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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Annick Morel et Jean-Pierre Revoil, deux hauts fonctionnaires, illustrent avec un cas réel les failles des services publics dans l’aide apportée aux personnes qu’ils devraient servir et protéger.
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« Si la chasse à la fraude est légitime, son obsession aboutit à des ruptures brutales de droits »

Dans une tribune au « Monde », Annick Morel et Jean-Pierre Revoil, deux hauts fonctionnaires, illustrent avec un cas réel les failles des services publics dans l’aide apportée aux personnes qu’ils devraient servir et protéger.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 15h00
    |

Annick Morel (Ancienne directrice de la Caisse nationale des allocations familiales) et Jean-Pierre Revoil (Ancien directeur général de l’Unedic)







                        



                                


                            
Tribune. « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas ! » Le président de la République a raison : les gens ne s’en sortent pas. Mais alors pourquoi ne s’en sortent-ils pas ? Et donne-t-on véritablement un pognon de dingue aux personnes pauvres ? Voici quelques éléments concrets de réponse à ces deux questions qui, sans prétention de représentativité, illustrent les failles du « filet » de la protection sociale qui se retourne parfois contre les personnes qu’il devrait servir et protéger.

M [le nom a été anonymisé] est une jolie femme rousse d’une cinquantaine d’années : sa chevelure frisée encadre un visage rond où rient des yeux vert clair. Comme beaucoup d’autres, elle est tombée en « pauvreté » après une série de ruptures familiales, professionnelles (elle a été vendeuse, réceptionniste dans un centre de vacances, ambulancière, gérante de restaurant, commerçante sur les marchés, auto entrepreneur créatrice de bijoux) mais aussi de santé, ayant connu une grave et longue maladie aujourd’hui guérie.
M se trouve presque chaque mois au bord d’un abîme creusé par les inventifs et inattendus soubresauts d’une bureaucratie inconsciente
Dans notre association qui accompagne les chômeurs, nous la soutenons depuis deux ans dans sa recherche « héroïque » d’emploi. Elle n’est pas sans compétences : outre son dynamisme, elle a un BEP sanitaire et social et de multiples talents. Elle vit avec un compagnon qui, comme elle, sait « tout faire » : mécanicien, serveur, plombier. Depuis trois ans, au RSA comme son ami, déclarée « employable » comme lui, elle se trouve presque chaque mois au bord d’un abîme creusé par les inventifs et inattendus soubresauts d’une bureaucratie inconsciente.
Pour M, le premier piège du système est celui de sa complexité. Outre le problème du « non-recours » des bénéficiaires potentiels qui ignorent ou peinent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La création du mouvement #metoo, en octobre 2017, a représenté un ébranlement majeur pour une partie des hommes. Si la domination masculine n’a pas disparu, des bouleversements ont eu lieu, qui remettent en cause des certitudes ancestrales. La virilité serait-elle devenue un problème ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Si la domination masculine n’a pas disparu, des bouleversements ont eu lieu, qui remettent en cause des certitudes ancestrales. La virilité serait-elle devenue un problème ?     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          « La Chute des hommes ». C’est ainsi que la prestigieuse New York Review of Books intitule son numéro d’octobre 2018. Le titre était provocateur, à la mesure du débat qu’il souhaitait certainement susciter. A travers une référence explicite à « la chute de l’homme », qui désigne en anglais la sortie de l’Eden, la revue revenait donc sur le phénomène #metoo un an après le début du mouvement, en s’intéressant cette fois-ci à ce qu’il avait représenté pour de nombreuses personnes de sexe masculin : un ébranlement majeur.           Lire aussi #metoo ébranle la « New York Review of Books »             Mais plus qu’un débat, c’est une tempête que suscita le titre new-yorkais. Parmi les contributions figurait en effet un article de l’ex-animateur de radio canadien Jian Ghomeshi, accusé en 2014 et 2015 de faits d’agression sexuelle, et dans lequel il racontait son quotidien de « sale type » pris dans la tourmente #metoo. Pour n’avoir pas fait précéder ce texte d’un avertissement rappelant la gravité des faits qui avaient été reprochés à son auteur, et pour n’avoir pas publié d’article défendant une position en contrepoint, le rédacteur en chef de la Review, Ian Buruma, dut démissionner.          #wetoo (« nous aussi »)          L’épisode est révélateur de la difficulté à faire émerger un débat sur ce qu’on pourrait appeler le « côté masculin » de #metoo. Lorsque, en France, l’essayiste Raphaël Glucksmann lança, quelques mois après #metoo, le hashtag #wetoo (« nous aussi »), c’était pour signifier que les hommes ne devaient pas rester silencieux sur un sujet qui les concerne de près. Eux aussi, affirme-t-il, veulent l’égalité. Etait-ce si simple ? Une petite musique, tout autre, n’a pas tardé à monter en puissance : celle d’une « crise » du masculin, dont #metoo serait à la fois un symptôme et un facteur aggravant, en particulier dans le monde occidental.           Lire aussi « C’est la domination masculine au sens large qui est remise en cause »                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dès le début du XIXe siècle, la représentation picturale dépeint ­l’angoisse masculine face au possible accès des femmes à la scène publique et politique.
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L’art se joue d’une virilité déchue

Dès le début du XIXe siècle, la représentation picturale dépeint ­l’angoisse masculine face au possible accès des femmes à la scène publique et politique.



LE MONDE IDEES
 |    18.10.2018 à 13h00
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            
En 2013, le Musée d’Orsay, à l’occasion de l’exposition« Masculin/Masculin. L’homme nu dans l’art, de 1800 à nos jours », invitait à mettre en parallèle deux œuvres : L’Origine du monde, de Gustave Courbet (1866), et L’Origine de la guerre (1989) de l’artiste contemporaine Orlan. Reprenant fidèlement le format, le cadre, jusqu’au décor entourant le lit dans le tableau de Courbet, celui d’Orlan donne à voir, au lieu du célèbre sexe féminin, un phallus en érection. Comme dans L’Origine du monde, il y est centralement question de désir. Mais alors que le sexe et le désir féminins étaient présentés comme la matrice de l’humanité, ceux de l’homme deviennent celle de sa destruction. Ne se comprenant qu’en rapport avec l’œuvre de Courbet, celle d’Orlan affirme avec force la négativité du masculin dans le regard contemporain. L’Origine de la guerre a été considérée comme une œuvre ­féministe. Elle est en tout cas une perspective de femme sur le corps masculin et ses significations symboliques, ce qui est resté plutôt rare à l’échelle de l’histoire de l’art.

Si l’art contemporain nous parle souvent du masculin comme d’une menace – ce qui participe du discours contemporain de crise du masculin –, inversement, et sur le temps long, l’art a régulièrement été le lieu d’expression d’un sentiment de menace du masculin lui-même face à ce qui pourrait le faire déchoir. Et en particulier l’affirmation du féminin. C’est ce qu’explique Anne Lafont, historienne de l’art, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteure de Plumes et pinceaux. Discours de femmes sur l’art en Europe 1750-1850 (INHA/Les Presses du réel, 2012, 2 volumes) : « A partir du XVIIIe siècle, le discours des femmes sur l’art, qui était jusque-là intimiste, essentiellement dans des journaux personnels, accède à une plus grande exposition publique. Par exemple, à travers la publication de manuels à destination...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’historien Georges Vigarello retrace l’histoire de la virilité, érigée en idéal du masculin depuis l’Antiquité.
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« C’est la domination masculine au sens large qui est remise en cause »

L’historien Georges Vigarello retrace l’histoire de la virilité, érigée en idéal du masculin depuis l’Antiquité.



LE MONDE IDEES
 |    18.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 16h05
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            
Historien, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Georges Vigarello a coordonné, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, les trois tomes d’Histoire de la virilité (Seuil, 2011).
Dans vos travaux sur l’histoire de la virilité, vous faites une distinction entre le masculin et le viril. A quoi correspondent ces deux notions ?
La virilité représente, depuis l’Antiquité, le repère de ce que doit être le masculin, sa part la plus « noble ». Elle est une exigence extrême, et complexe : l’ascendance sexuelle mêlée à l’ascendance psychologique, la puissance physique à la puissance morale, le courage à la « grandeur ». D’où ce poids pesant sur le masculin, en projetant sur lui un idéal obligé.
Vous avez mis en lumière qu’il y a toujours eu quelque chose de l’ordre de l’insécurité au cœur même de la virilité. Pourquoi ?
Dès lors que la virilité est érigée en idéal du masculin, la perfection qu’elle représente est toujours menacée d’insuffisance. Le regard ­inquiet des pères spartiates sur leurs fils qui ne seraient pas assez « virils » représente un archétype. Pour autant la virilité n’a cessé de se ­déplacer. Avec l’entrée dans ce que le sociologue allemand Norbert Elias a appelé La Civilisation des mœurs (Calmann-Lévy, 1973), elle ne se limite plus à la démonstration de force physique, mais intègre l’exigence de retenue de la violence qui s’impose peu à peu à l’ensemble de la société.

Le phénomène de la cour est remarquable : ­certes les hommes sont encore des guerriers, mais ils pratiquent la danse, la musique, et ­manient l’épée de manière très codifiée. C’est avec la société des Lumières que l’ascendance des pères se conteste davantage en Occident. Et c’est avec la société individualiste et postindustrielle contemporaine que le statut du ­féminin est bouleversé, promouvant une autonomie inconnue jusque-là et des formes d’affirmation très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le sinologue Jean-François Dufour considère que le différend entre Washington et Pékin ne peut conduire qu’à un double échec économique.
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Guerre commerciale Chine-Etats-Unis : « Il n’y a qu’un scénario perdant/perdant »

Dans une tribune au « Monde », le sinologue Jean-François Dufour considère que le différend entre Washington et Pékin ne peut conduire qu’à un double échec économique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    18.10.2018 à 11h52
    |

Jean-François Dufour (directeur de DCA Chine-Analyse)







                        



                                


                            

Tribune. L’objectif de la guerre commerciale engagée par l’administration Trump contre Pékin n’est pas défini clairement, mais il ressort des accusations formulées à l’encontre de la Chine, accusée de « ne pas jouer le jeu » et de recourir à des méthodes déloyales. Cet objectif consiste à forcer la Chine à adopter les règles d’une économie de marché classique.
Au niveau du diagnostic, la position américaine est justifiée. Passée la propagande, la Chine n’est effectivement pas une économie de marché classique. La dichotomie que l’on trouve dans le discours officiel de Pékin l’atteste : tandis que la Chine réclame sur la scène internationale sa reconnaissance comme économie de marché, le discours domestique ne cesse de rappeler que le pays évolue dans le cadre d’une « économie de marché socialiste », qui est son modèle officiel et qui implique de nombreuses distorsions des règles de l’économie de marché.

Pour autant, ce constat amène quelques remarques. La première, c’est que la Chine n’est pas la seule à « tricher » par rapport à l’économie de marché. Son adversaire d’aujourd’hui, en l’occurrence, le fait régulièrement. Quand Washington nationalise temporairement son plus important constructeur automobile pour éviter sa faillite (GM en 2009), fait reprendre un appel d’offres militaire qui a échappé à son principal constructeur aéronautique (Boeing face à Airbus en 2010) ou exerce des pressions pour favoriser une acquisition à l’étranger (GE-Alstom en 2014), les Etats-Unis pratiquent ce qu’ils reprochent à la Chine.
Réalité brutale
La différence réside, bien sûr, dans le fait que la Chine recourt à ce type de distorsions de manière beaucoup plus systématique. Mais il y a une raison fondamentale à cela. Là où l’administration Trump perçoit une volonté chinoise de maximiser ses profits, il y a en fait une question de survie pour Pékin. La réalité brutale, que les deux parties cherchent à cacher (à Pékin) ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Lors des perquisitions de son domicile et du siège de LFI, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses nerfs et la maîtrise indispensable aux hautes fonctions auxquelles il aspire.
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La funeste colère de Jean-Luc Mélenchon

Editorial. Lors des perquisitions de son domicile et du siège de LFI, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses nerfs et la maîtrise indispensable aux hautes fonctions auxquelles il aspire.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h50
   





                        



Editorial du « Monde ». Depuis deux jours, les images ont défilé en boucle, occupé les ­médias et électrisé l’Assemblée nationale. On y voit Jean-Luc Mélenchon, député et leader de La France insoumise, mardi 16 octobre dans la matinée, vitupérant, hors de lui, devant la porte fermée du siège de son mouvement, où des policiers menaient une perquisition.
Ceint de son écharpe tricolore, l’ancien candidat à l’élection présidentielle dénonce une « honte », un « coup de force » et une opération de « police politique » destinée à « faire peur » à l’opposition. Doigt vengeur, il hurle au policier impassible qui lui interdit l’entrée : « Je suis un parlementaire. La République, c’est moi ! Ma personne est sacrée… » Puis, épaulé par plusieurs députés de son groupe, il force l’entrée, bouscule le vice-procureur de Paris présent sur les lieux et provoque, de fait, l’interruption de la perquisition.
Si l’esclandre avait pour objectif de noyer sous les cris et la fureur les causes de cette perquisition – et des procédures similaires menées auparavant à son domicile et chez plusieurs collaborateurs de son mouvement –, c’est raté. Car chacun sait maintenant que la police judiciaire est intervenue dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes au parquet de Paris.
Soupçons d’abus
La première est relative à l’emploi présumé fictif d’assistants parlementaires européens par le parti mélenchoniste ; des enquêtes identiques ont été engagées, pour les mêmes raisons, à l’encontre du Rassemblement national (ex-FN) de Marine Le Pen et du MoDem de François Bayrou. La seconde porte sur d’éventuelles irrégularités dans le financement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, signalées à la justice par la Commission nationale des comptes de campagne.

        Les dernières informations :
         

          Jean-Luc Mélenchon entendu par les policiers anticorruption



Dans les deux cas, il s’agit donc de soupçons d’abus, voire de détournement d’argent public. Puisqu’il s’honore d’être l’élu du peuple, le député de Marseille ne peut oublier qu’il est également financé par le peuple, dont les impôts contribuent aussi bien au budget du Parlement européen qu’au remboursement des frais de cam­pagne. En l’occurrence, 6 millions d’euros ont été restitués par l’Etat au candidat Mélenchon de 2017.
Qu’il ait été délibéré ou spontané, le coup de sang du leader des « insoumis » est calamiteux, pour lui-même comme pour son mouvement. Voilà un député, qui plus est président de groupe, qui conteste violemment, entrave et veut discréditer une procédure judiciaire, certes spectaculaire et déplaisante pour les intéressés, mais, quoi qu’il en dise, parfaitement conforme aux règles de la procédure.

        Les explications :
         

          Non, la perquisition subie par Jean-Luc Mélenchon et LFI n’est pas « politique »



Applaudi par les députés lepénistes
Voilà un parlementaire qui appelle volontiers les élites politiques du pays à l’exemplarité et qui bouscule, vilipende et jette l’opprobre sur l’autorité de la police et de la justice, s’attirant au passage la condamnation générale de leurs syndicats… et de nouvelles poursuites du parquet.
Voilà un responsable qui ne se privait pas, en mars 2017, de faire la leçon à Marine Le Pen lorsqu’elle s’offusquait de l’enquête ouverte contre le Front national (dans ­l’affaire des assistants parlemen­taires européens) et qui adopte aujour­d’hui le même comportement, joue les victimes, dénonce une « police politique » et obtient, en retour, les applaudissements des députés lepénistes.
Voilà enfin un homme qui ambitionne de rassembler « le peuple », à commencer par celui de gauche, et qui perd ses nerfs, « disjoncte » en public, bref, démontre qu’il n’a pas la maîtrise indispensable aux hautes fonctions auxquelles il aspire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.
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Beau livre. Dans Paris envoûté les occultistes rient

De 1850 à 1950, spirites, voyants et autres mages font souffler un vent de folie dans les rues de la capitale. Balade en images avec Bertrand Matot.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h41
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            
Paris occulte. Alchimistes de l’ombre, spirites inspirés, mages sulfureux, traqueurs de fantômes et astrologues visionnaires, de Bertrand Matot, Parigramme, 128 p., 19,90 €.

Paris, 1857. Un célèbre médium écossais, Daniel Dunglas Home, est de retour en Europe après s’être fait connaître aux Etats-Unis. L’impératrice Eugénie demande immédiatement à le rencontrer. Un soir d’hiver, il se rend au palais des Tuileries. Reçu dans les appartements privés par Napoléon III, son épouse et quelques intimes, il impose le silence. Soudain, « d’énormes meubles que six hommes ne soulevaient qu’avec peine pour ôter les tapis, au printemps, commencèrent à s’agiter », rapporte la princesse de Metternich. Les chaises, les fauteuils volent. Les cristaux des lustres carillonnent, le piano se met à jouer tout seul, puis une main apparaît sur une table. « C’est la main de mon père ! », s’exclame Eugénie. L’empereur la touche à son tour et la lâche vivement : « Dieu, que c’est froid ! »
On peine à le croire aujourd’hui, mais l’Occident (dont la France et particulièrement sa capitale) fut saisi, dès le milieu du XIXe siècle, d’une fascination pour les sciences occultes. A l’époque, « il n’est quasiment plus un salon de la bonne société parisienne où l’on ne se préoccupe pas de faire danser les tables pour communiquer avec les morts », affirme Bertrand Matot, documentaliste, dans son bel album Paris occulte.
Le Congrès spirite international
La guerre de 1914 amplifie la vogue occultiste. Cette fois-ci, c’est « Madame Fraya » qui est appelée au ministère de la guerre. L’ennemi n’entrera pas dans ­Paris, promet-elle. L’avenir lui donne raison. Durant ces années, « la presse identifie les Allemands au diable, spirites et voyantes rivalisent de prédictions patriotiques et, quand les morts sont enterrés, mères, épouses et sœurs cherchent encore à communiquer avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Une autre fin du monde est possible », de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.
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Figures libres. Tout va s’écrouler ? Même pas peur !

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Une autre fin du monde est possible », de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h30
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, Seuil, « Anthropocène », 332 p., 19 €.

Effondrement est le titre français du livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond (Gallimard, 2006). Cet essai marquant étudie la manière dont meurent les civilisations. Au cœur de ses préoccupations : le risque d’une fin prochaine du monde industriel planétaire. Depuis, cette possibilité d’implosion est devenue, pour certains, la certitude d’une apocalypse proche. L’agonie serait donc entamée, la fin inévitable, et le trépas à nos portes. Il est inutile même de sonner le tocsin : la fin du monde serait si évidente que la vraie question n’est plus d’y échapper. L’essentiel serait de faire bonnefigure.
L’explosion étant inéluctable, les efforts pour l’éviter dérisoires et vains, nous voilà dispensés des crispations, libérés des combats, disponibles pour traverser sereinement le temps qui reste. Deux ingénieurs agronomes, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, et un « écoconseiller », Raphaël Stevens, experts en « collapsologie », vont encore plus loin. Auteurs de Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015), très lu et qui continue de l’être, les trois experts-compères explorent maintenant un registre nouveau, baptisé « collapsosophie ».
Arguments très curieux et très discutables
Cette sagesse pour monde au bord du gouffre consiste, grosso modo, à tenir ce discours : conscients que nous n’échapperons pas au pire, que quantité d’horreurs et de convulsions s’abattront bientôt sur la planète, cultivons en nous la compassion, l’altruisme, la présence au monde et la spiritualité… Arguments employés et conseils prodigués sont à la fois très curieux et très discutables, parfois touchants, parfois irritants. En fait, la réaction de chaque lecteur dépendra de sa place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », observe que si le pays n’a pas cédé à la contagion syrienne, c’est le fruit d’un savant équilibre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/10/2018
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« Les guerres de Syrie ont touché le Liban sans contaminer les Libanais »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », observe que si le pays n’a pas cédé à la contagion syrienne, c’est le fruit d’un savant équilibre.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h26
    |

            Alain Frachon (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Les Libanais, qui ne détestent pas l’autocélébration, pourraient parler de miracle. Ils ne le font pas, peut-être par superstition. Mais, ici, à Beyrouth, au moment où la Syrie compte ses plaies, on est tenté de saluer, prudemment, sinon un miracle libanais, du moins une étonnante performance collective : le pays du Cèdre a tenu.
Sept ans durant, la Syrie a été – et l’affaire est loin d’être finie – le théâtre d’un conflit qui a enflammé nombre de lignes de fracture traversant aussi le Liban. L’affrontement n’a pas débordé ou à peine. Aucune des mèches qui, allumées depuis le territoire syrien, aurait pu replonger les Libanais dans la guerre n’a franchi la frontière – la bataille entre les musulmans chiites et sunnites, entretenue par les parrains iraniens et saoudiens, est restée cantonnée au théâtre syrien.

Chapeau, les artistes ! Les guerres de Syrie ont touché le Liban sans contaminer les Libanais. Mais le chaos sanglant qui a ravagé le grand voisin ne s’en est pas moins fait durement sentir ici. Une des forces politiques libanaises – le Hezbollah, armé et financé par l’Iran – est entrée dans la guerre, à la demande de Téhéran. Formation dominante chez les chiites du Liban, le Hezbollah est venu appuyer, de façon déterminante, le régime de Bachar Al-Assad. Soutenu à bout de bras par Téhéran, le Syrien, membre d’une secte minoritaire proche du chiisme, a fini par triompher d’une insurrection dominée par les sunnites du pays.
Peurs et méfiance
Ceux-là ont fui les combats, massivement, et un million et demi d’entre eux ont trouvé refuge au Liban : rapporté à la population du pays (4 milllions), c’est un peu comme si la France avait dû accueillir seize millions d’immigrés. Dans un Liban qui compte déjà 400 000 réfugiés palestiniens, l’onde de choc de l’immigration syrienne secoue toutes les composantes du pays : 35 % de chrétiens, 30 % de musulmans chiites, 30 % de musulmans sunnites et 5 % de Druzes. Chacune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Alors que la campagne pour le référendum d’autodétermination du 4 novembre bat son plein, l’économie calédonien semble être de moins en moins dépendante de la métropole, explique l’économiste Philippe Askenazy dans sa chronique.
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Philippe Askenazy : « La Nouvelle-Calédonie semble se bâtir un destin économique de plus en plus distant de la France »

Alors que la campagne pour le référendum d’autodétermination du 4 novembre bat son plein, l’économie calédonien semble être de moins en moins dépendante de la métropole, explique l’économiste Philippe Askenazy dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    18.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 11h36
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice-Halbwachs)








                        



                                


                            

Chronique « Tendances France ». La Nouvelle-Calédonie peut-elle se passer économiquement de la métropole ? La campagne pour le référendum du 4 novembre sur l’accession à la pleine souveraineté et à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a donné lieu à des batailles de chiffres sur les conséquences de la séparation, tout comme pour le Brexit ou l’indépendance catalane.
D’après les dernières statistiques de l’Institut de statistique et des études économiques du territoire (ISEE), les transferts de l’Etat pèsent 16 % du produit intérieur brut (PIB) calédonien. Ce poids est toutefois à relativiser, pour deux raisons.
Rémunération doublée
Premièrement, une part importante revient dans l’Hexagone. Sur ces seize points, dix sont constitués des rémunérations, charges comprises, des agents de l’Etat. Pour moitié, elles couvrent les salaires d’enseignements du second degré public et privé mis gratuitement à disposition de la Nouvelle-Calédonie, qui assure désormais la compétence en matière d’éducation. S’y ajoutent également les personnels assurant les fonctions régaliennes de la République.
Les postes en Nouvelle-Calédonie sont attractifs pour les fonctionnaires métropolitains. Sur des contrats en général de deux ans renouvelables, leur rémunération est doublée alors que le coût de la vie n’est supérieur que de 30 % à 40 % par rapport à la métropole. On peut donc penser que leur taux d’épargne est important, potentiellement supérieur à celui d’agents équivalent dans l’Hexagone (au moins 20 %, selon les enquêtes ménages). Ces agents n’étant que de passage, leur épargne et leurs cotisations retraites – soit 2 % à 4 % du PIB du territoire – rejoindront in fine la métropole.

Deuxièmement, le poids des transferts de l’Etat dans le PIB a diminué de six points depuis le milieu des années 2000. Plus qu’un désengagement massif, c’est la forte croissance calédonienne sur la période qui a progressivement dilué le poids des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le succès des Verts aux élections du 14 octobre traduit la prise de conscience des conséquences économiques du réchauffement, mais aussi la crainte de voir disparaître les riantes campagnes bavaroises, analyse l’économiste Dorothea Bohnekamp dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Dorothea Bohnekamp   Publié aujourd’hui à 06h30, mis à jour à 13h51   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés       Tribune. En écho aux déboires successifs de la « Groko » (la grande coalition CDU-SPD) au pouvoir à Berlin, la belle performance des Verts réalisée lors du scrutin régional, dimanche 14 octobre, en Bavière, chamboule non seulement le paysage politique allemand, mais interroge plus fondamentalement sur les raisons de cet engouement, inédit dans ce Land prospère, pour les questions environnementales.          Tout d’abord, ce large plébiscite en faveur des Grünen paraît sceller le retour de la cause écologique au centre des préoccupations des Allemands au détriment de l’enjeu migratoire qui, instrumentalisé à des fins électorales, semble avoir démesurément focalisé le débat public outre-Rhin. Mais c’est aussi la sécheresse exceptionnelle de l’été et de l’automne et son lot de paysages inhabituellement arides qui ont fait naître outre-Rhin une inquiétude réelle et palpable quant à l’impact du changement climatique, largement visible sur des terres bavaroises d’habitude vertes et fertiles.           Lire aussi Elections en Bavière : « La fin des grands partis »             Pour rendre leur région compatible avec l’image de carte postale si prisée des touristes, les Bavarois ont su d’ailleurs se montrer particulièrement inventifs, par exemple en parsemant de fleurs leurs champs desséchés. Faisant écho à la publication de différents rapports internationaux sur le réchauffement climatique – par exemple, ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 2014 et en octobre 2018 –, la météo allemande anticipe actuellement un réchauffement du pays allant de 2,5 °C à 5 °C jusqu’en 2100, la canicule que l’Allemagne a connue en juillet et en août pouvant devenir la norme estivale.          Montée des prix des produits agricoles          Pour les chercheurs rattachés au Centre Helmholtz de Geesthacht, spécialisé dans la recherche sur le climat, les coûts directs et indirects en termes de baisse de qualité de vie toucheront incontestablement l’économie allemande, notamment à la fin de ce siècle. Même si tout calcul prospectif s’avère extrêmement complexe à mener et la somme cumulée des différents effets impossible à mesurer, les chercheurs s’accordent à avancer que l’augmentation des sommes en jeu sera proportionnelle à l’intensité du réchauffement climatique, affectant tout à tour tous les domaines d’activités.                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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« La piqûre de rappel de l’AMF sur la spéculation baissière est bien sélective »

En délivrant un avertissement qui ne concerne que les spéculateurs baissiers, l’Autorité des marchés financiers fait preuve de courte vue, estime l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    18.10.2018 à 06h30
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            
Tribune. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a « fêté » le dixième anniversaire de la crise de 2008 en émettant, le 4 septembre, un avertissement sur les limites à ne pas dépasser dans les opérations de spéculation baissière. De plus en plus de sociétés cotées voient en effet leur titre attaqué par la diffusion d’informations négatives qui se propagent sur Internet avant d’être relayées par la presse. Il n’est pas simple pour le gendarme de la Bourse d’en identifier la source, mais celui-ci suspecte que ce type d’informations émane de ceux qui parient à la baisse.
L’AMF met donc en garde contre les spéculations à la baisse dont l’origine serait une « infox » destinée à accroître la défiance à l’encontre d’une société cotée et à faire baisser le cours de Bourse d’une action. La diffusion d’une information fausse ou trompeuse pour influencer ou orienter un cours est en effet une manipulation de marché susceptible de poursuites par l’AMF, voire par le juge pénal, avec, à la clé, de lourdes sanctions.
La spéculation baissière consiste à vendre un actif financier que l’on ne détient pas pour le racheter plus tard à moindre prix, profitant ainsi de sa dévalorisation qui se transforme en gain. On parle généralement de vente à découvert. L’AMF rappelle dans son avertissement qu’il est interdit de vendre un titre sans l’avoir emprunté, ou avoir pris les mesures nécessaires permettant de s’assurer raisonnablement de sa livraison à l’échéance. Les positions dites « courtes » doivent aussi être déclarées au régulateur qui en assure la publicité, ce qui lui permet d’identifier les spéculateurs baissiers et d’ausculter leurs opérations.
Agression
La spéculation baissière est redoutée car elle est assimilée à une agression. Celui qui spécule à la baisse tente non seulement de profiter de la faiblesse d’un acteur économique, mais il alimente la défiance par ses positions vendeuses à découvert, qui ne passent pas inaperçues sur le marché en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’intégration de tous les services de mobilité dans une seule application séduit les grandes villes et les entreprises. Mais le modèle économique reste à trouver, observent les consultants Joël Hazan et Hind Chraibi dans une tribune au « Monde ».
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« Les pouvoirs publics doivent se saisir des services de mobilité urbaine »

L’intégration de tous les services de mobilité dans une seule application séduit les grandes villes et les entreprises. Mais le modèle économique reste à trouver, observent les consultants Joël Hazan et Hind Chraibi dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    18.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 08h56
    |

Joël Hazan (Chercheur) et Hind Chraibi (Consultante)







                        



                                


                            
Tribune. Dans la jungle de la mobilité urbaine, technologie et utilité publique s’opposent trop souvent. Alors que les solutions innovantes se multiplient (VTC, vélos en libre-service, trottinettes électriques, etc.), la congestion des villes ne cesse d’augmenter : + 15 à 20 points de temps de trajet entre 2008 et 2016 à Paris, Berlin, Londres et Bruxelles, selon une analyse BCG du TomTom Traffic Index en 2016. En cause ? Un manque de complémentarité entre mobilité à la demande et transports publics. C’est ce que le concept de « mobilité comme service » (en anglais, « mobility as a service », ou MaaS) pourrait bientôt résoudre.
« Une application unique promet de faciliter le relais entre transports publics et mobilité à la demande, et de réduire la congestion et la pollution »
Le MaaS est une plate-forme numérique qui réunit toutes les offres de mobilité et accompagne les voyageurs, depuis la planification de leurs trajets au paiement de leurs titres de transport. Cette révolution est déjà engagée côté usagers : la démocratisation de la mobilité à la demande et la multiplication des offres de transport rendent indispensable leur centralisation sur une même application : 76 % des 25-45 ans en Ile-de-France ont essayé le transport en libre-service, mais seulement 6 % l’ont intégré dans leur routine, selon le Baromètre mobilité de septembre du BCG, réalisé avec l’Urban Lab de My Little Paris.
Dans les grandes villes, une telle application unique promet de faciliter le relais entre transports publics et mobilité à la demande, et de réduire la congestion et la pollution. Les géants du secteur l’ont bien compris : tous tentent de développer leur MaaS le plus rapidement possible pour protéger leur accès au voyageur et devenir un intermédiaire incontournable… pour leurs concurrents.

Mais aucune plate-forme complète n’a encore vu le jour. La plupart des MaaS existants se contentent de juxtaposer des offres de mobilité et de revendre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ On peut changer en cours de route l’assureur de son prêt, c’est plus compliqué dans le cadre de l’assurance-vie.
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Assurances : de la concurrence jusqu’au bout ?

On peut changer en cours de route l’assureur de son prêt, c’est plus compliqué dans le cadre de l’assurance-vie.



LE MONDE ARGENT
 |    18.10.2018 à 05h45
    |

            Joël Morio








                        



   


Plus personne ne se contenterait du crédit que lui propose sa banque pour acheter un bien immobilier. Les Français n’hésitent plus à aller voir ailleurs ou à passer chez un courtier pour trouver la proposition la plus avantageuse. Une gymnastique qu’ils entreprennent de plus en plus souvent pour renégocier les emprunts déjà contractés – pratique qui n’était pas envisageable il y a seulement une quinzaine d’années.
Au tournant des années 2010, le législateur est allé plus loin. Les candidats au crédit immobilier pouvaient décider de ne pas choisir l’assurance de l’établissement qui leur accordait le prêt pour en souscrire une autre, moins chère. Désormais, depuis le 1er janvier, cette possibilité est étendue à toute la durée du prêt, grâce à l’amendement Bourquin.
Et le jeu en vaut la chandelle. Le premier baromètre que nous publions en collaboration avec Cafpi montre que, dans certains cas, les primes d’assurance payées pendant la durée de vie du prêt peuvent représenter jusqu’à 20 % du capital emprunté ! Alors que les crédits immobiliers s’allongent, la renégociation de sa prime d’assurance peut s’avérer presque aussi intéressante que celle qui s’effectue sur le taux.
Clore son contrat et en ouvrir un autre, ailleurs
Si les emprunteurs se trouvent dans un univers législatif favorable à la concurrence, tel n’est pas le cas pour ceux qui détiennent un contrat d’assurance-vie. La baisse des rendements des contrats en euros rend toujours plus douloureux les frais prélevés par l’assureur sur certains contrats. Pourtant, il est très compliqué pour un épargnant lambda de faire jouer pleinement la concurrence et de faire diminuer ces ponctions qui ne sont pas toujours justifiées.
Bien sûr, lorsqu’on souscrit un nouveau contrat, on peut privilégier ceux qui ont une pratique tarifaire raisonnable. En revanche, c’est impossible pour les produits déjà souscrits. La seule solution reste souvent de clore son contrat et d’en ouvrir un autre, ailleurs. Alors que l’on peut transférer un plan d’épargne en actions d’un établissement à un autre, cette opération n’est pas autorisée pour les contrats d’assurance-vie. L’adoption de la loi Pacte aurait pu être une occasion d’ouvrir la portabilité des contrats d’assurance-vie. Mais, cette fois, les amendements qui l’auraient permis n’ont pas été votés.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Ces annuaires, même s’ils répondent encore aux objectifs du statista de la Renaissance, servent également celui ou celle qui doit pouvoir proposer un bilan positif.
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A quoi servent les annuaires statistiques ?

Ces annuaires, même s’ils répondent encore aux objectifs du statista de la Renaissance, servent également celui ou celle qui doit pouvoir proposer un bilan positif.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 10h12
    |

                            Baptiste Coulmont (Contributeur "Sciences" et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII)








                        



                                


                            
Carte blanche. La statistique, à l’origine, c’est un néologisme germanique du milieu du XVIIIe siècle, les Lehre von den Daten über den Staat, que je traduis comme les connaissances sur l’Etat que l’on peut tirer des données. Une nouvelle science utile à celui que les Italiens appellent par ailleurs le statista, l’homme d’Etat, qui doit s’occuper d’un territoire et d’une population. La ­statistique prend un tour quantitatif à partir du moment où se développent des ­techniques de comptage et de présentation des informations sous forme de graphiques ou de tableaux.
Le sens originel s’est quelque peu effacé aujourd’hui. La statistique, avec les probabilités, c’est maintenant d’abord une branche des mathématiques. Un ensemble de théories et de méthodes qui permettent, entre autres, à partir de l’échantillon d’une population, de mesurer, avec un certain ­degré de certitude, les caractéristiques de toute cette population.
Mais le sens originel perdure dans de nombreuses publications ministérielles : « bilans statistiques », « annuaire statistique » ou, pour le ministère de l’éducation, « références statistiques ». La tradition est ancienne : à partir du premier tiers du XIXe siècle, différents ministères créent leur publication. Le ministère des finances publiait ainsi le Bulletin de statistique et de législation comparée, dans lequel on peut, par exemple, ­apprendre qu’en 1896, en Lozère, 37 % de la monnaie en circulation était de la monnaie-or (à Paris, ce n’était que 8 %).
Fenêtre ouverte sur les mœurs
Avant que les sociologues ne se mettent à réaliser leurs propres enquêtes, ces annuaires étaient leurs sources principales de données chiffrées. Pour une raison simple : les traces des comportements humains enregistrées par ces livres étaient stables d’une ­année sur l’autre et variables sur une durée plus longue. Naissances illégitimes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour un salarié, la liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.
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Le salarié peut-il concurrencer son employeur ?

Pour un salarié, la liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 15h00
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie est issu du décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791 (supprimant les corporations), selon lequel « il sera libre à toute personne d’exercer telle profession, art, ou métier qu’il trouvera bon ». Il a même valeur constitutionnelle, selon la décision du Conseil constitutionnel du 16 janvier 1982 consacrant la liberté d’entreprendre.
Mais pour un salarié, cette liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur. L’obligation d’exécuter le contrat de travail de bonne foi, figurant tant à l’article 1104 du code civil qu’à l’article L. 1222-1 du code du travail, signifie en effet que le salarié ne doit pas causer de tort à son employeur, notamment en exerçant une concurrence illicite.

Il est, par exemple, possible pour un salarié d’élaborer les statuts et d’immatriculer une société qui a vocation à faire concurrence à son employeur. En revanche, le fait de travailler pour son propre compte auprès d’un client de son employeur, chez qui ce dernier effectue déjà un chantier, constitue une atteinte à son obligation de loyauté et est même qualifié de faute grave justifiant le licenciement.
Par ailleurs, lorsqu’une clause d’exclusivité figure dans le contrat de travail, le salarié peut être empêché d’entreprendre durant son contrat de travail, même pour une activité non concurrente. Pour être valable, cette clause doit toutefois, au vu de ses effets, être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.
Limitée et « raisonnable »
Après la fin du contrat de travail, la liberté d’entreprendre du salarié peut aussi être limitée pour une activité concurrente à son employeur, au moyen d’une clause de non-concurrence inscrite dans le contrat. Si le salarié crée quand même son entreprise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les propositions de réforme des programmes de géographie et de géopolitique des lycées généraux faites au sein du Conseil supérieur des programmes sont en décalage total avec la géopolitique et l’histoire du temps présent, estime un collectif de géographes dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Programmes scolaires en géographie : « Le Conseil supérieur des programmes propose de tout dynamiter »

Les propositions de réforme des programmes de géographie et de géopolitique des lycées généraux faites au sein du Conseil supérieur des programmes sont en décalage total avec la géopolitique et l’histoire du temps présent, estime un collectif de géographes dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 16h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, nous souhaitons exprimer nos plus extrêmes inquiétudes et préoccupations concernant les actuelles propositions de réforme des programmes de géographie et de géopolitique des lycées généraux faites au sein du Conseil supérieur des programmes.
Alors que les programmes scolaires actuels pouvaient n’être que toilettés du fait de leur grande cohérence et actualité, le groupe d’élaboration propose de tout dynamiter. Ainsi, en classe de seconde, le concept de développement, si structurant et opératoire pour les géographes, est noyé dans l’usage du terme de transition, un ectoplasme passe-partout.

Plus grave encore, alors qu’il est appelé à jouer un rôle majeur dans le cadre de la réforme des lycées, l’enseignement de spécialité intitulé « histoire, géographie, géopolitique et science politique » – offert dans la voie générale – fait une complète impasse sur les grandes dynamiques de la géographie et de la géopolitique du monde contemporain. A l’heure de Trump et de Poutine, de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et de l’islamisme radical, du règne des GAFA sur le Net, du Brexit et de la montée de la Chine, de la relance de la militarisation de l’espace ou de crises régionales de plus en plus exacerbées, ces propositions sont sidérantes (quelques exemples : Benjamin Constant, agence Havas de 1830 à 1947, Charlemagne en 800…).
Une géographie confettis
Elles sont en totale contradiction avec le projet de professionnalisation des jeunes porté par la réforme des lycées dans le cadre d’un parcours bac – 3/bac + 3. Elles abdiquent toute ambition de comprendre le monde réel – tel qu’il est actuellement – et de se projeter dans l’avenir. Elles constituent un recul intellectuel sans précédent dans la formation des nouvelles générations d’élèves, l’histoire s’écrivant au présent. Elles invitent notre jeunesse à entrer dans le XXIe siècle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public une analyse permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/10/2018
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William Nordhaus, un économiste du climat « loin des prévisions apocalyptiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public une analyse permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 07h01
    |

André Fourçans (Professeur d’économie à l’Essec)







                        



                                


                            
Tribune. Enfin, un économiste reconnu et récompensé pour son travail sur le changement climatique ! L’Américain William Nordhaus, professeur à l’université de Yale, vient d’obtenir conjoitement avec son compatriote Paul Romer le prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel pour ses recherches et contributions sur la question. Les économistes ne peuvent que se réjouir de cette reconnaissance tant elle est méritée et tant le rôle de l’analyse économique est négligé dans les débats, surtout publics, sur le sujet.
Que viennent-ils donc faire ces adeptes de la science lugubre sur le terrain des climatologues ? Quelle légitimité ont-ils pour donner leurs explications à la hausse des températures, à la fonte des glaciers, ou à la montée du niveau des océans ?
La compréhension de ces phénomènes ne relève-t-elle pas de l’expertise des physiciens, chimistes, spécialistes des sciences de la terre ou autres physico-chimistes ?
Oui, que viennent-ils donc faire ici, les économistes ? Encore leur « impérialisme » en marche… Pourtant, leurs recherches sont d’une importance fondamentale pour mieux comprendre le changement climatique et pour y faire face. Les contributions scientifiques de William Nordhaus sont à cet égard d’un intérêt majeur.
Pionnier de la modélisation sur le changement climatique
Il a été un pionnier de la modélisation sur le changement climatique. Il a pour cela su intégrer les mécanismes climatiques proprement dits avec les mécanismes économiques.
En partant de l’impact des émissions de CO2 sur la concentration des gaz à effet de serre, il a modélisé les liens entre cette concentration et la hausse des températures, et les répercussions de celle-ci sur l’environnement, avec les coûts afférents, le tout en reliant les relations induites de tous ces phénomènes avec la croissance.

Plus spécifiquement, il a construit le modèle « Dynamic Integrated Climate Economy » (DICE) qui intègre toutes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet, ex-responsables de la CFDT, s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, ont été témoins d’actes illégaux, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Parler ou se taire ? Comment lancer l’alerte ?

Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet, ex-responsables de la CFDT, s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, ont été témoins d’actes illégaux, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h24
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart (1854-1914) fut probablement un des premiers lanceurs d’alerte en France quand, après avoir averti en vain la hiérarchie militaire, il communiqua au sénateur Scheurer-Kestner des documents prouvant l’innocence du capitaine Dreyfus.
Aujourd’hui, le terme fait fureur. Il suffit d’effectuer une recherche sur le plus célèbre des moteurs de recherche dominants pour obtenir plus de 900 000 pages de résultats. Dans Oser l’alerte !, Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, qu’ils soient salariés, fonctionnaires, contractuels, sous-traitants ou bénévoles, « ont été témoins de discriminations infondées, d’actes illégaux, d’un management brutal, de malversations à la petite semaine ou de grande ampleur, d’atteintes à l’environnement, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général ».

L’ancienne secrétaire nationale de l’Union confédérale des cadres et rédactrice en chef de la revue Cadres CFDT et l’ancien secrétaire général de la CFDT-Cadres, membre du bureau national confédéral de la CFDT et président de l’Observatoire des cadres et du management, commencent par brosser à grands traits le contexte dans lequel les lanceurs d’alerte sont entrés dans le débat public, ainsi que les textes qui les définissent et les protègent, dans la législation française.
Parler ou se taire ? Certains ont osé, et cela leur a le plus souvent valu des ennemis. Ils en ont parlé à leur hiérarchie, à un représentant du personnel, à une association, à un organe de presse, plus rarement à la justice. Ce ne sont pas forcément des lanceurs d’alerte au sens de la loi Sapin 2, mais ils ont osé alerter sur des situations qui leur paraissaient anormales. « Ils ont la parole dans cet ouvrage, comme l’ont aussi des collègues, des élus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Certains traumatismes vécus par des parents provoquent des maladies sur plusieurs générations. En modifiant le fonctionnement des gènes, ils laisseraient des marques biochimiques qui se transmettent aussi.
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Le mystérieux rôle de l’épigénétique

Certains traumatismes vécus par des parents provoquent des maladies sur plusieurs générations. En modifiant le fonctionnement des gènes, ils laisseraient des marques biochimiques qui se transmettent aussi.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h37
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
« Les défis de la science ». La « cohorte de la faim » a encore fait parler d’elle au début de l’année 2018. Ce groupe de femmes, enceintes durant la terrible famine qui a ­affecté l’ouest des Pays-Bas pendant ­l’hiver 1944-1945, a été beaucoup étudié. Car on a découvert que les enfants mais aussi les petits-enfants de ces femmes mal nourries ont développé, plus que la moyenne, de l’hypertension artérielle, du diabète de type 2 et de l’obésité. Comment ces troubles ont-ils pu se transmettre d’une génération à l’autre, alors que la faim avait disparu ? Cela pourrait venir d’une transmission épigénétique : la malnutrition des mères aurait modifié ­l’expression de certains gènes chez leurs fœtus et ces modifications se seraient transmises à la génération suivante.
La nouvelle étude publiée par une équipe de l’université de Leiden (Pays-Bas) au début de 2018 accrédite en partie cette thèse : elle a identifié dans les cellules sanguines de 422 de ces enfants conçus pendant la famine une méthylation (l’un des mécanismes épigénétiques qui régulent le génome) de plusieurs gènes impliqués dans le métabolisme, qu’on ne retrouve pas dans le groupe contrôle (466 enfants des mêmes familles non conçus pendant la famine).
« Mais attention, prévient la ­généticienne Deborah Bourc’his, de l’Institut Curie, une corrélation entre la malnutrition et le profil de méthylation de l’ADN dans le sang n’implique pas un lien de cause à effet. C’est peut-être la maladie elle-même qui altère la méthylation des cellules sanguines.En matière d’alimentation, il ne faut pas exclure une transmission culturelle. » En fait, un débat sur les frontières de la transmission épigénétique agite les biologistes depuis quelque temps.
Tout le monde a admis que l’homme n’est qu’en partie déterminé par ses ­gènes. Car un ensemble de mécanismes dits épigénétiques, indispensables au ­développement normal, en modulent l’activité tout au long...




                        

                        

