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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Sébastien Missoffe, directeur général de Google France, affirme, dans une tribune au « Monde », vouloir « donner aux utilisateurs le choix et les moyens de se déconnecter ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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Big data : « Chez Google, nous croyons qu’Internet est une économie de l’intention et non de l’attention »

Sébastien Missoffe, directeur général de Google France, affirme, dans une tribune au « Monde », vouloir « donner aux utilisateurs le choix et les moyens de se déconnecter ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 17h30
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Sébastien Misoffe (directeur général de Google France)







                        



                                


                            
Tribune. L’heure du « temps de cerveau disponible » est révolue. L’attention est une ressource rare et précieuse. Elle ne peut, elle ne doit, être assaillie au quotidien par un trop-plein d’informations et de sollicitations en ligne.
Au commencement, Internet était un foisonnement d’informations. Une manne incroyable de données qu’il était difficile d’appréhender, car éparpillées en différentes listes de catégories fermées. C’est de ce constat qu’est née l’idée, il y a vingt ans, du moteur de recherche Google. Organiser l’information, la classer en fonction de critères d’utilité et de pertinence, c’est finalement la rendre intelligible pour le cerveau humain. Nous avons toujours suivi ce principe cardinal : proposer à l’utilisateur du contenu pertinent et non intrusif.
Notre approche est d’afficher une publicité en lien avec l’intention de recherche de l’internaute
Un credo qui a par la suite inspiré la construction de notre modèle économique reposant sur la publicité. À rebours de certaines pratiques qui visent à saturer l’écran d’espaces publicitaires et de pop-up intempestifs, notre approche est d’afficher une publicité en lien avec l’intention de recherche de l’internaute. Nous croyons qu’Internet est une économie de l’intention et non de l’attention. Telle est notre proposition de valeur pour les annonceurs : nous leur permettons de répondre aux intentions des utilisateurs qui les recherchent, au moment où ils les recherchent.
Dépouiller la navigation en ligne de tout contenu inutile, c’est finalement créer un cercle vertueux. Les utilisateurs y trouvent leur compte grâce à une navigation plus simple. Les annonceurs gagnent en visibilité dans un environnement plus fluide.
Mieux comprendre son comportement en ligne
Le défi de l’attention dépasse le seul champ de la publicité. D’après une étude récente de deux de nos chercheuses, Julie H. Aranda et Safia Baig, de plus en plus de personnes ont un fort sentiment d’obligation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les implications sociales, politiques et anthropologiques de l’économie de l’attention sont devant nous, explique Yves Citton, son meilleur spécialiste en France, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Big data : « Ce sont désormais nos “traces attentionnelles” qui font l’objet du commerce »

Les implications sociales, politiques et anthropologiques de l’économie de l’attention sont devant nous, explique Yves Citton, son meilleur spécialiste en France, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 17h30
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Yves Citton (professeur de littérature et media à l’université Paris 8)







                        



                                


                            
Tribune. On parle beaucoup d’« économie de l’attention » depuis 1995, date à laquelle Michael Goldhaber, professeur à Berkeley, suggérait (scandaleusement) que l’attention aurait désormais davantage de valeur que l’argent lui-même. Cette date correspond à une prise de conscience large de ce qu’Internet allait bouleverser dans nos usages culturels. Des quantités absolument inédites de contenus (textes, enregistrements audiovisuels) sont devenues disponibles d’un simple clic. Cela a mis littéralement les récepteurs dans « l’embarras du choix », et cela a contraint les émetteurs à une quête de plus en plus désespérée d’une ressource devenue la plus rare et la plus précieuse de toutes : l’attention (aussi baptisée « temps de cerveau disponible »).
En termes économiques : le « coût d’opportunité » d’accorder son attention à ceci plutôt qu’à cela a explosé en quelques années. Nous commençons à peine à en percevoir les implications sociales, politiques et anthropologiques.
Une première définition (trop) large de l’économie de l’attention reflète ce bouleversement. Alors que l’économie traditionnelle se concevait comme l’utilisation optimisée de ressources rares afin de produire autant et aussi bien que possible, l’économie de l’attention se pose des problèmes de réception : comment parvenir à attirer sur les biens culturels produits l’attention nécessaire à leur valorisation ? Au-delà des nouvelles lois et équations économiques proposées pour formaliser une telle économie, au-delà de la gestion du temps d’attention des employés d’une entreprise, c’est bien une nouvelle logique sociale qu’ont tenté de comprendre les premiers théoriciens comme Michael Goldhaber, Jonathan Crary ou, en France, Dominique Boullier.
La publicité, le taylorisme…
Formuler le problème en ces termes montre toutefois que l’économie de l’attention n’est pas née en 1995. Dès la Grèce antique, la rhétorique a toujours eu pour tâche d’attirer et de...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les algorithmes peuvent nous priver de la liberté de choisir dans un univers numérique où ce choix n’a pourtant jamais été aussi large, décryptent les chercheurs en informatique Gilles Dowek et Serge Abiteboul, dans une tribune au « Monde ».
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Big data : « Prenons garde à qui nous vendons notre attention »

Les algorithmes peuvent nous priver de la liberté de choisir dans un univers numérique où ce choix n’a pourtant jamais été aussi large, décryptent les chercheurs en informatique Gilles Dowek et Serge Abiteboul, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 17h30
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Gilles Dowek (chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)) et Serge Abiteboul (chercheur à l’Institut na...







                        



                                


                            
Tribune. En 2004, Patrick Le Lay a créé une polémique en déclarant que TF1 vendait « du temps de cerveau disponible » – c’est-à-dire de l’attention – à ses annonceurs. Sans doute, aurait-il moins scandalisé s’il avait déclaré que les recettes de TF1 provenaient des annonceurs, dont elle diffusait les messages publicitaires. Pourtant, ces deux phrases disent exactement la même chose : l’« économie de l’attention » n’est qu’une reformulation d’une idée ancienne : celle de financer un service gratuit par la publicité. Rien de nouveau sous le soleil.
Avec l’invention du Web en 1990, la quantité d’information gratuitement disponible a explosé. De nombreux services « gratuits » ont émergé, partiellement ou totalement financés par la publicité, qui ont pris une place considérable dans nos vies : moteurs de recherche, réseaux sociaux… Ces services captent une part de plus en plus importante de la publicité. Pourtant, si la quantité d’information disponible a explosé, chacun et chacune de nous reçoit exactement la même manne d’une minute d’attention que l’homme des cavernes. Celle-ci étant ainsi devenue relativement plus rare, il faut faire beaucoup d’efforts pour l’attirer. Ainsi, même pour annoncer un séminaire à l’université, il devient parfois nécessaire de « buzzer », c’est-à-dire d’attirer l’attention. Les entreprises se battent pour l’accaparer, pour la concentrer. Nous assistons à ce phénomène étrange d’entreprises qui, dans ce but, investissent et perdent de l’argent dans un premier temps. Une fois arrivées à leurs fins, elles valorisent cette attention, par exemple avec la publicité.
Chacun et chacune de nous reçoit exactement la même manne d’une minute d’attention que l’homme des cavernes. Celle-ci étant ainsi devenue relativement plus rare, il faut faire beaucoup d’efforts pour l’attirer
Est-ce utile ou non de vouloir ainsi attirer l’attention des individus sur un produit ? La publicité pour le café, par exemple, provoque...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Informer les utilisateurs du temps qu’ils leur consacrent est une façon pour les plateformes numériques de s’absoudre de leur responsabilité sans changer leurs méthodes addictives et manipulatrices, observe l’expert des réseaux sociaux Sandy Parakilas dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Big data : « Le modèle économique de beaucoup d’entreprises technologiques n’est pas aligné sur le bien-être des utilisateurs »

Informer les utilisateurs du temps qu’ils leur consacrent est une façon pour les plateformes numériques de s’absoudre de leur responsabilité sans changer leurs méthodes addictives et manipulatrices, observe l’expert des réseaux sociaux Sandy Parakilas dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 17h30
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Sandy Parakilas (directeur de la stratégie du Center for Human Technology à San Francisco)







                        



                                


                            
Tribune. En mai, Google a fait une curieuse déclaration lors de sa conférence « I/O » annuelle : la firme a annoncé qu’elle proposerait de nouvelles options permettant à ses utilisateurs d’apprendre à maîtriser leur usage de la technologie, de se déconnecter et d’acquérir de meilleures habitudes. C’est une volte-face à 180 ° de la part d’une entreprise qui affirmait jusque-là que la technologie, loin d’être source de problèmes, était la solution à tous les problèmes. Peu après, Apple lui emboîtait le pas avec sa propre palette d’outils de confort, et quelques semaines plus tard, Facebook et Instagram annonçaient à leur tour la mise en place d’outils calculant le temps passé sur ces deux applications.
Chez les adolescents, la dépression et le suicide sont corrélés à l’utilisation des appareils électroniques et des médias sociaux
Au Center for Humane Technology, une organisation à but non lucratif créée pour combattre les maux engendrés par la technologie, nous avons observé ces développements avec la plus grande attention. Nous qui affirmons depuis des années qu’il est important de prendre conscience de ces questions, nous nous félicitons de voir l’industrie prendre des mesures pour y remédier. Il était temps : des preuves de plus en plus nombreuses attestent des risques mesurables engendrés par l’utilisation des smartphones et des réseaux sociaux.
Aux Etats-Unis, par exemple, les Centers for Disease Control and Prevention ont découvert que, chez les adolescents, notamment chez les jeunes filles, la dépression et le suicide sont corrélés à l’utilisation des appareils électroniques et des médias sociaux. Par ailleurs, des études ont montré que la moitié des adolescents et un quart des adultes disent se sentir dépendants de leurs appareils, et que leur utilisation peut induire chez eux une distraction dangereuse. Le ministère américain des transports a ainsi mis en évidence que les chauffeurs de poids lourds qui envoient des textos pendant...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans un manifeste pour la défense de la démocratie au Brésil adressé au « Monde », un collectif d’intellectuels, de politiques et universitaires européens, parmi lesquels Martine Aubry, Didier Fassin ou Thomas Piketty, appelle les Brésiliens à s’opposer à son élection à la tête de l’Etat lors du second tour de la présidentielle, le 28 octobre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Présidentielle au Brésil : Bolsonaro et le « risque d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine »

Dans un manifeste pour la défense de la démocratie au Brésil adressé au « Monde », un collectif d’intellectuels, de politiques et universitaires européens, parmi lesquels Martine Aubry, Didier Fassin ou Thomas Piketty, appelle les Brésiliens à s’opposer à son élection à la tête de l’Etat lors du second tour de la présidentielle, le 28 octobre.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 17h23
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Porté par plus de deux cents universitaires, responsables politiques et citoyens d’Europe et du Canada, ce manifeste s’inscrit dans un mouvement mondial de soutien à la démocratie face à la violence déchaînée par la candidature de Jair Bolsonaro au Brésil. Il est ouvert aux démocrates de toutes les sensibilités politiques. Face au risque imminent d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine, la solidarité internationale est impérative.
Nous, citoyens, intellectuels, militants, personnalités politiques vivant, travaillant et étudiant en Europe et au Canada, exprimons notre vive inquiétude face à la menace imminente de l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil le 28 octobre 2018.
Le souvenir de la dictature militaire
La victoire de l’extrême droite radicale au Brésil risque de renforcer le mouvement international qui a porté au pouvoir des politiciens réactionnaires et antidémocratiques dans de nombreux pays ces dernières années.

Bolsonaro défend ouvertement le souvenir de la dictature militaire qui a imposé sa loi au Brésil entre 1964 et 1985, ses pratiques de torture et ses tortionnaires. Il méprise le combat pour les droits humains. Il exprime une hostilité agressive envers les femmes, les Afro-descendants, les membres de la communauté LGBT +, les peuples autochtones et les pauvres. Son programme vise à détruire les avancées politiques, économiques, sociales, environnementales et culturelles des quatre dernières décennies, ainsi que l’action menée par les mouvements sociaux et le camp progressiste pour consolider et étendre la démocratie au Brésil.
L’élection de Bolsonaro menace les fragiles institutions démocratiques pour la construction desquelles les Brésilien·ne·s ont pris tant de risques. Son arrivée au pouvoir serait aussi un frein majeur à toute politique internationale ambitieuse en matière de défense de l’environnement et de préservation de la paix.
Premiers...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Cette semaine, « Mâtin », une nouvelle revue semestrielle « chromatique, bâtarde et sans collier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Dans les revues

Cette semaine, « Mâtin », une nouvelle revue semestrielle « chromatique, bâtarde et sans collier.



LE MONDE IDEES
 |    19.10.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Petite dernière débarquée dans le paysage des périodiques, la cabotine et semestrielle revue Mâtin est « chromatique, bâtarde et sans collier ». Ouaf ? Chromatique, car ses numéros seront composés autour d’une gamme colorée chaque fois renouvelée, fil rouge d’une déambulation originale dans la société contemporaine. Le numéro zéro, Mâtin brun, égrène ainsi des articles éclectiques mais rassemblés par thématiques : dans « Matières », on aborde le bois du point de vue d’une superstitieuse et d’un charpentier-équarrisseur, ou le shit de banlieue depuis le canapé de sa consommatrice. « Territoires » explore, entre autres, les liens étroits entre le marronnage, cette fuite des esclaves assimilés à des animaux domestiques « marrons », et les forêts, refuges ancestraux, que l’on déboise à l’envi pour mater les révoltes ; ou la spécificité du « Brun » comme catégorie sociale face au « Noir » et au « Blanc ». Dans « Aux aguets, aux abois », on traque les glissements symboliques et politiques du bleu ou du rouge vers le brun.
Mâtin est aussi bâtarde, car, à l’image de son premier nuancier, elle fait feu de tout bois. La revue est hybride, entre récits à la première personne, extraits de publications universitaires et recettes de cuisine ; textes, portfolios et podcasts. La présentation du projet ne s’en cache pas : « C’est une manière de rester fidèles aux valeurs qui nous ont rassemblé·e·s, mais aussi aux positionnements que nous portons, aux identités que nous assumons – variables et multiples. Nous sommes du côté des pensées bâtardes, hybrides et subversives. »
Car Mâtin est un cabot sans collier : non étiquetée, la revue se veut « de critique sociale et de pensée alternative ». Nombre de ses contributeurs signent d’ailleurs d’un malicieux patronyme Mâtin ou Mâtine – ou d’un non moins espiègle Youri Terreterrine. De fait, on ne sait jamais où le cabot nous emmène, et s’il ne va pas d’un...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’auteur de « L’impasse collaborative. Pour une véritable économie de la coopération », décrit les trois visages de la crise de la coopération dans nos sociétés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Trois questions à Eloi Laurent, économiste

L’auteur de « L’impasse collaborative. Pour une véritable économie de la coopération », décrit les trois visages de la crise de la coopération dans nos sociétés.



LE MONDE IDEES
 |    19.10.2018 à 13h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Le prix Nobel d’économie vient d’être attribué à William Nordhaus et Paul Romer pour des travaux qui visent à « conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète ». Pour le spécialiste de l’économie écologique que vous êtes, est-ce une bonne nouvelle ?
Pas vraiment. Il est rare, c’est vrai, que l’Académie royale des sciences de Suède reconnaisse l’économie de l’environnement, mais la Fondation Nobel a fait un bricolage bizarre. En réalité, il n’y a pas d’intersection entre l’apport théorique de Paul Romer sur la croissance endogène et celui de William Nordhaus sur l’économie du changement climatique. Le message que semble ainsi vouloir faire passer l’Académie, c’est que la croissance est la solution à la crise climatique. Cela me paraît totalement ­erroné. La croissance ne résoudra pas la crise de la coopération que nous vivons actuellement, dont l’une des conséquences est la destruction aveugle de notre biosphère.
Dans votre ouvrage « L’Impasse collaborative », vous opposez la collaboration et la coopération. Quelle est la différence entre ces deux comportements humains ?
La collaboration, c’est une association dictée par l’utilité qui vise l’efficacité. L’assemblage d’une voiture sur une chaîne de montage, par exemple, suppose la collaboration entre un certain nombre de techniciens, qui eux-mêmes exécutent les plans des ingénieurs : c’est un processus de division du travail tout à fait utile dans une économie. La coopération, en revanche, c’est un processus de partage et d’élaboration des connaissances communes.
Le cœur de la prospérité humaine, ce qui fait que notre espèce a réussi comme nulle autre à croître en nombre, en qualités, en aptitudes, ne vient pas de la collaboration mais de la coopération, c’est-à-dire de notre capacité à agir ensemble pour résoudre nos problèmes et réaliser nos désirs, en construisant ­ensemble et en partageant le savoir.

En...




                        

                        


<article-nb="2018/10/19/19-8">
<filnamedate="20181019"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181019"><AAMMJJHH="2018101919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Rencontre avec la percussionniste cubaine qui a présenté son premier album « Mi Mundo » au public du festival toulousain Jazz sur son 31.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Le monde de Brenda Navarrete

Rencontre avec la percussionniste cubaine qui a présenté son premier album « Mi Mundo » au public du festival toulousain Jazz sur son 31.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h33
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Vendredi 12 octobre, une jolie fin d’après-midi ensoleillée à Toulouse. Les balances s’étaient éternisées au Pavillon République. Je retrouve Brenda Navarrete dans le lobby de son hôtel. La personne en face de moi est assurément jolie. Ses cheveux rasés lui donnent un côté androgyne. Le sourire aux lèvres, la jeune femme est visiblement bien dans ses baskets.
A brûle-pourpoint, je lui pose ma première question. « C’est quoi, le monde de Brenda Navarrete ? » « Mi Mundo, c’est un album de musique du monde. Il y a différents styles dans Mi Mundo : Trova, timba, rumba, jazz, funk, pop, salsa. » « Les tambours sont au cœur de l’album, n’est-ce pas ? » « Les tambours… Batá ! », précise-t-elle. « Tout part des Batá pour s’ouvrir au monde. » 
Elle a appris les Batá avec son élève
« Vous avez une formation classique. Vous n’avez pas appris à jouer des Batá au conservatoire. Où avez-vous appris ? » « A Amadeo Roldán, il y a une période qu’on appelle práctica, où vous devez enseigner à des classes primaires. Dans mon cours, il y avait un jeune garçon qui jouait dans un groupe folklorique. Les percussions classiques ne l’intéressaient pas beaucoup. Il m’a dit : Moi, je joue des tambours Batá. Je vais t’apprendre ! » L’élève est devenu son professeur.
Les tambours Batá sont utilisés dans les cérémonies de la Santeria. « Ma question est certainement très bête, mais… Les femmes ont le droit de jouer des Batá ? » « Sur scène oui, pas dans les cérémonies. » Je poursuis mon idée. « Et en tant que femme, vous n’avez pas rencontré d’obstacle ? » « Je pratique la religion yoruba. Je m’en suis encore rapprochée pour améliorer ma compréhension, faciliter mon ressenti. Ça s’est bien passé parce que j’avais été présentée par quelqu’un du milieu. Sans ça, ça aurait certainement été beaucoup plus difficile. »

        Voir cette publication sur Instagram           Family today! @brendanavmusic I have the pleasure of giving my #first concert #mimundo (#myworld ) in #Toulouse with @labanda_de_robertocarcasses #interactive Familia hoy! @brendanavmusic Tengo el placer de dar mi #Primerconcierto #MiMundo en #Toulouse con @labanda_de_robertocarcasses #interactivo Famille aujourd'hui! @brendanavmusic J'ai le plaisir de donner mon #Primerconcierto #MiMundo in #Toulouse avec le groupe de Roberto Carcasses Interactivo 08/12/2018 à 21h Département de la Haute-Garonne La Passerelle 32ème édition Festival Jazz sur sont 31. 🥁🎸🎹🎺🎻🇨🇺🇺️ #francia🇫🇷 #brendanavmusic #afrocubanas #alega #mimundo #sumate #brendanavarrete #Graciassss @elseba1984 y @asorisoto por el material hermosos! Une publication partagée par  B R E N D A N A V A R R E T E (@brendanavmusic) le 12 Oct. 2018 à 3 :52 PDT 

Pour elle, la musique cubaine de la première partie du vingtième siècle est essentielle
Mi Mundo s’ouvre sur une ode à Eleggua et se termine avec Oshun, deux divinités de la religion yoruba. « J’ai le sentiment que la chanson Rumbero Como Yo est importante dans l’album… » « C’est vrai. Elle affirme ce que je suis. C’est un hommage à la rumba, à Cuba. » « Il y a deux autres titres rumba… Mulata Linda avec Osain Del Monte [célèbre groupe de rumba] et Namaste qui intègre des éléments de folklore venu d’Inde. »
Mi Mundo contient deux classiques de la musique cubaine : Cachita, standard de Rafael Hernández Marín, interprété entre autres par les Lecuona Cuban Boys ainsi que Drume Negrita, popularisé par Bola de Nieve. Je demande à Brenda ce que représente pour elle la musique de la première partie du vingtième siècle. « Pour moi, cette période est primordiale. Les années vingt à cinquante ont vu la naissance de toutes les musiques qui représentent Cuba : son, mambo, cha-cha-chá… »
Mi Mundo est également marqué par trois moments forts. Anana Oyé est une chanson du trovador Pedro Luís Ferrer. « Je l’ai aimé tout de suite ! » Brenda se l’approprie au point de faire oublier l’original. Elle reprend la version afro-cubaine de Bobby Carcassés de Caravan, le standard de Duke Ellington et Juan Tizol. Brenda interprète enfin en duo avec Alain Pérez [ancien bassiste d’Issac Delgado, réputé pour ses talents d’arrangeur] Taita Bilongo, un titre de Celia Cruz.
Alain Pérez l’a poussée vers la sortie pour la forcer à voler de ses propres ailes
« J’ai une histoire à vous raconter ! Un jour, je dis à Alain que j’adore Taita Bilong, que je rêve de la chanter. » Alain lui dit : « C’est moi qui l’ai écrite, avec mon père. [Gradelio Pérez] » « La chanson de Celia était une salsa. Nous l’avons réécrite dans une version afro-latin jazz. » Brenda a travaillé deux ans avec Alain Pérez. Il l’a poussée vers la porte pour l’obliger à se lancer dans sa propre carrière. « Ça m’a brisé le cœur ! », ajoute-t-elle en riant.
« Vous avez beaucoup d’amis », lui fais-je remarquer en citant quelques-uns des musiciens de l’album : Alain Pérez (basse), El Negro Hernández (batterie), Hilario Durán (piano), Rolando Luna (piano), Eduardo Sandoval (trombone)… « Ils sont tous excellents. Ce sont vraiment mes amis ! La création artistique est un processus exigeant. Je n’avais pas envie de passer du temps à la recherche de musiciens que je ne connaissais pas. On est proche. Ils connaissent ce que je fais. C’est ma famille musicale. »



Au moment de nous séparer, une dernière question me brûle les lèvres… « C’est vrai que vous n’avez jamais pris de cours de chant ? » « Jamais. » Elle se ravise : « Si, une semaine. »

Jazz sur son 31 à l’heure cubaine
Le festival toulousain Jazz sur son 31, trente-deux ans au compteur, se décline en différentes thématiques dont Jazz à La Havane, qui s’est déroulé du 7 au 13 octobre 2018.
Jazz à la Havane est une proposition de Philippe Monsan, un fin connaisseur du jazz à Cuba, que le directeur artistique Philippe Leoge a concrétisé après un séjour à La Havane en décembre 2016. La première édition avait réuni autour du pianiste Harold Lopez-Nussa sept trentenaires cubains reconnus sur la scène internationale. Le résultat au-delà de toute espérance a donné naissance à un enregistrement qui devrait sortir en fin d’année.
Cette deuxième édition était construite autour du pianiste Roberto Carcassés et de sa formation Interactivo, la pierre angulaire du dispositif étant la personne de Bobby Carcassés. Le père de Roberto, sorte de Dean Martin cubain oublié par la vague du revival des années quatre-vingt-dix. Bobby, qui a débuté sa carrière avant la révolution, n’a jamais abandonné le jazz. En 1979, il fut à l’origine de la toute première édition de Jazz Plaza à La Havane.
L’idée d’inviter Bobby est venue au moment de préparer l’édition 2 018. Philippe Monsan a lancé à Roberto : « Et si on faisait venir Bobby ? » « Et pourquoi pas ! » Concerts, show cases, master classes, la présence du vétéran de quatre-vingts printemps, aussi à l’aise dans le scat que la rumba, fut l’un des points d’orgue de la manifestation, l’autre événement étant la présentation par Brenda Navarrete de son album Mi Mundo.
Le feu d’artifice final de Jazz à La Havane fut le concert du groupe encore trop méconnu Interactivo. La présence scénique des membres du collectif, sa musique fusionnelle de pop, rock, salsa, rumba et le talent du génial Roberto Carcassés font d’Interactivo, vingt-six ans après sa création, l’un des groupes cubains les plus innovants du moment.


Brenda Navarrete : Mi Mundo (2018, Alma Records).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les révélations des failles de sécurité touchant des services en ligne s’accumulent. Et la collecte de nos données fait peser un risque collectif d’envergure.
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Le contrôle des données numériques personnelles est un enjeu de liberté collective

Les révélations des failles de sécurité touchant des services en ligne s’accumulent. Et la collecte de nos données fait peser un risque collectif d’envergure.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 12h26
    |

            Martin Untersinger








                        


Analyse. C’est une litanie. Facebook a admis, vendredi 12 octobre, que des données personnelles de 29 millions d’internautes avaient été subtilisées par des pirates informatiques. Quatre jours auparavant, son concurrent Google confiait qu’une faille avait exposé un demi-million d’utilisateurs de Google+.
Il ne s’agit-là que des exemples les plus récents. Mais chaque jour, chaque mois, chaque année charrie son lot ininterrompu de piratages et de fuites de données. De l’entreprise de crédit américaine Equifax au grand groupe Yahoo!, en passant par Target, British Airways, Uber, Adidas, Exactis ou Ashley Madison.
Personne ne bouge, ou à de rares exceptions
L’affaire est simple : si vous avez utilisé Internet ces dix dernières années, une partie de votre intimité est accessible en ligne. En premier lieu, pour les entreprises et les applications dont vous utilisez les services. Au-delà des failles et des hacks (« piratage »), les données personnelles sont devenues le carburant de la société du XXIe siècle. Toutes nos actions numériques sont captées, mesurées, identifiées, analysées, sauvegardé, alors que les services en ligne ne cessent de se multiplier, depuis l’apparition des ordinateurs jusqu’aux smartphones en passant désormais par vos télévisions, fours micro-ondes et voitures connectés.
Mais les données des utilisateurs sont aussi, parfois, accessibles à des malfaiteurs ou à des services tiers. Ils arrivent à contourner la sécurité des entreprises et des applications en question, ou à en explorer les limites, pour en tirer toujours plus d’informations.
L’affaire Cambridge Analytica n’a pas eu le moindre impact pour Facebook
Malgré les scandales à répétition et les intrusions toujours plus systématiques dans la vie des citoyens, face à ce constat personne ne bronche, ou à de rares exceptions, sauf des militants des libertés numériques ou quelques individus gênés par ce système intrusif. En mars, l’affaire Cambridge Analytica – qui a participé à la campagne électorale de Donald Trump – dévoilait que l’entreprise avait eu accès aux informations privées de 87 millions d’utilisateurs. A part une violente tempête politique, l’affaire n’a pas eu le moindre impact pour Facebook. Six mois ont passé et les utilisateurs y sont toujours d’une fidélité à toute épreuve. Ils sont toujours, chaque jour, 1,47 milliard à se connecter au réseau social.
Il serait commode de penser que l’humain du XXIe siècle a renoncé à sa vie privée. Mais il ne s’agit pourtant pas d’indifférence. Les sondages montrent avec insistance et sans ambiguïté que les internautes la chérissent encore à l’heure des réseaux sociaux et des smartphones. Comment, alors, expliquer cette apathie ? Très souvent, parler de la vie privée évoque l’image du héros du film La Vie des autres (2007), de Florian Henckel von Donnersmarck. On imagine cet agent de la police politique est-allemande, un casque vissé sur la tête, écouter avec soin les moindres soubresauts de la vie de ses voisins du dessous.

   


Or, pour l’immense majorité d’entre nous, il n’y a pas d’agent des services secrets derrière l’écran de notre smartphone. Personne, que ce soit chez Google, Facebook ou toute autre entreprise du numérique, ne va éplucher avec délectation le détail de nos déplacements, l’historique de nos recherches ou nos dernières photos de vacances. Même les pirates de Google ou de Facebook n’avaient sans doute que faire de l’intimité individuelle de leurs cibles.
L’invraisemblable machine à cibler
Pendant des décennies, à raison, défendre la vie privée revenait à protéger l’individu. Aujourd’hui encore, on s’obstine à rechercher et mesurer les conséquences individuelles de cette collecte effrénée de données personnelles et de ces piratages à répétition. Mais le paradigme a changé : la question des données personnelle n’est pas un problème d’intimité. C’est un enjeu de liberté collective.
Prenez l’affaire Cambridge Analytica : le problème n’est pas que Donald Trump et son équipe de campagne ont consulté méthodiquement la liste d’amis de 87 millions d’utilisateurs de Facebook (dont plus de 200 000 Français). Mais qu’ils aient pu utiliser ces informations, agrégées à des millions d’autres, pour mener une campagne politique extrêmement personnalisée, quasi individualisée, en utilisant à plein l’invraisemblable machine à cibler des messages proposée par Facebook. L’impact de cette fuite de données personnelles n’est plus individuel, il est collectif. Il ne s’agit pas de l’intimité de son existence vis-à-vis d’une organisation politique, mais de la liberté collégiale de choisir en conscience son dirigeant politique ou ses conditions de vie commune.
Les algorithmes nous disent quoi acheter, qui rencontrer, quel article de presse lire…
Les algorithmes enserrent nos vies : ils nous disent quoi acheter, où partir en vacances, qui rencontrer, quel article de presse lire, comment nous déplacer, décident ce que nous pouvons écrire. Cette trame nouée autour de nos vies est tissée de nos données personnelles. Pas seulement des nôtres, individu connecté, mais de toutes les autres : les algorithmes ne fonctionnent qu’assis sur des masses de données. C’est la somme, l’agrégat et la combinaison des données à l’échelle de milliers, voire de millions d’êtres humains, qui font leur puissance.
Les facteurs qui poussent une entreprise à orienter nos choix, en analysant nos données et celles des autres, seront perpétuellement obscurs. Au bout du compte et si rien ne change, alors que ces entreprises s’immisceront de plus en plus dans nos activités quotidiennes, passant peu à peu de la « suggestion » à l’« injonction », nous serons sans doute pris au piège des données personnelles. On décidera à notre place, d’une manière qu’on nous présentera comme optimale puisque conçue sur l’analyse de données de millions de personnes dont la vie nous est similaire, et en nous confisquant une part de notre libre arbitre. Il ne s’agit pas d’intimité vis-à-vis d’une quelconque entreprise de la Silicon Valley, mais de liberté individuelle.
Une urgence comparable à celle du climat
La seule solution est de limiter la dissémination aux quatre vents de nos données personnelles. Mais comment le faire sans se retirer des connexions, sociales et professionnelles, d’une société désormais numérisée ? Comment renoncer à tous ces avantages ? La solution se trouve quelque part entre le collectif (des règles politiques pour limiter la collecte et l’exploitation des données) et l’individuel (le recours à une technologie plus frugale et plus décentralisée).
Ces questions ne vous rappellent rien ? La question de la vie privée se rapproche d’un autre problème aux sources individuelles et aux conséquences collectives : la pollution. Une photo postée sur Facebook ou un achat sur Amazon n’ébranle pas la démocratie ; pas plus qu’un unique trajet en voiture ne met, à lui seul, la planète en péril. C’est lorsqu’on les agrège et qu’on les combine que les dégâts deviennent apparents et évidents.
Bien sûr, l’urgence climatique dépasse de loin les enjeux des données personnelles. Mais la comparaison montre l’ampleur du changement de modèle qui sera nécessaire pour défaire le piège que la collecte de données personnelles fait peser sur la démocratie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour mettre un terme au conflit qui oppose Bordeaux Métropole Aménagement à l’écosystème Darwin, le maire de la ville propose, dans une tribune au « Monde », de mettre à disposition les parcelles litigieuses à condition, notamment, que Darwin cesse toute extension illégale.
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Alain Juppé : « Amis de Darwin, que voulez-vous de plus ? »

Pour mettre un terme au conflit qui oppose Bordeaux Métropole Aménagement à l’écosystème Darwin, le maire de la ville propose, dans une tribune au « Monde », de mettre à disposition les parcelles litigieuses à condition, notamment, que Darwin cesse toute extension illégale.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 14h18
    |

Alain Juppé (maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole)







                        



                                


                            

Tribune. La dégradation des relations entre Darwin et Bordeaux Métropole me peine profondément et j’en comprends mal les raisons. J’ai le sentiment d’avoir tout fait depuis le début pour favoriser l’installation de Darwin sur la rive droite de la Garonne, et de continuer à tout faire pour accompagner son développement.
A l’origine, en 2009, mon prédécesseur à la présidence de ce qui était alors la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) et moi-même avons choisi de vendre à Darwin les Magasins généraux Nord et leur emprise, dans des conditions financières qui, tout en préservant les intérêts de notre établissement public, restaient compatibles avec les moyens de l’acquéreur. Cette vente a été validée à l’unanimité par les élus de la CUB de l’époque. La ville de Bordeaux et la CUB ont aidé à cette installation en subventionnant la création d’une pépinière d’entreprises, livrée en 2013 et qui a reçu, de nos deux collectivités, un financement de 1 385 920 euros.
Quelques années plus tard, quand il s’est agi de céder les Magasins généraux Sud, à l’issue d’un appel d’offres, nous avons choisi le projet Darwin, dont la solidité financière était moins évidente que celle de son concurrent, mais dont l’ambition culturelle nous semblait bien supérieure. Je n’ai cessé, au fil des ans, d’exprimer, en paroles et en actions, mon soutien à ce qu’il est convenu d’appeler l’écosystème Darwin, qui contribue magnifiquement au rayonnement de Bordeaux.
Régularisations d’occupations
D’où sont venues les difficultés ? Il nous a d’abord fallu convaincre les responsables de Darwin qu’ils ne pouvaient pas organiser de grandes manifestations et accueillir du public en nombre dans leurs locaux sans respecter les règles de sécurité applicables en l’espèce. Cela a pris du temps mais nous y sommes parvenus. Ensuite, nous avons dû constater que Darwin développait ses activités sur des terrains qui ne lui appartenaient pas, sans aucun titre d’occupation....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ L’essayiste publie un livre et lance une structure politique avec d’autres intellectuels pour créer un logiciel politique entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
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Raphaël Glucksmann veut occuper la « place publique »

L’essayiste publie un livre et lance une structure politique avec d’autres intellectuels pour créer un logiciel politique entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h03
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

On peut le voir comme l’aboutissement d’une lente maturation personnelle. L’essayiste Raphaël Glucksmann, 39 ans, a une rentrée très politique. Et entend prendre toute sa place dans le débat actuel de la recomposition de la gauche. Son essai Les Enfants du vide. De l’impasse individualiste au réveil citoyen (Allary, 220 p., 18,90 euros), sorti le 11 octobre, a tout du manifeste de réarmement idéologique d’une gauche écologiste, humaniste et pro-européenne.
Ensuite, l’initiative qu’il lance notamment avec l’économiste Thomas Porcher et l’écologiste Claire Nouvian commence à avoir une existence concrète : une structure qui doit s’appeler Place publique – en référence au mouvement des places (Maïdan, Tahrir, etc.) dont M. Glucksmann se réclame dans son livre – doit être lancée début novembre. Un texte en huit points devrait ainsi être publié pour créer un logiciel politique qui trouverait sa place dans un espace entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
L’essai de M. Glucksmann entre dans cette logique. C’est une tentative pour donner du sens à un nouvel engagement citoyen avec, au centre des préoccupations, la question écologique. Dans Les Enfants du vide, l’intellectuel part du fait que sa génération sans repères doit réinventer − voire réenchanter − une gauche en état de mort cérébrale. A défaut d’un tel sursaut, « l’insurrection populiste » gagnera.
Aucune question taboue
Construit en trois parties, ce passionnant essai dresse un constat cinglant de « la société de solitude », où l’être postmoderne règne, ignorant tout sens du collectif, tout sacrifice pour l’Autre. L’incarnation de cette dérive est l’Homo economicus, que l’auteur se propose de défaire méthodiquement. Sa solution peut apparaître simple et à la fois audacieuse : plus de solidarité, plus de démocratie, plus d’écologie. Aucune question n’est taboue chez Glucksmann, qui prend de front tous les débats qui traversent la gauche,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le classement de la banque Crédit Suisse consacre l’enrichissement spectaculaire des Etats-Unis et de la Chine. Sur le Vieux Continent, l’Hexagone reste l’un des pays les moins inégalitaires, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« La France est le pays d’Europe qui compte la plus forte progression de millionnaires en 2018 »

Le classement de la banque Crédit Suisse consacre l’enrichissement spectaculaire des Etats-Unis et de la Chine. Sur le Vieux Continent, l’Hexagone reste l’un des pays les moins inégalitaires, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h16
    |

            Philippe Escande (Editorialiste au service économie)








                        



                                


                            

Chronique Pertes & Profits. En ces temps légèrement dépressifs, où beaucoup sont tentés de s’abîmer dans la contemplation du rétroviseur, voire de rêver d’un retour au populisme des années 1930, la lecture du dernier rapport de la banque Credit Suisse sur la richesse mondiale incite à la réflexion.
A l’instar du travail sur les inégalités des économistes du monde entier, sous la houlette de Thomas Piketty, la banque suisse, qui s’y connaît en patrimoine, ambitionne depuis neuf ans de présenter un portrait de la richesse mondiale. Avec toutes les réserves que soulève toujours ce genre de travail, elle dresse dans le temps un portrait de l’économie mondiale sous un angle qui a l’avantage de concerner tout le monde : la fortune de chaque foyer, que ce soit sous forme d’actifs financiers ou immobiliers.
Premier constat, le monde s’enrichit. Entre mi-2017 et mi-2018, il a « gagné » 14 000 milliards de dollars, pour atteindre 317 000 milliards de dollars (277 000 milliards d’euros). Une somme qui ne dit pas grand-chose mais qui signifie que, si chacun des quelque 5 milliards d’adultes sur la terre se partageait cette somme, chacun de nous serait à la tête d’un patrimoine s’élevant à 63 100 dollars, soit une progression de 4,6 % par rapport à l’année précédente.

Calcul tout théorique, tant la répartition de cette manne est hétérogène. Les Etats-Unis sont le premier gagnant en valeur absolue, qui ont profité à plein de la santé insolente de la Bourse et du boom de l’immobilier. Depuis 2008, la richesse totale du pays a progressé chaque année, y compris quand celle-ci a diminué au plan mondial entre 2014 et 2015. Les Etats-Unis concentrent à eux seuls près du tiers de la fortune mondiale et captent 40 % de sa croissance.
Rôle de la redistribution
L’autre vainqueur est la Chine, devenue le deuxième pays le plus riche du monde. Au cours de ce siècle, sa richesse a été multipliée par plus de vingt, à 52 000 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Contraint à la démission après la découverte d’un fichier contenant des commentaires insultants sur des responsables de fédérations, le secrétaire général de Force ouvrière a porté un coup au syndicalisme tout entier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

FO : Pascal Pavageau, l’arroseur arrosé

Editorial. Contraint à la démission après la découverte d’un fichier contenant des commentaires insultants sur des responsables de fédérations, le secrétaire général de Force ouvrière a porté un coup au syndicalisme tout entier.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 11h21
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’est l’histoire d’un leader syndical qui prépare minutieusement, dix-huit mois avant, son élection et qui, en même temps, crée les conditions qui vont conduire à sa chute. Elu le 27 avril, à Lille, à l’issue d’un congrès très violent, secrétaire général de Force ouvrière (FO), Pascal Pavageau, qui a été contraint à la démission, mercredi 17 octobre, a réussi un double exploit. Il a d’emblée fracturé la troisième confédération française, en menant une rude bataille contre son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, alors qu’il était le seul candidat à sa succession. Il a ensuite battu un record dans l’histoire syndicale, celui du mandat le plus bref, à peine six mois. Une crise qui rappelle celle qu’a connue la CGT quand, en janvier 2015, Thierry Lepaon, successeur par défaut de Bernard Thibault, avait dû jeter l’éponge à la suite d’affaires mettant en cause son train de vie.

        Lire aussi :
         

                Pascal Pavageau démissionne de FO à la suite de l’affaire du fichage de cadres



Mais le séisme qui frappe FO, soixante-dix ans après sa création, en 1948, est d’une plus grande ampleur. C’est la révélation, le 10 octobre, par Le Canard enchaîné, de l’existence d’un fichier recensant 127 responsables de fédérations et d’unions départementales qui a mis le feu aux poudres. Ce document ne se bornait pas à cibler les soutiens de M. Pavageau et les ennemis de M. Mailly, distinguant trotskistes et réformistes, il insultait un grand nombre de cadres, avec des termes fleuris – « niais », « bête », « ordure », « trop intelligent pour être au bureau confédéral » –, précisait les orientations sexuelles ou les problèmes de santé. Une incroyable et scandaleuse opération de basse police dans un syndicat qui se targue, comme l’a rappelé sa direction élargie, le 17 octobre, de défendre « la liberté de pensée et de choix individuel, politique, philosophique et religieux de chaque militant ».
« Une belle connerie »
Qualifiant ces documents de « stupides et déplacés, mais confidentiels », M. Pavageau s’est défaussé sur ses proches collaboratrices – qu’il a licenciées avant de partir –, assurant qu’il avait juste demandé un « mémo », avant de reconnaître « une belle connerie ». Dans son mail de démission, il n’hésite pas à parler de « cabale ». Que des dirigeants de FO, encore traumatisés par le congrès de Lille en avril, qui a divisé le syndicat, aient souhaité son échec ne fait aucun doute. Mais M. Pavageau, tel l’arroseur arrosé, est pleinement responsable de la crise qu’il a provoquée. En imposant à sa centrale un tournant très radical, accompagné d’un rapprochement avec la CGT, sa sœur ennemie, se mettant de facto hors jeu des négociations en cours, il a terni son image. Et il a pris le risque d’affaiblir FO durablement, alors qu’elle va jouer, le 6 décembre, lors des élections dans les trois fonctions publiques, sa première place chez les agents de l’Etat.

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                Au sein de Force ouvrière, la crise ne fait que commencer



Pour FO, c’est un grand saut dans l’inconnu. Elle va devoir, d’ici un mois, élire un nouveau secrétaire général, qui sera tenu d’appliquer la ligne radicale arrêtée à Lille, même s’il aura le souci d’en atténuer les contours pour ne pas rester à l’écart des réformes à venir de l’assurance-chômage et des retraites. Mais l’alliance de circonstance, pour pousser M. Pavageau vers la sortie, entre les trotskistes et les réformistes, aura du mal à résister aux règlements de comptes et aux probables rebondissements de cette crise mortifère. Au-delà de FO, c’est bien le syndicalisme dans son ensemble, qui souffre déjà d’une mauvaise image dans l’opinion, qui va être atteint.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le nouvel accord de libre-échange nord-américain voulu par Trump sera un échec parce qu’il réhausse les coûts de production aux Etats-Unis, estime l’économiste Anne O. Krueger, dans sa chronique au « Monde ».
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Le nouvel accord nord-américain « détruira probablement plus d’emplois aux Etats-Unis qu’il n’en créera »

Le nouvel accord de libre-échange nord-américain voulu par Trump sera un échec parce qu’il réhausse les coûts de production aux Etats-Unis, estime l’économiste Anne O. Krueger, dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 10h09
    |

Anne O. Krueger (professeure d’économie internationale à l’université Johns Hopkins)







                        



                                


                            
Chronique « Vu d’ailleurs ». Les buts affichés de Donald Trump en renégociant l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) – s’il est toutefois possible de parler de « renégociation » pour désigner les attaques d’une brute contre ses voisins plus faibles jusqu’à ce que ceux-ci acceptent ses exigences – étaient de réduire les déficits commerciaux des Etats-Unis avec le Canada et le Mexique ainsi que de « ramener de bons emplois [dans son pays] ». Or, à l’aune de ces deux critères, le nouvel accord (United States-Mexico-Canada Agreement – USMCA) est un échec spectaculaire.
Le compromis obtenu détruira probablement plus d’emplois aux Etats-Unis qu’il n’en créera. Les nouveaux « critères d’origine », qui requièrent que 75 % d’un véhicule importé soient produits en Amérique du Nord pour que celui-ci soit exempté de droits de douane (contre 62,5 % au titre de l’Alena), réduiront l’emploi en augmentant les coûts de production. Cette exemption est aussi désormais conditionnée au fait que 40 % à 45 % de la valeur du véhicule soient produits par des salariés gagnant au minimum 16 dollars de l’heure à partir de 2023 – un niveau beaucoup plus élevé que celui auquel peuvent espérer prétendre les travailleurs mexicains de l’automobile. Les producteurs d’automobiles mexicains préféreront, plutôt que de respecter ces critères, se soumettre aux modestes droits de douane de 2,5 % qui leur seront alors imposés.

Mais quels que soient leurs choix, ces deux dispositions réduiront globalement la compétitivité des producteurs américains. En réalité, les fabricants d’automobiles d’Asie et d’Europe se frottent probablement les mains à l’idée d’augmenter leurs ventes. Ils prendront l’avantage sur les producteurs d’Amérique du Nord dans les pays tiers, et peut-être même sur le marché des Etats-Unis.
Baisse de compétitivité
Quant aux fabricants d’automobiles étrangers ayant des usines aux Etats-Unis, il est fort probable qu’ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La réforme de la Convention de Dublin, qui détermine le pays responsable d’examiner une demande d’asile, est paralysée.
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Dublin, année zéro

La réforme de la Convention de Dublin, qui détermine le pays responsable d’examiner une demande d’asile, est paralysée.



LE MONDE IDEES
 |    19.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h30
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Convention de Dublin, Dublin II – qui a coulé ce texte dans le droit européen –, Dublin III – qui visait à améliorer la procédure – et, bientôt, Dublin… 0 ? Ce règlement qui détermine quel est le pays responsable d’examiner une demande d’asile est au cœur des discussions qui, ­depuis la crise migratoire, empoisonnent la vie de l’Union européenne (UE), et sa réforme est paralysée. ­Evoquant le pays de « première entrée » du demandeur, il a été la cible de l’Italie et de la Grèce, qui estiment avoir été laissées seules devant le défi de l’accueil. Et les pays du Nord, qui avant cela fermaient les yeux sur sa non-application, maintiennent aujourd’hui qu’il doit être remis en vigueur tel quel, ou presque.
« “Dublin” a été créé, au départ, dans l’esprit d’une harmonisation des régimes d’asile, à une époque où l’on croyait encore au développement d’une politique européenne commune en matière de migration », explique François Gemenne, spécialiste des migrations, professeur à Sciences Po Paris, Grenoble et Liège.
Il s’agissait d’éviter que les demandeurs d’asile ne déposent une requête dans plusieurs pays, ce qui aurait entraîné un surcroît de travail pour les agences nationales et des imbroglios administratifs en cas de décisions contradictoires. Dublin, censé aussi traduire en droit européen la convention de Genève sur les réfugiés (elle-même désormais contestée par ­certains), visait donc à coordonner les demandes d’asile, en répartissant clairement les compétences et en désignant le pays responsable de mener la procédure dans tout l’« espace Dublin ».
« Double injustice »
Le système a-t-il vraiment fonctionné ? « Non, tranche Philippe De Bruycker, professeur du droit des migrations à l’Université libre de Bruxelles. C’est en fait un mécanisme égoïste par lequel les Etats espéraient pouvoir se ­décharger sur les autres de leurs responsabilités, chacun étant censé se débrouiller avec les réfugiés arrivant sur son territoire. Et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Si la catastrophe s’affiche désormais au singulier, c’est notamment parce que les réponses politiques au changement climatique « ne peuvent se penser qu’à l’échelle mondiale ».
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La ou les catastrophes ?

Si la catastrophe s’affiche désormais au singulier, c’est notamment parce que les réponses politiques au changement climatique « ne peuvent se penser qu’à l’échelle mondiale ».



LE MONDE IDEES
 |    19.10.2018 à 09h00
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            
Il n’est plus possible de le contester : le monde se meurt, affirme l’astrophysicien Aurélien Barrau, dans une tribune parue dans le magazine en ligne Diacritik du 27 août, qui est à l’origine d’un ­appel pour la planète de 200 personnalités (publié dans Le Monde daté 4 septembre). La catastrophe en cours est immense. Peut-être sans précédent dans l’histoire universelle – en tout cas dans l’histoire humaine. » Hasard du calendrier, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, annonçait sa démission le 28 août, refusant de se faire plus longtemps le « complice de la catastrophe en cours ». Ce départ, cumulé aux pics de température atteints cet été, a ­remis en selle une notion vieille comme le monde : la catastrophe. Au singulier. La fin de l’espèce humaine, en somme.
« Cataclysme planétaire »
En témoigne le cri d’alarme lancé, en septembre, par un aréopage de mathématiciens, de physiciens, de biologistes et d’astrophysiciens. Dans cet appel cosigné par de nombreux artistes, ils parlent de ­« cataclysme planétaire » et d’« effondrement ». Un vocabulaire pour le moins surprenant chez ces représentants des sciences exactes. Car longtemps, les discours catastrophistes n’ont suscité qu’ironie : de telles théories étaient perçues comme les réminiscences d’un discours religieux irrationnel, un héritage des visions apocalyptiques défendues par saint Jean et saint Paul. Ceux qui mettaient en garde contre un « renversement » du monde étaient donc considérés comme des prophètes ou des illuminés.

Quand le sociologue Bruno Latour évoquait la déesse Gaïa (Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique, La Découverte, 2015) pour souligner que les forces humaines pouvaient faire basculer la Terre d’un état à un autre, on le regardait de travers. « Chaque fois que j’en parlais à Sciences Po, je voyais dans les yeux des autres directeurs qu’ils me considéraient comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les défis qui attendent le nouveau ministre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/10/2018
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Ministère de la culture : « Franck Riester sera-t-il l’oiseau rare qui bousculera ce petit mammouth ? »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les défis qui attendent le nouveau ministre.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 11h49
    |

            Michel Guerrin (chroniqueur culture)








                        



                                


                            

Chronique. Franck Riester est le 13e ministre de la culture en vingt-cinq ans. Environ deux ans, c’est une rotation rapide, mais qui se retrouve ailleurs. En étant un peu taquin, et pour signifier la difficulté du poste, disons que celle qui a duré le moins longtemps, Audrey Azoulay, est aussi celle qui en est le mieux sortie, occupant ses quinze mois à régler les affaires courantes et à rebondir à la tête de l’Unesco.
Pourquoi un ministre de la culture s’en va souvent avec un goût amer ? Certains n’ont pas les armes, comme Françoise Nyssen, qui s’est jetée dans la mare sans savoir nager – avec sincérité, elle a confié ne pas avoir été préparée. Car beaucoup pensent que la culture, c’est fun, facile, sympa. « Tous les soirs, il faut que tu te tapes des spectacles et dire que c’est bien », a conseillé François Hollande à Fleur Pellerin, qui débarquait tel un ovni. Elle a fini concassée par un procès en illégitimité. Car la culture devient vite un enfer pour qui n’est pas de la partie, ne maîtrise pas les rouages, croit – à tort – que c’est plus aisé de la bouger que de réformer la SNCF, ne sait pas tenir tête aux artistes.
La culture flatte un ministre mais ce dernier est vite tétanisé par un secteur qui, au moindre dérapage, le méprise. Au point que Franck Riester, à peine nommé, et comme d’autres avant lui, s’est cru obligé de manier le mot ronflant et de dire que « la culture est le ministère essentiel », alors qu’elle ne l’est pas – sinon on lui donnerait plus que 1 % du budget de l’Etat.
Un boutiquier qui gère la pénurie
La réalité, c’est que 85 % des crédits alloués à la création sont engloutis dans les établissements, événements et personnels avant même que le ministre ne bouge le petit doigt. Comme son budget est stable, donc en baisse puisque tout augmente, il devient un boutiquier qui gère la pénurie et doit affronter les jérémiades du milieu. Les fins diplomates y parviennent. Mais tous vacillent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ A l’occasion de la sortie du livre « Radioscopie », regroupant de grands entretiens réalisés par Jacques Chancel, « Le Monde » publie des extraits de la rencontre avec l’écrivain.
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Romain Gary, en 1975, dans « Radioscopie » : « L’absence de féminité dans notre civilisation est effrayante »

A l’occasion de la sortie du livre « Radioscopie », regroupant de grands entretiens réalisés par Jacques Chancel, « Le Monde » publie des extraits de la rencontre avec l’écrivain.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 10h07
   





                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Brassens, Adjani, Truffaut, Dalida, Foucault, Yourcenar… Pendant vingt ans, Jacques Chancel a reçu sur France Inter des artistes, des écrivains ou des intellectuels pour les confesser dans son émission « Radioscopie ». Parmi les grands entretiens regroupés dans un livre (« Radioscopie » , 352 pages, Les Editions du sous-sol, 49 euros), « Le Monde » a choisi de publier la rencontre avec l’écrivain Romain Gary, réalisée en juin 1975, alors qu’il recevra, cinq mois plus tard, un deuxième prix Goncourt, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.

Vous n’avez pas l’impression, Romain Gary, de vous être un peu trop dispersé ? Vous êtes écrivain, cinéaste, vous avez été consul, conseiller d’un ministre de l’information, vous avez sans doute été tenté par la politique…
Je passe sur les métiers que j’ai faits dans ma préhistoire, pour survivre, parce que je suis d’un milieu extrêmement pauvre. Je me suis engagé dans l’aviation à l’âge de 23 ans, je suis resté aviateur neuf ans, instructeur de tir aérien à l’école de l’air de Salon-de-Provence. J’ai ensuite rejoint de Gaulle, il y a eu l’Angleterre, la bataille d’Angleterre, l’Afrique, l’Abyssinie, la Libye, la Syrie, tout le tralala jusqu’au débarquement en Normandie. Après quoi, j’ai été diplomate pendant dix-sept ans, et j’ai mené une carrière consulaire que j’ai terminée comme consul général à Los Angeles en 1961. Ensuite, j’ai été, en effet, conseiller d’un ministre, j’ai fait beaucoup de journalisme, et j’ai fait du cinéma comme metteur en scène.
Mais, il y a plus grave que ça, dans cette dispersion. Si je m’examine au point de vue culturel, je vois trois choses. Je suis né en Russie, j’ai emmagasiné jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans la culture russe et la langue russe. Ensuite, ma mère a immigré en Pologne, et pendant cinq ans, j’ai emmagasiné la langue et la culture polonaise. Puis, à l’âge de 12 ans, je débarque à Nice, et j’emmagasine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le projet de réforme de la gouvernance des entreprises ne répond pas à la question principale – qu’est-ce qui légitime leur pouvoir ? –, regrette le professeur de l’EM Lyon dans sa chronique au « Monde ».
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Pierre-Yves Gomez : « Le puzzle de la loi Pacte »

Le projet de réforme de la gouvernance des entreprises ne répond pas à la question principale – qu’est-ce qui légitime leur pouvoir ? –, regrette le professeur de l’EM Lyon dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 09h56
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            
Chronique « Entreprises ». L’entreprise est un acteur politique qui détermine nos façons de vivre tant individuelles que collectives. Ce constat devenu banal nécessite de réformer sa gouvernance pour préciser sa responsabilité tant économique que sociale et politique. D’où une large consultation publique sur le sujet, qui a débouché sur l’adoption, le 9 octobre, en première lecture par l’Assemblée nationale, du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte).
Une mission présidée par Nicole Notat et Jean-Dominique Senard avait préalablement synthétisé les avis sur ces questions et remis au gouvernement, le 9 mars, un rapport plutôt prudent car lucide sur les résistances au changement du monde des affaires lorsqu’on touche aux questions de gouvernance des entreprises, et donc de leur pouvoir de diriger.
« Comment sortir du dilemme entre la pression de la finance et le respect de l’autonomie stratégique ? »
Le rapport avançait 14 recommandations pour préciser la responsabilité de l’entreprise, mais sa contribution principale fut d’exprimer clairement la tension que vivent beaucoup d’entreprises entre, d’un côté, leur financement exigeant des rendements soutenus à court terme, et, de l’autre, les marges de manœuvre qu’il faut préserver pour assurer des décisions de long terme. Comment sortir du dilemme entre la pression de la finance et le respect de l’autonomie stratégique ?
Le rapport inclinait pour des réformes de gouvernance donnant (un peu) plus de latitude à long terme aux entreprises face aux marchés : la recommandation 6 proposait une modeste augmentation du nombre de salariés dans les conseils d’administration. La recommandation 11 suggérait la possibilité d’inscrire dans les statuts la raison d’être de l’entreprise.
Deux recommandations semblaient davantage décisives pour une réforme véritable : la n° 4 invitait les grandes entreprises à se doter d’un comité de parties...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans la révision de la loi sur la bioéthique, le législateur doit renforcer la dignité de la personne humaine et il faut distinguer les questions médico-scientifiques et les questions de société, insiste, dans une tribune au « Monde », le président de la commission bioéthique à l’Académie des sciences morales et politiques.
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Jean-François Mattei : « Evitons les dérives dans la révision de la loi sur la bioéthique »

Dans la révision de la loi sur la bioéthique, le législateur doit renforcer la dignité de la personne humaine et il faut distinguer les questions médico-scientifiques et les questions de société, insiste, dans une tribune au « Monde », le président de la commission bioéthique à l’Académie des sciences morales et politiques.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 19h00
    |

Jean-François Mattei (Président de la commission bioéthique à l'Académie des sciences morales et politiques)







                        



                                


                            

Tribune. La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique prévoyait qu’elle devait faire « l’objet d’un nouvel examen d’ensemble par le Parlement dans un délai maximal de sept ans après son entrée en vigueur ». Cette clause formelle laisse les pouvoirs publics maîtres de l’opportunité de légiférer.
Le gouvernement a annoncé son intention de déposer avant la fin de 2018 un projet de loi. Il n’appartient pas à l’Académie des sciences morales et politiques de se prononcer sur un texte dont la teneur n’est pas connue, mais il est de son devoir et de sa compétence de formuler des observations sur les enjeux que soulève cette révision.
Il faut distinguer les questions médico-scientifiques et les questions de société. L’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ne relève d’aucun enjeu scientifique, mais elle renvoie à la question de l’évolution des mœurs, au même titre que le pacs ou le mariage pour tous.
La conscience même de l’homme
La dignité de la personne humaine est consubstantielle à l’humanité. Les perspectives ouvertes par le transhumanisme et le posthumanisme risquent de faire perdre l’image et la conscience même de l’homme. L’intervention sur l’homme permet des modifications de plus en plus importantes, le faisant passer de l’homme soigné à l’homme réparé, puis à l’homme augmenté et, enfin, à l’homme remplacé. Le législateur doit empêcher ces dérives.

Les questions génétiques ont été renouvelées depuis 2011 du fait des nouvelles techniques de séquençage du génome et de la possible modification des gènes. Mais la plus grande vigilance doit être exercée pour maintenir la distinction entre la prévention ou la guérison d’affections gravissimes d’une part et l’amélioration à la demande de caractéristiques physiques ou mentales et la sélection d’enfants à naître, qui ouvriraient le champ de l’eugénisme, d’autre part.
Les neuf mois de gestation et d’échanges physiologiques...



                        

                        

