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Cinéma : la « nouvelle vague » libanaise 
                  
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LE MONDE
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                  16.10.2018 à 15h28


Dans le sillage de réalisateurs reconnus comme Nadine Labaki pour « Capharnaüm », Prix du jury à Cannes, le cinéma d’auteur libanais renaît. Des talents le plus souvent contraints de s’exiler, pour trouver des financements et échapper à la censure.

               



                     
C’est un gigantesque et étrange objet qui, depuis plus de quarante ans, résiste à tous les outrages, la guerre comme la spéculation immobilière. À quelques pas du centre-ville, dans cet ancien point névralgique de Beyrouth devenu un patchwork plutôt fade de bâtiments rénovés, de boutiques de luxe rutilantes mais désertes et d’un centre commercial massif, la carcasse du Dôme se dresse avec arrogance et mélancolie.

Cette silhouette de baleine échouée aurait dû être un cinéma, la plus grande et la plus moderne salle du bassin méditerranéen, à l’image du septième art libanais qui affichait, au début des années 1970, une éclatante prospérité. Mélodrames populaires et comédies musicales en langue arabe remplissaient alors les salles, aux côtés des productions américaines et européennes, faisant du Liban le premier territoire du Moyen-Orient en termes de fréquentation cinématographique.
Des retournements politiques et économiques permanents
La guerre civile, en 1975, a interrompu le chantier du Dôme, devenant, au gré des combats, un refuge ou un bunker improvisé pour l’armée, les milices de tous bords et les casques bleus. Depuis, il a été question dix fois de démolir ce souvenir encombrant mais, grâce à la mobilisation d’associations et surtout par des retournements de situation économique ou politique dont le Liban est le théâtre permanent, ses flancs criblés d’impacts de balles continuent à narguer le nouveau Beyrouth d’acier et de verre.
À l’ombre de cette imposante métaphore des contradictions du pays, un cinéma libanais d’auteur a miraculeusement survécu. Longtemps, il a été porté par une poignée de cinéastes parmi lesquels Georges Nasser, dont le premier long-métrage, Vers l’inconnu ?, avait été sélectionné à Cannes en 1957.
Plus tard, quand le temps des hostilités a pris fin, d’autres sont apparus sur la scène internationale, comme Danielle Arbid, les inséparables Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Ziad...





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« The House That Jack Built » : portrait de l’artiste en psychopathe

Lars von Trier, fidèle à son style sombre, raconte l’histoire de Jack, un tueur en série, qui considère ses meurtres comme des œuvres d’art.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h04
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – chef d’œuvre
Il y a, dans le nouveau film de Lars von Trier, trois motifs dont on pourrait dire, non pas qu’ils brisent forcément des tabous (après tout, il n’y a pas de tabous objectifs, mais uniquement ceux que la société considère comme tels) mais qu’ils risquent de heurter une sensibilité commune et contemporaine : le statut des personnages féminins du film, tous victimes et « stupides », comme le soulignera un dialogue, susceptible de favoriser une accusation de misogynie, une scène de brutalité dont sont victimes des enfants, enfin, l’évocation du nazisme et de ses réalisations techniques et architecturales à des fins de démonstration.

Il serait vain et fallacieux pourtant de considérer ces audaces comme relevant du simple souci de provocation d’un artiste poussant le bouchon un peu loin, par jeu ou par inconscience. Car ce qui se dégage de ce qu’il faut davantage considérer comme un essai cinématographique que comme une comédie macabre ou un film d’horreur apocalyptique, c’est la volonté de passer en revue ce qui fonderait une définition du Mal et les conditions de sa représentation. Subséquemment, ainsi s’agit-il d’énoncer peut-être une réflexion sur le rôle et la place de toute morale dans une activité humaine particulière, celle de l’art. Il fallait sans doute, pour cela, un remède de choc, le refus de toute demi-mesure au profit d’une rhétorique abrupte volontiers dérangeante.

Le film s’engendre sous la forme d’un dialogue en voix off, une conversation entre un nommé Jack (éblouissant Matt Dillon) et un certain Verge (Bruno Ganz), en fait la résurrection du Virgile qui guida Dante à travers les cercles de l’enfer dans La Divine Comédie. Jack est un tueur en série commentant placidement ses meurtres, à la recherche d’un sens qu’il ne trouve peut-être pas et à quoi cherche à répondre son interlocuteur, image du questionnement sceptique et rationnel.

Construit en chapitres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Rencontre, à Copenhague, avec le cinéaste controversé alors que sort son dernier film, l’horrifique « The House That Jack Built ».
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Aureliano Tonet   Publié aujourd’hui à 03h30, mis à jour à 10h14   Lecture 7 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Le cinéaste Lars von Trier à Cannes, le 16 mai 2018. PHILIPPE QUAISSE / PASCO             L’architecte danois Bjarke ­Ingels, fameux pour tordre les dogmes de sa profession, expose au Kunsthal Charlottenborg, un musée d’art contemporain de ­Copenhague, sa collaboration avec son compatriote Lars von Trier, cinéaste non moins doué et roué.          Ensemble, ils ont bâti une maison à partir d’un matériau des plus macabres : une pile de cadavres – en réalité, des mannequins de silicone grimés. Avant d’être exposé, l’édifice a servi de décor pour The House That Jack Built, le nouveau film de von Trier, présenté hors compétition à Cannes. C’était le grand retour du réalisateur sur la Croisette sept ans après en avoir été tenu à l’écart en raison de propos lors d’une conférence de presse où il déclara notamment « comprendre Hitler ».           Lire la critique de « The House That Jack Built » : Portrait de l’artiste en psychopathe             En salle mercredi 17 octobre, The House That Jack Built raconte l’histoire d’un architecte médiocre, sexiste et néonazi qui, incapable de dessiner sa propre maison, finit par en construire une avec les dépouilles de ses victimes – l’homme est tueur en série à ses heures.           Lire aussi la critique parue lors du Festival de Cannes : « The House That Jack Built », le cauchemar meurtrier de Lars von Trier             Lars von Trier habite dans une maison autrement chaleureuse, au nord de Copenhague. Depuis sa naissance, il y a 62 ans, il n’a jamais quitté cette banlieue aisée et boisée. Mobilier clair, canapé épais, lumières douces ; un gâteau achève de nous souhaiter la bienvenue. Les Danois ont un ­adjectif – « hyggelig » – pour décrire ces intérieurs qui respirent le confort et le bien-être. « Ici, ce n’est pas très “hyggelig”, corrige le cinéaste. Ce n’est pas assez petit, et il n’y a pas de bougies. » Quid de ces chandelles, dans les recoins ? « Ah oui…, admet-il, rigolard. C’est la marque d’une présence féminine. Les femmes aiment les bougies ; moi pas. »          Terrain glissant          Un nounours, échappé des décors de Diretkor (2006), lorgne des livres de Stephen King et Somerset Maugham, posés sur la table basse : « Mon petit-fils joue avec… »                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Le braqueur multirécidiviste en cavale, arrêté le 3 octobre, avait affirmé s’être lui-même inspiré d’Hollywood pour ses braquages.
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Un film sur le braqueur Redoine Faïd en préparation aux Etats-Unis

Le braqueur multirécidiviste en cavale, arrêté le 3 octobre, avait affirmé s’être lui-même inspiré d’Hollywood pour ses braquages.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 22h44
   





                        



   


La vie du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd et ses évasions spectaculaires en France vont être prochainement adaptées au cinéma, selon les informations du magazine américain Variety, publié le 10 octobre. Des producteurs américains ont demandé au réalisateur français Pierre Morel, habitué des films d’action (Banlieue 13, Taken, Peppermint ), de prendre les commandes du projet.
« Ce thriller policier, dont le titre n’est pas encore connu, va retracer les authentiques tribulations et évasions du charismatique criminel Redoine Faïd », a annoncé la division « divertissement » du groupe Condé Nast (Vogue, Vanity Fair, GQ, etc.) qui va coproduire le fim avec Sentient Entertainment.
L’homme le plus recherché de France avait été condamné en avril à vingt-cinq ans de prison pour son rôle d’organisateur d’un braquage raté en 2010 au cours duquel une policière municipale avait été tuée.
Aidé par un commando armé qui avait pris en otage un pilote d’hélicoptère, Redoine Faïd s’était évadé de la prison de Réau, près de Paris, le 1er juillet. Sa fuite s’est achevée le 3 octobre à Creil, la ville où il a grandi et où il se cachait des policiers lancés à ses trousses.

        Lire aussi :
         

                Cavale de Redoine Faïd : trois complices présumés mis en examen et écroués



Braqueur cinéphile
L’intérêt des studios américains pour Redoine Faïd, qui vient d’être incarcéré dans le nord de la France après trois mois de cavale sous une burqa, tient de la mise en abyme : il a affirmé s’être lui-même inspiré d’Hollywood pour ses braquages et a comparé le stress ressenti avant les attaques de fourgon au trac des acteurs.

        Lire aussi :
         

                Redoine Faïd, la fuite en avant du braqueur cinéphile



Dans son livre autobiographique, Redoine Faïd, 46 ans, expliquait avoir visionné des dizaines de fois le film Heat, de Michael Mann, dans lequel un policier incarné par Al Pacino pourchasse sans relâche un braqueur que joue Robert De Niro.
« Vous avez été mon conseiller technique », avait-il même lancé en 2009, alors qu’il venait de sortir de prison, au réalisateur américain, interloqué, à la Cinémathèque de Paris. Il avait expliqué que le film lui avait servi de modèle pour sa série d’attaques de fourgon blindé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Pour Netflix, Paul Greengrass retrace le double attentat perpétré par le militant d’extrême droite Anders Behring Breivik.
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« 22 July » : ce 22 juillet 2011, en Norvège…

Pour Netflix, Paul Greengrass retrace le double attentat perpétré par le militant d’extrême droite Anders Behring Breivik.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h08
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Paul Greengrass, qui se plaît à répéter que l’une des grandes missions du cinéma est de divertir – ce à quoi il s’est appliqué avec La Mort dans la peau (2004) et La Vengeance dans la peau (2007) –, s’attache, tous les trois ou quatre ans, à en servir une autre, qu’il juge tout aussi nécessaire. Celle-là consiste à tendre un miroir au monde pour ouvrir les consciences. Bloody Sunday (en 2002, sur la tuerie en Irlande du Nord de 1972), Vol 93 (en 2006, autour du 11-Septembre 2001), Green Zone (en 2010, à propos de l’engagement américain en Irak), Capitaine Phillips (en 2013, sur la piraterie au large de la Somalie) témoignent de cette volonté. Tout comme 22 July, le dernier long-métrage du cinéaste britannique, présenté en septembre à la Mostra de Venise, à découvrir sur Netflix. Un film rude, soucieux des faits et de leur exactitude, qui retrace le double attentat perpétré par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège.
Ce jour-là, cet ultranationaliste d’extrême droite, âgé de 32 ans, fait exploser une bombe dans le quartier des ministères à Oslo, causant huit morts, puis se rend aussitôt après dans un camp d’été de jeunes militants travaillistes sur l’île d’Utoya où il tue soixante-neuf personnes. 22 July débute sur ces scènes de tueries auxquelles le cinéaste réserve un temps suffisant pour rendre insoutenable la fureur et le bain de sang qui en résulte ; mais un temps sans excès, dont une des vertus est de tenir l’insoutenable à bonne distance de la démonstration propagandiste.
Le procès comme fil rouge
Car la tragédie qu’il rapporte n’est ni le dessein ni la fin du film. Elle en est le début, l’ancrage pour mener une réflexion, interroger la montée des extrémismes nationalistes à laquelle ont à faire face, aujourd’hui, les démocraties. Et saisir la façon dont un pays, la Norvège, a su réagir à la menace. 22 July s’attelle à cette tâche à travers l’histoire d’une famille meurtrie par les attentats (et ayant existé), dont l’un des fils est revenu gravement blessé. Mais aussi à travers le long procès ­d’Anders Behring Breivik, d’abord diagnostiqué schizophrène par deux psychiatres mandatés avant d’être jugé pénalement responsable par une contre-expertise, obtenue sous la pression de l’opinion publique.
La tragédie est l’ancrage pour interroger la montée des extrémismes nationalistes à laquelle ont à faire face les démocraties
C’est avant tout ce procès qui détermine le ton du film, définit sa forme et conduit au discernement d’une problématique sur laquelle le cinéaste se garde bien de porter un jugement. Didactique dans le soin qu’il apporte à la justesse des faits, et dans l’équilibre qu’il entretient entre l’émotionnel et le rationnel, Paul Greengrass fournit les clés pour savoir précisément ce qui s’est passé. Il s’est appuyé sur le livre de la journaliste norvégienne Asne Seierstad, One of Us : The Story of an Attack in Norway – and Its Aftermath (Virago, 2016, non traduit), et sur la parole de victimes rencontrées par l’intermédiaire d’une association de soutien aux familles.
Il rend compte de tout cela avec une extrême rigueur, à travers une direction d’acteurs juste et une mise en scène qui tient la barre droite. Le cinéma y trouve la voie de son engagement. Autant que Paul Greengrass, le moyen d’interroger les démocraties sur les arguments qu’il est désormais urgent, pour elles, de trouver, pour combattre les courants nationalistes.

Film américain de Paul Greengrass. Avec Anders Danielsen Lie, Jonas Strand Gravli, Jon Oigarden (2 h 23). Sur Netflix.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
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Guillaume Canet : « Sans Jean Rochefort, je n’aurais pas eu autant de chance »

Je ne serais pas arrivé là si… Cette semaine, l’acteur et réalisateur revient sur  sa rencontre « essentielle » avec le comédien disparu en octobre 2017.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 12h11
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            
Acteur, scénariste et réalisateur, distingué par un César en 2007 pour son film Ne le dis à personne, Guillaume Canet fait partie de la troupe de comédiens rassemblée par Gilles Lellouche dans Le Grand Bain, sur les écrans le 24 octobre. En mars 2019, il sortira la suite de sa comédie Les Petits Mouchoirs, qui, il y a huit ans, avait réuni plus de 5 millions de spectateurs.
Je ne serais pas arrivé là si…
S’il n’y avait pas eu ce choc émotionnel : un accident avec ma première jument, à 14 ans. J’étais en concours dans un centre équestre de La Baule (Loire-Atlantique) pendant que mes parents se baladaient sur la Côte sauvage. Dans la journée, sur la plage, ma jument est partie au triple galop, je ne pouvais plus l’arrêter. Elle s’est pris les pieds dans un trou de sable. On est tombés tous les deux. Dans la nuit, elle a fait une hémorragie interne. Il a fallu que je prenne, seul, la décision de l’euthanasier – il n’y avait pas de portable à l’époque pour appeler mes parents. C’est sans doute à cause de ce choc qu’à 18 ans, quand j’ai eu un autre accident, dans un concours international, j’ai décidé d’arrêter.
Comment s’est produite la seconde chute ?
Le cheval est parti une foulée trop tôt, il a atterri à l’intérieur de l’obstacle, je suis tombé, il est tombé sur moi et m’a marché dessus en se relevant. J’ai eu tout le côté droit cassé, main, poignet, épaule, pied, genou… Ça a déclenché une vraie remise en question. Le rêve s’effondrait. Je prenais conscience que je n’avais pas le niveau. Qu’à mon âge, il fallait des chevaux capables de concourir dans des épreuves plus grosses, et que mes parents n’avaient pas forcément les moyens… Et puis, j’en avais marre de cette vie-là. De nettoyer les box tous les matins à 5 heures avant de prendre le car pour l’école. J’arrivais, je sentais le fumier… Je commençais à penser aux filles, à la comédie, à Paris. J’ai choisi de faire ce qui me...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le 13 octobre 2017, la journaliste Sandra Muller avait lancé ce hashtag sur Twitter en dénonçant le comportement de l’ancien directeur général d’Equidia.
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Un an après #balancetonporc, le premier homme mis en cause, Eric Brion, dément toujours tout harcèlement

Le 13 octobre 2017, la journaliste Sandra Muller avait lancé ce hashtag sur Twitter en dénonçant le comportement de l’ancien directeur général d’Equidia.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 14h34
   





                        


Il y a presque un an jour pour jour, la journaliste Sandra Muller lançait en France le hashtag #balancetonporc. Le 13 octobre 2017, alors que l’affaire Weinstein – du nom du producteur américain accusé par une centaine de femmes d’agressions sexuelles – émergeait depuis quelques jours aux Etats-Unis, Sandra Muller décidait de dénoncer elle aussi l’ambiance malsaine du monde du cinéma, de la télévision et des médias en France.

" Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit" Eric Brion ex patron de Équidia #balancetonporc— LettreAudio (@Sandra Muller)


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Première cible de ce hashtag largement repris depuis, Eric Brion, l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia, a tenté de se défendre sur Europe 1, vendredi 12 octobre.
« J’aurais pu nier les faits. (…) J’ai choisi de reconnaître que j’avais tenu certains des propos qu’elle met dans ma bouche », assure, d’emblée, Eric Brion. Comme il l’avait déjà affirmé dans une tribune au Monde en décembre 2017, il reconnaît, « pas très fier », avoir prononcé la phrase « T’as de gros seins, tu es mon type de femme » à Sandra Muller lors d’« une soirée arrosée » en 2012. « Je lui ai dit sur un ton ironique, après qu’elle m’a dit “stop” : “Dommage je t’aurais fait jouir toute la nuit.” (…) Mais il faut remettre le contexte, il faut remettre l’ironie, sur un tweet, on ne voit pas le ton avec lequel on l’a dit », poursuit-il encore.

        Lire la tribune :
         

          La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé



« Ce n’est pas du harcèlement, j’ai été lourdingue »
S’il dit regretter son comportement de l’époque, l’ancien DG de la chaîne de courses hippiques se défend de toute situation de harcèlement :
« Je ne considère pas l’avoir harcelée. Harceler, c’est la répétition. J’ai été lourd, couillon, j’ai mal agi, je me suis excusé le lendemain, je me suis de nouveau excusé publiquement. Ce n’est pas du harcèlement, j’ai été lourdingue. »
Celui qui a attaqué en janvier la journaliste en diffamation, explique avoir mis du temps avant de déposer plainte « parce qu’au début ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on est sidéré, on est littéralement broyé ». Invité à livrer ses états d’âme au micro de Nikos Aliagas, le consultant regrette que « tout [ait] changé dans [sa] vie ». « Aujourd’hui, je n’ai pas de travail, j’en cherchais à l’époque, tout le monde m’a tourné le dos dans le monde professionnel », poursuit-il.

"Suite à #BalanceTonPorc, tout le monde m'a tourné le dos dans le monde professionnel. Des amis sont partis. J'ai p… https://t.co/aNBPmgQbh5— Europe1 (@Europe 1 📻)


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« Je fais le procès parce que, d’abord, je n’ai pas fait de harcèlement sexuel à caractère professionnel, répète-il. Et je le fais aussi pour mes filles, mes petits-enfants, arrière-petits-enfants. Quand ils taperont mon nom sur Google, ils ne verront pas harceleur. Ils verront qu’Eric Brion a été blanchi, je l’espère. »
Sandra Muller avait été désignée « briseuse de silence » par le magazine Time, qui avait consacré sa couverture des « personnalités de l’année » 2017, aux femmes à l’origine du mouvement #metoo et des révélations de violences sexuelles, notamment dans le milieu du cinéma. Elle doit prochainement sortir un livre sur les origines de #balancetonporc.

        Lire aussi :
         

                Comment l’affaire du hashtag #balancetonporc est née







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Crédits d’impôt et aides territoriales ont permis de relocaliser des productions de films. Mais pas encore assez souvent l’enregistrement de leur musique. Il est vrai que la France manque de studios adaptés. Le 17 octobre, l’Orchestre national d’Ile-de-France inaugure le sien.
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Cinéma : comment la France tente de relocaliser l’enregistrement des musiques de film

Crédits d’impôt et aides territoriales ont permis de relocaliser des productions de films. Mais pas encore assez souvent l’enregistrement de leur musique. Il est vrai que la France manque de studios adaptés. Le 17 octobre, l’Orchestre national d’Ile-de-France inaugure le sien.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h48
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Ce matin de septembre, sans baguette, d’un geste des bras ample et sûr, le compositeur Mathieu Lamboley dirige la musique qu’il a écrite pour le deuxième volet du dessin animé Minuscule : les mandibules du bout du monde, dont la sortie sur les écrans est prévue en janvier 2019. Il a devant les yeux sa partition d’orchestre et, juste au-dessus, un écran qui diffuse le long-métrage de Thomas Szabo et Hélène Giraud. Les 85 musiciens (sur 95) de l’Orchestre national d’Ile-de-France (Ondif) réunis à Alfortville (Val-de-Marne), peu rompus à l’exercice, restent concentrés. Il s’agit d’enregistrer en quatre jours soixante minutes de musique écrite et retravaillée depuis avril. Autant dire que ça ne traîne pas.
« Une mante religieuse qui danse la salsa », annonce le chef d’orchestre aux musiciens qui portent un petit casque sur les oreilles. Ils découvrent la partition, puisque l’enregistrement d’une musique de film n’est jamais précédé de séances de répétition. Là, chaque prise peut être recommencée trois fois. Rarement plus. Le seul mini-incident du « service » de la matinée concerne les bassons, qui n’avaient pas reçu à temps une page de la partition. « Sol, si bémol, sol, la bémol à la mesure huit », explique Mathieu Lamboley. Et c’est reparti.
L’Ondif inaugure officiellement le 17 octobre son studio consacré aux musiques de films. Sobrement baptisé Le Studio, il est parrainé par Gabriel Yared – qui a reçu un oscar pour la musique du Patient anglais d’Anthony Minghella, et a signé celle de Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard ou encore celles des derniers longs-métrages de Xavier Dolan.
Le dispositif technique permettant d’utiliser l’orchestre au grand complet a nécessité 1,2 million d’euros d’investissement, explique Alexis Labat, administrateur de l’Ondif. Une cabine son perfectionnée surplombe deux salles équipées d’une forêt de micros. Ce studio a été testé, en juin, par Alexis Maingaud,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Les acteurs d’Hollywood et de la Silicon Valley entendent lancer leur propre service de vidéo à la demande.
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Face à Netflix, les concurrents AT&T, Disney, ou Apple échafaudent des stratégies de riposte

Les acteurs d’Hollywood et de la Silicon Valley entendent lancer leur propre service de vidéo à la demande.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h07
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
Peut-on encore rattraper Netflix et ses 130 millions d’abonnés dans le monde ? Certains concurrents en sont convaincus et n’ont pas renoncé à se faire une place sur le marché, en pleine croissance, de la vidéo à la demande par abonnement. L’opérateur américain AT&T vient ainsi d’annoncer, pour fin 2019, le lancement de son propre service, qui s’appuiera sur les actifs acquis par le rachat de Time Warner : les séries de HBO comme le fleuron Game of Thrones, la chaîne CNN, les films et séries de Warner ou DC Comics comme les sagas « Harry Potter », « Batman » et « Wonder Woman », la sitcom Friends et de nombreux classiques du cinéma.
Leader historique de la série d’auteur avec Les Sopranos, The Wire ou Sex and the City, HBO avait déjà lancé un service en ligne, HBO Go. Mais le rachat de sa maison mère, Time Warner, par l’opérateur téléphonique et Internet AT&T l’oblige à changer d’échelle. Il va falloir produire plus de contenus et viser davantage le grand public, a prévenu John Stankey, le PDG de WarnerMedia, la division contenus de l’opérateur, lors d’un discours interne, avant l’été.

Il ne serait toutefois pas question d’altérer le style ou la qualité des productions de HBO, qui sera le « navire amiral » de la future offre. Mais ce dernier sera entouré des autres contenus détenus par AT&T. L’ensemble proposé doit être « compétitif » avec le service de Netflix, a estimé M. Stankey lors d’une conférence organisée par le magazine Vanity Fair, mercredi 10 octobre : AT&T va donc investir davantage pour se rapprocher de l’énorme niveau de dépenses de Netflix, estimé à 8 milliards de dollars annuels (6,9 milliards d’euros), contre environ 2,5 milliards pour HBO. S’abonner à l’ensemble du bouquet de contenus d’AT & T devrait coûter plus cher que souscrire à Netflix (environ 10 dollars par mois).
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La stratégie d’AT & T rejoint celle de Disney : après le rachat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Comment filmer le sexe au cinéma ? Les réalisateurs Serge Bozon, Claire Denis et Abdellatif Kechiche en ont débattu au Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Si la comédienne de 29 ans est aujourd’hui une des plus demandées du cinéma français, elle ne cède rien au star-système. Et s’essaie à faire rire intelligemment avec « En Liberté ! » de Pierre Salvadori.
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Adèle Haenel, le jeu sacré 
                  
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LE MONDE
 |
                  12.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 19h17


Si la comédienne de 29 ans est aujourd’hui une des plus demandées du cinéma français, elle ne cède rien au star-système. Et s’essaie à faire rire intelligemment avec « En Liberté ! » de Pierre Salvadori.

Par                             Pascale Nivelle





                     
Quand ça tempête un peu trop sous ses mèches blondes, Adèle Haenel fait des maths. Des équations du second degré, des différentielles à plusieurs inconnues pour dériver le flot de ses pensées. A d’autres moments, l’actrice de 29 ans lit le maître taoïste Laozi. Adèle Haenel peut aussi partir incognito s’occuper de chevaux dans une ferme en Allemagne ou se glisser dans le public d’un stand-up de son humoriste préférée, Blanche Gardin.
Mais aucun de ces « retours à la vie », comme elle dit, ne parvient à l’apaiser tout à fait. Elle est « en fusion », dit la réalisatrice Céline Sciamma, qui l’a dirigée et a partagé sa vie. « Adèle me fait penser à une casserole d’eau qui saute sur le feu », s’amuse Pierre Salvadori, qui l’a choisie pour En Liberté !*, parodie de film noir, mélancolique et drôle.

Pour jouer Yvonne, lieutenant de police limite rigide et veuve d’un flic ripou, il cherchait une perle rare. Mental supérieur, physique de compétition sur le plan musculaire et esthétique, et caractère dead pan (pince-sans-rire).
La Madeleine des Combattants, de Thomas Cailley, cette jeune femme obsédée par l’armée et la survie en cas de fin du monde, l’a inspirée. En 2014, cette histoire romantique décalée a révélé la face espiègle d’Adèle Haenel, mélange implosif de femme fatale et d’ado brutasse. « Quand je l’ai choisie, tout le monde m’a dit que j’allais me planter, qu’elle n’avait rien de drôle. Mais, moi, elle me fait mourir de rire, se souvient Thomas Cailley. La première fois que je l’ai vue, je n’ai rien compris à ce qu’elle disait. »
C’était un premier long-métrage et l’actrice a joué comme si sa vie en dépendait. Pendant le tournage, boxe, nage de combat, centaines de kilomètres à vélo, elle musclait son mètre quatre-vingt : « J’ai dû lui dire de se calmer sur l’entraînement », dit Thomas Cailley.
Esprit de troupe et quête de joie
Actrice unique...





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Adèle Haenel, le jeu sacré
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Adèle Haenel, le jeu sacré
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/10/2018
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Affaire Weinstein : un juge new-yorkais annule un des chefs d’accusation

Le témoignage de l’une des premières accusatrices de l’ancien producteur de cinéma est remis en cause. La défense demande toujours l’abandon de l’ensemble des charges.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 19h20
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 06h37
   





                        



   


Un juge new-yorkais a annulé, jeudi 11 octobre, l’un des six chefs d’accusation qui pesaient sur le producteur américain de cinéma Harvey Weinstein, une victoire pour ses avocats, qui réclament l’annulation de l’ensemble des charges.
Avant la décision du magistrat, le ministère public ne s’était pas opposé à l’annulation de ce chef d’accusation pour agression sexuelle, à la suite de l’affaiblissement du témoignage de Lucia Evans, l’une des premières femmes à avoir accusé Harvey Weinstein, qui avait porté plainte contre lui pour fellation forcée, des faits qui se seraient produits en 2004.
L’avocat de l’ancien magnat de Hollywood, Benjamin Brafman, a fait savoir qu’un document versé au dossier contredisait la version de Lucia Evans. Selon plusieurs médias américains, cette dernière aurait raconté avoir effectivement fait une fellation à Harvey Weinstein, mais de son plein gré, pour obtenir un rôle.
« C’est un développement très important », a commenté après l’audience M. Brafman, qui a laissé entendre que le ministère public devrait poursuivre Lucia Evans pour parjure.

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          Harvey Weinstein face à la justice, le point sur les affaires



« Il ne s’agit pas de stigmatiser les victimes »
En mai de cette année, après plusieurs mois d’enquête, la justice new-yorkaise avait inculpé Harvey Weinstein de viol au premier degré (avec usage de la force) et au troisième degré (sur personne incapable de donner son consentement), ainsi que « d’actes sexuels forcés » sur deux femmes. En juillet, l’ex-producteur a de nouveau été inculpé à New York, cette fois d’« acte sexuel criminel » et d’« agression » sur une femme à laquelle il aurait imposé une « pratique sexuelle orale » en 2006.
La défense cherche à faire annuler toute la procédure new-yorkaise menée par le procureur Cyrus Vance et elle a déposé, début août, un recours en ce sens, produisant des éléments visant à discréditer une femme se disant victimes d’Harvey Weinstein.
« Il ne s’agit pas de stigmatiser les victimes », a prévenu M. Brafman, ou de « suggérer qu’une femme qui témoigne ne devrait pas être crue ». « Il s’agit de la preuve qu’une personne qui a témoigné a menti devant un grand jury », a-t-il ajouté, en référence au jury qui a statué sur la validité des chefs d’accusation.
Multiplication des procédures
Harvey Weinstein a reconnu plusieurs relations avec des femmes qui l’accusent aujourd’hui, notamment la principale victime présumée du dossier pénal, mais il a toujours soutenu que ces rapports étaient consentis.
Depuis que le scandale sur les abus sexuels présumés du producteur a éclaté en octobre 2017, près d’une centaine de femmes – dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Salma Hayek – ont affirmé avoir été ses victimes.
En août, un juge fédéral de New York a déclaré recevable une nouvelle plainte pour « trafic sexuel », déposée cette fois par l’actrice britannique Kadian Noble. Deux autres enquêtes sont en cours à New York, tandis qu’en Californie, le procureur de Los Angeles enquête sur six plaintes, et que seize autres ont été enregistrées par la police de Londres. Sans compter plusieurs procédures engagées au civil.




                            


                        

                        


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« Private Life » : deux quadragénaires new-yorkais en quête de reproduction

Dans un long-métrage distribué sur Netflix, Tamara Jenkins met en scène le combat d’un couple pour avoir un enfant.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 15h09
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Tamara Jenkins a réalisé trois longs-métrages en vingt ans. Le premier, Les Taudis de Beverly Hills (1998) mettait en scène son adolescence. Le suivant, La Famille Savage (2007) faisait de Philip Seymour Hoffman et Laura Linney un frère et une sœur aspirés par l’interminable agonie de leur père, frappé de démence sénile.
La cinéaste ne s’aventure pas très loin du quotidien et pourtant, on avait pu constater, en deux films seulement, son irréductible singularité, qui se résume en un mot : assurance. La conduite du récit, la direction d’acteurs (non seulement elle choisit les meilleurs, mais elle en tire encore le meilleur) et la mise en scène semblent procéder d’une telle maîtrise que l’on pourrait croire que Tamara Jenkins passe sa vie sur les plateaux, dans les salles de montage.
Après le passage à l’âge adulte et le deuil, il est ici question de la perpétuation de l’espèce
Présenté aux festivals de Sundance et de New York cette année, Private Life étend avec la même modestie apparente, la même virtuosité évidente, le domaine de la cinéaste. Après le passage à l’âge adulte et le deuil, il est ici question de la perpétuation de l’espèce. Rachel Biegler (Kathryn Hahn) et Richard Grimes (Paul Giamatti) ont passé la quarantaine presque sans s’en apercevoir (c’est ce qu’ils prétendent en tout cas), occupant le même appartement de l’un des derniers quartiers populaires de Manhattan (Alphabet City), poursuivant les mêmes rêves de notoriété théâtrale (pour lui) ou littéraire (pour elle) que lorsqu’ils se sont rencontrés. Quand ils se sont aperçus qu’ils n’avaient pas fait d’enfant alors qu’ils en désiraient un, leurs corps se sont révélés mauvais camarades.
Au moment où le film commence, Rachel et Richard mènent de front deux procédures, une FIV, une adoption. Dans cette entreprise qui semble consumer toutes leurs énergies, ils recrutent bientôt la nièce par alliance de Richard, Sadie (Kayli Carter), étudiante qui vient de renoncer à poursuivre son cursus dans une prestigieuse université, à qui ils demandent l’aumône de quelques ovules.
Des acteurs maîtres de leur art
Tamara Jenkins, auteure du scénario, a beau être d’une précision plus chirurgicale que documentaire dans sa peinture des tribulations médicales de Rachel – des sautes d’humeur provoquées par le traitement hormonal aux effets cutanés des injections à répétition –, le réalisme de Private Life n’est que l’un des instruments d’un arrangement cinématographique d’une grande richesse.
Les premiers pupitres sont tenus par les acteurs. On croyait tout savoir de Paul Giamatti, de son petit sourire gêné, de son humour passif-agressif. Tout est là avec en plus une rage rentrée qui transparaît juste assez pour faire monter la tension. Kathryn Hahn, second rôle au cinéma, prodigieuse en artiste autodestructrice dans la série I Love Dick (sur Amazon), met à nu toutes les strates de la psyché de son personnage, terreur et colère, générosité et agressivité, sans jamais remettre en cause l’intégrité de son personnage. Entre ces deux maîtres de leur art qui expriment aussi le lien très fort unissant Rachel et Richard, le film ménage un espace pour le personnage et l’interprète de Sadie, la jeune étudiante à la dérive qui croit trouver une raison d’être dans son rôle de donneuse de gamètes. Kayli Carter en fait une jeune femme parfois inconsciente, souvent très lucide.
Parce qu’ils ne sont jamais moqués, Richard et Rachel peuvent aussi être vus comme des belligérants dans la guerre des sexes
Filmé dans une palette de couleurs froides, avec de longues focales qui isolent les êtres (mais le procédé n’est pas systématique – de temps en temps, la caméra embrasse le couple, le trio, et l’on se prend à rêver, avec les personnages, à ce qui pourrait être –, Private Life révèle d’autres dimensions que l’observation exacte – et souvent comique – d’une situation ordinaire. Parce qu’ils ne sont jamais moqués, que l’histoire et la mise en scène leur laissent toujours une chance, Richard et Rachel peuvent aussi être vus comme des belligérants dans la guerre des sexes.
Tout comme on devine les efforts de Richard pour faire face à la redistribution du pouvoir, Tamara Jenkins suggère que les nouveaux modes de procréation ne sont pas forcément incompatibles avec la perpétuation du patriarcat. Cette dimension politique n’est qu’un contre-chant mineur. L’important est ailleurs, dans l’histoire d’amour ultramoderne de ce couple qui se mue en PME de la reproduction.

Film américain de Tamara Jenkins disponible uniquement sur Netflix. Avec Kathryn Hahn, Paul Giamatti, Kayli Carter, Molly Shannon, John Carroll Lynch (2 h 03).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le magnat de l’immobilier, Charles Cohen, s’est taillé une place de choix dans le septième art. Il présentera sa dernière production au festival Lumière de Lyon, du 13 au 21 octobre : un documentaire sur Buster Keaton ainsi que sept films du maître du muet restaurés en version 4K.
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L’autre frère Cohen du cinéma


                      Le magnat de l’immobilier, Charles Cohen, s’est taillé une place de choix dans le septième art. Il présentera sa dernière production au festival Lumière de Lyon, du 13 au 21 octobre : un documentaire sur Buster Keaton ainsi que sept films du maître du muet restaurés en version 4K.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 10h28
    |

                            Clémentine Goldszal








   


Dans le cortège de professionnels du septième art qui se pressera du 13 au 21 octobre au festival Lumière de Lyon, ils sont de plus en plus nombreux désormais à connaître le nom de Charles Cohen. En une petite décennie, ce magnat de l’immobilier new-yorkais, âgé de 66 ans et à la tête d’une fortune évaluée à plus de 3 milliards de dollars par le magazine Forbes, s’est taillé une place de choix dans l’univers du cinéma d’auteur. Cette année, il présentera à Lyon sa dernière production, The Great Buster : A Celebration, un documentaire de Peter Bogdanovich sur Buster Keaton, ainsi que sept films du maître du cinéma muet restaurés en version 4K. Cohen est l’heureux propriétaire de tous les films de Keaton (sauf un). Ils font partie d’un catalogue de 700 titres (500 longs et 200 courts-métrages s’échelonnant de 1917 à 1972), rachetés à une société anglaise en banqueroute en 2011. Parmi eux, une multitude d’autres classiques signés, entre autres, Douglas Fairbanks ou D.W. Griffith.
En 2015, sa société, Cohen Media Group, distribuait en Amérique du Nord « Mustang », premier film de Deniz Gamze Ergüven, nommé aux Oscars.
Mais plus qu’un collectionneur obsessionnel, qui acquerrait les copies originales d’Hitchcock comme d’autres des Gauguin, Cohen investit tous azimuts dans le septième art. En 2015, sa société, Cohen Media Group, distribuait en Amérique du Nord Mustang, premier film de Deniz Gamze Ergüven, nommé aux Oscars. En 2016, il remporte une statuette grâce au Client, d’Asghar Farhadi, dans la catégorie meilleur film étranger. L’année suivante, il coproduit le documentaire Visages, Villages, d’Agnès Varda et JR, et L’Insulte, du Libanais Ziad Doueiri (tous deux nommés aux Oscars), et met des billes dans le Rodin de Jacques Doillon… Distributeur, le voilà devenu producteur. Une nouvelle casquette pour cet outsider de plus en plus incontournable. « Coproduire me permet de m’impliquer dès le début dans les projets », nous expliquait-il il y a quelques mois, assis bien droit dans l’un des canapés du salon Proust du Ritz Paris, le palace où il a ses habitudes.

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                Charles Cohen, l’ami américain du cinéma français



Né dans le comté de Westchester, dans l’Etat de New York, en 1952, Charles Cohen fait fortune dans les années 1980 en faisant prospérer la Cohen Brothers Realty Corporation, l’entreprise d’immobilier fondée par son père et son frère. Mais ce frère Cohen-là, à la tête d’un patrimoine de plus d’un million de mètres carrés (dont le Pacific Design Center de Los Angeles), se rêve plutôt en frère Coen. Adolescent, Charles Cohen découvre la Nouvelle Vague au cinéma art et essai local, commet des courts-métrages à la fac, se voit bien devenir réalisateur et signe même, en 1985, un livre de devinettes sur le cinéma, Trivia Mania. Après un large détour par la pierre, il revient à son ambition initiale en 2008, en investissant sur un coup de cœur 300 000 dollars de son argent personnel dans Frozen River, un premier film indépendant. Ce coup d’essai signé d’une réalisatrice inconnue remporte le Grand Prix du jury au Festival de Sundance et rafle deux nominations aux Oscars. Une entrée en matière en forme de success story.
Le cinéma, une passion et un business
Charmant, propre sur lui, « apolitique » (dit-il), Charles Cohen raconte sans anicroche la manière dont il a fait de sa passion son nouveau business, en trois temps : distribution (depuis 2011, dont 38 films français en Amérique du Nord, engrangeant 10,5 millions de dollars de recettes, selon Unifrance), restauration de classiques, production de films étrangers. Investisseur pragmatique, il numérise peu à peu les quelque 800 films de son catalogue pour les ressortir en DVD, et vient d’inaugurer sa propre chaîne de VOD, Cohen Media Channel, disponible aux Etats-Unis sur Amazon Prime.

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                Charles Cohen, distributeur, a son bureau en haut d'une tour



Mais sa vision s’exprime pleinement quand son expertise immobilière se met au service de sa cinéphilie : déjà propriétaire du mythique cinéma Quad à New York, qu’il a entièrement rénové, Charles Cohen a aussi racheté en 2017 en Floride le Carefree Theater, un cinéma de West Palm Beach sur le point d’être détruit. Il compte construire au-dessus un complexe immobilier, avec en tête une idée simple : « Que le cinéma profite des revenus des appartements. » C’est enfin lui qui a acquis en septembre 2017 La Pagode, célèbre salle d’art et essai parisienne, classée monument historique. L’institution du 7e arrondissement devrait renaître en « centre de cinéma ». Objectif : « En faire une vraie destination culturelle pour le quartier. » Réponse dans deux ou trois ans.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le téléfilm consacré au scribe mutique d’Herman Melville est sorti de l’oubli, avec l’INA, dans la collection « Ciné-Club TV ».
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DVD : le bouleversant « Bartleby » de Maurice Ronet

Le téléfilm consacré au scribe mutique d’Herman Melville est sorti de l’oubli, avec l’INA, dans la collection « Ciné-Club TV ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 07h48
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h35
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


De Maurice Ronet (1927-1983), l’on connaît surtout les rôles mémorables de salaud magnifique, de séducteur sans scrupule ou de dandy suicidaire, dans ­Ascenseur pour l’échafaud (1958) et Le Feu follet (1963), de Louis Malle, La Piscine (1969), de Jacques Deray, La Femme infidèle (1969), de Claude Chabrol. On sait moins, en revanche, que cet acteur à la personnalité intempestive, féru de littérature et compagnon de route des « hussards » (mouvement littéraire informel des années 1950, avec Roger Nimier comme chef de file), fut aussi réalisateur d’une poignée de films, dont un remarquable documentaire animalier sur les varans de Komodo (Vers l’île des dragons, 1973).
On lui doit surtout un long-métrage stupéfiant, Bartleby (1976), d’après la fameuse nouvelle d’Herman Melville (1819-1891), réussite extraordinaire qui ­demeure l’une des plus belles et fidèles adaptations à l’écran d’un texte de l’écrivain américain. Cette rareté produite par la télévision publique (Antenne 2) et depuis injustement oubliée vient d’être judicieusement éditée en DVD avec l’INA dans la collection « Ciné-Club TV » consacrée aux grandes œuvres de l’audiovisuel français.
Maurice Ronet prend le parti de transposer l’intrigue dans le Paris bruyant et affairé des années 1970
Le personnage de Bartleby, clerc effacé et mutique d’un notaire de Manhattan qui parasite tout le fonctionnement de son étude par une simple petite phrase, « I would prefer not to » (« Je ne préférerais pas »), accueillant chaque demande qu’on lui fait, connut une riche postérité critique (Blanchot, Deleuze, Derrida, Agamben…) qui vit en lui une figure moderne du refus, du renoncement ou de la résistance passive. Maurice Ronet prend le parti de transposer l’intrigue (initialement racontée comme un témoignage à la première personne par le personnage du notaire) dans le Paris bruyant et affairé des années 1970, et confie le premier rôle – cette fois celui d’un huissier – à un Michael Lonsdale génial de flegme autoritaire et de maintien désarçonné.
A deux pas du Palais Brongniart, l’huissier règne sur une petite étude en sous-effectif, croulant sous les dossiers, et recrute dans l’urgence un énergumène blafard nommé Bartleby (Maxence Mailfort, présence « creuse » et magnétique) venu se présenter pour le poste. L’homme abat d’abord et sans broncher une quantité considérable de travail, des tâches ingrates de copiste, avant d’en refuser certaines puis de s’enfermer bientôt dans une inactivité complète, à la grande indignation de ses collègues. Or l’huissier se trouve complètement démuni devant cet homme, dont il découvre qu’il séjourne au bureau et dont l’existence se réduit à presque rien. ­Incapable de le renvoyer, troublé au cœur de sa conscience, il laisse son étude dépérir. Les clients fuient, les clercs démissionnent, les locaux se vident, mais ­Bartleby demeure indélogeable, comme reclus en lui-même.
Satire mordante des bureaux
Le film de Maurice Ronet se distingue en cela ; qu’il retourne à son avantage d’évidentes contraintes budgétaires et logistiques (décors réduits, petite troupe d’acteurs, tournage rapide) en un quasi-huis clos, porté par l’interprétation des comédiens et l’efficacité des dialogues. S’ouvrant sur une satire mordante des bureaux, petit monde étroit et renfermé sur lui-même, où le grotesque le dispute à la médiocrité, le récit bascule ensuite dans une étrangeté glissant par paliers à la lisière du fantastique et débouchant sur d’insondables vertiges existentiels.
Bartleby « ne préférerait pas » faire ceci ou cela, et rompt ainsi la logique de subordination, la chaîne de l’ordre énoncé et de son exécution, au fondement même de l’organisation sociale. Mais le véritable objet du film, c’est évidemment le trouble de l’huissier (le « chef », l’autorité), la désintégration de son prestige social sous l’effet pathogène de la présence butée de Bartleby, reconnaissant en lui le sous-fifre, le misérable, quelque chose de son propre néant intérieur. « Que savez-vous de votre douleur en moi ? », l’interrogera-t-il lors d’une scène bouleversante, scellant l’inversion des rôles entre le maître et l’esclave. Il y a, en effet, quelque chose de masochiste dans le personnage de Michael Lonsdale. Son étrange fascination pour son protégé récalcitrant n’est peut-être pas si éloignée, dans le fond, d’un violent transport amoureux.

Film français de Maurice Ronet (1976), 1 DVD Luna Park Films. Sur le Web : lunaparkfilms.blogspot.com/2018/03/bartleby-maurice-ronet.html



                            


                        

                        


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Lukas Dhont, cinéaste : « Le corps est le grand conflit »

Le réalisateur de « Girl » raconte le combat intérieur de Lara, jeune fille trans qui veut devenir danseuse et femme.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h32
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

En 2009, Lukas Dhont commence ses études d’arts audiovisuels à Gand, en Belgique, quand il découvre dans un journal l’histoire de Nora, une adolescente de 15 ans, née dans un corps de garçon, qui veut devenir danseuse étoile. Il souhaite la rencontrer et réaliser un documentaire sur elle. Mais la jeune fille, alors en pleine transition, refuse d’être filmée et rejette le projet. Elle accepte, en revanche, de raconter sa vie à Lukas Dhont, qui, huit ans plus tard, en fera le sujet de son premier long-métrage. Présenté à Cannes, Girl, où Nora est renommée Lara, a reçu la Queer Palm, prix LGBT non officiel, et son interprète principal, Victor Polster, 16 ans, le Prix d’interprétation d’Un certain regard.



En quoi l’histoire de Nora vous a-t-elle touché au point de ressentir le besoin de la raconter ?
Quand j’étais enfant, mon père a voulu que je sois boy-scout et j’ai détesté ça. Je préférais la danse, le théâtre… des activités dont on me disait qu’elles étaient pour les filles. Par rapport aux enfants autour de moi, je me sentais toujours un peu bizarre. Pour me faire accepter et aimer, je me suis alors astreint à corriger mes penchants, à être comme les autres. Plus je constatais que cela marchait, plus je me perfectionnais dans cette représentation d’une personnalité qui n’était pas la mienne. Jusqu’à l’adolescence, j’ai soutenu cette sorte de performance.
Quand j’ai lu cet article, j’avais 18 ans, et l’histoire de Nora qui, à l’inverse, menait avec ambition et détermination un combat pour être vraiment elle-même a fait écho en moi. Jusque-là, je n’avais pas réussi à accepter que j’étais ­homosexuel. Pire, j’étais devenu homophobe, par rejet de cette violence physique ou verbale que l’homosexualité provoquait et à laquelle je ne voulais pas qu’on m’associe. C’est dans le miroir que m’a tendu Nora que j’ai pu me voir plus clairement.
Dans « Girl », vous placez Lara...




                        

                        


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« Girl » : l’obsession de Lara contrebalancée par le regard du cinéaste Lukas Dhont

Une chaleur émane du film, qui a abordé le rêve de métamorphose de l’adolescente par son quotidien.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 07h53
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Sélectionné en 2018 à Un certain regard et reparti de Cannes avec la Caméra d’or, la Queer Palm et un Prix d’interprétation pour son acteur Victor Polster, Girl poursuit sa route à ­travers les festivals internationaux sans jamais oublier de rafler un prix. Cet engouement ne se limite pas à un effet de mode lié à son sujet : l’histoire de Lara, 15 ans, qui rêve de devenir danseuse étoile, mais, surtout, de devenir une femme, car Lara est née garçon. Avec le soutien de son père, la jeune adolescente entame un traitement hormonal contraignant et attend avec impatience de pouvoir être opérée. Mais les effets du ­traitement tardent à arriver : Lara prend son mal en patience, tout en supportant de moins en moins la présence, entre ses cuisses, d’un organe génital qu’elle met tout en œuvre pour oublier.

        Lire l’entretien avec Lukas Dhont :
         

          « Le corps est le grand conflit »



Déjouant largement toutes les attentes liées au traitement d’un tel sujet, le jeune cinéaste Lukas Dhont s’est astreint à la plus grande des douceurs pour filmer son héroïne. Et c’est ce qui étonne au premier abord, de voir que l’entourage de Lara est compréhensif et la considère comme une fille, que son père (le très juste Arieh Worthalter) l’encourage. Bref, que la violence ne vient pas du monde extérieur. Girl échappe à l’écueil du film à thème dont la problématique engloutirait tout sur son passage. Bien au contraire, Dhont a le souci de restituer les journées et les gestes ordinaires, de filmer de merveilleuses scènes d’intimité familiale, de complicité entre un père et ses enfants. Le rêve de métamorphose est pris dans les filets de la quotidienneté et c’est ce qui le rend si crédible, si juste.
S’extirper de son enveloppe
Une chaleur émane de tous les plans, amplifiée par le travail sur la lumière. Chaleur de l’environnement et chaleur du regard du cinéaste, contrebalancés par l’obsession de Lara et l’infinie exigence qu’elle impose à son corps par la pratique de la danse classique. Avant d’enfiler son justaucorps, elle étouffe son sexe sous des bandes de Scotch et ressort de chaque cours les pieds ensanglantés. Le soir, Lara se scrute dans le miroir, dans l’attente fébrile d’une poitrine qui tarde à pousser. Elle réclame à son corps plus qu’il n’est capable de lui offrir, et c’est ce ­conflit intérieur qui percera de sa violence la surface du film.

        Lire la critique parue lors du Festival de Cannes :
         

          Avec « Girl », oubliez le garçon



Lara ne coïncide pas avec son corps, elle est comme enfermée dedans. Cette suffocation muette, Dhont la filme sans complaisance et parvient à aller au-delà de son sujet pour suggérer tout un faisceau de thèmes : la puberté, l’entrée dans l’âge adulte, l’angoisse de la sexualité, la haine de son ­propre corps et cette volonté de le faire disparaître, de l’alléger par la discipline la plus sévère. Il y a, dans les belles scènes de danse filmées en caméra portée, le rêve de déjouer la pesanteur, de s’extirper de son enveloppe charnelle.
Ventriloque d’aucun discours, Lara ne représente qu’elle-même
L’acte extrême auquel sera finalement amenée Lara, bien loin d’évoquer un coup de force censé nous sidérer, touche d’autant plus que le surgissement de cette violence est filmé avec douceur. Par cette tendresse constante du regard, Lukas Dhont parvient à ne jamais voler les actes et les tourments de son héroïne. Ventriloque d’aucun discours, Lara ne représente qu’elle-même. La grande intelligence de Girl consiste à laisser vivre l’adolescente et à être entièrement rivé à sa vie, à son corps.
Et d’abord au corps de celui qui ­incarne Lara, Victor Polster, jeune danseur de 16 ans sidérant de magnétisme et à qui Dhont offre son premier rôle. Son corps, mouvant, instable, se trouve à la lisière de toutes les oppositions : adolescent et adulte, masculin et féminin, sensuel et excessivement discipliné. Ce miroitement permanent, l’agréable trouble provoqué par cette perpétuelle ambiguïté font de Victor Polster une puissante apparition cinématographique. Un corps qui, plan après plan et par sa seule présence, déploie à lui seul une histoire.

Film belge de Lukas Dhont. Avec Victor Polster, Arieh Worthalter, Valentijn Dhaenens (1 h 45). Sur le Web : diaphana.fr/film/girl et www.facebook.com/girlthefilm

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 10 octobre)
Girl, film belge de Lukas Dhont (à ne pas manquer)L’Amour flou, film français de Romane Bohringer et Philippe Rebbot (à voir)Dilili à Paris, film d’animation français de Michel Ocelot (à voir)Grande-Synthe, la ville où tout se joue, documentaire français de Béatrice Camurat Jaud (à voir)Impulso, documentaire espagnol et français d’Emilio Belmonte (à voir)Lindy Lou, jurée n° 2, documentaire français de Florent Vassault (à voir)La Mort du dieu serpent, documentaire français de Damien Froidevaux (à voir)Le Rat scélérat, film d’animation français de Jeroen Jaspaert (à voir)Domingo, film brésilien et français de Clara Linhart et Fellipe Barbosa (pourquoi pas)Galveston, film américain de Mélanie Laurent (pourquoi pas)La Particule humaine, film turc de Semih Kaplanoglu (pourquoi pas)RBG, Ruth Bader Ginsburg, documentaire américain de Julie Cohen et Betsy West (pourquoi pas)Voyez comme on danse, film français de Michel Blanc (pourquoi pas)Johnny English contre-attaque, film britannique de David Kerr (on peut éviter)Venom, film américain de Ruben Fleischer (on peut éviter)
A l’affiche également :
Tazzeka, film français et marocain de Jean-Philippe Gaud





                            


                        

                        


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« Impulso » : une danseuse de flamenco au travail

Le documentaire d’Emilio Belmonte suit la chorégraphe et performeuse Rocio Molina en pleine création.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h28
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 08h16
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Très connue dans le milieu de la danse contemporaine, la chorégraphe Rocio Molina a réinventé la tradition flamenca avec une liberté et une énergie rares. Qu’elle rampe tel un insecte ou laisse traîner sa jupe dans un liquide couleur sang, elle saisit cet élan – l’impulso – qui lui vient « du corps pour atteindre l’esprit » selon ses propres mots, et qui donne son titre au documentaire d’Emilio Belmonte.

        Lire le portrait :
         

          Rocio Molina, la création en gestation



Le réalisateur, né il y a quarante ans en Andalousie, a vu danser et chanter tous les artistes flamencos depuis les années 1970. Il avait fini par penser que cette danse était « enterrée dans ses souvenirs », jusqu’à ce que des performeurs comme Rocio Molina et Israel Galvan viennent bouleverser ses certitudes. Il a tourné Impulso alors que Rocio Molina était en tournée et préparait en même temps sa création Caida del cielo, qui a eu lieu au Théâtre national de Chaillot, à Paris, en novembre 2016.
Rocio Molina a assumé dès son plus jeune âge sa singularité, à commencer par un physique trapu
Née en 1984, Rocio Molina a commencé à danser à l’âge de 3 ans, assumant dès son plus jeune âge sa singularité, à commencer par un physique trapu. L’artiste ne joue pas sur le port altier, mais sur une gestuelle expressionniste alliée à une folie maîtrisée.
Le film se concentre sur les répétitions qui ont précédé le jour J de la création. On ne lâche pas la danseuse, ses musiciens ni son manageur. Sur le plateau ou à table, ils cherchent et discutent. Comment caler la guitare ou le ton de voix ? A quel instant vont-ils trouver l’idée, le bon geste ? Le charme du film tient d’abord au plaisir du travail qui anime l’équipe.

        Lire la critique de « Grito Pelao » :
         

          Rocio Molina danse sur son nombril



Une certaine mélancolie
Le réalisateur est à la fois au plus près et à bonne distance. Dans un habile montage, les paroles des uns et des autres se superposent aux claquements de talons. Le propos n’est pas d’encenser la star, mais de compendre comment Rocio Molina arrive quasiment à sortir de son propre corps. Sa mère, assez présente, s’en inquiète et se demande jusqu’où sa fille peut aller dans ce personnage quasi monstrueux.
Rocio Molina préfère se définir comme une femme puissante, qui s’est construite au prix d’un entraînement incessant. Mais son vrai moteur est au fond d’elle : c’est une certaine mélancolie de la sensation. Rocio Molina a réalisé sa première soléa (une forme de flamenco) à l’âge de 17 ans et « c’était sans doute la plus belle », dit-elle. « Depuis, je traîne ma part de mélancolie de savoir que je ne retrouverai jamais les sensations que j’ai ressenties la première fois ».



Documentaire espagnol et français d’Emilio Belmonte (1 h 25). Sur le Web : www.jour2fete.com/distribution/impulso



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le réalisateur Damien Froidevaux retrace l’histoire d’une jeune fille expulsée de France.
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« La Mort du dieu serpent » : au Sénégal, errance immobile en pays soninké

Le réalisateur Damien Froidevaux retrace l’histoire d’une jeune fille expulsée de France.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h27
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h48
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Une jeune fille de 20 ans, qui a grandi à Paris, est mêlée à une bagarre. Elle est arrêtée mais ne comparaît pas devant un tribunal. Koumba Tandjigora est expulsée vers le Sénégal, où elle est née, qu’elle a quitté à l’âge de 2 ans, sans avoir jamais ensuite eu l’envie d’y retourner.
Quand le réalisateur de La Mort du dieu serpent, Damien Froidevaux, a décidé de raconter l’histoire de Koumba Tandjigora, celle-ci vivait depuis deux ans au Sénégal, d’abord à Dakar, puis aux confins du Mali et de la Mauritanie, en pays soninké, dans le village de sa famille, sur les rives du fleuve Sénégal. Le cinéaste le confesse, il pensait filmer un combat, celui de l’exilée pour rentrer chez elle auprès de ses parents, de ses frères et sœurs, en espérant qu’il serait victorieux.
Le film s’est transformé en un dialogue, qui vire souvent à la dispute, entre le filmeur et la filmée
Très vite, le film s’est transformé en un dialogue, qui vire souvent à la dispute, entre le filmeur et la filmée, et la défense d’une noble cause est devenue le portrait d’un être complexe frappé par un malheur imprévu, doublé de l’histoire de la réalisation de ce portrait.
De toute façon, Koumba fait une piètre victime : colérique, de mauvaise foi, elle soupçonne ouvertement Damien Froidevaux de vouloir s’enrichir à ses dépens. Dans les ruelles du village, elle semble souvent traquée par la caméra, désireuse de dire l’injustice dont elle se sent victime, mais aussi réticente à montrer sa situation. Au fil des séjours du cinéaste au Sénégal, on voit se dessiner une histoire terrible – Koumba perd un enfant, une petite fille dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait été sauvée si elle était née en France – et parfois douce.
Résignation et renonciation
La Mort du dieu serpent est un récit d’apprentissage d’une grande cruauté. Ce qu’apprend Koumba devant l’objectif, c’est la patience. Mais la République française et les aînés du village soninké ont fixé d’autres matières à son ­programme : la résignation et la ­renonciation.
Damien Froidevaux filme cette errance immobile (Koumba va et vient entre deux villages, avec une simple incursion dans un chef-lieu) sans chercher à mettre en évidence ce qu’il y a d’exemplaire dans ces situations. Le film attendu – un réquisitoire contre la double peine qui frappe les délinquants qui ne sont pas nés au bon endroit – laisse place au portrait d’une femme qui souffre et se débat. Cette densité fournit plus de matière à réflexion que bien des films-tracts.

Documentaire français de Damien Froidevaux (1 h 24). Sur le Web : www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/42526_1



                            


                        

                        


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« Domingo » : satire futile de la bourgeoisie du Brésil

Les réalisateurs Clara Linhart et Fellipe Barbosa dépeignent leurs personnages sans finesse critique.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h25
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 07h26
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Le 27 octobre 2002, un séisme politique secoue le Brésil, puisqu’un candidat socialiste, Luiz Inácio Lula da Silva, dit « Lula », remporte l’élection présidentielle. Sept ans après la fin de son deuxième mandat, en 2011, l’ancien président est désormais incarcéré, l’élite économique du pays a pris sa revanche en destituant sa « remplaçante », Dilma Rousseff, et le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, est arrivé en tête, avec 46 % des voix, du premier tour de la présidentielle, dimanche 7 octobre. Domingo, troisième long-métrage de Fellipe Barbosa (né en 1980), coréalisé avec la documentariste et productrice Clara Linhart, entend remonter à la source de ce naufrage, le 1er janvier 2003, en imaginant le frisson d’angoisse qui a parcouru la haute bourgeoisie en ce jour d’investiture d’un président de gauche.
Dans une propriété du sud du pays, près de la frontière uruguayenne, on attend la venue de Laura (Itala Nandi), doyenne narcissique et diva peau de vache d’une riche famille réunie sur trois générations pour fêter à la fois le Nouvel An et un anniversaire. Entre la demeure décrépie et les vastes étendues du domaine alentour, un va-et-vient incessant des maîtres et des domestiques bruisse des retrouvailles de chacun, comme des préparatifs du barbecue dominical, puis de la fête qui doit battre son plein. Mais, sous l’oisive indolence et la désinvolture composée, refluent peu à peu les bouffées de ressentiment, l’hypocrisie, les coucheries diverses, la toxicomanie, la cruauté, les névroses, le mépris de classe (envers les employés de maison), entre autres turpitudes qui signalent la profonde corruption morale de cette classe dominante.
Mise en scène inconsistante
L’intérêt de Domingo tient, en premier lieu, à l’unité de temps et de lieu qui préside à la conduite du récit et nous propulse au cœur d’une famille qui se révèle au présent, promettant ainsi une belle disponibilité aux personnages. Mais très vite, le film bascule dans le registre d’une satire à gros traits et on comprend qu’on ne retrouvera pas ici ce qui faisait la beauté et l’intelligence des précédents films de Fellipe Barbosa (Casa Grande, 2014 et Gabriel et la montagne, 2017) : une finesse critique qui cernait les contradictions de ses protagonistes sans pour autant chercher à les condamner en bloc.
Ici, l’aigreur et la caricature hâtive semblent avoir pris le relais. Les personnages gesticulent comme des pantins et sont ­contraints d’affronter un panel si étendu de vicissitudes que leur accumulation finit par prendre un tour artificiel. L’investiture de Lula, retransmise à la radio ou à la télévision, n’est jamais qu’une toile de fond qui ne concerne pas directement les personnages, mais vise à servir le propos des cinéastes. Même la mise en scène paraît étonnamment inconsistante, au milieu de ce grand déballage où la caméra se contente seulement de débusquer les infamies de chacun et de distribuer les mauvais points. On misera donc plutôt sur les films suivants de ces jeunes cinéastes ayant ici cédé aux facilités d’un règlement de comptes.

Film brésilien et français de Clara Linhart et Fellipe Barbosa (1 h 34). Sur le Web : www.condor-films.fr/film/domingo



                            


                        

                        

