail bénévole effectué pour la HAS », s’étonne le docteur Lecerf, interrogé par Le Monde, concédant toutefois un « oubli » concernant ses liens avec l’industrie pharmaceutique.
« Conflit d’intérêts »
Ces oublis peuvent pourtant entraîner des poursuites. Le code de la santé publique oblige, en effet, tout expert participant à ce type de groupe d’étude à rédiger une déclaration mentionnant tous les liens d’intérêts qu’il a eus pendant les cinq années précédant sa mission. A la HAS de déterminer ensuite si ces liens sont majeurs et, le cas échéant, d’écarter un expert un peu trop proche des entreprises pouvant bénéficier de sa mission.
Or, selon l’association pour une formation médicale indépendante (Formindep), dont le travail a servi d’appui à la plainte d’Anticor, les omissions des experts du groupe d’étude sur la prise en charge des dyslipidémies sont justement « susceptibles de produire un conflit d’intérêts ». Formindep a d’ailleurs déposé une requête au Conseil d’Etat fin août, demandant le retrait de la fiche mémo produite par le groupe d’experts. Comme la plainte d’Anticor, la requête de Formindep cible elle aussi particulièrement les docteurs Lecerf et Vergès.
« Ces médecins ont déclaré d’avoir aucun lien d’intérêts », souligne Jean-Sébastien Borde, vice-président du Formindep. « Ces recommandations, qui sont calquées sur celles de sociétés savantes financées par l’industrie pharmaceutique, doivent être retirées, car elles ne répondent pas aux principes d’impartialité propres à toute expertise médicale », poursuit M. Borde.

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Les déclarations publiques d’intérêts signées par ces experts et fournies à la HAS ne correspondent pas à ce qui est déclaré en ligne sur la base « transparence santé », sur laquelle les entreprises doivent déclarer leurs liens d’intérêts avec les acteurs de la santé. Or, « l’existence de liens d’intérêts entre les experts dans le domaine sanitaire et les entreprises commercialisant des produits de santé concernés par les recommandations sont susceptibles de biaiser ces recommandations », souligne la requête de Formindep.
Nouveau déontologue
Interrogée vendredi 19 octobre, la HAS répond qu’elle n’a pas, à ce jour, connaissance de cette plainte d’Anticor et ne fait aucun commentaire. Selon toute vraisemblance, les déclarations d’intérêts de ces experts mis en cause par la plainte d’Anticor et la requête de Formindep n’avaient ni été vérifiées par la HAS ni comparées à la base « transparence santé ». Mais la procédure de vérification a été renforcée il y a deux ans.
La HAS s’est dotée, depuis octobre 2016, d’un déontologue « chargé de veiller au respect des obligations de déclaration des liens d’intérêts et de prévention des conflits d’intérêts », le magistrat Daniel Ludet. Son rapport annuel publié en mars 2017 mentionne la nécessité de rapprocher les déclarations d’intérêts avec le site Transparence santé, en « consultant systématiquement ce site pour les membres des commissions ». « La Haute Autorité de santé pouvait donc aisément constater l’existence de liens d’intérêts majeurs, en cours, au moment même du dépôt de la déclaration d’intérêts par l’expert », ajoute la requête de Formindep.
Ce n’est pas la première fois que Formindep s’attaque à la HAS. En 2009, elle a saisi le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation de deux recommandations, sur le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer, pour non-respect des règles de gestion des conflits d’intérêts. Le Conseil d’Etat a abrogé la recommandation sur le diabète en mai 2011 et, dans la foulée, la HAS a retiré d’elle-même celle sur la maladie d’Alzheimer.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Cet élève de 16 ans apparaît dans une vidéo tournée jeudi et relayée sur les réseaux sociaux en train de menacer une enseignante avec une arme.
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Le lycéen filmé en train de menacer sa professeure mis en examen pour « violences aggravées »

Cet élève de 16 ans apparaît dans une vidéo tournée jeudi et relayée sur les réseaux sociaux en train de menacer une enseignante avec une arme.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h50
   





                        


Il voulait être noté « présent ». Un lycéen de 16 ans, soupçonné d’avoir braqué sa professeur avec une arme qui s’est révélée factice, a été mis en examen pour « violences aggravées »  dimanche 21 octobre après deux jours de garde à vue, a indiqué le parquet.
Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux et relevée par Le Parisien montre le jeune homme debout dans une salle de classe de Créteil (Val-de-Marne), menaçant l’enseignante avec un pistolet en lui demandant de l’inscrire « présent » et non « absent » sur la feuille de présence. Sur ces images tournées jeudi, l’enseignante, assise devant un ordinateur, semble plus lasse que paniquée, alors qu’un certain chahut est perceptible dans la classe. Elle a porté plainte le lendemain, accompagnée de sa hiérarchie, a indiqué le rectorat de Créteil.
Emmanuel Macron a réagi samedi soir en demandant que soient prises « toutes les mesures » pour bannir des écoles les menaces envers les enseignants. « Menacer un professeur est inacceptable. J’ai demandé au ministre de l’éducation nationale et au ministre de l’intérieur de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits des écoles », a tweeté le président.
Des « actes odieux »
Un autre adolescent du même âge, soupçonné d’avoir introduit l’arme dans l’établissement, a été interpellé vendredi à son domicile et placé en garde à vue, selon le parquet. Il a ensuite été remis en liberté sans poursuites samedi en fin de journée, l’arme de la vidéo s’avérant bien être un pistolet à billes « de type airsoft », a précisé une source proche du dossier. Des poursuites sont aussi engagées à l’encontre de la personne qui a enregistré et diffusé la vidéo, qui est « en cours d’identification », et une « évaluation du retentissement psychologique de la victime » va être menée, a indiqué le parquet.
Le rectorat de Créteil a condamné « très fermement cet acte » tout comme le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, qui a assuré sur Twitter que « les mesures les plus rigoureuses ont été prises immédiatement » et qui a témoigné de sa « solidarité avec le professeur ».

Je condamne avec fermeté les actes de menace envers un professeur advenus jeudi au lycée E. Branly de Créteil.
— jmblanquer (@Jean-Michel Blanquer)


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Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a lui adressé sur le même réseau social « tout (son) soutien à la professeure lâchement menacée », dénonçant des « actes odieux ».
Dimanche, les ministres de l’intérieur et de l’éducation nationale ont annoncé la réunion « dès la semaine prochaine » d’un comité stratégique pour un « plan d’actions ambitieux » contre les violences visant les enseignants.
« Pas un lycée habitué à ce genre de choses »
La vidéo a aussi suscité des réactions politiques à droite et l’extrême droite. La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est dite sur Twitter « scandalisée par ce nouvel acte de violence commis par des élèves mineurs » tout en demandant des « sanctions exemplaires ».
« Ce n’est pas un lycée qui est habitué à ce genre de choses », a cependant nuancé Didier Sablic, professeur depuis près de vingt-cinq ans au sein de l’établissement concerné, le lycée Edouard-Branly de Créteil, où il y a selon lui « beaucoup de projets » et de « travail avec les élèves sur la communication et le respect ».
Les élèves concernés ont été « à titre conservatoire retirés des cours et il y aura un conseil de discipline à la rentrée, ce qui ne préjuge pas du reste de la procédure judiciaire », a-t-il ajouté. Une réunion est prévue après les vacances scolaires avec l’équipe du lycée « pour que tout le monde puisse donner son ressenti » et pour « essayer d’avoir un message commun envers les élèves et les parents », a-t-il ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le traité FNI avait été signé en 1987 entre Reagan et Gorbatchev. La Russie a rapidement protesté contre l’annonce faite par Donald Trump.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
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Washington annonce son retrait d’un accord nucléaire avec Moscou

Le traité FNI avait été signé en 1987 entre Reagan et Gorbatchev. La Russie a rapidement protesté contre l’annonce faite par Donald Trump.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 16h25
   





                        



   


Donald Trump a annoncé, samedi 20 octobre, que les Etats-Unis allaient se retirer d’un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la guerre froide, accusant Moscou de le violer « depuis de nombreuses années ».
Le traité pour les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI ») avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Dans le détail, ce texte, devenu multilatéral après l’éclatement de l’Union soviétique (URSS), « oblige les deux Etats à détruire tous leurs missiles balistiques et de croisière, lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1 000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1 000 et 5 500 kilomètres », comme le résument aujourd’hui les Nations unies (ONU).
« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a annoncé le président des Etats-Unis, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada. « Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », a-t-il martelé. L’administration Trump se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée, selon Washington, dépasse les 500 kilomètres, ce qui constitue une violation du traité FNI.
Moscou a réagi à l’annonce du retrait américain, dimanche, par la voix de son vice-ministre des affaires étrangères. « Cela serait un pas très dangereux qui, j’en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations », a estimé Sergueï Riabkov à l’agence d’Etat russe TASS.
Le dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, à l’origine de la signature en 1987 du traité de désarmement, a pour sa part dénoncé le « manque de sagesse » du président américain actuel. Il a également appelé « tous ceux qui chérissent un monde sans armes nucléaires » à convaincre Washington de revenir sur sa décision, afin de « préserver la vie sur Terre ».
Accusations réciproques
Ce retrait est motivé par le « rêve » des Américains de dominer seuls le monde, a rapidement réagi une source au ministère russe des affaires étrangères, en accusant Washington d’avoir « délibérément » sapé cet accord au fil des ans. La Maison Blanche « se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord », a poursuivi cette source, citée par les trois principales agences de presse russes.
« Cette décision entre dans le cadre de la politique américaine de retrait des accords internationaux légaux qui lui donnent autant de responsabilité qu’à ses partenaires et fragilise donc l’idée de sa propre exception. »
Le retrait américain « est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale », a affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait, en 2001, du traité ABM sur les missiles antibalistiques. « Et encore une fois, ce sont les Etats-Unis qui prennent l’initiative de dissoudre l’accord », a-t-il poursuivi sur Twitter.
Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, s’apprêtait à se rendre à Moscou samedi pour « poursuivre » le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des Etats-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine. Le conseiller, connu pour ses positions fermes, avait notamment prévu d’y rencontrer à partir de lundi le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev.
Selon le Guardian, c’est M. Bolton lui-même qui fait pression sur le président des Etats-Unis pour un retrait du traité FNI. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger.
En toile de fond, l’ingérence russe
Les relations sont tendues entre Washington et Moscou, sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections outre-Atlantique. Vendredi, une Russe a été inculpée par la justice américaine pour ingérence dans les élections parlementaires américaines du 6 novembre ; c’est la première personne à être mise en examen dans ce cadre.
Le Kremlin a accusé la Maison Blanche d’avoir « fabriqué » ces accusations pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

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Le président des Etats-Unis avait, pourtant, promis, avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie. Des soupçons de collusion avec le Kremlin pèsent d’ailleurs sur son équipe de campagne depuis 2016. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête depuis plus d’un an sur ce dossier.

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En juillet, Donald Trump s’était montré extrêmement conciliant à l’égard de Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse commune à Helsinki, après leur premier sommet bilatéral en Finlande. Le 11 novembre, les deux présidents se retrouveront à Paris pour les commémorations de la fin de la première guerre mondiale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Dans son livre, l’essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».
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Portrait

Reni Eddo-Lodge : « Etre universel dans ce monde, c’est forcément être blanc »

Dans son livre, l’essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».

Par                                            Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-10-21T18:00:29+02:00"

        Le 21.10.2018 à 18h00






    
L’essayiste britannique Reni Eddo-Lodge.
Crédits : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l’interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D’ordinaire, c’est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I’m No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.
Au Brésil, des militants antiracistes s’en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des militants pour les droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture. Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France fin septembre, en pleine polémique autour du prénom d’Hapsatou Sy qui, selon Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse
Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l’égalité des chances des personnes de couleur ». Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l’ampleur de son impact dans l’accès au logement, à l’éducation ou à l’emploi. Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu’il est difficile d’« expliquer autrement qu’en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».
L’aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale. Une grande maison d’édition lui propose d’en faire un livre. « Quand j’ai publié ce billet, se souvient-elle, j’étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c’était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l’injustice. Il me fallait raconter cette sensation d’effondrement qu’on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »

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Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux télé, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d’extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l’issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d’origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».
« Privilège blanc »
Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d’une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m’a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j’évoquais le fait d’être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j’étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l’écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s’en rendent même pas compte car c’est la norme. Etre blanc dans ce monde, c’est être universel », explique-t-elle simplement.

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L‘écrivaine sait qu’elle dérange. Les progressistes « lisent l’essai et en sortent ébranlés, car j’interroge la dimension systémique qui leur permet d’avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l’accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l’identité raciale, alors que pour elle « c’est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s’infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu’à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait… blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.
Groupuscules néonazis
La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l’esclavage (1,5 million d’Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l’immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L’auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd’hui menacés d’expulsion. Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d’ailleurs sienne cette déclaration de l’ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l’écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c’est parce que vous étiez là-bas. »

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                Essai. L’Afrique bouscule l’universel



Aujourd’hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix. Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d’elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d’autres sujets, laissant la discussion ouverte.



Le racisme est un problème de Blancs, de Reni Eddo-Lodge, éd. Autrement, 296 p., 19,90 euros.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les dirigeants du club Veberöds AIF ont exclu Julle, 9 ans, de l’équipe des garçons pour être né fille selon l’état civil. Une ONG de Malmö a porté plainte pour discrimination.
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En Suède, un garçon transgenre privé de foot


                      Les dirigeants du club Veberöds AIF ont exclu Julle, 9 ans, de l’équipe des garçons pour être né fille selon l’état civil. Une ONG de Malmö a porté plainte pour discrimination.



M le magazine du Monde
 |    19.10.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 06h31
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        

Julle a 9 ans. Cheveux blonds, une houppette à la Tintin, les yeux clairs, il porte un short aux couleurs de la Suède et un tee-shirt frappé du visage de son idole, le grand Zlatan Ibrahimovic. Dans sa chambre, à Veberöd, un village du sud de la Suède, où il vit avec sa mère, sa sœur et ses deux frères, son copain l’attend. Les deux garçons s’entraînaient dans la même équipe de foot, jusqu’en 2016.
Lundi 15 octobre, l’ONG Malmö mot Diskriminering (Malmö contre les discriminations) a porté plainte contre les dirigeants du club Veberöds AIF, qu’elle accuse d’avoir exclu Julle. « Un jour, raconte sa mère, Petra, j’ai reçu la liste des enfants inscrits pour une Coupe. Mon fils n’y figurait pas. J’ai pensé que c’était une erreur. Quand j’ai contacté le club, on m’a fait savoir que la direction avait décidé que Julle s’entraînerait désormais avec les filles. »
Car Julle – Julia à l’état civil – se dit né avec le mauvais sexe : garçon dans un corps de fille, ce qui n’avait pourtant jamais posé problème au club jusque-là. D’autres enfants transgenres en Suède ont pu choisir l’équipe avec laquelle ils souhaitaient s’entraîner. Les directives de la Confédération nationale du sport sont claires : jusqu’à la puberté, rien ne s’oppose à ce que filles et garçons soient mélangés.
 Petra, la mère
Petra propose de venir expliquer la situation aux dirigeants du club. « Je pense que c’est avant tout une question d’ignorance », dit-elle. Divorcée, la mère de famille a dû apprendre vite. C’est sa propre mère, la grand-mère de Julle, infirmière scolaire, qui a constaté l’évidence. Depuis qu’il sait parler, l’enfant se présente comme un garçon. « Il a toujours refusé qu’on l’appelle Julia. A 4-5 ans, il m’a dit qu’il voulait être un papa et m’a demandé si on...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La ministre des solidarités et de la santé a affirmé sur RTL, dimanche 21 octobre, que « tous les feux sont au vert » concernant cette mesure.
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La PMA pour toutes les femmes « figurera » dans la loi de bioéthique, assure Agnès Buzyn

La ministre des solidarités et de la santé a affirmé sur RTL, dimanche 21 octobre, que « tous les feux sont au vert » concernant cette mesure.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 17h44
   





                        


Le gouvernement a bien l’intention d’inclure la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes dans le futur projet de loi bioéthique. C’est ce qu’a assuré la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, au cours du « Grand jury » RTL-Le Figaro-LCI dimanche 21 octobre.
L’extension de la PMA aux couples de femmes ou aux femmes célibataires, « c’est la seule mesure qui figurera de façon claire et nette dans cette loi puisque tous les feux sont au vert du côté du Conseil consultatif national d’éthique, du côté du Conseil d’Etat, des parlementaires », a affirmé la ministre.
Selon les derniers sondages, entre 60 et 75 % des Français sont favorables à l’ouverture à toutes les femmes de la procréation médicalement assistée, actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles ou risquant de transmettre une maladie à l’enfant. Cette mesure était un engagement de campagne du candidat Macron.
Des réserves sur la congélation d’ovocytes
Agnès Buzyn s’est, en revanche, montrée plus réservée sur la congélation d’ovocytes pour les femmes trentenaires. « Je suis favorable à tout ce qui ouvre et donne plus de liberté, mais je souhaiterais qu’il y ait quand même des garde-fous pour que toutes les femmes à l’âge de trente ans en France ne décident pas de congeler leurs ovocytes pour faire des enfants à quarante ans », a estimé la ministre, réagissant à l’appel à étendre ce droit de la chanteuse Lorie, qui a 36 ans et est atteinte d’endométriose.
L’autoconservation des ovocytes est actuellement très encadrée : elle est autorisée pour des raisons médicales (cancers, etc.) ou pour une femme qui fait un don d’une partie d’entre eux. Il n’est, en revanche, pas permis de les conserver en prévision d’éventuels problèmes de fertilité dus à l’âge, après 35 ans. En septembre, le Comité d’éthique (CCNE) s’est déclaré favorable à cette nouvelle option.
« La loi de bioéthique pose la question de savoir si on peut le faire par confort à n’importe quelle femme de 30-35 ans, est-ce qu’elle aura le droit de se faire prélever ses ovocytes », a déclaré Agnès Buzyn.
Le gouvernement a prévu de présenter d’ici la fin de l’année un projet de loi de révision de la loi de bioéthique, qui sera débattu au Parlement durant le premier semestre 2019.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Pourquoi pas envisager de découpler rapport et pénétration et mettre la stimulation clitoridienne au premier plan, estime Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/10/2018
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Plaisir clitoridien : comment prendre position ?


                      Pourquoi pas envisager de découpler rapport et pénétration et mettre la stimulation clitoridienne au premier plan, estime Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale ».



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 15h18
    |

                            Maïa Mazaurette








   


Faut-il encore le rappeler ? Le clitoris est l’organe essentiel du plaisir sexuel féminin. Faire l’amour en ignorant ce détonateur orgasmique équivaut à zapper le pénis : ça peut marcher, mais c’est moins simple.
Problème : notre conception du rapport sexuel résume ce dernier à la pénétration vaginale, laquelle s’opère par définition à l’intérieur du corps des femmes… alors que leur zone la plus sensible se trouve en surface.
Voilà qui nous amène à l’équation la plus déconcertante du monde hétérosexuel : comment faire pour donner du plaisir aux deux partenaires en même temps ? On pourrait croire qu’après les tentatives de relocalisation du détonateur féminin (dans le vagin, n’est-ce pas Freud), après l’indifférence cynique (les femmes n’ont qu’à se passer de jouissance), les amants contemporains auraient enfin trouvé la formule magique.
En l’occurrence, ce n’est pas toujours le cas. Le conseil le plus fréquemment donné consiste à faire frotter le clitoris contre l’os pubien de l’homme pendant le rapport. Vous pouvez essayer : les positions adéquates sont le missionnaire (les plus souples poseront leurs mollets sur les épaules de leur partenaire), le face-à-face, l’amazone (la femme au-dessus, qui contrôle l’angle et la pression) ou l’imbrication sur le côté.
Un formidable produit de l’évolution : la main
Cependant, stimuler le gland du clitoris de manière indirecte, alors que ce dernier fait en moyenne 7 millimètres, constitue une aventure un chouïa téméraire… D’ailleurs, la plupart du temps, ça ne suffit pas. Même constat face aux « upgrades » des positions traditionnelles disponibles partout en ligne sous forme de schémas archi-précis (je vous recommande la « technique d’alignement coïtale », virtuellement impossible à distinguer du missionnaire).
Et puis, sérieusement ? Se frotter contre un os enfoui dans une toison pubienne ? En 2018 ? Le jour où on demandera aux hommes d’atteindre l’orgasme en frottant leur pénis contre un coude ou une omoplate, faites-moi signe (pendant ce temps, je me préparerai une soupe de courges avec un marteau).
Vous l’aurez compris : pour stimuler efficacement un clitoris, autant utiliser les formidables produits de l’évolution que sont nos mains. Auxquelles il faudra concéder un peu d’espace.
Partant du principe que le lecteur moyen du Monde n’est pas contorsionniste, on recommandera les positions du Kama-sutra plaçant le pénétrant derrière la pénétrée… sous certaines conditions ! La levrette par exemple autorise l’accès au clitoris, mais plutôt pour l’homme. La femme aura besoin de ses bras comme appui, et accessoirement pour éviter l’étouffement par ingestion de traversin. Ce qui nous laisse, comme positions réellement tenables, soit les confortables petites cuillers, soit l’amazone inversée (la femme au-dessus, tournant le dos à l’homme : une position intéressante mais qui rend difficiles les échanges de regards). Enfin, une femme aux cuisses musclées pourra s’allonger sur le dos en surélevant les fesses, tandis que son partenaire se tiendra face à elle, à genoux. Qui a dit « Aïe » ?
Un moteur trois vitesses
Vous préféreriez avoir accès à tout le Kama-sutra ? Je comprends. Rappelons donc que la pénétration n’implique pas forcément de pénis ou de harnais. Si vous utlisez un godemiché, des doigts ou un rouleau à pâtisserie, vous pouvez vous lancer dans toutes les fantaisies imaginables (y compris la tarte au citron meringuée).
L’autre bonne solution consiste à ne pas avoir besoin d’utiliser ses mains : c’est exactement la raison pour laquelle on a inventé la paresse… euh, pardon, les sex-toys. Bonne nouvelle : depuis quelques années, le marché propose des objets qui résolvent une équation encore plus compliquée que celle qui nous occupait initialement : « pénétration + clitoris – crampe aux adducteurs = vibrateur qui tient tout seul ».
L’ancêtre, dans cette famille, s’appelle le papillon. Sous cette appellation pastorale se cache un mini-vibrateur clitoridien, retenu autour des hanches par des sangles. Sur le papier, c’est formidable. Dans les faits, la chose est moche, inconfortable et inefficace… mais elle a récemment trouvé un second souffle en montant en gamme. Exit le plastique, le harnachement et les couleurs rose bonbon, le modèle Eva possède la forme d’un œuf de caille, un moteur trois vitesses et un revêtement de silicone (115 euros, par Dame Products). Mais surtout, il tient tout seul, grâce à deux « bras » qui se nichent dans les replis de la vulve : il suffit de l’allumer et de vous lancer dans vos ébats habituels.
Si l’idée de vous coincer un moteur droit sur les terminaisons nerveuses vous rebute, vous pouvez vous contenter de l’œuf de caille tout seul (gamme Iroha, 80 euros, par Tenga), ou tenter les bagues vibrantes comme la Fin (65 euros, Dame Products).
Découpler rapport et pénétration
Cela nous amène naturellement à l’option des cockrings vibrants : ces anneaux, enfilés autour de la base du pénis, sont surmontés d’une excroissance plus ou moins sophistiquée (90 euros pour la version luxe, Svakom Tyler, 5 degrés de vibration, une heure d’autonomie). Attention cependant à cette solution trop parfaite pour être honnête : pendant un va-et-vient, le vibrateur s’écartera rythmiquement de votre clitoris, ce qui peut se révéler excitant… ou frustrant.
Dernières options, pour les masturbatrices et/ou les couples disposés à se passer d’une pénétration par le pénis : le We-Vibe (de 60 à 130 euros selon les modèles), dont la forme en C permet une stimulation interne et externe en simultané… et bien entendu, LE classique intemporel absolu, à savoir le Rabbit de Sex & the City, qui fête cette année ses 34 ans (soit trois ou quatre fois la durée de vie normale d’un lapin domestique, voilà qui ne nous rajeunit pas). Mentionnons enfin que tous ces produits existent en version très bon marché : en revanche, vous prenez le risque qu’ils manquent de puissance, qu’ils grattent et qu’ils se cassent à l’utilisation.
Cela étant dit : ces efforts sont-ils bien nécessaires ? Pourquoi l’amant jouisseur devrait-il se coltiner les mathématiques du plaisir, alors qu’il suffirait de découpler rapport et pénétration ? Manifestement, nous en sommes encore loin, attachés que nous restons à l’idée de fusion sexuelle : se confondre pendant quelques instants, se perdre, n’avoir besoin de rien d’autre que d’un emboîtement… Tout cela est très romantique. Mais parfois, nous plaçons l’idéal de la pénétration au-dessus de la réalité anatomique.
En l’occurrence, c’est souvent la réalité du corps féminin qui est oubliée. Comme vous l’aurez remarqué, toutes les solutions ci-dessus visent à adapter la stimulation clitoridienne à une pénétration jamais remise en cause. Pourtant, rien n’empêche de faire passer la stimulation clitoridienne au premier plan, pour se demander ensuite comment y adapter le plaisir masculin. Même chose quand certains individus se lamentent que le clitoris soit si loin de l’entrée du vagin : qui se plaint de l’absence d’un aileron sur le pénis, qui lui permettrait de frotter le clitoris pendant une pénétration ? Nos bonnes intentions, nos belles équations, ne servent-elles qu’à maintenir le statu quo ?



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les deux clubs les plus titrés en Coupe d’Europe se retrouvaient lors de la deuxième journée. Les Toulousains ont réalisé l’exploit en battant les Irlandais (28-27).
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Rugby : Toulouse remporte le « match des étoiles » face au Leinster

Les deux clubs les plus titrés en Coupe d’Europe se retrouvaient lors de la deuxième journée. Les Toulousains ont réalisé l’exploit en battant les Irlandais (28-27).



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 18h36
   





                        



   


L’exploit est de taille : Toulouse a fait tomber le Leinster, champion d’Europe en titre et invaincu depuis avril 2017. Les joueurs d’Ugo Mola ont battu les Irlandais (28-27) au stade Ernest Wallon lors de la deuxième journée de Coupe d’Europe, dimanche 21 octobre.
La bataille a été rude entre les deux équipes les plus titrées sur la scène européenne avec quatre titres chacune. Les Irlandais, qui ne se sont imposés qu’une seule fois à Ernest-Wallon en cinq déplacements, en avril 2006 (35-41) en quarts de finale, ont une nouvelle fois mordu la poussière à Toulouse au terme d’un match irrespirable.
« Faire honneur à son histoire »
La victoire toulousaine s’est dessinée en deux temps. D’abord lors d’une première période flamboyante, à l’issue de laquelle il menait 21 à 13 après avoir inscrit deux essais par Médard (13e) et Sofiane Guitoune (38e), venu redonner de l’avance à son équipe qui menait 14 à 0 au bout de vingt minutes de jeu.
Puis lors d’un dernier quart d’heure de folie : après avoir encaissé deux essais des Irlandais (47e et 53e) pour être menée 27 à 21, l’équipe d’Ugo Mola a trouvé les ressources pour repasser devant grâce au doublé de Médard, à la conclusion d’une action de quarante mètres née d’une interception de Louis-Benoît Madaule.

Maxime Médard : "C'est grandiose, c'est un exploit ce qu'on a fait" https://t.co/wrivpaI87K— stade2 (@Stade 2)


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Les Toulousains avaient pour objectif de déjouer les pronostics et de « faire honneur à son histoire », selon les mots de Julien Marchand, capitaine des Rouge et Noir sacrés pour la dernière fois en 2010 (après 1996, 2003 et 2005), une année où le Leinster ne comptait qu’un seul trophée au compteur (2009), avant que Joe Schmidt (2011 et 2012) puis Leo Cullen (2018) ne poursuivent l’œuvre de Michael Cheika à la tête de l’équipe.
Toulouse en reconstruction
Les temps ont donc changé. La cohorte d’internationaux est désormais du côté de la province dublinoise (27), ce qui avait poussé l’entraîneur toulousain Ugo Mola à la décrire comme « l’équipe d’Irlande », deuxième nation au monde et vainqueur du Grand Chelem dans le Tournoi-2018. Le Stade Toulousain, lui, abreuve beaucoup moins les Bleus qu’à la grande époque (trois joueurs dans le groupe retenu pour novembre) et a entamé depuis deux saisons un travail de reconstruction en s’appuyant davantage sur la formation.
Avec ce deuxième succès, les Rouge et Noir prennent la tête de la poule 1 (8 points) avec deux longueurs d’avance sur le Leinster, quatre sur Bath et cinq sur les Wasps. Absents de la Coupe d’Europe l’an passé pour la première fois de leur histoire, ils affronteront la lanterne rouge anglaise à deux reprises en décembre avec l’occasion de se rapprocher des quarts de finale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le député rejoint plusieurs figures du parti d’Emmanuel Macron ayant déjà marqué leur intérêt pour l’Hôtel de Ville, dont le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.
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Municipales : Cédric Villani brigue la Mairie de Paris en 2020

Le député rejoint plusieurs figures du parti d’Emmanuel Macron ayant déjà marqué leur intérêt pour l’Hôtel de Ville, dont le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 12h14
   





                        


Dans un entretien au Journal du dimanche, Cédric Villani annonce officiellement sa candidature à la Mairie de Paris. « Je suis candidat à la candidature » à Paris déclare le député LREM de l’Essonne. Cédric Villani rejoint plusieurs figures du parti d’Emmanuel Macron ayant déjà marqué leur intérêt pour l’Hôtel de Ville, dont le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux ou le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi. « Je m’inscrirai dans le processus de désignation. Quel que soit le candidat retenu, je me rangerai derrière », assure le mathématicien.
« Je prépare un projet pour Paris qui a vocation à s’inscrire dans le plan d’ensemble de La République en marche », avait-il précédemment déclaré dans un entretien à l’Agence France Presse (AFP), en citant notamment « l’initiative Paris et moi », engagée par le parti présidentiel début octobre pour préparer l’élection municipale.
M. Villani, élu pour la première fois à un mandat politique aux législatives de 2017, présidait en 2014 le comité de soutien à la candidature de l’actuelle maire, Anne Hidalgo (PS).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ C’est sur la base du « scénario du pire » que le deuxième port français échafaude sa stratégie, en commun avec l’ensemble des ports normands.
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Le port du Havre se prépare à un Brexit dur, sans accord

C’est sur la base du « scénario du pire » que le deuxième port français échafaude sa stratégie, en commun avec l’ensemble des ports normands.



LE MONDE ECONOMIE
 |    20.10.2018 à 10h08
    |

                            Gilles Triolier (Rouen, correspondance)








                        



                                


                            

« Inquiétude », mais « vigilance » et « anticipation ». Evoquer le Brexit et ses contours incertains avec les acteurs économiques du Havre (Seine-Maritime), principalement portuaires, et les mêmes mots reviennent. Le flou règne, le stress est palpable, le pessimisme aussi. Et c’est sur la base du « scénario du pire » – un Brexit dur, sans accord – que le deuxième port français échafaude sa stratégie, en commun avec l’ensemble des ports normands (Rouen, Cherbourg, Caen-Ouistreham et Dieppe).
L’enjeu est de taille : conserver la fluidité actuelle du trafic transmanche, malgré le rétablissement d’une frontière et d’un passage douanier, si, au 30 mars 2019, le Royaume-Uni est totalement sorti de l’Union européenne (UE). Or les contrôles et les formalités prennent du temps.
« Aujourd’hui, un camion sort du ferry et prend la route quinze minutes plus tard, sans aucun blocage. Demain, cela pourrait prendre deux à trois heures », observe Patrick Maletras, président de la société Tramar, commissionnaire de transport situé au Havre. « Une congestion du port peut vite se produire », renchérit Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries.

D’après une étude de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), deux minutes de contrôle en plus engendreraient un embouteillage de 27 km au niveau de Calais (Pas-de-Calais). « A ma connaissance, il n’existe pas de prévisions aussi fines au Havre, déclare Alain Verna, président de Logistique Seine-Normandie. Mais, [sachant que] les ports normands concentrent 10 % des flux du trafic transmanche [4,7 millions de camions en 2017], on peut tabler sur 2,7 km d’embouteillage, soit 10 % de la file d’attente calaisienne. » 
Hervé Morin a chiffré « à 30 millions d’euros » le coût total des investissements nécessaires en Normandie en raison du Brexit
Cette situation impliquerait de créer de nouvelles aires de stationnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le roi Abdallah II a annoncé qu’Israël avait été informé de son intention de récupérer ces terres.
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La Jordanie veut reprendre à Israël des zones prêtées depuis l’accord de paix de 1994

Le roi Abdallah II a annoncé qu’Israël avait été informé de son intention de récupérer ces terres.



Le Monde.fr avec AFP
 |    21.10.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 17h09
   





                        


La Jordanie souhaite récupérer des zones prêtées à Israël en vertu de l’accord de paix de 1994. Le roi Abdallah II a annoncé, dimanche 21 octobre, que son pays avait notifié à l’Etat hébreu sa volonté de récupérer ces zones qui faisaient l’objet d’un prêt pour une période renouvelable de vingt-cinq ans. « Nous avons informé Israël [que nous mettons] fin à l’application des annexes du traité de paix concernant Baqoura et Ghoumar », a affirmé le roi cité par l’agence officielle Petra.
« Baqoura et Ghoumar ont toujours été à la tête de nos priorités, et nous avons décidé de mettre fin à l’application des annexes du traité de paix les concernant en vue de répondre aux soucis de la Jordanie et des Jordaniens », a encore dit le roi.
En vertu du traité de paix signé le 26 octobre 1994 entre Israël et son voisin jordanien, Israël a le droit d’exploiter ces terres pendant une période de vingt-cinq ans, renouvelable automatiquement si aucune des deux parties n’a donné un préavis d’un an (soit dans cinq jours) pour mettre fin à l’application des dispositions relatives à Baqoura et Ghoumar.
Israël veut ouvrir des négociations
« Dans le cadre de l’accord entre nos deux pays, la Jordanie s’était gardé le droit de reprendre en main les deux secteurs à l’issue de la période de vingt-cinq ans. On nous a informés aujourd’hui que la Jordanie voulait appliquer ce droit », a réagi, dimanche, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
« Nous allons ouvrir des négociations sur la possibilité de prolonger l’accord existant », a-t-il ajouté lors d’un discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire, selon le calendrier juif, de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995. Ce dernier avait signé l’accord de paix avec la Jordanie.
« Mais il ne fait aucun doute que, d’un point de vue d’ensemble, cet accord dans sa totalité constitue un bien important et cher pour nos deux pays », a ajouté Benyamin Nétanyahou qui s’exprimait au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, où est enterré Yitzhak Rabin.
La question faisait débat depuis plusieurs jours en Jordanie
Baqoura est une zone frontalière jordanienne, de quelque six kilomètres carrés, située à l’est du Jourdain dans la province d’Irbid (nord), tandis que Ghoumar est un secteur frontalier jordanien, de quatre kilomètres carrés environ, situé dans la province d’Aqaba (sud).
« En application des consignes du roi Abdallah II, le ministère des affaires étrangères a transmis ce dimanche deux notes au ministère israélien des affaires étrangères, informant le gouvernement israélien de la décision du royaume de mettre fin [à l’application des] deux annexes du traité de paix, relatifs à Baqoura et à Ghoumar », a fait savoir le ministère jordanien.
La question fait débat depuis plusieurs jours en Jordanie, où des députés et des militants ont appelé le gouvernement à ne pas renouveler la période permettant à Israël de disposer de ces terres frontalières.
« Les députés avaient même réclamé une séance urgente du Parlement pour discuter de la question », a déclaré le député Saleh Al-Armouti. Il s’est félicité de la décision du roi, saluant « une démarche positive qui redonne la dignité au citoyen jordanien et la souveraineté sur ses terres ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La moitié des agents pratiquant les contrôles antidopages en France menacent de cesser leur collaboration en raison d’une perte de revenus, que l’AFLD conteste.
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La fronde des préleveurs de l’Agence française de lutte contre le dopage

La moitié des agents pratiquant les contrôles antidopages en France menacent de cesser leur collaboration en raison d’une perte de revenus, que l’AFLD conteste.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 17h06
    |

            Clément Guillou








                        



   


Jean-Paul Lemaire déplie deux feuilles noircies de calculs et de noms de ville de la moitié nord de la France : il a posé là ses dix dernières missions antidopages, pour lesquelles ce pédiatre à la retraite s’est déplacé pour « faire pisser » des sportifs. Des joueurs du Paris-Saint-Germain, charmants, aux triathlètes amateurs de l’Ironman de Gravelines (Nord), qu’il faut faire uriner « au cul des voitures, dans le caniveau ». Multiplications, divisions, fractions, résultat : « Dans l’ancien système, j’étais payé en moyenne 20,22 euros net de l’heure, là, j’arrive à 15,62 euros. »
Jeudi 18 octobre, le collège de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a validé une nouvelle grille tarifaire pour les prestations de ses quelque 220 préleveurs vacataires, souvent des infirmiers ou docteurs intéressés par le sport et pour qui il s’agit d’un complément de revenu. Depuis que cette grille a été présentée à une poignée de préleveurs et a circulé par chaîne d’e-mails, les vacataires se rebiffent. « C’est souvent un boulot de chiens, le temps passé sur la route n’est pas payé et les repas ne sont pas remboursés, mais tout cela passait de plus ou moins bon gré, car on croit à la lutte antidopage, dit Jean-Paul Lemaire, préleveur depuis 1992. Mais la modification de la grille a mis le feu aux poudres. »
A compter de l’application de ces nouveaux tarifs, le 15 novembre, une grosse centaine d’entre eux se déclarera indisponible pour pratiquer des prélèvements, affirme l’un d’entre eux. Ce dernier organise la riposte sur un groupe Facebook et ne souhaite pas être cité par crainte d’une « sanction déguisée » : le non-renouvellement de son agrément. Dans un mois, il n’y aura plus, affirment les frondeurs, un seul préleveur en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 90 % d’indisponibles en Rhône-Alpes - Auvergne et dans les Hauts-de-France. En Ile-de-France, treize des quinze préleveurs vacataires entendent se déclarer indisponibles jusqu’à dix heures du matin, de sorte à perturber les contrôles inopinés sur les sportifs de haut niveau, qui ont généralement lieu entre six et huit heures.
L’AFLD ne s’inquiète pas
« J’ai reçu des e-mails d’une dizaine de préleveurs, mais les contrôles se déroulent de manière normale, répond Mathieu Téoran, secrétaire général de l’AFLD, qui conteste ce niveau de mobilisation. Je ne suis absolument pas inquiet pour la suite. »
Dans les faits, l’évaluation de la révolte des préleveurs est délicate : beaucoup étaient déjà très souvent indisponibles, compte tenu de leur profession. Certains disent ne plus vouloir répondre favorablement aux offres de mission sans pour autant s’être déclarés indisponibles, d’autres encore veulent saboter des contrôles, en acceptant des missions sans les effectuer.
« Certains ne prennent pas position, car ils ont peur de ne plus avoir de mission, complète Patricia Attard-Fleury, préleveuse dans la région Centre. Mais pour 80 % d’entre nous, on ne le fait pas pour l’argent, simplement parce qu’on croit à cette mission. »
Les contrôles en semaine seront rémunérés 70 euros chacun, plus 20 centimes par minute dès l’arrivée sur le lieu du contrôle – parfois situé à plusieurs heures de voiture. Dans l’ancien modèle, chaque contrôle en semaine était rémunéré 115 euros, avec une augmentation de 50 % au-delà de cinq heures. L’AFLD assume ne pas avoir mené de concertation avec les préleveurs avant d’annoncer sa nouvelle grille, jugée « plus juste et responsable », et qui permet notamment d’ôter cet effet de seuil.
Professionnalisation
« Je comprendrais très bien que, les règles du jeu ayant changé, certains ne soient plus intéressés. En fonction de la typologie de mission – week-end ou semaine, trente minutes ou six heures –, il y aura des gagnants et des perdants, reconnaît Mathieu Téoran. Mais cette réforme ne fait aucune économie : elle a été faite sur la base d’une simulation sur l’ensemble des missions de 2017, de manière à ce qu’on n’économise rien et que ça ne nous coûte rien. »
L’agence ne serait pas fâchée de compter moins de préleveurs mais davantage disponibles, mieux répartis sur le territoire et mieux formés, dans la perspective des Jeux olympiques 2024 à Paris. « Nous repensons notre stratégie de professionnalisation et de recrutement des préleveurs », explique Mathieu Téoran. Depuis deux ans, l’agence salarie trois préleveurs et multiplie les formations à destination des vacataires.
La tension entre l’agence et une partie de ses hommes de terrain intervient dans une période chargée pour l’AFLD et sa présidente Dominique Laurent, nommée en juillet 2017. Afin de rester conforme au Code mondial antidopage, elle a créé le mois dernier une commission des sanctions, distincte de son collège, et prépare la dissociation du laboratoire de Châtenay-Malabry, dans l’attente de son déménagement pour être rattaché à une université.

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Dominique Cardon : « Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont créé des bulles informationnelles »

Si la désinformation en ligne est un vrai sujet de société, le sociologue, directeur du Médialab de Sciences Po, appelle à le réinscrire dans un contexte plus large. Entretien.



LE MONDE
 |    21.10.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
21.10.2018 à 15h17
    |

            Adrien Sénécat








                        


La menace de la désinformation en ligne est largement médiatisée depuis l’élection de Donald Trump, en 2016. Le gouvernement porte même deux projets de loi controversés pour lutter contre ce phénomène, notamment en période électorale. Les fausses informations qui circulent en ligne sont-elles vraiment un risque de premier plan pour les démocraties ? Les médias traditionnels sont-ils réellement menacés par la concurrence des sites ultrapartisans ? Entretien avec le sociologue Dominique Cardon, directeur du Médialab de Sciences Po.
Comment expliquez-vous le recul des sites de désinformation observé depuis plusieurs mois, selon les données analysées par Les Décodeurs du « Monde » ?
Parmi les explications possibles, on peut faire l’hypothèse qu’il y a une forme d’apprentissage collectif qui se met progressivement en place. Les internautes se rendent compte qu’on ne fait pas que lire et voir sur les réseaux sociaux. Quand on « like », on produit un signal, qui va avoir un effet sur les algorithmes des plates-formes. Il y a donc une coresponsabilité partagée entre tous dans notre rapport à l’information. C’est toujours le cas avec le numérique : on découvre d’un coup un problème qui nous pète à la gueule et on apprend ensuite la solution. Ceci étant, cet apprentissage ne concerne qu’une partie du public et il est très loin d’être accompli.
Selon vous, les médias ont-ils accordé trop d’importance à la menace des fausses informations ?
Dans le débat sur les « fake news », on a surjoué un conflit d’interprétation sur qui sont les internautes. Pendant des années, on a véhiculé l’image d’un internaute tout-puissant, réclamant son autonomie de jugement et d’expression, et qui ferait des choix tout à fait rationnels. Et puis on est passé d’un coup à celle d’un internaute faible, qui serait à la fois naïf, docile et crédule. A mon avis, ces deux représentations doivent être pensées comme étant simultanément vraies, et pour tout le monde. Le problème du débat sur la désinformation est que les gens qui se pensent « rationnels » sont en train de dire que ce sont les autres qui sont idiots et influençables.
Par ailleurs, la circulation de l’information sur les réseaux sociaux est auto organisée, chaotique et parfois dérangeante. Mais de cette nouveauté, on en conclut un peu trop rapidement que ce serait le far west et que le marché informationnel serait complètement dérégulé. En fait, dans le nouveau désordre, il y a bien un ordre et une structure qui est toujours en partie calquée sur la hiérarchie des médias traditionnels.
La désinformation n’est peut-être pas un phénomène nouveau, mais les réseaux sociaux n’ont-ils pas contribué à l’amplifier ?
Il est certain que les choix économiques des plates-formes ont produit une architecture qui encourageait cela. A l’origine, Facebook était un réseau social, resserré sur ce qu’on appelle « les liens forts », c’est-à-dire vos interactions avec les personnes dont vous êtes les plus proches. Le problème, c’est que quand l’usage est vraiment social, il est difficile de le rentabiliser. Amener une publicité pour un annonceur extérieur dans une conversation entre proches, c’est extrêmement violent et ça ne donne pas envie de cliquer.
« C’est un vieux mythe de l’Internet que d’annoncer la fin du journalisme »
C’est donc pour gagner de l’argent que Facebook a fait venir d’autres éléments dans le fil d’actualité : les informations, les images, les vidéos…, y compris les fausses informations. Cela change la posture de l’internaute : il n’est plus engagé, il lit. Et avec cette métamorphose, Facebook était devenu beaucoup moins une plate-forme de sociabilité qu’une interface de lecture. Le volet social s’est déporté sur WhatsApp, Snapchat, Instagram ou encore Messenger. Le changement d’algorithme annoncé en début d’année revient en partie sur cette évolution, en voulant redonner de l’importance aux amis proches.
N’y a-t-il pas aussi un risque que les médias traditionnels soient supplantés par des nouveaux organes hyperpartisans ?
Cela, je ne le crois pas. C’est un vieux mythe de l’Internet que d’annoncer la fin du journalisme. La vraie information coûte cher à produire et il faut être un professionnel pour le faire. En revanche, il y a aujourd’hui une proximité entre information, divertissement et people. C’est la transformation de l’infotainment, qui a commencé dans les années 1980 : l’idée de certains médias a été d’aller chercher des lecteurs sur des sujets populaires. La crise économique de la presse a aussi joué, en poussant certains à aller plus loin là-dedans. Et dans ce domaine, avec Internet, on peut ramasser et répercuter un peu tout et n’importe quoi.
Il y a aussi eu un glissement de l’espace politique et culturel qui fait qu’aujourd’hui un certain nombre de discours provocants ont une place considérable dans les médias. Il faut que tous les points de vue puissent s’exprimer, mais les médias ont aussi une responsabilité professionnelle de ne pas devenir le point de passage des blanchisseurs d’information. C’est à ce moment-là que des discours douteux peuvent atteindre un public le plus large possible.
Comme lorsque le journaliste André Bercoff a relayé à la télévision des théories complotistes sur le sauvetage d’un enfant par Mamoudou Gassama ?
Oui, par exemple. Les rédactions traditionnelles ont une responsabilité collective, parce qu’elles établissent l’agenda des préoccupations. Globalement, le média d’information privilégié reste de très loin la télévision, même si elle perd du terrain chez les plus jeunes. Il est cocasse de penser que l’espace politique d’avant n’était pas polarisé, que les publics ne s’exposaient pas à des médias qui correspondaient à leurs préférences idéologiques ou de croire que ce sont les réseaux sociaux qui ont créé des bulles informationnelles.
C’est pourtant l’élection de Donald Trump qui a popularisé ce concept ?
La circulation de la désinformation a été incontestablement massive, notamment sur Facebook, pendant la campagne présidentielle américaine. Mais en revanche, ce qu’on ne sait pas, et qui n’a pas été démontré, est que ces messages ont des effets sur ceux qui les reçoivent. Dans le cas américain, il est probable que plus que ces publications virales qui sont souvent relayées par des partisans convaincus, c’est le fait que ces thèmes soient repris dans les grands médias d’information qui a eu un effet sur l’agenda politique.
Les talk-show des grands network américains ont pris prétexte des provocations de Donald Trump pour organiser des heures de débats sur sa personnalité. Ce sont toujours les médias professionnels dominants qui fixent l’agenda des thèmes de campagne lors des grandes élections. Même le New York Times a plus mis en avant, en « une », l’affaire des e-mails d’Hillary Clinton que son programme, tout comme il a plus commenté, même négativement, la personnalité de Donald Trump que son programme.
Finalement, la vérification de l’information (le « fact-checking ») est voué à l’échec ?
Non, la vérification est essentielle, dans le sens où elle a des effets sur le débat public, notamment parce qu’elle touche des journalistes et des influenceurs. Que des mécanismes de contrôle mutuel des faits s’exercent au sein du champ journalistique central est très important. Mais beaucoup d’études montrent par ailleurs que le fact-checking n’intéresse que certaines sphères du public, et n’agit pas sur tout le monde. Et il ne faut pas surestimer l’influence des médias non plus.



                            


                        

                        


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