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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le 5 octobre, une œuvre de Banksy s’est autodétruite après avoir été adjugée aux enchères. Ce n’est ni le premier ni le seul artiste à avoir délibérément saccagé son travail.
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Ces œuvres d’art qui s’autodétruisent


                      Le 5 octobre, une œuvre de Banksy s’est autodétruite après avoir été adjugée aux enchères. Ce n’est ni le premier ni le seul artiste à avoir délibérément saccagé son travail.



M le magazine du Monde
 |    16.10.2018 à 18h15
    |

                            Roxana Azimi







2018 : le découpage en direct d’une toile de Banksy

   


A peine Girl with Balloon, de Banksy, a-t-elle été adjugée pour 1,2 million d’euros chez Sotheby’s, que la toile commence à s’autodétruire devant un public ébahi. Une vidéo postée sur le compte Instagram de l’artiste le lendemain révèle qu’il avait incorporé au cadre de son œuvre une déchiqueteuse pour le cas où elle serait mise en vente. Histoire d’avoir le dernier mot sur le marché.

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                Banksy peut-il échapper aux règles du marché ?



1993 : la démolition de la maison de Jean-Pierre Raynaud

   


Jean-Pierre Raynaud aime les gestes qui font parler. En juillet 1993, l’artiste français rase sa demeure de La Celle-Saint-Cloud, près de Paris, un blockhaus de carrelage blanc qu’il avait conçu et modifié sans relâche depuis 1969. Il expose dans la foulée les débris dans des récipients métalliques au CAPC, le musée d’art contemporain de Bordeaux.
Lire aussi : Jean-Pierre Raynaud, l’ermite de l’inquiétude
1974 : Le palais royal cloué de Malcolm Morley

   


En 1974, le peintre britannique Malcolm Morley chahute la vente, à Paris, d’une de ses œuvres représentant le palais de Buckingham. Muni d’un pistolet à eau, il tente de maculer la toile d’encre pourpre. Faute d’y parvenir, il cloue son arme sur l’œuvre. Une action qui n’en a guère altéré la valeur : le tableau – et le pistolet qui lui est fixé – se trouve aujourd’hui au Centre Pompidou.

        Lire aussi :
         

                Malcolm Morley, inventeur et destructeur de l’hyperréalisme, est mort



1968 : l’autodafé radical de Tania Mouraud

   


Quand Tania Mouraud visite, en 1968, la Documenta de Cassel, c’est la révélation. L’artiste française comprend que les enjeux de l’art sont ailleurs que dans les toiles abstraites qu’elle peignait alors. Pour faire table rase, elle détruit l’ensemble de ses œuvres à l’hôpital de Villejuif. Un acte symbolique qui la fait basculer de la peinture vers un art plus conceptuel et performatif.

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                Tania Mouraud occupe la ville de Metz



1960 : les machines suicidaires de Jean Tinguely

   


En mars 1960, Jean Tinguely présente au MoMA Homage to New York, une sculpture qui, composée de roues de bicyclette, d’un piano et de vieux moteurs, se met en branle avant de s’autodétruire. L’artiste crée ensuite deux autres machines selon le même principe, dont une dans le désert du Nevada en 1962. Une célébration de la force anarchique de l’art.
Lire aussi : La mort de Jean Tinguely Un Sisyphe mécanicien passé des sculptures-spectales à la danse macabre



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’apparition d’un tableau kitsch derrière le président Donald Trump, dimanche, relance la question de ses relations difficiles avec l’art.
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Le tableau qui fait tache à la Maison Blanche

L’apparition d’un tableau kitsch derrière le président Donald Trump, dimanche, relance la question de ses relations difficiles avec l’art.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 17h33
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Donald Trump a une relation « compliquée » avec l’art et les images. Il suffit de se souvenir du faux Renoir accroché dans son jet, des fausses « unes » de Time accrochées dans ses différents golfs, en Floride, en Ecosse ou ailleurs. On continue ? En janvier, il avait demandé au musée Guggenheim, à New York, de lui prêter Paysage dans la neige, de Vincent Van Gogh, pour égayer la Maison Blanche, qu’il ne trouve pas à son goût. L’institution new-yorkaise l’avait éconduit et lui avait proposé, à la place, America, une sculpture de toilettes en or, de Maurizio Cattelan.
Mais Donald Trump peut compter sur ses amis : Darrell Issa, élu républicain de Californie à la Chambre des représentants, lui a offert The Republican Club, une toile – très kitsch – peinte par Andy Thomas, 61 ans, un artiste qui réside à Carthage, dans le Missouri.
Elle est apparue au détour de l’interview accordée par le président à l’émission « 60 minutes », dimanche 14 octobre, sur CBS. Les réseaux sociaux s’en sont emparés pour railler les goûts du président, qui, d’ailleurs, n’a qu’une copie laser de l’original, qui se trouve dans le bureau du peintre.

Now on 60 Minutes: There's less than a month until the mid-term elections. Hear what President Trump has to say abo… https://t.co/lf9DFkJwTo— 60Minutes (@60 Minutes)


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Au même niveau que les autres présidents républicains
A sa façon, ce tableau représente Donald Trump sur un pied d’égalité avec les présidents républicains les plus mémorables, autour d’une table : Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, Dwight D. Eisenhower, Richard Nixon – hilare –, Gerald Ford, Ronald Reagan, George H. W. Bush et George W. Bush. Que font-ils ensemble ? Que se disent-ils ? Dans le Washington Post, l’artiste, spécialisé dans les peintures inspirées par l’Ouest américain, cite Frederic Remington et Charles Marion Russell, Howard Pyle ou Norman Rockwell comme ses influences, et précise : « Ce qui est drôle, c’est que nous ne savons pas comment ils s’entendraient. Ce n’est pas parce qu’ils sont tous républicains qu’ils s’aiment vraiment. »

Sur CNN, le peintre ajoute que le président, entouré du vice-président, Mike Pence, et de Darrell Issa l’a appelé il y a quelques semaines, pour le remercier, affirmant qu’il n’aimait pas la plupart des portraits faits de lui. Comment ne pas acquiescer ? « C’est vrai, il n’est pas facile à peindre et il y a plein de tableaux assez laids », note le peintre.
Andy Thomas explique à Time que le plus compliqué est de reproduire le sourire des présidents. Certains « ont la banane » naturellement, comme Ronald Reagan, Dwight Eisenhower, John F. Kennedy ou Barack Obama ; d’autres, comme Trump, n’arrivent pas à se départir de leur sourire de campagne, plus forcé.
Pour celui de l’actuel président, Andy Thomas a regardé des milliers de photographies. L’artiste reconnaît qu’il essaie d’être gentil avec ses modèles : en plus du sourire charmeur, il leur enlève les kilos superflus. Il épargne même Richard Nixon, même si dans une première version de The Republican Club, il reconnaît qu’il lui avait « donné un petit air paranoïaque, cachant ses cartes ». Pour la peinture avec Donald Trump, on peut juste lui reprocher d’avoir boudé son tube de peinture orange.
Pas de message politique… quoique
Andy Thomas ne fait pas de politique avec ses peintures. Depuis 2008, il a peint The Grand Ol’ Gang, représentant les présidents républicains jouant au poker, puis Callin’ The Red, avec les présidents démocrates jouant au billard. En 2016, il expliquait à Time que ses deux présidents favoris étaient Ronald Reagan et Bill Clinton et il se définissait comme proche de Rand Paul, sénateur républicain de sensibilité libertarienne, figure du Tea Party.

@jbillinson Who is she?
— thejeffreymarsh (@jeffrey marsh)


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Certains ont remarqué une présence féminine dans la peinture. En mars, M. Thomas expliquait à Time avoir voulu ajouter une touche féministe à ses œuvres : une femme aux traits encore indiscernables s’approche de la table des présidents. Pour l’artiste, « elle représente la première présidente républicaine ou démocrate… Elle sera la première présidente et elle vient prendre sa place à la table ». Il précisait alors que sa fille Jenny l’avait inspiré : « Elle ferait ça. Elle irait directement s’asseoir à la table. »
Loin de la Maison Blanche d’Obama
Les fins gourmets auront également remarqué que Donald Trump est toujours aussi amateur de junk food : à droite, sur une étagère trône un pot de… bonbons Starbust.

I’ll give him this: a jar of just the pink and red starbursts is probably one of the first things I ask for if I’m… https://t.co/lHqZTiwqWx— jbillinson (@Josh Billinson)


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Donald Trump reste ainsi fidèle à sa stratégie de rupture avec son prédécesseur, qui avait choisi, pour décorer son bureau, un tableau abstrait de Nicolas de Staël, et qui, selon la légende, mangeait sept amandes, le soir, avant de se coucher.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Dans le sillage de réalisateurs reconnus comme Nadine Labaki pour « Capharnaüm », Prix du jury à Cannes, le cinéma d’auteur libanais renaît. Des talents le plus souvent contraints de s’exiler, pour trouver des financements et échapper à la censure.
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Cinéma : la « nouvelle vague » libanaise 
                  
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LE MONDE
 |
                  16.10.2018 à 15h28


Dans le sillage de réalisateurs reconnus comme Nadine Labaki pour « Capharnaüm », Prix du jury à Cannes, le cinéma d’auteur libanais renaît. Des talents le plus souvent contraints de s’exiler, pour trouver des financements et échapper à la censure.

               



                     
C’est un gigantesque et étrange objet qui, depuis plus de quarante ans, résiste à tous les outrages, la guerre comme la spéculation immobilière. À quelques pas du centre-ville, dans cet ancien point névralgique de Beyrouth devenu un patchwork plutôt fade de bâtiments rénovés, de boutiques de luxe rutilantes mais désertes et d’un centre commercial massif, la carcasse du Dôme se dresse avec arrogance et mélancolie.

Cette silhouette de baleine échouée aurait dû être un cinéma, la plus grande et la plus moderne salle du bassin méditerranéen, à l’image du septième art libanais qui affichait, au début des années 1970, une éclatante prospérité. Mélodrames populaires et comédies musicales en langue arabe remplissaient alors les salles, aux côtés des productions américaines et européennes, faisant du Liban le premier territoire du Moyen-Orient en termes de fréquentation cinématographique.
Des retournements politiques et économiques permanents
La guerre civile, en 1975, a interrompu le chantier du Dôme, devenant, au gré des combats, un refuge ou un bunker improvisé pour l’armée, les milices de tous bords et les casques bleus. Depuis, il a été question dix fois de démolir ce souvenir encombrant mais, grâce à la mobilisation d’associations et surtout par des retournements de situation économique ou politique dont le Liban est le théâtre permanent, ses flancs criblés d’impacts de balles continuent à narguer le nouveau Beyrouth d’acier et de verre.
À l’ombre de cette imposante métaphore des contradictions du pays, un cinéma libanais d’auteur a miraculeusement survécu. Longtemps, il a été porté par une poignée de cinéastes parmi lesquels Georges Nasser, dont le premier long-métrage, Vers l’inconnu ?, avait été sélectionné à Cannes en 1957.
Plus tard, quand le temps des hostilités a pris fin, d’autres sont apparus sur la scène internationale, comme Danielle Arbid, les inséparables Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Ziad...





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Cinéma : la « nouvelle vague » libanaise
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L’écrivain finlandais Arto Paasilinna est mort

L’auteur du « Lièvre de Vatanen » était l’un des écrivains de langue finnoise les plus connus internationalement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h59
   





                        



   


L’écrivain finlandais Arto Paasilinna, devenu célèbre dans le monde entier grâce à son roman désabusé Le Lièvre de Vatanen, est décédé lundi 15 octobre à l’âge de 76 ans, selon son éditeur.
Auteur de 35 œuvres traduites dans des dizaines de langues, cet ancien bûcheron reconverti au journalisme et à la littérature a vendu huit millions de livres en plus d’un demi-siècle de carrière.
Né le 20 avril 1942, il est mort « dans une maison de repos à Espoo », près de la capitale, Helsinki, a précisé son éditeur finlandais, WSOY, dans un communiqué.
Publié en France chez Gallimard, il était avec Mika Waltari et la romancière Sofi Oksanen (Purge), l’auteur de langue finnoise le plus connu à l’étranger.
Réjouissant tableau du genre humain
Ses récits tragi-comiques de la vie dans le Grand Nord content d’improbables aventures vécues par un géomètre sénile et son compagnon de voyage (La Cavale du géomètre), une vieille femme escroquée par son vaurien de neveu (La Douce Empoisonneuse) ou encore un journaliste désabusé qui adopte un jeune lièvre à la patte cassée (Le Lièvre de Vatanen).
Sous sa plume souvent décalée, suicide, vieillesse, désespoir ou morne quotidien participent d’un réjouissant tableau du genre humain. « En tant qu’écrivain, je veux exagérer les choses et il est plus facile de fouetter son propre peuple que d’aller fouetter chez les autres (...). Les humains en général sont un peu fous, d’une manière touchante, et les Finlandais plus encore, peut-être, que les autres », confiait-il dans un entretien à l’AFP en 2005.
« Paasilinna était particulièrement populaire en France, où il a été comparé au lauréat du prix Nobel [de littérature colombien] Gabriel García Márquez », a souligné son éditeur.



                            


                        

                        


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Analyse

Pourquoi il faut (re)lire Fabien Eboussi Boulaga

Décédé à 84 ans, le philosophe camerounais est l’un des penseurs africains dont l’influence aura déterminé les débats actuels sur la décolonisation du savoir.

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux




LE MONDE
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        Le 16.10.2018 à 14h46

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        Mis à jour le 16.10.2018 à 16h03






    
Couverture de l’ouvrage « Fabien Eboussi Boulaga, la philosophie du Muntu », sous la direction d’Ambroise Kom, aux éditions Karthala.
Crédits : DR


Une œuvre exigeante, rigoureuse, sans concession. Le philosophe camerounais Fabien Eboussi Boulaga, décédé samedi 13 octobre à Yaoundé à 84 ans, était l’un des plus importants penseurs du continent. Ses ouvrages majeurs, La Crise du Muntu et Christianisme sans fétiche, auront marqué leur époque. Ces deux livres sont parus chez Présence africaine, en 1977 et 1981, en pleine période du débat sur la philosophie africaine.

        Lire aussi :
         

                Fabien Eboussi Boulaga, disparition d’un « inlassable veilleur »



Une controverse essentielle qui aura révélé les limites du savoir occidental sur l’Afrique et, surtout, son instrumentalisation par le pouvoir colonial. Et démontré que l’ethnologie et l’anthropologie sont des sciences coloniales qui alimentent le pouvoir et la domination de l’Occident. Les ouvrages sur l’Afrique sont alors l’œuvre d’administrateurs coloniaux tels Maurice Delafosse, Robert Delavignette, Henri Labouret. Leurs écrits constituent ce que V. Y. Mudimbe qualifie de « bibliothèque coloniale » dans The Invention of Africa, un ouvrage fondateur d’une nouvelle approche publié en 1988 aux Etats-Unis et toujours pas traduit en français. C’est le fondement même des savoirs africanistes qui est ébranlé. Les réflexions de Fabien Eboussi Boulaga et V. Y. Mubimbe obligent à repenser complètement la manière d’appréhender les réalités africaines.
Les enjeux sont cruciaux. Savoir s’il existe une philosophie africaine, comme l’affirme dès 1945 le missionnaire Placide Tempels avec sa Philosophie bantoue, et la définir. Rappeler à un Occident impérial qui a fait œuvre de décivilisation et de déshumanisation pendant plus de cinq siècles d’esclavage, de traite négrière et de colonisation, que les femmes et les hommes qui peuplent l’Afrique subsaharienne sont des êtres humains et que, en cela, ils possèdent la raison. C’est toute l’argumentation idéologique de l’entreprise coloniale qui est en jeu : si « l’Africain » possède des traditions de pensée, œuvres de la raison et non d’une « mentalité primitive » (Lévy-Bruhl), on ne peut pas le coloniser.
Limites de la négritude
Après l’ouvrage controversé de Placide Tempels, salué par Léopold Sédar Senghor mais vilipendé par Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme, toute une génération de philosophes africains partent à la recherche de philosophies locales, interrogent les mythes, les langues africaines, en quête de preuves, d’un certificat d’humanité. S’écrit alors ce que Fabien Eboussi Boulaga qualifie d’« ethnophilosophie » dans un article de 1968 qui fera date, « Le Bantou problématique ».
Tout comme Paulin Hountondji, Stanislas Adotévi, Marcien Towa et d’autres intellectuels nés sous la colonisation, le natif de Bafia (en 1934) démontre les limites aussi bien de la négritude que de l’ethnophilosophie. Il concède à cette dernière une volonté de penser les particularités que la philosophie, dans sa tradition occidentale, a rejetées en élaborant un faux universel mais analyse que ce « nous aussi, nous avons une philosophie » repose sur une aliénation, une demande de reconnaissance du maître.

Fabien Eboussi Boulaga en dates
17 janvier 1934 Naissance de Fabien Eboussi Boulaga à Bafia, au centre du Cameroun.
1955 Il devient jésuite après des études secondaires au petit séminaire d’Akono.
1969 Ordonné prêtre après des études de théologie, d’ethnologie et de philosophie à Lyon.
1977 Parution de La Crise du Muntu aux éditions Présence africaine.
1980 Il quitte l’ordre des jésuites et demande son retour à l’état laïc.
1981 Parution de Christianisme sans fétiche aux éditions Présence africaine.
1984 Il devient professeur de philosophie à l’université de Yaoundé.
1994 Il est nommé professeur à l’Institut catholique de Yaoundé.
1997 La Démocratie de transit au Cameroun, éditions L’Harmattan.
13 octobre 2018 Décès à Yaoundé, à l’âge de 84 ans.


Fabien Eboussi Boulaga prédit alors que la décolonisation se fera en plusieurs étapes. La première consistant, écrit-il dans La Crise du Muntu, à « récupérer le pouvoir colonial sans en changer ni la forme ni le contenu, en faisant comme si son organisation n’était que fonctionnelle, destinée à répondre aux besoins universels de l’homme en général ». Viendra ensuite le temps où ces formes et contenus devront être interrogés, ce qui suppose de questionner tout l’héritage colonial : les formes politiques transmises comme l’Etat-nation, dans le cas français, ou la démocratie, mais aussi épistémiques et religieuses.
De nombreux héritiers
Jésuite, Fabien Eboussi Boulaga critique le dogmatisme métaphysique du christianisme colonial et appelle à une « reprise africaine du christianisme » et à une philosophie de la libération. Il s’agit désormais d’« être par et pour soi, dans l’articulation de l’avoir et du faire, selon un ordre qui exclut la violence et l’arbitraire ». Le processus décolonial devient le chemin de la rédemption.

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Les penseurs qui appellent aujourd’hui à une décolonisation du savoir, de l’art, de l’économie ou encore des mentalités, comme Achille Mbembe, Felwine Sarr, Souleymane Bachir Diagne ou Nadia Yala Kisukidi, ont entrepris une nouvelle étape en démontrant qu’il n’y a pas de monopole de la vérité. En cela, ils sont les héritiers de Fabien Eboussi Boulaga, qu’il est plus que jamais urgent de relire. L’on ne peut comprendre à quel point le renouveau de la pensée critique à l’œuvre actuellement sur le continent n’est aucunement un épiphénomène, mais une véritable lame de fond, si l’on ne perçoit pas à quel point ce processus est en maturation depuis un demi-siècle.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Un documentaire propose une enquête approfondie sur le braconnage des rhinocéros, une espèce animale qui pourrait disparaître d’ici à vingt ans.
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« Rhino dollars » : les cornes de la discorde

Un documentaire propose une enquête approfondie sur le braconnage des rhinocéros, une espèce animale qui pourrait disparaître d’ici à vingt ans.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h22
    |

            Pierre Lepidi








                        



   


Arte, mardi 16 octobre à 20 h 50, documentaire
C’est un trafic méconnu qui est pourtant aussi lucratif que celui de l’or ou de l’héroïne. En Asie, et principalement en Chine et au Vietnam, la corne de rhinocéros se vend 40 000 euros le kilogramme au marché noir. Les conséquences sont graves : au rythme actuel des carnages, cette espèce ­devrait disparaître d’ici à vingt ans.
Le documentaire Rhino dollars montre que, derrière ces massacres dictés par la loi du marché, se cache le crime organisé et que, par une multitude d’intermédiaires, il a tissé sa toile sur tous les continents. Le film, qui a nécessité deux ans d’investigations, a été tourné en Afrique du Sud, pays considéré comme l’épicentre des tueries : 1 000 rhinocéros y sont abattus chaque année. Mais ce film, qui prend parfois des airs de thriller, fait également escale au Vietnam et en France.
En mars 2017, Vince, un rhinocéros blanc âgé de 4 ans du zoo de Thoiry (Yvelines), a été tué de trois balles de calibre 12 et sa corne ­arrachée par des braconniers. C’était la première fois qu’un parc zoologique européen était concerné par le massacre des rhinocéros. Si la plupart des réserves animalières ont depuis renforcé leur système de sécurité, beaucoup ont aussi décidé de couper la corne des bêtes qu’ils accueillent dans le but de leur sauver la vie.

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                Il faut sauver les rhinocéros africains



Râpée dans de l’eau ou de l’alcool
A l’échelle du continent africain, les massacres sont presque banals. On estime qu’un rhinocéros est tué toutes les huit heures. Dans le célèbre parc Kruger, qui héberge 80 % des espèces sud-africaines, 504 ont trouvé la mort en 2017.
Porté par la voix rauque de Gérard Darmon, Rhino dollars offre une enquête approfondie. Le film remonte toutes les pistes, y compris jusqu’aux braconniers, qui viennent souvent du Mozambique, un pays frontalier de l’Afrique du Sud. « Quand je vois le rhino, je vois de l’argent, confie un tueur qui gagne l’équivalent d’une année de salaire par animal abattu. Je le fais pour avoir une belle voiture, de beaux vêtements. Quand il n’y a plus d’argent, j’y retourne. »
La manne profite à beaucoup de gens, des propriétaires du bar de son village aux prostituées, en passant par les sorciers et autres adeptes de ­magie noire. Les sommes en jeu sont si élevées qu’elles permettent de corrompre des policiers, des magistrats et même des agents de surveillance des parcs nationaux et des réserves naturelles.
En Afrique du Sud, pays considéré comme l’épicentre des tueries, 1 000 rhinocéros y sont abattus chaque année
A l’autre bout de la chaîne, il y a le consommateur. Il est asiatique et vient généralement de la classe supérieure. La prise de corne de rhinocéros, qui se consomme râpée dans de l’eau ou de l’alcool, est en vogue dans les milieux d’affaires. On prête à ces fibres de kératine – qui est aussi un composant des ongles ou des cheveux – des vertus anticancérogènes et aphrodisiaques, même si aucune enquête sérieuse ne l’a démontré.
Une façon de montrer sa réussite
« Je connais un copain qui en prend pour éviter d’avoir la gueule de bois », affirme un Vietnamien. « On doit en proposer à ses invités si on veut réussir sa soirée et affirmer son statut », dit un autre. Comme s’asperger de champagne, absorber de la corne de rhino serait une façon de montrer sa réussite…

        Lire le focus :
         

          Le « rhinocoin », une cryptomonnaie pour protéger les rhinocéros



Des dizaines d’ONG luttent actuellement contre l’extermination de ces mammifères qui sont présents sur terre depuis cinquante-cinq millions d’années. Certaines infiltrent les réseaux avec des espions, d’autres n’hésitent pas à utiliser la force.
Le Sud-Africain Vincent Barkas a créé Protrack, une compagnie de sécurité privée semblable à une milice. Elle est composée de 350 hommes surentraînés et ­équipés d’armes de guerre. La survie des rhinocéros est aujourd’hui à ce prix.
« Rhino dollars », documentaire d’Olivia Mo­kiejewski (France, 2018, 95 min), mardi 16 octobre à 20 h 50 sur Arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Robert Guédiguian réunit ses acteurs fétiches à l’occasion de son vingtième long-métrage, film délicat sur le temps qui passe.
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« La Villa » : retrouvailles au bord de l’abîme

Robert Guédiguian réunit ses acteurs fétiches à l’occasion de son vingtième long-métrage, film délicat sur le temps qui passe.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 13h47
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Canal+, mardi 16 octobre à 21 heures, film
Un vieil homme tanné, songeur, accoudé à la ­terrasse d’une maison dominant la calanque (dite « de Méjean »). Le temps de regarder, une dernière fois en conscience, la beauté familière du site, les maisons modestes et multicolores, le viaduc en surplomb, la mer scintillante à l’horizon. Puis dire « tant pis » et s’écrouler. Fin du paradis prolo, l’histoire peut commencer. Tout se joue ici, dans le périmètre réduit de l’anse maritime, scène environnée d’angoisse, sur laquelle se couche désormais le soleil pâle et hivernal d’une inexorable fin du monde.
C’est ici que se retrouvent, pour le veiller, les trois enfants de l’homme victime d’une attaque, cloué au lit dans le silence de sa fin annoncée. Fratrie éparpillée, dont la réunion tardive fait resurgir les tendres liens mais aussi les cruels fantômes du passé. Tout cela, en quelques plans, est remarquablement posé, senti, montré. Voici donc Angèle (Ariane Ascaride) ­débarquant d’un taxi, valise à la main, comme prête à repartir. Voici Armand (Gérard Meylan), qui l’accueille sans un sourire, le sacrifice accroché à l’âme. Voici ­Joseph (Jean-Pierre Darroussin), la voyant venir depuis le surplomb du balcon, avant de lui présenter sa « trop jeune fiancée », Bérangère (Anaïs Demoustier).
A l’ombre de la mort
La première, actrice partie depuis longtemps du foyer, a rompu avec sa famille après l’accident stupide qui a coûté la vie à sa fillette, confiée aux soins de son grand-père. A contrario, le second n’a pas bougé, a repris le restaurant ouvrier du père, s’obstine, par fidélité filiale autant que par idéal, à faire une cuisine généreuse à petits prix au risque de la faillite, s’occupe seul du malade depuis l’accident. Le troisième, qui semble toujours regarder la vie de haut, est un esprit fort, un blagueur amer, un faux cynique sur le point de tout perdre.

        Lire l’entretien avec Robert Guédiguian :
         

          « J’aurai toujours un rêve égalitaire »



Ces retrouvailles ont lieu à l’ombre de la mort, qui semble tout envelopper. C’est ce spectre familier qui, aujourd’hui, questionne sans mot dire ses enfants sur le continent enfoui de leur enfance, sur le sens qu’ils ont donné à leur vie, et sur l’heure du bilan dont ils pressentent pour la première fois, ces vieux enfants, qu’il est aussi bien le leur. Autant dire que les comptes, de chacun avec sa propre conscience et de tous avec tous, se règlent ici au bord de l’abîme, mais avec une délicatesse et une complexité qui nous évitent l’accablement du jeu de massacre. Tout ici est touchant, proche, humain.
La Villa, de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan (France, 2017, 107 min). www.mycanal.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.
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Poe, Stevenson Cooper : retraduire, pour rester fidèle

Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h23
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Etrange mot que « traduire », qui, tout à la fois, dit la comparution devant un tribunal, renvoie à l’expression jouée d’un sentiment et définit une langue en mouvement. Une triple signification que le traducteur se doit d’assumer pleinement, se faisant tour à tour juge, comédien et linguiste. Acteur de la langue, il endosse une parole étrangère, l’habite, la hante, en effectue la traversée. Il fera acte de justice, maniantd’« intellectuelles balances aux plateaux d’argent » (Valéry Larbaud), quand il s’agira pour lui de rendre enfin leurs vrais visages à des textes malmenés, tailladés ou dévalués, voire méprisés.
Comme ce fut le cas, à dates récentes, pour les romans noirs américains qu’il a fallu « dépigalliser », si l’on peut dire : épurer d’un argot désuet, pour les rendre à la modernité de leur langue et à la complexité de leurs personnages. Mission menée à bien par Natalie Beunat et Pierre Bondil pour Dashiell Hammett (Gallimard, « Quarto », 2009), Cyril Laumonier pour Raymond Chandler (Gallimard, « Quarto », 2013), Jean-Paul Gratias pour Jim Thompson (Rivages) ou Jacques Mailhos pour Ross Macdonald ou James Crumley (Gallmeister). Situation égale avec le fantastique et l’anticipation : citons les traductions de H. P. Lovecraft signées David Camus (Mnémos) ou François Bon (Points) ; la reprise en main du 1984, d’Orwell, par Josée Kamoun (Gallimard, 2018).

Car toute traduction, synchrone à la langue d’une époque, se doit d’être, aux plans philologique et esthétique, périodiquement remise sur le métier, refondée. C’est à une semblable campagne que l’on assiste aujourd’hui pour l’univers des classiques anglo-saxons. Comme en témoignent les retraductions d’Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson et James Fenimore Cooper qui, chacune, se confrontent à un problème différent.
Poe, reconsidéré
Avec Poe (1809-1849), c’est évidemment au modèle-obstacle de son grand « passeur », Charles Baudelaire (1821-1867), que se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’homme d’affaires hongkongais Jonathan Choi a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros la dernière exposition de l’Institut du monde arabe.
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Les musées français cherchent à profiter des largesses des mécènes chinois

L’homme d’affaires hongkongais Jonathan Choi a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros la dernière exposition de l’Institut du monde arabe.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h24
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Jonathan Choi a beau s’exprimer en anglais, le président du groupe chinois Sun Wah – spécialisé dans l’agroalimentaire, l’immobilier et les services financiers – est un francophile convaincu. Le sexagénaire hongkongais devait annoncer, mardi 16 octobre, le financement, à hauteur de 500 000 euros, de l’exposition « Cités millénaires. Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul » organisée jusqu’au 10 février à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris. En contrepartie, il crée au sein de l’IMA un centre Jonathan Choi pour la promotion du patrimoine culturel.

En 2017, déjà, l’homme d’affaires avait contribué, pour 100 000 euros, au festival Croisements, qui promeut la scène artistique française en Chine, et donné 1 million de dollars (865 000 euros) pour la rénovation de la chapelle de l’Ecole des beaux-arts de Paris, en échange de l’établissement d’un centre culturel à son nom, quai Malaquais. Sa fondation scellera aussi bientôt un partenariat avec Radio France, afin de faire venir à Paris musiciens et chefs d’orchestre chinois.
Tout commence en 2015, lorsque l’ancien ambassadeur de France en Chine, Maurice Gourdault-Montagne, l’invite à prendre un café et lui propose l’implantation de son école, 3e International School, au sein du lycée français de Pékin. Depuis, Jonathan Choi a contribué à dix projets liés à l’Hexagone et ouvert une discussion avec le Palais de Tokyo. « On a commencé à faire des choses ensemble par hasard. Mais si on ­continue sur la durée, ce n’est plus du hasard », se félicite Robert Lacombe, conseiller culturel de l’ambassade de France en Chine.

« A Hongkong, on commence à s’intéresser de plus en plus à la France, et le Brexit ne va qu’intensifier ce mouvement, confie Jonathan Choi, dont les enfants ont déjà appris le français. Mon idée, ce n’est pas de faire du “one shot” : donner de l’argent, couper le ruban, faire la photo souvenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Lars von Trier, fidèle à son style sombre, raconte l’histoire de Jack, un tueur en série, qui considère ses meurtres comme des œuvres d’art.
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« The House That Jack Built » : portrait de l’artiste en psychopathe

Lars von Trier, fidèle à son style sombre, raconte l’histoire de Jack, un tueur en série, qui considère ses meurtres comme des œuvres d’art.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h04
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – chef d’œuvre
Il y a, dans le nouveau film de Lars von Trier, trois motifs dont on pourrait dire, non pas qu’ils brisent forcément des tabous (après tout, il n’y a pas de tabous objectifs, mais uniquement ceux que la société considère comme tels) mais qu’ils risquent de heurter une sensibilité commune et contemporaine : le statut des personnages féminins du film, tous victimes et « stupides », comme le soulignera un dialogue, susceptible de favoriser une accusation de misogynie, une scène de brutalité dont sont victimes des enfants, enfin, l’évocation du nazisme et de ses réalisations techniques et architecturales à des fins de démonstration.

Il serait vain et fallacieux pourtant de considérer ces audaces comme relevant du simple souci de provocation d’un artiste poussant le bouchon un peu loin, par jeu ou par inconscience. Car ce qui se dégage de ce qu’il faut davantage considérer comme un essai cinématographique que comme une comédie macabre ou un film d’horreur apocalyptique, c’est la volonté de passer en revue ce qui fonderait une définition du Mal et les conditions de sa représentation. Subséquemment, ainsi s’agit-il d’énoncer peut-être une réflexion sur le rôle et la place de toute morale dans une activité humaine particulière, celle de l’art. Il fallait sans doute, pour cela, un remède de choc, le refus de toute demi-mesure au profit d’une rhétorique abrupte volontiers dérangeante.

Le film s’engendre sous la forme d’un dialogue en voix off, une conversation entre un nommé Jack (éblouissant Matt Dillon) et un certain Verge (Bruno Ganz), en fait la résurrection du Virgile qui guida Dante à travers les cercles de l’enfer dans La Divine Comédie. Jack est un tueur en série commentant placidement ses meurtres, à la recherche d’un sens qu’il ne trouve peut-être pas et à quoi cherche à répondre son interlocuteur, image du questionnement sceptique et rationnel.

Construit en chapitres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans un voyage, ce n’est pas la destination qui compte. Le photographe italien Guido Guidi semble avoir puisé dans la célèbre maxime l’essence de son livre « Per Strada », une exploration minutieuse des alentours de la via Emilia, qui relie Milan à Rimini.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/10/16/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans son livre « Per Strada », l’Italien Guido Guidi traque l’ordinaire dans les alentours de la via Emilia, qui relie Milan à Rimini.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                
                                    

L’humble Italie du photographe Guido Guidi


                      Dans son livre « Per Strada », l’Italien Guido Guidi traque l’ordinaire dans les alentours de la via Emilia, qui relie Milan à Rimini.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 10h03
    |

            Philippe Ridet








   


Il y a dans les photos de Guido Guidi quelque chose d’un dimanche après-midi de novembre. La lumière est pâle, comme effacée, les rues presque vides, désertées. Ce sont à peine des lieux, à peine des paysages, à peine l’Italie.
Il y manque tout ce pour quoi des millions de touristes font le déplacement de l’autre côté des Alpes. Pourtant, nous sommes bien dans la péninsule italienne, dans les parages de la via Emilia qui relie Milan à Rimini sur la côte Adriatique. Ce photographe du territoire, né en 1941 à Cesena et formé à l’école d’architecture de Venise, explore méthodiquement cette zone depuis des décennies.
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            data-slide-description="Via Emilia, Cesena, 1984."
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            data-slide-description="Via Caporali, Cesena, 1985."
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            data-slide-description="Piazza Aguselli, Cesena, 1984."
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            data-slide-description="Teatro Alessandro Bonci, Cesena, 1984."
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            data-slide-description="Ronta, Cesena, 1985."
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            data-slide-description="Corso Giuseppe Mazzini, Cesena, 1980."
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            data-slide-description="Via Chiesa di Ronta, Cesena, 1984."
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            data-slide-description="Via Chiesa di Ronta, Cesena, 1985."
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            data-slide-description="Via Emilia, Forlimpopoli, 1985."
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            data-slide-description="Via Montaletto, Cervia, 1986."
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            data-slide-description="Via Cavalcavia, Cesena, 1991."
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Via Emilia, Cesena, 1984.

GUIDO GUIDI
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Mais à voir les clichés de ces maisons, de ces carrefours, de ces garages, de ces routes, c’est un sentiment de déjà-aperçu qui s’impose. Ce que Guido Guidi nous montre, c’est ce que le voyageur ne regarde pas, l’esprit obnubilé par la prochaine étape.
Photographe de paysage
Nous avons sûrement traversé ces bourgs immobiles qu’aucun guide ne signale, entre deux destinations autrement plus prestigieuses où il nous tardait d’arriver avant la nuit. Nous les avons vus, mais vaguement, sans les retenir. Pas assez monumentaux sans doute. Pas assez « italiens ». Peut-être nous sommes-nous dit : « Tiens, on pourrait déjeuner là. » Mais le temps d’y penser, on était déjà trop loin.
C’est au milieu des années 1970, alors qu’il est photographe au département d’urbanisme de l’université de Venise, que Guido Guidi décide de se consacrer presque uniquement à la photographie de paysage. « Un retour à la vie, à la rue », affirme-t-il. Et plus particulièrement aux interstices, aux lisières, aux marges. Il dit qu’il travaille « à la frontière ».
Son souci de ne pas « monumentaliser les espaces », de considérer la « photographie comme un prolongement de l’œil » tout en travaillant dans de grands formats, conduit à cette étrange familiarité qui fait l’admiration du Britannique Martin Parr.
Hommage à la marge
Périphériques et dénués de charme évident, les paysages italiens de Guido Guidi nous plongent dans une forme d’attente d’un événement qui ne se produira sans doute jamais. Guido Guidi, professeur aux Beaux-Arts de Ravenne et à l’Institut d’architecture de Venise, ne nous contredit pas, qui pense que, « si la peinture met le sujet au centre de la toile, la photographie le déplace sur les bords du cliché ». « C’est là que l’histoire commence », estime-t-il.

   


Cette Italie-là nous touche comme un regret. Un rendez-vous manqué. Quand on y repense, c’est évident : nous aurions dû nous attarder davantage en Émilie-Romagne… « Je ne veux pas forcément vous montrer quelque chose, à vous spectateur, explique pourtant le photographe. Mais me faire voir à moi ce que sont les choses. »
Parfois, ce réel est si volatil qu’il s’y reprend à plusieurs fois pour le piéger sur la pellicule. Même angle, même distance, même lieu, trois photos : « Dans ce cas, c’est le passage du temps que je veux photographier. » On pourrait juger l’objectif présomptueux s’il n’était pas parfaitement atteint.
Per Strada, de Guido Guidi, éd. Mack, 464 p., 60 €. À paraître le 22 octobre.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La ministre, qui s’était donné pour mission de lutter contre les ségrégations culturelles, est remplacée par Franck Riester.
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Françoise Nyssen fragilisée par les polémiques et un manque de charisme

La ministre, qui s’était donné pour mission de lutter contre les ségrégations culturelles, est remplacée par Franck Riester.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 11h18
    |

            Sandrine Blanchard, 
Nicole Vulser et 
Alexandre Piquard








                        



   


Quelle ironie du sort pour Françoise Nyssen ! Sa vie d’avant, qui lui avait valu une série de papiers élogieux lors de son arrivée rue de Valois et un accueil bienveillant du monde de la culture, a fini par causer sa chute. Son itinéraire d’entrepreneuse à la tête des éditions Actes Sud, qu’elle a développées avec succès à Arles (Bouches-du-Rhône) au côté de son mari Jean-Paul Capitani, lui revient comme un boomerang pour de vilaines histoires de non-respect des règles d’urbanisme et de protection du patrimoine dévoilées en épisodes, depuis le début de l’été, par Le Canard enchaîné.
Elle a eu beau se défendre en arguant qu’elle ne s’occupait pas des locaux d’Actes Sud mais de dénicher des auteurs, puis en reconnaissant des « négligences », rien n’y a fait. La ministre, déjà critiquée pour son manque de charisme et de clarté dans sa politique, n’aura tenu que dix-sept mois à la tête d’un ministère où, depuis plus de dix ans, les locataires ne tiennent pas plus de deux ans.

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          L’onde de choc Nyssen déstabilise Actes Sud



Ces derniers jours, elle était « fâchée » par toutes ces attaques et ne cachait pas à son entourage son sentiment de « vivre une injustice ». La nomination, samedi 1er septembre, d’Agnès Saal au poste de haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la culture, deux ans après sa condamnation pour des notes de taxi pharaoniques à l’INA, aura achevé de ternir l’image de Françoise Nyssen.
Contrairement à son ami Nicolas Hulot, Françoise Nyssen n’a cessé de répéter qu’elle n’a « à aucun moment songé à démissionner ».
Elle quitte le gouvernement un peu plus d’un mois après Nicolas Hulot. En mai 2017, l’éditrice, qui n’a jamais caché ses convictions de gauche, avait scellé son arrivée au gouvernement à celle de l’écologiste : « Si tu y vas, j’y vais », lui avait-elle dit. Mais, contrairement à son ami, Françoise Nyssen n’a cessé de répéter qu’elle n’a « à aucun moment songé à démissionner ». Jusqu’au dernier jour elle s’est accrochée, s’est félicitée d’avoir obtenu un budget « préservé » pour la politique culturelle et a mis à son agenda toutes les thématiques qui lui tenaient le plus à cœur : la « culture près de chez vous », le projet de directive européenne en faveur du droit d’auteur et le développement de l’éducation artistique.

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          Françoise Nyssen : « L’audiovisuel public doit anticiper et oser »



Novice à l’épreuve du pouvoir
L’Arlésienne préférait la province à Paris, les rencontres avec les « faiseurs de culture au quotidien » plutôt que les réunions rue de Valois avec les grands opérateurs de la capitale. « Ma politique est aux antipodes de la vision parisianiste et conservatrice de la culture défendue par certains », martelait encore Françoise Nyssen, le 30 août dans un entretien au quotidien Paris-Normandie. Rééquilibrer géographiquement le budget du ministère de la culture pour lutter contre la « ségrégation culturelle » était l’un de ses objectifs. Constatant que son ministère dépensait « dix fois plus en Ile-de-France qu’ailleurs » et qu’il existait sur le territoire des « zones blanches du service public culturel » elle a lancé, en mars, le plan « culture près de chez vous » qui prévoit notamment la circulation d’« œuvres iconiques des collections nationales », sauf la Joconde qu’elle avait malencontreusement citée en exemple alors que son déplacement coûterait une fortune.

        Lire aussi la chronique de Michel Guerrin :
         

          « Françoise Nyssen a des convictions et des idées, plus que d’autres dans le passé. Mais elle rame »



Novice à l’épreuve du pouvoir, reconnaissant elle-même être mal préparée à la fonction, Françoise Nyssen a mis du temps à communiquer sur son action et à comprendre la dureté du monde politique. « Elle n’a pas mesuré à quel point la politique est un rapport de force », constate l’un de ses proches. Piètre oratrice, elle n’a pas convaincu le 7 mars à « La Matinale » de France Inter – répétant sans cesse « il faut réfléchir » – et est restée invisible à la télévision. Elle a aussi dû faire face aux conseillers culture du couple exécutif, Olivier Courson (Matignon) et Claudia Ferrazzi (Elysée), « qui ont été épouvantables avec elle », témoigne une membre de son entourage, ainsi qu’à la nomination, imposée par Emmanuel Macron, de Stéphane Bern, missionné sur la préservation du patrimoine. Elle a vu partir de nombreux membres de son administration et de son cabinet.

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          Macron lance officiellement le Loto du patrimoine



Que reste-t-il à son actif ? Un plan en faveur de l’ouverture plus large des bibliothèques issu du rapport de l’académicien Erik Orsenna (ami du président et de la ministre), l’expérimentation, en 2019, d’un bonus de 15 % dans le cinéma pour les films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité femmes-hommes et surtout la mise en route du projet Passe culture, promesse présidentielle du candidat Macron. Sceptique au départ, Françoise Nyssen était convaincue que cette future application géolocalisée et créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, allait « changer la donne dans l’offre culturelle ». Quant à son dada de l’éducation artistique, elle a fini par imposer cette thématique auprès de son homologue à l’éducation nationale.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Françoise Nyssen : « Le passe culture ne sera pas un “gadget” »



Réforme de l’audiovisuel public
Sur l’audiovisuel public, Françoise Nyssen a limité la casse : sur ce sujet qu’elle ne connaissait pas du tout et qu’Emmanuel Macron avait miné en critiquant fortement France Télévisions, la ministre a finalement réussi à ne pas se faire court-circuiter par les parlementaires ou par le Comité action publique 2022 de Matignon, pourtant invités à participer à l’élaboration de la réforme. C’est Mme Nyssen qui dévoilera elle-même – certes un peu tard – la réforme le 4 juin. Au menu : régionalisation accrue de France 3, suppression de la chaîne pour enfants France 4 – puis de celle de l’Outre-mer France Ô –, obligation pour l’audiovisuel public d’investir dans le numérique 150 millions d’euros de plus par an à l’horizon 2022, réforme du modèle social de France Télévisions…
Dans un autre registre, Françoise Nyssen s’est plutôt bien sortie de « l’affaire Mathieu Gallet », le président de Radio France condamné pour favoritisme
Sur le fond, l’approche prônée par la ministre, par certains parlementaires et par les entreprises concernées – se concentrer d’abord sur les missions du secteur plutôt que de lui imposer une saignée budgétaire – l’a emporté. Le 19 juillet, Matignon annonce que France Télévisions, Radio France, Arte, l’INA, France 24, RFI et France Médias Monde devront économiser 190 millions d’euros par an d’ici à 2022. La potion est amère mais moins que les remèdes les plus radicaux prônés par Bercy. Dans un autre registre, Françoise Nyssen s’est plutôt bien sortie de « l’affaire Mathieu Gallet », condamné pour favoritisme : elle a pris un risque en suggérant que le Conseil supérieur de l’audiovisuel devait révoquer le président de Radio France mais l’autorité a fini par suivre son conseil.
Toutefois, il reste beaucoup de chemin avant le vote de la « grande loi audiovisuelle » annoncée par Mme Nyssen pour début 2019. Il s’agit encore de régler des sujets qui fâchent, comme l’instauration d’un président unique pour les sociétés d’audiovisuel public. Quant à la loi sur la manipulation de l’information, souvent surnommée « loi fake news », qui émanait au départ de l’Elysée mais que Mme Nyssen a défendu en séance, elle a fini par être votée en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale mercredi 10 octobre.
Des relations tendus avec le monde de l’édition
Autre camouflet, Françoise Nyssen a appris par un décret publié au Journal Officiel du 10 juillet 2018 que « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », pourtant stratégique rue de Valois, ne relevait plus de ses compétences, mais de Matignon. Tout comme la tutelle exercée sur le Centre national du Livre. Ce décret a interdit aussi à la ministre toute décision concernant la maison Actes Sud.

        Lire aussi la chronique de Philippe Ridet dans « M » :
         

          Elle est comme ça… Françoise Nyssen



Cette salve de mesures, d’une logique imparable, a été prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAPVP) qui veille aux conflits d’intérêts de tous les membres du gouvernement. La ministre, avant de prendre ses fonctions, avait mis fin aux mandats qu’elle exerçait au sein d’Actes Sud, la maison fondée par son père et qu’elle dirigeait avec Jean-Paul Capitani. Si elle avait renoncé à ses fonctions au conseil d’administration de la maison-mère et de ses filiales, Françoise Nyssen avait en revanche conservé la jouissance de l’usufruit des parts détenues par ses enfants. Elle estimait cet effort suffisant, sans vouloir comprendre qu’elle ne pouvait pas exercer de tutelle sur le Centre national du livre (CNL) qui distribue des subventions publiques à tous les éditeurs et avait ainsi accordé 264 167 euros à la maison d’édition arlésienne en 2016 et 111 505 euros l’année suivante.

        Lire aussi la chronique de Michel Guerrin :
         

          « Tout le monde ou presque veut que Françoise Nyssen s’en aille, et elle est toujours là »



Les relations entre la ministre et le monde de l’édition ont paradoxalement été particulièrement tendues. La grogne des auteurs a atteint son paroxysme au cœur de l’été. Pendant des mois, les représentants des auteurs ont demandé en vain à la ministre à être entendus sur la réforme des retraites, la hausse non compensée de la CSG et leurs trop faibles revenus. Au point où Joan Sfarr, l’auteur de la bande dessinée Le Chat du rabbin avait assuré le 11 juillet sur France Inter que « l’histoire rappellera que c’est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains ». En cette année de quarantième anniversaire d’Actes Sud, Jean-Paul Capitani reconnaissait en privé que, depuis que sa femme occupait le poste de ministre de la culture, « c’est l’enfer ».

        Lire aussi :
         

                Franck Riester, un « constructif » au ministère de la culture






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La Nuit de l’amour et des idées a emporté les spectateurs du Monde Festival pour huit heures de philosophie, de conversations et de musique au Théâtre des Bouffes du Nord.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa a conversé avec notre journaliste chargé du suivi de l’Amérique latine, Paulo Paranagua, samedi 6 octobre au Monde Festival.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ « Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.
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Sagesse posthume de Stephen Hawking

« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps », recueil testamentaire du célèbre astrophysicien mort en mars, paraît mercredi en France.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 06h58
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
« Brèves réponses aux grandes questions de notre temps » (Brief Answers to the Big Questions), de Stephen Hawking, traduit de l’anglais par Tania de Loewe, Odile Jacob, 240 p., 19,90 €.

Quand, au début des années 1960, Stephen Hawking (1942-2018) apprend qu’il souffre de la maladie de Charcot, la médecine lui annonce une mort dans les années qui suivent. Si elle avait eu raison, le Britannique n’aurait pu explorer le monde troublant des trous noirs, il n’aurait pas écrit sa Brève histoire du temps (Flammarion, 1989), il ne serait pas devenu le scientifique le plus célèbre depuis Albert Einstein.
Mais la mort a eu la courtoisie d’attendre et, même après son rendez-vous avec elle, le 14 mars, Stephen Hawking continue de parler dans un ouvrage posthume qui paraît en anglais mardi 16 octobre et en français le 17.
Aucune interrogation ne lui semble insurmontable
Disons-le d’emblée, Brèves réponses aux grandes questions est un recueil de dix textes que le chercheur avait tirés de ses archives et il n’échappe pas aux travers du genre – chapitres inégaux, répétitions… Mais là n’est pas l’essentiel ; les testaments sont rarement bien écrits.
Avec l’assurance presque insolente qui le caractérisait, Stephen Hawking apporte ses réponses aux grandes, aux immenses questions qui ont traversé son travail de chercheur et de vulgarisateur pendant un demi-siècle : Dieu existe-t-il ? Comment l’Univers a-t-il commencé ? Peut-on prévoir l’avenir ou voyager dans le temps ?

Chacune de ces interrogations est en soi un Everest, mais aucune ne semblait insurmontable à celui qui, prisonnier d’un corps de chiffon, envoyait son cerveau explorer les confins du cosmos. C’est à ces voyages par la pensée que Stephen Hawking convie d’abord ses lecteurs.
En montrant par exemple que le Big Bang marque le commencement du temps, il explique que ce dernier n’est pas l’inexorable absolu des pendules,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
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Malotru revient, Lena Dunham s’égare… Une semaine de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h32
    |

                            Martine Delahaye








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Les bonnes choses se méritent : après un an d’attente, la saison 4 du Bureau des Légendes s’apprête à débarquer pour vous tenir en haleine le temps de dix épisodes. On aurait aimé en dire autant du retour de Lena Dunham, co-créatrice de la décevante série Camping... Si vous êtes à Marseille, ne manquez pas le parcours proposé par le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) autour des séries israéliennes, parmi les meilleures à l’heure actuelle.
« Le Bureau des légendes » : à l’heure du cyber-espionnage

L’œuvre captivante qu’élabore Eric Rochant autour du service français de renseignement extérieur (DGSE) se poursuit et prend même un nouveau départ en cette quatrième saison que Canal+ diffusera à partir du lundi 22 octobre.
Féru de documentation sur l’espionnage, auteur d’intrigues puissamment inspirées de sujets d’actualité et de faits réels, le cinéaste propose une saison du Bureau des légendes (BDL) toujours mise en scène avec rigueur, et servie par de très bons acteurs auxquels se joignent cette année Mathieu Almaric, surnommé « JJA », en nouveau directeur de la sécurité interne de la DGSE, ainsi qu’un jeune hacker, César.
Pour rappel, la situation de nos espions français est la suivante, alors que s’ouvre cette nouvelle saison. Traqué par la CIA et la DGSE, l’agent français Malotru (Mathieu Kassovitz) se cache à Moscou. Le service des légendes, lui, est dorénavant dirigé par Marie-Jeanne Duthilleul (l’excellente Florence Loiret-Caille) ; celle-ci compte bien récupérer Malotru coûte que coûte, et lance par ailleurs à Moscou une mission à haut risque : introduire un agent clandestin dans le milieu des hackeurs moscovites. Pour sa part, JJA se montre décidé, sous couvert d’un audit de fonctionnement du BDL, à découvrir les manquements et trahisons qui ont mené à « l’affaire Malotru », « la pire catastrophe interne que la DGSE ait jamais connue ».
Evoluant peu ou prou au rythme des conflits mondiaux, la série engage son récit dans plusieurs directions : la cyber-guerre entre puissances et le développement inéluctable de l’intelligence artificielle, le retour de la Russie en arbitre sur la scène internationale et le conflit sans fin dans un Moyen-Orient dévasté. En prenant le temps de porter un regard distancié sur cette sombre réalité. 
« Le Bureau des légendes », saison 4, série créée par Eric Rochant. Avec Mathieu Kassovitz, Florence Loiret-Caille, Sara Giraudeau, Jonathan Zaccaï (France, 2018, 10 x 52 minutes). Sur Canal+ à partir du lundi 22 octobre à 21 heures. La troisième saison reste disponible sur Canal+Séries.
Le MuCEM met en valeur les séries israéliennes

Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), à Marseille, donnera à découvrir, du 18 au 21 octobre, tout un parcours autour des séries israéliennes, lesquelles sont souvent devenues des références à l’international : Betipul, adaptée dans un nombre impressionnant de pays et devenue In Treatment aux Etats-Unis ; Hatufim, adaptée ou traduite dans quarante-huit pays et surtout connue pour son adaptation en Homeland ; Fauda, parmi les séries les plus populaires dans l’histoire de Netflix, etc.
Projections de séries primées (saisons intégrales ou épisodes pilotes), installations et performances s’organiseront autour de trois séquences : « Les femmes » (19 octobre), « Les religions » (20 octobre) et « Le conflit israélo-palestinien » (21 octobre). En soirée d’ouverture, Avi Nir, producteur de Hatufim qui a inspiré Homeland, analysera les ressorts psychologiques, politiques et sociaux sur lesquelles ces séries reposent principalement, ainsi que l’écho international auxquelles elles donnent souvent lieu.
On ne peut par ailleurs que recommander d’y découvrir la comédie très réussie On The Spectrum, lauréate du grand prix international au festival Séries Mania en 2018, ou encore la tragique Fauda, sur le conflit israélo-palestinien ; sans oublier le thriller (que nous n’avons pas vu) When Heroes Fly, sur la dernière mission de quatre vétérans de Tsahal, primée meilleure série lors du festival CanneSéries 2018.
« Camping » : mais pourquoi Lena Dunham nous embarque dans cette galère ?

Indéniablement, avec sa série Girls (2012-2017), dérangeante tout autant qu’innovante, Lena Dunham a modifié le regard porté sur ce qu’est, au sortir de l’adolescence, l’atterrissage dans la vie sexuelle, la vie à deux, la vie sociale quand on a 20 ans. Bâtie sur les doutes, humiliations, échecs et joies explosives de quatre jeunes new-yorkaises, Girls a fait passer Sex & the City pour de la simple préhistoire.
On pouvait donc s’attendre à ce que celle qui tint les rênes de Girls en tant qu’auteure, productrice, réalisatrice et actrice, revienne au petit écran de manière flamboyante. Or sa dernière création, l’adaptation d’une mini-série britannique homonyme due à Julia Davies, sonne terriblement faux dès sa première séquence.
Réunissant quelques couples d’une trentaine à une quarantaine d’années pour un week-end de camping, afin de fêter le 45e anniversaire de son mari (David Tennant, toujours excellent), Kathryn exaspère très vite les invités… tout autant que le spectateur. Jennifer Garner, interprète de Katryn, surjoue la femme à bout de nerfs et tue ici tout effet de comédie, ne donnant très vite qu’une envie : remballer la tente et les cannes à pêche pour en finir au plus vite avec cette escapade mortellement ennuyeuse.
« Camping », série de Lena Dunham et Jennifer Konner. Avec Jennifer Garner, David Tennant (Etats-Unis, 2018, 8 x 26 minutes). Sur OCS City, le lundi depuis le 15 octobre à 22 heures (un épisode par soir).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les questions de genre commencent à être intégrées dans les cursus en architecture et en urbanisme. Objectif : rendre la ville plus égalitaire entre les hommes et les femmes.
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Objectif : rendre la ville plus égalitaire entre les hommes et les femmes.        Par  Jessica Gourdon   Publié aujourd’hui à 05h30, mis à jour à 16h28   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  A la sortie de la station de métro Opéra, à Paris, en 2014. FRED DUFOUR / AFP             Les villes favorisent-elles, de manière consciente ou inconsciente, des usages majoritairement masculins ? A première vue, le décor est planté : équipements sportifs extérieurs se limitant à des appareils de musculation, des skate-parks ou des terrains de basket ; toilettes publiques absentes ou peu indiquées ; stations de métro non accessibles avec une poussette ; bancs publics rares ou inhospitaliers ; rues mal éclairées, propices à créer un sentiment d’insécurité ; cours de récréation qui peuvent facilement être « squattées » par quelques joueurs de foot, reléguant les filles aux marges… Sans parler des noms de rue célébrant des personnages masculins dans leur écrasante majorité ou des affiches publicitaires qui surfent sur des stéréotypes de genre.          Comment faire en sorte que les villes soient plus agréables à vivre pour tous, et notamment pour les femmes ? A l’ère des smart cities, cette approche entre timidement dans les formations des étudiants qui fabriqueront les cités de demain. « Les sociologues sont entrés dans les écoles d’architecture depuis une trentaine d’années. Mais la réflexion sur l’impact du genre dans les constructions et les aménagements est très récente, décrit l’architecte Anne Labroille, qui enseigne dans le master d’urbanisme de Paris-Nanterre. Cette approche a commencé à se diffuser dans les départements de géographie et les instituts d’urbanisme. Aujourd’hui, elle entre – timidement – dans les écoles d’architecture. »           Lire aussi Le Grand Paris booste les écoles de travaux publics             L’école d’architecture de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) propose ainsi, depuis deux ans, un séminaire sur la prise en compte du genre dans l’aménagement. Elle lancera au second semestre un cycle autour de la représentation « genrée » de l’espace dans les films. « Nous allons aussi inviter plus de femmes dans nos conférences, avoir des jurys mixtes, et introduire cette perspective un peu partout », dévoile la directrice de l’école, Amina Sellali.          « On a de plus en plus de demandes sur ces questions », confirme Olivier Charoin, qui enseigne à l’école d’architecture de Bordeaux. Dans cette ville, justement, le sociologue Yves Raibaud organise des balades urbaines avec des étudiants pour étudier la ville genrée. A l’école de Paris-La Villette, un colloque a été organisé l’année dernière sur ces thèmes.          Terrain miné                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
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Lars von Trier, aux racines du mal

Rencontre, à Copenhague, avec le cinéaste controversé alors que sort son dernier film, l’horrifique « The House That Jack Built ».



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 10h14
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

L’architecte danois Bjarke ­Ingels, fameux pour tordre les dogmes de sa profession, expose au Kunsthal Charlottenborg, un musée d’art contemporain de ­Copenhague, sa collaboration avec son compatriote Lars von Trier, cinéaste non moins doué et roué.
Ensemble, ils ont bâti une maison à partir d’un matériau des plus macabres : une pile de cadavres – en réalité, des mannequins de silicone grimés. Avant d’être exposé, l’édifice a servi de décor pour The House That Jack Built, le nouveau film de von Trier, présenté hors compétition à Cannes. C’était le grand retour du réalisateur sur la Croisette sept ans après en avoir été tenu à l’écart en raison de propos lors d’une conférence de presse où il déclara notamment « comprendre Hitler ».

En salle mercredi 17 octobre, The House That Jack Built raconte l’histoire d’un architecte médiocre, sexiste et néonazi qui, incapable de dessiner sa propre maison, finit par en construire une avec les dépouilles de ses victimes – l’homme est tueur en série à ses heures.

Lars von Trier habite dans une maison autrement chaleureuse, au nord de Copenhague. Depuis sa naissance, il y a 62 ans, il n’a jamais quitté cette banlieue aisée et boisée. Mobilier clair, canapé épais, lumières douces ; un gâteau achève de nous souhaiter la bienvenue. Les Danois ont un ­adjectif – « hyggelig » – pour décrire ces intérieurs qui respirent le confort et le bien-être. « Ici, ce n’est pas très “hyggelig”, corrige le cinéaste. Ce n’est pas assez petit, et il n’y a pas de bougies. » Quid de ces chandelles, dans les recoins ? « Ah oui…, admet-il, rigolard. C’est la marque d’une présence féminine. Les femmes aiment les bougies ; moi pas. »
Terrain glissant
Un nounours, échappé des décors de Diretkor (2006), lorgne des livres de Stephen King et Somerset Maugham, posés sur la table basse : « Mon petit-fils joue avec… »
Cheveu...




                        

                        


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Un film sur le braqueur Redoine Faïd en préparation aux Etats-Unis

Le braqueur multirécidiviste en cavale, arrêté le 3 octobre, avait affirmé s’être lui-même inspiré d’Hollywood pour ses braquages.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 22h44
   





                        



   


La vie du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd et ses évasions spectaculaires en France vont être prochainement adaptées au cinéma, selon les informations du magazine américain Variety, publié le 10 octobre. Des producteurs américains ont demandé au réalisateur français Pierre Morel, habitué des films d’action (Banlieue 13, Taken, Peppermint ), de prendre les commandes du projet.
« Ce thriller policier, dont le titre n’est pas encore connu, va retracer les authentiques tribulations et évasions du charismatique criminel Redoine Faïd », a annoncé la division « divertissement » du groupe Condé Nast (Vogue, Vanity Fair, GQ, etc.) qui va coproduire le fim avec Sentient Entertainment.
L’homme le plus recherché de France avait été condamné en avril à vingt-cinq ans de prison pour son rôle d’organisateur d’un braquage raté en 2010 au cours duquel une policière municipale avait été tuée.
Aidé par un commando armé qui avait pris en otage un pilote d’hélicoptère, Redoine Faïd s’était évadé de la prison de Réau, près de Paris, le 1er juillet. Sa fuite s’est achevée le 3 octobre à Creil, la ville où il a grandi et où il se cachait des policiers lancés à ses trousses.

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Braqueur cinéphile
L’intérêt des studios américains pour Redoine Faïd, qui vient d’être incarcéré dans le nord de la France après trois mois de cavale sous une burqa, tient de la mise en abyme : il a affirmé s’être lui-même inspiré d’Hollywood pour ses braquages et a comparé le stress ressenti avant les attaques de fourgon au trac des acteurs.

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Dans son livre autobiographique, Redoine Faïd, 46 ans, expliquait avoir visionné des dizaines de fois le film Heat, de Michael Mann, dans lequel un policier incarné par Al Pacino pourchasse sans relâche un braqueur que joue Robert De Niro.
« Vous avez été mon conseiller technique », avait-il même lancé en 2009, alors qu’il venait de sortir de prison, au réalisateur américain, interloqué, à la Cinémathèque de Paris. Il avait expliqué que le film lui avait servi de modèle pour sa série d’attaques de fourgon blindé.



                            


                        

                        

