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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le Festival Lumière à Lyon rend hommage au cinéaste américain, qui s’est inscrit dans le sillage des grands maîtres du classicisme hollywoodien.
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Peter Bogdanovich : revenir sur ses pas ou périr

Le Festival Lumière à Lyon rend hommage au cinéaste américain, qui s’est inscrit dans le sillage des grands maîtres du classicisme hollywoodien.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 18h06
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Présent au festival Lumière à Lyon (jusqu’au 21 octobre), le réalisateur américain Peter Bogdanovich, prochainement octogénaire, n’a pu y honorer toutes ses obligations en raison d’une chute accidentelle qui a nécessité son hospitalisation. Cruelle ironie du destin, à l’heure où un hommage saluait une carrière elle-même très accidentée. Figure connue de l’Internationale cinéphilique, Peter Bogdanovich reste mal identifié par le grand public.
En France, une génération de spectateurs a sans doute le souvenir de La Dernière séance, ciné-club dédié au cinéma américain et animé par Eddy Mitchell sur France 3 de 1982 à 1998, sans nécessairement faire le lien avec Bogdanovich. Le titre de l’émission reprend pourtant une chanson d’Eddy Mitchell qui renvoie elle-même au titre d’un film signé par le réalisateur en 1971, The last picture show. Film, chanson et émission baignent ainsi dans la nostalgie d’un cinéma classique et populaire en voie de disparition.
Contrairement à ses contemporains du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola, De Palma…), Peter Bogdanovich, qui n’a pourtant que 30 ans en 1970, ne rêve pas de renverser la table
Cette mort du cinéma classique, ce sentiment de perte inéluctable, est la grande affaire de Peter Bogdanovich, qui n’a pourtant que 30 ans en 1970, mais qui contrairement à ses contemporains du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola, De Palma, Spielberg…), ne rêve pas de renverser la table. Deux générations se toisent ainsi sans se parler, à l’exception de Bogdanovich qui est le premier non seulement à rencontrer et à célébrer les grands maîtres du classicisme hollywoodien mais à s’inscrire dans leur sillage.
Le Festival Lumière ainsi qu’une forte actualité éditoriale, remettent au jour ce singulier personnage, dont la vie semble faire corps avec l’histoire du cinéma et dont la vocation existentielle aura consisté à célébrer par tous les moyens à sa disposition la grande époque de ce monde rêvé.
Une...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La suite de la série polyglotte belgo-dano-allemande revient, trois ans après la diffusion des premiers épisodes sur Arte.
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« The Team » : changement d’équipe en saison 2

La suite de la série polyglotte belgo-dano-allemande revient, trois ans après la diffusion des premiers épisodes sur Arte.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 14h00
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, jeudi 18 octobre à 20 h 55, série
On n’espérait plus la deuxième saison de la série The Team, trois ans après la première, proposée par Arte en 2015. Certes une fin « ouverte » y avait été ménagée mais la mort, peu après sa diffusion, de sa cocréatrice, Kathrine Windfeld, ne laissait guère augurer ce retour. La voici pourtant, à nouveau portée par un scénario épatant et une distribution exemplaire.
The Team s’inscrit dans une succession de séries policières multilingues et transfrontalières, situées (entièrement ou en partie) en pays nordiques : Bron (2011), de Hans Rosenfeldt, Meurtre au pied du volcan (2014), de Svein­björn I. Baldvinsson, Trapped (2015), de Baltasar Kormakur, Jour polaire (2016), de Mans Marlind et Björn Stein, etc.
Equipe commune d’enquête
La première saison mettait en scène une « équipe commune d’enquête » dans le cadre de la coopération policière d’Europol : une Belge (néerlandophone), une Allemande et un Danois. Les nationalités restent les mêmes en saison 2, mais les personnages changent – ainsi que l’objet de leur enquête. L’anglais sert d’idiome de liaison quand ils travaillent ensemble, et l’on entend parfois de l’arabe syrien et un peu de français.
Un soir, tout semble se passer au mieux dans une maison d’hôtes danoise qui accueille des migrants. Mais une attaque terroriste au fusil-mitrailleur et au couteau abat tous les occupants, à l’exception d’une jeune fille syrienne en fuite, chargée d’un précieux objet d’art qui est l’objet de la convoitise d’un groupe de trafiquants d’art islamique.
Une des thématiques de cette saison 2 rend compte de l’inquiétante apparition du néonazisme dans les pays nordiques
De multiples fils narratifs conduisent à la même source, mais l’une des thématiques de cette saison 2 rend compte de l’inquiétante apparition du néonazisme dans les pays nordiques, connus pourtant pour leur tradition ultradémocratique et apaisée. On se retrouve aussi assez fréquemment dans des quartiers populaires de la périphérie de Bruxelles qui ont fait parler d’eux à l’occasion d’attentats terroristes récents.
La géopolitique et la situation syrienne actuelles sont au centre du récit. Accompagnées souvent de musique sinueuse jouée au doudouk (instrument de la tradition arménienne devenu une sorte de cliché sonore de musique pour l’écran), ces scènes rappellent celles de séries aux thématiques connexes – Homeland, The Looming Tower et Le Bureau des légendes, série créée par Eric Rochant dont Canal+ lance la quatrième saison le 22 octobre.

        Lire la critique de la première saison :
         

          Trilinguisme en mode polar



Parmi les clichés – ou ingrédients indispensables, c’est selon –, on notera ceux-ci : désobéissance aux ordres hiérarchiques ; attirance érotique entre deux enquêteurs qui n’avaient a priori aucune raison de s’apprécier ; tiraillement des policiers entre leur implication professionnelle et leur vie de couple ou familiale.
On relèvera aussi quelques invraisemblances et raccourcis temporels, mais qui profitent au rythme du récit, étalé sur huit épisodes d’une heure. Cependant, si l’on ressent parfois une légère sensation d’étirement, non perçue lors de la saison 1, le scénario est redoutablement efficace, et l’on ne s’ennuie pas au fil des nombreux renversements de situation.
Dommage, cependant, que la saison 2 de The Team s’achève sur une « morale de l’histoire » un peu ronflante et convenue.
The Team (saison 2). Série de Mai Brostrom et Peter Thorsboe réalisée par Kasper Gaardsoe et Jannik Johansen. Avec Lynn Van Royen, Jürgen Vogel, Marie Bach Hansen, Fatima Adoum, Sarah Perles, Josephine Park, Anders Juul, Alireza Bayram, Manuel Rubey, Nora Waldstätten (Allemagne-Belgique-Danemark, 2018, 8 x 58min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le film de Stéphane Bentura retrace l’histoire du fils du conservateur nazi et de son inestimable trésor.
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« Les Marchands d’Hitler » : le sombre héritage de Cornelius Gurlitt

Le film de Stéphane Bentura retrace l’histoire du fils du conservateur nazi et de son inestimable trésor.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 13h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


France 3, jeudi 18 octobre à 0 h 40, documentaire
La scène inaugurale est paradoxale : dans un espace chrétien du cimetière de Düsseldorf, le 19 mai 2014, rares sont ceux qui assistent à l’inhumation de Cornelius Gurlitt. Un cousin, des avocats et autres hommes de loi. Pourtant, si le vieil homme, disparu à 80 ans, ne fréquentait personne, cloîtré depuis des années dans un appartement, il avait été brusquement placé en pleine lumière par le magazine Focus, qui avait révélé la perquisition opérée à son domicile en février 2012. A la suite d’un banal contrôle de la douane suisse, une enquête fiscale débouchait sur la mise au jour d’un trésor : la collection d’œuvres d’art réunie par son père pendant le IIIe Reich. Près de 1 500 pièces dont certaines signées Courbet, Picasso, Matisse, et aussi Klee, Munch, Dix…

        Lire le focus :
         

          Cornelius Gurlitt, l'homme du « trésor nazi », est mort



La disparition du fils du conservateur, galeriste et marchand d’art rallié au projet d’aryanisation de l’art, mit fin à la part juridique des investigations sur la constitution de ce trésor de guerre, mais la question de la spoliation des juifs de leurs biens et celle de la restitution des œuvres volées restent posées.
Musée idéal d’Hitler
A priori menacé par l’ascension des nazis – non seulement il se passionne pour l’art moderne tenu pour « dégénéré », mais il a une grand-mère juive, ce qui vaut à ce « métis juif de seconde catégorie » de perdre la direction du Kunstverein de Hambourg dès 1933 –, Hildebrand Gurlitt choisit de collaborer avec les nouveaux maîtres en assurant en 1938, avec trois autres galeristes, la vente des œuvres confisquées pour financer l’effort de guerre du Reich.
A partir du cas de Gurlitt, Stéphane Bentura démonte la logique à l’œuvre en Allemagne, puis élargie aux territoires soumis : le rôle de Drouot à Paris, dont la fréquentation ne faiblit pas sous l’Occupation, les prélèvements, dans les musées comme dans les collections privées, des œuvres destinées au musée idéal qu’Hitler envisage à Linz ou au bénéfice des galeristes à son service. On mesure au passage la facilité déconcertante avec laquelle Gurlitt trompe les Monuments Men qui l’interpellent en juin 1945 en Bavière et l’aplomb avec lequel il réclame – et obtient – la restitution des tableaux qu’il a volés au terme de deux ans de résidence surveillée. Glaçant.

        Lire le récit :
         

          La succession Gurlitt, un fatras d'œuvres qui reste à débrouiller



Les Marchands d’Hitler, de Stéphane Bentura (Fr., 2014, 60 min).



                            


                        

                        


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Le peintre Jacques Monory est mort

L’artiste français, un des plus singuliers du mouvement de la Figuration narrative, est mort à Paris le 17 octobre, à l’âge de 94 ans.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h35
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Il se définissait comme un « romantique égaré dans un monde sans romantisme ». Le peintre Jacques Monory, un des artistes les plus singuliers de la Figuration narrative, le mouvement initié par le critique Gérald Gassiot-Talabot dans les années 1960, est mort à Paris le 17 octobre, à l’âge de 94 ans. Né le 25 juin 1924 (on ne sait pourquoi, mais sa biographie officielle l’a longtemps rajeuni de dix ans) à Paris, il avait suivi les cours de l’école nationale supérieure des arts appliqués, puis travaillé aux éditions d’art Robert Delpire, spécialiste de la photographie. Monory le deviendra aussi, elle sera à la base de tous ses tableaux.
Il commence à peindre en 1952, des oeuvres abstraites : « Je m’y suis essayé, confiait-il au Monde en 2004, parce que dans les années 1950, si vous ne faisiez pas une peinture à tendance vaguement abstraite, ou surréaliste, vous étiez pris pour un débile mental. Le résultat a été monstrueux. J’avais fait une série de tableaux rougeâtres, très morbides, comme des peaux malades. J’ai tout détruit. » De fait, le catalogue de ses peintures établi par Jean-Christophe Bailly et édité par la galerie Maeght en 1979 fait état de plusieurs centaines de tableaux portant cette mention, « détruit ». Ce n’est que vers 1964 que certains commencent à trouver grâce à ses yeux.

Cette année-là, il participe à l’exposition d’été du Musée d’art moderne de la ville de Paris, intitulée par Gassiot-Talabot « Mythologies quotidiennes », qui marque les débuts de la Figuration narrative. Le mouvement réunit des personnalités diverses, mais qui ont en commun un fort engagement politique. Monory fait figure d’exception :
« J’ai fait peu de peintures politiques, confiait-il en 2004. Ce n’était pas ma nature. Il y en a qui sont vraiment dans la critique sociale. Mais moi, ce que je critique, s’il y a de la critique dans ce que je fais - oui, il y en a -, c’est la condition humaine, pas la société...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le producteur d’origine polonaise est l’un des instigateurs de l’exhumation de « The other side of the wind », film inachevé d’Orson Welles.
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Filip Jan Rymsza : « Comme un puzzle à reconstituer »

Le producteur d’origine polonaise est l’un des instigateurs de l’exhumation de « The other side of the wind », film inachevé d’Orson Welles.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 10h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Réalisateur et producteur d’origine polonaise, installé depuis les années 1980 aux Etats-Unis, Filip Jan Rymsza peut se targuer, à 40 ans, d’avoir contribué à exhumer The Other Side of the Wind, d’Orson Welles. Une sorte d’exploit.
Comment êtes-vous arrivé sur cette affaire dormante ?
Un peu par hasard. Je ne vouais pas un culte particulier à Welles. J’ai appris que ce film existait, je m’y suis intéressé, et plus je progressais dans ma connaissance du dossier, plus le challenge devenait intéressant. C’était comme un puzzle à reconstituer.
Vous avez réussi, avec Frank Marshall, là où d’autres, depuis la mort d’Orson Welles en 1985, avaient échoué avant vous. Comment l’expliquez-vous ?
Ça nous a pris quand même dix ans… Une tentative menée par Peter Bogdanovich et Frank Marshall avait déjà eu lieu pour le compte de la chaîne Showtime. Mais le dossier était très complexe, il y avait de fortes inimitiés, beaucoup de névroses et un grand nombre de gens qui réclamaient, parfois à raison, parfois à tort, des droits sur l’œuvre. Quand nous avons décidé de reprendre les choses avec Frank Marshall, nous avons procédé méthodiquement. Nous sommes allés parler aux ayants droit. Nous avons joué la neutralité technique, et la mise en avant de la réussite du projet, qui tenait finalement à cœur à tout le monde. Oja Kodar, la compagne de Welles, Beatrice Welles, sa fille, et Françoise Widhoff, des Films de l’Astrophore, nous ont finalement donné le feu vert.

        Lire aussi le reportage :
         

          « The Other Side of the Wind », le baiser de la mort d’Orson Welles



Quelles ont été les sources et la méthodologie qui vous ont permis de monter ce film à titre posthume ?
Welles avait laissé une copie de travail d’une quarantaine de minutes et beaucoup de notes, très précises, faisant état de ses intentions, ainsi qu’une douzaine de scénarios successifs. Cela a constitué notre feuille de route, et nous pensons que ce film, paradoxalement, est peut-être plus wellesien que certains autres signés de lui, mais remontés contre son gré. Nous nous sommes efforcés de respecter l’idée de Truffaut selon laquelle Welles filmait comme un mégalomaniaque, mais montait comme un censeur. Nous avons beaucoup élagué.
Deux thèses s’opposent sur les films inachevés de Welles. L’une lui attribue une responsabilité dans cet inachèvement. L’autre le prend au mot et le considère comme une pure victime des circonstances. Laquelle embrassez-vous ?
Plutôt la seconde. Welles, de par sa nature, son intransigeance, a toujours créé dans un réel climat d’adversité. Il a incontestablement voulu, jusqu’en 1982, finir ce film. Il a bataillé pour récupérer les négatifs.
L’épilogue de cette malédiction a lieu en France, où ce film, qui ne prend sa dimension que sur grand écran, ne trouvera pas le chemin des salles. Comment comprenez-vous cette situation ?
Je pense que ce qu’il faut rappeler ici, c’est que ce film n’aurait jamais existé sans Netflix, qui nous a laissé carte blanche. J’avais pensé, une fois levée l’hypothèque des droits, que les Studios hollywoodiens s’intéresseraient au projet. Ils n’ont pas bougé. Ils voulaient voir le film fini. Mais nous avions précisément besoin d’argent pour le finir. Ce n’est donc pas du monde du cinéma qu’est venue la rédemption… L’absence de sortie du film en France est une petite dette à payer en regard du fait que ce film existe enfin. Je pense, pour en avoir discuté au CNC, qu’une exception aurait pu être faite pour ce film par les exploitants…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Dans la pièce « Rencontre avec Pierre Pica », Emilie Rousset fait dialoguer une novice curieuse et un chercheur original.
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Théâtre : une rencontre érudite et drôle

Dans la pièce « Rencontre avec Pierre Pica », Emilie Rousset fait dialoguer une novice curieuse et un chercheur original.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 09h21
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

C’est une des découvertes à faire dans le Festival d’automne : la jeune femme s’appelle Emilie Rousset, elle est metteuse en scène-auteure, et elle travaille à la croisée du théâtre, du cinéma et des arts plastiques, mais aussi à la charnière de l’archive, du documentaire et de la fiction. C’est d’ailleurs dans des lieux consacrés à l’art contemporain – Grand Palais, Centre Pompidou, MAC VAL… – qu’elle a créé ses premiers « spectacles », plus proches de la performance que du théâtre traditionnel.

Rencontre avec Pierre Pica, la première des deux pièces qu’elle présente au Théâtre de la Cité internationale (TCI), à Paris, est d’ailleurs issue de ces performances jouées dans les musées et regroupées sous le titre Les Spécialistes. Pierre Pica est linguiste, il a été l’élève et le collaborateur de Noam Chomsky, le penseur américain fondateur de la linguistique générative. Et puis un jour, un peu par hasard, Pierre Pica a commencé à s’intéresser aux Munduruku, un groupe indigène habitant la forêt amazonienne.
En tant que linguiste, le chercheur a été intrigué par la manière qu’ont les Munduruku de nommer et de compter – autrement dit de se saisir du monde –, radicalement différente de la nôtre. Leur système de comptage est approximatif, ils ne vont pas au-delà des chiffres trois ou quatre, et ils nomment les éléments qui peuplent l’univers selon des analogies et des regroupements très étranges pour nos habitudes occidentales. Un bras et une banane, par exemple, font partie de la même famille, en raison de la forme allongée qu’ils partagent.
Un voyage humoristique drôle et vertigineux dans les systèmes de représentation du monde
Ce qu’Emilie Rousset met en scène, c’est sa rencontre avec ce savant qui, comme beaucoup d’autres, est aussi érudit qu’original. Et cette rencontre est traitée comme un matériau théâtral à part entière, dans une forme qui emboîte et interroge le théâtre lui-même, l’oralité, et le langage. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Après avoir chanté à Tours, la mezzo américaine sera le 24 octobre au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris.
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Par  Marie-Aude Roux   Publié aujourd’hui à 09h03, mis à jour à 10h25   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  La mezzo américaine  Vivica Genaux. CONCERTS D'AUTOMNE             Il aura suffi d’une visite présidentielle à la Villa Viardot de Bougival, dans les Yvelines, le 15 septembre, et du coup de projecteur du premier Loto du patrimoine organisé par Stéphane Bern pour que le nom de Pauline Viardot (1821-1910), cantatrice française d’origine espagnole et petite sœur de la non moins fameuse Maria Malibran, dépasse le seul cercle des historiens et ­mélomanes.           Lire aussi le focus : La villa Viardot reçoit le premier chèque du Loto du patrimoine             Sauvée donc, la maison, une folie de style Directoire construite sur un terrain de 12 hectares comprenant également la datcha d’Ivan Tourgueniev, où se bouscula dès 1875 l’intelligentsia européenne – musiciens, peintres, écrivains, mais aussi intellectuels et hommes de sciences –, le tout à quelques encablures de la maison en bord de Seine où Bizet devait terminer Carmen avant d’y mourir quelques mois plus tard.          C’est donc à cette femme exceptionnelle, également pianiste (elle fut l’élève de Liszt) et compositrice, que la mezzo-soprano Vivica ­Genaux, a consacré Chère Pauline, le concert-spectacle qui terminait le premier week-end du festival tourangeau Concerts d’automne, qui se tiendra jusqu’au 28 octobre. La première édition de ce festival, fondé il y a trois saisons par le musicologue italien ­Alessandro di Profio et portée sur les fonts baptismaux par Natalie Dessay, avait déjà accueilli la chanteuse américaine dans un programme Vivaldi. Cette fois, c’est un florilège de quatorze des quelque 200 mélodies écrites par Pauline Viardot sur des textes français, espagnol, italien, anglais, allemand et russe (six langues qu’elle parlait), mâtiné d’un zeste de Gluck et de Rossini.          Son art de la colorature          Un piano à jardin, quelques portraits, un écran à cour, où seront projetés photos, paysages et documents d’époque, rythment un parcours chronologique entrecoupé de textes enregistrés relatant, par lettres et commentaires, les grandes étapes de la vie de la musicienne. Mais la mise en espace de Paco Azorin frise l’amateurisme, quand elle ne s’entache pas d’approximations voire d’erreurs. Ainsi George Sand (qui s’inspira de la biographie de ­Pauline Viardot pour Consuelo) représentée sous les traits de­ ­Colette, ingénue libertine à ­cheveux courts, en costume masculin et cigarette.           La mise en espace de Paco Azorin frise l’amateurisme, quand elle ne s’entache pas d’approximations voire d’erreurs                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Danse : les jardins imaginaires de Claire Croizé

Inspirée par Rilke, la chorégraphe met en scène, dans « Evol » , un quatuor de danseurs sur des tubes de David Bowie.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 08h41
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h39
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Soudain, la nuit tombe sur le plateau du Théâtre de la Bastille, à Paris. Les ombres des quatre danseurs disparaissent dans les coulisses. Les gestes accrochent l’air pour retenir le temps, puis s’effilochent. La forêt prend possession de l’espace avec ses hululements nocturnes. Un mystère se faufile sur scène. Est-ce la fin d’Evol, quatuor chorégraphié par Claire Croizé ? Non, tout recommence ensuite dans une volte-face dorée, exotique à souhait, comme si les interprètes s’étaient transformés en oiseaux des îles.
Ce double visage d’un spectacle qui progresse en permanence le long d’une gamme de lumières changeantes joue sur un vêtement réversible. Il est d’abord tendance peau de bête, discrètement rebrodée de paillettes, puis total lamé comme une doublure qui ne se révèle que dans le noir. Confort et protection d’un côté, élégance diaprée de l’autre pour des bascules d’atmosphère soufflées par une danse qui se cherche avec intensité. Jaune d’or, rouge feu, argent lunaire, les balayages lumineux de Jan ­Maertens, d’une beauté esthétique très picturale, sont pour beaucoup dans l’emprise d’Evol, ses miroitements d’humeurs, ses fulgurances imprévisibles, ses sensations fugaces.
Une ronde de gestes
Cette pièce climatique, cernée de plantes vertes, plonge dans la serre d’un jardin imaginaire. Elle libère quatre interprètes très différents les uns des autres tant par le format physique que dans l’énergie qu’ils balancent. Sécheresse nerveuse, tension rageuse, dynamisme souple, générosité tranquille, ils rayonnent chacun à sa façon, ne se font aucune ombre tant ils tracent leur périmètre sans crainte ni revendication. Leur liberté n’entrave pas celle des autres, au contraire, elle leur fait écho. Parfois, ils se rejoignent, se branchent sur la même pompe douce pour faire monter et descendre une ronde de gestes.
La pièce libère quatre interprètes très différents les uns des autres tant par le format physique que dans l’énergie...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.
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Beau livre. Dans Paris envoûté les occultistes rient

De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h41
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            
Paris occulte. Alchimistes de l’ombre, spirites inspirés, mages sulfureux, traqueurs de fantômes et astrologues visionnaires, de Bertrand Matot, Parigramme, 128 p., 19,90 €.

Paris, 1857. Un célèbre médium écossais, Daniel Dunglas Home, est de retour en Europe après s’être fait connaître aux Etats-Unis. L’impératrice Eugénie demande immédiatement à le rencontrer. Un soir d’hiver, il se rend au palais des Tuileries. Reçu dans les appartements privés par Napoléon III, son épouse et quelques intimes, il impose le silence. Soudain, « d’énormes meubles que six hommes ne soulevaient qu’avec peine pour ôter les tapis, au printemps, commencèrent à s’agiter », rapporte la princesse de Metternich. Les chaises, les fauteuils volent. Les cristaux des lustres carillonnent, le piano se met à jouer tout seul, puis une main apparaît sur une table. « C’est la main de mon père ! », s’exclame Eugénie. L’empereur la touche à son tour et la lâche vivement : « Dieu, que c’est froid ! »
On peine à le croire aujourd’hui, mais l’Occident (dont la France et particulièrement sa capitale) fut saisi, dès le milieu du XIXe siècle, d’une fascination pour les sciences occultes. A l’époque, « il n’est quasiment plus un salon de la bonne société parisienne où l’on ne se préoccupe pas de faire danser les tables pour communiquer avec les morts », affirme Bertrand Matot, documentaliste, dans son bel album Paris occulte.
Le Congrès spirite international
La guerre de 1914 amplifie la vogue occultiste. Cette fois-ci, c’est « Madame Fraya » qui est appelée au ministère de la guerre. L’ennemi n’entrera pas dans ­Paris, promet-elle. L’avenir lui donne raison. Durant ces années, « la presse identifie les Allemands au diable, spirites et voyantes rivalisent de prédictions patriotiques et, quand les morts sont enterrés, mères, épouses et sœurs cherchent encore à communiquer avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ François-Xavier Fauvelle dirige « L’Afrique ancienne », une ample histoire du continent qui met au jour sa place singulière dans celle du monde.
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Nouvelles de la vieille Afrique  François-Xavier Fauvelle dirige « L’Afrique ancienne », une ample histoire du continent qui met au jour sa place singulière dans celle du monde.        Par  Joan Tilouine   Publié aujourd’hui à 07h30, mis à jour à 10h41   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés         L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20 000 avant notre ère-XVIIe siècle, sous la direction de François-Xavier Fauvelle, Belin, « Mondes anciens », 680 p., 49 €.                       Art pariétal, grotte de Tadrart à Acacus, en Libye. Plusieurs ­périodes y sont ­présentes, datées de 12 000 av. J.-C. à 100. AISA / LEEMAGE             Ecrire l’histoire de l’Afrique consiste, aujourd’hui encore, à déconstruire des clichés. Le principal, toujours vivace, veut que ce continent soit dépourvu de traces écrites suffisantes pour étayer un travail scientifique – voire même d’écriture. Vision cristallisée dans le discours de Dakar, en 2007, du président Nicolas Sarkozy selon lequel « l’homme africain n’[était] pas assez entré dans l’histoire », à laquelle répondent, symétriquement, des instrumentalisations à des fins identitaires, le plus souvent pour consolider des théories « afrocentristes ».          Mais, alors que les historiens se sont longtemps focalisés sur la présence européenne, que ce soit, naguère, pour servir la cause coloniale, ou pour porter un regard critique, parfois empreint de tiers-mondisme, l’histoire rigoureuse des sociétés africaines est peu à peu devenue une discipline à part entière en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique. Avec ses maîtres, comme François-Xavier Fauvelle, qui rappelle dans le prologue de L’Afrique ancienne, livre magistral et unique, fruit de trois ans de travail collectif avec la vingtaine de chercheurs qu’il a réunis, que « se laisser surprendre par l’histoire de l’Afrique, c’est accepter d’être nouvellement éclairé sur le monde ».          Vestiges de cités millénaires enfouies          Cet historien français, directeur de recherche au CNRS, est aussi archéologue. Car l’histoire ne suffit pas pour exhumer des sources matérielles rares et des vestiges de cités millénaires enfouies. Comme la ville éthiopienne d’Ifat, capitale du sultanat qui porte son nom, principale formation politique islamique de l’Ethiopie du XVe siècle, qu’il a découverte avec le spécialiste de l’Ethiopie médiévale Bertrand Hirsch. Ce dernier est un des contributeurs de L’Afrique ancienne, dans lequel il consacre un chapitre aux « écritures de l’histoire en Afrique » centré sur les deux grands pôles linguistiques de la littérature historique : le pôle éthiopien, avec la langue guèze, et le pôle arabe, langue utilisée par les savants et les membres de l’élite musulmane des royaumes sahéliens et des pourtours du lac Tchad.           Lire aussi Essai. L’Afrique bouscule l’universel                                              — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Figures libres. Tout va s’écrouler ? Même pas peur !

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Une autre fin du monde est possible », de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, Seuil, « Anthropocène », 332 p., 19 €.

Effondrement est le titre français du livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond (Gallimard, 2006). Cet essai marquant étudie la manière dont meurent les civilisations. Au cœur de ses préoccupations : le risque d’une fin prochaine du monde industriel planétaire. Depuis, cette possibilité d’implosion est devenue, pour certains, la certitude d’une apocalypse proche. L’agonie serait donc entamée, la fin inévitable, et le trépas à nos portes. Il est inutile même de sonner le tocsin : la fin du monde serait si évidente que la vraie question n’est plus d’y échapper. L’essentiel serait de faire bonnefigure.
L’explosion étant inéluctable, les efforts pour l’éviter dérisoires et vains, nous voilà dispensés des crispations, libérés des combats, disponibles pour traverser sereinement le temps qui reste. Deux ingénieurs agronomes, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, et un « écoconseiller », Raphaël Stevens, experts en « collapsologie », vont encore plus loin. Auteurs de Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015), très lu et qui continue de l’être, les trois experts-compères explorent maintenant un registre nouveau, baptisé « collapsosophie ».
Arguments très curieux et très discutables
Cette sagesse pour monde au bord du gouffre consiste, grosso modo, à tenir ce discours : conscients que nous n’échapperons pas au pire, que quantité d’horreurs et de convulsions s’abattront bientôt sur la planète, cultivons en nous la compassion, l’altruisme, la présence au monde et la spiritualité… Arguments employés et conseils prodigués sont à la fois très curieux et très discutables, parfois touchants, parfois irritants. En fait, la réaction de chaque lecteur dépendra de sa place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans l’intense « Ne m’appelle pas Capitaine », l’écrivain représente le gouffre qui sépare les riches des pauvres à Port-au-Prince.
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Lyonel Trouillot ouvre une brèche dans l’avenir ruiné d’Haïti

Dans l’intense « Ne m’appelle pas Capitaine », l’écrivain représente le gouffre qui sépare les riches des pauvres à Port-au-Prince.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Ne m’appelle pas Capitaine, de Lyonel Trouillot, Actes Sud, 160 p., 17,50 €.

Avec son titre aux allures de rengaine, mais une rengaine dont la première note serait un « ne » à dénouer, Ne m’appelle pas Capitaine, le nouveau roman de ­Lyonel Trouillot, est une merveilleuse fable pour demain autant qu’un roman ancré dans la réalité contemporaine de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Il s’agit certes de raconter le gouffre qui sépare les déshérités des très riches Haïtiens vivant barricadés dans un entre-soi mortifère, mais il s’agit surtout de retrouver une continuité : de retrouver la capacité à s’emparer de l’avenir des deux mains – ces mains qui peuvent caresser, tuer, jouer, manipuler, mais aussi bien écrire ou dessiner.
« Nous sommes ce que vivent nos mains », affirme d’ailleurs le Capitaine qui donne au livre son titre, à la fin d’un récit tissant discrètement ce leitmotiv dès sa première phrase : « A chaque séance, j’appréhendais ce moment où l’homme devenait une défaite, ses mains usées sabrant le vide, la violence des mots redonnant pourtant un semblant de force à la voix. » Les mains autant que la voix de Capitaine subjuguent Aude, la jeune narratrice issue des beaux quartiers, lorsqu’elle surprend l’ancien professeur d’arts martiaux s’adressant au fantôme d’une femme qui l’a doublement trahi, des années plus tôt : en le quittant brusquement après l’avoir entraîné contre son gré au-delà de la limite posée à leur engagement politique, le meurtre.
La vie d’avant le désastre
Aude détonne, dans le quartier du Morne Dédé qui fut celui des opposants à l’heure de la dictature et qui en paye lourdement le prix au point de n’être plus populaire mais miséreux – un quartier dont elle ignorait jusqu’au nom avant de s’y rendre pour y réaliser son tout premier reportage. Capitaine en est l’une des mémoires vivantes, capable de restituer la vie d’avant le désastre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Claro embarque sur l’instable « Epopée » de Marie Cosnay.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Le feuilleton. Un héron traverse le ciel

Claro embarque sur l’instable « Epopée » de Marie Cosnay.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Epopée, de Marie Cosnay, L’Ogre, 336 p., 21 €.

Autant le flou et l’imprécis peuvent être agaçants dans une narration, le premier ne servant qu’à brouiller les eaux pour les faire paraître profondes, le second ne visant souvent qu’à dissimuler l’inanité du propos, autant l’instable et l’indécidable peuvent se révéler de puissants et prolifiques moteurs. Mais une chose est sûre : rien de pire qu’un auteur ou une auteure qui cherche à inoculer du poétique dans du récit. On l’imagine arc-bouté sur son pensum, une seringue à la main, ou dispensant des gouttes de mercure sur la vitre pas très nette de sa page – pourvu que ça irise, se dit-il, tandis que tout dégouline à la lecture.
Rares sont les auteurs capables d’affronter la vérité sismique d’un texte sans barbouiller de fausses fissures ici et là. Chorégraphier l’instable : travail de précision. Car tout est fragile dès qu’on s’empare du chaos du monde. Les personnages, les dialogues, les revirements, même les ellipses. Comment embringuer le lecteur dans le clair-obscur d’un réel en perpétuelle déliquescence ? Comment faire des nœuds sans que tout s’emmêle ? Quelles béances pratiquer sans causer d’irréparables bascules ? Tout ça peut sembler abstrait, mais c’est en réalité on ne peut plus concret. L’écrivain travaille les masses, les volumes, il dose les vitesses, les intensités, approfondit les nuances, truque les reliefs.
Chorégraphier l’instable : c’est précisément que ce fait Marie Cosnay dans son roman intitulé Epopée. Chez elle, quand ça tremble, ce n’est pas du chiqué. Très vite, on a le vertige, puis ce vertige devient un véhicule, on est embarqué, ça secoue, et même quand on a l’impression d’avancer dans la brume, force est de constater que ladite brume a été ciselée dans du cristal. Une épopée ? Rompue par sa pratique de traductrice aux stratégies du chant – on n’a pas oublié sa magnifique version des Métamorphoses,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.
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Trans|Poésie. Forcing

Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            Didier Cahen








                        



   


Mes poignets sont rivés à mes bras
Cadenassés aux épaules
Vissées à ma nuque
§
Le coup de pied dans la porte ouverte
Va venir, le coup de pied dans
La porte ouverte va partir
§
Il y a peut-être un passage dans le mur
Il y a peut-être un chemin
De l’au-delà vers l’ici
Comment articuler l’écriture poétique et la danse post­moderne ? Maryvonne Coat (née en 1967) répond en chorégraphe ; elle sait chasser les mots pour suivre les mouvements disloqués des corps enchevêtrés et rendre lisible le pas risqué dans les arcanes du vide.
Animatrice d’ateliers de poésie à la Fondation José Hierro, à Madrid, rédactrice en chef du magazine Minerva au Circulo de Bellas Artes, Esther Ramon (née en 1970) est d’abord l’auteure de neuf livres importants qui attendent leur traduction en français. Appel lancé aux éditeurs…
Très bel ensemble du poète chilien Luis Mizon (né en 1942) en ouverture de la revue Nunc. Ce 45e numéro rend, par ailleurs, justice à « l’étincelle créatrice » d’Adonis (né en Syrie en 1930), avec un fort dossier consacré à cet immense poète, têtu comme un prophète laïc !

        Lire aussi :
         

                Trans|Poésie. Solo



Les Carnets du chorégraphe, de Maryvone Coat, Isabelle Sauvage, 62 p., 13 €.
Dynamite, d’Esther Ramon, dans le dossier « Poésie de langues d’Espagne », Place de la Sorbonne. Revue internationale de poésie de Sorbonne Université, n° 8, PUPS, 336 p., 20 €.
L’Entrepôt de l’instant (extrait), de Luis Mizon, dans NUNC, n° 45, Corlevour, 128 p., 22 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Avec « Helena », Jérémy Fel signe un lent thriller rythmé de scènes tranchantes. Hypnotique et effrayant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Jérémy Fel horrifie le Kansas

Avec « Helena », Jérémy Fel signe un lent thriller rythmé de scènes tranchantes. Hypnotique et effrayant.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Helena, de Jérémy Fel, Rivages, 800 p., 23 €.

Un meurtre ou une disparition, au Kansas, font l’effet d’une bouée perdue dans l’océan, d’une mouche dans une assiette de lait. L’immensité « désespérément plate et terne des champs et des plaines à perte de vue » de ce silo de l’Amérique les noie dans le même temps qu’elle les surexpose. Ainsi en va-t-il avec Hayley, prometteuse jeune golfeuse en route pour un tournoi et soudain volatilisée, l’un des cinq principaux personnages d’Helena, de Jérémy Fel, thriller à l’inexorable lenteur, à l’effrayante planitude, où la violence, tout en coups de sang et soudaines envolées, se renforce d’être perdue dans ce désert de blé, égarée au cœur de cette uniforme steppe de maïs, qu’elle hérisse comme des arbres foudroyés ou des calvaires oubliés.
Qu’est-il arrivé à Hayley ? Elle a simplement accepté, en toute innocence, l’hospitalité du diable. Suite à une panne automobile, la voilà gîtant pour une nuit au cœur de nulle part, dans la fermette de Norma, sanctuaire du mal où opérèrent par le passé le sombre Jesse, lynché par la foule, puis le parenticide Daryl Greer, héros des Loups à leur porte (Rivages, 2016), premier roman de Jérémy Fel où déjà certaine scène (un dîner familial tournant au massacre méthodique) signalait un conteur retors. Hayley va s’y trouver prise en étau entre la folie homicide de Tommy, cadet de la famille, et Norma, sa mère, superbe création romanesque, mater familias solitaire et énergique qui, marquée par la duplicité perverse de son second mari, doit juguler les errances de Tommy, dont elle ignore les équipées meurtrières, projetant toute son espérance sur Cindy, sa fille, qu’elle façonne pour en faire une petite reine de beauté provinciale.
Ecriture transparente
Violée par Tommy, qui fugue à la suite de son forfait, séquestrée, enchaînée, dans la cave, par une mère qui redoute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Romans, récit, BD, noir… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 octobre 2018.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La rentrée littéraire en bref

Romans, récit, BD, noir… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 octobre 2018.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 09h07
    |

                            Macha Séry, 
Frédéric Potet, 
                                Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Zoé Courtois (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Eglal Errera (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
Raphaëlle Leyris, 
                                Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres ») et 
                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            Roman. Entre deux feux
Les Mille et une nuits de Krushnik (Mayses fun toyznt eyn nakht), de Sholem Aleikhem, traduit du yiddish par Nadia Déhan-Rotschild et Evelyne Grumberg, L’Antilope, 154 p., 17 €.
La première guerre mondiale poussa l’écrivain russe de langue yiddish Sholem Aleikhem (1859-1916) à émigrer à New York. De sa traversée, en novembre 1914, il rapporta le témoignage de Yankel, un habitant juif de Krushnik, petite bourgade de Pologne qui venait d’être le théâtre de sanglants affrontements entre les armées russe et austro-hongroise. Rédigé dans l’urgence, ce récit décrit avec un humour noir les conséquences directes du conflit sur la population juive. Honnie par les Polonais non juifs, elle est tour à tour suspectée d’intelligence avec l’ennemi par les Allemands et par les Russes, qui se disputent la ville. Humiliations, condamnations à mort, pogroms… Dans la lignée des contes yiddish, cette chronique de la guerre offre une peinture à la Brueghel du monde ashkénaze d’avant la Shoah, promis à la destruction, mais refusant de s’y résoudre. Ar. S.
Roman. Un autre mythe grec
La Grande Idée, d’Anton Beraber, Gallimard, 576 p., 22 €.
« Mon histoire – vous le savez, je crois – blessera les coutumiers de l’exact. » Pourquoi, malgré cet aveu d’affabulation, le narrateur de La Grande Idée n’interrompt-il pas ce soldat qu’il interroge sur Saul Kaloyannis ? Pourquoi ne pas aller chercher ailleurs la vérité sur ce dernier ? C’est sans doute que le narrateur, un jeune universitaire, a depuis longtemps renoncé à rendre compte de l’histoire de manière académique. Quand on veut bâtir un roman national du côté de la mer Egée, il s’agit d’exalter les grands mythes. D’évoquer, au lieu des héros de guerre, ceux qu’on peignait sur les céramiques et que les aèdes chantaient. La Grande Idée, sur les traces de la guerre gréco-turque de 1919-1922, ne fait pas exception....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’écrivain, ancien premier ministre de la République du Congo et ambassadeur à Paris, livre ses souvenirs dans « Il est déjà demain ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Henri Lopes, SIF (sans identité fixe)

L’écrivain, ancien premier ministre de la République du Congo et ambassadeur à Paris, livre ses souvenirs dans « Il est déjà demain ».



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 11h25
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il est déjà demain, d’Henri Lopes, JC Lattès, 350 p., 22,90 €.

Il est déjà demain sera son dernier livre. Henri Lopes l’annonce avec un grand sourire et une voix caverneuse. La marque d’un « épisode de santé », ­confie-t-il sans s’attarder. Et pourtant, cette voix, qui supplante le brouhaha d’un café de Saint-Germain-des-Prés, à ­Paris, charrie la sémillance d’un homme né en 1937, à Léopoldville au Congo belge, aujourd’hui Kinshasa en RDC, qui a vécu mille vies. Rien d’étonnant à cela. L’auteur a fait du renversement de situation un art de vivre et d’écrire. La capacité à voir le bon et le mauvais côté des choses. L’envers et l’endroit d’une époque. Il résume cette caractéristique dans un oxymore : le ­ « pleurer-rire ».
Elevé sur la rive opposée du fleuve Congo, d’où est originaire sa mère, il a été enseignant, premier ministre de la République du Congo (1973-1975), fonctionnaire international, ambassadeur (en France, de 1998 à 2015). Mais si c’était à refaire, il s’arrangerait pour n’être qu’écrivain. Car c’est là, dit-il, qu’il s’accomplit le mieux. Des Tribaliques (Clé, 1971) au Chercheur d’Afriques (Seuil, 1990), en passant par Le Pleurer-rire (Présence africaine, 1982), son œuvre suit des personnages en quête d’identité et sonde le destin des pays africains après l’indépendance. Parce qu’elles traitent du métissage, de l’engagement politique et de la corruption du pouvoir, on a souvent lu ces fictions comme autobiographiques. Mais il n’avait, jusqu’à aujourd’hui, écrit qu’un essai abordant directement ses origines, Ma grand-mère bantoue et nos ancêtres les Gaulois (Gallimard, 2003).

« Je me sens 100 % africain et 100 % français »
Congolais de « sang-mêlé », doté d’un patronyme aux consonances portugaises, l’écrivain a très tôt inventé des mots pour répondre aux remarques sur ses « origines douteuses »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La chronique de Franck Thilliez, à propos d’« Ecorces vives », d’Alexandre Lenot.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Le coin du crime. Vallées et cœurs perdus du Cantal

La chronique de Franck Thilliez, à propos d’« Ecorces vives », d’Alexandre Lenot.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h15
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                            Franck Thilliez (Ecrivain)








                        



                                


                            
Ecorces vives, d’Alexandre Lenot, Actes Sud, « Actes noirs », 208 p., 18,50 €.

On pourrait se croire en terre étrangère. Aux portes d’une réserve indienne du Wisconsin, là où le vent glacé fait baisser les yeux, non loin du territoire des loups. C’est pourtant le Cantal, terre de taiseux, de besogneux, de mains noueuses et de dos qui grincent. Les jeunes la fuient, les vieux s’y entassent et y crèvent, avec leurs chiens aveugles et leurs rancunes poussiéreuses. Puis il y a ceux qui s’y réfugient, ces âmes broyées par un passé trop dur, qui savent que leur place est là, au milieu de rien. Mais ce rien, c’est l’origine du monde, la nature brute, les bêtes, la rupture avec une humanité qui s’anéantit elle-même.
L’hiver règne
Parmi ces exilés, il y a Eli, qui incendie la ferme où il aurait dû voir ses enfants grandir. Louise, arrachée à la capitale et à ses échecs par un désir de fuite. Et Laurentin, gendarme boitillant qui, au sortir d’un mariage raté, a préféré le silence imposant des forêts à l’ivresse des bars. A travers ce récit mené à plusieurs voix, Alexandre Lenot immerge son lecteur dans l’univers rude des hautes vallées centrales, ces étendues piégées entre forêts et montagnes, où l’hiver règne tant dehors que dans l’esprit des habitants. Depuis l’aube des temps, les êtres vivants luttent et tuent pour préserver leurs territoires. Nous sommes tous l’étranger de quelqu’un, et peut-être davantage encore dans ces espaces où l’on naît et où l’on meurt. Aussi, tout ce qui peut perturber l’ordre naturel des choses se révèle hostile et représente un danger.
Dès lors, une tension souterraine se met à vibrer, les mots se font plus âpres, le propos plus cru. Aux haines ancestrales, gravées dans l’ADN de chacun, s’ajoutent les maux du monde contemporain : l’alcool, l’ennui, l’industrie qui empuantit les sols et les corps. Cette accumulation de tensions, de non-dits, de colère trop longtemps...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le dessinateur Clément Oubrerie et des scénaristes anonymes proches des armées livrent, le 24 octobre, un premier opus sur la cyberguerre française.
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« Cyberfatale », quand l’état-major inspire la bande dessinée

Le dessinateur Clément Oubrerie et des scénaristes anonymes proches des armées livrent, le 24 octobre, un premier opus sur la cyberguerre française.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 07h11
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            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

L’image virale du président Flandres en slip léopard inonde la Toile. Il est 5 heures, l’alerte vire au rouge et l’experte juridique de l’état-major file au Balargone, comme on surnomme le siège des armées françaises, situé près du métro Balard, à Paris. L’aventure de Cyberfatale peut commencer. Dans son cyber-QG, l’amiral Arnaud Duperré prend les choses en main de méchante humeur, sous la pression de l’Elysée et du ministre Jean-Pierre Morbihan. « Nous avons monté de faux comptes Twitter pour chasser les djihadistes, créé des avatars pour les harceler, et vous n’êtes même pas capables de faire la veille H24 ? » Doublé de Madame O., sa conseillère corse blonde et maligne, le chef éructe, rougit, ordonne et… nous fait rire.
Dessins de Clément Oubrerie (Aya de Yopougon, Pablo, Voltaire amoureux…), scénario des Cépanou, un collectif secret joliment nommé, la bande dessinée Cyberfatale est puisée aux meilleures sources militaires. Présenté en avant-première par les éditions Rue de Sèvres, au festival Quai des bulles de Saint-Malo, l’ouvrage est dévoilé le 18 octobre et sortira le 24.
Le premier opus est sous-titré Si ça sort, on est morts. L’expression familière du sérail résume à elle seule l’acrobatique et réjouissante entreprise de cette BD, entre sérieux et drôlerie. Autour de « la source », un expert en poste dans la cyberdéfense qui a pensé l’idée originale, les scénaristes tapent juste. Et si aucun secret n’est compromis, le livre suscitera sûrement quelques jeux de piste internes.
« Un regard étonné sur ce monde »
Pour sa part, Clément Oubrerie a trouvé « spectaculaire » la vision des centaines d’uniformes croisés au Balargone. « J’apporte un regard étonné sur ce monde », dit-il. Il promet qu’il n’a aucune envie de voler dans un avion de chasse après avoir dessiné un Rafale sous tous les angles. Si l’ouvrage peut évoquer la saga...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Ondine Spragg, en quête d’élévation sociale, jette un mari pour en prendre un autre. « Les Beaux Mariages », roman spirituel et acéré de l’écrivaine américaine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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L’ambitieuse insatisfaite d’Edith Wharton

Ondine Spragg, en quête d’élévation sociale, jette un mari pour en prendre un autre. « Les Beaux Mariages », roman spirituel et acéré de l’écrivaine américaine.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h00
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                            Florence Noiville








                        



                                


                            
Les Beaux Mariages, d’Edith Wharton (The Custom of the Country), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Suzanne Mayoux, Les Belles Lettres, 576 p., 15 €.

Un cliché de 1889. Voici Edith Wharton en robe à jabot de dentelle, manches gigot et chapeau emplumé. Sur ses genoux, deux chinchillas fixent l’objectif d’un air peu commode. Elle aurait pu n’être que ça, Edith Wharton (1862-1937). Une élégante à toutou et corset. Une épouse de banquier ayant passé sa vie entre New York, la Nouvelle-Angleterre, Paris, Londres, la Côte d’Azur et sa chère Italie… Mais elle avait la langue bien pendue, la plume prodigieusement facile – et, surtout, dans le regard qu’elle posait sur ses contemporains, une férocité n’ayant rien à envier à celle de ses chiens. Admirée, jalousée – y compris de son grand ami et confident Henry James –, l’auteure de Chez les heureux du monde (Plon, 1908) fut la première femme à recevoir le prix Pulitzer, en 1921, pour Le Temps de l’innocence (Plon, 1921).
Pour qui ne l’aurait jamais lue et hésiterait à se plonger dans ces Beaux Mariages – plus de 500 pages dont le titre laisse craindre, c’est vrai, une certaine désuétude –, on conseille de faire un test. Aborder Wharton par une nouvelle très courte, Fièvre romaine (rééditée par Le Monde en version bilingue avec CD, en 2016). Si, comme il est probable, on est ébloui par ce bijou – un texte qui dit tout de la rivalité entre les femmes, de l’amour frustré et de la nécessité de feindre dans une société qui proscrit la vérité –, il y a fort à parier qu’on redemandera du Wharton. On sera prêt alors à plonger dans ce Beaux Mariages, roman de 1913 aujourd’hui réédité aux Belles Lettres, dans lequel on retrouve d’emblée ce qui – derrière les faces-à-main et les voilettes – fait sa modernité radicale. L’art de montrer, sous la surface lisse des bonnes manières, la violence clanique de « l’élite ».
Bonheur...



                        

                        

