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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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Beau livre. Dans Paris envoûté les occultistes rient

De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h41
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            
Paris occulte. Alchimistes de l’ombre, spirites inspirés, mages sulfureux, traqueurs de fantômes et astrologues visionnaires, de Bertrand Matot, Parigramme, 128 p., 19,90 €.

Paris, 1857. Un célèbre médium écossais, Daniel Dunglas Home, est de retour en Europe après s’être fait connaître aux Etats-Unis. L’impératrice Eugénie demande immédiatement à le rencontrer. Un soir d’hiver, il se rend au palais des Tuileries. Reçu dans les appartements privés par Napoléon III, son épouse et quelques intimes, il impose le silence. Soudain, « d’énormes meubles que six hommes ne soulevaient qu’avec peine pour ôter les tapis, au printemps, commencèrent à s’agiter », rapporte la princesse de Metternich. Les chaises, les fauteuils volent. Les cristaux des lustres carillonnent, le piano se met à jouer tout seul, puis une main apparaît sur une table. « C’est la main de mon père ! », s’exclame Eugénie. L’empereur la touche à son tour et la lâche vivement : « Dieu, que c’est froid ! »
On peine à le croire aujourd’hui, mais l’Occident (dont la France et particulièrement sa capitale) fut saisi, dès le milieu du XIXe siècle, d’une fascination pour les sciences occultes. A l’époque, « il n’est quasiment plus un salon de la bonne société parisienne où l’on ne se préoccupe pas de faire danser les tables pour communiquer avec les morts », affirme Bertrand Matot, documentaliste, dans son bel album Paris occulte.
Le Congrès spirite international
La guerre de 1914 amplifie la vogue occultiste. Cette fois-ci, c’est « Madame Fraya » qui est appelée au ministère de la guerre. L’ennemi n’entrera pas dans ­Paris, promet-elle. L’avenir lui donne raison. Durant ces années, « la presse identifie les Allemands au diable, spirites et voyantes rivalisent de prédictions patriotiques et, quand les morts sont enterrés, mères, épouses et sœurs cherchent encore à communiquer avec...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ François-Xavier Fauvelle dirige « L’Afrique ancienne », une ample histoire du continent qui met au jour sa place singulière dans celle du monde.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Histoire. Nouvelles de la vieille Afrique

François-Xavier Fauvelle dirige « L’Afrique ancienne », une ample histoire du continent qui met au jour sa place singulière dans celle du monde.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h42
    |

            Joan Tilouine








                        



                                


                            
L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20 000 avant notre ère-XVIIe siècle, sous la direction de François-Xavier Fauvelle, Belin, « Mondes anciens », 680 p., 49 €.

Ecrire l’histoire de l’Afrique consiste, aujourd’hui encore, à déconstruire des clichés. Le principal, toujours vivace, veut que ce continent soit dépourvu de traces écrites suffisantes pour étayer un travail scientifique – voire même d’écriture. Vision cristallisée dans le discours de Dakar, en 2007, du président Nicolas Sarkozy selon lequel « l’homme africain n’[était] pas assez entré dans l’histoire », à laquelle répondent, symétriquement, des instrumentalisations à des fins identitaires, le plus souvent pour consolider des théories « afrocentristes ».
Mais, alors que les historiens se sont longtemps focalisés sur la présence européenne, que ce soit, naguère, pour servir la cause coloniale, ou pour porter un regard critique, parfois empreint de tiers-mondisme, l’histoire rigoureuse des sociétés africaines est peu à peu devenue une discipline à part entière en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique. Avec ses maîtres, comme François-Xavier Fauvelle, qui rappelle dans le prologue de L’Afrique ancienne, livre magistral et unique, fruit de trois ans de travail collectif avec la vingtaine de chercheurs qu’il a réunis, que « se laisser surprendre par l’histoire de l’Afrique, c’est accepter d’être nouvellement éclairé sur le monde ».
Vestiges de cités millénaires enfouies
Cet historien français, directeur de recherche au CNRS, est aussi archéologue. Car l’histoire ne suffit pas pour exhumer des sources matérielles rares et des vestiges de cités millénaires enfouies. Comme la ville éthiopienne d’Ifat, capitale du sultanat qui porte son nom, principale formation politique islamique de l’Ethiopie du XVe siècle, qu’il a découverte avec le spécialiste de l’Ethiopie médiévale...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Une autre fin du monde est possible », de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Figures libres. Tout va s’écrouler ? Même pas peur !

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Une autre fin du monde est possible », de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, Seuil, « Anthropocène », 332 p., 19 €.

Effondrement est le titre français du livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond (Gallimard, 2006). Cet essai marquant étudie la manière dont meurent les civilisations. Au cœur de ses préoccupations : le risque d’une fin prochaine du monde industriel planétaire. Depuis, cette possibilité d’implosion est devenue, pour certains, la certitude d’une apocalypse proche. L’agonie serait donc entamée, la fin inévitable, et le trépas à nos portes. Il est inutile même de sonner le tocsin : la fin du monde serait si évidente que la vraie question n’est plus d’y échapper. L’essentiel serait de faire bonnefigure.
L’explosion étant inéluctable, les efforts pour l’éviter dérisoires et vains, nous voilà dispensés des crispations, libérés des combats, disponibles pour traverser sereinement le temps qui reste. Deux ingénieurs agronomes, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, et un « écoconseiller », Raphaël Stevens, experts en « collapsologie », vont encore plus loin. Auteurs de Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015), très lu et qui continue de l’être, les trois experts-compères explorent maintenant un registre nouveau, baptisé « collapsosophie ».
Arguments très curieux et très discutables
Cette sagesse pour monde au bord du gouffre consiste, grosso modo, à tenir ce discours : conscients que nous n’échapperons pas au pire, que quantité d’horreurs et de convulsions s’abattront bientôt sur la planète, cultivons en nous la compassion, l’altruisme, la présence au monde et la spiritualité… Arguments employés et conseils prodigués sont à la fois très curieux et très discutables, parfois touchants, parfois irritants. En fait, la réaction de chaque lecteur dépendra de sa place...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Dans l’intense « Ne m’appelle pas Capitaine », l’écrivain représente le gouffre qui sépare les riches des pauvres à Port-au-Prince.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Lyonel Trouillot ouvre une brèche dans l’avenir ruiné d’Haïti

Dans l’intense « Ne m’appelle pas Capitaine », l’écrivain représente le gouffre qui sépare les riches des pauvres à Port-au-Prince.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Ne m’appelle pas Capitaine, de Lyonel Trouillot, Actes Sud, 160 p., 17,50 €.

Avec son titre aux allures de rengaine, mais une rengaine dont la première note serait un « ne » à dénouer, Ne m’appelle pas Capitaine, le nouveau roman de ­Lyonel Trouillot, est une merveilleuse fable pour demain autant qu’un roman ancré dans la réalité contemporaine de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Il s’agit certes de raconter le gouffre qui sépare les déshérités des très riches Haïtiens vivant barricadés dans un entre-soi mortifère, mais il s’agit surtout de retrouver une continuité : de retrouver la capacité à s’emparer de l’avenir des deux mains – ces mains qui peuvent caresser, tuer, jouer, manipuler, mais aussi bien écrire ou dessiner.
« Nous sommes ce que vivent nos mains », affirme d’ailleurs le Capitaine qui donne au livre son titre, à la fin d’un récit tissant discrètement ce leitmotiv dès sa première phrase : « A chaque séance, j’appréhendais ce moment où l’homme devenait une défaite, ses mains usées sabrant le vide, la violence des mots redonnant pourtant un semblant de force à la voix. » Les mains autant que la voix de Capitaine subjuguent Aude, la jeune narratrice issue des beaux quartiers, lorsqu’elle surprend l’ancien professeur d’arts martiaux s’adressant au fantôme d’une femme qui l’a doublement trahi, des années plus tôt : en le quittant brusquement après l’avoir entraîné contre son gré au-delà de la limite posée à leur engagement politique, le meurtre.
La vie d’avant le désastre
Aude détonne, dans le quartier du Morne Dédé qui fut celui des opposants à l’heure de la dictature et qui en paye lourdement le prix au point de n’être plus populaire mais miséreux – un quartier dont elle ignorait jusqu’au nom avant de s’y rendre pour y réaliser son tout premier reportage. Capitaine en est l’une des mémoires vivantes, capable de restituer la vie d’avant le désastre,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Claro embarque sur l’instable « Epopée » de Marie Cosnay.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Le feuilleton. Un héron traverse le ciel

Claro embarque sur l’instable « Epopée » de Marie Cosnay.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Epopée, de Marie Cosnay, L’Ogre, 336 p., 21 €.

Autant le flou et l’imprécis peuvent être agaçants dans une narration, le premier ne servant qu’à brouiller les eaux pour les faire paraître profondes, le second ne visant souvent qu’à dissimuler l’inanité du propos, autant l’instable et l’indécidable peuvent se révéler de puissants et prolifiques moteurs. Mais une chose est sûre : rien de pire qu’un auteur ou une auteure qui cherche à inoculer du poétique dans du récit. On l’imagine arc-bouté sur son pensum, une seringue à la main, ou dispensant des gouttes de mercure sur la vitre pas très nette de sa page – pourvu que ça irise, se dit-il, tandis que tout dégouline à la lecture.
Rares sont les auteurs capables d’affronter la vérité sismique d’un texte sans barbouiller de fausses fissures ici et là. Chorégraphier l’instable : travail de précision. Car tout est fragile dès qu’on s’empare du chaos du monde. Les personnages, les dialogues, les revirements, même les ellipses. Comment embringuer le lecteur dans le clair-obscur d’un réel en perpétuelle déliquescence ? Comment faire des nœuds sans que tout s’emmêle ? Quelles béances pratiquer sans causer d’irréparables bascules ? Tout ça peut sembler abstrait, mais c’est en réalité on ne peut plus concret. L’écrivain travaille les masses, les volumes, il dose les vitesses, les intensités, approfondit les nuances, truque les reliefs.
Chorégraphier l’instable : c’est précisément que ce fait Marie Cosnay dans son roman intitulé Epopée. Chez elle, quand ça tremble, ce n’est pas du chiqué. Très vite, on a le vertige, puis ce vertige devient un véhicule, on est embarqué, ça secoue, et même quand on a l’impression d’avancer dans la brume, force est de constater que ladite brume a été ciselée dans du cristal. Une épopée ? Rompue par sa pratique de traductrice aux stratégies du chant – on n’a pas oublié sa magnifique version des Métamorphoses,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
      

Trans|Poésie. Forcing

Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Didier Cahen








                        



   


Mes poignets sont rivés à mes bras
Cadenassés aux épaules
Vissées à ma nuque
§
Le coup de pied dans la porte ouverte
Va venir, le coup de pied dans
La porte ouverte va partir
§
Il y a peut-être un passage dans le mur
Il y a peut-être un chemin
De l’au-delà vers l’ici
Comment articuler l’écriture poétique et la danse post­moderne ? Maryvonne Coat (née en 1967) répond en chorégraphe ; elle sait chasser les mots pour suivre les mouvements disloqués des corps enchevêtrés et rendre lisible le pas risqué dans les arcanes du vide.
Animatrice d’ateliers de poésie à la Fondation José Hierro, à Madrid, rédactrice en chef du magazine Minerva au Circulo de Bellas Artes, Esther Ramon (née en 1970) est d’abord l’auteure de neuf livres importants qui attendent leur traduction en français. Appel lancé aux éditeurs…
Très bel ensemble du poète chilien Luis Mizon (né en 1942) en ouverture de la revue Nunc. Ce 45e numéro rend, par ailleurs, justice à « l’étincelle créatrice » d’Adonis (né en Syrie en 1930), avec un fort dossier consacré à cet immense poète, têtu comme un prophète laïc !

        Lire aussi :
         

                Trans|Poésie. Solo



Les Carnets du chorégraphe, de Maryvone Coat, Isabelle Sauvage, 62 p., 13 €.
Dynamite, d’Esther Ramon, dans le dossier « Poésie de langues d’Espagne », Place de la Sorbonne. Revue internationale de poésie de Sorbonne Université, n° 8, PUPS, 336 p., 20 €.
L’Entrepôt de l’instant (extrait), de Luis Mizon, dans NUNC, n° 45, Corlevour, 128 p., 22 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Avec « Helena », Jérémy Fel signe un lent thriller rythmé de scènes tranchantes. Hypnotique et effrayant.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Jérémy Fel horrifie le Kansas

Avec « Helena », Jérémy Fel signe un lent thriller rythmé de scènes tranchantes. Hypnotique et effrayant.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Helena, de Jérémy Fel, Rivages, 800 p., 23 €.

Un meurtre ou une disparition, au Kansas, font l’effet d’une bouée perdue dans l’océan, d’une mouche dans une assiette de lait. L’immensité « désespérément plate et terne des champs et des plaines à perte de vue » de ce silo de l’Amérique les noie dans le même temps qu’elle les surexpose. Ainsi en va-t-il avec Hayley, prometteuse jeune golfeuse en route pour un tournoi et soudain volatilisée, l’un des cinq principaux personnages d’Helena, de Jérémy Fel, thriller à l’inexorable lenteur, à l’effrayante planitude, où la violence, tout en coups de sang et soudaines envolées, se renforce d’être perdue dans ce désert de blé, égarée au cœur de cette uniforme steppe de maïs, qu’elle hérisse comme des arbres foudroyés ou des calvaires oubliés.
Qu’est-il arrivé à Hayley ? Elle a simplement accepté, en toute innocence, l’hospitalité du diable. Suite à une panne automobile, la voilà gîtant pour une nuit au cœur de nulle part, dans la fermette de Norma, sanctuaire du mal où opérèrent par le passé le sombre Jesse, lynché par la foule, puis le parenticide Daryl Greer, héros des Loups à leur porte (Rivages, 2016), premier roman de Jérémy Fel où déjà certaine scène (un dîner familial tournant au massacre méthodique) signalait un conteur retors. Hayley va s’y trouver prise en étau entre la folie homicide de Tommy, cadet de la famille, et Norma, sa mère, superbe création romanesque, mater familias solitaire et énergique qui, marquée par la duplicité perverse de son second mari, doit juguler les errances de Tommy, dont elle ignore les équipées meurtrières, projetant toute son espérance sur Cindy, sa fille, qu’elle façonne pour en faire une petite reine de beauté provinciale.
Ecriture transparente
Violée par Tommy, qui fugue à la suite de son forfait, séquestrée, enchaînée, dans la cave, par une mère qui redoute...




                        

                        


<article-nb="2018/10/18/19-8">
<filnamedate="20181018"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181018"><AAMMJJHH="2018101819">
<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Romans, récit, BD, noir… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 octobre 2018.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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La rentrée littéraire en bref

Romans, récit, BD, noir… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 octobre 2018.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 09h07
    |

                            Macha Séry, 
Frédéric Potet, 
                                Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Zoé Courtois (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Eglal Errera (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
Raphaëlle Leyris, 
                                Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres ») et 
                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            Roman. Entre deux feux
Les Mille et une nuits de Krushnik (Mayses fun toyznt eyn nakht), de Sholem Aleikhem, traduit du yiddish par Nadia Déhan-Rotschild et Evelyne Grumberg, L’Antilope, 154 p., 17 €.
La première guerre mondiale poussa l’écrivain russe de langue yiddish Sholem Aleikhem (1859-1916) à émigrer à New York. De sa traversée, en novembre 1914, il rapporta le témoignage de Yankel, un habitant juif de Krushnik, petite bourgade de Pologne qui venait d’être le théâtre de sanglants affrontements entre les armées russe et austro-hongroise. Rédigé dans l’urgence, ce récit décrit avec un humour noir les conséquences directes du conflit sur la population juive. Honnie par les Polonais non juifs, elle est tour à tour suspectée d’intelligence avec l’ennemi par les Allemands et par les Russes, qui se disputent la ville. Humiliations, condamnations à mort, pogroms… Dans la lignée des contes yiddish, cette chronique de la guerre offre une peinture à la Brueghel du monde ashkénaze d’avant la Shoah, promis à la destruction, mais refusant de s’y résoudre. Ar. S.
Roman. Un autre mythe grec
La Grande Idée, d’Anton Beraber, Gallimard, 576 p., 22 €.
« Mon histoire – vous le savez, je crois – blessera les coutumiers de l’exact. » Pourquoi, malgré cet aveu d’affabulation, le narrateur de La Grande Idée n’interrompt-il pas ce soldat qu’il interroge sur Saul Kaloyannis ? Pourquoi ne pas aller chercher ailleurs la vérité sur ce dernier ? C’est sans doute que le narrateur, un jeune universitaire, a depuis longtemps renoncé à rendre compte de l’histoire de manière académique. Quand on veut bâtir un roman national du côté de la mer Egée, il s’agit d’exalter les grands mythes. D’évoquer, au lieu des héros de guerre, ceux qu’on peignait sur les céramiques et que les aèdes chantaient. La Grande Idée, sur les traces de la guerre gréco-turque de 1919-1922, ne fait pas exception....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ L’écrivain, ancien premier ministre de la République du Congo et ambassadeur à Paris, livre ses souvenirs dans « Il est déjà demain ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Henri Lopes, SIF (sans identité fixe)

L’écrivain, ancien premier ministre de la République du Congo et ambassadeur à Paris, livre ses souvenirs dans « Il est déjà demain ».



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 11h25
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il est déjà demain, d’Henri Lopes, JC Lattès, 350 p., 22,90 €.

Il est déjà demain sera son dernier livre. Henri Lopes l’annonce avec un grand sourire et une voix caverneuse. La marque d’un « épisode de santé », ­confie-t-il sans s’attarder. Et pourtant, cette voix, qui supplante le brouhaha d’un café de Saint-Germain-des-Prés, à ­Paris, charrie la sémillance d’un homme né en 1937, à Léopoldville au Congo belge, aujourd’hui Kinshasa en RDC, qui a vécu mille vies. Rien d’étonnant à cela. L’auteur a fait du renversement de situation un art de vivre et d’écrire. La capacité à voir le bon et le mauvais côté des choses. L’envers et l’endroit d’une époque. Il résume cette caractéristique dans un oxymore : le ­ « pleurer-rire ».
Elevé sur la rive opposée du fleuve Congo, d’où est originaire sa mère, il a été enseignant, premier ministre de la République du Congo (1973-1975), fonctionnaire international, ambassadeur (en France, de 1998 à 2015). Mais si c’était à refaire, il s’arrangerait pour n’être qu’écrivain. Car c’est là, dit-il, qu’il s’accomplit le mieux. Des Tribaliques (Clé, 1971) au Chercheur d’Afriques (Seuil, 1990), en passant par Le Pleurer-rire (Présence africaine, 1982), son œuvre suit des personnages en quête d’identité et sonde le destin des pays africains après l’indépendance. Parce qu’elles traitent du métissage, de l’engagement politique et de la corruption du pouvoir, on a souvent lu ces fictions comme autobiographiques. Mais il n’avait, jusqu’à aujourd’hui, écrit qu’un essai abordant directement ses origines, Ma grand-mère bantoue et nos ancêtres les Gaulois (Gallimard, 2003).

« Je me sens 100 % africain et 100 % français »
Congolais de « sang-mêlé », doté d’un patronyme aux consonances portugaises, l’écrivain a très tôt inventé des mots pour répondre aux remarques sur ses « origines douteuses »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ La chronique de Franck Thilliez, à propos d’« Ecorces vives », d’Alexandre Lenot.
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Le coin du crime. Vallées et cœurs perdus du Cantal

La chronique de Franck Thilliez, à propos d’« Ecorces vives », d’Alexandre Lenot.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Franck Thilliez (Ecrivain)








                        



                                


                            
Ecorces vives, d’Alexandre Lenot, Actes Sud, « Actes noirs », 208 p., 18,50 €.

On pourrait se croire en terre étrangère. Aux portes d’une réserve indienne du Wisconsin, là où le vent glacé fait baisser les yeux, non loin du territoire des loups. C’est pourtant le Cantal, terre de taiseux, de besogneux, de mains noueuses et de dos qui grincent. Les jeunes la fuient, les vieux s’y entassent et y crèvent, avec leurs chiens aveugles et leurs rancunes poussiéreuses. Puis il y a ceux qui s’y réfugient, ces âmes broyées par un passé trop dur, qui savent que leur place est là, au milieu de rien. Mais ce rien, c’est l’origine du monde, la nature brute, les bêtes, la rupture avec une humanité qui s’anéantit elle-même.
L’hiver règne
Parmi ces exilés, il y a Eli, qui incendie la ferme où il aurait dû voir ses enfants grandir. Louise, arrachée à la capitale et à ses échecs par un désir de fuite. Et Laurentin, gendarme boitillant qui, au sortir d’un mariage raté, a préféré le silence imposant des forêts à l’ivresse des bars. A travers ce récit mené à plusieurs voix, Alexandre Lenot immerge son lecteur dans l’univers rude des hautes vallées centrales, ces étendues piégées entre forêts et montagnes, où l’hiver règne tant dehors que dans l’esprit des habitants. Depuis l’aube des temps, les êtres vivants luttent et tuent pour préserver leurs territoires. Nous sommes tous l’étranger de quelqu’un, et peut-être davantage encore dans ces espaces où l’on naît et où l’on meurt. Aussi, tout ce qui peut perturber l’ordre naturel des choses se révèle hostile et représente un danger.
Dès lors, une tension souterraine se met à vibrer, les mots se font plus âpres, le propos plus cru. Aux haines ancestrales, gravées dans l’ADN de chacun, s’ajoutent les maux du monde contemporain : l’alcool, l’ennui, l’industrie qui empuantit les sols et les corps. Cette accumulation de tensions, de non-dits, de colère trop longtemps...




                        

                        


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« Cyberfatale », quand l’état-major inspire la bande dessinée

Le dessinateur Clément Oubrerie et des scénaristes anonymes proches des armées livrent, le 24 octobre, un premier opus sur la cyberguerre française.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 07h11
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

L’image virale du président Flandres en slip léopard inonde la Toile. Il est 5 heures, l’alerte vire au rouge et l’experte juridique de l’état-major file au Balargone, comme on surnomme le siège des armées françaises, situé près du métro Balard, à Paris. L’aventure de Cyberfatale peut commencer. Dans son cyber-QG, l’amiral Arnaud Duperré prend les choses en main de méchante humeur, sous la pression de l’Elysée et du ministre Jean-Pierre Morbihan. « Nous avons monté de faux comptes Twitter pour chasser les djihadistes, créé des avatars pour les harceler, et vous n’êtes même pas capables de faire la veille H24 ? » Doublé de Madame O., sa conseillère corse blonde et maligne, le chef éructe, rougit, ordonne et… nous fait rire.
Dessins de Clément Oubrerie (Aya de Yopougon, Pablo, Voltaire amoureux…), scénario des Cépanou, un collectif secret joliment nommé, la bande dessinée Cyberfatale est puisée aux meilleures sources militaires. Présenté en avant-première par les éditions Rue de Sèvres, au festival Quai des bulles de Saint-Malo, l’ouvrage est dévoilé le 18 octobre et sortira le 24.
Le premier opus est sous-titré Si ça sort, on est morts. L’expression familière du sérail résume à elle seule l’acrobatique et réjouissante entreprise de cette BD, entre sérieux et drôlerie. Autour de « la source », un expert en poste dans la cyberdéfense qui a pensé l’idée originale, les scénaristes tapent juste. Et si aucun secret n’est compromis, le livre suscitera sûrement quelques jeux de piste internes.
« Un regard étonné sur ce monde »
Pour sa part, Clément Oubrerie a trouvé « spectaculaire » la vision des centaines d’uniformes croisés au Balargone. « J’apporte un regard étonné sur ce monde », dit-il. Il promet qu’il n’a aucune envie de voler dans un avion de chasse après avoir dessiné un Rafale sous tous les angles. Si l’ouvrage peut évoquer la saga...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Ondine Spragg, en quête d’élévation sociale, jette un mari pour en prendre un autre. « Les Beaux Mariages », roman spirituel et acéré de l’écrivaine américaine.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Florence Noiville   Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 07h00   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés         Les Beaux Mariages, d’Edith Wharton (The Custom of the Country), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Suzanne Mayoux, Les Belles Lettres, 576 p., 15 €.                       L’écrivaine américaine Edith Wharton, photo non datée. MAHAUX CHARLES / AGF FOTO / PHOTONONSTOP             Un cliché de 1889. Voici Edith Wharton en robe à jabot de dentelle, manches gigot et chapeau emplumé. Sur ses genoux, deux chinchillas fixent l’objectif d’un air peu commode. Elle aurait pu n’être que ça, Edith Wharton (1862-1937). Une élégante à toutou et corset. Une épouse de banquier ayant passé sa vie entre New York, la Nouvelle-Angleterre, Paris, Londres, la Côte d’Azur et sa chère Italie… Mais elle avait la langue bien pendue, la plume prodigieusement facile – et, surtout, dans le regard qu’elle posait sur ses contemporains, une férocité n’ayant rien à envier à celle de ses chiens. Admirée, jalousée – y compris de son grand ami et confident Henry James –, l’auteure de Chez les heureux du monde (Plon, 1908) fut la première femme à recevoir le prix Pulitzer, en 1921, pour Le Temps de l’innocence (Plon, 1921).          Pour qui ne l’aurait jamais lue et hésiterait à se plonger dans ces Beaux Mariages – plus de 500 pages dont le titre laisse craindre, c’est vrai, une certaine désuétude –, on conseille de faire un test. Aborder Wharton par une nouvelle très courte, Fièvre romaine (rééditée par Le Monde en version bilingue avec CD, en 2016). Si, comme il est probable, on est ébloui par ce bijou – un texte qui dit tout de la rivalité entre les femmes, de l’amour frustré et de la nécessité de feindre dans une société qui proscrit la vérité –, il y a fort à parier qu’on redemandera du Wharton. On sera prêt alors à plonger dans ce Beaux Mariages, roman de 1913 aujourd’hui réédité aux Belles Lettres, dans lequel on retrouve d’emblée ce qui – derrière les faces-à-main et les voilettes – fait sa modernité radicale. L’art de montrer, sous la surface lisse des bonnes manières, la violence clanique de « l’élite ».          Bonheur interdit                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Son nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Haruki Murakami, une touche de génie

Son nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h29
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Meurtre du commandeur. Livre 1, Une Idée apparaît et Livre 2, La Métaphore se déplace (Kishidancho Goroshi), d’Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita et Tomoko Oono, Belfond, 456 p., 23,90 € et 480 p., 23,90 €.

Gageons que les lecteurs français feront fi de la polémique suscitée, au Japon, par la parution, en 2017, du nouveau roman d’Haruki Murakami. Sous prétexte qu’il évoque brièvement un épisode controversé de la « guerre de la Grande Asie », le sac – ou massacre – de Nankin en décembre 1937, Le Meurtre du Commandeur a été accusé, sur les réseaux sociaux, de sympathies prochinoises. Ce qui n’a pas empêché l’auteur à succès, fréquemment cité comme favori pour le prix Nobel de littérature, de rencontrer une fois encore son public : en deux mois, son roman (près de 1 000 pages) s’était déjà écoulé à 1,5 million d’exemplaires. C’est justice, tant le romancier fait montre, encore une fois, de toutes les qualités lui valant d’être devenu l’écrivain japonais le plus lu dans le monde.
L’auteur de Kafka sur le rivage (Belfond, 2006) et de l’impressionnante trilogie 1Q84 (Belfond, 2011 et 2012) ou, plus récemment, de Des hommes sans femmes (Belfond, 2017), explore cette fois-ci, dans une langue toujours aussi limpide que suggestive, les ressorts de la création artistique. Sans théorisation excessive, ­Murakami fait confiance au récit pour saisir les contours d’une faculté mystérieuse – la créativité du peintre qu’il met en scène, bien sûr, mais celle de l’écrivain lui-même, également, dont toutes les figures d’artistes dans le roman sont des métaphores ou des représentants.
Disposition mentale
En même temps que les deux volumes du Meurtre du Commandeur (Une Idée apparaît et La ­Métaphore se déplace) paraît d’ailleurs un passionnant échange sur cette même question entre le romancier et le chef d’orchestre Seiji...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ L’écrivain norvégien propose une version très personnelle, mais tout aussi funeste, du « Macbeth » du classique dramaturge anglais.
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Jo Nesbo et William Shakespeare, frères de sang

L’écrivain norvégien propose une version très personnelle, mais tout aussi funeste, du « Macbeth » du classique dramaturge anglais.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h00
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            
Macbeth, de Joe Nesbo, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Gallimard, « Série noire », 620 p., 21 €.

C’est un pari osé. Tellement risqué qu’il ressemble à un piège. Jo Nesbo revisite sous la forme d’un thriller la pièce maudite de William Shakespeare : Macbeth. L’idée de faire réinterpréter les pièces du grand dramaturge par des auteurs contemporains, et d’en souligner – c’est une lapalissade – la modernité, revient à la maison d’édition britannique Hogarth. Tracy Chevalier a sorti son Othello en 2017 (New Boy, non traduit) et Gillian Flynn signera un Hamlet en 2020. Nesbo passe brillamment l’épreuve.
Le décor est ici une ville industrielle − que l’on devine écossaise − dans les années 1970. La cité est gangrenée par le ­chômage, la corruption de ses élites, la pollution et la drogue. Pendant longtemps le préfet Kenneth a régné sans partage, achetant tout le monde et mettant la ville en coupe réglée. Mais à sa mort, son successeur, Duncan, veut changer les ­choses. Son objectif : lutter contre les deux gangs qui contrôlent le trafic de drogue, les Norsemen et la bande d‘Hécate. Il est aidé par Macbeth, qui dirige les forces spéciales. Quand ­celui-ci est nommé chef de la brigade du crime, l’élite de la ­police, Hécate y voit une opportunité : se servir de Macbeth pour asseoir sa domination. Il lui propose de tuer Duncan et de prendre sa place. Poussé par sa femme, Lady, qu’il aime d’un amour dévorant, Macbeth y consent. Débute alors une spirale où le sang appelle le sang, où la paranoïa est reine.
L’esprit et parfois la poésie
Le roman de Nesbo ne se borne pas à être une adaptation de la pièce de Shakespeare : il réinvente l’œuvre du maître, tout en réintroduisant ses répliques, plus ou moins fidèlement, de sorte à en conserver l’esprit et parfois la poésie. Telle cette ­reprise de la tirade de Macbeth (acte V, scène V) : « Demain,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des Livres » propose une sélection de romans et d’essais à dévorer.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Murakami, Poulain, Caro... Nos coups de cœur littéraires

Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des Livres » propose une sélection de romans et d’essais à dévorer.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 06h33
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Sensuel, délicat, politique, historique, fantastique... Les livres de la semaine nous invitent à la réflexion et à l’évasion.
ROMAN. « Le Cœur blanc », de Catherine Poulain
Deux ans après Le Grand Marin (L’Olivier, 2016), peinture de la vie sur un chalutier péchant le flétan en Alaska, qui révéla Catherine Poulain, l’écrivaine, devenue bergère dans le Médoc, poursuit le récit de ses pérégrinations avec Le Cœur blanc.
Un livre qui parle du corps, celui des saisonniers employés dans les vergers et les champs de Provence, de leurs histoires inscrites dans leur chair. Les sensations affleurent – épuisement, ivresse, désir –, tandis que se démène une « créature aux reins brûlants ».
Pour élégiaque et sensuel qu’il soit, Le Cœur blanc est un roman politique, qui porte sur le travail, ses conditions d’exercice, les accidents et l’éreintement qu’il génère. Un roman viscéralement féministe, aussi, où alternent les voix de Mounia et de Rosalinde – sœurs en esprit et en aventures de Mouna, l’héroïne du Grand Marin. Macha Séry

   


« Le Cœur blanc », de Catherine Poulain, L’Olivier, 256 pages, 18,50 €.
ROMAN. « Le Meurtre du Commandeur », d’Haruki Murakami
Dans les deux tomes de son nouveau roman, Haruki Murakami explore, la langue limpide et suggestive, les ressorts de la création artistique. Sans théorisation excessive, il fait confiance au récit pour saisir les contours d’une faculté mystérieuse – la créativité du peintre qu’il met en scène, bien sûr, mais celle de l’écrivain lui-même, aussi, dont toutes les figures d’artistes dans le roman sont des métaphores ou des représentants.
C’est au moment où le narrateur renonce aux portraits de commande pour se consacrer à sa propre peinture que Le Meurtre du Commandeur bascule dans le fantastique. Conséquence aussi bien que condition de sa capacité créatrice, l’abolition des frontières entre le rêve, le réel et le fantastique est le signe de l’entrée du peintre dans un état propice à la production artistique.
Si elle est au cœur du roman, la réflexion n’étouffe ni ne surplombe pourtant jamais le récit. Le grand art de Murakami est au contraire de la subordonner tout entière à la narration, à laquelle elle ne semble jamais préexister.
C’est bien une histoire, que nous raconte, pour notre plus grand plaisir, l’écrivain japonais. Celle d’un peintre en mal d’inspiration, qui s’installe dans la demeure d’un artiste de génie quand sa femme le quitte. Lorsqu’il découvre, dans le grenier, une œuvre inconnue du célèbre peintre, sa vie bascule. La réalité se métamorphose et lui impose des épreuves qu’il lui faudra surmonter s’il veut devenir à son tour un véritable créateur. Florence Bouchy

   


« Le Meurtre du Commandeur. Livre 1. Une Idée apparaît », et « Livre 2. La Métaphore se déplace » (Kishidancho Goroshi), d’Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita et Tomoko Oono, Belfond, 456 pages, 23,90 € et 480 pages, 23,90 €.
HISTOIRE. « L’Afrique ancienne », sous la direction de François-Xavier Fauvelle
Longtemps, pour évoquer l’Afrique, les historiens se sont focalisés sur la présence européenne, que ce soit, naguère, pour servir la cause coloniale, ou pour porter un regard critique. Mais l’histoire rigoureuse des sociétés africaines est devenue une discipline à part entière. Avec ses maîtres, comme François-Xavier Fauvelle, qui a dirigé L’Afrique ancienne, livre magistral et unique, qui devrait marquer l’historiographie par la façon dont il rassemble toute la richesse de savoirs jusque-là éparpillés et réservés aux initiés.
Les textes, rédigés par les meilleurs spécialistes, sont enrichis par des images, des cartes et des illustrations, pour certaines rares et inédites.
Par cette somme, fruit de trois ans de travail collectif avec la vingtaine de chercheurs qu’il a réunis, François-Xavier Fauvelle poursuit son œuvre savante, qu’il s’efforce de rendre accessible au grand public, en adoptant un style non académique mais respectueux de la rigueur scientifique. Une arme redoutable pour déconstruire les clichés les plus tenaces et réintégrer l’Afrique dans la conversation des savoirs. Joan Tilouine

   


« L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20 000 ans avant notre ère-XVIIe siècle », sous la direction de François-Xavier Fauvelle, Belin, « Mondes anciens », 680 pages, 49 €.
RÉCIT. « Le Sillon », de Valérie Manteau
Voilà une écrivaine qui a le don d’avancer masquée. Après avoir, par pudeur, fait en sorte de ne pas présenter Calme et tranquille (Le Tripode, 2016), son bouleversant premier livre, comme un texte sur ou autour de Charlie Hebdo – la quatrième de couverture dit simplement qu’il décrit « l’irruption brutale de la violence dans la vie d’une jeune femme », elle offre, avec Le Sillon, un roman lui aussi légèrement déguisé.
Il commence comme le récit d’une liaison vacillante avec un Turc pour se transformer en précis de décomposition d’un pays. Sans jamais cesser de s’afficher comme la description des déambulations à travers Istanbul de la narratrice, sur les traces du journaliste d’origine arménienne Hrant Dink, assassiné en 2007.
Installée sur la rive asiatique de la ville, où bouillonne une société civile attachée aux droits des minorités, elle marche, s’assoit pour fumer une cigarette, discute, s’implique dans la vie de la cité, milite en faveur des journalistes et des écrivains poursuivis après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016…
L’écriture de Valérie Manteau possède une grâce et une légèreté qui lui permettent d’entremêler l’évocation de ce qui se passe dans la tête de la jeune Française avec la description de ce qui advient dans les rues et dans le pays, tout en retraçant l’histoire de Hrant Dink. Elle se tisse dans les scènes vues autant que dans les textes qu’elle lit, qu’ils soient de Dink, de la romancière Asli Erdogan ou de la dramaturge britannique Sarah Kane. Et elle n’a pas à rougir à leurs côtés. Raphaëlle Leyris

   


« Le Sillon », de Valérie Manteau, Le Tripode, 272 pages, 17 €.
ROMAN. « Le Discours », de Fabrice Caro
Il y a une douceur mélancolique dans Le Discours, de Fabrice Caro, qui surprendra ceux le connaissant comme auteur acclamé de bande dessinée, sous le nom de Fabcaro. Et plus particulièrement ceux qui l’ont découvert avec le tordant album Et si l’amour c’était aimer (6 Pieds sous terre, 2017), où il dynamitait le couple avec enthousiasme.
Non pas que celui-ci se porte bien dans son deuxième roman (douze ans après Figurec, Gallimard, 2006), qui lance la collection « Sygne » chez Gallimard : trente-huit jours plus tôt, Sonia a annoncé au narrateur, Adrien, qu’elle avait « besoin d’une pause ».
Quand on le rencontre, son chagrin et son inquiétude sont exacerbés par deux événements presque concomitants. D’une part, sur le coup de 17 h 24, il a envoyé un texto à Sonia. D’autre part, alors qu’il guette la réponse, qui ne vient pas, durant un dîner familial, son futur beau-frère lui demande de prononcer un discours lors de son prochain mariage avec sa sœur.
Tandis que le dîner s’étire selon une immuable chorégraphie, Adrien imagine différentes versions de cette prise de parole, à mesure qu’il déroule son passé amoureux et tente d’analyser les signes que lui envoient l’univers, sa famille et le gigot, et ce qu’ils disent de son avenir avec Sonia. Autour de cet irrésistible loseur, Fabrice Caro tisse un roman doux-amer et souvent hilarant, délicieux hymne, non dénué d’espoir, aux inadaptés de l’existence. R. L.

   


« Le Discours », de Fabrice Caro, Gallimard, « Sygne », 208 pages, 16 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Avec « Le Cœur blanc », l’écrivaine livre le roman des saisonniers agricoles. Pour Mounia et Rosalinde, épuisement, ivresse et désir se mêlent – jusqu’au tragique.
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Catherine Poulain récolte les fruits amers

Avec « Le Cœur blanc », l’écrivaine livre le roman des saisonniers agricoles. Pour Mounia et Rosalinde, épuisement, ivresse et désir se mêlent – jusqu’au tragique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    17.10.2018 à 16h00
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Le Cœur blanc, de Catherine Poulain, L’Olivier, 256 p., 18,50 €.

C’est un phénomène éprouvé par tous, une ou plusieurs fois par an, qu’on peine pourtant à exprimer à haute voix : le sentiment inouï d’intimité qu’un livre parfois suscite, l’évidence d’un tête-à-tête se conjuguant à la conviction que d’autres l’éprouveront pareillement. Le Cœur blanc, de Catherine Poulain, produit cet effet-là. Par son style incandescent et par son sujet. Il parle du corps, celui des saisonniers employés dans les vergers et les champs de Provence, de leurs histoires inscrites dans leur chair. Les sensations affleurent – épuisement, ivresse, désir – tandis que se démène une « créature aux reins brûlants ». « Je n’aime que cette course, dit-elle, cette lutte des corps, la morsure… La seule chose qui me fait me sentir vivante, c’est ma peau et celle de l’autre. Et l’instinct, celui qui nous fait sortir de nous-mêmes. » Voilà ce que confie Rosalinde, femme libre et solitaire. « Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d’une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu’elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l’écrase – sur son cœur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s’arrête. »
Un livre foncièrement politique
Pour élégiaque et peau à peau qu’il soit, le deuxième récit de Catherine Poulain, après Le Grand Marin (L’Olivier, 2016) – lui aussi, tout à la joie et à la peine –, est un livre foncièrement politique, en ce sens qu’il porte sur le travail, ses conditions d’exercice, les gestes techniques qu’il exige, les accidents qu’il occasionne, la dépense physique qui en découle. Que le mot « politique » n’effraie pas. Il ne figure pas dans le texte. Juste les aboiements des contremaîtres – « feignants », « enculés »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ L’auteur du « Lièvre de Vatanen » est décédé le 15 octobre à Espoo, en Finlande. Il avait 76 ans.
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Mort d’Arto Paasilinna, auteur burlesque et amoureux du Grand Nord

L’auteur du « Lièvre de Vatanen » est décédé le 15 octobre à Espoo, en Finlande. Il avait 76 ans.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h53
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Il était l’un des écrivains contemporains finlandais les plus connus et les plus exportés dans le monde. Auteur de 35 romans traduits en presque autant de langues, Arto Paasilinna est mort à Espoo, dans son pays natal, lundi 15 octobre. Il était âgé de 76 ans.
C’est avec Le Lièvre de Vatanen, son troisième roman (Denoël, 1989), que ce romancier burlesque et pince-sans-rire s’était fait remarquer en France, il y a presque trente ans. Ce Lièvre – qu’il avait « lâché » quatorze ans plus tôt dans les forêts de bouleaux : le livre était sorti en Finlande en 1975 – avait la vivacité bondissante de son héros, Vatanen, journaliste à Helsinki et quadragénaire « marié, trompé, déçu, avec un début d’ulcère à l’estomac », mais une capacité hors pair à se réinventer. Un jour, un peu comme Alice à la poursuite du lapin blanc, l’infortuné Vatanen avait décidé de laisser derrière lui femme, travail et civilisation pour se lancer sur les traces d’un lièvre blessé, dans une course symbolique vers le cercle polaire. Se moquant des convenances et de l’incompréhension des autres, Vatanen, en faux candide, en profitait pour interroger très ironiquement tout ce qui l’entourait – politique, information, religion, mode de vie… –, recherchait un art de cultiver son jardin dans les silences infinis du Grand Nord et trouvait un nouvel élan dans l’intimité réconfortante d’une nature encore intacte.
Garçon des forêts
Etait-ce sa teneur philosophique ? Son « humour écologique » ? Sa façon de célébrer joyeusement des valeurs ancestrales ? Dès sa sortie, ce conte picaresque, précurseur pour son époque, avait fait mouche. En Finlande – plus d’une centaine de milliers d’exemplaires vendus dans un pays ne comptant que 5 millions d’habitants –, mais aussi à l’étranger. De son propre aveu, Paasilinna, pourtant, n’avait jamais eu la vocation de l’écriture. Né le 20 avril 1942 en Laponie – et plus exactement dans un camion alors que sa famille fuyait l’avancée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Son roman « Milkman », une exploration de la violence omniprésente durant la période des Troubles en Irlande du Nord, a séduit le jury britannique par sa singularité.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

L’écrivaine nord-irlandaise Anna Burns remporte le prestigieux Man Booker Prize

Son roman « Milkman », une exploration de la violence omniprésente durant la période des Troubles en Irlande du Nord, a séduit le jury britannique par sa singularité.



Le Monde.fr avec AFP
 |    17.10.2018 à 02h27
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 08h14
   





                        



   


« Aucun d’entre nous n’a jamais rien lu de semblable [à Milkman] auparavant », a affirmé Kwame Anthony Appiah, président du jury 2018 du Man Booker Prize. Anna Burns est devenue mardi 16 octobre la première Nord-Irlandaise à remporter ce prestigieux prix littéraire décerné chaque année au meilleur ouvrage de fiction en langue anglaise. Le jury a qualifié de « totalement singulier » et de « très puissant » son roman Milkman, une exploration de la violence omniprésente durant la période des Troubles en Irlande du Nord.
Bien que se déroulant dans une ville anonyme, Milkman est indubitablement inspiré de l’expérience d’Anna Burns, née à Belfast en 1962 et qui a grandi pendant la période des Troubles, qui ensanglanta la province britannique pendant trois décennies.

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                Un prix littéraire exemplaire



Ecrit à la première personne, d’une traite et sans paragraphe, ce qui peut en rendre la lecture aride, Milkman évoque la violence militaire mais aussi sociale au travers du regard d’une jeune fille de 18 ans, confrontée aux rumeurs. Non nommée, si ce n’est par le qualificatif de « sœur cadette », elle aime lire, et se plonge dans les livres, y compris dans la rue, s’isolant ainsi de la violence ambiante, jusqu’au jour où un homme bien plus âgé qu’elle et marié commence à la poursuivre de ses assiduités non désirées.
Une notoriété internationale
Pour le quotidien The Guardian, plus qu’à la violence d’Etat ou des paramilitaires, l’auteure s’attaque « aux forces plus insidieuses que sont l’oppression exercée par le tribalisme, le conformisme, la religion, le patriarcat, la vie dans une méfiance généralisée et la peur permanente ».
Anna Burns, qui vit aujourd’hui dans le Sussex, dans le sud de l’Angleterre, l’emporte devant cinq autres finalistes, dont la favorite des bookmakers, la jeune Britannique Daisy Johnson, 27 ans, sélectionnée pour Everything Under, qui évoque les souvenirs d’enfance de Gretel, qui vivait sur une péniche avec sa mère, avant que celle-ci ne l’abandonne, et l’Américain Richard Powers nommé pour son éco-roman The Overstory (L’Arbre-Monde pour sa traduction en français).

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                David Grossman, lauréat du prestigieux Man Booker International Prize



Elle remporte une récompense de 50 000 livres (environ 56 500 euros) mais surtout une notoriété internationale immédiate qui devrait propulser les ventes de son roman. Bloomsbury, éditeur de l’Américain George Saunders, a vendu plus de 230 000 exemplaires de son livre Lincoln in the Bardo, lauréat en 2017, 70 % des ventes ayant été réalisées après la récompense.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ L’auteur du « Lièvre de Vatanen » était l’un des écrivains de langue finnoise les plus connus internationalement.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

L’écrivain finlandais Arto Paasilinna est mort

L’auteur du « Lièvre de Vatanen » était l’un des écrivains de langue finnoise les plus connus internationalement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h59
   





                        



   


L’écrivain finlandais Arto Paasilinna, devenu célèbre dans le monde entier grâce à son roman désabusé Le Lièvre de Vatanen, est décédé lundi 15 octobre à l’âge de 76 ans, selon son éditeur.
Auteur de 35 œuvres traduites dans des dizaines de langues, cet ancien bûcheron reconverti au journalisme et à la littérature a vendu huit millions de livres en plus d’un demi-siècle de carrière.
Né le 20 avril 1942, il est mort « dans une maison de repos à Espoo », près de la capitale, Helsinki, a précisé son éditeur finlandais, WSOY, dans un communiqué.
Publié en France chez Gallimard, il était avec Mika Waltari et la romancière Sofi Oksanen (Purge), l’auteur de langue finnoise le plus connu à l’étranger.
Réjouissant tableau du genre humain
Ses récits tragi-comiques de la vie dans le Grand Nord content d’improbables aventures vécues par un géomètre sénile et son compagnon de voyage (La Cavale du géomètre), une vieille femme escroquée par son vaurien de neveu (La Douce Empoisonneuse) ou encore un journaliste désabusé qui adopte un jeune lièvre à la patte cassée (Le Lièvre de Vatanen).
Sous sa plume souvent décalée, suicide, vieillesse, désespoir ou morne quotidien participent d’un réjouissant tableau du genre humain. « En tant qu’écrivain, je veux exagérer les choses et il est plus facile de fouetter son propre peuple que d’aller fouetter chez les autres (...). Les humains en général sont un peu fous, d’une manière touchante, et les Finlandais plus encore, peut-être, que les autres », confiait-il dans un entretien à l’AFP en 2005.
« Paasilinna était particulièrement populaire en France, où il a été comparé au lauréat du prix Nobel [de littérature colombien] Gabriel García Márquez », a souligné son éditeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.
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Poe, Stevenson Cooper : retraduire, pour rester fidèle

Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h23
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                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Etrange mot que « traduire », qui, tout à la fois, dit la comparution devant un tribunal, renvoie à l’expression jouée d’un sentiment et définit une langue en mouvement. Une triple signification que le traducteur se doit d’assumer pleinement, se faisant tour à tour juge, comédien et linguiste. Acteur de la langue, il endosse une parole étrangère, l’habite, la hante, en effectue la traversée. Il fera acte de justice, maniantd’« intellectuelles balances aux plateaux d’argent » (Valéry Larbaud), quand il s’agira pour lui de rendre enfin leurs vrais visages à des textes malmenés, tailladés ou dévalués, voire méprisés.
Comme ce fut le cas, à dates récentes, pour les romans noirs américains qu’il a fallu « dépigalliser », si l’on peut dire : épurer d’un argot désuet, pour les rendre à la modernité de leur langue et à la complexité de leurs personnages. Mission menée à bien par Natalie Beunat et Pierre Bondil pour Dashiell Hammett (Gallimard, « Quarto », 2009), Cyril Laumonier pour Raymond Chandler (Gallimard, « Quarto », 2013), Jean-Paul Gratias pour Jim Thompson (Rivages) ou Jacques Mailhos pour Ross Macdonald ou James Crumley (Gallmeister). Situation égale avec le fantastique et l’anticipation : citons les traductions de H. P. Lovecraft signées David Camus (Mnémos) ou François Bon (Points) ; la reprise en main du 1984, d’Orwell, par Josée Kamoun (Gallimard, 2018).

Car toute traduction, synchrone à la langue d’une époque, se doit d’être, aux plans philologique et esthétique, périodiquement remise sur le métier, refondée. C’est à une semblable campagne que l’on assiste aujourd’hui pour l’univers des classiques anglo-saxons. Comme en témoignent les retraductions d’Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson et James Fenimore Cooper qui, chacune, se confrontent à un problème différent.
Poe, reconsidéré
Avec Poe (1809-1849), c’est évidemment au modèle-obstacle de son grand « passeur », Charles Baudelaire (1821-1867), que se...




                        

                        

