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Communiqué du Pôle d’indépendance





LE MONDE
 |    17.10.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h29
   





                        


Le Pôle d’indépendance qui regroupe les sociétés de rédacteurs, salariés, lecteurs et fondateurs du groupe Le Monde apprend que Matthieu Pigasse a la volonté de céder une participation minoritaire dans sa holding Le Nouveau Monde. Depuis 2010, c’est à travers cette société que Matthieu Pigasse est actionnaire majoritaire du groupe Le Monde au sein du Monde libre (LML) aux côtés de Xavier Niel et de Madison Cox (ayant droit de Pierre Bergé).
L’acquéreur est l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. Il a fait fortune dans son pays dans le secteur de l’énergie et a créé Czech Media Invest (CMI) qui est devenu le premier groupe de presse tchèque. En France, il possède l’hebdomadaire Marianne et finalise notamment le rachat d’Elle, Télé 7 jours, Ici Paris et France Dimanche.
Face à la brutalité de cette annonce, le Pôle d’indépendance souhaite s’entretenir rapidement avec les actionnaires majoritaires du groupe. Il demande également à rencontrer M. Kretinsky ou son représentant en France pour éclaircir ses intentions et obtenir de sa part les garanties indispensables du respect des valeurs et règles d’indépendance qui régissent l’ensemble des titres du groupe Le Monde.
Le Pôle d’indépendance organisera dans les plus brefs délais une réunion d’information des personnels.
Société des rédacteurs du « Monde », Société civile des publications de « La Vie » catholique, Société des lecteurs du « Monde », Société des cadres du « Monde », Société des employés du « Monde », Société des personnels du « Monde », Société des personnels de « Courrier international », Association des actionnaires minoritaires du « Monde »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Selon nos informations, Matthieu Pigasse est entré en négociations exclusives avec l’industriel pour lui revendre une part minoritaire de la holding via laquelle il est présent au capital du journal.
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Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky négocie son entrée dans le groupe de Matthieu Pigasse, actionnaire du « Monde »

Selon nos informations, Matthieu Pigasse est entré en négociations exclusives avec l’industriel pour lui revendre une part minoritaire de la holding via laquelle il est présent au capital du journal.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h28
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial), 
François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Un des actionnaires majoritaires du Monde, Matthieu Pigasse, négocie la revente d’une partie de ses parts à l’industriel tchèque Daniel Kretinsky, selon nos informations, confirmées par M. Pigasse : celui-ci est entré en négociations exclusives pour céder entre 40 et 49 % de sa société Le Nouveau Monde, créée pour détenir sa participation dans Le Monde, qu’il contrôle aux côtés de Xavier Niel, le fondateur de Free.
Le banquier d’affaires de Lazard cherchait ces derniers mois à trouver un partenaire pour l’épauler financièrement. Mais il assure qu’il a l’intention de garder le contrôle du Nouveau Monde, ainsi que de sa société de médias Les Nouvelles Editions indépendantes (Les Inrocks, Nova…). Et aussi de rester le cogérant du Monde, à travers la société Le Monde Libre. Contacté, Xavier Niel n’a pas souhaité répondre à nos questions. M. Kretinsky et ses représentants n’ont pu être joints.
Une source officielle tchèque a affirmé mardi 16 octobre au Monde que l’intention de M. Kretinsky était de « racheter Le Monde ». L’industriel tchèque est dirigeant du groupe énergétique EPH et du premier groupe de médias de son pays, Czech Media Invest (CMI). Il est aussi devenu propriétaire de Marianne et d’une partie du pôle magazine du groupe Lagardère.

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                Daniel Kretinsky, l’ambitieux milliardaire tchèque à la conquête de la presse de l’Ouest




   



Communiqué du Pôle d’indépendance
Le Pôle d’indépendance qui regroupe les sociétés de rédacteurs, salariés, lecteurs et fondateurs du groupe Le Monde apprend que Matthieu Pigasse a la volonté de céder une participation minoritaire dans sa holding Le Nouveau Monde. Depuis 2010, c’est à travers cette société que Matthieu Pigasse est actionnaire majoritaire du groupe Le Monde au sein du Monde libre (LML) aux côtés de Xavier Niel et de Madison Cox (ayant droit de Pierre Bergé).
L’acquéreur est l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. Il a fait fortune dans son pays dans le secteur de l’énergie et a créé Czech Media Invest (CMI) qui est devenu le premier groupe de presse tchèque. En France, il possède l’hebdomadaire Marianne et finalise notamment le rachat d’Elle, Télé 7 jours, Ici Paris et France Dimanche.
Face à la brutalité de cette annonce, le Pôle d’indépendance souhaite s’entretenir rapidement avec les actionnaires majoritaires du groupe. Il demande également à rencontrer M. Kretinsky ou son représentant en France pour éclaircir ses intentions et obtenir de sa part les garanties indispensables du respect des valeurs et règles d’indépendance qui régissent l’ensemble des titres du groupe Le Monde.
Le Pôle d’indépendance organisera dans les plus brefs délais une réunion d’information des personnels.
Société des rédacteurs du « Monde », Société civile des publications de « La Vie » catholique, Société des lecteurs du « Monde », Société des cadres du « Monde », Société des employés du « Monde », Société des personnels du « Monde », Société des personnels de « Courrier international », Association des actionnaires minoritaires du « Monde »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Pour la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, le risque d’une absence de compromis avec l’UE « est là, mais il est relativement faible ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Brexit : « Personne, ni chez les Vingt-Sept ni chez les Britanniques, n’a intérêt à un “no deal” »

Pour la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, le risque d’une absence de compromis avec l’UE « est là, mais il est relativement faible ».



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h02
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu aux questions des internautes sur le sommet européen spécial consacré au Brexit.

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YA : A combien estimeriez-vous la probabilité d’un « no deal » ?
Très difficile à dire. Comme dans toute négociation, il y a aujourd’hui une part de bluff et de dramatisation difficile à apprécier. Je dirais que le risque de « no deal » est là, mais relativement faible, même si la marche politique à franchir pour la première ministre britannique, Theresa May, afin d’accepter la solution européenne pour l’Irlande est très haute.
Que voudrait dire un « no deal » ? Probablement, dans les premiers jours, voire les premières semaines, des dizaines de kilomètres de bouchons aux frontières UE-Royaume-Uni, des dizaines de milliers de têtes de bétail, de chiens et de chats mis en quarantaine dans les ports britanniques ou nord-irlandais. Les Eurostar à l’arrêt, des avions cloués au sol dans les aéroports londoniens, des expatriés londoniens (Français, Polonais…) en panique, et j’en passe. Personne, ni chez les Vingt-Sept, ni chez les Britanniques n’a intérêt à un « no deal ». Donc, logiquement, tout le monde finira par s’entendre à la fin. Je dirais entre mi-novembre et Noël.
Mais cette négociation est spécialement difficile, et on n’est pas à l’abri d’un accident en fin de parcours : par exemple, si l’accord de retrait ne passe pas la barre du vote à la Chambre des Communes. C’est la grande inquiétude des Européens. Et de Mme May.
Florent : Au sujet du problème de la frontière Irlandaise, ne serait-il pas possible de régler dans deux traités différents cette question et le reste (le montant du divorce avec l’UE, le sort des expatriés…), qui est relativement bien avancé afin d’éviter un « no deal » ?
La priorité absolue des Européens est de préserver les accords de paix signés en 1998 entre Irlande du Nord et République d’Irlande et qui ont mis fin à 40 ans de « troubles » en Irlande du Nord. Ces accords stipulent qu’il ne doit en aucun cas y avoir retour d’une frontière physique entre la province nord-irlandaise et la République d’Irlande.
Bruxelles veut « sécuriser » cette question dès l’accord de retrait, pour éviter que cette frontière ne réapparaisse, dans les mois ou les années suivant le Brexit, si les Européens mettent plus de temps que prévu à négocier un traité avec Londres sur leurs « relations futures ». Les Européens ont besoin de cette « assurance » (ce « filet de sécurité » ou ce « backstop ») tout de suite, car ils se font peu d’illusions : la « relation future » entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni, à moins que Londres finalement accepte de rester dans le marché intérieur, ne se fera pas « sans frictions » : des contrôles douaniers deviendront nécessaires, même a minima entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni.

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Corentin : Assiste-t-on à la fuite massive des grandes entreprises de la City comme cela avait été prévu ? Si oui vers quel capitale européenne ?
La fuite n’est pas massive même si, les uns après les autres, les grands établissements financiers renforcent leurs équipes continentales, anticipant qu’après le divorce, le Royaume-Uni perdra ce précieux passeport permettant aux établissements installés depuis la City de vendre leurs services financiers au reste du continent.
Les places continentales, Francfort, Luxembourg et Paris se livrent à une intense concurrence pour les attirer. Et Paris ne s’en sort pas trop mal. Bank of America, Citigroup, BlackRock, JP Morgan Chase ont tous annoncé renforcer leurs équipes parisiennes. C’est elle qui par ailleurs a gagné le « concours de beauté » continental, pour récupérer l’Autorité bancaire européenne, qui doit quitter le Royaume-Uni à la suite du Brexit.

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Distrait : D’après la presse continentale, ce sont les contradictions entre Britanniques qui rendent la situation inextricable. Faut-il comprendre que même si Barnier disait oui à tout ce que demande Theresa May, celle-ci n’obtiendrait pas pour autant le consensus auprès des siens ? A partir de là, quel est l’intérêt de continuer ces négociations ?
Michel Barnier ne dira pas oui « à tout ce que lui demande [la première ministre britannique, Theresa] May ». Depuis le début des discussions avec Londres, les Vingt-Sept ont confié un mandat très clair à leur unique négociateur : d’accord pour négocier un accord qui garde le Royaume-Uni le plus proche possible de l’Union mais en aucun cas, ce divorce ne doit porter préjudice au principal acquis communautaire, à savoir le marché intérieur. M. Barnier doit donc préserver coûte que coûte cet acquis, et les règles qui vont avec : ses quatre libertés de circulation (des biens, des capitaux, des services et des personnes), et sa Cour de justice de l’Union européenne, seule en mesure de trancher des différends liés au respect de ses lois.
Si pour l’heure, la discussion entre Londres et les Vingt-Sept bute sur la question irlandaise, c’est aussi parce que les Européens, en cas de Brexit, doivent réintroduire un contrôle aux frontières entre eux et le Royaume-Uni, pour éviter que leur marché intérieur ne devienne une passoire. Or, pour les raisons expliquées précédemment, ils ne veulent pas que ces contrôles soient réintroduits entre Irlande du Nord et République d’Irlande.

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J’ai 12 ans : Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe d’une façon simple et compréhensible par un enfant de 12 ans ?
Les questions européennes sont difficiles à simplifier, spécialement celle-ci ! Je me lance : un divorce, c’est rarement joli-joli… Surtout quand on a vécu ensemble plus de quarante ans, qu’on a tissé des liens extrêmement étroits (économiques, politiques, géopolitiques). Et surtout, que pendant la campagne référendaire au Royaume-Uni, les Brexiters ont raconté beaucoup de bêtises et passé beaucoup de grosses difficultés sous silence.
Qui a expliqué aux Britanniques, par exemple, que sortir de l’Union, de son espace douanier, de son “marché intérieur” sans frontières intérieures pour les personnes ou les marchandises, cela impliquait automatiquement, et fatalement, une frontière entre la province d’Irlande du Nord et la République d’Irlande ? Une frontière que le Royaume-Uni s’était engagé à faire disparaître dans le cadre d’un traité de paix signé en Irlande vingt ans plus tôt pour mettre fin à une guerre civile ?
Antoine : J’habite au Royaume-Uni, dois-je m’inquiéter de quelque chose concernant mon statut ?
Si les Européens parviennent à s’entendre avec les Britanniques sur un traité de divorce, a priori, non. Si vous êtes Français ou d’un autre pays de l’Union européenne, expatrié au Royaume-Uni et êtes arrivé sur place avant le 29 mars 2019, voire avant le 31 décembre 2020 (fin de la période de transition), vous pourrez rester sur place dans les mêmes conditions que maintenant. Mais si les Européens et Londres ne parviennent pas à s’entendre sur les conditions du divorce (ce qu’on appelle le « no deal »), alors cet accord sur les expatriés tombe à l’eau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La Cour de cassation a annulé, mercredi, la condamnation de Laura Pfeiffer, une inspectrice du travail qui avait été sanctionnée pour violation du secret professionnel.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Nouveau rebondissement dans l’affaire Tefal

La Cour de cassation a annulé, mercredi, la condamnation de Laura Pfeiffer, une inspectrice du travail qui avait été sanctionnée pour violation du secret professionnel.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h18
    |

            Bertrand Bissuel








                        


Laura Pfeiffer vient de remporter une victoire judiciaire. Cette inspectrice du travail a obtenu que sa condamnation soit annulée par la Cour de cassation, mercredi 17 octobre. La fonctionnaire s’était vu infliger une amende de 3 500 euros avec sursis pour violation du secret professionnel et pour « recel d’atteinte au secret des correspondances ». L’arrêt de la Cour de cassation, qui invalide donc la peine, constitue un nouveau rebondissement dans une affaire à tiroirs : celle-ci dure depuis près de cinq années et a provoqué d’importants remous parmi les agents du ministère du travail. Pour autant, la procédure n’est pas close puisque le dossier devra être rejugé par la cour d’appel de Lyon.
Les faits reprochés à Laura Pfeiffer concernent des e-mails envoyés et reçus en 2013 par la direction de l’usine Tefal à Rumilly (Haute-Savoie). Ils avaient été communiqués à l’inspectrice du travail par un salarié de l’entreprise, Christophe M., qui se les était procurés frauduleusement. Ces correspondances pouvaient laisser penser qu’il y avait une collusion entre les patrons du fabricant d’articles de cuisine et Philippe Dumont, le supérieur hiérarchique de Laura Pfeiffer, pour que celle-ci remplisse sa mission avec moins de rigueur.

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Débat juridique autour des lanceurs d’alerte
Persuadée que son chef relayait les pressions de Tefal pour « obtenir sa tête », la fonctionnaire avait transmis ces documents à plusieurs syndicats et l’affaire avait été déballée sur la place publique, en décembre 2013. L’industriel avait déposé une plainte contre X pour « introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données ». L’enquête avait permis de remonter à l’inspectrice du travail et à son « informateur », Christophe M. Tous deux avaient été condamnés, en première instance puis en appel.
Laura Pfeiffer a formé un pourvoi en cassation, en se fondant sur les arguments qu’elle a constamment développés tout au long de la procédure. Pour elle, son attitude n’avait rien de répréhensible puisqu’elle a agi en tant que « lanceuse d’alerte », afin de signaler un délit : en l’occurrence, son but était de dénoncer le fait que Tefal cherchait à l’entraver dans l’exercice de ses fonctions, avec la bénédiction de son supérieur hiérarchique.
En première instance et en appel, cette ligne de défense avait été balayée, les juges estimant que Laura Pfeiffer ne remplissait pas les conditions pour être créditée de la qualité de lanceuse d’alerte. Mais cette notion a évolué, depuis, avec la promulgation de la loi du 9 décembre 2016, dite « loi Sapin II ». De nouvelles règles, un peu moins strictes, ont été édictées pour conférer à une personne le statut de lanceur d’alerte. Or, une loi pénale plus douce s’applique aux affaires qui n’ont pas été jugées définitivement – même si elle a été adoptée bien après l’enclenchement de la procédure.

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                Affaire Tefal : la condamnation de l’inspectrice du travail confirmée en appel



Nouveau procès à Lyon
Dès lors, a conclu la Cour de cassation, « il y a lieu (…) de procéder à un nouvel examen de l’affaire au regard [des] dispositions plus favorables » contenues dans la loi Sapin II. La condamnation de Laura Pfeiffer est annulée et un nouveau procès aura lieu, devant la cour d’appel de Lyon.
Cette décision était attendue, a réagi Me Jean-Pierre Chevallier, l’avocat de l’inspectrice, en soulignant qu’elle est conforme aux conclusions de l’avocat général, lors de l’audience, début septembre. Toute la question, maintenant, est de savoir comment la cour d’appel de Lyon analysera le comportement de Laura Pfeiffer. « C’est un scandale qu’elle se prévale de la qualité de lanceuse d’alerte », estime Me Jean-Jacques Gatineau, le conseil de Tefal. Dans cette affaire, poursuit-il, « elle a essayé de préserver ses petits intérêts personnels en cherchant à faire tomber son supérieur hiérarchique, avec qui elle était en conflit ».
La décision de la Cour de cassation « est un désaveu cinglant pour Tefal », se félicitent les cinq organisations (CGT, CNT, FO, Snutef-FSU, SUD) qui soutiennent Laura Pfeiffer. Elles comptent bien « obtenir une relaxe de [leur] collègue qui n’a fait que son travail ». Elles considèrent aussi que l’arrêt rendu mercredi représente « un encouragement » pour les agents de l’inspection du travail et réclament une « condamnation publique des agissements de Tefal » par Muriel Pénicaud, la ministre du travail.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Installé à Paris, qu’il considère comme la « capitale mondiale du transport », l’entrepreneur sud-africain Ross Douglas ouvre, le 18 octobre, pour la deuxième année consécutive, Autonomy, un salon sur la mobilité.
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« Paris et l’Europe doivent exporter leur approche de la mobilité dans la ville »

Installé à Paris, qu’il considère comme la « capitale mondiale du transport », l’entrepreneur sud-africain Ross Douglas ouvre, le 18 octobre, pour la deuxième année consécutive, Autonomy, un salon sur la mobilité.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 15h36
    |

                            Francis Pisani








                        



   


Pourquoi avoir lancé en 2017 un nouvel événement autour de la mobilité ? 
Face à une industrie en croissance rapide, il est nécessaire de permettre aux acteurs de se rassembler, échanger, collaborer, conclure des deals. Par exemple, cette année nous avons une version complète du Volocopter (doté de 18 hélices). Les air-taxis vont arriver, mais tant que les villes ne voient pas leur taille, ne rencontrent pas les gens qui les fabriquent, elles ne comprennent pas bien les problèmes qui y sont associés.
Les innovateurs ont besoin de dire aux décideurs politiques et aux villes comment ils voient l’évolution dans cinq-dix ans afin que ces acteurs puissent commencer à comprendre le type d’infrastructure et de législation, dont ils auront besoin. Aucune ville n’est prête pour les véhicules autonomes, et Paris n’a pas non plus de législation sur les trottinettes électriques.

        Décryptage :
         

          Hoverboard, trottinette, vélo électrique, qui peut rouler où ?



De plus, il y a un besoin très important de mise en récit des raisons pour lesquelles l’Europe a une mobilité de qualité. Les villes européennes tendent à devenir des importatrices d’innovations : les bicyclettes Ofo, par exemple, viennent de Chine, les voitures électriques Tesla viennent des Etats-Unis. En Chine, il y a près de 150 constructeurs automobiles ! La Silicon Valley, quant à elle, domine l’innovation en matière de mobilité, par la quantité d’argent investi. Pour continuer à exporter leurs solutions de transport, il manque deux choses à l’Europe : le financement et la mise en récit (storytelling).
Et pourquoi avoir choisi Paris pour accueillir cet événement ? 
Paris est la capitale du transport et personne ne le sait. Au niveau politique, elle promeut les nouvelles solutions de mobilité et veut devenir la première ville post-voiture. Elle doit aussi proposer des nouvelles solutions, car elle a la plus grande densité en Occident. Plus on se rapprochera des Jeux olympiques, plus la ville devra faire preuve de créativité en matière de déplacements.

        Notre reportage en amont du salon Autonomy 2017 :
         

          La « micromobilité » urbaine en vogue



Vous avez commencé par faire des documentaires, puis travaillé dans l’événementiel. Comment en êtes-vous venu à la mobilité ?
Etrange parcours. Je suis sud-africain et entrepreneur. Je vivais et travaillais en Afrique du Sud où j’ai repris une agence d’organisation d’événements culturels. Je voulais développer une activité à l’international pour aider les start-up à trouver des investisseurs. Or, à Lagos, pour participer à trois meetings par jour, je devais passer six heures en déplacement, en avançant à 4 km/h, sous d’épais nuages de pollution. Tandis qu’à Copenhague je pouvais participer à sept meetings par jour, en me déplaçant à bicyclette, pour un coût de dix euros. J’ai réalisé que l’usage de la voiture en ville ne pouvait plus durer, particulièrement dans les économies émergentes, en raison de leur urbanisation massive. Physiquement, il n’y a plus d’espace.
J’ai aussi réalisé des films sur l’environnement et la vie sauvage. Ce qui m’a amené à m’intéresser au réchauffement climatique et donc au besoin de réduire les émissions de carbone. Or, autant il est difficile de limiter les vols d’avion, autant on doit s’attaquer au transport personnel. Utiliser un véhicule de deux tonnes pour transporter une personne de 80 kg d’un point A à un point B est de la folie !

        Tribune de Ross Douglas (édition abonnés) :
         

          « Construire, ensemble, une offre européenne multimodale et exportable »



D’où votre intérêt pour les bicyclettes ?
Steve Jobs a dit, un jour, que « l’ordinateur est l’outil le plus remarquable que nous ayons inventé, c’est l’équivalent d’une bicyclette pour nos esprits ». Il saluait ainsi l’intelligence de la bicyclette. L’être humain est l’animal le moins efficace en termes de calories dépensées pour se déplacer. En revanche, sur une bicyclette, il devient le plus efficace de tous les animaux. C’est particulièrement vrai en ville, où la plupart des trajets ne font pas plus de quatre à cinq kilomètres.
Quelles sont les tendances les plus intéressantes dans la mobilité ?
Au sortir de votre appartement à Paris, vous verrez sans doute une trottinette électrique Bird. Lancée à San Francisco il y a un an, elle a déjà permis de réaliser dix millions de trajets. Un chiffre extraordinaire pour une entreprise nouvelle. Et très inquiétant pour les Européens qui sont excellents dans la construction de bonnes solutions d’ingénierie, mais qui grandissent lentement, ville par ville.

        Grand format :
         

          Trottinettes, voitures, scooters... le grand bazar de la mobilité partagée à Paris



La voiture autonome fait l’objet d’une innovation intense. Comment appréhendez-vous son développement ?
Les plus grandes compagnies investissent des sommes colossales dans le véhicule autonome. Reste à comprendre leurs motivations exactes. Je ne crois pas qu’elles s’inscrivent dans une réflexion sur l’évolution des transports. Il faut plutôt chercher du côté des espaces où les gens dépensent beaucoup d’argent et de temps. La voiture autonome permettra d’utiliser nos mains libres pendant les trajets pour acheter des choses sur Amazon, Netflix, LinkedIn, Facebook, Twitter, Instagram, etc. L’enthousiasme pour le véhicule autonome tient à cet espace tiers qui sera grandement prisé pour la vente au détail.
On est loin de l’idée d’une mobilité plus durable ? 
Sans compter que ce qui fait une ville, c’est d’avoir des personnes dans les rues. C’est ce qui les rend si agréables à visiter, notamment en Europe. Dans une ville où l’on peut marcher, déambuler, vous y trouvez un sens du lieu, mais aussi une offre fantastique de nourriture, de modes, de designs. Pourquoi Paris est-elle la ville la plus visitée au monde ? Pourquoi aime-t-on se rendre à Venise, à Barcelone pour ne citer qu’elles ?
A contrario, Los Angeles est un cauchemar : vous vous asseyez dans une voiture pour aller dans un centre commercial. Idem à Djakarta ou Johannesburg où l’on trouve les mêmes boutiques. Même Shanghai a perdu son sens du lieu. L’Europe doit préserver cette qualité. Parce que la mobilité active dans les rues est saine et parce que les boutiques de rue paient des taxes, alors que les gens dans les véhicules autonomes achèteront sur Amazon.

        Tribune de Benjamin Nieuwland, consultant en environnement
         

          « Il faut déconstruire une partie du discours présentant la voiture autonome comme une solution miracle »



Vous dites avoir une approche holistique de la mobilité. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Il faut toujours regarder les externalités d’un système, ses effets sur d’autres systèmes. Par exemple, Google dit que 1,2 million de personnes meurent chaque année du fait des accidents de la route et qu’il faut se débarrasser des conducteurs. Mais plus de gens meurent du fait de l’obésité et des maladies qui en découlent. Ceci peut être réduit par la mobilité active.
Il faut toujours prendre les externalités en compte, faute de quoi certaines technologies vous amènent à faire fausse route. En 1997, les lobbies européens ont œuvré pour le diesel… personne n’a regardé les externalités sur la santé, par exemple, et maintenant personne n’en veut plus. On pourrait avoir la même chose avec les voitures autonomes.

        Portrait d’un étudiant ingénieur (Campus) :
         

          « C’est à notre génération de trouver les réponses pour la voiture autonome »



Les responsables européens, publics ou privés, parlent toujours de leur propre pays, rarement de l’Europe. N’est-ce pas un problème ?
Face à la compétition provenant de Chine et à la collaboration Chine - Etats-Unis, les pays de l’Europe ne survivront pas dans le secteur de la mobilité s’ils ne font pas évoluer leurs conceptions. Ils collaborent peu. Les compagnies françaises et européennes ne comprennent pas l’échelle à laquelle le monde s’urbanise. Elles doivent offrir aux habitants des villes une vision à long terme holistique et durable avec des solutions globales.
L’Europe peut-elle exporter sa mobilité dans le reste du monde ?
Bien sûr. L’Europe exporte avec succès son mode de vie. Nous mangeons italien en Afrique du Sud, en Australie ou en Amérique et nous achetons la mode ou les parfums français pour imiter vos modes de vie. Les Européens mettent en avant leur qualité de vie, mais ils ne sont pas parvenus à y intégrer leur approche de la mobilité.
C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi Paris. Je peux aller au travail à vélo, marcher pour aller chercher mes enfants à la crèche. Au lieu de vendre des solutions techniques, les compagnies européennes de transport doivent se rassembler et dire aux villes en croissance rapide de par le monde qu’elles sont capables de créer un mode de vie européen dans les rues.
L’une des raisons pour lesquelles je suis hautement pessimiste sur l’Afrique est qu’elle s’urbanise tandis que l’Europe y jette ses véhicules diesel de seconde main. Embouteillages et contamination deviendront insupportables. Personne ne voudra y aller. Les Africains préféreront se rendre ailleurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Pour un salarié, la liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.
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Le salarié peut-il concurrencer son employeur ?

Pour un salarié, la liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 15h00
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie est issu du décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791 (supprimant les corporations), selon lequel « il sera libre à toute personne d’exercer telle profession, art, ou métier qu’il trouvera bon ». Il a même valeur constitutionnelle, selon la décision du Conseil constitutionnel du 16 janvier 1982 consacrant la liberté d’entreprendre.
Mais pour un salarié, cette liberté d’entreprendre trouve une limite dans l’obligation de loyauté à l’égard de l’employeur. L’obligation d’exécuter le contrat de travail de bonne foi, figurant tant à l’article 1104 du code civil qu’à l’article L. 1222-1 du code du travail, signifie en effet que le salarié ne doit pas causer de tort à son employeur, notamment en exerçant une concurrence illicite.

Il est, par exemple, possible pour un salarié d’élaborer les statuts et d’immatriculer une société qui a vocation à faire concurrence à son employeur. En revanche, le fait de travailler pour son propre compte auprès d’un client de son employeur, chez qui ce dernier effectue déjà un chantier, constitue une atteinte à son obligation de loyauté et est même qualifié de faute grave justifiant le licenciement.
Par ailleurs, lorsqu’une clause d’exclusivité figure dans le contrat de travail, le salarié peut être empêché d’entreprendre durant son contrat de travail, même pour une activité non concurrente. Pour être valable, cette clause doit toutefois, au vu de ses effets, être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.
Limitée et « raisonnable »
Après la fin du contrat de travail, la liberté d’entreprendre du salarié peut aussi être limitée pour une activité concurrente à son employeur, au moyen d’une clause de non-concurrence inscrite dans le contrat. Si le salarié crée quand même son entreprise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public sur le réchauffement climatique une analyse économique permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.
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William Nordhaus, un économiste du climat « loin des prévisions apocalyptiques »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste André Fourçans estime que William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, a le mérite d’apporter au débat public sur le réchauffement climatique une analyse économique permettant de mesurer les effets réels des politiques préconisées.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 14h25
    |

André Fourçans (Professeur d’économie à l’Essec)







                        



                                


                            
Tribune. Enfin, un économiste reconnu et récompensé pour son travail sur le changement climatique ! William Nordhaus, professeur à l’université de Yale, vient d’obtenir conjoitement avec Paul Romer le prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel pour ses recherches et contributions sur la question. Les économistes ne peuvent que se réjouir de cette reconnaissance tant elle est méritée et tant le rôle de l’analyse économique est négligé dans les débats, surtout les débats publics sur le sujet.
Que viennent-ils donc faire ces adeptes de la science lugubre sur le terrain des climatologues, quelle légitimité ont-ils pour donner leurs explications à la hausse des températures, à la fonte des glaciers, ou à la montée du niveau des océans ?
La compréhension de ces phénomènes ne relève-t-elle pas de l’expertise des physiciens, chimistes, spécialistes des sciences de la terre ou autres physico-chimistes ? Oui, que viennent-ils donc faire ici, les économistes ? Encore leur « impérialisme » en marche… Pourtant, leurs recherches sont d’une importance fondamentale et pour mieux comprendre le changement climatique et pour y faire face. Les contributions scientifiques de William Nordhaus sont à cet égard d’un intérêt majeur.
Pionnier de la modélisation sur le changement climatique
Il a été un pionnier de la modélisation sur le changement climatique. Il a pour cela su intégrer les mécanismes climatiques proprement dits avec les mécanismes économiques. En partant de l’impact des émissions de CO2 sur la concentration des gaz à effet de serre, il a modélisé les liens entre cette concentration et la hausse des températures, et les répercussions de celle-ci sur l’environnement, avec les coûts afférents, le tout en reliant les relations induites de tous ces phénomènes avec la croissance.

Plus spécifiquement, il a construit le modèle « dynamic integrated climate economy » (DICE) qui intègre toutes ces problématiques à partir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La Commission devrait demander des explications à Rome. Sans le dire, elle espère que les marchés feront reculer le gouvernement Conte.
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Budget italien : Bruxelles déterminée à tenir une ligne dure

La Commission devrait demander des explications à Rome. Sans le dire, elle espère que les marchés feront reculer le gouvernement Conte.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 13h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Au moins, c’est dit. « Amo Italia [j’aime l’Italie] », a lancé Jean-Claude Juncker, lors d’une interview accordée à un groupe de médias audiovisuels italiens, mardi 16 octobre, au lendemain de l’envoi du budget prévisionnel italien 2019. Mais, en même temps, « il y a là un écart entre ce qui fut promis et ce qui est présenté aujourd’hui. (…) « Si nous acceptions tout ce que le gouvernement italien réclame, nous aurions des réactions virulentes dans d’autres pays membres de la zone euro », a ajouté le président de la Commission, en direct du Berlaymont, le siège de l’institution à Bruxelles.
La copie envoyée à la Commission lundi soir par le gouvernement populiste, antisystème du M5S et extrême droite de la Ligue, n’est conforme ni aux règles européennes (le pacte de stabilité et de croissance) ni aux engagements de l’Italie. « Les nouveaux gouvernements doivent respecter la parole de ceux qui les ont précédés », a souligné M. Juncker, rappelant que, au printemps 2018, le gouvernement Gentiloni avait avalisé les recommandations de Bruxelles.
C’est le commissaire à l’économie, Pierre Moscovici, qui l’a dit lui-même, dès la fin septembre, quand le gouvernement Conte a rendu publics ses premiers arbitrages budgétaires. Avec un déficit public de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) transalpin prévu en 2019, trois fois plus qu’attendu, l’Italie handicape sérieusement sa capacité à rembourser son énorme dette publique (environ 132 % du PIB).
La Commission devrait dans un premier temps demander des explications supplémentaires au gouvernement italien
Le gouvernement Conte assure que cette dernière sera ramenée autour de 126 % du PIB en 2021. Mais table sur des prévisions de croissance (1,5 % en 2019, 1,6 % en 2020), jugées trop optimistes, la plupart des institutions internationales misant sur une croissance de l’ordre de 1 % en 2019.
A défaut de dire immédiatement ce qu’elle pense du budget...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Un projet de loi prévoit d’instaurer une taxe pour les grandes entreprises. Marc Benioff, le patron de Salesforce est pour, Jack Dorsey, celui de Twitter et de Square, est contre.
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A San Francisco, deux patrons de la high-tech s’écharpent au sujet d’une taxe pour aider les sans-abri

Un projet de loi prévoit d’instaurer une taxe pour les grandes entreprises. Marc Benioff, le patron de Salesforce est pour, Jack Dorsey, celui de Twitter et de Square, est contre.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 12h45
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


A San Francisco, la crise des sans-abri est au centre de la campagne pour les prochaines élections municipales. Vendredi 12 octobre, le sujet a donné lieu à une confrontation publique entre deux des personnalités les plus symboliques de la scène high-tech de l’autoproclamée capitale mondiale de l’innovation : Marc Benioff, le directeur général de Salesforce, et Jack Dorsey, le patron de Twitter et de Square.
Les deux milliardaires se sont écharpés sur Twitter au sujet de la proposition C, un projet de loi qui sera soumis au vote le 6 novembre. Celui-ci prévoit d’instaurer une nouvelle taxe pour les grandes entreprises, qui pourrait rapporter jusqu’à 300 millions de dollars (260 millions d’euros) par an, afin de financer les services d’aide aux sans-abri. Le premier est pour. Le second est contre. De quoi énerver M. Benioff : « Quels programmes destinés aux sans domicile fixe financez-vous ? », demande-t-il à M. Dorsey.
« Il y a des gens dans cette ville qui veulent donner et d’autres qui ne veulent pas », a-t-il ajouté, lundi 15 octobre, lors d’une conférence organisée par le magazine Wired. M. Benioff et Salesforce sont connus pour leurs dons. Le plus important : 250 millions de dollars pour construire un hôpital pour enfants à San Francisco. « A un moment, la philanthropie ne suffit plus », estime-t-il.
Dans la ville, 7 500 personnes sont sans domicile fixe, dont 1 300 enfants
San Francisco compte pas moins de 70 milliardaires et affiche un taux de chômage de 2,4 %. Pourtant, la pauvreté est présente à tous les coins de rue du centre-ville. Selon les statistiques officielles, 7 500 personnes sont sans domicile fixe, dont 1 300 enfants. « La ville n’a pas assez d’argent pour faire face à la situation actuelle », avance M. Benioff. Les finances publiques sont en effet dans le rouge. La faute, estime une partie de la classe politique, aux cadeaux fiscaux accordés par le précédent maire aux sociétés high-tech. Et notamment à Twitter et à Square.

        Lire aussi :
         

                Les sans-abri, une chronique de San Francisco



M. Dorsey justifie son opposition à la proposition C par sa confiance en London Breed, la nouvelle maire de San Francisco. L’élue, dont le poste ne sera pas remis en jeu en novembre, s’est prononcée contre ce texte, en raison de ses impacts à long terme sur l’activité économique et sur l’attractivité de la ville. Elle souligne également un autre problème : en décuplant ses programmes d’aides, la municipalité va attirer de nouveaux sans-abri. Elle milite ainsi pour une réponse au niveau de l’Etat de Californie.
San Francisco n’est pas un cas isolé. A Seattle, la crise des sans-abri avait conduit les élus locaux à instaurer une taxe annuelle de 275 dollars par salarié pour les principaux employeurs de la ville. Votée à l’unanimité en mai, la loi a été abrogée à peine un mois plus tard par le même conseil municipal. Sous la pression d’Amazon.
Si elle est adoptée, la proposition C ne pourra pas être bloquée par les élus de San Francisco. Selon les derniers sondages, deux tiers des électeurs prévoient de voter pour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ L’industriel canadien, qui vient de livrer le premier de ses 40 nouveaux trains Intercités à la région Normandie, n’a plus de commandes à partir de 2022.
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L’usine Bombardier de Crespin s’interroge sur son avenir

L’industriel canadien, qui vient de livrer le premier de ses 40 nouveaux trains Intercités à la région Normandie, n’a plus de commandes à partir de 2022.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 12h08
    |

                            Éric Béziat (Crespin, Nord)








                        



                                


                            

C’est la plus grande usine ferroviaire de France et elle brille sous le soleil du Nord, à l’occasion de la cérémonie qui bouleverse, en ce mardi 16 octobre, le train-train du site industriel de Crespin, près de Valenciennes. L’usine Bombardier accueille une délégation de 150 Normands menée par le président centriste de la région, Hervé Morin. Le patron de la Normandie est venu inaugurer le premier des 40 nouveaux trains Intercités qui circuleront entre Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen-Cherbourg à partir de 2021.
La petite fête est l’occasion pour Hervé Morin de célébrer la reprise en main par les régions de ces lignes dites « Intercités », jusqu’ici gérées – assez mal – par l’Etat. La Normandie, pionnière en la matière, a été rapidement suivie par d’autres régions. Mais les réjouissances sont aussi une forme de consécration pour l’usine Bombardier de Crespin au moment où, dans un mouvement paradoxal, elle s’inquiète pour son avenir.
Bombardier France, c’est 2 000 salariés, 500 ingénieurs, 6 000 emplois de sous-traitants, 500 véhicules (voitures et motrices) assemblés en 2018. L’entreprise est numéro deux du secteur dans l’Hexagone, après Alstom, qui possède quatre sites principaux d’assemblage mais n’a pas une aussi grosse usine. L’industriel canadien, implanté depuis trente ans dans le Valenciennois, aura fait les beaux jours du ferroviaire régional et banlieusard français. Ce sont aujourd’hui plus de 1 000 rames « made in Crespin » qui sillonnent les voies ferrées françaises et ce n’est pas un hasard si la gamme Omneo de Bombardier a été choisie pour équiper ces trains Intercités désormais sous tutelle régionale : double niveau, confort façon TGV, vitesse maximale de 200 kilomètres heure, Wi-Fi, prises électriques, espaces cosy…
Pour faire tourner ses lignes, le président de Bombardier Transport France lorgne deux gros marchés portés par la RATP
Ce marché, emblématique du savoir-faire de Bombardier, est loin d’être négligeable : 720 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Alors que la feuille de route énergétique de la France sera présentée bientôt, l’exécutif doit à la fois respecter ses objectifs climatiques, ne pas désespérer les écologistes et préserver le nucléaire, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde », dans sa chronique.
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« En matière d’énergie, le “en même temps” est une évidence »

Alors que la feuille de route énergétique de la France sera présentée bientôt, l’exécutif doit à la fois respecter ses objectifs climatiques, ne pas désespérer les écologistes et préserver le nucléaire, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde », dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h43
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

« Pertes & profits ». Pourquoi se presser alors qu’il serait si prudent d’attendre… Certains, autour de la table du conseil des ministres de ce mercredi 17 octobre, pourraient bien être tentés de demander encore un peu de temps avant de trancher sur la politique énergétique de la France pour les dix prochaines années, définie dans une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Mais gouverner c’est choisir, et souvent entre des solutions toutes imparfaites. Une forme d’application concrète à l’électricité du principe du « en même temps » cher au président de la République. De la même façon que Lénine soutenait que le communisme, c’était « les Soviets plus l’électricité », le macronisme doit s’entendre comme « l’écologie plus le nucléaire ». Pas facile.
Il faudra pourtant parvenir à une solution permettant de concilier trois buts. Le premier est le respect des objectifs climatiques. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a décidé de la fermeture des dernières centrales à charbon françaises et, à plus long terme, la fin des hydrocarbures.

Cela devrait donc renforcer la position des pronucléaires, puisque cette énergie présente l’énorme avantage d’émettre très peu de CO2. Mais cela n’est pas du goût des écologistes et d’une frange non négligeable de la population. La démission fracassante de Nicolas Hulot, début septembre, l’atteste.
Le deuxième objectif de la politique énergétique sera donc de ne pas désespérer les écologistes. Ceux-ci avaient fait inscrire dans la loi de transition énergétique une réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française d’ici à 2025. Objectif repoussé à une date ultérieure, que devra fixer la nouvelle PPE. Le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, entend en profiter pour faire entériner la fermeture d’au moins six réacteurs avant 2029.

Reconnaître la réalité
Ce n’est pas le point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ce mariage a été voté au conseil d’administration d’Intériale mais la mutuelle de la police laisse pour l’instant à la LMDE une chance de conserver sa propre gouvernance.
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La Mutuelle des étudiants menacée de dissolution dans celle des policiers

Ce mariage a été voté au conseil d’administration d’Intériale mais la mutuelle de la police laisse pour l’instant à la LMDE une chance de conserver sa propre gouvernance.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h40
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

A la fin du mois de septembre, La Mutuelle des étudiants (LMDE), gestionnaire historique de la Sécurité sociale des étudiants, a bien failli disparaître. Avalée par une autre mutuelle, celle des policiers, des préfectures, des agents du ministère de l’intérieur et d’autres administrations, dénommée Intériale et qui, depuis 2015, lui permet de survivre en jouant le rôle de « grande sœur » – ou de mutuelle substituante dans le jargon des assureurs.
Selon nos informations, ce mariage de la carpe et du lapin a été proposé au conseil d’administration d’Intériale, le 26 septembre, sous la forme d’une résolution permettant de désigner un commissaire à la fusion. Le texte a été voté, avant que la mutuelle des policiers ne décide de s’en tenir pour l’instant au statu quo, afin de laisser à la LMDE une chance de conserver sa propre gouvernance (son conseil d’administration et son assemblée générale composés d’étudiants) et, ainsi, de poursuivre l’aventure. L’avenir de la mutuelle étudiante n’en reste pas moins très incertain.
Cette structure aujourd’hui si précaire est née sur les cendres de la MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France), grande figure de la protection sociale de l’après-guerre. Fondée, en 1948, par l’UNEF, syndicat étudiant estampillé à gauche, cette mutuelle – qui joue d’abord le rôle d’une sécurité sociale étudiante – voit le jour avec l’idée que « l’étudiant a droit à une prévoyance sociale particulière ». La loi crée un organisme rattaché au régime général, mais géré par les étudiants eux-mêmes. Pour contrer le monopole de la MNEF, très lié à l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) et au Parti socialiste (PS), une offre alternative de mutuelles régionales voit le jour, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La MNEF connaît pourtant alors une période faste et rassemble près d’un million d’étudiants, qui font la queue pour adhérer sur un coin de table, en s’inscrivant à l’université, afin de bénéficier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les auteurs d’escroqueries sont souvent des salariés parfaitement intégrés à l’entreprise et qui bénéficient de toute la confiance du management.
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La traque délicate du salarié fraudeur

Les auteurs d’escroqueries sont souvent des salariés parfaitement intégrés à l’entreprise et qui bénéficient de toute la confiance du management.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 11h39
    |

                            François Desnoyers








                        



                                


                            

Dans les entreprises, les « collaborateurs fraudeurs » ont des ambitions variables. Il y a ceux qui montent de petites escroqueries, pour quelques centaines d’euros par an. Comme ces deux employés d’un fabricant des jouets qui, avant d’être appréhendés, détournaient régulièrement de la marchandise pour la revendre sur Le Bon Coin.
Pour d’autres, la fraude se pratique à grande échelle. C’est le cas de la comptable d’une société de courtage en assurances de Nice. Entre 2011 et 2016, elle a détourné des chèques et falsifié des comptes, dérobant ainsi à son employeur 1,7 million d’euros. La malversation a été découverte. Et la comptable a été condamnée en août 2018 à trois ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois ferme, rapporte Nice Matin.
Trentenaire, diplômé
Plurielle, la fraude interne constitue un fléau particulièrement difficile à appréhender par les entreprises. Parce qu’elle peut, justement, s’implanter au cœur des sociétés sous de multiples formes. Mais aussi parce qu’elle est le plus souvent commise par des salariés qu’on estime au-dessus de tout soupçon.
Le portrait-robot du « collaborateur fraudeur » dressé par le cabinet de conseil PwC dans une étude de 2016 est, de ce point de vue, des plus parlants : il s’agit d’un cadre, trentenaire, détenteur d’un diplôme universitaire, souvent fidèle collaborateur de l’entreprise depuis plusieurs années. Un salarié « souvent sympathique », ajoute Jean-Louis Di Giovanni, associé PwC, et qui « bénéficie de toute la confiance de son management ». Un fraudeur qu’il est donc « difficile d’identifier ». Conséquence : « Sa fraude ne sera découverte en moyenne qu’au bout de dix-huit mois », explique Sébastien Hager, expert fraude chez Euler Hermes France.
Délicat à appréhender, le phénomène prend aussi de l’ampleur. Une étude Euler Hermes-DFCG (l’Association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion) souligne qu’en 2017 « sept...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Stéphanie Gibaud a dénoncé le système d’évasion fiscale mis en place par UBS, dont le procès s’est ouvert le 8 octobre. Hella Kherief a témoigné du traitement indigne des pensionnaires d’Ehpad. Elles ont récolté ostracisme et représailles.
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Sale temps pour les lanceurs d’alerte


                      Stéphanie Gibaud a dénoncé le système d’évasion fiscale mis en place par UBS, dont le procès s’est ouvert le 8 octobre. Hella Kherief a témoigné du traitement indigne des pensionnaires d’Ehpad. Elles ont récolté ostracisme et représailles.



M le magazine du Monde
 |    17.10.2018 à 11h28
    |

                            Zineb Dryef








   


Hella Kherief
Ehpad. A la fin du mois de septembre, Hella Kherief, aide-soignante à Marseille, a raconté, dans une enquête d’« Envoyé spécial », la situation d’abandon dans laquelle sont laissés les pensionnaires des Ehpad privés à but lucratif. Elle a aussi affirmé avoir été licenciée d’un établissement simplement pour avoir demandé des couches supplémentaires pour les patients.

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Licenciée. La jeune femme, qui témoignait à visage découvert, a été remerciée par son employeur le lendemain de la diffusion du reportage. « Comme ça, sur-le-champ, un matin après une nuit de boulot, sans explication », a rapporté la réalisatrice de l’enquête.
Blacklistée. Depuis, Hella Kherief collectionne les refus auprès des maisons de retraite. « La boîte d’intérim me proposait des missions quasiment tous les jours, et aujourd’hui, depuis deux semaines, plus rien (…), affirme-t-elle au Parisien. J’ai vraiment besoin de travailler, financièrement mais aussi parce que c’est une vocation. »
Debout les collègues. Hella Kherief n’entend pas se taire. Elle a de nouveau témoigné sur le plateau de « C politique ». « J’ai payé le prix cher, mais ce n’est pas grave. Si, aujourd’hui, ça permet de faire bouger les choses, si énormément de personnels soignants se reconnaissent dans mon témoignage, c’est le principal. »

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Stéphanie Gibaud
Banque. Pendant dix ans, la Lilloise a été chargée de l’organisation d’événements prestigieux pour les clients français d’UBS (soirées à l’Opéra, parties de chasse…). En 2008, elle comprend, lorsqu’on lui demande de supprimer toutes les données de son ordinateur, qu’en réalité la banque orchestre l’évasion fiscale de nombreux Français fortunés vers la Suisse. Elle décide de dénoncer son employeur, dont le procès s’est ouvert le 8 octobre.

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Accusée. Poursuivie pour diffamation par la banque, elle a décrit dans ses livres les pressions qu’elle subit au quotidien. En 2017, elle a créé une entreprise pour soutenir les lanceurs d’alerte : « Nous avons des vies aujourd’hui que personne ne supporterait tant la violence que nous subissons, ajoutée à celle que nous avons déjà subie, est insupportable. »

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Abandonnée. Après avoir collaboré avec la justice française – « J’ai aidé l’État à trouver 38 000 comptes offshore », a-t-elle confié à Libération –, Stéphanie Gibaud n’a pas été soutenue par les politiques : mère de deux enfants, elle vit depuis des minima sociaux.
Debout la France. Depuis 2015, elle soutient activement Nicolas Dupont-Aignan car il est « le seul président de parti » à l’avoir aidée, ainsi que la personnalité politique qui, à ses yeux, représente le mieux la lutte « contre l’opacité, le secret mais aussi la ploutocratie ».

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet, ex-responsables de la CFDT, s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, ont été témoins d’actes illégaux, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général.
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Parler ou se taire ? Comment lancer l’alerte ?

Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet, ex-responsables de la CFDT, s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, ont été témoins d’actes illégaux, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h24
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart (1854-1914) fut probablement un des premiers lanceurs d’alerte en France quand, après avoir averti en vain la hiérarchie militaire, il communiqua au sénateur Scheurer-Kestner des documents prouvant l’innocence du capitaine Dreyfus.
Aujourd’hui, le terme fait fureur. Il suffit d’effectuer une recherche sur le plus célèbre des moteurs de recherche dominants pour obtenir plus de 900 000 pages de résultats. Dans Oser l’alerte !, Marie-Noëlle Auberger et Jean-Paul Bouchet s’intéressent à ceux qui, dans le milieu du travail, qu’ils soient salariés, fonctionnaires, contractuels, sous-traitants ou bénévoles, « ont été témoins de discriminations infondées, d’actes illégaux, d’un management brutal, de malversations à la petite semaine ou de grande ampleur, d’atteintes à l’environnement, de décisions prises en contradiction avec l’intérêt des parties prenantes, avec l’intérêt social de l’entreprise, avec l’intérêt général ».

L’ancienne secrétaire nationale de l’Union confédérale des cadres et rédactrice en chef de la revue Cadres CFDT et l’ancien secrétaire général de la CFDT-Cadres, membre du bureau national confédéral de la CFDT et président de l’Observatoire des cadres et du management, commencent par brosser à grands traits le contexte dans lequel les lanceurs d’alerte sont entrés dans le débat public, ainsi que les textes qui les définissent et les protègent, dans la législation française.
Parler ou se taire ? Certains ont osé, et cela leur a le plus souvent valu des ennemis. Ils en ont parlé à leur hiérarchie, à un représentant du personnel, à une association, à un organe de presse, plus rarement à la justice. Ce ne sont pas forcément des lanceurs d’alerte au sens de la loi Sapin 2, mais ils ont osé alerter sur des situations qui leur paraissaient anormales. « Ils ont la parole dans cet ouvrage, comme l’ont aussi des collègues, des élus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ A l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire, le constructeur américain a réitéré ses réserves sur le projet, sans le rejeter totalement.
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Ford ne veut pas du plan de reprise pour l’usine de Blanquefort... pour l’instant

A l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire, le constructeur américain a réitéré ses réserves sur le projet, sans le rejeter totalement.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h03
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


L’usine Ford de Blanquefort (Gironde) fermera-t-elle fin 2019 ? Les 847 salariés du site demeurent dans l’expectative. Mardi 16 octobre, à l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire, le constructeur américain a certes transmis aux élus syndicaux l’offre de reprise du fabricant de composants automobiles Punch, mais il a réitéré « ses réserves » quant à ce projet, confie Jean-Michel Caille, délégué CFE-CGC, qui participait à la réunion.

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Dans un communiqué, l’entreprise souligne que, « comparé à un plan social Ford très complet, nous ne pensons pas que le plan de l’acquéreur potentiel offre le niveau de sécurité et de protection requis, ou limite le risque futur de suppressions d’emplois ». Cependant, le constructeur laisse la porte entrouverte à l’éventuel repreneur. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, qui s’était dit lundi « en total désaccord » avec la position de Ford – jugée « indéfendable » –, a notamment eu un échange avec Jim Hackett, son PDG, et obtenu un réexamen du plan de Punch.
« Nous négocions depuis plusieurs semaines avec le constructeur pour qu’il prenne en compte l’offre sur la table, et qu’il l’accompagne au mieux, explique un bon connaisseur du dossier. Mais ses dirigeants ont encore en mémoire 2011, quand l’entreprise avait été forcée par les pouvoirs publics de reprendre le site après l’avoir cédé en 2009 à un repreneur [l’allemand HZ Holding]. Ils ne veulent plus revivre cette histoire et nous devons les rassurer sur ce point. »
Depuis juin, argumente la société américaine, « nous avons constamment insisté sur le fait que le repreneur [devait] avoir un projet viable, à long terme, et que tout accord devrait être raisonnable, réaliste et être dans l’intérêt des salariés de FAI [Ford Aquitaine Industries], de Ford et du repreneur ». A cette aune, le groupe américain ne pense pas que Punch ait les reins suffisamment solides pour exploiter le site.

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De son côté, le potentiel repreneur a obtenu un soutien unanime des pouvoirs publics. L’Etat est disposé à débloquer 5 millions d’euros, dont 3 millions pour financer le chômage technique, le temps de la transition vers une nouvelle production, tandis que les collectivités territoriales seraient enclines à abonder l’investissement de Punch à hauteur de 12,5 millions d’euros pour conserver 300 des près de 850 salariés.
« Assurer le maintien des conditions sociales »  
Dans son plan de sauvegarde de l’emploi, Ford prévoit de transférer 150 postes au sein de son autre filiale, Getrag Ford Transmissions, installée sur un site voisin, et se dit prêt à financer un plan de cessation anticipée d’activité pour 400 salariés ainsi que d’autres mesures « destinées à aider les salariés à se repositionner avec d’autres employeurs ou à poursuivre d’autres opportunités de carrière, que ce soit la création d’entreprise ou des formations de reconversion ».

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D’après le projet de reprise, Ford est également appelé par Punch à assurer une charge de travail pour l’usine pendant trois ans. « La proposition de Punch paraît sérieuse et ambitieuse, mais elle mérite d’être encore retravaillée, estime M. Caille. Concernant la charge apportée par Ford, je pense qu’il peut faire un effort, car la baisse des volumes est beaucoup trop rapide pour les années 2020 et 2021. »
De même, ajoute le délégué syndical, « il faut que Punch affine sa proposition sociale et améliore son offre ». Philippe Poutou, représentant CGT du site, partage ce point de vue. « Ford doit accepter la reprise, et y mettre les moyens pour que ce soit une réussite, juge-t-il. Le plan doit concerner tous les salariés qui souhaitent garder leur emploi. Tant Ford que Punch doivent assurer le maintien des conditions sociales. »
Encore faut-il qu’un dialogue s’instaure entre les organisations syndicales et Punch. Le comité d’entreprise a demandé à la direction du site de pouvoir rencontrer officiellement le représentant de Punch, ce qui ne lui avait pas encore été accordé mardi soir. Selon Bercy, « une réunion sera organisée en début de semaine prochaine ». Les syndicats, eux, envisagent une grande journée d’action, jeudi 25 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le nouveau locataire de la rue de Valois a choisi de placer son action dans la « continuité » de celle de sa devancière, Françoise Nyssen.
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Au ministère de la culture, Franck Riester hérite de la délicate réforme de l’audiovisuel

Le nouveau locataire de la rue de Valois a choisi de placer son action dans la « continuité » de celle de sa devancière, Françoise Nyssen.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 10h59
    |

            Damien Leloup et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Françoise Nyssen n’a pas manqué de le souligner lors de la passation des pouvoirs, mardi 16 octobre : Franck Riester, son successeur au ministère de la culture, « connaît par cœur » l’audiovisuel. L’ex-directrice d’Actes Sud possédait une grande connaissance du monde de l’édition, mais se sentait moins à l’aise avec la télévision, la radio et le numérique. Pourtant, les deux ministres du gouvernement d’Emmanuel Macron ont utilisé le même mot pour décrire leur action – passée et future – sur le secteur des médias : « continuité ».

Franck Riester a fait applaudir Mme Nyssen – qu’il a appelée « chère Françoise » – et l’a saluée pour « son humanité, son empathie et sa détermination ». Il s’agissait pour la majorité de soigner la sortie d’une éditrice influente, symbole de l’ouverture de l’exécutif macronien à la société civile, mais remplacée après dix-sept mois d’un mandat émaillé de critiques et d’affaires liées au non-respect des règles d’urbanisme et de protection du patrimoine par Actes Sud.
L’ancien député défend depuis plusieurs années la création d’une « BBC à la française »
Mais le trait d’union est aussi lié à des raisons de fond : membre de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale depuis douze ans, Franck Riester a mis en avant plusieurs convictions qui rejoignent les positions adoptées par Mme Nyssen sur la « réforme ambitieuse » de l’audiovisuel, dont elle a rappelé avoir posé les « fondations ».
L’ancien député défend ainsi depuis plusieurs années la création d’une « BBC à la française ». Calquée sur le modèle britannique, elle réunirait France Télévisions et Radio France, voire France Médias Monde (France 24, RFI…), l’INA et TV5 Monde. « Le regroupement des entités de l’audiovisuel public au sein d’un média global doit permettre à terme, grâce aux synergies mises en œuvre au niveau des fonctions supports, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le secteur a créé près de 90 000 emplois en deux ans, et annonce 230 000 recrutements annuels d’ici à 2025, y compris sur des métiers de pointe. Mais il doit se réinventer pour attirer les étudiants.
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Le secteur industriel en quête de jeunes talents

Le secteur a créé près de 90 000 emplois en deux ans, et annonce 230 000 recrutements annuels d’ici à 2025, y compris sur des métiers de pointe. Mais il doit se réinventer pour attirer les étudiants.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 11h45
    |

                            Elodie Chermann








                        



                                


                            

Vous pouvez lui proposer un poste en or dans les technologies de l’information et de la communication ou le conseil, mais, à 22 ans, Guillaume Grolleau ne jure que par l’industrie. « J’aime le volet technique, confie-t-il. Et puis, pour moi, l’industrie, c’est la sécurité. On aura toujours besoin de produire des voitures, de la nourriture… » Son bac S option sciences de l’ingénieur en poche, il a choisi de suivre un DUT en génie électrique et informatique industrielle, avant d’intégrer l’INSA Lyon en alternance. « Comme j’avais déjà effectué un stage dans une petite entreprise d’automatismes pour l’automobile, j’ai eu envie d’explorer un autre secteur. »
Trois semaines sur cinq, il travaille comme ingénieur automaticien pour l’industrie agroalimentaire. Sa mission ? « Rendre les procédés de fabrication plus efficaces et confortables pour les salariés, détaille-t-il fièrement. C’est une tendance de fond dans les usines, aujourd’hui. De plus en plus, on cherche à éliminer les tâches pénibles et à améliorer les conditions de travail des ouvriers. Je ne devrais donc pas avoir trop de mal à trouver du travail à l’issue de ma formation. »
Opportunités intéressantes
Excès d’optimisme ? Pas du tout ! Selon une enquête publiée en juin par l’association Ingénieurs et scientifiques de France, les deux tiers des ingénieurs fraîchement diplômés décrochent un CDI dès leur sortie d’école. Les débouchés sont particulièrement nombreux dans l’industrie, qui, n’en déplaise aux géants du Web, Google et consorts, reste la principale créatrice de richesses en France, avec une part de 12,5 % dans le PIB national. « Pas moins de 87 112 emplois ont ainsi été créés dans l’industrie entre 2016 et 2018, contre 60 573 pour le secteur du logiciel et 30 743 pour les start-up », compare David Cousquer, fondateur du cabinet de veille et d’analyse Trendeo.

« Pour accompagner nos transformations, nous recherchons...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ En 2017, le chiffre d’affaires de la société italienne a atteint 1,8 milliard d’euros, ce qui en fait le numéro six mondial des groupes de spiritueux.
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Gruppo Campari, le roi du spritz, mise sur le cognac

En 2017, le chiffre d’affaires de la société italienne a atteint 1,8 milliard d’euros, ce qui en fait le numéro six mondial des groupes de spiritueux.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 10h44
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            Laurence Girard








                        



                                


                            

Il semble loin le temps où les voyageurs qui revenaient de Venise évoquaient la dégustation d’un spritz, discret cocktail de la Sérénissime. Aujourd’hui, sous sa version orangée en verre ballon, il s’est répandu aux quatre coins de la planète. Derrière cette conquête des bars et des consommateurs se trouve la machine marketing bien huilée de la société italienne Gruppo Campari.
Après avoir acquis Aperol en 2003, elle a transformé cet alcool de Padoue à l’aura toute régionale en un succès mondial, en l’associant au spritz. Un coup de force commercial dont se félicite Bob Kunze-Concewitz, patron de Gruppo Campari. « Aperol représentera cette année 18 % de notre chiffre d’affaires et une part plus importante encore de notre résultat opérationnel », souligne-t-il. En 2017, la société italienne a affiché un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros, ce qui la classe au sixième rang mondial des groupes de spiritueux.
Les ingrédients du succès ? Une boisson facile à boire et simple à préparer. Une aubaine pour les bars et restaurants, qui trouvent dans le cocktail spritz Aperol une source de marge rondelette. Surtout, le groupe de spiritueux italien a adopté la stratégie de la tache d’huile. Il commence à éveiller l’intérêt par des événements et des animations dans quelques lieux stratégiques. Puis il étend la commercialisation dans les bars, avant d’installer Aperol dans les rayons de supermarché. Enfin, il convainc les clients de ne plus associer ce cocktail aux chaleurs estivales et de le consommer même pendant les repas. Une approche amorcée en Italie, en Allemagne et en Autriche, puis dupliquée dans les autres pays européens et au-delà.

L’accent est mis sur les cocktails
Le chèque de 120 millions d’euros signé en 2003 pour s’emparer d’Aperol et d’autres petites marques est donc rentabilisé depuis longtemps. M. Kunze-Concewitz, qui tient les rênes de Gruppo Campari depuis 2007, a engagé, lui, un nouveau pari – le plus important...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les auteurs d’une enquête auprès de collégiens déplorent que les « choix » d’orientation soient plus souvent guidés par la réussite scolaire que par les compétences des élèves.
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« Le classement scolaire scelle trop vite le destin professionnel et social des personnes »

Dans une tribune au « Monde », les auteurs d’une enquête auprès de collégiens déplorent que les « choix » d’orientation soient plus souvent guidés par la réussite scolaire que par les compétences des élèves.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 09h43
    |

Jules Donzelot (Sociologue), Marie Duru-Bellat (Sociologue) et Eunice Mangado-Lunetta (Directrice des programmes à l’AFEV)







                        



                                


                            
Tribune. Si les inégalités scolaires font l’objet d’une recherche abondante, les inégalités en matière d’orientation scolaire sont peu mises en avant. Or, les inégalités face aux capacités de construire et de choisir son parcours sont réelles. On est beaucoup plus acteur de son orientation quand on est bon élève, car celle-ci se fonde sur les résultats scolaires. Les meilleurs élèves auront accès aux meilleures filières qui mènent vers les emplois les plus attrayants.
A contrario, de mauvais résultats scolaires vont progressivement faire basculer les « mauvais » élèves du statut de sujet à celui d’objet d’orientation, relégués dans les voies et les métiers les moins valorisés. Ainsi l’orientation est-elle vécue comme une blessure par celles et ceux qui se sentent dépossédés de choix dans une société dite « méritocratique » où chacun est responsable de sa propre réussite.

Que les meilleures places de la société soient réservées aux bons élèves qui ont fait preuve de leur mérite, cela peut paraître justifié. Mais à y regarder de plus près, en intégrant les apports de la sociologie de l’éducation sur la (très) relative égalité des chances, elle ne l’est pas tant que cela. Le classement scolaire scelle, trop vite et trop fort, le destin professionnel et social des personnes. Notre système d’orientation n’est pas catastrophique, mais il est, comme l’ensemble de notre système scolaire, plus favorable pour la minorité d’élèves qui réussissent dans les matières académiques que pour ceux qui présentent des qualités moins scolaires.
Pour aller vers une orientation plus juste, voici quelques pistes de réflexion issues de la Journée du refus de l’échec scolaire 2018, organisée le 19 septembre par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) et ses partenaires.
L’importance du réseau familial
Tout d’abord, malgré les progrès importants réalisés en quelques décennies, les liens entre le monde économique et le...




                        

                        

