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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Amnesty International et Reporters sans frontières ont exprimé leur scepticisme sur la version de l’Arabie saoudite samedi 20 octobre et demandent une enquête sur la mort du journaliste.
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Des associations réitèrent leur appel à une « enquête » indépendante sur l’affaire Khashoggi

Amnesty International et Reporters sans frontières ont exprimé leur scepticisme sur la version de l’Arabie saoudite samedi 20 octobre et demandent une enquête sur la mort du journaliste.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 17h04
   





                        



   


La nouvelle version de Riyad sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ne convainc pas Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF). Les deux ONG ont réitéré samedi 20 octobre leur demande d’une enquête indépendante sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU).
L’Arabie saoudite affirmait jusqu’ici que le journaliste, critique du pouvoir saoudien, était ressorti vivant du consulat dans lequel il était entré le 2 octobre. Vendredi 19 octobre, le procureur général du royaume a admis que le journaliste avait été tué dans le consulat saoudien à Istanbul, faisant état d’une « rixe » mortelle.
Des conclusions qui ne sont « pas dignes de confiance et constituent un nouveau record catastrophique pour l’Arabie saoudite en matière de droits de l’homme », a réagi Amnesty International dans un communiqué. « Le gouvernement turc doit désormais demander au secrétaire général de l’ONU d’ordonner une enquête urgente sur la mort de Khashoggi et ses circonstances », a poursuivi l’ONG.

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Pour RSF, la version de Riyad a « pour objectif de camoufler l’essentiel »
Selon Amnesty, une enquête indépendante « sera la seule garantie contre ce qui apparaît de plus en plus comme une dissimulation saoudienne des circonstances de l’assassinat de Khashoggi ou contre toute tentative d’autres gouvernements de passer la question sous silence pour préserver les ventes d’armes lucratives et autres liens commerciaux avec Riyad ».
Demande également réitérée dans un communiqué par l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a appelé à maintenir la « pression » sur l’Arabie saoudite en boycottant le Forum économique du Golfe et en gelant « les dossiers commerciaux » avec Riyad.
« Il semble inimaginable de s’y adonner au “business as usual” et de bavarder sur les investissements comme si de rien n’était, alors même que la nouvelle version officielle a manifestement pour objectif de camoufler l’essentiel, à savoir qu’un crime odieux a été perpétré contre un journaliste sur ordre d’un commanditaire d’Etat », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, cité par le communiqué.
Tout « compromis » avec l’Arabie saoudite au sujet du meurtre de Jamal Khashoggi reviendrait à donner « une autorisation de tuer » à un royaume qui « kidnappe » et « tue » des journalistes, avait déjà mis en garde Christophe Deloire samedi matin sur Twitter.
Les enquêteurs turcs poursuivent leur enquête
L’Arabie saoudite a admis pour la première fois samedi que le journaliste saoudien avait été tué à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, une affaire au retentissement mondial qui a dégradé son image auprès de ses alliés, notamment les Etats-Unis. Critique envers le prince héritier Mohammed ben Salman, Khashoggi vivait en exil depuis 2017 aux Etats-Unis où il collaborait notamment avec le Washington Post.
Les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations vendredi, fouillant notamment une vaste forêt proche d’Istanbul. Selon plusieurs médias, le journaliste aurait été torturé, décapité et son corps démembré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les opposants accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir.
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Compte rendu

Aux Comores, l’armée entre dans la médina de Moutsamoudou, où sont retranchés des rebelles

Les opposants accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-20T16:39:10+02:00"

        Le 20.10.2018 à 16h39






    
Une voiture des forces de défense comoriennes, samedi 20 octobre, à Moutsamoudou.
Crédits : YOUSSOUF IBRAHIM / AFP


L’étau se resserre autour des rebelles comoriens, retranchés depuis cinq jours dans la médina de Moutsamoudou, capitale de l’île d’Anjouan. L’armée est entrée samedi 20 octobre dans l’enceinte de la médina, a annoncé le ministre de l’éducation nationale, Mahamoud Salim Hafi.
Le ministre, qui mène depuis vendredi les négociations avec les rebelles, a rejeté toute idée d’assaut, redouté par la population civile. Selon lui, « aucun coup de feu n’a été tiré, aucune maison fouillée. Les forces se contentent de sécuriser la médina pour que la population puisse y circuler librement. »
« Je garantis qu’à partir de lundi la vie reprendra normalement son cours à Mutsamudu, l’administration fonctionnera normalement. »

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Offre d’impunité
Selon le ministre, les opposants – au nombre d’une quarantaine – n’avaient toujours pas déposé leurs armes samedi matin. La veille, le gouvernement avait pourtant fait une offre d’impunité en échange du désarmement.
Les autorités accusent le parti Juwa, de l’opposant et ancien président de l’archipel Ahmed Abdallah Sambi, originaire d’Anjouan, d’être à l’origine des violences qui ont éclaté depuis lundi. Les manifestants avaient alors érigé des barricades, que les forces de l’ordre ont depuis démantelées. Les affrontements qui se sont poursuivis cette semaine entre les rebelles et l’armée comorienne à Moutsamoudou faisant trois morts, selon les autorités. Au moins six personnes ont été grièvement blessées, d’après une source hospitalière à Moutsamoudou.

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Les opposants, qui accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur « de république bananière » et de vouloir se maintenir au pouvoir, renvoient la responsabilité de la situation au gouvernement.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Mort de Jamal Khashoggi : qui sont les deux hauts responsables saoudiens limogés ?

Les deux hommes faisaient partie du cercle rapproché de « MBS », le prince Mohammed Ben Salman.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 14h03
   





                        


C’est la première conséquence concrète de l’affaire Jamal Khashoggi. Après avoir admis que le journaliste avait été tué dans son consulat d’Istanbul, l’Arabie saoudite a limogé, samedi 20 octobre, deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammed Ben Salman.
Les deux personnalités faisaient tous deux partie du cercle rapproché du prince Mohammed Ben Salman, surnommé « MBS ». Leur limogeage s’est accompagné de l’arrestation de 18 suspects saoudiens.

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Le général Ahmed Al-Assiri, chef adjoint du renseignement saoudien

   


Agé d’une soixantaine d’années, le général Al-Assiri était un conseiller de haut rang proche de la cour royale. Avant d’être promu chef adjoint du renseignement général en 2017, il était le porte-parole de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 contre les rebelles houthistes soutenus par l’Iran. Le quotidien panarabe à capitaux saoudiens Al-Hayat qualifiait d’ailleurs ce général, formé à la prestigieuse école militaire française Saint-Cyr, de « pilote saoudien le plus connu au monde ».
Parlant couramment le français, l’anglais et l’arabe, Ahmed Al-Assiri assistait souvent aux réunions à huis clos du prince héritier avec des dignitaires étrangers en visite dans le royaume. L’homme avait également acquis à l’étranger la réputation de harceler les journalistes dont les articles critiquaient les « bavures » saoudiennes au Yémen. Au printemps 2017, il avait été la cible d’un jet d’œuf lors d’une conférence à Londres et le gouvernement britannique s’était excusé pour cette « agression ».
Avant son limogeage samedi, le New York Times avait rapporté que l’Arabie saoudite attribuerait vraisemblablement la responsabilité de la disparition de Khashoggi au général Assiri pour tenter de dédouaner « MBS ».

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Saoud Al-Qahtani, conseiller « médias » à la cour royale

   


Homme-clé de l’entourage du prince héritier, Saoud Al-Qahtani a dirigé le « centre d’études et d’affaires médiatiques », une unité opérant au sein de la cour royale, avant d’être nommé conseiller « médias » du roi. Un poste-clé où il contrôlait notamment les activités de relations publiques du gouvernement saoudien.
Selon des sources saoudiennes, M. Al-Qahtani, 40 ans, a animé des campagnes de propagande en ligne contre les adversaires du royaume, comme le Qatar et l’Iran. Avec 1,3 million d’adeptes sur Twitter, ce haut responsable est notamment connu pour ses messages hostiles aux dissidents et à ses rivaux.

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Dans un article paru dans le Washington Post au début de l’année, Jamal Khashoggi affirmait qu’Al-Qahtani avait constitué une « liste noire » des journalistes critiques du royaume et qu’il était connu pour les intimider. Dans une interview posthume publiée vendredi par le magazine Newsweek, Khashoggi qualifie M. Al-Qahtani et un autre haut responsable saoudien, Turki Al-Cheikh, de « voyous ».
« Les gens les craignent. Vous les défiez, vous risquez de finir en prison, et c’est ce qui s’est passé. »
L’an dernier, M. Al-Qahtani écrivait sur Twitter : « Je ne fais rien de mon propre chef, sans des ordres. Je suis l’employé et l’exécuteur de mon roi et de mon prince héritier. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne ont commencé à défiler dans le centre de la capitale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Brexit : manifestation à Londres pour un nouveau référendum

Les partisans d’un référendum sur l’accord – ou l’absence d’accord – avec l’Union européenne ont commencé à défiler dans le centre de la capitale.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 14h51
   





                        



   


Ils veulent en faire « la plus grande » et la plus « bruyante » des manifestations. Des dizaines de milliers de personnes venues de tout le Royaume-Uni ont commencé à manifester, samedi 20 octobre, à Londres, pour réclamer un nouveau référendum sur l’accord final issu des négociations entre Londres et Bruxelles concernant le Brexit.
Les manifestants, venus dans plus de 150 cars, se sont élancés dans le centre de la capitale en direction du Parlement, à l’appel de People’s Vote, un mouvement militant pour un « vote populaire ». A l’avant du cortège défilaient un millier de jeunes manifestants, ainsi qu’une importante cohorte de citoyens européens, représentés notamment par The3Million, un groupe de pression défendant les intérêts des quelque 3,7 millions d’Européens installés au Royaume-Uni.

        A moins de six mois du Brexit :
         

          « Trop de questions sans réponse » pour les expatriés français



Le correspondant du Monde, Philippe Bernard, est sur place :

Tweets by canalbernard 

Lors du dernier défilé de ce genre, en juin, environ 100 000 personnes s’étaient rassemblées et les organisateurs espèrent bien dépasser ce nombre samedi. L’enjeu est de maintenir la pression sur la première ministre, Theresa May, fermement opposée à l’idée d’un nouveau référendum.
Tony Blair parmi les soutiens
« Les gens ont voté », avait rappelé la chef de gouvernement mercredi, se disant déterminée à « mettre en œuvre » le résultat de ce vote. Le 23 juin 2016, les Britanniques s’étaient prononcés à 52 % en faveur de la sortie de l’Union européenne (UE), faisant basculer le pays dans une situation inédite.

   


De leur côté, les organisateurs soulignent qu’à quelques mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, les négociations entre Londres et Bruxelles bloquent toujours, en particulier sur la question de la frontière sur l’île d’Irlande. L’incertitude demeure sur la façon dont le Royaume-Uni quittera précisément l’Union, ce qui rend les gens peu confiants sur l’avenir.
L’idée d’un nouveau référendum a gagné en popularité ces derniers mois au Royaume-Uni, et des personnalités politiques de tous bords la soutiennent, comme l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair. Parmi les orateurs attendus samedi dans le centre de Londres figurent le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ainsi que des députés du Parti conservateur, du Parti travailliste, du Parti libéral-démocrate, du Parti vert, et du SNP, le parti indépendantiste écossais.

        La tribune du maire de Londres, Sadiq Khan :
         

          « Le peuple britannique devrait voter sur l’accord final du Brexit »




Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr traitant du Brexit :
les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un court sommet européen dédié aux négociations sur le Brexit pourtant annoncé comme « crucial », mercredi 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;même avec la signature d’un accord, les négociations devraient encore durer plusieurs années, afin de fixer les relations sur le commerce et la sécurité entre les deux parties ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UE ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;le parallélisme entre le projet des « hard brexiters » conservateurs et celui du président américain, Donald Trump, est patent, estime dans son analyse le correspondant du Monde à Londres ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.
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A moins de six mois du Brexit, « trop de questions sans réponse » pour les expatriés français

Voté en 2016, le Brexit entrera en vigueur le 29 mars 2019. Mais ses conséquences pour les Français vivant au Royaume-Uni restent encore inconnues.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 13h53
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


C’est un dessin griffonné sur la page de garde de son agenda 2018-2019. Chaque 29 du mois, Amandine N. ajoute un petit trait. D’abord la potence, complètement achevée. Puis le pendu, qu’on devine déjà. « Ça représente parfaitement mon état d’esprit, dit cette Française de 32 ans, qui vit dans le Sussex depuis sept ans. J’attends l’exécution. » Le 29 mars 2019, date à laquelle le Brexit, voté en juin 2016, doit officiellement entrer en vigueur.
Originaire de Chartres, Amandine N. a gagné la Grande-Bretagne pour rejoindre son « amour d’Erasmus », un musicien mancunien « un peu évaporé », rencontré à Barcelone. Son couple n’a pas passé le premier hiver britannique. Son amour du pays, lui, a perduré. « Pour un tas de clichés : l’autodérision, les gazons, les currys et la bière, le sentiment que peu importe si on est jaune, vert, bleu, chauve, unijambiste, on peut tracer sa route sans être regardé de travers », récite mélancoliquement la trentenaire.
A force de rencontres et d’opportunités, cette « éternelle indécise » devenue cuisinière a fini par « construire son petit nid », dans ce pays dont elle pensait qu’il l’avait « acceptée comme l’une des siens ». Où elle se voyait « devenir adulte. Fonder une famille même, qui sait » ? Un sentiment de « confiance » qui lui semble aujourd’hui « presque irréel ».

        Analyse :
         

          Une fois le Brexit signé, le plus dur commencera



« A pile ou face »
Dans un appel à témoignages lancé l’an dernier sur Le Monde.fr, Amandine N. expliquait que « tout est devenu un point d’interrogation depuis le référendum ». A moins de six mois du Brexit, et alors que les négociations continuent à Bruxelles mercredi 17 octobre, elle reste « incapable de planifier quoi que ce soit, comme si toute [sa] vie était en pause. »
Autour d’elle, les départs se multiplient – le nombre de citoyens européens en Grande-Bretagne est tombé à son plus bas niveau depuis 2012, selon l’Office for National Statistics. Il y a les amis français repartis à Lyon, l’ancienne collègue espagnole en attente d’un feu vert de l’immigration canadienne, les voisins polonais qui ont mis en vente leur maison depuis des mois. En vain pour l’heure, le marché est saturé dans la région.
Amandine N. a bien les cinq ans d’ancienneté requis pour demander le statut de résident. Mais a-t-elle de quoi le prouver ? « Pas de quittance de loyer, des contrats de travail en dents de scie, des boulots souvent au noir… » soupire-t-elle. Et puis a-t-elle vraiment envie de rester dans un pays « où tous les services publics sont à l’os, où on est de plus en plus mal soigné, et où le Brexit risque de tout empirer ? »
Depuis un mois, la question l’empêche à nouveau de dormir. En sonnerie de téléphone, elle a mis la chanson des Clash Should I Stay or Should I Go ? (dois-je rester ou dois-je partir ?) « Parfois, j’ai envie de jouer la réponse à pile ou face », confesse-t-elle.

        Le point sur la négociation du Brexit,
         

          à la veille du sommet européen qui s’ouvrira mercredi à Bruxelles



« On est laissé complètement seul »
Véronick P., elle, n’en pouvait plus d’être « prise en étau en attendant de savoir à quelle sauce on serait mangés ». « Après deux ans de préparation mentale », elle a sauté le pas. Laissé derrière elle « la maison, la voiture et le mari, pour prendre un billet sans retour. »

   


Soixante kilos de bagages et son adolescent sous le bras, elle est retournée « chez maman ». En reconversion, elle espère trouver un emploi rapidement pour permettre à son mari de les rejoindre en France. Avec, comme pour tous ces « malgré-nous du Brexit », la galère administrative qui l’accompagne : inscription à Pôle emploi, rattachement à la Sécurité sociale, rapatriement des fonds de pension, rattrapages scolaires, etc.

        Le point de vue du ministre britannique du Brexit :
         

          « Chacun doit faire une partie du chemin »



« Il pourrait y avoir plus d’aide et de solutions de la part du gouvernement français », déplore Lydie C., universitaire installée depuis quelques mois aux Pays-Bas, faute d’opportunités professionnelles dans l’Hexagone. « On est laissé complètement seul avec un nombre incalculable de questions sans réponse », déplore cette enseignante-chercheuse de 36 ans. D’autant que « plus on se rapproche de la date du 29 mars, plus c’est chaotique ».
« Conscience sociale et politique »
« L’idée d’être à la merci de la législation m’angoisse complètement », abonde Vanina M., 46 ans, qui vit près de York, dans le nord-est du Royaume-Uni. « Combien serons-nous à ne pas répondre aux critères et aux quotas ? » s’interroge-t-elle. Sur les réseaux sociaux, « on lit tout et n’importe quoi, tout le monde panique », témoigne cette professeure de français dans un collège britannique. Et côté politiciens, « c’est de pire en pire, on a vraiment le sentiment que personne ne sait ce qu’il fait et qu’on va droit dans le mur ». 
Expatriée depuis vingt-trois ans, elle ne reste dans le pays « que pour [son] fils », qui devrait bientôt obtenir la nationalité britannique. Mais en cas de « no deal » – c’est-à-dire le scénario du pire entre Londres et Bruxelles –, elle partira, elle qui « a déjà commencé à chercher du travail en France ».

        L’interview du ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid :
         

          « Les citoyens ne sont pas des pions dans la négociation »



En attendant, elle continue de regarder son pays d’adoption changer. Répond poliment aux quelques élèves qui lui ont demandé : « Quand est-ce que vous rentrez chez vous ? » Mais le Brexit l’a irrémédiablement changée. Le vote a réveillé chez elle une « conscience sociale et politique ». « J’ai réalisé combien c’est important de participer à la vie politique de son pays », dit celle qui ne rate pas une marche anti-Brexit, dont la prochaine se tiendra le 20 octobre à Londres. « Les manifestations font du bien, parce qu’ensemble on a moins le sentiment d’être des parias », dit-elle, attristée surtout « pour tous ces jeunes qui ne pourront plus circuler librement ».
« On se prépare à des pénuries »
De l’Angleterre « incarnation du multiculturalisme » de sa jeunesse, Alexandra S., 47 ans, ne reconnaît plus grand-chose. Expatriée depuis vingt et un ans, cette dirigeante d’une compagnie d’export à Cambridge ne parle plus français dans la rue. « Pas vraiment par peur, mais pas envie qu’on me regarde de travers », dit-elle.
Avec son Britannique de mari, elle ne « compte plus les engueulades sur le Brexit ». Lui ne se voyait pas partir, et surtout pas sortir leurs deux enfants de leur école internationale. « Il me traitait de dingue d’imaginer toujours le pire. Maintenant que tous les politiques nous préparent psychologiquement à un “no deal”, il me dit que j’avais raison. » 

        Décryptage :
         

          Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



La mère de famille a d’ailleurs « presque honte de l’avouer », mais elle a commencé à « mettre de côté du sucre et de la farine ». « On se prépare à des pénuries, puisque le pays importe 40 % de sa nourriture », rappelle celle qui constate déjà « des hausses importantes des prix dans les supermarchés ». Une amie angoisse d’ailleurs pour son traitement anti-diabète, qui vient des Pays-Bas. « Qu’est ce qu’il va se passer le jour où la frontière sera bloquée ? » anticipe-t-elle.
« Il y a trop de questions sans réponse, c’est le pire d’être dans le flou », soupire-t-elle. Alors, pour « avoir au moins l’impression d’agir », Alexa S. a acheté trois billets Eurostar, pour elle et ses enfants. Des allers simples pour Paris, en date du 28 avril – « pas envie d’être là pour la fête du Brexit et les hypocrisies », justifie-t-elle. Sans savoir encore s’il y aura un billet de retour.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les victimes se trouvaient sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra.
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En Inde, un train percute une foule et fait au moins 59 morts

Les victimes se trouvaient sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 11h00
   





                        



   


Un train a percuté vendredi 19 octobre une foule de fidèles rassemblés pour un festival hindou à Amritsar, dans l’Etat septentrional du Pendjab. Au moins 59 personnes ont été tuées et 90 blessées dans l’accident, a fait savoir la police locale.
Beaucoup de monde s’était pressé sur la voie ferrée pour assister à un spectacle pyrotechnique pendant les célébrations du jour de Dussehra, une fête très populaire dans le nord de l’Inde, qui marque la victoire de Rama sur le démon Ravana. « Il y avait beaucoup de bruit, au moment où les feux d’artifice étaient tirés, et elles ont été incapables d’entendre le train approcher », a expliqué un responsable de la police sur place.
« Tout le monde courait »
Le drame s’est déroulé en deux temps. Un premier train a d’abord réussi de justesse à éviter de percuter la foule, mais personne n’a entendu arriver l’express Jalandhar-Amritsar deux minutes plus tard. Le train « arrivait très rapidement », a précisé sur une chaîne de télévision locale un témoin. « Tout le monde courait de manière désordonnée et soudain le [deuxième] train a percuté des groupes de gens », a-t-il ajouté.
Le ministre en chef du Pendjab, Amarinder Singh, a ordonné une enquête sur l’accident et annoncé le versement de 500 000 roupies (environ 6 000 euros) de dédommagement pour chaque victime. « Ceux qui doivent être punis le seront, et les responsabilités seront déterminées », a assuré le gouverneur du Penjab, V. P. Singh Badnore.
« C’est une tragédie déchirante », a réagi sur Twitter le premier ministre indien, Narendra Modi. Ce dernier s’est engagé à consacrer 137 milliards de dollars (119 milliards d’euros) sur cinq ans pour moderniser le réseau ferroviaire en décrépitude. Près de 15 000 personnes périssent dans des accidents ferroviaires chaque année en Inde, selon un rapport gouvernemental de 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Plus de 50 000 militaires sont déployés pour encadrer des élections organisées avec trois ans de retard et considérées comme illégitimes par les talibans.
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Elections législatives en Afghanistan : plusieurs explosions dans des centres de vote à Kaboul

Plus de 50 000 militaires sont déployés pour encadrer des élections organisées avec trois ans de retard et considérées comme illégitimes par les talibans.



Le Monde.fr avec AFP et AP
 |    20.10.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 16h55
   





                        


Avec trois ans de retard, les bureaux de vote ont enfin ouvert, samedi 20 octobre en Afghanistan. Mais ces élections législatives, réclamées de longue date, ont immédiatement été endeuillées par plusieurs attaques de centres électoraux afghans.
Au total, le ministère de l’intérieur a annoncé avoir recensé « 15 attaques ennemies » dans l’ensemble du pays, la plupart étant des explosions d’engins artisanaux et des tirs de roquettes. Au moins 13 personnes ont été tuées et 123 blessées, selon un premier bilan.
Les talibans avaient averti à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’ils allaient recourir à la violence pour faire échouer le processus démocratique, à leurs yeux illégitime. Samedi matin, un tweet de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, conseillait une nouvelle fois aux citoyens de rester chez eux. Il a indiqué dans un nouveau message à la presse que « 318 attaques (avaient) été menées contre ces fausses élections », tuant plusieurs « soldats ». Le communiqué ne mentionne pas de pertes civiles.
Appel à « sortir et voter »
Dans la capitale, partiellement bouclée par des barrages lourdement armés, la plupart des axes routiers avaient été interdits aux véhicules et aux motos. Plus de 5 000 bureaux de votes ont ouvert dans les zones du pays sous contrôle du gouvernement. Pour des raisons de sécurité, dans d’autres parties du territoire contrôlées par les talibans, 2 000 centres de vote sont restés fermés.
La participation au scrutin, sur laquelle pesait un gros point d’interrogation, a cependant été qualifiée « d’importante dans les centres urbains », selon l’ONG pour la transparence des élections en Afghanistan (ETWOA). Le président afghan Ashraf Ghani avait auparavant souhaité montrer l’exemple en votant dès l’ouverture du scrutin dans une école de la capitale Kaboul et appelé ses compatriotes à « sortir et voter ».

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                En Afghanistan, une élection parlementaire sous tension



Semblant répondre à son appel, les électeurs ont formé de longues files d’attente dans la capitale et ailleurs. Mais leur attente s’expliquait aussi par de nombreux dysfonctionnements. Certains centres de vote n’ont pu ouvrir faute d’assesseurs, d’absence des listes électorales ou de mauvais fonctionnement des terminaux de reconnaissance biométrique mis en place à la dernière minute et utilisés pour la première fois. Des candidats et des électeurs ont fait part de leur exaspération.
La Commission électorale indépendante (CEI), qui organise le vote, a présenté ses excuses et a prolongé l’ouverture de centres de vote jusqu’à 20 h. Elle a par ailleurs annoncé que 360 autres seraient ouverts dimanche, lequel a été déclaré jour férié. Les électeurs se plaignaient surtout du danger à patienter dans la rue face au risque d’attentats.
Dix candidats abattus
Ces derniers mois, des centaines de personnes ont déjà été tuées ou blessées lors d’attentats liés à ce scrutin. Au moins dix candidats ont été abattus, la plupart dans des attaques ciblées. Jeudi, une spectaculaire attaque talibane a coûté la vie au puissant chef de la police de Kandahar, localité du sud du pays, le général Abdul Raziq, dans un complexe ultrasécurisé. Le vote dans la province a été reporté d’une semaine.
Plus de 2 500 candidats sont en lice pour les 249 sièges à la chambre basse du Parlement. Il s’agit pour la plupart d’élus déjà établis, de descendants de seigneurs de guerre, d’hommes d’affaires ou de membres de la société civile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’Arabie saoudite, sous pression internationale, évoque une rixe dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul.
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Riyad avance sa version des faits sur la mort de Jamal Khashoggi

L’Arabie saoudite, sous pression internationale, évoque une rixe dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 11h30
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Samedi 20 octobre, après plus de deux semaines de dénégations et de ma­nœuvres dilatoires, l’Arabie saoudite a reconnu l’évidence. Dans un communiqué laconique, publié dans la nuit, l’agence de presse officielle du royaume a ­admis que le journaliste et dissident Jamal Khashoggi a bel et bien été tué dans le consulat saoudien d’Istanbul, où il avait disparu, le 2 octobre.
« Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul (…) ont débouché sur une bagarre à coups de poing, ce qui a conduit à sa mort », a déclaré la Saudi Press Agency (SPA), avant d’ajouter : « Que son âme repose en paix ».
Depuis les Etats-Unis, Ali Shihabi, le directeur d’Arabia Foundation, un centre de réflexion financé par Riyad, a donné une autre version des faits. « Khashoggi est mort d’un étranglement au cours d’une altercation physique, pas d’une rixe à coups de poing », a-t-il écrit sur Twitter, ­disant s’appuyer sur une source saoudienne haut placée.

Le communiqué de la SPA, basé sur une déclaration du procureur général du royaume, affirme que l’enquête a déjà mené à l’arrestation de 18 Saoudiens et qu’elle se poursuivra jusqu’à ce que ce que toutes les personnes impliquées dans ce dossier soient déférées devant la justice.
Plus tard, le département international du ministère saoudien de l’information a publié une déclaration en anglais attribuée à « une source officielle », affirmant que les discussions au consulat ont pris « une tournure négative » entraînant une bagarre qui a ­conduit à la mort de Khashoggi et à une « tentative » par les personnes qui l’avaient interrogé de « dissimuler ce qui est arrivé ».
Journaliste de renom, longtemps proche de la famille royale, Jamal Khashoggi, 59 ans, s’était exilé aux Etats-Unis en septembre 2017, après s’être vu interdire d’écrire dans la presse de son pays et d’utiliser Twitter....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La ville des Hauts-de-France espère se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen.
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Brexit : Calais rêve d’un nouvel âge d’or, avec le retour du duty free

La ville des Hauts-de-France espère se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen.



LE MONDE ECONOMIE
 |    20.10.2018 à 10h32
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



   


La perspective du Brexit redonne aux Calaisiens un peu d’espoir. Touchée de plein fouet par la crise migratoire, la ville portuaire peut-elle se refaire une santé économique avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen ? « Les ­Calaisiens attendent le retour du duty free, confie la maire Les Républicains, Natacha Bouchart. Il y a vingt ans, les flux des ­piétons qui faisaient l’aller-retour Douvres-Calais dans la journée participaient à l’économie locale, alors commerçants et hôteliers veulent y croire. »
Hervé Lefebvre, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Calaisis rêve d’un duty free terrestre, « comme à l’aéroport de Roissy, avec des zones sous douane dévolues aux détaxes ». Pour M. Lefebvre, le nombre d’emplois créés autour de la vente d’alcool, de produits de luxe ou de produits locaux pourrait permettre à Calais « de retrouver ses lettres de noblesse, car ça [leur] manque ».
Une directive européenne avait annoncé la fin du duty free dès janvier 1992. Les boutiques de détaxe ont disparu du terminal du tunnel sous la Manche et des bateaux du port de Calais en juillet 1999. Cela représentait pourtant une manne pour le Calaisis. En 1998, par exemple, 38 millions de passagers avaient transité par Calais, dont une part importante de daytrippers, ces voyageurs effectuant un aller-retour entre le Royaume-Uni et la France dans la journée, parfois au prix de 10 francs grâce aux promotions des compagnies maritimes, notamment P & O.

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                Les Hauts-de-France se préparent au Brexit



Lobbying
« A l’époque, on a perdu plus de 40 % de fréquentation touristique, rappelle M. Lefebvre. Calais, c’est la ville des Anglais. On voudrait retrouver ça. » En guise de compensation financière, Calais avait à l’époque obtenu, de la part de l’Etat, une enveloppe de 100 millions de francs (environ 15 millions d’euros).
Avec l’annonce du Brexit, une association, créée en avril 2017, appelée « Oui au Duty Free » s’est fixé pour objectif de faire du lobbying afin que la question de la détaxe et celle des contrôles douaniers figurent au cœur des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Parmi ses adhérents se trouvent les principaux acteurs du trafic transmanche : DFDS et P & O, la Société d’exploitation des ports du Detroit (SEPD), le groupe Eurotunnel et la Fédération maritime du port de Calais. Les compagnies maritimes ont tout intérêt à voir augmenter les volumes d’achats à bord des ferries. Le retour du duty free pourrait relancer le trafic piéton et, avec lui, le tourisme en centre-ville.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Trump menace de recourir à l’armée contre des milliers de Honduriens candidats à l’entrée sur le sol des Etats-Unis, parvenus au Mexique.
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Une « caravane » de migrants honduriens s’invite dans la campagne américaine

Trump menace de recourir à l’armée contre des milliers de Honduriens candidats à l’entrée sur le sol des Etats-Unis, parvenus au Mexique.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 10h39
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Des milliers de Honduriens ont forcé, vendredi 19 octobre, le passage à la frontière entre le Guatemala et le Mexique face à des policiers guatémaltèques dépassés. Les pressions du président américain, Donald Trump, pour stopper cette « caravane » de migrants n’ont pas découragé les participants de poursuivre leur route vers les Etats-Unis. Ce jour-là, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, était en visite à Mexico, en pleines tensions migratoires entre les deux pays.
« Laissez nous passer ! », criait la foule de migrants, avant de rompre la frêle grille d’un des ponts qui séparent le Guatemala et le Mexique. Quelques mètres plus loin, la « caravane » a été stoppée net par d’épaisses barres métalliques que les migrants ont tenté de casser. Dans une ambiance de chaos, les quatre cents policiers antiémeute mexicains déployés pour l’occasion ont lancé des gaz lacrymogènes, parvenant à rétablir l’ordre. Les migrants ont ensuite été filtrés en petits groupes par les services migratoires, sous une chaleur étouffante. Les images diffusées par les médias mexicains ont montré des femmes et des enfants s’écroulant sur le sol, épuisés par leur périple de plus de 670 kilomètres à pied, ou en stop pour les plus chanceux.
« Nous sommes des pays amis, mais souverains »
Quelque 2 000 migrants avaient quitté, samedi 13 octobre, San Pedro Sula, seconde ville du Honduras, répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux. En chemin, leur « caravane » a été rejointe par d’autres candidats au rêve américain, portant leur nombre à 6 000 selon les organisateurs de la « caravane », 3 000 selon les autorités mexicaines.
Furieux, Donald Trump a brandi, jeudi, un possible recours à l’armée pour fermer la frontière avec le Mexique si son voisin du sud ne stoppait pas cette marée humaine. Le président des Etats-Unis a aussi menacé de couper l’aide américaine aux pays d’Amérique centrale concernés. « La politique migratoire mexicaine n’est définie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Une trentaine de personnes avaient été enlevées par le groupe djihadiste après des attaques contre la communauté druze dans le sud du pays, au mois de juillet.
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Syrie : l’Etat Islamique libère six des otages de Souweïda, une vingtaine toujours retenus

Une trentaine de personnes avaient été enlevées par le groupe djihadiste après des attaques contre la communauté druze dans le sud du pays, au mois de juillet.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 08h28
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 09h47
   





                        


Le groupe Etat islamique (EI) a libéré six des vingt-sept otages de la province de Souweïda détenus depuis le 25 juillet, en échange de prisonnières de l’EI détenues par le régime syrien et d’une rançon, a indiqué samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« Deux femmes et quatre enfants de la province de Souweïda ont été libérés cette nuit », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane. Une information confirmée par l’agence de presse officielle Sana, qui indique que le gouverneur de Souweïda, Amer al-Ashi, a rencontré les six otages libérés, tôt dans la matinée du samedi 20 octobre.
La télévision d’Etat syrienne a diffusé des otages libérés à leur arrivée dans la ville de Souweïda : une femme le visage encadré par un voile blanc, ainsi qu’une mère et ses quatre enfants, les vêtements tachés et certains garçons ayant les cheveux entièrement rasés.
« Ma joie est indescriptible, mais elle est incomplète », a lancé à la télévision la femme au voile blanc, Rasmia Abou Amar, les traits tirés et l’air épuisé. « Mon fils n’a pas encore été libéré », lâche-t-elle après avoir retrouvé son époux.
Le 25 juillet, les jihadistes avaient enlevé une trentaine de personnes à la faveur d’une série d’attentats suicide et d’assaut coordonnés visant la communauté druze – une branche hétérodoxe de l’islam chiite. Ces attaques avaient fait plus de 250 morts, un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.

        Lire aussi, en Syrie :
         

          Human Rights Watch appelle l’organisation Etat islamique à libérer des otages



Deux otages ont été exécutés
Une vingtaine de femmes et d’enfants sont toujours détenus par l’EI, selon l’OSDH. « Les 21 otages restants devraient être libérés dans les prochaines heures ou les prochains jours », a estimé M. Abdel Rahmane.
L’accord négocié par le pouvoir de Bachar al-Assad prévoit le paiement d’une rançon d’un million de dollars par otage, mais aussi la libération d’une soixantaine de prisonnières de l’EI détenues par le régime et l’arrêt d’une offensive contre les djihadistes dans une zone désertique de Souweïda, selon l’OSDH.
« Des prisonnières de l’EI détenues par le régime ont déjà été remises à l’organisation », selon M. Abdel Rahmane, qui n’était pas en mesure de préciser leur nombre.
L’initiative prévoit aussi la libération d’autres prisonnières de l’EI, détenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et engagée dans la lutte contre les djihadistes, selon la même source.
Evoquant « une opération des services de sécurité », l’agence officielle Sana a confirmé la libération des six otages. Citant le gouverneur de Souweïda, elle assure que « le reste des otages seront libérés très prochainement ».
Depuis plusieurs mois, les tentatives de médiation étaient menées par la Russie et le régime syrien, avec l’implication de représentants des familles ou de hauts dignitaires druzes.
Deux otages ont été exécutés par les djihadistes : une jeune femme de 25 ans, dont la mort a été annoncée début octobre, et un étudiant, décapité en août. Une femme de 65 ans est aussi morte en détention.

        Lire aussi :
         

          L’angoisse des Druzes face aux djihadistes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Grace Meng prend à partie l’organisation de coopération policière qui a accepté la prétendue démission de son mari.
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L’épouse de l’ex-président d’Interpol, arrêté en Chine, demande des comptes

Grace Meng prend à partie l’organisation de coopération policière qui a accepté la prétendue démission de son mari.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 14h39
    |

            Harold Thibault (Lyon, envoyé spécial) et 
                                Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

La voix est ferme, déterminée. « C’est dingue. Ce n’est pas raisonné », nous déclare l’épouse de l’ancien président d’Interpol, Meng Hongwei, dans une salle au sous-sol d’un hôtel lyonnais. La pièce a été choisie avec validation de son garde du corps. Celle qui se fait appeler Grace Meng en anglais est désormais seule à Lyon avec ses deux enfants de 7 ans. Son mari a été arrêté lors d’un séjour en Chine, fin septembre. Mme Meng dénonce aujourd’hui la situation des droits de l’homme dans son pays, semblant faire abstraction du fait que son mari, vice-ministre de l’intérieur depuis 2004, a tant participé à ce système : « Ça a choqué toute la planète. Personne ne peut imaginer pourquoi ils font ces choses, folles, cruelles, sales. »
La famille Meng s’est installée à Lyon il y a tout juste deux ans. La Chine venait d’obtenir un de ses premiers postes à la tête d’une organisation internationale. La présidence d’Interpol est un poste aussi prestigieux qu’utile, en pleine campagne de traque des fugitifs chinois à l’étranger. Les organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, s’inquiètent alors de voir un Etat autoritaire se saisir d’une telle fonction. La femme de Meng Hongwei le suit avec leurs jumeaux.

Puis arrive l’automne 2018. Le monde se retourne pour la famille Meng, piégée par le système répressif chinois : les officiels qui faisaient arrêter sont arrêtés à leur tour. Meng Hongwei, en voyage de travail en Chine, envoie un message à sa femme sur WhatsApp, le 25 septembre : « Deng wo dian » (« attends mon appel »). Et, un peu plus tard, une émoticône représentant un poignard, signe qu’il est en danger.
Grace Meng entre en contact avec la police française, car elle reçoit des menaces, notamment un appel anonyme l’informant que « deux équipes avaient été envoyées » par les « autorités chinoises » pour « s’occuper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Votée en juillet, la loi est perçue par la Commission européenne comme une menace pour l’indépendance du système judiciaire du pays.
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La Cour de justice de l’UE bloque la réforme controversée de la Cour suprême polonaise

Votée en juillet, la loi est perçue par la Commission européenne comme une menace pour l’indépendance du système judiciaire du pays.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 10h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
                                Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Le conflit entre Varsovie et Bruxelles sur la question de l’Etat de droit en Pologne, entamé peu après l’arrivée au pouvoir des ultraconservateurs du parti Droit et justice (PiS), en novembre 2015, rentre dans sa phase culminante. Vendredi 19 octobre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a demandé au gouvernement polonais de suspendre la mise en application de sa loi controversée sur la Cour suprême, votée en juillet, et qui avance la date de retraite des juges. Elle est perçue par la Commission européenne comme une menace pour l’indépendance du système judiciaire.
Saisie le 24 septembre par l’exécutif européen, la CJUE demande expressément au gouvernement polonais de « prendre toutes les mesures nécessaires, afin que les juges de la Cour suprême (…) puissent remplir leurs fonctions au même poste, bénéficiant du même statut (…) que celui dont ils bénéficiaient avant l’entrée en vigueur de la loi ». L’ordonnance prise par la vice-présidente de la CJUE est une sorte de « super-référé », une mesure provisoire dictée par une « urgence extrême ».Parce que la Commission de Bruxelles évoquait la nécessité d’empêcher la violation d’un élément essentiel, à savoir la protection de l’Etat de droit.
Ordonnance « historique »
Elle permet de ne pas entendre la partie incriminée. Les arguments de la Pologne seront examinés plus tard. Ils devront être fondés sur le droit de l’Union et, s’ils étaient jugés convaincants, ils annuleraient l’ordonnance de vendredi. Le calendrier pour la suite de l’affaire n’est, toutefois, pas fixé.
Cette ordonnance spectaculaire est « historique », estime Nicolas Hervieu, spécialiste du droit européen et chargé d’enseignement à Sciences Po, qui relève « la gravité de la situation » : « La Pologne mais aussi la Hongrie touchent à l’un des deux piliers fondamentaux de l’Union, celui qui concerne le respect des droits humains fondamentaux, un principe que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le budget 2019, présenté lundi à Bruxelles, prévoit un déficit de 2,4 %. Les deux hommes forts du pouvoir, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, ne parviennent pas à s’accorder sur une politique économique.
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L’agence Moody’s dégrade la note de l’Italie et le gouvernement se déchire

Le budget 2019, présenté lundi à Bruxelles, prévoit un déficit de 2,4 %. Les deux hommes forts du pouvoir, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, ne parviennent pas à s’accorder sur une politique économique.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 11h02
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Conformément aux usages, la nouvelle est tombée un vendredi soir, après la fermeture des marchés. La sanction était prévisible, même si on ne l’attendait pas si tôt ; avec quelques jours d’avance sur le calendrier initialement prévu, l’agence Moody’s a abaissé d’un cran, à « Baa3 », la note de la dette souveraine italienne, le 19 octobre. Cette décision, assortie d’une perspective stable, place les bons du Trésor de la troisième économie de la zone euro au même niveau que la dette hongroise ou roumaine, à une marche de l’enfer des junk bonds (« obligations pourries »). Au bord du gouffre, donc.
Dans la note expliquant leur décision, les analystes de l’agence américaine ont mis en avant les choix du gouvernement Conte, qui a adressé à Bruxelles, lundi 15 octobre, un projet de budget 2019 comportant un déficit de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB), loin des 0,8 % annoncés au printemps. Un tel déficit conduirait la dette italienne à rester, dans les prochaines années, autour des 130 % du PIB, alors qu’elle devait commencer à décroître sensiblement, accroissant ainsi les risques pesant sur le pays en cas de retournement de conjoncture.
Le scepticisme de Moody’s s’accompagne de commentaires assez sévères sur l’« absence d’un programme cohérent de croissance », qui conduira la Péninsule à rester autour des 1 % de hausse du PIB, « au-delà des stimulations fiscales temporaires ». L’agence assortit cependant sa dégradation d’une perspective stable, reflet des atouts d’une économie jugée par ailleurs « robuste ». Reste qu’à ses yeux, la probabilité d’une sortie italienne de l’euro s’accroît.
« Dérapage sans précédent »
L’agence Standard & Poor’s, de son côté, a annoncé une décision pour le 26 octobre. Selon le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, elle ne devrait pas dégrader la note italienne, mais lui adjoindre seulement une perspective négative, même si une sanction plus grave n’est pas à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La majeure partie des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’UE passe par la région qui abrite les ports de Dunkerque et de Calais et le tunnel sous la Manche.
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Les Hauts-de-France se préparent au Brexit

La majeure partie des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’UE passe par la région qui abrite les ports de Dunkerque et de Calais et le tunnel sous la Manche.



LE MONDE ECONOMIE
 |    20.10.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 10h10
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Comment éviter le chaos attendu en cas de non-accord, le 30 mars 2019, jour de la sortie du Royaume-Uni du marché unique ? Et, « hard Brexit » ou pas, les défis pour gérer le contrôle des flux de personnes et de marchandises seront immenses dans la région des Hauts-de-France.
Dans une note adressée à l’Etat sur les risques d’un « no deal », le préfet Michel Lalande a tiré la sonnette d’alarme fin septembre. Devant la presse, il a précisé que « les conséquences sur l’organisation des contrôles, les moyens humains, et les infrastructures sont telles que nous devons entrer dans une logique de planification ».
Une majeure partie des échanges entre le Royaume-Uni et le continent passe par le nord de la France. Les chiffres 2017 du trafic franco-britannique dans la zone de Calais et de Dunkerque parlent d’eux-mêmes : plus de 30 millions de passagers, 4,2 millions de poids lourds (dont 600 000 au port de Dunkerque, 2 millions au port de Calais et 1,637 million dans le tunnel sous la Manche), 4,8 millions de véhicules légers, sans compter les 73 000 autocars traversant la Manche par les ferrys ou les 51 000 autocars empruntant le tunnel.
Fluidifier les passages
« Il est minuit moins le quart et beaucoup d’acteurs ont tardé à se réveiller, juge sévèrement Xavier Bertrand, le président de région. Le ministre [de l’action et des comptes publics] Gérald Darmanin a annoncé la formation de 700 douaniers mais ça ne suffira pas. Le vrai enjeu, c’est la technologie et la dématérialisation. »
La création d’une frontière tierce engendre en effet de nombreuses transformations : création de bureaux de dédouanement, création de bureaux de détaxe, création de brigades à l’entrée du territoire pour valider les titres de transit, et modification des infrastructures routières. Pour maintenir la compétitivité des ports nordistes, concurrencés par Anvers ou Rotterdam, il faut éviter les ralentissements et la congestion....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le maire travailliste de Londres souhaite que les Britanniques puissent s’exprimer sur un accord, alors qu’une manifestation est prévue aujourd’hui dans sa ville.
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Sadiq Khan : « Le peuple britannique devrait voter sur l’accord final du Brexit »

Dans une tribune au « Monde », le maire travailliste de Londres souhaite que les Britanniques puissent s’exprimer sur un accord, alors qu’une manifestation est prévue aujourd’hui dans sa ville.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 10h58
    |

Sadiq Khan (maire travailliste de Londres)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai fait campagne contre le Brexit et suis fier que les Londoniens aient majoritairement voté pour rester au sein de l’Union européenne. Bien entendu je respecte la volonté démocratique des électeurs. Mais ceux qui ont voté en faveur d’une sortie de l’UE ne souhaitaient pas la baisse des investissements, les pertes d’emplois et la diminution du rôle de la Grande-Bretagne sur la scène mondiale. Or il semble malheureusement que c’est vers cela que nous nous dirigeons, du fait que depuis le référendum de juin 2016, le gouvernement britannique se montre totalement dépassé et privé de direction.
Chacun a probablement lu beaucoup plus de choses sur les ambitions de Boris Johnson [porte-parole du camp pro-Brexit] que sur un projet de sortie cohérent permettant de conclure un accord garantissant une relation solide avec nos partenaires européens. Le temps étant désormais compté, il ne nous reste que deux possibilités : un mauvais accord, ou un « no deal », qui pourrait provoquer la perte de 500 000 emplois en Grande-Bretagne d’ici à 2030.
C’est pourquoi, après mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que le peuple britannique devait avoir en dernière instance son mot à dire sur le Brexit. Ce qui signifie un vote public sur tout accord final conclu par le gouvernement, ou sur un Brexit sans accord au cas où les négociations avec Bruxelles échoueraient, avec comme alternative l’option de rester au sein de l’Union européenne.
Londres proche de la France
En tant que maire de Londres, je n’accomplirais pas ma tâche, qui est de défendre les intérêts des Londoniens, si je n’affirmais pas aujourd’hui qu’il est temps de réfléchir à nouveau à la façon dont nous allons prendre cette décision cruciale pour l’avenir de notre pays. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je me joindrai aux dizaines de milliers de personnes, issues de toutes les couches de la société et de toutes les régions britanniques, qui vont se rassembler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur au CNRS Nabil Mouline estime que l’image de « réformateur » revendiquée par le prince héritier prend un sérieux coup depuis la disparition du journaliste Jamal Khashoggi.
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Arabie saoudite : « Mohammed Ben Salman, l’erreur de casting »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur au CNRS Nabil Mouline estime que l’image de « réformateur » revendiquée par le prince héritier prend un sérieux coup depuis la disparition du journaliste Jamal Khashoggi.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 07h06
    |

                            Nabil Mouline (Chargé de recherches au CNRS)








                        



                                


                            

Tribune. La mystérieuse disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre, après s’être rendu au consulat de son pays à Istanbul, a sans doute levé le voile sur le vrai visage de la transition politique en Arabie saoudite, voulue par le prince héritier, Mohammed Ben Salman, dit « MBS ». Cet acte, qui rappelle à bien des égards les agissements des dictateurs arabes de la seconde moitié du XXe siècle, montre bien jusqu’où peut aller le nouvel homme fort de Riyad pour conserver son pouvoir absolu et donner à voir sa toute-puissance.
Arrivé au pouvoir à la faveur de circonstances exceptionnelles – le décès de ses trois oncles Sultan, Nayef et Abdallah entre 2011 et 2015, l’intronisation de son père et l’élection de Donald Trump –, le jeune prince, 33 ans aujourd’hui, adopte très rapidement une stratégie de communication agressive dans l’objectif de légitimer son pouvoir fraîchement acquis et de consolider son image de « modernisateur ». Séduits par les effets d’annonce, les gouvernements et les médias occidentaux prennent fait et cause pour Mohammed Ben Salman, arguant que… la fin justifie les moyens !

Grâce à la protection de son père et au soutien de Donald Trump, « MBS » entreprend, de manière aussi brutale que fulgurante, de transformer le système politique local. Le traditionnel autoritarisme collégial, plus ou moins souple, cède très rapidement la place à un autoritarisme personnel répressif.
Cela a commencé par l’élimination de tous ses rivaux au sein de la famille royale. Après s’être arrogé de larges prérogatives dans tous les domaines, Mohammed Ben Salman destitue, en 2017, le prince héritier Mohammed Ben Nayef, l’assigne à résidence, puis emprisonne un grand nombre de princes au Ritz-Carlton – notamment le puissant chef de la garde nationale, Mitab Ben Abdallah, et le milliardaire Al-Walid Ben Talal – et limite les mouvements des autres. Dans la même dynamique, il embastille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Ils sont quelque 3 000 migrants, dont de nombreuses femmes avec des enfants, à fuir la misère et la violence qui ravagent leur pays.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Quatre-vingts députés sur 120 se sont prononcés en faveur de la proposition du gouvernement qui prévoit de rebaptiser le pays République de Macédoine du Nord.
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Le Parlement macédonien vote le début du processus pour changer de nom

Quatre-vingts députés sur 120 se sont prononcés en faveur de la proposition du gouvernement qui prévoit de rebaptiser le pays République de Macédoine du Nord.



Le Monde.fr avec AFP
 |    20.10.2018 à 02h50
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 12h47
   





                        



La Parlement de Macédoine a voté vendredi 19 octobre le lancement du processus en vue de changer le nom du pays en République de Macédoine du Nord ; un premier pas pour mettre fin au différend qui l’oppose à la Grèce depuis vingt-cinq ans.
Selon un journaliste de l’Agence France-Presse sur place, 80 députés – sur 120 – ont voté en faveur de la proposition du gouvernement, permettant d’atteindre la majorité requise des deux tiers.
« Un grand jour pour la démocratie à Skopje ! », a réagi sur Twitter le commissaire européen chargé des négociations d’élargissement et de la politique de voisinage, Johannes Hahn. Les responsables européens et américains avaient apporté un franc soutien au changement de nom, arguant qu’il s’agissait-là d’une occasion unique afin d’arrimer la Macédoine aux pays occidentaux.
« Aujourd’hui c’est un jour historique et symbolique pour notre politique des affaires étrangères », s’est félicité de son côté le premier ministre grec, Alexis Tsipras. « C’est une journée de joie (…), qui prouve le rôle dynamique de la Grèce, facteur de stabilisation dans les Balkans et le sud-est de l’Europe », a-t-il ajouté.
Adhésion à l’OTAN et l’UE
Depuis l’indépendance de cette ex-république yougoslave, en 1991, la Grèce juge que le nom de Macédoine ne peut s’appliquer qu’à sa province septentrionale. Athènes explique que cette appellation appartient à son patrimoine historique et culturel et ne peut s’appliquer qu’à sa région autour de Thessalonique.
Un accord conclu en juin entre les premiers ministres macédonien, Zoran Zaev, et grec, Alexis Tsipras, prévoit donc de baptiser République de Macédoine du Nord le petit pays pauvre des Balkans. Cet accord doit ouvrir la voie à la levée du veto grec à l’adhésion de Skopje à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et à l’Union européenne (UE).
Le processus n’est pas achevé, car des amendements doivent désormais proposer d’incorporer le nouveau nom dans la Constitution. Un autre vote du Parlement sera par la suite nécessaire pour entériner ce changement.
Semaine de vifs débats
Mais, le premier vote de vendredi soir, à l’issue d’une semaine de vifs débats à Skopje, représente une victoire cruciale pour le social-démocrate Zoran Zaev, qui a dû se battre pour convaincre une dizaine de parlementaires du parti d’opposition de centre droit, l’Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l’unité (VMRO-DPMNE).
« Je veux dire merci à chaque député et particulièrement aux députés du VMRO-DPMNE qui ont placé les intérêts de l’Etat au-dessus des intérêts personnels et du parti malgré la pression inutile exercée sur eux », a réagi M. Zaev, ajoutant qu’il allait « garantir » leur sécurité.
Parmi ces membres de l’opposition se trouvaient trois députés qui avaient été libérés sous caution cette semaine. Ils doivent répondre de leur implication présumée concernant l’irruption dans le Parlement d’une centaine de manifestants le 27 avril 2017, lors de laquelle le sang avait coulé, y compris celui du premier ministre.
Celui-ci a refusé de dire s’il y avait eu des négociations pour leur éventuelle amnistie. « Personnellement, je pardonne chacun d’eux », a-t-il déclaré à des journalistes, sans développer.
Incertitude en Grèce
Zoran Zaev avait dit que s’il ne parvenait pas à obtenir la majorité des deux tiers lors du vote de vendredi il convoquerait des élections anticipées.
Le 30 septembre, un référendum sur le changement de nom avait été largement boudé par les Macédoniens ; deux tiers des électeurs inscrits n’ayant pas participé pas au vote. Le oui l’avait emporté à 90 %, mais cette forte abstention a constitué un revers pour le premier ministre et compliqué sa tâche pour faire accepter l’accord par les députés.

        Lire aussi :
         

                Le gouvernement grec tangue sur la question du nom de la Macédoine



Pour que cet accord entre en vigueur, il doit également être entériné par le Parlement grec. Là encore, l’incertitude est de mise : le vote de ratification pourrait potentiellement faire chuter le gouvernement Tsipras, dont la coalition ne dispose que d’une courte majorité de 152 députés, dont 7 du parti Grecs indépendants (ANEL, souverainistes), sur 300.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le Phenix est un moyen crucial pour la pérennité de dissuasion nucléaire. Dans le cadre d’un programme estimé à 3,5 milliards d’euros, douze appareils doivent être livrés en 2023.
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L’armée de l’air française a reçu à Istres son premier tanker multirôle

Le Phenix est un moyen crucial pour la pérennité de dissuasion nucléaire. Dans le cadre d’un programme estimé à 3,5 milliards d’euros, douze appareils doivent être livrés en 2023.



LE MONDE
 |    20.10.2018 à 02h22
 • Mis à jour le
20.10.2018 à 13h49
    |

            Nathalie Guibert (Istres, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Enfin ! », disent-ils tous. C’est peu dire que les aviateurs attendaient cet appareil. Le premier Airbus gris Multi Role Tanker Transport (MRTT) de l’armée de l’air française a été baptisé sous les lances à incendie des pompiers de la base d’Istres (Bouches-du-Rhône), vendredi 19 octobre. Ravitaillement en vol, transport de fret et de personnel, hôpital mobile pour les évacuations sanitaires et centre de commandement mobile des opérations : le MRTT, baptisé Phenix, est une nouvelle capacité militaire majeure pour la France. Dans le cadre d’un programme estimé à 3,5 milliards d’euros, douze exemplaires doivent être livrés en 2023, et quinze à terme. Ils remplaceront plusieurs types d’appareils.
« C’est un avion qui a été attendu trop longtemps », admet la ministre des armées, Florence Parly. Et d’abord pour l’arme nucléaire. Car les quatorze C135 sur lesquels repose l’autonomie de la dissuasion française volent depuis plus de 50 ans. Leur disponibilité (classifiée) « demande beaucoup d’efforts et de personnels », selon le chef d’état-major de l’armée de l’air, Philippe Lavigne. « De facto, il faut que le C135 continue de voler », souligne le commandant Aurélie devant son vieil avion, car la dissuasion est prioritaire « et il faut éviter le point de rupture ». Les fils électriques, la structure de l’appareil sont ceux de 1965. Il fallait vingt heures de maintenance pour une heure de vol en 2007, il en faut désormais plus de quarante. Les quatorze C135 de la flotte française ont 400 000 heures de vols dans les ailes.

88 militaires et quatre Rafale
Le ravitailleur est ainsi le dernier élément à être modernisé dans le plan lancé il y a dix ans après le bombardier (les derniers Mirage 2000 nucléaires ont été remplacés par des Rafale à l’été) et le missile (l’ASM-PA). « Conserver une composante aéroportée pour la dissuasion suppose de pouvoir projeter les avions qui portent l’arme nucléaire...




                        

                        

