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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le quatuor, qui vient de sortir son deuxième album, « Image au mur », vibre d’une force collective intense.
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Rock : la sombre vitalité de Grand Blanc

Le quatuor, qui vient de sortir son deuxième album, « Image au mur », vibre d’une force collective intense.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 17h51
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Entité centrale de l’histoire du rock, la notion de groupe semblait dépréciée par le triomphe plus individualiste des musiques urbaines. Il lui arrive pourtant de retrouver son éclat, comme avec Grand Blanc, quatuor dont le deuxième album, Image au mur, vibre d’une force collective, aussi intense dans l’élan électrique ou dansant (Belleville, Los Angeles, Rivière, Aurore…) que dans la rêverie sensuelle (Les Iles, Des gens bien, Rêve BB rêve, Ailleurs…).
On a beau ne pas raffoler des entretiens en bande, atomisant souvent la parole au détriment des idées directrices, l’énergie qui les transcende justifie la rencontre de Benoît David (chant, guitare), Camille Delvecchio (chant, claviers), Vincent Corbel alias Korben (basse) et Luc Wagner (batterie).
Benoît David (chant, guitare) : « Nous avons passé un deal : ce que nous faisons ensemble est plus grand que le reste »
En cet automne estival, le groupe donne rendez-vous à la terrasse d’un café de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) face à son local de répétition, enterré dans les sous-sols de Mains d’Œuvres, salle et vivier de l’effervescence underground, qui les accueille en résidence depuis trois ans. « Il y a très peu de moments où on n’est pas ensemble, que ce soit en studio, en répétition, en concert… », constate Camille Delvecchio, avec plus de tendresse que de lassitude. Les courtes vacances d’été auraient pu être l’occasion de faire un break, mais la fine claviériste n’a pu s’empêcher de les passer avec « Ben ». « Nous sommes parfois plus proches d’une famille que d’un groupe », ajoute ce dernier. « Les conflits existent, mais nous avons passé un deal : ce que nous faisons ensemble est plus grand que le reste. »
Travailler en autarcie
C’est à Metz – dont Benoît, Camille et Luc sont originaires, alors que Korben vient de Mantes-la-Jolie – que Grand Blanc est né. Si la plupart de ses membres avaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’exposition célèbre largement l’artiste ivoirien Frédéric Bruly Bouabré (1923-2014), poète, inventeur d’une écriture et dessinateur prolifique.
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Sélection galerie : « Co-naissance » chez André Magnin

L’exposition célèbre largement l’artiste ivoirien Frédéric Bruly Bouabré (1923-2014), poète, inventeur d’une écriture et dessinateur prolifique.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 17h30
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Depuis quatre décennies, André Magnin se rend en Afrique découvrir des artistes. Bien avant que ce ne soit une mode, il s’y employa pour l’exposition « Magiciens de la terre », en 1989, puis y composa l’immense collection de Jean Pigozzi, dont la Fondation Louis Vuitton a montré une partie en 2017. Il est du petit nombre de ceux qui ont fait que la création au sud du Sahara est de moins en moins ignorée du monde et du marché de l’art.
Après y avoir eu un bureau, Magnin a aujourd’hui sa galerie à Paris, inaugurée le 18 octobre : une naissance, comme l’indique le titre de l’exposition. Celle-ci célèbre largement l’artiste ivoirien Frédéric Bruly Bouabré (1923-2014), poète, inventeur d’une écriture et dessinateur prolifique. Il y a là plusieurs de ses séries : un vaste dictionnaire des nations du monde, chacune étant représentée par une allégorie nettement androgyne, une tragédie villageoise de naissances et de morts, les éléments d’une cosmogonie fabuleuse et encore des œuvres de mots, sans images, énigmatiques ou narquoises.
Dans le vaste espace dont dispose la galerie, ces miniatures aux crayons de couleur voisinent avec quelques pièces de l’artiste italien Alighiero Boetti (1940-1994), autre grand voyageur et rêveur, dont une des plus belles des mappemondes qu’il faisait tisser en Afghanistan, où il vécut, et ses compositions aléatoires de majuscules. Le vivant du trio inaugural est Marcel Miracle. Lui aussi joue avec autant de volupté des mots que des images, les arrangeant en collages et assemblages qui tiennent du rébus, de la maxime ou du calembour.
« Co-naissance, Alighiero Boetti, Frédéric Bruly Bouabré, Marcel Miracle ». Galerie Magnin-A, 118, boulevard Richard-Lenoir, Paris 11e. Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 1er décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le film de Dino Risi (1962), avec Jean-Louis Trintignant et Vittorio Gassman, ressort en salle dans une version restaurée.
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Reprise : « Le Fanfaron », mélancolique dolce vita

Le film de Dino Risi (1962), avec Jean-Louis Trintignant et Vittorio Gassman, ressort en salle dans une version restaurée.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 17h08
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



   


La première époque du néo-réalisme italien racontait un pays détruit par la guerre et en butte à une pauvreté endémique. La seconde période, dans les années 1950, s’efforcerait d’ajouter une touche plus fantaisiste à la réalité sombre d’un pays. En 1962, lorsque Dino Risi s’attelle à la réalisation du Fanfaron, qui ressort aujourd’hui en version restaurée, les choses sont différentes. L’Italie rencontre à nouveau la prospérité et traverse ce qu’il est convenu d’appeler un miracle économique.
Pour le réalisateur italien, ce miracle comporte son versant obscur sur lequel il avait déjà posé, un an plus tôt, dans Une vie difficile, un même regard désenchanté. Jamais le vide spirituel de ce miracle économique n’aura été aussi bien incarné que par ce personnage grand et brun, faussement élégant, un hâbleur vivant au jour le jour, raciste et fourbe, sympathique et superficiel, incarné dans Le Fanfaron par Vittorio Gassman. Un enjôleur sans scrupules, un personnage très incarné, séduisant, mais repoussant une fois dépassé le stade des apparences. Un homme que Dino Risi regarde comme l’incarnation de l’Italien de l’immédiat après-guerre.
La Lancia Aurelia décapotable raconte une Italie de rêve
Le titre italien original du Fanfaron, Il Sorpasso, désigne le dépassement d’une voiture. Un titre assurément plus pertinent et complexe pour désigner la nature du film, un « road movie », et ce qui s’avère être son personnage principal, une Lancia Aurelia décapotable, stage ultime de la croissance italienne, après l’ère de la bicyclette puis celui de la Vespa. Apparue à la fin des années 1950, cette voiture représentait un idéal d’élégance et de raffinement. Un instrument de domination aussi. Celle qui vous autorise tous les dépassements en faisant fi des lois. Une fois lancée sur les routes de la côte toscane, passant devant les boîtes de nuit à la mode, les plages privées, les demeures d’aristocrates, cette voiture raconte une Italie de rêve correspondant à celle, réelle, que connaissait si bien Dino Risi et qui avait depuis longtemps cessé de l’impressionner.
Les sensations de l’opulence et de la vitesse
Cette Lancia Aurelia, vecteur de tous les fantasmes, était sans doute encore perçue sans filtre par le spectateur italien en 1962. Et c’est avec curiosité et envie que ce même spectateur regardait le jeune étudiant en droit incarné par Jean-Louis Trintignant, sorti de l’ennui de sa chambre et de ses livres par le propriétaire du bolide, monter dans le fauteuil passager de cet engin, à la manière d’un gagnant à la loterie, pour éprouver un 15 août, jour le plus creux de l’année, les sensations de l’opulence et de la vitesse.
Une des autres significations en italien d’« il sorpasso » désigne la supériorité sociale et intellectuelle. Le Fanfaron joue sur la polysémie de son titre original. Le « sorpasso » du film est aussi l’étudiant interprété par Trintignant, naïf, impressionnable, mais doté d’une remarquable faculté d’acuité. Une des idées de génie du film est de raconter cette histoire à travers ses yeux, à la manière d’un flux de conscience, où ce dernier constate la vacuité et la corruption de son compagnon en même temps que la tristesse de sa propre existence. Dino Risi jouait admirablement sur la dynamique entre ses deux comédiens. Vittorio Gassman, avec lequel le metteur en scène tournerait quinze films en trente ans, était son double. Trintignant, c’est différent. Risi n’en voulait pas à l’origine et s’était vu imposer par la production un comédien français.
Le regard perdu de Jean-Louis Trintignant
Dès qu’il avait croisé le regard perdu du jeune acteur, le réalisateur avait compris tout le parti qu’il pourrait en tirer. Cette position d’outsider, d’observateur, de poisson hors de l’eau imposée à Trintignant, permet d’activer de manière brillante la dynamique impulsée par le metteur italien, où les protagonistes de la dolce vita, nourris d’un bonheur éphémère, savent cette opulence inespérée sans lendemain. Lorsque les deux passagers écoutent, à bord de leur voiture, une chanson de Domenico Modugno, Vecchio Frack, sur un homme qui se suicide, ce n’est plus seulement la mélancolie de ce tube qui les atteint, mais la prescience de leur destin, la vanité de leur existence, l’idée que leur trajectoire, à la manière de la conduite de leur vie, s’effectue sans direction.
En 1962, personne n’attendait Le Fanfaron. Ni la critique, rétive au spleen déployé par cette comédie. Ni son producteur, persuadé de devoir mettre la clé sous la porte. Le public, parfois en avance, se montrant davantage sensible à l’envers du rêve italien, lui avait réservé un triomphe, conscient que Le Fanfaron s’imposait d’emblée comme le film emblématique de son époque.

Film italien de Dino Risi (1962). Avec Vittorio Gassman, Jean-Louis Trintignant, Catherine Spaak (1 h 42). Sur le Web : www.splendor-films.com/items/item/583 et www.facebook.com/solarisdistrib



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Probablement conçu comme un hommage aux comédies policières américaines des années 1980, le film de Rachid Bouchareb n’en est que le pâle reflet.
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« Le Flic de Belleville » : Omar Sy sur les traces d’Eddie Murphy

Probablement conçu comme un hommage aux comédies policières américaines des années 1980, le film de Rachid Bouchareb n’en est que le pâle reflet.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h32
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
L’allitération entre le toponyme de l’habitat naturel des stars hollywoodiennes et celui d’une commune populaire du nord de Paris intégrée à la capitale en 1860, l’ascendance commune d’Eddie Murphy et d’Omar Sy devaient suffire à faire du Flic de Belleville le successeur naturel et tricolore du Flic de Beverly Hills (Martin Brest, 1984). Cette conviction était suffisamment chevillée au corps de Rachid Bouchareb pour que le réalisateur de Little Senegal et Indigènes ait cru possible de se passer de scénario, de dévider sur presque deux heures – qui en paraissent quatre – les lieux communs du cinéma d’action.
Les moyens luxueux dont a disposé le film démontrent que l’argent des producteurs ne fait pas le bonheur des spectateurs
Les moyens luxueux (pour un long-métrage français) dont a disposé le film démontrent que l’argent des producteurs ne fait pas le bonheur des spectateurs. Ce qui tient lieu d’intrigue trimballe le héros, Baaba Keita (Omar Sy) du 20e arrondissement à la république fictive du Daloa (Afrique de l’Ouest), en s’arrêtant un très long moment à Miami.
Spécialisé dans l’arrestation de pickpockets, le brigadier Keita vit à Belleville avec sa mère Zohra (Biyouna). Il parle mandarin et sa fiancée Lin (Diem Nguyen) est d’origine chinoise. Peut-être parce que son cocon est un microcosme, Baaba n’a jamais quitté les pentes de son quartier (c’est l’une des bonnes idées que l’on verra dépérir sur pied tout au long du film). Jusqu’à ce que son copain d’enfance, Roland (Franck Gastambide), soit assassiné sous ses yeux, juste après lui avoir révélé que Belleville est devenu l’une des plaques tournantes du trafic de cocaïne.
Tour de passe-passe
Grâce à une astuce de scénario qui n’en est pas tout à fait une, le brigadier Keita est envoyé à Miami pour tirer au clair cette affaire. Il y est confié au lieutenant Garcia (Luis Guzman), policier en délicatesse avec sa hiérarchie. Les deux hommes se détestent, se défient et en un tour de passe-passe qui ferait passer l’arc dramatique de L’Arme fatale pour le scénario de Persona, finissent par s’entendre si bien qu’ils partent pour l’Afrique afin de neutraliser des narcotrafiquants issus d’un régime prédateur.
Entre-temps, Omar Sy aura cité tous les grands succès du cinéma policier américain des années 1980, ébloui les danseurs d’un club de Miami, obéi puis désobéi à son envahissante maman. Cette agitation ne suffit pas à masquer le manque de substance du personnage, et l’impuissance croissante de l’acteur à y faire face.

Film français de Rachid Bouchareb. Avec Omar Sy, Luis Guzman, Biyouna, Diem Nguyen (1 h 50). Sur le Web : https://www.metrofilms.com/films/belleville-cop



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A écouter cette semaine : un quatuor issu du Conservatoire au répertoire à part, du Bowie période dansante, une euphorisante mixture argentine…
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Sélection albums : SpiriTango Quartet, David Bowie, Minino Garay…

A écouter cette semaine : un quatuor issu du Conservatoire au répertoire à part, du Bowie période dansante, une euphorisante mixture argentine…



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h42
   





                        


SpiriTango Quartet TrANsGressiOnS

   


Constitué il y a huit ans par des jeunes musiciens de formation classique, le SpiriTango Quartet est un quatuor à part (effectif, répertoire), mais un quatuor à part entière (diplômé comme tel du Conservatoire de Paris), dans la lignée des grands quatuors à cordes. Leur Schubert s’appelle Piazzolla (que le violoniste Gidon Kremer tient d’ailleurs pour l’égal du compositeur de La Jeune fille et la mort) et leur champ d’action, le tango. L’ensemble repose sur l’accordéon souverain de Thomas Chedal, qui offre une lumineuse interprétation de l’Opale Concerto de Richard Galliano, et sur le piano ample et accueillant de Fanny Azzuro. Le violon vagabond de Fanny Stefanelli, la contrebasse chaloupée de Benoît Levesque et, invitée pour quatre pièces, la percussion zoomorphe de Vassilena Serafimova contribuent aussi à la flamboyance d’un programme qui associe créateurs d’hier (entre autres, Astor Piazzolla) et d’aujourd’hui (très belle page de Graciane Finzi). Pierre Gervasoni
1 CD Paraty.
David Bowie Loving The Alien [1983-1988]

   


Quatrième coffret dans la série des rééditions chronologiques des enregistrements de David Bowie, Loving the Alien [1983-1988] couvre la période qui vit David Bowie devenir une vedette internationale avec des records de ventes pour son album Let’s Dance, en 1983, et des tournées gigantesques – le Serious Moonlight Tour après Let’s Dance et le Glass Spider Tour en 1987. Outre ce Let’s Dance, coproduit avec Nile Rodgers, l’on retrouve les deux albums suivants Tonight (1984) et Never Let Me Down (1987), l’un et l’autre dans un son pop années 1980 destiné à plaire au plus grand nombre, et les enregistrements de concerts des tournées déjà publiés – celui du Serious Moonlight Tour ici complet. A cet ensemble ont été ajoutés trois CD de raretés : des remix de différentes chansons, dont les éditions originales sont des pièces de collection, des versions différentes de celles des albums conçues pour les singles, des chansons uniquement sorties en singles ou enregistrées pour des films, les duos avec Mick Jagger et Tina Turner.
Enfin, une version réenregistrée en 2018 de l’album Never Let Me Down est proposée. Bowie s’était souvent déclaré peu satisfait de l’aspect clinquant de l’original et avait envisagé de le réenregistrer, travaillant dans ce sens dès 2008. Le voici complet. La voix de Bowie et quelques parties instrumentales ont été conservées et le reste rejoué par de nouveaux musiciens, qui ont collaboré à d’autres périodes avec Bowie comme le guitariste Reeves Gabrels, le bassiste Tim Lefebvre et le batteur Sterling Campbell. Cela donne un disque plus dépouillé, plus rock, plus direct, plus intemporel. Une curiosité qui ne sera disponible que dans ce coffret. Lequel, comme les précédents, bénéficie d’une présentation soignée, avec un épais livret et des reproductions méticuleuses des pochettes. Sylvain Siclier
1 coffret de 11 CD Parlophone/Warner Music.
Parcels

   


Presque deux ans que ce quintette australien, repéré par les têtes chercheuses du label français Kitsuné, titille la hype à coups de singles aguicheurs et de concerts sudatoires. Impatient, on entre dans leur premier album en se disant que les gamins de Byron Bay (la ville la plus à l’est du continent australien), émigrés à Berlin, mêlent décidément à la perfection langueur balnéaire et groove stylé. Des riffs malicieusement sexy de Comedown et Lightenup, aux attachantes harmonies de Withorwithout (illustré par un clip sanglant avec Milla Jovovich) ou Tape, les éphèbes pop donnent la douce impression d’entendre Daft Punk et Phoenix Jammer avec Chic et les Bee Gees. Les choses se gâtent pourtant dès le cinquième morceau, Everyroad, interminable tunnel (8,36 mn) de dialogues philosophiques sur fond de musique d’ascenseur. Et – presque – aucun des sept titres suivants (à l’exception de Tieduprightnow), vocalement monotones et mélodiquement plats, ne retrouve les gracieuses promesses de l’ouverture. Stéphane Davet
1 CD Kitsuné/Because.
Minino Garay Tunga Tunga’s Band

   


En 2013, Minino Garay, le percussionniste argentin le plus célèbre de Paris, publiait un album (Asado) en hommage à Cordoba, sa ville natale (au centre de l’Argentine), et à la musique de bal qu’on y jouait dans sa jeunesse : le cuarteto, appelé aussi tunga- tunga. Un genre de fusion fort joyeuse, nourrie entre autres de « la tarentelle et du paso-doble, rapportés par les immigrants italiens et espagnols en Argentine », explique le musicien et chanteur. Cette euphorisante mixture émaillée de dictons populaires et coquins, née dans les années 1940, c’est encore le propos de ce nouvel album, enregistré entre la France et Cordoba, qu’il dédie à la mémoire de son père, récemment disparu. Il a invité une ribambelle de complices, femmes et hommes, tel le chanteur Carlos « La Mona » Jimenez. Histoires cocasses, d’amour, de désirs ou de désaccords, une relecture savoureuse d’Elle a les yeux revolver (Marc Lavoine), une autre d’Azzurro (le succès d’Adriano Celentano, composé par Paolo Conte) défilent sur fond de cordes, piano et accordéon sautillant sur un rythme enlevé. Un disque fêtard, à danser sans manières. Patrick Labesse
1 CD Viavox/L’Autre Distribution.
Bixiga 70 Quebra-Cabeça

   


Un casse-tête (quebra cabeça), la musique de cette petite bande afro-funky de Sao Paulo, neuf musiciens dont l’histoire commune a commencé à Bixiga, un quartier cosmopolite de la mégapole ? Pas le moins du monde. Urbaine et fiévreuse, débordante de rythmes canailles et d’envolées de cuivres qui claquent, elle rayonne d’évidence, s’impose immédiatement, à l’oreille autant qu’au corps. Comme dans les précédents, l’afro-beat nigérian et le highlife ghanéen courent dans le quatrième album de ces Brésiliens toqués de sons urbains africains, avec des clins d’œil à la Jamaïque, au funk, au groove éthiopien, et des percées de jazz ou de guitare rock. Les garçons repoussent encore plus loin les frontières de leur terrain de jeu habituel en y injectant des sonorités électro et des sinuosités nouvelles. Une musique hybride assumée et revendiquée. Un vrai casse-tête pour les maniaques du rangement. Patrick Labesse
1 CD Glitterbeat/Differ-ant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’éditeur des séries « Grand Theft Auto » et « Red Dead Redemption » est critiqué depuis que son cofondateur a parlé de semaines de 100 heures de travail.
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Des employés de Rockstar Games défendent le géant du jeu vidéo

L’éditeur des séries « Grand Theft Auto » et « Red Dead Redemption » est critiqué depuis que son cofondateur a parlé de semaines de 100 heures de travail.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h04
    |

            William Audureau








                        



   


Après le rétropédalage, la contre-attaque. Depuis jeudi 18 octobre, Rockstar Games (l’éditeur de jeux vidéo à l’origine de la série GTA et de la superproduction Red Dead Redemption 2, qui sort le 26 octobre), a lancé une campagne de communication pour redorer son image en tant qu’employeur, entachée par de récentes accusations de surcharge de travail.
Dans une interview publiée le 14 octobre, le cofondateur du label, Dan Houser, a évoqué des semaines de 100 heures de travail lors du développement de Red Dead Redemption 2. Une déclaration qu’il a minimisée dès le lendemain, à la suite de la polémique qu’elle a suscitée, évoquant des cas rares de telles semaines de travail, réservés à quelques très haut placés et sur la seule base du volontariat.
Le 15 octobre, une enquête du Monde confirmait toutefois une culture de la surcharge de travail ancrée depuis le début des années 2000, ayant mené de nombreux employés à travailler au-delà de 80 heures par semaine – dans des proportions différentes selon les filiales et les corps de métier. D’anciens salariés de Rockstar avaient également pris la parole sur les réseaux sociaux, à l’image de Job Stauffer, qui a raconté qu’à l’époque de GTA IV (sorti en 2008), « c’était comme travailler avec un pistolet sur la tempe, sept jours sur sept ». 
« Jamais travaillé plus de 50 heures »
C’est dans ce contexte que Rob Nelson, codirigeant de la filiale écossaise Rockstar North, a donné un entretien au Guardian publié le 18 octobre. Il y déclare : « Est-ce que les gens travaillent dur, est-ce qu’on fait des heures supplémentaires ? Oui, c’est le cas. Est-ce quelque chose que nous voulons voir régulièrement et sur le long terme, normalisé, comme s’il s’agissait d’une médaille ou que sais-je ? Non. Nous réfléchissons dur pour trouver la meilleure organisation et nous voulons encore nous améliorer. »
Cas unique dans l’industrie du jeu vidéo, la compagnie a fourni pour l’occasion des statistiques sur les temps de travail effectifs, basées sur les heures déclarées par les employés : entre 42 et 45,8 heures par semaine en moyenne du 8 janvier à la fin septembre. Ces statistiques ne précisent pas si les métiers transverses (comptabilité, relations humaines, etc.), moins exposés, sont comptés dedans, ni surtout si les heures supplémentaires, régulières chez Rockstar, sont prises en compte.
Dans le même temps, Rockstar a envoyé, jeudi 18 octobre, un e-mail à ses salariés pour les autoriser à s’exprimer publiquement sur les réseaux sociaux – une première au sein de cette entreprise notoirement connue pour sa culture du secret. Vivian Langdom, programmeuse au sein de la filiale Rockstar San Diego, a ainsi raconté sur Twitter n’avoir « jamais travaillé plus de 50 heures par semaine à la louche », mais faire régulièrement entre deux et six heures supplémentaires payées hebdomadairement.
Zoë Sams, programmeuse chez Rockstar North, assure, elle, « n’avoir jamais travaillé 100 heures de sa vie », et avoir été remerciée chaque fois qu’elle avait fait des heures supplémentaires. Un autre employé de Rockstar North, Tom Fauntley, s’est, lui, montré plus réservé : « Nous faisons des heures sup’. Je n’ai pas jamais vu personne forcé de travailler 100 heures par semaine, mais j’ai assurément vu des amis se rapprocher bien plus de ce chiffre qu’il ne le faudrait pour leur santé. »
Un studio vitrine et des silences
Comme le relatait Le Monde dans son enquête, Rockstar s’appuie sur un réseau de dix antennes réparties en Angleterre, en Ecosse, aux Etats-Unis et en Inde, avec des statuts et des fonctionnements différents. Rockstar North, situé à Edimbourg en Ecosse, est le centre historique de la création et jouit de conditions de travail privilégiées, ainsi que d’un attachement important de ses employés à leur entreprise. Dans une moindre mesure, il en va de même de Rockstar San Diego, qui après avoir protesté contre les surcharges de travail présentées comme très difficiles en 2010, a vu ses conditions s’améliorer.
La situation est moins rose dans les antennes moins prestigieuses, comme Rockstar Lincoln, en Angleterre, où sont prises en charge les tâches les moins qualifiées, comme le Q & A (l’assurance qualité, qui consiste à jouer en boucle au jeu pour traquer les bugs). Selon les informations du Monde, en dépit de l’e-mail interne de Rockstar, les salariés y sont bien plus réticents, voire craintifs, à l’idée de s’exprimer sur les réseaux sociaux, et à se plaindre publiquement, au vu et au su de leur employeur, de leurs conditions de travail.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Ses céramiques et ses tapisseries provocatrices mêlées d’un goût prononcé pour le travestissement font de Grayson Perry l’un des artistes les plus populaires au Royaume-Uni. Son œuvre est exposée à la Monnaie de Paris.
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Grayson Perry, artiste de comique céramique


                      Ses céramiques et ses tapisseries provocatrices mêlées d’un goût prononcé pour le travestissement font de Grayson Perry l’un des artistes les plus populaires au Royaume-Uni. Son œuvre est exposée à la Monnaie de Paris.



M le magazine du Monde
 |    19.10.2018 à 14h40
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

En Crocs jaunes et Tee-shirt rose, Grayson Perry aime disserter sur la « nouvelle masculinité » en cette période de libération de la parole féminine. Marié, père d’une fille de 26 ans, l’artiste de 58 ans est connu pour ses œuvres irrévérencieuses, céramiques, sculptures et tapisseries, qui sont exposées jusqu’au 3 février à la Monnaie de Paris. Il l’est également pour son goût du travestissement. Ce Britannique, qui reçoit dans son atelier du quartier d’Islington à Londres, où trônent deux Harley-Davidson customisées en orange pétard et vert gazon, cherche depuis son adolescence « une alternative à un monde d’hommes ».
« Les vêtements masculins sont comme de tristes peaux d’oiseau. Mais les hommes aussi ont besoin d’être remarqués. Et moi, j’ai envie d’attirer l’attention. »
Grayson Perry a d’ailleurs fait de son nounours un double masculin grotesque, baptisé Alan Measles, tantôt vieux sage, tantôt faussement conquérant, qui apparaît dans plusieurs œuvres. Plus encore, il a créé un alter ego féminin, Claire, à la garde-robe flamboyante – conçue par les étudiants en art de l’école Central Saint Martins – et aux escarpins taille 43, dont la silhouette fantasque est de tous les vernissages qui comptent à Londres. Cette fantaisie aurait pu reléguer l’artiste dans la catégorie burlesque, alors que son propos est très sérieux, même s’il en parle avec les cheveux en pagaille et un ton pince-sans-rire. « Les vêtements masculins, dit-il, sont comme de tristes peaux d’oiseau. Mais les hommes aussi ont besoin d’être remarqués. Et moi, j’ai envie d’attirer l’attention. »

De l’attention, il en a furieusement manqué. De la part de ses parents d’abord. Son enfance dans un village de l’Essex, à Bicknacre, fut « horrible, proprement horrible ». Pour survivre à un beau-père violent, portrait type de la brute épaisse, il se réfugie dans l’ancienne cabane de son père, s’adonne au modélisme et pratique la moto....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le documentaire de David Shulman donne la parole à de nombreuses personnalités qui ont côtoyé l’artiste.
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« Jean-Michel Basquiat, la rage créative » : les mystères d’une étoile filante new-yorkaise

Le documentaire de David Shulman donne la parole à de nombreuses personnalités qui ont côtoyé l’artiste.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 14h01
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


Arte, vendredi 19 octobre à 23 h 35, documentaire
Comment retracer la trajectoire de Jean-Michel Basquiat, étoile filante de la scène artistique new-yorkaise, mort d’une overdose en 1988 à 27 ans ? Le poétique Downtown 81 d’Edo Bertoglio (1981) et l’étonnant Basquiat de Julian Schnabel (1996) avaient montré le besoin permanent de l’artiste de peindre par tous les moyens et sur toutes les surfaces. Le documentaire de David Shulman, Basquiat : la rage créative, d’une facture plus classique, se propose de percer les mystères qui entourent encore le personnage.
Monté sans voix off, il donne la parole à une multitude de personnes qui l’ont côtoyé. Ses sœurs, Lisane et Jeanine, racontent l’accident dont il fut victime à l’âge de 7 ans devant chez lui, à Flatbush, à Brooklyn. Renversé par une voiture, il est emmené à l’hôpital, où sa mère lui offre Gray’s Anatomy, classique de l’anatomie humaine publié en 1858 qui aura une grande influence sur lui.

        Lire aussi le portrait :
         

          Jean-Michel Basquiat, l’effervescence d’une comète



Le film présente cet accident comme l’élément moteur de son enfance, passant sous silence ses rapports conflictuels avec son père, pour rebondir dix ans plus tard, lorsque Basquiat inscrit ses premiers graffitis sur les portes des rues de Downtown Manhattan. Son acolyte de l’époque Al Diaz, qui signe comme lui « Samo », pour « Same Old Shit » (« la même vieille merde »), explique que cette inscription se voulait comme une « alternative à Dieu ».
Le gratin des marchands d’art
Basquiat sort de l’ombre, en 1979, lors de « Canal Zone », une réunion de graffiteurs new-yorkais, faisant son apparition dans une interview télévisée. Il laisse alors entrapercevoir sa part sombre, mettant fin à sa collaboration avec Al Diaz en inscrivant partout « Samo is dead » (« Samo est mort »), un acte de trahison qui marque son passage de la rue au monde de l’art.
Son ami le rappeur Fab Five Freddy, explique comment, à force de fréquenter les grands musées new-yorkais, Basquiat se construit un répertoire d’images, de héros et de symboles issus des cultures les plus ­diverses. Le jeune artiste, qui n’a pas les moyens de se payer des toiles, peint sur des portes en bois qu’il trouve dans les immeubles en ruine de Manhattan.
Un jeune artiste à fleur de peau, tombant dans les pièges tendus notamment par les médias
S’appuyant sur de nombreuses archives privées ou télévisuelles ainsi que sur des toiles du peintre, le réalisateur fait alors défiler devant sa caméra le gratin des marchands d’art qui l’ont connu de près ou de loin : on retrouve la galeriste new-yorkaise Annina Nosei, qui fut accusée de l’avoir enfermé dans son sous-sol, le Zurichois Bruno Bischofberger, qui lui présenta Andy Warhol, le Californien Larry Gagosian, qui l’embarqua avec lui à Haïti pour l’éloigner des drogues et la New-Yorkaise Mary Boone, qui fit de lui un artiste richissime.

        Lire l’analyse sur les expositions Basquiat-Schiele :
         

          Pourquoi réunir ces deux géants de l’art ?



Leur parole omniprésente et leurs visages refaits finissent par écraser les autres témoignages. Il en résulte un film au ras de la galerie donnant à voir un peintre attiré par le milieu des marchands d’art opportunistes et insincères. Tous se vantent d’avoir été les seuls à avoir compris l’artiste enragé, révolté par le racisme et la condition des Noirs en Amérique, mais aucun d’entre eux ne s’interroge sur la dose mortifère de gloire que le monde de l’art a pu lui injecter. Leurs anecdotes le font surtout apparaître comme un jeune artiste à fleur de peau, tombant dans les pièges tendus notamment par les médias – il ne supportera pas que le New York Times le décrive comme la « mascotte » d’Andy Warhol. Un portrait qui ne parvient pas complètement à faire ressortir le génie torturé et autodestructeur qu’était Jean-Michel Basquiat.
Jean-Michel Basquiat, la rage créative, de David Shulman (Royaume-Uni, 2017, 55 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le documentaire de Matthieu Jaubert et Emilie Valentin rend un hommage fort peu artistique à la chanteuse.
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« Françoise Hardy, la discrète » : une icône malmenée

Le documentaire de Matthieu Jaubert et Emilie Valentin rend un hommage fort peu artistique à la chanteuse.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h40
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Arte, vendredi 19 octobre à 22 h 35, documentaire
Assise dans un fauteuil planté au milieu d’un ­appartement quasiment vide, Françoise Hardy regarde, sur petit écran, le jugement qu’elle portait sur sa voix, il y a un peu plus de cinquante ans : « Je ne sais pas chanter. J’ai toujours eu, j’ai toujours, je crois, la voix blanche. Je chante juste, enfin, relativement… » A quoi elle fait écho, aujourd’hui, en renchérissant : « Cela n’a pas changé. Chanter est quelque chose qui ne m’est pas naturel. Ça m’est très, très difficile. Quand je dois faire les voix en studio, j’ai toujours une appréhension terrible ! »

        Lire l’entretien avec Françoise Hardy :
         

          « Le sentiment de honte m’a toujours accompagnée »



Voilà qui, ouvrant leur documentaire Françoise Hardy, la discrète, aurait pu fournir à Matthieu Jaubert et Emilie Valentin un fil rouge : le regard que cette artiste porte sur les albums-clés de sa carrière, sur les collaborations artistiques, déterminantes, voire malheureuses, qui ont accompagné son travail d’écriture et de composition. Au lieu de quoi, les documentaristes coupent la parole à Françoise Hardy, pour la donner à… Elodie Frégé ! Dont les quelques propos retenus concourent avec le vide. Et que dire, parce qu’on est sur Arte, des séquences sur deux fans allemands d’Hardy, si ce n’est qu’elles prêtent simplement à rire, puis à soupirer.
Pas de point de vue
Se voulant didactique, ce documentaire hache menu les décennies et les chansons (par exemple pour « prouver » qu’Hardy n’aime que les chansons tristes ou mélancoliques…), sans donner de point de vue ni même montrer un intérêt réel pour l’artiste. Du temps que leur ont accordé Hardy et Dutronc, n’y avait-il vraiment que cela à nous transmettre ?
Du coup, l’on sait gré à Pierre ­Mikaïloff, auteur de Tant de belles choses, une biographie de Françoise Hardy (augmentée en 2015 aux éditions Carpentier), de ponctuer ce documentaire de propos clairs, sensibles et pertinents. Il rappelle notamment que si la timide et réservée Françoise Hardy a le culot de s’adresser, très jeune, à la maison de disques Vogue pour y présenter « ses petites chansons », c’est qu’ayant enten­du ­Johnny Hallyday à la radio (Les gens m’appellent l’idole des jeunes), elle le trouve si mauvais qu’elle se dit que Vogue, qui l’a signé, doit être assez facile à convaincre… C’était avant qu’elle devienne non pas une idole, elle, mais une icône.

        Lire la critique de « L’Amour fou » parue en 2012 :
         

          La chanson comme un baume



Françoise Hardy, la discrète, de Matthieu Jaubert et Emilie Valentin (Fr., 2016, 52 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Rencontre avec la percussionniste cubaine qui a présenté son premier album « Mi Mundo » au public du festival toulousain Jazz sur son 31.
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Le monde de Brenda Navarrete

Rencontre avec la percussionniste cubaine qui a présenté son premier album « Mi Mundo » au public du festival toulousain Jazz sur son 31.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h33
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Vendredi 12 octobre, une jolie fin d’après-midi ensoleillée à Toulouse. Les balances s’étaient éternisées au Pavillon République. Je retrouve Brenda Navarrete dans le lobby de son hôtel. La personne en face de moi est assurément jolie. Ses cheveux rasés lui donnent un côté androgyne. Le sourire aux lèvres, la jeune femme est visiblement bien dans ses baskets.
A brûle-pourpoint, je lui pose ma première question. « C’est quoi, le monde de Brenda Navarrete ? » « Mi Mundo, c’est un album de musique du monde. Il y a différents styles dans Mi Mundo : Trova, timba, rumba, jazz, funk, pop, salsa. » « Les tambours sont au cœur de l’album, n’est-ce pas ? » « Les tambours… Batá ! », précise-t-elle. « Tout part des Batá pour s’ouvrir au monde. » 
Elle a appris les Batá avec son élève
« Vous avez une formation classique. Vous n’avez pas appris à jouer des Batá au conservatoire. Où avez-vous appris ? » « A Amadeo Roldán, il y a une période qu’on appelle práctica, où vous devez enseigner à des classes primaires. Dans mon cours, il y avait un jeune garçon qui jouait dans un groupe folklorique. Les percussions classiques ne l’intéressaient pas beaucoup. Il m’a dit : Moi, je joue des tambours Batá. Je vais t’apprendre ! » L’élève est devenu son professeur.
Les tambours Batá sont utilisés dans les cérémonies de la Santeria. « Ma question est certainement très bête, mais… Les femmes ont le droit de jouer des Batá ? » « Sur scène oui, pas dans les cérémonies. » Je poursuis mon idée. « Et en tant que femme, vous n’avez pas rencontré d’obstacle ? » « Je pratique la religion yoruba. Je m’en suis encore rapprochée pour améliorer ma compréhension, faciliter mon ressenti. Ça s’est bien passé parce que j’avais été présentée par quelqu’un du milieu. Sans ça, ça aurait certainement été beaucoup plus difficile. »

        Voir cette publication sur Instagram           Family today! @brendanavmusic I have the pleasure of giving my #first concert #mimundo (#myworld ) in #Toulouse with @labanda_de_robertocarcasses #interactive Familia hoy! @brendanavmusic Tengo el placer de dar mi #Primerconcierto #MiMundo en #Toulouse con @labanda_de_robertocarcasses #interactivo Famille aujourd'hui! @brendanavmusic J'ai le plaisir de donner mon #Primerconcierto #MiMundo in #Toulouse avec le groupe de Roberto Carcasses Interactivo 08/12/2018 à 21h Département de la Haute-Garonne La Passerelle 32ème édition Festival Jazz sur sont 31. 🥁🎸🎹🎺🎻🇨🇺🇺️ #francia🇫🇷 #brendanavmusic #afrocubanas #alega #mimundo #sumate #brendanavarrete #Graciassss @elseba1984 y @asorisoto por el material hermosos! Une publication partagée par  B R E N D A N A V A R R E T E (@brendanavmusic) le 12 Oct. 2018 à 3 :52 PDT 

Pour elle, la musique cubaine de la première partie du vingtième siècle est essentielle
Mi Mundo s’ouvre sur une ode à Eleggua et se termine avec Oshun, deux divinités de la religion yoruba. « J’ai le sentiment que la chanson Rumbero Como Yo est importante dans l’album… » « C’est vrai. Elle affirme ce que je suis. C’est un hommage à la rumba, à Cuba. » « Il y a deux autres titres rumba… Mulata Linda avec Osain Del Monte [célèbre groupe de rumba] et Namaste qui intègre des éléments de folklore venu d’Inde. »
Mi Mundo contient deux classiques de la musique cubaine : Cachita, standard de Rafael Hernández Marín, interprété entre autres par les Lecuona Cuban Boys ainsi que Drume Negrita, popularisé par Bola de Nieve. Je demande à Brenda ce que représente pour elle la musique de la première partie du vingtième siècle. « Pour moi, cette période est primordiale. Les années vingt à cinquante ont vu la naissance de toutes les musiques qui représentent Cuba : son, mambo, cha-cha-chá… »
Mi Mundo est également marqué par trois moments forts. Anana Oyé est une chanson du trovador Pedro Luís Ferrer. « Je l’ai aimé tout de suite ! » Brenda se l’approprie au point de faire oublier l’original. Elle reprend la version afro-cubaine de Bobby Carcassés de Caravan, le standard de Duke Ellington et Juan Tizol. Brenda interprète enfin en duo avec Alain Pérez [ancien bassiste d’Issac Delgado, réputé pour ses talents d’arrangeur] Taita Bilongo, un titre de Celia Cruz.
Alain Pérez l’a poussée vers la sortie pour la forcer à voler de ses propres ailes
« J’ai une histoire à vous raconter ! Un jour, je dis à Alain que j’adore Taita Bilong, que je rêve de la chanter. » Alain lui dit : « C’est moi qui l’ai écrite, avec mon père. [Gradelio Pérez] » « La chanson de Celia était une salsa. Nous l’avons réécrite dans une version afro-latin jazz. » Brenda a travaillé deux ans avec Alain Pérez. Il l’a poussée vers la porte pour l’obliger à se lancer dans sa propre carrière. « Ça m’a brisé le cœur ! », ajoute-t-elle en riant.
« Vous avez beaucoup d’amis », lui fais-je remarquer en citant quelques-uns des musiciens de l’album : Alain Pérez (basse), El Negro Hernández (batterie), Hilario Durán (piano), Rolando Luna (piano), Eduardo Sandoval (trombone)… « Ils sont tous excellents. Ce sont vraiment mes amis ! La création artistique est un processus exigeant. Je n’avais pas envie de passer du temps à la recherche de musiciens que je ne connaissais pas. On est proche. Ils connaissent ce que je fais. C’est ma famille musicale. »



Au moment de nous séparer, une dernière question me brûle les lèvres… « C’est vrai que vous n’avez jamais pris de cours de chant ? » « Jamais. » Elle se ravise : « Si, une semaine. »

Jazz sur son 31 à l’heure cubaine
Le festival toulousain Jazz sur son 31, trente-deux ans au compteur, se décline en différentes thématiques dont Jazz à La Havane, qui s’est déroulé du 7 au 13 octobre 2018.
Jazz à la Havane est une proposition de Philippe Monsan, un fin connaisseur du jazz à Cuba, que le directeur artistique Philippe Leoge a concrétisé après un séjour à La Havane en décembre 2016. La première édition avait réuni autour du pianiste Harold Lopez-Nussa sept trentenaires cubains reconnus sur la scène internationale. Le résultat au-delà de toute espérance a donné naissance à un enregistrement qui devrait sortir en fin d’année.
Cette deuxième édition était construite autour du pianiste Roberto Carcassés et de sa formation Interactivo, la pierre angulaire du dispositif étant la personne de Bobby Carcassés. Le père de Roberto, sorte de Dean Martin cubain oublié par la vague du revival des années quatre-vingt-dix. Bobby, qui a débuté sa carrière avant la révolution, n’a jamais abandonné le jazz. En 1979, il fut à l’origine de la toute première édition de Jazz Plaza à La Havane.
L’idée d’inviter Bobby est venue au moment de préparer l’édition 2 018. Philippe Monsan a lancé à Roberto : « Et si on faisait venir Bobby ? » « Et pourquoi pas ! » Concerts, show cases, master classes, la présence du vétéran de quatre-vingts printemps, aussi à l’aise dans le scat que la rumba, fut l’un des points d’orgue de la manifestation, l’autre événement étant la présentation par Brenda Navarrete de son album Mi Mundo.
Le feu d’artifice final de Jazz à La Havane fut le concert du groupe encore trop méconnu Interactivo. La présence scénique des membres du collectif, sa musique fusionnelle de pop, rock, salsa, rumba et le talent du génial Roberto Carcassés font d’Interactivo, vingt-six ans après sa création, l’un des groupes cubains les plus innovants du moment.


Brenda Navarrete : Mi Mundo (2018, Alma Records).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Lors de l’examen du volet dépenses du budget, des niches fiscales peuvent disparaître.
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Le secteur de la musique défend ses crédits d’impôt

Lors de l’examen du volet dépenses du budget, des niches fiscales peuvent disparaître.



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 12h10
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Les professionnels de la musique prient pour la pérennité des crédits d’impôt consentis à la production phonographique depuis 2007. Ces aides triannuelles n’avaient pas été reconduites au-delà de 2019 par Françoise Nyssen, ex-ministre de la culture, le temps d’obtenir une analyse complète de tous les crédits d’impôt existant dans le secteur culturel. Si ces aides sont bien inscrites dans le projet de loi de finances examiné par les députés, pour sa partie dépenses, à partir du lundi 29 octobre, rien n’est prévu pour leur prorogation dans un an. Pour le crédit d’impôt accordé aux spectacles vivants depuis 2015 en revanche, le dispositif, sans limitation de durée, est calé. Néanmoins, il reste à la merci d’amendements de députés en guerre contre les niches fiscales.
Ces mesures ont pourtant permis à Juliette Armanet, Angèle, Eddy de Pretto ou Fishbach d’émerger ou d’accompagner 875 spectacles en 2017. « Ce dispositif favorise la diversité et la vitalité des jeunes artistes francophones », souligne Alexandre Lasch, directeur général du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). « Ces aides constituent un outil crucial pour notre industrie en pleine reconstruction, parce qu’elles concernent toutes les esthétiques musicales et s’adressent aussi bien aux tout petits labels qu’aux majors », ajoute-il.
Le cinéma est bien plus gourmand que la musique
« Arrêter le crédit d’impôt reviendrait à tracer un boulevard pour les artistes anglo-saxons puisque les investissements en faveur des artistes français baisseraient instantanément. Prolonger ce dispositif, en revanche, favorise notre capacité à gagner cette bataille des contenus », assure Jérôme Roger, directeur général de l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI). « Toutes les évaluations de ces aides réalisées par le gouvernement – trois en dix mois – ont conclu à leur efficience », précise-t-il.
L’Etat et la Sécurité sociale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’artiste turc, célèbre pour les portraits à la fois réalistes et oniriques de sa ville natale, s’est éteint, mercredi 17 octobre, à l’âge de 90 ans.
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Le photographe Ara Güler, « l’Œil d’Istanbul », est mort

L’artiste turc, célèbre pour les portraits à la fois réalistes et oniriques de sa ville natale, s’est éteint, mercredi 17 octobre, à l’âge de 90 ans.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 18h27
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

Au coin d’une petite rue coudée, quelque part en haut des collines de Pera, à Istanbul, il y a un élégant petit café ouvert sur une longue terrasse. Ces dernières années, on pouvait parfois y voir un vieil homme assis près de la vitrine avec une couronne de cheveux un peu fous autour d’un crâne dégarni, une barbe courte et une paire d’yeux profonds. On a donné au café son prénom : Ara. Et son nom de famille est inscrit en lettres dorées au-dessus de la porte de l’immeuble ancien, repeint de vert sapin, dont le café occupe le rez-de-chaussée : Güler. A l’intérieur, sur les murs, se trouvent quatre grands tirages en noir et blanc dont le vieil homme est l’auteur. Une ville d’autrefois, ville de bateaux sombres, de pêcheurs rugueux, d’eaux noires, de fenêtres embuées et de brumes. Le vieil artiste, qu’on appelait « l’Œil d’Istanbul », ne viendra plus promener son regard à la terrasse de son café. Il est mort, mercredi 17 octobre, à 90 ans.
D’Ara Güler, on retient surtout le portrait à la fois réaliste et onirique de la ville qui l’a vu naître et auquel il a travaillé avec constance pendant plus d’un demi-siècle. Né en 1928 dans une famille stambouliote d’origine arménienne, il portait le nom turc que son père s’était choisi en lieu et place de son patronyme originel, Derderian. Entré à 22 ans comme photoreporter au journal Yeni Istanbul, il rejoint Hürriyet, le quotidien turc de référence, et entame bientôt une carrière internationale au cours de laquelle il collaborera avec Time-Life, dont il est le correspondant au Proche-Orient, ou encore Paris Match et Der Stern. Projeté au contact des personnalités les plus marquantes du siècle, Ara Güler est l’auteur de portraits célèbres de Winston Churchill, Marc Chagall, Salvador Dali, Pablo Picasso, Alfred Hitchcock. Après sa rencontre avec le photographe français Henri Cartier-Bresson, il rejoint l’agence Magnum Photos en 1961.
La ville de ses origines
Ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Kenji Tsuruta signe avec brio l’adaptation d’une nouvelle fantastique mettant en scène une jeune femme renaissant à chaque génération, depuis trois milliards d’années.
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« Emanon », un manga contemplatif sur l’immortalité

Kenji Tsuruta signe avec brio l’adaptation d’une nouvelle fantastique mettant en scène une jeune femme renaissant à chaque génération, depuis trois milliards d’années.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 11h13
    |

            Bernard Monasterolo








                        



   


Emanon renaît à chaque génération, avec le souvenir de ses ancêtres, depuis le protozoaire, sur une période de trois milliards d’années. C’est cette histoire extraite d’une nouvelle fantastique écrite par Shinji Kajio en 1983 qu’illustre Kenji Tsuruta pour ce second volume d’Emanon, sorti aux éditions Ki-oon, après un beau premier volume (Souvenirs d’Emanon en janvier 2018). Un étudiant qui rentre chez lui y rencontre, sur un ferry, cette jeune fille bucolique et décomplexée qui va se rapprocher de lui. Il lui rappelle un de ses amours anciens, plusieurs siècles auparavant, et lui raconte son destin singulier, celui de l’immortalité.
Ce nouveau récit tout en finesse et à la trame narrative complexe participe de l’univers étrange construit autour du personnage indéchiffrable d’Emanon (« no name », quand on le lit à l’envers), et des relations qu’elle noue avec son entourage. Affiné pendant plus de trente ans par son auteur dans quelques nouvelles, Emanon véhicule nombre de concepts autour du souvenir et de la nostalgie, des thématiques qui irriguent les deux volumes. Lenteur du temps qui passe, valeur de la contemplation et de la rêverie consciente sont autant de sujets qui vont donner du poids au souvenir et sa saveur. Quelque chose de proustien imprègne les 200 pages de l’ouvrage.

   


Le dessin pastel (pour la première partie en couleur) de Tsuruta colle parfaitement à ce rythme assez lent où souvent rien ne se passe. On se souvient de ce même trait si particulier qui habitait déjà L’Ile errante, de son héroïne en bikini, clope au bec et son obsession insulaire. Paysages, forêts, temples et milieux urbains tranquilles : c’est un Japon fantasmé que raconte le dessin du mangaka, comme immobile et peu altéré par le passage du temps, d’autant que l’histoire couvre plusieurs générations.

   


Mais l’impression de faible densité narrative n’est que de surface, car l’héroïne charrie avec elle des responsabilités et un destin lourd à porter. La transmission de la mémoire tout d’abord, qui comme dans des vases communiquants, se fait de mère à fille, la première oubliant ce que la deuxième apprend. In fine, la fille se débarrasse de sa mère. Nouvel ajout à l’histoire, assez symbolique, la responsabilité écologique de l’héroïne, voyageuse qui conserve des graines vitales à la survie des espèces, qu’elle réactive régulièrement. Enfin, au gré de ses déplacements, la « jeune » femme entretient ses rencontres, sur de très longues durées, posant la question du temps, de l’amitié et de la mort.
Un manga magistralement dessiné, très touchant et qui brasse avec une certaine délicatesse de multiples questions sur l’existence.

   


Errances d’Emanon, de Shinji Kajio, dessins de Kenji Tsuruta, en librairie le 6 octobre, éditions Casterman, 210 pages, 15 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Un musée, à quoi ça sert ? Vendredi 26 octobre, dans le cadre du Monde Festival, coorganisé avec « Le Devoir » de Montréal, Nathalie Bondil et Jean-François Chougnet confronteront leurs points de vue.
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                Au Monde Festival Montréal, les missions des musées en débat


Un musée, à quoi ça sert ? Vendredi 26 octobre, dans le cadre du Monde Festival, coorganisé avec « Le Devoir » de Montréal, Nathalie Bondil et Jean-François Chougnet confronteront leurs points de vue.

LE MONDE
                 |                 19.10.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 13h26
                 |

            Michel Guerrin

















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La mutation des gros musées est si folle depuis dix ans qu’on se demande ce qu’ils pourront bien abriter dans un avenir proche. Une agence pour aider les chômeurs ? Une permanence médicale ? Une école ? Des start-up ?
L’enjeu est le suivant : avant, l’œuvre d’art était au centre de tout. Aujourd’hui, c’est le musée lui-même qui est la vedette. Et demain ? Pour cerner les scénarios, Le Monde et Le Devoir de Montréal organisent conjointement un débat intitulé « Un musée, à quoi ça sert ? », qui, dans le cadre du Monde Festival, aura lieu vendredi 26 octobre au Musée des beaux-arts de Montréal.

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                A Montréal, le Monde Festival fait dialoguer le Québec et la France



Cette rencontre permettra à deux spécialistes, qui travaillent sur deux continents différents, d’exposer et de confronter leurs points de vue : Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, et Jean-François Chougnet, président du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille. Soit deux musées en pointe sur les questions sociétales.
Les grands musées de la planète sont en effet à l’heure d’un choix : comment concilier leurs missions traditionnelles et l’ouverture aux questions de société ? Les missions, on les connaît : acquérir des œuvres, les protéger, les documenter, les montrer. Organiser des expositions, éditer des catalogues. Faire avancer la connaissance.
Un lieu de vie où le public est la priorité
Puis, sans crier gare, les missions ont été élargies. Avec une obsession : laisser entrer l’air du temps. Au point que le musée est devenu un lieu de vie. Et le public, la priorité. L’architecture du site est une œuvre en soi, que l’on admire autant qu’un tableau. Elle stimule un quartier, une ville, et même un pays quand la marque s’implante à l’étranger (le Louvre à Abou Dhabi par exemple). Les espaces d’accueil et de circulation sont parfois plus grands que les salles d’exposition.
Le musée est devenu une entreprise, ses conservateurs ont un profil moins artistique et plus école de commerce. Le public est aimanté par des expositions « blockbusters » et par des stars (les ­ « seconds couteaux » n’intéressent quasiment plus personne). On lui offre une expérience totale, entre art, loisir et consommation – restaurants, boutiques, animations diverses.

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          A quoi sert un musée ?



Demain ? Outre que le fossé va se creuser entre les gros et les petits musées, entre les riches et les pauvres – ce lieu est le miroir de nos sociétés –, le virage sociétal va s’accentuer. Pour attirer un nouveau public, plus diversifié. Celui du quartier, de la ville, de la banlieue. Il ne sera plus seulement spectateur, mais acteur. Le musée deviendra un forum pour discuter, apprendre ou se soigner. Avec les œuvres mais pas seulement.
Sortir de la lecture « histoire de l’art »
Certains en France développent déjà des actions avec les hôpitaux ou les prisons, mais ils sont loin de ce qui se fait à l’étranger, notamment sur le continent nord-américain. Mais aussi au Pérou, par exemple, où le Musée d’art de Lima a accueilli, il y a deux ans, 340 000 jeunes qui ont pris des cours de tout, de la danse au management.
Le Musée des beaux-arts de Montréal entend, pour sa part, « répondre à la colère sociale énorme qui gronde », dit sa directrice, Nathalie Bondil. Sans doute fait-elle référence à des questions aussi vastes que la montée des populismes, aux exclus de la mondialisation, aux questions de la parité entre les femmes et les hommes, à la prise en compte des minorités et du vivre-ensemble entre les cultures.
Déjà, quand on entre dans ce musée, l’aspect forum auquel on consacre des espaces se voit. Par exemple, un atelier « art-thérapie » de 3 600 m2, qui accueille 300 000 participants par an, et qui vise à prendre en charge, art à l’appui, des autistes, des personnes suicidaires, des malades cardiaques ou des exclus. Avec des médecins, une salle de consultation.

Ce musée de Montréal abrite aussi un atelier dévolu aux entreprises, qui vise à développer l’esprit d’équipe, ou une « ruche d’art » où chacun peut échanger et créer – des musulmans sont venus raconter leur vécu de l’islamophobie. On y a conçu un outil d’appréhension des œuvres pour tous les enseignants du Québec, bien plus pour un professeur de mathématiques que pour un expert en tableaux. L’objectif de ces ateliers est de sortir de la lecture « histoire de l’art » pour que chacun s’approprie les tableaux, sculptures ou photographies, avec son propre vécu. Son regard aussi – émotionnel, politique, médical, etc. Résultat : la fréquentation de ce musée a doublé en quelques années.
Donner de la visibilité aux nouveaux artistes
Même chose à la Tate Modern, à Londres. Depuis qu’il a été agrandi, en 2016, ce musée possède un immense espace nommé « Tate Exchange » – une partie du public est assis par terre avec son pique-nique – qui propose des débats sur des sujets sociétaux. « Le musée est bien l’endroit où on doit être libre de faire des choses folles », dit l’ancien directeur de la Tate, Chris Dercon. Qui ajoute : « Le musée était centré sur l’expérience individuelle. Il doit devenir le lieu de l’échange collectif. »
Les collections et expositions pourraient aussi être bousculées par l’entrée en force dans les murs des débats sociétaux. Celui de Montréal a présenté au printemps une exposition sur les liens entre Picasso et les arts premiers. Mais en insistant sur la « décolonisation du regard », selon l’expression de Nathalie Bondil, et aussi en présentant, à côté de Picasso, des œuvres d’artistes noirs canadiens actuels. Le musée de Baltimore (Maryland) vient de vendre pour sa part des tableaux de monstres sacrés comme Andy Warhol pour acheter des artistes sous-représentés – des femmes et des Noirs. Beaucoup de musées nord-américains pourraient prendre cette voie.
Dernier virage, déjà pris, mais qui va s’accentuer : on devrait voir de plus en plus, dans les musées d’art, des expositions sur des sujets de société ou historiques qui gommeront les hiérarchies, mêleront œuvres d’art et objets vernaculaires, inviteront la musique, le spectacle, la mode ou le cinéma – par exemple, l’exposition sur le western, toujours à Montréal, en 2017.
Quel espace restera-t-il pour les expositions classiques, pour une histoire de l’art bien repérée, avec ses écoles esthétiques et ses maîtres – souvent occidentaux ? C’est la question, sans oublier qu’on ne peut pas demander à l’art et aux artistes de régler tous les maux de la société. Il appartiendra aux invités du Monde Festival de répondre durant ce débat.
A quoi sert un musée ? Vendredi 26 octobre, dans le cadre du Monde Festival Montréal, coorganisé avec « Le Devoir », Nathalie Bondil et Jean-François Chougnet confronteront leurs points de vue. Animé par Michel Guerrin, journaliste au Monde. Auditorium Maxwell-Cunnings, 12 heures - 13 heures. Réservation en ligne



Michel Guerrin
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Après seize années dans l’agence de Jean Nouvel, l’architecte s’est fait un nom avec des projets d’envergure.
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Brigitte Métra, l’architecture engagée

Après seize années dans l’agence de Jean Nouvel, l’architecte s’est fait un nom avec des projets d’envergure.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h10
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Les architectes s’habillent en noir, c’est un lieu commun. Brigitte Métra ajoute toujours une touche de blanc. Une chemise, des motifs géométriques sur la robe, le revers d’une veste, peu importe pourvu qu’il y ait contrepoint. Pourvu qu’en l’inscrivant dans la corporation, l’uniforme dise aussi sa différence. Avec Odile Decq, Corinne Vezzoni, ou Anne Demians, cette architecte de 64 ans est de fait une des rares femmes de sa génération à s’être fait un nom seule avec son agence. Et il lui aura fallu du temps.
Entrée chez Jean Nouvel en 1987, Brigitte Métra a incubé dans l’ombre du puissant architecte d’abord comme employée puis comme architecte associée chargée de grands chantiers internationaux (à Lucerne, à New York, à Copenhague, à Minneapolis…). Lorsqu’elle a créé son agence, en 2003, elle est restée dans son giron, s’associant à lui sur deux projets emblématiques : le Théâtre de l’Archipel, à Perpignan, et la Philharmonie de Paris.
A ses côtés, elle a développé un savoir-faire dans le domaine des salles de concerts, qu’elle aborde comme des instruments de musique, capables de moduler la perception des spectateurs.Celle qu’elle a conçue pour la Philharmonie est sans conteste son chef-d’œuvre. Hybridation des deux archétypes de salles existant (la « boîte à chaussures », tout en longueur, invention du XIXe siècle qui vous immerge dans la musique, et le « vignoble », qui gravite autour de la scène, inventé à Berlin pour Herbert von Karajan), elle concilie de manière inédite proximité de l’orchestre et l’enveloppement dans la musique, offrant au public, comme aux musiciens, une expérience sensorielle inouïe. En faisant rebondir le son sur ses balcons suspendus et les petits nuages qui flottent dans le vide, s’enflamme l’architecte, la salle intègre dans sa structure même l’idée de spatialisation de la musique qui fut au fondement du travail de Pierre Boulez et plus généralement de la musique contemporaine.
Les...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Douze ans après sa création, « Dans la luge d’Arthur Schopenhauer » revient, en présence de son auteure, sans convaincre.
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Théâtre : Yasmina Reza, une piste glissante

Douze ans après sa création, « Dans la luge d’Arthur Schopenhauer » revient, en présence de son auteure, sans convaincre.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 09h00
    |

Joëlle Gayot (Angers)







                        



                                


                            

La luge dévale les pentes. Quant à Arthur Schopenhauer, il estimait que vivre est une souffrance. En associant, dans son titre, l’image d’une glissade sur une piste neigeuse au philosophe du pessimisme, Yasmina Reza donne le « la » à son texte. Il ne s’ébattra pas dans les alpages de la béatitude. C’est sans doute la raison pour laquelle le metteur en scène, Frédéric Bélier-Garcia, a installé, au centre de trois gradins de spectateurs, une estrade surélevée percée de bouches d’égout. L’aire de jeu est grisâtre. Quelques sièges, une forêt en fond de plateau : aux acteurs d’habiter cet espace. Ce qu’ils font en montant et descendant des escaliers latéraux.
Un quatuor de personnages disserte sur l’existence et son inanité
Douze ans après une première création (en 2006, au Théâtre Ouvert, à Paris), Dans la luge d’Arthur Schopenhauer revient toquer à la porte du théâtre. Le temps passé n’en a pas émoussé le propos. Un quatuor de personnages disserte sur l’existence et son inanité. Nadine (Yasmina Reza) se plaint à Serge (Jérôme Deschamps) de son époux, Ariel (André Marcon), qu’elle ne supporte plus. Ariel subit avec une patience relative les tentatives de Serge pour lui remonter le moral tandis qu’une psychiatre (Christèle Tual) recueille ses doléances avant de clamer à son tour ce qu’elle a sur le cœur. Des uns aux autres s’affirme ainsi une façon d’être au monde plus proche du désespoir que de la sérénité. A l’exception de Serge, le ravi de la crèche dont l’interprète (qui succède à Maurice Bénichou) fait un magnifique et burlesque niaiseux, ces gens ne sont contents de rien. Chez Yasmina Reza, le bonheur est un concept fumeux, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Elle se rend donc, avec allant, là où plus rien ne va. Dans les plis de la dépression, les replis de la misanthropie, dans les coins et recoins du narcissisme, autant de postures incarnées par les personnages. Mais elle avance dans ce marasme ontologique en se tenant arc-boutée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/10/2018
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Architectes à l’honneur, cirque et contes : nos idées de sorties culturelles

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 07h46
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au programme de ce premier week-end des vacances de la Toussaint : une sensibilisation du grand public à l’architecture avec les Journées nationales et les Journées portes ouvertes dans les agences d’architectes à travers toute la France ; une exposition sur le théâtre dans le France de la Renaissance à Ecouen (Val-d’Oise) ; des histoires québécoises à l’honneur à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) avec les conteurs Simon Gauthier et Fred Pellerin ; du cirque à Auch ; des récits à foison pour petits et grands avec le festival Vos oreilles ont la parole (VOOLP) dans les Bas et Haut-Rhin.
ARCHITECTURE. Journées nationales et portes ouvertes des agences d’architectes

   


Destinées à sensibiliser le grand public à l’architecture, à développer respectivement une culture de l’architecture et de la ville et une familiarité avec le métier, les Journées nationales de l’architecture et les Journées portes ouvertes des agences d’architecture se tiennent un peu partout en France ce week-end (du 19 au 21 octobre pour les premières, les 19 et 20 pour les secondes). Au programme des Journées nationales, des expositions, des colloques, des ateliers pédagogiques pour les scolaires, mais aussi du cinéma avec le Festival international du film d’architecture et d’aventures constructives à Bègles, une projection-débat autour de Renzo Piano à Agen, une autre autour de Bouchain à Rennes, une autre encore sur l’architecture et l’eau à Annecy… Les Journées portes ouvertes proposent des visites d’agences, des balades urbaines, des visites de chantiers, entre autres, comme détaillé sur le site portesouvertes.architectes.org, dont la consultation pourra avantageusement être complétée par celle de architectes-pour-tous.fr où sont recensés les portfolios des architectes qui y participent. Isabelle Regnier
Journées nationales de l’architecture, du 19 au 21 octobre. Journées portes ouvertes des agences d’architectes, les 19 et 20 octobre. Dans toute la France.
EXPOSITION. Le théâtre dans la France de la Renaissance, à Ecouen

   


Le Musée national de la Renaissance à Ecouen (Val-d’Oise) programme par alternance des expositions sur des sujets de civilisation en Europe ou d’histoire de l’art. Celle actuellement présentée, avec le précieux concours de la BNF, appartient au premier genre, accessible au plus grand nombre, selon le vœu des responsables des lieux. De la farce à la comédie italienne en passant par la tragédie, il ne faut toutefois pas relâcher son attention face à cette copieuse chronologie, déployée à travers 137 documents (livres, peintures, plans et images), pour bien appréhender les transformations qui se sont opérées dès la naissance de l’époque moderne sur un genre littéraire et artistique en plein devenir : le théâtre. L’exposition rappelle à quel point l’histoire des créations se mêle à la politique. Ainsi, au milieu du XVIe siècle, l’interdiction des « jeux sacrés » dans l’espace public donna naissance à une première forme de tragédie portée par la Réforme, de même que la présence des Médicis à la cour de France ouvrit les portes du royaume aux troupes italiennes, favorisant l’émergence de la commedia dell’arte. Mais le théâtre est toujours sans logis. Il faut attendre 1660 et la création à Paris de la « salle des machines » pour que s’installe enfin à demeure une scène, entre cour (du Louvre) et jardin (des Tuileries). Jean-Jacques Larrochelle
« Pathelin, Cléopâtre, Harlequin, le théâtre dans la France de la Renaissance ». Musée national de la Renaissance, Château d’Ecouen (Val-d’Oise). Tous les jours sauf le mardi, de 9 h 30 à 12 h 45 et de 14 heures à 17 h 15. Tarifs : de 3,50 € à 5 €. Tél. : 01-34-38-38-50. Jusqu’au 28 janvier 2019.
ARTS DU RÉCIT. La Maison du conte se met à l’heure québécoise, à Chevilly-Larue

   


Dans le cadre de sa programmation annuelle en partenariat avec le Théâtre André Malraux, baptisée « Conte en complicité », La Maison du conte de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) propose, vendredi 19 octobre à partir de 19 heures, une soirée spéciale Québec en deux parties. Avec en ouverture de soirée, dans sa nouvelle salle de spectacles inaugurée en janvier, le conteur Simon Gauthier et son Vagabond céleste, un voyage poétique et enchanteur sur les traces d’un écrivain « aux semelles de vent », parti sur les routes en quête de rêve et de liberté, la guitare en bandoulière. Puis, à 21 heures, au Théâtre André Malraux, le maître ès mots (et chansons), Fred Pellerin, et sa dernière création en date, Mon village en trois dés, dans laquelle il remonte aux origines de son célèbre village Saint-Elie-de-Caxton et fait revivre une nouvelle fois toute sa galerie de personnages hauts en couleurs : Méo, le barbier « décoiffeur » ; Toussaint Brodeur, l’« homme d’affaires » radin ou encore la fille du forgeron, la belle Lurette, mais aussi Elie, le tout jeune curé envoyé par l’évêché, et Alice la postière surnommée « Aliche » qui n’a pas son pareil pour « licher » les enveloppes et les timbres. Deux grands noms du conte de passage en France le temps d’une soirée, de quoi faire le plein d’expressions à la québécoise (mais aussi de nourritures plus terrestres, avec un buffet aux saveurs du Québec entre les deux représentations). Cristina Marino
« Conte en complicité », soirée spéciale Québec à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) avec Le Vagabond céleste, de et par Simon Gauthier, à La Maison du conte, 8, rue Albert Thuret, et Mon village en trois dés, de et par Fred Pellerin, au Théâtre André Malraux, 102, avenue du Général de Gaulle. Tarifs : de 9 € à 19 €. Tél. : 01-41-80-69-69. Le 19 octobre à 19 heures et à 21 heures.
CIRQUE. Auch se transforme en chapiteau géant, dans le Gers

   


La 31e édition du festival Circa, piloté par le Pôle national cirque, à Auch, présente, du 19 au 28 octobre, plus d’une dizaine de représentations par jour de tous les styles et pour tous les âges. Les compagnies repérées comme Un Loup pour l’homme, Baro d’Evel, Akoreacro, Aïtal ou encore celle d’Alexander Vantournhout enchaînent les spectacles dans plus d’une dizaine de théâtres, salles et chapiteaux disséminés dans la ville. Pendant cette manifestation, toute la ville semble faire partie d’un spectacle de cirque avec ses toiles multicolores installées dans les rues et sur les places. Pour le premier week-end, du 19 au 21 octobre, les étudiants du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne présentent leur nouvel opus Zooo. Parallèlement des scènes ouvertes invitent les jeunes amateurs et les élèves en formation cirque à tester leurs numéros devant le public. Des ateliers d’initiation sont aussi ouverts pour les enfants à partir de trois ans. Le cirque, fête populaire et familiale mais aussi créative et savante, c’est à Circa, à Auch. Rosita Boisseau
Circa, à Auch (Gers). Tél. : 05-62-61-65-00. De 3 € à 19 €. Jusqu’au 28 octobre.
FESTIVAL. Ouvrez grand vos oreilles avec VOOLP, dans les Bas et Haut-Rhin

   


Jusqu’au 4 novembre, le festival Vos oreilles ont la parole (VOOLP pour faire court) s’installe dans les bibliothèques et autres lieux culturels dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (région Grand Est). Initié par le Conseil départemental du Bas-Rhin et organisé par la Bibliothèque départementale du Bas-Rhin (BDBR), en partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et le Conseil départemental du Haut-Rhin, il propose, pour cette édition 2018, 90 spectacles (70 dans le Bas-Rhin et 20 dans le Haut-Rhin) répartis dans 80 lieux en Alsace, avec 34 conteurs et compagnies, dont 14 originaires de la région Grand Est. La plupart sont en accès gratuit, sur réservation auprès des bibliothèques et salles de spectacles. Autant dire que dans cette programmation foisonnante, il y en aura vraiment pour tous les âges, des tout petits aux seniors, et pour tous les goûts (contes coquins, histoires pour rire ou pour se faire peur, spectacles musicaux, ateliers conte et cuisine ou autour de la mythologie grecque…). C. Mo.
Festival Vos oreilles ont la parole (VOOLP 2018), contes et arts du récit pour tout public, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Entrée gratuite sur réservation. Jusqu’au 4 novembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le producteur de « Paranormal Activity » ou du très remarqué « Get out » en 2017, récidive avec le remake d’« Halloween », grand classique de John Carpenter. Des films qui font peur et qui permettent à cet anti-Trump de diffuser un message politique.
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Jason Blum, orchestrateur de la peur sur grand écran


                      Le producteur de « Paranormal Activity » ou du très remarqué « Get out » en 2017, récidive avec le remake d’« Halloween », grand classique de John Carpenter. Des films qui font peur et qui permettent à cet anti-Trump de diffuser un message politique.



M le magazine du Monde
 |    19.10.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h05
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

L’image a frappé Jason Blum à l’adolescence. De son propre aveu, il ne s’en est jamais remis. En découvrant Halloween, La Nuit des masques, de John Carpenter, au cinéma, à la fin des années 1970, il avait été saisi par le masque porté dans le film par Michael Myers, le psychopathe échappé de l’asile psychiatrique d’une petite ville de l’Illinois. Un accessoire qui enlevait toute expression au tueur, et donc tout affect. « C’était un bloc d’abstraction, se souvient Jason Blum, massif, muet, impassible, étranger à toute humanité. C’est tout de même frappant de voir ce qu’un simple masque permet d’installer. Michael Myers était à la fois surhumain et inhumain, il incarnait une terreur mythique, s’imposait comme une métaphore du Mal. » 
Dans l’ombre du père
A l’époque, il semblait impensable pour Jason Blum de devenir un jour producteur de cinéma, encore moins de songer à orchestrer une nouvelle version du chef-d’œuvre de John Carpenter, pensée avec l’aide du maître, et intitulée Halloween, où le personnage de Michael Myers s’échappe à nouveau de son institution et retourne dans la ville de son enfance.
Dans la famille Blum, l’art était ce que l’on accrochait à un mur. Jason vivait dans l’ombre de son père, Irving Blum, galeriste et collectionneur d’art à Manhattan et sur la côte ouest. Le jeune homme avait pour seul horizon les toiles d’Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Jasper Johns qui décoraient sa maison. La place des artistes était dans un musée, lui expliquait-on. Beaucoup moins dans une salle obscure. C’est pourtant dans un cinéma, par sens de la contradiction, qu’il est allé les chercher. Jason Blum est depuis devenu, à 49 ans, le producteur de films d’horreur le plus en vogue à Hollywood.

« Une autre chose m’avait frappé à l’époque dans Halloween, évidente aujourd’hui, mais que personne ne s’était donné la peine de m’expliquer : pour faire peur, un film d’horreur...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les défis qui attendent le nouveau ministre.
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Ministère de la culture : « Franck Riester sera-t-il l’oiseau rare qui bousculera ce petit mammouth ? »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les défis qui attendent le nouveau ministre.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 11h49
    |

            Michel Guerrin (chroniqueur culture)








                        



                                


                            

Chronique. Franck Riester est le 13e ministre de la culture en vingt-cinq ans. Environ deux ans, c’est une rotation rapide, mais qui se retrouve ailleurs. En étant un peu taquin, et pour signifier la difficulté du poste, disons que celle qui a duré le moins longtemps, Audrey Azoulay, est aussi celle qui en est le mieux sortie, occupant ses quinze mois à régler les affaires courantes et à rebondir à la tête de l’Unesco.
Pourquoi un ministre de la culture s’en va souvent avec un goût amer ? Certains n’ont pas les armes, comme Françoise Nyssen, qui s’est jetée dans la mare sans savoir nager – avec sincérité, elle a confié ne pas avoir été préparée. Car beaucoup pensent que la culture, c’est fun, facile, sympa. « Tous les soirs, il faut que tu te tapes des spectacles et dire que c’est bien », a conseillé François Hollande à Fleur Pellerin, qui débarquait tel un ovni. Elle a fini concassée par un procès en illégitimité. Car la culture devient vite un enfer pour qui n’est pas de la partie, ne maîtrise pas les rouages, croit – à tort – que c’est plus aisé de la bouger que de réformer la SNCF, ne sait pas tenir tête aux artistes.
La culture flatte un ministre mais ce dernier est vite tétanisé par un secteur qui, au moindre dérapage, le méprise. Au point que Franck Riester, à peine nommé, et comme d’autres avant lui, s’est cru obligé de manier le mot ronflant et de dire que « la culture est le ministère essentiel », alors qu’elle ne l’est pas – sinon on lui donnerait plus que 1 % du budget de l’Etat.
Un boutiquier qui gère la pénurie
La réalité, c’est que 85 % des crédits alloués à la création sont engloutis dans les établissements, événements et personnels avant même que le ministre ne bouge le petit doigt. Comme son budget est stable, donc en baisse puisque tout augmente, il devient un boutiquier qui gère la pénurie et doit affronter les jérémiades du milieu. Les fins diplomates y parviennent. Mais tous vacillent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A l’occasion de la sortie du livre « Radioscopie », regroupant de grands entretiens réalisés par Jacques Chancel, « Le Monde » publie des extraits de la rencontre avec l’écrivain.
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Romain Gary, en 1975, dans « Radioscopie » : « L’absence de féminité dans notre civilisation est effrayante »

A l’occasion de la sortie du livre « Radioscopie », regroupant de grands entretiens réalisés par Jacques Chancel, « Le Monde » publie des extraits de la rencontre avec l’écrivain.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 10h07
   





                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Brassens, Adjani, Truffaut, Dalida, Foucault, Yourcenar… Pendant vingt ans, Jacques Chancel a reçu sur France Inter des artistes, des écrivains ou des intellectuels pour les confesser dans son émission « Radioscopie ». Parmi les grands entretiens regroupés dans un livre (« Radioscopie » , 352 pages, Les Editions du sous-sol, 49 euros), « Le Monde » a choisi de publier la rencontre avec l’écrivain Romain Gary, réalisée en juin 1975, alors qu’il recevra, cinq mois plus tard, un deuxième prix Goncourt, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.

Vous n’avez pas l’impression, Romain Gary, de vous être un peu trop dispersé ? Vous êtes écrivain, cinéaste, vous avez été consul, conseiller d’un ministre de l’information, vous avez sans doute été tenté par la politique…
Je passe sur les métiers que j’ai faits dans ma préhistoire, pour survivre, parce que je suis d’un milieu extrêmement pauvre. Je me suis engagé dans l’aviation à l’âge de 23 ans, je suis resté aviateur neuf ans, instructeur de tir aérien à l’école de l’air de Salon-de-Provence. J’ai ensuite rejoint de Gaulle, il y a eu l’Angleterre, la bataille d’Angleterre, l’Afrique, l’Abyssinie, la Libye, la Syrie, tout le tralala jusqu’au débarquement en Normandie. Après quoi, j’ai été diplomate pendant dix-sept ans, et j’ai mené une carrière consulaire que j’ai terminée comme consul général à Los Angeles en 1961. Ensuite, j’ai été, en effet, conseiller d’un ministre, j’ai fait beaucoup de journalisme, et j’ai fait du cinéma comme metteur en scène.
Mais, il y a plus grave que ça, dans cette dispersion. Si je m’examine au point de vue culturel, je vois trois choses. Je suis né en Russie, j’ai emmagasiné jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans la culture russe et la langue russe. Ensuite, ma mère a immigré en Pologne, et pendant cinq ans, j’ai emmagasiné la langue et la culture polonaise. Puis, à l’âge de 12 ans, je débarque à Nice, et j’emmagasine...




                        

                        

