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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Gaël Giraud se félicite de voir les travaux de Paul Romer, critique de la macroéconomie « mainstream », couronnés par le prix Nobel d’économie.
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Paul Romer, le Nobel qui a osé révéler que « le roi de la théorie macroéconomique est nu »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Gaël Giraud se félicite de voir les travaux de Paul Romer, critique de la macroéconomie « mainstream », couronnés par le prix Nobel d’économie.



LE MONDE ECONOMIE
 |    16.10.2018 à 17h45
    |

Gaël Giraud (Directeur de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’économiste américain Paul Romer [lundi 8 octobre, conjointement à l’Américain William Nordhaus] a été récompensé par le « prix de la Banque de Suède [nommé plus couramment prix Nobel d’économie] à la mémoire d’Alfred Nobel » pour ses travaux sur la « croissance endogène », publiés entre 1986 et 1990. L’idée maîtresse de ces contributions, devenues aujourd’hui des « classiques », est que la croissance du produit intérieur brut (PIB) ne saurait être due à la seule combinaison de l’accumulation du capital et du travail. L’éducation et l’investissement dans la recherche et développement jouent aussi un rôle décisif en favorisant un progrès technique qui, à son tour, accélère la croissance. Encore faut-il qu’un pays s’en donne les moyens.
Ces considérations n’ont hélas rien perdu de leur actualité aujourd’hui, dans un monde où l’éducation primaire reste, au Sud, un échec retentissant — 80 % des enfants sont désormais scolarisés, certes, mais 60 % d’entre eux n’apprennent ni à compter ni à lire — et où l’investissement dans la recherche connaît, au nord, un recul significatif depuis plusieurs années. En témoigne le nouvel indice de capital humain, publié par la Banque mondiale le 10 octobre, dont les travaux préparatoires, directement inspirés des théories de la croissance endogène, ont été initiés il y a un peu plus d’un an, alors que Paul Romer officiait comme économiste en chef de l’institution de Washington.
Dans les années 1980, cette attention aux conditions de possibilité du progrès technique apportait un peu de chair au célèbre modèle de Solow-Swan qui, depuis bientôt deux décennies, servait alors de paradigme à la macroéconomie occidentale d’inspiration non-keynésienne, et qui joue encore en partie ce rôle aujourd’hui. En partie, seulement, car entre-temps le cadre dynamique proposé par Solow a été remplacé par des modèles statiques, construits à la faveur de la « révolution méthodologique » qui, dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Thibaud Brière, en charge des questions éthiques au sein d’un groupe de BTP, propose de se saisir de « la fête des entreprises », le 18 octobre, pour populariser le hashtag #balance ton entreprise et libérer la parole des salariés.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Ce sont les salariés qui ont le plus intérêt à la défense de leur entreprise sur le long terme »

Dans une tribune au « Monde », Thibaud Brière, en charge des questions éthiques au sein d’un groupe de BTP, propose de se saisir de « la fête des entreprises », le 18 octobre, pour populariser le hashtag #balance ton entreprise et libérer la parole des salariés.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 15h00
    |

Thibaud Brière (Conseiller en management, délégué à la philosophie de l’organisation du groupe de BTP Hervé)







                        



                                


                            
Tribune. Le jeudi 18 octobre, le collectif « J’aime ma boîte », initié par Sophie de Menthon, a décidé que ce serait la fête des entreprises, avec un slogan prometteur pour l’édition 2018 : « Fais bouger ta boîte ! » Son objectif affiché : permettre aux salariés de « montrer un autre visage de leur entreprise ». Qui ne souscrirait à un tel programme ? Qui ne voudrait le bien de l’entreprise à laquelle il participe, sur le long terme ?
Or c’est un fait que, par souci de la pérennité de son entreprise, le salarié doit parfois défendre celle-ci contre elle-même, ou plutôt contre des comportements internes, de la part d’actionnaires ou de dirigeants qui, au nom d’une maximisation de la rentabilité financière à court terme, font jouer leurs intérêts contre ceux de l’entreprise, jusqu’à y sacrifier son avenir. Confondant démarche d’entrepreneur et démarche de prédateur, ils épuisent ce qu’ils exploitent au lieu de le cultiver. Les méthodes mises en œuvre par quelques-uns pour vampiriser l’entreprise commune doivent être portées à la connaissance de tous pour faire « bouger [la] boîte ». Cela servira de révélateur : les vampires détestent la lumière du jour !
Trop d’abus perdurent à cause du silence de ceux qui pourraient parler
C’est un fait aussi que nombre d’entreprises abritent des pratiques criminelles (comme le financement du terrorisme dont Lafarge est actuellement suspecté), délictueuses (comme l’évasion fiscale, la corruption, l’entente commerciale entre « concurrents ») ou socialement condamnables (comme le management toxique, les arnaques commerciales, l’obsolescence programmée, l’optimisation fiscale, la maltraitance animale…).
Or la mise en œuvre de toutes ces pratiques nécessite la collaboration de salariés, qui doivent le 18 octobre prendre la liberté de raconter publiquement ce qu’ils savent pour enfin marquer leur désaccord. Trop d’abus perdurent à cause du silence de ceux qui pourraient parler.
Fonction...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le club informel, qui rassemble des hauts fonctionnaires, des diplomates et des ministres des finances baltes, nordiques et irlandais, prône un strict respect des règles de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Cécile Ducourtieux   Publié aujourd’hui à 14h16, mis à jour à 14h17   Lecture 7 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Le ministre néerlandais des finances, Wopke Hoekstra, l’un des membre de l’informelle « ligue hanséatique », à La Haye (Pays-Bas), le 18 septembre. REMKO DE WAAL / AFP             Tout le monde en a déjà vaguement entendu parler à Bruxelles, mais peu nombreux sont les initiés, et, quand on les interroge sur ce club informel, ils prennent des airs de conspirateurs. Pas question de les citer nommément : ils ne recherchent pas la publicité. Pour faire croître leur influence naissante dans les cercles du pouvoir européens, ils privilégient la discrétion et l’entregent des diplomates.          Quelle est donc cette nouvelle « ligue hanséatique », qui s’est récemment constituée en marge de l’Eurogroupe et de l’Ecofin, les réunions des ministres des finances de l’Union européenne (UE) et de la zone euro ? Qui sont ses membres, pourquoi ont-ils éprouvé le besoin de se serrer les coudes ?          La « ligue » n’est pas complètement étrangère au fait que le sommet de la zone euro, programmé, jeudi 18 octobre, à l’heure du déjeuner, ne propose qu’un menu ultraléger. Les dirigeants irlandais, néerlandais, danois, baltes et suédois, qui la constituent, ont, en grande partie, sapé les idées élyséennes pour relancer l’intégration de l’union monétaire.          C’est l’équipe du Financial Times, à Bruxelles, qui a eu l’idée de baptiser cette coterie la « nouvelle ligue hanséatique » en référence à la fameuse Hanse d’une trentaine de villes, qui avait exercé un quasi-monopole sur le commerce entre la mer du Nord et la Baltique, du XIIe au XVIIe siècle.          Le libre-échange est une très bonne chose          Les diplomates, eux, hésitaient entre plusieurs appellations : le « bad weather country club » (« club des pays du mauvais temps ») ou « l’anti-Club Med », l’alliance des pays économes, en référence aux pays du « Club Med » (la Grèce, Chypre ou le Portugal), accusés, eux, d’avoir frôlé la faillite pendant la crise à cause d’une supposée propension nationale à dilapider l’argent public.          Si les premiers contacts entre hauts fonctionnaires et diplomates ont commencé dès le début de 2017, la « ligue » s’est matérialisée, pour la première fois, en novembre de la même année, lors d’un discret dîner bruxellois des ministres des finances baltes, nordiques et irlandais, rejoints, pour le café, par le Néerlandais et l’Allemand (à l’époque, il s’agissait de Peter Altmaier, ministre par intérim).                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   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Les transports, nouveau défi des ONG environnementales

Greenpeace, WWF France, Fondation pour la nature et l’homme… la mobilité du quotidien alimente la réflexion et les projets des grandes associations de protection de l’environnement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 14h00
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Au siège national de Greenpeace, au cœur de Paris, il n’y aura bientôt plus assez de place dans le couloir de l’entrée pour entreposer les ­vélos. Les salariés sont de plus en plus nombreux à choisir ce mode de transport. Hasard ou opportunité, cette appétence pour la bicyclette accompagne l’intérêt croissant de la célèbre ONG de protection de l’environnement pour la mobilité du quotidien.
Chacun connaît les thèmes de prédilection de cette association fondée au Canada en 1971 : essais nucléaires, déchets radioactifs, pollution chimique, culture des OGM… Depuis peu, Greenpeace se penche aussi sur la place de la voiture en ville. L’ONG fait ainsi partie des 78 requérants, dont 69 associations, emmenées par les Amis de la Terre, qui ont demandé, le 2 octobre, au Conseil d’Etat d’enjoindre le gouvernement de prendre enfin des mesures pour limiter la pollution de l’air. Parmi les solutions proposées figurent les « plans de protection de l’atmosphère », des ­documents administratifs qui servent de base à la ­limitation du trafic motorisé.

Si les bureaux londoniens ou berlinois de Greenpeace se penchaient déjà sur la pollution automobile depuis quelques années, le siège français n’a lancé une campagne sur le sujet qu’en 2017. « Les producteurs d’hydrocarbures que nous mettons en cause se justifient régulièrement en affirmant qu’ils ne font que répondre à la demande. Nous avons décidé de traiter aussi cette ­demande », explique Sarah Fayolle, chargée de campagne « transport et climat » à l’organisation.
Une étude fouillée
Greenpeace n’est pas la seule grande ONG à s’intéresser aux conséquences environnementales du transport de personnes. A la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot, une responsable de la mobilité y travaille à plein temps depuis 2016. La fondation a publié, fin 2017, une étude fouillée consacrée à la contribution des véhicules électriques à la transition énergétique. On y découvre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’homme d’affaires hongkongais Jonathan Choi a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros la dernière exposition de l’Institut du monde arabe.
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Les musées français cherchent à profiter des largesses des mécènes chinois

L’homme d’affaires hongkongais Jonathan Choi a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros la dernière exposition de l’Institut du monde arabe.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h24
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Jonathan Choi a beau s’exprimer en anglais, le président du groupe chinois Sun Wah – spécialisé dans l’agroalimentaire, l’immobilier et les services financiers – est un francophile convaincu. Le sexagénaire hongkongais devait annoncer, mardi 16 octobre, le financement, à hauteur de 500 000 euros, de l’exposition « Cités millénaires. Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul » organisée jusqu’au 10 février à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris. En contrepartie, il crée au sein de l’IMA un centre Jonathan Choi pour la promotion du patrimoine culturel.

En 2017, déjà, l’homme d’affaires avait contribué, pour 100 000 euros, au festival Croisements, qui promeut la scène artistique française en Chine, et donné 1 million de dollars (865 000 euros) pour la rénovation de la chapelle de l’Ecole des beaux-arts de Paris, en échange de l’établissement d’un centre culturel à son nom, quai Malaquais. Sa fondation scellera aussi bientôt un partenariat avec Radio France, afin de faire venir à Paris musiciens et chefs d’orchestre chinois.
Tout commence en 2015, lorsque l’ancien ambassadeur de France en Chine, Maurice Gourdault-Montagne, l’invite à prendre un café et lui propose l’implantation de son école, 3e International School, au sein du lycée français de Pékin. Depuis, Jonathan Choi a contribué à dix projets liés à l’Hexagone et ouvert une discussion avec le Palais de Tokyo. « On a commencé à faire des choses ensemble par hasard. Mais si on ­continue sur la durée, ce n’est plus du hasard », se félicite Robert Lacombe, conseiller culturel de l’ambassade de France en Chine.

« A Hongkong, on commence à s’intéresser de plus en plus à la France, et le Brexit ne va qu’intensifier ce mouvement, confie Jonathan Choi, dont les enfants ont déjà appris le français. Mon idée, ce n’est pas de faire du “one shot” : donner de l’argent, couper le ruban, faire la photo souvenir...




                        

                        


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Le dilemme des aides publiques à la reprise d’entreprises

La question du remboursement des fonds publics alloués au sauvetage de sites est posée par la fermeture de l’usine Ford de Blanquefort.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 12h29
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


C’est l’une des inconnues de la reprise du site de Ford Blanquefort. L’Etat et les collectivités territoriales doivent-ils remettre au pot, au risque de tout perdre, pour soutenir la reprise du site par Punch Powerglide ? Lundi 15 octobre, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, a indiqué l’intention de l’Etat de mobiliser 5 millions d’euros pour soutenir la réindustrialisation du site, tandis que les collectivités locales sont prêtes à investir 12,5 millions d’euros.

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Mais si tout s’arrête, que Ford met la clé sous la porte à Blanquefort, que se passera-t-il ? Le constructeur peut-il être obligé de rembourser les moyens alloués par les pouvoirs publics entre 2011 et 2013 pour maintenir, déjà, l’activité de l’usine ? A l’époque, Etat, région, département et communes de l’agglomération avaient mobilisé 15 millions d’euros pour participer à la modernisation du site et assurer, pendant cinq ans, le maintien d’un millier de postes. « Comme les engagements ont été tenus, à savoir le maintien des postes sur la période prévue, cet argent ne peut plus être réclamé », dit-on à Bercy.
A chaque annonce de fermeture d’usine, de départs, la réaction est pourtant la même chez les hommes politiques. Ils exigent le remboursement des aides publiques perçues.
Le sinistre épisode Daewoo
Tous gardent encore en mémoire l’épisode Daewoo, de sinistre mémoire. Après avoir reçu près d’une cinquantaine de millions d’euros d’aides publiques dans les années 1980 et 1990 pour revitaliser la Lorraine, le conglomérat avait décidé de fermer, en 2003, ses trois usines, supprimant au passage 1 200 emplois. Le tout sans jamais avoir remboursé un centime aux pouvoirs publics et en laissant une ardoise fiscale conséquente.
Beaucoup plus récemment, le député Olivier Falorni demandait, en 2015, le remboursement des crédits d’impôt recherche touchés par l’équipementier Delphi, qui fermait son site de Périgny, près de La Rochelle. Sans succès. De même, pendant la campagne présidentielle de 2017, le candidat socialiste Benoît Hamon avait demandé le remboursement par Whirlpool, qui annonçait alors la fermeture de son site d’Amiens, du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Là aussi, sans succès, car les crédits d’impôt ne sont pas soumis à un engagement de conserver l’outil de travail en France.
Mais l’Etat n’est tout de même pas démuni. Depuis 2015, la loi Florange, votée à l’initiative d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, prévoit que toute entreprise amenée à fermer un établissement en France soit obligée non seulement de chercher un repreneur, mais également, si le préfet le demande, de rembourser « des aides pécuniaires en matière d’installation, de développement économique, de recherche ou d’emploi attribuées par une personne publique à l’entreprise ».
Fin 2017, l’Etat a ainsi demandé au groupe américain Caterpillar de rembourser quelque 125 000 euros d’aides publiques (prime d’aménagement du territoire, fonds de revitalisation) après l’annonce de la fermeture de son usine d’Arras, et la suppression de 67 postes… Un moindre mal.

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Les salariés à l’assaut des conseils d’administration

Le nombre de représentants du personnel dans les conseils a quasiment triplé depuis 2013, et la loi Pacte va encore renforcer leur poids.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h23
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

C’est une révolution douce, presque invisible. Le mouvement n’en est pas moins marquant : dans un capitalisme français où tout a longtemps paru se jouer entre amis, les salariés commencent à se frayer un chemin jusqu’au saint des saints : les conseils d’administration des grands groupes. Et à y faire entendre une autre voix. C’est ce que montrent les chiffres publiés mardi 16 octobre par l’Institut français des administrateurs (IFA) et Ethics&Boards.
Pas moins de 111 administrateurs représentant les salariés en tant que tels siègent désormais dans les conseils des 120 premiers groupes cotés en Bourse (SBF 120), selon les pointages de l’IFA. Leur nombre a bondi de 29 % en un an, et quasiment triplé depuis 2013.

Les salariés occupent ainsi 7,5 % des sièges aux conseils des grandes entreprises cotées, et même un peu plus de 9 % en incluant les salariés désignés en tant qu’actionnaires. Leur présence se révèle donc de moins en moins marginale. Un effet direct des lois Sapin de 2013 et Rebsamen de 2015, qui ont imposé la présence d’administrateurs salariés dans les grands groupes privés.
« Nous avons des convictions, nous les défendons »
« C’est important que la parole du personnel soit portée jusqu’au conseil, juge Stéphane Sauvage, un élu FO récemment nommé chez Getlink, l’ex-Eurotunnel. Cela aide à ce que les autres administrateurs gardent à l’esprit que, derrière les chiffres, l’entreprise est composée de femmes et d’hommes. » Eric Personne, qui siège chez Renault, confirme : « Avant, les administrateurs discutaient de salaire, de licenciement, dans une forme d’entre-soi. Notre seule présence modifie un peu la donne. »
Un troisième administrateur prend l’exemple d’un conseil récent. Les salariés ont voté contre un projet de la direction. « Bien sûr, nos voix n’ont pas suffi à tout bloquer. Mais nous avons des convictions, nous les défendons et, parfois, cela amène le conseil à réfléchir davantage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les Français privilégient une forte image de qualité-prix et d’expertise, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Les spécialistes de la vente sur Internet ne figurent plus parmi les 10 enseignes préférées des Français »

Les Français privilégient une forte image de qualité-prix et d’expertise, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 12h11
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Depuis l’antique Babel, nous sommes instruits de la malédiction des grandes tours, celles qui, voulant célébrer la puissance des hommes, ne font que souligner leur fragilité. L’Empire State Building de New York, orgueil d’une nation conquérante fut érigé en 1930, juste au moment où le monde entier venait de basculer dans la plus grave crise économique de l’histoire moderne. Les tours jumelles Petronas de Kuala Lumpur ont, elles, poussé leurs flèches au moment précis où les dragons asiatiques plongeaient dans la débâcle de 1998.
Il en fut ainsi de Sears qui en 1975 construisit un gigantesque édifice à sa gloire en plein cœur de Chicago. Quelques années plus tard, le premier distributeur de la planète cédait sa couronne à Walmart et entamait un déclin qui a trouvé son terme, ce 15 octobre 2018, avec la mise en faillite de l’entreprise. Bien peu parient désormais sur son redressement.
Cette histoire incite à l’humilité. Déjà Walmart, le premier distributeur mondial, est sur la défensive face au rouleau compresseur Amazon que rien ne semble arrêter. Mais qui stoppera Amazon et la déferlante Internet ?
La dernière livraison de l’enquête du cabinet OC & C sur les enseignes préférées des Français apporte un éclairage intéressant à ce sujet. Le géant américain, qui trustait la première place entre 2013 et 2016, a été rétrogradé au cinquième rang en 2017 avant de disparaître carrément du top 10 en 2018. A sa place, un vendeur de fruits et légumes de proximité, la chaîne Grand Frais, et des spécialistes reconnus dans leur spécialité, comme Decathlon, Cultura, Picard, la FNAC ou Biocoop. Plus un seul acteur de la vente en ligne n’est présent dans les dix premiers du classement.
Forte déconvenue pour les hypermarchés aussi
Bien sûr, ce sondage n’a pas valeur économique et les spécialistes de la vente sur Internet continuent de récolter des points. Mais en termes de fidélité et d’attachement, ils restent loin derrière. Hormis Amazon, plus aucun acteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans le bassin permien, l’extraction de pétrole s’accompagne aussi de gaz naturel, mais en trop grande quantité. Celui-ci, plutôt que d’être vendu, est brûlé. Non sans conséquences.
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Au Texas, un million de dollars de gaz naturel part en fumée chaque jour

Dans le bassin permien, l’extraction de pétrole s’accompagne aussi de gaz naturel, mais en trop grande quantité. Celui-ci, plutôt que d’être vendu, est brûlé. Non sans conséquences.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h21
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


C’est un coin reculé de l’ouest du Texas, devenu en quelques années le centre névralgique de l’or noir mondial. Le bassin permien, qui concentre l’essentiel de la croissance du pétrole de schiste américain, a propulsé, en août, les Etats-Unis au rang de premier producteur mondial devant la Russie et l’Arabie saoudite, selon les chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie.

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                Aux Etats-Unis, le boom du pétrole de schiste peut-il durer ?



La région produit à elle seule 3,3 millions de barils de brut par jour, soit l’équivalent de la production iranienne. Mais extraire du pétrole du sous-sol a une conséquence inévitable : il s’accompagne de gaz naturel, en grande quantité. En trop grande quantité même, jugent les pétroliers texans, qui brûlent une grande partie du gaz extrait – une technique appelée flaring ou « torchage ». D’après les données officielles de l’Etat, compilées par le Wall Street Journal, c’est l’équivalent d’un million de dollars (860 000 euros) qui part en fumée chaque jour.
Impact dramatique sur l’environnement
Pourquoi ne pas vendre le gaz naturel ainsi extrait ? D’abord parce que le nombre de gazoducs n’est pas suffisant pour exporter toute cette production. Ensuite, et surtout, parce que l’explosion du gaz de schiste aux Etats-Unis a fait baisser les prix très rapidement : alors que le baril de pétrole est au plus haut depuis quatre ans au niveau mondial (autour de 80 dollars), le gaz est en surproduction sur le marché américain et se vend à des prix dérisoires.

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                A Midland, Texas, la nouvelle ruée vers l’or noir



Résultat : les industriels préfèrent recourir au flaring plutôt que de s’embarrasser à trouver un usage à du gaz qui pourrait produire de l’électricité dans d’autres Etats du pays. Cette situation devrait empirer dans les années à venir tant la production pétrolière ne cesse d’augmenter. A en croire les consultants spécialisés de Rystad, cette pratique devrait continuer à s’étendre, puis se réduire lorsque de nouveaux gazoducs, actuellement en construction, entreront en service.
En attendant, les conséquences sur l’environnement sont dramatiques : le torchage dans le bassin permien produit des gaz à effet de serre équivalents aux émissions de deux millions de voitures individuelles. Ce bilan serait encore plus grave si le gaz était relâché tel quel dans l’atmosphère. Cette pratique du flaring est ancienne dans le secteur pétrolier, mais, aux dires de la Banque mondiale, elle est en léger déclin en 2017, pour la première fois depuis 2010.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Certains employeurs du secteur associatif ont adopté des mesures alternatives, d’autres ont dû renoncer.
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Réduction des emplois aidés : les associations s’adaptent difficilement

Certains employeurs du secteur associatif ont adopté des mesures alternatives, d’autres ont dû renoncer.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h30
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            
L’annonce, le 21 septembre 2017, par le gouvernement Philippe de la réduction du nombre de contrats aidés de 320 000 en 2017 à 200 000 à partir de 2018 avait soulevé un vent de panique dans le milieu associatif. En effet, 38 % de ces contrats d’un an renouvelables deux fois étaient signés par des associations. Le projet de loi de finances n’en prévoit que 100 000 pour 2019, mais, en 2018, seuls 60 000 emplois aidés ont été uti­lisés. Quelles alternatives ont été mises en place ? Comment se sont adaptées les associations ?
« Assez difficilement, réagit Philippe ­Jahshan, le président du groupement Mouvement associatif. 12 500 associations emplo­yeuses ont disparu contre 10 800 par an en moyenne les années précédentes. » En 2017, la France comptait 1,5 million d’associations en activité, dont 163 400 associations employeuses,selon le bilan annuel publié en septembre, dans la 16e édition de « La France associative en mouvement » réalisée par l’association Recherches et solidarités.
« En 2017, le club comptait 3 emplois aidés sur une équipe de 5 personnes. On a reventilé notre dispositif, réduit le nombre d’heures, et on a fait intervenir davantage de bénévoles », Alain Rey, président du Comité du Tarn de rugby
Ce sont donc plus de 7 % des associations employeuses qui auraient disparu, les plus petites et les plus en difficulté. Selon le baromètre annuel du moral des responsables d’association, 46 % sont insatisfaits et plus de 11 % jugent leur situation « très difficile », ce qui représente plus de 140 000 associations en souffrance en 2018.
Deux secteurs sont particulièrement concernés par la réduction des emplois aidés : la culture et le sport. En 2017, le sport comptait 25 000 emplois aidés sur 82 000 emplois salariés équivalent temps plein. « La fin des emplois aidés a été une perte de ressources nette, témoigne Alain Rey, le président de l’association Comité du Tarn de rugby. En 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le secrétaire général de FO est très contesté, après les révélations sur le fichage des responsables du syndicat.
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Force ouvrière : l’avenir en pointillé de Pascal Pavageau

Le secrétaire général de FO est très contesté, après les révélations sur le fichage des responsables du syndicat.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 12h00
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Pascal Pavageau peut-il encore rester à la tête de Force ouvrière ? Lundi 15 octobre, le bureau confédéral de FO s’est tenu en l’absence du secrétaire général et de quatre autres de ses membres. Cette réunion, qui avait été annulée par M. Pavageau, s’est déroulée après les révélations du Canard enchaîné, le 10 octobre, sur l’existence d’un fichier réalisé par l’entourage du numéro un de FO et listant les préférences politiques ou la vie privée de 127 responsables de fédérations et unions départementales, assortis de qualificatifs injurieux.
Se fondant à la fois sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la Déclaration universelle des droits de l’homme, les neuf dirigeants présents ont jugé que tout devait « être mis en œuvre pour condamner et sanctionner en conséquence toute pratique incompatible avec ces principes fondamentaux et les valeurs et statuts de la confédération Force ouvrière ». « Des dispositions claires et incontestables en termes d’organisations et de fonctionnement doivent être prises corrigeant les dérives qui ont pu conduire à cette situation et faisant en sorte qu’elles ne puissent plus se reproduire », ajoutent-ils dans ce texte, que Le Monde a pu consulter et qui constitue un acte de rébellion inédit contre leur numéro un.
En conséquence, ils concluent que la réunion de la commission exécutive, prévue mercredi 17 octobre, mais reportée par M. Pavageau au 29 octobre, est « légitime et indispensable ». Composée de 35 membres, cette instance constitue la direction élargie de l’organisation. Si la majorité le décide, cette commission pourrait décider de la convocation du comité confédéral national – le « parlement » de FO qui regroupe les représentants des fédérations et des unions départementales –, seul à même, selon l’article 9 des statuts, de révoquer le secrétaire général.
« Un vrai scandale »
Depuis le congrès de Lille, en avril, les « réformistes », proches de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Depuis 2016, le royaume saoudien a injecté plusieurs milliards de dollars dans les start-up américaines.
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L’Arabie saoudite, un investisseur majeur dans la Silicon Valley

Depuis 2016, le royaume saoudien a injecté plusieurs milliards de dollars dans les start-up américaines.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h20
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Le patron d’Uber, la responsable du cloud chez Google, le directeur d’un prestigieux incubateur de start-up… Depuis quelques jours, de grands noms de la Silicon Valley prennent leurs distances avec l’Arabie saoudite, suite à la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui, selon les autorités turques, aurait été assassiné le 2 octobre lors d’une visite au consulat de son pays à Istanbul.
Cet épisode illustre les liens étroits qui se sont tissés depuis deux ans entre les sociétés high-tech et Riyad. Sous l’impulsion du prince héritier Mohammed Ben Salman, le royaume tente de sortir de sa dépendance au pétrole, notamment en misant sur le secteur des nouvelles technologies. Pour la Silicon Valley, il n’est plus seulement un marché à conquérir : il est aussi devenu un investisseur de tout premier ordre. Depuis 2016, l’Arabie saoudite a injecté plusieurs milliards de dollars dans les start-up américaines.

« Les entreprises qui se disent les plus idéalistes du monde sont très contentes d’accepter l’argent le plus sale de la planète pour stimuler leur croissance », dénonce le journaliste Anand Giridharadas, qui s’exprimait dimanche 14 octobre dans le cadre d’une conférence organisée à San Francisco par le magazine Wired. La veille, dans une tribune publiée dans le New York Times, il leur enjoignait de rendre l’argent du gouvernement saoudien. Aucune des sociétés concernées n’a souhaité répondre à cette demande.
3 milliards de dollars pour Uber
Uber fait partie de ces groupes. En 2016, la plate-forme de voitures avec chauffeur a reçu 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros) du Public Investment Fund (PIF), le principal fonds souverain du royaume, dont le directeur siège désormais au conseil d’administration d’Uber. Jeudi dernier, Dara Khosrowshahi, nommé à la tête de l’entreprise en 2017, a pourtant été l’un des premiers à sortir du silence, annonçant qu’il ne participerait pas à la conférence...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le constructeur allemand, détenu par PSA, est visé par une enquête. Il est suspecté d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois de ses modèles.
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Opel soupçonné à son tour de fraude au moteur diesel

Le constructeur allemand, détenu par PSA, est visé par une enquête. Il est suspecté d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois de ses modèles.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h18
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le constructeur Opel est à son tour emporté par le scandale du « dieselgate ». Epargnée jusqu’ici, la marque allemande, propriété du groupe PSA, a fait l’objet d’une descente de police, lundi 15 octobre. Dans la matinée, sept procureurs et trente-trois policiers ont débarqué au siège de Rüsselsheim (Hesse) et sur le site de Kaiserslautern (Rhénanie-Palatinat). Ils soupçonnent Opel d’avoir installé des logiciels illégaux sur les moteurs diesel de trois modèles (Insignia, Zafira et Cascada) de norme Euro 6. Plusieurs dizaines de milliers de véhicules sont concernés en Europe.
Opel a confirmé l’enquête et a déclaré « coopérer totalement » avec la justice. Il a nié fermement la présence d’un tel logiciel dans ses moteurs. « L’entreprise affirme que ses véhicules répondent aux normes en vigueur », a fait savoir le groupe. Cependant, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur (KBA) a apparemment de fortes raisons de penser l’inverse : elle estime avoir identifié la présence de ces logiciels dans les modèles incriminés. Le ministère des transports, de son côté, n’a pas l’intention de faire durer le suspense : il a décidé le rappel obligatoire de 95 000 véhicules suspects.

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Une telle célérité surprend, dans un pays où les autorités se montrent d’ordinaire plus conciliantes avec les constructeurs. Mais le vent a tourné. Le ministère ne veut plus donner l’impression d’être hésitant, trois ans après le déclenchement du « dieselgate ». D’autant que, s’agissant d’Opel, les soupçons sont anciens. Dès 2016, une enquête a été ouverte contre le constructeur dans cette affaire.
« Fin 2015, la KBA a trouvé chez Opel des logiciels de désactivation des systèmes antipollution, sur lesquels le ministère nourrissait des doutes depuis le départ », a rappelé le ministère. Le constructeur a été invité à retirer ces programmes de désactivation lors de la mise à jour des logiciels, ce qui n’a pas été fait entièrement. « Chez Opel, l’exécution de ces ­mesures a longtemps été retardée », a souligné le ministère.
Effet potentiellement désastreux
Les logiciels de désactivation des systèmes antipollution sont justifiés par les constructeurs pour « protéger » les moteurs quand la température est trop faible ou dans certaines situations de ­conduite. Le moteur émet alors davantage d’oxydes d’azote (NOx) toxique. Mais des doutes subsistent sur la nécessité réelle de ces mesures.
Le sujet est hautement délicat. En raison des niveaux trop élevés de pollution au NOX des villes allemandes, plusieurs juges administratifs, dont celui de Berlin, ont ordonné des interdictions de circulation pour les véhicules diesel, provoquant l’inquiétude de nombreux automobilistes potentiellement empêchés de se rendre au travail. Or, le PDG d’Opel, Michael Lohscheller, a tenu à rassurer ses clients : « Qui achète aujourd’hui une Opel peut être sûr de ne pas être concernés par les interdictions de circuler », a-t-il répété la semaine dernière.

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Les perquisitions de lundi et le rappel obligatoire suggèrent que les anciens modèles diesel de la marque sont bien moins irréprochables que cela. L’effet sur Opel, dont les ventes ne se redressent pas, pourrait être désastreux. Malgré un résultat opérationnel de 502 millions d’euros au premier semestre, Opel souffre toujours de graves faiblesses structurelles. Son centre de développement, à Rüsselsheim, où travaillent presque la moitié des salariés du groupe en Allemagne, est en forte surcapacité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement Conte a adressé, lundi soir, sa copie budgétaire à Bruxelles. Truffée de dépenses nouvelles, elle ne convaincra pas l’UE.
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Les populistes italiens élaborent un budget 2019 expansionniste

Le gouvernement Conte a adressé, lundi soir, sa copie budgétaire à Bruxelles. Truffée de dépenses nouvelles, elle ne convaincra pas l’UE.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h05
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

La lettre communiquant à Bruxelles le détail des principales mesures du budget 2019 est partie dans la soirée, avant minuit. C’est ce qu’a annoncé le premier ministre italien, Giuseppe Conte, au cours de la courte conférence de presse qui s’est tenue, lundi en fin de soirée, au Palais Chigi, après une longue journée de tractations.

Cette fois-ci, pas de fête au balcon de la présidence du conseil, comme deux semaines plus tôt, lors de l’annonce de la remise du document de programmation pluriannuelle. Lundi soir, l’heure semblait plutôt à une certaine gravité. Car si les quatre participants à la conférence de presse – Giuseppe Conte, Giovanni Tria (ministre de l’économie) et les deux vice-premiers ministres, Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles) et Matteo Salvini (Ligue) – sont finalement parvenus à s’entendre, ils savent également que les termes de leur accord risquent d’être considérés, à Bruxelles, comme une provocation de plus.
« Nous ne voulons pas faire sauter l’Europe », a assuré Giovanni Tria, qui aura tout fait, ces dernières semaines, pour limiter l’augmentation des dépenses nouvelles. Reste que le simple fait qu’il ait à le préciser montre bien que le gouvernement s’attend, dans les prochains jours, à essuyer une tempête politique de grande ampleur.
Dans le détail, la hausse automatique de la TVA, dont le principe avait été adopté par la majorité précédente, pour tranquilliser les marchés, n’aura pas lieu, ce qui représente déjà un « trou » de 12 milliards d’euros. Cette mesure, sorte de « cadeau empoisonné » laissé par la précédente majorité au gouvernement Conte, pèse déjà d’un poids considérable sur les comptes italiens. Pour se redonner un peu de marge de manœuvre et faire rentrer de l’argent dans les caisses, les deux composantes de la majorité sont tombées d’accord sur un décret de « paix fiscale », fortement souhaité par la Ligue (extrême droite). « Vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais moi je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ De nombreux patrons américains ont décidé de bouder le rendez-vous de Ryad du 23 octobre. Les Français, eux, répondent présents.
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En Arabie saoudite, le « Davos du désert » enlisé dans l’affaire Khashoggi

De nombreux patrons américains ont décidé de bouder le rendez-vous de Ryad du 23 octobre. Les Français, eux, répondent présents.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 11h03
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant), 
                                Véronique Chocron, 
Guy Dutheil et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Il y a un an, Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien, avait le gotha de la finance internationale à ses pieds. Les plus grands investisseurs de la planète se pressaient dans les salons du Ritz-Carlton de Riyad pour écouter ce jeune phénomène qui, quelques semaines plus tôt, avait proclamé la fin de l’archaïsme le plus caricatural de l’Arabie saoudite, l’interdiction faite aux femmes de conduire. « Nous n’allons pas passer trente années de plus de notre vie à nous accommoder d’idées extrémistes, nous allons les détruire maintenant », avait asséné le fils du roi Salman, devant un parterre d’entrepreneurs richissimes.

Dans le même mouvement, l’impétueux « MBS », que l’on disait déterminé à rompre l’addiction du royaume à l’or noir, avait annoncé la mise en chantier, dans le nord du pays, d’une mégalopole futuriste, baptisée Neom. Une utopie à 500 milliards de dollars (431,9 milliards d’euros), avec robots, énergie propre, espaces verts à perte de vue et femmes non voilées. Organisée du 24 au 26 octobre 2017, sous le titre de Future Investment Initiative (FII), la conférence de Riyad avait porté le narratif du jeune prince révolutionnaire à son apogée.

Douze mois plus tard, alors que la deuxième édition de cette grand-messe financière se profile, le retournement de situation est total. Percuté de plein fouet par l’affaire Khashoggi, du nom de ce journaliste saoudien, critique du pouvoir, qui a disparu il y a deux semaines après avoir pénétré dans le consulat de son pays à Istanbul, le « Davos du désert » prend l’eau. De peur que les soupçons d’enlèvement et d’assassinat qui pèsent sur Riyad ne nuisent à leur réputation, de très grands noms du monde des affaires ont préféré bouder la rencontre, prévue du 23 au 25 octobre.
Défection du patron d’Uber
La défection la plus cuisante pour le pouvoir saoudien est celle de Dara Khosrowshahi, le patron irano-américain d’Uber, la start-up de chauffeurs à la demande....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La délivrance de « passeports dorés » a pris une ampleur considérable ces dernières années. Leur « prix » peut s’étaler de 100 000 à plusieurs millions de dollars.
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L’OCDE épingle vingt et un pays qui vendent leur nationalité

La délivrance de « passeports dorés » a pris une ampleur considérable ces dernières années. Leur « prix » peut s’étaler de 100 000 à plusieurs millions de dollars.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h01
    |

            Anne Michel et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Il y avait la liste noire des paradis fiscaux. Il y aura désormais la liste noire des pays vendant des passeports ou des certificats de résidence dits « dorés », parce qu’ils sont octroyés contre forte rémunération à de très riches investisseurs.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié, mardi 16 octobre, les noms des pays dont les programmes « d’obtention de la résidence ou de la nationalité par l’investissement », tels qu’ils sont nommés dans le secteur, présentent de « hauts risques » d’être détournés de leur objet par des fraudeurs en tous genres, notamment fiscaux.

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                Fraude fiscale : l’OCDE met en garde contre les risques associés à l’octroi de « passeports dorés »



La vente de « passeports dorés » a pris une ampleur considérable au cours des dernières années. Plus d’une centaine de pays dans le monde font désormais commerce de passeports ou de visas, selon l’OCDE. Le « prix » peut s’étaler de 100 000 à plusieurs millions de dollars, en fonction des avantages qu’ils offrent à leur acquéreur, comme de pouvoir voyager sans visa en Europe ou aux Etats-Unis. Parfaitement légal, ce commerce reste sulfureux pour son utilisation à des fins douteuses, comme la fraude et l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent ou même la criminalité organisée.
Au total, vingt et une juridictions sont clouées au pilori par l’OCDE parce que leur programme peut potentiellement favoriser la fraude fiscale. Il s’agit, précise l’organisme international sis à Paris, de juridictions garantissant un taux d’imposition particulièrement bas à ces acheteurs, pour les revenus issus d’actifs détenus à l’étranger. Et qui, de surcroît, n’exigent pas de ces derniers une présence sur leur territoire suffisamment longue – ce qui, en réalité, produit des situations où ces particuliers fortunés ne mettent jamais les pieds dans les pays dont ils détiennent pourtant passeport ou visa doré.
Le gros du bataillon est formé d’îles caribéennes, dont beaucoup sont aussi considérées comme des paradis fiscaux : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, la Dominique, Grenade, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, les îles Turques-et-Caïques. Elles côtoient les Seychelles et l’île Maurice, dans l’océan Indien, et l’archipel du Vanuatu, dans le Pacifique.
Monaco, Chypre et Malte visés
Des pays montrés du doigt pour leur opacité et leur peu d’appétence à coopérer dans le domaine fiscal font aussi partie de cette liste : les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, la Colombie, la Malaisie et, dans une moindre mesure, le Panama. Mais ce qui retient l’attention, ce sont trois pays européens, également épinglés par l’OCDE : Monaco, Chypre et Malte. Ces deux derniers font partie de l’Union européenne (UE) et vendent à ce titre leurs passeports particulièrement chers, parce que ceux-ci permettent de s’installer librement n’importe où dans l’UE.
Le ticket d’entrée du passeport maltais, qui permet aussi de se rendre aux Etats-Unis, est par exemple d’un million d’euros. Tout cela assorti de conditions de résidence réduites au minimum : il suffit d’acheter ou de louer un bien immobilier sur l’île sans même avoir besoin de l’occuper, comme l’avaient détaillé Le Monde et ses partenaires du « Projet Daphne », en avril. Cette collaboration, organisée par l’association Forbidden Stories, a pour but de poursuivre les enquêtes de la journaliste Daphne Caruana Galizia, assassinée à Malte le 16 octobre 2017, et qui avait notamment beaucoup écrit sur le commerce des passeports.

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Pour l’OCDE, ces programmes sont susceptibles d’être utilisés par des personnes souhaitant passer sous les radars de l’échange automatique de données, la nouvelle arme antifraude fiscale, en cours de déploiement au niveau mondial. Un riche citoyen français qui aurait acheté une deuxième nationalité auprès de Sainte-Lucie et voudrait dissimuler de l’argent en Suisse n’aurait qu’à présenter ce second passeport caribéen au banquier suisse pour éviter d’être repéré. Au lieu d’être adressée à la France et au fisc français, l’information sur son compte suisse le serait à Sainte-Lucie… qui s’empresserait de l’enterrer. La France, elle, ignorerait tout du stratagème. « De tels scénarios risquent fort de se développer », avertit l’OCDE.
L’organisme a d’ailleurs sorti de sa liste les pays qui se sont engagés à communiquer la liste des citoyens étrangers à qui sont accordés de tels sésames dorés. L’objectif de l’instance est aussi de demander un durcissement des contrôles d’identité des clients, afin de mieux vérifier leurs motivations. Tous les programmes de vente de titres de résidence ou de citoyenneté ne sont pas dangereux et les particuliers qui les acquièrent le font parfois avec de solides justifications, précise l’OCDE : pouvoir voyager plus librement ou jouir d’un cadre politique stable. Mais certains présentent des risques et doivent être dûment encadrés et contrôlés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le monde des associations reste un corps social divers et actif, malgré le manque de diversité dans leur composition sociale et la baisse des financements publics, expliquent Hugues Sibille et Viviane Tchernonog dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Hugues Sibille et Viviane Tchernonog   Publié aujourd’hui à 11h00, mis à jour à 12h02   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés       Tribune. Vu de loin, le paysage associatif paraît immuable. De près, il se transforme. La base du tableau, les petites associations, s’élargit sensiblement, tandis que le sommet, les moyennes et grandes, se concentre. Au premier plan, le modèle économique change nettement : pour la première fois, le budget associatif consolidé stagne entre 2011 et 2017, et les subventions publiques ne représentent plus qu’un euro sur cinq. Il est es­sentiel de disposer de données plus régulières pour suivre ces mutations, et l’actualité ­invite à mieux connaître ce que pourrait être une « société de l’engagement ».          La France compte 1,5 million d’associations, immense biodiversité citoyenne. Sa démographie est positive, avec 200 000 associations de plus qu’en 2011, soit une augmentation de 2,4 % par an. Ce sont pour l’essentiel de petites associations locales de bénévoles. Les associations employeuses, elles, amorcent un léger recul en nombre. Ces chiffres témoignent d’un fort désir d’engagement, corroboré par le rythme élevé de développement du bénévolat.          Le nombre d’heures bénévoles augmente de 4,9 % par an, soit 1,4 million d’équivalents temps plein. Ces chiffres ne sont pas assez pris en compte dans la comptabilité nationale et les indicateurs de ­richesse. Si l’on écarte tout critère de durée minimale, ce sont 22 millions de Français qui donnent de leur temps. De nouvelles attitudes émergent et des formes d’engagement « informel » se développent, tels les collectifs citoyens, sans personnalité morale.          Des « parcours d’engagement »          Il faut se réjouir d’un dynamisme témoignant d’une société française active, gage de démocratie et de lien social. Par comparaison, certaines sociétés d’Europe de l’Est, où la société civile ­organisée est menacée, inquiètent. Mais il ne faudrait pas pour autant céder à une euphorie française pour deux raisons.          La première tient aux gouvernances. De nombreuses associations peinent à renouveler leurs conseils ou leur présidence. Et ces gouvernances restent « monopolisées » par les hommes (64 %), les seniors (41 %) et les catégories socio-professionnelles supérieures (31 %). Cela conduit à une seconde alerte.           Les jeunes précaires ne s’engagent pas. Les personnes dont le niveau de qualification est bas s’engagent moins. De fait, le bénévolat est touché par la société à deux vitesses                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   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Le déficit budgétaire américain au plus haut depuis 2012

Pour l’exercice clos le 30 septembre 2018, le déficit s’est envolé à 3,9 % du produit intérieur brut aux Etats-Unis.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h46
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Le déficit budgétaire annuel américain a atteint 779 milliards de dollars (672 milliards d’euros) pour l’exercice clos le 30 septembre 2018, soit 3,9 % du produit intérieur brut (PIB) contre 3,5 % l’année précédente (666 milliards de dollars). Ce chiffre est considérable, après dix ans de reprise économique. L’Amérique de Donald Trump devrait casser la barre des 1 000 milliards de déficits – 5 % du PIB actuel – avant la prochaine élection présidentielle de 2020, estime le New York Times.
En tout cas, même s’il est un peu moins pire qu’attendu, le déficit 2018 est le plus élevé depuis 2012 et s’explique par la hausse des dépenses et la stagnation des rentrées fiscales.
Ces dernières n’ont progressé que de 0,4 % en raison de la réforme fiscale de Donald Trump votée fin 2017 par le Congrès : elle a entraîné une hausse du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu des particuliers limitée à 1 % et surtout une baisse des taxes payées par les entreprises de 31 %. Celles-ci ont bénéficié de la baisse de leur taux nominal d’imposition, passé de 35 % à 21 %, et de la déductibilité totale de leurs investissements. En période de forte croissance et avec un retour au plein-emploi (3,7 % de la population active), les entrées fiscales auraient dû être beaucoup plus fortes.

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Les dépenses, elles, ont crû de 3 %. Le service de la dette, qui atteint environ 20 000 milliards de dollars, a progressé de 14 % (370 milliards de dollars). S’ensuivent une hausse des dépenses militaires de 6 % (700 milliards de dollars) et de sécurité sociale et de santé publique (+ 4 %, 1 950 milliards) en raison notamment du vieillissement de la population.
Abandon de toute rigueur budgétaire
Au moins le président américain tient-il une promesse, celle d’avoir moins d’Etat. Le taux de dépenses de l’Etat fédéral est passé de 20,7 % à 20,3 % en un an tandis que les revenus fiscaux se réduisaient encore plus, passant de 17,2 % à 16,5 %.
Les chiffres confirment l’abandon par les républicains de toute rigueur budgétaire, alors qu’ils avaient combattu sans relâche la relance budgétaire voulue par Barack Obama après l’effondrement économique provoqué par la grande crise financière de 2008. La tendance est à une nouvelle dégradation l’an prochain, alors que les élections de mi-mandat ne devraient pas marquer un retour à l’orthodoxie : s’ils l’emportent, les démocrates risquent de demander un programme d’investissements – celui promis par Donald Trump dans sa campagne présidentielle est dans les limbes – tandis que s’ils conservent le contrôle du Congrès, les républicains pourraient vouloir rendre permanentes voire accentuer les baisses d’impôts décidées fin 2017.
Les droits de douane ont progressé de 6,7 milliards de dollars (20 % environ), pour atteindre 41,3 milliards. On le voit, l’impact rapporté au PIB n’est que de 0,034 % du PIB. Parce que les mesures sont entrées en vigueur tardivement mais aussi parce qu’elles restent macroéconomiques faibles. Leurs conséquences se feront sentir au bout de quelques années sur la productivité des entreprises, si ces barrières tarifaires affectent les investissements des entreprises.

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En revanche, le résultat reste calamiteux en ce qui concerne le déficit commercial, qui s’aggrave en raison de la bonne santé de l’économie américaine et de la forte consommation des ménages. Sur les huit premiers mois de l’année, celui-ci est passé de 530 à 574 milliards de dollars (environ 4,3 % du PIB) tandis que le déficit de la balance des biens et des services s’aggravait légèrement passant de 360 à 391 milliards de dollars. Comme le notait récemment le Los Angeles Times, Donald Trump ne parle plus beaucoup des déficits commerciaux : « Peut-être est-ce parce qu’ils empirent. »

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Comment la City veut contourner le Brexit

Plus qu’à Bruxelles, la régulation financière se fait dans les instances internationales. C’est là que la City de Londres veut s’investir après le Brexit, explique, dans sa chronique, notre journaliste.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h52
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Chronique marchés. Pour la City, même si un accord est trouvé dans les jours qui viennent, le Brexit est une affaire particulièrement mal engagée. Le centre financier londonien s’est longtemps battu pour rester dans l’Union européenne. Ayant perdu, il s’est battu pour rester dans le marché unique. Ayant à nouveau perdu, il a demandé de conserver un alignement réglementaire. Mais la première ministre britannique, Theresa May, l’a désavoué, en présentant en juillet son plan officiel pour l’après-Brexit : elle demande à rester sur les réglementations européennes pour les biens, pas pour les services.
Pour autant, il n’y a guère de panique chez les financiers londoniens. Les départs de banquiers, d’assureurs et de gérants d’actifs se comptent en quelques milliers de personnes et se compteront peut-être en une dizaine de milliers d’ici mars 2019, date de l’entrée en vigueur du Brexit. A peine une égratignure. Les grandes institutions ne cachent pas leur pessimisme, mais elles préfèrent patienter, attendant d’y voir plus clair.
Cela peut sembler surprenant. Avec le Brexit, la City perd deux choses essentielles. Elle ne pourra plus vendre ses produits financiers à travers l’UE : c’est la perte du fameux « passeport ». Le second problème est plus compliqué et concerne la régulation financière : le centre financier craint de voir Bruxelles lui imposer ses règles. A terme, son cauchemar serait de se trouver dans une position de vassal, obligé d’obéir sans avoir la capacité d’influencer les débats.
Passer au-dessus de l’UE
Lors d’une conférence passionnante à la London School of Economics le mois dernier, Paul Tucker, un ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre, a donné les clés du flegme actuel. Sur un ton placide, le Britannique au visage de chérubin a doctement expliqué qu’il est très facile de contourner l’UE : il suffit de passer au-dessus.
Les plus importantes régulations financières sont en effet déterminées dans des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La ministre, qui s’était donné pour mission de lutter contre les ségrégations culturelles, est remplacée par Franck Riester.
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Françoise Nyssen fragilisée par les polémiques et un manque de charisme

La ministre, qui s’était donné pour mission de lutter contre les ségrégations culturelles, est remplacée par Franck Riester.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 11h18
    |

            Sandrine Blanchard, 
Nicole Vulser et 
Alexandre Piquard








                        



   


Quelle ironie du sort pour Françoise Nyssen ! Sa vie d’avant, qui lui avait valu une série de papiers élogieux lors de son arrivée rue de Valois et un accueil bienveillant du monde de la culture, a fini par causer sa chute. Son itinéraire d’entrepreneuse à la tête des éditions Actes Sud, qu’elle a développées avec succès à Arles (Bouches-du-Rhône) au côté de son mari Jean-Paul Capitani, lui revient comme un boomerang pour de vilaines histoires de non-respect des règles d’urbanisme et de protection du patrimoine dévoilées en épisodes, depuis le début de l’été, par Le Canard enchaîné.
Elle a eu beau se défendre en arguant qu’elle ne s’occupait pas des locaux d’Actes Sud mais de dénicher des auteurs, puis en reconnaissant des « négligences », rien n’y a fait. La ministre, déjà critiquée pour son manque de charisme et de clarté dans sa politique, n’aura tenu que dix-sept mois à la tête d’un ministère où, depuis plus de dix ans, les locataires ne tiennent pas plus de deux ans.

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Ces derniers jours, elle était « fâchée » par toutes ces attaques et ne cachait pas à son entourage son sentiment de « vivre une injustice ». La nomination, samedi 1er septembre, d’Agnès Saal au poste de haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la culture, deux ans après sa condamnation pour des notes de taxi pharaoniques à l’INA, aura achevé de ternir l’image de Françoise Nyssen.
Contrairement à son ami Nicolas Hulot, Françoise Nyssen n’a cessé de répéter qu’elle n’a « à aucun moment songé à démissionner ».
Elle quitte le gouvernement un peu plus d’un mois après Nicolas Hulot. En mai 2017, l’éditrice, qui n’a jamais caché ses convictions de gauche, avait scellé son arrivée au gouvernement à celle de l’écologiste : « Si tu y vas, j’y vais », lui avait-elle dit. Mais, contrairement à son ami, Françoise Nyssen n’a cessé de répéter qu’elle n’a « à aucun moment songé à démissionner ». Jusqu’au dernier jour elle s’est accrochée, s’est félicitée d’avoir obtenu un budget « préservé » pour la politique culturelle et a mis à son agenda toutes les thématiques qui lui tenaient le plus à cœur : la « culture près de chez vous », le projet de directive européenne en faveur du droit d’auteur et le développement de l’éducation artistique.

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Novice à l’épreuve du pouvoir
L’Arlésienne préférait la province à Paris, les rencontres avec les « faiseurs de culture au quotidien » plutôt que les réunions rue de Valois avec les grands opérateurs de la capitale. « Ma politique est aux antipodes de la vision parisianiste et conservatrice de la culture défendue par certains », martelait encore Françoise Nyssen, le 30 août dans un entretien au quotidien Paris-Normandie. Rééquilibrer géographiquement le budget du ministère de la culture pour lutter contre la « ségrégation culturelle » était l’un de ses objectifs. Constatant que son ministère dépensait « dix fois plus en Ile-de-France qu’ailleurs » et qu’il existait sur le territoire des « zones blanches du service public culturel » elle a lancé, en mars, le plan « culture près de chez vous » qui prévoit notamment la circulation d’« œuvres iconiques des collections nationales », sauf la Joconde qu’elle avait malencontreusement citée en exemple alors que son déplacement coûterait une fortune.

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Novice à l’épreuve du pouvoir, reconnaissant elle-même être mal préparée à la fonction, Françoise Nyssen a mis du temps à communiquer sur son action et à comprendre la dureté du monde politique. « Elle n’a pas mesuré à quel point la politique est un rapport de force », constate l’un de ses proches. Piètre oratrice, elle n’a pas convaincu le 7 mars à « La Matinale » de France Inter – répétant sans cesse « il faut réfléchir » – et est restée invisible à la télévision. Elle a aussi dû faire face aux conseillers culture du couple exécutif, Olivier Courson (Matignon) et Claudia Ferrazzi (Elysée), « qui ont été épouvantables avec elle », témoigne une membre de son entourage, ainsi qu’à la nomination, imposée par Emmanuel Macron, de Stéphane Bern, missionné sur la préservation du patrimoine. Elle a vu partir de nombreux membres de son administration et de son cabinet.

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Que reste-t-il à son actif ? Un plan en faveur de l’ouverture plus large des bibliothèques issu du rapport de l’académicien Erik Orsenna (ami du président et de la ministre), l’expérimentation, en 2019, d’un bonus de 15 % dans le cinéma pour les films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité femmes-hommes et surtout la mise en route du projet Passe culture, promesse présidentielle du candidat Macron. Sceptique au départ, Françoise Nyssen était convaincue que cette future application géolocalisée et créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, allait « changer la donne dans l’offre culturelle ». Quant à son dada de l’éducation artistique, elle a fini par imposer cette thématique auprès de son homologue à l’éducation nationale.

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Réforme de l’audiovisuel public
Sur l’audiovisuel public, Françoise Nyssen a limité la casse : sur ce sujet qu’elle ne connaissait pas du tout et qu’Emmanuel Macron avait miné en critiquant fortement France Télévisions, la ministre a finalement réussi à ne pas se faire court-circuiter par les parlementaires ou par le Comité action publique 2022 de Matignon, pourtant invités à participer à l’élaboration de la réforme. C’est Mme Nyssen qui dévoilera elle-même – certes un peu tard – la réforme le 4 juin. Au menu : régionalisation accrue de France 3, suppression de la chaîne pour enfants France 4 – puis de celle de l’Outre-mer France Ô –, obligation pour l’audiovisuel public d’investir dans le numérique 150 millions d’euros de plus par an à l’horizon 2022, réforme du modèle social de France Télévisions…
Dans un autre registre, Françoise Nyssen s’est plutôt bien sortie de « l’affaire Mathieu Gallet », le président de Radio France condamné pour favoritisme
Sur le fond, l’approche prônée par la ministre, par certains parlementaires et par les entreprises concernées – se concentrer d’abord sur les missions du secteur plutôt que de lui imposer une saignée budgétaire – l’a emporté. Le 19 juillet, Matignon annonce que France Télévisions, Radio France, Arte, l’INA, France 24, RFI et France Médias Monde devront économiser 190 millions d’euros par an d’ici à 2022. La potion est amère mais moins que les remèdes les plus radicaux prônés par Bercy. Dans un autre registre, Françoise Nyssen s’est plutôt bien sortie de « l’affaire Mathieu Gallet », condamné pour favoritisme : elle a pris un risque en suggérant que le Conseil supérieur de l’audiovisuel devait révoquer le président de Radio France mais l’autorité a fini par suivre son conseil.
Toutefois, il reste beaucoup de chemin avant le vote de la « grande loi audiovisuelle » annoncée par Mme Nyssen pour début 2019. Il s’agit encore de régler des sujets qui fâchent, comme l’instauration d’un président unique pour les sociétés d’audiovisuel public. Quant à la loi sur la manipulation de l’information, souvent surnommée « loi fake news », qui émanait au départ de l’Elysée mais que Mme Nyssen a défendu en séance, elle a fini par être votée en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale mercredi 10 octobre.
Des relations tendus avec le monde de l’édition
Autre camouflet, Françoise Nyssen a appris par un décret publié au Journal Officiel du 10 juillet 2018 que « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », pourtant stratégique rue de Valois, ne relevait plus de ses compétences, mais de Matignon. Tout comme la tutelle exercée sur le Centre national du Livre. Ce décret a interdit aussi à la ministre toute décision concernant la maison Actes Sud.

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          Elle est comme ça… Françoise Nyssen



Cette salve de mesures, d’une logique imparable, a été prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAPVP) qui veille aux conflits d’intérêts de tous les membres du gouvernement. La ministre, avant de prendre ses fonctions, avait mis fin aux mandats qu’elle exerçait au sein d’Actes Sud, la maison fondée par son père et qu’elle dirigeait avec Jean-Paul Capitani. Si elle avait renoncé à ses fonctions au conseil d’administration de la maison-mère et de ses filiales, Françoise Nyssen avait en revanche conservé la jouissance de l’usufruit des parts détenues par ses enfants. Elle estimait cet effort suffisant, sans vouloir comprendre qu’elle ne pouvait pas exercer de tutelle sur le Centre national du livre (CNL) qui distribue des subventions publiques à tous les éditeurs et avait ainsi accordé 264 167 euros à la maison d’édition arlésienne en 2016 et 111 505 euros l’année suivante.

        Lire aussi la chronique de Michel Guerrin :
         

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Les relations entre la ministre et le monde de l’édition ont paradoxalement été particulièrement tendues. La grogne des auteurs a atteint son paroxysme au cœur de l’été. Pendant des mois, les représentants des auteurs ont demandé en vain à la ministre à être entendus sur la réforme des retraites, la hausse non compensée de la CSG et leurs trop faibles revenus. Au point où Joan Sfarr, l’auteur de la bande dessinée Le Chat du rabbin avait assuré le 11 juillet sur France Inter que « l’histoire rappellera que c’est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains ». En cette année de quarantième anniversaire d’Actes Sud, Jean-Paul Capitani reconnaissait en privé que, depuis que sa femme occupait le poste de ministre de la culture, « c’est l’enfer ».

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