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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Ces annuaires, même s’ils répondent encore aux objectifs du statista de la Renaissance, servent également celui ou celle qui doit pouvoir proposer un bilan positif.
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A quoi servent les annuaires statistiques ?

Ces annuaires, même s’ils répondent encore aux objectifs du statista de la Renaissance, servent également celui ou celle qui doit pouvoir proposer un bilan positif.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 16h00
    |

                            Baptiste Coulmont (contributeur Sciences) et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII)








                        



                                


                            
Carte blanche. La statistique, à l’origine, c’est un néologisme germanique du milieu du XVIIIe siècle, les Lehre von den Daten über den Staat, que je traduis comme les connaissances sur l’Etat que l’on peut tirer des données. Une nouvelle science utile à celui que les Italiens appellent par ailleurs le statista, l’homme d’Etat, qui doit s’occuper d’un territoire et d’une population. La ­statistique prend un tour quantitatif à partir du moment où se développent des ­techniques de comptage et de présentation des informations sous forme de graphiques ou de tableaux.
Le sens originel s’est quelque peu effacé aujourd’hui. La statistique, avec les probabilités, c’est maintenant d’abord une branche des mathématiques. Un ensemble de théories et de méthodes qui permettent, entre autres, à partir de l’échantillon d’une population, de mesurer, avec un certain ­degré de certitude, les caractéristiques de toute cette population.
Mais le sens originel perdure dans de nombreuses publications ministérielles : « bilans statistiques », « annuaire statistique » ou, pour le ministère de l’éducation, « références statistiques ». La tradition est ancienne : à partir du premier tiers du XIXe siècle, différents ministères créent leur publication. Le ministère des finances publiait ainsi le Bulletin de statistique et de législation comparée, dans lequel on peut, par exemple, ­apprendre qu’en 1896, en Lozère, 37 % de la monnaie en circulation était de la monnaie-or (à Paris, ce n’était que 8 %).
Fenêtre ouverte sur les mœurs
Avant que les sociologues ne se mettent à réaliser leurs propres enquêtes, ces annuaires étaient leurs sources principales de données chiffrées. Pour une raison simple : les traces des comportements humains enregistrées par ces livres étaient stables d’une ­année sur l’autre et variables sur une durée plus longue. Naissances illégitimes,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/17/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Certains traumatismes vécus par des parents provoquent des maladies sur plusieurs générations. En modifiant le fonctionnement des gènes, ils laisseraient des marques biochimiques qui se transmettent aussi.
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Le mystérieux rôle de l’épigénétique

Certains traumatismes vécus par des parents provoquent des maladies sur plusieurs générations. En modifiant le fonctionnement des gènes, ils laisseraient des marques biochimiques qui se transmettent aussi.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h37
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
« Les défis de la science ». La « cohorte de la faim » a encore fait parler d’elle au début de l’année 2018. Ce groupe de femmes, enceintes durant la terrible famine qui a ­affecté l’ouest des Pays-Bas pendant ­l’hiver 1944-1945, a été beaucoup étudié. Car on a découvert que les enfants mais aussi les petits-enfants de ces femmes mal nourries ont développé, plus que la moyenne, de l’hypertension artérielle, du diabète de type 2 et de l’obésité. Comment ces troubles ont-ils pu se transmettre d’une génération à l’autre, alors que la faim avait disparu ? Cela pourrait venir d’une transmission épigénétique : la malnutrition des mères aurait modifié ­l’expression de certains gènes chez leurs fœtus et ces modifications se seraient transmises à la génération suivante.
La nouvelle étude publiée par une équipe de l’université de Leiden (Pays-Bas) au début de 2018 accrédite en partie cette thèse : elle a identifié dans les cellules sanguines de 422 de ces enfants conçus pendant la famine une méthylation (l’un des mécanismes épigénétiques qui régulent le génome) de plusieurs gènes impliqués dans le métabolisme, qu’on ne retrouve pas dans le groupe contrôle (466 enfants des mêmes familles non conçus pendant la famine).
« Mais attention, prévient la ­généticienne Deborah Bourc’his, de l’Institut Curie, une corrélation entre la malnutrition et le profil de méthylation de l’ADN dans le sang n’implique pas un lien de cause à effet. C’est peut-être la maladie elle-même qui altère la méthylation des cellules sanguines.En matière d’alimentation, il ne faut pas exclure une transmission culturelle. » En fait, un débat sur les frontières de la transmission épigénétique agite les biologistes depuis quelque temps.
Tout le monde a admis que l’homme n’est qu’en partie déterminé par ses ­gènes. Car un ensemble de mécanismes dits épigénétiques, indispensables au ­développement normal, en modulent l’activité tout au long...




                        

                        


<article-nb="2018/10/17/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », le mathématicien Lê Nguyên Hoang explique qu’il serait imprudent d’exclure qu’une machine nous surpasse dans un avenir proche.
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« Il faut nous préparer au possible avènement d’une intelligence artificielle de niveau humain »

Dans une tribune adressée au « Monde », le mathématicien Lê Nguyên Hoang explique qu’il serait imprudent d’exclure qu’une machine nous surpasse dans un avenir proche.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h35
    |

Lê Nguyên Hoang (Mathématicien)







                        



                                


                            
Tribune. En 1970, Marvin Minsky annonce que « d’ici trois à huit ans, nous aurons une machine avec l’intelligence générale d’un être humain moyen ». Minsky était loin d’être un abruti. Il était alors l’expert mondial en intelligence artificielle. Cependant, sa prédiction était très ­erronée. Depuis, il est devenu courant pour les critiques de moquer les ­prédictions des experts, et pour les experts de ne pas se risquer à effectuer des prédictions.
Toutefois, depuis, les intelligences artificielles ont envahi nos vies. A l’échelle individuelle, elles gèrent nos spams, nous suggèrent des films, ­répondent à nos questions sur le Web, organisent notre consommation de l’actualité et complètent nos messages WhatsApp. A l’échelle de la société, ­elles aident les recruteurs à filtrer les CV des candidats, ajustent les productions et consommations énergétiques, ciblent les campagnes marketing des entreprises et des politiciens, calculent les prix des assurances et détectent les fraudes des utilisateurs.
Cette révolution semble nous avoir pris de court. Ce n’est souvent qu’après le déploiement de ces technologies qu’on s’est rendu compte qu’elles ­posaient des problèmes de confidentialité des données privées, de biais discriminatoires et de bulles d’information. Il semble y avoir urgence à mieux anticiper ces conséquences préoccupantes des intelligences artificielles d’aujourd’hui, afin de mettre en place des régulations ou des garde-fous.
Cependant, il serait malencontreux de ne penser qu’aux intelligences ­artificielles d’aujourd’hui, sachant la vitesse du progrès actuel de la recherche dans le domaine. L’année 2018 a ainsi vu l’émergence de technologies que les experts de 2017 auraient eu bien du mal à prédire, des prouesses en synthèse d’images de Nvidia à ­celles de l’assistant téléphonique Google Duplex. Toute régulation se doit d’anticiper l’émergence des technologies des années à venir.
« Il nous faut tous prendre la...



                        

                        


<article-nb="2018/10/17/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Il serait temps de débarrasser l’intelligence artificielle de tous ses oripeaux mystico-religieux, pour qu’elle soit considérée comme un progrès au service de l’humain, estime l’expert en IA, Alexandre Templier, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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« L’intelligence artificielle est exposée au risque des technoprophètes »

Il serait temps de débarrasser l’intelligence artificielle de tous ses oripeaux mystico-religieux, pour qu’elle soit considérée comme un progrès au service de l’humain, estime l’expert en IA, Alexandre Templier, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 10h00
    |

Alexandre Templier (Président et cofondateur de Quinten, cabinet de conseils en IA aux entreprises)







                        



                                


                            
Tribune. Qui eût cru, qu’un jour, la technologie se parerait des atours de la religion ? Une parure sémantique et symbolique qui suscite l’étonnement et mérite l’examen. Par exemple, lorsqu’il cofonda la Singularity University en 2008, Ray Kurzweil, le pape de l’intelligence artificielle (IA), a établi une charte d’engagement dont certains termes semblent sortis tout droit d’un livre religieux. On y parle de « communauté », de « chapitre », un rassemblement de religieux, ou encore de « credo », une formule contenant les articles fondamentaux d’une foi religieuse.

Il y a quelques mois, Anthony Lewandoski, ex-ingénieur chez Google et Uber, fondait « The way of the future ». Une organisation religieuse dont le but est, selon son fondateur, « de développer et promouvoir la prise de conscience d’une divinité basée sur l’intelligence artificielle pour améliorer la société ». S’il est pour le moment difficile d’identifier les intentions réelles – ironie ou buzz – de l’ex-ingénieur en chef de Google, cette initiative ajoute du concret aux appropriations évoquées précédemment. Toutefois, pour devenir une « religion », l’intelligence artificielle présente deux lacunes de taille : l’absence de transcendance et le manque d’une perspective claire.
Autorité régulatrice
S’il fallait trouver un équivalent au mot transcendance dans notre société matérialiste, le terme d’autorité régulatrice conviendrait parfaitement. Dans le monde religieux, la divinité dit le Ciel et la Terre, dans celui de l’intelligence artificielle il en va autrement. Aucune autorité n’est parvenue à en définir le périmètre. Conscients de son potentiel, les Etats commencent à forger des plans pour en favoriser le développement, à défaut de la réguler.

De Paris à Washington, cette notion d’encadrement semble loin dans l’agenda. Ainsi lors de la présentation du plan Intelligence artificielle, au printemps...




                        

                        


<article-nb="2018/10/17/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Une des pentes du volcan sicilien glisse progressivement dans la mer Méditerranée. Il pourrait provoquer un énorme tsunami s’il s’effondrait.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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L’Etna s’effondre peu à peu sous son poids

Une des pentes du volcan sicilien glisse progressivement dans la mer Méditerranée. Il pourrait provoquer un énorme tsunami s’il s’effondrait.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    17.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 09h39
    |

                            Clémentine Thiberge








                        



                                


                            

L’Etna, le volcan le plus actif d’Europe, glisse lentement et inévitablement dans la mer Méditerranée. Ce mouvement, les vulcanologues l’observent depuis des décennies, mais une nouvelle étude, publiée le 10 octobre dans la revue Science Advances, révèle que ce phénomène pourrait être beaucoup plus massif que ce que les scientifiques pensaient jusqu’à aujourd’hui.
Une équipe de chercheurs de l’institut océanographique Geomar, situé à Kiel, en Allemagne, s’est intéressée au déplacement du flanc sud-est du volcan sicilien. Les scientifiques ont utilisé une nouvelle technique de surveillance, appelée « géodésie marine ». Pour déterminer la stabilité des flancs du volcan, ils ont placé des capteurs acoustiques le long des pentes immergées. Durant quinze mois, chaque capteur a envoyé un signal sonore toutes les quatre-vingt-dix minutes, permettant ainsi de mesurer les distances de déplacement. « Ces capteurs ont permis pour la première fois d’enregistrer des glissements dus au volcan jusqu’à quelques centaines de kilomètres de la zone magmatique », explique Morelia Urlaub, chercheuse au Geomar et premier auteur de l’article. Chaque année, le flanc sud-est de l’Etna s’enfoncerait ainsi de 3 centimètres dans la Méditerranée.
Un mouvement dû à la gravité
« Cette étude est importante, car elle nous permet d’avoir pour la première fois des informations sur la partie immergée du volcan », souligne Mathieu Gouhier, volcanologue et physicien à l’Observatoire de physique du globe de Clermont-Ferrand. Cette nouvelle source de données a permis de déterminer la cause du mouvement du volcan, qui serait dû à la gravité. « Nous pensions que ce mouvement venait de la pression magmatique, précise Morelia Urlaub. Le fait qu’on enregistre des déplacements aussi loin prouve que le glissement est causé par le poids du volcan. »
Comprendre les causes du glissement est crucial pour l’évaluation du risque posé par le volcan...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Présidente du conseil scientifique du Remera, Elisabeth Gnansia alerte, dans une tribune au « Monde », sur l’insuffisance de financement des petites structures de santé, nécessaires à la créativité et à la vitalité de la recherche.
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« Protégeons les petites structures de santé »

Présidente du conseil scientifique du Remera, Elisabeth Gnansia alerte, dans une tribune au « Monde », sur l’insuffisance de financement des petites structures de santé, nécessaires à la créativité et à la vitalité de la recherche.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 09h50
    |

Elisabeth Gnansia (Médecin généticienne)







                        



                                


                            
Tribune. La controverse autour du cluster [agrégat de cas pathologiques survenant dans une fenêtre de temps et sur un territoire donnés] de bébés nés avec une malformation réductionnelle du membre supérieur est regrettable.

Les autorités de santé publique de notre pays font passer le message selon lequel, en l’absence d’hypothèses sur les facteurs qui sont à l’origine de ces malformations, on est forcé « d’arrêter de chercher et de continuer la surveillance ». Notre position de conseil scientifique du Remera [Registre des malformations en Rhône-Alpes] nous conduit évidemment à soutenir l’alerte donnée par sa directrice générale, Emmanuelle Amar, et à réclamer une enquête étiologique sérieuse. Mais elle nous conduit aussi, au-delà de cette situation particulière, à mener une réflexion plus large sur les petites structures de santé publique en France, dont le rôle est précisément de mettre en lumière les enjeux scientifiques plus larges d’une telle situation.

Les petites structures ont de plus en plus de mal à recevoir des financements, et donc à exister. Pourquoi ? Sans doute pour deux raisons.
Tendance actuelle
D’abord parce que la priorité est donnée au financement des recherches sur les grandes populations, sur les maladies qui concernent le plus de monde, ou sur les pathologies les plus graves. On peut dire simplement que ce qui intéresse les autorités de santé, c’est soit 10 cas de maladies rapidement mortelles, soit l’apparition de 100 000 cas de pathologies moins sévères. Ce qui est compréhensible, à première vue. Ensuite parce que la tendance actuelle à la concentration des secteurs d’activité amène les petites structures à s’adosser à de plus grandes structures pour travailler. Ainsi, elles disparaissent du paysage pour se réinventer ailleurs, et c’est la marche logique de l’histoire du capitalisme.
En quoi est-ce dangereux ? Deux raisons là encore.
D’une part, la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ L’inscription retrouvée dans une maison prouve que la ville n’a pas été détruite par le Vésuve le 24 août 79, mais deux mois plus tard.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/10/2018
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Un graffiti remet en question la date de la destruction de Pompéi

L’inscription retrouvée dans une maison prouve que la ville n’a pas été détruite par le Vésuve le 24 août 79, mais deux mois plus tard.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 18h34
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 08h10
    |

            Pierre Barthélémy








                        



   


Deux petites lignes inscrites au charbon sur un mur à hauteur d’homme. Un modeste graffiti qui modifie l’histoire d’un des sites archéologiques les plus connus du monde, Pompéi, et met un terme à une vieille querelle entre érudits au sujet de la date exacte à laquelle le Vésuve, en entrant en éruption, a détruit la célèbre ville romaine ainsi que ses voisines Herculanum, Stabies et Oplontis, en l’an 79 de notre ère.
Depuis toujours, les historiens s’appuient sur une copie du texte où Pline le Jeune raconte la catastrophe à l’historien Tacite et évoque le neuvième jour avant les calendes de septembre, soit le 24 août. Les archéologues ont, de leur côté, émis de plus en plus de doutes au sujet de cette datation, les indices recueillis sur le terrain plaidant pour une éruption volcanique survenant en plein automne.
Entêtement de certains « pompéianistes »
L’inscription récemment mise au jour dans la Maison au jardin, un des édifices actuellement en cours de fouille à Pompéi, fait pencher en faveur de cette seconde hypothèse.
Présenté mardi 16 octobre à l’occasion de la visite sur place d’Alberto Bonisoli, ministre italien des biens et activités culturels, ce graffiti donne la date de son inscription : « XVI K NOV », ce qui signifie « le seizième jour avant les calendes de novembre », soit le 17 octobre. Si la ville avait été ensevelie sous les cendres du Vésuve depuis le 24 août, son auteur n’aurait pu écrire ce minuscule texte près de deux mois plus tard…
Pour la spécialiste des peintures romaines Alix Barbet, directrice de recherche honoraire au CNRS, cette découverte met un terme à un débat qui n’avait plus vraiment lieu d’être, n’eût été l’entêtement de certains « pompéianistes » à s’accrocher à la date du 24 août : « Des recherches récentes permettaient déjà d’affirmer que ce n’était pas la bonne date. On a observé beaucoup de fruits d’automne à Pompéi : noix, figues, châtaignes, pruneaux, grenades et même des sorbes qui se récoltent encore non mûres entre septembre et octobre. » Des historiens ont toutefois argué que les fruits pouvaient être d’importation ou dater de l’année précédente.
Présence de braseros
Alix Barbet met en avant un autre élément agricole important : « On a la preuve que les vendanges étaient terminées. Il y avait de la lie, ainsi que des pépins de raisin, et les grands récipients en terre cuite étaient pleins et scellés dans deux villas. Or, les textes des agronomes antiques, comme Columelle mais aussi Pline l’Ancien, précisent que les vendanges commençaient à l’équinoxe d’automne – le 21 septembre – pour se terminer au coucher des Pléiades, le 11 novembre. » 
D’autres éléments indiquent une date automnale pour la catastrophe : la présence, dans les maisons pompéiennes, de nombreux braseros, pas vraiment utiles au mois d’août, ou les gros vêtements que portaient certains habitants.
Reste à comprendre d’où provient l’erreur initiale et à savoir à quelle date exacte le Vésuve est réellement entré en éruption. La réponse se trouve probablement dans… le texte de Pline le Jeune. Ainsi que l’explique Alix Barbet, « des épigraphistes ont, ces dernières années, ressorti d’autres copies de sa lettre à Tacite dont certaines mentionnent le neuvième jour avant les calendes de novembre et non pas celles de septembre ».
Quelque part, au Moyen Age, un copiste s’est probablement trompé dans la date, et son erreur s’est répercutée jusqu’à notre début de troisième millénaire… Pompéi a donc été ensevelie sous les cendres le 24 octobre 79 et non pas le 24 août, et c’est la semaine prochaine que la ville antique célébrera le 1 939e anniversaire de sa destruction.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/17/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ ­Lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Ces ondes agiraient sur le cryptochrome, une protéine au cœur d’un mécanisme pouvant engendrer la production de toxines.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Des chercheurs montrent que les champs magnétiques agissent sur les cellules

­Lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Ces ondes agiraient sur le cryptochrome, une protéine au cœur d’un mécanisme pouvant engendrer la production de toxines.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    16.10.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 10h17
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Attention, sujet glissant. Une équipe de Sorbonne Université démontre dans Plos Biology du 2 octobre que les champs magnétiques ont des effets biologiques, induisant la production de toxines. « Selon nos résultats, nous ne pouvons pas ignorer les réponses cellulaires à des champs magnétiques ­induits par les appareils électriques dans l’environnement, explique Margaret Ahmad, principale auteure avec Rachel Sherrad. Mais nous ne pouvons dire pour l’instant si ces ondes sont dangereuses pour les individus. »
En une phrase est résumée l’extrême sensibilité du sujet des risques des ondes en tout genre, ­lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Fait rare, l’éditeur a ajouté une note d’avertissement et publié un autre article rappelant le contexte afin « d’encourager des interprétations prudentes ». On peut le comprendre.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) constate que « les conclusions de l’évaluation des risques publiées en 2013 ne mettent pas en évidence d’effets sanitaires avérés » des radiofréquences. Tout en notant que celles-ci sont classées comme « cancérogènes possibles » par le Centre international de recherche sur le cancer. Autre signe de la complexité du sujet, David Keays, chercheur à l’Institut de pathologie moléculaire du Biocentre de Vienne, coauteur de l’article complémentaire de Plos Biology, cite les résultats opposés de deux études sur les liens entre leucémies et proximité des lignes haute tension.
En outre, les deux articles de la revue dressent la liste des effets des champs magnétiques connus des médecins car utilisés en… thérapie. Ainsi des stimulations ­magnétiques transcrâniennes soignent la dépression résistante. La magnétothérapie, utilisant des champs mille fois plus faibles, sert pour calmer des douleurs, relaxer, soigner des fibromyalgies… même si des spécialistes qualifient...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Depuis l’éviction du frondeur Peter Gotzsche, cette organisation, qui évalue les médicaments, fait face aux vives critiques de certains de ses membres, sur fond  de soupçons de conflits d’intérêt.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Cochrane, une institution ébranlée

Depuis l’éviction du frondeur Peter Gotzsche, cette organisation, qui évalue les médicaments, fait face aux vives critiques de certains de ses membres, sur fond  de soupçons de conflits d’intérêt.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h00
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
La Collaboration Cochrane s’enfonce dans une dangereuse discorde. Fondée en 1993 par un groupe de 80 chercheurs et médecins désireux d’échapper à l’influence de l’industrie et de promouvoir une « médecine fondée sur la preuve » (evidence-based medicine), la prestigieuse organisation est traversée par une crise sans précédent depuis que son conseil de gouvernance en a exclu, le 13 septembre, un professeur de médecine danois, Peter Gotzsche, connu pour ses positions très critiques vis-à-vis des entreprises pharmaceutiques. Son éviction avait entraîné la démission de quatre des treize membres du conseil de gouvernance, en ­signe de protestation contre le sort fait à ce membre fondateur de l’association, sanctionné officiellement pour des positions publiques personnelles radicales, qu’il n’aurait pas pris soin de ­distinguer de l’avis collégial de la Cochrane. M. Gotzsche, pour sa part, dénonce une « campagne de dénigrement » à son encontre et une « déliquescence morale » de la direction de l’organisation, qu’il accuse de vouloir mettre en place une stratégie de « marque ».
Inconnue du grand public, l’organisation a de fait acquis en un quart de siècle une importance cardinale pour les patients et les médecins. Cette organisation à but non lucratif forte de quelque 11 000 membres, généralement bénévoles, chercheurs ou praticiens, organise la publication de revues systématiques de la littérature scientifique, afin d’évaluer, avec indépendance et rigueur, les bénéfices et les risques de traitements médicamenteux ou d’interventions médicales. Les publications estampillées « Cochrane » jouissent, partout dans le monde, d’un haut niveau de ­reconnaissance. D’une manière ou d’une autre, les protocoles en vigueur pour le traitement d’un certain nombre de pathologies sont fortement influencés par les avis de la Cochrane.
Le délitement ou la décrédibilisation de l’organisation aurait ainsi des conséquences importantes. Celle-ci est fondée...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.
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Médicaments antidouleurs : overdose sur ordonnance

Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 17h03
   





                        


Editorial du « Monde ». La première cause de mort par overdose en France n’a pas pour origine l’absorption de drogues illégales, mais celle de médicaments, prescrits au grand jour, par des médecins, dans le but de soulager la douleur de leurs patients. Avec plus de 500 décès chaque année, les traitements opiacés tuent davantage que l’héroïne et la méthadone réunies. Et encore, le chiffre, de l’aveu même des spécialistes, est significativement sous-évalué.
Le fléau est encore loin d’atteindre le stade pandémique des Etats-Unis. En 2017, plus de 48 000 patients ont succombé à une surdose d’antalgiques, un chiffre en constante augmentation. L’ampleur est telle que des études font un lien direct avec le recul de l’espérance de vie aux Etats-Unis, un phénomène inédit depuis la seconde guerre mondiale dans un pays développé.

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                L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France



Les recherches sur des dérivés de la morphine afin de diversifier ses modes d’administration et de réduire ses effets secondaires datent d’une trentaine d’années. Une poignée de laboratoires ont multiplié les brevets à partir d’une molécule qui a longtemps suscité la méfiance du corps médical et des patients car associée à la toxicomanie ou aux soins palliatifs. Mais aux Etats-Unis, un lobbying intensif, un matraquage marketing efficace et un cadre législatif déficient ont réussi à surmonter les réticences, contribuant à banaliser ces médicaments opiacés. Plusieurs centaines de milliers de morts plus tard, les procès contre les laboratoires se multiplient, tandis que les pouvoirs publics américains ont toutes les peines du monde à enrayer le phénomène.
Sensibiliser les médecins généralistes
Il faut se féliciter que la France soit restée, jusqu’à présent, relativement épargnée. La publicité pour un médicament y est beaucoup plus réglementée qu’aux Etats-Unis. Par ailleurs, les prescriptions sont plus encadrées. Les antalgiques les plus puissants sont ainsi classés comme stupéfiants. S’ajoutent enfin des réticences d’ordre culturel. La France a traditionnellement une approche des traitements antidouleurs plus restrictive que les pays anglo-saxons.
Toutefois, les Français ne sont pas immunisés contre les dérives liées au recours à ce type de médicaments. Depuis 2000, le nombre de morts par opiacés a augmenté de 172 %, les hospitalisations ont été multipliées par trois et, en moins de quinze ans, les ventes d’Oxycodone, l’un des principaux produits responsables de l’épidémie américaine, ont bondi de 1 950 %.

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                L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé



Même si les chiffres en valeur absolue restent contenus, cette évolution spectaculaire doit nous alerter. Les abus sur les médicaments psychotropes, comme les benzodiazépines, prescrits au long cours, alors qu’ils sont à l’origine d’effets délétères, montrent qu’il est extrêmement compliqué de lutter contre les mésusages, une fois que les prescriptions se sont généralisées.
Dans le cas des antalgiques, il est nécessaire de redoubler de vigilance. Cela passe d’abord par une meilleure information des patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent. Il faut aussi davantage sensibiliser les médecins généralistes. Avec le développement de la médecine ambulatoire, ceux-ci se retrouvent de plus en plus sous la pression de malades qui rentrent chez eux avec des prescriptions présentant des risques d’addiction. Cette prévention est d’autant plus nécessaire qu’il ne faudrait surtout pas tomber dans une diabolisation du traitement de la douleur, alors que l’arsenal thérapeutique reste relativement limité.

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                Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le laboratoire produit l’OxyContin, un antidouleur fort qui peut induire des addictions. Nous l’avons interrogé sur la montée des overdoses liées au mésusage de cette classe de médicaments, observée aussi en France.
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Opioïdes : quatre questions au laboratoire Mundipharma

Le laboratoire produit l’OxyContin, un antidouleur fort qui peut induire des addictions. Nous l’avons interrogé sur la montée des overdoses liées au mésusage de cette classe de médicaments, observée aussi en France.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h50
    |

            Nathaniel Herzberg (propos recueillis par)








                        



                                


                            
L’OxyContin, un opioïde fort produit par la société Mundipharma, a connu une progression de 1950 % depuis 2004. Alors que les antalgiques sont devenus la première cause d’overdoses mortelles en France, Agnès Gentils, directrice des affaires pharmaceutiques du laboratoire, répond à nos questions.
La crise des opioïdes est mondiale. Les médicaments antalgiques, et notamment les spécialités d’oxycodone, sont mis en cause. Que répondez-vous ?
Nous comprenons que la situation aux Etats-Unis soit considérée comme étant une crise liée aux opioïdes, mais nous sommes en revanche en désaccord sur le caractère mondial de cette crise. La situation en France est très différente de celle des Etats-Unis.
Lorsque les médicaments opioïdes sont utilisés de manière appropriée et qu’ils font l’objet d’un suivi adéquat, ils jouent un rôle important dans la prise en charge de certains types de douleurs. Les opioïdes forts ont été approuvés par les autorités de santé dans le traitement des douleurs sévères qui ne peuvent être suffisamment traitées que par des analgésiques opioïdes forts, en particulier dans les douleurs d’origine cancéreuse.

Cependant l’oxycodone, au même titre que tous les autres opioïdes, peut provoquer des effets indésirables et fait d’ailleurs l’objet de mises en garde spéciales listées dans le résumé des caractéristiques du produit. Par conséquent, nous avons toujours été vigilants sur la manière dont nous assurions la promotion de ces produits et sur l’information délivrée aux professionnels de santé afin qu’ils prescrivent ces produits de manière appropriée et conformément au bon usage.
En France, le bon usage des opioïdes est supporté par le système français qui encadre strictement la prescription, la délivrance et l’usage des opioïdes forts. La communication des laboratoires auprès des professionnels de santé est très réglementée et les sociétés savantes émettent des recommandations de bon usage suivies...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.
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Les défis militaires de l’intelligence artificielle

De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h24
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
Pour les armées modernes, « l’intelligence artificielle (IA) se présente comme la voie principale de la supériorité tactique » et elle est devenue « un enjeu de défense prioritaire pour les puissances militaires du XXIe siècle ». Dans une étude que publie l’Institut français des relations internationales (IFRI) sur cette nouvelle révolution, un ancien pilote de l’armée de l’air, Jean-Christophe Noël, évoque un « humanisme militaire » menacé.  Il n’est pas certain, selon lui, que les robots pourront toujours, en accord avec le « modèle de l’équipier fidèle », rester « étroitement associé(s) à un homme en charge d’un système d’armes comme un avion de chasse, un blindé ou un navire ».
Les applications militaires de l’IA deviennent accessibles et semblent sans limites. Elles sont rendues possibles par les gigantesques quantités de données (images, sons, etc.) désormais accumulées – un Rafale produit plusieurs téraoctets de données par heure de vol, et chacun des trois satellites d’observation français successeurs d’Helios 2 permettra de produire, à partir de 2019, cent fois plus d’informations que l’ensemble de ceux utilisés aujourd’hui par les armées. De plus, les algorithmes acquièrent la capacité nouvelle d’apprendre seuls selon les situations qu’ils rencontrent. Préparation au combat par la simulation, renseignement, ciblage, optimisation du soldat… La course a démarré.

« Hyperwar »
Le département de la défense américain a lancé près de 600 projets intégrant l’IA, un domaine où il vient d’annoncer 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) d’investissement dans les cinq prochaines années. « Une IA surnommée ALPHA, qui fit ses classes en affrontant des programmes informatiques de combats aériens de l’Air Force Research Lab, a systématiquement triomphé d’un pilote de chasse chevronné en octobre 2015 », rappelle l’expert de l’IFRI. Le pilote américain a témoigné : «...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ « Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.
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Sagesse posthume de Stephen Hawking

« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.



LE MONDE DES LIVRES
 |    16.10.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 11h36
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps » (Brief Answers to the Big Questions), de Stephen Hawking, traduit de l’anglais par Tania de Loewe, Odile Jacob, 240 p., 19,90 €.

Quand, au début des années 1960, Stephen Hawking (1942-2018) apprend qu’il souffre de la maladie de Charcot, la médecine lui annonce une mort dans les années qui suivent. Si elle avait eu raison, le Britannique n’aurait pu explorer le monde troublant des trous noirs, il n’aurait pas écrit sa Brève histoire du temps (Flammarion, 1989), il ne serait pas devenu le scientifique le plus célèbre depuis Albert Einstein.
Mais la mort a eu la courtoisie d’attendre et, même après son rendez-vous avec elle, le 14 mars, Stephen Hawking continue de parler dans un ouvrage posthume qui paraît en anglais mardi 16 octobre et en français le 17.
Aucune interrogation ne lui semble insurmontable
Disons-le d’emblée, Brèves réponses aux grandes questions est un recueil de dix textes que le chercheur avait tirés de ses archives et il n’échappe pas aux travers du genre – chapitres inégaux, répétitions… Mais là n’est pas l’essentiel ; les testaments sont rarement bien écrits.
Avec l’assurance presque insolente qui le caractérisait, Stephen Hawking apporte ses réponses aux grandes, aux immenses questions qui ont traversé son travail de chercheur et de vulgarisateur pendant un demi-siècle : Dieu existe-t-il ? Comment l’Univers a-t-il commencé ? Peut-on prévoir l’avenir ou voyager dans le temps ?

Chacune de ces interrogations est en soi un Everest, mais aucune ne semblait insurmontable à celui qui, prisonnier d’un corps de chiffon, envoyait son cerveau explorer les confins du cosmos. C’est à ces voyages par la pensée que Stephen Hawking convie d’abord ses lecteurs.
En montrant par exemple que le Big Bang marque le commencement du temps, il explique que ce dernier n’est pas l’inexorable absolu des pendules,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.
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Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes

Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    15.10.2018 à 18h27
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h33
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            
Comme tous les ans, en août, le chiffre officiel est tombé. Glaçant. En 2017, 72 000 personnes sont mortes d’une overdose aux Etats-Unis. Parmi elles, deux tiers ont succombé à une surdose de médicaments contenant des opiacés naturels ou de ­synthèse. Un chiffre en hausse de près de 15 % par rapport à 2016, année record, ­selon les données des CDC (Centers for ­Disease Control and Prevention), qui ­inlassablement exposent les défaillances du système de santé américain.
Seule évolution encourageante de ce rapport : le nombre d’overdoses se tasse dans quelques Etats. Le Wyoming ­connaît une diminution de plus de 30 %, l’Utah une décrue de 12 %. Le Vermont, le Massachusetts, le Dakota du Nord et le Rhode Island ont observé des baisses de 1 % à 6 % des décès.

Particulièrement touchés par la crise, tous ces Etats ont, ces dernières années, pris des mesures pour la contrer : développement des centres de traitement de l’addiction (inexistants ou difficiles ­d’accès dans certaines parties du pays) et meilleure prise en charge des coûts liés à ces cures, information auprès des médecins pour limiter le nombre de prescriptions d’antidouleurs puissants, distribution de drogues de substitution, telles que la méthadone ou la buprénorphine, mise à disposition de l’antidote naloxone aux forces de l’ordre, aux pompiers, dans certains lieux publics… Menés sur plusieurs années, ces efforts ont donc permis une légère inversion de la tendance.
Mais le rapport des CDC est aussi porteur d’une sombre nouvelle : l’usage du fentanyl, une drogue de synthèse aux effets ­dévastateurs, qui fait l’objet de trafics dans les villes et les campagnes américaines, explose. Le nombre de morts suit, notamment au Nebraska (+ 38,6 %) et dans la plupart des Etats de la Côte est et du Midwest. Disponible, peu cher, produit en masse par des trafiquants venus de Chine et du Mexique, le fentanyl échappe aux radars des pouvoirs publics, contrairement aux comprimés antidouleur prescrits,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.
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L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé

Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h27
    |

            Pascale Santi et 
Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Aux Etats-Unis, l’OxyContin a longtemps fait figure de traitement miracle. Lancé en 1995 à grand renfort de publicité, ce puissant antalgique opiacé présentait deux qualités, assurait son fabricant, le laboratoire Purdue : il soulageait la douleur en continu – d’où son nom – et ne présentait que peu d’effets ­secondaires. C’était avant l’épidémie d’overdoses d’opioïdes qui, ­depuis près de quinze ans, frappe les Etats-Unis avec une vigueur toujours croissante.

Aujourd’hui, le laboratoire ­concentre, plus qu’aucun autre, les foudres de l’administration américaine. Chaque mois ou presque une nouvelle plainte est déposée contre lui. En septembre, le ­Colorado a rejoint la vingtaine d’Etats et de grandes villes américaines qui poursuivent l’entreprise américaine pour avoir omis d’indiquer aux patients les risques ­d’addiction à ce médicament. En 2007, déjà, trois de ses responsables avaient plaidé coupable de désinformation devant une cour fédérale. L’entreprise dut régler 600 millions de dollars d’amendes et de dommages, un quasi-record dans ce type d’affaires. Des plaintes déposées par le Kentucky et la Virginie-Occidentale se sont soldées par des arrangements de 24 millions et 10 millions de dollars. Ce qui n’a pas empêché le laboratoire de poursuivre ses activités et d’attaquer les marchés mondiaux avec des méthodes marketing particulièrement agressives.
Une enquête est ainsi en cours en Italie. En mai 2017, dix-sept ­personnes, parmi lesquels des ­responsables de Mundipharma, la branche européenne de Purdue, mais aussi du laboratoire concurrent Grünenthal (qui commercialise le Tramadol) ont été interpellées. Depuis, 70 personnes ont été mises en examen dans cette ­affaire de corruption. La justice les soupçonne d’avoir monté un système d’influence afin de favoriser leur laboratoire dans les décisions de mise à disposition, par les autorités publiques, des antalgiques.
Technique du salami
Arrivé en France en 2000, Mundipharma...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’abus et la dépendance aux antidouleurs constituent l’une des pires crises sanitaires de l’histoire récente. Aux Etats-Unis, elle fait des ravages croissants depuis dix ans.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
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L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France

L’abus et la dépendance aux antidouleurs constituent l’une des pires crises sanitaires de l’histoire récente. Aux Etats-Unis, elle fait des ravages croissants depuis dix ans.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    15.10.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 09h27
    |

            Nathaniel Herzberg et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Elle n’avait jamais fumé, jamais pris la moindre drogue, « j’avais l’alcool un peu facile, quand même ». Pourtant, après six ans de hauts et de bas, d’arrêts et de rechutes, Lucie est formelle (le prénom a été changé) : « Je suis addict et je ne peux plus m’en sortir seule. »
Pour cette femme de 34 ans, la rencontre avec les médicaments opiacés a eu lieu il y a six ans, après une opération des yeux. « J’avais mal, l’ophtalmo m’a prescrit du Dafalgan codéiné, se souvient-elle. Tout de suite, j’ai accroché. La diminution de la douleur mais aussi un apaisement corporel, un bien-être. Mais j’ai arrêté à la fin du traitement. C’est quelques mois plus tard, lors d’une crise de névralgie que j’ai recommencé. »
Cette fois, l’ingénieure médicale ne se ­contente pas des prescriptions. « C’est devenu une béquille. Si j’avais mal quelque part, ou un coup de mou, ça me faisait du bien. D’abord de façon épisodique, puis régulière, puis tous les jours. En quelques mois, je suis devenue accro. Sans produit, j’étais en manque : des bouffées de chaleur, des douleurs musculaires, des pics de tension… Je ne supportais pas d’être comme une droguée, j’ai décidé d’arrêter. »
Peu à peu, elle diminue les doses et finit par se ­sevrer du produit. Mais lors d’un nouvel épisode de névralgie, elle consulte un ami rhumatologue. « Il m’a proposé du Tramadol. Je lui ai dit que j’avais été accro à la codéïne mais il m’a rassurée : ça n’a rien à voir. Et j’ai replongé. En pire. Le produit est beaucoup plus puissant. J’ai essayé plusieurs fois d’arrêter mais les crises de manque sont beaucoup plus violentes. J’en prends tous les jours, je prévois mes boîtes quand je pars en voyage. Le produit me fait de moins en moins d’effet. J’en prends de plus en plus. Je suis à la dose maximum quotidienne autorisée. Sauf que ça fait deux ans alors qu’on ne devrait pas dépasser une semaine. »
« J’ai peur de mourir »
Comment...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Une étude parue dans « Science » montre que les services d’analyse d’ADN grand public, utilisés pour des recherches généalogiques, présentent un risque majeur pour la vie privée.
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Publié le 15 octobre 2018 à 15h08 - Mis à jour le 15 octobre 2018 à 15h17   Lecture 2 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail              Ils s’appellent 23andMe ou Ancestry, pour ne citer que les deux plus grands. Depuis quelques années, ces sociétés privées proposent aux Américains d’analyser leur ADN. Les clients envoient, par courrier, un prélèvement buccal, et reçoivent ensuite une analyse complète de leur génome, pour un coût d’environ 150 euros. Ces informations sont notamment prisées des personnes essayant de reconstruire leur arbre généalogique. De nombreux clients publient ensuite, de manière anonyme, ces données sur des bases de données publiques, comme GEDmatch, qui leur propose de trouver des liens génétiques avec d’autres personnes – là encore, un outil utile pour les généalogistes.          Mais une fois accumulées, les données génétiques, comme toutes les autres, attaquent le respect de l’anonymat de nombreux individus. Une étude publiée dans Science le 11 octobre, et analysée par le magazine Wired, montre qu’il y a, désormais, suffisamment de données génétiques disponibles dans GEDmatch pour permettre de mettre des noms, avec un taux de réussite important, sur des échantillons ADN de personnes qui n’ont, pourtant, jamais utilisé les services de 23andMe ou d’Ancestry.          Recherches en ligne et comparaisons          Selon les chercheurs, 60 % des Américains ayant des ancêtres européens peuvent ainsi être identifiés précisément à partir d’une méthode de recherche, même s’ils n’ont pas envoyé leur ADN. Le recoupement de diverses informations et la comparaison d’un échantillon d’ADN avec des bases de données ADN déjà existantes conduisent à pouvoir trouver l’identité précise de la personne, dont est issu l’échantillon. Ce genre de technique par déduction avait été utilisé pour identifier le tueur en série présumé dit « Golden State Killer », en 2017, en Californie.            Pour cela, la méthode de recherche déroulée par l’étude parue dans Science a lieu en deux étapes. Dans un premier temps, la comparaison de l’ADN d’une personne avec ceux présents dans les bases de données permet d’obtenir une liste de personnes qui font potentiellement partie de sa famille élargie, ou de ses ancêtres. Ensuite, des recherches en ligne classiques permettent d’éliminer des profils, en se basant sur le lieu ou la date de naissance de la personne qu’on cherche à identifier, ou encore sur la proximité génétique des profils, pour identifier de proches parents de la cible, et ainsi en déduire son identité.          La technique utilisée, démontrée par l’étude, se fonde sur des Américains ayant des ancêtres européens, car la très grande majorité des personnes ayant utilisé ces services sont blancs. De tels profils liés à des « ancêtres européens » ont permis aux chercheurs d’obtenir une masse critique de données facilitant l’analyse de leurs profils génétiques.           Lire aussi Aux Etats-Unis, des profils ADN très peu confidentiels                                   Codes Promos avec Global Savings Group     6€ de réduc en parrainant un ami sur Groupon  -15% au plus sur certains vols EasyJet  -10€ sur tous les vols Volotea  Location Europcar : 1 jour sans frais  Boulanger : -15% sur les Accessoires  -30€ dès 300€ d'achat avec Made.com     Toutes les offres                 Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Avec l’EOS 5R, Canon diverge du reflex  Canon a annoncé un appareil hybride à très grand capteur qui se passe de visée reflex, quelques semaines après Nikon, et plusieurs années après Sony.                          Test : que vaut vraiment l’offre numérique de RMC Sport pour suivre les coupes d’Europe ?  Pixels a testé le site et l’application du nouveau bouquet sportif de SFR. Si les bugs techniques ont disparu, l’expérience reste assez pauvre.                      L’enceinte Google Home devient bilingue et prend du coffre  On peut désormais poser des questions dans deux langues aux enceintes connectées de la marque. Un nouveau modèle plus puissant fait également son apparition en France.                      Ce qu’il faut savoir de Bowsette, la créature hybride qui a envahi Internet  Les utilisateurs des réseaux sociaux ont de fortes chances de croiser ce personnage issu du mélange de deux héros de Nintendo. Il s’agit de l’un des phénomènes viraux les plus rapides de l’année.                          Manipulation des réseaux sociaux, achats d’informations, faux profils... les propositions de Psy Group au candidat Trump  Le « New York Times » a révélé trois devis par lesquels la société israélienne a proposé ses services à l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016.                      Un « événement » anti-extrême droite victime de la campagne de nettoyage de Facebook  En bannissant 32 faux comptes liés à des tentatives de manipulation politique, Facebook a supprimé la page événement d’une manifestation contre l’extrême droite prévue à Washington.               
 / AFP / GABRIEL BOUYS                      / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO MOBILE PUSH ALERTS/DOWNLOADS


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Retour inattendu des bébés tortues sur une plage de l’Hérault

L’impressionnante tortue Caouanne ne se reproduit jamais en France. Pourtant, 63 petits ont récemment vu le jour près de Montpellier.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h39
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. L’heureux événement a eu lieu le 7 octobre, sur une plage de l’Hérault. Un couple de promeneurs a découvert sur le sable un bébé tortue. « Il y a vingt ans, ils n’auraient sans doute rien fait, mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, nous avons été instantanément prévenus, raconte Jean-Baptiste Sénégas, directeur du Centre d’études et de sauvegarde des tortues marines de Méditerranée (CESTMed), du Grau-du-Roi. Vingt minutes plus tard, nous étions sur place. »
Ce que l’équipe découvre ce matin-là est proprement exceptionnel. Il y a le petit, affaibli et incapable de gagner la mer. Mais, surtout, des dizaines d’œufs, qui, dans l’après-midi, vont éclore les uns après les autres. Entre 17 heures et 19 heures, pas moins de 58 petites tortues dévalent la plage et rejoignent la mer. « Nous avons pris en charge quatre autres “tortillons”, trop faibles. Trois d’entre eux ont passé une nuit au chaud au centre, puis nous les avons ­relâchés le lendemain, précise Jean-Baptiste Sénégas. Il en reste deux, encore en soin chez nous. Ils reprennent des forces. » Le naturaliste, lui, se remet lentement de ses émotions.
C’est que ces tortues ne sont pas n’importe qui. Des caouannes, de jolies bêtes qui affichent une centaine de kilos sur la balance une fois adultes et peuvent atteindre l’âge de 80 ans. Leurs naissances en France sont rarissimes. Deux pontes ont bien été repérées sur les plages de la Côte d’Azur depuis quinze ans par le Réseau des tortues marines de Méditerranée française, mais seuls quatre bébés, en tout, ont survécu. « Alors imaginez, 63 ! », commente le scientifique.
Une ponte tous les deux ans
Pourtant, la présence des caouannes en Méditerranée est une vieille histoire. Aussi vieille que la Méditerranée elle-même. L’espèce existe depuis 100 millions d’années, dit-on, soit plus que notre chère mer. Sauf que les caouannes ont leurs habitudes. Elles...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.
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« Dans l’espace, ceux qui arrivent après les explorateurs sont les commerçants »

Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    15.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h31
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            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Historien des sciences et théologien – il a longtemps été dominicain –, Jacques Arnould est l’expert éthique du Centre ­national d’études spatiales, un poste sans équivalent dans les autres agences spatiales mondiales. Selon ses propres mots, son travail consiste « à s’interroger sur le pourquoi et le comment des activités spatiales ». ­Jacques Arnould est aussi l’auteur de Oublier la Terre ? La conquête spatiale 2.0 (Le Pommier, 166 pages, 17 euros). Nous l’interrogeons sur le bouleversement en cours du secteur spatial alors que la NASA vient de souffler ses 60 bougies et que le monde célébrera en 2019 les 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune.
Pendant longtemps, l’espace a été la chasse gardée des Etats, mais vous expliquez dans votre livre que nous sommes en train de changer d’ère, de passer à « la conquête spatiale 2.0 » avec l’émergence rapide des acteurs privés du « NewSpace » – la société SpaceX d’Elon Musk, mais aussi Blue Origin de Jeff Bezos ou Virgin Galactic de Richard Branson…
Il faut commencer par dire que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Dès les origines du spatial, on a compté de nombreuses sociétés du privé, notamment aux Etats-Unis, qui essayaient de faire la même chose que les Etats et de construire leurs propres fusées.
Pendant longtemps, ces tentatives n’ont pas abouti mais ce n’est plus le cas depuis la fin des années 2000. Pourquoi ? Une des réponses est contenue dans le rapport sur la politique spatiale américaine que Barack Obama demande après son élection et que Norman Augustine rend en 2009. Une de ses recommandations est d’ouvrir les portes de la NASA aux entreprises privées et donc d’orienter des financements publics vers ceux que l’on va ­appeler les acteurs du NewSpace.
Une ère se termine – les Etats-Unis renoncent au programme Constellation de retour sur la Lune, leurs navettes spatiales cessent de voler deux ans plus tard –, une autre commence. Mais ce...




                        

                        

