<FILE-date="2018/10/16/19">

<article-nb="2018/10/16/19-1">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Gaël Giraud se félicite de voir les travaux de Paul Romer, critique de la macroéconomie « mainstream », couronnés par le prix Nobel d’économie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paul Romer, le Nobel qui a osé révéler que « le roi de la théorie macroéconomique est nu »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Gaël Giraud se félicite de voir les travaux de Paul Romer, critique de la macroéconomie « mainstream », couronnés par le prix Nobel d’économie.



LE MONDE ECONOMIE
 |    16.10.2018 à 17h45
    |

Gaël Giraud (Directeur de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’économiste américain Paul Romer [lundi 8 octobre, conjointement à l’Américain William Nordhaus] a été récompensé par le « prix de la Banque de Suède [nommé plus couramment prix Nobel d’économie] à la mémoire d’Alfred Nobel » pour ses travaux sur la « croissance endogène », publiés entre 1986 et 1990. L’idée maîtresse de ces contributions, devenues aujourd’hui des « classiques », est que la croissance du produit intérieur brut (PIB) ne saurait être due à la seule combinaison de l’accumulation du capital et du travail. L’éducation et l’investissement dans la recherche et développement jouent aussi un rôle décisif en favorisant un progrès technique qui, à son tour, accélère la croissance. Encore faut-il qu’un pays s’en donne les moyens.
Ces considérations n’ont hélas rien perdu de leur actualité aujourd’hui, dans un monde où l’éducation primaire reste, au Sud, un échec retentissant — 80 % des enfants sont désormais scolarisés, certes, mais 60 % d’entre eux n’apprennent ni à compter ni à lire — et où l’investissement dans la recherche connaît, au nord, un recul significatif depuis plusieurs années. En témoigne le nouvel indice de capital humain, publié par la Banque mondiale le 10 octobre, dont les travaux préparatoires, directement inspirés des théories de la croissance endogène, ont été initiés il y a un peu plus d’un an, alors que Paul Romer officiait comme économiste en chef de l’institution de Washington.
Dans les années 1980, cette attention aux conditions de possibilité du progrès technique apportait un peu de chair au célèbre modèle de Solow-Swan qui, depuis bientôt deux décennies, servait alors de paradigme à la macroéconomie occidentale d’inspiration non-keynésienne, et qui joue encore en partie ce rôle aujourd’hui. En partie, seulement, car entre-temps le cadre dynamique proposé par Solow a été remplacé par des modèles statiques, construits à la faveur de la « révolution méthodologique » qui, dans les...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-2">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ D’ici à 2022, les restaurants collectifs devront proposer des menus composés pour moitié de produits de qualité et équitables. Pour atteindre cet objectif ambitieux, un collectif d’élus locaux et de professionnels de la restauration en appelle, dans une tribune au « Monde », au gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Etat doit contribuer à sa juste part au déploiement d’une restauration collective plus responsable »

D’ici à 2022, les restaurants collectifs devront proposer des menus composés pour moitié de produits de qualité et équitables. Pour atteindre cet objectif ambitieux, un collectif d’élus locaux et de professionnels de la restauration en appelle, dans une tribune au « Monde », au gouvernement.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h43
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. La loi agriculture et alimentation votée pose des objectifs ambitieux pour les restaurants de collectivité. D’ici à 2022, 50 % de nos assiettes seront constitués de produits de qualité et équitables, dont 20 % provenant de l’agriculture biologique. Nous, restaurateurs collectifs, représentants de collectivités, élus et associations engagées sur les projets alimentaires, soutenons ces objectifs.
Seuls 3 % des produits servis dans les écoles, les hôpitaux, les entreprises, les Ehpad sont issus de l’agriculture biologique
Derrière, les enjeux sont immenses : l’accès à toutes et tous à un repas équilibré et sain par jour, la motivation de nos personnels de cuisine, le dynamisme, le lien avec nos territoires et nos producteurs… Avec trois milliards de repas servis chaque année, un milliard rien qu’en restauration scolaire, nous avons bien compris le formidable levier économique, écologique et de santé publique que représente ce secteur. Et s’il est vrai que de plus en plus de restaurants collectifs s’engagent, ne nous y trompons pas, ils font encore figure de pionniers.
Le constat est sans appel : malgré les ambitions étatiques affichées depuis des années, la part du bio servi dans nos restaurants ne décolle pas. Seuls 3 % des produits servis dans les écoles, les hôpitaux, les entreprises, les Ehpad sont issus de l’agriculture biologique. La marche est encore très haute et nous n’avons que quatre ans devant nous.

Les collectivités territoriales ont été les premières à soutenir le déploiement des projets. Mais sans un soutien financier de plus, nos efforts ne suffiront pas pour relever ce défi à l’échelle du pays. Nous demandons ainsi à l’Etat de contribuer à sa juste part au succès du déploiement d’une restauration collective plus responsable. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’échouer collectivement.
Bonus cantine bio et locale
Une solution a été mise sur la table. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-3">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Thibaud Brière, en charge des questions éthiques au sein d’un groupe de BTP, propose de se saisir de « la fête des entreprises », le 18 octobre, pour populariser le hashtag #balance ton entreprise et libérer la parole des salariés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies           Consulterle journal     Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                         À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Gouvernement Philippe    Harcèlement sexuel    Brexit    Allemagne    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Donald Trump    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Médias  BFM-TV s’inquiète du « suivi » de l’une de ses journalistes par la police                    Économie   Article réservé à nos abonnés « Les spécialistes de la vente sur Internet ne figurent plus parmi les 10 enseignes préférées des Français »                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « Pour les banques, le risque climatique devient systémique et doit donc être traité comme tel »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Paul Romer, le Nobel qui a osé révéler que « le roi de la théorie macroéconomique est nu »   Gaël Giraud Directeur de recherche au CNRS              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      02:33     Politique  Jean-Luc Mélenchon filme en direct la perquisition de son domicile                    08:16     Astronomie  Peut-on sortir d’un trou noir ?                    01:23     Gouvernement Philippe  Ministère de l’intérieur : passation des pouvoirs entre Philippe et Castaner                    04:48     Elections américaines de mi-mandat 2018  Midterms 2018 : qui va l’emporter aux élections américaines ?             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Remaniement : « Surtout pas de révolution ! »   Françoise Fressoz                      Tribune   Article réservé à nos abonnés « L’Etat doit contribuer à sa juste part au déploiement d’une restauration collective plus responsable »   Collectif                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Comment la City veut contourner le Brexit   Eric Albert Londres, correspondance                     Éditorial  Médicaments antidouleurs : overdose sur ordonnance             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma   Article réservé à nos abonnés « The House That Jack Built » : portrait de l’artiste en psychopathe                    Analyse   Article réservé à nos abonnés Poe, Stevenson Cooper : retraduire, pour rester fidèle                    Télévisions & Radio  Télévision : « Rhino dollars », les cornes de la discorde                    Télévisions & Radio  L’éviction de Patrick Sébastien, symbole du renouvellement des grilles de France Télévisions             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      L'époque  Ce que révèle la fascination pour les sexualités « exotiques »                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Ma confiance, mes points de permis, ma dignité, il a tout pris »                    Les recettes du Monde  Gratin de semoule, raisin et fenouil : la recette de Valérie Guérin             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                                   Idées        « Ce sont les salariés qui ont le plus intérêt à la défense de leur entreprise sur le long terme »  Dans une tribune au « Monde », Thibaud Brière, en charge des questions éthiques au sein d’un groupe de BTP, propose de se saisir de « la fête des entreprises », le 18 octobre, pour populariser le hashtag #balance ton entreprise et libérer la parole des salariés.        Par  Thibaud Brière   Publié aujourd’hui à 15h00, mis à jour à 15h00   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés       Tribune. Le jeudi 18 octobre, le collectif « J’aime ma boîte », initié par Sophie de Menthon, a décidé que ce serait la fête des entreprises, avec un slogan prometteur pour l’édition 2018 : « Fais bouger ta boîte ! » Son objectif affiché : permettre aux salariés de « montrer un autre visage de leur entreprise ». Qui ne souscrirait à un tel programme ? Qui ne voudrait le bien de l’entreprise à laquelle il participe, sur le long terme ?          Or c’est un fait que, par souci de la pérennité de son entreprise, le salarié doit parfois défendre celle-ci contre elle-même, ou plutôt contre des comportements internes, de la part d’actionnaires ou de dirigeants qui, au nom d’une maximisation de la rentabilité financière à court terme, font jouer leurs intérêts contre ceux de l’entreprise, jusqu’à y sacrifier son avenir. Confondant démarche d’entrepreneur et démarche de prédateur, ils épuisent ce qu’ils exploitent au lieu de le cultiver. Les méthodes mises en œuvre par quelques-uns pour vampiriser l’entreprise commune doivent être portées à la connaissance de tous pour faire « bouger [la] boîte ». Cela servira de révélateur : les vampires détestent la lumière du jour !           Trop d’abus perdurent à cause du silence de ceux qui pourraient parler          C’est un fait aussi que nombre d’entreprises abritent des pratiques criminelles (comme le financement du terrorisme dont Lafarge est actuellement suspecté), délictueuses (comme l’évasion fiscale, la corruption, l’entente commerciale entre « concurrents ») ou socialement condamnables (comme le management toxique, les arnaques commerciales, l’obsolescence programmée, l’optimisation fiscale, la maltraitance animale…).          Or la mise en œuvre de toutes ces pratiques nécessite la collaboration de salariés, qui doivent le 18 octobre prendre la liberté de raconter publiquement ce qu’ils savent pour enfin marquer leur désaccord. Trop d’abus perdurent à cause du silence de ceux qui pourraient parler.          Fonction de remparts                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésMort de Maurice Audin : Pour Brigitte Giraud, « il faut rompre le cercle vicieux silence - ignorance - défiance »                    Article réservé à nos abonnésElections en Bavière : « La fin des grands partis »                    Article réservé à nos abonnés« Les auteurs ont besoin d’une réelle avancée qui leur redonne une juste valeur, financière et morale »             Les abonnés lisent aussi...                analyse     Isabelle Regnier    Article réservé à nos abonnésL’architecture revient aux fondamentaux Analyse. Habiter, ce n’est pas seulement mettre un toit sur sa tête. C’est nouer une relation avec un lieu. Encore faut-il que le lieu en question ait été conçu pour être habitable, rappelle Isabelle Regnier, journaliste au « Monde ». 4 min de lecture                    portrait     Catherine Vincent    Article réservé à nos abonnésCamille Froidevaux-Metterie, un féminisme de l’intime La professeure de science politique publie début octobre « Le Corps des femmes. La bataille de l’intime » (Philosophie magazine Editeur), dans lequel elle s’attache à redonner sa valeur au corps féminin. 6 min de lecture                    portrait     Stéphanie Le Bars    Article réservé à nos abonnésLe roi des complotistes, Alex Jones, banni des réseaux sociaux Pour l’animateur, cette « censure » confirme le complot de « la gauche », du « deep state » (« Etat profond »), des « démocrates », des « médias traditionnels » pour faire taire des voix comme la sienne et fragiliser le président Donald Trump, qu’il soutient aveuglément. 3 min de lecture                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
{"@context":"https://schema.org","@type":"NewsArticle","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/16/ce-sont-les-salaries-qui-ont-le-plus-interet-a-la-defense-de-leur-entreprise-sur-le-long-terme_5370221_3232.html"},"headline":"« Ce sont les salariés qui ont le plus intérêt à la défense de leur entreprise sur le long terme »","dateCreated":"2018-10-16T15:00:03+02:00","datePublished":"2018-10-16T15:00:03+02:00","dateModified":"2018-10-16T15:00:03+02:00","publisher":{"@type":"Organization","name":"Le Monde","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.705/img/elements_lm/logo_lm_print.png","width":"240","height":"42"}},"description":"Dans une tribune au « Monde », Thibaud Brière, en charge des questions éthiques au sein d’un groupe de BTP, propose de se saisir de « la fête des entreprises », le 18 octobre, pour populariser le hashtag #balance ton entreprise et libérer la parole des salariés."
,"author":[{"@type":"Person","name":"Thibaud Brière"}
]
,"image":{"@type":"ImageObject","url":"https://img.lemde.fr/2018/10/16/0/0/1768/1246/696/348/3/0/c2e199c_yugsELNqJ2tPsho1F7CDduWS.png","width":"696","height":"348"}
,"isAccessibleForFree":"False","hasPart":{"@type":"WebPageElement","isAccessibleForFree":"False","cssSelector":".paywall"}
  
{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr"}}
,{"@type":"ListItem","position":2,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/idees/"}}
,{"@type":"ListItem","position":3,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/16/ce-sont-les-salaries-qui-ont-le-plus-interet-a-la-defense-de-leur-entreprise-sur-le-long-terme_5370221_3232.html"}}
     


      



<article-nb="2018/10/16/19-4">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Poe, Stevenson Cooper : retraduire, pour rester fidèle

Les classiques étrangers réclament à chaque époque une lecture neuve. Etudes de cas, autour des nouvelles traductions d’Edgar Poe, Robert Louis Stevenson et Fenimore Cooper.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h23
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Etrange mot que « traduire », qui, tout à la fois, dit la comparution devant un tribunal, renvoie à l’expression jouée d’un sentiment et définit une langue en mouvement. Une triple signification que le traducteur se doit d’assumer pleinement, se faisant tour à tour juge, comédien et linguiste. Acteur de la langue, il endosse une parole étrangère, l’habite, la hante, en effectue la traversée. Il fera acte de justice, maniantd’« intellectuelles balances aux plateaux d’argent » (Valéry Larbaud), quand il s’agira pour lui de rendre enfin leurs vrais visages à des textes malmenés, tailladés ou dévalués, voire méprisés.
Comme ce fut le cas, à dates récentes, pour les romans noirs américains qu’il a fallu « dépigalliser », si l’on peut dire : épurer d’un argot désuet, pour les rendre à la modernité de leur langue et à la complexité de leurs personnages. Mission menée à bien par Natalie Beunat et Pierre Bondil pour Dashiell Hammett (Gallimard, « Quarto », 2009), Cyril Laumonier pour Raymond Chandler (Gallimard, « Quarto », 2013), Jean-Paul Gratias pour Jim Thompson (Rivages) ou Jacques Mailhos pour Ross Macdonald ou James Crumley (Gallmeister). Situation égale avec le fantastique et l’anticipation : citons les traductions de H. P. Lovecraft signées David Camus (Mnémos) ou François Bon (Points) ; la reprise en main du 1984, d’Orwell, par Josée Kamoun (Gallimard, 2018).

Car toute traduction, synchrone à la langue d’une époque, se doit d’être, aux plans philologique et esthétique, périodiquement remise sur le métier, refondée. C’est à une semblable campagne que l’on assiste aujourd’hui pour l’univers des classiques anglo-saxons. Comme en témoignent les retraductions d’Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson et James Fenimore Cooper qui, chacune, se confrontent à un problème différent.
Poe, reconsidéré
Avec Poe (1809-1849), c’est évidemment au modèle-obstacle de son grand « passeur », Charles Baudelaire (1821-1867), que se...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-5">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le monde des associations reste un corps social divers et actif, malgré le manque de diversité dans leur composition sociale et la baisse des financements publics, expliquent Hugues Sibille et Viviane Tchernonog dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le paysage associatif se transforme nettement »

Le monde des associations reste un corps social divers et actif, malgré le manque de diversité dans leur composition sociale et la baisse des financements publics, expliquent Hugues Sibille et Viviane Tchernonog dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 12h03
    |

Hugues Sibille (Président de la Fondation Crédit Coopératif) et Viviane Tchernonog (Chercheuse invitée au Centre d’économie de la Sorbonne CNRS-uni...







                        



                                


                            
Tribune. Vu de loin, le paysage associatif paraît immuable. De près, il se transforme. La base du tableau, les petites associations, s’élargit sensiblement, tandis que le sommet, les moyennes et grandes, se concentre. Au premier plan, le modèle économique change nettement : pour la première fois, le budget associatif consolidé stagne entre 2011 et 2017, et les subventions publiques ne représentent plus qu’un euro sur cinq. Il est es­sentiel de disposer de données plus régulières pour suivre ces mutations, et l’actualité ­invite à mieux connaître ce que pourrait être une « société de l’engagement ».
La France compte 1,5 million d’associations, immense biodiversité citoyenne. Sa démographie est positive, avec 200 000 associations de plus qu’en 2011, soit une augmentation de 2,4 % par an. Ce sont pour l’essentiel de petites associations locales de bénévoles. Les associations employeuses, elles, amorcent un léger recul en nombre. Ces chiffres témoignent d’un fort désir d’engagement, corroboré par le rythme élevé de développement du bénévolat.
Le nombre d’heures bénévoles augmente de 4,9 % par an, soit 1,4 million d’équivalents temps plein. Ces chiffres ne sont pas assez pris en compte dans la comptabilité nationale et les indicateurs de ­richesse. Si l’on écarte tout critère de durée minimale, ce sont 22 millions de Français qui donnent de leur temps. De nouvelles attitudes émergent et des formes d’engagement « informel » se développent, tels les collectifs citoyens, sans personnalité morale.
Des « parcours d’engagement »
Il faut se réjouir d’un dynamisme témoignant d’une société française active, gage de démocratie et de lien social. Par comparaison, certaines sociétés d’Europe de l’Est, où la société civile ­organisée est menacée, inquiètent. Mais il ne faudrait pas pour autant céder à une euphorie française pour deux raisons.
La première tient aux gouvernances. De nombreuses associations peinent à renouveler leurs conseils...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-6">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Médicaments antidouleurs : overdose sur ordonnance

Editorial. L’addiction aux opiacés est désormais la première cause de mort par overdose en France. Cette situation nécessite, notamment, de beaucoup mieux informer les patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 17h03
   





                        


Editorial du « Monde ». La première cause de mort par overdose en France n’a pas pour origine l’absorption de drogues illégales, mais celle de médicaments, prescrits au grand jour, par des médecins, dans le but de soulager la douleur de leurs patients. Avec plus de 500 décès chaque année, les traitements opiacés tuent davantage que l’héroïne et la méthadone réunies. Et encore, le chiffre, de l’aveu même des spécialistes, est significativement sous-évalué.
Le fléau est encore loin d’atteindre le stade pandémique des Etats-Unis. En 2017, plus de 48 000 patients ont succombé à une surdose d’antalgiques, un chiffre en constante augmentation. L’ampleur est telle que des études font un lien direct avec le recul de l’espérance de vie aux Etats-Unis, un phénomène inédit depuis la seconde guerre mondiale dans un pays développé.

        Lire aussi :
         

                L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France



Les recherches sur des dérivés de la morphine afin de diversifier ses modes d’administration et de réduire ses effets secondaires datent d’une trentaine d’années. Une poignée de laboratoires ont multiplié les brevets à partir d’une molécule qui a longtemps suscité la méfiance du corps médical et des patients car associée à la toxicomanie ou aux soins palliatifs. Mais aux Etats-Unis, un lobbying intensif, un matraquage marketing efficace et un cadre législatif déficient ont réussi à surmonter les réticences, contribuant à banaliser ces médicaments opiacés. Plusieurs centaines de milliers de morts plus tard, les procès contre les laboratoires se multiplient, tandis que les pouvoirs publics américains ont toutes les peines du monde à enrayer le phénomène.
Sensibiliser les médecins généralistes
Il faut se féliciter que la France soit restée, jusqu’à présent, relativement épargnée. La publicité pour un médicament y est beaucoup plus réglementée qu’aux Etats-Unis. Par ailleurs, les prescriptions sont plus encadrées. Les antalgiques les plus puissants sont ainsi classés comme stupéfiants. S’ajoutent enfin des réticences d’ordre culturel. La France a traditionnellement une approche des traitements antidouleurs plus restrictive que les pays anglo-saxons.
Toutefois, les Français ne sont pas immunisés contre les dérives liées au recours à ce type de médicaments. Depuis 2000, le nombre de morts par opiacés a augmenté de 172 %, les hospitalisations ont été multipliées par trois et, en moins de quinze ans, les ventes d’Oxycodone, l’un des principaux produits responsables de l’épidémie américaine, ont bondi de 1 950 %.

        Lire aussi :
         

                L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé



Même si les chiffres en valeur absolue restent contenus, cette évolution spectaculaire doit nous alerter. Les abus sur les médicaments psychotropes, comme les benzodiazépines, prescrits au long cours, alors qu’ils sont à l’origine d’effets délétères, montrent qu’il est extrêmement compliqué de lutter contre les mésusages, une fois que les prescriptions se sont généralisées.
Dans le cas des antalgiques, il est nécessaire de redoubler de vigilance. Cela passe d’abord par une meilleure information des patients sur les risques d’addiction auxquels ils s’exposent. Il faut aussi davantage sensibiliser les médecins généralistes. Avec le développement de la médecine ambulatoire, ceux-ci se retrouvent de plus en plus sous la pression de malades qui rentrent chez eux avec des prescriptions présentant des risques d’addiction. Cette prévention est d’autant plus nécessaire qu’il ne faudrait surtout pas tomber dans une diabolisation du traitement de la douleur, alors que l’arsenal thérapeutique reste relativement limité.

        Lire aussi :
         

                Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-7">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Plus qu’à Bruxelles, la régulation financière se fait dans les instances internationales. C’est là que la City de Londres veut s’investir après le Brexit, explique, dans sa chronique, notre journaliste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment la City veut contourner le Brexit

Plus qu’à Bruxelles, la régulation financière se fait dans les instances internationales. C’est là que la City de Londres veut s’investir après le Brexit, explique, dans sa chronique, notre journaliste.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 09h52
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Chronique marchés. Pour la City, même si un accord est trouvé dans les jours qui viennent, le Brexit est une affaire particulièrement mal engagée. Le centre financier londonien s’est longtemps battu pour rester dans l’Union européenne. Ayant perdu, il s’est battu pour rester dans le marché unique. Ayant à nouveau perdu, il a demandé de conserver un alignement réglementaire. Mais la première ministre britannique, Theresa May, l’a désavoué, en présentant en juillet son plan officiel pour l’après-Brexit : elle demande à rester sur les réglementations européennes pour les biens, pas pour les services.
Pour autant, il n’y a guère de panique chez les financiers londoniens. Les départs de banquiers, d’assureurs et de gérants d’actifs se comptent en quelques milliers de personnes et se compteront peut-être en une dizaine de milliers d’ici mars 2019, date de l’entrée en vigueur du Brexit. A peine une égratignure. Les grandes institutions ne cachent pas leur pessimisme, mais elles préfèrent patienter, attendant d’y voir plus clair.
Cela peut sembler surprenant. Avec le Brexit, la City perd deux choses essentielles. Elle ne pourra plus vendre ses produits financiers à travers l’UE : c’est la perte du fameux « passeport ». Le second problème est plus compliqué et concerne la régulation financière : le centre financier craint de voir Bruxelles lui imposer ses règles. A terme, son cauchemar serait de se trouver dans une position de vassal, obligé d’obéir sans avoir la capacité d’influencer les débats.
Passer au-dessus de l’UE
Lors d’une conférence passionnante à la London School of Economics le mois dernier, Paul Tucker, un ancien vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre, a donné les clés du flegme actuel. Sur un ton placide, le Britannique au visage de chérubin a doctement expliqué qu’il est très facile de contourner l’UE : il suffit de passer au-dessus.
Les plus importantes régulations financières sont en effet déterminées dans des...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-8">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les défis militaires de l’intelligence artificielle

De nombreuses applications de l’IA deviennent possibles grâce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 14h24
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
Pour les armées modernes, « l’intelligence artificielle (IA) se présente comme la voie principale de la supériorité tactique » et elle est devenue « un enjeu de défense prioritaire pour les puissances militaires du XXIe siècle ». Dans une étude que publie l’Institut français des relations internationales (IFRI) sur cette nouvelle révolution, un ancien pilote de l’armée de l’air, Jean-Christophe Noël, évoque un « humanisme militaire » menacé.  Il n’est pas certain, selon lui, que les robots pourront toujours, en accord avec le « modèle de l’équipier fidèle », rester « étroitement associé(s) à un homme en charge d’un système d’armes comme un avion de chasse, un blindé ou un navire ».
Les applications militaires de l’IA deviennent accessibles et semblent sans limites. Elles sont rendues possibles par les gigantesques quantités de données (images, sons, etc.) désormais accumulées – un Rafale produit plusieurs téraoctets de données par heure de vol, et chacun des trois satellites d’observation français successeurs d’Helios 2 permettra de produire, à partir de 2019, cent fois plus d’informations que l’ensemble de ceux utilisés aujourd’hui par les armées. De plus, les algorithmes acquièrent la capacité nouvelle d’apprendre seuls selon les situations qu’ils rencontrent. Préparation au combat par la simulation, renseignement, ciblage, optimisation du soldat… La course a démarré.

« Hyperwar »
Le département de la défense américain a lancé près de 600 projets intégrant l’IA, un domaine où il vient d’annoncer 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) d’investissement dans les cinq prochaines années. « Une IA surnommée ALPHA, qui fit ses classes en affrontant des programmes informatiques de combats aériens de l’Air Force Research Lab, a systématiquement triomphé d’un pilote de chasse chevronné en octobre 2015 », rappelle l’expert de l’IFRI. Le pilote américain a témoigné : «...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-9">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La belle mécanique du chef de l’Etat semble s’être déréglée, comme le montrent les démissions de MM. Hulot et Collomb et les tergiversations des quinze derniers jours, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« L’épisode du remaniement aura nourri des doutes que Macron va devoir lever sans tarder »

La belle mécanique du chef de l’Etat semble s’être déréglée, comme le montrent les démissions de MM. Hulot et Collomb et les tergiversations des quinze derniers jours, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h17
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. Emmanuel Macron a été élu, notamment, sur la promesse de gouverner autrement. Depuis deux semaines, il en a fait une démonstration remarquable : il est en effet inédit, sauf à remonter aux crises à rallonge de la IVe République, qu’un remaniement gouvernemental ait nécessité une quinzaine de jours de cogitations, tractations et tergiversations.
La belle affaire !, dira-t-on. A l’Elysée, à Matignon et dans la majorité, l’on a mobilisé toutes les ressources de la rhétorique pour en minimiser l’importance. « Péripéties du quotidien », a balayé le chef de l’Etat, avant de revendiquer de procéder « dans le calme, dans le respect des personnes, de manière professionnelle ».
« Ecume des choses », a fustigé le premier ministre, Edouard Philippe, démentant toute « fébrilité » au sommet de l’Etat. Quant au porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, il a ajouté que les ministres ne sont pas « des objets sur des étagères » que l’on pourrait déplacer en quelques heures. On l’espère, pour lui-même comme pour ses collègues. D’ailleurs, le remaniement a finalement été annoncé mardi 16 octobre dans la matinée.

Une autorité écornée
Il reste que cette séquence, qui prolonge la mauvaise passe traversée par le pouvoir exécutif depuis trois mois, va laisser des traces.
Il suffit de se reporter au printemps 2017 pour mesurer le contraste. Entré en fonctions le 14 mai, Emmanuel Macron avait nommé Edouard Philippe premier ministre le lendemain et son gouvernement deux jours plus tard. Vite fait, bien fait, avaient commenté, assez bluffés, la plupart des acteurs de la scène politique. Parité entre hommes et femmes, équilibre entre techniciens et politiques, association de responsables de droite, de gauche, du centre et du mouvement présidentiel : cette équipe validait et incarnait tous les credo du candidat Macron – transgression, renouvellement et expertise.
Dix-sept...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-10">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour réduire l’usage de la voiture dans les grandes villes, l’expert Jean Coldefy suggère dans une tribune au « Monde » plutôt l’instauration de péages urbains modulés selon le revenu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean Coldefy : « La gratuité des transports en commun est un leurre »

Pour réduire l’usage de la voiture dans les grandes villes, l’expert Jean Coldefy suggère dans une tribune au « Monde » plutôt l’instauration de péages urbains modulés selon le revenu.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h23
    |

Jean Coldefy (Ancien responsable adjoint du service mobilité urbaine à la Métropole de Lyon)







                        



                                


                            

Tribune. Alors que chaque année nous battons des records de température, les transports représentent toujours un tiers des émissions de CO2. La voiture assure 80 % des kilomètres parcourus et l’Ile-de-France garde le record d’Europe de bouchons avec 400 km recensés quotidiennement. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les réflexions sur la gratuité des transports publics, au sein de la région capitale comme ailleurs. Rendre les transports en commun plus attrayants et diminuer le trafic routier, telle serait la finalité d’une telle mesure. Mais la gratuité des transports en commun n’est-elle pas un leurre ?
Aujourd’hui, le coût d’usage de la voiture est deux fois plus élevé pour l’usager que celui des transports en commun. Il est nécessaire de s’interroger sur l’impact réel d’une telle politique sur le trafic routier. On peut noter que cette mesure est l’apanage de petites villes et, à de rares exceptions près, de villes moyennes. Or, sur ces territoires, ce sont les entreprises qui l’ont financée : les Mutuelles à Niort, ArcelorMittal à Dunkerque.
Les grandes villes qui ont expérimenté la gratuité (Portland, Austin, Denver) sont, elles, toutes revenues en arrière pour des raisons de financement des réseaux – indispensables en raison de la croissance urbaine –, de baisse de la qualité de service et d’augmentation d’usages non pertinents des transports publics sur de courtes distances jusqu’alors réalisées à pied ou à vélo.
Péage urbain
Les Français seraient-ils vraiment accros à la voiture ? La réalité est tout autre. Mais les alternatives à l’usage de la voiture sont d’autant plus faibles que l’on s’éloigne du centre des agglomérations, qui concentrent les emplois et les services de mobilité. Les prix des logements dans les centres urbains ont aussi fortement augmenté depuis vingt ans, ce qui a contraint de nombreuses catégories sociales à s’éloigner des cœurs de ville avec un allongement très important des distances...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-11">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député (LRM) de l’Essonne estime que pour remédier aux inégalités scolaires, le gouvernement a fait les bons choix, notamment celui d’instaurer des tests réguliers pour les élèves.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Cédric Villani : « Nous ne pourrons pas guérir l’éducation nationale sans évaluations »

Dans une tribune au « Monde », le député (LRM) de l’Essonne estime que pour remédier aux inégalités scolaires, le gouvernement a fait les bons choix, notamment celui d’instaurer des tests réguliers pour les élèves.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 09h54
    |

Cédric Villani (Député (LRM) de l'Essonne)







                        



                                


                            
Tribune. L’éducation : le sujet le plus sensible, le plus controversé, le plus difficile qui soit, avec des enjeux immenses. La société attend tout, ou presque, des écoles et des lycées.
Notre éducation nationale fait l’admiration du monde entier ; aujourd’hui encore, nos artisans, nos écrivains, nos artistes, nos scientifiques sont mondialement réputés. Pourtant, notre système laisse tant de jeunes sur le bord de la route et connaît tant de maux qu’on ne sait par quel bout le réparer.
Entrave à l’innovation pédagogique : dommage pour la liberté. Disparité de niveaux la plus élevée des pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], avec la plus forte dépendance à l’origine sociale : dommage pour l’égalité. Délitement du respect, défiance entre tous les acteurs – enseignants, chefs d’établissement, inspecteurs, élèves et leurs parents : dommage pour la fraternité.
Les évaluations internationales, quand on a bien voulu les regarder en face, ont confirmé l’ampleur du mal, avec des scores calamiteux en lecture et en écriture, en mathématiques, en anglais. Incapable de se réformer face aux évolutions sociétales et technologiques, notre système scolaire a le plus grand mal à attirer les talents, comme en témoignent nos piètres statistiques de recrutement d’enseignants.
Et pour le pur produit de l’enseignement public que je suis, c’est un crève-cœur de voir de plus en plus de familles chercher refuge dans le privé.

J’ai travaillé, l’année écoulée, à une mission pour le gouvernement sur l’enseignement des mathématiques. Le constat a été dur – encore plus que je ne l’attendais. Souffrance des enseignants, souffrance des élèves, tension de tout le système, incapacité à répondre aux besoins croissants de la société en têtes bien formées dans cette matière. Quand on aime sa discipline, il faut avoir le cœur bien accroché pour traverser cela !
Blocages idéologiques
Et...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-12">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le phénomène populiste est, pour Christophe Guilluy, un juste retour de balancier face au monde d’en haut qui aurait abandonné les classes moyennes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Fronde populaire

Le phénomène populiste est, pour Christophe Guilluy, un juste retour de balancier face au monde d’en haut qui aurait abandonné les classes moyennes.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 10h06
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Livre. Christophe Guilluy, géographe et consultant, l’annonce : le peuple et le réel s’apprêtent à faire plier les élites. Le prophète de La France périphérique le lit dans les cartes et le territoire qu’il étudie. Cette France, qui rassemble 60 % de la population dans un espace de relégation « à l’écart » des quinze grands centres urbains, fait maintenant entendre son refus d’être laissée pour compte. Les « élites dominantes », chez elles à Singapour, Paris, ou New York, ont perdu la bataille pour « l’hégémonie culturelle », clame le géographe, car le peuple reprend la parole. Comme le démontre le phénomène populiste, dont Guilluy tente ici de rendre compte avec une forme de joie morbide.
Il y voit un juste retour de balancier face à la « sécession » du « monde d’en haut » qui aurait abandonné le « bien commun » pour mettre en place des politiques ruinant les classes moyennes : privatisation, repli de l’Etat et mondialisation. La nation aurait été vidée de son sens. Ce projet politique se serait accompagné d’un dénigrement systématique des classes populaires, cibles des accusations de racisme ou moquées, notamment par Canal+.
Une affaire culturelle
Fort heureusement, estime Christophe Guilluy, la classe moyenne jouit d’un « soft power qui porte la vague populiste » et permet d’installer dans le débat politique les thématiques prétendument mises sous le tapis, tels les méfaits du multiculturalisme et de la mondialisation. Mais, surtout, elle arrive ainsi à se repositionner au centre, à redevenir la référence, alors que « le monde d’en haut » se concentre sur l’étranger, les migrants, dont elle fait l’une de ses armes pour déprécier « ceux d’en bas » en les traitant de racistes. Ces accusations relèvent de la calomnie puisque « les classes populaires gèrent avec beaucoup de calme la question de l’autre ». Quelques pages plus loin, Christophe...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-13">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Comment le mot « race » est-il devenu détestable au point d’incarner le Mal ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

LDJ - « Race » : débats et dérives

Comment le mot « race » est-il devenu détestable au point d’incarner le Mal ?



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h30
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


Le livre. Le 12 juillet, l’Assemblée nationale a supprimé à l’unanimité le mot « race » de la Constitution. L’article 1 qui définit les valeurs fondamentales de la République stipule désormais que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion », au lieu de « sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Cette suppression, qui avait déjà fait l’objet de plusieurs projets de réforme, était aussi une promesse de campagne de François Hollande en 2012. « Il n’y a pas de place dans la République pour la race », avait déclaré le candidat socialiste.
Dans un essai percutant, Pierre-André Taguieff, auteur de nombreux ouvrages traitant du racisme et de l’antiracisme, retrace l’histoire des passions intellectuelles qui se sont cristallisées autour du mot « race ».
Catégorie appliquée à la diversité humaine, ce mot a d’abord constitué « un outil de connaissance qui a servi à rendre intelligible le monde à une époque, celle des Lumières, où connaître était avant tout décrire distinguer et classer ». Ses usages idéologiques sous l’Allemagne nazie lui ont apporté une connotation négative « au point qu’il est devenu suspect, voire maudit ».
Dérives de l’antiracisme
Dans les années 1970, la « gauche politique » tente de remplacer ce mot, avant de chercher à l’éliminer au nom de la science, à partir des années 1990, donnant lieu à des débats houleux. Le philosophe rappelle qu’il s’est élevé très tôt contre le « projet antiraciste » d’éliminer le mot « race ». Capituler devant ce mot revient, selon lui, à s’empêcher de « chercher à comprendre pourquoi les gens persistent à en parler ». « Ce serait sacrifier au désir immodéré de pureté qu’on discerne derrière les projets de police du vocabulaire », ajoute-t-il.
Se situant du côté de « ceux qui ne pensent plus en fonction des “ismes” et ne se soucient plus des clivages politiques simplistes ni des oppositions manichéennes alimentant sectarismes et fanatismes », Pierre-André Taguieff pointe les « dogmes et les dérives » de l’antiracisme, devenu, selon lui, une « machine à exclure ». Et l’auteur de porter l’estocade contre les antiracistes français : « La corruption idéologique les rend méconnaissables, comme en témoigne la multiplication des mouvements qu’on peut caractériser comme des “antiracismes racistes” ou des “racismes antiracistes”. »
Le philosophe les défie en leur proposant de se tourner vers les Etats-Unis où la discussion sur le thème « science et racisme » se place sur le plan de la morale et de la politique : « Le consensus des années 1970-1990 sur l’inexistence des races humaines s’est affaibli chez les biologistes depuis les années 2000. Mais on ne doit pas pour autant oublier l’essentiel : il est dangereux de faire reposer la visée universaliste de la lutte contre le racisme sur un résultat nécessairement provisoire de la recherche scientifique. »
« Race » : un mot de trop ? de Pierre-André Taguieff, CNRS éditions, 368 pages, 22 euros.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-14">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les entreprises numériques, qui se sont développées dans les grandes villes, ont créé nombre d’emplois de proximité. Or les travailleurs intéressés n’arrivent plus à se loger, signale, dans une chronique au « Monde », Nicolas Colin, spécialiste de l’économie numérique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les activités de proximité se développent là où grandissent les entreprises numériques »

Les entreprises numériques, qui se sont développées dans les grandes villes, ont créé nombre d’emplois de proximité. Or les travailleurs intéressés n’arrivent plus à se loger, signale, dans une chronique au « Monde », Nicolas Colin, spécialiste de l’économie numérique.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h00
    |

Nicolas Colin, enseignant à l'Ecole d'affaires publiques de Sciences Po Paris







                        



                                


                            
Chronique. Il est souvent affirmé que le numérique permet de disséminer les activités économiques dans l’espace en facilitant le travail à distance et les interactions virtuelles. La réalité est exactement inverse : plus l’économie devient numérique, plus la population se concentre dans les grandes villes et plus les prix de l’immobilier y montent.

L’un des auteurs qui éclairent ce phénomène est Enrico Moretti, économiste à l’université de Californie, à Berkeley, et auteur de The New Geography of Jobs (Mariner Books, 2013, non traduit). Son livre s’ouvre sur une description saisissante de Detroit, le berceau de l’industrie automobile américaine.
Au XXe siècle, des millions de personnes ont emménagé à proximité de cette ville du Michigan pour se rapprocher de ce qui était à l’époque le moteur de l’économie : les usines. Non que la majorité des Américains aient travaillé à l’époque sur les chaînes d’assemblage, loin s’en faut, mais les usines étaient au cœur d’une économie prospère de services de proximité. Des entreprises s’implantaient pour fournir des services aux usines elles-mêmes ; d’autres se développaient pour servir les ingénieurs et ouvriers qualifiés qui résidaient non loin de là. Tout un écosystème trouvait ainsi son équilibre. L’usine générait des gains de productivité, qui étaient partiellement réinvestis dans une économie locale créant majoritairement des emplois de services.
Aujourd’hui, Detroit traverse une crise profonde et durable. Elle a été désertée par nombre de ses habitants depuis la crise de 2008. Mais la raison structurelle de cet exode est la marginalisation des usines dans l’économie. La plupart d’entre elles ont été délocalisées depuis longtemps, là où la main-d’œuvre, le foncier, l’énergie et la santé coûtent moins cher. Surtout, les usines d’aujourd’hui sont largement automatisées. Parce qu’elles n’emploient plus grand monde, elles n’entraînent plus de créations massives...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-15">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que le démantèlement du Conseil national d’évaluation du système scolaire est prévu par la loi « pour l’avenir de l’école », un collectif de chercheurs dénonce, dans une tribune au « Monde », la mise au pas des instances d’évaluation par le ministère de l’éducation nationale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La France mérite une évaluation indépendante de son école »

Alors que le démantèlement du Conseil national d’évaluation du système scolaire est prévu par la loi « pour l’avenir de l’école », un collectif de chercheurs dénonce, dans une tribune au « Monde », la mise au pas des instances d’évaluation par le ministère de l’éducation nationale.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 06h00
   





                        



                                


                            
Tribune. Les parents, les jeunes et plus largement les citoyens peuvent-ils revendiquer le droit à une information transparente et indépendante sur l’école française et la pertinence des choix de politiques scolaires ?
La réponse peut sembler, de prime abord, nécessairement positive. La question se trouve pourtant posée aujourd’hui par le démantèlement programmé du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dans un projet de loi rendu public cette semaine. Voué à la disparition, ce jeune organisme, chargé de mener une évaluation en toute indépendance de l’école française, était pourtant à la rentrée 2018, quatre ans seulement après sa création, apprécié très positivement par le comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale : les rapporteurs de cette formation politiquement pluraliste qualifient le Cnesco d’« instance productive, transparente et indépendante » ayant « réussi à mettre en place une méthode d’évaluation du système scolaire à la fois originale, scientifique et participative », méthode qui « contribue à la diffusion de la culture de l’évaluation au sein du système scolaire ».

Appuyé sur un réseau de 250 chercheurs de France et d’ailleurs, toutes disciplines confondues (économie, psychologie, sciences politiques, sociologie, géographie, didactique, sciences de l’éducation, sciences du langage…), le Cnesco a en effet produit, depuis 2014, sans tabou mais aussi sans esprit partisan, des rapports qui ont éclairé d’une nouvelle lumière l’état de l’école française, depuis les problèmes grandissants dans la maîtrise des fondamentaux, en mathématiques dès le primaire, par exemple, jusqu’aux problèmes, souvent masqués, de mixité sociale à l’école, d’accès à l’école des élèves handicapés ou de manque d’employabilité des jeunes issus de certaines filières de l’enseignement professionnel.
Confiance dans l’intelligence collective
Il s’appuie...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-16">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jack Qiu estime que le conflit social qui a éclaté chez le fabricant de robots Jasic, à Shenzhen, est emblématique du renouveau de la mobilisation ouvrière en Chine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les ouvriers chinois se sont réveillés »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jack Qiu estime que le conflit social qui a éclaté chez le fabricant de robots Jasic, à Shenzhen, est emblématique du renouveau de la mobilisation ouvrière en Chine.



LE MONDE
 |    16.10.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 11h53
    |

Jack Qiu (Professeur à l’école  de journalisme et de communication  à l’université chinoise de Hongkong)







                        



                                


                            

Tribune. La Chine compte aujourd’hui 4 000 entreprises de robotique, dont Jasic, un fabricant de machines à souder, installé à Shenzhen, dont le site Web présente un robot industriel destiné à remplacer les soudeurs humains. Depuis 2011, Jasic est coté à la Bourse de Shenzhen. Et pourtant, cette entreprise high-tech ne possède, au regard de la loi chinoise sur les syndicats, aucune véritable représentation du personnel.
Au contraire, l’usine est gérée selon un système hiérarchique draconien : chaque ouvrier doit obéir à tout instant aux gardes de l’usine, sous peine d’être « licencié sans indemnités ». Une première infraction mineure est passible d’une amende de 200 yuans (environ 20 €), une deuxième d’une amende de 300 yuans et une troisième d’un licenciement sans indemnités. La liste des pénalités concerne 18 « interdits » et suscite un profond mécontentement parmi les travailleurs.

En revanche, les mécanismes de protection des ouvriers sont quasi inexistants. Selon l’agence d’information officielle Xinhua, l’entreprise a été rappelée à l’ordre, le 22 mai, par les autorités locales pour avoir omis de rémunérer les heures supplémentaires. Au cours de rencontres avec des responsables de la branche locale de la Fédération des syndicats chinois la semaine suivante, la direction de Jasic s’est montrée réticente à autoriser la syndicalisation de son personnel, comme l’autorise pourtant la loi chinoise.
A la mi-juillet, 89 ouvriers de Jasic qui tentaient de créer un syndicat ont été victimes d’intimidations, de mesures de répression et d’accusations mensongères de la part de l’encadrement. Leurs représentants ont été battus, emprisonnés et licenciés. Ces brutalités ont renforcé la détermination des travailleurs, de leurs familles et amis, mais aussi d’ouvriers d’usines voisines.
Drapeaux rouges de sortie
A partir du 20 juillet, la confrontation a pris une dimension nationale et internationale en raison...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-17">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Législation inadaptée, contournement de la légalité, rivalités entre les agences, déficit d’autorité et de contrôle… Dans une enquête publiée chez Fayard, Jacques Follorou, journaliste au « Monde », montre comment les manquements dans la sécurité intérieure en France rendent contre-productive la lutte contre le terrorisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Etat secret », le livre sur la guerre du renseignement

Législation inadaptée, contournement de la légalité, rivalités entre les agences, déficit d’autorité et de contrôle… Dans une enquête publiée chez Fayard, Jacques Follorou, journaliste au « Monde », montre comment les manquements dans la sécurité intérieure en France rendent contre-productive la lutte contre le terrorisme.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 17h56
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Bonne feuilles. [Au nom de la lutte contre le terrorisme, les démocraties ont, depuis les attentats du 11 septembre 2001, singulièrement restreint le champs des libertés. La révolution technique du renseignement, lancée en France en 2007 avec de gros moyens, s’est construite à l’abri du secret-défense : ce vaste système de surveillance, qui déborde aujourd’hui la lutte contre le terrorisme, est devenu le premier pilier de la défense du pays. Dans la clandestinité, voire l’illégalité, pendant près de dix ans.]
Un renseignement illégal
La France a ainsi longtemps vécu dans un profond déni sur le vrai du renseignement intérieur. Jean-Jacques Urvoas, en décembre 2014, alors président de la DPR [la délégation parlementaire au renseignement], écrit ainsi, dans son rapport annuel : « En l’état actuel du droit, les services sont très démunis. Ils peuvent uniquement recourir à des interceptions de sécurité, à des réquisitions de données techniques de connexion ainsi qu’à l’usage restreint de fichiers. Tous les autres moyens exploitables sont frappés d’illégalité. La situation confine ici à l’hypocrisie au regard des missions incombant à ces administrations. Elle induit en outre une mise en danger des fonctionnaires qui œuvrent au service de la nation. »
Alors que Jean-Jacques Urvoas informe le Parlement sur cette béance, les services de renseignement français sont, en effet, pour l’essentiel hors la loi. Combien d’actes d’enquêtes réalisés par les RG [renseignements généraux], la DST [direction de la surveillance du territoire], puis la DCRI [direction centrale du renseignement intérieur] ou encore la DGSI [direction générale de la sécurité intérieure], jusqu’à la loi de 2015, auraient alors pu conduire leurs auteurs devant un juge d’instruction ? « C’est incalculable, puisque c’était le quotidien de ces agents », confirme un ancien directeur adjoint...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-18">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le politologue Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde » que l’affaiblissement des conservateurs et des sociaux-démocrates, lors du scrutin bavarois du dimanche 14 octobre, pourrait déclencher une crise au sein de « la grande coalition » à Berlin et fragiliser un peu plus la chancelière Angela Merkel.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Elections en Bavière : « La fin des grands partis »

Le politologue Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde » que l’affaiblissement des conservateurs et des sociaux-démocrates, lors du scrutin bavarois du dimanche 14 octobre, pourrait déclencher une crise au sein de « la grande coalition » à Berlin et fragiliser un peu plus la chancelière Angela Merkel.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 17h17
    |

Jens Althoff (Politologue)







                        



                                


                            

Tribune. En Allemagne, ce week-end, tous les regards étaient braqués sur la Bavière, une des plus grandes et riches régions du pays, où 9,5 millions de Bavarois, sur une population de treize millions d’habitants, étaient appelés à voter pour renouveler le parlement.
Avec la présence désormais de six partis au parlement et l’affaiblissement important des conservateurs et des sociaux-démocrates, qui forment la « grande coalition » au niveau fédéral, ces élections marquent la fin d’un modèle en Allemagne. Si la rupture n’est pas aussi profonde que celle vécue par la France en 2017, elle n’en demeure pas moins conséquente. La force de cohésion des grands partis a diminué outre-Rhin ces dernières années, mais plus lentement qu’ailleurs en Europe. Ce développement s’est accéléré récemment avec la montée de l’extrême droite.
Au niveau des Länder, un parti arrivait encore à former seul une majorité au gouvernement. C’était le cas de la Bavière, où l’Union chrétienne sociale (CSU) gouvernait avec la majorité parlementaire absolue, depuis le début des années 1960 – à l’exception d’une période entre 2008 et 2013, avant de regagner la majorité absolue en 2013. Cette hégémonie dans un des Länder les plus importants d’Allemagne était le socle d’une position de force du CSU au niveau fédéral en tant que « parti sœur » de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, le parti conservateur présent dans toutes les autres régions allemandes. Ce dimanche, la CSU a perdu la majorité absolue en obtenant seulement 37,2 % des suffrages contre 47,7 % en 2013.
Inquiets de leur faible résultat lors des élections fédérales de septembre 2017, et surtout marqués par la percée de l’Alternative pour l’Allemagne (Afd), le parti d’extrême droite devenue la troisième force avec quatre-vingt-douze députés au Parlement fédéral, les conservateurs bavarois ont bloqué le travail du gouvernement au niveau fédéral dans le but de gagner les élections en Bavière....




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-19">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Dans l’espace, ceux qui arrivent après les explorateurs sont les commerçants »

Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    15.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
16.10.2018 à 16h31
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Historien des sciences et théologien – il a longtemps été dominicain –, Jacques Arnould est l’expert éthique du Centre ­national d’études spatiales, un poste sans équivalent dans les autres agences spatiales mondiales. Selon ses propres mots, son travail consiste « à s’interroger sur le pourquoi et le comment des activités spatiales ». ­Jacques Arnould est aussi l’auteur de Oublier la Terre ? La conquête spatiale 2.0 (Le Pommier, 166 pages, 17 euros). Nous l’interrogeons sur le bouleversement en cours du secteur spatial alors que la NASA vient de souffler ses 60 bougies et que le monde célébrera en 2019 les 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune.
Pendant longtemps, l’espace a été la chasse gardée des Etats, mais vous expliquez dans votre livre que nous sommes en train de changer d’ère, de passer à « la conquête spatiale 2.0 » avec l’émergence rapide des acteurs privés du « NewSpace » – la société SpaceX d’Elon Musk, mais aussi Blue Origin de Jeff Bezos ou Virgin Galactic de Richard Branson…
Il faut commencer par dire que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Dès les origines du spatial, on a compté de nombreuses sociétés du privé, notamment aux Etats-Unis, qui essayaient de faire la même chose que les Etats et de construire leurs propres fusées.
Pendant longtemps, ces tentatives n’ont pas abouti mais ce n’est plus le cas depuis la fin des années 2000. Pourquoi ? Une des réponses est contenue dans le rapport sur la politique spatiale américaine que Barack Obama demande après son élection et que Norman Augustine rend en 2009. Une de ses recommandations est d’ouvrir les portes de la NASA aux entreprises privées et donc d’orienter des financements publics vers ceux que l’on va ­appeler les acteurs du NewSpace.
Une ère se termine – les Etats-Unis renoncent au programme Constellation de retour sur la Lune, leurs navettes spatiales cessent de voler deux ans plus tard –, une autre commence. Mais ce...




                        

                        


<article-nb="2018/10/16/19-20">
<filnamedate="20181016"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181016"><AAMMJJHH="2018101619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Au-delà du recul des chrétiens-démocrates, l’élection régionale de Bavière a été marquée par la progression des Verts.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Europe : l’Allemagne à son tour dans la bataille

Editorial. Au-delà du recul des chrétiens-démocrates, l’élection régionale de Bavière a été marquée par la progression des Verts.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 16h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Si le résultat des élections bavaroises du 14 octobre est un séisme politique pour Berlin, à l’échelle de l’Europe, déjà tant secouée depuis trois ans, on pourrait l’interpréter comme une réplique. On aurait tort, cependant, d’en minimiser l’ampleur : parce que l’Allemagne est l’Allemagne, parce qu’elle a, depuis l’après-guerre, constitué un pôle de stabilité, parce qu’elle joue un rôle déterminant au sein de l’Union européenne, cette réplique est d’une intensité considérable.

        Lire aussi :
         

                La coalition de Merkel meurtrie par l’échec électoral bavarois



Mais on aurait tout aussi tort de ne voir que les aspects négatifs d’une telle secousse. Trois enseignements principaux peuvent être tirés de l’élection régionale du Land de Bavière. Le premier concerne l’effondrement des partis traditionnels : les chrétiens-démocrates de la CSU, partenaire bavarois de la CDU d’Angela Merkel, accusent une chute historique de 10,5 points par rapport à 2013, même s’ils restent en tête avec 37,5 % des voix ; les sociaux-démocrates du SPD poursuivent, eux, leur descente aux enfers, comme en France, en Italie ou aux Pays-Bas, et passent même sous la barre des 10 % (9,7 %). C’est un phénomène désormais familier en Europe.
Le triomphe des Verts
Deuxième tendance lourde : l’ascension annoncée du jeune parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui a bouleversé le paysage politique outre-Rhin. Avec 10,2 % des suffrages, il ne fait pas un score triomphal, mais il siège désormais dans 15 des 16 Parlements régionaux.
Troisième enseignement : le triomphe des Verts, qui arrivent en deuxième position avec 17,5 % des voix. C’est là, sans doute, la leçon la plus intéressante – et la plus positive – de ce scrutin. Jeunes, résolument pro-européens, pragmatiques et ouverts, les Verts bavarois ont mené une campagne intelligente et volontariste, sous la houlette d’une jeune femme de 33 ans, Katharina Schulze. Leur succès dépasse la préoccupation croissante de la société allemande à l’égard de l’écologie ; il reflète le désir d’une autre façon de faire de la politique et la recherche de nouvelles voies pour résister à la montée du populisme et des extrémismes.
La politique n’est pas morte. Le taux de participation particulièrement élevé (72 %), ce 14 octobre en Bavière, montre que l’exercice du droit de vote reste un ­instrument civique privilégié. L’affaiblissement des partis de gouvernement, qui ont fini par perdre leur identité dans d’épuisants compromis de coalitions, au profit de mouvements comme l’AfD ou les Verts qui, eux, affichent leurs convictions ou leurs projets comme marqueurs forts de leur identité, peut aussi être interprété comme un désir de repolitisation de l’électorat.
Une même dynamique
Cette repolitisation passe par l’offre d’une réelle alternative au populisme et aux extrêmes. Les succès électoraux des Verts le même jour en Belgique et au Luxembourg, confirmant une tendance déjà enregistrée en mars 2017 aux Pays-Bas, ou, sous une autre forme, la victoire d’Emmanuel Macron et d’En marche !, en France, l’an dernier, participent d’une même dynamique, déclinée différemment suivant les spécificités nationales.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : camouflet pour la CSU, parti allié de Merkel, lors des élections en Bavière



Au centre de cette dynamique se trouve le combat pour ou contre la démocratie, les sociétés ouvertes et le projet européen. C’est pour les défendre qu’une manifestation géante et pluraliste a rassemblé plus de 200 000 personnes, samedi, à Berlin, à la veille du scrutin bavarois. L’Allemagne est à son tour lancée dans cette bataille historique. A huit mois d’élections européennes cruciales, c’est une bonne nouvelle.



                            


                        

                        

