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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Intitulé « Accélérons la transition écologique et solidaire ! », ce groupe informel rassemble près de 130 députés.
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Des députés d’horizons divers s’unissent pour la défense du climat

Intitulé « Accélérons la transition écologique et solidaire ! », ce groupe informel rassemble près de 130 députés.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 15h33
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
L’initiative a de quoi surprendre à l’Assemblée, où les membres de la majorité et de l’opposition ont l’habitude de s’affronter. Cette fois, ils veulent agir de concert. Des députés de six groupes politiques ont décidé d’unir leurs forces pour le climat, en lançant, mardi 16 octobre, un collectif inédit au Palais-Bourbon pour soutenir des mesures en faveur de l’environnement. Intitulé « Accélérons la transition écologique et solidaire ! », ce groupe informel rassemble près de 130 députés, selon ses initiateurs, venant de quasiment tous les bancs – seule La France insoumise a refusé d’y participer.

L’idée de réunir des élus de sensibilité écologiste, d’horizons divers, a germé dans l’esprit du député LRM du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, en lien avec son collègue socialiste de Mayenne Guillaume Garot. « Notre démarche vise à organiser à l’Assemblée le travail transpartisan, afin ­d’accélérer sur les sujets liés à la transition écologique », explique le premier, proche de Nicolas Hulot.
Ses fondateurs y voient « une réponse politique à l’urgence environnementale », après le nouveau rapport alarmiste du GIEC, publié le 8 octobre, dans lequel les experts de l’ONU soulignent que le monde devra engager des transformations « rapides » et « sans précédent » s’il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Le départ de M. Hulot du gouvernement, le 28 août ayant également joué un rôle de « révélateur ».
« Vu la gravité de la situation, il est important de faire fi de nos étiquettes partisanes et de se regrouper pour agir en faveur de l’écologie. Cette thématique doit transcender les clivages », souligne le député (Les Républicains) des Bouches-du-Rhône Eric Diard. Outre MM. Orphelin et Garot, cet élu du parti de Laurent Wauquiez va donc côtoyer des députés LRM, tel Cédric Villani (Essonne), du MoDem avec Erwan Balanant (Finistère), mais aussi Sophie Auconie (Indre-et-Loire) de l’UDI-Agir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Une tribune publiée par « The Conversation » demande aux pouvoirs publics d’abandonner aux citoyens la lutte pour le climat. Une aporie selon le blogueur Sylvestre Huet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Un corps a été retrouvé dans la localité de Villalier tandis qu’une personne reste portée disparue. La vigilance orange a été levée.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Inondations dans l’Aude : le bilan s’alourdit à quatorze morts

Un corps a été retrouvé dans la localité de Villalier tandis qu’une personne reste portée disparue. La vigilance orange a été levée.



Le Monde.fr avec AFP
 |    17.10.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 17h24
   





                        



Le bilan des graves inondations du début de semaine dans l’Aude est monté, mercredi 17 octobre, à quatorze morts selon la préfecture, à la suite de la découverte d’un corps dans la localité de Villalier. Une personne reste portée disparue. Selon ce nouveau bilan, six personnes sont donc décédées à Trèbes, trois à Villegailhenc, deux à Villalier, une à Villardonnel, une à Carcassonne et une à Saint-Couat-d’Aude.

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La décrue se poursuit sur la plaine de l’Aude et la vigilance orange a été levée, passant au jaune. « La décrue est générale sur l’ensemble du territoire », affirme le service d’information sur le risque de crue Vigicrues, ajoutant, cependant, que « les niveaux restent néanmoins élevés ».
« Les opérations de nettoyage se poursuivent et on continue de chercher les personnes disparues », a fait savoir à l’AFP un responsable du Codis (centre opérationnel départemental d’incendie et de secours) de l’Aude, précisant qu’il y a environ « 700 pompiers » qui participent à ces opérations, en plus de personnels de la Sécurité civile.
« Pillage d’opportunité »
Cinq personnes ont toutefois été interpellées alors qu’« elles pillaient un camion de denrées alimentaires laissé sans surveillance entre les communes de Barbaira et Trèbes » (Aude), une zone fortement touchée par les inondations, selon la préfecture. « Il s’agit d’un pillage d’opportunité », a encore déclaré la préfecture de l’Aude.
Le préfet, Alain Thirion, avait fait savoir mardi qu’il y avait eu peu de faits de cette nature, car des militaires et gendarmes avaient été déployés dès la nuit de lundi à mardi sur les cinq communes les plus exposées. « Il a pu y avoir, avant, quelques exactions commises dans la journée, notamment au moment des interventions des sapeurs-pompiers », avait précisé le préfet.
Mercredi, seule la Haute-Corse restait en vigilance orange orages et pluies-inondations.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public sur le réchauffement climatique une analyse économique permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.
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William Nordhaus, un économiste du climat « loin des prévisions apocalyptiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public sur le réchauffement climatique une analyse économique permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h25
    |

André Fourçans (Professeur d’économie à l’Essec)







                        



                                


                            
Tribune. Enfin, un économiste reconnu et récompensé pour son travail sur le changement climatique ! William Nordhaus, professeur à l’université de Yale, vient d’obtenir conjoitement avec Paul Romer le prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel pour ses recherches et contributions sur la question. Les économistes ne peuvent que se réjouir de cette reconnaissance tant elle est méritée et tant le rôle de l’analyse économique est négligé dans les débats, surtout les débats publics sur le sujet.
Que viennent-ils donc faire ces adeptes de la science lugubre sur le terrain des climatologues, quelle légitimité ont-ils pour donner leurs explications à la hausse des températures, à la fonte des glaciers, ou à la montée du niveau des océans ?
La compréhension de ces phénomènes ne relève-t-elle pas de l’expertise des physiciens, chimistes, spécialistes des sciences de la terre ou autres physico-chimistes ? Oui, que viennent-ils donc faire ici, les économistes ? Encore leur « impérialisme » en marche… Pourtant, leurs recherches sont d’une importance fondamentale et pour mieux comprendre le changement climatique et pour y faire face. Les contributions scientifiques de William Nordhaus sont à cet égard d’un intérêt majeur.
Pionnier de la modélisation sur le changement climatique
Il a été un pionnier de la modélisation sur le changement climatique. Il a pour cela su intégrer les mécanismes climatiques proprement dits avec les mécanismes économiques. En partant de l’impact des émissions de CO2 sur la concentration des gaz à effet de serre, il a modélisé les liens entre cette concentration et la hausse des températures, et les répercussions de celle-ci sur l’environnement, avec les coûts afférents, le tout en reliant les relations induites de tous ces phénomènes avec la croissance.

Plus spécifiquement, il a construit le modèle « dynamic integrated climate economy » (DICE) qui intègre toutes ces problématiques à partir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ L’île de Beauté subira toute la journée de mercredi des passages orageux et de très fortes pluies, selon Météo France
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Risque d’inondation : la Haute-Corse en vigilance orange

L’île de Beauté subira toute la journée de mercredi des passages orageux et de très fortes pluies, selon Météo France



Le Monde.fr avec AFP
 |    17.10.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h32
   





                        


La Haute-Corse est repassée mercredi 17 octobre en vigilance orange pour orages et pluies-inondations, jusqu’à 16 heures, selon un communiqué de la préfecture de Bastia.
Alors que des cumuls de précipitations de l’ordre de 40 mm par heure ont déjà été observés sur la région de la Castagniccia et la côte orientale de l’île, toute la journée de mercredi des passages orageux pourraient encore provoquer des cumuls horaires de 40 à 60 mm, soit 100 à 130 mm au total pour la journée, selon les chiffres de la préfecture.
Les sols humides après un premier épisode de vigilance orange mardi pourraient favoriser des montées rapides des eaux dans les rivières.
Débordement du Fium’Alto et de l’Alesani mardi
La préfecture a précisé avoir activé le centre opérationnel départemental, qui réunit les services compétents en matière de crise.
Mardi, les orages et les pluies sur le secteur de la Castagniccia avaient provoqué le débordement du Fium’Alto et de l’Alesani.

#Crue éclair sur le Fium'Alto en #HauteCorse ce 16 octobre suite à un #orage stationnaire entre #Linguizzetta et… https://t.co/TRVWxevaNz— KeraunosObs (@Keraunos)


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Quarante personnes ont dû être mises en sécurité par les secours et les forces de l’ordre, et trois ont été hélitreuillées dans la zone du Fium’Alto, sur la commune de Penta di Casinca.
Les transports scolaires ont été suspendus mercredi dans l’est du département.
Dans l’Aude, touchée par de fortes inondations en début de semaine, la décrue se poursuit, et l’alerte orange a été levée.

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                Inondations dans l’Aude : quelle est l’efficacité du système d’alerte météo ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Alors que la feuille de route énergétique de la France sera présentée bientôt, l’exécutif doit à la fois respecter ses objectifs climatiques, ne pas désespérer les écologistes et préserver le nucléaire, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde », dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« En matière d’énergie, le “en même temps” est une évidence »

Alors que la feuille de route énergétique de la France sera présentée bientôt, l’exécutif doit à la fois respecter ses objectifs climatiques, ne pas désespérer les écologistes et préserver le nucléaire, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde », dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h43
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

« Pertes & profits ». Pourquoi se presser alors qu’il serait si prudent d’attendre… Certains, autour de la table du conseil des ministres de ce mercredi 17 octobre, pourraient bien être tentés de demander encore un peu de temps avant de trancher sur la politique énergétique de la France pour les dix prochaines années, définie dans une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Mais gouverner c’est choisir, et souvent entre des solutions toutes imparfaites. Une forme d’application concrète à l’électricité du principe du « en même temps » cher au président de la République. De la même façon que Lénine soutenait que le communisme, c’était « les Soviets plus l’électricité », le macronisme doit s’entendre comme « l’écologie plus le nucléaire ». Pas facile.
Il faudra pourtant parvenir à une solution permettant de concilier trois buts. Le premier est le respect des objectifs climatiques. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a décidé de la fermeture des dernières centrales à charbon françaises et, à plus long terme, la fin des hydrocarbures.

Cela devrait donc renforcer la position des pronucléaires, puisque cette énergie présente l’énorme avantage d’émettre très peu de CO2. Mais cela n’est pas du goût des écologistes et d’une frange non négligeable de la population. La démission fracassante de Nicolas Hulot, début septembre, l’atteste.
Le deuxième objectif de la politique énergétique sera donc de ne pas désespérer les écologistes. Ceux-ci avaient fait inscrire dans la loi de transition énergétique une réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française d’ici à 2025. Objectif repoussé à une date ultérieure, que devra fixer la nouvelle PPE. Le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, entend en profiter pour faire entériner la fermeture d’au moins six réacteurs avant 2029.

Reconnaître la réalité
Ce n’est pas le point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Une crue d’un niveau sans précédent depuis 1891 a placé la vallée de l’Aude en vigilance « rouge pluie-inondation et orages ». Malgré un système jugé performant, le bilan humain reste important.
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Inondations dans l’Aude : quelle est l’efficacité du système d’alerte météo ?

Une crue d’un niveau sans précédent depuis 1891 a placé la vallée de l’Aude en vigilance « rouge pluie-inondation et orages ». Malgré un système jugé performant, le bilan humain reste important.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 17h23
    |

                            Dorian Girard








                        


Quatorze personnes sont mortes, selon la préfecture de l’Aude, après les fortes pluies survenues dans la nuit de dimanche 14 à lundi 15 octobre. En réaction à ces événements, des voix s’élèvent pour dénoncer un déclenchement trop tardif du dispositif de vigilance rouge de Météo-France.
Les alertes météorologiques
Le système d’alertes météorologiques actuel a été mis en place le 1er octobre 2001, à la suite des tempêtes de 1999, pour offrir une meilleure information, notamment à la population. Ce système de Météo-France est composé de deux produits.
Une carte d’alerte météo fonctionnant sur quatre niveaux de couleur, dans chaque département (vert, jaune, orange et rouge) et sur neuf phénomènes météorologiques et hydrologiques (vent violent, orages, pluie-inondation, etc.). Il a pour objectif d’informer les habitants sur la situation, mais aussi des dangers potentiels et sur les comportements à adopter :
le niveau vert indique qu’il n’y a pas de vigilance particulière ;le niveau de vigilance jaune indique qu’il faut être attentif et se tenir au courant de l’évolution de la situation car des phénomènes, habituels dans la région, mais occasionnellement et localement dangereux (ex. mistral, orage d’été, montée des eaux) sont prévus ;la vigilance orange recommande d’être très vigilants car des phénomènes dangereux sont prévus. Des premiers conseils de sécurité sont émis par les pouvoirs publics ;la vigilance rouge, la plus forte, prévoit des phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle. Les habitants sont incités à respecter les consignes de sécurité émises par les pouvoirs publics.
Chaque département propose par ailleurs un bulletin météorologique pour caractériser l’événement, suivre toute évolution — trajectoire et intensité — et sa fin, ses conséquences possibles et donne des conseils de comportement détaillés.
Que s’est-il passé dans l’Aude ?
Trois départements étaient en vigilance orange pluie-inondation et orages, dimanche 14 octobre, dans le sud de la France. Peu avant 6 heures, l’alerte vigilance est passée au rouge pour le département de l’Aude, et la situation s’est rapidement aggravée, avec des inondations de grande ampleur — le niveau de la crue ayant atteint pas loin de sept mètres, selon le service Vigicrue. Après l’incident, plusieurs témoins ont dénoncé un manque d’information concernant la gravité de la situation et le passage à l’alerte de vigilance rouge.
Qui décide, selon quels critères ?
La mise en vigilance est décidée par les ingénieurs prévisionnistes des directions interrégionales de Météo-France, après concertation avec le service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations et le centre national de prévision.
Un système de vigilance similaire est aussi déployé pour les crues afin d’avertir la population sur le territoire français. Celui-ci fonctionne sur la même échelle de couleurs, la vigilance rouge alertant un risque et une menace importants pour la population.
Pour passer d’une alerte vigilance orange à rouge, les ingénieurs de Météo-France prennent en compte deux critères : « La quantité d’eau en observation et en prévision, ainsi que l’intensité des précipitations », explique Emmanuel Bocrie, ingénieur Météo-France et directeur de l’unité média. Pour l’épisode de l’Aude, il est parfois tombé près de 244 millimètres d’eau en l’espace de six heures, soit l’équivalent de deux à trois mois de pluie.
Dès jeudi 11 octobre, les services de Météo-France prévenaient des risques, mais ce n’est que lundi 15, à l’aube, que l’application de la vigilance rouge a été décidée.
Une banalisation des alertes vigilance ?
Lundi, le porte-parole du ministère de l’intérieur, Frédéric de Lanouvelle, regrettait sur LCI « une fragilité au niveau de la vigilance orange (…), qui est très souvent utilisée. Et quand il y a un vrai problème, les gens n’en tiennent plus compte ».
Ce à quoi Météo-France répond par des statistiques : « Chaque année un département en France voit cinq à dix vigilances orange. Pour l’Aude, c’est deux ou trois vigilances orange annuelles, pour fortes précipitations. Ce n’est pas tant que ça, note Marc Pontaud, directeur de recherche à Météo-France. Ce qui nous importe est de ne pas avoir de non-détection d’événements. On est entre 2 %-3 % d’événements ratés par an. Et environ 15 % de fausses alarmes. »
Etablissement public, Météo-France a des « objectifs de performance » fixés par l’Etat : taux de non-détection inférieur à 3 % et taux de fausses alarmes inférieur à 20 %.
Le gouvernement veut « adapter les procédures »
A l’Assemblée nationale, le 16 octobre, le premier ministre, Edouard Philippe, a tout de même reconnu les difficultés liées à la diffusion des informations de prévention : 
« Dans l’Aude, on sait bien que la vigilance orange intervient régulièrement et que, au fur et à mesure de ces répétitions, le niveau d’attention et la vigilance diminuent. (…) Il faut que nous adaptions nos procédures pour faire en sorte que nous soyons en mesure de faire passer l’information de façon encore plus efficace. C’est difficile en pleine nuit, mais c’est indispensable. »
Emmanuel Bocrie souligne par ailleurs une population insuffisamment sensibilisée à l’importance des alertes : « Aujourd’hui, on estime qu’entre 80 % et 90 % des personnes connaissent la carte d’alerte. En revanche, ils n’en perçoivent pas bien les conséquences et ne lisent pas les comportements à adopter, ce qu’ils peuvent faire ou non. A 6 heures, lundi, des gens disaient qu’ils n’étaient pas au courant de la situation. Mais l’alerte était orange depuis dimanche. Ce n’est pas anodin. Quand on regarde dans les DOM-TOM, pour une alerte cyclonique par exemple, les gens savent exactement quoi faire, des stocks d’eau, de nourriture, etc. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La crue historique dans l’Aude a fait au moins quatorze morts dimanche 14 octobre. Système d’alerte et urbanisation sont mis en cause.
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Aude : après les inondations, le temps des questions

La crue historique dans l’Aude a fait au moins quatorze morts dimanche 14 octobre. Système d’alerte et urbanisation sont mis en cause.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 13h43
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Villegailhenc, Aude)








                        



                                


                            

Ce sont de nouveau les ponts qui enjambent les rivières, dans l’Aude, et non l’inverse. Mardi 16 octobre, au surlendemain d’une nuit en enfer qui a vu le département subir des crues historiques, le bilan est passé de onze à quatorze morts – une personne reste disparue –, mais la tendance était à l’accalmie, les cours d’eau retrouvaient un niveau rassurant, et Météo France a pu abaisser la vigilance du rouge à l’orange.
Pour parler de retour à la normale, il faudra patienter quelques semaines, sinon quelques mois, mais mardi soir, en dépit d’alertes aux pillages ici ou là, les maires des villages inondés pouvaient enfin s’offrir quelques heures de sommeil. Le centre-ville de Trèbes, commune au bilan humain le plus lourd – six morts –, semblait revenir doucement à la vie : le bitume avait remplacé la boue, le pont de l’Aude était redevenu carrossable, on pouvait comme avant acheter une bavette chez le boucher, en face de la mairie.

Dix kilomètres au nord, Villegailhenc n’en est pas encore là. Cette commune privée d’eau et d’électricité, où trois personnes sont mortes, et dont le pont emporté par les flots du Trapel est devenu l’image emblématique de la catastrophe, donne toujours l’impression d’avoir été bombardée. « Plus de la moitié des foyers ont tout perdu, explique le maire, Michel Proust. Dans près de deux maisons sur trois, il n’y a plus rien au rez-de-chaussée. » L’eau s’est parfois invitée au premier étage.
Passé la stupeur, et une nuit chez un proche dans une zone épargnée, les habitants sont revenus chez eux pour s’attaquer au chantier. Mardi, Villegailhenc offrait le spectacle d’une population jetant sa vie à la poubelle : des montagnes d’objets posés sur le trottoir qui n’en est plus un, avant d’être gobés par les tractopelles et balancés dans les bennes géantes. Chaises en osier, lave-linge, fer à repasser, tableaux, vaisselle, vélo, livres, armoire, posters. Devant chaque maison, un fatras qui raconte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les résultats de l’édition 2018 du prestigieux concours de photographie de faune sont dévoilés, mercredi, par le Muséum d’histoire naturelle de Londres.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Pour le professeur de philosophie Thomas Schauder, l’absence de limite à notre liberté vient aujourd’hui se heurter à la limite des ressources.
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« Après le rapport sur le climat, la question de la contrainte mérite d’être posée »

Pour le professeur de philosophie Thomas Schauder, l’absence de limite à notre liberté vient aujourd’hui se heurter à la limite des ressources.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h50
   





                        



   


Chronique Phil d’actu. Il y a un peu moins d’un an, quinze mille scientifiques alertaient la planète : « Demain, il sera trop tard. » Que s’est-il passé depuis, si ce n’est la démission de Nicolas Hulot ? La semaine dernière, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présentait un rapport, commandé par l’ONU, qui n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà : depuis l’accord de Paris en 2015, rien n’a été fait ; nous nous acheminons vers une augmentation de la température de 5,5 ºC d’ici à 2100 ; si nous ne diminuons pas nos émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici à 2030, nous courons vers la catastrophe.

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                La France creuse son retard sur ses objectifs climatiques



Alors certains luttent contre leur propre sentiment d’impuissance, et des youtubeurs, animés, je n’en doute pas, des meilleures intentions du monde, publient une vidéo et créent un site Internet pour expliquer que « non, c’est pas foutu », que « toi, moi, chaque personne qui se reconnaît dans ce message » peut contribuer à la lutte contre le réchauffement (tout en s’excusant de nous « soûler » avec ce message)…
De l’autre côté, les climatosceptiques se déchaînent et les gouvernants préfèrent continuer comme si de rien n’était. Le projet Montagne d’or en Guyane n’a toujours pas été abandonné (et la compagnie minière peut, sans ciller, publier sur son site Internet, dans la rubrique « Biodiversité », qu’« environ 55 % de la surface concernée est constituée d’habitats dégradés, à faible potentiel écologique », oubliant que 45 %, c’est tout de même beaucoup) ; les travaux du contournement autoroutier de Strasbourg continuent, les ministres de l’environnement européens aboutissent à un accord moins ambitieux que celui de Paris en 2015… et la liste pourrait s’allonger indéfiniment.
Les bonnes volontés suffiront-elles ?
Dans ces conditions, le pessimisme semble de rigueur. Comment peut-on avoir confiance dans la capacité (voire la volonté) de nos dirigeants à changer de cap ? Mais surtout, peut-on nous faire confiance à nous-mêmes, nous autres citoyens consommateurs ? Si l’inquiétude à l’égard de l’environnement progresse dans l’opinion publique, sommes-nous prêts à remettre entièrement sur la table nos manières de vivre et de consommer ?
En effet, le rapport du GIEC précise sans ambiguïté qu’il faut revoir nos modes de production, de déplacement, et même… de reproduction : un enfant en moins par famille serait, pour ces experts, la mesure la plus efficace pour réduire notre empreinte carbone !
Ainsi le problème, si dérangeant soit-il, de la contrainte mérite d’être posé. Le libéralisme politique et économique nous a conforté dans l’idée que la liberté était la valeur cardinale, et qu’elle devait gagner toujours plus de terrain, que l’Etat devait la préserver et non la restreindre. Mais cette absence de limite vient se heurter, à présent, à la limite des ressources. Une vérité fondamentale vient brutalement se rappeler à nous : un monde sans contrainte n’existe pas.
La solution serait-elle que l’Etat intervienne davantage dans nos vies ? Faut-il obliger les gens à prendre les transports en commun ou à covoiturer ? Faut-il interdire l’achat d’un nouveau téléphone tant que celui qu’on possède fonctionne correctement ? Faut-il instaurer une contraception obligatoire ou une politique de l’enfant unique ?
Vers un monde de contraintes ?
Il est évident que ces questions nous mettent mal à l’aise et qu’elles posent des problèmes éthiques considérables. Tout le paradoxe est que, globalement, des restrictions comparables de nos libertés individuelles sont parfaitement acceptées dès lors qu’il s’agit de lutter contre le terrorisme. Nous avons accepté qu’on nous filme, nous fouille, nous censure tant qu’il s’agissait de nous protéger.
Pire encore : de plus en plus de pays, d’Europe de l’Est au Brésil en passant par la Turquie ou les Etats-Unis, se tournent vers la « démocratie illibérale » ou « démocrature ». Ces dirigeants toujours plus nombreux partagent de nombreux points communs : un nationalisme exacerbé, une opposition farouche à l’émancipation des femmes, une tendance certaine au complotisme, la volonté de museler la presse et l’opposition… et un mépris complet pour les problèmes écologiques.
On ne peut faire comme si ces gens-là n’étaient pas soutenus par une part très importante de leur peuple. C’est volontairement qu’ils s’imposent cette servitude, parce qu’elle les réconforte et leur affirme qu’ils n’ont pas à se remettre en question, que la responsabilité incombe aux autres, toujours aux autres.
N’est-il pas absurde que tant de gens soient prêts à offrir leur liberté pour qu’on les protège des femmes, des étrangers, des homosexuels ou que sais-je encore, mais qu’ils refusent bec et ongles de maîtriser leur dépense énergétique ? Comment réagiront-ils quand des millions de personnes fuiront la montée des eaux ou la sécheresse, ou quand leurs propres ressources viendront à manquer ?
La question n’est donc plus : « faut-il contraindre ou pas ? » Les effets du réchauffement se font déjà ressentir. Les dix prochaines années seront décisives. Soit la loi doit contraindre la production et la consommation, soit la Terre se chargera de le faire.
Thomas Schauder

A propos de l’auteur
Thomas Schauder est professeur de philosophie en classe de terminale à Troyes (Aube). Vous pouvez retrouver l’intégralité de ses chroniques Phil’ d’actu, publiées un mercredi sur deux sur Le Monde.fr/campus, sur son site Internet, qui référence également ses autres travaux.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Géographe et maîtresse de conférence à l’Ecole normale supérieure, Magali Reghezza-Zitt rappelle qu’« un Français sur quatre vit en zone inondable ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/10/2018
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« L’urbanisation joue un rôle dans l’augmentation des risques liés aux inondations »

Géographe et maîtresse de conférence à l’Ecole normale supérieure, Magali Reghezza-Zitt rappelle qu’« un Français sur quatre vit en zone inondable ».



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 18h56
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 07h49
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Après les intempéries meurtrières dans l’Aude qui ont fait au moins onze morts dans la nuit de dimanche 14 à lundi 15 octobre, des voix s’élèvent pour dénoncer l’urbanisation massive des territoires, accusée d’aggraver les risques d’inondation.
Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l’intérieur, a d’ailleurs évoqué dans une interview à la chaîne LCI ce besoin de repenser les politiques de réaménagement du territoire : « Il faudra reconstruire en pensant l’adaptation de notre urbanisme à ces phénomènes climatiques. » Dans la seule région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un million de personnes vivent en zone inondable.
Géographe et maîtresse de conférence à l’Ecole normale supérieure, Magali Reghezza-Zitt rappelle par ailleurs qu’« un Français sur quatre vit en zone inondable ». S’il n’y a « pas de solution miracle », la géographe estime qu’un « renouvellement urbain » est nécessaire et devra répondre aux enjeux écologiques que pose la multiplication de ces épisodes météorologiques violents.

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En quoi les politiques d’aménagement du territoire prises ces dernières années ont un impact sur les dégâts causés par les inondations ?
Ces cinquante dernières années, nous avons assisté à une urbanisation importante des zones inondables. Ces aménagements du territoire s’expliquent par un ensemble de facteurs. D’abord, les populations ont eu tendance à oublier les dangers, car il n’y a pas eu de crues catastrophiques pendant de longues années.
Ensuite, de nombreuses régions du Sud, comme le département de l’Aude, ont vu arriver des populations de retraités ou des jeunes ménages voulant accéder à la propriété qui ne connaissaient pas les dangers du milieu méditerranéen.
L’urbanisation progressive s’est faite sur des terres de plaine qui, jusque-là, étaient agricoles, alors que, historiquement, les villages s’implantaient en hauteur pour ne pas être inondés
Urbanisation et périurbanisation ont aussi conduit à une imperméabilisation des surfaces (la « bétonisation »), qui est critiquée, car elle empêche l’infiltration de l’eau dans les sols. Mais il faut aussi rappeler que, parfois, la violence des épisodes météorologiques fait que le sol n’est pas capable d’absorber des volumes d’eau si importants en si peu de temps.

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Par le passé, il y avait moins de dégâts, car il y avait moins de gens et de biens de valeur exposés dans les zones à risque. Depuis, la vulnérabilité s’est considérablement accrue. Dans les années 1980-1990, on a vu se multiplier les maisons de plain-pied, notamment pour répondre à la demande d’une population qui pensait au moment de la retraite, quand la mobilité est moindre et que les escaliers posent problème.
Sauf que cette architecture n’est pas adaptée aux risques d’inondation par crue éclair : les personnes se retrouvent prisonnières de leur maison alors que l’eau monte. L’urbanisation joue donc un rôle indéniable dans l’aggravation des risques liés aux inondations, car elle accroît le ruissellement et l’exposition de populations vulnérables.
Comment endiguer ces risques liés à l’urbanisation ?
On ne peut pas généraliser. Il faut, au contraire, une approche très fine des territoires, qui ont chacun leurs spécificités. Le risque est de se contenter de polémiquer sur le rôle des élus locaux, qui paient aussi les héritages de ce qui a été fait par le passé, avec des constructions contournant les normes, parfois en toute légalité. On a besoin de ces élus pour travailler à l’aménagement du territoire.
Il faut se demander : qu’est-ce que l’on fait de cette urbanisation héritée ? Comment on aménage ce qu’il reste à aménager ? Comment on accompagne les élus des petites communes sur lesquels pèsent déjà des charges énormes, pour qu’ils gèrent ces questions face aux pressions des administrés et des promoteurs ?
Aujourd’hui, une municipalité sur deux a son territoire qui est tout ou partie situé en zone inondable. Un Français sur quatre vit en zone inondable. Rien qu’en région parisienne, cela concerne 850 000 personnes. Des communes sont parfois à 100 % en zone inondable. On ne peut pas tous les déménager.

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                L’Aude meurtrie panse ses plaies et évalue les dégâts



Il n’y a pas de solution miracle, mais une gamme d’actions possibles qui vont dans le bon sens. Certaines villes, comme Marseille ou Paris, tentent de désimperméabiliser les sols, par exemple en végétalisant les toitures, en débétonnant les cours d’école.
Certains territoires investissent dans des digues pour protéger l’existant, quand d’autres inventent un nouvel urbanisme en faisant rehausser les maisons ou en faisant construire des niveaux supplémentaires refuges.
Quoi qu’il en soit, les solutions d’aménagement s’inscrivent dans un temps très long. Une politique d’aménagement du territoire, qui devra forcément être en lien avec la transition écologique, cela se pense et s’étale sur une période de trente à cinquante ans.
A moyen terme, de nombreuses actions de renouvellement urbain vont avoir lieu dans les dix prochaines années. A court terme, l’enjeu est surtout la préparation des habitants, des maires, de tous les acteurs du territoire, à faire face aux crises qui ne manqueront pas de se produire.
Quelles sont les impulsions données par les pouvoirs publics sur le sujet ?
Il manque, au niveau national, une volonté forte, notamment des représentants nationaux, pour impulser une politique sur la réduction des risques liés aux inondations – qui ne se limite pas à des dispositifs juridiques qui s’empilent – et une stratégie nationale que les services de l’Etat portent comme ils peuvent, mais sans forcément tout le soutien dont ils auraient besoin. Le sujet n’apparaît pas non plus dans le débat démocratique, notamment lors des élections, alors qu’il concerne énormément de monde.
Il y a donc aussi une responsabilité des citoyens, qui tant qu’ils n’ont pas été touchés, refusent de prendre les mesures nécessaires, qui sont souvent coûteuses, faisant parfois pression sur leurs élus, qui se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume.
Les enjeux fonciers sont très importants et les élus doivent encore trop souvent choisir entre la sécurité et le développement du territoire. Cet arbitrage permanent entre différents risques demande un choix démocratique et politique fort, dans lequel chacun prend sa part.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ D’ici à 2022, les restaurants collectifs devront proposer des menus composés pour moitié de produits de qualité et équitables. Pour atteindre cet objectif ambitieux, un collectif d’élus locaux et de professionnels de la restauration en appelle, dans une tribune au « Monde », au gouvernement.
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« L’Etat doit contribuer à sa juste part au déploiement d’une restauration collective plus responsable »

D’ici à 2022, les restaurants collectifs devront proposer des menus composés pour moitié de produits de qualité et équitables. Pour atteindre cet objectif ambitieux, un collectif d’élus locaux et de professionnels de la restauration en appelle, dans une tribune au « Monde », au gouvernement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h43
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Collectif







                        



                                


                            
Tribune. La loi agriculture et alimentation votée pose des objectifs ambitieux pour les restaurants de collectivité. D’ici à 2022, 50 % de nos assiettes seront constitués de produits de qualité et équitables, dont 20 % provenant de l’agriculture biologique. Nous, restaurateurs collectifs, représentants de collectivités, élus et associations engagées sur les projets alimentaires, soutenons ces objectifs.
Seuls 3 % des produits servis dans les écoles, les hôpitaux, les entreprises, les Ehpad sont issus de l’agriculture biologique
Derrière, les enjeux sont immenses : l’accès à toutes et tous à un repas équilibré et sain par jour, la motivation de nos personnels de cuisine, le dynamisme, le lien avec nos territoires et nos producteurs… Avec trois milliards de repas servis chaque année, un milliard rien qu’en restauration scolaire, nous avons bien compris le formidable levier économique, écologique et de santé publique que représente ce secteur. Et s’il est vrai que de plus en plus de restaurants collectifs s’engagent, ne nous y trompons pas, ils font encore figure de pionniers.
Le constat est sans appel : malgré les ambitions étatiques affichées depuis des années, la part du bio servi dans nos restaurants ne décolle pas. Seuls 3 % des produits servis dans les écoles, les hôpitaux, les entreprises, les Ehpad sont issus de l’agriculture biologique. La marche est encore très haute et nous n’avons que quatre ans devant nous.

Les collectivités territoriales ont été les premières à soutenir le déploiement des projets. Mais sans un soutien financier de plus, nos efforts ne suffiront pas pour relever ce défi à l’échelle du pays. Nous demandons ainsi à l’Etat de contribuer à sa juste part au succès du déploiement d’une restauration collective plus responsable. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’échouer collectivement.
Bonus cantine bio et locale
Une solution a été mise sur la table. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Greenpeace, WWF France, Fondation pour la nature et l’homme… la mobilité du quotidien alimente la réflexion et les projets des grandes associations de protection de l’environnement.
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Les transports, nouveau défi des ONG environnementales

Greenpeace, WWF France, Fondation pour la nature et l’homme… la mobilité du quotidien alimente la réflexion et les projets des grandes associations de protection de l’environnement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 17h11
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                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Au siège national de Greenpeace, au cœur de Paris, il n’y aura bientôt plus assez de place dans le couloir de l’entrée pour entreposer les ­vélos. Les salariés sont de plus en plus nombreux à choisir ce mode de transport. Hasard ou opportunité, cette appétence pour la bicyclette accompagne l’intérêt croissant de la célèbre ONG de protection de l’environnement pour la mobilité du quotidien.
Chacun connaît les thèmes de prédilection de cette association fondée au Canada en 1971 : essais nucléaires, déchets radioactifs, pollution chimique, culture des OGM… Depuis peu, Greenpeace se penche aussi sur la place de la voiture en ville. L’ONG fait ainsi partie des 78 requérants, dont 69 associations, emmenées par les Amis de la Terre, qui ont demandé, le 2 octobre, au Conseil d’Etat d’enjoindre le gouvernement de prendre enfin des mesures pour limiter la pollution de l’air. Parmi les solutions proposées figurent les « plans de protection de l’atmosphère », des ­documents administratifs qui servent de base à la ­limitation du trafic motorisé.

Si les bureaux londoniens ou berlinois de Greenpeace se penchaient déjà sur la pollution automobile depuis quelques années, le siège français n’a lancé une campagne sur le sujet qu’en 2017. « Les producteurs d’hydrocarbures que nous mettons en cause se justifient régulièrement en affirmant qu’ils ne font que répondre à la demande. Nous avons décidé de traiter aussi cette ­demande », explique Sarah Fayolle, chargée de campagne « transport et climat » à l’organisation.
Une étude fouillée
Greenpeace n’est pas la seule grande ONG à s’intéresser aux conséquences environnementales du transport de personnes. A la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot, une responsable de la mobilité y travaille à plein temps depuis 2016. La fondation a publié, fin 2017, une étude fouillée consacrée à la contribution des véhicules électriques à la transition énergétique. On y découvre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Avant de travailler dans le privé, la nouvelle secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique avait participé à la création du RSA avec Martin Hirsch.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Emmanuelle Wargon, des questions sociales à l’écologie, en passant par Danone

Avant de travailler dans le privé, la nouvelle secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique avait participé à la création du RSA avec Martin Hirsch.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 13h10
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 10h26
    |

            Rémi Barroux (avec Manon Rescan)








                        


Lorsqu’elle a appris sa nomination au gouvernement d’Edouard Philippe, comme secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, mardi 16 octobre au matin, Emmanuelle Wargon était toujours chargée de la responsabilité sociale et environnementale, des affaires publiques et de la communication du groupe Danone. Cette haute responsabilité dans la multinationale française de l’alimentation, qu’elle occupe depuis 2015, a aussitôt fait réagir sur la Toile, certains internautes voyant dans son entrée au gouvernement la preuve d’un lobbying accru des grands groupes de l’agroalimentaire.

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                Remaniement : Castaner à l’intérieur, Guillaume à l’agriculture, Riester à la culture…



Pourtant, Emmanuelle Wargon, fille de l’ancien secrétaire d’Etat Lionel Stoléru, née le 24 février 1971 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a réalisé la plus grande partie de sa carrière dans la fonction publique. Diplômée de Sciences Po, de HEC et de l’ENA, elle a successivement travaillé à la Cour des comptes, puis auprès du ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner (2001-2002), avant de rejoindre pendant quatre ans l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Pendant deux ans, elle a occupé le poste de directrice générale déléguée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Directrice du cabinet de Martin Hirsch
Puis, de 2007 à 2010, elle a été directrice du cabinet de Martin Hirsch, alors haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Avec lui, elle crée le revenu de solidarité active. Résolument tournée vers les questions sanitaires, elle continue ensuite sa carrière au ministère des affaires sociales, où elle occupe le poste de haut fonctionnaire de défense et de sécurité, avant de rejoindre le ministère du travail (2012-2015) comme déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle.
Si son profil de haut fonctionnaire spécialisé sur les problématiques sociales ne l’a que peu confrontée aux questions environnementales, Emmanuelle Wargon explique « avoir travaillé sur les questions écologiques, notamment en lien avec l’insertion et la lutte contre la précarité énergétique ». La nouvelle secrétaire d’Etat confie aussi avoir été spécialement mobilisée sur les sujets d’environnement chez Danone.
Elle récupère les questions d’énergie
Emmanuelle Wargon devrait reprendre les dossiers de Sébastien Lecornu, l’un des deux secrétaires d’Etat qui avait été nommé avec Brune Poirson auprès de Nicolas Hulot en juin 2017, et qui rejoint le nouveau ministère de la cohésion des territoires.
Si François de Rugy n’apporte aucune modification dans la répartition des dossiers auprès de ses deux secrétaires d’Etat, Emmanuelle Wargon récupère notamment les questions d’énergie, avec la fermeture avant la fin du quinquennat de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), et celle des quatre centrales à charbon encore en activité en France. De quoi mettre à profit ses compétences sur les questions sociales.
Dans la majorité, l’arrivée au ministère de l’écologie de celle qui est déjà appelée par certains « la lobbyiste de chez Danone » suscite des interrogations. « Je ne voudrais pas lui faire de procès d’intention… », confie un député LRM, sur la réserve. « Danone a fait beaucoup de bonnes choses pour la transition écologique, mais j’attends de voir », ajoute une autre élue qui s’est investie dans le projet de loi agriculture et alimentation.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Cette chercheuse française copréside le Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du climat qui a rendu, le 8 octobre, un nouveau rapport alarmant.
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Valérie Masson-Delmotte, une voix pour alerter sur le réchauffement climatique


                      Cette chercheuse française copréside le Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du climat qui a rendu, le 8 octobre, un nouveau rapport alarmant.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h53
    |

            Stéphane Foucart







La spécialiste des paléoclimats et coprésidente du GIEC œuvre pour la prise de conscience de réchauffement de la planète et de ses conséquences dramatiques.

   


Augure
Depuis 2015, Valérie Masson-Delmotte est devenue pour les Français le visage des sciences du climat et de l’expertise internationale sur le réchauffement climatique. Coprésidente du chapitre scientifique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), elle prend désormais la parole pour expliquer la science et pour faire prendre conscience de la catastrophe en cours. « Une tragédie grecque », a-t-elle récemment déclaré.

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Antisceptique
Sa première apparition remarquée date de mars 2010, bataillant contre Claude Allègre sur France 2, démontant tranquillement les saillies de l’ancien ministre. Valérie Masson-Delmotte sort ce jour-là de l’anonymat de son labo pour prendre part à la mêlée médiatique qui se forme sur la question climatique. C’est elle qui rédige le premier jet d’un texte qui fera date (et la « une » du Monde), le 9 avril 2010, rassemblant les signatures d’un millier de climatologues français contre leurs contradicteurs.
Climatophile
Jeune centralienne, sa formation la prédestine plutôt à une carrière d’ingénieure ou de cadre dans une grande entreprise. Mais rien n’y fera : c’est le climat qui l’intéresse. Elle poursuit en thèse et, poussée par le climatologue Jean Jouzel, elle entre en 1997 comme chercheuse dans un organisme de recherche public, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), où elle fera carrière.

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Tête froide
Ironie et paradoxe de la science climatique, il faut travailler dans les températures glaciales des régions polaires pour appréhender le réchauffement en cours et examiner le passé pour avoir une idée du futur. C’est précisément ce travail que poursuit Valérie Masson-Delmotte : elle est spécialiste des paléoclimats, dont on détecte des indices chimiques ténus dans les carottes de glace prélevées au cœur du Groenland ou de l’Antarctique. Et a à son actif près de deux cents publications et plusieurs livres.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Dans le bassin permien, l’extraction de pétrole s’accompagne aussi de gaz naturel, mais en trop grande quantité. Celui-ci, plutôt que d’être vendu, est brûlé. Non sans conséquences.
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Au Texas, un million de dollars de gaz naturel part en fumée chaque jour

Dans le bassin permien, l’extraction de pétrole s’accompagne aussi de gaz naturel, mais en trop grande quantité. Celui-ci, plutôt que d’être vendu, est brûlé. Non sans conséquences.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h21
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


C’est un coin reculé de l’ouest du Texas, devenu en quelques années le centre névralgique de l’or noir mondial. Le bassin permien, qui concentre l’essentiel de la croissance du pétrole de schiste américain, a propulsé, en août, les Etats-Unis au rang de premier producteur mondial devant la Russie et l’Arabie saoudite, selon les chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie.

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La région produit à elle seule 3,3 millions de barils de brut par jour, soit l’équivalent de la production iranienne. Mais extraire du pétrole du sous-sol a une conséquence inévitable : il s’accompagne de gaz naturel, en grande quantité. En trop grande quantité même, jugent les pétroliers texans, qui brûlent une grande partie du gaz extrait – une technique appelée flaring ou « torchage ». D’après les données officielles de l’Etat, compilées par le Wall Street Journal, c’est l’équivalent d’un million de dollars (860 000 euros) qui part en fumée chaque jour.
Impact dramatique sur l’environnement
Pourquoi ne pas vendre le gaz naturel ainsi extrait ? D’abord parce que le nombre de gazoducs n’est pas suffisant pour exporter toute cette production. Ensuite, et surtout, parce que l’explosion du gaz de schiste aux Etats-Unis a fait baisser les prix très rapidement : alors que le baril de pétrole est au plus haut depuis quatre ans au niveau mondial (autour de 80 dollars), le gaz est en surproduction sur le marché américain et se vend à des prix dérisoires.

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Résultat : les industriels préfèrent recourir au flaring plutôt que de s’embarrasser à trouver un usage à du gaz qui pourrait produire de l’électricité dans d’autres Etats du pays. Cette situation devrait empirer dans les années à venir tant la production pétrolière ne cesse d’augmenter. A en croire les consultants spécialisés de Rystad, cette pratique devrait continuer à s’étendre, puis se réduire lorsque de nouveaux gazoducs, actuellement en construction, entreront en service.
En attendant, les conséquences sur l’environnement sont dramatiques : le torchage dans le bassin permien produit des gaz à effet de serre équivalents aux émissions de deux millions de voitures individuelles. Ce bilan serait encore plus grave si le gaz était relâché tel quel dans l’atmosphère. Cette pratique du flaring est ancienne dans le secteur pétrolier, mais, aux dires de la Banque mondiale, elle est en léger déclin en 2017, pour la première fois depuis 2010.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Energie, transports... L’Institut du développement durable prône « un renforcement substantiel » des politiques de réduction des gaz à effet de serre.
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La France creuse son retard sur ses objectifs climatiques

Energie, transports... L’Institut du développement durable prône « un renforcement substantiel » des politiques de réduction des gaz à effet de serre.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 15h55
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Au lendemain de la publication du rapport du GIEC appelant à un sursaut international pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C, et alors que le gouvernement doit présenter fin octobre sa nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), une étude de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), rendue publique mardi 16 octobre, sonne l’alarme. Elle montre que dans tous les secteurs clés – énergie, transports, bâtiments, agriculture –, l’Hexagone est en retard sur ses objectifs climatiques. Pire, cet écart se creuse.

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Pour orienter sa politique dans le domaine de l’énergie et du climat, la France s’est dotée de deux grands outils de planification : la PPE, en cours de révision pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, et la stratégie nationale bas carbone (SNBC), elle aussi en phase de réécriture. Cette dernière précise, dans les différents secteurs d’activité économique, les « budgets carbone », c’est-à-dire les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser pour rester sur la trajectoire définie à moyen et long termes.
Or, loin de baisser, les émissions nationales sont reparties à la hausse depuis 2015, si bien qu’en 2017, indique l’Iddri, elles ont excédé de 7 % le budget imparti. Cela, alors même que le plan climat annoncé en juillet 2017 par l’ex-ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a rehaussé l’ambition de la France : elle vise désormais la neutralité carbone au milieu du siècle, et non plus seulement la division par quatre de ses émissions, comme le prévoyait la loi de transition énergétique de 2015.
Les renouvelables à la traîne
Il existe donc, soulignent les auteurs de l’étude, « un écart grandissant » entre les objectifs de la France et la réalité de ses émissions de gaz à effet de serre. Un décalage qui appelle à leurs yeux « un renforcement substantiel de sa politique climatique ». Il y a « urgence » à infléchir la courbe, ajoutent-ils, faute de quoi « la crédibilité du projet de transition pourrait rapidement s’éroder ».
Ce constat vaut pour tous les secteurs, à commencer par la production d’énergie. Pour ne pas dévier de la trajectoire fixée, calcule l’Iddri, il faudrait « multiplier par quatre le rythme de l’amélioration de l’efficacité énergétique », et « par trois celui de la baisse de consommation d’énergies primaires fossiles ». Parmi les combustibles fossiles, seul le charbon a enregistré une baisse depuis 2012 (- 22 %), tandis que le pétrole et le gaz se maintenaient à un niveau quasiment stable. Dans le même temps, les énergies renouvelables (ENR) restent à la traîne, dans la production d’électricité et plus encore de chaleur. Et le potentiel du gaz renouvelable reste sous-exploité.

   


La décarbonation des transports, qui sont responsables de 30 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, patine elle aussi. En légère augmentation (+ 1 %) entre 2012 et 2017, ces émissions s’écartent chaque année davantage des plafonds prévus : elles les ont dépassés de 6 % en 2016 et de 10 % en 2017. En cause, la hausse du transport routier, pour les individus (+ 6,6 % entre 2016 et 2017) comme pour le fret (+ 6 %), qui annihile les bénéfices de la baisse de consommation des véhicules et du déploiement des motorisations électriques.

   


Le secteur du bâtiment, qui représente 20 % des émissions nationales et plus de 40 % de la consommation énergétique totale, est encore moins vertueux, puisqu’il a surpassé de 11 % son budget carbone en 2016, et de 22 % en 2017. Les derniers chiffres disponibles, portant sur l’année 2014, font état de 288 000 rénovations thermiques de logements « performantes » ou « très performantes », très en deçà de l’objectif de 500 000 logements rénovés par an que la France s’est donné dès 2012 et que M. Hulot avait réaffirmé. Face à ce décrochage, l’Iddri juge qu’« un réajustement des politiques de rénovation énergétique s’impose ».

   


Quant à l’agriculture, source de près de 20 % des gaz à effet de serre (pour l’essentiel sous forme de méthane et de protoxyde d’azote), ses émissions, après quinze années de décrue, ont légèrement progressé en 2017, dépassant de 3,2 % le plafond. « La trajectoire du secteur agricole est, sur le long terme, incompatible avec les objectifs climatiques de la France », note l’étude, qui pointe notamment l’insuffisance des moyens financiers alloués à l’agroécologie.
« Moment critique »
« Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au rouge, commente Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Iddri. Notre message est que nous sommes à un moment critique. Il y a une fenêtre à saisir, non pour changer à la marge la politique énergétique et climatique, mais pour la transformer en profondeur. » Et de préconiser que le Parlement soit associé à ce travail qui appelle des mutations radicales dans tous les domaines socio-économiques, comme c’est par exemple le cas au Royaume-Uni.
Début juillet, Nicolas Hulot, tirant le bilan de la première année de son plan climat, avait reconnu que « pour l’instant, le changement n’est pas à l’échelle ». Plus la France s’écarte de son cap et plus il sera difficile de redresser la barre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le constructeur allemand, détenu par PSA, est visé par une enquête. Il est suspecté d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois de ses modèles.
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Opel soupçonné à son tour de fraude au moteur diesel

Le constructeur allemand, détenu par PSA, est visé par une enquête. Il est suspecté d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois de ses modèles.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h18
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le constructeur Opel est à son tour emporté par le scandale du « dieselgate ». Epargnée jusqu’ici, la marque allemande, propriété du groupe PSA, a fait l’objet d’une descente de police, lundi 15 octobre. Dans la matinée, sept procureurs et trente-trois policiers ont débarqué au siège de Rüsselsheim (Hesse) et sur le site de Kaiserslautern (Rhénanie-Palatinat). Ils soupçonnent Opel d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois modèles (Insignia, Zafira et Cascada) de norme Euro 6. Plusieurs dizaines de milliers de véhicules sont concernés en Europe.
Opel a confirmé l’enquête et a déclaré « coopérer totalement » avec la justice. Il a nié fermement la présence d’un tel logiciel dans ses moteurs. « L’entreprise affirme que ses véhicules répondent aux normes en vigueur », a fait savoir le groupe. Cependant, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur (KBA) a apparemment de fortes raisons de penser l’inverse : elle estime avoir identifié la présence de ces logiciels dans les modèles incriminés. Le ministère des transports, de son côté, n’a pas l’intention de faire durer le suspense : il a décidé le rappel obligatoire de 95 000 véhicules suspects.

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                « Dieselgate » : Audi soupçonnée de continuer à installer des logiciels trompeurs dans ses véhicules



Une telle célérité surprend, dans un pays où les autorités se montrent d’ordinaire plus conciliantes avec les constructeurs. Mais le vent a tourné. Le ministère ne veut plus donner l’impression d’être hésitant, trois ans après le déclenchement du « dieselgate ». D’autant que, s’agissant d’Opel, les soupçons sont anciens. Dès 2016, une enquête a été ouverte contre le constructeur dans cette affaire.
« Fin 2015, la KBA a trouvé chez Opel des logiciels de désactivation des systèmes antipollution, sur lesquels le ministère nourrissait des doutes depuis le départ », a rappelé le ministère. Le constructeur a été invité à retirer ces programmes de désactivation lors de la mise à jour des logiciels, ce qui n’a pas été fait entièrement. « Chez Opel, l’exécution de ces ­mesures a longtemps été retardée », a souligné le ministère.
Effet potentiellement désastreux
Les logiciels de désactivation des systèmes antipollution sont justifiés par les constructeurs pour « protéger » les moteurs quand la température est trop faible ou dans certaines situations de ­conduite. Le moteur émet alors davantage d’oxydes d’azote (NOx) toxique. Mais des doutes subsistent sur la nécessité réelle de ces mesures.
Le sujet est hautement délicat. En raison des niveaux trop élevés de pollution au NOX des villes allemandes, plusieurs juges administratifs, dont celui de Berlin, ont ordonné des interdictions de circulation pour les véhicules diesel, provoquant l’inquiétude de nombreux automobilistes potentiellement empêchés de se rendre au travail. Or, le PDG d’Opel, Michael Lohscheller, a tenu à rassurer ses clients : « Qui achète aujourd’hui une Opel peut être sûr de ne pas être concernés par les interdictions de circuler », a-t-il répété la semaine dernière.

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                Automobile : chez Opel, « plus personne parmi les salariés n’a confiance dans la direction »



Les perquisitions de lundi et le rappel obligatoire suggèrent que les anciens modèles diesel de la marque sont bien moins irréprochables que cela. L’effet sur Opel, dont les ventes ne se redressent pas, pourrait être désastreux. Malgré un résultat opérationnel de 502 millions d’euros au premier semestre, Opel souffre toujours de graves faiblesses structurelles. Son centre de développement, à Rüsselsheim, où travaillent presque la moitié des salariés du groupe en Allemagne, est en forte surcapacité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le bilan provisoire des intempéries s’élevait mardi matin à onze morts, dont six dans cette seule commune déjà frappée par un attentat en mars.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
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Inondations : à Trèbes, « l’Aude, c’était le Mississippi »

Le bilan provisoire des intempéries s’élevait mardi matin à onze morts, dont six dans cette seule commune déjà frappée par un attentat en mars.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 11h20
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Trèbes, Aude)








                        



                                


                            

Il est 20 heures, lundi 15 octobre, lorsque, enfin, l’accès au centre-ville de Trèbes est de nouveau autorisé. Un couple de quinquagénaires s’engage alors dans l’obscurité d’une route où les lampadaires n’ont pas encore été remis en service, et progresse à la lueur faiblarde d’un téléphone portable. La mélasse boueuse d’une quinzaine de centimètres qui recouvre le macadam a transformé leurs malheureuses baskets en enclumes de gadoue, et menace de les flanquer par terre à chaque pas.
Le couple est venu de Carcassonne, à dix minutes de là, et madame est inquiète : « Mon frère ne donne plus de nouvelles depuis 8 heures du matin. » Quelques instants plus tard, soulagement : il y a de la lumière chez lui, qui ouvre la porte et tombe dans les bras de sa sœur. Une rare scène de joie au milieu d’un théâtre de détresse.
Car Trèbes a payé très cher les inondations qui ont frappé le département de l’Aude dans la nuit de dimanche à lundi : sur les onze victimes dénombrées mardi matin – on compte par ailleurs huit blessés et deux disparus –, six sont mortes ici. « Ce sont six personnes âgées, toutes surprises dans leur sommeil par la montée des eaux », explique un gendarme local. Deux vivaient dans le centre-ville, quatre dans la cité de l’Aiguille, de l’autre côté de la rivière, « la zone la plus touchée », d’après le même gendarme. « Là, l’Aude s’est étalée sur 200 mètres. C’était le Mississippi. »

Selon « Nico », le petit centre-ville coincé entre l’Aude et le canal du Midi ressemblait à un « aquarium géant ». Le patron de l’épicerie a vu son échoppe épargnée de justesse par la crue. Il s’en est aussi fallu de peu que, tentant de sauver l’une de ses deux voitures à 4 heures du matin, il y laisse la vie, à même pas 40 ans.
Trois mois de pluie en une nuit
Emporté par les flots, il s’est agrippé à un poteau en béton. Un ami rugbyman de 130 kilos, plus fort que le courant, est venu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Douze personnes sont mortes dans ces intempéries. Le gouvernement a annoncé une « procédure de catastrophe naturelle accélérée ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Le gouvernement a annoncé une « procédure de catastrophe naturelle accélérée ».       Publié hier à 06h20, mis à jour hier à 13h45   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                           Après des inondations meurtrières, l’Aude commençait, mardi 16 octobre, à panser ses plaies et à évaluer l’ampleur des dégâts, tout en surveillant avec anxiété les crues des cours d’eau. Le dernier bilan humain des intempéries est de douze personnes tuées dans la nuit de dimanche à lundi à la suite des violents orages : six à Trèbes, deux à Villegailhenc, une à Villardonnel, une à Villalier, une à Carcassonne et une à Saint-Couat d’Aude. Il y a en outre neuf blessés et deux personnes disparues.          Les écoles seront fermées mardi et les transports scolaires suspendus dans tout le département. Dans la soirée de lundi, plus de 1 500 foyers étaient privés d’électricité.          Polémique sur le système d’alerte          Le premier ministre Edouard Philippe, qui s’est rendu sur place, a estimé que cet épisode météorologique était « par lui-même imprévisible ». Une manière de dégonfler une polémique naissante : des habitants se plaignant d’avoir été mal informés de l’intensité à venir des orages. Le porte-parole du ministère de l’intérieur, Frédéric de Lanouvelle, a, lui, évoqué « une fragilité » dans le système de prévention de Météo-France. « La vigilance orange est très souvent utilisée et quand il y a un vrai problème, les gens n’en tiennent plus compte », a-t-il souligné.            Sur France Info, Eric Menassi, le maire PS de Trèbes, a déploré cette polémique « indécente » sur le système d’alerte : « Tout a été mis en œuvre pour alerter, je vous l’assure, a-t-il estimé. Nous avons affaire à un dérèglement climatique, qui amène des situations extrêmes. Il faut certes s’améliorer, prendre d’autres mesures, mais ce que nous avons vécu à Trèbes est un drame absolu, qu’aucun aménagement au niveau du fleuve n’aurait pu empêcher tellement la violence des eaux était terrible. »                     A Villegailhenc dans l’Aude, le 15 octobre. ERIC CABANIS / AFP             « J’ai tout perdu, ordinateur, télé, les papiers… On ne peut plus habiter ici. Quel carnage ! C’est toutes les maisons de la rue qui sont comme ça. On ne s’attendait pas à ça, avec la vigilance orange. Ça ne veut rien dire vigilance orange ! », s’est ainsi emporté un habitant de Villegailhenc, âgé d’une trentaine d’années.          Trois mois de pluie en quelques heures          Cet « épisode méditerranéen de type cévenol », qui figure parmi les intempéries les plus meurtrières dans l’Hexagone depuis une dizaine d’années, a par ailleurs fait huit blessés graves et deux personnes disparues.           Lire aussi : Les « épisodes méditerranéens » seront de plus en plus intenses             Il est tombé en quelques heures l’équivalent de trois mois de pluie. Selon Météo-France, l’agglomération de Carcassonne a reçu en l’espace de cinq heures entre 150 mm et 300 mm d’eau. « Près de 1 000 personnes ont été évacuées et environ 250 sont toujours prises en charge dans les centres d’hébergement ouverts par certaines communes », a détaillé la préfecture.          A Coursan, commune de 6 000 habitants, près de Narbonne, quelque 350 habitants de la rive gauche de l’Aude, le secteur le plus exposé, ont été prévenus des risques d’inondations par les élus et la police municipale. Ces derniers ont été évacués ou priés de gagner les étages avec téléphone portable, couvertures et de quoi s’alimenter, a expliqué à l’Agence France-Presse le maire, Edouard Rocher.          Le fleuve est monté entre 8 heures et 14 heures, lundi, d’un centimètre toutes les minutes, son niveau passant d’un mètre à huit mètres dans l’après-midi.          « Procédure de catastrophe naturelle accélérée »          De nombreuses routes étant coupées, plusieurs habitants ont été secourus par hélitreuillage. Quatre communes ont été évacuées : Pezens, Trèbes, Villegailhenc et Villemoustaussou. A Pezens, les résidents ont pu regagner leur domicile.          Dans la salle des fêtes de Trèbes, une centaine de naufragés étaient lundi sous le choc, les yeux dans le vague, après avoir « tout perdu ». « J’ai vu ma grand-mère dans son lit flotter sur l’eau », témoigne Pierre, l’air hagard. Il ne sait toujours pas si cette femme grabataire de 97 ans a survécu.          Dans la région de Carcassonne, les champs sont inondés, plusieurs chaussées détruites ou impraticables avec des arbres tombés sur les routes. Des torrents d’eau boueuse enjambent la chaussée, les cours d’eau débordent. Des véhicules ont été emportés par les flots.          Le chef du gouvernement, accompagné du ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, a annoncé une « procédure de catastrophe naturelle accélérée ». Le président de la République, Emmanuel Macron, qui se rendra dans l’Aude « dès que possible » selon l’Elysée, a exprimé « l’émotion et la solidarité de toute la nation envers les victimes ».            Voir aussi   Orages et inondations meurtrières dans l’Aude                                    Annonces immobilières avec Logic-Immo           PARIS 19 (75019) 599960 € 68 m2           PARIS 19 (75019) 634000 € 64 m2           PARIS 16 (75116) 3395000 € 270 m2      Recherche                    Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Bangkok, San Francisco, Paris… Des milliers de personnes se mobilisent pour le climat  Dans une centaine de pays, des milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans le cadre de l’appel baptisé « Rise for climate » (« Debout pour le climat »).                          17 départements en vigilance orange jeudi  Cette vigilance concerne les orages et les inondations. La vague de chaleur est quant à elle en passe de se terminer.                      Incendies, canicules, les ravages d’une planète en surchauffe  La chaleur exceptionnelle et les incendies ont tué depuis juillet des centaines de personnes et provoqué de nombreux dégâts dans le monde.                      Pluies torrentielles à Hawaï au passage de l’ouragan Lane  Les vents soufflent à 200 kilomètres à l’heure, et l’ouragan a été rétrogradé en catégorie 3. Le président Trump a préventivement déclaré l’état d’urgence.                    - RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / NATURE / JOHN SONNTAG" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
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