<FILE-date="2018/10/16/19">

<article-nb="2018/10/16/19-1">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ ­Lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Ces ondes agiraient sur le cryptochrome, une protéine au cœur d’un mécanisme pouvant engendrer la production de toxines.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des chercheurs montrent que les champs magnétiques ont des effets sur les humains

­Lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Ces ondes agiraient sur le cryptochrome, une protéine au cœur d’un mécanisme pouvant engendrer la production de toxines.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    16.10.2018 à 18h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Attention, sujet glissant. Une équipe de Sorbonne Université démontre dans Plos Biology du 2 octobre que les champs magnétiques ont des effets biologiques, induisant la production de toxines. « Selon nos résultats, nous ne pouvons pas ignorer les réponses cellulaires à des champs magnétiques ­induits par les appareils électriques dans l’environnement, explique Margaret Ahmad, principale auteure avec Rachel Sherrad. Mais nous ne pouvons dire pour l’instant si ces ondes sont dangereuses pour les individus. »
En une phrase est résumée l’extrême sensibilité du sujet des risques des ondes en tout genre, ­lignes haute tension, téléphones portables, Wi-Fi… Fait rare, l’éditeur a ajouté une note d’avertissement et publié un autre article rappelant le contexte afin « d’encourager des interprétations prudentes ». On peut le comprendre.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) constate que « les conclusions de l’évaluation des risques publiées en 2013 ne mettent pas en évidence d’effets sanitaires avérés » des radiofréquences. Tout en notant que celles-ci sont classées comme « cancérogènes possibles » par le Centre international de recherche sur le cancer. Autre signe de la complexité du sujet, David Keays, chercheur à l’Institut de pathologie moléculaire du Biocentre de Vienne, coauteur de l’article complémentaire de Plos Biology, cite les résultats opposés de deux études sur les liens entre leucémies et proximité des lignes haute tension.
En outre, les deux articles de la revue dressent la liste des effets des champs magnétiques connus des médecins car utilisés en… thérapie. Ainsi des stimulations ­magnétiques transcrâniennes soignent la dépression résistante. La magnétothérapie, utilisant des champs mille fois plus faibles, sert pour calmer des douleurs, relaxer, soigner des fibromyalgies… même si des spécialistes qualifient...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-2">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Depuis l’éviction du frondeur Peter Gotzsche, cette organisation, qui évalue les médicaments, fait face aux vives critiques de certains de ses membres, sur fond  de soupçons de conflits d’intérêt.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cochrane, une institution ébranlée

Depuis l’éviction du frondeur Peter Gotzsche, cette organisation, qui évalue les médicaments, fait face aux vives critiques de certains de ses membres, sur fond  de soupçons de conflits d’intérêt.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h00
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
La Collaboration Cochrane s’enfonce dans une dangereuse discorde. Fondée en 1993 par un groupe de 80 chercheurs et médecins désireux d’échapper à l’influence de l’industrie et de promouvoir une « médecine fondée sur la preuve » (evidence-based medicine), la prestigieuse organisation est traversée par une crise sans précédent depuis que son conseil de gouvernance en a exclu, le 13 septembre, un professeur de médecine danois, Peter Gotzsche, connu pour ses positions très critiques vis-à-vis des entreprises pharmaceutiques. Son éviction avait entraîné la démission de quatre des treize membres du conseil de gouvernance, en ­signe de protestation contre le sort fait à ce membre fondateur de l’association, sanctionné officiellement pour des positions publiques personnelles radicales, qu’il n’aurait pas pris soin de ­distinguer de l’avis collégial de la Cochrane. M. Gotzsche, pour sa part, dénonce une « campagne de dénigrement » à son encontre et une « déliquescence morale » de la direction de l’organisation, qu’il accuse de vouloir mettre en place une stratégie de « marque ».
Inconnue du grand public, l’organisation a de fait acquis en un quart de siècle une importance cardinale pour les patients et les médecins. Cette organisation à but non lucratif forte de quelque 11 000 membres, généralement bénévoles, chercheurs ou praticiens, organise la publication de revues systématiques de la littérature scientifique, afin d’évaluer, avec indépendance et rigueur, les bénéfices et les risques de traitements médicamenteux ou d’interventions médicales. Les publications estampillées « Cochrane » jouissent, partout dans le monde, d’un haut niveau de ­reconnaissance. D’une manière ou d’une autre, les protocoles en vigueur pour le traitement d’un certain nombre de pathologies sont fortement influencés par les avis de la Cochrane.
Le délitement ou la décrédibilisation de l’organisation aurait ainsi des conséquences importantes. Celle-ci est fondée...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-3">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                

Médicaments antidouleurs : overdose sur ordonnance

Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 17h03
   





                        


Editorial du « Monde ». La première cause de mort par overdose en France n’a pas pour origine l’absorption de drogues illégales, mais celle de médicaments, prescrits au grand jour, par des médecins, dans le but de soulager la douleur de leurs patients. Avec plus de 500 décès chaque année, les traitements opiacés tuent davantage que l’héroïne et la méthadone réunies. Et encore, le chiffre, de l’aveu même des spécialistes, est significativement sous-évalué.
Le fléau est encore loin d’atteindre le stade pandémique des Etats-Unis. En 2017, plus de 48 000 patients ont succombé à une surdose d’antalgiques, un chiffre en constante augmentation. L’ampleur est telle que des études font un lien direct avec le recul de l’espérance de vie aux Etats-Unis, un phénomène inédit depuis la seconde guerre mondiale dans un pays développé.

        Lire aussi :
         

                L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France



Les recherches sur des dérivés de la morphine afin de diversifier ses modes d’administration et de réduire ses effets secondaires datent d’une trentaine d’années. Une poignée de laboratoires ont multiplié les brevets à partir d’une molécule qui a longtemps suscité la méfiance du corps médical et des patients car associée à la toxicomanie ou aux soins palliatifs. Mais aux Etats-Unis, un lobbying intensif, un matraquage marketing efficace et un cadre législatif déficient ont réussi à surmonter les réticences, contribuant à banaliser ces médicaments opiacés. Plusieurs centaines de milliers de morts plus tard, les procès contre les laboratoires se multiplient, tandis que les pouvoirs publics américains ont toutes les peines du monde à enrayer le phénomène.
Sensibiliser les médecins généralistes
Il faut se féliciter que la France soit restée, jusqu’à présent, relativement épargnée. La publicité pour un médicament y est beaucoup plus réglementée qu’aux Etats-Unis. Par ailleurs, les prescriptions sont plus encadrées. Les antalgiques les plus puissants sont ainsi classés comme stupéfiants. S’ajoutent enfin des réticences d’ordre culturel. La France a traditionnellement une approche des traitements antidouleurs plus restrictive que les pays anglo-saxons.
Toutefois, les Français ne sont pas immunisés contre les dérives liées au recours à ce type de médicaments. Depuis 2000, le nombre de morts par opiacés a augmenté de 172 %, les hospitalisations ont été multipliées par trois et, en moins de quinze ans, les ventes d’Oxycodone, l’un des principaux produits responsables de l’épidémie américaine, ont bondi de 1 950 %.

        Lire aussi :
         

                L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé



Même si les chiffres en valeur absolue restent contenus, cette évolution spectaculaire doit nous alerter. Les abus sur les médicaments psychotropes, comme les benzodiazépines, prescrits au long cours, alors qu’ils sont à l’origine d’effets délétères, montrent qu’il est extrêmement compliqué de lutter contre les mésusages, une fois que les prescriptions se sont généralisées.
Dans le cas des antalgiques, il est nécessaire de redoubler de vigilance. Cela passe d’abord par une meilleure information des patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent. Il faut aussi davantage sensibiliser les médecins généralistes. Avec le développement de la médecine ambulatoire, ceux-ci se retrouvent de plus en plus sous la pression de malades qui rentrent chez eux avec des prescriptions présentant des risques d’addiction. Cette prévention est d’autant plus nécessaire qu’il ne faudrait surtout pas tomber dans une diabolisation du traitement de la douleur, alors que l’arsenal thérapeutique reste relativement limité.

        Lire aussi :
         

                Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-4">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Le laboratoire produit l’OxyContin, un antidouleur fort qui peut induire des addictions. Nous l’avons interrogé sur la montée des overdoses liées au mésusage de cette classe de médicaments, observée aussi en France.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Opioïdes : quatre questions au laboratoire Mundipharma

Le laboratoire produit l’OxyContin, un antidouleur fort qui peut induire des addictions. Nous l’avons interrogé sur la montée des overdoses liées au mésusage de cette classe de médicaments, observée aussi en France.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h50
    |

            Nathaniel Herzberg (propos recueillis par)








                        



                                


                            
L’OxyContin, un opioïde fort produit par la société Mundipharma, a connu une progression de 1950 % depuis 2004. Alors que les antalgiques sont devenus la première cause d’overdoses mortelles en France, Agnès Gentils, directrice des affaires pharmaceutiques du laboratoire, répond à nos questions.
La crise des opioïdes est mondiale. Les médicaments antalgiques, et notamment les spécialités d’oxycodone, sont mis en cause. Que répondez-vous ?
Nous comprenons que la situation aux Etats-Unis soit considérée comme étant une crise liée aux opioïdes, mais nous sommes en revanche en désaccord sur le caractère mondial de cette crise. La situation en France est très différente de celle des Etats-Unis.
Lorsque les médicaments opioïdes sont utilisés de manière appropriée et qu’ils font l’objet d’un suivi adéquat, ils jouent un rôle important dans la prise en charge de certains types de douleurs. Les opioïdes forts ont été approuvés par les autorités de santé dans le traitement des douleurs sévères qui ne peuvent être suffisamment traitées que par des analgésiques opioïdes forts, en particulier dans les douleurs d’origine cancéreuse.

Cependant l’oxycodone, au même titre que tous les autres opioïdes, peut provoquer des effets indésirables et fait d’ailleurs l’objet de mises en garde spéciales listées dans le résumé des caractéristiques du produit. Par conséquent, nous avons toujours été vigilants sur la manière dont nous assurions la promotion de ces produits et sur l’information délivrée aux professionnels de santé afin qu’ils prescrivent ces produits de manière appropriée et conformément au bon usage.
En France, le bon usage des opioïdes est supporté par le système français qui encadre strictement la prescription, la délivrance et l’usage des opioïdes forts. La communication des laboratoires auprès des professionnels de santé est très réglementée et les sociétés savantes émettent des recommandations de bon usage suivies...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-5">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les défis militaires de l’intelligence artificielle

De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h24
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
Pour les armées modernes, « l’intelligence artificielle (IA) se présente comme la voie principale de la supériorité tactique » et elle est devenue « un enjeu de défense prioritaire pour les puissances militaires du XXIe siècle ». Dans une étude que publie l’Institut français des relations internationales (IFRI) sur cette nouvelle révolution, un ancien pilote de l’armée de l’air, Jean-Christophe Noël, évoque un « humanisme militaire » menacé.  Il n’est pas certain, selon lui, que les robots pourront toujours, en accord avec le « modèle de l’équipier fidèle », rester « étroitement associé(s) à un homme en charge d’un système d’armes comme un avion de chasse, un blindé ou un navire ».
Les applications militaires de l’IA deviennent accessibles et semblent sans limites. Elles sont rendues possibles par les gigantesques quantités de données (images, sons, etc.) désormais accumulées – un Rafale produit plusieurs téraoctets de données par heure de vol, et chacun des trois satellites d’observation français successeurs d’Helios 2 permettra de produire, à partir de 2019, cent fois plus d’informations que l’ensemble de ceux utilisés aujourd’hui par les armées. De plus, les algorithmes acquièrent la capacité nouvelle d’apprendre seuls selon les situations qu’ils rencontrent. Préparation au combat par la simulation, renseignement, ciblage, optimisation du soldat… La course a démarré.

« Hyperwar »
Le département de la défense américain a lancé près de 600 projets intégrant l’IA, un domaine où il vient d’annoncer 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) d’investissement dans les cinq prochaines années. « Une IA surnommée ALPHA, qui fit ses classes en affrontant des programmes informatiques de combats aériens de l’Air Force Research Lab, a systématiquement triomphé d’un pilote de chasse chevronné en octobre 2015 », rappelle l’expert de l’IFRI. Le pilote américain a témoigné : «...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-6">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ « Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sagesse posthume de Stephen Hawking

« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 06h58
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps » (Brief Answers to the Big Questions), de Stephen Hawking, traduit de l’anglais par Tania de Loewe, Odile Jacob, 240 p., 19,90 €.

Quand, au début des années 1960, Stephen Hawking (1942-2018) apprend qu’il souffre de la maladie de Charcot, la médecine lui annonce une mort dans les années qui suivent. Si elle avait eu raison, le Britannique n’aurait pu explorer le monde troublant des trous noirs, il n’aurait pas écrit sa Brève histoire du temps (Flammarion, 1989), il ne serait pas devenu le scientifique le plus célèbre depuis Albert Einstein.
Mais la mort a eu la courtoisie d’attendre et, même après son rendez-vous avec elle, le 14 mars, Stephen Hawking continue de parler dans un ouvrage posthume qui paraît en anglais mardi 16 octobre et en français le 17.
Aucune interrogation ne lui semble insurmontable
Disons-le d’emblée, Brèves réponses aux grandes questions est un recueil de dix textes que le chercheur avait tirés de ses archives et il n’échappe pas aux travers du genre – chapitres inégaux, répétitions… Mais là n’est pas l’essentiel ; les testaments sont rarement bien écrits.
Avec l’assurance presque insolente qui le caractérisait, Stephen Hawking apporte ses réponses aux grandes, aux immenses questions qui ont traversé son travail de chercheur et de vulgarisateur pendant un demi-siècle : Dieu existe-t-il ? Comment l’Univers a-t-il commencé ? Peut-on prévoir l’avenir ou voyager dans le temps ?

Chacune de ces interrogations est en soi un Everest, mais aucune ne semblait insurmontable à celui qui, prisonnier d’un corps de chiffon, envoyait son cerveau explorer les confins du cosmos. C’est à ces voyages par la pensée que Stephen Hawking convie d’abord ses lecteurs.
En montrant par exemple que le Big Bang marque le commencement du temps, il explique que ce dernier n’est pas l’inexorable absolu des pendules,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-7">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes

Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h27
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            
Comme tous les ans, en août, le chiffre officiel est tombé. Glaçant. En 2017, 72 000 personnes sont mortes d’une overdose aux Etats-Unis. Parmi elles, deux tiers ont succombé à une surdose d’opiacés naturels ou de ­synthèse. Un chiffre en hausse de près de 15 % par rapport à 2016, année record, ­selon les données des CDC (Centers for ­Disease Control and Prevention), qui ­inlassablement exposent les défaillances du système de santé américain.
Seule évolution encourageante de ce rapport : le nombre d’overdoses se tasse dans quelques Etats. Le Wyoming ­connaît une diminution de plus de 30 %, l’Utah une décrue de 12 %. Le Vermont, le Massachusetts, le Dakota du Nord et le Rhode Island ont observé des baisses de 1 % à 6 % des décès.

Particulièrement touchés par la crise, tous ces Etats ont, ces dernières années, pris des mesures pour la contrer : développement des centres de traitement de l’addiction (inexistants ou difficiles ­d’accès dans certaines parties du pays) et meilleure prise en charge des coûts liés à ces cures, information auprès des médecins pour limiter le nombre de prescriptions d’antidouleurs puissants, distribution de drogues de substitution, telles que la méthadone ou la buprénorphine, mise à disposition de l’antidote naloxone aux forces de l’ordre, aux pompiers, dans certains lieux publics… Menés sur plusieurs années, ces efforts ont donc permis une légère inversion de la tendance.
Mais le rapport des CDC est aussi porteur d’une sombre nouvelle : l’usage du fentanyl, une drogue de synthèse aux effets ­dévastateurs, qui fait l’objet de trafics dans les villes et les campagnes américaines, explose. Le nombre de morts suit, notamment au Nebraska (+ 38,6 %) et dans la plupart des Etats de la Côte est et du Midwest. Disponible, peu cher, produit en masse par des trafiquants venus de Chine et du Mexique, le fentanyl échappe aux radars des pouvoirs publics, contrairement aux comprimés antidouleur prescrits, massivement certes,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-8">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé

Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h27
    |

            Pascale Santi et 
Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Aux Etats-Unis, l’OxyContin a longtemps fait figure de traitement miracle. Lancé en 1995 à grand renfort de publicité, ce puissant antalgique opiacé présentait deux qualités, assurait son fabricant, le laboratoire Purdue : il soulageait la douleur en continu – d’où son nom – et ne présentait que peu d’effets ­secondaires. C’était avant l’épidémie d’overdoses d’opioïdes qui, ­depuis près de quinze ans, frappe les Etats-Unis avec une vigueur toujours croissante.

Aujourd’hui, le laboratoire ­concentre, plus qu’aucun autre, les foudres de l’administration américaine. Chaque mois ou presque une nouvelle plainte est déposée contre lui. En septembre, le ­Colorado a rejoint la vingtaine d’Etats et de grandes villes américaines qui poursuivent l’entreprise américaine pour avoir omis d’indiquer aux patients les risques ­d’addiction à ce médicament. En 2007, déjà, trois de ses responsables avaient plaidé coupable de désinformation devant une cour fédérale. L’entreprise dut régler 600 millions de dollars d’amendes et de dommages, un quasi-record dans ce type d’affaires. Des plaintes déposées par le Kentucky et la Virginie-Occidentale se sont soldées par des arrangements de 24 millions et 10 millions de dollars. Ce qui n’a pas empêché le laboratoire de poursuivre ses activités et d’attaquer les marchés mondiaux avec des méthodes marketing particulièrement agressives.
Une enquête est ainsi en cours en Italie. En mai 2017, dix-sept ­personnes, parmi lesquels des ­responsables de Mundipharma, la branche européenne de Purdue, mais aussi du laboratoire concurrent Grünenthal (qui commercialise le Tramadol) ont été interpellées. Depuis, 70 personnes ont été mises en examen dans cette ­affaire de corruption. La justice les soupçonne d’avoir monté un système d’influence afin de favoriser leur laboratoire dans les décisions de mise à disposition, par les autorités publiques, des antalgiques.
Technique du salami
Arrivé en France en 2000, Mundipharma...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-9">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’abus et la dépendance aux antidouleurs constituent l’une des pires crises sanitaires de l’histoire récente. Aux Etats-Unis, elle fait des ravages croissants depuis dix ans.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France

L’abus et la dépendance aux antidouleurs constituent l’une des pires crises sanitaires de l’histoire récente. Aux Etats-Unis, elle fait des ravages croissants depuis dix ans.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 12h26
    |

            Nathaniel Herzberg et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Elle n’avait jamais fumé, jamais pris la moindre drogue, « j’avais l’alcool un peu facile, quand même ». Pourtant, après six ans de hauts et de bas, d’arrêts et de rechutes, Lucie est formelle (le prénom a été changé) : « Je suis addict et je ne peux plus m’en sortir seule. »
Pour cette femme de 34 ans, la rencontre avec les médicaments opiacés a eu lieu il y a six ans, après une opération des yeux. « J’avais mal, l’ophtalmo m’a prescrit du Dafalgan codéiné, se souvient-elle. Tout de suite, j’ai accroché. La diminution de la douleur mais aussi un apaisement corporel, un bien-être. Mais j’ai arrêté à la fin du traitement. C’est quelques mois plus tard, lors d’une crise de névralgie que j’ai recommencé. »
Cette fois, l’ingénieure médicale ne se ­contente pas des prescriptions. « C’est devenu une béquille. Si j’avais mal quelque part, ou un coup de mou, ça me faisait du bien. D’abord de façon épisodique, puis régulière, puis tous les jours. En quelques mois, je suis devenue accro. Sans produit, j’étais en manque : des bouffées de chaleur, des douleurs musculaires, des pics de tension… Je ne supportais pas d’être comme une droguée, j’ai décidé d’arrêter. »
Peu à peu, elle diminue les doses et finit par se ­sevrer du produit. Mais lors d’un nouvel épisode de névralgie, elle consulte un ami rhumatologue. « Il m’a proposé du Tramadol. Je lui ai dit que j’avais été accro à la codéïne mais il m’a rassurée : ça n’a rien à voir. Et j’ai replongé. En pire. Le produit est beaucoup plus puissant. J’ai essayé plusieurs fois d’arrêter mais les crises de manque sont beaucoup plus violentes. J’en prends tous les jours, je prévois mes boîtes quand je pars en voyage. Le produit me fait de moins en moins d’effet. J’en prends de plus en plus. Je suis à la dose maximum quotidienne autorisée. Sauf que ça fait deux ans alors qu’on ne devrait pas dépasser une semaine. »
« J’ai peur de mourir »
Comment...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-10">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Une étude parue dans « Science » montre que les services d’analyse d’ADN grand public, utilisés pour des recherches généalogiques, présentent un risque majeur pour la vie privée.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

Aux Etats-Unis, les bases de données génétiques permettent d’identifier de nombreux anonymes

Une étude parue dans « Science » montre que les services d’analyse d’ADN grand public, utilisés pour des recherches généalogiques, présentent un risque majeur pour la vie privée.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 15h18
   





                        


Ils s’appellent 23andMe ou Ancestry, pour ne citer que les deux plus grands. Depuis quelques années, ces sociétés privées proposent aux Américains d’analyser leur ADN. Les clients envoient, par courrier, un prélèvement buccal, et reçoivent ensuite une analyse complète de leur génome, pour un coût d’environ 150 euros. Ces informations sont notamment prisées des personnes essayant de reconstruire leur arbre généalogique. De nombreux clients publient ensuite, de manière anonyme, ces données sur des bases de données publiques, comme GEDmatch, qui leur propose de trouver des liens génétiques avec d’autres personnes – là encore, un outil utile pour les généalogistes.
Mais une fois accumulées, les données génétiques, comme toutes les autres, attaquent le respect de l’anonymat de nombreux individus. Une étude publiée dans Science le 11 octobre, et analysée par le magazine Wired, montre qu’il y a, désormais, suffisamment de données génétiques disponibles dans GEDmatch pour permettre de mettre des noms, avec un taux de réussite important, sur des échantillons ADN de personnes qui n’ont, pourtant, jamais utilisé les services de 23andMe ou d’Ancestry.
Recherches en ligne et comparaisons
Selon les chercheurs, 60 % des Américains ayant des ancêtres européens peuvent ainsi être identifiés précisément à partir d’une méthode de recherche, même s’ils n’ont pas envoyé leur ADN. Le recoupement de diverses informations et la comparaison d’un échantillon d’ADN avec des bases de données ADN déjà existantes conduisent à pouvoir trouver l’identité précise de la personne, dont est issu l’échantillon. Ce genre de technique par déduction avait été utilisé pour identifier le tueur en série présumé dit « Golden State Killer », en 2017, en Californie.
Pour cela, la méthode de recherche déroulée par l’étude parue dans Science a lieu en deux étapes. Dans un premier temps, la comparaison de l’ADN d’une personne avec ceux présents dans les bases de données permet d’obtenir une liste de personnes qui font potentiellement partie de sa famille élargie, ou de ses ancêtres. Ensuite, des recherches en ligne classiques permettent d’éliminer des profils, en se basant sur le lieu ou la date de naissance de la personne qu’on cherche à identifier, ou encore sur la proximité génétique des profils, pour identifier de proches parents de la cible, et ainsi en déduire son identité.
La technique utilisée, démontrée par l’étude, se fonde sur des Américains ayant des ancêtres européens, car la très grande majorité des personnes ayant utilisé ces services sont blancs. De tels profils liés à des « ancêtres européens » ont permis aux chercheurs d’obtenir une masse critique de données facilitant l’analyse de leurs profils génétiques.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, des profils ADN très peu confidentiels






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-11">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Des médecins canadiens présentent le cas d’un homme découvert gisant au sol, hébété. Il avait voulu se suicider avec un pistolet à clous.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤ 
<article-nb="2018/10/16/19-12">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’impressionnante tortue Caouanne ne se reproduit jamais en France. Pourtant, 63 petits ont récemment vu le jour près de Montpellier.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Retour inattendu des bébés tortues sur une plage de l’Hérault

L’impressionnante tortue Caouanne ne se reproduit jamais en France. Pourtant, 63 petits ont récemment vu le jour près de Montpellier.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h39
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. L’heureux événement a eu lieu le 7 octobre, sur une plage de l’Hérault. Un couple de promeneurs a découvert sur le sable un bébé tortue. « Il y a vingt ans, ils n’auraient sans doute rien fait, mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, nous avons été instantanément prévenus, raconte Jean-Baptiste Sénégas, directeur du Centre d’études et de sauvegarde des tortues marines de Méditerranée (CESTMed), du Grau-du-Roi. Vingt minutes plus tard, nous étions sur place. »
Ce que l’équipe découvre ce matin-là est proprement exceptionnel. Il y a le petit, affaibli et incapable de gagner la mer. Mais, surtout, des dizaines d’œufs, qui, dans l’après-midi, vont éclore les uns après les autres. Entre 17 heures et 19 heures, pas moins de 58 petites tortues dévalent la plage et rejoignent la mer. « Nous avons pris en charge quatre autres “tortillons”, trop faibles. Trois d’entre eux ont passé une nuit au chaud au centre, puis nous les avons ­relâchés le lendemain, précise Jean-Baptiste Sénégas. Il en reste deux, encore en soin chez nous. Ils reprennent des forces. » Le naturaliste, lui, se remet lentement de ses émotions.
C’est que ces tortues ne sont pas n’importe qui. Des caouannes, de jolies bêtes qui affichent une centaine de kilos sur la balance une fois adultes et peuvent atteindre l’âge de 80 ans. Leurs naissances en France sont rarissimes. Deux pontes ont bien été repérées sur les plages de la Côte d’Azur depuis quinze ans par le Réseau des tortues marines de Méditerranée française, mais seuls quatre bébés, en tout, ont survécu. « Alors imaginez, 63 ! », commente le scientifique.
Une ponte tous les deux ans
Pourtant, la présence des caouannes en Méditerranée est une vieille histoire. Aussi vieille que la Méditerranée elle-même. L’espèce existe depuis 100 millions d’années, dit-on, soit plus que notre chère mer. Sauf que les caouannes ont leurs habitudes. Elles...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-13">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Dans l’espace, ceux qui arrivent après les explorateurs sont les commerçants »

Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    15.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h31
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Historien des sciences et théologien – il a longtemps été dominicain –, Jacques Arnould est l’expert éthique du Centre ­national d’études spatiales, un poste sans équivalent dans les autres agences spatiales mondiales. Selon ses propres mots, son travail consiste « à s’interroger sur le pourquoi et le comment des activités spatiales ». ­Jacques Arnould est aussi l’auteur de Oublier la Terre ? La conquête spatiale 2.0 (Le Pommier, 166 pages, 17 euros). Nous l’interrogeons sur le bouleversement en cours du secteur spatial alors que la NASA vient de souffler ses 60 bougies et que le monde célébrera en 2019 les 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune.
Pendant longtemps, l’espace a été la chasse gardée des Etats, mais vous expliquez dans votre livre que nous sommes en train de changer d’ère, de passer à « la conquête spatiale 2.0 » avec l’émergence rapide des acteurs privés du « NewSpace » – la société SpaceX d’Elon Musk, mais aussi Blue Origin de Jeff Bezos ou Virgin Galactic de Richard Branson…
Il faut commencer par dire que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Dès les origines du spatial, on a compté de nombreuses sociétés du privé, notamment aux Etats-Unis, qui essayaient de faire la même chose que les Etats et de construire leurs propres fusées.
Pendant longtemps, ces tentatives n’ont pas abouti mais ce n’est plus le cas depuis la fin des années 2000. Pourquoi ? Une des réponses est contenue dans le rapport sur la politique spatiale américaine que Barack Obama demande après son élection et que Norman Augustine rend en 2009. Une de ses recommandations est d’ouvrir les portes de la NASA aux entreprises privées et donc d’orienter des financements publics vers ceux que l’on va ­appeler les acteurs du NewSpace.
Une ère se termine – les Etats-Unis renoncent au programme Constellation de retour sur la Lune, leurs navettes spatiales cessent de voler deux ans plus tard –, une autre commence. Mais ce...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-14">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Nick Hague et Alexeï Ovtchinine devaient s’envoler pour une mission de six mois dans l’ISS, mais l’incident sur leur fusée « Soyouz » les a contraints à un atterrissage d’urgence.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
<article-nb="2018/10/16/19-15">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Au menu : la non-vaccination croissante des petits Américains, comment apprendre des chants aux oiseaux, nous pouvons reconnaître 5 000 visages, etc.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
<article-nb="2018/10/16/19-16">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le pape François avait, mercredi, comparé l’interruption volontaire de grossesse au recours à « un tueur à gages ».
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                

L’ordre des médecins dénonce la « violence » des propos du pape sur l’avortement

Le pape François avait, mercredi, comparé l’interruption volontaire de grossesse au recours à « un tueur à gages ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 05h25
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 07h37
   





                        



   


Le pape a « fortement ému la communauté médicale » en comparant avec « violence » l’avortement au recours « à un tueur à gages », s’est indigné l’ordre des médecins, dans un courrier au représentant du souverain pontife en France, Mgr Luigi Ventura, consulté vendredi 12 octobre par l’Agence France-Presse (AFP).
Le pape « a prononcé des mots très durs sur l’avortement, qui ont fortement ému la communauté médicale française que j’ai l’honneur et la responsabilité de représenter » écrit le président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), le docteur Patrick Bouet, dans une lettre datée du 11 octobre.
« Comment ne pas réagir à des termes d’une telle violence, alors que les professionnels de santé ont fait vocation d’écoute, d’aide et de soutien à leurs concitoyennes pour les accompagner dans des moments parfois difficiles de leur vie, et pour leur assurer un accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les meilleures conditions possibles si elles en expriment le souhait ? »
« Si je comprends que sa Sainteté, au nom de sa foi, souhaite défendre des principes importants pour l’Eglise qu’il dirige », le CNOM « ne peut accepter que l’anathème soit ainsi jeté sur l’ensemble du corps médical, qui s’en retrouve stigmatisé », écrit-il à l’adresse du nonce apostolique.
« Emotion et incompréhension »
L’ordre « ne peut non plus tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l’interruption volontaire de grossesse, soit niée », poursuit le médecin.
« Je perçois aujourd’hui, Monseigneur, l’émotion et l’incompréhension ressenties par les médecins et les femmes ainsi désignées, et souhaite vous les faire connaître en leur nom », précise-t-il.
Le pape François a comparé l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au recours à « un tueur à gages » mercredi lors de sa traditionnelle audience place Saint-Pierre, dans une homélie consacrée au commandement biblique « Tu ne tueras point ». « Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? », a-il demandé. « Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? », a-t-il poursuivi, en sortant de son texte prévu.
« Ce n’est pas juste de se débarrasser d’un être humain, même petit, pour résoudre un problème. C’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème », a insisté le pape argentin.

        Lire aussi :
         

                Le pape François compare l’avortement au recours à un « tueur à gages »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-17">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des scientifiques chinois ont supprimé les barrières naturelles qui empêchent deux mammifères de même sexe de se reproduire entre eux.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Des chercheurs chinois obtiennent des souriceaux à partir de parents de même sexe

Des scientifiques chinois ont supprimé les barrières naturelles qui empêchent deux mammifères de même sexe de se reproduire entre eux.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 11h11
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Des chercheurs, membres de l’Académie chinoise des sciences, ont annoncé avoir obtenu des souris en bonne santé à partir de deux souris femelles. Les rongeurs ont non seulement pu se développer, mais également donner à leur tour naissance à des souris en bonne santé. Zhi-Kun Li et ses collègues ont répété la procédure avec deux souris mâles, mais les souriceaux n’ont pas vécu plus de quarante-huit heures. Ces travaux montrent qu’il serait possible de surmonter les obstacles à la production d’un embryon de souris à partir de deux parents de même sexe au moyen de cellules souches et d’une édition ciblée du génome. Ils sont publiés, jeudi 11 octobre, en ligne dans la revue Cell Press.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à créer des souriceaux à partir du matériel génétique de deux souris femelles. En 2004, Tomohiro Kono (université d’agriculture de Tokyo) et ses collègues avaient été les premiers à le faire. Pour cela, ils avaient utilisé des ovocytes immatures ayant une mutation qui leur faisait perdre une région de leur génome, qui subit normalement ce que l’on appelle une empreinte parentale. Les souris nées par ce biais présentaient toutefois des anomalies, et la technique employée était loin d’être simple à utiliser.
Chez les animaux comme les mammifères héritant une moitié de leur génome de chacun des deux parents, la copie d’origine maternelle d’un gène, et celle d’origine paternelle, ne s’expriment pas de la même façon : l’une sera active alors que son homologue provenant de l’autre parent sera réduite au silence.
Condition nécessaire pour un développement viable de l’embryon sans anomalie, cette « empreinte parentale » résulte d’une modification chimique d’une partie de l’ADN, qui ne sert pas à coder la production d’une protéine, mais qui altère l’expression d’un gène : on parle de modification épigénétique. Chez la souris, cette modification consiste surtout en une méthylation de l’ADN. L’empreinte...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-18">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Le lanceur russe a subi une défaillance de son moteur après le décollage, hier, et est retombé au sol. Les deux spationautes sont indemnes.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                

Suspension des vols habités vers la Station spatiale internationale après l’échec d’une fusée « Soyouz »

Le lanceur russe a subi une défaillance de son moteur après le décollage, hier, et est retombé au sol. Les deux spationautes sont indemnes.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 08h07
   





                        



   


Le vice-premier ministre russe, chargé de la défense et de l’espace, Youri Boroussov, a annoncé, jeudi 11 octobre, la suspension des vols habités vers la Station spatiale internationale (ISS). Cette communication est intervenue peu après l’échec de la fusée Soyouz qui devait transporter l’Américain Nick Hague et le Russe Alexeï Ovtchinine vers l’ISS. Le lanceur a connu une défaillance de moteur après son envol de la base de Baïkonour, au Kazakhstan. L’incident semble s’être produit au niveau d’un des quatre boosters qui propulsent l’engin au moment du décollage.
Quelques heures après cet échec, Moscou a annoncé ouvrir une enquête pour en comprendre les raisons, et notamment vérifier s’il y a eu des violations des règles de sécurité. « Un groupe d’enquête a été formé et les responsables examinent actuellement le site de lancement, des documents sont saisis », a détaillé, dans un communiqué, le comité d’enquête, chargé des grandes affaires criminelles en Russie.

   


La capsule dans laquelle se trouvaient les deux hommes s’est retrouvée dans l’impossibilité d’atteindre l’orbite de l’ISS. Elle est donc retombée en mode dit « balistique » quelques minutes après le décollage et a touché terre à vingt kilomètres de la ville kazakhe de Jezkazgan, à 450 kilomètres de la base de Baïkonour.
« C’était un vol rapide ! »
Nick Hague et Alexeï Ovtchinine ont été récupérés indemnes par les secours. Les deux spationautes ont subi une décélération plus forte que lors d’une rentrée classique dans l’atmosphère. Malgré cela, Alexeï Ovtchinine, dont ce devait être le second séjour dans l’espace, a commenté la situation avec calme : « Problème de lanceurs, 2 minutes 45 secondes. Problème de lanceurs. C’était un vol rapide ! »

   


La suspension des vols habités devrait durer le temps qu’une enquête établisse la cause de l’incident. Le prochain changement d’équipage de l’ISS est programmé le 20 décembre. Trois personnes se trouvent actuellement à bord de la station : l’Américaine Serena Auñón-Chancellor, le Russe Sergueï Prokopiev et l’Allemand Alexander Gerst.
Ce dernier a publié sur Twitter une image du vol raté de la fusée Soyouz, prise depuis l’ISS, estimant que « les vols dans l’espace sont difficiles » mais qu’il faut « continuer à essayer pour le bien de l’humanité ».

Glad our friends are fine. Thanks to the rescue force of >1000 SAR professionals! Today showed again what an amazin… https://t.co/Ec81bnKvWD— Astro_Alex (@Alexander Gerst)


require(["twitter/widgets"]);

Grande fiabilité de « Soyouz »
La fusée Soyouz, dont de nombreuses versions se sont succédé depuis plus d’un demi-siècle, est réputée pour sa fiabilité, même si son tout premier vol, en 1967, s’était soldé par la mort du cosmonaute Vladimir Komarov, le premier homme à périr dans une mission spatiale.
C’est, depuis l’arrêt des navettes spatiales américaines, le seul lanceur capable de transporter des équipages vers l’ISS, la NASA ne disposant pas, à l’heure actuelle, d’une fusée habilitée à faire voyager des humains.
La seule autre défaillance en vol de Soyouz remonte à 1975, lorsque la séparation du premier et du deuxième étage ne s’était pas faite correctement, ce qui avait entraîné l’abandon automatique de la mission et le décrochage de la capsule habitée, laquelle était retombée dans les montagnes sibériennes. L’équipage avait là aussi pu être récupéré sain et sauf.
Le décollage avorté de ce jeudi survient alors qu’une enquête est en cours à la suite de la découverte d’un petit trou dans le module de descente russe actuellement amarré à l’ISS. La Russie a évoqué la possibilité d’un sabotage, une hypothèse qui a été pour le moment écartée par la NASA.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-19">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Les « transplantations domino », dans lesquelles un organe greffé est réimplanté sur un autre malade après la mort de son premier receveur, sont des opérations rares.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤ 
<article-nb="2018/10/16/19-20">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Une sélection de croquis du génie a servi d’inspiration aux 110 maquettes réalisées.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les inventions  de Vinci en trois dimensions

Une sélection de croquis du génie a servi d’inspiration aux 110 maquettes réalisées.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 10h09
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
L’exposition. Léonard de Vinci, artiste emblématique de la Renaissance, est crédité de multiples inventions, dont l’hélicoptère, le parachute ou la mitraillette. Mais quelle est la part du mythe dans cette légende, et de quoi Léonard de Vinci est-il vraiment l’inventeur ? Telle est la question à laquelle l’exposition « Da Vinci, les inventions d’un génie », qui se déroule à La Sucrière à Lyon jusqu’au 13 janvier  2019, ambitionne de répondre.
Soutenu par de puissants mécènes, Léonard de Vinci assimilait comme tout savant humaniste les connaissances de son époque. Il excellait tant en astronomie qu’en botanique, en anatomie, en génie militaire, ou ­encore en mathématiques. Son travail s’appuyait sur la prise de notes et sur des croquis réalisés dans des carnets, les codex, dont 25, totalisant des dizaines de milliers de pages, sont conservés dans différentes institutions à travers le monde, tels le British Museum, la bibliothèque ambrosienne de Milan et la ­Bibliothèque nationale d’Espagne.
Animation 3D
C’est à partir d’une sélection de ces croquis, rendus accessibles par leur numérisation, qu’a été conçue l’exposition. Ils ont servi d’inspiration aux maquettes de 110 inventions présentées dans l’exposition, dont on peut aussi visualiser l’animation 3D sur des écrans interactifs. Différentes thématiques y sont représentées afin d’illustrer les centres d’intérêt de Léonard de Vinci et de ses mécènes, dont le génie militaire, l’architecture, l’hydraulique ou les machines de mesure.
Le visiteur découvrira ainsi un surprenant char à lames équipé d’une roue horizontale munie de lames destinées à couper les jambes des ­attaquants. Autre illustration de l’ingéniosité de Léonard de Vinci dans l’art de la guerre, le repousse-échelle permettant de repousser ­depuis l’intérieur des forteresses les échelles par lesquelles affluent des assiégeants. En matière d’architecture, l’exposition illustre son intérêt pour les ponts et les escaliers,...




                        

                        

