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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Quelque 600 officiers se sont fait porter pâles en guise de protestation contre le gouvernement fédéral belge.
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A Bruxelles, des policiers boycottent le sommet sur le Brexit

Quelque 600 officiers se sont fait porter pâles en guise de protestation contre le gouvernement fédéral belge.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 18h32
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les chefs d’Etat et de gouvernement ne s’en apercevront sans doute pas, mais le sommet sur le Brexit qui démarrait mercredi 17 octobre au soir à Bruxelles et devait s’achever vendredi - à l’issue d’une rencontre Europe Asie - est marqué par un mouvement de grève inattendu : celui des policiers chargés de la surveillance du quartier européen. Six cents d’entre eux se sont fait porter malades, en signe de protestation contre le gouvernement fédéral belge « sourd et aveugle » à leurs revendications, selon eux.
Les syndicats, visiblement dépassés par une mobilisation partie des réseaux sociaux, avaient, au départ, déposé un préavis de grève. Le ministre de l’intérieur, Jan Jambon (NVA), a contourné l’obstacle en procédant à une réquisition des policiers nécessaires à la sécurisation du sommet. En guise de riposte, des centaines de policiers ont alors présenté des certificats médicaux… Un cinquième des effectifs de la zone de Bruxelles semblait concerné jeudi.
Renforts de la police fédérale
Selon les responsables de la police de Bruxelles, le mouvement ne menacera toutefois pas la tenue du sommet. D’autres zones du pays et les polices locales ont fourni des effectifs suffisants et les forces d’intervention de la police fédérale, ainsi que la réserve fédérale – elle aussi en sous-effectif selon les syndicats – apporteront des renforts.
Les patrouilles habituelles dans certaines parties de la capitale risquaient toutefois d’être réduites et des commissariats fermés, indiquait une porte-parole de la police. En réponse aux informations selon lesquelles l’armée aurait aussi fourni des hommes chargés du maintien de l’ordre, le cabinet du ministre de l’intérieur affirme que cette question est « hors sujet », des patrouilles de militaires étant effectuées en temps normal aux abords des réunions internationales.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Quatre ans d’efforts n’auront pas permis à Staffan De Mistura de faire avancer le règlement politique du conflit, toujours bloqué par la question du sort de Bachar Al-Assad.
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Le négociateur en chef de l’ONU pour la Syrie démissionne

Quatre ans d’efforts n’auront pas permis à Staffan De Mistura de faire avancer le règlement politique du conflit, toujours bloqué par la question du sort de Bachar Al-Assad.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h37
    |

            Marc Semo








                        



   


Fort de son expérience à la tête d’une vingtaine de missions de l’ONU dans des zones de guerre, de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Bosnie ou le Soudan, ce diplomate italo-suédois s’est toujours défini comme un « optimiste chronique ». Ce trait de caractère explique probablement pourquoi Staffan De Mistura, 72 ans, accepta en juillet 2014 le poste d’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie que lui offrait le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon. Sa mission : « Faire cesser les violences et les violations des droits humains et promouvoir une solution pacifique de la crise syrienne ».
Elle tenait de l’impossible. Finalement, M. De Mistura a annoncé le 17 octobre au Conseil de sécurité qu’il jetait l’éponge pour raisons personnelles, las de n’avoir pas pu permettre un véritable démarrage des négociations intersyriennes de Genève entre le régime et l’opposition. « Je crois être un bon négociateur, même si personne n’est parfait, mais les négociations les plus difficiles, à la différence de ce que prétendent les manuels, sont celles avec sa propre famille », confiait-il récemment.
Tous ou presque, à commencer par le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, auraient souhaité que ce diplomate parfaitement au fait du dossier reste en fonction. Il a préféré mettre fin à presque quatre ans d’efforts et d’inlassable navette diplomatique.
« Il ne sait pas trancher »
Il lui fallait tenter de concilier les intérêts opposés des membres permanents du Conseil de sécurité comme les rivalités entre les puissances régionales directement engagées sur le terrain, comme la Turquie et l’Iran. Il lui fallait surtout composer avec l’intransigeance d’un régime sanguinaire toujours plus convaincu de pouvoir gagner la guerre, et avec les fractures d’une opposition toujours plus affaiblie.
Son bilan reste pour le moins limité, même s’il a réussi à maintenir en vie les discussions de paix de Genève, le seul et bien fragile cadre pour trouver au conflit une solution politique que toutes les grandes puissances appellent de leurs vœux – au moins en façade –, y compris la Russie.
Maîtresse du jeu depuis son intervention militaire à l’automne 2015 qui sauva le régime et lui permit de reconquérir l’est d’Alep, bastion symbolique de la rébellion, celle-ci craint aujourd’hui l’enlisement dans une guerre sans fin. Mais rien n’avance, même si la nouvelle administration américaine, hésitante sur la stratégie au-delà de la lutte contre l’organisation Etat islamique, semble finalement comprendre que le président syrien, Bachar Al-Assad, ne peut incarner l’avenir de son pays.

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« De Mistura a les défauts de ses qualités. C’est un très fin négociateur, mais il est souvent trop conciliant et il semble tétanisé à l’idée qu’une des parties claque la porte », soupire un diplomate occidental. « C’est un vrai gentilhomme et il a une grande empathie pour chacun de ses interlocuteurs, mais il ne sait pas trancher quand il le faut », renchérit un parlementaire italien, perplexe quant au bilan de M. De Mistura comme sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, en 2011, dans le gouvernement de techniciens de Mario Monti.
Parlant sept langues – italien, suédois, anglais, français, espagnol, allemand et arabe –, ce fils d’un marquis italien de Dalmatie qui avait fui les partisans de Tito et d’une suédoise de bonne noblesse a un style qui tranche dans la grise bureaucratie onusienne. Haute silhouette et costumes parfaitement coupés, préférant le pince-nez aux lunettes, il fait le baise-main, revendique ses origines aristocratiques et montre à l’occasion une réelle inventivité diplomatique. Il a aussi le sens de l’humour, citant Samuel Beckett pour justifier son infinie persévérance : « Toujours essayer, échouer, mais qu’importe : essayer à nouveau et échouer mieux. » 
Que pouvait-il faire pour Alep ?
En acceptant de devenir le troisième émissaire pour la Syrie, Staffan de Mistura connaissait toute la difficulté de sa mission. Deux poids lourds de la diplomatie onusienne, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, l’avaient précédé sans arriver à grand-chose. Ils l’avaient prévenu : « Si tu ne fais rien, tu seras critiqué, si tu essaies de faire quelque chose, tu seras critiqué au moins par une des parties sinon par toutes. »
Le diplomate, au début, parlait parfois trop et trop vite, évoquant par exemple la nécessité de maintenir M. Assad dans le processus politique, ce qui déchaîna la colère de l’opposition. Mais peu à peu, les représentants de celle-ci ont fini par l’apprécier pour sa constance et sa connaissance des dossiers.
Estimant un accord général irréalisable à court terme, Staffan de Mistura a d’abord voulu privilégier des cessez-le-feu locaux. Cette politique de petit pas n’apporta guère de résultats concrets et le directeur politique de son équipe, Mouin Rabbani, démissionna avec fracas en dénonçant l’« incompétence » de son patron. Staffan de Mistura misa notamment sur Alep qu’il voyait comme le principal nœud de la crise syrienne. Mais que pouvait-il faire pour empêcher la reconquête de la ville en novembre 2016, alors même que le secrétaire d’Etat américain John Kerry, comme les autres dirigeants occidentaux, étaient impuissants face à la détermination de Moscou et Damas ?

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Sa position comme celle de l’ONU furent encore affaiblies par le lancement début 2017 à Astana, la capitale kazakhe, d’un processus de paix alternatif parrainé par Moscou avec Téhéran et Ankara. C’était le symbole d’un basculement du monde : ni les Américains, ni les Européens ni aucun pays arabe n’était associé à cette initiative du Kremlin, mais cette tentative de « pax poutiniana » n’a, elle non plus, rien donné jusqu’à présent.
« Je n’attends pas de miracle, ce ne sera pas facile (…), mais nous savons tous ce qui se passera si nous échouons une fois de plus », répétait-il encore il y a un an et demi à Genève en ouvrant une nouvelle session des négociations après une interruption de neuf mois, et appelant les parties à leur « responsabilité historique ».
Salles contiguës
Selon la feuille de route fixée par la résolution 2254 adoptée à l’unanimité en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU, les négociations portent sur les modalités d’une future gouvernance « inclusive et non sectaire », la rédaction d’une nouvelle Constitution et la tenue d’élections sous supervision des Nations unies.
Le point crucial reste la « transition ». Pour le régime, avec le soutien de Moscou, cela signifie que Bachar Al-Assad reste aux commandes avec quelques réformes de façade. L’opposition, avec notamment le soutien de Paris mais aussi d’autres capitales occidentales et arabes, exige son départ au moins au terme du processus. Tout reste bloqué sur ce point.
Jamais, depuis le début du processus, les délégations du régime et de l’opposition n’ont négocié face à face. C’était toujours M. De Mistura ou l’un de ses représentants qui faisait la navette pour tenter d’établir au moins quelques points de convergence. Une seule fois, le 30 novembre 2017, l’envoyé spécial a réussi par surprise, sans les avoir averties à l’avance, à faire siéger le temps d’un après-midi la délégation du régime et celle de l’opposition dans deux salles contiguës du palais des Nations à Genève.
Mais il ne put aller plus loin. Son dernier voyage, à l’invitation des autorités syriennes, sera à Damas pour évoquer la formation d’un Comité constitutionnel à même de rédiger une nouvelle constitution. Il devrait réunir des experts présentés par le régime, par l’opposition, et par l’ONU. La démission de Staffan de Mistura sera effective fin novembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon nos informations, Matthieu Pigasse est entré en négociations exclusives avec l’industriel pour lui revendre une part minoritaire de la holding via laquelle il est présent au capital du journal.
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Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky négocie son entrée dans le groupe de Matthieu Pigasse, actionnaire du « Monde »

Selon nos informations, Matthieu Pigasse est entré en négociations exclusives avec l’industriel pour lui revendre une part minoritaire de la holding via laquelle il est présent au capital du journal.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h28
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial), 
François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Un des actionnaires majoritaires du Monde, Matthieu Pigasse, négocie la revente d’une partie de ses parts à l’industriel tchèque Daniel Kretinsky, selon nos informations, confirmées par M. Pigasse : celui-ci est entré en négociations exclusives pour céder entre 40 et 49 % de sa société Le Nouveau Monde, créée pour détenir sa participation dans Le Monde, qu’il contrôle aux côtés de Xavier Niel, le fondateur de Free.
Le banquier d’affaires de Lazard cherchait ces derniers mois à trouver un partenaire pour l’épauler financièrement. Mais il assure qu’il a l’intention de garder le contrôle du Nouveau Monde, ainsi que de sa société de médias Les Nouvelles Editions indépendantes (Les Inrocks, Nova…). Et aussi de rester le cogérant du Monde, à travers la société Le Monde Libre. Contacté, Xavier Niel n’a pas souhaité répondre à nos questions. M. Kretinsky et ses représentants n’ont pu être joints.
Une source officielle tchèque a affirmé mardi 16 octobre au Monde que l’intention de M. Kretinsky était de « racheter Le Monde ». L’industriel tchèque est dirigeant du groupe énergétique EPH et du premier groupe de médias de son pays, Czech Media Invest (CMI). Il est aussi devenu propriétaire de Marianne et d’une partie du pôle magazine du groupe Lagardère.

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Communiqué du Pôle d’indépendance
Le Pôle d’indépendance qui regroupe les sociétés de rédacteurs, salariés, lecteurs et fondateurs du groupe Le Monde apprend que Matthieu Pigasse a la volonté de céder une participation minoritaire dans sa holding Le Nouveau Monde. Depuis 2010, c’est à travers cette société que Matthieu Pigasse est actionnaire majoritaire du groupe Le Monde au sein du Monde libre (LML) aux côtés de Xavier Niel et de Madison Cox (ayant droit de Pierre Bergé).
L’acquéreur est l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. Il a fait fortune dans son pays dans le secteur de l’énergie et a créé Czech Media Invest (CMI) qui est devenu le premier groupe de presse tchèque. En France, il possède l’hebdomadaire Marianne et finalise notamment le rachat d’Elle, Télé 7 jours, Ici Paris et France Dimanche.
Face à la brutalité de cette annonce, le Pôle d’indépendance souhaite s’entretenir rapidement avec les actionnaires majoritaires du groupe. Il demande également à rencontrer M. Kretinsky ou son représentant en France pour éclaircir ses intentions et obtenir de sa part les garanties indispensables du respect des valeurs et règles d’indépendance qui régissent l’ensemble des titres du groupe Le Monde.
Le Pôle d’indépendance organisera dans les plus brefs délais une réunion d’information des personnels.
Société des rédacteurs du « Monde », Société civile des publications de « La Vie » catholique, Société des lecteurs du « Monde », Société des cadres du « Monde », Société des employés du « Monde », Société des personnels du « Monde », Société des personnels de « Courrier international », Association des actionnaires minoritaires du « Monde »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Pour la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, le risque d’une absence de compromis avec l’UE « est là, mais il est relativement faible ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Brexit : « Personne, ni chez les Vingt-Sept ni chez les Britanniques, n’a intérêt à un “no deal” »

Pour la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, le risque d’une absence de compromis avec l’UE « est là, mais il est relativement faible ».



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 18h02
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu aux questions des internautes sur le sommet européen spécial consacré au Brexit.

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YA : A combien estimeriez-vous la probabilité d’un « no deal » ?
Très difficile à dire. Comme dans toute négociation, il y a aujourd’hui une part de bluff et de dramatisation difficile à apprécier. Je dirais que le risque de « no deal » est là, mais relativement faible, même si la marche politique à franchir pour la première ministre britannique, Theresa May, afin d’accepter la solution européenne pour l’Irlande est très haute.
Que voudrait dire un « no deal » ? Probablement, dans les premiers jours, voire les premières semaines, des dizaines de kilomètres de bouchons aux frontières UE-Royaume-Uni, des dizaines de milliers de têtes de bétail, de chiens et de chats mis en quarantaine dans les ports britanniques ou nord-irlandais. Les Eurostar à l’arrêt, des avions cloués au sol dans les aéroports londoniens, des expatriés londoniens (Français, Polonais…) en panique, et j’en passe. Personne, ni chez les Vingt-Sept, ni chez les Britanniques n’a intérêt à un « no deal ». Donc, logiquement, tout le monde finira par s’entendre à la fin. Je dirais entre mi-novembre et Noël.
Mais cette négociation est spécialement difficile, et on n’est pas à l’abri d’un accident en fin de parcours : par exemple, si l’accord de retrait ne passe pas la barre du vote à la Chambre des Communes. C’est la grande inquiétude des Européens. Et de Mme May.
Florent : Au sujet du problème de la frontière Irlandaise, ne serait-il pas possible de régler dans deux traités différents cette question et le reste (le montant du divorce avec l’UE, le sort des expatriés…), qui est relativement bien avancé afin d’éviter un « no deal » ?
La priorité absolue des Européens est de préserver les accords de paix signés en 1998 entre Irlande du Nord et République d’Irlande et qui ont mis fin à 40 ans de « troubles » en Irlande du Nord. Ces accords stipulent qu’il ne doit en aucun cas y avoir retour d’une frontière physique entre la province nord-irlandaise et la République d’Irlande.
Bruxelles veut « sécuriser » cette question dès l’accord de retrait, pour éviter que cette frontière ne réapparaisse, dans les mois ou les années suivant le Brexit, si les Européens mettent plus de temps que prévu à négocier un traité avec Londres sur leurs « relations futures ». Les Européens ont besoin de cette « assurance » (ce « filet de sécurité » ou ce « backstop ») tout de suite, car ils se font peu d’illusions : la « relation future » entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni, à moins que Londres finalement accepte de rester dans le marché intérieur, ne se fera pas « sans frictions » : des contrôles douaniers deviendront nécessaires, même a minima entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni.

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Corentin : Assiste-t-on à la fuite massive des grandes entreprises de la City comme cela avait été prévu ? Si oui vers quel capitale européenne ?
La fuite n’est pas massive même si, les uns après les autres, les grands établissements financiers renforcent leurs équipes continentales, anticipant qu’après le divorce, le Royaume-Uni perdra ce précieux passeport permettant aux établissements installés depuis la City de vendre leurs services financiers au reste du continent.
Les places continentales, Francfort, Luxembourg et Paris se livrent à une intense concurrence pour les attirer. Et Paris ne s’en sort pas trop mal. Bank of America, Citigroup, BlackRock, JP Morgan Chase ont tous annoncé renforcer leurs équipes parisiennes. C’est elle qui par ailleurs a gagné le « concours de beauté » continental, pour récupérer l’Autorité bancaire européenne, qui doit quitter le Royaume-Uni à la suite du Brexit.

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Distrait : D’après la presse continentale, ce sont les contradictions entre Britanniques qui rendent la situation inextricable. Faut-il comprendre que même si Barnier disait oui à tout ce que demande Theresa May, celle-ci n’obtiendrait pas pour autant le consensus auprès des siens ? A partir de là, quel est l’intérêt de continuer ces négociations ?
Michel Barnier ne dira pas oui « à tout ce que lui demande [la première ministre britannique, Theresa] May ». Depuis le début des discussions avec Londres, les Vingt-Sept ont confié un mandat très clair à leur unique négociateur : d’accord pour négocier un accord qui garde le Royaume-Uni le plus proche possible de l’Union mais en aucun cas, ce divorce ne doit porter préjudice au principal acquis communautaire, à savoir le marché intérieur. M. Barnier doit donc préserver coûte que coûte cet acquis, et les règles qui vont avec : ses quatre libertés de circulation (des biens, des capitaux, des services et des personnes), et sa Cour de justice de l’Union européenne, seule en mesure de trancher des différends liés au respect de ses lois.
Si pour l’heure, la discussion entre Londres et les Vingt-Sept bute sur la question irlandaise, c’est aussi parce que les Européens, en cas de Brexit, doivent réintroduire un contrôle aux frontières entre eux et le Royaume-Uni, pour éviter que leur marché intérieur ne devienne une passoire. Or, pour les raisons expliquées précédemment, ils ne veulent pas que ces contrôles soient réintroduits entre Irlande du Nord et République d’Irlande.

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J’ai 12 ans : Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe d’une façon simple et compréhensible par un enfant de 12 ans ?
Les questions européennes sont difficiles à simplifier, spécialement celle-ci ! Je me lance : un divorce, c’est rarement joli-joli… Surtout quand on a vécu ensemble plus de quarante ans, qu’on a tissé des liens extrêmement étroits (économiques, politiques, géopolitiques). Et surtout, que pendant la campagne référendaire au Royaume-Uni, les Brexiters ont raconté beaucoup de bêtises et passé beaucoup de grosses difficultés sous silence.
Qui a expliqué aux Britanniques, par exemple, que sortir de l’Union, de son espace douanier, de son “marché intérieur” sans frontières intérieures pour les personnes ou les marchandises, cela impliquait automatiquement, et fatalement, une frontière entre la province d’Irlande du Nord et la République d’Irlande ? Une frontière que le Royaume-Uni s’était engagé à faire disparaître dans le cadre d’un traité de paix signé en Irlande vingt ans plus tôt pour mettre fin à une guerre civile ?
Antoine : J’habite au Royaume-Uni, dois-je m’inquiéter de quelque chose concernant mon statut ?
Si les Européens parviennent à s’entendre avec les Britanniques sur un traité de divorce, a priori, non. Si vous êtes Français ou d’un autre pays de l’Union européenne, expatrié au Royaume-Uni et êtes arrivé sur place avant le 29 mars 2019, voire avant le 31 décembre 2020 (fin de la période de transition), vous pourrez rester sur place dans les mêmes conditions que maintenant. Mais si les Européens et Londres ne parviennent pas à s’entendre sur les conditions du divorce (ce qu’on appelle le « no deal »), alors cet accord sur les expatriés tombe à l’eau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Deux entreprises, une chinoise et une espagnole, devront soumettre à l’Etat « les contours définitifs du projet », dont le coût est estimé à 12 milliards d’euros.
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Compte rendu

La RDC signe un accord de développement pour le futur barrage Inga III

Deux entreprises, une chinoise et une espagnole, devront soumettre à l’Etat « les contours définitifs du projet », dont le coût est estimé à 12 milliards d’euros.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-17T17:45:03+02:00"

        Le 17.10.2018 à 17h45






    
Les barrages Inga I (en amont) et Inga II (en aval) sur le fleuve Congo, en décembre 2013.
Crédits : MARC JOURDIER / AFP


La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, mardi 16 octobre, la signature d’un « accord de développement exclusif » avec deux entreprises chinoise et espagnole pour tenter de financer son projet de barrage hydroélectrique Inga III, sur le fleuve Congo, d’une capacité de 11 000 mégawatts.
Pour ce projet de longue date d’un coût estimé à 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros), l’accord a été signé entre la RDC et les groupements d’entreprises Chine Inga 3 et ProInga, selon un communiqué de la présidence congolaise. Chine Inga 3 est emmené par Three Gorges Corporation (gestionnaire du gigantesque barrage des Trois-Gorges en Chine), et ProInga par Cobra Instalaciones y Servicios, filiale du groupe de BTP espagnol ACS, dirigé par Florentino Perez, également connu comme président du Real Madrid.

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« En vertu de cet accord, la RDC entérine la constitution d’un consortium unique par les deux groupements », détaille la présidence. « Ces groupements s’engagent à financer des études d’exécution » à l’issue desquelles « le consortium unique devra soumettre à la RDC les contours définitifs du projet de la centrale, dont le coût est estimé à 14 milliards de dollars », poursuit la présidence congolaise.
Prendre le relais des barrages Inga I et II
Inga III doit théoriquement prendre le relais des barrages Inga I (1972) et Inga II (1982) installés sur les rapides du fleuve Congo, dans la province du Kongo central (ouest). « La construction va durer de cinq à sept ans, peut-être jusqu’à onze ans », avait déclaré le 13 juin Bruno Kapandji, chargé de mission du président Joseph Kabila. « Nous sommes en train de préparer le contrat de collaboration exclusive qui va permettre d’aller chercher des financements », avait-il poursuivi à Lubumbashi (sud-est), devant des professionnels du secteur minier un peu sceptiques.

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Dans son communiqué de mardi, la présidence confirme que la RDC « collaborera avec l’Afrique du Sud, avec laquelle elle a conclu un traité ad hoc concernant le projet Grand Inga ». La RDC affirme miser aussi sur « l’appui et la participation des institutions financières de développement ». En juillet 2016, la Banque mondiale avait suspendu « le financement de son assistance technique » au projet.
La RDC ne parvient pas à transformer ses richesses minérales ni à éclairer la vaste majorité de ses quelque 82 millions d’habitants. C’est un paradoxe puisque le pays tire son nom du deuxième fleuve le plus long d’Afrique (4 700 km), avec l’un des débits les plus puissants du monde (40 000 m3/seconde).


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Décryptage

A six mois de la présidentielle en Algérie, l’Assemblée bloquée par des députés

Après l’arrestation de généraux, la crise entre les élus de la majorité et le président de l’institution est un nouveau signe de fébrilité au sein du sérail.

Par                                            Amir Akef (Alger, correspondance)




LE MONDE
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        Le 17.10.2018 à 17h20

     •
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        Mis à jour le 17.10.2018 à 18h06






    
Des députés du FLN et du RND bloquent l’accès à l’Assemblée populaire nationale, à Alger, le 16 octobre 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


En Algérie, la scène suscite des commentaires acerbes sur les réseaux sociaux : des députés de la majorité, notamment du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), ont cadenassé, mardi 16 octobre, la porte d’entrée du siège de l’Assemblée populaire nationale pour empêcher son président, Saïd Bouhadja, d’y accéder. C’est le résultat de la crise qui oppose ces parlementaires au titulaire du perchoir depuis que, le 23 septembre, M. Bouhadja a limogé le secrétaire général chargé de l’administration, Bachir Slimani.

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Téléguidés par leur secrétaire général, Djamel Ould Abbès, les députés du FLN, rejoints par ceux du RND, du premier ministre Ahmed Ouyahia, accusent M. Bouhadja de « mauvaise gestion » et de « frais de mission » excessifs. Lui réplique qu’il a au contraire mis de l’ordre et découvert que des députés s’accaparaient jusqu’à quatre ou cinq voitures de service pour leur usage personnel. Une réponse qui a fait fureur sur les réseaux sociaux, où s’exprime ouvertement le mépris de nombreux Algériens à l’égard de députés « payés 270 000 dinars par mois [environ 1 950 euros] juste pour lever les mains [approuver les lois] et faire des affaires ».
Pour beaucoup, la question du secrétaire général n’est en réalité qu’un prétexte. « Le gaspillage au sein des institutions n’a jamais été source de conflit ouvert, cela se règle à huis clos », souligne un ancien député. Dès lors, pourquoi cette crise ? Certains analystes évoquent un possible lien avec les incertitudes sur la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et malade, à l’élection prévue en avril 2019. Le président de l’Assemblée n’a toutefois pas de rôle significatif en cas de vacance du pouvoir : selon la Constitution, c’est le président du Conseil de la nation (le Sénat algérien) ou, à défaut, le président du Conseil constitutionnel, qui assure l’intérim.
Remue-ménage dans l’armée
L’affaire intervient par ailleurs alors qu’un remue-ménage sans précédent se déroule au sein de l’armée. Des généraux en poste depuis de très longues années ont été placés en détention provisoire, dimanche, sous l’accusation de « biens mal acquis » et de « corruption », à peine deux mois après avoir été relevés de leurs fonctions.

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Après avoir semblé sur le point de céder, M. Bouhadja est entré en résistance en déclarant qu’il ne se démettrait que si le président Bouteflika lui en faisait la demande. La Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée sont en sa faveur : rien ne l’oblige à démissionner dans les circonstances actuelles.
Ancien maquisard, M. Bouhadja, qui a reçu l’appui de la puissante organisation nationale des moudjahidine (anciens combattants), bénéficie depuis d’une popularité inattendue. Sur les réseaux sociaux, on l’appelle à ne pas céder et à « mourir debout ». L’homme s’est même offert le luxe d’une sortie hors du temple, le 11 octobre, en s’attablant à une terrasse de café et en prenant des photos avec des passants. De quoi révulser le secrétaire général du FLN, qui l’a accusé de ne « pas respecter les institutions ».
Le refus de M. Bouhadja crée une situation inextricable, d’autant que la présidence de la République ne semble guère désireuse de s’impliquer. « Il n’y a pas eu de coup de fil de la présidence et il n’y en aura pas. Saïd Bouhadja n’a pas été nommé par décret. Il n’a pas été désigné par le président de la République », a affirmé Ahmed Ouyahia. Mais le premier ministre est lui-même sorti du droit en demandant à M. Bouhadja de partir, estimant que « la légitimité du terrain est supérieure à la légitimité des lois ». A quelques mois d’une élection présidentielle très incertaine, tout cela témoigne d’une certaine fébrilité au sein du sérail.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Pour le représentant de l’Etat, cette association légitime « ouvertement » le djihad armé et contribue à la « diffusion de l’islam radical ».
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Grande-Synthe : le préfet ordonne la fermeture du Centre Zahra

Pour le représentant de l’Etat, cette association légitime « ouvertement » le djihad armé et contribue à la « diffusion de l’islam radical ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    17.10.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 16h15
   





                        



   


Le préfet du Nord, Michel Lalande, a ordonné, mercredi 17 octobre, la fermeture pour six mois du Centre chiite Zahra à Grande-Synthe près de Dunkerque, accusant dans un arrêté ce lieu de culte de contribuer à « la diffusion de l’islam radical chiite à l’échelle européenne ».
Le préfet considère notamment que « le lieu de culte hébergé dans le Centre Zahra diffuse des messages légitimant ouvertement le djihad armé » et qu’il « se livre en permanence à une propagande » incitant « à la haine, à la discrimination et à la violence ».
Le trésorier en détention provisoire
Le 2 octobre, les locaux du centre avaient fait l’objet d’une vaste opération antiterroriste, à l’issue de laquelle trois personnes avaient été placées en garde à vue. Les perquisitions administratives avaient débouché sur la découverte d’armes à feu, détenues illégalement. Le lendemain, le trésorier de l’association avait été placé en détention provisoire en attendant son procès pour détention illégale de deux armes à feu, renvoyé au 24 octobre.
L’opération a été lancée à la suite du « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes » des dirigeants de l’association, dont les avoirs ont été gelés.
Le Centre Zahra, association à vocation religieuse mais aux engagements très politiques fondée en 2005, est considéré par les représentants de l’islam chiite comme un groupe radical. Il mène une activité de propagande « antisioniste » outrancière, notamment sur les réseaux sociaux.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le premier ministre sortant a été chargé par le Grand-Duc Henri de former un nouveau gouvernement.
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Au Luxembourg, Xavier Bettel en route pour un deuxième mandat

Le premier ministre sortant a été chargé par le Grand-Duc Henri de former un nouveau gouvernement.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 15h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


C’est un petit miracle, et lui-même n’y croyait pas : le libéral Xavier Bettel devrait rempiler pour un deuxième mandat comme premier ministre du Luxembourg alors que, selon la rumeur, il briguait déjà le poste de futur président du groupe libéral et démocrate au Parlement européen.
« Ce gouvernement n’a pas été puni, il a été confirmé. On a atteint il y a cinq ans un résultat historique, tout le monde nous prédisait une déconfiture, et on s’est bien maintenus », affirmait-il lundi 15 octobre, aux lendemains des élections législatives. Après un temps de réflexion, le chef de l’Etat, le Grand-Duc Henri, l’a chargé de former du nouveau gouvernement mardi soir.
Selon les pronostics, l’élection devait entraîner le retour aux affaires du Parti populaire chrétien social (CSV), qui a longtemps dominé la vie publique du petit pays. Il n’en a rien été : toujours orpheline de Jean-Claude Juncker, qui fut premier ministre de 1995 à 2013, cette formation n’a pas enregistré le succès attendu, reculant de près de 6 % de ses voix.
Son leader, Claude Wiseler, a en outre été battu par M. Bettel en voix dites « de préférence » (qui permettent de faire un choix nominatif en alternative avec des votes pour les listes de partis). Le système luxembourgeois permet, en effet, soit un vote pour une liste, soit un vote pour divers candidats, répartis sur une même liste ou des listes différentes. Le CSV devra se consoler en constatant qu’il reste cependant le premier parti du pays, avec 21 sièges de députés sur 60.
Le Parti démocratique (DP) de M. Bettel a, lui aussi, reculé (- 1 siège), tout comme son allié son socialiste (LSAP, - 3). Sa coalition, qui conserve au total 31 sièges sur 60, a toutefois été sauvée par la progression des Verts (+ 3 sièges) et par le score personnel du ministre socialiste des affaires étrangères, Jean Asselborn. Celui-ci, recordman national des voix de préférence, a limité les pertes de son parti, permettant du même coup à M. Bettel de reconduire son équipe ministérielle.

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Le nouveau gouvernement devrait voir le jour en décembre, après la négociation du programme de la coalition. Il devrait être teinté de vert, avec une place plus importante faite au parti Dei Gréng, seul vrai vainqueur de cette élection centrée sur les questions de l’environnement, du logement, de la mobilité et de l’identité luxembourgeoise. Ce dernier thème, partiellement relayé par les libéraux et les écologistes, n’a pas profité à la droite populiste, qui n’a pas réalisé la percée attendue.
La prolongation inattendue du mandat de M. Bettel permettra aussi à ce dernier de poursuivre son alliance avec ses collègues belge et néerlandais, Charles Michel et Mark Rutte, en vue de défendre un programme proeuropéen lors des élections de 2019. Le trio a convié récemment, à Luxembourg, Emmanuel Macron afin de présenter un front uni, censé s’élargir d’ici à mai 2019 pour contrer les forces populistes et antieuropéennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos interrogations sur les négociations sur le traité de divorce, dont l’épineuse question du rétablissement d’une frontière entre les deux Irlandes. Un sommet spécial de l’Union européenne doit se dérouler à Bruxelles.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Selon le Comité national antiterroriste russe, les victimes ont été tuées par balle. L’auteur de l’attaque, un élève de quatrième, s’est suicidé.
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Crimée : au moins dix-sept morts dans l’attaque d’un collège

Selon le Comité national antiterroriste russe, les victimes ont été tuées par balle. L’auteur de l’attaque, un élève de quatrième, s’est suicidé.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 14h03
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 17h22
   





                        



L’attaque par un élève d’un collège technique de la ville portuaire de Kertch, dans la péninsule de Crimée, mercredi 17 octobre, a fait au moins dix-sept morts et une quarantaine de blessés. Une enquête a été ouverte, d’abord pour « acte terroriste », ensuite requalifié en « meurtre de masse ».
Le Comité national antiterroriste russe a, dans un premier temps, évoqué l’explosion d’« un engin explosif non identifié », avant d’indiquer que les victimes ont été tuées par balle. Selon le premier ministre, Sergueï Aksionov, l’auteur de l’attaque est un « élève de quatrième année » qui s’est « suicidé ». « Le corps a été découvert dans la bibliothèque », a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait également déclaré aux journalistes que la piste terroriste était « examinée ». « Selon les informations préliminaires, un engin explosif non identifié, bourré d’objets métalliques, a été déclenché dans la cantine du collège polytechnique de Kertch. La plupart des victimes sont des adolescents », a précisé le comité d’enquête russe, organisme chargé des principales affaires criminelles en Russie.
Ambulances improvisées
« C’est une tragédie colossale : 18 personnes sont mortes, plus de 40 blessées », avait annoncé à la télévision M. Aksionov, citant un précédent bilan. Plus tôt dans la journée, des bilans de 70, puis de 50 blessés avaient été donnés.
Les premières images de télévision montraient les secours transportant des victimes dans des ambulances improvisées. Les blessés « ont été emmenés dans des transports en commun, dans des bus, en ambulance. Ce sont des enfants et des employés », a déclaré au micro d’une télévision locale un homme au tee-shirt couvert de sang présent et évoquant aussi « des coups de feu ».
Un élève, témoin de l’attaque, a raconté à l’AFP avoir entendu des « tirs » provenant d’un « homme avec une arme à feu » : « J’étais en cours quand j’ai entendu des tirs au premier étage. » « Puis nous nous sommes tous précipités dans le couloir où des gens étaient en train de courir et de hurler qu’un homme avec une arme à feu tirait sur tout le monde », a-t-il poursuivi. « Ensuite, il y a eu une puissante explosion, heureusement, j’étais déjà dehors, mais j’ai vu l’onde de choc qui a brisé les fenêtres en éjectant des gens », a-t-il ajouté par téléphone, très choqué.

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200 militaires envoyés
« Il y a quelques heures, un événement tragique a eu lieu à Kertch. Des gens sont morts, il y a eu beaucoup de blessés. Je veux présenter mes condoléances aux proches des victimes », a déclaré le président russe, Vladimir Poutine, au début d’une rencontre avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi à Sotchi, station balnéaire de la mer Noire.
Le ministère des situations d’urgence russe a déclaré l’état d’urgence à Kertch et a annoncé sur son compte Twitter l’envoi sur place de trois hélicoptères avec du personnel médical et d’un avion. Sergueï Aksionov a également annoncé sur sa page Facebook que trois jours de deuil seraient observés dans la péninsule. L’armée russe, citée par les agences, a de son côté décidé d’envoyer 200 militaires, tandis que les médias locaux diffusaient des images de blindés et d’hommes en tenue de camouflage se déployant autour de Kertch.
Cette affaire réveille en Russie le douloureux souvenir de Beslan, en Ossétie du Nord, où une prise d’otages par un commando tchétchène en 2004 avait fait plus de 330 morts, dont 186 enfants, après l’assaut des forces russes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Avec ce grand rassemblement, les indépendantistes veulent faire pression sur le gouvernement de la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à l’approche des municipales.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

A Taïwan, les indépendantistes testeront leur popularité le 20 octobre

Avec ce grand rassemblement, les indépendantistes veulent faire pression sur le gouvernement de la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à l’approche des municipales.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 13h58
    |

            Brice Pedroletti








                        



   


Les indépendantistes taïwanais descendront dans les rues de Taipei samedi 20 octobre pour une grande manifestation qui servira de test à la popularité de leur message. C’est la première fois qu’un rassemblement à grande échelle est prévu à Taipei pour appeler à l’indépendance formelle de Taïwan, que la Chine communiste estime faire partie de son territoire.
L’initiative du rassemblement, annoncé en septembre, vient de l’Alliance Formose (Formosa Alliance), un groupe créé par l’ancien militant pour la démocratie Kuo Pei-hung, aujourd’hui PDG d’une des principales télévisions privées de Taïwan. L’Alliance Formose est parrainée par les anciens présidents taïwanais Lee Teng-hui (1988-2000), le père de la démocratie taïwanaise, et Chen Shui-bian (2000-2008). « C’est à chaque Taïwanais de décider de l’avenir de Taïwan. C’est une décision qui revient aux 23,5 millions de Taïwanais, et non à la Chine ou à Xi Jinping », a déclaré M. Kuo en amont du rassemblement

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La manifestation du 20 octobre est destinée à accroître la pression sur la présidente Tsai Ing-wen et sur son parti, le Parti démocrate progressiste (DPP), au pouvoir depuis 2016. Dénoncés par Pékin comme « indépendantiste », Mme Tsai et son gouvernement n’en sont pas moins astreints à la realpolitik du « statu quo » (ni indépendance ni réunification avec la Chine) malgré les mesures d’intimidation permanentes déployées par Pékin. Le DPP est régulièrement aiguillonné par la fraction plus indépendantiste de son électorat, mais il doit s’efforcer de ne pas s’aliéner ceux que désavantagent économiquement les tensions avec la Chine.
Le raisonnement des organisateurs de la Formosa Alliance est que l’offensive tous azimuts lancée par Donald Trump contre la Chine représente pour Taïwan une « occasion historique » de déclarer formellement son indépendance, nous avait expliqué en juin à Taipei son fondateur, Kuo Pei-hung : le soutien des Etats-Unis, mais aussi du Japon, dissuadera la Chine de se lancer dans une aventure militaire périlleuse, et poussera pour une « normalisation » du statut de Taïwan et de son nom — par exemple, comme République de Taïwan. La République de Chine, l’actuel nom officiel de Taïwan, hérité du régime qui gouverna la Chine continentale de la Révolution de 1911 jusqu’à l’arrivée des communistes, en 1949, n’est pas reconnue par les Nations unies. En outre, elle n’a plus que dix-sept alliés diplomatiques dans le monde à la suite de la défection, en août, du Salvador.
Une dizaine de référendums d’initiative populaire
Le rassemblement du 20 octobre vise à mobiliser le public à l’approche des élections municipales du 24 novembre et de la dizaine de référendums d’initiative populaire qui leur seront associés depuis l’aménagement par le DPP des lois sur la démocratie consultative. L’un d’entre eux doit d’ailleurs interroger les électeurs sur le choix de « Taïwan » pour l’équipe nationale aux prochains Jeux olympiques de Tokyo de 2020 au lieu de « Taipei chinois », l’appellation imposée par la Chine au Comité olympique — un scrutin dont le résultat doit lui servir aussi de test du sentiment pro-indépendance à Taïwan. L’Alliance Formose n’a pu soumettre de référendum sur l’indépendance — compte tenu des limites imposées par la loi sur les questions relatives à la Constitution et au territoire de la République de Chine en raison de l’ambiguïté des formulations existantes.
Mais elle espère convaincre le DPP, qui détient depuis les élections de 2016 la majorité absolue au Parlement, d’évoluer sur la question en 2019, puisque le parti devra alors se préparer aux élections présidentielle et législatives de 2020. Kuo Pei-hung souhaiterait pouvoir organiser un référendum sur l’indépendance le 7 avril 2019, pour les trente ans de l’immolation par le feu de Deng Nan-jung, un éditeur mort en martyr au nom de la liberté d’expression sous la dictature. Les organisateurs disent attendre samedi 100 000 personnes dans les rues de la capitale. Un chiffre « à prendre avec des pincettes », nous dit de Taipei un observateur étranger de la politique taïwanaise. « Ils ne se sont pas bien débrouillés pour déclarer la manifestation à temps et n’ont finalement obtenu qu’une portion réduite de l’avenue Ketagalan [en face du palais présidentiel]. D’autres manifestations sont prévues le même jour et leurs organisateurs l’ont fait avant eux. Mais s’ils sont plusieurs dizaines de milliers, ce sera un beau résultat, qui pourrait alarmer le DPP en vue des élections locales du 24 novembre ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La Commission devrait demander des explications à Rome. Sans le dire, elle espère que les marchés feront reculer le gouvernement Conte.
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édition abonné


Budget italien : Bruxelles déterminée à tenir une ligne dure

La Commission devrait demander des explications à Rome. Sans le dire, elle espère que les marchés feront reculer le gouvernement Conte.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 13h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Au moins, c’est dit. « Amo Italia [j’aime l’Italie] », a lancé Jean-Claude Juncker, lors d’une interview accordée à un groupe de médias audiovisuels italiens, mardi 16 octobre, au lendemain de l’envoi du budget prévisionnel italien 2019. Mais, en même temps, « il y a là un écart entre ce qui fut promis et ce qui est présenté aujourd’hui. (…) « Si nous acceptions tout ce que le gouvernement italien réclame, nous aurions des réactions virulentes dans d’autres pays membres de la zone euro », a ajouté le président de la Commission, en direct du Berlaymont, le siège de l’institution à Bruxelles.
La copie envoyée à la Commission lundi soir par le gouvernement populiste, antisystème du M5S et extrême droite de la Ligue, n’est conforme ni aux règles européennes (le pacte de stabilité et de croissance) ni aux engagements de l’Italie. « Les nouveaux gouvernements doivent respecter la parole de ceux qui les ont précédés », a souligné M. Juncker, rappelant que, au printemps 2018, le gouvernement Gentiloni avait avalisé les recommandations de Bruxelles.
C’est le commissaire à l’économie, Pierre Moscovici, qui l’a dit lui-même, dès la fin septembre, quand le gouvernement Conte a rendu publics ses premiers arbitrages budgétaires. Avec un déficit public de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) transalpin prévu en 2019, trois fois plus qu’attendu, l’Italie handicape sérieusement sa capacité à rembourser son énorme dette publique (environ 132 % du PIB).
La Commission devrait dans un premier temps demander des explications supplémentaires au gouvernement italien
Le gouvernement Conte assure que cette dernière sera ramenée autour de 126 % du PIB en 2021. Mais table sur des prévisions de croissance (1,5 % en 2019, 1,6 % en 2020), jugées trop optimistes, la plupart des institutions internationales misant sur une croissance de l’ordre de 1 % en 2019.
A défaut de dire immédiatement ce qu’elle pense du budget...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Un projet de loi prévoit d’instaurer une taxe pour les grandes entreprises. Marc Benioff, le patron de Salesforce est pour, Jack Dorsey, celui de Twitter et de Square, est contre.
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A San Francisco, deux patrons de la high-tech s’écharpent au sujet d’une taxe pour aider les sans-abri

Un projet de loi prévoit d’instaurer une taxe pour les grandes entreprises. Marc Benioff, le patron de Salesforce est pour, Jack Dorsey, celui de Twitter et de Square, est contre.



LE MONDE ECONOMIE
 |    17.10.2018 à 12h45
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


A San Francisco, la crise des sans-abri est au centre de la campagne pour les prochaines élections municipales. Vendredi 12 octobre, le sujet a donné lieu à une confrontation publique entre deux des personnalités les plus symboliques de la scène high-tech de l’autoproclamée capitale mondiale de l’innovation : Marc Benioff, le directeur général de Salesforce, et Jack Dorsey, le patron de Twitter et de Square.
Les deux milliardaires se sont écharpés sur Twitter au sujet de la proposition C, un projet de loi qui sera soumis au vote le 6 novembre. Celui-ci prévoit d’instaurer une nouvelle taxe pour les grandes entreprises, qui pourrait rapporter jusqu’à 300 millions de dollars (260 millions d’euros) par an, afin de financer les services d’aide aux sans-abri. Le premier est pour. Le second est contre. De quoi énerver M. Benioff : « Quels programmes destinés aux sans domicile fixe financez-vous ? », demande-t-il à M. Dorsey.
« Il y a des gens dans cette ville qui veulent donner et d’autres qui ne veulent pas », a-t-il ajouté, lundi 15 octobre, lors d’une conférence organisée par le magazine Wired. M. Benioff et Salesforce sont connus pour leurs dons. Le plus important : 250 millions de dollars pour construire un hôpital pour enfants à San Francisco. « A un moment, la philanthropie ne suffit plus », estime-t-il.
Dans la ville, 7 500 personnes sont sans domicile fixe, dont 1 300 enfants
San Francisco compte pas moins de 70 milliardaires et affiche un taux de chômage de 2,4 %. Pourtant, la pauvreté est présente à tous les coins de rue du centre-ville. Selon les statistiques officielles, 7 500 personnes sont sans domicile fixe, dont 1 300 enfants. « La ville n’a pas assez d’argent pour faire face à la situation actuelle », avance M. Benioff. Les finances publiques sont en effet dans le rouge. La faute, estime une partie de la classe politique, aux cadeaux fiscaux accordés par le précédent maire aux sociétés high-tech. Et notamment à Twitter et à Square.

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M. Dorsey justifie son opposition à la proposition C par sa confiance en London Breed, la nouvelle maire de San Francisco. L’élue, dont le poste ne sera pas remis en jeu en novembre, s’est prononcée contre ce texte, en raison de ses impacts à long terme sur l’activité économique et sur l’attractivité de la ville. Elle souligne également un autre problème : en décuplant ses programmes d’aides, la municipalité va attirer de nouveaux sans-abri. Elle milite ainsi pour une réponse au niveau de l’Etat de Californie.
San Francisco n’est pas un cas isolé. A Seattle, la crise des sans-abri avait conduit les élus locaux à instaurer une taxe annuelle de 275 dollars par salarié pour les principaux employeurs de la ville. Votée à l’unanimité en mai, la loi a été abrogée à peine un mois plus tard par le même conseil municipal. Sous la pression d’Amazon.
Si elle est adoptée, la proposition C ne pourra pas être bloquée par les élus de San Francisco. Selon les derniers sondages, deux tiers des électeurs prévoient de voter pour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les tractations avec l’UE butent sur le sort de l’Irlande du Nord, enjeu-clé pour l’intégrité du Royaume-Uni et le respect des accords de paix.
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Brexit : à six mois de la date fatidique, la crainte d’un échec des négociations reste vive

Les tractations avec l’UE butent sur le sort de l’Irlande du Nord, enjeu-clé pour l’intégrité du Royaume-Uni et le respect des accords de paix.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 12h16
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les discussions entre négociateurs britanniques et européens ayant tourné court le week-end dernier, aucune fumée blanche n’est a priori à attendre du sommet européen « spécial Brexit » du 17 octobre, présenté comme crucial il y a encore quelques semaines.
L’Union européenne et Londres temporisent
Pour s’accorder sur un traité « global » de divorce, désormais urgent à moins de six mois de la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), « nous n’y sommes pas encore » a ainsi déclaré Michel Barnier, le négociateur de l’Union, à l’issue d’un conseil des ministres des affaires européennes, mardi 16 octobre à Luxembourg. « Il faut plus de temps (…). Nous allons prendre ce temps calmement, sérieusement, pour trouver cet accord global dans les prochaines semaines », a ajouté le Français.
Evidemment, une bonne surprise n’est jamais à exclure, les sommets européens réservant souvent leurs lots d’imprévus. Après tout, celui de Salzbourg, le 20 septembre, s’annonçait complètement insipide. Il fut pourtant l’utile occasion d’un gros « clash » entre la première ministre Theresa May et les 27 dirigeants de l’Union.
Les Européens profitèrent de cette rencontre informelle pour énoncer quelques vérités désagréables à Londres : les espoirs britanniques d’une relation future « sans frictions » sur le plan économique ne tenaient pas la route, l’urgence était à boucler l’accord de divorce proprement dit. Et pour ce faire, le rendez-vous suivant, celui des 17 et 18 octobre, constituerait une « heure de vérité ».
L’explosive question du statut de l’Irlande du Nord
Le traité de divorce est bouclé à « 80 % ou 85 % », a récemment précisé M. Barnier : le sort des expatriés a été largement sécurisé, Londres a accepté de s’acquitter d’un chèque de plusieurs dizaines de milliards d’euros de « restant à payer » dans le budget de l’Union. Mais, après avoir mis les bouchées doubles, à la suite du rendez-vous de Salzbourg, les négociateurs butent désormais sur un obstacle majeur : la question irlandaise.

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Comment éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, a priori inévitable si, comme Mme May l’a promis à ses concitoyens, le Royaume-Uni sort de l’union douanière et du marché unique européen ? Pour contourner le problème, l’équipe de M. Barnier a proposé, dès décembre 2017, un « filet de sécurité » : l’Irlande du Nord reste alignée sur les normes réglementaires européennes pour les biens – et l’agriculture en ce qui concerne les contrôles phytosanitaires – et les nécessaires contrôles douaniers s’effectuent en mer d’Irlande, entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
Cette solution est depuis des mois rejetée par le DUP, le petit parti unioniste nord irlandais, partenaire de coalition de Mme May. Les négociateurs ont donc planché sur une autre solution : maintenir tout le Royaume-Uni, y compris l’Irlande du Nord, dans l’Union douanière, pour éliminer les contrôles entre Belfast et Londres.
Mais ce sont les Brexiters s’y opposent : maintenir indéfiniment leur pays dans l’Union douanière, le temps qu’une solution miracle s’impose, dans le cadre de la relation future entre l’UE et Londres, revient à abandonner toute velléité de politique commerciale indépendante.
D’ultimes concessions, sans percée à ce stade
Mme May l’a redit devant la Chambre des communes, lundi 15 octobre : elle veut bien d’un maintien dans l’Union douanière, à condition qu’il soit temporaire. Les Européens semblent inflexibles : « L’équipe Barnier est allée au bout des solutions imaginatives, il y a des questions sur lesquelles on ne peut pas transiger », souligne un diplomate européen.
Le Français a par exemple proposé d’alléger au maximum les éventuels contrôles douaniers, et même, à en croire le Financial Times, à prolonger d’un an la période de transition accordée aux Britanniques, pour l’instant du 30 mars 2019 au 31 décembre 2020, afin de boucler leur « relation future » avec l’Union.
Mais à en croire les Vingt-Sept, la balle est désormais dans le camp de Mme May, qui doit trouver une majorité, dans son gouvernement et à la Chambre des communes, pour avaliser ce « filet de sécurité ». Certains, à Bruxelles, pensent qu’elle disposera d’un peu plus de marges de manœuvre pour faire avaler l’énorme couleuvre européenne, surtout vis-à-vis du DUP, après le bouclage des discussions sur le budget britannique, début novembre.

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La menace d’un échec des négociations
Les Vingt-Sept devraient donc mettre à profit leur rendez-vous au sommet, mercredi, pour alerter sur les risques d’un « no deal », « plus probable qu’il ne l’a jamais été », a affirmé Donald Tusk, le président du Conseil européen, dès lundi, mais aussi pour insister sur la nécessaire poursuite du dialogue.
Le prochain « rendez-vous Brexit » décisif devra être programmé sur proposition de M. Barnier, soit parce que Londres aura finalement accepté le compromis européen sur le « filet de sécurité », soit parce que la discussion restant complètement bloquée, les Européens devront se préparer ouvertement au « no deal ». Jusqu’à quand le Français pense-t-il pouvoir repousser ce constat, dramatique ? Jusqu’à décembre, aurait-il confié mardi depuis Luxembourg, à en croire l’agence Reuters.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La protection sociale est l’un des sujets qui tiennent le plus à cœur les électeurs américains à trois semaines des scrutins de mi-mandat prévues le 6 novembre.
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Midterms, J − 20 : l’embarras des républicains sur la santé

La protection sociale est l’un des sujets qui tiennent le plus à cœur les électeurs américains à trois semaines des scrutins de mi-mandat prévues le 6 novembre.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 11h36
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a ravivé les interrogations sur les projets en matière de santé du Grand Old Party, mardi 16 octobre, en commentant la hausse du déficit fédéral rendue publique la veille. « C’est décevant, mais ce n’est pas un problème républicain », a déclaré le sénateur du Kentucky lors d’un entretien avec l’agence Bloomberg. Il a ajouté qu’il pensait que le financement de « Medicare [une assurance santé pour les personnes âgées gérée par l’Etat fédéral], de la Sécurité sociale et de Medicaid [une assurance santé pour les plus démunis également gérée par l’Etat fédéral] » constituait « le véritable moteur de la dette ».
La santé est cependant l’un des sujets qui tiennent le plus à cœur les électeurs américains à trois semaines des scrutins de mi-mandat prévues le 6 novembre. Selon le Wesleyan Media Project, elle a été mise en avant dans 41 % des publicités politiques en septembre, bien loin devant les questions fiscales (20 %), l’emploi (13 %) ou encore l’immigration (9 %). Les sympathisants démocrates la placent en tête de leurs préoccupations, et elle arrive en deuxième position chez les républicains selon des sondages convergents.
L’accroissement de la dette fédérale (779 milliards de dollars en 2018, soit 670 milliards d’euros) est la conséquence immédiate d’une réforme fiscale qui a privé de recettes l’Etat. Le Bureau de la gestion et du budget, qui dépend de la Maison Blanche, prévoit même une dette supérieure à 1 000 milliards de dollars en 2019. L’homologue républicain...




                        

                        


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Compte rendu

Kinshasa exprime son « indignation » après l’expulsion de 200 000 Congolais par l’Angola

Le HCR enquête sur le cas de possibles réfugiés figurant parmi les personnes contraintes de rentrer en RDC.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-17T10:59:32+02:00"

        Le 17.10.2018 à 10h59






    
Des migrants congolais qui fuient l’Angola, au village frontalier de Kamako, le 12 octobre 2018.
Crédits : AFP


Cette fois, Kinshasa a réagi. Le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) a fait part, mardi 16 octobre, de « toute son indignation et de ses vives protestations » à son voisin angolais, qui a expulsé 200 000 Congolais « au mépris des accords existant en la matière ». Parmi eux, 30 000 l’ont été « brutalement », avec des « pertes en vies humaines », selon les autorités de Kinshasa.
D’après l’Etat angolais, qui a lancé une opération d’ampleur contre l’immigration clandestine, quelque 200 000 Congolais sont rentrés volontairement dans leur pays. Ce que la RDC nuance : « 160 901 Congolais sont rentrés volontairement au cours de ces dernières semaines vers la province du Kasaï [centre], 27 971 compatriotes ont été expulsés brutalement, 1 966 vers la province du Kwango [sud-ouest] ainsi qu’un nombre encore non déterminé qui ont été expulsés vers le Kwilu [au nord du Kwango] dans des conditions très précaires. »

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Dans son communiqué rendu public à l’issue d’un conseil des ministres, le gouvernement congolais rappelle son « indignation » et pointe le « non-respect du principe de l’information préalable, faisant obligation à tout pays qui procède à l’expulsion de migrants irréguliers d’en informer préalablement le pays d’accueil des personnes à expulser, en vue d’une meilleure prise en charge de ces dernières ».
Cet épisode vient tendre encore un peu plus les relations entre Kinshasa et Luanda, qui a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude quant à la crise politique qui sévit en RDC, où des élections présidentielle, législatives et provinciales doivent se tenir le 23 décembre, avec deux ans de retard.
Cartes de réfugiés déchirées
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué qu’il enquêtait sur le cas de 47 possibles réfugiés figurant parmi les Congolais contraints de quitter l’Angola. « En Angola, le HCR travaille avec les autorités pour que plus de 30 000 réfugiés du Kasaï qui ont fui le conflit en 2016-2017 ne soient pas affectés », poursuit le HCR à Kinshasa. Le conflit dans cette région frontalière a fait plus de 3 000 morts et plus d’un million de déplacés internes à la suite de la mort d’un chef coutumier.

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Dans une paroisse de la ville frontalière de Kamako, côté congolais, ce week-end, le correspondant de l’AFP a pu photographier le certificat d’enregistrement, estampillé par le HCR, d’une famille de sept personnes arrivées en Angola en avril 2017. « A Lovua [côté angolais], chaque famille avait reçu un terrain de 25 m2 et le HCR nous avait donné des kits et des cartes de réfugié », a raconté un autre « retourné », Willy Benda, carte du HCR en main.
« Depuis le 1er octobre, les militaires et les policiers angolais campent autour du camp et tout réfugié rencontré en dehors du camp est arrêté et reconduit en RDC, a-t-il ajouté. Certains d’entre nous ont vu leurs cartes de réfugié déchirées par les militaires et les policiers angolais. J’ai réussi à amener ma carte du HCR. Nous demandons aux autorités angolaises de respecter la convention relative aux droits des réfugiés. »


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Theresa May devra jouer serré pour faire approuver un accord par Westminster

La ratification d’un éventuel accord avec l’UE s’annonce incertaine.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 10h58
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


En deux ans, le tableau n’a guère changé : la négociation sur le Brexit se joue au moins autant au sein du Parti conservateur et du gouvernement de Theresa May, qu’avec les 27 Etats de l’UE. Certes, les menaces récurrentes de rébellion de ministres ou de crise parlementaire sont souvent dramatisées à dessein à Londres pour aider la première ministre britannique à faire pression sur Bruxelles. Mais c’est un fait : si Mme May trouve un compromis avec les Vingt-Sept, il lui restera à le « vendre » à ses collègues ministres et au Parlement de Westminster, qui devrait se prononcer dans les deux semaines suivant la conclusion de l’accord.
Mme May doit d’abord rassembler son gouvernement qui bruit de rumeurs de démission de ministres hostiles aux concessions faites à l’UE, notamment à propos d’un éventuel maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne sans date butoir. Le départ, en juillet, de Boris Johnson et David Davis, deux poids lourds europhobes, a atténué la menace directe. A l’approche du sommet des 17 et 18 octobre, leurs appels à la rébellion sont tombés à plat. Même la dernière diatribe de M. Johnson dans le Telegraph, accusant Mme May d’accepter « l’annexion économique de l’Irlande du Nord par une puissance étrangère [l’UE] » n’a guère eu d’écho. Quant aux huit ministres rétifs, qui, selon la presse, ont comploté en mangeant des pizzas lundi soir dans un bureau de Westminster, ils ne sont pas sortis du rang, le lendemain, lorsque Theresa May a briefé son gouvernement sur le sommet européen, en lançant un appel pressant à l’unité.

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Obtenir l’aval des Communes sera une autre affaire, puisque Mme May a perdu la majorité en convoquant des législatives anticipées en 2017. Sur les 650 députés, le gouvernement dispose théoriquement du soutien de 316 élus conservateurs et de 10 élus du Parti démocratique unioniste (DUP) nord-irlandais. Compte tenu de la non-participation aux votes du président de la Chambre, de ses adjoints et des élus du Sinn Fein (nationalistes irlandais), la majorité de Mme May est de treize voix.
Corbyn parie sur une crise
La grande masse des élus tories devrait soutenir le gouvernement. Mais entre trente et quarante élus conservateurs europhobes, dont l’extrémiste Jacob Rees-Mogg, se disent prêts à voter contre leur camp, quitte à précipiter le Brexit dans le mur afin de favoriser un divorce radical avec l’UE et un repli ultralibéral. Reste à savoir combien oseront passer à l’acte. Quant au DUP, il se dit prêt à voter contre le budget si le « deal » avec Bruxelles attribue un statut particulier à l’Irlande du Nord, mais vient d’admettre qu’il ne souhaite pas faire tomber le gouvernement.
Des défections du côté des tories devraient être compensées par un ralliement d’élus travaillistes. Le parti de Jeremy Corbyn donnera certainement la consigne de voter contre le texte dans l’espoir de faire tomber Mme May. Mais entre quinze et trente députés du Labour ont laissé entendre qu’ils désobéiraient et approuverait le « deal » passé par le gouvernement s’il prévoit une forme de maintien dans l’union douanière européenne. Il s’agit d’élus de circonscriptions anti-Brexit ou de villes menacées par les suppressions d’emplois que provoquerait un rejet de l’accord. Devrait s’ajouter la poignée d’élus du Labour pro-Brexit.

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Les députés Labour rebelles contestent la stratégie de M. Corbyn, qui vise à se servir du levier du Brexit pour provoquer de nouvelles élections et parvenir au pouvoir au prix d’une crise. Ils évoquent aussi la grande lassitude de leurs électeurs à l’égard d’un processus interminable. Theresa May peut donc espérer faire voter le « deal » avec les Vingt-Sept par Westminster, mais le suspense s’annonce haletant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Des traditionalistes hindous tentent de s’opposer physiquement à la levée de restrictions d’accès pour les femmes à un temple du Kerala.
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Inde : l’ouverture aux femmes d’un temple provoque des tensions

Des traditionalistes hindous tentent de s’opposer physiquement à la levée de restrictions d’accès pour les femmes à un temple du Kerala.



Le Monde.fr avec AFP
 |    17.10.2018 à 10h52
   





                        



   


L’interdit était ancestral. La Cour suprême indienne l’a révoqué en septembre. Depuis, la loi protège le droit des femmes de 10 à 50 ans à pénétrer l’enceinte du temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala, dans le sud-ouest du pays. Mais cette décision de justice provoque la colère et les protestations des traditionalistes, qui tentent d’empêcher physiquement des femmes d’entrer dans le temple alors qu’il ouvre ses portes pour la première fois depuis le jugement, mercredi 17 octobre. Les forces de sécurité locales sont en état d’alerte face aux risques de troubles et sept personnes ont déjà été arrêtées.
Au petit matin, la police a dispersé des manifestations sur la route du camp de base de Nilackal, d’où part un chemin de sept kilomètres pour gagner le temple situé au sommet d’une colline. Des groupes bloquaient des bus de pèlerins, transportant aussi bien des hommes que des femmes. « Quiconque veut aller au temple pourra le faire sans obstacle », a déclaré le chef de la police Manoj Abraham. « La fermeté sera de mise contre toute personne qui empêche des croyants d’aller à Sabarimala », avait prévenu mardi le chef du gouvernement du Kerala, Pinarayi Vijayan.
Les femmes peuvent accéder à la plupart des temples hindous, mais certains leur sont encore fermés, malgré une intensification des campagnes pour obtenir la levée de telles restrictions ces dernières années. En 2016, des centaines de femmes avaient obtenu la révocation d’une interdiction similaire dans le temple Shani Shingnapur au Maharashtra. La même année, un tribunal avait également autorisé les femmes à accéder au mausolée et à la mosquée Haji Ali Dargah, à Bombay.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le 14 août 2013, près de mille partisans du président islamiste Mohamed Morsi étaient tués au Caire. Amnesty International dénonce le rôle de la France, premier fournisseur d’armes du pays.
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L’Egypte réprime avec des blindés français

Le 14 août 2013, près de mille partisans du président islamiste Mohamed Morsi étaient tués au Caire. Amnesty International dénonce le rôle de la France, premier fournisseur d’armes du pays.



LE MONDE
 |    17.10.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
17.10.2018 à 11h52
    |

            Hélène Sallon








                        



   


Le 14 août 2013, près de mille manifestants étaient tués lors de la dispersion de sit-in des partisans du président islamiste, Mohamed Morsi, au Caire. Les forces de sécurité égyptiennes ont utilisé des véhicules blindés fournis par la France pour se déployer, et parfois s’abriter pour tirer à balles réelles sur la foule, révèlent des vidéos analysées par Amnesty International. L’utilisation d’équipements militaires français lors du massacre de la place Rabia-Al-Adawiya n’est pas un cas isolé, déplore l’organisation de défense des droits de l’homme.
Dans son nouveau rapport, intitulé « Egypte, des armes françaises au cœur de la répression », publié mardi 16 octobre, l’ONG atteste que des véhicules tactiques Sherpa et des blindés MIDS de la société Renault Trucks Defense (rebaptisée depuis « Arquus »), filiale du suédois Volvo, ont été utilisés pour réprimer violemment des manifestations en Egypte entre 2012 et 2015.
Utilisation abusive
Depuis 2013, la France est devenue le premier pays exportateur d’armes vers l’Egypte, devant les Etats-Unis. Plus de 4 milliards d’euros d’armes françaises ont été livrées à l’armée égyptienne entre 2012 et 2017, selon Amnesty International. Sollicitées par l’organisation, les autorités françaises ont déclaré n’avoir autorisé l’exportation de matériel militaire que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le Sinaï. « Un haut responsable français a concédé que, si les équipements de sécurité fournis par la France étaient initialement destinés à l’armée égyptienne, les autorités égyptiennes avaient détourné certains blindés au profit des forces de sécurité intérieure », lit-on dans le rapport.
En dépit de cette utilisation abusive, « les autorités françaises ont continué de livrer des véhicules blindés jusqu’en 2014 au moins et d’autoriser des licences d’exportation de blindés, de pièces et de composants connexes jusqu’en 2017 ».
Le rapport, qui s’appuie sur une vingtaine d’heures de vidéos disponibles dans le domaine public, des centaines de photos et autres « supports visuels » communiqués par des groupes égyptiens de défense des droits de l’homme et des médias, établit que plus de 200 véhicules blindés ont été livrés aux forces de sécurité égyptiennes.
En juillet, quatre ONG – la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, l’Institut du Caire pour les droits de l’homme, la Ligue des droits de l’homme et l’Observatoire des armements – accusaient déjà « l’Etat français et plusieurs entreprises françaises » de contribuer à la répression, par la vente, notamment, de « technologies de surveillance individuelle, d’interception de masse, de collecte des données individuelles, de contrôle des foules ».
Rendre des comptes
La ministre des armées, Florence Parly, assure régulièrement que la France pratique une « politique d’exportation responsable », dans le respect de ses engagements internationaux et en vertu d’un dispositif de contrôle « très rigoureux ».
Mais, selon Amnesty, en poursuivant ses livraisons, la France bafoue la position commune de l’Union européenne, datant de 2008, sur les exportations de technologie et d’équipements militaires et la décision de 2013 des ministres des affaires étrangères européens de suspendre les licences d’exportation, vers l’Egypte, d’équipements sécuritaires et d’armes.
La France a par ailleurs ratifié, en avril 2014, le traité sur le commerce des armes stipulant que tout pays exportateur doit évaluer si la vente de ses armes pourrait servir à « commettre une violation grave du droit international des droits de l’homme ».

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Amnesty International presse les autorités françaises de « cesser tout transfert » vers l’Egypte de « matériels susceptibles de servir » aux forces de sécurité intérieures. « Aucun transfert ne doit être autorisé tant que l’Egypte n’a pas mené d’enquêtes efficaces et indépendantes sur les violations graves commises par les forces de sécurité ni amené celles-ci à rendre des comptes », est-il précisé dans le rapport.
L’organisation de défense des droits de l’homme déplore un manque de transparence sur les exportations d’armes par la France, dont les autorisations sont du domaine de l’exécutif. « Il n’existe aucune information publique, donc nous ne savons pas si les exportations ont cessé », déplore Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer à Amnesty International France. L’organisation met l’accent sur la nécessité d’un contrôle parlementaire sur ces ventes, ainsi que d’une plus grande responsabilité des sociétés d’armement françaises dans leurs livraisons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La locomotive et le wagon de tête auraient percuté les piles d’un pont entre Rabat et Kenitra. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’accident.
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Compte rendu

Au Maroc, le déraillement d’un train fait sept morts et plus de 80 blessés

La locomotive et le wagon de tête auraient percuté les piles d’un pont entre Rabat et Kenitra. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’accident.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-10-17T10:21:51+02:00"

        Le 17.10.2018 à 10h21






    
Le déraillement s’est produit mardi 16 octobre 2018 au niveau de la commune de Sidi Bouknadel, à une vingtaine de kilomètres au nord de Rabat.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Un train de passagers a déraillé, mardi 16 octobre, à une vingtaine de kilomètres au nord de Rabat, faisant sept morts et plus de 80 blessés, dont sept graves, selon différents bilans officiels. « Sept décès sont à déplorer », a indiqué le directeur régional de la santé de Rabat-Salé-Kenitra, Abdelmoula Boulamizat, cité par l’agence de presse MAP.
Le premier bilan provisoire, donné sur place par le directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), Mohamed Rabie Khalie, faisait état de six morts, dont le chef du train et l’assistant du conducteur, et de 86 blessés. Certains responsables évoquent une centaine de blessés, selon les informations recueillies par l’AFP. Sept blessés graves, dont un se trouve en réanimation et trois en soins intensifs, sont à l’hôpital militaire de Rabat, selon l’agence MAP.

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« Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’accident », a précisé un communiqué laconique diffusé par l’ONCF, sans aucun chiffre. La compagnie « apportera plus de précisions dès que possible » sur le déraillement de cette navette qui circulait entre Rabat et Kenitra, selon ce communiqué.
Un amas de métal enchevêtré
Des experts de l’ONCF sont sur les lieux pour étudier les causes de l’accident et rétablir le trafic dans les meilleurs délais, a ajouté le directeur général de l’ONCF. « Ce genre d’accident est très rare au Maroc, le dernier que nous avons connu remonte à 1993 et était beaucoup plus grave », a-t-il assuré. A l’époque, une collision avait fait au moins quinze morts et une centaine de blessés, selon un bilan officiel.
Des images spectaculaires de l’accident, survenu vers 10 heures GMT au niveau de la commune de Sidi Bouknadel, sur une ligne très fréquentée mais hors des heures de pointe, tournent sur les réseaux sociaux, très virulents contre l’ONCF.

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La locomotive et le wagon de tête ont apparemment percuté les piles d’un pont et plusieurs wagons se sont couchés sur le flanc, laissant un amas de métal enchevêtré, selon les journalistes de l’AFP sur place.
Des secours ont été dépêchés pour évacuer les victimes. Le roi Mohammed VI a décidé de prendre en charge les frais d’inhumation des victimes et les blessés ont été évacués vers l’hôpital militaire de Rabat sur instruction royale, a indiqué un communiqué du cabinet royal.

