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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ « CumEx », « CumCum »… derrières ces noms étranges, des montages financiers permettent aux actionnaires d’échapper aux taxes sur les dividendes. Explications en vidéo.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le leader de La France insoumise a témoigné, en audition libre, dans le cadre des affaires des assistants parlementaires et des comptes de campagne de 2017.
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Perquisitions : « La manœuvre de Monsieur Macron est ratée », affirme Mélenchon après son audition

Le leader de La France insoumise a témoigné, en audition libre, dans le cadre des affaires des assistants parlementaires et des comptes de campagne de 2017.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    18.10.2018 à 08h33
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 18h50
   





                        



Après des perquisitions houleuses, l’outrance d’altercations filmées avec des représentants de la police et de la justice, et la pluie de réactions politiques et médiatiques, la séquence judiciaire dans laquelle est entrée La France insoumise (LFI) s’est poursuivie jeudi 18 octobre par la convocation à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de son chef de file, Jean-Luc Mélenchon. Le député des Bouches-du-Rhône a été entendu en audition libre pendant cinq heures plus tardb et a dénoncé, à sa sortie, une « manœuvre » du président Macron.
« Monsieur Macron, il est temps de rembobiner votre film, tout ça est raté. La manœuvre est complètement ratée », a déclaré le parlementaire jeudi après-midi. « Au départ, ça devait être “le remaniement est fait”, le magnifique Jupiter apparaît à la télé… Et le lendemain Mélenchon passe pour un escroc parce qu’il a été perquisitionné (…). Bref, la manœuvre de Monsieur Macron est ratée », a expliqué le dirigeant de LFI devant la presse.
Avant de répondre aux enquêteurs, M. Mélenchon avait dénoncé devant des journalistes une « justice à deux vitesses » dont il serait la victime. « J’ai vu que M. Castaner m’a recommandé de répondre aux questions qui me sont posées. Lui, il devrait aussi répondre aux questions qui ne lui sont pas posées », avait-il poursuivi, en référence aux propos du ministre de l’intérieur, qui avait appelé dans la matinée au respect de la police et de la justice. « Pourquoi le siège de LaRem [La République en marche] dont il est le dirigeant comporte un stock d’armes, par exemple ? A moi, on me fait des perquisitions, on fouille mes locaux et on brutalise mes assistants, et à lui, apparemment, on ne lui demande rien. Il y a donc bien une justice à deux vitesses dans ce pays », a-t-il déclaré en faisant allusion à l’affaire Benalla.

        L’éditorial :
         

          La funeste colère de Jean-Luc Mélenchon



« Opération de police politique »
Une vingtaine de personnes sont auditionnées depuis mercredi dans le cadre de deux enquêtes ouvertes par le parquet de Paris sur l’emploi des assistants parlementaires européens de LFI et sur les comptes de la campagne présidentielle menée par M. Mélenchon en 2017. Le parquet de Paris avait ouvert contre le leader de LFI une enquête pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique du fait de sa réaction à la perquisition qui a visé les locaux de son mouvement mardi. Le parquet de Paris a toutefois demandé à être dessaisi de la procédure au profit d’un parquet voisin, et ce « dans un souci d’impartialité ». Ce sont en effet des magistrats du parquet de Paris qui ont été pris à partie par M. Mélenchon lors des perquisitions.
Sur des vidéos de l’opération qui ont largement circulé, M. Mélenchon appelle ses proches à « enfoncer la porte » pour entrer au siège parisien de La France insoumise. On le voit également bousculer un représentant du parquet ainsi qu’un policier qui s’interpose. Le premier ministre, Edouard Philippe, s’est dit « choqué » par « la très grande violence » manifestée, selon lui, contre les policiers. « Je ne crois pas que nous gagnions quoi que ce soit à remettre en cause l’indépendance de la justice ».
Le nouveau ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a condamné « fermement » les violences, tandis que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a dénoncé jeudi des scènes « choquantes et inacceptables » :
« Il n’est pas possible de laisser entendre qu’un gouvernement ou un garde des sceaux puisse décider d’une mesure d’instruction particulière. Ce n’est pas possible, ni envisageable. C’est interdit par la loi, et il se trouve que le gouvernement et le garde des sceaux respectent la loi. Il va de soi que cette perquisition a été effectuée dans un cadre légal à la demande du parquet sous le contrôle du juge des libertés et de la détention qui l’a autorisée. »

        Explications :
         

          Non, la perquisition subie par Jean-Luc Mélenchon et LFI n’est pas « politique »



« Bouc émissaire »
Mercredi, Jean-Luc Mélenchon, qui avait fustigé une « énorme opération de police politique », a assuré sur BFM-TV ne rien regretter de sa vive réaction. Dénonçant de nouveau une « volonté d’intimidation », il a annoncé que son parti allait porter plainte pour violences policières. Selon LFI, quatre personnes, qui auraient fait « constater des blessures » par des certificats médicaux, vont également porter plainte pour les violences policières commises « sur le lieu de la perquisition ». Il a concédé que le ton était « monté », tout en accusant :
« Je respecte la justice, mais je suis obligé de le dire : nous ne sommes pas dans une procédure normale. »
Selon la législation, une perquisition dans le cadre d’une enquête préliminaire n’est possible qu’avec l’accord écrit de l’occupant du domicile ou du représentant légal dans le cas d’une personne morale. Ou, s’il n’est pas d’accord ou bien absent, en présence de deux témoins majeurs qui ne font pas partie des forces de l’ordre mais qui sont désignés par l’officier de police judiciaire. Selon une source proche du dossier, Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, a bien été contacté au début de la perquisition au siège du parti et a assisté à cette opération autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD) avant qu’elle ne dégénère.
Mardi, M. Bompard avait affirmé avoir été « empêché d’assister à la procédure administrative » et qu’« aucun PV » n’avait été soumis à sa signature. « Il n’a jamais été question pour nous d’empêcher une quelconque perquisition. Nous voulions au contraire y être présents pour collaborer car nous savons notre probité », a de son côté déclaré à l’AFP le député LFI du Nord Adrien Quatennens. M. Mélenchon a par ailleurs critiqué le traitement médiatique de l’enquête visant LFI, accusant des journalistes de mettre « de l’huile sur le feu ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’industriel tchèque est en négociations exclusives avec Matthieu Pigasse, qui va lui revendre une part minoritaire de la holding par laquelle il est présent au capital du journal.
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édition abonné


« Elle », « Marianne », « Le Monde »… l’offensive de Daniel Kretinsky dans les médias français

L’industriel tchèque est en négociations exclusives avec Matthieu Pigasse, qui va lui revendre une part minoritaire de la holding par laquelle il est présent au capital du journal.



LE MONDE ECONOMIE
 |    18.10.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 17h57
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Après avoir racheté le magazine Elle, fleuron de la presse féminine, et l’hebdomadaire Marianne, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky s’intéresse au Monde. Un des actionnaires majoritaires du quotidien, Matthieu Pigasse, a confirmé, mercredi 17 octobre, les informations de la rédaction du Monde selon lesquelles il souhaitait revendre une partie de ses parts à l’industriel tchèque : le banquier d’affaires de Lazard est entré en négociations exclusives pour céder entre 40 % et 49 % de sa société Le Nouveau Monde, créée pour détenir sa participation dans Le Monde, qu’il contrôle aux côtés de Xavier Niel, le fondateur de Free.
M. Pigasse cherchait ces derniers mois à trouver un partenaire pour l’épauler financièrement. Mais il assure qu’il a l’intention de garder le contrôle du Nouveau Monde, ainsi que de sa société de médias Les Nouvelles Editions Indépendantes (LNEI : Les Inrocks, Nova…), qui détient la première. Il affirme aussi son intention de rester le cogérant du groupe Le Monde et de L’Obs, à travers la société Le Monde Libre. Dans un communiqué, LNEI précise vouloir conclure avec M. Kretinsky « un partenariat stratégique » qui « permettra aux deux groupes de bénéficier de leurs expertises respectives dans le domaine des médias en Europe, de faire ainsi jouer leurs complémentarités et de générer des synergies opérationnelles. » Contacté, Xavier Niel n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Mardi, une source officielle tchèque a affirmé au Monde que l’intention de M. Kretinsky était de « racheter » le journal. Mais du côté de l’industriel, dirigeant du groupe énergétique EPH et du premier groupe de médias de son pays, Czech Media Invest (CMI), on nie avoir cette intention. Le pôle d’indépendance du Monde – regroupant notamment les sociétés des rédacteurs, des lecteurs et des employés – a dénoncé, pour sa part,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’Autorité de sûreté nucléaire craint, outre les problèmes de soudures déjà soulevés, de potentielles « difficultés ailleurs ». Les problèmes de sécurité ont déjà provoqué un surcoût de 400 millions d’euros.
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EPR de Flamanville : le gendarme du nucléaire exprime de nouvelles inquiétudes

L’Autorité de sûreté nucléaire craint, outre les problèmes de soudures déjà soulevés, de potentielles « difficultés ailleurs ». Les problèmes de sécurité ont déjà provoqué un surcoût de 400 millions d’euros.



Le Monde.fr avec AFP
 |    18.10.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 18h56
   





                        



   


L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) craint que le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) ait d’autres problèmes « très difficiles », en plus de celui des soudures, a affirmé jeudi 18 octobre le chef du pôle EPR de l’ASN de Normandie. « Je ne vous cache pas que (…) on est en droit d’imaginer qu’il y aura effectivement peut-être d’autres difficultés ailleurs. On est en train de regarder si les soudures resteront, ou pas, le seul sujet très difficile » de ce chantier, a déclaré Eric Zelnio lors d’une réunion de la commission locale d’information (CLI) sur le site nucléaire de Flamanville.
C’est la raison pour laquelle l’ASN « s’apprête à formuler à EDF une demande d’étendre à d’autres matériels sur le réacteur » la revue de qualité demandée face au problème de soudures. Le gendarme du nucléaire demande aussi au groupe de « travailler sur la cinétique de ces dysfonctionnements, connus quand même pour certains depuis quelques années », a poursuivi M. Zelnio. « On a le sentiment qu’il y a eu un laps de temps important entre la détection, la réaction et l’information », a ajouté le chef de pôle, regrettant aussi « le fait que certaines opérations n’aient pas été suspendues » dans la foulée de ces détections.

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                Autorité de sûreté nucléaire : grands enjeux, petits moyens



Quatre soudures réparées sur 33
Concernant les problèmes de soudure révélés en début d’année, EDF a annoncé jeudi en avoir réparé quatre sur au moins 33 qu’elle doit reprendre. Pour huit à dix autres, l’ASN attend encore d’avoir la preuve qu’elles n’ont pas besoin d’être réparées. EDF, détenu à environ 84 % par l’Etat, a annoncé en juillet un retard supplémentaire d’un an et un surcoût de 400 millions d’euros lié aux soudures, portant le budget de cet EPR à 10,9 milliards, plus du triple du budget initial.
EDF a répété que l’EPR démarrerait à la fin 2019 (contre 2012, initialement prévu) et précisé que le combustible serait livré au « printemps 2019 » à Flamanville. « 400 millions, c’est le montant de la rallonge annoncée par le gouvernement pour financer son plan santé. C’est 400 millions de moins pour financer des Ehpad ou des IRM. Car qui va payer au final, nos impôts », a réagi Guy Vatel, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), lors de cette réunion.
Lancé en 2007, le chantier emploie 4 800 personnes (dont 900 viennent d’EDF et les autres de sous-traitants), a précisé l’entreprise. Conçu au départ comme une vitrine pour l’export, le chantier de ce réacteur, qui doit être le plus puissant de France, a connu de multiples déboires.

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                Nucléaire : A Flamanville, les soudures de la discorde







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le 28 septembre 2009, la junte au pouvoir tuait au moins 157 manifestants à Conakry. Douze personnes ont été inculpées, mais nul ne sait encore quand elles seront jugées.
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Reportage

En Guinée, un massacre sans procès

Le 28 septembre 2009, la junte au pouvoir tuait au moins 157 manifestants à Conakry. Douze personnes ont été inculpées, mais nul ne sait encore quand elles seront jugées.

Christophe Châtelot (Conakry, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 18.10.2018 à 12h31

     •
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        Mis à jour le 18.10.2018 à 17h00






    
Des policiers guinéens, le 2 octobre 2009, devant les corps de victimes de la répression menée le 28 septembre à Conakry par la junte alors au pouvoir.
Crédits : SEYLLOU DIALLO / AFP


Le tribunal de première instance du quartier de Dixinn, à Conakry, est un capharnaüm en ruine. Les dossiers judiciaires, jetés en vrac dans des sacs-poubelles, s’amoncellent dans les couloirs sombres encombrés par une douzaine de motos poussiéreuses saisies par la justice on ne sait plus quand. Elles s’entassent jusque dans la principale et minuscule salle d’audience, étuve exiguë en cette fin de saison des pluies. « C’est un poulailler, pas un tribunal », ironise un avocat. Miroir d’une justice guinéenne en décrépitude ?
Si l’organisation du procès, historique et hautement sensible, du massacre commis le 28 septembre 2009 à Conakry par des forces de sécurité guinéennes dépend de l’état des locaux de ce tribunal, celui territorialement compétent pour juger l’affaire, ce n’est pas demain qu’il sera fait justice aux victimes : 157 morts, au moins 80 disparus, des dizaines de blessés graves, une centaine de femmes violées dans un stade lors de la répression sauvage d’une manifestation organisée par l’opposition au temps de la junte de Moussa Dadis Camara (2008-2009).
« Crimes contre l’humanité »
La question du lieu pour organiser un tel procès, inédit en Guinée, est devenue centrale et pourrait fournir un prétexte aux autorités pour continuer de traîner les pieds. Au Sénégal, la même raison avait permis au président Abdoulaye Wade (2000-2012) de retarder le procès de l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré de plusieurs années. « En tout cas, ce ne sera pas à Dixinn », rigole un avocat en désignant les épaves de voitures parquées dans la cour du bâtiment qui, de surcroît, n’est pas propriété de l’Etat mais d’un particulier qui menace régulièrement de récupérer son bien.
Neuf ans après la tragédie, la perspective d’un tel procès n’a jamais été aussi proche, mais rien ne dit qu’il se tiendra en 2019, comme le souhaitent les victimes et leurs avocats. Une étape fondamentale a été franchie avec la clôture du dossier d’instruction, fin 2017, soldée par l’inculpation de douze personnes. Parmi elles figurent Moussa Dadis Camara, son ancien aide de camp Aboubacar Sidiké Diakité, dit « Toumba », ainsi que le colonel de gendarmerie Moussa Tiegboro Camara et l’actuel responsable de la sécurité présidentielle, Claude Pivi.

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                Perpétuité confirmée pour l’ex-président tchadien Hissène Habré pour crimes contre l’humanité



Il s’agit d’une première dans ce pays marqué par une longue histoire de violences politiques placées sous le signe de l’impunité, comme le retrace parfaitement l’ouvrage Mémoire collective : une histoire plurielle des violences politiques en Guinée, réalisé par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), l’Observatoire guinéen des droits de l’homme (OGDH) et Radio France internationale (RFI). Ce ne fut pas sans mal. « Au début, tout le monde me disait que je perdais mon temps, qu’il n’y aurait jamais de procès », se rappelle Amadou Bah, l’un des avocats des victimes depuis 2011 : « Lorsque Claude Pivi a été convoqué au tribunal, la première fois, il est arrivé avec un bataillon pour intimider les juges. »
En décembre 2009, des enquêteurs des Nations unies estimaient pourtant « raisonnable de conclure que les crimes perpétrés le 28 septembre et les jours suivants [pouvaient] être qualifiés de crimes contre l’humanité ». Des juges d’instruction ont été nommés dans la foulée, mais le dossier n’a été bouclé que huit ans plus tard. « Ça n’avançait que lorsque la Cour pénale internationale se déplaçait à Conakry pour faire pression. Elle est venue une dizaine de fois. Sans oublier le soutien de la FIDH et la détermination des victimes », explique Me Bah.
Examen de conscience
En 2014, la nomination à la tête du ministère de la justice de l’avocat franco-guinéen Cheick Sako, convaincu de la nécessité d’organiser le procès, a également été déterminante. Début 2018, une fois l’instruction close, il a ainsi désigné un comité de pilotage chargé d’organiser le procès et de trouver des financements.
Aux dires des avocats, le dossier d’instruction est loin d’être parfait. Seulement douze personnes ont été inculpées, alors que les victimes se comptent par centaines. Aucune enquête n’a été conduite au sujet des disparus et d’éventuelles fosses communes. « Le chef d’accusation de crimes contre l’humanité n’a pas été retenu, ce qui ferme l’angle d’attaque des parties civiles concernant la chaîne de commandement, qui permet d’engager la responsabilité des dirigeants politiques et militaires de l’époque même s’ils n’ont pas participé directement aux événements », ajoute Me Bah.
Toutefois, ce qui a été accompli était presque inespéré. Mais l’affaire ne sera pas close tant qu’aucun jugement n’aura été rendu. Or la volonté politique affichée par le ministre Cheick Sako n’est pas partagée au plus haut niveau de l’Etat. Pour le président Alpha Condé, « la Guinée ne se résume pas au 28 septembre. Ce procès n’est pas une priorité ». Dans le même entretien accordé fin septembre à TV5, RFI et Le Monde, il avait également renvoyé dans les cordes son ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, qui avait qualifié de « faute morale » le manque d’attention accordé par l’Etat aux victimes. « Cette déclaration n’engage que lui », avait estimé le président.



A ses yeux, ce massacre n’est qu’un événement violent parmi d’autres dans l’histoire de cette ancienne colonie française, depuis son indépendante en 1958. Plutôt qu’un procès, il plaide pour un vaste examen de conscience, du type commission vérité et réconciliation couvrant les soixante dernières années et notamment les dizaines de milliers de victimes du régime de Sékou Touré (1958-1984). « Ce qui est remarquable dans cet événement du 28 septembre, c’est le nombre de femmes violées », avait-il ajouté, sans un mot de compassion pour les victimes.
« Le président… ça ne l’intéresse pas »
« C’est extrêmement choquant », s’indigne Asmaou Diallo. La présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (Avipa) a perdu son fils, un enseignant de 33 ans, lors de la tuerie. « Jamais le président n’a accordé de temps aux familles des morts ou des disparus, ni aux femmes violées à ciel ouvert par des militaires. Ça ne l’intéresse pas. Il faisait pourtant partie des organisateurs de la manifestation avec tous les autres opposants », rappelle-t-elle.

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                « L’impunité est-elle le prix à payer pour la démocratie en Afrique ? »



A l’exception de Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso, et de Toumba Diakité, extradé en mars 2017 par le Sénégal où il avait fui après avoir tenté d’assassiner l’ex-chef de la junte sept ans plus tôt, les autres inculpés coulent des jours tranquilles à Conakry. Certains, tel le gouverneur de Conakry, occupent encore de très hautes fonctions publiques. « Quand Alpha Condé dit “réconciliation”, il faut comprendre “on efface tout et on avance”, derrière lui de préférence », résume Asmaou Diallo. Le sort des victimes n’empêche pas plus les autres dirigeants politiques de dormir.
« Ce pays peine à avancer. Or pour aller de l’avant, il faut d’abord surmonter le passé, mais il n’existe même pas une base minimale commune sur laquelle les Guinéens des différents bords politiques et les différentes communautés ethniques peuvent s’entendre. Chacune se dit avoir été la victime de l’autre au cours du temps », analyse un diplomate étranger. Sans ce procès, la lutte contre l’impunité restera donc un concept vide. « Sinon, c’est un quitus donné aux forces de l’ordre pour continuer à tirer sur les manifestants », accuse Me Bah. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées en Guinée, en majorité par balles, au cours de manifestations d’opposition depuis l’élection d’Alpha Condé en 2011.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La gouvernement va faciliter la création de ce dispositif, qui existe déjà à l’étranger, pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La France sur le point de découvrir le péage urbain

La gouvernement va faciliter la création de ce dispositif, qui existe déjà à l’étranger, pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 12h58
    |

            Stéphane Mandard, 
Philippe Jacqué et 
                                Éric Béziat








                        



   


Quinze ans après Londres, douze ans après Stockholm et sept ans après Milan, la France est sur le point de découvrir le péage urbain. Le gouvernement a décidé de faciliter la création de ce dispositif dans les agglomérations, avec un tarif plafonné par l’Etat, selon la dernière version de l’avant-projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) transmise au Conseil d’Etat, publiée mercredi 17 octobre par le site d’information Contexte.
En France, le Grenelle de l’environnement organisé en 2007 avait prévu des expérimentations de péages urbains, mais « les critères de mise en place étaient tellement restrictifs qu’aucune expérimentation n’a pu être mise en place », explique-t-on au ministère des transports. De fait, la mesure visant à la fois à limiter la circulation dans les centres urbains et à réduire les nuisances environnementales reste polémique, certains jugeant cette politique socialement discriminatoire.
Depuis plusieurs mois, cependant, des élus réclament la possibilité de tester ce dispositif. Ce que fait le projet, qui prévoit la création d’un « tarif de congestion » par « l’autorité organisatrice de la mobilité », selon les termes de l’article 22 ter de l’avant-projet de loi. Cette autorité organisatrice de mobilité correspond aux villes et aux communautés des communes, sauf dans la région capitale, où Ile-de-France Mobilités dépend du conseil régional.

        Les explications :
         

          Comment fonctionnent les péages urbains, qui pourraient être instaurés en France ?



Plafonds maximum de tarif
« Ce n’est pas l’Etat qui décide de l’instauration de ces péages, insiste-t-on dans l’entourage d’Elisabeth Borne, la ministre des transports. Ce sont les collectivités qui décident si elles souhaitent en mettre un en place. » Les villes ne pourront pas faire ce qu’elles veulent. Les autorités organisatrices de mobilité devront notamment « étudier les impacts en matière de qualité de l’air de congestion, justifier la proportionnalité de la mesure, et étudier les mesures d’accompagnements nécessaires, solliciter l’avis des communes concernées et limitrophes, ainsi que réaliser une campagne d’information du public. » 
« Nous sommes toujours opposés à un péage urbain qui serait discriminatoire pour les ménages à faibles revenus », l’entourage d’Anne Hidalgo.
Concernant les modalités techniques et pécuniaires, le gouvernement propose des plafonds maximums de tarif à l’entrée dans la zone protégée par le péage. Pour une voiture, le tarif maximum est pour l’instant prévu dans l’avant-projet de loi, à 5 euros dans les grandes agglomérations de plus de 500 000 habitants (moins d’une dizaine en France, selon l’Insee), et à 2,50 euros dans celles de plus de 100 000 habitants (environ une centaine en France). Concernant les autres véhicules, et notamment les camions, ce montant peut atteindre 20 euros dans les zones les plus peuplées.
Certains véhicules ne seront pas soumis à ce péage, comme les ambulances, mais les autorités organisatrices, qui percevront ces fonds, pourront instaurer des forfaits, décider de tarifs réduits, voire maintenir la gratuité « pour tenir compte de la situation particulière de certains usagers, comme les résidents ou travailleurs vulnérables, ou encore de la performance environnementale du mode de transports ». 

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Pour assurer le contrôle du péage, pas question de mettre en place des barrières physiques. Les solutions techniques, via les caméras lisant les plaques d’immatriculation et des systèmes de marquage au sol, permettent à Stockholm, Londres ou Milan, de surveiller les zones soumises à péage.
Pas de barrières physiques
Reste à savoir si les villes se saisiront de cette opportunité. Marseille et Lyon n’ont pas manifesté leur intérêt. A Paris, Anne Hidalgo s’est toujours montrée réticente, c’est d’ailleurs un des rares points d’accord avec son adversaire politique, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. Contactée par Le Monde, la mairie de Paris assure rester sur cette position. « Nous sommes toujours opposés à un péage urbain qui se limiterait au périphérique et qui serait discriminatoire pour les ménages à faibles revenus », explique-t-on dans l’entourage d’Anne Hidalgo.
L’élue socialiste se dit en revanche ouverte à toute réflexion sur une autre forme de péage élargie à l’échelle du Grand Paris et qui prévoirait des « mécanismes intelligents » à l’instar de ce qui se pratique aux Pays-Bas (avec des bonus pour les conducteurs qui privilégient les déplacements pendant les heures creuses) et qui permettrait de financer la gratuité des transports en commun. Au ministère des transports, on temporise : « Ce péage positif, distinct du tarif de congestion, pose des questions sur la protection des données individuelles, car il suppose d’acquérir des données sur les comportements de mobilité. Il est donc nécessaire de continuer encore à y travailler. » 

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De fait, « le consensus politique sera long à obtenir, on est sur un horizon à dix ans », prévient-on à la mairie de Paris où l’on fait remarquer que le système le plus avancé pour lutter contre la pollution reste la zone à faible émission (ZFE). Le gouvernement vient de demander aux grandes agglomérations de s’engager à les développer d’ici à fin 2020 afin d’exclure progressivement les voitures les plus polluantes des grandes villes sur le système des vignettes Crit’Air. En juillet 2019, la ZFE qui s’applique aujourd’hui à Paris doit être étendue au niveau de la métropole, à l’intérieur de l’A86.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A 33 ans, il a gravi les échelons du pouvoir et avait les faveurs des Américains. Mais l’assassinat du journaliste jette un doute sur son ascension.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/10/2018
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En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed Ben Salman dans l’ouragan Khashoggi

A 33 ans, il a gravi les échelons du pouvoir et avait les faveurs des Américains. Mais l’assassinat du journaliste jette un doute sur son ascension.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h10
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Sur les images de sa rencontre avec le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, mardi 16 octobre, dans un palais de Riyad, il apparaît souriant et détendu. Pourtant, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, homme-orchestre de la monarchie, joue son avenir politique dans l’ouragan médiatique soulevé par la disparition du journaliste Jamal Khashoggi.
Pour les bons connaisseurs du royaume, il est inconcevable que les agents saoudiens, à qui est imputé l’assassinat de l’éditorialiste et dissident saoudien, le 2 octobre, à Istanbul, aient pu opérer sans son aval. « L’opération porte définitivement la marque de Mohammed Ben Salman, dit l’universitaire Nabil Mouline. Vu la configuration actuelle du système politique saoudien, le donneur d’ordre, c’est lui. »
Le haut-le-cœur planétaire suscité par les révélations sordides de la presse turque – de la scie à os qui aurait permis de démembrer le corps de Jamal Khashoggi, jusqu’au médecin légiste qui aurait écouté de la musique tout en exécutant sa basse besogne – a gagné les rangs du Parti républicain américain, jusque-là soutien du numéro deux saoudien surnommé « MBS ». « Ce type est un engin de démolition, s’est écrié le sénateur Lindsey Graham, dans une interview à la chaîne conservatrice Fox News. Rien ne se passe en Arabie saoudite sans qu’il en soit informé. C’est un individu toxique. Il ne peut pas devenir un dirigeant sur la scène mondiale. »
Un souverain bis
Les défections en cascade enregistrées par le « Davos saoudien », un sommet économique prévu du 23 au 25 octobre à Riyad, de la part de personnalités telles que le PDG de BlackRock, le plus grand gestionnaire de portefeuilles du monde, la présidente du FMI, Christine Lagarde, ou le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, constituent un désaveu supplémentaire à l’égard de MBS. En 2017, l’édition inaugurale de cette foire aux investisseurs avait tourné au triomphe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Mike Pompeo a publié, jeudi, un communiqué dans lequel il justifie la mesure par un souci d’« efficacité ». L’ambassade sera dotée d’une simple unité consacrée aux affaires palestiniennes.
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Les Etats-Unis ferment leur consulat à Jérusalem en charge des Palestiniens

Mike Pompeo a publié, jeudi, un communiqué dans lequel il justifie la mesure par un souci d’« efficacité ». L’ambassade sera dotée d’une simple unité consacrée aux affaires palestiniennes.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 18h40
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Les Etats-Unis n’auront plus de représentation diplomatique à Jérusalem chargée des contacts avec les dirigeants palestiniens. Le consulat, qui remplissait cette mission depuis des décennies, sera fusionné avec l’ambassade, qui a été déménagée symboliquement de Tel Aviv à Jérusalem, en février. Cette décision a été annoncée par Washington, jeudi 18 octobre.
Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a publié, jeudi 18 octobre, un communiqué dans lequel il justifie la mesure par un souci d’« efficacité ». « Cela ne signale pas un changement de politique américaine à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza », affirme-t-il.
La fusion entre le consulat et l’ambassade se traduira par la création au sein de cette dernière à une simple unité consacrée aux affaires palestiniennes. Le secrétaire d’Etat américain souligne que son pays « continue à ne pas prendre position sur les problèmes de statut final, notamment les limites et les frontières ». Il fait ainsi référence, entre autres, à la question de la souveraineté de Jérusalem, qui devrait devenir capitale pour les deux Etats, selon le consensus international en vigueur depuis les accords d’Oslo (1993). Le communiqué n’emploie pas l’expression « solution à deux Etats ».

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La Maison Blanche peu soucieuse des questions d’équilibre
Ces gages purement formels n’adoucissent en rien la force symbolique de la décision américaine. En février, peu avant le déménagement de l’ambassade à Jérusalem, le département d’Etat assurait que le consulat poursuivrait sa mission. Cette dégradation administrative, derrière un jargon technique qui ne trompe personne, confirme une nouvelle fois à quel point la Maison Blanche a épousé les vues de la droite israélienne et ne se soucie nullement des questions d’équilibre.
« L’administration Trump indique clairement qu’elle travaille avec le gouvernement israélien afin d’imposer un Grand Israël, plutôt que la solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967 », a réagi Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Selon ce vétéran des négociations bilatérales depuis trente ans, « l’administration Trump fait partie du problème, et pas de la solution ». Ce rejet de toute médiation américaine, jugée biaisée et impartiale, est la ligne du président palestinien, Mahmoud Abbas, depuis janvier. Washington veut lui faire payer cette rupture.
Dans la foulée de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, début décembre 2017, les Etats-Unis ont mis fin à leur contribution à l’UNRWA, la mission de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens et de leurs descendants, gelé les fonds versés à l’Autorité palestinienne et enfin, en septembre, fermé la représentation de l’OLP à Washington.
Un « processus de fragmentation d’un peuple entier »
La fermeture du consulat est donc une nouvelle humiliation infligée à l’Autorité palestinienne. « Cette décision dévalorise les relations diplomatiques avec les Palestiniens, souligne Dan Shapiro, ancien ambassadeur américain en Israël, aujourd’hui analyste. Elle n’est pas cohérente avec l’objectif de parvenir à la solution à deux Etats, et c’est comme cela qu’elle sera perçue par les deux côtés. Il est très improbable que l’AP voudra avoir des contacts avec le gouvernement américain à travers l’ambassade en Israël. »
Et ce d’autant que l’ambassadeur actuel, David Friedman, nommé par Donald Trump, est un partisan déclaré des colonies en Cisjordanie et qu’il s’était constamment opposé, avant son arrivée en poste, à la création d’un Etat palestinien. Le 16 octobre, sur son compte Twitter, il faisait la publicité de son déplacement du jour dans la colonie d’Ariel, sur l’invitation de la chambre de commerce de « Judée-Samarie ». 
Au moment même où les Etats-Unis annonçaient la disparition de leur consulat, un homme à New York dressait l’acte d’accusation de l’occupation. Il s’agit de Hagaï El-Ad, le directeur de l’ONG israélienne B’Tselem, qui documente les violations des droits de l’homme, notamment en Cisjordanie. Hagaï El-Ad s’exprimait devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Dans un discours implacable, il a dénoncé la « routine de l’occupation » : « Tout ceci est souvent présenté comme “le statu quo”, a-t-il dit. Pourtant, cette réalité n’a rien de statique. C’est un processus calculé et délibéré de fractionnement d’un peuple entier, de fragmentation de leur territoire, et de perturbation des vies des Palestiniens. C’est un processus de séparation de Gaza et de la Cisjordanie, et la Cisjordanie de Jérusalem-Est, de division du reste de la Cisjordanie en petites enclaves. Au bout du compte, il n’en reste que des morceaux isolés, bien plus faciles à opprimer. » 
Hagaï El-Ad a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à l’action, en estimant que « l’ordre international basé sur le droit ne se défendra pas tout seul ». Sa précédente intervention dans cette enceinte, en octobre 2016, avait provoqué une avalanche de critiques de la part de la droite israélienne, contestant au militant le droit de critiquer son pays à l’étranger. « Comment je définirais B’Tselem ? C’est une honte », avait déclaré Benyamin Nétanyahou, le 14 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Paul Romer, qui s’est vu décerner le prix cette année, et quelques-uns de ses prédécesseurs se sont inquiétés du conformisme et/ou du libéralisme de leurs confrères, salue le professeur de sciences économiques et blogueur Claude Garcia.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), déjà renflouée par l’Etat, s’attend à une nouvelle perte d’exploitation « de plus de 70 millions d’euros en 2018 ».
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Formation : l’Afpa projette de supprimer plus de 930 postes et de fermer 38 centres

L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), déjà renflouée par l’Etat, s’attend à une nouvelle perte d’exploitation « de plus de 70 millions d’euros en 2018 ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    18.10.2018 à 17h15
   





                        


Les syndicats étaient « sous le choc » à la suite de l’annonce par la direction de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) jeudi 18 octobre d’un « plan de transformation ». Dans le cadre de ce plan, 938 postes d’ici à la fin de 2020 seront supprimés et 38 centres du plus gros organisme de formation français seront fermés.
« L’Afpa est devenue structurellement déficitaire, en raison de l’intensité concurrentielle du secteur de la formation, de la digitalisation de l’offre et du passage à un système d’appels d’offres qui ont révélé sa faible compétitivité », souligne la direction dans son communiqué. Déjà plusieurs fois renflouée par l’Etat, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes, qui employait 6 773 personnes en CDI au 31 décembre 2017, s’attend à une nouvelle perte d’exploitation « de plus de 70 millions d’euros pour 2018 ».
Triple objectif
Avec ce plan, l’agence se fixe un triple objectif : « assurer sa mission de service public pour la formation des publics les plus éloignés de l’emploi » ; « adapter son offre aux appels d’offres des régions et des entreprises en s’adaptant aux besoins de nouvelles compétences et des métiers en tension », et développer « des services innovants aux demandeurs d’emploi, aux entreprises et aux branches professionnelles ».
Le plan, attendu depuis plusieurs mois et présenté jeudi en comité central d’entreprise, prévoit de supprimer 1 541 postes en CDI d’ici à la fin de 2020 et d’en créer 603 sur d’autres compétences. Les départs naturels à la retraite concerneront 600 personnes. Pour ceux qui ne rentreront pas dans les dispositifs de reclassement interne, « une phase de départs volontaires sera proposée, avec un accompagnement renforcé : création d’entreprises, formation longue pour reconversion externe… », selon la direction.
« Le statu quo n’était plus tenable »
Par ailleurs, l’établissement public prévoit de fermer des implantations « qui ne répondent plus aux besoins des territoires » et « ne trouvent plus leur demande » afin « de rationaliser son parc immobilier ». L’Afpa fermerait ainsi 38 centres sur 206 et « privilégiera la mobilité, en se déplaçant là où est le besoin de formation ».
Les syndicats ont dénoncé, à l’image de la CFDT, « une restructuration d’ampleur sans projet stratégique abouti ». Pour Yann Cherec (CGT), « c’est deux fois pire que ce que l’on craignait ». Cette annonce a aussi entraîné de vives réactions dans les régions concernées. Le conseil régional du Centre-Val de Loire, qui commande à l’Afpa « deux mille places par an pour quatorze millions d’euros », a immédiatement protesté contre la fermeture de cinq centres à Issoudun, Châteauroux, Blois, Montargis et Veigné, qui « participent au maillage de notre territoire ».
« C’est un projet de très grosse transformation, mais on est sous pression depuis une dizaine d’années et le statu quo n’était plus tenable », a justifié la directrice générale, Pascale d’Artois, rappelant que l’Afpa a cumulé 725 millions de pertes de 2012 à 2016. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, avait demandé en juin une « feuille de route pluriannuelle » avec « des engagements et des missions claires ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Trois attentats d’ampleur perpétrés à Ouagadougou, des attaques dans le nord du pays et désormais à l’est, le Burkina est devenu la cible régulière des islamistes armés.
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Analyse

Le Burkina Faso désormais sur la carte du djihadisme

Trois attentats d’ampleur perpétrés à Ouagadougou, des attaques dans le nord du pays et désormais à l’est, le Burkina est devenu la cible régulière des islamistes armés.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-10-18T18:00:41+02:00"

        Le 18.10.2018 à 18h00






    
Des soldats du Burkina Faso lors d’un entraînement avec l’armée autrichienne, le 13 avril 2018, près de Ouagadougou.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


« Comment en est-on arrivé là ? » La question taraude désormais les Burkinabés, inquiets face à la multiplication des attaques. Enlèvements, assassinats ciblés, routes minées, la situation sécuritaire se détériore. En trois ans, les attaques terroristes ont déjà fait plus de 118 morts, selon le dernier bilan officiel. « On a déjà perdu le nord, maintenant nous perdons l’Est », s’alarme une source sécuritaire.

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Du côté français, l’ouverture d’un nouveau « front djihadiste » selon les termes de responsables locaux, et « la faiblesse de la réponse des autorités » inquiètent. Sollicitée par le pouvoir, la force « Barkhane » a mené une frappe aérienne à Inata, dans le nord, le 3 octobre et dépêché deux hélicoptères le 6 octobre dans les environs de Pama, à l’est. Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, est attendu à Ouagadougou jeudi 18 octobre.
Voisinage instable
Pour comprendre la crise sécuritaire qui se joue aujourd’hui dans ce pays, il faut d’abord regarder du côté de son voisin, le Mali. « Le Burkina subit les conséquences d’un voisinage instable. La frontière malienne sert de base de repli pour ces groupes et de point de passage pour la circulation des armes », analyse Rinaldo Depagne, directeur Afrique de l’Ouest d’International Crisis Group.
Depuis 2015, le Burkina Faso est ainsi devenu la cible des djihadistes du Sahel. En deux ans, sa capitale, Ouagadougou, a été frappée à trois reprises. Une soixantaine de personnes ont été tuées. Le 2 mars, la double attaque contre l’ambassade de France et l’état-major burkinabé, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) du malien Iyad Ag-Ghali, a atteint un niveau d’organisation jamais observé encore. 

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Alors qu’au nord du pays, les attaques sont menées sous la bannière d’Ansaroul Islam, première formation djihadiste locale mais connectée au GSIM, à l’est, l’affiliation des groupes armés n’a toujours pas été déterminée. Certains spécialistes voient ici la main de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). « S’attaquer à cette région est stratégique, les terroristes cherchent à multiplier et à étendre les zones d’insécurité pour casser “le verrou burkinabé”. Si l’est tombe, l’instabilité peut déborder vers d’autres pays de la sous-région, comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana », prévient le directeur du Timbuktu Institute Bakary Sambe.
Menace sous-estimée
La sonnette d’alarme a été tirée, un directeur régional de la police pointait déjà il y a un mois l’urgence d’agir. « Trop tard ! Le gouvernement a sous-estimé la menace à l’est. Aujourd’hui, il se retrouve dépassé, les groupes ont eu le temps de s’implanter et de se structurer », fustige une source sécuritaire. « Nous n’étions pas préparés à lutter contre ce phénomène mondial qu’est le terrorisme, ça a surpris tout le monde », tente de plaider Jean-Pierre Bayala, colonel à la retraite et ancien officier de lutte anti-terroriste. Il faut dire que le pays a longtemps imaginé son « verrou » incassable.

    

Crédits : 


L’ancien président Blaise Compaoré, renversé par la rue et ses anciens alliés en octobre 2014, négociait à découvert avec les islamistes armés. Son conseiller Moustapha Chafi avait noué des contacts avec tous les groupes de la région et ses négociations permirent la libération d’otages occidentaux. Un réseau d’informateurs maillait le terrain. Les Burkinabés se pensaient alors épargnés par l’hydre terroriste. « Il y avait une clause de non-agression. La bande d’Ag-Ghali se baladait librement dans les rues de Ouaga. Ils combattaient au Mali et soignaient leurs blessés chez nous, ils avaient le gîte et le couvert ici », raconte Jean-Pierre Bayala. A la chute du régime de Compaoré, suivie de la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) en 2015, unité d’élite et garde prétorienne du pouvoir, tout un système sécuritaire s’est effondré. « Le RSP a disparu, Gilbert Diendéré, qui pilotait la cellule de renseignement, a été arrêté, ils ont laissé derrière eux une armée et des services de renseignement divisés et affaiblis », analyse Rinaldo Depagne.
« Revendications sociales »
Désormais, sur le terrain, les moyens manquent : pas assez d’effectifs, d’équipements aériens et de véhicules blindés. Difficile donc de faire face à des assaillants qui ont aiguisé leurs modus operandi et leur utilisation des engins explosifs improvisés (IED). L’intervention de « Barkhane » au début du mois sonne ainsi comme un « aveu d’échec » pour certains. « Nous n’avons pas les moyens aériens de l’armée française, il fallait appeler la force la plus proche, à Niamey », confie une source ministérielle. En visite au Tchad les 8 et 9 octobre, la ministre des armées Florence Parly a assuré : « Avec le Burkina, nous restons disponibles, car le rôle de “Barkhane”, c’est aussi d’appuyer les forces nationales partout où c’est nécessaire et si elles le demandent. »

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« L’appui d’une puissance étrangère va alimenter le discours des terroristes qui jouent sur les frustrations des populations et la mauvaise perception qu’elles peuvent avoir des mesures sécuritaires, à cause de certaines bavures. C’est un cercle vicieux », s’inquiète Bakary Sambe. Méfiance vis-à-vis d’autorités peu présentes, pauvreté et isolement constituent un terreau fertile pour les terroristes. « Ansaroul Islam se nourrit des revendications sociales d’une population délaissée par le pouvoir central, leur promettant d’améliorer ses conditions de vie grâce au djihad », décrypte Sidi Kounta, sociologue et expert du djihadisme au Sahel. Assassinats d’imams récalcitrants et des « traîtres », menaces contre les préfets et les maîtres d’école, les djihadistes imposent une terreur ciblée dans certaines zones. « On a deux difficultés majeures : l’anticipation et la collaboration des civils avec nos services de renseignement », reconnaît-on au ministère de la sécurité.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les détracteurs du mégafichier estiment qu’il ne prévoit pas assez de garanties contre les risques d’abus et de piratage. Le Conseil d’Etat, lui, y voit un outil contre la fraude.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Vie privée : le Conseil d’Etat valide le fichier rassemblant les informations de 60 millions de Français

Les détracteurs du mégafichier estiment qu’il ne prévoit pas assez de garanties contre les risques d’abus et de piratage. Le Conseil d’Etat, lui, y voit un outil contre la fraude.



Le Monde.fr avec AFP
 |    18.10.2018 à 17h31
   





                        



   


Le Conseil d’Etat a rejeté jeudi 18 octobre les requêtes dirigées contre le décret instaurant le mégafichier regroupant les données personnelles de tous les Français, estimant notamment que sa création ne constituait pas une « atteinte disproportionnée » au droit des personnes au respect de leur vie privée.
Le décret créant ce fichier, baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES), était paru au Journal officiel le 30 octobre 2016, en plein week-end de la Toussaint, et avait immédiatement suscité une levée de boucliers. Au nom des libertés publiques, des organisations et des particuliers demandaient à la plus haute juridiction administrative la suppression de ce « monstre », généralisé à l’ensemble du territoire en mars 2017 et qui regroupe les informations personnelles des titulaires d’un passeport ou d’une carte d’identité, soit environ 60 millions de Français.
Risques d’abus et de piratage
Cette gigantesque base de données est au mieux inutile, au pire dangereuse, soutenaient les requérants, parmi lesquels la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’association de défense des droits des internautes La Quadrature du Net, mais aussi l’eurodéputé du Rassemblement national Gilles Lebreton, le créateur du cercle de réflexion libéral Génération libre, Gaspard Koenig, ou le président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), Louis-Georges Tin.
« Ce n’est pas une surprise », a réagi auprès de l’AFP Vincent Gury, l’un des avocats de la LDH, le rapporteur public ayant préconisé le rejet des recours, lors de l’audience du 3 octobre. Mais « on espérait que les critiques formulées et nos craintes, déjà sur le caractère massif de ce fichier et sur cette collecte de données colossale, soient entendues », a-t-il expliqué.
Pour ses détracteurs, le mégafichier ne prévoit pas suffisamment de garanties contre les risques d’abus et de piratage, et notamment contre le risque de détournement du dispositif à des fins d’identification d’une personne sur la base de ses données biométriques.

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                Que reproche-t-on au TES, le « mégafichier » des 60 millions de Français ?



Un outil « efficace » contre la fraude
Le Conseil d’Etat a jugé au contraire que la création d’un tel traitement de données à caractère personnel, outil « efficace » de lutte contre la fraude, est « justifiée par un motif d’intérêt général ».
Selon les dispositions du décret, « seuls les personnels chargés de l’instruction des demandes de titres peuvent accéder aux données contenues dans le traitement automatisé litigieux », soulignent les juges administratifs. « Dans ces conditions, la consultation des empreintes digitales contenues dans le traitement informatisé ne peut servir qu’à confirmer » l’identité de la personne demandant un renouvellement de titre « ou à s’assurer de l’absence de falsification des données », argumentent-ils.
Pour le Conseil d’Etat, la collecte des images numérisées et empreintes digitales, la conservation des données – limitée à quinze ans – et leur traitement par une autorité publique présentent des restrictions et précautions suffisantes. Ils « ne portent pas au droit des individus au respect de leur vie privée une atteinte disproportionnée aux buts de protection de l’ordre public en vue desquels ce traitement a été créé », estime la haute juridiction.
« On reste convaincu que le dispositif est fragile, donc porteur de risques, compte tenu de son caractère massif », a toutefois souligné Me Gury.

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                Le « mégafichier » de M. Cazeneuve face aux critiques des députés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Avec le Brexit, sans accord préalable, les avocats anglais vont perdre l’accès à une partie du marché unique européen.
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Brexit : derrière la bataille de la City, celui du secteur juridique

Avec le Brexit, sans accord préalable, les avocats anglais vont perdre l’accès à une partie du marché unique européen.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 17h48
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Imaginez. Nous sommes en 2023, une banque portugaise fait faillite. Depuis plusieurs années, l’Union européenne (UE) a mis au point un régime spécifique pour encadrer les faillites bancaires et éviter la contagion. Et pourtant, la bataille juridique pour la compensation des créditeurs se passe… à Londres, devant une cour de justice qui n’est pas dans l’UE.
Le scénario est loin d’être inimaginable : selon les calculs de la banque japonaise Nomura, au moins 127 milliards d’euros d’obligations des banques d’Europe continentale sont actuellement de droit anglais, soit le tiers du stock existant. La justice anglaise a une excellente réputation à travers le monde et beaucoup d’investisseurs internationaux préfèrent que leurs produits financiers soient écrits dans ce droit coutumier.
Pour éviter un tel événement qui serait politiquement embarrassant, les instances financières européennes cherchent depuis le Brexit à redresser l’équilibre. « Nous constatons une pression informelle des régulateurs pour que les nouvelles obligations des banques soient émises en droit du pays local », témoigne Emil Petrov, chargé des marchés de capitaux à Nomura. Selon lui, les banques françaises sont déjà entièrement passées en droit français, alors qu’elles émettaient autrefois en partie dans le droit anglais. « Mais la question va être plus compliquée pour les banques italiennes, portugaises et grecques, précise-t-il. Les investisseurs internationaux seront-ils prêts à faire confiance au droit local de ces pays ? Personne ne s’attend par exemple à voir des banques italiennes émettre des obligations en droit local sous le régime actuel… »
Une bataille beaucoup plus large
Cet exemple est le petit bout de la lorgnette d’une bataille beaucoup plus large qui a commencé avec le Brexit. L’ensemble du secteur juridique va ressentir l’impact de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Comme en finance, Londres domine actuellement très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’éditeur Rockstar Games (« GTA », « Red Dead Redemption ») a été critiqué pour avoir évoqué des semaines de travail de cent heures hebdomadaire. Un problème qui est structurel.
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La difficile question de la charge de travail dans l’industrie du jeu vidéo

L’éditeur Rockstar Games (« GTA », « Red Dead Redemption ») a été critiqué pour avoir évoqué des semaines de travail de cent heures hebdomadaire. Un problème qui est structurel.



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 16h49
    |

            William Audureau








                        



   


C’est une petite musique qui revient avec insistance : derrière le strass des superproductions du jeu vidéo, les conditions de travail désastreuses des développeurs. La récente polémique née des propos de Dan Houser, ponte créatif de Red Dead Redemption 2, sur les semaines de cent heures — dont il a depuis contesté la généralisation — et le problème des cadences infernales au sein de son entreprise Rockstar Games ne sont qu’un nouvel exemple de la partie sombre de l’industrie.

        Lire notre enquête :
         

          Rockstar Games : plongée dans le rythme infernal des créateurs de « GTA » et « Red Dead Redemption »



Le problème est répandu. Début janvier, Le Monde, Mediapart et Canard PC révélaient les dysfonctionnements de Quantic Dream, fleuron du jeu vidéo français. En février, les salariés d’Eugen Systems entamaient une grève inédite.
En juin, dans Du sang, des larmes et des pixels, le journaliste américain Jason Schreier mettait au jour le recours quasi systématique au crunch — le dépassement horaire dans les phases de bouclage — dans les plus prestigieuses compagnies américaines, comme Naughty Dog (Uncharted, The Last of Us). Depuis déjà deux décennies, souvent anonymement, des salariés ou épouses de salariés d’Ubisoft (en 1999), d’Electronic Arts (en 2004) puis de Rockstar San Diego (en 2010) ont tenté de tirer la sonnette d’alarme, en vain.
En 2018, l’industrie du jeu vidéo se targue de peser désormais plus que celle du cinéma — ce qui est exact, à condition d’inclure les consoles et d’exclure l’exploitation des films en Blu-Ray et VOD. Mais elle demeure un secteur éprouvant, marqué par un turnover important de ses salariés et de nombreuses reconversions dans l’animation ou l’informatique, loin de l’image d’industrie de rêve qu’elle renvoie.
Semaines de soixante, quatre-vingt, voire cent heures ; management chaotique ; faibles salaires… un peu partout, les mêmes travers se retrouvent. Ce n’est pas un hasard : ils sont intimement liés à la structure même de l’industrie du jeu vidéo, et à la concentration de cinq spécificités.
Une industrie jeune, imprévisible, attractive et onéreuse
Premier problème, le jeu vidéo reste un secteur jeune. Suffisamment jeune, en tout cas, pour que les pionniers d’hier soient les dirigeants d’aujourd’hui. Nombre d’autodidactes géniaux apparus dans les années 1980 ou 1990 sont en charge d’importants studios — sans avoir été initialement formés à la gestion d’équipe. Les tensions peuvent être d’autant plus rudes que certains cumulent les casquettes de créatif en chef et de manageur, quitte à mélanger ce qui requiert de la passion et ce qui appelle de la réserve.
Or le monde de la manette est une industrie de prototype. Chaque projet suppose de repartir de presque zéro pour bâtir un monde entier avec ses niveaux, ses personnages, ses règles et son moteur physique — la partie informatique calculant mouvements, forces et interactions. Le tout sans certitude que le jeu sera amusant avant d’en avoir développé une bonne partie, amenant à de régulières reprises partielles ou totales, autant de travail supplémentaire pour les équipes.
Par ailleurs, l’industrie du jeu vidéo est historiquement hit-driven, c’est-à-dire qu’elle repose sur le succès commercial de quelques titres, et que celui-ci n’est jamais acquis par avance. Les bonnes ventes d’un projet à sa sortie ne garantissent pas nécessairement celles de sa suite, comme l’ont prouvé Watchdogs 2 et Titanfall 2. Cette impossibilité à prédire les retombées financières d’un jeu oblige souvent les gestionnaires à ajuster les salaires au minimum, par précaution.
Le contre-exemple d’Ubisoft
Chose qui n’arrange rien, le monde du jeu vidéo fait rêver, et cette attractivité est le premier ennemi des salariés en place, régulièrement mis en concurrence avec des légions de jeunes diplômés prêts à de nombreux sacrifices. La multiplication ces dernières années de lucratives écoles de jeux vidéo privées, comme encore Gaming Campus, à Lyon, récemment, n’a fait qu’aggraver le problème.
Enfin, les coûts de production progressent de manière exponentielle à mesure que les possibilités technologiques avancent, que les graphismes et la résolution s’améliorent, et qu’ordinateurs, consoles et téléphones gagnent en puissance. Développer un jeu coûtait en moyenne 500 000 euros dans les années 1990. Les superproductions se facturent aujourd’hui en dizaines, voire centaines en millions d’euros : environ 260 millions pour GTA V, en 2013. Or dans le même temps, la population des joueurs ne progresse pas assez vite pour que les retombées commerciales parviennent à absorber la hausse des coûts. Pour les studios, délocalisations et sous-traitance en Inde ou en Chine sont désormais devenues « inévitables ».
Le rapport de force est presque systématiquement défavorable aux salariés. Plusieurs professionnels rapportent s’être vu menacer de ne pas figurer au générique d’un jeu — seule preuve sur un CV — s’ils démissionnaient. Sur LA Noire, de Rockstar, ils avaient été une centaine à avoir découvert leur absence dans les crédits de fin.
Pourtant, les mauvaises conditions de travail ne sont pas une fatalité dans l’industrie. Selon tous les témoignages recueillis par Le Monde, l’éditeur Ubisoft, autrefois très critiqué pour sa gestion des employés, fait désormais figure de modèle. A défaut d’offrir des salaires élevés ou des perspectives d’évolution hiérarchique importantes, elle est régulièrement citée pour son attention à la diversité, à l’épanouissement de ses salariés et à la décence de ses horaires de travail hebdomadaire.
Jason Schreier rapporte, lui, que le développement de Spider-Man, la récente superproduction des Américains Insomniac Games sortie sur PlayStation 4, en septembre, a connu « un cycle de production sain, relativement sans “crunch” ». 
Sécurité contre créativité
Plusieurs éditeurs se sont par ailleurs organisés pour lisser leurs rythmes de production et rationaliser la prise de risque financière. C’est le cas des licences sportives annuelles, comme FIFA ou Tour de France, qu’ils développent chaque année sur une base déjà existante, avec des prévisions de vente assez fiables, permettant d’adapter plus facilement les effectifs et les charges de travail aux besoins.
Activision a systématisé les suites de Call of Duty et Destiny, afin d’amortir les dépenses initiales sur plusieurs épisodes, en reprenant un squelette d’éléments communs (moteur de jeu, éléments graphiques, animations, etc.). De son côté, Ubisoft mutualise de nombreux éléments de ses jeux, d’un épisode à l’autre d’Assassin’s Creed par exemple, mais aussi entre séries, comme Assassin’s Creed et Far Cry, autant de petits gains de production. Quitte parfois à donner l’impression aux joueurs d’une prise de risque moindre.
Dans le même temps, les joueurs de jeu vidéo, et plus particulièrement de superproductions, rappellent fréquemment — et à bon droit — leur appétence pour des univers inédits et des séries nouvelles. C’est toute la difficile équation du jeu vidéo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Un arrêté permettra aux personnes sinistrées d’être indemnisées rapidement par les assureurs.
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Inondations dans l’Aude : 126 communes en état de catastrophe naturelle

Un arrêté permettra aux personnes sinistrées d’être indemnisées rapidement par les assureurs.



Le Monde.fr avec AFP
 |    18.10.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 11h23
   





                        



L’état de catastrophe naturelle a été reconnu dans 126 communes de l’Aude touchées en début de semaine par les graves inondations qui ont fait quatorze morts et soixante-quinze blessés, selon un arrêté publié jeudi 18 octobre au Journal officiel.
Parmi les communes concernées figurent Trèbes, Villegailhenc, Villalier, Villardonnel, Carcassonne et Saint-Couat-d’Aude, très durement touchées par les intempéries dans la nuit de dimanche à lundi. L’arrêté doit permettre aux personnes touchées d’être indemnisées rapidement par les assureurs dans le cadre du régime des « catastrophes naturelles » promis lundi par le premier ministre, Edouard Philippe.
« Mobilisation du fonds de secours d’extrême urgence »
Les dossiers des communes sinistrées qui ne sont pas concernées par l’arrêté seront traités « dans les plus brefs délais » et « le gouvernement a d’ores et déjà demandé la mobilisation du fonds de secours d’extrême urgence pour permettre aux sinistrés de faire face aux besoins essentiels les plus urgents », avait annoncé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux mercredi, à l’issue du conseil des ministres.
Les pluies et les inondations qui ont frappé l’Aude figurent parmi les plus meurtrières depuis une dizaine d’années en France. Quatorze personnes sont mortes et 75 ont été blessées, selon le dernier bilan de la préfecture de l’Aude.

        Le reportage :
         

          Aude : après les inondations, le temps des questions






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les talibans sont parvenus à tuer le chef de la police de Kandahar, le général Abdul Raziq. Le général américain Scott Miller, lui, n’est pas blessé.
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Afghanistan : le commandement de l’OTAN visé par une attaque revendiquée par les talibans

Les talibans sont parvenus à tuer le chef de la police de Kandahar, le général Abdul Raziq. Le général américain Scott Miller, lui, n’est pas blessé.



Le Monde.fr avec AFP
 |    18.10.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 17h03
   





                        



   


Plusieurs personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une fusillade survenue à l’intérieur du palais du gouverneur de la province de Kandahar, en présence du commandant des forces de l’OTAN en Afghanistan, jeudi 18 octobre. Les talibans ont aussitôt revendiqué l’attaque. « Les cibles étaient le général Miller et le général Raziq », a indiqué sur Twitter le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.
Parmi les victimes figure effectivement le chef de la police de Kandahar, le général Abdul Raziq. « Six de ses gardes du corps et deux membres des services de renseignements afghans ont été blessés », a indiqué un responsable de la sécurité à Kandahar.
Trois Américains ont également été blessés dans l’échange de coups de feu. Le général américain Scott Miller, lui, « n’est pas blessé », selon l’OTAN. Selon le Centre de soutien aux médias en Afghanistan, le NAI, un journaliste aurait également été tué lors de la fusillade.
Des élections législatives sont prévues samedi en Afghanistan, et les forces de sécurité sont en alerte, les talibans et le groupe Etat islamique (EI) ayant annoncé qu’ils mèneraient des attaques.

        Lire aussi :
         

                Afghanistan : un nouveau général des forces de l’OTAN pour parvenir à la paix






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Son nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.
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Haruki Murakami, une touche de génie

Son nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    18.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 15h29
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Meurtre du commandeur. Livre 1, Une Idée apparaît et Livre 2, La Métaphore se déplace (Kishidancho Goroshi), d’Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita et Tomoko Oono, Belfond, 456 p., 23,90 € et 480 p., 23,90 €.

Gageons que les lecteurs français feront fi de la polémique suscitée, au Japon, par la parution, en 2017, du nouveau roman d’Haruki Murakami. Sous prétexte qu’il évoque brièvement un épisode controversé de la « guerre de la Grande Asie », le sac – ou massacre – de Nankin en décembre 1937, Le Meurtre du Commandeur a été accusé, sur les réseaux sociaux, de sympathies prochinoises. Ce qui n’a pas empêché l’auteur à succès, fréquemment cité comme favori pour le prix Nobel de littérature, de rencontrer une fois encore son public : en deux mois, son roman (près de 1 000 pages) s’était déjà écoulé à 1,5 million d’exemplaires. C’est justice, tant le romancier fait montre, encore une fois, de toutes les qualités lui valant d’être devenu l’écrivain japonais le plus lu dans le monde.
L’auteur de Kafka sur le rivage (Belfond, 2006) et de l’impressionnante trilogie 1Q84 (Belfond, 2011 et 2012) ou, plus récemment, de Des hommes sans femmes (Belfond, 2017), explore cette fois-ci, dans une langue toujours aussi limpide que suggestive, les ressorts de la création artistique. Sans théorisation excessive, ­Murakami fait confiance au récit pour saisir les contours d’une faculté mystérieuse – la créativité du peintre qu’il met en scène, bien sûr, mais celle de l’écrivain lui-même, également, dont toutes les figures d’artistes dans le roman sont des métaphores ou des représentants.
Disposition mentale
En même temps que les deux volumes du Meurtre du Commandeur (Une Idée apparaît et La ­Métaphore se déplace) paraît d’ailleurs un passionnant échange sur cette même question entre le romancier et le chef d’orchestre Seiji...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La jeune femme originaire de Tétouan a été tuée fin septembre par des tirs de la marine royale alors qu’elle tentait de rejoindre clandestinement les côtes espagnoles.
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Compte rendu

Au Maroc, deux ans de prison pour avoir dénoncé sur Facebook la mort d’une migrante

La jeune femme originaire de Tétouan a été tuée fin septembre par des tirs de la marine royale alors qu’elle tentait de rejoindre clandestinement les côtes espagnoles.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-18T17:00:36+02:00"

        Le 18.10.2018 à 17h00






    
Un bateau de migrants dans le détroit de Gibraltar le 27 juillet 2018.
Crédits : Joseba Etxaburu / REUTERS


Un Marocain a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir protesté sur les réseaux sociaux contre la mort d’une jeune migrante tuée fin septembre par des tirs de la marine marocaine, a-t-on appris jeudi 18 octobre auprès de son avocat.
Soufiane Al-Nguad, 32 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi par le tribunal de Tétouan, ville du nord du Maroc, pour « outrage au drapeau national », « propagation de la haine » et « appel à l’insurrection civile », selon son avocat Jabir Baba. Il avait été interpellé début octobre, après des troubles lors d’un match de football le 30 septembre à Tétouan.

        Lire aussi :
         

                Un mort après des tirs de la marine marocaine sur une embarcation de migrants



Selon son avocat, avant ce match, M. Al-Nguad avait appelé, à travers des publications sur sa page Facebook, le groupe des ultras Los Matadores du club de football local à « manifester et à porter des habits noirs de deuil » pour protester contre le décès de Hayat Belkacem.
La mort de cette étudiante de 22 ans, tuée le 25 septembre par la marine marocaine alors qu’elle tentait de gagner clandestinement les côtes espagnoles en bateau, avait suscité la colère dans le pays. Les autorités marocaines avaient dit avoir visé l’embarcation en raison de ses « manœuvres hostiles ».
« Venger Hayat »
Dix-neuf supporters âgés de 14 à 23 ans sont également jugés à Tétouan pour « outrage au drapeau national », « manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics et privés », pour avoir manifesté le soir du même match.
Ces supporters avaient été arrêtés peu après pour avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme « Viva España » (« Vive l’Espagne ») lors du match. Ils avaient aussi manifesté sur le chemin du stade en appelant à « venger Hayat ».

        Lire aussi :
         

                Vive émotion au Maroc après les tirs meurtriers de la marine sur un bateau de migrants



Ces dernières semaines, des dizaines de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l’Espagne à bord de bateaux pneumatiques sont devenues virales sur les réseaux sociaux, dans un pays marqué par de grandes inégalités sociales sur fond de chômage élevé chez les jeunes.
Depuis le début de l’année, l’Espagne est devenue la première porte d’entrée vers l’Europe, avec près de 43 000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ De nombreux champions, dont Teddy Riner, Martin Fourcade ou Nikola Karabatic, demandent au président de la République « le maintien d’un encadrement public ».
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Lettre ouverte de 380 sportifs à Emmanuel Macron

De nombreux champions, dont Teddy Riner, Martin Fourcade ou Nikola Karabatic, demandent au président de la République « le maintien d’un encadrement public ».



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 15h56
   





                        



   


Trois cent quatre-vingts sportifs français, dont les champions Teddy Riner, Martin Fourcade ou Perrine Laffont, ont signé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander « le maintien » des moyens et « d’un encadrement public » dans le sport. « La famille du sport est en danger ! », s’alertent-ils.
« Nous, sportifs et sportives de haut niveau, nous sommes très inquiets », écrivent aussi Renaud Lavillenie, Kevin Mayer, Nikola Karabatic et Julian Alaphilippe, dans cette lettre diffusée jeudi sur le site du Parisien. « L’annonce de la suppression de 1 600 cadres techniques d’Etat d’ici 2022 et la réduction du budget sport pour 2019 sont contradictoires avec l’objectif des performances attendues et désastreuses pour l’héritage qu’on laissera aux nouvelles générations », ajoutent les 380 sportifs, dont de nombreux médaillés olympiques.
« Garantir la réussite de demain »
La révélation d’une lettre de cadrage dans laquelle Matignon demandait fin juillet au ministère des sports la suppression de 1 600 ETP (équivalents temps plein), d’ici 2022, avait mis le feu aux poudres, dans un contexte déjà tendu entre le mouvement sportif et le gouvernement.
Depuis, la ministre des sports, Roxana Maracineanu, a promis que les conseillers techniques sportifs (CTS), ces cadres d’Etat travaillant pour les fédérations et visés par le courrier de Matignon, ne perdraient pas leur emploi mais pourraient changer de statut et être désormais pris en charge par les fédérations.

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« Nous souhaitons toutes et tous le maintien d’un encadrement public au sein de nos disciplines sportives afin de garantir la réussite de demain lors des prochaines échéances sportives internationales et olympiques pour la France », insistent les sportifs, alors que les agents du ministère s’étaient mis en grève jeudi dernier pour protester contre les baisses de moyens.
Dans le projet de loi de finances 2019 discuté actuellement au Parlement, le budget du ministère plafonne à 451 millions d’euros, soit 30 millions de moins sur un an. Le ministère avait parlé d’un « budget préservé », en évoquant la surévaluation d’un poste de dépense dans le budget précédent.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le violent accrochage s’est conclu par « la destruction d’un campement terroriste conséquent » dans le nord du pays, selon l’état-major français.
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Compte rendu

Au Mali, intervention de la force « Barkhane » lors de combats entre l’armée et des djihadistes

Le violent accrochage s’est conclu par « la destruction d’un campement terroriste conséquent » dans le nord du pays, selon l’état-major français.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-18T16:11:57+02:00"

        Le 18.10.2018 à 16h11






    
Un soldat français de l’opération « Barkhane » à bord d’un hélicoptère Tigre, au Mali, en 2016.
Crédits : PASCAL GUYOT / AFP


De violents combats ont eu lieu entre des soldats de l’armée malienne et des djihadistes dans le nord du Mali, mardi 16 octobre, déclenchant une intervention aérienne de la force française « Barkhane », a indiqué jeudi le porte-parole de l’état-major français.
« Les combats ont débuté le 16 octobre dans la région de Ndaki, à environ 200 km au sud-ouest de Gao, entre les forces armées maliennes, appuyées par les militaires français de “Barkhane”, et une cinquantaine de membres d’un groupe armé terroriste », a décrit le colonel Patrik Steiger lors du point presse hebdomadaire du ministère français des armées. Alertés par les forces maliennes prises à partie au sol, les militaires français ont envoyé « une patrouille d’hélicoptères Tigre, rapidement renforcés par deux Mirage 2000 », a-t-il détaillé.

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A leur arrivée, les Tigre ont essuyé des tirs ennemis à l’arme légère et au lance-roquettes RPG, déclenchant des tirs de riposte de la part des hélicoptères et avions français, selon l’état-major, mais « les combats se sont poursuivis au sol ». « La ténacité des terroristes, qui n’ont pas abandonné tout de suite, laisse à penser que soit il s’agissait d’un site important pour eux, soit quelqu’un d’important était présent chez eux », a commenté le colonel Steiger.
Le violent accrochage « s’est conclu mercredi par l’abandon du terrain par l’ennemi et la destruction d’un campement terroriste conséquent », sur lequel ont été saisis une quinzaine de motos, un pick-up et un gros stock de matériel de fabrication d’engins explosifs improvisés, a-t-il affirmé. Deux soldats maliens ont été blessés pendant les combats. Seul le corps d’un djihadiste a été retrouvé sur le site.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sénateur américain Mark Warner explique son combat contre les campagnes d’influence de puissances étrangères .
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La propagande numérique de la Russie « a coûté moins cher qu’un avion F-35 »

Dans un entretien au « Monde », le sénateur américain Mark Warner explique son combat contre les campagnes d’influence de puissances étrangères .



LE MONDE
 |    18.10.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
18.10.2018 à 12h49
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Le sénateur de Virginie Mark Warner, vice-président du groupe démocrate au Sénat américain, siège au comité du Sénat sur le renseignement, qui mène l’enquête sur les opérations d’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016.
Il s’est fait remarquer par ses appels réguliers à un meilleur encadrement des publicités politiques en ligne et ses interventions très critiques de la manière dont Facebook, Twitter et Google ont géré les opérations de propagande. Le Monde l’a interviewé.

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Martin Untersinger : Comment expliquez-vous que les grands réseaux sociaux n’aient pas vu venir la campagne d’influence, menée par l’organisation russe Internet Research Agency (IRA), et ses milliers de publications de contenus de propagande ? Ses activités étaient pourtant connues et documentées depuis environ 2013.
Mark Warner : Je pense que les activités de l’IRA étaient connues, mais qu’aux Etats-Unis les entreprises ne l’ont pas vue venir. Elles n’étaient pas organisées pour le faire. Mais le gouvernement américain non plus n’en était pas conscient et a été pris par surprise. Les réseaux sociaux ont rapidement appris de leurs erreurs car, au moment de l’élection présidentielle de 2017, elles ont dit travailler activement avec le gouvernement français.
Les réseaux sociaux ont changé de posture depuis 2016, après avoir initialement nié l’impact des campagnes de désinformation. Ont-ils fait assez pour protéger les élections de mi-mandat ?
Ils se sont améliorés. Aux Etats-Unis, j’essaie de faire voter une loi qui obligerait à plus de transparence sur les publicités politiques en ligne, qui leur impose les mêmes règles que nous avons pour la télévision et la radio. Je n’ai pas encore pu défendre le texte, mais Facebook a pris les devants dans ce domaine, et c’est une bonne chose. Ils arrivent bien à identifier les faux comptes et disent en supprimer des milliers régulièrement.

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          Labels, moteur de recherche… les nouveaux dispositifs de Facebook sur la publicité politique



Même chose du côté de Twitter. Google, pendant un peu plus d’un an et demi [après l’élection de 2016], a été plutôt mauvais. La plupart des experts disent que Youtube est utilisé pour radicaliser les gens : Google doit mettre en place les mêmes protocoles que les autres entreprises.
Dans quel domaine souhaitez-vous que les réseaux sociaux fassent plus d’efforts ?
On devrait avoir le droit de savoir, sur les réseaux sociaux, quand on interagit avec un robot ou un humain, par exemple. Et puis il y a le problème de la localisation : si vous dites que vous postez de Paris mais qu’en fait vous êtes connecté à Saint-Pétersbourg, il pourrait y avoir une fenêtre qui vous dit que ce message ne provient pas de là où la personne prétend poster.
Est-ce que les Etats-Unis ont repéré, durant la campagne actuelle pour les élections de mi-mandat, une activité de propagande étrangère semblable à celle de 2016 ?
Il y a encore de l’activité. Cela n’est pas forcément pour appeler directement à voter pour le candidat X ou le candidat Y, mais ils essaient encore de diviser les Américains sur les questions sociales, de race… parce que ça marche, et cela ne coûte pas cher : si vous additionnez tout ce qu’ils ont dépensé pour interférer dans l’élection américaine et en Europe, cela coûte moins qu’un avion de combat F-35. C’est un sujet dont l’Occident doit prendre conscience.
Est-ce que le gouvernement américain travaille suffisamment avec les réseaux sociaux pour limiter l’interférence étrangère ?
Le gouvernement américain, en 2018, s’est concentré sur l’infrastructure du vote : les machines à voter, les listes électorales… C’est là qu’il y a eu plus d’efforts. Nous nous améliorons, mais nous ne sommes pas encore au niveau. Les Etats-unis et l’Occident ont considéré les campagnes de désinformation et les attaques informatiques comme deux champs distincts.
Les pays comme la Chine et la Russie voient cela comme un seul. Par exemple, si la Russie était à l’origine du piratage d’Equifax, ils auraient pu utiliser cette information pour faire des e-mails d’hameçonnage, ou pour cibler un post sur Facebook… Cette combinaison de désinformation et de cyberattaques est très puissante, et je ne pense pas que le gouvernement américain soit assez préparé.

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Le fait que le président Donald Trump ne veuille pas entendre parler d’une « menace russe » limite-t-il la capacité des Etats-Unis à faire face au problème ?
Oui, absolument. Tout le monde dans les services de renseignement réalise que la Russie est une énorme menace. Mais le président refuse encore d’accepter cette vérité. Dans une Maison Blanche normale, face à une menace comme celle-là, il y aurait un responsable spécialement désigné. Mais il n’y a pas de leadership à la Maison Blanche, chaque agence doit travailler dans son coin.
J’ai assisté à une réunion en juillet avec des représentants de nombreux pays, des Suédois, des Canadiens, des Ukrainiens… Le jour où nous étions rassemblés pour s’attaquer à cette nouvelle menace, c’était le jour de la piètre performance de Donald Trump face à Vladimir Poutine : nous nous sommes interrompus pour voir Trump s’incliner devant le président russe et nier le problème. Il devrait y avoir un leadership américain fort, mais pour l’instant, il n’existe pas.

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Pensez-vous que l’élection présidentielle de 2020 sera protégée contre le type d’ingérence qui a eu lieu en 2016 ?
Non. Nous verrons lors des élections de mi-mandat : nous ne connaissons pas encore le nombre de faux comptes qui seront actifs. Cela peut encore se produire.



                            


                        

                        

