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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Porté à la tête de la station balnéaire slovène de Piran en 2010, Peter Bossman pense être le seul édile d’origine africaine jamais élu dans les anciens pays communistes d’Europe, gagnés désormais un à un par l’illibéralisme.
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Ma vie de… maire d’origine africaine d’une ville de Slovénie

Porté à la tête de la station balnéaire slovène de Piran en 2010, Peter Bossman pense être le seul édile d’origine africaine jamais élu dans les anciens pays communistes d’Europe, gagnés désormais un à un par l’illibéralisme.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 18h10
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            Blaise Gauquelin (Piran (Slovénie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Ma vie de… » donne la parole à des témoins de l’actualité du monde entier, qui racontent leur quotidien à la première personne.
Rencontrer Peter Bossman au sein du magnifique palais vénitien qui sert d’hôtel de ville au petit port de Piran, en Slovénie, c’est s’accorder une trêve, dans la bataille politique actuelle en Europe. Né dans une famille privilégiée du Ghana en 1955, ce médecin généraliste prouve, par les succès qu’il a engrangés, que derrière les discours hostiles à toute immigration des dirigeants des anciens pays communistes, se cache en fait une réalité moins sombre qu’il n’y paraît. 
Car Peter Bossman est un maire noir, aux portes de l’Italie dirigée par les populistes et l’extrême droite : sa ville, comptant 18 000 habitants, est toute proche de Trieste, la Latine. Elu en 2010 au suffrage universel direct, réélu en 2014 avec 60 % des voix, cet immigré en terre slave – qui va raccrocher ses gants le 18 novembre – offre aussi, en héritage, des clés de compréhension réconfortantes aux inquiets désireux d’affronter l’avenir avec les armes de la bienveillance.
« Mon quotidien est a priori celui de tous les maires d’Europe : j’exerce ma fonction dans un contexte qui ne diffère pas d’un pays à un autre. En huit ans, j’ai tenté de développer la ville de Piran. Aujourd’hui, la commune est la capitale touristique de la Slovénie, un pays de 2 millions d’habitants [situé au sud de l’Autriche].
Nous générons 20 % des revenus nationaux liés au tourisme et je suis particulièrement fier d’avoir permis à l’arrière-pays de profiter des retombées économiques de cette manne financière. J’ai également développé une relation étroite entre ma ville et l’art contemporain. Comme je parle plusieurs langues, j’ai pu obtenir des fonds européens plus facilement que d’autres, sans doute, pour en faire profiter Piran.
Maintenant, mon second mandat s’achève. Si je me représentais, je pense que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ En visite à Ouagadougou, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a répété la disponibilité de la France « à aider à la sécurisation » du pays.
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Compte rendu

Au Burkina Faso, la ville de Djibo pour la première fois victime d’une attaque

En visite à Ouagadougou, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a répété la disponibilité de la France « à aider à la sécurisation » du pays.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-19T17:51:06+02:00"

        Le 19.10.2018 à 17h51






    
Manifestation contre la politique du président Roch Marc Christian Kaboré, en novembre 2015, à Ouagadougou.
Crédits : OLYMPIA DE MAISMONT/AFP


La gendarmerie de Djibo, grande ville du nord du Burkina Faso et chef-lieu de la province du Soum, a été attaquée, jeudi 18 octobre au soir, par des individus armés sans qu’il y ait de victimes selon un premier bilan, a-t-on appris de sources sécuritaires. « Plusieurs dizaines d’individus lourdement armés ont attaqué la gendarmerie de Djibo », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. Cette attaque, la première à Djibo, a duré « près de trois heures » selon cette source, qui précise que les dégâts matériels sont importants, avec des véhicules incendiés.
Selon une autre source sécuritaire, confirmant cette attaque, « les assaillants ont ouvert plusieurs fronts simultanés avant de viser principalement la brigade territoriale ». « Malgré la résistance des gendarmes, ils [les assaillants] sont parvenus à libérer des détenus et à incendier une partie du local et des engins. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée dans les rangs de la gendarmerie », a poursuivi cette source, soulignant qu’il s’agit d’« un bilan provisoire car les tirs dans d’autres endroits de la ville ont pu faire des victimes ».

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                Le Burkina Faso désormais sur la carte du djihadisme



Selon des habitants de Djibo joints par l’AFP, des tirs nourris puis sporadiques ont été entendus dans plusieurs secteurs, suscitant une grande peur au sein de la population. Plusieurs commerces étaient toujours fermés vendredi matin dans la ville, où une forte présence d’éléments de forces de défense et de sécurité est signalée par des témoins.
Un conseiller municipal rué à Sonan
Longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso est confronté depuis mars 2015 à des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières. D’abord localisées dans le nord du pays, celles-ci se sont étendues à d’autres localités, notamment dans la région de l’Est.
Mercredi, un gendarme a été tué et trois autres ont été blessés au cours de l’attaque de la brigade territoriale de Barani, dans l’ouest du Burkina. Dans la même nuit, un conseiller municipal de Sonan, localité proche de Djibo, a été tué par des individus circulant à moto, qui ont pris la fuite en direction de la frontière malienne. Le 26 septembre, huit soldats avaient perdu la vie en sautant sur un engin explosif artisanal dans le nord, près de Djibo.

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                Les Burkinabés de plus en plus inquiets face aux attaques récurrentes aux confins du pays



Selon un bilan officiel établi mi-septembre, les attaques de militants islamistes ont fait 118 morts : 70 civils et 48 membres des services de sécurité. Trois attaques ont frappé la capitale, Ouagadougou, en deux ans, dont la dernière en mars, qui ont fait au total près de 60 morts.
« Un partenaire amical et audacieux »
Cette dégradation de la sécurité était au centre des échanges, vendredi matin à Ouagadougou, entre le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré. M. Le Drian a répété la disponibilité de la France « à aider à la sécurisation » du Burkina Faso, touché par des attaques djihadistes récurrentes.
« La France est disponible pour aider à la sécurisation de ce pays qui nous est très cher, qui est un partenaire à la fois amical et audacieux », a déclaré le ministre à l’issue d’un « long entretien » avec M. Kaboré. « Nous avons ensemble fait le point sur la situation sécuritaire et évoqué le renforcement de la force conjointe au Sahel, qui est une initiative très forte du G5 Sahel et qui se met progressivement en œuvre face à un combat contre le djihadisme qui est permanent », a-t-il précisé.

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                L’armée française sollicitée pour enrayer la montée djihadiste au Burkina



Le G5 Sahel regroupe le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Tchad et le Burkina Faso. « Ma visite ici a également permis de préparer de manière efficace la venue du président Kaboré en France, une visite officielle prévue le 17 décembre », a souligné M. Le Drian. Le ministre devait ensuite se rendre à l’inauguration de la Maison de l’innovation et de la jeunesse, nommée la Ruche, qui doit catalyser l’interaction entre les jeunes talents, les start-up du numérique et l’offre française d’enseignement supérieur.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Dans un manifeste pour la défense de la démocratie au Brésil adressé au « Monde », un collectif d’intellectuels, de politiques et universitaires européens, parmi lesquels Martine Aubry, Didier Fassin ou Thomas Piketty, appelle les Brésiliens à s’opposer à son élection à la tête de l’Etat lors du second tour de la présidentielle, le 28 octobre.
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Présidentielle au Brésil : Bolsonaro et le « risque d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine »

Dans un manifeste pour la défense de la démocratie au Brésil adressé au « Monde », un collectif d’intellectuels, de politiques et universitaires européens, parmi lesquels Martine Aubry, Didier Fassin ou Thomas Piketty, appelle les Brésiliens à s’opposer à son élection à la tête de l’Etat lors du second tour de la présidentielle, le 28 octobre.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h57
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19.10.2018 à 17h23
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Porté par plus de deux cents universitaires, responsables politiques et citoyens d’Europe et du Canada, ce manifeste s’inscrit dans un mouvement mondial de soutien à la démocratie face à la violence déchaînée par la candidature de Jair Bolsonaro au Brésil. Il est ouvert aux démocrates de toutes les sensibilités politiques. Face au risque imminent d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine, la solidarité internationale est impérative.
Nous, citoyens, intellectuels, militants, personnalités politiques vivant, travaillant et étudiant en Europe et au Canada, exprimons notre vive inquiétude face à la menace imminente de l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil le 28 octobre 2018.
Le souvenir de la dictature militaire
La victoire de l’extrême droite radicale au Brésil risque de renforcer le mouvement international qui a porté au pouvoir des politiciens réactionnaires et antidémocratiques dans de nombreux pays ces dernières années.

Bolsonaro défend ouvertement le souvenir de la dictature militaire qui a imposé sa loi au Brésil entre 1964 et 1985, ses pratiques de torture et ses tortionnaires. Il méprise le combat pour les droits humains. Il exprime une hostilité agressive envers les femmes, les Afro-descendants, les membres de la communauté LGBT +, les peuples autochtones et les pauvres. Son programme vise à détruire les avancées politiques, économiques, sociales, environnementales et culturelles des quatre dernières décennies, ainsi que l’action menée par les mouvements sociaux et le camp progressiste pour consolider et étendre la démocratie au Brésil.
L’élection de Bolsonaro menace les fragiles institutions démocratiques pour la construction desquelles les Brésilien·ne·s ont pris tant de risques. Son arrivée au pouvoir serait aussi un frein majeur à toute politique internationale ambitieuse en matière de défense de l’environnement et de préservation de la paix.
Premiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Condamnée à dix ans de prison pour « propagande contre l’Etat », la blogueuse a été expulsée vers les Etats-Unis le jour de la visite du secrétaire d’Etat américain à la défense, James Mattis.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Vietnam : libération surprise de la dissidente « Mère Champignon »

Condamnée à dix ans de prison pour « propagande contre l’Etat », la blogueuse a été expulsée vers les Etats-Unis le jour de la visite du secrétaire d’Etat américain à la défense, James Mattis.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h55
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

L’expulsion vers les Etats-Unis, mercredi 17 octobre, d’une dissidente vietnamienne emprisonnée, n’est pas la manifestation d’une soudaine clémence du régime de Hanoï, qui se montre de plus en plus répressif en matière de droits de l’homme : la blogueuse et critique du pouvoir communiste Nguyen Ngoc Nhu Quynh, âgée de 39 ans, a été libérée de manière anticipée le jour où le secrétaire d’Etat à la défense américaine, James Mattis, effectuait une visite officielle au Vietnam.
En relâchant cette jeune femme incarcérée depuis 2016 et condamnée en juin 2017 à dix ans de prison pour « propagande contre l’Etat », Hanoï démontre l’importance que revêt la bonne tenue de la relation avec l’ancien ennemi américain dans le contexte de la montée en puissance régionale de la Chine, rivale de toujours des Vietnamiens. Ces derniers sont en conflit larvé avec Pékin au sujet des archipels des Spratleys et des Paracels, dont plusieurs pays d’Asie du Sud-Est revendiquent la souveraineté. Et, au premier chef, la Chine et le Vietnam.
Ce dernier pratique ainsi aujourd’hui ce que la Chine faisait avant le tour de vis autoritaire impulsé par le président Xi Jinping sur les droits de l’homme : expulser certains dissidents, quand il s’agit de faire un geste politique, lors d’une visite d’un dignitaire étranger.
Critique de la gestion d’une catastrophe environnementale
Sans compter que le régime de Hanoï recourt également, depuis un certain temps, à une stratégie d’« expulsions sélectives » de certains critiques emprisonnés. Entre autres exemples, le blogueur Dieu Cay avait été libéré en 2014 puis expulsé vers les Etats-Unis alors qu’il purgeait une peine de prison de douze ans. En juin 2017, l’universitaire franco-vietnamien Pham Ming Hoang avait été déchu de sa nationalité et expulsé vers la France. Un an plus tard, le 17 juin, l’avocat des droits de l’homme Nguyen Van Dai et son assistante Le Thu Ha avaient été libérés, avant de s’exiler en Allemagne.
« Mère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont condamné la cyberattaque menée récemment contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Fake news et armes chimiques : l’UE veut riposter, sans nommer Moscou

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont condamné la cyberattaque menée récemment contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 17h19
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

En marge d’un sommet consacré au Brexit, à la migration et au problématique budget italien, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont adopté, mercredi 17 octobre, des conclusions sur la sécurité intérieure. Personne n’entendait, semblait-il, les mettre trop en évidence. Peut-être parce qu’elles visent – sans la nommer – la Russie et que les dirigeants ne voulaient pas accroître les tensions avec Moscou.
Le texte condamne la cyberattaque menée récemment contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), attribuée à « des réseaux de renseignement étrangers et d’autres acteurs malveillants sur nos territoires et en ligne ». Les gouvernements britannique et néerlandais ont dénoncé, début octobre, « le mépris des règles mondiales qui ont assuré notre sécurité » manifesté par les autorités russes.

La Russie et son service de renseignement militaire, le GRU, ont en effet été accusés, au début du mois d’octobre, pour une tentative de vol d’informations détenues par l’OIAC, établie à La Haye. Cette dernière participe notamment aux enquêtes sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et sur l’affaire Skripal, du nom de l’ex-agent russe et de sa fille, empoisonnés en Grande-Bretagne, en mars.
Mardi 16 octobre, à Luxembourg, les ministres des affaires européennes avaient, de leur côté, adopté un nouveau régime de sanctions spécifiques pour lutter contre l’utilisation et la prolifération des armes chimiques. Elles viseront ceux qui participent « où que ce soit, au développement et à l’utilisation d’armes chimiques, indépendamment de leur nationalité et de l’endroit où elles se trouvent ». Toute aide financière, technique ou matérielle devrait, désormais, être dans le viseur de l’Union, qui interdirait l’entrée sur le territoire européen, gèlerait les avoirs, décréterait un embargo financier pour les responsables, etc.
« Cybersécurité solide »
Dans ce domaine non plus,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ En France, actuellement, il n’existe pas de limite d’exposition aux particules diesel sur le lieu de travail.
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L’Union européenne veut limiter l’exposition des salariés aux gaz d’échappement

En France, actuellement, il n’existe pas de limite d’exposition aux particules diesel sur le lieu de travail.



LE MONDE ECONOMIE
 |    19.10.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h02
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Un nouveau pas pour la protection de la santé des salariés ? Après plusieurs mois de tergiversations, le Parlement et le Conseil européen sont parvenus à un accord, le 11 octobre, pour élargir au diesel (entre autres) la liste des substances reconnues comme cancérigènes et utilisées sur le lieu de travail.
Selon la Commission européenne, les cancers ne représentent pas moins de 53 % des accidents liés au travail. Cette constatation a incité l’Union européenne à renforcer une première fois la directive de 2004 sur les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes, en adoptant une autre directive en décembre 2017. Celle-ci fixait des valeurs limites d’exposition professionnelle pour onze nouvelles substances.

L’accord du 11 octobre ajoute à la liste huit produits chimiques, au premier rang desquels les gaz d’échappement des moteurs diesel. Cette décision était très attendue : dès 2012, l’OMS a officiellement reconnu le lien entre l’exposition au diesel et le risque accru de cancer du poumon. Le diesel est dans le collimateur de l’Union européenne, qui veut également réguler plus sévèrement les émissions de CO2 des véhicules particuliers d’ici à 2030.
Près de 800 000 personnes concernées
La France, pays du « diesel roi », est particulièrement concernée par cette décision. Les gaz d’échappement diesel font partie des agents cancérogènes les plus couramment utilisés sur les lieux de travail, constatait la dernière édition de l’enquête Sumer, pilotée par le ministère du travail. Près de 800 000 salariés français sont quotidiennement exposés au diesel : chauffeurs de bus, de poids lourds, conducteurs d’engins sur les chantiers… Et le risque pour leur santé est réel : « pour 46 % d’entre eux, l’exposition au gaz d’échappement diesel est considérée comme importante », note l’enquête Sumer.
« Les cancers et les bronchites qui seraient liés aux gaz d’échappement des moteurs diesel ne sont pas mentionnés dans...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La Cour de justice de l’UE a demandé à Varsovie de suspendre provisoirement cette réforme qui abaissait l’âge de départ à la retraite des juges.
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La Pologne mise en demeure de suspendre sa réforme de la Cour suprême

La Cour de justice de l’UE a demandé à Varsovie de suspendre provisoirement cette réforme qui abaissait l’âge de départ à la retraite des juges.



Le Monde.fr avec AFP
 |    19.10.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 17h59
   





                        



   


La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a demandé à la Pologne de suspendre provisoirement sa réforme controversée de la Cour suprême, en attendant un jugement définitif, selon un communiqué publié vendredi 19 octobre.
La Commission européenne avait saisi le 24 septembre la CJUE en référé – c’est-à-dire en urgence – pour suspendre l’application de cette législation controversée qui abaissait l’âge de départ à la retraite de ses juges de 70 à 65 ans, poussant au départ de 27 d’entre eux (soit 30 % des effectifs), ce que Bruxelles considère comme une atteinte à l’indépendance de la justice de ce pays. Cette réforme « est incompatible avec le droit de l’Union », avait fait savoir l’exécutif européen pour justifier la saisine de la CJUE.
Cette décision de la CJUE « s’applique, avec effet rétroactif, aux juges de la Cour suprême concernés par ces dispositions », ajoute la Cour dans son communiqué. Pour autant, il s’agit d’une décision provisoire. « La Cour rendra son jugement définitif sur le fond de cette affaire à une date ultérieure (…). Une ordonnance sur des mesures provisoires ne préjuge pas de l’issue de l’action principale », poursuit la Cour.
Décision provisoire
Il s’agit de la deuxième saisine de la CJUE par l’exécutif européen concernant les récentes réformes judiciaires du gouvernement polonais, dirigé par les conservateurs nationalistes du parti Droit et justice (PiS), après une saisine en décembre 2017 contre sa réforme des juridictions de droit commun.
Ces procédures d’infraction sont menées en parallèle d’une procédure plus lourde et plus exceptionnelle, dite « de l’article 7 » du traité sur l’UE. Cette dernière a été déclenchée, en décembre 2017 également, par la Commission européenne, estimant qu’il y avait globalement « un risque clair de violation grave » de l’Etat de droit en Pologne.
Ce mécanisme n’avait jamais encore été déclenché, mais il a été depuis également activé contre la Hongrie de Viktor Orban, le 12 septembre par le Parlement européen. Dans une seconde phase, cette procédure peut en théorie conduire à retirer les droits de vote d’un pays au sein du Conseil de l’UE, l’instance où les Etats membres contribuent à façonner les législations européennes.

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                Etat de droit en Pologne : Bruxelles dans l’impasse







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’ancien chef du parti libéral-démocrate, au pouvoir entre 2010 et 2015, gérera les affaires publiques et la communication de l’entreprise.
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Nick Clegg, ex-numéro 2 du gouvernement britannique et nouveau dirigeant de Facebook

L’ancien chef du parti libéral-démocrate, au pouvoir entre 2010 et 2015, gérera les affaires publiques et la communication de l’entreprise.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 16h37
   





                        



   


C’est une nomination surprenante : après plusieurs décennies de politique, l’ancien chef des libéraux-démocrates britanniques Nick Clegg, qui fut aussi vice-premier ministre de 2010 à 2015 auprès de David Cameron, va diriger les affaires publiques de Facebook pour le monde entier, annonce le Financial Times.
M. Clegg a dirigé le parti centriste britannique durant dix ans. Il avait été contraint à la démission en 2017, après des élections catastrophiques pour son parti, qui avait été battu dans 80 % des circonscriptions qu’il détenait auparavant. Lui-même n’avait pas été réélu dans son fief. M. Clegg, opposé au Brexit, participe à la campagne demandant un second référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Selon le Financial Times, M. Clegg a accepté le poste après plusieurs mois de demandes répétées de la part de Mark Zuckerberg en personne. Il remplacera Elliot Schrage, qui avait annoncé en juin son intention de quitter l’entreprise, après dix années passées chez Facebook.
Tournant vers l’Europe
L’embauche de M. Clegg semble déterminer un tournant majeur du lobbying de Facebook en direction de l’Union européenne. Peu versé dans la politique américaine, qui était historiquement une part importante du travail de M. Schrage, Nick Clegg connaît bien les rouages de Bruxelles. Eurodéputé de 1999 à 2004, il a également été négociateur pour la Commission européenne et incarne une ligne particulièrement europhile au Royaume-Uni.
Depuis deux ans, Facebook a été, comme les autres grandes entreprises de la Silicon Valley, la cible d’une pression croissante de la part des autorités européennes, aussi bien sur la modération des contenus en ligne que sur les questions de fiscalité ou de pratiques monopolistiques.
Un autre ancien du parti libéral-démocrate travaille déjà chez Facebook : Richard Allan, responsable des politiques publiques pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, siège à la Chambre haute du Parlement britannique, sous l’étiquette du parti. Auparavant, il avait été député libéral-démocrate dans une circonscription de Sheffield, dans laquelle lui a succédé… Nick Clegg.
Des positions précédentes compatibles
Assez engagé sur les sujets touchant au numérique, M. Clegg defend depuis des années des positions plutôt compatibles avec celles de Facebook. Opposé au fait d’augmenter les responsabilités des réseaux sociaux en matière de modération, il estime notamment que la réglementation des contenus « est le travail des législateurs et des gouvernements ». Il s’est également opposé aux nouvelles lois britanniques sur le filtrage de la pornographie, les estimant trop proches d’un régime de censure.
Il avait aussi été l’un des élus les plus engagés contre un ensemble de lois étendant les pouvoirs de surveillance numérique des agences de renseignement britanniques. Le principal de ces textes, l’Investigatory Powers Act, avait été ardemment soutenu par Theresa May, à l’époque ministre de l’intérieur.

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                Surveillance : ce que contient la nouvelle loi sur le renseignement britannique



M. Clegg, qui dit dans un message publié vendredi être ravi de « cette nouvelle aventure », est aussi un admirateur de longue date de Facebook. A la fin de 2017, il défendait dans une longue tribune le réseau social, estimant que les critiques appelant à sa nationalisation étaient des reliques du passé, et qu’il y avait une ironie à voir les journaux du groupe Murdoch se plaindre des contenus sensationnalistes ou trompeurs publiés sur le réseau.
« Comme toutes les formes de communication, les réseaux sociaux ont leurs problèmes, écrivait-il alors, mais ils permettent à des milliards de personnes d’entrer en contact et d’accéder à l’information. ». Il y disait que les réseaux sociaux doivent « embrasser, non rejeter » une amélioration du respect de la vie privée et de la lutte contre la désinformation, tandis que le monde politique doit « cesser de condamner systématiquement l’innovation et le changement ». « Il nous faut un nouvel accord entre la politique et la technologie », écrivait-il encore, de manière quelque peu prophétique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A 65 ans, Hamilton Mourao a été désigné comme futur vice-président en cas de victoire du candidat d’extrême droite au second tour de la présidentielle, le 28 octobre. Sa nostalgie de la dictature militaire effraie.
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Au Brésil, le sinistre général dans l’ombre de Jair Bolsonaro


                      A 65 ans, Hamilton Mourao a été désigné comme futur vice-président en cas de victoire du candidat d’extrême droite au second tour de la présidentielle, le 28 octobre. Sa nostalgie de la dictature militaire effraie.



M le magazine du Monde
 |    19.10.2018 à 14h41
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                              

                        

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, on ne vit que son ombre. Le général Hamilton Mourão, numéro deux de Jair Bolsonaro, le leader de l’extrême droite, aurait dû savourer sa victoire. Son candidat – capitaine de réserve de l’armée – est arrivé largement en tête (46 % des voix) et s’avance comme le grand favori du second tour, le 28 octobre. Mais, devant les caméras, le général n’a pas trouvé sa place. Bolsonaro a préféré placer en majesté Paulo Guedes, son gourou économique, assis au premier rang. A chaque allusion aux finances, aux réformes, à la réduction d’un Etat jugé obèse, le candidat cherche du regard l’approbation de cet ultralibéral, considéré comme la carte maîtresse de son triomphe annoncé.
« Il est général, je suis capitaine, mais le président, c’est moi. » Jair Bolsonaro
Candidat à la vice-présidence, Hamilton Mourão n’a plus droit à la parole. « Il est général, je suis capitaine, mais le président, c’est moi », a rappelé sèchement Bolsonaro lors d’un entretien au journal du soir de la chaîne TV Globo. Pressenti pour être le futur chef de l’Etat du Brésil, le candidat, nostalgique de la dictature et de ses tortionnaires, est réputé pour ses diatribes racistes, homophobes et misogynes. Mourão, pour lui, a d’abord été une aubaine, avec la légitimité de ses galons. Désormais, Bolsonaro se méfie de ses gaffes politiques. Quand son coéquipier parle du treizième mois comme d’« une aberration » du système salarial brésilien, ce qui n’est guère populaire, ou annonce une éventuelle réécriture de la Constitution, sans l’aval du Congrès ni des électeurs, le candidat d’extrême droite sort de ses gonds.

Agé de 65 ans, Mourão est à la retraite depuis février. Il s’est lancé dans le bain de la politique en se laissant porter par la vague Bolsonaro. Troisième choix du leader de l’extrême droite, il a été désigné comme le futur vice-président après le refus de la fougueuse Janaína Paschoal, qui...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Un jeune homme de 21 ans, qui s’était enfui en Allemagne, a reconnu devant des journalistes avoir tué Viktoria Marinova, sans raison apparente.
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Un homme avoue le meurtre de la journaliste bulgare Viktoria Marinova

Un jeune homme de 21 ans, qui s’était enfui en Allemagne, a reconnu devant des journalistes avoir tué Viktoria Marinova, sans raison apparente.



Le Monde.fr avec Reuters
 |    19.10.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 15h11
   





                        



   


La journaliste Viktoria Marinova n’a sans doute pas été tuée en raison de son métier. La mort de cette femme de 30 ans avait suscité une vague d’émotion et un débat sur la liberté de la presse en Bulgarie, car il n’avait pas été exclu au départ que son décès puisse être lié à son travail. Mais un homme de 21 ans, soupçonné de l’avoir violée et tuée au début du mois dans un parc public de Ruse, dans le nord de la Bulgarie, a avoué publiquement son crime, vendredi 19 octobre.
Severin Krasimirov, extradé mercredi d’Allemagne où il s’était enfui, s’est adressé aux journalistes à son arrivée au tribunal de la ville de Ruse. « Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne me rappelle pas de tout, a-t-il dit. Je suis allé là-bas, je l’ai giflée, elle est tombée. J’ai voulu m’en aller, mais elle m’a rattrapé. »
« Oui, je suis coupable. Je suis vraiment désolé. Je ne peux pas croire que j’aie pu faire ça. »
Maintien en détention
En Allemagne, avant son extradition, Krasimirov avait déjà reconnu avoir frappé la journaliste, ajoutant qu’il n’avait aucune intention de la tuer. Son maintien en détention a été décidé lors de l’audience.
Viktoria Marinova, qui travaillait pour la chaîne de télévision TVN, avait récemment annoncé qu’elle allait enquêter sur un détournement présumé de fonds européens, ce qui avait alimenté la thèse d’un assassinat politique, dans le contexte de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Son corps a été retrouvé le 6 octobre dans un parc de Ruse, ville située sur le cours du Danube, à la frontière avec la Roumanie. Severin Krasimirov vivait à proximité du parc. Le jeune homme, dont l’ADN a été retrouvé sur le lieu du crime, avait quitté la Bulgarie le lendemain.

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                Affaire Khashoggi : les Etats-Unis parlent de « conséquences graves » si l’Arabie saoudite est impliquée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les dirigeants du club de football Veberöds AIF ont exclu Julle, âgé de 9 ans, de l’équipe des garçons pour être né fille selon l’état civil. Une ONG de Malmö a porté plainte pour discrimination.
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En Suède, un garçon transgenre privé de foot


                      Les dirigeants du club de football Veberöds AIF ont exclu Julle, âgé de 9 ans, de l’équipe des garçons pour être né fille selon l’état civil. Une ONG de Malmö a porté plainte pour discrimination.



M le magazine du Monde
 |    19.10.2018 à 14h38
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        

Julle a 9 ans. Cheveux blonds, une houppette à la Tintin, les yeux clairs, il porte un short aux couleurs de la Suède et un tee-shirt frappé du visage de son idole, le grand Zlatan Ibrahimovic. Dans sa chambre à Veberöd, un village du sud de la Suède, où il vit avec sa mère, sa sœur et ses deux frères, son copain l’attend. Les deux garçons s’entraînaient dans la même équipe de foot, jusqu’en 2016. Lundi 15 octobre, l’ONG Malmö mot Diskriminering (Malmö contre les discriminations) a porté plainte contre les dirigeants du club Veberöds AIF, qu’elle accuse d’avoir exclu Julle. « Un jour, raconte sa mère, Petra, j’ai reçu la liste des enfants inscrits pour une Coupe. Mon fils n’y figurait pas. J’ai pensé que c’était une erreur. Quand j’ai contacté le club, on m’a fait savoir que la direction avait décidé que Julle s’entraînerait désormais avec les filles. » Car Julle – Julia à l’état civil – se dit né avec le mauvais sexe : garçon dans un corps de fille, ce qui n’avait pourtant jamais posé problème au club jusque-là. D’autres enfants transgenres en Suède ont pu choisir l’équipe avec laquelle ils souhaitaient s’entraîner. Les directives de la Confédération nationale du sport sont claires : jusqu’à la puberté, rien ne s’oppose à ce que filles et garçons soient mélangés.
 Petra, la mère
Petra propose de venir expliquer la situation aux dirigeants du club. « Je pense que c’est avant tout une question d’ignorance », dit-elle. Divorcée, la mère de famille a dû apprendre vite. C’est sa propre mère, la grand-mère de Julle, infirmière scolaire, qui a constaté l’évidence. Depuis qu’il sait parler, l’enfant se présente comme un garçon. « Il a toujours refusé qu’on l’appelle Julia. A 4-5 ans, il m’a dit qu’il voulait être un papa et m’a demandé si on pourrait lui...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Communiste combattu par Hafez Al-Assad, pourfendeur de la dictature sous Bachar, le « cousin » de la jeunesse rebelle aura passé plus de vingt ans en prison, sans que ne soit altérée sa soif de révolution. Confronté à son échec, le célèbre opposant syrien s’est résigné, fin juillet, à prendre la route de l’exil pour Paris.
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Confronté à son échec, le célèbre opposant syrien s’est résigné, fin juillet, à prendre la route de l’exil pour Paris.     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          Le corps est usé, mais l’œil reste vif. A 88 ans, dont vingt passés dans les prisons syriennes, Riyad Al-Turk est le plus ancien opposant politique du pays. Ses surnoms, « le vieil homme de l’opposition » ou, plus affectueusement, « le cousin », témoignent de sa propension à rester accessible, proche des gens et des rues où s’est joué le soulèvement de 2011. Cet embrasement populaire, cet ancien militant communiste l’avait prédit bien avant les manifestations de Tunis ou du Caire. « Les flammes couvent sous la cendre », affirmait-il en mars 2005. Sûr de lui, il expliquait à des journalistes américains : « Cette société muette veut se débarrasser de son gouvernement. »          Dans les milieux intellectuels syriens, l’homme est un monument, une sorte de mémoire vivante d’un combat politique sans concession. Parmi les Syriens qui manifestèrent en réclamant un changement de régime, il est moins célèbre, mais il a su conserver proximité et légitimité auprès de la jeunesse révolutionnaire, pourtant prompte à rejeter les figures traditionnelles de l’opposition, critiquées pour leur frilosité, leur goût du compromis ou leur ignorance des réalités de terrain. Clandestin durant les années de guerre, Riyad Al-Turk a eu le verbe rare, toujours pour approuver la témérité de la nouvelle génération. Il est aussi resté en Syrie jusqu’au bout, jusqu’à l’échec.                       Riyad Al-Turk, 88 ans, le vétéran de l’opposition syrienne, est arrivé en France après dix ans de clandestinité dans son pays. OLGA KRAVETS POUR LE MONDE             « J’applaudirai notre jeunesse »          A son ami journaliste Ali Al-Atassi, qui lui demandait en 2012 quelle serait la première chose qu’il ferait si la révolution venait à l’emporter, il avait répondu : « S’il reste un peu de place sur un trottoir, je m’assoirai, je regarderai et j’applaudirai notre jeunesse. Cela me suffira. » Il disait aussi que l’exil ne serait pas pour lui, qu’il aurait dû mourir il y a longtemps, au cours d’une séance de torture, en 1959. Le temps qui lui restait n’était, depuis, que du « bonus ». Il avait fait vœu de ne pas quitter la Syrie. La guerre, ou du moins l’une de ces phases déterminantes, est terminée. Fin juillet, le vieil homme s’est résigné à partir.                    — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ En Amérique latine, les flux migratoires ont toujours existé. Ils ne constituent pas des événements imprévisibles ou inquiétants. Prétendre le contraire, soutient le démographe, c’est occulter les crises du capitalisme, ou celles des démocraties dans un monde marqué par les inégalités.
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Jorge Martinez Pizarro : « Désigner les migrants comme une menace est irresponsable »

En Amérique latine, les flux migratoires ont toujours existé. Ils ne constituent pas des événements imprévisibles ou inquiétants. Prétendre le contraire, soutient le démographe, c’est occulter les crises du capitalisme, ou celles des démocraties dans un monde marqué par les inégalités.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 13h17
    |

            Angeline Montoya








                        



                                


                            
Géographe et démographe chilien, Jorge Martinez Pizarro travaille au Centre latino-américain et caribéen de démographie de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, un organisme qui dépend des Nations unies. Coauteur, en 2016, du rapport « Nouvelles tendances et dynamiques migratoires en Amérique latine et dans les Caraïbes », il porte un regard critique sur les politiques de restriction qui jouent sur les peurs primitives des communautés locales et se contentent de réponses simplistes, quand ces flux pourraient être perçus comme une opportunité pour les pays d’accueil.

Avec un million de migrants dans les années 1980, le Venezuela était le deuxième territoire d’immigration, après l’Argentine, du sous-continent. Quand la tendance s’est-elle inversée ?
Le Venezuela était un pays attractif pour les migrants jusqu’à la fin des années 1990, grâce au boom pétrolier qui avait entraîné une offre de travail abondante et des conditions de vie qui rappellent celles dispensées par certains pays arabes du Moyen-Orient. La crise économique a ensuite poussé les Vénézuéliens à partir en masse [en particulier depuis 2015], suscitant une grande incertitude chez les gouvernements des pays d’accueil sur la réponse à apporter à ce flux. 

La Colombie, l’Equateur ou le Pérou ont pris des mesures restrictives en exigeant des migrants vénézuéliens qu’ils soient porteurs d’un passeport.
Chaque pays est souverain pour apporter les réponses qu’il juge pertinentes, mais l’histoire montre que les mesures de restriction n’ont jamais fonctionné. Il existe des accords régionaux et internationaux qui soulignent la nécessité de coopération entre pays et d’inclusion sociale des migrants. En ce sens, l’Amérique latine a beaucoup progressé. La plupart des pays de la région ont adhéré au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, ratifié en juillet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’artiste turc, célèbre pour les portraits à la fois réalistes et oniriques de sa ville natale, s’est éteint, mercredi 17 octobre, à l’âge de 90 ans.
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Le photographe Ara Güler, « l’Œil d’Istanbul », est mort

L’artiste turc, célèbre pour les portraits à la fois réalistes et oniriques de sa ville natale, s’est éteint, mercredi 17 octobre, à l’âge de 90 ans.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 18h27
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

Au coin d’une petite rue coudée, quelque part en haut des collines de Pera, à Istanbul, il y a un élégant petit café ouvert sur une longue terrasse. Ces dernières années, on pouvait parfois y voir un vieil homme assis près de la vitrine avec une couronne de cheveux un peu fous autour d’un crâne dégarni, une barbe courte et une paire d’yeux profonds. On a donné au café son prénom : Ara. Et son nom de famille est inscrit en lettres dorées au-dessus de la porte de l’immeuble ancien, repeint de vert sapin, dont le café occupe le rez-de-chaussée : Güler. A l’intérieur, sur les murs, se trouvent quatre grands tirages en noir et blanc dont le vieil homme est l’auteur. Une ville d’autrefois, ville de bateaux sombres, de pêcheurs rugueux, d’eaux noires, de fenêtres embuées et de brumes. Le vieil artiste, qu’on appelait « l’Œil d’Istanbul », ne viendra plus promener son regard à la terrasse de son café. Il est mort, mercredi 17 octobre, à 90 ans.
D’Ara Güler, on retient surtout le portrait à la fois réaliste et onirique de la ville qui l’a vu naître et auquel il a travaillé avec constance pendant plus d’un demi-siècle. Né en 1928 dans une famille stambouliote d’origine arménienne, il portait le nom turc que son père s’était choisi en lieu et place de son patronyme originel, Derderian. Entré à 22 ans comme photoreporter au journal Yeni Istanbul, il rejoint Hürriyet, le quotidien turc de référence, et entame bientôt une carrière internationale au cours de laquelle il collaborera avec Time-Life, dont il est le correspondant au Proche-Orient, ou encore Paris Match et Der Stern. Projeté au contact des personnalités les plus marquantes du siècle, Ara Güler est l’auteur de portraits célèbres de Winston Churchill, Marc Chagall, Salvador Dali, Pablo Picasso, Alfred Hitchcock. Après sa rencontre avec le photographe français Henri Cartier-Bresson, il rejoint l’agence Magnum Photos en 1961.
La ville de ses origines
Ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’Elysée a confirmé vendredi la tenue de ce sommet voulu depuis le mois de juillet par Ankara, à condition qu’il n’y ait pas d’offensive du régime contre Idlib.
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Syrie : les dirigeants français, allemand, turc et russe pourraient se réunir à Istanbul le 27 octobre

L’Elysée a confirmé vendredi la tenue de ce sommet voulu depuis le mois de juillet par Ankara, à condition qu’il n’y ait pas d’offensive du régime contre Idlib.



Le Monde.fr avec AFP
 |    19.10.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
19.10.2018 à 13h03
   





                        


L’annonce pourrait faire figure de victoire diplomatique pour une Turquie toujours confrontée au risque de l’isolement sur la scène internationale. Après l’annonce d’Ankara, l’Elysée a confirmé vendredi 19 octobre qu’un sommet sur la Syrie réunissant les chefs d’Etat français, turc, russe ainsi que la chancelière allemande devrait se tenir à Istanbul le 27 octobre. Berlin et Moscou ont également confirmé la présence d’Angela Merkel et de Vladimir Poutine. L’Elysée a précisé que le président Emmanuel Macron ne se rendrait au sommet qu’en l’absence d’offensive du régime contre l’enclave rebelle et djihadiste d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.
C’est à Ankara que revient l’initiative de ce sommet quadripartite au format inédit. Dès le mois de juillet, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, l’avait annoncé de manière unilatérale pour le 7 septembre. La tension était alors à son comble autour du secteur d’Idlib, menacé par une offensive alors jugée imminente du régime de Damas et de son allié russe. Aucun des Etats concernés n’avait cependant confirmé les allégations turques. Même si des conseillers des quatre dirigeants avaient fini par se rencontrer en Turquie à la mi-septembre.
La période était alors marquée par une grave crise diplomatique entre Ankara et Washington, catalysée par le sort du pasteur américain Andrew Brunson, privé de sa liberté par la justice turque, et bientôt alimentée par des sanctions économiques américaines contre la Turquie. Aussi, la tentative du président Erdogan pouvait être perçue comme traduisant une volonté de mettre en scène la marginalisation des Etats-Unis dans le dossier syrien.
Des différends demeurent
Depuis, la situation à Idlib s’est figée. Selon les termes d’un accord passé le 17 septembre entre Moscou et Ankara, la mise en place d’une zone démilitarisée de part et d’autre de la ligne de front qui oppose les groupes rebelles soutenus par la Turquie des forces du régime protégées par la Russie a été lancée. Le pasteur Brunson a été libéré et Ankara a retrouvé un certain prestige international grâce à sa posture offensive face à Riyad dans l’affaire du journaliste disparu Jamal Khashoggi.
D’après les déclarations formulées vendredi par la présidence turque, le sommet du 27 octobre devra notamment porter sur la situation dans l’enclave d’Idlib et sur « le processus politique » censé aboutir à un règlement du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011. L’Elysée a de son côté annoncé des priorités similaires pour Paris : « La France entend favoriser le maintien du cessez-le-feu dans la province d’Idlib afin d’éviter une catastrophe humanitaire et une nouvelle vague massive de réfugiés, et le lancement effectif d’un processus politique inclusif. »
Outre la question d’Idlib, des différends importants demeurent cependant entre les quatre puissances concernées, notamment entre Paris et Ankara. Aux côtés des Etats-Unis, la France soutient dans le nord-est de la Syrie les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde. Concentrées sur la rive gauche de l’Euphrate, les FDS sont les alliées au sol de la coalition internationale contre l’Etat islamique. Or, du fait de leurs liens avec la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan, en guerre contre l’Etat turc depuis 1984, la Turquie considère les FDS et leur implantation durable dans le nord-est de la Syrie comme une menace existentielle contre ses intérêts sécuritaires. La volonté manifestée par Washington, mais également par Paris, de demeurer présent en soutien aux FDS et à leurs structures civiles est un contentieux majeur avec Ankara.

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                Syrie : vers une « zone démilitarisée » à Idlib, sous l’égide de la Russie et la Turquie







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le parti au pouvoir PiS veut reprendre la capitale à l’opposition libérale, lors des municipales et régionales, dont le premier tour a lieu dimanche.
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La bataille de Varsovie, enjeu-clé des élections locales en Pologne

Le parti au pouvoir PiS veut reprendre la capitale à l’opposition libérale, lors des municipales et régionales, dont le premier tour a lieu dimanche.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 11h29
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Devant le siège de la télévision publique polonaise, étroitement contrôlée par le pouvoir, régnait, le 12 octobre au soir, une ambiance chaotique. Alors qu’à l’intérieur se jouait un débat télévisé entre les 14 candidats à la mairie de Varsovie, une centaine de partisans du candidat de la Coalition civique (KO - libérale), Rafal Trzaskowski, survoltés, sont venus soutenir leur favori. En face, la petite vingtaine de supporteurs de Patryk Jaki, le candidat de la majorité ultraconservatrice, est débordée. On se bouscule violemment et on s’insulte par mégaphones interposés. A l’image du débat politique à l’échelle du pays, l’atmosphère est inaudible et le dialogue impossible.
« L’enjeu de ce scrutin est de savoir si Varsovie conservera son statut de grande capitale occidentale, affirme Przemyslaw Krolicki, un avocat de 37 ans venu soutenir le candidat libéral. C’est l’affrontement de deux mondes : d’un côté celui d’une ville démocrate, ouverte et moderne, de l’autre une ville s’éloignant des standards occidentaux, surfant sur le nationalisme rampant d’une partie de la population. Un peu comme ce qui se joue à l’échelle de la Pologne. » En effet, depuis la chute du communisme, rarement un scrutin local n’aura eu une telle importance nationale.

Après trois années de pouvoir des ultraconservateurs du PiS (Droit et Justice), qui ont sapé les fondements de l’Etat de droit et introduit des réformes radicales dans presque tous les domaines de la vie publique, les élections locales du 21 octobre – municipales, régionales, départementales – font office de premier test électoral pour les forces politiques en place. Le scrutin est le premier d’une série de quatre élections en l’espace 20 mois, avec à la clef les législatives de l’automne 2019 et les présidentielles du printemps 2020. Un marathon électoral dont l’issue sera cruciale pour la place à long terme de la Pologne en Europe.
Une longueur inédite
L’Europe s’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’Etat du sud-est des Etats-Unis et quatre de ses districts pourraient contribuer au basculement de la Chambre des représentants espéré par l’opposition démocrate.
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Midterms aux Etats-Unis : en Virginie, le porte-à-porte des militants « pour la démocratie »

L’Etat du sud-est des Etats-Unis et quatre de ses districts pourraient contribuer au basculement de la Chambre des représentants espéré par l’opposition démocrate.



LE MONDE
 |    19.10.2018 à 11h09
    |

            Stéphanie Le Bars (Centreville, Berryville (Virginie) envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le poing mollement levé et le sourire un peu crispé, Jennifer Wexton encourage ses troupes. « En route les gars, allez frapper aux portes », lance-t-elle presque timidement. En ce dimanche pluvieux de campagne électorale, quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel de la candidate démocrate du 10e district de Virginie. Theresa et Coby Furman, un couple de quinquagénaires, sont sur les rangs. Parapluies en main, ils se motivent pour sonner « aux 40 maisons » qui leur ont été attribuées par l’équipe de campagne démocrate, dans un quartier résidentiel de la classe moyenne à Centreville (Virginie). « Pour la démocratie ! », lance Theresa à son époux, en sonnant à la première porte. « Je n’aime pas trop faire ça, mais cette année, c’est une nécessité », confie-t-elle en aparté.

L’enjeu est de taille en effet pour les élections de mi-mandat du 6 novembre. La Virginie et quatre de ses districts pourraient contribuer à la « vague bleue » et au basculement de la Chambre des représentants espéré par l’opposition démocrate. Dans le 10e district, le duel est strictement féminin et les derniers sondages donnent une confortable avance à Mme Wexton face à son adversaire républicaine, Barbara Comstock : 55 % contre 43 %, selon une enquête du Washington Post, publiée le 10 octobre.
A 50 ans, Jennifer Wexton pourrait pourtant entrer dans l’histoire en remportant un fief tenu par les républicains depuis le début des années 1980.
Un score inespéré pour la démocrate, une avocate élue au Sénat local en 2014, que même ses partisans ne trouvent guère charismatique. A 50 ans, Jennifer Wexton pourrait pourtant entrer dans l’histoire en remportant un fief tenu par les républicains depuis le début des années 1980. Des fermes coquettes du nord-ouest du district aux villes sans charme peuplées de fonctionnaires des environs de l’aéroport international de Dulles, l’électorat est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après quatre jours d’affrontements entre les forces de sécurité et des éléments rebelles, la crise se concentre dans la médina de la capitale d’Anjouan.
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Compte rendu

Aux Comores, l’armée envoie des renforts à Mutsamudu, théâtre d’explosions et de tirs

Après quatre jours d’affrontements entre les forces de sécurité et des éléments rebelles, la crise se concentre dans la médina de la capitale d’Anjouan.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-19T11:06:01+02:00"

        Le 19.10.2018 à 11h06






    
Vue du port et de la médina de Mutsamudu, aux Comores, le 19 octobre 2018.
Crédits : YOUSSOUF IBRAHIM / AFP


Les forces de sécurité comoriennes ont intensifié leurs opérations et envoyé d’importants renforts, jeudi 18 octobre, pour venir à bout des éléments rebelles retranchés depuis lundi dans le centre de Mutsamudu, la capitale de l’île d’Anjouan, théâtre d’explosions et de tirs, selon des témoins. « L’après-midi a été calme, mais c’est une fausse accalmie, il faut attendre le soir », a dit à l’AFP un agent de l’aéroport de Ouani, confirmant l’arrivée des renforts militaires « en deux rotations ».

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Après quatre jours d’affrontements meurtriers survenus en raison de vives tensions provoquées par la volonté du chef de l’Etat, Azali Assoumani, de prolonger son mandat de onze ans, la crise se concentrait dans la médina de Mutsamudu, faite de ruelles entrelacées. Le quartier, fief des opposants, est quasiment asphyxié par l’armée, qui en contrôle les principaux accès. Pas de marché. Commerces fermés. Eau et électricité coupées. Ceux qui le peuvent fuient la vieille ville pour se réfugier dans les quartiers périphériques comme Chitsangani, à l’entrée sud de la ville, qui fait figure de havre des paix.
« Nous avons entendu de grosses explosions hier soir [mercredi] et aussi pas mal de tirs très tôt ce matin [jeudi]. J’ai recueilli plusieurs témoignages de personnes qui ont préféré fuir leurs logements proches du centre-ville pour se réfugier dans les quartiers ou villages plus calmes de Bandrani, Mirontsi, Hombo », a déclaré à l’AFP Anaïs Greusard, une expatriée française.
Cagoules et armes automatiques
Ailleurs dans la ville, où un couvre-feu nocturne est en vigueur, la situation semblait être redevenue normale, même si les habitants souffrent de pénuries. « Les difficultés semblent concentrées au centre-ville, dans la médina et autour, même si le quartier de Pagé n’a plus d’eau ni d’électricité non plus depuis deux jours », a décrit Mme Greusard. « On manque de tout, mais c’est surtout l’eau. Le manque d’eau est intenable. Cela fait quatre jours qu’on n’a pas d’eau », a déclaré à l’AFP une habitante de Mutsamudu, sous couvert de l’anonymat.
L’aéroport était accessible normalement et des vols commerciaux étaient opérés par la compagnie comorienne AB Aviations. Des journalistes de l’AFP arrivés jeudi après-midi par avion ont trouvé le centre de Mutsamudu, habituellement très vivant, avec des rues désertes plongées dans l’obscurité, dont les commerces avaient les rideaux baissés. Aucun tir n’était audible en début de soirée.

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Les forces de l’ordre ont dit leur détermination à « mettre fin à cette situation le plus vite possible », selon le ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou. Les opposants semblaient, eux, décidés à tenir leurs positions, à en croire un responsable politique comorien à Mayotte (France), où il a demandé l’asile politique. « Les citoyens révoltés […] n’ont pas pour but de cesser le feu » et comptent renverser « le colonel » Azali Assoumani, a affirmé à l’AFP Ahmed Samir, secrétaire régional de l’Union pour le développement des Comores (UPDC). Selon lui, une quarantaine d’hommes mènent la lutte armée. Des témoins avaient décrit les jours précédents des hommes encagoulés et équipés d’armes automatiques.
Depuis le début de la crise, lundi, les autorités ont donné un bilan d’au moins trois morts. Des témoins ont fait état de plusieurs blessés. A Mayotte, île française proche, deux personnes originaires d’Anjouan sont arrivées sur une plage dans la nuit de mercredi à jeudi à bord d’une embarcation, l’une grièvement blessée par balle.
Référendum aux allures de plébiscite
Les autorités accusent le parti Juwa, de l’opposant et ancien président Abdallah Sambi, originaire d’Anjouan, d’être à l’origine des violences qui ont éclaté quand les manifestants ont érigé des barricades et que les forces de l’ordre les ont démantelées. Les partis d’opposition, qui accusent le président de se comporter en dictateur « de république bananière », renvoient la responsabilité de la situation au gouvernement.
Le ministère français des affaires étrangères a indiqué jeudi que « des consignes de prudence ont été données à nos ressortissants vivant à Anjouan et aux Français de passage », mais qu’« aucune évacuation n’est envisagée à ce stade ».
Le climat politique s’est dégradé aux Comores depuis le référendum constitutionnel du 30 juillet. Ce scrutin aux allures de plébiscite (92,74 % de oui) a renforcé les pouvoirs du président Assoumani, notamment en l’autorisant à accomplir deux mandats successifs au lieu d’un. Depuis 2001, la présidence était attribuée tous les cinq ans à un représentant de l’une des trois îles du pays (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli). Il était ainsi prévu qu’Anjouan prenne la prochaine présidence.

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                Aux Comores, le référendum constitutionnel de tous les dangers



Mais Azali Assoumani, ex-putschiste élu en 2016, a annoncé son intention d’organiser un scrutin présidentiel anticipé l’an prochain, ce qui lui permettrait de remettre les compteurs électoraux à zéro et de régner sur l’archipel, en cas de victoire, jusqu’en 2029. « Si Assoumani se présente aux élections en 2019 comme cela en prend le chemin, il y a peu de chances que le pouvoir passe à Anjouan comme cela aurait été le cas selon le système de rotation » de la présidence, estime Jane Morley, analyste à la Fitch Solutions Risk Consultancy.
Depuis le référendum, des dizaines d’adversaires du chef de l’Etat, qui ont boycotté le scrutin de juillet, ont été arrêtés, dont Abdallah Sambi, inculpé dans une affaire de corruption et assigné depuis cinq mois à résidence à Moroni.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Enrôlé pendant la guerre civile en Sierra Leone, Mohamed Sidibay a été « sauvé par l’école ». Aujourd’hui, il parcourt le monde pour donner des conférences sur l’éducation.
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Portrait

De la kalach aux pupitres, itinéraire d’un ancien enfant-soldat

Enrôlé pendant la guerre civile en Sierra Leone, Mohamed Sidibay a été « sauvé par l’école ». Aujourd’hui, il parcourt le monde pour donner des conférences sur l’éducation.

Par                                            Ghalia Kadiri (New York, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-10-19T10:53:35+02:00"

        Le 19.10.2018 à 10h53






    
Mohamed Sidibay avec le président français, Emmanuel Macron, à Dakar, le 2 février 2018.
Crédits : Heather Shuker


Il a grandi dans un monde où « ton meilleur ami peut te tuer d’un instant à l’autre ». Où les enfants ne savent ni lire ni écrire mais connaissent tout des armes. Où il faut choisir entre donner la mort ou la recevoir. A 25 ans, Mohamed Sidibay est un miraculé. L’ancien enfant soldat sierra-léonais, longtemps analphabète, est aujourd’hui l’un des porte-drapeaux du Partenariat mondial pour l’éducation.
Ses conférences sur « le pouvoir de l’école » sont suivies sur les cinq continents. En février, il accompagnait le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite à Dakar consacrée à l’éducation et au climat. « Vingt ans plus tôt, je me baladais avec un AK-47 plus grand que moi », lance-t-il lors de son passage à New York, où il était invité à la cérémonie Goalkeepers, organisée fin septembre par la fondation Bill & Melinda Gates (partenaire du Monde Afrique), pour parler d’éducation en Afrique.

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Etrange symbole que ce garçon aux yeux rieurs et au sourire éclatant, dont les souffrances passées sont devenues, dit-il, « une source d’énergie » nécessaire pour agir. « Ne vous méprenez pas, prévient le jeune homme en costume-cravate. J’ai l’air d’aller bien comme ça, mais je suis toujours très en colère. Simplement, j’utilise ma rage pour me battre et aider les gens. »
Bourreau et victime
En réalité, Mohamed Sidibay a combattu toute sa vie. « Pas toujours dans le bon camp », soupire-t-il. En 1997, il survit au massacre dans son village natal, durant la guerre civile qui a ensanglanté la Sierra Leone pendant plus de dix ans (de 1991 à 2002). L’homme qu’il appellera quelque temps après « mon général » exécute tous les membres de sa famille devant ses yeux. Mohamed n’a que 5 ans lorsqu’il plonge dans les affres de la guerre.
Enrôlé de force dans le camp des rebelles avec d’autres enfants du village, le petit garçon devient à la fois bourreau et victime. « A l’époque, plus on avait l’air jeune, plus les chefs nous demandaient d’infliger des atrocités. » Mohamed et les copains de son âge sont shootés en permanence, « à toutes les drogues qu’on trouvait sur notre passage ». Parfois, « on nous violait », dit-il.
Ce long cauchemar éveillé dure jusqu’à la fin de la guerre. Mohamed a 10 ans. Il est libre mais brisé, privé d’identité. « Je pouvais charger des armes à feu les yeux fermés, mais je ne savais pas écrire mon prénom. Il y a quelque chose de très puissant et de malheureux dans le fait d’être analphabète : on ne sait pas qui on est. »

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Pris en charge par l’Unicef dans le cadre du programme « DDR » (démobilisation, désarmement et réinsertion), le garçon est placé dans une école primaire à Freetown. Orphelin et sans domicile, il peine à retrouver une vie normale ; comme tous ces enfants soldats transformés en machines de guerre – on en compte près de 250 000 à travers le monde, filles et garçons confondus, selon l’Unicef.
Deux ans plus tard, Mohamed Sidibay est invité à relater son expérience dans deux universités américaines. Il ne montera jamais dans l’avion qui doit le ramener au pays. « Je me suis enfui à l’aéroport de New York avec 40 dollars en poche, mon passeport et quelques mots d’anglais. Je ne voulais plus retourner en Sierra Leone, ce pays qui m’avait tout pris mais jamais rien donné. »
D’un avion à l’autre
Aujourd’hui, l’ancien enfant soldat adopté par une famille américaine est persuadé d’avoir fait le bon choix. « J’ai eu la chance d’être scolarisé et soutenu par ma nouvelle famille. J’ai bossé comme un fou, des nuits entières, pour rattraper mon retard et j’ai pu aller à l’université à temps, raconte Mohamed, qui a obtenu un diplôme de l’université George-Washington. L’école m’a sauvé. J’ai réussi à reprendre le contrôle de moi-même, je peux enfin choisir qui je veux être. Je vais essayer de faire en sorte que tous les enfants du monde puissent bénéficier de cela. »
Sautant d’un avion à l’autre, le militant est finalement retourné à plusieurs reprises en Sierra Leone. La colère s’est dissipée. Dans son pays, il aimerait réformer l’éducation, en particulier la loi interdisant l’accès à l’école aux filles enceintes. Se présenter un jour à l’élection présidentielle ? L’idée ne lui paraît pas insensée. Mais d’abord, il lui faut se former. Mohamed Sidibay est récemment retourné sur les bancs de l’école pour poursuivre un master en droit aux Etats-Unis, car « pour changer la Constitution d’un pays, il faut comprendre la loi ».

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Le chemin est encore long. En Sierra Leone, les nombreux enfants soldats livrés à eux-mêmes depuis la fin de la guerre civile n’ont pas tous eu le même destin. Beaucoup sont restés analphabètes, entraînés dans la spirale de la délinquance, avec pour seule aptitude la connaissance des armes. De temps à autre, Mohamed croise ses anciens camarades du « front » dans les rues de Freetown. Il réalise alors sa chance. Car eux ne sont jamais totalement sortis du cauchemar.


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Compte rendu

Au Bénin, l’opposant Sébastien Ajavon condamné à vingt ans de prison pour trafic de cocaïne

Un tribunal spécial a également lancé un mandat international contre l’homme d’affaires, actuellement en exil en France.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 19.10.2018 à 10h44






    
Sébastien Ajavon lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2016, à Cotonou.
Crédits : CHARLES PLACIDE / AFP


Un tribunal spécial du Bénin a condamné, jeudi 18 octobre, le président d’un parti politique d’opposition et riche homme d’affaires, Sébastien Ajavon, actuellement en France, à 20 ans de prison et a lancé un mandat international contre sa personne, dans une affaire de trafic de cocaïne.
« Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il n’y a plus d’Etat de droit au Bénin », a déclaré à l’AFP l’un de ses dix avocats, Me Julien Bensimhon, qui dénonce de graves irrégularités dans le système judiciaire, dont l’impossibilité d’avoir accès au dossier de son client ou d’avoir pu prendre la parole pour le défendre lors de ce procès qui a duré moins d’une heure. « Nous nous y attendions, a renchéri Me Marc Bensimhon, un autre de ses avocats. M. Ajavon est désormais en exil [en France]. S’il rentre il sera incarcéré immédiatement. »

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Le président du tribunal, Edouard Ignace Gangny, l’a également condamné à une amende de 5 millions de francs CFA (7 600 euros), suivant toutes les recommandations du parquet, et a appliqué la peine maximale.
M. Ajavon, qui a refusé de se présenter à l’audience en dénonçant des fraudes dans le système judiciaire, est accusé de trafic de cocaïne à l’échelle internationale après la découverte, en octobre 2016, d’environ 18 kg de cocaïne pure d’une valeur estimée à 9 milliards de francs CFA (près de 14 millions d’euros) dans un conteneur destiné à l’une de ses sociétés.
Un « coup monté »
Il était jugé jeudi par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), un tribunal spécial créé fin août, qui ne permet pas de faire appel. Le seul recours de la défense, qui avait déjà convoqué la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour une autre affaire concernant leur client, est désormais de se pourvoir en cassation.
M. Ajavon, qui avait déjà été relaxé pour cette affaire il y a deux ans, a dénoncé un « coup monté » dans une interview diffusée par Radio France internationale (RFI), dont les ondes ont été brouillées lors des rediffusions de l’émission dans la matinée, selon un responsable de la radio.

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Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon, qui a fait fortune dans l’agroalimentaire, était arrivé troisième, et s’était rallié à l’actuel président, Patrice Talon. Mais les relations entre les deux hommes, deux milliardaires qui sont opposants en politique et dans les affaires, se sont vite dégradées, Sébastien Ajavon ayant été visé par la justice dans plusieurs affaires. Fin mars 2018, il a relancé sa carrière politique en fondant son propre parti en vue de la présidentielle de 2020, l’Union sociale libérale (USL).

