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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La comédie de Fred Cavayé réunit autour d’une table trois couples et un célibataire, parmi lesquels s’immiscent, via les téléphones portables, des hôtes indésirables.
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« Le Jeu » : un dîner entre amis qui vire au grand déballage

La comédie de Fred Cavayé réunit autour d’une table trois couples et un célibataire, parmi lesquels s’immiscent, via les téléphones portables, des hôtes indésirables.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h44
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Marie et Vincent ont invité à dîner Ben (le seul célibataire du groupe), Charlotte et Marco, Thomas et Léa, tous quadras ou quinquagénaires, amis de longue date, rodés aux moqueries amicales et complices. Malgré les audaces culinaires de Vincent qui, comme d’habitude, vont forcément réserver de mauvaises surprises, la soirée promet d’être bonne.
Elle l’est jusqu’à ce que soit décidé un jeu dont la règle, aussi simple que risquée, consiste à poser tous les téléphones portables au milieu de la table. Cela afin d’exposer aux yeux (et aux oreilles) de tous, les appels, SMS, mails, messages Facebook de chacun. Et de prouver que personne n’a de secrets inavouables. Autant dire que la soirée va très vite tourner au vinaigre jusqu’à prendre des allures de cauchemar.
Adaptation française d’un film italien sorti en 2016, Perfetti sconosciuti, de Paolo Genovese, Le Jeu, de Fred Cavayé, apporte au cinéma une nouvelle variation du dîner entre amis qui vire au grand déballage. Un genre qui s’épanouit en huis clos, à partir d’une mécanique de boulevard dont le rythme, autant que le dessein, repose sur les effets de surprise, les rebondissements et les retournements de situation.
L’ennui du quotidien
Comme les films qui l’ont précédé, Le Prénom (2012), d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte ou Le code a changé (2009), de Danièle Thompson, Le Jeu a pour décor l’appartement d’un couple aisé dont les amis appartiennent tous à la même catégorie : des bobos parisiens dont l’un des principaux soucis est de composer (et de s’arranger) avec l’ennui du quotidien qui émousse le désir et donc la relation amoureuse au sein du couple. Le défi que se lancent les amis, durant cette soirée, ne révèle d’ailleurs que des cachotteries d’ordre sentimental ou sexuel.
Cette limite qui circonscrit le propos, si restrictive soit-elle, a le mérite de laisser le champ large à son exploitation. Car Le Jeu ne se contente pas de divulguer les tromperies de chacun, elle en creuse jusqu’à l’os – et jusqu’aux larmes – les raisons et les effets. Telles une énigme à étages ou un emboîtement de poupées russes, certains secrets en éclairent d’autres qui, à leur tour, mettent en lumière de nouveaux faux-semblants. De cette onde de choc, nul ne sortira indemne.
L’une des plus grandes originalités du film est le surgissement de personnages que l’on ne voit pas et qui font tout basculer
Au sein de ce huis clos qui vacille, Fred Cavayé trouve son propre terrain de jeu. A partir d’une mise en mise en scène qui place le spectateur parmi les convives, il conduit son monde à travers le flot d’un courant qui charrie des rires, des tensions et des émotions. Avec, à son service, une troupe d’acteurs – Suzanne Clément, Bérénice Bejo, Doria Tillier, Stéphane de Groodt, Grégory Gadebois, Roschdy Zem, Vincent Elbaz – dont l’étendue des expressions se module jusque sur les visages.
Et un scénario dont le postulat fournit l’une des plus grandes originalités du film : le surgissement de personnages que l’on ne voit pas, que l’on imagine parfaitement, et qui font tout basculer. Sortis des portables, ils entrent virtuellement dans le champ et servent à leur tour, de manière contemporaine, la tradition du théâtre de boulevard.

        Lire « Un apéro avec… » Stéphane de Groodt :
         

          « Je suis un homme de biais »




Film français de Fred Cavayé. Avec Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane de Groodt, Grégory Gadebois, Roschdy Zem, Vincent Elbaz, Doria Tillier (1 h 30). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/le-jeu



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Avec « Le Cœur blanc », l’écrivaine livre le roman des saisonniers agricoles. Pour Mounia et Rosalinde, épuisement, ivresse et désir se mêlent – jusqu’au tragique.
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Catherine Poulain récolte les fruits amers

Avec « Le Cœur blanc », l’écrivaine livre le roman des saisonniers agricoles. Pour Mounia et Rosalinde, épuisement, ivresse et désir se mêlent – jusqu’au tragique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    17.10.2018 à 16h00
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Le Cœur blanc, de Catherine Poulain, L’Olivier, 256 p., 18,50 €.

C’est un phénomène éprouvé par tous, une ou plusieurs fois par an, qu’on peine pourtant à exprimer à haute voix : le sentiment inouï d’intimité qu’un livre parfois suscite, l’évidence d’un tête-à-tête se conjuguant à la conviction que d’autres l’éprouveront pareillement. Le Cœur blanc, de Catherine Poulain, produit cet effet-là. Par son style incandescent et par son sujet. Il parle du corps, celui des saisonniers employés dans les vergers et les champs de Provence, de leurs histoires inscrites dans leur chair. Les sensations affleurent – épuisement, ivresse, désir – tandis que se démène une « créature aux reins brûlants ». « Je n’aime que cette course, dit-elle, cette lutte des corps, la morsure… La seule chose qui me fait me sentir vivante, c’est ma peau et celle de l’autre. Et l’instinct, celui qui nous fait sortir de nous-mêmes. » Voilà ce que confie Rosalinde, femme libre et solitaire. « Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d’une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu’elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l’écrase – sur son cœur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s’arrête. »
Un livre foncièrement politique
Pour élégiaque et peau à peau qu’il soit, le deuxième récit de Catherine Poulain, après Le Grand Marin (L’Olivier, 2016) – lui aussi, tout à la joie et à la peine –, est un livre foncièrement politique, en ce sens qu’il porte sur le travail, ses conditions d’exercice, les gestes techniques qu’il exige, les accidents qu’il occasionne, la dépense physique qui en découle. Que le mot « politique » n’effraie pas. Il ne figure pas dans le texte. Juste les aboiements des contremaîtres – « feignants », « enculés »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Avec une discrète finesse, l’animateur réussit à faire parler sept écrivains francophones à succès.
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« Profession… écrivain.e » : cuisine et dépendances à la table de Michel Denisot

Avec une discrète finesse, l’animateur réussit à faire parler sept écrivains francophones à succès.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 14h15
    |

            Renaud Machart








                        



   


Canal+, mercredi 17 octobre à 22 h 35, magazine
Michel Denisot l’a reconnu : le concept de sa nouvelle émission pour Canal +, « Profession… » s’inspire de « Roundtables », produite aux Etats-Unis par le site Internet du Hollywood Reporter : autour d’une table (ronde, comme son nom anglais l’indique) dialoguent les représentants d’un métier du cinéma et de la télévision.
Lancée en 2017, « Profession… » a accueilli successivement des réalisateurs, des actrices, des acteurs, des humoristes, mais aussi, pour le plus récent épisode, des créateurs de mode. Denisot a annoncé convoquer à sa table, dans les prochains mois, de grands avocats, des entraîneurs de football, etc. L’émission dépassera donc les limites de son cadre d’origine.
Lancée en 2017, « Profession… » a accueilli successivement des réalisateurs, des actrices, des acteurs, des humoristes et des créateurs de mode…
Le nouveau numéro, que diffuse Canal + à partir du 17 octobre, reçoit sept écrivains : Frédéric Beigbeder, Aurélien Bellanger, Joël Dicker, Philippe Jaenada, Amélie Nothomb, Tatiana de Rosnay, Leïla Slimani. Ils ont tous connu le couronnement d’un prix littéraire et/ou le succès sonnant et trébuchant de tirages plus ou moins faramineux.
Il y a un blanc assez éloquent quand le Suisse Joël Dicker, rappelant qu’il avait hésité à publier La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Editions de Fallois, 2012), répond à Denisot qui lui demande le chiffre des ventes de ce succès de librairie : « 5 ou 6 millions… ». On appréciera l’élégance vague du « ou »…
Pas de génies
Le casting de cette émission ne compte sûrement pas de grands génies de langue française ou de représentants d’une littérature plus « difficile ». Et l’on imagine difficilement Pierre Guyotat face à Tatania de Rosnay. Mais qu’importe : l’émission ne juge pas de la qualité présumée de telle ou tel, mais de la mécanique du métier.
Michel Denisot, qui dit de lui-même « Je ferais parfois mieux de parler plutôt que de ne rien dire », a un art consommé de l’absence vigilante. Il ne dit pas grand-chose en effet, et lance des questions courtes et simples : « Pourquoi écrivez-vous ? », « La page blanche, ça existe ? »,« Vous écrivez sur papier ? », « On sait qui vous êtes en vous lisant ? », etc.

        Lire, dans « L’Epoque », un apéro avec Michel Denisot :
         

          « Je n’ai réussi que les concours de circonstances »



Ce sont, en apparence, les ­interrogations naïves d’un voyageur lambda qui rencontrerait l’un de ces auteurs dans un train. Mais cette neutralité de M. Tout le Monde dont se joue très ­artistement Denisot est assez chabrolienne : de la même manière que le cinéaste semblait laisser la bride sur le cou de ses équipes et acteurs, alors que rien en fait ne lui échappait, Denisot mène son petit monde avec une redoutable efficacité.
Un agréable échange
« Profession… écrivain » n’ennuie pas, évite les suites de monologues (même si certains invités sont plus bavards que d’autres) et instaure un agréable échange entre les écrivains – qui ont d’ailleurs l’air de bien se connaître, pour certains, et se tutoient, pour la plupart.
On passera sur des private jokes entre Denisot et Frédéric Beigbeder, qui se connaissent peut-être trop bien (comme avec Alain Chabat dans l’émission consacrée aux réalisateurs), mais on aurait aimé en savoir plus sur la pratique bilingue du roman par Tatiana de Rosnay, née de mère britannique. Etant toutefois, à ce qu’on sache, la seule en cette situation et capacité sur le plateau de ce numéro de « Profession… », son témoignage n’aurait pas pu être étayé par celui de ses camarades et confrères francophones.
Profession… écrivain, émission présentée par Michel Denisot. Avec Frédéric Beigbeder, Aurélien Bellanger, Joël Dicker, Philippe Jaenada, Amélie Nothomb, Tatiana de Rosnay, Leïla Slimani (Fr., 2018, 1 heure). www.mycanal.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Cauchemardesque et magnifique, le film de Denis Villeneuve se situe trente ans après le premier épisode de Ridley Scott.
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« Blade Runner 2049 » : requiem hypnotique pour humains et robots

Cauchemardesque et magnifique, le film de Denis Villeneuve se situe trente ans après le premier épisode de Ridley Scott.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 13h58
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


OCS Max, mercredi 17 octobre à 20 h 40, film
Nous sommes aujour­d’hui à la veille des temps annoncés par le Blade Runner de ­Ridley Scott. Réalisé en 1981, situé en 2019, Blade ­Runner voyait loin, mais pas toujours juste, comme toutes les grandes œuvres d’anticipation. Plutôt que de se risquer à faire le point sur les zones de flou du film de Scott, le scénario de Blade ­Runner 2049 fait un saut en avant de trente ans.
Denis Villeneuve s’en est emparé et a produit un film cauchemardesque et magnifique, immersion toxique et exquise dans un univers qui distille les résultats cataclysmiques des choix malheureux de l’humanité. Le cinéaste qué­bécois a enveloppé ce paysage d’apocalypse d’une brume radio­active dans ­laquelle se meuvent des personnages à l’identité fluctuante – humains, machines, ­vivants, morts...

        Lire l’entretien avec Denis Villeneuve :
         

          « Faire une suite de “Blade Runner”, je n’aurais jamais osé avoir cette idée »



Blade Runner 2049 est empreint d’une tristesse fataliste qui trou­ve en Ryan Gosling son incar­nation idéale. Son personnage a été baptisé K. Son statut de réplicant n’est jamais mis en doute. C’est parce qu’il est lui-même un androïde d’apparence humaine qu’il est le mieux qualifié pour ce poste de « blade runner », pourchassant les derniers survivants de la génération des machines que traquait déjà Rick Deckard (Harrison Ford).
Désert jonchés de ruines
K. exerce sa triste profession dans l’agglomération de Los Angeles. La première exécution extra­judiciaire que commet K. met en branle un très lourd et très lent mécanisme qui redéfinit progressivement la question que posait Philip K. Dick dans le roman qui servit d’inspiration à Ridley Scott : est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ?
Alors que le parcours de ­Deckard dans « Blade Runner » l’amenait à prendre conscience de sa vraie ­nature, celui de K. relève plus de l’éveil politique
En tuant un réplicant, K., lui-même tout à fait conscient de sa condition de machine, a ouvert une brèche dans le mur sans faille que les humains ont érigé pour ­tenir leurs créatures robotiques à l’écart de l’espèce qui les a conçus. Alors que le parcours de ­Deckard dans Blade Runner l’amenait à prendre conscience de sa vraie ­nature, celui de K. ­relève plus de l’éveil politique.
Les îlots de population, généralement misérables, sont entourés de déserts jonchés de ruines, qui s’étendent vers l’est jusqu’à Las ­Vegas, figuration de l’enfer sur Terre. C’est là que K. rencontrera Deckard. Ce qui se trame entre eux laisse le même goût d’inachevé, les mêmes regrets que le reste de ce film qui est comme un requiem (à peine prématuré) pour une humanité aveuglée par son orgueil. Au tréfonds de ce long-métrage sans fin, hypnotisé, halluciné, on a perdu l’envie d’en sortir.
Blade Runner 2049, de Denis Villeneuve avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas (EU, 2017, 163 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Du 12 au 14 octobre, la cité alsacienne a accueilli expositions et démonstrations d’artistes de la pierre et du végétal venus du monde entier.
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Pendant trois jours, Mulhouse a été la capitale mondiale du bonsaï

Du 12 au 14 octobre, la cité alsacienne a accueilli expositions et démonstrations d’artistes de la pierre et du végétal venus du monde entier.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h43
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            

Chaque année, lors des Journées d’octobre – une foire commerciale et gastronomique –, la ville de Mulhouse organise un « show floral », Folie’Flore. Grand public, cet événement local attire beaucoup de monde. Cette année, à l’occasion du 160e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre le Japon et la France, Mulhouse a voulu participer, à sa manière, aux célébrations. Intitulé... « Mulhouse loves Japan », le programme comprenait des expositions, dans différents lieux de la ville, de peintures, d’estampes et de photographies, ainsi que d’objets et de vêtements traditionnels. Mais le clou des manifestations aura bien sûr été les expositions de bonsaïs, ces arbres nanifiés en pot qui, depuis un millénaire au Japon, plus de deux mille ans en Chine, incarnent, travaillés par la main de l’homme, la beauté de la nature.

Double événement parallèle, le Congrès mondial du bonsaï (du Bonsail Clubs International) et le congrès de la Fédération française du bonsaï se tenaient simultanément, avec une succession de conférences et de démonstrations de savoir-faire. Probable équilibre diplomatique, le précédent congrès ayant eu lieu à Taïwan, le prochain se tiendra à Guiyang, dans la province de Guizhou, en Chine. A Mulhouse, afin de partager avec les visiteurs les attraits de la ville, les bonsaïs ont été présentés au parc des expositions, au Musée des beaux-arts et dans le jardin zoologique et botanique. Dehors, donc, comme il convient pour ces (petits) arbres qui n’ont pas subi de modifications génétiques...

Plus que l’âge, même si certains peuvent avoir été entretenus pendant... des centaines d’années, ce qui fait la valeur d’un bonsaï, c’est avant tout la beauté de ses lignes. Ainsi, le mouvement du tronc en forme de S est particulièrement apprécié des connaisseurs. Cette harmonie est obtenue par un travail d’enlèvement du bois mort, de taille des branches et du feuillage, voire d’écorçage d’une partie du tronc....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’auteur du « Lièvre de Vatanen » est décédé le 15 octobre à Espoo, en Finlande. Il avait 76 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Mort d’Arto Paasilinna, auteur burlesque et amoureux du Grand Nord

L’auteur du « Lièvre de Vatanen » est décédé le 15 octobre à Espoo, en Finlande. Il avait 76 ans.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h53
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Il était l’un des écrivains contemporains finlandais les plus connus et les plus exportés dans le monde. Auteur de 35 romans traduits en presque autant de langues, Arto Paasilinna est mort à Espoo, dans son pays natal, lundi 15 octobre. Il était âgé de 76 ans.
C’est avec Le Lièvre de Vatanen, son troisième roman (Denoël, 1989), que ce romancier burlesque et pince-sans-rire s’était fait remarquer en France, il y a presque trente ans. Ce Lièvre – qu’il avait « lâché » quatorze ans plus tôt dans les forêts de bouleaux : le livre était sorti en Finlande en 1975 – avait la vivacité bondissante de son héros, Vatanen, journaliste à Helsinki et quadragénaire « marié, trompé, déçu, avec un début d’ulcère à l’estomac », mais une capacité hors pair à se réinventer. Un jour, un peu comme Alice à la poursuite du lapin blanc, l’infortuné Vatanen avait décidé de laisser derrière lui femme, travail et civilisation pour se lancer sur les traces d’un lièvre blessé, dans une course symbolique vers le cercle polaire. Se moquant des convenances et de l’incompréhension des autres, Vatanen, en faux candide, en profitait pour interroger très ironiquement tout ce qui l’entourait – politique, information, religion, mode de vie… –, recherchait un art de cultiver son jardin dans les silences infinis du Grand Nord et trouvait un nouvel élan dans l’intimité réconfortante d’une nature encore intacte.
Garçon des forêts
Etait-ce sa teneur philosophique ? Son « humour écologique » ? Sa façon de célébrer joyeusement des valeurs ancestrales ? Dès sa sortie, ce conte picaresque, précurseur pour son époque, avait fait mouche. En Finlande – plus d’une centaine de milliers d’exemplaires vendus dans un pays ne comptant que 5 millions d’habitants –, mais aussi à l’étranger. De son propre aveu, Paasilinna, pourtant, n’avait jamais eu la vocation de l’écriture. Né le 20 avril 1942 en Laponie – et plus exactement dans un camion alors que sa famille fuyait l’avancée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le nouveau locataire de la rue de Valois a choisi de placer son action dans la « continuité » de celle de sa devancière, Françoise Nyssen.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Au ministère de la culture, Franck Riester hérite de la délicate réforme de l’audiovisuel

Le nouveau locataire de la rue de Valois a choisi de placer son action dans la « continuité » de celle de sa devancière, Françoise Nyssen.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 10h59
    |

            Damien Leloup et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Françoise Nyssen n’a pas manqué de le souligner lors de la passation des pouvoirs, mardi 16 octobre : Franck Riester, son successeur au ministère de la culture, « connaît par cœur » l’audiovisuel. L’ex-directrice d’Actes Sud possédait une grande connaissance du monde de l’édition, mais se sentait moins à l’aise avec la télévision, la radio et le numérique. Pourtant, les deux ministres du gouvernement d’Emmanuel Macron ont utilisé le même mot pour décrire leur action – passée et future – sur le secteur des médias : « continuité ».

Franck Riester a fait applaudir Mme Nyssen – qu’il a appelée « chère Françoise » – et l’a saluée pour « son humanité, son empathie et sa détermination ». Il s’agissait pour la majorité de soigner la sortie d’une éditrice influente, symbole de l’ouverture de l’exécutif macronien à la société civile, mais remplacée après dix-sept mois d’un mandat émaillé de critiques et d’affaires liées au non-respect des règles d’urbanisme et de protection du patrimoine par Actes Sud.
L’ancien député défend depuis plusieurs années la création d’une « BBC à la française »
Mais le trait d’union est aussi lié à des raisons de fond : membre de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale depuis douze ans, Franck Riester a mis en avant plusieurs convictions qui rejoignent les positions adoptées par Mme Nyssen sur la « réforme ambitieuse » de l’audiovisuel, dont elle a rappelé avoir posé les « fondations ».
L’ancien député défend ainsi depuis plusieurs années la création d’une « BBC à la française ». Calquée sur le modèle britannique, elle réunirait France Télévisions et Radio France, voire France Médias Monde (France 24, RFI…), l’INA et TV5 Monde. « Le regroupement des entités de l’audiovisuel public au sein d’un média global doit permettre à terme, grâce aux synergies mises en œuvre au niveau des fonctions supports, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La batteuse (34 ans) « invite » Archie Shepp (81 ans) et Alain Jean-Marie (72 ans) à Coutances, le 19 octobre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Francis Marmande   Publié aujourd’hui à 10h09, mis à jour à 16h57   Lecture 24 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  La batteuse de jazz Anne Paceo dans la forêt de Sénart, en juillet 2018. SYLVAIN GRIPOIX             Plus proche d’Aznavour que de Piaf, question taille, Anne Paceo a 34 ans. Ce sourire constant, petit chignon et lunettes rondes, une détermination sans faille. Née à Niort, le 17 septembre 1984, compositrice, vocaliste, batteuse, elle déplace des montagnes. Avez-vous jamais vu une batteuse installer et accorder sa batterie ? ­Jamais un geste de trop. Révolution de velours aux airs bonhommes. Anne Paceo emballe une génération de filles et de garçons dans laquelle elle se fond. Ne cède rien sur son désir. Rien sur les ­traditions qui l’ont faite.          Sa compagnie sur terre ? Les poètes, Baudelaire, Prévert, Coltrane, Steve Reich, Miro, Mnouchkine : « Je me sens beaucoup plus musicienne que batteuse, mais la batterie s’est imposée très tôt. Gros coup de cœur : à 10 ans, la batterie m’a parlé. » On installe sa première Deep au fond du garage. Elle pratique nuit et jour sans déranger le poisson rouge. Etudes en arts, ­musicologie, sur fond de cha-ba-da. Tout va très vite.           Anne Paceo : « Je me sens beaucoup plus musicienne que batteuse, mais la batterie s’est imposée très tôt »          Les trois premières années de sa vie en Côte d’Ivoire ? Aucun souvenir. Si : la chaleur, les senteurs, l’odeur du beurre de karité. Juste à côté, jour et nuit, la nuit surtout, la première maison célèbre la vie : voix, tambours, les éléments premiers de toutes choses. C’est du moins ce que lui ont raconté ses parents, coopérants et mélomanes, avant de rentrer à Niort : « Un soir, au Baiser salé [club de la rue des Lombards, dans le 1er arrondissement de Paris], je tombe sur des musiciens ivoiriens. Incroyable… J’avais l’impression d’être dans le ventre de ma mère. »          Très vite, signe qui ne trompe pas, on l’appelle, on la demande. Elle vogue bientôt de ses propres ailes, fomente d’étranges groupes, compose de plus en plus. A chacune son tour : « J’ai beaucoup accompagné, dans ma vie. Ce qui permet d’observer le leader à la loupe : sa manière d’insuffler l’énergie, l’art de porter chaque musicien au sommet. » Elle n’hésite plus. Peut se le permettre. Le 19 octobre, elle invite Archie Shepp en personne à Coutances (Manche) : « Qu’il accepte est un honneur. Ça m’a mis un sourire jusqu’en haut du chignon. Denis ­Lebas, directeur de Jazz sous les pommiers, nous accueille. »                                                        — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La Foire internationale d’art contemporain ouvre, le 18 octobre, à Paris et met les marchands sous pression.
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Arts : hors de la FIAC, point de salut pour les galeristes ?

La Foire internationale d’art contemporain ouvre, le 18 octobre, à Paris et met les marchands sous pression.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 09h35
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Grossir ou mourir… Telle serait leur alternative. A l’heure où s’ouvre la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), au Grand Palais, du jeudi 18 au dimanche 21 octobre, nombre de galeries de taille moyenne se sentent prises en étau. A Paris, comme à New York ou Berlin. Coincées entre les méga-galeries qui étendent leur empire planétaire et les jeunes faiseurs de tendance chouchoutés par les foires, elles se sentent fragilisées par un marché de l’art qui raffole des nombres à six zéros et un écosystème qui les pousse à surinvestir, quitte à risquer la banqueroute.

Experte en marché de l’art, la journaliste britannique Georgina Adam dresse un tableau peu rassurant dans son ouvrage La Face cachée du marché de l’art (Beaux-arts éditions, 240 p., 23 euros). « Faible fréquentation, hausse des loyers et des dépenses, coût des foires… Leur business model ne semble pas viable, résume-t-elle. Le marché évolue vers le phénomène du “vainqueur remporte la mise”. Les grosses galeries grandissent et piquent les artistes des plus petites. »

Olivier Robert, galeriste parisien : « On a vu trop de galeries fermer à cause de l’investissement que représentent ces foires »
Quant aux foires, en croissance exponentielle depuis dix ans, elles représentent des coûts colossaux pour ces enseignes à la santé fragile. S’offrir un stand à la FIAC ? Entre 10 000 et 20 000 euros, sans compter le transport, l’assurance, la logistique. « On a vu trop de galeries fermer à cause de l’investissement que représentent ces foires », regrette le galeriste parisien Olivier Robert. Fort de ce constat, il vient de monter Bienvenue, à la Cité des arts. Soit une foire intimiste, quasi familiale, où une vingtaine de galeries se partagent des stands allant de 2 500 à 5 000 euros. « Entre devenir ­Perrotin [le galeriste le plus puissant de Paris] et fermer, il y a des alternatives, espérait-il, alors que Bienvenue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, explique la mise en place au Québec de « prescriptions muséales » sur ordonnance. Elle participera, vendredi 26 octobre, à la rencontre « A quoi sert un musée ? » au premier Monde Festival organisé à Montréal (Canada).
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le chef a consacré une master class à « La Chauve-Souris », de Johann Strauss.
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Musique classique : au bal du prince Orlofsky avec Philippe Jordan

Le chef a consacré une master class à « La Chauve-Souris », de Johann Strauss.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 09h09
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

En ce lundi 15 octobre, l’Amphithéâtre Bastille est plein pour la master class de ­Philippe Jordan avec les chanteurs et pianistes chefs de chant de l’académie. Après Offenbach, Bizet et Mozart, c’est Johann Strauss, avec sa célèbre opérette La Chauve-Souris, qui est au programme : les artistes la présenteront à la MC93 Bobigny en mars 2019.

Le maestro rappelle qu’il ne s’agit pas d’un cours de chant. Son travail consiste à apporter une vue globale sur l’œuvre, son style, à mettre en avant l’interaction du chant avec l’orchestre. « Nous n’avons pas répété », précise-t-il. Les chanteurs devront donc prendre des risques en direct, quitte à perdre en beauté vocale ce qu’ils gagneront en qualité d’interprète. Le chef d’orchestre insiste : l’opérette réclame les mêmes qualités que Verdi ou Wagner. Et de citer Andreas Schager et Martina Serafin, rôles-titres du Tristan et Isolde de Bill Viola et Peter Sellars, qu’il vient de diriger à l’Opéra Bastille, lesquels sont aussi tous deux des chanteurs d’opérette.
Les chanteurs devront donc prendre des risques en direct, quitte à perdre en beauté vocale
Angélique Boudeville vient de terminer le difficile Klänge der Heimat (« Sons de ma patrie »), un air en forme de csardas (danse hongroise) destiné à parfaire musicalement le déguisement de comtesse hongroise revêtu par le personnage de Rosalinde au bal masqué du prince Orlofsky. Partition en main, Philippe Jordan reprend pas à pas la jeune soprano française qu’accompagne le pianiste Edward Liddall, souligne le caractère nostalgique de cet air, dont le rythme et l’articulation se calquent parfois sur les accentuations en début de mot de la langue hongroise – chez Strauss, une note courte suivie d’une longue.
La chanteuse écoute, reprend, peaufine, ose. Un rubato intempestif a provoqué l’exclamation du maestro, qui attire l’attention sur les mauvaises habitudes : « Il faut respecter ce qui est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Les musées peuvent-ils s’imposer comme acteurs du débat social et politique ? Nathalie Bondil, Sylvie Ramond, Laurent Le Bon et Chris Dercon ont débattu de cette question au Monde Festival.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans la grande salle du Palais Garnier, à Paris, les chorégraphes José Montalvo et Chantal Loïal ont proposé une rencontre de danse participative, dimanche 7 octobre, dans le cadre du Monde Festival.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’humoriste a commencé une tournée des salles pour présenter en live son spectacle « Ma grand-mère vous adore ! ».
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Raphaël Mezrahi fait son one-man-show… au cinéma

L’humoriste a commencé une tournée des salles pour présenter en live son spectacle « Ma grand-mère vous adore ! ».



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 08h47
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


Aller au cinéma pour voir autre chose qu’un film. L’idée n’est pas nouvelle : ces dernières années, des opéras, des ballets, des représentations de la Comédie-Française, des shows d’humoristes à succès ou des concerts cultes sont régulièrement retransmis sur les écrans des salles UGC ou Pathé. Mais une salle de cinéma peut-elle être un lieu de spectacle vivant ? Mardi 16 octobre, Raphaël Mezrahi a tenté l’expérience et joué son seul-en-scène, Ma grand-mère vous adore !, au cinéma Pathé de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Une première qui se poursuivra dans dix-sept autres villes en France jusqu’en avril.
« Accueillir un one-man-show “en live” est une vraie nouveauté », expliquent les responsables marketing des cinémas Pathé-Gaumont. « Mais c’est un test », précisent-ils avec insistance tout en refusant de donner la nature du contrat qui les lie à l’artiste. L’idée, c’est Raphaël Mezrahi – dont les interviews décalés de célébrités ont fait son succès dans les années 1990 – qui l’a eue : « L’époque est à l’hybride et comme mon spectacle l’est, j’ai appelé Jérôme Seydoux [coprésident de Pathé] et il a dit ok ». Composé pour moitié de vidéos (sketchs filmés inédits car refusés par les chaînes de télévision), son spectacle s’apparente davantage à une conférence absurde sur sa carrière de « sale gosse ».
Rencontre surréaliste avec Isabelle Balkany
Déambulant sur une longue scène moquettée, éclairé par la lumière d’une poursuite, le comédien se régale de voir ses facéties diffusées sur grand écran. Générique en musique avec Greg Slap, l’ancien harmoniciste de Johnny Hallyday, rencontre filmée surréaliste avec Isabelle Balkany (dans chaque ville où il passe, Raphaël Mezrahi tourne un petit sujet qu’il diffuse en introduction), saynètes désopilantes avec une grand-mère interrogée en bas de chez elle sur le dernier épisode des Feux de l’amour… Ce que les spectateurs découvrent en images s’avère beaucoup plus attachant que le peu qui se dit sur scène.
Le cinéma, nouvelle salle de spectacle vivant ou moyen supplémentaire pour les distributeurs de remplir des séances creuses en semaine ? A Levallois, la salle (280 places) était loin d’être pleine. Le confort des larges fauteuils rouges est indéniable, le son excellent, mais la conception lumière quasi inexistante et le rapport scène-public peu convivial. Surtout, sans les vidéos, on s’ennuierait ferme.

« Ma grand-mère vous adore ! », le 15 novembre au cinéma Gaumont Reims, le 22 novembre au Pathé Annecy, le 11 décembre au Gaumont Rennes, le 13 décembre au Pathé Evreux… www.cinemaspathegaumont.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le cinéaste s’est attaché à six personnages, filmés dans leur quotidien.
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« Six portraits XL » : le « diarisme » documentaire d’Alain Cavalier

Le cinéaste s’est attaché à six personnages, filmés dans leur quotidien.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 08h12
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
A la fin des années 1960, Alain Cavalier tournait des fictions « classiques » (Mise à sac, La Chamade), avec des stars et des moyens, avant qu’une violente crise artistique et existentielle ne l’entraîne sur la voie d’un dépouillement radical. Depuis Ce répondeur ne prend pas de message (1979), le cinéaste s’est rabattu sur l’outil vidéo, avec ses caméras de plus en plus petites, et s’est mis à filmer seul, son œuvre prenant le tour d’un journal intime. Dès lors, sa pratique du cinéma s’apparente autant à un artisanat qu’à une écriture : prendre la caméra comme on se saisit d’un stylo, pour consigner ses observations sur la beauté immédiate des choses. Filmer, oui, mais comme l’on respire.

        Lire le reportage au Festival de La Rochelle :
         

          Alain Cavalier croque la vie en six portraits



Les six portraits présentés ici, ­appariés et proposés en trois programmes distincts, sont les fruits de ce « diarisme » documentaire. Souvent tournés sur plus d’une décennie, ils mélangent le charme de l’instantané au temps long de la relation poursuivie. Cavalier s’y attache à des figures très diverses, anonymes ou publiques, laborieuses ou vacantes, intempestives ou secrètes, dont il observe à travers le temps la permanence ou le changement.
Souvent tournés sur plus d’une décennie, ces portraits mélangent le charme de l’instantané au temps long de la relation poursuivie
Les deux premiers films s’inscrivent dans une série au long cours sur les artisans au travail, entamée par Cavalier dans les années 1980, et se répondent par leur symétrie : Léon, vieux cordonnier rouspéteur, s’apprête à fermer boutique et à solder cinquante ans d’existence, tandis que Guillaume, jeune boulanger perfectionniste, se jette à corps perdu dans l’ouverture d’un nouveau magasin. Une fin et un commencement.
Viennent ensuite deux profils rêveurs : Jacquotte, dame élégante qui visite chaque année les fétiches figés de son enfance dans une maison familiale à l’abandon, et Daniel, vieux garçon qui tourne en rond dans son appartement croulant sous les collections de disques. Les deux derniers volets concernent des hommes de spectacle : le journaliste Philippe Labro, filmé lors d’une longue journée de tournage pour une émission, et le comédien Bernard Crombey, ami du cinéaste, qui avait joué dans son film Le Plein de super (1976), suivi au fil d’une tournée théâtrale s’étalant sur dix ans.
Un regard amoureux
La beauté de ces moyens-métrages (en moyenne cinquante minutes) tient d’abord à la proximité qu’Alain Cavalier établit avec chacun de ses personnages, déposant sur eux un regard amoureux qui n’empêche pas la lucidité, ni même une certaine cruauté. De cette approche se dégage une éthique du portrait : chaque personne dépeinte n’existe pas seulement en soi, mais se prolonge dans la petite galaxie d’objets et de proches qui l’entourent. La caméra tressaillante de Cavalier s’approche des petites choses qui leur sont chères – outils du cordonnier, ­pétrin du boulanger – comme pour les toucher du regard.
Par moments, c’est Alain Cavalier en personne qui, au détour d’un miroir, surgit dans le champ, sa caméra vissée au visage, comme Van Eyck se peignant en miniature dans ses Epoux Arnolfini. Et l’on comprend alors que l’art du portrait ne saurait se suffire à lui-même, s’il ne contenait dans ses angles morts quelque chose d’un autoportrait.

        Lire l’entretien avec Alain Cavalier :
         

          « Que la lumière s’éteigne serait normal, presque banal »




Documentaires français d’Alain Cavalier. 1. Léon/Guillaume (1 h 44) ; 2. Jacquotte/Daniel (1 h 41) ; 3. Philippe/Bernard (1 h 43). Sur le Web : www.tamasa-cinema.com/film/six-portraits-xl



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La cinéaste Nadine Labaki filme, avec une grande force romanesque, un drame familial de la pauvreté.
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« Capharnaüm » : les oubliés des bas-fonds de Beyrouth

La cinéaste Nadine Labaki filme, avec une grande force romanesque, un drame familial de la pauvreté.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h41
    |

                            Thomas Sotinel








                        



L’avis du « Monde » – à voir
On ne reconnaîtra qu’un visage, celui de la réalisatrice ; les autres, on ne les a jamais vus, à moins de connaître les quartiers les plus pauvres de Beyrouth. Nadine Labaki, la cinéaste, tient aussi le rôle de l’avocate qui défend Zain, un garçon d’une douzaine d’années, dans le procès qui l’oppose à ses parents, à qui il reproche de l’avoir mis au monde. A rebours de ce que font nombre de ses pairs cinéastes-­acteurs, elle ne s’est pas réservée la part du lion, et les séquences de prétoire n’offriront que de brèves accalmies dans le torrent qui emporte Capharnaüm.

        Lire le reportage dans « M » :
         

          La « nouvelle vague » libanaise



Rien, dans ce troisième long-­métrage de la réalisatrice libanaise (distingué en mai, à Cannes, par le Prix du jury), n’est attendu : sa violence, son style quasi documentaire, sa force romanesque prennent au dépourvu avant d’emporter la conviction.

        Lire la critique parue lors du Festival de Cannes :
         

          « Capharnaüm » ou « Les Misérables », version beyrouthine



Fossé infranchissable
Déjà dans Et maintenant, on va où ? (2011), son deuxième film, Nadine Labaki avait fait travailler des comédiens débutants, qu’elle avait mêlés à des professionnels. Pour raconter l’histoire de Zain, elle a cherché des femmes, des hommes et des enfants dont la vie n’est pas éloignée de celle que mènent leurs personnages. Capharnaüm met en scène le désordre qui régit leur existence : les parents vendent leurs enfants, les hommes achètent les femmes, les moins faibles font souffrir les plus faibles en vertu de la loi d’airain qui surgit du fossé infranchissable séparant ceux qui n’ont rien des autres.

   


Du mauvais côté de ce fossé, Zain (Zain Al-Rafeea) a suivi un chemin tortueux jusqu’à la prison d’où il lance la plainte contre ses parents, itinéraire que le film retrace en une série de retours en arrière. Il vit dans un appartement miséreux, dont le loyer est payé par le travail que les enfants de la maison offrent au propriétaire, boutiquier du quartier. Le garçon, qui approche de l’adolescence, livre les pauvres commandes de ses voisins, essaie de soutirer quelques pièces aux automobilistes, aide sa mère à trafiquer des médicaments stupéfiants.
A la méchanceté du monde, Zain oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté
A la méchanceté du monde, il oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté. On ne le voit baisser la garde qu’en compagnie de sa sœur Sahar, d’un an plus jeune que lui. Lorsqu’il comprend que ses parents veulent la marier au boutiquier, il s’enfuit de chez lui. Dans son errance, il rencontre Rahil (Yordanos Shiferaw), immigrée éthiopienne qui a dû quitter son emploi de bonne après être tombée enceinte des œuvres d’un autre employé de maison. Rahil élève Yonas (Boluwatife Treasure Bankole), son bébé, en tentant de soustraire celui-ci au regard des autorités, qui trouveraient dans son existence une raison supplémentaire d’expulser la jeune femme.
Soulagements éphémères
Le cœur du film, et ce qu’il a de meilleur, est constitué d’un long moment où les deux enfants, le préadolescent et le bébé, qui ne marche pas encore, sont livrés à eux-mêmes dans Beyrouth, tentent de ne pas mourir de faim, de ne pas se laisser envahir par la crasse. Impossible de ne pas songer à l’épisode des Misérables dans lequel Gavroche recueille deux gamins plus jeunes que lui : même sens de la précarité, même soulagements éphémères chaque fois qu’elle est tenue un moment à distance, même souci de faire de la ville un personnage à part entière.
Il y a de toute façon quelque chose du regard des romanciers du XIXe siècle dans la manière dont Nadine Labaki met en scène le dénuement et ses effets sur l’humanité de ceux qu’il frappe, la même volonté de les rendre au genre humain par le biais de la fiction, qui se cristallise ici à travers le procès. La réalisatrice est parfaitement consciente des périls du procédé. L’une des plus belles séquences du film oppose la mère de Zain (Kawthar Al-Haddad) à l’avocate qui défend l’enfant. « Que savez-vous de la misère » ?, lui demande-t-elle. Le regard décontenancé que l’actrice prête à son personnage dit à la fois les limites assumées et l’ambition rêvée de Capharnaüm.

Film libanais de Nadine Labaki. Avec Nadine Labaki, Zain Al-Rafeea, Yordanos Shiferaw, Boluwatife Treasure Bankole, Kawthar Al-Haddad (2 heures). Sur le Web : www.gaumont.fr/fr/film/Capharnaum.html

Succès populaire pour « Capharnaüm » au Liban
Sorti sur les écrans libanais le 20 septembre, Capharnaüm est bien parti pour assurer un nouveau succès populaire à la réalisatrice Nadine Labaki dans son pays : il y a déjà dépassé les 100 000 entrées, selon l’équipe. Une jolie performance, à l’aune des résultats habituels des films libanais, et alors que les salles connaissent une baisse de fréquentation liée au marasme économique. En septembre, Capharnaüm a été sélectionné pour représenter le Liban à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. La presse a fait l’éloge de la puissance et la charge romanesque de ce tableau des oubliés des bas-fonds de Beyrouth, y compris sous la plume de critiques de renom. Ce qui n’a pas empêché quelques tribunes cinglantes, reprochant à Nadine Labaki d’en rester à l’émotion et de ne pas dénoncer les coupables de la misère des personnages. Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Ryan Gosling incarne le célèbre astronaute dans le film de Damien Chazelle.
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« First Man, le premier homme sur la Lune » : l’échappée d’Armstrong

Ryan Gosling incarne le célèbre astronaute dans le film de Damien Chazelle.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h36
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 08h13
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Damien Chazelle trace film après film l’un des parcours les plus intrigants du paysage hollywoodien actuel, saturé de franchises à rallonge et de super-héros. Le parcours d’un jeune ­cinéaste ayant rapidement gravi les échelons de la renommée (né en 1985, il a battu un record de précocité en obtenant l’Oscar du meilleur réalisateur pour La La Land). Célébré pour son néoclassicisme tourné vers le passé ­glorieux de la culture américaine, il est aussi décrié par certains qui voient en lui un bon élève trop ­appliqué et trop versé dans le recyclage des formes anciennes.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Damien Chazelle, le prodige de la comédie musicale



Il y a en effet quelque chose d’anachronique dans le cinéma de ­Chazelle. En 2016, La La Land ressuscitait la comédie musicale, pour prendre acte en même temps de son impossibilité aujourd’hui en racontant l’échec et la séparation d’un couple ­d’artistes.

        Lire la critique de « La La Land » :
         

          Au pays des rêves qui s’envolent



First Man, biopic de Neil ­Armstrong, « le premier homme à poser le pied sur la Lune », relance le film d’exploration spatiale, dans la lignée très « terre à terre » d’œuvres comme L’Etoffe des héros (1983), de Philip ­Kaufman, ou Space Cowboys (2000), de Clint Eastwood. A l’ère du tout-numérique et du ­blockbuster d’immersion comme Gravity (Alfonso Cuaron, 2013), l’attention rétrospective de Chazelle pour l’ingénierie encore tâtonnante des années 1960, ses appareillages faillibles, ses fuselages bosselés, désigne un parti pris « millésimé », qui n’est d’ailleurs pas sans rapport avec le fait d’avoir tourné le film en pellicule (trois formats différents : 16, 35 et 70 mm), afin de restituer la patine de l’époque.

        Lire le reportage :
         

          A Venise, Damien Chazelle met la Mostra sur orbite



First Man raconte donc l’épopée de Neil Armstrong (Ryan Gosling) et du programme Apollo, entre 1961 et le 21 juillet 1969 (date fatidique), sous l’angle d’une perte inaugurale qui imprègne tout le film : celle de Karen, la fille de l’astronaute, morte à l’âge de 2 ans d’une tumeur au cerveau. Ingénieur et pilote d’essai, ­Armstrong effectue alors des vols périlleux au sein d’avions-fusées expérimentaux qui l’entraînent à des altitudes et des vitesses inusitées. En septembre 1962, il est ­recruté par la NASA pour passer les sélections du programme Apollo, qui doit répondre aux vœux du président Kennedy d’envoyer des Américains sur la Lune.
Une réelle émotion
Les Etats-Unis sont alors en pleine guerre froide avec le bloc soviétique et la course spatiale bat son plein. Armstrong déménage en Floride, avec sa femme, Janet (Claire Foy), et leurs deux garçons, et se lance à corps perdu dans les tests, simulations et essais qui attendent les « New Nine » (le groupe d’astronautes retenus). Mais les missions-tests Gemini 8 puis Apollo 1 essuient de graves incidents et de lourdes pertes ­humaines, qui contribuent à ­discréditer le dispendieux ­pro­gramme spatial dans la presse et l’opinion publique.
On connaît le goût de Chazelle pour les personnages qui sacrifient tout à leur réussite professionnelle. Son Neil Armstrong est de ceux-ci. S’attache pourtant à lui une dimension funèbre qui infléchit le récit biographique attendu en un mélodrame débouchant sur une réelle émotion. Chazelle assimile le programme Apollo à un travail de deuil perpétuel, qui ne s’arrête pas à la perte d’un enfant, mais s’étend à ses coéquipiers disparus en chemin, ainsi qu’à une vie domestique mort-née.
C’est bel et bien la mort qui cerne le personnage (un trompe-la-mort) et fait le vide autour de lui
C’est bel et bien la mort qui cerne le personnage (un trompe-la-mort) et fait le vide autour de lui. Aller sur la Lune n’est peut-être, pour lui, que l’aboutissement d’une autre logique : celle consistant à côtoyer une solitude absolue en laissant la Terre (la vie, la société, la ­famille, la douleur) loin, très loin, derrière soi. En interprétant ce personnage spectral, Ryan ­Gosling trouve sans doute l’un de ses meilleurs rôles.
S’il brille dans les scènes de ­pilotage, faisant de chaque vol une sorte de grand chaos mécanique, le film est loin d’être parfait. Il balaie d’un revers de manche les revendications des minorités noires qui protestent contre les dépenses inconsidérées du programme spatial, au rêve duquel est sacrifié tout ­questionnement. Chazelle pèche surtout par son scrupule filial à filmer « dans les pas » de ses pères en cinéma (Stanley Kubrick, ­Terrence Malick, Philip ­Kaufman), donnant au film un petit air de déjà-vu.
Mais il touche à un émerveillement primitif dès qu’il s’élève dans l’espace, ­contemple l’ellipse terrestre à l’horizon, filme la danse des luminosités sidérales. Dans la scène finale de l’alunissage perce même une magnifique idée de cinéma : Chazelle choisit de ne pas filmer le drapeau américain planté dans le sol lunaire (image d’Epinal), mais l’empreinte du premier pas de l’astronaute dans cette poussière grise immaculée. Un petit pas venant recouvrir un ­immense néant intérieur.

Film américain de Damien Chazelle. Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Corey Stoll, Lukas Haas, Kyle Chandler (2 h 18). Sur le Web : www.universalpictures.fr/micro/first-man et www.facebook.com/FirstMan.lefilm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A partir des archives sonores du procès des dirigeants de l’ANC en 1963-64, les auteurs ont construit un édifice commémoratif qui raconte leur défense et leur condamnation.
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« Le Procès contre Mandela et les autres » : des voix du passé contre le souvenir de l’apartheid

A partir des archives sonores du procès des dirigeants de l’ANC en 1963-64, les auteurs ont construit un édifice commémoratif qui raconte leur défense et leur condamnation.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
L’arrestation, en juillet 1963, d’une grande partie de la direction du Congrès national africain (ANC) conduisit au procès de Rivonia, organisé de l’automne de la même année à juin 1964. Aux côtés de Nelson Mandela, huit dirigeants de l’ANC durent répondre d’une accusation de terrorisme devant un tribunal du régime d’apartheid. Les débats furent enregistrés et c’est de cette matière sonore qu’est né ce film hétérogène.
Ce procès dont le seul enjeu était le maintien en vie ou non des accusés – leur condamnation ne faisait aucun doute – a déjà été relaté maintes fois, entre autres dans l’autobiographie de Nelson Mandela et dans son adaptation au cinéma. Les voix des accusés, du procureur Yutar, immigré juif estonien coopté par les Afrikaners, des avocats, sont illustrées par des séquences animées, en noir et blanc, à l’imagerie très littérale.
Instruire les jeunes générations
Les auteurs y ont ajouté des images d’archives et des entretiens avec les survivants du procès (accusés, défenseurs, compagnes – dont Winnie Mandela) qui écoutent ces documents et les commentent. Ces survivants sont très âgés (certains d’entre eux, comme Ahmed Kathrada ou Winnie Mandela, sont morts peu de temps après avoir été filmés) et l’on sent bien que ce n’est pas la première fois qu’ils racontent cette histoire.
Si bien que les questions qu’elle soulève – le bilan politique du virage de l’ANC vers la lutte armée, les répercussions de l’emprisonnement des dirigeants sur l’évolution du mouvement anti-apartheid – ne sont pas évoquées, pas plus que les contradictions du système sud-africain qui se réclamait de la démocratie occidentale (revendication qui a probablement sauvé la vie des neuf de Rivonia) tout en niant l’humanité de la majorité de sa population. Il s’agit ici d’instruire (voire d’édifier) les jeunes générations plus que de débattre ou de réfléchir.

Documentaire français de Nicolas Champeaux et Gilles Porte (1 h 43). Sur le Web : www.ufo-distribution.com/movie/the-state-against-mandela-and-the-others



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La réalisatrice Tereza Nvotova cherche à éviter les habituels clichés sur ce thème, mais son scénario est cousu de fil blanc.
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« Sans jamais le dire » : un « film à sujet » sur le viol

La réalisatrice Tereza Nvotova cherche à éviter les habituels clichés sur ce thème, mais son scénario est cousu de fil blanc.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h33
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
A 17 ans, Lena est une adolescente ordinaire dont la vie se partage entre sa famille, le lycée et les soirées avec sa meilleure amie. Un soir, son professeur de mathématiques abuse d’elle lors d’un cours particulier. Le monde de Lena s’effondre : emmurée dans son silence, ayant perdu son insouciance, la jeune fille fait d’incessants allers-retours dans un hôpital psychiatrique pour adolescents et tente comme elle peut de surmonter son trauma.
Jeune actrice magnétique
Premier film de la jeune cinéaste slovaque Tereza Nvotova, Sans jamais le dire tente d’aborder frontalement le thème du viol et de renouveler le traitement du sujet en l’extirpant des habituels clichés qui l’entourent, notamment en prenant acte du fait que la plupart des viols sont commis par des personnes qui font partie de l’entourage de la victime.
Bien que pourvu d’intentions louables et d’une jeune actrice magnétique (Dominika Moravkova), Sans jamais le dire s’enferme finalement dans le genre du « film à sujet » dont le scénario est cousu de fil blanc.

Film slovaque et tchèque de Tereza Nvotova. Avec Dominika Moravkova, Anna Rakovska, Robert Jakab (1 h 28). Sur le Web : www.facebook.com/sansjamaisledire et www.spina.film/en



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le réalisateur Shane Black ressuscite l’extraterrestre chasseur d’humains apparu en 1987.
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« The Predator » : vent de folie dans la chasse aux aliens

Le réalisateur Shane Black ressuscite l’extraterrestre chasseur d’humains apparu en 1987.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h32
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Cette suite d’une franchise apparue en 1987 sous la caméra de John McTiernan est signée de Shane Black. Celui-ci fut le talentueux scénariste et dialoguiste de quelques films d’action plutôt réussis des années 1980 et 1990 (L’Arme fatale, Le Dernier Samaritain). Il est remarqué, en 2005, avec son premier long-métrage, Kiss Kiss Bang Bang, hommage enlevé et inventif au roman noir de la grande époque. L’échec commercial du film le renvoya à la réalisation de blockbusters (Iron Man 3), où il continua d’exceller dans la rédaction de dialogues cinglants et vachards, à l’intérieur d’une forme, il faut le dire, extrêmement contrainte.
On pouvait espérer un peu plus de cette résurrection de l’extraterrestre chasseur d’humains, dans la mesure où le premier titre de la série (Predator, de John McTiernan) avait été, plus qu’une heureuse surprise, l’un des grands films d’action de son temps. Le pari n’est pas vraiment tenu, même si cette nouvelle mouture se distingue d’une grande partie de la production hollywoodienne du même type.
Quinn McKenna, un tireur d’élite de l’armée américaine, est témoin de l’arrivée d’un vaisseau spatial et s’empare d’un certain nombre d’objets qu’il contient (un masque et un brassard), gadgets divers et armes létales servant à traquer les humains, passe-temps favoris de ces Nemrod de l’espace. McKenna est lui-même poursuivi par les hommes d’une agence secrète chargée de capturer ces monstres pour mieux les étudier.
Trouvailles de scénario
L’alien arrivé sur Terre est, enfin, lui-même la proie d’un autre monstre encore plus gigantesque encore. Cette surenchère de péripéties étouffe un peu un film qui n’échappe pas à une certaine confusion en voulant courir plusieurs lièvres à la fois : le film d’action, de super-héros, le film pour enfants avec la présence du jeune fils, à la fois autiste et surdoué, de McKenna.
Ce qui rend malgré tout consommable cette nouvelle variation tient à diverses trouvailles de scénario, comme celle qui consiste à inventer une troupe de militaires, partenaires du héros dans sa fuite et sa quête, tous victimes de syndromes post-traumatiques et échappés d’un hôpital psychiatrique. En donnant le rôle central à des personnages au comportement parfois irrationnel, Shane Black décale un récit qui, sinon, croulerait sous la banalité. Dialogues percutants et hilarants, violence rigolarde et gaguesque, caractérisent une œuvre visiblement consciente de ses limites et sauve The Predator du conformisme inhérent à ce type de productions.

Film américain de Shane Black. Avec Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn (1 h 47). Sur le Web : www.foxfrance.com/thepredator et www.foxmovies.com/movies/the-predator



                            


                        

                        

